topblog Ivoire blogs

jeudi, 23 juin 2016

PETITION «TOUS UNIS POUR LA LIBERATION DE LAURENT GBAGBO»

 

1021322147.jpg

Voici le site internet pour la signature de la PÉTITION POUR LA LIBÉRATION DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO :

http://pourgbagbo.com/petition/

 


TOUS UNIS POUR LA LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO

 

1. Proclamé vainqueur de l’élection Présidentielle du 28 Novembre 2010, par décision n°CI-2010-EP-34/03/12/CC/SG du 3 Décembre 2010 par le conseil constitutionnel, le Président Laurent Gbagbo qui a prêté serment le 4 Décembre 2010 dans les conditions prescrites par la constitution, était au moment de son éviction le 11 Avril 2011, le Président de la République légal et légitime de la Côte d’Ivoire.

2. Sans remettre en cause les raisons et les motifs qui ont justifié la décision du conseil constitutionnel, les organisations internationales font injonction à LAURENT GBAGBO de quitter le pouvoir. Une avalanche de sanctions diplomatiques, économiques et militaires s’abattent alors sur la Côte d’Ivoire occasionnant plus de seize mille (16 000) morts et plus de cinquante mille (50 000) exilés et déplacés de guerre (CDVR sous la direction de Charles Konan Banny) au GHANA, TOGO, LIBERIA, BENIN, etc.

3. Enfermer un Président démocratiquement élu et renversé au profit d’une rébellion armée reviendrait à transmettre à la jeunesse africaine, le message selon lequel le chemin du pouvoir serait celui des armes.

4. Le Président LAURENT GBAGBO est connu comme un leader politique qui a toujours utilisé des méthodes non-violentes pour exprimer son désaccord politique. Au cours de ses trente années de lutte, pour la conquête du pouvoir, il n’a jamais eu recours à une arme autre que le celle de la parole et des urnes. Durant ses dix (10) ans de pouvoir pourtant contrarié par la rébellion armée et une adversité politique internationale, il n’a fait emprisonner aucun de ses adversaires politiques ni porté atteinte à leur intégrité physique.

5. Un procès équitable, consécutif à un conflit ne peut être conduit en dehors de l’exigence de vérité et en l’absence des principaux protagonistes et victimes. Or, depuis le 29 Novembre 2011, soit plus de cinq (5) ans, la CPI peine à apporter la moindre preuve matérielle au soutien des charges retenues contre lui.

6. Il sera difficile, dans ces conditions, de convaincre que le rôle de la CPI en Côte d’Ivoire n’aura été de permettre à la Françafrique d’écarter du pouvoir ses adversaires politiques. Une telle situation ne peut que renforcer la suspicion légitime d’acharnement judiciaire à fondement politique contre le Président LAURENT GBAGBO, la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

7. La forte mobilisation autour du procès de LAURENT GBAGBO est un signal fort lancé contre les pratiques mafieuses de l’impérialisme occidental. La Côte d’Ivoire est l’un des pays au monde à compter le plus de prisonniers et d’exilés politiques. Maintenir LAURENT GBAGBO en prison, c’est légitimer la logique de la chasse aux sorcières et au-delà, dénier aux peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique, le droit à la dignité et à la souveraineté.

gbagbo1.jpg

Au regard de ce qui précède, la libération du Président LAURENT GBAGBO apparaît comme une exigence humaine du respect des droits de l’homme ; une exigence juridique du respect du droit et de la justice ; une exigence démocratique de respect des institutions et des normes constitutionnelles ; un impératif pour la réconciliation nationale, la cohésion sociale et pour la survie de la Côte d’Ivoire en tant que Nation.

La mobilisation exemplaire à travers le monde entier des hommes et des femmes épris de justice et de liberté, des leaders d’opinion à titre individuel ou organisés en mouvement et associations, au nombre desquels des chefs d’Etat et de gouvernements, pour dénoncer le sort inique fait au Président LAURENT GBAGBO depuis sa honteuse déportation à La Haye, le 29 Novembre 2011, reste constante, engageante et doit être vivement saluée et encouragée. Notre devoir à tous, c’est de respecter tout homme et de respecter la justice en toute circonstance. Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont sur la brèche pour le respect des droits de l’homme et le triomphe de la justice.

Pour accompagner et amplifier ce vaste mouvement de résistance face à l’imposture comme un devoir de conscience devant l’Histoire, nous, soussignés initiateurs et porteurs de la présente pétition, y engageons les hommes et les femmes, qui refusent l’injustice et l’imposture pour exiger ensemble, dans la solidarité de conviction, la LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO.

 

BERNARD B. DADIE, JOSEPH K. KOFFIGOH

mercredi, 24 février 2016

UN OFFICIER DE L'ARMEE IVOIRIENNE DENONCE LE GENERAL PHILIPPE MANGOU

 

ob_765d24_mangoukassarate.jpg



Témoignage exclusif d'un haut gradé des Frci.

Après avoir trahi son "père d'armes" Mathias Doué, lui aussi général félon, et pris sa place en Novembre 2004 à la tête de l'état major des armées ivoiriennes, Philippe Mangou, car c'est de lui qu'il s'agit, trahi celui qu'il appela un moment son "père politique" Laurent GBAGBO en 2011, en jouant les agents doubles, causant ainsi la mort de personnes et le pillage de biens dont il avait en charge la sécurité.

Aujourd'hui, pour respecter le jamais 2 sans 3, c'est son "père adoptif" le pasteur Ebrié et tous les Atchans qui l'ont adopté, que Philippe est entrain de trahir en allant témoigner contre Laurent GBAGBO, qui est un digne fils de la Côte d'Ivoire, pays qui lui a pourtant tout donné. Bien que j'ai moi-même été adversaire interne de Laurent GBAGBO dans l'armée, je n'accepte pas cette situation. Ne pouvant malheureusement pas aller témoigner à la Cpi, les faits que je rapporte ici peuvent donc être de moindre importance dans le dossier juridique de GBAGBO, Mais au moins, l'opinion aura une preuve supplémentaire que c'est un innocent qui est entrain d'être jugé et cela sur la base de mensonges et de multiples trahisons.

Comment en sommes-nous arrivé là ?

Je suis originaire du nord de la Côte d'Ivoire et actuellement un gradé dans les FRCI, je connais Philippe depuis très belle lurette, et on a longtemps été proches. Pour conserver mon anonymat, je ne donnerai ni mon grade, encore moins mon nom exact, mais appelez moi commandant "TCHIAN" . 2010, Philippe, à l'instar de plusieurs autres chefs des FDS (Forces de Défense et de Sécurité) est promu à un grade supérieur de l'armée ivoirienne, il est fait général de corps d'armée par le président Laurent GBAGBO pour avoir les coudées franches afin de mieux défendre la Côte d’Ivoire longtemps agressée.

Occupé ailleurs à gérer l'aspect politique, économique et diplomatique de la crise, Laurent GBAGBO a toujours laissé la latitude à Philippe de gérer l'armée, non sans poser des balises en rapport avec le respect des droits de l'homme, de la liberté individuelle et collective et de l'exercice libre des activités démocratiques. Tout s'est relativement bien passé car nous savons tous que quand Laurent GBAGBO te fait confiance, il ne te gêne pas dans ton fonctionnement et tes choix.

Avec Philippe en tête, nous avons donc fait la pluie et le beau temps dans les FDS. Nous étions bien traités, même les chefs rebelles étaient constamment soutenus par le président Laurent GBAGBO qui se souciait vraiment de nous tous et de nos familles respectives, car disait-il "pour parvenir à la paix, aucun sacrifice n’est trop grand". Laurent GBAGBO est vraiment un Grand Homme, bien que l'ayant combattu, je le respecte.

Je faisais parti du groupe des agents du Rdr qui étaient encore dans les FDS pendant la rébellion armée, à cause de ma position dans les FDS, j'avais accès à beaucoup d'informations sensibles et nous étions en contact permanent avec l'ex rébellion armée du MPCI. Notre mission était de faciliter le renversement de Laurent GBAGBO en achetant tous les chefs militaires autour de lui. Ce n'était pas trop difficile car autour de Laurent GBAGBO, il y avait certes des gens de valeurs et de dignité, mais ils n'étaient pas les plus nombreux, il y avait surtout beaucoup de cupides, de vantards et de personnes qui jouaient le double jeu. Autour de Laurent GBAGBO, le peuple était franc, mais plusieurs responsables étaient faux et cela nous a facilité la tâche. Nous avions donc, sans grande peine, réussi à convaincre Kassaraté en premier et plus tard Philippe, Brédou ayant toujours été avec nous.

Nous en étions là, lorsqu'après les résultats contestées du second tour de l'élection présidentielle, les attaques contre Laurent GBAGBO furent lancées avec le commando invisible et la marche armée sur la RTI et la primature. A cette occasion, Brédou et Kassaraté étaient réglo et coordonnaient tout avec la rébellion des forces nouvelles qui avait été transformée en FRCI par le président Alassane Ouattara. Philippe quant à lui, était beaucoup calculateur, certes il donnait des informations précises qui faisaient avancer l'opération contre GBAGBO, mais il en retenait d'autres qui étaient dévastatrices pour notre camp. Il avait été plusieurs fois rappelé à l'ordre par Soro Guillaume, le président Alassane et même par le président Bédié (qui est son véritable mentor politique, Philippe étant très proche du PDCI). Mais il continuait de jouer les équilibristes malgré les fortes sommes d'argent qui lui étaient constamment versées. C'est alors qu'un sérieux avertissement lui fut adressé par l'attaque sanglante de son domicile située à Yopougon-Andokoi, le Lundi 14 Mars 2011 aux alentours de 3h du matin. Le bilan fut lourd, environs 15 morts, des militaires commis à sa garde et quelques civiles. Après cet épisode, Philippe très effrayé, tenta de rentrer en contact avec les présidents Alassane et Bédié qui refusèrent de le prendre au téléphone tant qu’il n'aurait pas posé un acte fort pour leur montrer sa bonne foi. Cest donc à Soro qu'il revint la tâche de mettre Philippe à l'épreuve en lui demandant d'aller exiger de face la démission de Laurent GBAGBO. Ce que Philippe accepta, il alla donc accomplir cette mission, mais en demandant au président GBAGBO d'accepter l'organisation d'un auto-coup d'état pour donner le pouvoir aux militaires (donc à lui) qui allaient nettoyer le pays et remettre peut après le pouvoir à GBAGBO, ce que le président refusa, sans doute avait-il la vraie information, je le pense, car effectivement Philippe agissait pour le compte du président Alassane. Encore apeuré après cet épisode et se sentant découvert par GBAGBO, Philippe s'enfuit pour se réfugier à l'ambassade d'Afrique du Sud.

Disons que, bien que peu nombreux sur le terrain, les FDS qui combattaient pour Laurent GBAGBO étaient plus forts et plus techniques que toutes les forces rebelles et internationales réunies, et n'eût été l'aviation militaire des français et de l'ONUCI et l'absence de volonté réelle de GBAGBO de maintenir le peuple dans cette autre guerre qu'on venait de lui imposer, il ne serait peut-être jamais vaincu.

Philippe à l'ambassade, donc hors jeu de la tête de l'armée ivoirienne, cela n'arrangeait pas nos plans, car les Dogbo Blé, Konan Boniface, Séka Séka, Abéhi Jean-Noel, etc, auraient eu le commandement direct et cela aurait été bien plus grave pour nous, car c'étaient des combattants aguerris, fidèles et loyaux. Les français tenaient donc coûte que coûte à ce que Philippe sorte de là et reprenne sa place à la tête des FDS. Plusieurs actions furent initiées pour atteindre cet objectif stratégique. Comme les choses semblaient incertaines, le président Bédié conseilla de mettre dans la balance 2 secrets de Philippe. Aussitôt dit, Bédié informe Alassane que Philippe n'est pas ivoirien d'origine, il est Nigérian, et précisément biafrais. Il fait partie de ces populations du Biafra qui se sont réfugiées en Côte d’Ivoire lors de la guerre de sécession qui déchira le Nigeria vers la fin des années 60 et qui était soutenu par feu le président Houphouët-Boigny. Arrivé en Côte d’Ivoire, Philippe fut adopté par le pasteur Mangou qu'il présente aujourd'hui comme son père biologique, mais qui est en fait son père adoptif. C'est pourquoi à aucun moment dans mon témoignage je n'ai mis le Nom Mangou sur le prénom Philippe, car il est indigne de ce monsieur. Lorsque le président Ouattara eu connaissance de ce secret, il réussi le même jour, par on ne sait quelle stratagème, à avoir des documents de preuves de l'origine biafraise de Philippe, sans doute avec l'aide du président Goodluck Jonathan. Toujours est-il que Ouattara appela Philippe pour l'informer de cette nouvelle et des documents qu'il détenait en disant à ce dernier que tous deux avaient désormais le même destin et qu’il fallait que Philippe accomplisse sa mission jusqu'au bout. Après cela, le président Alassane remit aux français ces documents et plusieurs numéros de comptes bancaires où Philippe gardait son argent issue de la corruption et des trafics multiples. Ceux-ci firent le reste et nous revîmes Philippe ressortir rapidement de l'ambassade. Sans doute que GBAGBO mena ses proches démarches pour ramener Philippe, mais voila ce qui fit effectivement ressortir Philippe de l'ambassade, c'est pourquoi, revenu à son poste, Philippe continua l'action de sape et de déconfiture des FDS. C’est tout cela qui entraîna la chute de Laurent GBAGBO.

Aujourd'hui, c'est cet homme qui va témoigner contre Laurent GBAGBO à la Haye, alors que ce monsieur est innocent. Il faut le dire tout net, c'est vrai que nous avons combattu Laurent GBAGBO, mais nous n’avons pas accepté qu'il soit déporté en prison loin de son pays, n'ayant pas encore digéré cette déportation voila que nous apprenons que Philippe va aller témoigner contre lui après l'avoir trahi. Je suis très peiné, je refuse cela, c’est pourquoi j'ai décidé de parler et d'informer l'opinion et ce n’est que début.

Que Allah sauve Laurent GBAGBO.

 

Commandant TCHIAN

 

Source: AFRIKA NEWS

jeudi, 28 janvier 2016

PROCES A LA CPI - LETTRES OUVERTES DE JEUNES AFRICAINS AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

12552617_1109452342422332_7311668476320264090_n.jpg?oh=960f50ec5e689f430529209729ad3cf8&oe=56FBC1CA

UNE SÉNÉGALAISE ÉPRISE DE JUSTICE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Mr le President , Son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux. Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante de l'Afrique.

Pardonnez la tiédeur de leur indignation, pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreaux l'impunité.

Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris . Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.

Vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris.

12631388_965242130217881_6942843762804479506_n.jpg?oh=f89749b52cd480d09489a11eda8d9bd3&oe=56FC71C4&__gda__=1464069454_0ff21a05ee45cf70a3a84e9060093aba

Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.

Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'Eburnie dont vous êtes ressortissants.

Nous sommes avec vous de tout cœur Mr le Président. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. Vous avez choisi la dignité, la Patrie. Votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de Mama Africa : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Kéita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".

Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux. Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètement libérée, grâce à DIEU. OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye, sénégalaise éprise de justice et de paix, résidant en Californie - USA.

 

846841-l-ex-president-ivoirien-laurent-gbagbo-a-l-ouverture-de-son-proces-devant-la-cpi-a-la-haye-le-28-jan.jpg?modified_at=1453977636&width=960

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. Photo Peter Dejong. AFP. Source: Libération.fr

 

 

12573145_1227883897240475_6654537347141921633_n.jpg?oh=37d9315dd9020910e147dbc7bbe41686&oe=5726C77A

SOUTIEN AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO - LETTRE AIMABLE D'UNE JEUNE BURKINABÈ À 48H DU PROCÈS.

 

TRÈS CHERS TOUS,

Et si son excellence Laurent Koudou Gbagbo avait eu raison : Le temps c’est l’autre nom de Dieu.

Dans deux jours s’ouvrira le procès plus que jamais controversé de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI.

Laurent Gbagbo a 4 chefs d’accusation dont entre autres: Crime contre l’humanité, Violences sexuelles, etc, lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Les partisans de l’ancien président ivoirien ont toujours accusé ce procès de faire du 2 poids 2 mesures. Aujourd’hui ceci est une évidence. La responsabilité des crimes et autres actes criminels de la crise ivoirienne de 2011 est largement partagée avec les partisans d’Alassane Ouattara, en alliance avec l’actuelle détenteur du perchoir ivoirien Guillaume Soro. Mais de toute évidence également, Alassane ne compte pas livrer ses partisans. Mieux, il a préféré faire juger Gbagbo à la CPI plutôt que par un tribunal ivoirien.

Ironie du sort, depuis quelques temps, Guillaume soro est acculé par divers mandats internationaux. L’un des arguments forts du président Ado est que la Côte d’ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Gbagbo n’est donc pas un ivoirien ?

Toujours à propos de Guillaume Soro, celui-ci est accusé par le fils de Laurent Gbagbo de détention arbitraire et traitements inhumains. Le Burkina Faso l’accuse de son implication poussée dans le putsch avorté du 16 Septembre 2015, à travers les écoutes téléphoniques.

Ces écoutes téléphoniques pourraient aboutir à des révélations sur la crise ivoirienne. Une chose est là : un nombre important des détracteurs de Gbagbo sont dans de sales draps depuis un moment : Blaise Compaoré, Guillaume Soro et même Alassane Ouattara, à travers la dernière sortie polémique de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain.

Le temps, aussi long ou court soit-il, finit pas révéler des vérités… Le temps, l’autre nom de Dieu !

Mon soutien à toutes les familles ivoiriennes qui souffrent de cette injustice !

Mes excuses personnelles, pour mon incapacité à réagir lorsque la rébellion se préparait chez moi.

Avec toutes la considération et le respect que j'ai pour ce grand monsieur, je lui répète : Le temps est l'autre nom de DIEU, et j'espère que sa libération sera prononcée, en ce mois de janvier 2016.

Cordialement,

 

Bassolé Yvette Stéphanie

Ouagadougou, le 26 janvier 2016.

 

 

12508788_961847790557315_1288586894192587651_n.jpg?oh=34daf561e1118969b7cd1b3c350a5cc1&oe=57347A57&__gda__=1462947547_650e548eda86dae546a9274c8f938c05

UNE JEUNE MALIENNE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Très cher Président Laurent Gbagbo,

Le lynchage médiatique, dont vous avez été victime, ces dernières années par la presse occidentale notamment française et vu la gouvernance des nouvelles autorités installées au pouvoir par la France de Sarkozy, qui a lieu actuellement en Côte d’ivoire, gouvernance devant laquelle, nous observons un silence complice de ces même médias, qui ne rataient aucune occasion pour vous diaboliser ainsi que votre régime, ont davantage poussé ma curiosité à m’intéresser à votre personne et comprendre enfin la vraie nature du conflit ivoirien.

Ainsi, je me suis rendue compte, que vous êtes un Homme d’État et un grand Homme, dont l’Afrique a besoin. Vous êtes un digne fils de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Et cela me rassure de savoir qu'en 2016, l’Afrique a un successeur de Lumumba et Sankara: il se nomme LAURENT GBAGBO !

