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vendredi, 26 août 2016

SIMONE COGNE AUX ASSISES, GBAGBO ECRASE A LA HAYE

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Deux continents. Deux espaces. Deux lieux. Deux scènes. Deux équipes. Deux personnages politiques: Gbagbo et Ehivet. Tous deux soumis aux mêmes chefs d’accusation. Ou presque. A Abidjan comme à La Haye, les Gbagbo ne donne pas du lait aux Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye. Ni du miel aux parties adverses: procureurs et   représentants des victimes(?).

 

Les Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye

Les Tribunaux d’Abidjan et de La Haye, ont donné aux Gbagbo l’occasion d’exposer dans les détais, leur pensée du politique et de la politique. Quoique dans le cas du président Gbagbo, étant donné la nature concrète de la CPI qui ne lui permet pas de faire ressortir et de prouver par lui-même dans les moindres détails la critique des chefs d’accusation, sa Défense fait le boulot. Ce qui est néanmoins un handicap.

On sera déçu si l’on cherche dans les pages constituant les dossiers d’accusation, une analyse complète du coup d’Etat occidental en Côte d’Ivoire qui s’est soldé par une élection handicapée par la violence rebelle, un conflit armé sous le commandement de la France et de L’ONUCI, et la “capturation” du couple Gbagbo. Ces dossiers vidés de leur substance ne saurait être le fondement de la compréhension de toutes les pièces du système conflictuel Ivoirien depuis 2002 à ce jour.

De sorte que, un travail de juges tendant à rendre justice à partir de tels dossiers ne peut avoir qu’une seule prétention. Cacher la vérité. Mais l’abnégation des accusés et de leur Défense, a produit l’effet insoupçonné par l’Accusation. Ils ont éveillé l’intérêt des curieux et des partisans de l’ordre colonial pour ce double-procès. Suscité leur désir à comprendre l’essence des faits qui ont conduit à ces Assises. En plus, le développement des thèses contradictoires via le contre-interrogatoire à briser les obstacles qui se sont accumulés au cours du temps empêchant une interprétation lucide du drame Ivoirien.

L’irrationalité des magistrats, de la partie civile, et de l’Accusation, en plus de leurs formules synthétiques en place d’un raisonnement raisonné, ont fini par convaincre que pour eux, ce qui est rationnel est irréel, et ce qui est réel est irrationnel.  La science de la logique abstraite. La mise en perspective inabordable. Ce qui renforce la thèse de la justice coloniale d’un côté et des vainqueurs de l’autre—dans ces Tribunaux situés dans deux espaces géographiques différents à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.

Réécriture du Coup d’Etat Franco-Onusien aux Assises d’Abidjan

A la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan, le franc-parler de Simone Ehivet a remis à plat l’interprétation du coup d’Etat Franco-Onusien-Rebelle en Côte d’Ivoire et bousculé l’ordre colonial. Laurent Gbagbo à La Haye a fait pareil.

Ainsi, s’expliquant devant la Cour d’Assises le 21 Juin 2016 et parlant des escadrons de la mort, elle situe les faits dans le contexte d’alors. Puisqu’elle n’a jamais préparé un coup d’Etat, n’a pas une armée, n’ayant aucun pouvoir à l’état des faits, elle se demande à juste titre comment elle pouvait constituer un escadron de tueurs. Sur le charnier de Yopougon, elle ne comprend pas que “ceux qui l’ont découvert s’adressent directement aux chaînes–medias–étrangères au lieu de s’adresser à la police ou à la gendarmerie” Nationale. Simple logique et bon sens qui dans les deux cas ont perturbé la sérénité de la Cour dont les jurés se sont mis à bâiller et à somnoler.

L’effondrement de cette Cour n’était pas total lorsque le témoin de l’Accusation, l’officier de gendarmerie Sévérin Kéhi, “offusqué et surpris” qu’on le convoque pour témoigner contre Simone Ehivet qu’il ne connaît pas, assène le coup qui aurait pu arrêter la procédure dans un monde plus enclin à la vérité et à la justice. “Je n’ai jamais reçu d’ordre ni de mes supérieurs, ni de Mme Gbagbo elle-même [pour attaquer la population civile].” Avait-il balancé à la face de ces chercheurs de poux sur une tête rasée. A cet uppercut,  Il ajouta. “Elle n’a donné d’ordre à qui que ce soit de cette nature.” Et conclut. “Elle ne s’immisce pas dans les affaires de l’armée.” Conclusion, la cellule de crise pour élaboration d’un plan commun en vue de liquider les opposants-internes-amis de la communauté internationale qui constitue l’ossature du dossier à charge du procureur de la CPI, n’a jamais existé. Une belle passe de l’épouse à l’époux à plus de 8000 km.

Démantelant le tissu de mensonges des juges iniques et du procureur sur la guérilla urbaine et les tueries d’Abobo, Simone dénonce le concepteur de cette guerre asymétrique que l’injustice couve. “La guérilla à Abobo c’est le commando invisible. Le commando invisible c’est Ouattara.” Message clair adressé à la CPI. Cuno Tarfusser l’appréciera-t-il à sa juste valeur? Rien n’est sûr. Même si le Commandant Jean-Noël Abéhi, témoin à charge contre le président Gbagbo lui a balancé cette même vérité au visage. Ajoutant que ces criminels infiltrés dans la population par l’armée Française et l’ONUCI, étaient plus équipés militairement que l’armée nationale de Côte d’Ivoire.

Rétablissement de la Vérité à La Haye

Présents à la CPI pour confondre le président Gbagbo, ses contradicteurs se dédisent et le dédouanent. L’ancien patron des services secrets de la Côte d’Ivoire, le témoin-clef-masqué P. 520, n’a pas dérogé à la règle. Il a informé que le Woody ne voulait pas de milices armées. Contrairement à Ouattara qui les entretenait. “Autant que je me souvienne, le président de la République avait décidé que les groupes d’autodéfense soient dissous et désarmés…Il ne voulait plus qu’il y ait des groupes armés parce qu’on allait à la paix et aux élections.” Puis insista sur sa volonté affirmée et affichée à trouver cette paix à tout prix. “Il souhaitait absolument qu’il y ait la paix.”

Mohamed Sam Jichi alias Sam l’Africain, témoin P. 44, président de la Nouvelle Alliance de Côte d’Ivoire pour la Patrie–NACIP–, déporté de force à la CPI le 27 Février 2016 pour témoigner à charge contre le Woody,  insiste dès l’ouverture du procès le 7 Mars, sur les qualités d’homme d’Etat et de paix du chef d’Etat Ivoirien. “Le président Gbagbo a accepté de s’humilier pour sauver la Côte d’Ivoire en signant l’accord de Marcoussis—Janvier 2003.” Il explique. “La population n’était pas d’accord mais le président l’a fait pour l’intérêt du pays.” Puis, il  déclara s’être opposé à cette décision de Laurent Gbagbo qui consacrait l’entrée des rebelles dans le gouvernement Ivoirien. “Je soutenais le président Gbagbo de toutes mes forces. Il a fait appel à ceux–rebelles–qui plus tard devaient lui régler son compte.” Parce qu’il “voulait toujours négocier pour le bien-être des Ivoiriens.”

Le témoin P. 48, porte-parole-RDR Joël N’guessan, parti pour noyer Gbagbo se retrouve à condamner ses employeurs. Il révèle que les partis politiques légalement constitués dont le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA s’étaient alliés au Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire–MPCI–,  au Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest–MPIGO–et au Mouvement pour la Justice et la Paix–MJP,  trois mouvements rebelles qui ont décimé les populations Ivoiriennes depuis 2002  pour former le G7 afin de combattre le président Gbagbo. Par ailleurs, il mentionna que c’est Bédié qui avait donné à ces massacreurs le nom de Forces Nouvelles. Un récit qui renforce la thèse du plan-commun-interne Ouattara-Soro, constitué par l’aile-politique–RHDP–et son aile-militaire–Rebelles–pour s’accaparer du pouvoir par les armes.  

Concernant le plan-commun-interne Ouattara-Soro, qui fait jonction avec le plan-commun-international, des témoins-clefs de l’Accusation épousent l’analyse de Simone Ehivet sur le rôle de la France en tant que parrain du génocide politique et humain en Côte d’Ivoire. Elle prend à témoin les journalistes Français Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel qui dans leur ouvrage Ça reste entre nous, hein!, reprennent les propos tenus par Sarkozy. “Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire…On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien.”

Dans le prolongement de Simone, les questions de Me O’shea font dire par Joël N’guessan que les autorités Françaises avait proposé les détails de la conférence de Linas-Marcoussis au président Gbagbo qui les aurait validés. Sam l’Africain va plus loin. C’est au moment que les signes de paix pointaient “que la France est intervenue en tant qu’arbitre alors que tout le monde savait que ce pays était le père fondateur de la crise en Côte d’Ivoire.”

Préoccupations Face aux Vérités des Gbagbo

A la lumière des éclaircissements des Gbagbo à la barre, de nombreux observateurs, des témoins à charge, et même certaines organisations acquises à l’occident, ont exprimé leurs préoccupations quant au déroulement de ces procès diaboliques sans base juridique ni preuves convaincantes. Et surtout sur leurs issues. C’est ainsi que la presse Française qui est un instrument de polissage des gouvernements Français et Outre-mer acquis à la francafrique, n’en pouvant plus de la mascarade a écrit par RFI, “La justice internationale est instrumentalisée.” l’Obs de son côté a dénoncé “les enquêteurs de la CPI [qui] ont façonné des adolescents.” Tandis que pour Mediapart, “le massacre de Nahibly a été planifié.” Insistant ainsi sur le plan commun Ouattara-Soro-France-ONU du génocide Wé.

Les vérités des Gbagbo mises sur la place publique grâce à ces Tribunaux sur le passé récent de la Côte d’Ivoire, donnent beaucoup de détails sur une nouvelle violation grave des droits de l'homme par les pro-esclavageo-colonialistes. Transgressions qui viennent s'ajouter à une série de violations commises depuis l'occupation illégale des terres et ressources naturelles Ivoiriennes en particulier et Africaines en général.

Les mensonges du système mis à nu, la peur bouillonne dans les entrailles du RDR-RHDP. Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR cumulativement président du directoire du RHDP a exprimé cette trouille lors d’une conférence de presse le 7Juillet 2016. “Si on perd le pouvoir, nous nous retrouverons en exil avec nos femmes et petits-enfants.” Une peur qu’il faudrait néanmoins circonscrire.

Justifiés

Seront-ils condamnés après tout? Quel que soit l’issue, les Gbagbo “ont été lavés, déclarés saints, déclarés justes au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu”  (1 Corinthiens 6: 11).

 

Feumba Samen

jeudi, 23 juin 2016

PETITION «TOUS UNIS POUR LA LIBERATION DE LAURENT GBAGBO»

 

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Voici le site internet pour la signature de la PÉTITION POUR LA LIBÉRATION DU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO :

http://pourgbagbo.com/petition/

 


TOUS UNIS POUR LA LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO

 

1. Proclamé vainqueur de l’élection Présidentielle du 28 Novembre 2010, par décision n°CI-2010-EP-34/03/12/CC/SG du 3 Décembre 2010 par le conseil constitutionnel, le Président Laurent Gbagbo qui a prêté serment le 4 Décembre 2010 dans les conditions prescrites par la constitution, était au moment de son éviction le 11 Avril 2011, le Président de la République légal et légitime de la Côte d’Ivoire.

2. Sans remettre en cause les raisons et les motifs qui ont justifié la décision du conseil constitutionnel, les organisations internationales font injonction à LAURENT GBAGBO de quitter le pouvoir. Une avalanche de sanctions diplomatiques, économiques et militaires s’abattent alors sur la Côte d’Ivoire occasionnant plus de seize mille (16 000) morts et plus de cinquante mille (50 000) exilés et déplacés de guerre (CDVR sous la direction de Charles Konan Banny) au GHANA, TOGO, LIBERIA, BENIN, etc.

3. Enfermer un Président démocratiquement élu et renversé au profit d’une rébellion armée reviendrait à transmettre à la jeunesse africaine, le message selon lequel le chemin du pouvoir serait celui des armes.

4. Le Président LAURENT GBAGBO est connu comme un leader politique qui a toujours utilisé des méthodes non-violentes pour exprimer son désaccord politique. Au cours de ses trente années de lutte, pour la conquête du pouvoir, il n’a jamais eu recours à une arme autre que le celle de la parole et des urnes. Durant ses dix (10) ans de pouvoir pourtant contrarié par la rébellion armée et une adversité politique internationale, il n’a fait emprisonner aucun de ses adversaires politiques ni porté atteinte à leur intégrité physique.

5. Un procès équitable, consécutif à un conflit ne peut être conduit en dehors de l’exigence de vérité et en l’absence des principaux protagonistes et victimes. Or, depuis le 29 Novembre 2011, soit plus de cinq (5) ans, la CPI peine à apporter la moindre preuve matérielle au soutien des charges retenues contre lui.

6. Il sera difficile, dans ces conditions, de convaincre que le rôle de la CPI en Côte d’Ivoire n’aura été de permettre à la Françafrique d’écarter du pouvoir ses adversaires politiques. Une telle situation ne peut que renforcer la suspicion légitime d’acharnement judiciaire à fondement politique contre le Président LAURENT GBAGBO, la Côte d’Ivoire et l’Afrique.

7. La forte mobilisation autour du procès de LAURENT GBAGBO est un signal fort lancé contre les pratiques mafieuses de l’impérialisme occidental. La Côte d’Ivoire est l’un des pays au monde à compter le plus de prisonniers et d’exilés politiques. Maintenir LAURENT GBAGBO en prison, c’est légitimer la logique de la chasse aux sorcières et au-delà, dénier aux peuples de Côte d’Ivoire et d’Afrique, le droit à la dignité et à la souveraineté.

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Au regard de ce qui précède, la libération du Président LAURENT GBAGBO apparaît comme une exigence humaine du respect des droits de l’homme ; une exigence juridique du respect du droit et de la justice ; une exigence démocratique de respect des institutions et des normes constitutionnelles ; un impératif pour la réconciliation nationale, la cohésion sociale et pour la survie de la Côte d’Ivoire en tant que Nation.

La mobilisation exemplaire à travers le monde entier des hommes et des femmes épris de justice et de liberté, des leaders d’opinion à titre individuel ou organisés en mouvement et associations, au nombre desquels des chefs d’Etat et de gouvernements, pour dénoncer le sort inique fait au Président LAURENT GBAGBO depuis sa honteuse déportation à La Haye, le 29 Novembre 2011, reste constante, engageante et doit être vivement saluée et encouragée. Notre devoir à tous, c’est de respecter tout homme et de respecter la justice en toute circonstance. Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont sur la brèche pour le respect des droits de l’homme et le triomphe de la justice.

Pour accompagner et amplifier ce vaste mouvement de résistance face à l’imposture comme un devoir de conscience devant l’Histoire, nous, soussignés initiateurs et porteurs de la présente pétition, y engageons les hommes et les femmes, qui refusent l’injustice et l’imposture pour exiger ensemble, dans la solidarité de conviction, la LIBÉRATION DE LAURENT GBAGBO.

 

BERNARD B. DADIE, JOSEPH K. KOFFIGOH

COUR D’ASSISES D’ABIDJAN - INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

 

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Le mercredi 1er juin 2016, Madame Simone Ehivet Gbagbo a présenté une intervention en 5 points sur lesquels elle a rétabli la vérité historique des faits qui l’ont amenée à comparaître devant la Cour d’Assises d’Abidjan, ainsi que de toutes les violations du Droit – et des droits de l’homme et de la femme – dont elle a été victime. Focus.

 

I. SUR LE VAINQUEUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010

La Commission Electorale Indépendante (CEI) a transmis au Conseil Constitutionnel, les 30 novembre et 1er Décembre 2010, tous les procès- verbaux de dépouillement des votes du deuxième tour des élections présidentielles sans proclamer de résultats provisoires.

En réalité, la CEI n’a pas été en mesure de procéder à la proclamation de résultats provisoires faute de consensus, mais surtout faute de pouvoir établir un Procès-Verbal de délibération et de résultats au plus tard le 1er décembre 2010.

Le 1er Décembre 2010, le candidat Laurent GBAGBO a, conformément à l’article 60 de la Constitution, formulé des requêtes devant le Conseil Constitutionnel sur des irrégularités constatées, lors du 2nd Tour du scrutin, dans les bureaux de vote de huit départements (Bouaké, Korhogo, Boundiali, Dabakala, Ferkessedougou, Katiola, Béoumi, et Sakassou).

Le 2 Décembre 2010, prenant acte de la transmission des procès-verbaux de dépouillement, et des requêtes du candidat Laurent GBAGBO, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il dessaisissait la Commission Électorale Indépendante, et constatait avoir été régulièrement saisi.

Pièce : Décision de dessaisissement

Ainsi, la critique tendant à affirmer que le Conseil Constitutionnel s’est auto- saisi de la question électorale tentant, par ce fait, d’empêcher la CEI de procéder à la proclamation des résultats provisoires est totalement erronée.

Cependant, ce même 02 Décembre 2010, et contre toute attente, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, Président de la Commission Electorale Indépendante, est allé tout seul proclamer de prétendus résultats au quartier général du candidat du RDR, Monsieur Alassane OUATTARA.

Pour le Juge d’Instruction et la Chambre d’Accusation, la Commission Electorale Indépendante aurait de ce fait proclamé le 02 Décembre 2010, les résultats des élections présidentielles donnant le Candidat Alassane OUATTARA, vainqueur.

A ce niveau, j’ai plusieurs remarques à faire :

Tout d’abord, cette déclaration de Monsieur BAKAYOKO Youssouf est intervenue plus de trois jours après la clôture du scrutin du 28 novembre 2010, en dehors de son siège, et en l’absence des médias ivoiriens, alors que la CEI était forclose et avait elle-même déjà transmis tous les procès-verbaux de dépouillement au Conseil Constitutionnel ;

Deuxièmement : Le Président de la CEI ne peut procéder à une proclamation qu’avec l’ensemble de son bureau réuni, et au siège de son institution. Cette proclamation solitaire au QG d’un candidat rend sa déclaration nulle et de nul effet ;

Troisièmement : Le Président de la CEI, n’a jamais pu disposer d’un Procès-verbal de délibérations ni de la liste d’émargement des Commissaires Centraux pour justifier de la validité des résultats qu’il a annoncés ; Cela n’était pas possible puisqu’il n’y a pas eu de délibération ;

Enfin, conformément à la loi, toutes proclamations émanant de la CEI, réunie au grand complet, et portant sur des résultats, ne peuvent être que des résultats provisoires. En effet, le caractère provisoire des résultats proclamés par la CEI n’est remis en question par personne.

Le 3 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle dans le respect du texte constitutionnel.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 3 Décembre 2010 

Or, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire l’article 98 de la Constitution dispose que :

«Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toutes personnes physiques ou morales ».

Je considère donc que le débat sur le vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est clos avec la décision du Conseil Constitutionnel ; et que Monsieur Laurent GBAGBO est le vainqueur des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire.

Quel est le magistrat qui ose s’ériger contre une décision du Conseil Constitutionnel et dans quelle intention le fait-il ?

Le 4 Décembre 2010, Monsieur Laurent GBAGBO prêtait serment devant le Conseil Constitutionnel. Cela est précisé par l’article 39 de la Constitution qui précise que « dans les 48 heures de la proclamation définitive des résultats, le Président de la République élu prête serment devant le Conseil Constitutionnel, réuni en audience solennelle ».

Toutes ces formalités ayant été appliquées conformément à l’article 39 de la Constitution, Monsieur Laurent GBAGBO est le Président de la République de la Cote d’Ivoire.

Je tiens à préciser que quel que soit le gouvernement mis en place par Monsieur Alassane OUATTARA, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle, et cela conformément à l’article 39 de la Constitution.

Pourquoi le juge d’instruction et à sa suite, la Chambre d’Accusation, des magistrats c’est-à-dire des personnalités garantes du respect de la loi, dans l’Arrêt qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, qualifie Monsieur Alassane OUATTARA de « Président élu » en 2010 au Golf Hôtel.

Comment une telle chose peut-elle se faire dans la Nation ivoirienne ?

Le seul Président élu à la suite des élections présidentielles de 2010, est Monsieur Laurent GBAGBO.

II. SUR LA PRISE DU POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant les présentes Assises, dispose que « Le Président élu, Monsieur Alassane OUATTARA, formait un Gouvernement retranché au Golf Hôtel, tandis que le Président sortant, Monsieur Laurent GBAGBO mettait également en place un Gouvernement. »

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est choquante et inacceptable.

C’est une contrevérité.Il n’a jamais subsisté en Côte d’Ivoire, deux Gouvernements légaux à la même époque.

Du 4 Décembre 2010 jusqu’au 11 Avril 2011, date de notre capture par les forces de la coalition internationale menée par la France, Monsieur Laurent GBAGBO était le seul Président de la Côte d’Ivoire.

Le seul Gouvernement légitime qui existait en Côte d’Ivoire, à cette époque, était celui mis en place par Monsieur Laurent GBAGBO avec à sa tête le Premier Ministre Gilbert AKE N’GBO.

A cette époque, Monsieur Alassane OUATTARA n’était pas Président de la Côte d’Ivoire et le Gouvernement qu’il avait mis sur pied était parfaitement illégal.

Oui je sais qu’après la capture du Président Laurent GBAGBO et de moi- même, à la résidence présidentielle, le Conseil Constitutionnel a rendu une nouvelle décision le 4 Mai 2011, proclamant Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011

Le Conseil Constitutionnel a ainsi rendu :

 Le 3 décembre 2010, une décision proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle faisant du Président Laurent GABGBO le vainqueur de ladite élection, et ce conformément aux pouvoirs que lui confère l’article 94 de la Constitution ;

 Le 4 mai 2011, une décision que je pourrai qualifier de décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.

Comment puis-je être poursuivie alors que j’ai respecté la décision du Conseil Constitutionnel ?

Monsieur Alassane OUATTARA n’a prêté serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle que le 6 Mai 2011, et le 21 Mai 2011, il faisait son investiture à YAMOUSSOUKRO.

Notons au passage que ces deux actes de Mai 2011 sont posés en violation flagrante de la Constitution. Ce qui montre bien que nous sommes dans un processus de coup de force pour la prise du pouvoir, et tout cela organisé et légitimé par la Communauté internationale qui va venir parrainer ces évènements-là.

