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vendredi, 11 mars 2011

CARGAISON D'ARMES SAISIES AU CAMEROUN: LE NOM D'ALASSANE OUATTARA CITE



ALASSANE OUATTARA 2.jpg

In Le Nouveau Courrier N°225 du 11 Mars 2011

 

Des informations issues des interrogatoires attestent que le nom de l'opposant ivoirien aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations.


Hier mercredi 9 mars 2011, en fin d'après midi, Le Messager a appris de sources sécuritaires proches de la légion de gendarmerie de l'Est qu'un homme de nationalité libanaise dont l'identité ne nous pas été communiquée, se serait présenté nuitamment aux chauffeurs tchadiens des quinze camions contenant les trente containers estampillés Onu et fortement soupçonnés de contenir des armes de guerre, pour les convaincre de prendre la poudre d'escampette avec le délicat convoi en direction de Douala. Selon nos sources, il était prévu que lesdits chauffeurs quittent Bertoua à minuit dans la nuit du mardi 8 mars non sans avoir déjoué la vigilance des gendarmes préposés à leur surveillance. Mais, prévenus contre une telle éventualité, les gendarmes de Bertoua auraient tout de suite éventré " ce plan de guerre ".

Et le mystérieux Libanais qui, dit-on, venait de Douala, aurait alors quitté Bertoua précipitamment au moment où les pandores s'apprêtaient à lui mettre le grappin dessus afin de procéder à son identification et l'interroger sur les mobiles de sa démarche. Ainsi hier mercredi, jusqu'au moment où nous mettions sous presses, les nouvelles qui nous parvenaient de Bertoua indiquaient que le convoi des quinze camions semi-remorques avec leurs trente containers suspects étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, sous la vigilance des gendarmes. Le Messager a aussi appris des sources proches du ministère de la Défense, que ces containers n'avaient toujours pas été ouverts, la présidence de la République n'ayant toujours pas donné d'ordre à ce propos.

Toutefois, des indiscrétions en provenance des milieux proches du pouvoir de Yaoundé affirment qu'il s'agit " d'une affaire de haute sécurité qui préoccupe au plus haut niveau le chef de l'Etat. Dans la mesure où s'il s'agit effectivement des armes de guerre, à savoir des kalachnikov, des fusils d'assaut légers, et des lances roquettes, comme le laissent croire les premiers éléments de l'enquête, il s'agirait d'une affaire très grave. Vous savez que les containers en question viennent du Tchad, un pays voisin et frère et sont estampillés Nations Unies. Ce n'est pas une affaire simple à gérer, il faut le croire ". Selon nos sources, l'affaire préoccupe au plus haut point le pouvoir de Yaoundé dont le silence actuel pourrait être le signe visible d'un embarras. Parce que l'histoire pourrait conduire à une crise diplomatique non seulement entre le Cameroun et le Tchad mais aussi entre notre pays et l'Onu ou la Côte d'Ivoire. De sources bien introduites, que ce soit à la présidence de la République ou ministère des Relations extérieures l'on s'étonne que le Tchad, dont le président Idriss Deby Itno fait partie du panel des chefs d'Etats membres de l'Union africaine chargé de trouver une solution diplomatique à la crise postélectorale ivoirienne, ait fait convoyer des containers suspects en passant par le Cameroun, sans en avertir les autorités camerounaises. " Il y a quelque chose qui sent mauvais dans cette situation. Le président tchadien entretient de bonnes relations avec le président Paul Biya. La météo entre N'djamena et Yaoundé est sans nuage. Qu'est-ce qui peut expliquer une telle cachotterie " ? s'interroge un cadre du Minrex.

Il est évident qu'il s'agit d'une situation de grosse tension en ce moment au sommet de l'Etat camerounais où le silence reste, pour le moment, de rigueur. Aux dernières nouvelles, nous apprenions qu'une partie du convoi serait parti de Bertoua la nuit dernière pour Yaoundé sous escorte de la gendarmerie.

Selon les premières informations diffusées par le Messager, il s'agissait d'un convoi de plus de 15 véhicules gros porteurs transportant chacun deux conteneurs. Mais selon les dernières informations de la gendarmerie camerounaise il s'agirait de plus de 35 véhicules gros porteurs regroupés autour de la légion de gendarmerie (voir photos ci dessus) et siège régional du Groupement Mobile d'Intervention (GMI).

D'autres informations issues des interrogatoires attestent que le nom de le Sieur Alassane Ouattara aurait été cité par le monsieur d'origine libanaise venu s'enquérir de la situation sur place afin d'entamer les négociations. Même si l'issue de ces négociations n'a pas été révélée, le correspondant de cameroonvoice sur place à Bertoua a pu constater qu'une partie du convoi a pris la route à destination de Douala sous forte escorte de la gendarmerie camerounaise. D'après les indiscrétions des chauffeurs qui avaient pris des chambres dans une auberge proche de la légion de gendarmerie, ils quitteront ce 10 mars à 7h 00 pour Douala. Notre source sur place a pu néanmoins noter quelques plaques immatriculation:18S2408A, 18S2411A, 18S2409A, CESR8553A, T8S1402A, 18S2337. Nous y reviendrons.


 

In Le messager - Cameroonvoice


Source : LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 08 mars 2011

CAMEROUN - EN PROVENANCE DU TCHAD: 30 CONTAINERS D'ARMES DE L'ONUCI SAISIS PAR LA GENDARMERIE A BERTOUA

 

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L'encombrant colis était destiné au port ivoirien de San Pedro.