Monsieur le Président, je retiens de tout votre parcours politique, qu‘il faut sincèrement et profondément aimer l'Afrique pour prendre les risques que vous avez pris, car si vos prédécesseurs, Sankara et Lumumba, n'ont pas eu la chance de survivre pour mener jusqu’au bout leurs rêve. d’une Afrique libre et indépendante.

Je considère que vous êtes désormais l’espoir de l’Afrique contre le néo-colonialisme, car vous êtes encore en vie. Personnellement, je rends Grâce à Allah pour cela ! Car la jeunesse africaine consciente aux quatre coins du monde, voudrait vous voir libre dans un futur très proche, dans votre village Mama, InchAllah !

Sachez, Monsieur le Président que le combat que vous avez commencé depuis plus de 30 ans, nous le continuerons et nous l'enseignerons à nos enfants ! On leur parlera de vous en leur rappelant aussi un autre grand Africain Nelson Mandela qui s'est battu contre la domination et l'oppression blanche dans son pays l’Afrique du sud.

Nous leur parlerons de vous comme nos parents au Mali le font pour Soundjata Kéita, digne fils de l’empire Mandingue qui s'est battu toute sa vie pour la dignité et la grandeur de son peuple, comme Patrice Lumumba qui a osé dire NON à l'impérialisme et à l'asservissement du Congo, comme Thomas Sankara qui a tourné le dos à la FrançAfrique, comme Kwamé N'krumah qui a prôné l'indépendance culturelle, économique et politique de son Ghana et de l'Afrique toute entière.

Pour finir, je vais me permettre de vous appeler affectueusement Mon président, tout simplement, parce vous avez vécu et vous continuez de vivre une vraie histoire d'amour avec votre peuple et aussi pour votre amour pour l‘Afrique!

Mon Président, chez nous au Mali, il y un proverbe Malinké, qui dit ceci : " Douwawou den bé seguen, n'ga a té malo (Les enfants bénis souffrent, mais ne connaissent jamais l‘humiliation)". Tenez bon, car l'Histoire est témoin de tout ce que vous avez subi pour la cause de votre peuple, sachez que votre souffrance contre la domination néo-coloniale francaise n'est pas en vain et vous ne connaîtrez jamais l'humiliation, comme l'ont voulu ceux qui vous combattent, car nombreux sont les africains, qui comprennent maintenant le sens de votre combat pour votre pays la Côte d’ivoire ainsi que de l’Afrique, et qui souhaitent vous voir en liberté et en bonne santé !

 

FATIM WALETT

Citoyenne malienne, débordant d'énergie pour la cause africaine !

 

 

ob_413009_fofanayussefgh.jpg

 LES NORDISTES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

AVANT LE PROCES DU 28 JANVIER 2016, LES NORDITES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO POUR LUI TEMOIGNER LEUR SOUTIEN SANS FAILLE. LISEZ CETTE DECLARATION DE FOFANA YOUSSOUF PRESIDENT DE LA VOIX DU NORD DEPUIS SON EXIL GHANEEN.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Les populations du Nord de la Côte d’Ivoire, réunies depuis 2001 au sein de l’association dénommée « La Voix du Nord » voudraient par ma voix, à quelques jours du procès inique dont vous faites l’objet, vous réitérer leur indissoluble attachement et soutien indéfectible.

Nous vous savons injustement incarcéré à la prison de Scheveningen à la Haye, au Pays Bas, depuis exactement 50 mois aujourd’hui, tout simplement parce vous êtes accusé d’avoir commis le crime négro-colonial de lèse-majesté, celui de manifester l’amour à son peuple et d’oeuvrer pour la souveraineté et le développement de sa nation.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous continuons de vous considérer comme tel, et vous appeler ainsi, parce que pour nous, vous demeurez le seul véritable Président de l’histoire de notre pays, librement élu par l’ensemble des peuples, sans exclusive, qui constituent la société ivoirienne.

Dès votre ascension à la magistrature suprême, des individus tapis dans l’ombre et à la solde d’intérêts impérialistes, ont réussi tant bien que mal, à ternir votre image de marque auprès d’esprits moins avertis et à vous faire endosser les travers de vos prédécesseurs. On vous a taxé de xénophobie et d’être l’instigateur d’une politique réfractaire aux intérêts de la communauté musulmane, de la population du Nord et des étrangers.

Contrairement à leurs allégations, vous n’avez jamais été mêlé, ni de près ni de loin, au concept de ‘’l’Ivoirité’’ alors mis en place par M. Henri Konan Bédié, aujourd’hui allié de M. Alassane Ouattara.

Plutôt soucieux de favoriser la cohésion sociale et de consolider la paix, vous n’avez pas lésiné sur les moyens et avez déroulé un chapelet d’actions novatrices et fédératrices qui resteront à jamais gravées dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

En effet, au lendemain de votre élection en octobre 2000, vous avez initié le forum de réconciliation nationale qui a réunit tous les leaders politiques ivoiriens. Vous avez facilité le retour d’exil de vos adversaires politiques, MM. Bédié et Ouattara, et ordonné la suppression des cartes de séjour et des certificats de résidence. Toujours attaché au plein épanouissement de vos concitoyens, vous avez permanemment soutenu la communauté musulmane dans l’organisation du Hadj, en octroyant plus de 400 prises en charge par an aux populations (billet d’avion, hébergement, frais de séjour à la Mecque). Pendant le jeun musulman, vous avez institué un élan de solidarité qui a permis aux musulmans de bénéficier de vivres et de non vivres pour la rupture du jeun.

Excellence Monsieur le Président, vous avez certainement dû vous en rendre compte de là où vous préparez sereinement la cinglante réplique à vos détracteurs, que de nombreuses populations du Nord, au lendemain des malheureux événements qui ont émaillé la crise postélectorale de 2010, désabusées par cette hideuse campagne d’intoxication et de dénigrement machiavéliquement montée contre vous, ont rejoint l’esprit de notre association. Ce revirement révélateur a été en effet, matérialisé par le désormais célèbre slogan « GBAGBO KA FISSA », qui contient en lui-même les germes du regret, formulé justement en Malinké, la principale ethnie du nord de la Côte d’Ivoire.

La confusion qui règne en ce moment même dans le camp de ceux-là qui se sont liés contre vous et la Côte d’Ivoire démontrent encore une fois votre clairvoyance, lorsque vous révéliez que « le Temps est vraiment l’autre Nom de Dieu ».

A la veille du 28 janvier 2016 donc, date historique où va s’ouvrir ce que nous qualifions à juste titre de procès de la honte, nous tenons à ce que vous sachiez que, notre frère le Ministre Charles Blé Goudé et vous ne serez pas seuls. Ce jour là, et durant tout le temps que va se tenir cette parodie de justice, c’est le Nord de la Côte d’Ivoire, que nous représentons dans sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et politique, qui se tiendra débout à vos côtés. Nous le serons non pas pour des considérations partisanes et égoïstes, mais parce que vous avez démontré par votre passé qui témoigne aujourd’hui encore en votre faveur, que libre, vous êtes celui-là même qui peut véritablement unir et réconcilier les Ivoiriens, mais aussi parce que vous incarnez l’espoir des Africains.

En vérité, vous n’avez pas attendu l’occasion d’une campagne électorale pour parcourir toutes les contrées et les endroits les plus reculés de la Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. De tous les leaders politiques ivoiriens de votre génération, vous êtes le mieux imprégné des réalités sociologiques de la terre de nos ancêtres, les Mandés du nord et du sud, les Akans, les Krous et les Voltaïques, au point d’avoir réussi à créer une complicité sans nul pareil, entre votre peuple et vous.

Comme on dit chez nous, vous connaissez les Ivoiriens et les Ivoiriens vous connaissent.

Au plan Africain, vous incarnez en vous seul, ces leaders éclairés de l’Afrique digne, Kwame N’Kruma, Patrice Emery Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Nos amis des mouvements panafricains ne cessent de nous le répéter : L’Afrique ne veut pas et ne doit pas vous perdre. Elle a besoin de vous et compte sur vous ! Récemment encore, les anciens chefs d’Etat africains, réunis au sein du ‘’African Forum’’ l’ont signifié dans un courrier adressé à une fille du continent, aujourd’hui Procureur de la Cour qui vous détient en otage. Comme pour dire en si peu d’image, à travers vous, c’est toute l’Afrique qui est à la barre, avec ses dignes et indignes fils.

Excellence Monsieur le Président, nous voulons enfin partager avec vous la foi en votre libération et restauration prochaines, et nous engager à vos côtés pour bâtir ensemble une nation libre, digne et prospère, vœux que nous savons très cher à vos yeux.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous vous prions de bien vouloir croire en l’assurance de notre amour inconditionnel et profonds respects.

Que Allah, Dieu continue de veiller sur vous et vous inspirer davantage !

 

Fait à Accra le 23 janvier 2016

 

Pour La Voix du Nord

Le Président

FOFANA Youssouf


 

12572976_519026681609513_5204645136882055582_n.jpg?oh=d1df7ba3d3364c99f7659425fcb25c34&oe=572E19EF&__gda__=1463542672_ead3f927f2f93ddb3e0c5526442438e3

 UN JEUNE HAÏTIEN ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

LETTRE AU PRÉSIDENT GBAGBO

Cher papa,

Je viens ici parler au cœur de l’historien qui bat en ta poitrine. Je viens également m’adresser au monde qui a oublié ce qui a fait la recette gagnante de l’indépendance des esclaves sur ce petit bout de terre découvert en 1492 par un navigateur occidental : Kyskeya rebaptisé Hispaniola puis Saint-Domingue et enfin Haïti.

Mon père est né sur ce bout de terre, son père également et son grand-père avant lui. Nous sommes originaires de L’Artibonite, région de provenance de Jean-Jacques Dessalines. Comme Dessalines, nous avons ce teint noir ébène qui caractérise notre région. Nous sommes fiers de ce teint et de notre origine africaine. Nous sommes fiers d’avoir eu Dessalines comme fils de notre région. Nous sommes des Nègres Marrons dans l’âme et nous le serons toujours. Nous n’accepterons pas d’autorité que nous n’ayons choisie. C’est pour cette raison que je t’ai relaté ma courte généalogie.

Nous, descendants de Dessalines, nous nous rappelons ce qui a permis au peuple haïtien de triompher de l’armée la plus puissante de l’époque, celle de Bonaparte ! Le succès de notre révolution tient en deux mots : le créole et le vodou, en d’autres mots, le langage et la foi.

Pourquoi mentionner cela ici ? Simplement parce que tu nous as rassemblé sous un même langage et une même foi, papa. Avec toi nous parlons le langage unique de la dignité humaine et de l’égalité vraie. Avec toi nous avons foi en notre liberté acquise par le combat démocratique. Nous avons foi en un même but, l’indépendance véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Tu nous réunis tous, africains et Noirs du monde, avec ce langage de la dignité et la foi en l’indépendance.

Voici ton procès qui approche à grand pas. Quelle qu’en soit l’issue, sache papa que nous avons appris grâce à toi à avoir un même langage et une même foi. La machine est en marche et aucun procès ne peut l’arrêter. Nous assistons ici aux derniers spasmes d’un système oppressif : la Françafrique ! Nous savons qu’ils useront de moyens violents pour nous faire plier et que ces moyens seront camouflés en droit et principes humanitaires. Nous sommes tranquilles. Dessalines nous a enseigné la voie du combat armé et toi celle du combat démocratique.

Papa, sur nos armoiries haïtiennes y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. Tu es le palmiste de l’Afrique ! Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Notre devise est : l’union fait la force. Tu n’as cessé de prôner l’union des États africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.

Je ne serai pas plus long car tu auras beaucoup d’autres lettres à lire. Je veux juste que tu saches que chez nous, j’ai une tante qui mange quotidiennement dans des assiettes qui sont marquées à ton image ! Ton combat dépasse l’Afrique papa. Ils doivent le savoir.

 

Hervé Philippe, Un fils lointain mais si proche.

 

 

togolaise.jpg?itok=T-BIVDTH

UNE JEUNE TOGOLAISE ÉCRIT AU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

 

Cher Président Gbagbo,

Bientôt cinq ans que vous vivez dans les geôles des imposteurs qui s’acharnent à nous révolter contre vous.
En cinq ans ils ont multiplié les documentaires, les articles, les émissions et les livres sur les medias pour faire avaler au monde, leur pilule du mensonge : celle selon que vous êtes un dictateur, un sanguinaire assoiffé du pouvoir qui a choisi de sacrifier son peuple pour se maintenir à la tête de son pays la Côte d’Ivoire.

Mais comme on le dit dans le jargon de votre pays : « ils ont tirés à terre ». En vous enfermant Président Gbagbo, ils ont libéré des millions d’autres africains des chaines de la peur et du silence. Vous devez savoir que dans ce combat vous n’avez jamais été, n’êtes pas et ne serez jamais seul et que depuis ma naissance le 19 Avril 1990, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les africains de tous les coins du monde comme vous le faites.

Ils veulent faire croire au monde que vous êtes xénophobe et que vous avez divisé votre pays et pourtant je me sens ivoirienne grâce à vous même si je détiens un passeport togolais. Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.

Ils ont cru que vous finirez comme un Samory Touré ou un Behanzin mais ils se sont trompés. Nous ne sommes plus au 19eme siècle et depuis, l’Afrique a grandi de 200 ans. Nous n’avons certainement pas une Afrique robuste comme l’aurait souhaité un Thomas Sankara, mais nous avons une Afrique qui se réveille car le jour est là. Bientôt, il sera MIDI et notre soleil tapera sur tous les systèmes qui nous oppriment et leur brûleront les ailes.

Sachez Président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.

Avec toute ma considération

 

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

 

Sources: Facebook, IvoireBusiness.net et AfricaNews.com

LA CONFERENCE DES ANCIENS CHEFS D'ETAT AFRICAINS EXIGE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

africa%20forum.jpg?itok=plux9O8c

La Conférence des Anciens chefs d'Etats africains au cours d'une rencontre. Image d'archives.

La Lettre urgente de l'Africa Forum exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo.

 

À l’Honorable Mme Fatou B. Bensouda,

Procureur,

International Criminal Court,

Maanweg, 174,

2516 AB, The Hague.

The Netherlands.

 

Honorable Mme Bensouda,

UN APPEL AFRICAIN URGENT!

LA Côte d’Ivoire ET L’AFRIQUE ONT BESOIN DE L’ANCIEN Président LAURENT KOUDOU GBAGBO POUR RÉALISER LA PAIX ET LA JUSTICE

1. En tant qu’Africains, nous tenons à ce que l’Afrique, notre Continent résolve ses problèmes aussi vite que possible, y compris l’ensemble des défis liés à la paix et à la justice dans les pays sortant d'un conflit.

2. Cet appel urgent que nous vous adressons a trait à la situation en Côte d’Ivoire et notamment à son ancien Président, M. Laurent Gbagbo, qui, comme vous le savez, est présentement jugé à la Cour pénale internationale.

3. Nous lançons cet appel parce que nous croyons fermement que la Côte d'Ivoire devrait continuer de croître et se développer pour le bonheur de tous ses citoyens, dans des conditions de paix, de démocratie, de l'état de droit, de la réconciliation et de l'unité nationales.

4. Nous sommes absolument convaincus que le pays peut et doit atteindre ces objectifs et que M. Laurent Gbagbo peut et devrait faire une importante et exceptionnelle contrition à cet égard.

5. Inutile de dire qu'il ne peut faire cette contribution dans une cellule de prison, quelque part dans le monde, mais plutôt en tant qu’un citoyen libre dans son propre pays.

6. Au regard de ce que nous avons dit et qui se rapporte au conflit non résolu en Côte d'Ivoire, nous disons que la détention et le procès de Laurent Gbagbo ont davantage aggravé les divisions et animosités entre les citoyens ivoiriens. Ce développement risque de faire basculer le pays dans la reprise de la guerre civile, mettant ainsi en danger la vie de centaines de milliers d’innocents.

7. Il y a donc un risque réel que s’il est reconnu coupable et condamné par la CPI, cela ne mette le feu aux poudres et entraine une conflagration destructrice que nous redoutons.

8. Madame le Procureur, il est particulièrement important qu'au regard de ce qui précède, il y ait une profonde reconnaissance du fait que les événements qui ont amené Laurent Gbagbo à la CPI ont été le résultat d'une lutte politique stratégique intense et historique sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, et que cette contestation perdure.

9. Par conséquent, vous comprendrez que nonobstant la bonne foi avec laquelle votre bureau s'est acquitté de ses fonctions juridiques officielles, une partie importante de la société ivoirienne, en particulier les partisans de Laurent Gbagbo, va considérer l'intervention de la CPI comme un prolongement de la politique de domination de l’autre camp - une manifestation de la " justice des vainqueurs”. Pourtant, la situation en Côte d'Ivoire exige et nécessite que le peuple ivoirien continue à aborder ses défis stratégiques par des moyens démocratiques et dans un cadre véritablement inclusif, tout en travaillant ensemble dans des conditions de paix.

10. La polarisation autour de la question de la poursuite contre Laurent Gbagbo est attisée par l'interprétation qu’on en fait en Côte d'Ivoire, ce qui est corroborée par les informations du domaine public, selon lesquelles les exactions ont été en fait commises des deux côtés lors du conflit.

Le contexte historique de la crise ivoirienne

11. Madame le Procureur, permettez-nous de justifier certains des commentaires susmentionnés en rappelant brièvement certains des développements politiques en Côte d'Ivoire pendant ces quinze (15) dernières années.

12. Comme vous le savez, avant que M. Laurent Gbagbo ne soit élu Président de la Côte d'Ivoire en 2000, ses prédécesseurs avaient introduit une philosophie qu'ils ont appelée ‘'ivoirité". Pour l’essentiel, l’objectif était de diviser la population ivoirienne en deux groupes. Pendant longtemps, la Côte d'Ivoire a attiré un grand nombre de migrants économiques dont la majorité venait du Burkina Faso. Le concept d'ivoirité affirmait que la population de la Côte d'Ivoire était divisée en deux parties - une partie étant constituée par les ivoiriens autochtones et la seconde par les migrants économiques dont nous avons parlé. La politique de l’ivoirité avait pour objectif d’introduire une discrimination en faveur des ivoiriens autochtones qui sont majoritairement chrétiens.

13. Il se trouve que les migrants économiques, essentiellement musulmans, constituaient la majorité de la population dans le nord du pays.

14. En raison des dispositions constitutionnelles fondées sur ce concept d’ivoirité, l'actuel Président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, lui-même un musulman, a été exclu de la course pour le poste de président de la République parce que sa filiation fait de lui un Burkinabé et non un Ivoirien. Naturellement, cela a eu un impact négatif sur les migrants économiques musulmans venus en grande partie du Burkina Faso et qui résidaient dans la région nord de la Côte d'Ivoire. Il était donc évident que ceux-là supportent M. Ouattara.

15. M. Gbagbo a été élu Président de la Côte d’Ivoire en 2000. En 2002, alors qu’il était hors du pays pour une visite d'État, une rébellion armée éclata dans le pays. Bien qu’elle ait été contenue dans le sud du pays, les rebelles (les Forces nouvelles) prirent le contrôle du Nord, divisant ainsi le pays en deux. Dans ces conditions, la Côte d'Ivoire fut scindée en deux territoires, chacun ayant son propre gouvernement et sa propre armée.

16. Afin de mettre un terme à la guerre civile, les Nations Unies ont déployé une mission de maintien de la paix, appelé ONUCI. La France a déployé sa propre force de maintien de la paix indépendante.