S’il avait véritablement donné une quelconque valeur à sa « prestation de serment » solitaire, par courrier du 3 décembre 2010, pourquoi Monsieur Alassane OUATTARA prête-t-il de nouveau serment, en audience solennelle, le 6 Mai 2011 ?

Si la prestation de serment par écrit du 3 décembre 2010 était valable, la 2ème prestation de serment serait alors superfétatoire !

Sur quel texte de loi, la Chambre d’Accusation s’est-elle appuyée pour affirmer que Monsieur OUATTARA avait pris fonction en qualité de Président depuis Décembre 2010 au Golf Hôtel et que son Gouvernement était en place depuis cette date ?

Nous savons tous que Monsieur Alassane OUATTARA n’est devenu «Président de la République de la Côte d’Ivoire» qu’à compter de sa prestation de serment du 6 Mai 2011 devant le Conseil Constitutionnel ;

Nous savons tous que le premier Gouvernement de Monsieur OUATTARA n’a pris fonction qu’à partir du 6 Mai 2011.

Monsieur Alassane OUATTARA lui-même, a reconnu cela, le 1er Mai 2016, lors de son discours devant les syndicats de travailleurs, lorsqu’il déclarait et je cite :

« Selon tout le décompte qui a été fait et en relation avec l’opposition, il n’y a plus de prisonniers de la crise postélectorale dans les prisons. Je veux que vous le sachiez et que cette intoxication arrête. Nous définissons la crise post-électorale comme ayant pris fin à l’occasion de ma prestation de serment en mai 2011. »

Oui Monsieur Alassane OUATTARA lui-même a déclaré avoir pris fonction à compter de sa prestation de serment en Mai 2011 ;

Après, c’était au tour du Procureur de la République près le Tribunal d’Abidjan, dans un communiqué transmis à la presse et mis en ligne le 25 Mai 2016, relatif à l’affaire dite « des prisonniers politiques », de reconnaître que Monsieur Alassane OUATTARA a pris fonction en Mai 2011, lorsqu’il déclarait et je cite :

«Il convient de préciser que parmi ces vingt-deux (22) personnes, trois (03) ont été arrêtées avant le 21 Mai 2011, date de la prestation de serment du Président de la République et considérée comme la fin de la crise postélectorale ».

Quand j’imagine que sur la base des contrevérités du Ministère Public, du juge d’instruction et de la Chambre d’Accusation, nous nous sommes fait condamner aux dernières Assises pour avoir prétendument posé des actes hostiles au Gouvernement du Golf Hôtel de Décembre 2010 de Monsieur Alassane OUATTARA.

Et dire que des Ministres du dernier Gouvernement de Décembre 2010 de Monsieur Laurent GBAGBO, ont été injustement maintenus en détention pendant des années puis condamnés à tort par la Cour d’Assises juste pour avoir été membres de ce Gouvernement légal, celui de Monsieur Alassane OUATTARA n’étant intervenu qu’en Mai 2011 !

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (IV)

III. SUR LA CRISE POST-ELECTORALE

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, la crise postélectorale serait née du souci des membres des forces de défense et de sécurité fidèles à Monsieur Laurent GBAGBO, de tout mettre en œuvre dans le but d’empêcher le Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA de s’installer et de fonctionner aisément, se faisant aider par des jeunes gens enrôlés et formés en armées parallèles, et des mercenaires étrangers.

Cette assertion de la Chambre d’Accusation est une fois de plus erronée car Monsieur Alassane OUATTARA n’avait pas de Gouvernement légitime avant Mai 2011.

Il n’y avait donc aucune raison pour qui que ce soit, d’empêcher le fonctionnement d’un Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA qui n’avait aucune légitimité.

Contrairement à l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, la crise postélectorale est plutôt née du refus de Monsieur Alassane OUATTARA, aidé par les autorités françaises, très efficace quand il s’agit de mobiliser ladite communauté internationale, de reconnaître la victoire de Monsieur Laurent GBAGBO.

Il a refusé de respecter le choix du peuple ivoirien et ainsi que la décision du Conseil Constitutionnel rendue conformément à la Constitution ivoirienne.

A. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA

Le 3 décembre 2010, c’est à dire le jour même où le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle, Monsieur Alassane OUATTARA signifiait au Conseil Constitutionnel un premier serment par écrit.

Pièce: Courrier d’Alassane OUATTARA du 3 décembre 2010

Je précise qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation de serment par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.

La Loi ivoirienne prévoit comme je l’ai dit, la prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle.

Le 8 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel rappelait à Monsieur Alassane OUATTARA que la Commission Electorale Indépendante n’avait pu donner de résultats provisoires conformément aux textes, et que conformément aux dispositions de l’article 94 de la Constitution, les résultats définitifs sont du ressort exclusif du Conseil Constitutionnel.

Pièce: Courrier du Conseil Constitutionnel du 8 décembre 2010

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Lequel Conseil Constitutionnel a proclamé le 3 Décembre 2010, le candidat Laurent GABGBO vainqueur de l’élection présidentielle.

Le 22 Décembre 2010, à la suite de la correspondance de Monsieur Alassane OUATTARA, le Conseil Constitutionnel rendait une décision dans laquelle, il déclarait nulle et de nul effet, la prestation de serment par écrit de Monsieur Alassane OUATTARA, et précisait que les actes de ce dernier ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.

Pièce: Décision du Conseil Constitutionnel du 22 Décembre 2010

A la suite de tout cela, la Côte d’Ivoire fera l’objet d’une agression violente et multiforme.

Les troupes rebelles de Monsieur Alassane OUATTARA et de Monsieur Guillaume SORO, aidées par leurs mercenaires et milices appuyées par les forces onusiennes et françaises, ont entrepris la descente sur Abidjan massacrant des populations civiles, humiliant des représentants de l’Etat, éventrant des prisons, pillant et incendiant les résidences des cadres de la LMP sur leur passage, et cela tout le long de leur avancée.

La Côte d’Ivoire fera en outre, l’objet d’un embargo économique et tous ses avoirs à l’extérieur seront gelés.

B. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

J’ai constaté une ingérence des autorités françaises dans le débat ivoirien. Cela s’est manifesté entre autres, par la lettre du Président SARKOZY au Président de la Commission Electorale Indépendante. De quoi se mêle-t-il ?

Cela s’est aussi manifesté par les bombardements des aéronefs français, qui n’ont jamais eu pour but de protéger les populations civiles, mais d’assister la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne et les institutions de la Côte d’Ivoire, puis donner directement le coup final du 31 Mars au 11 Avril 2011.

Puis les autorités françaises n’ont malheureusement fait qu’accentuer la crise postélectorale :

- En encourageant le candidat malheureux à user de la violence au lieu de saisir le Conseil Constitutionnel pour dénoncer d’éventuelles irrégularités ;

- En incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos dont les principales victimes sont les populations civiles ;

- En bombardant la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours, alors qu’aucune résolution de l’ONU ne leur donnait ce pouvoir.

C’est à croire que l’intention inavouée des autorités françaises était l’élimination physique du Président élu Laurent GBAGBO.

En tout état de cause, tout cela était prémédité si l’on en croit le Président SARKOZY qui aurait déclaré selon des journalistes français dans l’ouvrage « ça reste entre nous, hein » les propos suivants et je cite :

« (...) Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire ... On a sorti Laurent GBAGBO, on a installé Alassane OUATTARA, sans aucune polémique sans rien ».

(Extrait du livre de Nathalie SCHUCK et Frédéric GERSCHEL, Edition Flammarion)

IV. SUR LA VIOLATION DE MES DROITS

Je voudrais me pencher sur deux points qui touchent fondamentalement au respect de mes droits et qui portent sur:

- La violation de mon immunité de parlementaire ;

- La violation des règles de perquisitions dans le cadre de l’instruction.

A. SUR LA VIOLATION DE MON IMMUNITE PARLEMENTAIRE

Aux termes de l’article 68 de la Constitution :

«Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivis ou arrêtés en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée Nationale, sauf le cas de flagrant délit. Aucun député ne peut, hors session être arrêté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale sauf les cas de flagrants délits des poursuites autorisées ou des condamnations définitives ».

Aux termes de l’article 59 alinéas 1 et 3 de la Constitution, la durée de la législature est de cinq ans, et « les pouvoirs de l’Assemblée Nationale expirent à la fin de la 2ème session Ordinaire de la dernière année de son mandat ».

Par un Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a rappelé que « à défaut d’élection dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnelles ; qu’il en va ainsi :

- De « la séparation et l’équilibre des pouvoirs » auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;

- De l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple ;

- De la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution ; c’est dur este dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée Nationale avant l’expiration de leur mandat. »

En l’espèce, le 16 Décembre 2000, j’ai été élue Députée de la Commune d’ABOBO.

Le 19 septembre 2002, la République de Côte d’Ivoire a été victime d’une tentative de coup d’état qui a porté atteinte à son intégrité territoriale, et ne permettant pas la tenue d’élections dans les délais constitutionnels ;

C’est dans ces conditions que dans son Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a décidé que « l’Assemblée Nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs ».

C’est ainsi que l’Assemblée Nationale a continué de fonctionner postérieurement au 16 décembre 2005.

Les nouvelles élections parlementaires ne sont intervenues que le 11 décembre 2011.

Par conséquent, il ne pouvait être remis en cause ma qualité de Députée jusqu’au 11 décembre 2011.

Dès lors, je bénéficiais d’une immunité parlementaire pour toute la période précitée.

En l’espèce, j’ai été inculpée et placée sous mandat de dépôt alors que mon immunité n’avait pas été levée et que le Bureau de l’Assemblée Nationale n’avait pas donné d’autorisation à cet effet.

Force est de constater que l’action publique a été initiée à mon encontre bien avant la fin de mon mandat.

Il ne saurait être invoqué un cas de flagrant délit pour justifier la présente procédure, dans la mesure où les dispositions de l’article 53 et suivant du Code de Procédure Pénale régissant les poursuites des crimes et délits flagrants ne permettent nullement l’ouverture d’une information judiciaire.

Par conséquent, et au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mon immunité parlementaire.

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B. SUR LA VIOLATION DES REGLES DE PERQUISITION

Il a été procédé par les Juges d’instruction à des perquisitions à la Résidence Présidentielle et dans les locaux de mon bureau annexe.

A l’issue de ces perquisitions, le Juge d’instruction a procédé à des saisies de documents et biens, qu’il a mis sous scellés.

L’Article 95 du code de procédure pénale dispose que :

«Si la perquisition a lieu au domicile de l'inculpé, le juge d'Instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57 et 59. »

L’Article 57 en effet, exige que la perquisition se fasse en présence de l’inculpé ou d’un représentant de son choix.

En l’espèce, les perquisitions ont été faites en mon absence et en l’absence de tout représentant de ma part.

Mieux, je n’avais jamais été informée de ce que des perquisitions se faisaient à mon domicile afin que je puisse apprécier l’opportunité d’y assister ou de désigner un représentant à cet effet.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 57 du code de procédure pénale.

Par ailleurs, l’Article 97 alinéa 3 dispose que :

«Ces scellés ne peuvent être ouverts et les documents dépouillés qu'en présence de l'inculpé assisté de son conseil, ou eux dûment appelés. »

En l’espèce, le juge d’instruction a procédé à l’ouverture des scellés et au dépouillement des documents et objets hors ma présence et celle de mon Avocat.

J’ai été surprise d’apprendre, de manière incidente, que certains documents censés m’appartenir, ont été transmis au Procureur de la CPI.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 97 alinéa 3 du code de procédure pénale.

Au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mes droits prévus au titre des règles de perquisitions.

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (III)

V. SUR LES CHEFS D’ACCUSATION

A l’origine, l’ordonnance du juge d’instruction me renvoyait devant la Chambre d’Accusation pour les infractions suivantes :

- Génocide ;

- Crime contre les populations civiles ;

- Meurtre ;

- Assassinat ;

- Viol;

- Coups et blessures volontaires ;

- Complicité et tentative de ces infractions ;

- Voies de faits ;

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

A l’issue de l’examen par la Chambre d’Accusation de ladite Ordonnance du Juge d’instruction, je n’étais renvoyée devant la présente Cour d’Assises que pour finalement les deux infractions de :

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

Je ne me reconnais pas dans ces chefs d’accusation.

Mais surtout, je voudrais faire les observations ci-après :

L’Arrêt de la Chambre d‘Accusation dénombre des faits dont il essaie de m’imputer la responsabilité sans jamais me rapporter la preuve et surtout leurs liens avec moi.

Ce sont notamment :

- La marche de la RTI du 16 Décembre 2010 ;

- Les obus lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo ;

- La marche des femmes d’Abobo du 3 mars 2011 ;

- Les barrages de quartier ;

- L’émission « Raison d’Etat ».

A. SUR LA MARCHE DE LA RTI DU 16 DECEMBRE 2010

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, l’accès aux medias d’Etat du nouveau « Président élu » Monsieur Alassane OUATTRA et de son « Gouvernement » était entravé.

Cette marche de la RTI avait donc pour but de faire libérer les médias d’Etat et de faire installer le nouveau Directeur Général de la RTI ainsi nommé par le Gouvernement du Golf de Décembre 2010 ;

L’Arrêt indique que cette marche pacifique a été réprimée par les forces de défense et de sécurité faisant usage d’armes à feu avec balles réelles occasionnant parmi les marcheurs et même des personnes étrangères à la marche, de nombreux morts et blessés ;

Cette marche de la RTI appelle de ma part les observations suivantes :

- Contrairement à ce que professe la Chambre d’Accusation, Monsieur Alassane OUATTARA comme lui-même le reconnaît, n’est devenu Président de Côte d’Ivoire qu’en Mai 2011 ;

En Décembre 2010, Monsieur Alassane OUATTARA ne disposait d’aucun Gouvernement légitime qui aurait été empêché d’avoir accès aux medias d’Etat ;

- La fameuse marche de la RTI n’était pas une marche pacifique mais bien un mouvement armé planifié par les forces rebelles depuis le Golf Hôtel ;

Dans leurs différentes tentatives d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo de toutes les manières possibles.

En effet, des preuves attestent bien de cela et au cours de ce procès, ma défense produira les vidéos prouvant que la marche de la RTI organisée par Monsieur Alassane OUATTARA et ses collaborateurs dont Monsieur SORO Guillaume et les Commandants de zones, étaient bel et bien une attaque armée planifiée ;

Certaines des forces de l’ordre commises à la sécurisation de cette marche y perdront la vie, sauvagement assassinées par des manifestants armés venus du Golf Hôtel, QG de Monsieur Alassane OUATTARA.

Certains de ces manifestants venus du Golf seront d’ailleurs appréhendés par les forces de l’ordre puis jugés devant le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau et condamnés pour usage d’armes ou d’explosifs au cours de ladite marche sur la RTI.

Mon équipe de défense vous produira au cours de ce procès, la preuve de la condamnation de ces marcheurs armés de la RTI.

Par ailleurs, je n’ai jamais été impliquée dans la sécurisation de ladite marche de la RTI et aucun témoin ne m’y implique d’une quelconque manière.

Cela a été du ressort du Gouvernement ivoirien via son Ministre de l’Intérieur, et la Direction Générale de la Police, dont le Directeur Général de l’époque est toujours actuellement en fonction et au même poste.

Je trouve bien curieux que la justice ivoirienne, pour la manifestation de la vérité, n’ait jamais éprouvé le besoin d’entendre le Directeur Général de la Police Nationale dont les unités avaient en charge sa sécurisation.

B. DES OBUS LANCES SUR LE MARCHE SIAKA KONE D’ABOBO

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des obus auraient été lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo en pleine journée occasionnant des morts et des blessés parmi les commerçants et les clients.

Il a été dit que ces obus auraient été tirés depuis le camp Commando d’Abobo.

Je suis bien étonnée que le juge d’Instruction puis à sa suite, la Chambre d’Accusation aient pu faire de telles affirmations extrêmement graves sans avoir commis un expert en balistique pour rapporter la preuve de ce que des obus auraient été effectivement tirés sur le marché Siaka Koné d’Abobo depuis le camp Commando d’Abobo.

Contrairement aux affirmations gratuites de la Chambre d’Accusation, il n’a jamais été rapporté la preuve de ce que des obus auraient été tirés sur le marché Siaka Koné par les forces de défense.

Je voudrais faire remarquer que des éléments des forces de défense et de sécurité ont déjà été poursuivis et jugés par le Tribunal Militaire, pour ces mêmes tirs d’obus prétendument tirés depuis le Camp Commando sur le marché Siaka KONE.

Ils ont tous été déclarés non coupables.

Mieux, au cours de ce procès, un Expert militaire en armement a été appelé à l’effet d’éclairer le Tribunal Militaire sur cette question. Cet Expert a expliqué qu’il était impossible de tirer des obus sur le marché Siaka Koné depuis le camp Commando d’Abobo sans courir le risque d’endommager le camp du fait de la proximité des deux sites.

C. LA MARCHE DES FEMMES D’ABOBO DU 3 MARS 2011

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des femmes qui manifestaient calmement pour réclamer le départ du Président élu, Laurent GBAGBO ont été violemment attaquées par un char de l’armée.

Je suis particulièrement touchée par les violences faites aux femmes et ne peut que déplorer, toutes les agressions physiques qu’elles ont pu subir.

Cependant, comment le Juge d’instruction et la Chambre d’Accusation, sans jamais avoir fait procéder à une seule autopsie, et à une seule analyse balistique affirment de façon péremptoire, une fois de plus que cette attaque émane sans aucun doute de l’armée ?!

Nul n’ignore qu’à cette époque, Abobo était le fief du Commando invisible, force rebelle pro Ouattara, qui se vantait de tuer d’innocentes personnes et surtout les forces de défense et de sécurité dans la zone d’Abobo mais aussi de Plateau Dokui et même de Cocody Angré.

En tout état de cause, il n’y a aucune élément factuel ni aucun propos de nature à pouvoir lier ces faits à ma personnes.

D. LES BARRAGES DE QUARTIER

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation me reproche de n’avoir pas demandé à la population de lever les barrages de quartier.

Selon la Chambre d’Accusation, j’aurais ainsi encouragé et approuvé les conséquences de ces barrages, en l’occurrence, les exactions et atrocités commises sur les populations civiles.

Toujours selon la Chambre d’Accusation, mes fonctions me permettaient d’avoir accès aux medias d’Etat pour faire cesser ces exactions. Je désapprouve complètement ces affirmations de la Chambre d’Accusation qui appellent de ma part les observations ci-après :

- Dans tous les quartiers d’Abidjan, les populations qui se sentaient en danger érigeaient des barrages ;

Pour moi, cela découlait du besoin de protection des populations face aux attaques ou agressions dont elles faisaient l’objet.

A un moment de la crise postélectorale, les forces de défense et de sécurité avaient de plus en plus de mal à assurer la sécurité, car les combats avaient pris la forme de guérilla dans les quartiers. De sorte que les Forces de défense et de sécurité habituées au combat classiques se trouvaient déphasées et dépassées.

Les populations qui se sentaient donc désemparées ont pu ériger des barrages pour tenter de se protéger.

- Les barrages étaient érigés partout à Abidjan par les populations et ce peu importe leurs appartenances politiques, ethniques ou religieuses.

Même dans les bastions du RDR de Monsieur Alassane OUATTARA, ses militants érigeaient également des barrages. Aux dernières assises, des militants du RDR ont reconnu à la barre avoir érigé des barrages dans les quartiers qui leur sont majoritairement favorables.

- L’Arrêt de la Chambre d’Accusation ne rapporte pas comment j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages dans les quartiers.

Tout au cours de l’instruction de ce dossier, il ne m’a jamais été rapporté la preuve de ce que j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages.

Quel acte d’encouragement j’aurais posé et dont la preuve aurait été rapportée.

Quel acte d’approbation aurais-je posé et qui aurait été démontré ?

Par ailleurs, je n’ai eu aucun contact ou lien avec les barrages ou personnes qui s’y tenaient.

Je ne suis et ne peux être responsable de quelques actes qui y auraient été commis.

E. SUR L’EMISSION « RAISON D’ETAT »

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation prétend que j’aurais une main mise sur les medias d’Etat, en utilisant des émissions comme « Raison d’Etat » pour véhiculer des messages de haines à l’égard de tous ceux qui s’opposaient au maintien au pouvoir de mon époux.

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est très grave et erronée.

Aux dernières Assises auxquelles j’ai participé, les responsables et animateurs de l’émission « Raison d’Etat » ont été jugés et déclarés non coupables, car cette émission n’avait jamais véhiculé un seul message de haine.

Par ailleurs, la Chambre d’Accusation n’a jamais produit une seule vidéo ou un seul écrit de moi véhiculant un message de haine ou appelant des ivoiriens à s’attaquer à d’autres ivoiriens.

F. SUR LA PRETENDUE CELLULE DE CRISE

Oh Seigneur, que d’ignominie !

L’arrêt de mise en accusation prétend que : « le FPI a mis en place une cellule de crise dans le courant du mois de janvier 2011, qui se réunissait à la résidence présidentielle et constituait l’organe chargé de la planification et de l’organisation de la répression ».

C’est pourquoi j’ai crié: oh Seigneur.

Il faut prouver l’existence de cette « cellule de crise ».

Il faut également prouver que la « cellule de crise » aurait ordonné et planifié la répression des populations.

La lecture de l’arrêt de mise en accusation m’a rendu très triste. Mes accusateurs sont allés d’allégations fausses en allégations plus fausses, à la limite même de la diffamation.

Ils ont osé écrire qu’ « il s’infère de ce qui précède que la crise postélectorale a été un catalysateur instrumentalisé par Madame Simone GBAGBO et son clan afin d’aboutir à l’exécution du projet d’élimination d’une partie de la population ivoirienne, juste sympathisante de Monsieur Alassane OUATTARA et du RHDP ».

Troublant, quelques lignes plus loin ils écriront: «considérant que c’est conformément aux actions planifiées et organisées par la cellule de crise dont Simone GBAGBO est le membre le plus influent et sur son initiation que ces actes répréhensibles ont été commis par les miliciens et les FDS à la solde de celle-ci».

Chaque mot est une infamie.

Que des affirmations, des affirmations graves, des affirmations posées comme des postulats !