 

Trente containers en provenance du Tchad et suspectés de contenir des armes ont été saisis, le vendredi 4 mars 2011, à Garoua-Boulai, bourgade du département du Lom et Djerem, par la brigade de gendarmerie locale. Il s'agirait vraisemblablement de containers d'armes de l'Onuci à destination de la Côte d'Ivoire. Le chef de l'Etat a été saisi du dossier.


Selon des sources sécuritaires, proches de la légion de gendarmerie de l'Est à Bertoua, c'est le vendredi 4 mars 2011 que la brigade de gendarmerie de Garoua Boulai, a interpellé un convoi de 15 camions semi- remorques portant chacun deux containers. L'important convoi qui venait du Tchad, est arrivé au poste de contrôle frontalier de la gendarmerie nationale de Garoua-Boulaï la nuit tombante. Les gendarmes ont alors stoppé le convoi pour identification d'usage des conducteurs, et c'est là qu'ils ont découvert le pot-aux-roses. Un élément de la gendarmerie en poste à Garoua-Boulai, joint hier au téléphone par Le Messager, explique sous anonymat :

« Après avoir identifié les chauffeurs, nos éléments ont demandé à connaître ce qu'ils transportaient dans les containers. Tous ont déclaré qu'il s'agissait des vêtements et du coton qu'ils sont en train de convoyer vers le port de Douala. Ce qui a attiré l'attention des gendarmes est le fait qu'il y avait sur chaque container la mention « Onuci Bouaké Côte d'Ivoire ». Il se trouve qu'un convoi des Nations unies ne peut pas venir d'un pays voisin, et traverser ainsi tout le pays sans que les autorités militaires et de sécurité du pays concerné n'aient été informées. C'est pour cette raison que nos éléments ont tenu à vérifier ce qui se trouvait effectivement dans ces containers ».

Notre source indique alors que les chauffeurs se seraient d'abord opposés à la fouille des containers. Mais face à la détermination des gendarmes de Garoua-Boulaï, ils ont fini par obtempérer. C'est alors que, selon toujours notre source, les gendarmes auraient découvert dans deux des premiers containers contrôlés, des armes de guerre du genre Kalachnikov, Fusils d'assaut léger (Fal) et des grenades. Immédiatement, face à l'incapacité des chauffeurs des camions transportant ces colis de s'expliquer, les gendarmes ont donné l'alerte.

Informé, le commandant de la légion de gendarmerie de l'Est va ainsi envoyer sur place des renforts pour convoyer tous les camions sur Bertoua. Le convoi arrive dans la capitale régionale du Soleil Levant au petit matin de samedi 5 mars 2011. La première exploitation des chauffeurs  permet aux gendarmes de la légion de l'Est, de savoir que le cortège se rendait à Douala, où il était attendu au port de la capitale économique, pour embarquement des containers à direction de la Côte d'Ivoire, et précisément du Port de San Pedro.

Pour en savoir plus, nous avons contacté le cabinet du secrétaire d'Etat à la Défense où une source officieuse  a confirmé l'immobilisation de ce convoi de 15 camions à Bertoua par la gendarmerie. « Pour l'instant, a-t-elle indiqué, il est difficile de dire avec le maximum de précision ce que contiennent ces containers. La haute hiérarchie a été informée de l'immobilisation des camions et des premiers éléments de l'enquête. Il s'agit d'un convoi des Nations unies. Nous ne pouvons pas l'ouvrir sans l'autorisation du chef de l'Etat ».

A la représentation des Nations unies à Yaoundé, on n'a pas semblé au courant de cette expédition. Voici ce que nous a répondu une voie autorisée : « Ce qu'il faut savoir, c'est que ce n'est pas nouveau que des convois des Nations unies partent du Tchad pour Douala, et vice versa. Le Pam, par exemple travaille beaucoup avec le Tchad. Mais pour ce qui est d'un convoi de containers des Nations unies interpellé à Bertoua, je ne suis pas au courant ».

Pour sa part, joint au téléphone hier, l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Cameroun est formel : « J'ai été mis au courant par un appel téléphonique d'un individu disant vivre à Bertoua qui m'a informé de cette situation. Je suis en train de vérifier auprès des autorités camerounaises. En tout cas pour ce qui nous concerne, l'ambassade n'a pas été saisie du passage d'un convoi des Nations unies venant du Tchad, à destination de la Côte d'Ivoire ».

Au moment où nous mettions sous presse, dans la nuit de dimanche, les camions étaient toujours parqués à la légion de gendarmerie de l'Est, attendant sans doute que les forces de sécurité reçoivent de la Présidence de la République des indications sur la conduite à tenir. Car, s'il était établi qu'il s'agit effectivement de containers d'armes, traversant le Cameroun pour aller sur un théâtre de guerre civile, dans un pays africain frère, le problème serait forcément diplomatique, et ne pourrait se traiter qu'au niveau du chef de l'Etat. Lequel voudrait bien, et devrait avoir la primeur des réponses aux questions de savoir si l'Onuci a opté définitivement pour une solution armée en Côte d'Ivoire, ou si des trafiquants d'armes ont usurpé le sigle des Nations unies pour tromper la vigilance de la douane et de la sécurité du territoire camerounais.

Une chose est sûre : pour confirmer ou infirmer que les 30 containers ne contiennent que des armes, et en savoir plus sur  l'expéditeur de la cargaison, les éléments de la gendarmerie ne peuvent les ouvrir au-delà du contrôle de routine qui les a conduits à la découverte, sans instructions du chef de l'Etat, si nous en croyons un haut responsable du Sed. C'est donc une affaire à suivre.


© Le Messager : Jean François Channon


Source : CAMER.BE