17. Après celles tenues en 2000, les prochaines élections présidentielles devaient avoir lieu en 2005. Mais, en raison de la situation de guerre dans le pays, et ses conséquences, ces élections ont seulement eu lieu vers la fin de 2010.

18. Dans l'intervalle, les parties ivoiriennes avaient conclu divers accords visant à mettre fin à la guerre civile et à aider le pays à retourner à la normalité. Dans ce contexte, elles ont également convenu de tenir des élections présidentielles pacifiques, libres et régulières.

19. Fait d’une importance capitale à cet égard, en 2005, M. Gbagbo alors Président, pris la décision d’user des pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution ivoirienne pour permettre à M. Alassane Ouattara de participer à l'élection présidentielle de la République de Côte d'Ivoire.

20. C'est en raison de cette contribution décisive faite par M. Gbagbo qu’il est devenu possible pour les parties ivoiriennes, de signer de nouveau en 2005, un accord qui, entre autres :

20.1. officiellement, mettait un terme à la guerre sur toute l'étendue du territoire ivoirien ;

20.2. établissait les processus relatifs à la mise en œuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des forces armées;

20.3. ramenait les Forces nouvelles dans le Gouvernement de transition ;

20.4. expliquait clairement les dispositions relatives à la structure et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante;

20.5. Mettait en place un calendrier pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

21. Afin de permettre à ces élections d’avoir lieu, les parties ont convenu qu’il était nécessaire entre autres de :

21.1. Réunifier le pays sous une seule autorité; et

21.2. D'intégrer les groupes armés dans une armée nationale (républicaine).

22. En 2005, les parties ivoiriennes ont demandé à l'Organisation des Nations Unies, par l'intermédiaire de son Secrétaire général, d’organiser l'élection présidentielle. L'ONU a rejeté cette demande aux motifs que la Côte d'Ivoire n'était pas un État en déliquescence et disposait d’institutions prévues par la Constitution pour organiser des élections. Cette situation était différente de celle du Timor oriental où l'ONU a organisé les premières élections parce qu’il n’y existait pas à cette époque d’institutions étatiques similaires dans ce qui était un pays tout neuf. Répondant à la demande des parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la nomination d'un Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections qui aiderait les institutions électorales ivoiriennes.

23. Malheureusement, en raison des pressions extérieures, l'élection présidentielle s’est tenue avant la réalisation des deux objectifs convenus de la réunification du pays et la création d'une armée nationale. MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara étaient les eux candidats en lice.

24. Le résultat de ce combat fut que les résultats des élections annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), qui déclaraient que M. Ouattara avait gagné, confirmaient simplement la division du pays, parce que les zones contrôlées par les rebelles avaient largement voté pour M. Ouattara et celles contrôlées par le Gouvernement largement voté pour M. Gbagbo. Le chef de l'ONUCI qui a agi en tant que Haut- Représentant des Nations Unies pour les élections annonça également que M. Ouattara avait remporté les élections.

25. La Constitution ivoirienne disposait que l'arbitre final de toute élection nationale, y compris les élections présidentielles, est le Conseil constitutionnel (CC) et non la CEI. La CEI soumit son rapport au CC qui a le pouvoir de changer la décision de la CEI sur la base de sa propre évaluation de tout élément des élections.

26. Exerçant son propre mandat, le CC annula les élections dans différentes parties du territoire contrôlées par les Forces Nouvelles parce qu’il disposait de preuves concrètes que des fraudes massives, etc., avaient eu lieu dans ces zones. Il déclara donc que M. Gbagbo avait remporté les élections.

27. Bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies aituniquement chargé le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections de soutenir les institutions électorales ivoiriennes, ce représentant élu décida d’entériner les résultats de la CEI selon lesquels M. Ouattara avait été élu et ouvertement rejeta la décision de la CC qui faisait de M. Gbagbo le vainqueur.

28. Dans cette situation, M. Gbagbo appela à un recomptage des voix du scrutin et suggéra l'implication des diverses institutions internationales dans ce processus, y compris l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne. Cet appel fut rejeté par l’Onu et toutes les autres institutions contactées.

29. En fin de compte, M. Gbagbo contacta l'Union africaine et informa l'organisation qu'il était prêt et disposé à quitter le siège du Président afin de mettre fin au conflit dans le pays. Il demanda que l'UA envoie une délégation en Côte d'Ivoire afin de faciliter le processus de sa remise du pouvoir à M. Ouattara afin que le conflit de l'époque pris fin et éviter ainsi au pays des conflits futurs. L’UA accepta sa proposition.

30. En conséquence, l'UA a informé l'ONUCI qu'une délégation de Chefs d'État africains se rendrait à Abidjan pour exécuter leur mission comme proposé par M. Gbagbo. L'ONUCI s'est engagée à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour cette délégation et les communiquer à l'UA. Cela n’a jamais été fait. Par conséquent, l'UA n'a jamais réussi à accomplir sa mission qui aurait permis de mettre fin pacifiquement au conflit d’alors.

31. Au lieu de cela, en 2011, tant l'ONU, par le biais de l'ONUCI que la France, dans le cadre de l'opération Licorne, déployée en Côte d'Ivoire en tant que forces neutres de maintien de la paix, ont demandé à ces forces de lancer des attaques militaires contre M. Gbagbo. Elles l’ont alors capturé et remis en fait aux mêmes forces nouvelles qui s'étaient rebellés contre le gouvernement élu de M. Gbagbo en 2002.

32. En 2011, à la suite du transfert de M. Gbagbo à la CPI, des élections législatives ont eu lieu en Côte d'Ivoire. Le FPI, le parti politique de M. Gbagbo a appelé au boycott des élections et n'y a pas participé. Plus de soixante pour cent (60 %) des électeurs inscrits n'ont pas participé aux élections.

33. Madame le Procureur, aux yeux de nombreux Ivoiriens, ce qui précède est l’expression d’un cortège d’injustices. C’est l'un des principaux facteurs qui alimentent la dangereuse division et l'animosité qui concernent une grande partie de la population ivoirienne - du fait que, entre autres :

33.1. en 2002, une rébellion armée a éclaté en Côte d'Ivoire cherchant à renverser par la violence et de manière inconstitutionnelle le Président Gbagbo et son gouvernement d’alors. Personne n'a jamais été poursuivi pour cet acte de trahison.

33.2. Plutôt, les putschistes ont été soutenus pendant de nombreuses années, des armes à la main, jusqu'à ce qu'ils réalisent leur objectif de prendre le contrôle d’Abidjan en 2011.

33.3. Comme nous l'avons indiqué, la pression extérieure a été actionnée afin d’obliger alors le Président Gbagbo à consentir à la tenue d'élections présidentielles dans des conditions qui étaient contraires aux accords négociés entre les parties ivoiriennes, conditions qui manifestement ne pouvaient garantir des élections libres et justes.

33.4. Encore une fois, comme nous l'ont fait remarquer, le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire a outrepassé ses pouvoirs et violé la Constitution de la Côte d'Ivoire en annonçant que M. Ouattara avait été élu président pendant les élections de 2010, en se fondant sur la décision de la CEI plutôt que sur celle du Conseil constitutionnel, constitutionnellement compétente pour valider les élections.

33.5. Cela a servi de prétexte à l'ONU et aux forces françaises pour abandonner leurs mandats de forces neutres de maintien de la paix, pour ainsi permettre aux Forces Nouvelles rebelles d’entrer à Abidjan pour déposer par la force le président Gbagbo. L'ONU et les Français ont rejoint les Forces nouvelles pour lancer l'attaque contre M. Gbagbo pour ensuite l’arrêter et le remettre aux Forces nouvelles.

33.6. Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections n’a notamment rien fait pour donner une suite favorable à la demande tout à fait régulière de M. Gbagbo d’organiser un recomptage des voix du scrutin sous la supervision de la communauté internationale afin de mettre fin à la controverse de savoir qui avait remporté l'élection présidentielle, même après que M. Gbagbo ait également déclaré que lui et M. Ouattara devraient accepter le résultat du recomptage comme définitif et irrévocable.

33.7. L'ONU notamment et d'autres acteurs, n'ont rien fait pour reconnaître le rôle vital joué par M. Gbagbo pour ramener la paix en Côte d'Ivoire quand il a utilisé les pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution pour permettre à M. Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle et devenir le Président de la République s'il remportait les élections. M. Gbagbo avait ainsi audacieusement résolu l'une des questions centrales qui avaient conduit à la rébellion de 2002 et à la tentative de coup d'État, et a donc commencé le processus de répudiation de la politique de division de l’ivoirité que ses prédécesseurs avaient instituée.

33.8. Tout aussi, ces acteurs n'ont pas prêté attention à la position d'une importance vitale que le Président Gbagbo a ensuite prise lorsqu'il a accepté qu’un Gouvernement intérimaire multipartite gère la transition jusqu’à la tenue des élections présidentielles. Pour montrer sa détermination à cet égard, il a même accepté que le leader des Forces nouvelles exerce la fonction de Premier ministre, à la tête du Gouvernement de transition.

33.9. En outre, et qui est d'une importance cruciale, nous ne pensons pas qu'étant donné leur longue implication dans le conflit ivoirien, l'ONU et la France n'aient pas été au courant de la réalité que Wanda L. Nesbitt, l'Ambassadeur des Etats-Unis près la République de la Côte d'Ivoire, a communiquée à son Gouvernement en juillet 2009 en disant :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sinequa non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

34. Une fois de plus, aux yeux de millions d’Ivoiriens, ce qui précède et d'autres éléments liés à l'histoire ivoirienne présentent un tableau très troublant. La réalité est que depuis l'époque du Président Félix Houphouët-Boigny, notamment lorsque M. Alassane Ouattara était son Premier ministre, il a existé un plan pour neutraliser M. Gbagbo et la formation politique à laquelle il appartenait, le Front populaire ivoirien(FPI). Au cours de cette période M. Gbagbo a été emprisonné deux fois pendant de longues périodes et était régulièrement persécuté par les organes de sécurité de l'État en raison de sa campagne politique soutenue de démocratiser la Côte d'Ivoire et de libérer le pays du contrôle néo-colonial.

34.1. Pour ces millions d’Ivoiriens qui ont partagé les vues de M. Gbagbo, il est logique de conclure que ce plan pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique qu’il a conduit a été appuyé par certains Ivoiriens et certaines forces extérieures.

34.2. Ces forces combinées sont intervenues en 2002 pour déposer par la force M. Gbagbo alors Président, mais elles échouèrent.

34.3. Toutefois elles ont veillé à ce que le groupe armé qui avait tenté le coup d'État reste en place, prêt à essayer un autre coup d'état une fois que les conditions sont de nouveau réunies - d'où l'occupation du Nord et de certaines parties de l'ouest de la Côte d'Ivoire par les Forces nouvelles.

34.4. Finalement, le moment vint lorsque huit ans après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire organisa des élections présidentielles en 2010.

34.5. Il est clair pour ses partisans ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer la défaite de M. Gbagbo à ces élections. C'est pourquoi, aucune mesure n'a été prise pour le recomptage des voix comme suggéré par M. Gbagbo. Cela, en dépit du fait que c’est un processus très courant dans les cas où il y a d’importantes différences au sujet du vainqueur et du perdant des élections.

34.6. Il est également clair qu’ils avaient pris toutes les dispositions pour chasser M. Gbagbo par la force s'il contestait sa perte des élections, même si cette contestation était justifiée.

34.7. C'est pour cette raison que les Forces nouvelles ont été autorisées à se comporter comme elles l'ont fait, comme indiqué par M. Nesbitt, l'Ambassadeur des États-Unis. [Cf. : Paragraphe 33.9.1. ci-dessus]

34.8. C'est également pour cette raison que l'Union africaine (UA) n’a pas été autorisée à intervenir pour assurer le règlement pacifique du conflit post-électoral qui débuta en décembre 2010. Nous devrions aussi noter que l'UA aurait également dû chercher à négocier un accord notamment entre MM. Laurent Gbagbo et Ouattara afin de résoudre certaines des anomalies structurelles en Côte d'Ivoire qui ont eu une incidence négative sur son indépendance et sa stabilité.

34.9. Enfin pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique et anti- néo-colonialiste qu'il dirigeait, il a été décidé que la meilleure chose à faire serait de l’inculper devant une cour de justice, de le déclarer coupable pour divers chefs d’accusation et l'emprisonner pour une longue période.

34.10. Plusieurs leaders et militants du FPI ont connu le même sort.

34.11. De nombreux Ivoiriens pensent qu'une partie de cette tâche serait confiée à la Cour pénale internationale (CPI), qui servirait ainsi d’instrument utile dans la réalisation de la tâche stratégique de détruire le mouvement au service du renouveau de la Côte d'Ivoire.

35. Pertinentes questions adressées à la CPI

35.1. Par conséquent, la question se pose de savoir comment la CPI devrait répondre à cette situation où l'absence de Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire compromet les perspectives de stabilité dans ce pays, et la Cour est perçue par une grande partie d’Ivoiriens et de la société africaine comme ayant été cooptée par une faction politique pour neutraliser Laurent Gbagbo et son parti!

35.2. Cette question doit à coup sûr, interpeller lourdement la conscience des juges de la CPI, notamment au regard des effets négatifs de son action sur la nécessité cruciale et urgente d'empêcher une reprise de la guerre et de réaliser la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, qui ne peut être atteinte sans la participation de M. Gbagbo, du FPI, et de leurs partisans.

35.3. Bien que nos contacts avec eux nous révèlent que le FPI souhaite profondément que la réconciliation nationale ait lieu et est déterminé à participer à ce processus, elle ne pourra le faire sans la participation de M. Gbagbo, qui est lui-même disposé à contribuer à cette réconciliation sans exiger la réélection des institutions de gouvernance.

35.4. Bien que nous reconnaissons que la CPI devrait poursuivre sa quête de preuves pour prononcer les inculpations et est en droit d'attendre la décision définitive de chaque cas par les juges, nous estimons qu'une réévaluation du cas de M. Gbagbo est justifiée en raison de la fragilité actuelle de la situation en Côte d'Ivoire, et par sa situation particulière, notamment la nécessité pour son implication positive dans le processus de réconciliation, d'unité et de stabilisation nationales. À cet égard, il est manifeste que :

(i) M. Gbagbo n'était pas l’auteur mais plutôt la cible du recours aux armes par les autres en 2002 pour régler les divergences politiques ;

(ii) M. Gbagbo n'était pas l'initiateur mais un adversaire de la politique d'" ivoirité " qui est à l’origine du conflit ;

(iii) M. Gbagbo, contre la volonté d'un grand nombre d’Ivoiriens, a agi afin de permettre à M. Ouattara d'accéder démocratiquement à la présidence de la Côte d'Ivoire, et a donc transmis le message aux millions de migrants économiques résidents qu'ils ne seront pas considérés comme des citoyens de seconde classe ;

(iv) M. Gbagbo était tellement déterminé que la Côte d'Ivoire redevienne une démocratie qu'il a même permis à ceux qui avaient cherché à le chasser du pouvoir par un coup d'État à diriger le gouvernement qui serait chargé de conduire la transition vers la démocratie, en la personne du chef des Forces nouvelles;

(v) M. Gbagbo était déterminé à se retirer en tant que Président de la République en faveur de M. Ouattara malgré sa conviction qu'il avait remporté les élections, évitant ainsi au pays plus de morts, de souffrances et de destructions de biens; et,

(vi) Même certains juges au sein de la CPI ont soulevé des questions au sujet de l'existence de preuves suffisantes pour condamner M. Gbagbo.

36. Le contexte ivoirien et les perceptions populaires

36.1. Madame le Procureur, comme vous l'avez vu dans nos commentaires précédents, l'arrestation du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire et son procès à La Haye ont eu lieu dans le contexte d'une situation politique extrêmement polarisée qui a abouti à la longue guerre civile en Côte d'Ivoire et la division du pays.

36.2. Il était inévitable dans ces circonstances que les mandats d'arrêt pour Laurent et Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé alimentent la perception qu'une justice des vainqueurs est en place à la CPI : une perception aggravée par le contraste saisissant qu'aucune accusation n'a été portée contre les opposants politiques du Président Gbagbo.

36.3. Par conséquent, pour d’importantes franges de la population de Côte d'Ivoire, l’insistance de la Cour que Simone Gbagbo soit aussi remise à la CPI pour subir un procès, a accentué cette perception d’une justice partiale, qui a été renforcée par l'arrestation et le transfert de M. Blé Goudé à la CPI.

36.4. Les expériences très médiatisées de M. Gbagbo à la CPI, auxquelles nous faisons allusion ci-dessous, ont ajouté au mécontentement d’importantes franges de la population ivoirienne et mettent en péril tout projet de cohésion nationale et toute perspective de redressement.

36.5. Comme vous le savez bien, et comme nous avons cherché à le démontrer, Laurent Gbagbo reste un acteur clé dans la politique ivoirienne, avec de nombreux partisans, dont l'absence persistante dans ce que devrait être une recherche collective de la réconciliation nationale et de la stabilité en Côte d'Ivoire, expose la paix et la stabilité du pays à un risque extrême.

36.6. En outre, jusqu'à présent, certaines caractéristiques des procédures de la CPI aggravent également l'effet de polarisation de l'arrestation, de la détention et des poursuites de M. Gbagbo.

37. Les problèmes soulevés par le processus de confirmation

37.1. Madame le Procureur, comme vous le savez, le déroulement du procès de M. Gbagbo est suivi de très près en Côte d'Ivoire, et le processus de confirmation des charges retenues contre Laurent Gbagbo a suscité un intérêt particulier. Force est de reconnaître que ce processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Qu’il vous souvienne qu’en juin 2013, par une décision majoritaire, la Chambre préliminaire (I) a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves à ce stade pour confirmer les accusations portées contre M. Gbagbo.

37.2. Le fait que la Chambre ait néanmoins alloué au procureur un temps additionnel pour fournir des preuves supplémentaires pour renforcer son cas et, qu’un an plus tard, en juin 2014, la Chambre ait pu confirmer ces charges uniquement par la décision de la majorité n'a pas échappé aux observateurs. Ni le fait que l'un des éminents juges ait donné un avis complètement dissident, expliquant pourquoi elle n'était pas convaincue de la qualité des preuves qui pourraient attester de la participation de M. Gbagbo aux crimes présumés.

37.3. Pour les observateurs intéressés, notamment en Côte d'ivoire mais également en dehors de ce pays, ce fut donc une approbation mitigée des accusations contre Laurent Gbagbo. Par ailleurs, cette division dans l'opinion judiciaire a accentué la perception de l’insuffisance juridique des preuves contre M. Gbagbo.

37.4. Pire encore, vous comprendrez, Madame le Procureur, que tout cela a fermement confirmé la conviction des partisans de M. Gbagbo qu'il ne devait répondre d’aucun chef d’accusation en première instance et que la CPI s’employait à s’assurer que l'objectif prédéterminé de l’inculper était atteint.

38. Les retards dans l’affaire

38.1. Il y a d'autres éléments de l'affaire qu'il faut garder à l'esprit. Près de quatre ans après son transfert à La Haye, le procès de M. Gbagbo n'a toujours pas commencé. Bien que ce retard soit imputable à plusieurs raisons, y compris la complexité même des procédures, et la nécessité de veiller à ce que toutes les parties soient bien préparées pour tout procès; et bien que les retards dans le contexte des procès à la CPI peuvent ne pas être inhabituels, il est indéniable que plus cette affaire traine plus il y a des risques que cela attise les tensions politiques en Côte d'Ivoire auxquelles nous avons déjà fait allusion.