Aucune preuve, des contrevérités, un travestissement éhontée de la vérité, la déformation sans vergogne des faits !

Monsieur le Président, cet arrêt m’a beaucoup attristée parce qu’il est l’œuvre d’hommes de loi, censés représenter la Justice.

La seule institution qui devrait garantir l’application de la Loi, le respect des droits des citoyens, l’impartialité et l’indépendance dans le traitement des affaires qui lui sont soumises.

La Justice ne devrait pas se laisser instrumentaliser pour être l’expression d’une vengeance politique !

Je vous remercie de m’avoir écoutée, et je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous voudriez me poser.

 

Simone EHIVET GBAGBO

Abidjan - 1er Juin 2016

vendredi, 13 mai 2016

JEAN-CLAUDE DJEREKE: «LA COTE D'IVOIRE EST GOUVERNEE PAR DES MONSTRES»

 

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"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même", disait Nietzsche dans l’aphorisme 146 de “Par-delà Bien et Mal”. Et, pour le philosophe allemand, le monstre est celui qui est habité par le désir de vengeance, celui qui finit par faire lui-même ce qu’il reproche aux autres .

Ainsi en est-il des femmes de “La Colonie” qui, à la fin, reproduisent les comportements qu’elles condamnaient chez les hommes. Pourtant, au départ, ces femmes exilées avec des hommes sur une île portaient un beau et noble projet: former une nouvelle société, c’est-à-dire créer une communauté débarrassée de l’injustice et de l’oppression.

Malheureusement, ce projet ne verra pas le jour car les femmes, en voulant s’émanciper de la domination des hommes, vont confisquer peu à peu tous les pouvoirs et mettre en place un système de pouvoir oppressif semblable à celui qui les fit souffrir des années durant .

Pierre de Marivaux, autant que Nietzsche, veut attirer ici notre attention sur le fait que l’ennemi ou le démon n’est pas uniquement hors de nous et que celui qui combat les monstres court le risque d’en devenir un lui-même.

Dramane Ouattara et ses suiveurs ont dénoncé l’ivoirité; ils ont fait croire que les Nordistes étaient traités comme des Ivoiriens de seconde zone et exclus des responsabilités et fonctions de l’État mais, depuis avril 2011, qui dirige l’ENA, l’ENS, les Ports d’Abidjan et de San-Pedro, la Poste, la Douane, les Impôts, l’Université de Cocody, la RTI, l’État-major des armées, la Sicogi, la Sotra, etc.?

Ils ont poussé des cris d’orfraie quand Bédié emprisonna la direction du RDR; ils ont crié à la persécution mais qui garde, depuis 5 ans, des centaines d’Ivoiriens à la Maca, dans les prisons infectes de Bouaké, Dabou, Dimbokro, Bouna et d’ailleurs? Qui maintient en exil des milliers d’Ivoiriens?

Ils ont dit que la place des enfants n’était pas dans les plantations de café et de cacao mais les enfants, dont certains arriveraient régulièrement du Burkina Faso, ont-ils arrêté de travailler dans ces plantations? Quelles mesures sont prises à l’encontre de ceux qui enlèvent et tuent froidement les enfants avant d’emporter leurs organes?

Ils ont parlé d’escadrons de la mort quand furent assassinés Camara Yêrêfê dit “H”, Émile Téhé et Benoît Dacoury-Tabley; ils ont fustigé les enquêtes sur les assassinats qui n’aboutissent pas. Maintenant qu’ils sont aux affaires, leurs compétents enquêteurs ont-ils déjà retrouvé les tueurs de Guy-André Kieffer, Philippe Rémond, Yves Lambelin, Stéphane Frantz Di Rippel et leurs collaborateurs?

Ils ont accusé Laurent Gbagbo du charnier de Yopougon mais qui sont les auteurs des massacres de Nahibly, de petit Duékoué, Guitrozon, Carrefour Duékoué, Adébem? Lesdits auteurs ont-ils été arrêtés et sanctionnés?

Ils aimaient ironiser sur les Refondateurs qui s’en mettaient plein les poches, faisaient la bamboula et cadeautaient leurs copines. Mais, sous leur règne, la Côte d’Ivoire en a-t-elle fini avec le détournement et le gaspillage des deniers publics, l’entretien des maîtresses et l’ouverture de comptes bancaires à l’extérieur?

Opposants, ils estimaient que personne ne songerait à aller se soigner à l’étranger si les hôpitaux et dispensaires du pays étaient mieux équipés et les médecins bien payés mais où vont-ils quand eux et leurs proches sont malades?

Quiconque ne se distingue pas de ceux qu’il critiquait hier est un monstre. Comment les monstres sont-ils perçus? Voici la réponse de Thabo Mbeki: “Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaînes de l’oppression. Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo de permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégoût que m’inspire cet homme.”

En 1957, l’Américain Léon Festinger (1919-1989), professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford, élaborait la théorie de la “dissonance cognitive”. Selon cette théorie, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances ou convictions, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance.

En 2010, Ouattara avait promis de faire tomber une pluie de milliards sur les villes où il était en campagne, de ne passer que 5 ans à la tête de notre pays et de le remettre debout pendant ces cinq années, de construire 5 universités en 5 ans. Aucune de ces promesses n’a été réalisée, pas plus que n’a été appliqué le “vivre-ensemble”, le slogan cher au RDR et signifiant en fait: “vivre chez les autres sans eux”.

Au contraire, la situation socio-économique du pays s’est empirée avec l’augmentation de la dette publique, la cherté de la vie, la hausse du prix de l’électricité, la réduction du pouvoir d’achat en ville comme à la campagne, l’expropriation des Ivoiriens par des étrangers (Français, Libanais, Marocains), etc.

Bref, Ouattara et les siens sont atteints de dissonance cognitive. Ils se rendent compte qu’il y a un abîme entre ce qu’ils ont dit et promis et les actes posés par eux depuis 2011. Cela ne peut que les plonger dans un état de tension inconfortable. Comment Ouattara essaie-t-il de surmonter cette tension? En menaçant de prison ou de mort tout Ivoirien qui tente de lui faire prendre conscience de son incohérence et de son imposture, en multipliant les voyages hors du pays, en voulant distraire et endormir le peuple avec les jeux et la danse.

Mais pendant combien de temps règnera-t-il par la terreur et les menaces? Est-il certain que sa fuite en avant durera éternellement si les Ivoiriens prennent conscience que “finalement mieux vaut se battre qu’avoir peur” (Gandhi)? Quand un peuple est progressivement dépouillé et piétiné, quand il court le risque de devenir étranger sur ses propres terres, il n’a plus d’autre choix que de livrer bataille.

Si nous refusons cette bataille, alors nous donnerons raison à Étienne de la Boétie quand il déclare: “"Ce sont les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. ”

On n’en est pas encore là et les Ivoiriens peuvent à tout moment montrer de quoi ils sont capables quand ils sont mécontents. Si on se réfère, par exemple, aux événements d’octobre 1958 (expulsion des Dahoméens et Togolais accusés de recruter dans l’administration ivoirienne leurs compatriotes au détriment des Ivoiriens) et de novembre 1993 (riposte à la bastonnade des supporteurs de l’Asec Mimosas d’Abidjan par ceux de l’Ashante Kotoko de Kumasi), on s’aperçoit que, poussés à bout, ils sont capables de se faire entendre et respecter.

Cela fait 5 ans que Ouattara est en train de se venger d’eux en les terrorisant, en les divisant et en pillant leurs biens, alors qu’il avait laissé entendre qu’il travaillerait pour tous et que la réconciliation se ferait comme en Afrique du Sud après le démantèlement de l’Apartheid.

Pire encore, il travaillerait pour qu’une nouvelle Constitution remplace celle d’août 2000. 5 ans, ce n’est pas rien mais un peuple debout et déterminé a besoin de quelques jours pour tourner la page de 26 ans de souffrances et d’humiliations.

 

Une contribution de Jean-Claude Djéréké.

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 07 mars 2016

DEPUIS LONDRES, UN SPECIALISTE REVELE - MASSACRE DES 6 FEMMES D’ABOBO: «C’EST UN FILM DE FICTION»

 

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Le jeudi 03 mars 2011, une marche organisée par des femmes pro Ouattara en pleine guerre électorale s’est soldée par le massacre de 06 femmes. Aujourd’hui, la principale preuve contre Laurent Gbagbo continue de susciter des passions entre les camps opposés à l’occasion de son procès à la CPI. Ses partisans estiment qu’il s’agit d’une manipulation quand la procureure et des témoins dont des victimes de cette marche, ont récemment défilé à la barre pour livrer  leur version. Afin d’éclairer davantage l’opinion sur le flou entretenu autour de cette affaire ultra-sensible qui dure depuis 5 ans, un spécialiste résidant à Londres et qui a choisi de garder l’anonymat, nous a apporté cet article à notre rédaction pour publication. Avec ce nouvel élément, l’histoire des femmes d’Abobo prend une toute autre version.

 

Que pensez-vous du débat autour des tueries des 06 femmes d’Abobo qui vient de resurgir à la Haye à l’occasion du procès contre Laurent Gbagbo et  Charles Blé Goudé ?

Ces passions indiquent que les uns et les autres ne maîtrisent pas véritablement tous les contours de cet évènement dont les faits sont exposés dans une vidéo dite amateure. Sinon, il n’y aurait même pas de débat sur le sujet.

Pour notre part, peut-être que 06,07 ou 08 femmes  auraient été massacrées dans une manifestation pacifique de femmes en Côte d’Ivoire quelque part dans la commune d’Abobo durant la guerre de la crise électorale de 2010 à 2011, et dont nous ignorons encore certainement l’existence jusqu’à ce jour… Mais, nous pouvons vous affirmer qu’il ne s’agit pas des 07 puis 06 femmes présentées depuis cinq ans dans la vidéo dite amateure et reprise par la procureure de la CPI. Ça au moins, nous pouvons l’affirmer avec certitude.

Pouvez-vous être plus explicites ?

Pour faire plus simple, la vidéo dite amateure réalisée par un manifestant ( ?) et qui rend compte de l’évènement, souffre d’un manque criant de crédibilité tant dans la conception que dans le fond.

Nous sommes même très gentils lorsque nous parlons d’un manque criard de crédibilité. C’est à dessein afin de ménager les plus sensibles ou les plus passionnés qui, de bonne foi, pourraient parier  leur vie sur la véracité des éléments contenus dans ce film. Car une cure de désintoxication trop brusque au sujet d’un évènement admis comme vérité absolue, puis validé par les officines qui comptent au sein de la communauté internationale depuis cinq ans, pourraient causer bien des désagréments. Sinon nous concernant, cette vidéo doit être classée dans la catégorie des films de fiction. Les faits qui s’y déroulent aussi. Ce film est un condensé de trucages difficilement perceptibles à l’œil immédiat.

Ce que vous affirmez-là est d’une extrême gravité. On pourrait peut-être  parler de manipulations de certains éléments  des faits comme l’affirment les soutiens de Laurent Gbagbo et comme ont essayé de le démontrer  les avocats de la défense. Mais de là à affirmer que cette manifestation n’a jamais existé… N’est-ce pas exagéré, assez choquant pour les victimes, les parents des victimes et surtout l’opinion internationale ?

Il est question de manipulations lorsque des faits qui existent ou ont existé sont déformés ou détournés à d’autres fins. Nous, nous parlons de fiction, pas de manipulation.

Notre intervention provoquera certainement une onde de choc  au niveau de l’opinion internationale et même nationale particulièrement pour ceux qui, de bonne foi, et ils sont nombreux, ignorent la vérité autour de ce canular. Nous sommes entièrement d’avis avec vous. Cependant, vous convenez avec nous que cette révélation ne peut être choquante pour les victimes, témoins ou parents de victimes puisqu’ils n’existent pas. La manifestation elle-même, en tout cas celle dont il est rendu compte dans le film,  n’ayant jamais eu lieu. Sauf sur une scène de tournage et dans un studio de montage. Cette manifestation dont les seules traces existent dans une vidéo dite amateure, est un  film de fiction. Nous le répétons.

Vous parlez de faits aussi graves avec une telle simplicité, une telle assurance, que nous sommes bien curieux de savoir ce qui fonde votre certitude ?

Nous tenons à vous informer d’entrée que nous avons longuement expertisé  cette vidéo, mené des investigations, recueilli des informations puis ressorti de nos études et analyses dont la synthèse est contenue dans un document de plus de 70 pages, preuves à l’appui, que tous les éléments de ce film sont faux. A l’exception bien sûr de certains acteurs principaux, des figurants et des encadreurs. Et nous pouvons produire 05 documents du même type avec des éléments de preuves différents. C’est dire que nous avons de la matière à ce sujet et que nous savons exactement de quoi nous parlons.

Ça devient très intéressant. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Nous pouvons vous assurer que cette vidéo amateure, de la mise en scène du scénario à la conception, est l’œuvre de véritables professionnels. Le  fameux ‘’ manifestant cameraman amateur’’, par exemple,’ ne fait pas partie des manifestants. Tout le monde pourra constater que même les ‘’coups de feu’’ ne l’ont pas fait bouger de sa position pendant la débandade générale. Tous ceux qui s’aventuraient dans sa direction étaient repoussés à l’image de la petite fille en jupe blanche et en sandales que l’on peut apercevoir stopper subitement sa course, puis changer de direction à l’apparition furtive d’un individu sorti du côté droit du cameraman et qui lui fait signe de changer de trajectoire. Dès l’éclatement des coups de feu, dans la scène de panique, alors que les chars s’ébranlent de la droite vers la gauche sur la voie opposée au preneur de vue, les manifestants détalent parallèlement de la gauche vers la droite en passant devant le cameraman qui demeure dans une position fixe.

Où voulez-vous exactement en venir ?

A aucun moment, le ‘’cameraman amateur manifestant’’ n’a été bousculé pendant toute la débandade générale. Il reste, bien protégé à côté des manifestants tout le long de ses prises de vue.

De surcroît, lorsque nous disséquons les différentes images, il en ressort que la majorité de ses prises de vue pendant la manifestation (surtout la marche),  s’est faite en plongée, en hauteur au-dessus des manifestants (image 1) ou quelques fois en contre plongée. De gauche à droite et vice versa. Situant ainsi expressément le contexte, écrasant le paysage, faisant redécouvrir un nouveau, puis créant le mouvement du décor et le déplacement des fameux manifestants d’un lieu à un autre. Pendant ‘’la marche’’,  le preneur de vue se tient en mouvement soit face à la ‘’foule’’, soit derrière elle, soit bien au-dessus en face ou derrière’’ la foule de manifestants’’. De tels mouvements de prises de vue nécessitent l’usage d’un chariot comme sur les grandes scènes de tournage. Dans cette vidéo toutes les techniques de cadrage, d’angles de prise de vue et des mouvements filmiques c’est-à-dire le panoramique, les travellings et le zoom ont été utilisés presqu’à la perfection par ce curieux manifestant vidéaste amateur. Mettez à contribution tout spécialiste du langage photographique ou cinématographique, il vous confirmera que les prises de vue ont été effectuées en plusieurs jours par de véritables professionnels en la matière et avec des moyens logistiques conséquents.

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IMAGE 1

Mais cet argument ne peut être un élément suffisant pour nier la véracité de faits aussi graves ?

Nous vous sentons impatient. Nous en venons graduellement. Le fait est trop important et assez sérieux pour que nous l’abordions de manière lapidaire. Pour l’instant, nous nous situons au niveau de la forme.

Parlant donc, des prises de vue, cette vidéo est l’œuvre de véritables professionnels de films d’animation ou d’action comme on en trouve sur les grands plateaux Hollywoodiens. Mais aussi dans les armées ultra-modernes (afin de  truquer les scènes sur le théâtre des opérations). Vu les moyens logistiques et l’expertise utilisés dans le tournage, le montage, la diffusion et toute la campagne faite autour de ce film, on peut sans risque préjuger que les auteurs ont certainement bénéficié d’énormes appuis tant financiers, matériels que relationnels.

Selon vous c’est du pur cinéma, nous avons compris. Cependant quelles autres  observations sont-elles ressorties de vos études et recherches sur cet évènement qui confirment véritablement votre vision des faits ?

Sans trop vouloir vous en dire plus, sachez néanmoins qu’Il y’a une volonté manifeste de dissimuler l’identité des ‘’femmes tuées’’. Elles sont toutes couchées sur le ventre, soit recouvertes de feuillages ou de pagnes, soit elles se cachent volontairement elles-mêmes le visage avec le bras ou la main. Des signes évidents d’une action concertée, donc d’une mise en scène. Quels sont ces morts si pudiques qui ne veulent pas qu’on les identifie ? Sinon, dites-nous qu’est-ce que des mortes auraient à perdre de plus en se cachant prioritairement le visage si ce n’est d’être reconnues dans l’au-delà peut-être, ou, ce qui est le plus plausible, à leur retour dans le monde des vivants ?

La vérité est que les ‘’06 ou 07 femmes d’Abobo’’  du film, ne sont pas de vraies victimes.

Ces mortes ne sont donc pas authentiques ?

Pas du tout. Nos études nous ont permis d’identifier parmi ces prétendues victimes des mannequins et des êtres hybrides, c’est-à-dire composés de plusieurs parties de corps différents. La prétendue victime en T.Shirt à rayures vert et blanc, par exemple, est un mannequin sans tête. Il est loisible à chacun de faire une capture d’écran de cette victime dont ‘’la tête’’ est cachée derrière le postérieur d’une autre soit disant victime dans la vidéo. Il suffit  d’agrandir l’image pour se rendre compte que sa coiffure noire semblable à une perruque n’est qu’une tromperie, l’illusion du haut d’une tête coiffée d’une ‘’tignasse de cheveux’’ créée au montage par un calque noir ajouté sur l’image. Dans la vidéo, la victime en t-shirt blanc et vert est un mannequin sans tête (image 2). Comme par enchantement, sur les images diffusées dans la presse et les autres  médias, notre victime dont la position a été modifiée, a miraculeusement poussé une tête avec une écharpe noire ajoutée dans la zone du cou pour masquer les imperfections du montage (image 3). On remarquera toujours sur cette image 3, cette volonté manifeste de dissimuler encore une fois, l’identité de la victime. La position du preneur de vue (du pied vers la tête) alors que la prétendue tête est bien dégagée, en est l’illustration parfaite. Pour une prétendue marche pacifique de femmes, nous constaterons par ailleurs sur cette image que toute l’assistance est essentiellement composée d’hommes vêtus de jean et de baskets. La  prise de vue a été réalisée à l’opposé de cette assistance.

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IMAGE 2

 

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IMAGE 3

Ce que vous démontrez-là est vraiment édifiant, c’est la première fois que de telles révélations sont mises au grand jour…

Ce n’est rien encore, vu ce que nous avons ressorti des études réalisées sur cet évènement contenu dans le film. Les mortes subissent des transformations incroyables. Certaines victimes, à un moment de leur mort, se tiennent presqu’à genoux, d’autres s’essuient le visage avec une pochette avant de reprendre leur position de morte. Des victimes comme la fille en t-shirt jaune sont aperçues en train de ‘’galoper’’ un long moment après qu’elles soient mortes avec en arrière-plan des chars qui les ont déjà dépassé pendant qu’elles sont bien vivantes (image 4). D’autres ‘’mortes’’ sont, pendant leur ‘’brutal sommeil éternel’’,  soigneusement coiffées d’un turban par des individus pour camoufler tous les signes distinctifs qui pourraient permettre de les reconnaître. Certaines victimes sont des êtres hybrides, c’est-à-dire qu’elles sont composées de plusieurs parties de corps différents. Etc.

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IMAGE 4 

Dans le film, si nous tenons compte de l’emplacement  des corps, les 07 ou 06 marcheuses d’Abobo auraient été tuées sur le bitume pratiquement à l’endroit où se situe le char sur l’image 4. Sur cette image, nous n’apercevons aucun corps dans la zone indiquée au passage du char. Par contre, l’on peut voir la victime en jaune en train de courir en compagnie de trois autres dames suivant les consignes d’un instructeur militaire, posté sous un abri et sous le regard des autres figurants. Il est donc impossible que les femmes aient été tuées à l’endroit indiqué derrière elle pendant le passage des chars ou du convoi au niveau des prétendues manifestantes. Dans une autre hypothèse, si par extraordinaire des femmes avaient été tuées, elles l’auraient été ailleurs puis transportées de ce lieu en cet endroit après le passage du convoi. Sinon au passage du convoi à ce niveau aucun corps ne gît sur le bitume, qui également ne porte aucune trace de manifestation. Il est bon de signaler à toutes fins utiles que les coups de feu ont été entendus  bien avant que le premier véhicule du prétendu convoi militaire incriminé ne fasse son apparition sur la voie opposée.

Par contre cette séquence présente toutes les caractéristiques d’une scène de tournage. On peut même remarquer la position de la camera dont l’objectif plongeant indique que le preneur de vue, présenté comme amateur, se tient en hauteur sur une échelle (un chariot) bien au-dessus derrière l’assistance pour avoir une meilleure prise sur la scène de tournage (image 4).

Cette vidéo amateure est ainsi sortie tout droit d’un scenario mis en scène par des professionnels de la fiction ?

Bien sûr, ce grand canular a été réalisé par des experts en la matière et accompagné dans sa communication par des puissantes officines médiatiques et diplomatiques pour le crédibiliser. Sinon ce grand mensonge n’aurait pas survécu 5 ans durant au point de susciter des passions et d’être brandi par la procureure de la CPI comme principale preuve contre l’ex président ivoirien dans un procès aussi sérieux.  Des scénaristes et techniciens  occidentaux ont réalisé la mise en scène, les prises de vue et le montage de ce canular, quand des individus en tenue militaire ou civile aidaient à encadrer les actrices et les figurants pendant les répétitions comme on peut toujours l’apercevoir sur l’image 4.

Certaines ‘’manifestantes’’ portent déjà des traces de sang (ajoutées sur l’image) pendant la marche alors qu’elles ‘’manifestent dans la joie’’ (image 5).

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IMAGE 5

Parce qu’il y aurait même eu des répétitions ?

Effectivement, comme dans toute préparation d’un scénario de film ou d’un spectacle devant obéir à des synchronisations précises et parfaites. Plusieurs répétitions de simulacres de marche, de protestation, de lamentations, de courses, de danse et de joie etc. ont été réalisées avec les actrices principales et des figurants notamment des gamins, des combattants en civil. Le plus intéressant, est que nos ‘’marcheuses’’ n’ont pas bougé d’un iota du véritable lieu de la mise en scène et des prises de vue. Seul le décor change derrière elles par le jeu du mouvement de la camera, du montage et de l’éclairage. Donnant ainsi l’illusion, d’une marche entamée d’un point précis, au petit matin, jusqu’en plein jour en un autre lieu.

Et l’immense foule de manifestants dans les rues alors ?

(Rires). Rassurez-vous tout ceci est monté à partir d’une poignée d’individus, dont quelques dames, une petite bande de gamins  et des silhouettes d’hommes, le tout transformé en une immense foule par la technique de duplication utilisée en infographie (images 6 et 7). Vous constaterez sur ces deux images que ce sont les mêmes gamins (en prenant particulièrement pour repère la gamine en orange tenant au-dessus de la tête  une pancarte à l’effigie d’Alassane Ouattara et le petit garçon au bandeau blanc juste à côté d’elle sur la première image) qui sont transporté dans un autre décor au milieu d’une foule de manifestants quasiment dans la même position. Seul l’angle de vue est différent. Vous constaterez tout aussi dans cette deuxième séquence que le paysage en  arrière-plan est gravement entaillé, amputé (on le remarque bien à la forme des branchages brandis par les manifestants) pour faire place au faux bâtiment que nous pouvons apercevoir dans le fond.

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IMAGE 6

 

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IMAGE 7

Qu’en est-il des rues, des bâtiments et autres ?

Si vous voulez faire cas du décor, nous pouvons vous assurez que tout le décor du film où se tient la scène est archi faux. Les bâtiments tout le long du trajet des ‘’marcheuses’’ ou du prétendu convoi militaire sont faux. Le boulevard lui-même est faux. Ses caractéristiques que nous avons relevées n’existent pas à Abidjan. Encore moins dans la commune d’Abobo. Même le convoi militaire est faux. Tous les véhicules militaires sont en réalité des images statiques. C’est une technique de film d’animation qui donne vie à tout ce faux. Comme cela se fait au niveau des dessins animés.

Aucun des acteurs ou ‘’manifestant’’, ni ‘’témoin’’ ne peut lui-même retracer leur itinéraire, encore moins identifier avec précision le lieu de la prétendue manifestation où aurait eu lieu le prétendu carnage. Puisque, au moment des différentes mises en scène et répétitions, ces décors  n’existaient pas  en réalité dans leur environnement. Les scènes ont été tournées dans un endroit puis transposées dans ce décor urbain crée de toutes pièces au montage de ce film de fiction.

Et le carrefour où l’on voit des véhicules stationnés aux feux tricolores et d’autres circuler ?

Il faut bien que quelques indices permettent dans le film  d’identifier à peu près la commune d’Abobo, pour justifier du lieu où se serait  tenue la manifestation, c’est-à-dire à Abobo, bastion des pro Ouattara…

Parlant justement de cet endroit, vous remarquerez  le contraste entre la circulation banale des jours ordinaires au niveau des feux avec des véhicules de transport en commun communément appelés Gbaka et la proximité de la scène de la manifestation. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine période de guérilla urbaine menée par une milice ‘’le commando invisible’’ contre les forces gouvernementales d’alors. Ce contraste devient plus frappant après les coups de feux . On peut voir le convoi disparaître au carrefour dans une circulation banale et le décor de guerre que présente le lieu du carnage non loin de là (IMAGE 8). C’est improbable car en pareil cas, aucune circulation n’est possible ou est nettement perturbée. Logiquement on aurait assisté à une ambiance de panique, surtout après les coups de feu. Quel conducteur attendrait tranquillement que les feux passent au vert pour poursuivre son chemin et se mettre à l’abri, après avoir entendu pareilles détonations tout près de lui où se tient une scène de guerre et à la vue d’un convoi militaire qui s’ébranle dans sa direction ?

Pour tout dire, les deux vues sont fausses ou au mieux, elles n’ont pas été prises le même jour. Ce n’est au montage que cet effet de continuité dans l’action et du panorama est obtenu.

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IMAGE 8

Rien ne serait donc vrai dans le film au sujet de cette fameuse manifestation ?

Si. Les acteurs, les figurants, leurs encadreurs et toute l’équipe technique de tournage.

La fameuse ‘’marche des femmes d’Abobo’’, s’il s’agit bien de celles dont il est fait cas dans le film, avec les mêmes 07 ou 06 femmes atrocement mutilées gisant dans des mares de sang insoutenables, est un énorme canular. Un gigantesque serpent de mer. Nous l’affirmons. Et ce n’est qu’un infime aperçu de notre étude.

Ces révélations prennent totalement à contre-pied les rapports et compte rendus de l’ONU, des organisations internationales des droits de l’homme, la CPI et leurs Experts respectifs, des médias occidentaux et africains etc. Vous êtes seul contre tous. Comment expliquez-vous que toutes ces organisations spécialisées n’aient pu se rendre compte d’une si grosse supercherie ?

Nous pensons qu’il convient de poser la question aux intéressés eux-mêmes. D’interroger leurs méthodes de travail, leur mode de fonctionnement et leurs objectifs. D’un autre côté, Il ne nous appartient pas de porter des appréciations personnelles sur le travail d’autres experts. A moins que cela ne soit dans le cadre d’une contre-expertise ou d’un débat précis.

Nous concernant, la question n’est pas d’être seul contre tous, mais d’être dans le vrai ou non.

Cela dit, nous restons très perplexes lorsque nous entendons la procureure Fatou Bensouda affirmer qu’elle dispose de témoignages, de témoins, des rapports d’autopsie et de balistiques réalisés par des experts au sujet d’un pareil fait dont nous venons de vous faire découvrir un aperçu de la véritable nature. Nous attendons de voir ces preuves de la Procureure…

Justement comment avez-vous vécu la première partie du procès avec tous ces éléments en votre possession ?

Nous avons juste souri. Sans plus.

C’est un énorme défi que vous lancez aux experts de l’Onu, de la CPI et même à la défense des accusés dans la mesure où elle ne dispose pas de tous ces éléments comme constaté pendant sa prestation à la première partie du procès. Ne craignez-vous pas d’être dans l’erreur ?

L’erreur est humaine. Nulle thèse n’est infaillible. Pour ce qui est  de notre travail, si nous sommes dans l’erreur, la sanction est immédiate et publique. C’est la question de nos aptitudes qui est en jeu. Et on se relève difficilement de pareil échec. Sachez donc que nous avons totalement conscience que nous jouons gros pour notre crédibilité sur ce dossier.

Pour le reste, sachez que nous ne sommes pas dans le domaine de la magie ni des incantations, ni même de la philosophie. Le cinéma, la photographie, l’infographie… sont des matières scientifiques. Nous avons produit un travail scientifique sur la base d’une matière (un film) objective qui est à la portée de tous depuis cinq, c’est tout. Nous n’avons rien inventé des éléments contenus dans le document.

Il est bon de préciser que ce travail est une contribution au débat, non un défi à quiconque. Il appartient à chacun de l’apprécier, de vérifier sa pertinence ou non, puis d’en tirer les conséquences.

Il sera difficile à l’opinion, surtout à une partie de l’opinion ivoirienne spécifiquement aux pro-Ouattara d’épouser votre point de vue ?

Nous voudrions vous rassurer sur un point. Dans notre profession comme dans la vie de tous les jours, nous avons l’habitude d’être seul. Nous voudrions préciser que le document que nous avons produit n’est pas pour ou contre les deux bords qui s’affrontent en Côte d’Ivoire. Parce que l’épisode du drame des 7 ou 6 femmes d’Abobo n’est plus un problème ivoiro-ivoirien. C’est une question humanitaire et d’éthique. Elle a largement dépassé le cadre de la Côte d’Ivoire. L’ONU s’en est saisi avec la France pour faire adopter la résolution 1723 autorisant l’intervention militaire directe de l’armée française et des forces Onusiennes contre un camp du conflit ivoirien afin de ’’ protéger les civils’’. Aujourd’hui, ce même évènement est la principale preuve de la procureure de la CPI dans le procès qui se joue à la Haye, à la face du monde entier et qui passionne toute l’Afrique.

Notre travail est à l’endroit de l’opinion africaine et internationale mais plus particulièrement de la communauté scientifique. C’est notre modeste contribution au débat. Rien de plus.

Pour la suite de ce procès qui s’ouvre de nouveau le 07 mars prochain, à quoi devons-nous nous attendre avec ce coup de tonnerre que vous venez de dévoiler ?

Nous ne sommes pas associés au procès. Nous avons travaillé de manière indépendante pour éclairer la lanterne de l’opinion sur cette affaire qui continue d’empoisonner les cœurs.

S’agissant du procès, d’un côté tout dépend de la capacité de l’accusation à démontrer preuves à l’appui que cet évènement est authentique et que les victimes sont bien réelles. De l’autre,  de la capacité de la défense à apporter des véritables  preuves de démenti. Pour notre part, nous estimons que les clés de la Haye résident  désormais entre les mains de la défense et des accusés. Il leur est loisible de vouloir prolonger leurs séjours aux Pays-bas pour des raisons qui leurs sont propres ou de passer résolument à l’offensive contre la procureure.

Avez-vous conscience que vous pourriez faire l’objet de violentes critiques ou même de représailles, avec ces révélations inédites qui prennent totalement à contre-pied tout ce qui avait été admis auparavant?

En tant qu’intellectuel, la recherche de la vérité ne s’accommode pas des circonstances ni des états d’âmes des uns ou des autres. Chacun à son métier dans la vie. Le nôtre est de travailler sur les problèmes, les grands évènements, les faits qui se jouent dans nos sociétés, sur notre continent, puis de contribuer à y apporter des solutions à notre humble niveau. Ce canular est l’une des plus grandes escroqueries morales du siècle montée en Afrique, avec la complicité d’Africains, sur le dos des Africains et de l’humanité entière. C’est un affront fait notamment à l’intelligence et à la conscience générale des peuples africains.

Le procès qui se joue à la Haye est aussi à un certain niveau le choc ou la fusion des intelligences planétaires. Et nous y participons en tant qu’intellectuel d’abord puis en tant qu’Africain, dans notre domaine de compétences pour tenter de relever le défi à notre humble niveau. Il est loisible à tout un chacun d’en faire autant, s’il le désire.

 

Réalisé Par JM OPOKU, depuis Londres.

 

Source: AFRIQUE MATIN.NET

jeudi, 28 janvier 2016

PROCES A LA CPI - LETTRES OUVERTES DE JEUNES AFRICAINS AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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UNE SÉNÉGALAISE ÉPRISE DE JUSTICE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Mr le President , Son Excellence Monsieur LAURENT GBAGBO, président de la République de Côte d'Ivoire déchu par l'armée française, vous souffrez certainement du silence du monde face à l'injustice que vous vivez.

Le silence de vos frères africains actuels chefs d'Etats. A l'aube de ce procès, je voudrais vous exprimer mes salutations et mon soutien le plus fraternel et chaleureux. Soutien d'une fille de l'Afrique et d'une militante de l'Afrique.

Pardonnez la tiédeur de leur indignation, pardonnez la pudeur des victimes qui taisent les crimes dont leurs frères sont victimes accordant ainsi aux bourreaux l'impunité.

Nous avons tous été grugés. Nous avons compris avec le temps que l'on nous a appris à vous détester. Nous n'avions pas compris . Nous avons compris trop tard. La pieuvre est bien trop puissante.

Vous avez résisté mais le brouhaha des plaidoyers des criminels tonnait comme le roulement d'un tambour de guerre, bien plus fort que les murmures de ceux qui avaient compris.

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Nous ne pouvons continuer à vivre dans le silence. L'aphonie des esclaves des temps modernes, les esclaves de la France perpétue l’indicible.

Nous sommes ces frères qui préfèrent faire semblant de n'avoir ni vu, ni compris l'existence des tribunaux qui ne jugent que l'homme noir. Nous sommes de ces peuples qui se résignent au fait qu'il y a de ces lois valables que pour les Présidents africains. Nul ne saurait justifier la liberté actuelle de Nicolas Sarkozy après son épopée en terre libyenne et en terre d'Eburnie dont vous êtes ressortissants.

Nous sommes avec vous de tout cœur Mr le Président. Je vous dis "Gacce nga lama" L'histoire retiendra que seul contre tous vous avez refusé le déshonneur. Vous avez choisi la dignité, la Patrie. Votre nom figurera dans les carnets des héros de la jeunesse africaine avec d'autres illustres et nobles fils de Mama Africa : Lumumba, Sankara, Olympio, Modibo Kéita et tant d'autres dignes et valeureux fils de l'Afrique sacrifiés à l'autel des intérêts de la France "pays des droits de l'homme ".

Malgré tout, je reste convaincue que vous vous en sortirez victorieux. Car vous êtes innocents selon les faits. Pour moi vous êtes l'un des derniers résistants par qui l'Afrique sera complètement libérée, grâce à DIEU. OUI J'Y CROIS !

 

Françoise Hélène Gaye, sénégalaise éprise de justice et de paix, résidant en Californie - USA.

 

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L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, à l'ouverture de son procès devant la CPI à La Haye, le 28 janvier 2016. Photo Peter Dejong. AFP. Source: Libération.fr

 

 

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SOUTIEN AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO - LETTRE AIMABLE D'UNE JEUNE BURKINABÈ À 48H DU PROCÈS.

 

TRÈS CHERS TOUS,

Et si son excellence Laurent Koudou Gbagbo avait eu raison : Le temps c’est l’autre nom de Dieu.

Dans deux jours s’ouvrira le procès plus que jamais controversé de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo à la CPI.

Laurent Gbagbo a 4 chefs d’accusation dont entre autres: Crime contre l’humanité, Violences sexuelles, etc, lors de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Les partisans de l’ancien président ivoirien ont toujours accusé ce procès de faire du 2 poids 2 mesures. Aujourd’hui ceci est une évidence. La responsabilité des crimes et autres actes criminels de la crise ivoirienne de 2011 est largement partagée avec les partisans d’Alassane Ouattara, en alliance avec l’actuelle détenteur du perchoir ivoirien Guillaume Soro. Mais de toute évidence également, Alassane ne compte pas livrer ses partisans. Mieux, il a préféré faire juger Gbagbo à la CPI plutôt que par un tribunal ivoirien.

Ironie du sort, depuis quelques temps, Guillaume soro est acculé par divers mandats internationaux. L’un des arguments forts du président Ado est que la Côte d’ivoire n’extrade pas ses ressortissants. Gbagbo n’est donc pas un ivoirien ?

Toujours à propos de Guillaume Soro, celui-ci est accusé par le fils de Laurent Gbagbo de détention arbitraire et traitements inhumains. Le Burkina Faso l’accuse de son implication poussée dans le putsch avorté du 16 Septembre 2015, à travers les écoutes téléphoniques.

Ces écoutes téléphoniques pourraient aboutir à des révélations sur la crise ivoirienne. Une chose est là : un nombre important des détracteurs de Gbagbo sont dans de sales draps depuis un moment : Blaise Compaoré, Guillaume Soro et même Alassane Ouattara, à travers la dernière sortie polémique de Thabo Mbeki, l’ancien président sud-africain.

Le temps, aussi long ou court soit-il, finit pas révéler des vérités… Le temps, l’autre nom de Dieu !

Mon soutien à toutes les familles ivoiriennes qui souffrent de cette injustice !

Mes excuses personnelles, pour mon incapacité à réagir lorsque la rébellion se préparait chez moi.

Avec toutes la considération et le respect que j'ai pour ce grand monsieur, je lui répète : Le temps est l'autre nom de DIEU, et j'espère que sa libération sera prononcée, en ce mois de janvier 2016.

Cordialement,

 

Bassolé Yvette Stéphanie

Ouagadougou, le 26 janvier 2016.

 

 

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UNE JEUNE MALIENNE ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

Très cher Président Laurent Gbagbo,

Le lynchage médiatique, dont vous avez été victime, ces dernières années par la presse occidentale notamment française et vu la gouvernance des nouvelles autorités installées au pouvoir par la France de Sarkozy, qui a lieu actuellement en Côte d’ivoire, gouvernance devant laquelle, nous observons un silence complice de ces même médias, qui ne rataient aucune occasion pour vous diaboliser ainsi que votre régime, ont davantage poussé ma curiosité à m’intéresser à votre personne et comprendre enfin la vraie nature du conflit ivoirien.

Ainsi, je me suis rendue compte, que vous êtes un Homme d’État et un grand Homme, dont l’Afrique a besoin. Vous êtes un digne fils de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique ! Et cela me rassure de savoir qu'en 2016, l’Afrique a un successeur de Lumumba et Sankara: il se nomme LAURENT GBAGBO !

Monsieur le Président, je retiens de tout votre parcours politique, qu‘il faut sincèrement et profondément aimer l'Afrique pour prendre les risques que vous avez pris, car si vos prédécesseurs, Sankara et Lumumba, n'ont pas eu la chance de survivre pour mener jusqu’au bout leurs rêve. d’une Afrique libre et indépendante.

Je considère que vous êtes désormais l’espoir de l’Afrique contre le néo-colonialisme, car vous êtes encore en vie. Personnellement, je rends Grâce à Allah pour cela ! Car la jeunesse africaine consciente aux quatre coins du monde, voudrait vous voir libre dans un futur très proche, dans votre village Mama, InchAllah !

Sachez, Monsieur le Président que le combat que vous avez commencé depuis plus de 30 ans, nous le continuerons et nous l'enseignerons à nos enfants ! On leur parlera de vous en leur rappelant aussi un autre grand Africain Nelson Mandela qui s'est battu contre la domination et l'oppression blanche dans son pays l’Afrique du sud.

Nous leur parlerons de vous comme nos parents au Mali le font pour Soundjata Kéita, digne fils de l’empire Mandingue qui s'est battu toute sa vie pour la dignité et la grandeur de son peuple, comme Patrice Lumumba qui a osé dire NON à l'impérialisme et à l'asservissement du Congo, comme Thomas Sankara qui a tourné le dos à la FrançAfrique, comme Kwamé N'krumah qui a prôné l'indépendance culturelle, économique et politique de son Ghana et de l'Afrique toute entière.

Pour finir, je vais me permettre de vous appeler affectueusement Mon président, tout simplement, parce vous avez vécu et vous continuez de vivre une vraie histoire d'amour avec votre peuple et aussi pour votre amour pour l‘Afrique!

Mon Président, chez nous au Mali, il y un proverbe Malinké, qui dit ceci : " Douwawou den bé seguen, n'ga a té malo (Les enfants bénis souffrent, mais ne connaissent jamais l‘humiliation)". Tenez bon, car l'Histoire est témoin de tout ce que vous avez subi pour la cause de votre peuple, sachez que votre souffrance contre la domination néo-coloniale francaise n'est pas en vain et vous ne connaîtrez jamais l'humiliation, comme l'ont voulu ceux qui vous combattent, car nombreux sont les africains, qui comprennent maintenant le sens de votre combat pour votre pays la Côte d’ivoire ainsi que de l’Afrique, et qui souhaitent vous voir en liberté et en bonne santé !

 

FATIM WALETT

Citoyenne malienne, débordant d'énergie pour la cause africaine !

 

 

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 LES NORDISTES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

AVANT LE PROCES DU 28 JANVIER 2016, LES NORDITES DE CÔTE D’IVOIRE ECRIVENT AU PRESIDENT LAURENT GBAGBO POUR LUI TEMOIGNER LEUR SOUTIEN SANS FAILLE. LISEZ CETTE DECLARATION DE FOFANA YOUSSOUF PRESIDENT DE LA VOIX DU NORD DEPUIS SON EXIL GHANEEN.

 

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire,

Les populations du Nord de la Côte d’Ivoire, réunies depuis 2001 au sein de l’association dénommée « La Voix du Nord » voudraient par ma voix, à quelques jours du procès inique dont vous faites l’objet, vous réitérer leur indissoluble attachement et soutien indéfectible.

Nous vous savons injustement incarcéré à la prison de Scheveningen à la Haye, au Pays Bas, depuis exactement 50 mois aujourd’hui, tout simplement parce vous êtes accusé d’avoir commis le crime négro-colonial de lèse-majesté, celui de manifester l’amour à son peuple et d’oeuvrer pour la souveraineté et le développement de sa nation.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous continuons de vous considérer comme tel, et vous appeler ainsi, parce que pour nous, vous demeurez le seul véritable Président de l’histoire de notre pays, librement élu par l’ensemble des peuples, sans exclusive, qui constituent la société ivoirienne.

Dès votre ascension à la magistrature suprême, des individus tapis dans l’ombre et à la solde d’intérêts impérialistes, ont réussi tant bien que mal, à ternir votre image de marque auprès d’esprits moins avertis et à vous faire endosser les travers de vos prédécesseurs. On vous a taxé de xénophobie et d’être l’instigateur d’une politique réfractaire aux intérêts de la communauté musulmane, de la population du Nord et des étrangers.

Contrairement à leurs allégations, vous n’avez jamais été mêlé, ni de près ni de loin, au concept de ‘’l’Ivoirité’’ alors mis en place par M. Henri Konan Bédié, aujourd’hui allié de M. Alassane Ouattara.

Plutôt soucieux de favoriser la cohésion sociale et de consolider la paix, vous n’avez pas lésiné sur les moyens et avez déroulé un chapelet d’actions novatrices et fédératrices qui resteront à jamais gravées dans les annales de l’histoire de la Côte d’Ivoire.

En effet, au lendemain de votre élection en octobre 2000, vous avez initié le forum de réconciliation nationale qui a réunit tous les leaders politiques ivoiriens. Vous avez facilité le retour d’exil de vos adversaires politiques, MM. Bédié et Ouattara, et ordonné la suppression des cartes de séjour et des certificats de résidence. Toujours attaché au plein épanouissement de vos concitoyens, vous avez permanemment soutenu la communauté musulmane dans l’organisation du Hadj, en octroyant plus de 400 prises en charge par an aux populations (billet d’avion, hébergement, frais de séjour à la Mecque). Pendant le jeun musulman, vous avez institué un élan de solidarité qui a permis aux musulmans de bénéficier de vivres et de non vivres pour la rupture du jeun.