38.2. Comme vous le savez, les retards seraient perçus par les partisans de M. Gbagbo comme une expression délibérée et hostile du principe selon lequel - justice différée équivaut à déni de justice.

39. Détention prolongée

39.1. Le retard accusé dans cette affaire affecte énormément M. Gbagbo en raison de son maintien en détention à La Haye. En dépit des efforts incontestables de son équipe de défense, elle n’a pu obtenir la liberté provisoire de son client, bien que, selon les décisions de la Cour, un État tiers avait, à ce qu’il parait, accepté d’accueillir M. Gbagbo et qu'il assurerait sa présence à la Cour chaque fois que nécessaire. Un aspect particulièrement triste de sa détention est que l'an dernier, M. Gbagbo n’a même pas pu être libéré pour quelques jours pour assister à l'inhumation sa mère.

40. Bien que diverses décisions judiciaires puissent avoir été prises pour confirmer les accusations et maintenir M. Gbagbo en détention, il est impossible d'ignorer la réalité que cette affaire continue de polariser la Côte d'Ivoire et compliquer la transformation cruciale de son paysage historique général.

40.1. C'est une préoccupation importante, et c’est elle qui justifie notre Appel, et qui crée, à notre avis, l'impératif de réévaluer l'affaire Gbagbo, et en particulier d'interroger la nécessité d'une poursuite qui a déjà montré des insuffisances manifestes qui sont suffisamment graves pour avoir entrainé une forte dissidence judiciaire contre la confirmation des charges.

41. Contexte général

41.1. En 1998, lorsqu'il a été signé, les États ont reconnu que le Statut de Rome pourrait fonctionner au sein du système des relations internationales et entraînerait inévitablement un empiétement sur la souveraineté des États. Toutefois, les négociateurs du traité ont à juste titre rejeté l'idée de tout mécanisme de filtrage ou de contrôle externe des travaux de la CPI parce que cela aurait constitué une interférence inacceptable à l'exercice de la discrétion et la prise de décisions du Procureur et des juges.

41.2. Toutefois, dans le but de protéger l’indépendance de la Cour, les États n'avaient pas abandonné l'idée que la nouvelle cour devait fonctionner d'une manière qui reconnaisse la complexité du système international ou dans les contextes nationaux et se sont fondés sur l'option de prendre dûment en considération, le cas échéant, la nécessité de favoriser les processus nationaux.

41.3. Plutôt, et au lieu de cela, les signataires du Statut ont confié au Procureur et aux juges, par une utilisation judicieuse de de leur pouvoir discrétionnaire, le droit et le devoir de procéder aux appréciations nécessaires pour que lorsque, les procédures de la CPI sont inappropriées ou contraire aux intérêts de la justice, prennent en compte toutes les considérations pertinentes, y compris l'impact de ses interventions sur la paix durable et la stabilité dans les sociétés.

41.4. Nous considérons donc que le Statut de Rome devrait rester entre les mains de la CPI comme un instrument vivant, capable d'une part, de poursuivre les responsabilités individuelles pour les crimes les plus graves, tout en préservant dans le même temps la capacité de répondre avec souplesse aux spécificités de chaque cas, en évitant de causer des préjudices. Cette approche, de notre point de vue, est compatible avec l'objet et le texte du Statut comme nous le comprenons.

41.5. Madame le Procureur, à notre avis, l'indépendance même de votre bureau, et celle des juges, sert à protéger les décideurs de la Cour de toute interférence, leur permettant ainsi de mettre en œuvre la sagesse qui est nécessaire à la Cour afin de contribuer à la recherche de solutions aux crises majeures au sein desquelles la Cour fonctionne inévitablement. Partant, la solidité et la valeur du Statut de Rome seront jugées non pas par l'inflexibilité de la CPI dans l'exercice de la justice, mais par sa capacité de réaction face à la complexité et à la nuance des diverses situations dont la CPI sera saisie.

41.5.1. À cet égard, nous devons souligner que notre Appeln’a nullement pour intention de mettre en doute ou compromettre la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui commettent des infractions graves énoncées dans le Statut de Rome, et les obligations de la CPI à cet égard. Nous voudrions croire que comme ils traitent de la question extrêmement importante de la réconciliation nationale, les Ivoiriens se pencheront également sur la question de la justice, pleinement conscients de l'interconnexion entre les deux.

42. Retraits des chefs d’accusation contre Gbagbo

42.1. Madame le Procureur, nous reconnaissons que les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée ne sont pas propres à ce pays, et que dans d'autres contextes également, votre bureau sera familiarisé avec les tensions entre les travaux de la CPI et les impératifs pour garantir la stabilité dans ces pays. Mais comme nous avons cherché à le démontrer, l'arrestation de Laurent Gbagbo a manifestement échoué à contribuer à la réconciliation politique et au redressement de ce pays, mais a plutôt freiné ce processus, polarisé les opinions et exacerbé les divisions de la société ivoirienne à tel point que nous sommes maintenant gravement préoccupés par la perspective de la reprise du conflit dans ce pays.

42.2. Nous sommes convaincus que l'effet cumulatif de la situation politique fragile en Côte d'Ivoire qui nécessite des efforts concertés pour parvenir à la réconciliation; les impacts négatifs actuels du procès de Gbagbo sur cette situation; l'occasion pour M. Gbagbo de faire une immense contribution à la recherche d'un règlement pacifique et de solutions humaines pour la Côte d'Ivoire; les incertitudes entourant les preuves contre lui; ainsi que les divers autres éléments personnelle à M. Gbagbo, justifient largement l’interruption du procès.

42.3. Madame le Procureur, vous nous pardonnerez pour le fait que nous ne soyons pas des spécialistes du Règlement de la Cour, et laisserons à votre appréciation la question des procédures nécessaires pour atteindre un résultat qui soit juste et équitable pour la Côte d'Ivoire, tout en reconnaissant que toute décision peut faire l'objet de confirmation judiciaire. Toutefois, nous espérons que vous comprendrez que nous avons une solide connaissance de la situation en Côte d'Ivoire et que vous nous rejoindrez dans la parfaite connaissance des défis de la construction de sociétés unies en Afrique, par dialogue.

42.4. Madame le Procureur, nous devons souligner que rien de ce que nous disons ici ne vise à minimiser les crimes qui ont été commis dans le cadre de la contestation politique en Côte d'Ivoire. Nous adhérons à l'idée que les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble ne devraient pas rester impunis mais devraient principalement être traités par des mesures prises au niveau national. À notre humble avis, en vertu du Statut de Rome, la Cour devrait, dans les circonstances qui prévalent en Côte d'Ivoire, s'en remettre à l'actuel processus national et aux mécanismes que les Ivoiriens, collectivement adopteront pour assurer la responsabilisation et la réconciliation relativement aux exactions commises lors de la crise dans ce pays.

42.5. Bien que nous reconnaissions que toute décision d’abandonner des charges pénales puisse être assujettie à l'autorisation des juges, nous sommes convaincus qu'à la lumière des nombreuses informations et analyses à votre disposition, ainsi que des problèmes que nous avons pu identifier dans la présente lettre, votre bureau, Madame le Procureur, est bien placé et équipé pour traiter cette question d'une manière qui va à la fois faire avancer la cause de la Cour et du peuple de Côte d'Ivoire, mais aussi de l'ensemble de l'Afrique.

43. Nous voudrions donc vous demander, Madame le Procureur, de réexaminer l'affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la Cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l'unité, de la stabilité, du redressement et de la responsabilisation de la Côte d'Ivoire, en donnant la possibilité à tous les Ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l'usage des armes.

Veuillez agréer Madame le Procureur, l'expression de nos sentiments distingués.

9 septembre 2015

Pretoria
Republic of South Africa

7662083-11845115.jpg?w=620

CHAIRMAN AFRICA FORUM: JOAQUIN CHISSANO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF MOZAMBIQUE
DEPUTY CHAIR: NICEPHORE SOGLO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF BENIN.

 

Source: MEDIAPART

jeudi, 09 octobre 2014

BLE GOUDE A LA CPI: LA JURISPRUDENCE DE L'IGNOMINIE, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

BLE GOUDE A LA CPI.jpg

 

Les charges contre le ministre de la Jeunesse du gouvernement Aké N'Gbo seront-elles confirmées ? Si l'on s'en tenait à la logique juridique normale, la réponse à cette question serait évidemment négative. Mais voilà : la CPI n'est pas un tribunal normal. Procès après procès, forfaiture après forfaiture, il est en train de mettre en place une jurisprudence de l'ignominie, digne des « procès de Moscou » et des pires Républiques bananières.

Durant les quatre journées qui viennent de s'écouler, l'Accusation n'a cessé de plaider pour des «standards de preuve» les plus bas possibles. Elle n'est pas venue dire à la Cour qu'elle avait un dossier solide, mais a affirmé sans honte qu'en dépit de la légèreté de sa démonstration, il fallait aller au procès parce que le statut de Rome et la jurisprudence de la CPI le permettent. Les observateurs ont parfois eu la désagréable impression que l'objectif suprême du bureau du procureur n'est pas de gagner son procès, mais d'aller à un procès pour « coffrer » Blé Goudé, figure politique de la génération qui vient, le plus longtemps possible. Lamentable.

Dénaturation des référents juridiques

Hier encore, l'Accusation a continué à dérouler son interprétation extra large de la culpabilité selon le statut de Rome. Face à l'incongruité de la position consistant à accuser le fondateur du COJEP de faits attribués (de manière fallacieuse, sommes-nous persuadés) à des éléments des FDS en patrouille ou en caserne, comme l'affaire des « sept mortes d'Abobo » ou du « bombardement du marché d'Abobo », elle a sorti de son chapeau la théorie de « l'attribution mutuelle » et du « contrôle commun », qui s'éloigne singulièrement de la notion de responsabilité individuelle telle que le droit contemporain la définit. Puisque Gbagbo et Blé Goudé étaient d'accord pour mettre en œuvre le « plan commun », eh bien tout ce qui a pu se passer par la suite, même si l'un d'entre eux n'était pas au courant ou ne pouvait absolument pas influencer les choses, doit et peut leur être imputé. Dans cette entreprise de torsion voire de dénaturation de nos référents juridiques, le procureur sait pouvoir compter sur les précédents créés par ces affaires où, alors qu'il n'avait pas fait son travail, les Chambres préliminaires ont ouvert la voie à des procès singulièrement mal engagés.

On remarquera au passage que la théorie de « l'attribution mutuelle » n'empêche pas l'Accusation de « sélectionner » parmi les personnes impliquées dans le plan commun « imaginaire » trois individus : Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé. Et les autres ? Durant les jours qui viennent de se dérouler, Fatou Bensouda et ses comparses nous ont laissé entendre que lors des fameuses réunions où s'organisait le fameux « plan commun », Blé Goudé côtoyait des dignitaires de l'armée comme P9 et P10, que beaucoup d'Ivoiriens ont reconnu. Pourquoi ne sont-ils pas eux aussi mis en accusation au nom du fameux principe de « l'attribution mutuelle » ? Pourquoi sont-ils recyclés en témoins à charge là où ils devraient eux-mêmes répondre de leur participation à ce plan commun ? Mystère et boule de gomme.

Prend-on les dirigeants africains pour des demeurés ?

Dans leur verve, les collaborateurs d'une Fatou Bensouda tout aussi absente durant l'audience de Blé Goudé qu'elle l'était lors de celle de Gbagbo ont expliqué qu'il n'était guère besoin que Blé Goudé ait connu ou ait commandité des crimes spécifiques pour qu'il soit tenu pour responsable. Il fallait juste qu'il soit conscient que « le plan commun » entraînerait des crimes dans le « cours normal des événements ». Un « plan commun » qui consisterait à mettre tout en œuvre, y compris des crimes relevant de la CPI, pour « se maintenir au pouvoir ». Sauf à prendre les dirigeants africains pour des demeurés, peut-on vraiment soutenir la thèse selon laquelle, alors qu'il a été prévenu, alors qu'il a des forces internationales présentes sur son sol, alors qu'il sait que ce sont les crimes contre l'humanité qui mettent en mouvement la fameuse « responsabilité de protéger » et l'article 7 de la Charte des Nations unies autorisant le recours à la force, Gbagbo a justement fait ce qu'il ne fallait pas faire, c'est-à-dire engager un projet génocidaire ? Oublier ses adversaires et s'en prendre à des civils alors que ce sont bien des rebelles armés qui menacent son pouvoir, ce n'est pas une manière de « conserver le pouvoir », mais le meilleur moyen de le perdre. Gbagbo et Blé Goudé, qui ne sont pas des psychopathes, le savaient. Comme Alassane Ouattara et la France savaient aussi que « vendre » un « récit », aussi mensonger qu'il soit, sur le « spectre du Rwanda » étaient le moyen le plus sûr d'engager des forces internationales contre celui qu'ils voulaient renverser. Voilà un « plan commun » bien plus plausible !

Si on suit cette logique...

L'Accusation s'est accrochée comme à un rocher à des propos de Blé Goudé admettant que dans un conflit, il y a des dégâts collatéraux. Parce qu'il en avait conscience, parce qu'il savait que des crimes interviendraient « dans le cours normal des choses » et qu'il n'a pas abdiqué face à la volonté de pouvoir de Ouattara, il est responsable de crimes contre l'Humanité ! Si l'on suit cette logique, tous les présidents de tous les pays ayant une fois ou une autre été engagés dans une guerre, devraient se trouver à La Haye. La guerre, ça tue ! Tout le monde le sait. De là à criminaliser le principe même de résistance nationale, il n'y a qu'un pas...

La CPI semble désormais vouloir institutionnaliser un principe : on abaisse au maximum le standard de preuves visant à conduire à un procès, on traîne en longueur et on accuse tout le monde et personne de saboter nos enquêtes dès lors qu'on a obtenu la confirmation des charges donc un séjour très long « au gnouf » pour les adversaires de la « communauté internationale ». Et puis, après, on verra...

A ce stade de travestissement des règles du droit, il semble évident que jamais un dirigeant occidental ne sera jugé par la CPI. Fatou Bensouda et son staff sont conscients que le jour où leur « imposture judiciarisée » touchera quelqu'un qui est assez influent pour pousser les observateurs les plus en vue à faire preuve de sens critique vis-à-vis de leurs procédés, leur édifice conçu et pensé pour les plus faibles des vaincus s'écroulera comme un château de cartes.

Les charges contre Blé Goudé seront-elles confirmées ? L'unanimité qui s'est emparée du collège des juges, du bureau du procureur et de « l'avocate des victimes » quand il s'est agi de tenter d'éviter que la Défense dépose des écritures, qui devraient pourtant permettre une lecture approfondie du « cas » par la Cour, n'est en tout cas pas le meilleur des signes.

 

Théophile Kouamouo [Paru dans Le Nouveau Courrier du 3 octobre 2014]

 

Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

Transcription de la prise de parole de Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale (CPI), le 2 Octobre 2014.

 


"Madame la présidente, Mesdames les juges,

-Pour le respect de la mémoire des victimes décédées ; 

-Pour panser les meurtrissures physiques et morales des victimes blessées, mais aussi, pour apaiser la douleur de leurs familles, il aurait été salutaire que soit située la responsabilité de tous les principaux acteurs de la scène politique ivoirienne, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition. Hélas !"

"Après avoir écouté la procureure, elle qui estime que j’ai utilisé mon art oratoire pour imputer la responsabilité des crimes au camp Ouattara, je ne me fais plus d’illusion : elle ne les poursuivra pas puisqu’elle les considère comme des victimes."

"Tout le temps que je suis resté assis ici pendant des jours, à écouter le réquisitoire de la procureure, qui s’est résumé à un assemblage de bouts de vidéos, des fragments de discours hors contexte savamment sélectionnés et de commentaires tendancieux, dans une vaine tentative d’accréditer une accusation aussi boiteuse que ridicule ; je suis hélas, resté sur ma faim !"

"S’il y a une seule chose que la procureure a réussie, c’est d’avoir achevé de me convaincre que mon arrivée à la CPI, résulte d’une loterie judiciaire ; manque de chance, la procureure a parié sur le mauvais cheval, sinon ceux qui devraient être ici, dans le box des suspects sont encore en liberté en CI. Et cela est injuste. C’est pourquoi, je voudrais m’interroger avec vous, madame la présidente: QUEL MONDE VOULONS-NOUS BÂTIR ?"

Un monde sans valeurs morales, un monde sans repère où il nous faut seulement apprendre à gagner sans avoir raison, comme le disait Check Amidou Kane, dans son célèbre roman ‘’l’aventure ambiguë ’’? Sommes-nous dans un monde ambigu ? Or, ce qui fait la grandeur d’un peuple, c’est de défendre les valeurs qui le fondent. J’y ai cru hier et ma foi en ces valeurs n’a pas encore faibli. "

"La procureure devrait porter haut ces valeurs et œuvrer à ce que les justiciables ne désespèrent pas de la justice, surtout pas de la justice internationale, en ce qu’elle porte la lourde responsabilité de défendre les plus faibles, de protéger ceux qui sont sans défense, afin que ceux-ci ne soient impunément la proie des plus forts."

"Si j’ai bien entendu, la procureure a dit dans son discours d’ouverture « à travers cette audience nous voulons envoyer un message fort à tous ceux qui veulent parvenir et se maintenir au pouvoir par la force. » vu sous cet angle, c’est donc à tort que la procureure me poursuit puisque pendant plus de dix ans, je n’ai cessé de dire à ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"Madame la présidente, Mesdames les juges

Je ne suis ni le criminel, ni le génocidaire que l’on tente vainement de vous dépeindre par des simulacres de déclarations peu crédibles, appelées témoignages, qui pourtant ont été recueillis auprès de mes adversaires politiques dont la hantise est de se débarrasser d’un futur adversaire avec qui ils craignent de faire une compétition politique. 

Avoir des ambitions est certes légitime, mais vouloir les réaliser sur les cendres de la vie des autres est malsain."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Par ma voix, des millions d’Africains comptent sur vous pour que la CPI ne serve pas d’instrument pour la réalisation d’ambitions qui pourraient entacher l’image de cette prestigieuse institution. Des militants de partis politiques adversaires triés sur le volet, m’accusent d’avoir recruté des mercenaires. Comme ce prétendu témoin qui déclare : « j’ai vu Blé Goudé brandissant une kalachnikov à la télé, mais il était de dos donc je ne l’ai pas bien reconnu… » "

"Au stade Jessy Jackson de Yopougon, à Abidjan, au sein de notre club de football (SOMACY), entre copains, nous utilisions un slogan sportif, ‘’ya rien en face, c’est maïs’’, pour taquiner l’équipe adverse quand on marquait un but (comme la vidéo l’illustre). J’ai utilisé ce même slogan pour agrémenter l’ambiance de la campagne électorale, comme pour dire que l’élection aussi est un jeu."