Excellence Monsieur le Président, vous avez certainement dû vous en rendre compte de là où vous préparez sereinement la cinglante réplique à vos détracteurs, que de nombreuses populations du Nord, au lendemain des malheureux événements qui ont émaillé la crise postélectorale de 2010, désabusées par cette hideuse campagne d’intoxication et de dénigrement machiavéliquement montée contre vous, ont rejoint l’esprit de notre association. Ce revirement révélateur a été en effet, matérialisé par le désormais célèbre slogan « GBAGBO KA FISSA », qui contient en lui-même les germes du regret, formulé justement en Malinké, la principale ethnie du nord de la Côte d’Ivoire.

La confusion qui règne en ce moment même dans le camp de ceux-là qui se sont liés contre vous et la Côte d’Ivoire démontrent encore une fois votre clairvoyance, lorsque vous révéliez que « le Temps est vraiment l’autre Nom de Dieu ».

A la veille du 28 janvier 2016 donc, date historique où va s’ouvrir ce que nous qualifions à juste titre de procès de la honte, nous tenons à ce que vous sachiez que, notre frère le Ministre Charles Blé Goudé et vous ne serez pas seuls. Ce jour là, et durant tout le temps que va se tenir cette parodie de justice, c’est le Nord de la Côte d’Ivoire, que nous représentons dans sa diversité culturelle, ethnique, religieuse et politique, qui se tiendra débout à vos côtés. Nous le serons non pas pour des considérations partisanes et égoïstes, mais parce que vous avez démontré par votre passé qui témoigne aujourd’hui encore en votre faveur, que libre, vous êtes celui-là même qui peut véritablement unir et réconcilier les Ivoiriens, mais aussi parce que vous incarnez l’espoir des Africains.

En vérité, vous n’avez pas attendu l’occasion d’une campagne électorale pour parcourir toutes les contrées et les endroits les plus reculés de la Côte d’Ivoire, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, en passant par le Centre. De tous les leaders politiques ivoiriens de votre génération, vous êtes le mieux imprégné des réalités sociologiques de la terre de nos ancêtres, les Mandés du nord et du sud, les Akans, les Krous et les Voltaïques, au point d’avoir réussi à créer une complicité sans nul pareil, entre votre peuple et vous.

Comme on dit chez nous, vous connaissez les Ivoiriens et les Ivoiriens vous connaissent.

Au plan Africain, vous incarnez en vous seul, ces leaders éclairés de l’Afrique digne, Kwame N’Kruma, Patrice Emery Lumumba, Thomas Sankara et Nelson Mandela. Nos amis des mouvements panafricains ne cessent de nous le répéter : L’Afrique ne veut pas et ne doit pas vous perdre. Elle a besoin de vous et compte sur vous ! Récemment encore, les anciens chefs d’Etat africains, réunis au sein du ‘’African Forum’’ l’ont signifié dans un courrier adressé à une fille du continent, aujourd’hui Procureur de la Cour qui vous détient en otage. Comme pour dire en si peu d’image, à travers vous, c’est toute l’Afrique qui est à la barre, avec ses dignes et indignes fils.

Excellence Monsieur le Président, nous voulons enfin partager avec vous la foi en votre libération et restauration prochaines, et nous engager à vos côtés pour bâtir ensemble une nation libre, digne et prospère, vœux que nous savons très cher à vos yeux.

Excellence Monsieur le Président de la République de Côte d’Ivoire, nous vous prions de bien vouloir croire en l’assurance de notre amour inconditionnel et profonds respects.

Que Allah, Dieu continue de veiller sur vous et vous inspirer davantage !

 

Fait à Accra le 23 janvier 2016

 

Pour La Voix du Nord

Le Président

FOFANA Youssouf


 

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 UN JEUNE HAÏTIEN ÉCRIT AU PRÉSIDENT GBAGBO

 

LETTRE AU PRÉSIDENT GBAGBO

Cher papa,

Je viens ici parler au cœur de l’historien qui bat en ta poitrine. Je viens également m’adresser au monde qui a oublié ce qui a fait la recette gagnante de l’indépendance des esclaves sur ce petit bout de terre découvert en 1492 par un navigateur occidental : Kyskeya rebaptisé Hispaniola puis Saint-Domingue et enfin Haïti.

Mon père est né sur ce bout de terre, son père également et son grand-père avant lui. Nous sommes originaires de L’Artibonite, région de provenance de Jean-Jacques Dessalines. Comme Dessalines, nous avons ce teint noir ébène qui caractérise notre région. Nous sommes fiers de ce teint et de notre origine africaine. Nous sommes fiers d’avoir eu Dessalines comme fils de notre région. Nous sommes des Nègres Marrons dans l’âme et nous le serons toujours. Nous n’accepterons pas d’autorité que nous n’ayons choisie. C’est pour cette raison que je t’ai relaté ma courte généalogie.

Nous, descendants de Dessalines, nous nous rappelons ce qui a permis au peuple haïtien de triompher de l’armée la plus puissante de l’époque, celle de Bonaparte ! Le succès de notre révolution tient en deux mots : le créole et le vodou, en d’autres mots, le langage et la foi.

Pourquoi mentionner cela ici ? Simplement parce que tu nous as rassemblé sous un même langage et une même foi, papa. Avec toi nous parlons le langage unique de la dignité humaine et de l’égalité vraie. Avec toi nous avons foi en notre liberté acquise par le combat démocratique. Nous avons foi en un même but, l’indépendance véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Tu nous réunis tous, africains et Noirs du monde, avec ce langage de la dignité et la foi en l’indépendance.

Voici ton procès qui approche à grand pas. Quelle qu’en soit l’issue, sache papa que nous avons appris grâce à toi à avoir un même langage et une même foi. La machine est en marche et aucun procès ne peut l’arrêter. Nous assistons ici aux derniers spasmes d’un système oppressif : la Françafrique ! Nous savons qu’ils useront de moyens violents pour nous faire plier et que ces moyens seront camouflés en droit et principes humanitaires. Nous sommes tranquilles. Dessalines nous a enseigné la voie du combat armé et toi celle du combat démocratique.

Papa, sur nos armoiries haïtiennes y figure un arbre palmiste qui représente la robustesse car son tronc est d’une dureté inégalée et la grandeur par sa hauteur. Tu es le palmiste de l’Afrique ! Ils s’en rendent compte aujourd’hui. Notre devise est : l’union fait la force. Tu n’as cessé de prôner l’union des États africains qui vont toujours en rangs dispersés à la défense de leur souveraineté. Ils comprennent tes paroles aujourd’hui.

Je ne serai pas plus long car tu auras beaucoup d’autres lettres à lire. Je veux juste que tu saches que chez nous, j’ai une tante qui mange quotidiennement dans des assiettes qui sont marquées à ton image ! Ton combat dépasse l’Afrique papa. Ils doivent le savoir.

 

Hervé Philippe, Un fils lointain mais si proche.

 

 

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UNE JEUNE TOGOLAISE ÉCRIT AU PRÉSIDENT LAURENT GBAGBO

 

Cher Président Gbagbo,

Bientôt cinq ans que vous vivez dans les geôles des imposteurs qui s’acharnent à nous révolter contre vous.
En cinq ans ils ont multiplié les documentaires, les articles, les émissions et les livres sur les medias pour faire avaler au monde, leur pilule du mensonge : celle selon que vous êtes un dictateur, un sanguinaire assoiffé du pouvoir qui a choisi de sacrifier son peuple pour se maintenir à la tête de son pays la Côte d’Ivoire.

Mais comme on le dit dans le jargon de votre pays : « ils ont tirés à terre ». En vous enfermant Président Gbagbo, ils ont libéré des millions d’autres africains des chaines de la peur et du silence. Vous devez savoir que dans ce combat vous n’avez jamais été, n’êtes pas et ne serez jamais seul et que depuis ma naissance le 19 Avril 1990, je n’ai vu aucun dirigeant d’Afrique mobiliser les africains de tous les coins du monde comme vous le faites.

Ils veulent faire croire au monde que vous êtes xénophobe et que vous avez divisé votre pays et pourtant je me sens ivoirienne grâce à vous même si je détiens un passeport togolais. Et personne n’a unie l’Afrique des esclaves de France autant que vous Président Gbagbo.

Ils ont cru que vous finirez comme un Samory Touré ou un Behanzin mais ils se sont trompés. Nous ne sommes plus au 19eme siècle et depuis, l’Afrique a grandi de 200 ans. Nous n’avons certainement pas une Afrique robuste comme l’aurait souhaité un Thomas Sankara, mais nous avons une Afrique qui se réveille car le jour est là. Bientôt, il sera MIDI et notre soleil tapera sur tous les systèmes qui nous oppriment et leur brûleront les ailes.

Sachez Président Laurent Gbagbo que le 28 Janvier prochain n’est pas la date de votre procès à vous mais plutôt celle de tous les millions d’africains qui savent que vous êtes l’incarnation d’une Afrique qui se veut libre. C’est nous tous, qui seront jugés à la Haye et vous n’êtes que notre représentant.

Avec toute ma considération

 

Farida Nabourema

Citoyenne Togolaise Désabusée

 

Sources: Facebook, IvoireBusiness.net et AfricaNews.com

LA CONFERENCE DES ANCIENS CHEFS D'ETAT AFRICAINS EXIGE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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La Conférence des Anciens chefs d'Etats africains au cours d'une rencontre. Image d'archives.

La Lettre urgente de l'Africa Forum exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo.

 

À l’Honorable Mme Fatou B. Bensouda,

Procureur,

International Criminal Court,

Maanweg, 174,

2516 AB, The Hague.

The Netherlands.

 

Honorable Mme Bensouda,

UN APPEL AFRICAIN URGENT!

LA Côte d’Ivoire ET L’AFRIQUE ONT BESOIN DE L’ANCIEN Président LAURENT KOUDOU GBAGBO POUR RÉALISER LA PAIX ET LA JUSTICE

1. En tant qu’Africains, nous tenons à ce que l’Afrique, notre Continent résolve ses problèmes aussi vite que possible, y compris l’ensemble des défis liés à la paix et à la justice dans les pays sortant d'un conflit.

2. Cet appel urgent que nous vous adressons a trait à la situation en Côte d’Ivoire et notamment à son ancien Président, M. Laurent Gbagbo, qui, comme vous le savez, est présentement jugé à la Cour pénale internationale.

3. Nous lançons cet appel parce que nous croyons fermement que la Côte d'Ivoire devrait continuer de croître et se développer pour le bonheur de tous ses citoyens, dans des conditions de paix, de démocratie, de l'état de droit, de la réconciliation et de l'unité nationales.

4. Nous sommes absolument convaincus que le pays peut et doit atteindre ces objectifs et que M. Laurent Gbagbo peut et devrait faire une importante et exceptionnelle contrition à cet égard.

5. Inutile de dire qu'il ne peut faire cette contribution dans une cellule de prison, quelque part dans le monde, mais plutôt en tant qu’un citoyen libre dans son propre pays.

6. Au regard de ce que nous avons dit et qui se rapporte au conflit non résolu en Côte d'Ivoire, nous disons que la détention et le procès de Laurent Gbagbo ont davantage aggravé les divisions et animosités entre les citoyens ivoiriens. Ce développement risque de faire basculer le pays dans la reprise de la guerre civile, mettant ainsi en danger la vie de centaines de milliers d’innocents.

7. Il y a donc un risque réel que s’il est reconnu coupable et condamné par la CPI, cela ne mette le feu aux poudres et entraine une conflagration destructrice que nous redoutons.

8. Madame le Procureur, il est particulièrement important qu'au regard de ce qui précède, il y ait une profonde reconnaissance du fait que les événements qui ont amené Laurent Gbagbo à la CPI ont été le résultat d'une lutte politique stratégique intense et historique sur l'avenir de la Côte d'Ivoire, et que cette contestation perdure.

9. Par conséquent, vous comprendrez que nonobstant la bonne foi avec laquelle votre bureau s'est acquitté de ses fonctions juridiques officielles, une partie importante de la société ivoirienne, en particulier les partisans de Laurent Gbagbo, va considérer l'intervention de la CPI comme un prolongement de la politique de domination de l’autre camp - une manifestation de la " justice des vainqueurs”. Pourtant, la situation en Côte d'Ivoire exige et nécessite que le peuple ivoirien continue à aborder ses défis stratégiques par des moyens démocratiques et dans un cadre véritablement inclusif, tout en travaillant ensemble dans des conditions de paix.

10. La polarisation autour de la question de la poursuite contre Laurent Gbagbo est attisée par l'interprétation qu’on en fait en Côte d'Ivoire, ce qui est corroborée par les informations du domaine public, selon lesquelles les exactions ont été en fait commises des deux côtés lors du conflit.

Le contexte historique de la crise ivoirienne

11. Madame le Procureur, permettez-nous de justifier certains des commentaires susmentionnés en rappelant brièvement certains des développements politiques en Côte d'Ivoire pendant ces quinze (15) dernières années.

12. Comme vous le savez, avant que M. Laurent Gbagbo ne soit élu Président de la Côte d'Ivoire en 2000, ses prédécesseurs avaient introduit une philosophie qu'ils ont appelée ‘'ivoirité". Pour l’essentiel, l’objectif était de diviser la population ivoirienne en deux groupes. Pendant longtemps, la Côte d'Ivoire a attiré un grand nombre de migrants économiques dont la majorité venait du Burkina Faso. Le concept d'ivoirité affirmait que la population de la Côte d'Ivoire était divisée en deux parties - une partie étant constituée par les ivoiriens autochtones et la seconde par les migrants économiques dont nous avons parlé. La politique de l’ivoirité avait pour objectif d’introduire une discrimination en faveur des ivoiriens autochtones qui sont majoritairement chrétiens.

13. Il se trouve que les migrants économiques, essentiellement musulmans, constituaient la majorité de la population dans le nord du pays.

14. En raison des dispositions constitutionnelles fondées sur ce concept d’ivoirité, l'actuel Président de la Côte d'Ivoire, M. Alassane Ouattara, lui-même un musulman, a été exclu de la course pour le poste de président de la République parce que sa filiation fait de lui un Burkinabé et non un Ivoirien. Naturellement, cela a eu un impact négatif sur les migrants économiques musulmans venus en grande partie du Burkina Faso et qui résidaient dans la région nord de la Côte d'Ivoire. Il était donc évident que ceux-là supportent M. Ouattara.

15. M. Gbagbo a été élu Président de la Côte d’Ivoire en 2000. En 2002, alors qu’il était hors du pays pour une visite d'État, une rébellion armée éclata dans le pays. Bien qu’elle ait été contenue dans le sud du pays, les rebelles (les Forces nouvelles) prirent le contrôle du Nord, divisant ainsi le pays en deux. Dans ces conditions, la Côte d'Ivoire fut scindée en deux territoires, chacun ayant son propre gouvernement et sa propre armée.

16. Afin de mettre un terme à la guerre civile, les Nations Unies ont déployé une mission de maintien de la paix, appelé ONUCI. La France a déployé sa propre force de maintien de la paix indépendante.

17. Après celles tenues en 2000, les prochaines élections présidentielles devaient avoir lieu en 2005. Mais, en raison de la situation de guerre dans le pays, et ses conséquences, ces élections ont seulement eu lieu vers la fin de 2010.

18. Dans l'intervalle, les parties ivoiriennes avaient conclu divers accords visant à mettre fin à la guerre civile et à aider le pays à retourner à la normalité. Dans ce contexte, elles ont également convenu de tenir des élections présidentielles pacifiques, libres et régulières.

19. Fait d’une importance capitale à cet égard, en 2005, M. Gbagbo alors Président, pris la décision d’user des pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution ivoirienne pour permettre à M. Alassane Ouattara de participer à l'élection présidentielle de la République de Côte d'Ivoire.

20. C'est en raison de cette contribution décisive faite par M. Gbagbo qu’il est devenu possible pour les parties ivoiriennes, de signer de nouveau en 2005, un accord qui, entre autres :

20.1. officiellement, mettait un terme à la guerre sur toute l'étendue du territoire ivoirien ;

20.2. établissait les processus relatifs à la mise en œuvre du programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (DDR) des forces armées;

20.3. ramenait les Forces nouvelles dans le Gouvernement de transition ;

20.4. expliquait clairement les dispositions relatives à la structure et au fonctionnement de la Commission électorale indépendante;

20.5. Mettait en place un calendrier pour la tenue des élections présidentielles et législatives.

21. Afin de permettre à ces élections d’avoir lieu, les parties ont convenu qu’il était nécessaire entre autres de :

21.1. Réunifier le pays sous une seule autorité; et

21.2. D'intégrer les groupes armés dans une armée nationale (républicaine).

22. En 2005, les parties ivoiriennes ont demandé à l'Organisation des Nations Unies, par l'intermédiaire de son Secrétaire général, d’organiser l'élection présidentielle. L'ONU a rejeté cette demande aux motifs que la Côte d'Ivoire n'était pas un État en déliquescence et disposait d’institutions prévues par la Constitution pour organiser des élections. Cette situation était différente de celle du Timor oriental où l'ONU a organisé les premières élections parce qu’il n’y existait pas à cette époque d’institutions étatiques similaires dans ce qui était un pays tout neuf. Répondant à la demande des parties ivoiriennes, le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé la nomination d'un Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections qui aiderait les institutions électorales ivoiriennes.

23. Malheureusement, en raison des pressions extérieures, l'élection présidentielle s’est tenue avant la réalisation des deux objectifs convenus de la réunification du pays et la création d'une armée nationale. MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara étaient les eux candidats en lice.

24. Le résultat de ce combat fut que les résultats des élections annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI), qui déclaraient que M. Ouattara avait gagné, confirmaient simplement la division du pays, parce que les zones contrôlées par les rebelles avaient largement voté pour M. Ouattara et celles contrôlées par le Gouvernement largement voté pour M. Gbagbo. Le chef de l'ONUCI qui a agi en tant que Haut- Représentant des Nations Unies pour les élections annonça également que M. Ouattara avait remporté les élections.

25. La Constitution ivoirienne disposait que l'arbitre final de toute élection nationale, y compris les élections présidentielles, est le Conseil constitutionnel (CC) et non la CEI. La CEI soumit son rapport au CC qui a le pouvoir de changer la décision de la CEI sur la base de sa propre évaluation de tout élément des élections.

26. Exerçant son propre mandat, le CC annula les élections dans différentes parties du territoire contrôlées par les Forces Nouvelles parce qu’il disposait de preuves concrètes que des fraudes massives, etc., avaient eu lieu dans ces zones. Il déclara donc que M. Gbagbo avait remporté les élections.

27. Bien que le Conseil de sécurité des Nations Unies aituniquement chargé le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections de soutenir les institutions électorales ivoiriennes, ce représentant élu décida d’entériner les résultats de la CEI selon lesquels M. Ouattara avait été élu et ouvertement rejeta la décision de la CC qui faisait de M. Gbagbo le vainqueur.

28. Dans cette situation, M. Gbagbo appela à un recomptage des voix du scrutin et suggéra l'implication des diverses institutions internationales dans ce processus, y compris l'Organisation des Nations Unies, l'Union africaine et l'Union européenne. Cet appel fut rejeté par l’Onu et toutes les autres institutions contactées.

29. En fin de compte, M. Gbagbo contacta l'Union africaine et informa l'organisation qu'il était prêt et disposé à quitter le siège du Président afin de mettre fin au conflit dans le pays. Il demanda que l'UA envoie une délégation en Côte d'Ivoire afin de faciliter le processus de sa remise du pouvoir à M. Ouattara afin que le conflit de l'époque pris fin et éviter ainsi au pays des conflits futurs. L’UA accepta sa proposition.

30. En conséquence, l'UA a informé l'ONUCI qu'une délégation de Chefs d'État africains se rendrait à Abidjan pour exécuter leur mission comme proposé par M. Gbagbo. L'ONUCI s'est engagée à prendre les mesures de sécurité nécessaires pour cette délégation et les communiquer à l'UA. Cela n’a jamais été fait. Par conséquent, l'UA n'a jamais réussi à accomplir sa mission qui aurait permis de mettre fin pacifiquement au conflit d’alors.

31. Au lieu de cela, en 2011, tant l'ONU, par le biais de l'ONUCI que la France, dans le cadre de l'opération Licorne, déployée en Côte d'Ivoire en tant que forces neutres de maintien de la paix, ont demandé à ces forces de lancer des attaques militaires contre M. Gbagbo. Elles l’ont alors capturé et remis en fait aux mêmes forces nouvelles qui s'étaient rebellés contre le gouvernement élu de M. Gbagbo en 2002.

32. En 2011, à la suite du transfert de M. Gbagbo à la CPI, des élections législatives ont eu lieu en Côte d'Ivoire. Le FPI, le parti politique de M. Gbagbo a appelé au boycott des élections et n'y a pas participé. Plus de soixante pour cent (60 %) des électeurs inscrits n'ont pas participé aux élections.

33. Madame le Procureur, aux yeux de nombreux Ivoiriens, ce qui précède est l’expression d’un cortège d’injustices. C’est l'un des principaux facteurs qui alimentent la dangereuse division et l'animosité qui concernent une grande partie de la population ivoirienne - du fait que, entre autres :

33.1. en 2002, une rébellion armée a éclaté en Côte d'Ivoire cherchant à renverser par la violence et de manière inconstitutionnelle le Président Gbagbo et son gouvernement d’alors. Personne n'a jamais été poursuivi pour cet acte de trahison.

33.2. Plutôt, les putschistes ont été soutenus pendant de nombreuses années, des armes à la main, jusqu'à ce qu'ils réalisent leur objectif de prendre le contrôle d’Abidjan en 2011.

33.3. Comme nous l'avons indiqué, la pression extérieure a été actionnée afin d’obliger alors le Président Gbagbo à consentir à la tenue d'élections présidentielles dans des conditions qui étaient contraires aux accords négociés entre les parties ivoiriennes, conditions qui manifestement ne pouvaient garantir des élections libres et justes.

33.4. Encore une fois, comme nous l'ont fait remarquer, le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections en Côte d'Ivoire a outrepassé ses pouvoirs et violé la Constitution de la Côte d'Ivoire en annonçant que M. Ouattara avait été élu président pendant les élections de 2010, en se fondant sur la décision de la CEI plutôt que sur celle du Conseil constitutionnel, constitutionnellement compétente pour valider les élections.

33.5. Cela a servi de prétexte à l'ONU et aux forces françaises pour abandonner leurs mandats de forces neutres de maintien de la paix, pour ainsi permettre aux Forces Nouvelles rebelles d’entrer à Abidjan pour déposer par la force le président Gbagbo. L'ONU et les Français ont rejoint les Forces nouvelles pour lancer l'attaque contre M. Gbagbo pour ensuite l’arrêter et le remettre aux Forces nouvelles.

33.6. Le Haut-Représentant des Nations Unies pour les élections n’a notamment rien fait pour donner une suite favorable à la demande tout à fait régulière de M. Gbagbo d’organiser un recomptage des voix du scrutin sous la supervision de la communauté internationale afin de mettre fin à la controverse de savoir qui avait remporté l'élection présidentielle, même après que M. Gbagbo ait également déclaré que lui et M. Ouattara devraient accepter le résultat du recomptage comme définitif et irrévocable.

33.7. L'ONU notamment et d'autres acteurs, n'ont rien fait pour reconnaître le rôle vital joué par M. Gbagbo pour ramener la paix en Côte d'Ivoire quand il a utilisé les pouvoirs présidentiels exceptionnels prévus par la Constitution pour permettre à M. Ouattara de se présenter à l'élection présidentielle et devenir le Président de la République s'il remportait les élections. M. Gbagbo avait ainsi audacieusement résolu l'une des questions centrales qui avaient conduit à la rébellion de 2002 et à la tentative de coup d'État, et a donc commencé le processus de répudiation de la politique de division de l’ivoirité que ses prédécesseurs avaient instituée.

33.8. Tout aussi, ces acteurs n'ont pas prêté attention à la position d'une importance vitale que le Président Gbagbo a ensuite prise lorsqu'il a accepté qu’un Gouvernement intérimaire multipartite gère la transition jusqu’à la tenue des élections présidentielles. Pour montrer sa détermination à cet égard, il a même accepté que le leader des Forces nouvelles exerce la fonction de Premier ministre, à la tête du Gouvernement de transition.

33.9. En outre, et qui est d'une importance cruciale, nous ne pensons pas qu'étant donné leur longue implication dans le conflit ivoirien, l'ONU et la France n'aient pas été au courant de la réalité que Wanda L. Nesbitt, l'Ambassadeur des Etats-Unis près la République de la Côte d'Ivoire, a communiquée à son Gouvernement en juillet 2009 en disant :

«Il ressort à présent que l’accord de Ouaga IV, (le quatrième accord appelé Accord Politique de Ouagadougou qui prescrivait que le désarmement doit précéder les élections) est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré (Président du Burkina Faso) et Laurent Gbagbo en vue de partager le contrôle du nord jusqu’au lendemain de l’élection présidentielle en dépit du fait que le texte en appelle aux Forces Nouvelles de restituer le contrôle du nord du pays au gouvernement et d’achever le désarmement deux mois avant la tenue des élections…

« Mais en attendant la création d’une nouvelle armée nationale, les 5 000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être ‘’désarmés’’ et regroupés dans des casernes dans quatre villes clés du nord et de l’ouest du pays représentent une sérieuse force militaire que les Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) ont l’intention de maintenir bien formée et en réserve jusqu’au lendemain de l’élection. La cession du pouvoir administratif des FAFN aux autorités du gouvernement civil est une condition sinequa non pour les élections, mais comme le confirment des voyageurs dans le nord (y compris le personnel de l’ambassade), les FAFN maintiennent un contrôle absolu de la région en particulier en ce qui concerne les finances.»

34. Une fois de plus, aux yeux de millions d’Ivoiriens, ce qui précède et d'autres éléments liés à l'histoire ivoirienne présentent un tableau très troublant. La réalité est que depuis l'époque du Président Félix Houphouët-Boigny, notamment lorsque M. Alassane Ouattara était son Premier ministre, il a existé un plan pour neutraliser M. Gbagbo et la formation politique à laquelle il appartenait, le Front populaire ivoirien(FPI). Au cours de cette période M. Gbagbo a été emprisonné deux fois pendant de longues périodes et était régulièrement persécuté par les organes de sécurité de l'État en raison de sa campagne politique soutenue de démocratiser la Côte d'Ivoire et de libérer le pays du contrôle néo-colonial.

34.1. Pour ces millions d’Ivoiriens qui ont partagé les vues de M. Gbagbo, il est logique de conclure que ce plan pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique qu’il a conduit a été appuyé par certains Ivoiriens et certaines forces extérieures.

34.2. Ces forces combinées sont intervenues en 2002 pour déposer par la force M. Gbagbo alors Président, mais elles échouèrent.

34.3. Toutefois elles ont veillé à ce que le groupe armé qui avait tenté le coup d'État reste en place, prêt à essayer un autre coup d'état une fois que les conditions sont de nouveau réunies - d'où l'occupation du Nord et de certaines parties de l'ouest de la Côte d'Ivoire par les Forces nouvelles.

34.4. Finalement, le moment vint lorsque huit ans après la tentative de coup d'État de 2002, la Côte d'Ivoire organisa des élections présidentielles en 2010.

34.5. Il est clair pour ses partisans ivoiriens que toutes les dispositions avaient été prises pour assurer la défaite de M. Gbagbo à ces élections. C'est pourquoi, aucune mesure n'a été prise pour le recomptage des voix comme suggéré par M. Gbagbo. Cela, en dépit du fait que c’est un processus très courant dans les cas où il y a d’importantes différences au sujet du vainqueur et du perdant des élections.

34.6. Il est également clair qu’ils avaient pris toutes les dispositions pour chasser M. Gbagbo par la force s'il contestait sa perte des élections, même si cette contestation était justifiée.

34.7. C'est pour cette raison que les Forces nouvelles ont été autorisées à se comporter comme elles l'ont fait, comme indiqué par M. Nesbitt, l'Ambassadeur des États-Unis. [Cf. : Paragraphe 33.9.1. ci-dessus]

34.8. C'est également pour cette raison que l'Union africaine (UA) n’a pas été autorisée à intervenir pour assurer le règlement pacifique du conflit post-électoral qui débuta en décembre 2010. Nous devrions aussi noter que l'UA aurait également dû chercher à négocier un accord notamment entre MM. Laurent Gbagbo et Ouattara afin de résoudre certaines des anomalies structurelles en Côte d'Ivoire qui ont eu une incidence négative sur son indépendance et sa stabilité.

34.9. Enfin pour neutraliser M. Gbagbo et le mouvement démocratique et anti- néo-colonialiste qu'il dirigeait, il a été décidé que la meilleure chose à faire serait de l’inculper devant une cour de justice, de le déclarer coupable pour divers chefs d’accusation et l'emprisonner pour une longue période.

34.10. Plusieurs leaders et militants du FPI ont connu le même sort.

34.11. De nombreux Ivoiriens pensent qu'une partie de cette tâche serait confiée à la Cour pénale internationale (CPI), qui servirait ainsi d’instrument utile dans la réalisation de la tâche stratégique de détruire le mouvement au service du renouveau de la Côte d'Ivoire.

35. Pertinentes questions adressées à la CPI

35.1. Par conséquent, la question se pose de savoir comment la CPI devrait répondre à cette situation où l'absence de Laurent Gbagbo de Côte d'Ivoire compromet les perspectives de stabilité dans ce pays, et la Cour est perçue par une grande partie d’Ivoiriens et de la société africaine comme ayant été cooptée par une faction politique pour neutraliser Laurent Gbagbo et son parti!

35.2. Cette question doit à coup sûr, interpeller lourdement la conscience des juges de la CPI, notamment au regard des effets négatifs de son action sur la nécessité cruciale et urgente d'empêcher une reprise de la guerre et de réaliser la réconciliation nationale en Côte d'Ivoire, qui ne peut être atteinte sans la participation de M. Gbagbo, du FPI, et de leurs partisans.

35.3. Bien que nos contacts avec eux nous révèlent que le FPI souhaite profondément que la réconciliation nationale ait lieu et est déterminé à participer à ce processus, elle ne pourra le faire sans la participation de M. Gbagbo, qui est lui-même disposé à contribuer à cette réconciliation sans exiger la réélection des institutions de gouvernance.

35.4. Bien que nous reconnaissons que la CPI devrait poursuivre sa quête de preuves pour prononcer les inculpations et est en droit d'attendre la décision définitive de chaque cas par les juges, nous estimons qu'une réévaluation du cas de M. Gbagbo est justifiée en raison de la fragilité actuelle de la situation en Côte d'Ivoire, et par sa situation particulière, notamment la nécessité pour son implication positive dans le processus de réconciliation, d'unité et de stabilisation nationales. À cet égard, il est manifeste que :

(i) M. Gbagbo n'était pas l’auteur mais plutôt la cible du recours aux armes par les autres en 2002 pour régler les divergences politiques ;

(ii) M. Gbagbo n'était pas l'initiateur mais un adversaire de la politique d'" ivoirité " qui est à l’origine du conflit ;

(iii) M. Gbagbo, contre la volonté d'un grand nombre d’Ivoiriens, a agi afin de permettre à M. Ouattara d'accéder démocratiquement à la présidence de la Côte d'Ivoire, et a donc transmis le message aux millions de migrants économiques résidents qu'ils ne seront pas considérés comme des citoyens de seconde classe ;

(iv) M. Gbagbo était tellement déterminé que la Côte d'Ivoire redevienne une démocratie qu'il a même permis à ceux qui avaient cherché à le chasser du pouvoir par un coup d'État à diriger le gouvernement qui serait chargé de conduire la transition vers la démocratie, en la personne du chef des Forces nouvelles;

(v) M. Gbagbo était déterminé à se retirer en tant que Président de la République en faveur de M. Ouattara malgré sa conviction qu'il avait remporté les élections, évitant ainsi au pays plus de morts, de souffrances et de destructions de biens; et,

(vi) Même certains juges au sein de la CPI ont soulevé des questions au sujet de l'existence de preuves suffisantes pour condamner M. Gbagbo.

36. Le contexte ivoirien et les perceptions populaires

36.1. Madame le Procureur, comme vous l'avez vu dans nos commentaires précédents, l'arrestation du Président Gbagbo en Côte d'Ivoire et son procès à La Haye ont eu lieu dans le contexte d'une situation politique extrêmement polarisée qui a abouti à la longue guerre civile en Côte d'Ivoire et la division du pays.

36.2. Il était inévitable dans ces circonstances que les mandats d'arrêt pour Laurent et Simone Gbagbo et Charles Blé Goudé alimentent la perception qu'une justice des vainqueurs est en place à la CPI : une perception aggravée par le contraste saisissant qu'aucune accusation n'a été portée contre les opposants politiques du Président Gbagbo.

36.3. Par conséquent, pour d’importantes franges de la population de Côte d'Ivoire, l’insistance de la Cour que Simone Gbagbo soit aussi remise à la CPI pour subir un procès, a accentué cette perception d’une justice partiale, qui a été renforcée par l'arrestation et le transfert de M. Blé Goudé à la CPI.

36.4. Les expériences très médiatisées de M. Gbagbo à la CPI, auxquelles nous faisons allusion ci-dessous, ont ajouté au mécontentement d’importantes franges de la population ivoirienne et mettent en péril tout projet de cohésion nationale et toute perspective de redressement.

36.5. Comme vous le savez bien, et comme nous avons cherché à le démontrer, Laurent Gbagbo reste un acteur clé dans la politique ivoirienne, avec de nombreux partisans, dont l'absence persistante dans ce que devrait être une recherche collective de la réconciliation nationale et de la stabilité en Côte d'Ivoire, expose la paix et la stabilité du pays à un risque extrême.

36.6. En outre, jusqu'à présent, certaines caractéristiques des procédures de la CPI aggravent également l'effet de polarisation de l'arrestation, de la détention et des poursuites de M. Gbagbo.

37. Les problèmes soulevés par le processus de confirmation

37.1. Madame le Procureur, comme vous le savez, le déroulement du procès de M. Gbagbo est suivi de très près en Côte d'Ivoire, et le processus de confirmation des charges retenues contre Laurent Gbagbo a suscité un intérêt particulier. Force est de reconnaître que ce processus ne s’est pas déroulé sans heurts. Qu’il vous souvienne qu’en juin 2013, par une décision majoritaire, la Chambre préliminaire (I) a estimé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves à ce stade pour confirmer les accusations portées contre M. Gbagbo.

37.2. Le fait que la Chambre ait néanmoins alloué au procureur un temps additionnel pour fournir des preuves supplémentaires pour renforcer son cas et, qu’un an plus tard, en juin 2014, la Chambre ait pu confirmer ces charges uniquement par la décision de la majorité n'a pas échappé aux observateurs. Ni le fait que l'un des éminents juges ait donné un avis complètement dissident, expliquant pourquoi elle n'était pas convaincue de la qualité des preuves qui pourraient attester de la participation de M. Gbagbo aux crimes présumés.

37.3. Pour les observateurs intéressés, notamment en Côte d'ivoire mais également en dehors de ce pays, ce fut donc une approbation mitigée des accusations contre Laurent Gbagbo. Par ailleurs, cette division dans l'opinion judiciaire a accentué la perception de l’insuffisance juridique des preuves contre M. Gbagbo.

37.4. Pire encore, vous comprendrez, Madame le Procureur, que tout cela a fermement confirmé la conviction des partisans de M. Gbagbo qu'il ne devait répondre d’aucun chef d’accusation en première instance et que la CPI s’employait à s’assurer que l'objectif prédéterminé de l’inculper était atteint.

38. Les retards dans l’affaire

38.1. Il y a d'autres éléments de l'affaire qu'il faut garder à l'esprit. Près de quatre ans après son transfert à La Haye, le procès de M. Gbagbo n'a toujours pas commencé. Bien que ce retard soit imputable à plusieurs raisons, y compris la complexité même des procédures, et la nécessité de veiller à ce que toutes les parties soient bien préparées pour tout procès; et bien que les retards dans le contexte des procès à la CPI peuvent ne pas être inhabituels, il est indéniable que plus cette affaire traine plus il y a des risques que cela attise les tensions politiques en Côte d'Ivoire auxquelles nous avons déjà fait allusion.

38.2. Comme vous le savez, les retards seraient perçus par les partisans de M. Gbagbo comme une expression délibérée et hostile du principe selon lequel - justice différée équivaut à déni de justice.

39. Détention prolongée

39.1. Le retard accusé dans cette affaire affecte énormément M. Gbagbo en raison de son maintien en détention à La Haye. En dépit des efforts incontestables de son équipe de défense, elle n’a pu obtenir la liberté provisoire de son client, bien que, selon les décisions de la Cour, un État tiers avait, à ce qu’il parait, accepté d’accueillir M. Gbagbo et qu'il assurerait sa présence à la Cour chaque fois que nécessaire. Un aspect particulièrement triste de sa détention est que l'an dernier, M. Gbagbo n’a même pas pu être libéré pour quelques jours pour assister à l'inhumation sa mère.

40. Bien que diverses décisions judiciaires puissent avoir été prises pour confirmer les accusations et maintenir M. Gbagbo en détention, il est impossible d'ignorer la réalité que cette affaire continue de polariser la Côte d'Ivoire et compliquer la transformation cruciale de son paysage historique général.

40.1. C'est une préoccupation importante, et c’est elle qui justifie notre Appel, et qui crée, à notre avis, l'impératif de réévaluer l'affaire Gbagbo, et en particulier d'interroger la nécessité d'une poursuite qui a déjà montré des insuffisances manifestes qui sont suffisamment graves pour avoir entrainé une forte dissidence judiciaire contre la confirmation des charges.

41. Contexte général

41.1. En 1998, lorsqu'il a été signé, les États ont reconnu que le Statut de Rome pourrait fonctionner au sein du système des relations internationales et entraînerait inévitablement un empiétement sur la souveraineté des États. Toutefois, les négociateurs du traité ont à juste titre rejeté l'idée de tout mécanisme de filtrage ou de contrôle externe des travaux de la CPI parce que cela aurait constitué une interférence inacceptable à l'exercice de la discrétion et la prise de décisions du Procureur et des juges.

41.2. Toutefois, dans le but de protéger l’indépendance de la Cour, les États n'avaient pas abandonné l'idée que la nouvelle cour devait fonctionner d'une manière qui reconnaisse la complexité du système international ou dans les contextes nationaux et se sont fondés sur l'option de prendre dûment en considération, le cas échéant, la nécessité de favoriser les processus nationaux.

41.3. Plutôt, et au lieu de cela, les signataires du Statut ont confié au Procureur et aux juges, par une utilisation judicieuse de de leur pouvoir discrétionnaire, le droit et le devoir de procéder aux appréciations nécessaires pour que lorsque, les procédures de la CPI sont inappropriées ou contraire aux intérêts de la justice, prennent en compte toutes les considérations pertinentes, y compris l'impact de ses interventions sur la paix durable et la stabilité dans les sociétés.

41.4. Nous considérons donc que le Statut de Rome devrait rester entre les mains de la CPI comme un instrument vivant, capable d'une part, de poursuivre les responsabilités individuelles pour les crimes les plus graves, tout en préservant dans le même temps la capacité de répondre avec souplesse aux spécificités de chaque cas, en évitant de causer des préjudices. Cette approche, de notre point de vue, est compatible avec l'objet et le texte du Statut comme nous le comprenons.

41.5. Madame le Procureur, à notre avis, l'indépendance même de votre bureau, et celle des juges, sert à protéger les décideurs de la Cour de toute interférence, leur permettant ainsi de mettre en œuvre la sagesse qui est nécessaire à la Cour afin de contribuer à la recherche de solutions aux crises majeures au sein desquelles la Cour fonctionne inévitablement. Partant, la solidité et la valeur du Statut de Rome seront jugées non pas par l'inflexibilité de la CPI dans l'exercice de la justice, mais par sa capacité de réaction face à la complexité et à la nuance des diverses situations dont la CPI sera saisie.

41.5.1. À cet égard, nous devons souligner que notre Appeln’a nullement pour intention de mettre en doute ou compromettre la nécessité de tenir pour responsables tous ceux qui commettent des infractions graves énoncées dans le Statut de Rome, et les obligations de la CPI à cet égard. Nous voudrions croire que comme ils traitent de la question extrêmement importante de la réconciliation nationale, les Ivoiriens se pencheront également sur la question de la justice, pleinement conscients de l'interconnexion entre les deux.

42. Retraits des chefs d’accusation contre Gbagbo

42.1. Madame le Procureur, nous reconnaissons que les défis auxquels la Côte d'Ivoire est confrontée ne sont pas propres à ce pays, et que dans d'autres contextes également, votre bureau sera familiarisé avec les tensions entre les travaux de la CPI et les impératifs pour garantir la stabilité dans ces pays. Mais comme nous avons cherché à le démontrer, l'arrestation de Laurent Gbagbo a manifestement échoué à contribuer à la réconciliation politique et au redressement de ce pays, mais a plutôt freiné ce processus, polarisé les opinions et exacerbé les divisions de la société ivoirienne à tel point que nous sommes maintenant gravement préoccupés par la perspective de la reprise du conflit dans ce pays.

42.2. Nous sommes convaincus que l'effet cumulatif de la situation politique fragile en Côte d'Ivoire qui nécessite des efforts concertés pour parvenir à la réconciliation; les impacts négatifs actuels du procès de Gbagbo sur cette situation; l'occasion pour M. Gbagbo de faire une immense contribution à la recherche d'un règlement pacifique et de solutions humaines pour la Côte d'Ivoire; les incertitudes entourant les preuves contre lui; ainsi que les divers autres éléments personnelle à M. Gbagbo, justifient largement l’interruption du procès.

42.3. Madame le Procureur, vous nous pardonnerez pour le fait que nous ne soyons pas des spécialistes du Règlement de la Cour, et laisserons à votre appréciation la question des procédures nécessaires pour atteindre un résultat qui soit juste et équitable pour la Côte d'Ivoire, tout en reconnaissant que toute décision peut faire l'objet de confirmation judiciaire. Toutefois, nous espérons que vous comprendrez que nous avons une solide connaissance de la situation en Côte d'Ivoire et que vous nous rejoindrez dans la parfaite connaissance des défis de la construction de sociétés unies en Afrique, par dialogue.

42.4. Madame le Procureur, nous devons souligner que rien de ce que nous disons ici ne vise à minimiser les crimes qui ont été commis dans le cadre de la contestation politique en Côte d'Ivoire. Nous adhérons à l'idée que les crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale dans son ensemble ne devraient pas rester impunis mais devraient principalement être traités par des mesures prises au niveau national. À notre humble avis, en vertu du Statut de Rome, la Cour devrait, dans les circonstances qui prévalent en Côte d'Ivoire, s'en remettre à l'actuel processus national et aux mécanismes que les Ivoiriens, collectivement adopteront pour assurer la responsabilisation et la réconciliation relativement aux exactions commises lors de la crise dans ce pays.

42.5. Bien que nous reconnaissions que toute décision d’abandonner des charges pénales puisse être assujettie à l'autorisation des juges, nous sommes convaincus qu'à la lumière des nombreuses informations et analyses à votre disposition, ainsi que des problèmes que nous avons pu identifier dans la présente lettre, votre bureau, Madame le Procureur, est bien placé et équipé pour traiter cette question d'une manière qui va à la fois faire avancer la cause de la Cour et du peuple de Côte d'Ivoire, mais aussi de l'ensemble de l'Afrique.

43. Nous voudrions donc vous demander, Madame le Procureur, de réexaminer l'affaire Laurent Gbagbo et entamer le processus de son retrait ou de son interruption. Nous sommes convaincus que cette option est la meilleure façon pour la Cour de contribuer à la réalisation de la réconciliation nationale et de l'unité, de la stabilité, du redressement et de la responsabilisation de la Côte d'Ivoire, en donnant la possibilité à tous les Ivoiriens de se réunir pour régler leurs différends sans recourir à l'usage des armes.

Veuillez agréer Madame le Procureur, l'expression de nos sentiments distingués.

9 septembre 2015

Pretoria
Republic of South Africa

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CHAIRMAN AFRICA FORUM: JOAQUIN CHISSANO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF MOZAMBIQUE
DEPUTY CHAIR: NICEPHORE SOGLO, FORMER PRESIDENT REPUBLIC OF BENIN.