"La procureure et le pouvoir d’Abidjan instrumentalisent des soit disant témoins pour travestir ce slogan en l’interprétant comme une volonté pour moi de dire qu’excepté mon candidat Gbagbo, il n’existerait pas d’autres candidats ; Ce qui, pour eux signifierait que nous avions prémédité de ne jamais reconnaître une défaite et que ‘’maïs’’ signifierait que nous allions tuer et manger les partisans de Ouattara. Cette interprétation erronée et étriquée, fruit d’une gymnastique judiciaire me semble partielle, parcellaire, donc partiale."

"A y voir de près, la seule difficulté dans cette affaire, est que la procureure cherche à fabriquer des miliciens ; Disons plutôt qu’elle cherche forcement à faire de moi ce qu’elle aurait souhaité que je sois. Mais pour quoi ? Pourquoi veut-elle forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Pourquoi ? Pourquoi refuse-telle de réclamer les dents de la panthère à celui qui a consommé la tête ?"

"Les marches, les meetings, les sit-in, la grève de la faim, le matelas et les conférences ne sont pas des moyens par lesquels s’exprime un milicien ? Ces moyens pacifiques, symboles de la non-violence, inspirés de Ghandi et de Martin Luther King, (ces personnalités qui ont marqué notre siècle), sont les seuls et uniques moyens par lesquels je me suis toujours exprimé. Alors, je demande encore : Pourquoi cherche-t-on, par des voies peu orthodoxes, à me tailler une sculpture et à m’attribuer une casquette qui est aux antipodes de la philosophie qui a fondé mon entrée en politique ?"

"Du 02 Octobre 2002 au 26 septembre 2011, peut-on me citer une seule de nos manifestations au cours de laquelle il y aurait eu un seul mort ? Peut-on me confondre avec une vidéo, un seul support sonore où je demande à une catégorie de la population d’exterminer une autre ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

L’histoire de mon pays est trop récente. Tenter de la falsifier en lui tordant le coup serait se livrer à un exercice au succès peu probable. Comme je refuse d’être jeté dans la poubelle de l’histoire, Il m’apparaît comme un devoir citoyen d’apporter un peu de fraîcheur à la mémoire collective que tentent d’effacer les contrebandiers des faits qui ont fait régresser mon pays au plan de la démocratie et des droits de l’homme, pourtant acquis de haute lutte. Face à leurs contrevérités, ma bouche restera toujours sans tremblement. Et je voudrais que l’on m’écoute avec toute l’attention qu’il sied."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

La crise ivoirienne, a opposé deux philosophies diamétralement opposées, incarnées par deux camps :

1- le camp de ceux qui ont pris les armes pour déstabiliser les institutions de la République pour des raisons que vous expliqueront certainement « ces intouchables », le jour où il plaira à la procureure de les convoquer devant cette cour;

2- et le camp des forces armées nationales loyales à la République et à ses institutions.

Indépendamment de ces deux parties belligérantes, La population civile, à travers la résistance aux mains nues, a fait le choix de s’opposer à l’utilisation des armes comme moyen de revendication et d’accession au pouvoir : c’est de cette troisième voie que je me réclame."

"Ce choix de la non violence, je l’ai librement fait, non par stratégie, ni par faiblesse, mais par principe et par culture politique; Parce que je reste convaincu que la guerre et les armes sont les ennemies de la démocratie et de la paix dans le monde. Je considère la rébellion armée comme la pire des expressions. C’est pourquoi, fidèle à ma philosophie politique pacifiste connue des ivoiriens, je n’ai jamais possédé d’armes, ni à titre individuel, ni à titre collectif. Par quelle alchimie, pourrais-je alors réussir à distribuer ce que je ne possède pas ?"

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Jamais je n’ai armé des citoyens contre d’autres citoyens: jamais je ne le ferai.

À ceux qui souventefois m’ont traité de faiblard qui a peur de la guerre, j’ai toujours rétorqué que je n’aime pas la guerre et que je n’ai pas honte de dire que je ne sais pas faire la guerre, que je préfère être faible parmi des êtres vivants que d’être fort parmi des corps sans vie. Convaincre et non vaincre: tel est mon credo. Chrétien ou musulman, qu’on l’appelle Allah, Dieu, Jehova, Gnamien Kpli, Klôtchôlô ou Lagô, Pour moi, nous prions tous le même Dieu."

"Ouvert et tolérant de par ma culture, j’ai toujours tenu à saluer au même titre, les imams et les prêtres des localités visitées, Au cours de toutes mes tournées politiques. J’ai même souvent aidé à réhabiliter certaines mosquées tout comme j’y ai fait plusieurs dons. (Je verse la vidéo au dossier). Je trouve donc choquant voire outrageant et peu sérieux que l’on m’accuse d’être celui qui aurait appelé à tuer des musulmans et à incendier leurs lieux de culte."

"Madame la présidente, Mesdames les juges, 

Pour la paix dans mon pays, j’ai pris beaucoup de coups. Chaque fois que le processus de paix a pris du plomb dans l’aile, j’ai fait ce que j’ai pu, j’ai toujours fais le pas vers l’adversaire afin qu’ensemble nous puissions sauver ce que j’ai cru que nous avions en commun : La Côte-d’Ivoire. J’ai sacrifié ma jeunesse et ma vie de famille.

"Contrairement aux gamins de leur âge, mes enfants n’ont pas pleinement bénéficié de la chaleur que leur père aurait souhaitée leur donner. Mais je sais qu’ils me comprendront un jour, (je veux leur léguer des valeurs). C’est pour eux et tous les autres enfants de leur âge que je me bats afin qu’ils puissent vivre demain dans un monde meilleur, un monde où l’on ne cherche pas à noyer la vérité dans l’obscurité du silence."

"Mes proches, les personnes que j’aime et pour qui je compte continuent de souffrir des conséquences de mon engagement et de mon absence prolongée. peut- on mener une lutte d’une telle envergure et prétendre à une vie calme comme une eau douce ? La réponse est non!’’

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Pendant que je parcourais hameaux, villages et villes, sur les chemins rocailleux pour convaincre les ivoiriens à se pardonner les uns les autres et à donner dos à la confrontation, je ne m’étais pas attendu à l’inattendu. En effet, ceux avec qui je croyais parler de paix et qui sont aujourd’hui au pouvoir préparaient la guerre et avaient érigé l’usage de la violence en programme politique."

"Madame la présidente, 

Je n’ai jamais souscrit à un seul des actes criminels allégués dans l’acte d’accusation. La procureure doit correctement orienter ses poursuites. Pendant que les ivoiriens souffraient, ceux qu’on peut aujourd’hui appeler, les nouvelles autorités ivoiriennes, étaient plutôt préoccupés à se partager la Côte-d’Ivoire comme un butin de guerre comme ils continuent d’ailleurs de le faire !

"Prisonniers de leur passion pour le pouvoir, les nouvelles autorités ivoiriennes étaient restés sourds à mes cris et à mes appels en faveur de la paix : ils ne mesuraient pas à cette époque l’importance de la paix. Heureusement qu’à la pratique de l’exercice du pouvoir, ils semblent se rendre compte que, dans un pays, la paix et la stabilité, ne dépendent pas seulement du régime au pouvoir mais qu’elles dépendent aussi de la culture démocratique, de la culture de tolérance et de la générosité politique de l’opposition.

".....Et pourtant, ces opposants d’hier, accusaient de traîtres ceux des leurs qui parlaient de paix et de réconciliation avec moi. Pendant la crise post-électorale, à la proposition de recomptage des bulletins comme solution au contentieux électoral, nos adversaires avaient préféré la comptabilité nécrologique et la force."

"Ironie du sort, c’est moi, concepteur de ‘’la victoire par la résistance aux mains nues’’, qui me retrouve ici, devant vous pour répondre de crimes contre l’humanité pendant que ceux qui ne voulaient pas entendre parler de paix parce qu’ils voulaient le pouvoir à tout prix, se trouvent en liberté et continuent de narguer leur victimes dans une indifférence coupable qui s’apparente à une complicité. Autant dire que c’est l’hôpital qui se moque de la charité."

"C’est pourquoi je demande encore : pourquoi veut-on forcement faire de moi ce que je ne suis pas ? Transformer le tort en raison, est-ce cela que nous voulons léguer aux générations futures ? Ne serait-il pas préférable de soigner la fièvre au lieu de chercher à casser le thermomètre ?"

"Je ne cherche pas seulement à être libre tout comme je ne cherche pas à avoir raison. Il y a une et unique chose que je cherche : LA MANIFESTATION DE LA VÉRITÉ. Seule la vérité aidera la cour à situer définitivement ma responsabilité ; et j’y tiens !"

"Seule la vérité pourra m’ouvrir les portes de sortie de la prison. Ce n’est ainsi que je me sentirai véritablement libre, que je pourrai regarder, la tête haute, les victimes et leurs familles qui ont été trompées par leurs vrais bourreaux qui se font malicieusement passer pour leurs bienfaiteurs, alors qu’ils sont pris en flagrant délit de falsification de l’histoire, dans la seule optique de diaboliser et se débarrasser d’adversaires politiques avec qui ils craignent de faire une compétition politique sérieuse."

"Ils me jettent La pierre ; elle me servira certainement pour ériger mon piédestal en faisant éclater la vérité à travers ce procès."

"Oui, des crimes atroces ont été commis en CI contre des populations innocentes qui étaient sans défense; les auteurs de ces crimes sont bel et bien connus. Hélas ! Ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale ; les violations graves des droits de l’homme dont ils se sont rendus coupables au vu et au su des organisations chargées de les dénoncer ou de les punir, ont été noyées dans l’obscurité du silence."

"Ne pouvant les (ceux-ci semblent jouir d’une immunité internationale) poursuivre, la procureure cherche vainement, par une alchimie judiciaire, à fabriquer d’autres criminels à la place des vrais auteurs ; Ce qui lui rend la tache herculéenne. Or, je le répète une fois encore : « on ne peut réclamer les dents de la panthère qu’à celui qui a consommé la tête. »

"Svp, madame la présidente, mesdames les juges,

Les victimes du commando invisible et des FRCI, à Anokoa Kouté et à Duékoué tout comme les victimes de Yopougon, de Bouaké, de petit Guitrozon, réclament toujours justice.

Leurs larmes continueront-elles de couler sur le parapluie de l’indifférence de la procureure et de la représentante des victimes ?"

".....Ensuite le plan commun :

Mesdames les juges,

Je dois avouer que c’est ici à la Haye que j’ai appris ce nouveau vocabulaire. S’il a existé un plan commun au cours de la crise en Côte-d’Ivoire, je n’en connais ni les concepteurs, ni les exécutants, tout comme j’en ignore les objectifs, contrairement aux allégations de la procureure." "Je suis plutôt allé à la rencontre des victimes de la guerre ; j’ai écouté et entendu leurs souffrances. J’ai dû braver le sarcasme et les critiques les plus acerbes pour faire le pas vers l’adversaire afin de rapprocher et réconcilier les voisins d’hier, que le conflit avait divisés."

"Existe-t-il des victimes qui n’ont pas droit à la justice ? Je parle de ces populations sans défense qui avaient fui la mort, mais que hélas, la mort a rattrapées dans des églises et des camps où ces populations avaient espéré trouver refuge ; en fait, toutes les victimes sans distinction ; car, je reste convaincu, que la vie humaine est sacrée et qu’un mort n’a ni appartenance politique, ethnique ou religieuse."

"J’ai mis en place le 98121, numéro de la paix sur lequel les ivoiriens se sont envoyés des messages en faveur de la paix. Je les ai encouragés à accepter que « la valeur du pardon réside dans la gravité de la faute pardonnée. »"

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Voici exposé mon plan pour la paix que j’avais en commun avec les ivoiriens épris de paix et dont j’ai connaissance. Évidemment, la procureure ne pouvait pas évoquer ce plan pour la paix puisqu’il lui fallait absolument dépeindre le Blé Goudé assassin, génocidaire."

"Mais moi, j’attends ici à la cour, la confrontation avec les témoins de la procureure pour que je parle avec eux, de la Côte-d’Ivoire et du conflit qui l’a inutilement retardée. Je ne parle pas de la Côte d’ivoire vernie à coup de propagande sur internet, mais de la Côte d’ivoire telle que la vivent mes concitoyens."

"Mesdames les juges, 

Au terme de mes précisions, vous comprendrez aisément que les charges alléguées contre moi, résistent peu à la rigueur du droit. Par conséquent, je trouve injuste que l’on veuille faire supporter à mes frêles épaules, la lourde responsabilité de la crise qui a endeuillé mon pays. Car dans mon combat légitime de non-violence, je garde les mains pures et aucune goutte de sang ne crie et ne plaide contre moi."

"Mon crime, s’il devrait en exister un, serait d’avoir crié pendant dix ans qu’il est immoral de vouloir accéder au pouvoir par la voie des armes. C’est pourquoi, il vous plaira, madame la présidente, de demander à l’accusation d’orienter ses enquêtes ailleurs et d’inscrire mon nom sur la liste des victimes de la crise. Oui, je suis une victime, quoi qu’en puissent dire mes détracteurs !"

"Je suis un homme convaincu de la force motrice de la mobilisation des masses populaires et des vertus de la non-violence. Pour moi, celui qui accorde le pardon se libère du poids encombrant de la haine. Cette philosophie est le fondement de ma vision et de mon action politique. Et quelles qu’aient été les humiliations et les tortures que mes adversaires m’aient fait subir, quelles que soient les injustices et les épreuves que me réserve le futur, Je ne compte pas y déroger."

"Toutes mes actions ont toujours été guidées par un principe : que mon nom ne s’écrive jamais du mauvais coté de l’histoire afin que je ne puisse pas léguer en héritage, à ma progéniture un patronyme ensanglanté du sang innocent de mes concitoyens. En d’autres termes, CE QUI DOIT GÂTER MON NOM DOIT AVOIR UN NOM."

"Madame la présidente, Mesdames les juges,

Au nom de cette balance, symbole de justice, qui pend là, au-dessus de vous, je vous serai reconnaissant de me laisser rentrer chez moi, auprès des ivoiriens, pour construire et bâtir ensemble avec eux la paix et la réconciliation comme je l’avais déjà commencé et que je puisse continuer de dire à ceux qui ne l’ont pas encore compris qu’on n’entre pas en politique avec les armes mais avec des idées et un projet de société."

"La prison, c’est certes dur, ça peut même durer mais, ça ne saurait durer éternellement." "Abraham Lincoln n’a donc pas eu tort d’affirmer que pour une cause noble, on ne perd jamais son temps en prenant tout son temps. Il enseigne ainsi aux partisans de la vitesse que la vie ne se résume pas aux aiguilles d’une montre mais à la qualité de nos actes pendant notre bref séjour passager sur terre. Pour dire que mes adversaires ont la montre, moi j’ai le temps."

"Et, comme Je refuse d’être la honte de ma génération et que je ne veux pas être jeté dans la poubelle de l’histoire, Je porterai ma croix avec dignité et honneur. Si je dois souffrir, je souffrirai débout, car, le poltron meurt mille fois avant de mourir."

"Même s’il m’arrivait par extraordinaire, d’être condamné aujourd’hui, je ne doute pas qu’un jour l’histoire m’acquittera."

"Mon défunt père Blé Gnépo Marcel que je n’ai pas eu la chance d’accompagner à sa dernière demeure à Kpogrobré dans la sous-préfecture de Guibéroua, me disait : « Mon fils, un fruit bien mûr ne pourrit jamais en l’air ; il finit toujours par tomber. »"

"Non, je ne suis pas anti français!

Non, je ne suis pas un chef de milices! 

Non, je ne suis pas le présumé assassin des ressortissants du nord et des musulmans de mon pays!

Non, je n’ai jamais distribué d’armes!

Non, je ne suis pas un partisan de la violence!

Non, je ne suis pas un génocidaire!"

"Que le droit nous départage ! 

Que Dieu bénisse l’Afrique, et apporte la paix en Côte-d’Ivoire et partout dans le monde ! je fais confiance à la justice internationale

Un jour il fera jour et je rentrerai chez moi !"

 

(Retranscription Michel Galy)

 

Source: Résistance Côte d'Ivoire Israël

dimanche, 26 janvier 2014

BENSOUDA, LA MAGICIENNE DE LA CPI

FATOU BENSOUDA 7.jpg

 

Quand Maitre Altit qualifiait de brouillon le Document de Notification de Charges (DNC) de Bensouda. Il ne croyait pas si bien dire. Bensouda vient de révéler, à la lecture du DNC qu’elle vient de déposer à la CPI, son talent de magicienne capable, à partir d’un brouillon, de transformer des bienfaits en actes criminelles et déguiser des rebelles en armes, en civils non armés. Pour ceux qui connaissent la réalité ivoirienne de 2000 à 2011, en parcourant ce DNC, il induira en eux  deux réactions opposées: Rire et pleurer. Voici un extrait :

« Dès son accession à la Présidence en 2000, GBAGBO a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires. Le Plan commun a évolué jusqu’à inclure, au plus tard le 27 novembre 2010, une politique d’État ou organisationnelle qui avait pour but une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans de OUATTARA (« Politique »).”

Pour BENSOUDA,

Concevoir et mettre en œuvre un programme de gouvernement, c’est concevoir et mettre en œuvre un plan commun en vue de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Prendre les opposants dans son gouvernement à partir de l’an 2000 comme Laurent GBAGBO l’avait fait pendant tout son mandat présidentiel, c’est les réprimer et les attaquer ;

Financer les partis d’opposition à près de 850 millions de FCFA par an, c’est les réprimer et les attaquer ;

Payer à Ouattara et à Bédié respectivement 12 millions de FCFA et 15 millions de FCFA par mois, après avoir mis fin à leur exil, c’est les réprimer et les attaquer ;

Négocier plusieurs accords de paix et prendre les rebelles dans son gouvernement en donnant salaires et budgets de souveraineté, c’est les réprimer et les attaquer ;

Demander le respect du cessez-le-feu, le recomptage des voix et la nomination d’un médiateur pour gérer la crise née des élections au lieu d’un affrontement armé, c’est concevoir une politique d’Etat ou organisationnelle afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Se défendre d’une attaque généralisée des rebelles et du commando invisible en violation du cessez-le-feu de l’ONU, c’est attaquer des civils considérés comme des partisans de Ouattara.

Le FPI serait bien content de subir de telles répressions et attaques de la part du pouvoir Ouattara.

Sacrée BENSOUDA!

 

 Par DON MELO AHOUA,

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées.

mardi, 12 novembre 2013

MAINTIEN EN DETENTION DE LAURENT GBAGBO - Me NORBERT TRICAUD (AVOCAT A LA CPI): «C’EST UNE DECISION POUR PREPARER SA LIBERATION»


LAURENT GBAGBO. SOURIRE.jpg


Contrairement aux apparences, les conclusions de la Chambre Préliminaire I de la CPI ce 11 novembre 2013 dans l’affaire Gbagbo, ouvrent une vraie brèche à la prochaine libération de Laurent Gbagbo. Joint au téléphone juste à l’énoncé de la décision, c’est ce qu’explique Maître Norbert Tricaud, spécialiste des arcanes de la CPI et membre de la défense du sénateur Congolais Jean Pierre Bemba… LA LIBÉRATION SE POINTE A l’HORIZON!


Selon l’avocat Français, la libération provisoire de Laurent Gbagbo serait presqu’acquise. Tout n’est plus qu’une question de forme. Etant entendu que sur le fond, Fatou Bensouda a échoué à produire des preuves supplémentaires contre Gbagbo. « Cette décision est une préparation psychologique pour aller à la libération de Laurent Gbagbo. La chambre laisse du temps au bureau du procureur pour mener des négociations afin de trouver un pays signataire du Statut de Rome afin que Laurent Gbagbo y soit transféré. Il faut donc comprendre que l’arrêté de la CPI de ce jour est une décision intermédiaire pour préparer la libération de Gbagbo…», fera savoir Norbert Tricaud, l’avocat international.

Pour le défenseur du congolais Jean Pierre Bemba, la vraie question qui se pose aujourd’hui est de trouver un pays signataire du statut de Rome pour y transférer Laurent Gbagbo étant entendu que la CPI ne voit plus d’un bon œil les pays Africains qui se sont manifestés pour accueillir l’ex-président Ivoirien. Pour le bureau du procureur, ces nations seraient sous influence de la récente grogne de l’union Africaine contre les pratiques de la CPI, mais surtout presque « contaminés » par la décision du Kenya de se retirer du Statut de Rome. En clair, la CPI a peur de perdre son colis Laurent Gbagbo en cour de route. D’ici au 02 décembre donc, ça va négocier fort et serré c’est sans doute pourquoi les juges de la CPI veulent reculés pour mieux sauter.


Augustin Djédjé

Envoyé spécial d’EventNewsTv à la Haye.

jeudi, 31 octobre 2013

QUELLE HAINE, CONTRE LAURENT GBAGBO!

LAURENT GBAGBO. LUNETTES.jpg


Lu dans Jeune Afrique N° 2755-2756 du 27 Octobre au 9 novembre 2013:

« Au quartier du Plateau, dans les couloirs du palais comme dans les salons des ministères, on redoute une éventuelle libération de celui qui présida aux destinées de la Côte d'Ivoire pendant dix ans, de 2000 à 2010. À ses visiteurs du soir, Alassane Ouattara fait parfois part de son inquiétude, voire de son agacement face à la lenteur de la procédure. La libération de son prédécesseur, il ne veut pas en entendre parler. C’est à quatre de ses fidèles qu’il a d’ailleurs confié le suivi du dossier. Il y a là Amadou Gon Coulibaly, ministre d’État et secrétaire général de la Présidence ; Mamadou Diané, conseiller spécial chargé des affaires juridiques ; Gnénéma Coulibaly, le ministre de la Justice (c’est lui qui, en juillet, a reçu Fatou Bensouda et l’a aidée à collecter de nouvelles preuves à charge), et Hamed Bakayoko, son collègue de l’Intérieur. Ensemble, ils informent régulièrement le chef de l’État et font le lien avec le bureau de la procureure. À Paris, les avocats de l’Etat ivoirien que sont Jean-Paul Bénoît et Jean-Pierre Mignard suivent également le dossier et s’entretiennent régulièrement avec Abidjan sur la stratégie à adopter.

Bakayoko ne croît pas vraiment en la possibilité d’une libération rapide de Gbagbo, et ses services n’ont pas mis en place de dispositif approprié. Toutefois, un système d’alerte existe déjà, qui s’appuie à la fois sur la gendarmerie, la police et l’armée, et qui pourrait être activé très rapidement s’il s’avérait nécessaire de contenir des débordements de joie (à Yopougon par exemple) ou des manifestations de mécontentement à Abobo, Adjamé ou Attécoubé, des quartiers réputés acquis à la cause du Rassemblement des républicains (RDR, au pouvoir) ».

Après avoir lu cet article, venant de Jeune Afrique, soutien inconditionnel du régime ivoirien d’Alassane Ouattara, j’ai eu vraiment froid au dos pour mon pays. Pour son avenir surtout. Dans ce bref extrait, tout y est : la haine, le tribalisme, le clientélisme et un avenir du pays chaque jour compromis.

La haine d’un homme contre  la libération duquel on est prêt à tout. Ici, ce n’est pas la justice qui compte ou le combat contre l’impunité. Ce n’est pas non plus la justice équitable au nom de laquelle, on a envoyé un compatriote devant la justice internationale. Derrière des propos vertueux, on veut abattre un homme. Au seul nom de la HAINE ! Mais pourquoi donc une telle haine ? Le président de tous les Ivoiriens, ne veut pas entendre parler de la libération d’un autre Ivoirien par la justice internationale qui n’a pas de preuves contre lui.

Cette haine inquiète. Elle conduit vers le mur car elle oblige ceux qui en sont remplis à aller encore et toujours plus loin ! Une fois qu’ils seront allés trop loin, ils ne pourront plus reculer et s’accrocheront alors au pouvoir, par tous les moyens, soucieux qu’ils seront alors de ne pas avoir à rendre compte des conséquences de leur haine. Ils vont, s’il le faut, recourir à la modification de la Constitution pour demeurer au pouvoir au-delà des deux mandats et de la limite d’âge !

L’équipe de la gestion de la haine est exclusivement composée de frères ressortissants du Nord ! Encore nous et toujours nous ! Amadou Gon Coulibaly, ministre d’État et secrétaire général de la Présidence ; Mamadou Diané, conseiller spécial chargé des affaires juridiques ; Gnénéma Coulibaly, le ministre de la Justice et Hamed Bakayoko. Pour le « rattrapage » nous sommes en première ligne ! Pour la haine aussi, le tribalisme est omniprésent !

Et pourtant, les ministres Haned Bakoyoko et Amadou Gon Coulibaly ont été des années durant des collaborateurs du président Laurent Gbagbo, gérant des ministères de souveraineté avec des budgets colossaux.


Dr Issiaka Térémaban, militant de base, AIRD.


Source: AIRD

mardi, 29 octobre 2013

DE LA DECISION DE LA CPI

LAURENT GBAGBO 2.jpg


Comme on le voit, pour maintenir Laurent Gbagbo en prison a La Haye, la CPI a usé d'une part de "raisonnement par l'absurde" et, d'autre part, elle s'est appuyée sur l'"asymétrie des rapports de force":
 
a) Le principe du "raisonnement par l'absurde" est le suivant : par exemple, pour démontrer qu'une proposition A est vraie, on suppose que la proposition (non A) est vraie − c'est-à-dire que la proposition A est fausse − et on montre alors que cette hypothèse conduit à une contradiction. Ainsi pour démontrer que Gbagbo doit être maintenu en prison, la CPI a mis en avant, le plus absurdement possible, l'argument selon lequel les raisons utilisées jusque-la pour le maintenir en prison restent valables pour le maintenir en prison. 

b) L'"asymétrie des rapports de force" établit que, aujourd’hui, comme hier, comme toujours, la suprématie est une affaire de force, une affaire d’armes. L’asymétrie des rapports de force établit qu’on impose l’arbitraire à quelqu’un, non pas parce que l’on est plus fort que lui, non pas parce que l’on est mieux ou supérieur à lui, mais parce que l’on est armé, mais parce que l’on tient le fusil pointé sur lui, et parfois parce que l’on est sans morale. En règle générale, et selon la thèse de l’asymétrie des rapports de force, celui qui tient le fusil est faible physiquement et en position de parasite, puisqu’il se sert de la force et des ressources d’autrui, mais tant qu’il tient le fusil, il reste le maître (Extrait de "Le code noir de Louis XIV").
 
 
Léandre Sahiri, Ecrivain.

jeudi, 24 octobre 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL A LA SUITE DE L’AUDIENCE DE LA CPI DU 9 OCTOBRE 2013

LOGO FPI.png

Vive protestation des exilés contre l’acharnement du procureur de la CPI contre eux

 

Convoquée par la Juge-Présidente Argentine, Silvia De Gurmendi, à l’effet de  relever, si des éléments nouveaux étaient advenus ou non, relativement à la demande de libération provisoire ou conditionnelle du Président Laurent Gbagbo, l’audience de la Chambre Préliminaire 1,  du 9 octobre 2013, a montré une fois de plus la duplicité du Procureur de la CPI.

  • QUE RETENIR DE CETTE AUDIENCE ?

Appelé en effet, à exposer les faits nouveaux autorisant ou s’opposant à la libération provisoire du Président Laurent Gbagbo, maintenu en détention alors qu’il n’avait pu apporter de preuves de sa responsabilité dans les crimes perpétrés pendant la période postélectorale (voir décision, Chambre préliminaire du 3 juin 2013), le Procureur, à court d’arguments, s’est une fois de plus refugié dans les pseudo-arguments constamment répétés depuis le début des sessions relatives à la libération provisoire du prévenu, à savoir :

- La très grande popularité de l’accusé ; 

- L’existence d’un réseau de soutiens puissants, dont des proches vivant au Ghana ou ailleurs, disposant d’importants moyens financiers, décidés à organiser sa fuite pour lui permettre d’échapper au verdict final, ou prêts à s’investir en vue de sa réinstallation au pouvoir par les armes ;

- L’obstruction aux enquêtes par le prévenu une fois libéré.

Pour le Substitut du Procureur, tous ces faits persistent hormis la situation sécuritaire qui, selon lui, se serait améliorée. 

En revanche, selon le Substitut du Procureur, les deux faits nouveaux qui viennent conforter son opposition,  sont d’abord, la découverte de deux comptes bancaires appartenant au prévenu et à son épouse, logés à la Banque pour le Financement de l’Agriculture (BFA). Selon le Procureur, qui date l’ouverture de ces comptes à l’an 2003, alors que la banque a été ouverte en 2004, ceux-ci crédités d’un montant important à cette période, auraient été délestés de cette somme en 2009. Le Procureur révèle qu’il aurait demandé, la fermeture desdits comptes, mais ignore si ceux-ci ont été gelés par le pouvoir d’Abidjan, avec lequel il est pourtant en étroite coopération dans l’affaire Laurent Gbagbo.

S’ajoute ensuite à cette découverte, la présence au Ghana, du gendre de Laurent Gbagbo qui fut l’ancien Directeur de la BFA (Banque pour le Financement de l’Agriculture). Ce qui confirme bien selon le Procureur, l’existence au Ghana d’un puissant réseau financier pro-Gbagbo ayant pour appui la BFA.  Mais l’on peut se demander ce qui pourrait bien fonder les inquiétudes du Procureur, alors même qu’il affirme que ces comptes ont été remis à zéro en 2009 ! En quoi des comptes non approvisionnés, donc vides d’argent comme il le dit, peuvent-ils constituer une source de menace sur la représentation de l’accusé Laurent Gbagbo, pour la suite de la procédure en cours à la CPI ? En quoi, par ailleurs, la présence au Ghana d’un gendre du Président Gbagbo, ce qui contrairement aux dires du Procureur qui vient de l’apprendre n’est pas un fait nouveau mais ancien, est-elle une preuve  d’existence d’un réseau financier, alors même que le Procureur comme à son habitude n’a mené aucune enquête à l’effet de l’établir ?

Cela ne l’empêche pas cependant,  de développer des arguments au professionnalisme douteux. Jugeons-en :

- Si les exilés ont pu survivre (comprendre : ne sont pas morts), malgré la dureté de l’exil et le gel de leurs avoirs,

- Si les exilés ont invité « Miss » Californie à se déplacer au Ghana,

C’est qu’ils ont la capacité financière d’organiser la fuite de Laurent Gbagbo pendant sa liberté provisoire, puisqu’ils ne sont pas morts de faim, et qu’ils peuvent déplacer une célébrité mondiale comme la « Miss » de l’Etat de Californie des Etats-Unis d’Amérique.

  • L’ANALYSE

En guise de réponse aux assertions du Procureur, les exilés exposent ce qui suit :

- Tout d’abord, la prétention selon laquelle, le Président Laurent Gbagbo aurait l’intention de fuir, une fois libéré à titre provisoire, est l’expression du mépris du Procureur Canadien à l’égard d’un Homme d’Etat, qui pour l’instant n’est qu’un prévenu et non un coupable. Il n’est pas à douter que cette attitude  soit l’expression du racisme reproché à la CPI à l’encontre des Dirigeants d’Etats africains, que l’Union Africaine a dénoncé à juste titre, à l’occasion de son 50ème anniversaire à Addis-Abeba. Nous restons  totalement convaincus, que de tels propos ne viendraient jamais à l’esprit du Procureur canadien, s’il s’était agi d’un Dirigeant d’un Etat occidental. Contre ces puissants pays, une prise de position et   a fortiori une poursuite n’est même pas envisageable de la part de la CPI.

- Nous rappelons une fois encore au Procureur qui feint de l’ignorer, que le Président Laurent Gbagbo n’est pas Homme à fuir la justice, fusse-t-elle inique, lui qui n’a pas fuir sa résidence bombardée durant des jours par les armées coalisées franco-onusiennes. D’ailleurs, toute fuite du prévenu serait un aveu de sa culpabilité, alors que pour l’heure, au terme de trois années d’enquête, le Procureur n’est pas parvenu à établir sa responsabilité dans les crimes reprochés.

- Le professionnalisme du Procureur devrait lui imposer d'éviter des assertions sans précision. En effet, le Procureur aurait dû produire des numéros de comptes des exilés, les montants et les mouvements effectués sur ces comptes pour soutenir ses propos et non se contenter de les répéter comme l'aurait exigé un récit dans un journal de faits divers.

- Ensuite, à propos du prochain rapport des experts de l’ONU qu’il a évoqué au cours de l’audience, ce type de rapport de l’ONU semble être devenu pour le Procureur une bible, se substituant à une enquête véritable menée par lui-même.

Sur ce point d’ailleurs, puisque le Procureur avait promis de remettre à la Juge-Présidente une copie de leur prochain rapport, nous pensons utile de rappeler au Procureur, que la Chambre préliminaire 1 lui avait déjà reproché dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo, de se contenter des « ouï-dire » contenus dans des rapports établis par des organisations et des médias sur la base de considérations extra-judiciaires, et que cela ne pouvait être tenu pour des enquêtes menées conformément au Statut de Rome (voir décision d’ajournement du 3 juin 2013).

Au demeurant, ledit rapport, effectivement publié à mi-parcours le 15 octobre 2013, ne dit cette fois-ci, aucun mot des exilés du Ghana, et le Procureur  ne peut y trouver aucun prétexte pour refuser la liberté provisoire au Président Laurent Gbagbo.

- A propos de la survie des exilés qui semble le surprendre, peut-être parce qu’il les souhaitait plutôt morts que vivants, le Procureur démontre là aussi qu’il n’est pas informé de l’existence que mènent ces milliers d’Ivoiriens qui ont fui la mort gratuite et l’arbitraire qui ont cours dans leur pays depuis l’avènement au pouvoir d’Alassane Ouattara, le 11 avril 2011. Le Procureur ignore que de nombreux réfugiés sont morts en exil, des personnalités connues ainsi que des personnes anonymes enregistrées dans les camps des réfugiés ivoiriens du Ghana, du Togo et du Libéria. Le Procureur l’aurait su, s’il avait daigné procéder à une enquête auprès du Haut-Commissariat aux Réfugiés (HCR) dans les pays d’accueil concernés. Il aurait su que les conditions de vie difficile et le manque de moyens sont la cause principale des décès parmi les réfugiés.

Mais, cependant, que le Procureur sache, que la plupart des réfugiés survivent grâce à la solidarité des familles et des amis pour les uns et pour le plus grand nombre vivant dans les camps, grâce aux subsides (rations alimentaires et médicaments, vêtements) fournis par le HCR, auxquels il faut ajouter les soutiens en nature de quelques généreux donateurs de l’étranger.

- Quant à « Miss » Californie, dont le Procureur a évoqué l’invitation par la Coordination des réfugiés, cette démarche visait à sensibiliser à travers cette célébrité, la société américaine sur le sort des réfugiés ivoiriens dans les différents camps, en vue de susciter en faveur de ces derniers, des dons en matière de soins de santé, de vivres, de vêtements, de prises en charge scolaire.

Cette initiative a été prise parce que, contrairement aux assertions mensongères du Procureur, les cadres exilés, régulièrement sollicités par les réfugiés des camps, n’étaient pas en mesure de les soutenir matériellement et financièrement. Cette opération, à but humanitaire qui se greffait sur une visite effectuée par la « Miss » Californie au Ghana, n’a pu être finalisée faute de moyens financiers pour la faire revenir et ne peut être raisonnablement utilisée comme preuve de la fortune supposée des exilés.

Au reste, est-il vraiment sérieux de soutenir que l’enveloppe nécessaire pour couvrir l’achat d’un billet d’avion et le séjour d’une Miss américaine à Accra est suffisante pour couvrir une opération de déstabilisation d’un Etat  ou encore la fuite d’un Homme d’Etat de la stature du Président Laurent Gbagbo?

Au total, les exilés relèvent une fois encore que le Procureur de la CPI, qui, dans l’affaire Le Procureur c. Laurent Gbagbo, a délibérément pris le parti des « vainqueurs » ainsi qu’ils l’ont maintes fois démontré et dénoncé. Ils élèvent une vive protestation contre l’acharnement gratuit et infondé de ce dernier contre eux. Ils tiennent à faire les observations suivantes particulièrement à son intention. 

  • LES OBSERVATIONS

Les exilés tiennent à faire observer au Substitut du Procureur ce qui suit:

- Lorsqu’il n’y a pas de preuves contre un accusé, l’honnêteté recommande à l’accusateur de ne pas maintenir celui-ci en détention sous des prétextes fallacieux,  au risque de frapper d’indignité l’institution judiciaire dont il se réclame. Les allégations non fondées contre des proches de Laurent Gbagbo, exilés au Ghana ou ailleurs, en vue de maintenir indûment en détention le Président Laurent Gbagbo, ne sont que des manœuvres qui discréditent encore davantage la CPI dont l’image de parti-pris et d’instrument aux mains des grandes Puissances occidentales est plus que jamais ternie. La décision des juges ghanéens acquittant le porte-parole du Président Gbagbo des accusations de crime et de détournement de sommes d’argent, devraient suffire pour lever toute équivoque en la matière sur l’existence supposée au Ghana, d’extrémistes financièrement puissants.

- La libération provisoire demandée pour le Président Laurent Gbagbo, n’est pas une faveur mais un droit car comme tout prévenu, il bénéficie de la présomption d’innocence, sauf preuve du contraire. 

- Son maintien en détention, ne saurait non plus être justifié par une quelconque menace d’obstruction à la justice, dans la mesure où le Procureur, a eu plus de deux ans pour mener ses enquêtes et qu’au surplus l’enquête complémentaire à mener suite à la décision du 3 juin 2013, devrait être à présent achevée ou largement avancée.

- Enfin, il ne semble pas indiqué pour le Procureur, qui, malgré l’évidence des preuves des crimes graves commis par le camp Ouattara, avant la crise postélectorale et pendant celle-ci, n’a ouvert, à ce jour, aucune procédure contre les auteurs présumés abondamment indexés par les ONG de défense des droits humains, de rejeter du revers de la main les arguments de la défense sur la réconciliation.

  •  L’APPEL

C’est l’occasion, pour la Coordination FPI en exil, de réitérer son appel à la CPI et à la Communauté internationale : Libérez Laurent Gbagbo afin de parvenir à une vraie réconciliation en Côte d’Ivoire.

 

Fait à Accra  le 22 octobre 2013.