 

Source: MEDIAPART

lundi, 09 novembre 2015

COUPS D'ETAT ELECTORAUX EN AFRIQUE: LE CAS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE - PAR LESLIE VARENNE

 

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Après le coup d’Etat manqué du 16 septembre au Burkina Faso – dont il est encore impossible de mesurer les conséquences notamment en ce qui concerne l’implication de plusieurs pays étrangers dans cette affaire -, l’Afrique de l’Ouest vient de réaliser deux magistraux coups d’Etat électoraux. Le premier s’est déroulé le 11 octobre en Guinée Conakry, avec un passage en force d’Alpha Condé, élu en bourrant les urnes et en s’octroyant 60% des voix dès le premier tour. Le second vient d’avoir lieu en Côte d’Ivoire où Alassane Ouattara a violé, non seulement les lois du code électoral, mais aussi celles de l’arithmétique !

Le scénario d’une victoire écrasante du président sortant et d’un scrutin à un seul tour était prévu depuis fort longtemps. En février dernier, un spécialiste de l’Afrique de l’Ouest confiait déjà à IVERIS : « la seule crainte du pouvoir est le taux de participation. » Ces inquiétudes étaient fondées et se sont révélées plus désastreuses que ce que le Président sortant et son camp n’avaient anticipé : les Ivoiriens se sont abstenus massivement. C’est ce qui explique l’interminable attente des résultats finaux et surtout du taux réel de participation. Finalement, la Commission électorale indépendante a annoncé qu’il y avait eu 54,63 % de votants. Un chiffre contesté par l’opposition qui, elle, avance un nombre compris entre 15 et 18%. Pourtant ce taux n’aurait dû être l’objet ni d’une polémique, ni d’une attente prolongée, puisque le National Democratic Institute, (NDI), un organisme américain, financé par la NED, était présent en Côte d’Ivoire. En effet, grâce à son système PVT , le NDI a les moyens d’obtenir des données fiables transmises dès la fin du scrutin. L’ex Premier ministre, Charles Konan Banny, a demandé : « instamment au NDI de transmettre le taux de participation ». Il attend toujours. L’ambassadeur américain, Terence McCulley, et la sous-secrétaire d’Etat aux Affaires africaines, Bissa Williams, n’ont pas attendu, eux, les résultats du scrutin pour donner une conférence de presse dès le lundi 26. Ils ont tous deux félicité les Ivoiriens pour cette élection : « crédible, transparente et inclusive ». Alassane Ouattara fait donc mieux que son homologue Alpha Condé et obtient un score à la soviétique : 83,66% ! Petite cerise sur le gâteau, les trois candidats indépendants, Charles Konan Banny, Essy Amara – ancien ministre des Affaires étrangères et ancien président du Conseil de sécurité – et Mamadou Koulibaly, ancien président de l’Assemblée nationale -, qui s’étaient désistés avant le scrutin pour dénoncer l’escroquerie électorale qui s’annonçait, ont été comptabilisés dans le vote ! Bien entendu, ils obtiennent des miettes ; bien entendu, c’est illégal, mais puisque le scrutin a été déclaré crédible, transparent et inclusif … L’Afrique francophone est malheureusement habituée à ce genre de mascarades électorales : en avril dernier, Faure Gnassimbé, qui se représentait pour la troisième fois consécutive à la tête du Togo, a, lui aussi, été élu dès le premier tour avec 55% des voix. En réalité son opposant Jean-Pierre Fabre avait obtenu 60% des suffrages et le président sortant 35%. Mais l’ONU a immédiatement validé la victoire de Faure Gnassimbé…

Quelle légitimité ?

Le taux de participation en Côte d’Ivoire était un point crucial, pas seulement parce que l’opposition fidèle à l’ancien président Laurent Gbagbo avait appelé au boycott des urnes, mais parce qu’Alassane Ouattara était arrivé au pouvoir par les armes après une élection déjà contestée. Cette élection devait donc lui apporter une vraie légitimité afin d’en finir avec « le président reconnu par la communauté internationale[i] ». Avec la manipulation des chiffres, il n’obtient qu’une légitimité de façade. Personne n’est dupe, ni les Ivoiriens, ni les chancelleries qui connaissent les vrais chiffres. Mais surtout, ces coups d’Etats électoraux, à Abidjan comme ailleurs, ne règlent aucun des problèmes qui se posent à ces Etats : pauvreté, chômage, corruption, réconciliation nationale. Bien au contraire, ils accentuent les frustrations, le ressentiment, les divisions et laissent ces pays assis sur des poudrières. L’Afrique de l’Ouest n’est pas sortie de l’œil du cyclone…

 

[i] « Le Président reconnu par la communauté internationale » était l’appellation consacrée par la presse étrangère pour différencier les deux présidents Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010. Le Premier avait été reconnu par le Conseil constitutionnel ivoirien, le second par la communauté internationale.

 

Une contribution de Leslie Varenne

Institut de Veille et d’Etude des Relations Internationales et Stratégiques (IVERIS).

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 13 juillet 2015

PRESIDENTIELLE 2010 - MEDIAPART FAIT DE GRAVES REVELATIONS SUR LE "DEAL" ENTRE LA CEI ET CHOI

 

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Notre collaboratrice Fanny Pigeaud sort un livre qui retrace les relations récentes entre Paris et Abidjan. Dans l’extrait que nous publions, elle revient sur l’élection contestée de 2010 qui a vu Alassane Ouattara arriver au pouvoir et Laurent Gbagbo finir dans une geôle à La Haye.

 

Cinquante ans après les indépendances de la plupart des anciennes colonies françaises d’Afrique, Paris continue d’être présent sur le continent africain : économiquement bien sûr, militairement, comme le démontrent la cinquantaine d’interventions tricolores qui ont eu lieu dans l’ancien «pré carré», et bien trop souvent politiquement. Contrairement aux promesses de Nicolas Sarkozy, réitérées par François Hollande, de non-intervention dans les affaires intérieures africaines, l’Élysée continue en effet d’y mettre son nez. L’argument est toujours le même, celui de la «stabilité», qui prend différentes formes. Aujourd’hui, c’est la lutte antiterroriste ou la volonté d’éviter les États faillis. Mais il y a bien souvent des raisons moins avouables publiquement : préservation de certains intérêts économiques, maintien de bases militaires, favoritisme à l’égard de tel ou tel politicien «ami», soutien diplomatique quand la France a besoin de rassembler des votes à l’Onu… En fait, il s’agit ni plus ni moins, pour la France, de continuer à gouverner indirectement ses anciennes colonies, plutôt que de laisser les Africains s’en charger eux-mêmes, avec leurs erreurs et leurs tâtonnements. La Côte d’Ivoire est depuis un demi-siècle le lieu de telles manœuvres. Notre collaboratrice Fanny Pigeaud a fait paraître fin juin un livre qui retrace l’histoire récente des relations entre Paris et Abidjan, France Côte d’Ivoire – Une histoire tronquée (Vents d’ailleurs, 453 pages). Son livre est centré sur l’élection présidentielle de 2010 qui a vu le président sortant Laurent Gbagbo être dé- fait, puis s’accrocher au pouvoir avant d’en être délogé par des bombardements français et onusien, afin que son concurrent, Alassane Ouattara, puisse s’installer au pouvoir. Mais cette histoire officielle tient-elle compte de ce qui s’est réellement passé ? Certainement pas, répond Fanny Pigeaud, comme le montre cet extrait de son ouvrage qui jette une lumière différente sur la régularité de cette fameuse élection de 2010.

UN PROCESSUS OBSCUR

Aucun acteur du processus électoral n’a joué son rôle. La «communauté internationale», suivie par les médias occidentaux, affirme donc que Ouattara est le vainqueur de l’élection présidentielle. Pourtant, tout montre que le processus électoral n’a pas respecté les règles et que chacun de ses principaux acteurs n’a pas joué son rôle : la commission électorale indépendante, le Conseil constitutionnel et le certificateur de l’Onu Young-jin Choi ont failli à leur mission.

LA COMMISSION ÉLECTORALE INDÉPENDANTE

La commission électorale indépendante (Cei) est le premier organe qui n’a pas fait son travail correctement. Nous avons vu qu’il y a eu, avant même le scrutin du second tour, de nombreux dysfonctionnements. D’autres anomalies importantes sont facilement détectables. Le taux de participation donné par la Cei, par exemple, pose beaucoup de questions. Tous les observateurs et acteurs ont annoncé à la sortie des urnes qu’il était inférieur d’environ dix points par rapport à celui du premier tour. Le chef de la délégation des observateurs de la francophonie, Gérard Latortue, a ainsi déclaré le 29 novembre qu’il «pourrait avoisiner les 70 %». Le vice-président de la Cei, Amadou Soumahoro, du RDR, a lui-même expliqué aux médias ce même lundi 29 novembre : «Le taux de participation au second tour de la présidentielle dimanche se situe autour de 70 %, en baisse par rapport au premier tour le 31 octobre, où elle avait atteint 83 %.» Le porte-parole de la Cei, Bamba Yacouba, représentant des Forces nouvelles, a dit le même jour : «Le taux de participation qui est d’environ 70 % est en baisse par rapport à celui du premier tour qui s’élevait à plus de 80 %.» Sur la Rti, Amadou Soumahoro a indiqué, toujours le même jour, à propos du chiffre de 70 % : «Nous sommes surpris que le taux soit aussi élevé, contrairement à ce que nous pensions hier (dimanche). Nous craignions que nous n’atteignions même pas les 60 % de taux de participation.» Or, lorsque le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a proclamé ses résultats provisoires, le 2 décembre, il a donné un taux de 81,1 %, soit 11 points de plus que les 70 % initialement annoncés. Pourquoi cet écart, qui correspondait à un peu plus de 600 000 voix ? Aucune réponse ne sera apportée à cette question. Cette différence a pourtant une incidence importante sur les résultats finaux. Comme d’autres observateurs, l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki soulignera les incohérences dans les chiffres donnés par les uns et les autres : «L’envoyé de l’Onu, le secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègue sud-coréen, le Rssg Young-jin Choi, ont […] déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la Cei, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la Cei, le Cc et le représentant spécial de l’Onu ont fait trois mesures différentes.» Un autre problème concerne les procès-verbaux (PV) du scrutin et la manière dont le comptage des voix a été effectué. L’Onuci avait des équipes dans 721 des 20 000 bureaux répartis dans tout le pays. Elle pouvait par conséquent certifier la validité des PV issus des bureaux où ses éléments étaient déployés et avaient assisté au dépouillement des voix.

Mais elle n’était pas capable de savoir s’il y avait eu, par exemple, tricherie et entente des acteurs dans les autres bureaux de vote, pour produire des PV ne correspondant pas au choix exprimé par les électeurs. Or, sur beaucoup de PV issus de la zone Cno notamment, des incohérences sont visibles : tout comme l’a relevé Bédié lors du premier tour, de nombreux bulletins de vote comportent plus de votants que d’inscrits. La société chargée de faire le comptage électronique des voix, Sils Technology, a ainsi signalé par écrit à la Cei, le 1er décembre 2010, que son logiciel avait «rejeté un nombre de procès-verbaux pour non-conformité d’acceptation au critère de validation électronique (un nombre de votants anormalement supérieur au nombre d’inscrits) estimé à 2 000». En outre, les PV issus de beaucoup de bureaux du Nord indiquent que Gbagbo n’a obtenu aucune voix, ce qui veut dire que ses propres assesseurs n’ont pas voté pour lui. Autre curiosité : selon beaucoup de ces PV, 100 % (voire plus, si l’on compte les votants non inscrits) des électeurs ont voté (souvent à 100 % pour Ouattara), ce qui est extrêmement rare, pour ne pas dire totalement improbable. De plus, on ne sait pas sur quelles bases les résultats donnés par Bakayoko ont été établis : s’appuient-ils sur la compilation des résultats tels que la Cei les a reçus ? Ou bien seulement sur ceux validés par l’ensemble des membres de la Cei ? La proclamation de Bakayoko est elle-même sujette à caution : quelle est sa valeur légale, alors qu’elle a été faite en l’absence des autres membres de la Cei et que ces derniers n’ont en plus pas validé son contenu ? Quelle est sa valeur, alors que le Conseil constitutionnel a retiré à Bakayoko le droit de la faire ? Quelle valeur a-t-elle, alors qu’elle a été formulée non seulement hors délai, mais aussi au Qg de campagne de l’un des candidats, en l’occurrence Ouattara ? Aucune explication valable ne sera donnée à cette dernière incongruité. Youssouf Bakayoko dira juste depuis Paris, le 1er janvier 2011, dans un entretien à Rfi qui lui demandera pourquoi il a fait son annonce dans le «quartier général d’un des candidats, Alassane Ouattara»: «Écoutez, moi, je l’ai su par la suite, je ne savais pas qu’il habitait là.» Alors que RFI insistera, disant: «Mais tout le monde le savait. Pourquoi vous, vous ne le saviez pas ?», Bakayoko répondra : «Je n’ai pas à savoir ce que tout le monde sait parfois.» Notons que, après sa déclaration au Golf Hôtel, Bakayoko y restera pendant une semaine. Il demandera à l’Onuci de le faire partir hors du pays, mais celle-ci refusera. C’est finalement la France qui se chargera de l’exfiltrer discrètement vers Paris. Toutes ces questions concernant les résultats du second tour ne seront pas soulevées par les médias occidentaux. Aucun n’émettra l’hypothèse que les chiffres donnés par Bakayoko aient pu être trafiqués, tout comme l’ensemble du processus. Aucun ne dira ce qui est une évidence pour beaucoup : il y a eu d’importants bourrages d’urnes dans toute la zone Cno – qui représente 30 % des électeurs. «Les Fafnont tout fait pour faire passer leur candidat dans leur zone. Ainsi Yacouba Bamba, membre de la Cei nationale, a été très actif à Bouaké, où il contrôlait la Cei locale», témoignera un fonctionnaire international.

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LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL

Le Conseil constitutionnel et son président ont été sous le feu des critiques des alliés de Ouattara. L’Union européenne a, par la voix de sa mission d’observateurs, résumé les griefs à son égard, en blâmant sa décision d’annuler des votes. Elle l’a accusé de ne pas avoir fait de «vérification préalable des faits allégués» par les requêtes déposées par Gbagbo, disant : «Le Conseil constitutionnel a saisi le pré- texte d’incidents isolés, eux-mêmes insuffisants pour affecter les résultats d’ensemble, aux seules fins de modifier les résultats proclamés par la Cei.» L’UE a aussi assuré que le Conseil n’avait pas respecté l’article 31 de la Constitution, selon lequel «la souveraineté appartient au peuple. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s’en attribuer l’exercice». Mais en affirmant cela, l’UE s’est contredite : elle a elle-même refusé de reconnaître la disposition constitutionnelle faisant du Conseil constitutionnel la dernière voix qui compte. Selon l’article 98, «les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale». (…)

Cela étant, il est évident que la manière dont le Conseil constitutionnel a travaillé a posé problème. Pourquoi n’a-t-il pas pris plus de temps avant de rendre son verdict, alors qu’il disposait de sept jours pour examiner les irrégularités soulevées par Gbagbo ? Pourquoi, au lieu d’annuler le vote de sept départements, n’a-t-il pas plutôt annulé l’élection dans son ensemble, comme le code électoral lui en donnait la possibilité ? L’article 64 du code stipule en effet : «Dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le ré- sultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection. La date du nouveau scrutin est fixée par décret en Conseil des ministres sur proposition de la commission chargée des élections. Le scrutin a lieu au plus tard quarante-cinq jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel.» Toutefois, on peut imaginer que la situation serait restée la même si le Conseil avait annulé l’élection : sa décision n’aurait été acceptée ni par les grandes puissances occidentales, ni par Ouattara, ni par les Fafn. Une autre question, plus morale ou philosophique, peut être posée lorsque l’on connaît la suite de l’histoire : Yao N’Dré aurait-il dû accepter les résultats de la commission, même s’il les savait truqués, pour éviter une guerre déclenchée par les Fafn ? Doit-on accepter ce qu’on considère comme une injustice pour avoir la paix ? Plusieurs années après, en 2015, KKB, président de la jeunesse du Pdci, déclarera d’ailleurs à propos du soutien de son parti à Ouattara : «Avions-nous le choix en 2010 si nous voulions la paix ? Croyez-vous que le pays aurait été débarrassé […] des armes si Gbagbo avait été déclaré vainqueur des élections en 2010 ? Si Gbagbo avait été déclaré vainqueur de ces élections, nous serions encore dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, arme au poing. Des personnes tenaient des armes et disaient que tant que Ouattara n’est pas président de la République, ils ne baisseraient pas les armes.»

LE CERTIFICATEUR DE L’ONU, YOUNG-JIN CHOI

Young-jin Choi a quant à lui outrepassé son mandat. Il affirmera : «La seule question qui demeure est de savoir si l’Onuci est tenue de se plier au verdict du Conseil constitutionnel quelles que soient les circonstances. La réponse à cette question devrait tenir compte du fait que le gouvernement ivoirien a accepté le rôle de certification du représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire.» Mais le mandat de Choi ne prévoyait pas qu’il prenne en compte une proclamation de résultats provisoires douteuse (il n’a d’ailleurs rien dit sur l’illégalité de la proclamation de Bakayoko), puis qu’il fasse ses propres calculs, pour finalement donner le nom de celui qui avait, selon lui, remporté le scrutin. D’après la résolution 1765 du Conseil de sécurité de l’ONU, il devait simplement vérifier (et certifier ou non) que «tous les stades du processus électoral [fournissent] toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législative ouvertes, libres, justes et transparentes, conformément aux normes internationales». À propos des résultats, il devait dire, suivant le critère que l’Onuci avait elle-même fixé, s’ils avaient «été déterminés à l’issue d’un processus transparent et accepté par tous ou contesté de manière pacifique par les voies appropriées». En donnant le nom de celui qui, selon lui, avait gagné, Choi, et avec lui les Nations unies, s’est substitué aux institutions ivoiriennes, pourtant existantes et opérantes, ce qui ne s’était encore jamais vu nulle part ailleurs. Il s’est ainsi érigé en Conseil constitutionnel «bis» pour désigner Ouattara comme vainqueur et annuler la décision d’un organe constitutionnel, dont les décisions ne sont pourtant susceptibles d’aucun recours en vertu de l’article 98 de la Constitution. La résolution 1933 prise le 30 juin 2010 par le Conseil de sécurité n’a en outre pas été appliquée : ce texte précisait que le Conseil devait fonder son évaluation Ouattara. [...] Le rôle que l’Onu a joué dans la validation et la reconnaissance de la «victoire» de Ouattara conduira l’organisation dans une quasi-impasse : en se prononçant en faveur d’un candidat, elle a perdu sa légitimité pour jouer un rôle de médiateur dans la crise et aider à sa résolution, si tel était réellement son objectif. Même si l’entourage de Gbagbo restera toujours en relation avec l’Onuci, via Alcide Djédjé, son ministre des Affaires étrangères, lui-même ne voudra plus avoir de contacts directs avec Choi. En abandonnant sa neutralité, l’ONU s’est condamnée, pour ne pas se dédire, à «travailler activement pour l’installation de Ouattara en tant que président du pays et l’élimination de Gbagbo», soulignera Thabo Mbeki.

Cette dérive de l’organisation ne fera l’objet d’aucun débat public. Fin 2010, il est pourtant évident que l’Onu est en train d’être instrumentalisée par les grandes puissances qui la contrôlent. Qu’aurait pu faire l’Onuci pour éviter que la situation ne s’aggrave ? L’ancien secrétaire général d’Amnesty International et ancien sous-directeur général de l’Unesco Pierre Sané fera une suggestion : «Pourquoi le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies n’at-il pas travaillé sur les résultats proclamés par le Conseil constitutionnel et décidé ou non de les certifier, comme cela a été le cas lors du premier tour. En cas de désaccord persistant, pourquoi n’aurait-il pas procédé à la vérification détaillée des critères d’annulation mis en avant par le Conseil constitutionnel et évalué leur force de justification et même demandé, compte tenu des circonstances exceptionnelles, qu’Alassane Ouattara puisse soumettre des “contestations démocratiques” et ensuite transmettre un rapport au Conseil de sécurité ?» Preuve que le système de certification utilisé en Côte d’Ivoire a été un fiasco, même si cela ne sera pas reconnu officiellement : le Conseil de sécurité des Nations unies ne voudra plus en entendre parler. L’expérience d’un mandat confié à un seul individu ne sera donc vraisemblablement pas renouvelée ailleurs. Début décembre 2010, la situation en Côte d’Ivoire peut se résumer ainsi : le scrutin qui vient de se tenir a une crédibilité faible, voire nulle, bien que l’Onu dise le contraire ; plusieurs résultats ont été donnés : le premier par Youssouf Bakayoko, le deuxième par le Conseil constitutionnel, le troisième par Young-jin Choi ; un candidat, Gbagbo, s’est insuffisamment préparé pour contester le déroulement du scrutin ; l’autre, Ouattara, bénéficie de l’aide de grandes puissances, et plus particulièrement de la France et des États-Unis ; des personnalités clés du processus, Young-jin Choi et Youssouf Bakayoko, ont subi de fortes pressions de la part des diplomates occidentaux et du président français Sarkozy ; la certification onusienne de Choi n’a pas respecté le mandat donné.


In Médiapart

Source: LE CRI D'ABIDJAN

vendredi, 27 mars 2015

CRISE IVOIRIENNE - GILDAS LE LIDEC: UN TEMOIGNAGE ACCABLANT POUR LA FRANCE ET L'OCCIDENT

 

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Interview de Gildas LE LIDEC ambassadeur de CI 2002-2005 par Nicoletta Fagiolo mise en ligne le 27 février 2015 sur le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=LJLI01pOETI

Avant même de vous inviter à écouter ce témoignage accablant pour les dirigeants français et occidentaux ou à la lire (elle est en grande partie retranscrite ci-dessous), nous exigeons que Gildas LE LIDEC soit cité comme témoin à décharge dans le procès pendant de Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE ainsi que dans les procès politiques de toutes les personnalités jugées pour leurs responsabilités prétendues dans la crise post-électorale tandis que les vrais bourreaux du peuple ivoirien eux continuent de sévir aux responsabilités en toute impunité . Et qu'on ne vienne pas nous parler d'immunité diplomatique ou autres paravents des crimes d'Etat car c'est bien de crimes contre l'Humanité dont il est question. Vous savez ces crimes que la Cour Politique Internationale avait vocation à connaître afin que les coupables soient punis par une justice internationale équitable et universellement reconnue... Mais c'était avant que cette institution porteuse d'espoir sur le papier ne devienne le bras judiciaire de l'Ordre des Nantis Unis qui nous dirigent et spolient les peuples de leur droit à disposer d'eux-mêmes.