 

Pour la Coordination FPI en exil

Le Porte-Parole/Coordonnateur


Dr. Assoa Adou

mercredi, 23 octobre 2013

PROBABLE LIBERATION PROVISOIRE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO: EBRANLEES, LES OFFICINES DE OUATTARA A LA MANŒUVRE

 

LAURENT GBAGBO A LA CPI.jpg

 

Le Président Laurent Gbagbo injustement détenu sans preuves  à la Haye depuis le 29 Novembre 2011, pourra probablement recouvrer dans quelques jours la liberté conditionnelle dans l’attente de son procès de « confirmation des charges » au cours du premier trimestre de 2014. Le pouvoir Ouattara qu’une telle éventualité n’arrange certainement pas, agite depuis quelques  jours, ses officines  à l’effet de créer un climat délétère fait d’agitation et  d’insécurité  dans le pays en vue de dissuader les juges de la CPI pour la prise d’une telle décision de libération.  

Une première folle rumeur de libération de Laurent Gbagbo a été distillée à travers  toute la Cote d’ivoire provoquant des scènes de joie immense, vite contenue. De nouveau, ce lundi  21 octobre 2013, un Sms non signé a abondamment circulé dans tout le pays et dans le milieu de la diaspora ivoirienne  annonçant la libération de Laurent Gbagbo.  On signale que le magazine panafricain «Jeune Afrique» a été sollicité pour afficher  à sa une  de la semaine prochaine le titre alarmiste suivant : «Laurent Gbagbo sorti de prison… que se passera t- il en Côte d’ivoire». Comme on peut le constater la sérénité a changé de camp.

Les ivoiriens dans une large majorité et les partisans de Laurent Gbagbo en particulier attendent la sortie de Laurent Gbagbo  avec toute la  serenité requise pour booster le processus de réconciliation. Un processus visiblement en panne  dans le pays par une politique immonde de terre brulée pratiquée par le régime Ouattara .En côte d’ivoire, les adeptes de la violence politique sont parfaitement répertoriés plutôt dans le camp Ouattara. Jamais ailleurs.

 

Correspondance particulière d'Anasthasie Ehoulan

dimanche, 20 octobre 2013

CPI: DEUX JURISTES HOLLANDAIS PRENNENT POSITION POUR GBAGBO

 

côte d'ivoire,pays-bas,cour pénale internationale,deux juristes hollandais prennent position pour gbagbo,lire leur lettre explosive,alexander knoops,professeur de droit pénal à l’université d’utrecht,aux pays-bas et avocat pratiquant,tom zwart,professeur de droits de l’homme à l’université d’utrecht


«La plupart des tribunaux utilisent une soupape de sécurité pour rester en dehors des affaires politiques qui peuvent nuire à leur légitimité à long terme(…) La CPI devrait se dépasser et utiliser cette soupape de sûreté pour libérer le Président Gbagbo. Cela peut être une dure besogne pour la Cour, mais un sacrifice qui en vaut la peine afin de préserver sa légitimité en tant que Cour de justice en Afrique». C’est la quintessence de la contribution ci-dessous, produite par deux professeurs de droit pénal international de l’université d’Utrecht aux Pays- Bas, et que nous vous invitons vivement à lire.


Les relations entretenues par la Cour Pénale Internationale avec les Etats africains sont tendues. Déjà, l’Union Africaine a appelé ses Etats membres à ne pas coopérer avec la CPI concernant le cas du Président Omar al-Bashir du Soudan. Les dirigeants africains sont en train de défier ouvertement la Cour en accordant l’hospitalité au Président Bashir, en dépit de l’acte d’accusation porté contre lui. En élisant récemment Uhuru Kenyatta comme leur président, les Kenyans se sont ralliés derrière lui en opposition à la Cour. La CPI devrait donc faire attention à sa démarche afin de ne pas perdre sa légitimité en Afrique. Les poursuites engagées contre l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, actuellement en jugement à La Haye et accusé de crimes contre l’humanité, seont le test à cet égard. Lorsque Gbagbo était détenu en Côte d’Ivoire, avant d’être transféré à La Haye, il avait déjà subi de mauvais traitements entre les mains de ses gardes. Une telle violation des droits fondamentaux devrait normalement conduire à la cessation des poursuites judiciaires contre lui ; mais la Cour s’est montrée réticente à suivre cette voie. La Cour a précisé que de telles violations des droits de Gbagbo ne pourraient pas lui être attribuées, puisqu’elle n’était pas responsable de sa détention en Côte d’Ivoire. Cette position est difficile à soutenir, car le procureur à ce stade coopérait déjà avec les autorités ivoiriennes en vue de son transfert à la CPI.

Les mauvais traitements dont Gbagbo a été victime, ont entraîné une détérioration de son état de santé. Selon les experts médicaux engagés par la Cour, Gbagbo souffrant du syndrome de stress post-traumatique, serait inapte à subir son procès. Mais encore une fois, la Cour ne considère pas cela comme une raison valable pour interrompre la procédure. Cela pose la question de savoir pourquoi la Cour est si désireuse d’aller vers un procès, et certains vont sans doute assumer que la politique y joue un rôle important. Cela n’est guère surprenant parce que le président Gbagbo est bien connu pour sa fermeté dans ses relations avec les puissances occidentales, en particulier l’Europe et les Etats-Unis, ce qui l’a crédité d’un grand prestige auprès de ses partisans et des dirigeants de la région. Aujourd’hui, il est face à un tribunal, qui – comme l’expliquait David Hoile, auteur d’un livre sans complaisance sur la CPI - est principalement financé par les pays de l’UE, ces mêmes pays, auxquels il a résisté au cours de son mandat présidentiel. D’où l’impression que l’on est en train de régler des comptes, voire de se débarrasser d’un empêcheur de tourner en rond. Dans tous les cas, il est également fort contestable pour la Cour de s’octroyer la compétence de juger Gbagbo. Elle s’appuie sur une déclaration faite par la Côte d’Ivoire en 2003. À première vue, la déclaration ne couvre que les événements précédant sa soumission et non les actes qui ont eu lieu environ 7 ans après. Deux précautions valant mieux qu’une, le gouvernement actuel de Côte d’Ivoire, dirigé par le Président Alassane Ouattara, a également présenté une déclaration, que la CPI considère comme une garantie de plus que le pays a accepté la compétence de la Cour pour juger ce cas.

En validant cette déclaration, la Cour s’est donnée également l’image qu’elle est un instrument de justice au service du vainqueur, puisque le président Ouattara est le premier bénéficiaire de l’emprisonnement de son adversaire et ancien rival à La Haye. Dans ce cas, la CPI a fait remarquer qu’elle ne permettra pas aux États d’utiliser la Cour de façon opportuniste pour servir leurs objectifs politiques. Mais si l’on la prenait au sérieux, cette position devrait conduire à l’abandon de l’affaire Gbagbo. Soutenant la poli - tique des poursuites judiciaires, – surtout dans les cas initiés par le procureur de la CPI Fatou Bensouda elle-même -, selon le principe d’impartialité, les membres des deux parties à un conflit doivent être poursuivis. C’était le cas du Kenya, dans lequel les membres des deux camps politiques prétendument impliqués dans des violences ethniques devraient passer en jugement. Le principe d’impartialité a été également confirmé dans le cas de la Côte d’Ivoire lorsque le procureur a déclaré que Gbagbo n’était que le premier, et que d’autres suivraient, nonobstant leurs convictions politiques.

Toutefois, à ce jour, aucun mandat d’arrêt n’a été délivré impliquant des membres du camp Ouattara. C’est d’autant plus surprenant, que les preuves contre les associés de Ouattara n’ont cessé de s’accumuler. Des ONG telles que Human Rights Watch ont publié des rapports contenant des éléments de preuve indiquant que le camp Ouattara s’était livré à des infractions graves. Ces preuves, soutenues par des évaluations académiques ainsi qu’un rapport présenté par la Commission gouvernementale ivoirienne sur la violence post-électorale, appelé le rapport Badjo, impliquent des personnes des deux côtés de la fracture politique. Ainsi, par l’émission d’un mandat d’arrêt à l’encontre de l’épouse de Gbagbo, Simone, tout en laissant l’autre camp indemne, la CPI a rendu un mauvais service à sa légitimité. La Cour a également refusé la demande de mise en liberté provisoire du Président Gbagbo, tout en prenant en compte les objections du Procureur. Fatou Bensouda s’est opposée à la mise en liberté provisoire parce qu’à son avis, Gbagbo continue de revendiquer la présidence et a le désir de reprendre le pouvoir dès sa remise en liberté. Elle a fait valoir, à l’époque, que Gbagbo avait encore des contacts nationaux et internationaux et des liens qu’il pourrait mobiliser dans le but de prendre la fuite. Ces arguments, bien sûr, ne sont pas des arguments légaux mais des considérations politiques.

Comme le montrent ces observations, trop de considérations politiques restent connotées à cette affaire, et s’y frotter serait un défi pour n’importe quel tribunal. Toutefois, elle est particulièrement risquée pour un procureur et une juridiction dont les seules motivations doivent être juridiques, et qui doivent prendre soin de garder les Etats africains à bord. La plupart des tribunaux utilisent une soupape de sécurité pour rester en dehors des affaires politiques qui peuvent nuire à leur légitimité à long terme. Lorsque le cas se présente, le tribunal déclare qu’il est non justiciable, c’est-à-dire, impropre à la résolution judiciaire. Étant donné que « non seulement la justice doit être rendue, elle doit également être vue pour être rendue », la CPI devrait se dépasser et utiliser cette soupape de sûreté pour libérer le Président Gbagbo. Cela peut être une dure besogne pour la Cour, mais un sacrifice qui en vaut la peine afin de préserver sa légitimité en tant que Cour de justice en Afrique. Bien sûr, la CPI ne se sortira pas de l’auberge tout simplement par l’abandon du cas Gbagbo. Afin d’accroître la légitimité de la Cour en Afrique, elle devra redoubler d’efforts pour honorer le sens africain de justice et lui faire la place partout où elle le pourra. Le statut de Rome dont relève la Cour, fournit amplement l’occasion de donner la priorité à des notions de droit pénal africain comme la paix, la réconciliation, la justice réparatrice faisant partie intégrante de la justice, avec en plus le respect pour la culture locale.

Si le Tribunal parvient à montrer qu’il prend ces éléments de la justice africaine au sérieux, sa légitimité augmentera, ainsi que le respect de ses décisions. C’est pourquoi un groupe de professeurs de droit d’Afrique et d’Occident, dirigé par nous- mêmes, est en train d’élaborer un moyen de sortir du bourbier actuel, afin que la Cour pénale internationale accorde plus de respect à la justice africaine et vise à une coopération accrue du côté africain. Un abandon de l’affaire Gbagbo donnerait clairement un élan à cette initiative.


Alexander Knoops, professeur de droit pénal à l’Université d’Utrecht aux Pays-Bas et avocat pratiquant.

Tom Zwart, professeur de droits de l’homme à l’Université d’Utrecht.

 

Source: Notre Voie N°4545 du mercredi 16 octobre 2013.

mercredi, 16 octobre 2013

CPI - LES REVELATIONS D'UN JOURNAL BRITANNIQUE: LA COUR DE LA HAYE AUX ORDRES DES OCCIDENTAUX

 

SILVIA FERNANDEZ DE GURMENDI.jpg



Si l’on en croit les révélations du quotidien britannique «The Telegraph », le Conseil de sécurité de l’ONU est en passe d’obtenir l’ajournement du procès du président kenyan à la CPI. Mais les arguments qui sont agités prouvent plus que jamais que l’institution judiciaire basée à La Haye n’est que la marionnette des Occidentaux.

Face à son acharnement contre les Africains, des dirigeants du continent se sont élevés pour dénoncer une «chasse raciale» menée par la Cour pénale internationale. Le président kenyan Uhuru Kenyatta, accusé par cette Cour est allé jusqu’à dire d’elle est «le jouet des pouvoirs impérialistes en déclin».

Ses pairs de l’Union africaine ont profité de son «palabre» pour donner de la voix. A l’issue du sommet qui s’est tenu ce week-end à Addis-Abeba, en Ethiopie, un communiqué de l’Ua dirigé contre la CPI a exprimé son souhait de voir le Conseil de sécurité de l’Onu ajourner les procédures en cours contre les présidents en exercice. Mieux, l’Ua avait même décidé que le président Kenyatta ne devrait pas se rendre devant la CPI tant qu’une requête d’ajournement formulée par l’organisation panafricaine n’avait pas trouvé un écho favorable. Seulement 48 heures après, les choses bougent.

Si l’on en croit des révélations du quotidien britannique «The Telegraph», des «diplomates occidentaux» préparent une résolution onusienne qui repousserait d’un an – pour l’instant – le procès du président kenyan Uhuru Kenyatta à la CPI. Mais bien entendu, ils refusent la même «faveur» au président soudanais Omar El Béchir, qui est dans la même situation que son homologue de Nairobi. S’exprimant sur la question dans les colonnes de «The Telegraph » du lundi, un diplomate occidental a justifié ce «deux poids deux mesures» par le fait que «Uhuru Kenyatta n’est pas en train de défier la Cour internationale comme le fait son homologue soudanais».

Cette phrase est révélatrice de ce que la CPI est sous influence, et est chargée de régler les comptes des Occidentaux, de se dresser contre les dirigeants africains qui leur déplaisent, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Kenyatta peut être «pardonné», parce qu’il «travaille présentement en étroite collaboration avec  l’Occident pour venir à bout de la menace terroriste qui fait rage dans la région est africaine », a révélé le diplomate occidental,  insistant sur le fait qu’une solution devrait être trouvée rapidement pour éviter que les relations entre le chef de l’Etat kenyan et la Cour ne se rompent à tout jamais.

La CPI est bel et bien le jouet des dirigeants occidentaux. Et ces derniers faits d’actualité le prouvent indubitablement. Comme ils prouvent que si le président Laurent Gbagbo est toujours dans les liens de la détention alors que le bureau du procureur Fatou Bensouda n’a pas trouvé de preuves suffisantes contre lui, c’est parce que l’Occident veut lui faire payer son entêtement à réclamer le recomptage des voix à la suite du scrutin présidentiel de 2010, qui n’avait d’autre intérêt pour la France et les Etats-Unis que celui de faire advenir au pouvoir leur homme, Alassane Ouattara. Autrement dit, Gbagbo paie son entêtement à réclamer la démocratie dans son pays et à revendiquer la souveraineté de sa nation.


Saint-Claver Oula, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

mardi, 24 septembre 2013

APRES SON REFUS DE TRANSFERER SIMONE GBAGBO A LA CPI, OUATTARA DOIT-IL DEMANDER LA LIBERATION DE GBAGBO?


ALASSANE OUATTARA A YAKRO.JPG


Le gouvernement ivoirien reconnaît qu’il existe désormais en Côte d’Ivoire, les conditions de procès «justes et équitables» pour poursuivre Simone Ehivet Gbagbo devant ses juridictions. Dès lors Alassane Dramane Ouattara n’a plus aucune raison de détenir encore longtemps à La Haye le président Laurent Gbagbo poursuivi.


A la veille du départ d’Alassane Dramane Ouattara pour New York où il compte prendre part à la 68ème Assemblée générale des Nations unies, son gouvernement a décidé de ne pas transférer l’ex-Première dame devant la Cour pénale internationale (Cpi). Il justifie sa position par le fait que désormais «les conditions d’un procès juste et équitable sont garanties» en Côte d’Ivoire. Cette décision prise, le vendredi 20 septembre dernier, par un conseil des ministres extraordinaire, sous-tend évidemment que Mme Simone Gbagbo va être jugée en Côte d’Ivoire.

Ainsi, après 18 mois après le mandat d’arrêt lancé contre l’épouse du président Gbagbo par la Cpi pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, on connaît désormais la réponse des nouvelles autorités ivoiriennes. Elles disent non à l’injonction de la juridiction internationale. «Il y a deux ans, vous le savez, la Côte d’Ivoire sortait d’une grave crise post-électorale, les juges étaient éparpillés dans la nature, la hiérarchie judiciaire était cassée. Et donc tout cela, à l’époque en tout cas, ne permettait pas d’offrir à l’ex-président Gbagbo les conditions d’un jugement équitable, objectif, indépendant. Aujourd’hui la situation est différente. Les juridictions ivoiriennes sont en place, les juges sont là. Nous avons estimé, au niveau du gouvernement, que les conditions étaient réunies pour un procès juste et équitable en Côte d’Ivoire, pour Mme Gbagbo», indiquait aussitôt sur les antennes de Rfi, le ministre Bruno Koné, porte-parole du gouvernement ivoirien.

Le gouvernement ivoirien a alors décidé de présenter une requête en irrecevabilité et de surseoir à exécuter le mandat d’arrêt émis par la Cpi le 29 février 2012. Toute chose étant égale par ailleurs, Alassane Dramane Ouattara n’a plus aujourd’hui aucune raison valable de garder encore longtemps, loin du théâtre des opérations politiques, le président Laurent Gbagbo. S’il peut demander au Bureau du procureur de la Cpi d’arrêter ses poursuites contre l’ex-Première dame pour les mêmes chefs d’accusation que son mari, Alassane Dramane Ouattara peut également le faire pour le président Gbagbo. Mais l’actuel homme fort d’Abidjan a-t-il suffisamment de cran pour braver les faucons de son régime ? Rien n’est moins sûr tellement les risques encourus sont grands. Alassane Dramane Ouattara doit toutefois dépasser les intérêts partisans pour se hisser au-dessus du lot et prendre la bonne décision. Car c’est là qu’il est attendu par l’ensemble des Ivoiriens, la communauté dite internationale ainsi que les partenaires au développement. Il y va de la réconciliation des fils et filles de ce pays.

Le non du gouvernement pas une bravade

Faut-il saluer le non du gouvernement Ouattara à l’injonction du procureur de la Cpi ? Le refus vu cet angle, laisserait entrevoir un bras de fer engagé entre la Gambienne Fatou Bensouda et le gouvernement ivoirien. On pourrait penser que le pouvoir Ouattara qui s’est engagé «à collaborer pleinement avec la Cpi» serait entré en conflit ouvert avec le Bureau du procureur et qu’il serait en train de lui tenir tête. Ce serait se tromper énormément. C’est le conseil de l’ex-Première dame qui résume le mieux ce que cache cette décision. «C’est pour éviter tout transfert des anciens chefs de guerre promus aujourd’hui à de hautes fonctions, et pourtant fortement suspectés d’être les auteurs de graves crimes de guerre, notamment du génocide de Duékoué», déclarait Me Abiba Touré dans l’Intelligent d’Abidjan du samedi 21 septembre dernier. Une opinion largement partagée par la majorité des Ivoiriens et  par de nombreux observateurs de la vie politique ivoirienne qui soutiennent que le gouvernement a aussi pris cette décision pour éviter une grosse honte à Alassane Dramane Ouattara. Ils expliquent que le chef de l’Etat ivoirien n’avait certainement pas imaginé qu’en envoyant son adversaire politique à La Haye, cela aurait eu un impact sérieux sur sa gouvernance au point de lui détourner tous ses soutiens d’hier. Ils estiment que faute de consensus sur les dossiers importants qui demandent la cohésion nationale, il est aujourd’hui judicieux d’investir en Côte d’Ivoire.

L’épée de Damoclès sur la tête de Ouattara

En d’autres termes, pour les soutiens d’Alassane Ouattara si les Ivoiriens ne sont pas réconciliés entre eux, la Côte d’Ivoire est condamnée à aller à vau l’eau. Or, les partenaires au développement n’aiment pas les pays à risques. Ils estiment donc que la libération de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, est aujourd’hui plus que nécessaire. Rejoignant ainsi la position de l’opposition incarnée par le Front populaire ivoirien (Fpi) qui fait de la libération du président Laurent Gbagbo non pas «un préalable» mais «un impératif». Soutenu, en son temps, par une communauté internationale, qui se résumait à la France de Nicolas Sarkozy appuyée par les Etats unis d’Obama, Alassane Ouattara était convaincu peut-être que personne, à la Cour pénale internationale, ne réclamerait des têtes dans ses rangs. Il observe le contraire aujourd’hui. Il commence donc à comprendre que plus il s’entête à en finir avec les pro-Gbagbo en les expédiant à La Haye, plus il fait peser l’épée de Damoclès sur sa propre tête. Alassane Dramane Ouattara ne veut plus continuer de s’enfoncer davantage dans les erreurs politiques comme celle qu’il a commise en entraînant Laurent Gbagbo devant la Cpi en novembre 2011.


Robert Krassault, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".

lundi, 01 juillet 2013

UN QUOTIDIEN GHANEEN: «POURQUOI LE GHANA A EXTRADE BLE GOUDE, L’ALLIE DE GBAGBO?»

 

CHARLES BLE GOUDE.jpg

 

«Le Ghana a arrêté et remis M. Charles Blé Goudé au gouvernement du président Ouattara à la demande de la CPI».


Cette déclaration a été faite par le Chairman de "Ghana Refugee Boad" (GRB), Kenneth Dzirasah, en réponse à une question au cours du débat tenu pendant la journée mondiale des Réfugiés à Accra.

M. Dzirasah avait auparavant indiqué que le Ghana prenait la convention des Nations Unies pour la protection des réfugiés très au sérieux et ne pouvait par conséquent pas renvoyer un réfugié dans son pays si  cela pouvait mettre sa vie en danger.

Il a ajouté que le Ghana à jusque-là tout fait pour protéger les réfugiés sur son sol, dans la mesure de ses moyens, en ajoutant que le Ghana est une démocratie.

Le Ghana, dit-il, croit que quel que soit le pays qui fait une demande d’extradition de ses citoyens, il lui faudra déposer une demande à l’une des cours du pays qui déterminera la suite à donner à la procédure.

Il dit que cela peut se faire dans des cas exceptionnels comme ceux des crimes contre l’humanité. Mais, même dans ce cas, les affaires doivent être traitées au cas par cas et être examinées par la cour. Il ajoute que là où une telle procédure n’a pas été respectée, le pays ne peut extrader un réfugié.

Dans le cas de M. Charles Blé Goudé, le Chairman de GRB affirme que la demande d’extradition venait de la CPI et "donc le Ghana était contraint d’honorer cette demande".

M. Dzirasah affirme, en outre, qu’il se trouve que certains pays francophones voisins au Ghana ne partagent pas cette façon de comprendre la loi, surtout la présomption qui dit qu’une personne est innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée par une juridiction compétente.

Il dit que c’est la raison pour laquelle les cas de certains ivoiriens demandés par le gouvernement ivoirien sont à la cour pour déterminer si les demandes peuvent être accordées ou non.

A la question de savoir pourquoi Amnesty International n’as pas été entendu dans cette affaire, le Directeur de Amnesty International Ghana, M. Lawrence Amesu, dit que son organisation n’agit normalement que dans les cas de violations de Droits de l’Homme, après de sérieuses investigations. Amnesty lnternational n’a pas encore atteint ce stade dans le cas de Blé Goudé, a-t-il dit.

De son côté, M. Richard Owagson, Commissaire Adjoint de la Commission des Droits de l’Homme et de la Justice Administrative, dit qu’aucune plainte n’a été déposée auprès de la Commission à ce sujet.

La Commission a donc refusé de faire des commentaires parce qu’elle estimait que l’affaire pourrait arriver à son niveau à tout moment. Elle ne voudrait donc pas compromettre son rôle d’arbitre.

Au moment de son arrestation, laquelle a été étrangement tenue secrète, il n’y avait aucune autre explication pour justifier l’extradition manu militari du leader de la jeunesse ivoirienne et le Ghana n’a jusque-là pas dit qu’il a eu toutes les garanties concernant le traitement de Blé Goudé par les autorités ivoiriennes, une fois en Côte d’Ivoire.


Par George Koomson, in le quotidien ghanéen "The Finder" du 21 juin 2013.

jeudi, 20 juin 2013

DEBAT SUR LA CPI: LE RWANDA HUMILIE FATOU BENSOUDA

LOUISE MUSHIKIWABO.jpg


A l’occasion d’un débat consacré à «l’indépendance» en Afrique, lors de la deuxième édition du New York Forum Africa 2013 à Libreville, au Gabon, le rôle joué par la Cour pénale internationale (Cpi) a été remis en question par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Présente au débat qui a eu lieu le 15 juin dernier, la procureure de la juridiction internationale Fatou Bensouda a tenté de défendre l’institution judiciaire qu’elle dirige.



«La Cour pénale internationale a été créée par la communauté internationale qui n’est pas sous la houlette des grandes puissances». Cette déclaration est celle de Fatou Bensouda, la procureure de la Cpi, lors du débat placé sous le thème de «La route vers une nouvelle indépendance», au New York Forum Africa 2013, à Libreville, au Gabon, le 15 juin dernier. L’évènement, fondé et dirigé par Richard Attias, a rassemblé, pour cette deuxième session, pas moins de 1500 personnes, selon les organisateurs.

Présente au débat, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé les dirigeants de la Cpi d’être une organisation judiciaire créée spécialement pour traduire en justice les dirigeants et figures politiques africains. « Il n’est pas honnête de dire que la Cpi ne s’acharne pas contre l’Afrique. Je ne suis pas d’accord avec ma sœur Fatou Bensouda lance le chef de la diplomatie rwandaise. Un grand nombre d’Africains croit fortement à cette Cpi, mais il y a un vrai problème aujourd’hui». Un problème qui, selon elle, vient directement d’Europe. Elle accuse les Européens d’utiliser «cette Cpi» pour manipuler la politique africaine. Elle regrette que la Cpi «limite» son champ d’action en Afrique et affirme qu’en dehors des pays africains qui auraient fait appel à la Cpi, seuls deux pays du continent sont visés directement par la Cpi, dont le Soudan.

Fatou Bensouda reprend la parole après les applaudissements de la salle suite au discours de Mushikiwabo : «C’est malheureux qu’un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique». Selon la procureure, des dirigeants africains, au Mali, en Côte d’Ivoire ou encore en République démocratique du Congo, auraient fait appel à la Cpi pour intervenir dans leur pays. «Avec tout le respect que je dois à mon interlocutrice précédente (Louise Mushikiwabo, ndlr), nous savons que l’Afrique a poussé à la création de la Cpi !», a-t-elle lancé, avant de rappeler que «le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome est un pays africain et il s’agit du Sénégal».

Pas question de baisser la garde. Après de telles affirmations, Mushikiwabo rebondit : «Ne dites pas que les Africains viennent vous voir (la Cpi) pour être jugés. C’est faux, car l’Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire !», a-t-elle rétorqué sur un ton énervé. Suite à cette conclusion, Bensouda a démenti l’exercice d’un colonialisme judiciaire de la part de la Cpi en Afrique.

Des personnalités de la société civile et politique en Afrique accusent l’Occident d’avoir créé la Cpi dans l’unique but de traquer les bêtes noires de l’Afrique. Fatou Bensouda a, au contraire, assuré que la Cpi a ouvert des dossiers dans d’autres pays hors du continent africain. Oui mais combien comparé aux nombreux dossiers judiciaires ouverts en Afrique par la Cpi ?

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: AFRIK53.COM

mardi, 11 juin 2013

AFFAIRE GBAGBO - KOFI YAMGNANE DEMANDE AUX AFRICAINS DE SE REVOLTER CONTRE LA CPI

KOFFI YAMGNANE.png


Affaire Gbagbo-Cpi: Kofi Yamgnane, ancien ministre de Mitterrand demande aux Africains de se révolter contre la CPI.

 

Tout le monde le voyait déjà. L’injustice faite au président Gbagbo qui croupit à La Haye pendant que les vrais tueurs se la coulent douce en Côte d’Ivoire a fortement mobilisé les Africains et au-delà les démocrates du monde. Mais la volonté de le maintenir en prison en demandant au procureur d’aller chercher d’autres preuves là où il n’a rien trouvé pendant deux ans a davantage révolté les intellectuels africains. Au nombre de ceux-là, Kofi Yamgnane, ancien ministre de Mitterrand et très proche de François Hollande.

«Mon cher Bernard, je te remercie pour ta prise de position qui me paraît être la seule bonne réponse: Trop, c’est trop ! Maintenant, la balle est dans notre camp, en quelque sorte pour la libération immédiate du président Gbagbo, suivie d’une grande riposte menée par les Etats africains («la révolution des gueux»), à condition qu’on soit sûr de la réussite ; ou bien on se contente de juste protester contre l’injustice, le deux poids deux mesures. J’appelle plus tard pour la suite à donner en fraternité».

Ainsi est libellée d’une correspondance que le ministre Kofi Yamgnane a adressée à Bernard Houdin, conseiller spécial du président Gbagbo, sur son compte Facebook. Dans une prise de position vigoureuse, Houdin s’est élevé contre le refus de libérer le président Gbagbo alors même que les juges ont clairement indiqué que les preuves du procureur n’étaient pas suffisantes. C’est cette prise de position courageuse du conseiller spécial du président Gbagbo que le ministre Yamgnane, proche collaborateur du président Hollande, salue.

Kofi Yamgnane prend position

En réalité, le ministre Kofi Yamgnane, Français d’origine togolaise, profite de la réaction de Bernard Houdin pour prendre clairement position en faveur du président Gbagbo. Pour lui, le refus de rendre au président sa liberté confisquée depuis plus de deux ans, alors même que l’accusation n’a pas été capable de produire des preuves sérieuses contre lui, est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. C’est cela qu’il veut traduire en indiquant que «la seule bonne réponse» à la Cpi, c’est de dire : «Trop, c’est trop !». Ce qui traduit le ras-le bol des Africains. Il a même baptisé ce ras-le-bol la «révolution des gueux».

Selon le dictionnaire universel, un gueux, c’est un pauvre, un mendiant qui tend toujours la main. C’est cette idée dévalorisante que les Occidentaux se font des Africains. C’est pourquoi ils n’ont aucune considération pour eux. Et la Cpi a été justement mise en place pour humilier les chefs d’Etat africains qui refusent de servir leur cause : celle du néocolonialisme.

A l’instar de Karl Max qui appelait les «prolétaires» du monde à s’unir contre les «bourgeois» qui les exploitaient, Kofi Yamgnane appelle les Africains que les Occidentaux traitent de «gueux» à se révolter contre la Cpi. En ce qu’elle est l’instrument qui sert la cause du néocolonialisme. Mais Kofi Yamgnane estime que les Africains doivent mettre cette révolution en route en étant «sûrs de la réussite» de leur initiative.

Faute de quoi «on se contente juste de protester contre l’injustice, le deux poids deux mesures».

La clef de cette réussite se trouve dans la solidarité des chefs d’Etat et des intellectuels africains. En somme de tous les fils du continent face à l’humiliation que leur font subir ceux qui se considèrent comme les maîtres du monde à travers la Cpi.

Le cas Gbagbo rassemble les Africains

Ce message du ministre Yamgnane sonne fort heureusement comme quelque chose qui enfonce une porte déjà ouverte. En ce sens que des voix de chefs d’Etat et des intellectuels africains se lèvent de plus en plus pour dire non à la justice raciale que pratique la Cpi, pour reprendre les termes du Premier ministre éthiopien, nouvellement élu président de l’Union africaine, Haïlemariam Desalaign. Et ce, depuis l’incarcération du président Gbagbo à La Haye. Cette prise de conscience des Africains s’est davantage accentuée avec le refus de remettre le président Gbagbo en liberté alors que les juges ont estimé qu’il n’y a pas suffisamment de preuves contre lui.

Gbagbo pourra dormir tranquille si…

Ainsi donc la solidarité africaine est en train de se mettre en branle autour du cas Gbagbo au nom de la dignité du peuple africain. Si cette action se solde par une réussite, celui qu’on appelle affectueusement l’enfant du peuple en Côte d’Ivoire pourra dormir tranquille. Car la trame de son combat de toujours, c’est la dignité du peuple africain. C’est le début de la naissance d’un nouvel ordre mondial dans lequel l’Afrique ne sera plus à la traîne, mais sera l’égale des autres continents.


Boga Sivori

bogasivo@yahoo.fr


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

lundi, 10 juin 2013

CPI - FATOU BENSOUDA RETICENTE A APPORTER DE NOUVELLES PREUVES CONTRE GBAGBO

FATOU BENSOUDA.jpg


CPI - Rebondissement: Fatou Bensouda refuserait d’apporter de nouvelles preuves contre Gbagbo. Elle préfère juste faire appel.


Fatou Bensouda refuse d’enqueter et d’apporter de nouvelles preuves.

 

Selon les informations en notre possession, la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, pourrait abandonner la piste des enquêtes afin d’apporter de nouvelles preuves à charge contre le Président Laurent Gbagbo. Information confirmée par notre confrère « Le Nouveau Courrier » dans son édition d’aujourd’hui.

Echaudée par le scandale de fausses preuves du Kenya contre Gbagbo, lequel a considérablement nui à sa crédibilité, la procureure de la CPI semble ne plus vouloir prendre de risques. Elle sait pertinemment qu’en l’état des choses, il lui est quasiment impossible d’apporter de nouvelles preuves sans prendre le risque d’être induite en erreur par le régime Ouattara.

Par ailleurs, madame Bensouda sait plus que quinconque que toutes les nouvelles preuves qu’elle apportera contre Gbagbo seront scrutées au peine fin par Me Altit et son équipe. Et en cas de découverte de nouvelles fausses preuves, ce sera pour elle l’humiliation suprême et la fin de sa carrière.

Comme on le voit, en l’absence de preuves, Fatou Bensouda joue la carte de la sagesse et de l’humilité, car le dossier Gbagbo est devenu planetaire et très explosif. Chose qu’elle avait semblé sousestimer. Elle préfère maintenant la prudence en faisant juste Appel de la décision des juges.

Aura-t-elle gain de cause ? Rien n’est moins sûr. Selon plusieurs analystes, en empruntant cette voie, la procureure sait pertinemment qu’elle risque de ne pas être suivie par la Cour qui en a assez du dilatoire et des accusations farfelues, et qui préfère désormais qu’on lui apporte les preuves des accusartions portées contre Laurent Gbagbo.

Va-t-on alors vers une liberation du Président Gbagbo pour absence de preuves et vacuité du dossier? Selon plusieurs analystes, cela paraît logique.

Ce qui l’est moins, c’est quand est ce que Laurent Gbagbo récouvrera réellement la liberté.


Michèle Laffont,

Correspondante permanente aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.COM

mercredi, 05 juin 2013

ERIC KAHE: LIBERTE PROVISOIRE DE GBAGBO, UNE CHANCE DONNEE A LA RECONCILIATION ET A LA PAIX

 

ERIC KAHE.jpg


Démocrates et républicains, refusant de nous en prendre à des décisions de justice, nous pouvons tout de même, de façon citoyenne, apprécier le fait que la décision rendue par les juges de la CPI dans l’affaire « Procureur contre Laurent Gbagbo », bien qu’insuffisante, soit relativement bonne à prendre, comparée au pire que laissaient redouter les pressions politiques exercées sur la CPI.

Au cours de cette audience de confirmation des charges ou de relaxe de l’accusé (à ne pas confondre avec un procès), la Défense du président Laurent Gbagbo avait interpellé les juges sur l’aspect « brouillon » du dossier du procureur qui s’en était d’ailleurs offusqué ! Trois mois après cette observation, les Juges concluent à l’insuffisance des preuves avec demande d’enquêtes complémentaires. S’ils sont à féliciter pour avoir tenté de sortir des procédures politiciennes où des organisations internationales naguère créditées de confiance ont relayé des rumeurs assassines, notamment sur de nombreuses personnalités proches du président Laurent Gbagbo en vue d’objectifs ciblés, les juges auraient dû aller au bout de la logique qui veut qu’un innocent ne soit pas retenu en prison quand n’existent pas contre lui les preuves nécessaires.

La liberté provisoire du président Laurent Gbagbo reste plus que jamais d’actualité et cette décision lui ouvre la porte.

Cette décision nous rappelle aussi l’écart entre la justice des vainqueurs, aux ordres d’une politique de haine et de vengeance, et les procédures de la justice internationale dont le déroulement obligatoirement public ne permet pas que l’on puisse tordre le cou à la justice au-delà d’une certaine limite de décence. C’est le lieu d’avoir une pensée spéciale pour tous nos compatriotes et camarades détenus en Côte d'Ivoire sur la base des seules preuves qui n’existent pas.

Cette décision est aussi une invitation à une introspection ivoiro-ivoirienne, afin que, tournant la page d’un conflit qui n’a que trop duré, vainqueurs et vaincus d’hier, travaillent ensemble à construire un pacte républicain. A la veille de cette audience, dans une lettre ouverte, nous avions indiqué que nous étions à l’écoute des instructions du président Laurent Gbagbo. Il a largement fait sa part et nous avons cru décrypter sa réponse.  Aussi bien à la fin de l’audience en février que lors de la récente interview de Maître Altit – que nous félicitons avec l’ensemble de son équipe et des défenseurs des droits de l’homme – le président Laurent Gbagbo se positionne, en homme d’état, dans la direction de la construction de la nation.

Tous, opposition et pouvoir, nous sommes interpellés à sauver la Côte d'Ivoire. Le délai qui nous sépare de la prochaine audience devrait permettre à un Laurent Gbagbo en liberté, même provisoire, et au régime en place à Abidjan, de se parler.

A son arrivée  au Golf, à la suite de son arrestation, le président Laurent Gbagbo avait bien précisé que la «partie militaire était terminée et qu’il fallait passer au volet civil».

Cette décision est une chance donnée à la Réconciliation par la paix des braves.


Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD (4 juin 2013).

mardi, 28 mai 2013

HAILEMARIAM DESALEGN: «LA CPI MENE UNE SORTE DE CHASSE RACIALE ENVERS LES AFRICAINS»


HAILEMARIAM DESALEGN.jpg

Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn. © AFP


Déclaration du président en exercice de l'Union Africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

 

La Cour pénale internationale (CPI) mène une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains, a affirmé lundi le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, après la clôture du sommet des chefs d'Etat de l'organisation à Addis Abeba.


Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toute sorte d'impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale, a-t-il déclaré, à l'issue d'un sommet qui a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, pour crimes contre l'humanité.

Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre ces présidents (les deux chefs de l'exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser des Africains, a-t-il poursuivi devant la presse.

Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des terribles violences ayant suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

Ces violences s'étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, accompagnés de meurtres brutaux, viols et mutilations, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

Le procès d'Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela, a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a en fait inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l'ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI. Les affaires concernant le Darfour et la Libye - non signataires - l'ont été à la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, tandis que le procureur de la CPI s'est autosaisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de l'inaction des autorités kényanes en vue d'établir les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Plusieurs chefs d'Etat africains ont récemment accusé la CPI de cibler exclusivement des Africains.


Source: AFP