Dans cette incroyable vidéo d'un ambassadeur décomplexé de la Françafrique qui a néamnmoins le courage de reconnaître tout haut ce que toutes les instances décisionnaires complices de l'installation par les armes de OUATTARA passent leur temps à occulter quitte à se débarrasser par tous les moyens des témoins gênants :

- On redécouvre que SORO est connu comme un violent, sanguin qui dès 2003 proposait de se débarrasser physiquement de GBAGBO via un coup d'état militaire qu'il proposait de faire avec la FRANCE qui devait lui livrer les armes pour se "débarrasser" de GBAGBO. On reconnaît tout le mépris à peine voilé des dirigeants occidentaux fussent-ils des amis prétendus de l'Afrique : « Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…» ;

- Gildas LE LIDEC, ambassadeur français en CI de 2002 à 2005 reconnaît également les massacres de novembre 2004 qu'il justifie d'une phrase incroyablement anachronique et impérialiste : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN ». Il admet que la FRANCE a fait tuer ses propres soldats à BOUAKE pour justifier l'anéantissement de la flotte aérienne du régime légal de Laurent GBAGBO.
« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français … Ca c’est quand même osé !" ;

-Gildas LE LIDEC réitère très clairement que la FRANCE et la Communauté Internationale ont tout fait pour installer OUATTARA par la force au pouvoir ;

- Il considère que si GBAGBO est en prison à LA HAYE, alors tous les dirigeants africains devraient y être ainsi que SARKOZY !

C'est vous dire la portée des aveux d'un ancien ambassadeur de Côte d'Ivoire qui croit tellement à l'impunité de la FRANCE en particulier et de l'OCCIDENT en général dans le pillage de l'hémisphère sud et la négation du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qu'il peut se permettre de tout dire y compris qu'en 2004 la FRANCE a tiré sur une foule au mains nues après avoir assassiné des soldats français ! Quand on a contribué à un tel niveau à renverser un régime certes imparfait mais démocratique pour installer un régime illégitime et démocratique, on n'a pas seulement le devoir de parler, on a celui de réparer le préjudice que l'on a causé à autrui et si ce n'est d'y parvenir, au moins d'essayer !


 

RETRANSCRIPTION QUASI INTEGRALE :


"La Force Licorne est arrivée en CI sans que l’ambassadeur en soit informé. Protection de OUATTARA pour sa sécurité… A quel titre ?"

« Mettez une camionnette et des munitions. Vous me dites juste l’endroit et on se charge du reste » Guillaume SORO ;

« Mais oui, ils disent tous n’importe quoi, tout le monde peut dire tout et son contraire, c’est l’Afrique, c’est la politique, non, non… Je n’attache pas plus d’importance… Ce n’était pas réellement…un plan… C’était une phrase comme ça… Mais combien de phrases ai-je entendu comme ça en Afrique qui ne portent pas conséquence plus de deux heures après…»

Parlant de Pierre MAZEAUD, « il était tombé amoureux de SORO ; il était très proche de SORO »

Sur les rebelles et la crainte qu’ils inspiraient. « Moi j’ai accompagné, j’ai été très ambassadeur de terrain et grâce d’ailleurs aux Généraux, grâce aussi bien à Emmanuel Beth, à Joana qu’à Poncet j’ai pu me rendre avec les généraux français dans les territoire sous rébellion. Je dois vous avouer que j’ai vu des gens, des COMFOR comme ils appellent ça qui étaient totalement hirsutes avec des grigris dans le nez,… Et j’étais très très très content d’être protégé par les forces spéciales françaises, parce que j’ai eu peur. Alors dire que ces gens là appartiennent maintenant à la force républicaine de CI, il aurait fallu qu’ils se transforment considérablement et qu’ils aillent à l’Université pour apprendre ne serait-ce qu’à lire »

Pour justifier le bombardement de la foule et la fusillade de l’Hôtel Ivoire de novembre 2004 : « C’était Dien Bien Phu qui recommençait en 2004 à ABIDJAN »

« Et puis on n’a jamais vu des militaires français tuer d’autres militaires français »… Ca c’est quand même osé !

Gildas LE LIDEC parle de chars en position de guerre, c’est-à-dire l’opercule ouverte au niveau du canon devant la résidence présidentielle, vingtaine ou trentaine de chars (commandés par DESTREMEAU) dont il ne comprend pas la présence à cet endroit rue du bélier tout prêt de la Résidence présidentielle.

« Le lendemain, ils montaient le piège, c’est-à-dire recommencer Tian’anmen. »

« Je suis d’accord un petit peu avec ce que les gens disent. La presse a certainement joué un rôle pro-OUATTARA. Mais déjà dans l’esprit des dirigeants français, on était pro-OUATTARA. Parce que OUATTARA présentait mieux que GBAGBO. D’abord il avait été fonctionnaire international. Il parlait bien anglais. Il connaissait bien SARKOZY. OUATTARA était un peu programmé. Pas pour CHIRAC. Il n’aimait pas OUATTARA. Pour CHIRAC la CI s’était arrêtée à FHB. CHIRAC n’est pas dans le complot pro-OUATTARA parce qu’il se méfiait tout autant de OUATTARA que de GBAGBO. Mais SARKOZY, ça ne fait aucun doute.

SARKOZY était totalement, totalement pro-OUATTARA. […] Certainement les journalistes ont nourri la haine contre GBAGBO et puis ce sentiment pro-OUATTARA, c’est sûr. GBAGBO a fait peur. Et c’est pour cela que je ne comprends pas très franchement : si quelqu’un comme Laurent GBAGBO est à cause de ce qu’il a fait devant la CPI de LA HAYE, à mon avis tous les chefs d’Etat africains doivent y être. Et beaucoup de chefs d’Etat européens. Pourquoi pas mettre SARKOZY compte tenu de beaucoup de choses qui se sont passées ou BERLUSCONI ou… Pourquoi c’est réservé aux Noirs et pas aux Blancs ? GBAGBO fait peur et il n’a pas raison de faire peur. Y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. Pour moi il n’y a pas de raison qu’il soit à LA HAYE. TAYLOR oui. Il est socialiste me dit CHIRAC. Mais monsieur le Président, il est socialiste comme moi je suis Archevêque de CANTURBURRY, un socialiste en Afrique, bon, il est membre de la chaîne des rôtisseurs, du club Air France 2000, ça ne veut rien dire d’être socialiste. Il fait partie de l’Internationale socialiste… L’Internationale socialiste, ça ne veut rien dire. Y a une mésentente… Y’a un énorme quiproquo sur l’image de GBAGBO.

Parce que GBAGBO est un homme extrêmement courtois, extrêmement drôle, extrêmement éduqué qui peut vous faire du charme. Il peut vous faire du charme, vous embarquer… Alors est-ce que c’est la méfiance des gens ? Non le Parti Socialiste français a été très mauvais dans cette affaire-là. Ils se sont totalement trompés. Ils ont eu peur. Le lobby OUATTARA a dû jouer oui. Non il a toujours été occupé à se défendre de la politique intérieure. J’ai rarement discuté avec GBAGBO de problèmes de fond. […] Je n’ai jamais eu en face de moi un chef d’Etat en train de régner. C’était un chef d’Etat en Défense perpétuelle ou en attaque perpétuelle ! En Défense parce qu’il était attaqué, ça c’est sûr.

« Dans cette évolution de la Côte d’Ivoire, vous avez des grands points d’interrogation, des zones d’ombre totale :

- Qu’est-ce qui s’est passé fin septembre 2002 qui fait que Renaud VIGNAL retourne complètement sa veste alors qu’il est le meilleur défenseur de GBAGBO pour être son principal accusateur ? Et à ce moment-là, il vit jour et nuit avec le couple OUATTARA à 60m de GBAGBO… C’est quand même une situation absolument étonnante ;

- Qu’est-ce qui s’est passé réellement avec l’Opération Dignité ? Est-ce que ça a été un échec cuisant pour GBAGBO ? Est-ce que ça a été une victoire avortée ? GBAGBO dit dans son livre qu’il a pris un hélicoptère qu’il est allé demander aux militaires de se calmer. Je n’en crois pas un mot. Je n’ai jamais vu GBAGBO dans un hélicoptère. Il avait peur de l’avion. Il est terrorisé par les avions. […] Et qui a tiré sur les Français ? […] Lors de son dernier repas avec GBAGBO, Gildas LE LIDEC me dit « mais, c’est pas moi. Quel intérêt j’aurais eu de faire ça ? »

Nicoletta interroge Gildas LE LIDEC sur le rôle des Israëliens. Relisez le dernier livre de Pierre Péan conseille Gildas LE LIDEC. D’après lui ça a beaucoup aidé les rebelles. […] « Quand vous voyez Wattao, etc. ces types hirsutes etc., qui aujourd’hui devraient être à LA HAYE. Tous ces gens-là devraient être à LA HAYE. Si on met GBAGBO, il faut mettre tous ces KOMMANFOR, tous ces KOMFOR à qui OUATTARA a donné une totale impunité. Aujourd’hui ils ne sont pas inquiétés. C’est ça qui rend la farce de LA HAYE totalement inutile et totalement scandaleuse, totalement euhhh déséquilibrée. Mais de fait, le nom de OUATTARA avec ce qu’il représente de sérieux, fonctionnaire FMI, bien sur sa personne, etc. a donné un petit peu ses lettres de noblesse aux rebelles. C’est-à-dire se référant à OUATTARA, effectivement, les rebelles ont peut-être été plus facilement acceptés. » « Quand est-ce qu’ils ont fait ce lien ? » demande Nicoletta – « Très vite » répond Gildas LE LIDEC, « à MARCOUSSIS il était presque fait ce lien…Oui oui, il était fait à MARCOUSSIS.

C’est sorti très vite. SORO est sorti comme un fantôme. On ne savait pas d’où il sortait. Il venait de la FESCI SORO. En fait c’est un élève dont GBAGBO a été le Professeur qui est passé ensuite du côté des rebelles, qui est repassé du côté de GBAGBO qui est repassé maintenant du côté de OUATTARA. C’est pour cela que je déteste ce type. C’est un traître. Mais c’est ça. […] Rien n’a changé… Aujourd’hui rien n’a changé. Il y a eu… la CI a perdu 4 ans/5 ans pour rien. La situation est à peu près identique. Il n’y a plus de ligne de confiance mais enfin, il y a une ligne de pauvreté qui est évidente. » Nicoletta rappelle qu’il y a encore au moins 700 prisonniers politiques, le génocide dans l’Ouest. Gildas LE LIDEC répond que c’est pour cela qu’il aime bien les communiqués de victoire de l’Armée française ou du Ministre français de la Défense qui disent « ça y est, nous avons gagné au MALI et nous sommes en train de gagner en République centrafricaine. C’est à hurler de rire. On ne gagne jamais en Afrique… Non, non, on ne gagne jamais et je crois qu’il faut être très modeste et puis laisser les Africains être les vrais acteurs. Quand vous décortiquez effectivement la stratégie française, premièrement nos Diplomates travaillent à l’ONU pour obtenir une résolution qui nous couvre sur le plan international ; deuxièmement, on intervient en disant notre intervention sera de courte durée ; et troisièmement, nous disons que la relève va être prise par les troupes de l’ONU qui vont se mettre en place. Tout le monde sait que les troupes de l’ONU sont incapables et ne peuvent rien faire. Que ces gens qui sont envoyés ne viennent que pour gagner de l’argent. C’est d’ailleurs des gens toujours les mêmes hein du PAKISTAN, du BANGLADESH qui ne sont pas de vrais soldats ; qui se mettent derrière des barbelés et qui ne font rien ; qui ne parlent pas la langue du pays, qui ne s’intéressent pas au pays. Et puis quatrième principe, nous allons former la Nouvelle Armée de CI ou du MALI qui pourra nous remplacer. Donc c’est un espèce de schéma que l’on reproduit. Ca fait 10 ans ou 15 ans . C’est une espèce de schéma que reproduit aussi bien la gauche française que la droite.

 

Retranscription, Christine Tibala.

samedi, 15 juin 2013

LES CONTRE-VERITES DE BEDIE: MARCOUSSIS N'A PAS ABROGE LA CONSTITUTION

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«Il s’agit des dispositions qui ont été prises à l’époque. Mais l’âge de 75 ans a été aboli, au niveau de l’Etat, de l’élection présidentielle à Marcoussis. Pour le prochain congrès, il s’agit de faire comme au niveau de l’élection présidentielle. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de limite d’âge pour la vie politique», répond Aimé Henri Konan Bédié à la question posé par le journaliste de Rfi relativement à la limite d’âge inscrite dans les textes de son parti concernant la présidence du Pdci.

Ainsi, pour Bédié, Marcoussis lève le verrou pour qu’il n’y ait plus de limite d’âge en politique. C’est bien une façon de dire tant qu’il est en vie, il pourra toujours demeurer à la tête de son parti, peu importe la force physique. Le président du Pdci évacue donc tout le doute sur son désir de se porter encore candidat au prochain congrès de son parti.

Bédié a raison, car un parti politique est une association privée. C’est une cuisine interne qui ne concerne que les militants de son parti. Si ceux-ci veulent d’un président à vie, ils s’inscriront dans cette dynamique à leur congrès. Mais il n’est pas normal que Bédié établisse un lien avec l’élection présidentielle. Car Marcoussis avait fait des faveurs momentanées et de façon exceptionnelles en raison de la crise.

Quand le président du Pdci se réfère à Marcoussis, cela voudrait dire que Marcoussis se substitue désormais à la loi fondamentale, la Constitution ivoirienne. Marcoussis ne régit pas le fonctionnement de la Côte d’Ivoire. La preuve, après Marcoussis, Laurent Gbagbo a fait usage de l’article 48 de la Constitution pour permettre à Ouattara d’être candidat de façon exceptionnelle.

Pour dire que Marcoussis ne doit pas servir d’éternelle boussole au fonctionnement de la Côte d’Ivoire. Qu’un ancien président de la République raisonne de la sorte, c’est faire preuve de méconnaissance de son pays et des lois qui le régissent. En tout état de cause, Marcoussis peut abolir la limite d’âge, mais l’être humain peut trouver que ses forces le lâchent et renoncer à un poste.

On l’a vu au Cameroun avec Amadou Ahidjo qui a quitté le pouvoir. En Afrique du Sud, Nelson Mandela s’est contenté d’un seul mandat, avant de renoncer au pouvoir. Tout près de nous, au Ghana, Jerry Rawlings a laissé le pouvoir. Au Sénégal, Léopold S. Senghor a su partir de la présidence de la République. Pourtant, ces personnes avaient la possibilité de mourir au pouvoir, mais elles ont trouvé qu’elles n’avaient plus l’énergie nécessaire pour rester à la tête de l’Etat.

C’est sur la présidentielle de 2015 qu’on attendait une clarification du Pdci. Est-ce que le Pdci, le plus vieux parti, aura un candidat ? «La politique, c’est l’art de l’impossible. Ce qu’on ne peut pas imaginer peut être la réalité». Telle est la réponse du président Bédié. Ce qui voudrait dire que, pour lui, il est fort possible que le Pdci ne présente de candidat pour la présidentielle 2015. C’est là une autre façon de dire que le Pdci peut s’abstenir de présenter un candidat en 2015.

Le raisonnement de Bédié donne raison à ceux qui le soupçonnent de vouloir liquider le Pdci au profit de la candidature d’Alassane Ouattara. Il veut préparer le terrain pour permettre à Ouattara de s’adosser au Pdci afin de se maintenir au pouvoir.

 

Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 14 Juin 2013.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

lundi, 23 avril 2012

CONSEQUENCES DE LA CRISE IVOIRIENNE: LES PSYCHOLOGUES ONT PEUR D'EN PARLER

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Des actes et scènes d’une extrême violence ont éclaté, dans plusieurs localités de la Côte d’ivoire, au lendemain de la crise post-électorale, débutée le 28 novembre 2010. Les rescapés sont choqués, sans doute pour le restant de leur vie. Ils porteront les traces de ces événements douloureux à plus ou moins long terme. Alors que l’on s’attendait à ce que les psychiatres soient prolixes sur la question, c’est à un mur que nous nous sommes plutôt heurtée dans nos tentatives d’en savoir plus sur la situation réelle en matière des désordres psychiatriques occasionnés par les récentes violences post-électorales, ainsi que les clés pour en sortir.


Un psychiatre rencontré au CHU de Treichville (Abidjan) refuse de répondre à la moindre question concernant les victimes de la récente crise. « La situation est encore sensible. Je ne veux pas voir mon nom dans un quelconque journal », avertit-il. Même son de cloche au service d’Hygiène mentale de l’Institut national de santé publique (INSP) dans la commune d’Adjamé. En revanche, le ton est plus modéré: « Je suis médecin psychiatre, certes, mais avant tout fonctionnaire de l’Etat de Côte d’Ivoire, et à ce titre, je ne peux pas répondre à vos préoccupations (…) sans l’avis de ma hiérarchie ». Hiérarchie? Nous joignons un peu plus tard le directeur du programme de santé mentale… qui "botte" aussitôt en touche: « Je ne peux pas officiellement m’exprimer sur ce sujet ».

C’est que, expliquera plus tard notre contact à l’INSP qui insiste pour garder l’anonymat, il est impossible aujourd’hui pour un psychiatre de rendre publique sa lecture de la situation, sans que ses propos ne soient mal interprétés par les pouvoirs politiques. « Aucun camp n’est prêt actuellement à voir en face les dégâts considérables qu’il a créés, depuis plus d’une décennie, dans la tête de chaque ivoirien ou habitant de la Côte d’Ivoire. Car en réalité, tous les camps ont perpétré des horreurs », martèle-t-il. Avant de déplorer le fait qu’aucune prise en charge psychologique réelle n’est faite en direction des victimes des violences successives. « Ce que nous faisons, depuis tout ce temps, c’est de gérer l’immédiat », avoue le médecin. Car malheureusement, aucune structure, aucune volonté politique ne prend en compte « de façon sincère » les besoins en matière de gestion des traumatismes. En Côte d’ivoire, comme dans tous les pays ayant connu la guerre, la prise en charge psychologique est en elle-même tout un processus auquel doivent participer, non seulement le patient et son médecin, mais aussi toute la société dans toutes ses composantes, indique le spécialiste.

Il est vrai qu’après les dommages considérables occasionnés par la guerre, il importe absolument de reconstruire le pays. Mais la population est à un pays ce qu’est le sang au corps humain. Aussi, est-il plus que nécessaire d’œuvrer d’abord à la reconstruction des cœurs et des esprits. Et le gouvernement l’a bien compris, en créant une Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. Or, les psychiatres ivoiriens sont plus d’une fois montés au créneau pour dénoncer leur non-implication dans les différents forums et commissions dits de réconciliation qui se sont succédés, en Côte d’Ivoire.

Mais, réconciliation avec qui? Pourquoi? Pour quoi? Comment? Autant de questions auxquelles ces spécialistes auraient aidé à répondre, si les commissions de réconciliation qui se sont succédées en Côte d’Ivoire avaient prêté attention à leurs interpellations. Pourtant, si les choses demeurent telles qu’elles le sont aujourd’hui, « nous sommes bien partis pour 50 ans » de conséquences psychologiques, a, enfin, regretté le médecin psychiatre rencontré à l’INSP qui voit affluer chaque jour, au service d’hygiène mentale, de plus en plus de victimes venues se décharger de leurs douleurs enfouies tellement profondément…


Ghislaine Atta


In le magazine "LE FILAMENT" N° 21 du 15 avril 2012.


Source: SLATE AFRIQUE

mardi, 04 octobre 2011

LE BLUES

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Aujourd'hui, je ne suis pas enclin à écrire. Mon moral est bas, mes yeux larmoient, je suis triste et je m'en veux de ressentir une telle apathie, moi qui suis censé recharger vos accus par mes textes vivifiants.  J'ai le blues ! Mon pays sombre dans une dictature des plus fermes et je me sens prisonnier d'une ville que je ne reconnais plus. Tenez ! L'autre soir, vers 23H j'ai parcouru Abidjan d'un bout à l'autre. J'ai regardé partout, observé dans tous les recoins. Rien, pas un seul policier à l'horizon. Rien ! Libre à vous de faire du 220 à l'heure, de brûler les feux rouges, d'effectuer des dépassements dangereux. Rien ! Libre à un quidam de vous dépouiller, de vous molester, de vous kidnapper. Rien ! Abidjan est dévêtu, sans attribut, sans gangue, livré à son propre sort. Pourvu que le préfet Ouattara dorme dans les bras de la licorne, le reste n'est que vacuité.

Ecrire, pour dire quoi ? Qu'ils sont dans les hôtels feutrés, entre deux avions, autour d'une bouteille de champagne Boërl & Kroff, à parler de réconciliation, à discuter, sanglés  dans leurs vestons en soie, de la paix, de notre paix. Ecrire pour dire que  nos nouveaux dieux décident de la viabilité de notre nation, de nos joies, de nos peurs. Écrire pour dénoncer leur regard inquisiteur qui désigne les vainqueurs et les vaincus, les martyrs et les bourreaux, les vaillants et les pleutres. Dois-je m'indigner de la réconciliation concoctée comme une tomate farcie, farcie d'hypocrisie, de haine, de dédain, de mépris, d'injustice ?  La réconciliation-décret, la réconciliation-ordonnance mûrit dans les hautes sphères de la démagogie. La réconciliation-tintamarre  qui abrutit les tympans mais effleure à peine les cœurs !

Je suis triste  mes frères, j'ai le spleen à fleur de peau et je m'excuse si je ne m'en cache point. La bienséance aurait voulu que je  taise ce sentiment et que je feigne l'écrivain optimiste, au feuillet pétillant de propos galvanisants. Mais que dire si ce n'est que je suis affligé de constater que, dans cet autre millénaire, nous sommes encore le sujet d'étude d'autres civilisations. Ils élaborent des théories, émettent des thèses, observent des constances  et expérimentent leurs trouvailles sur nous, le peuple-cobaye. Tout, absolument tout ce qui nous arrive a été soigneusement organisé, planifié, prémédité par des sociologues, des criminologues, des psychologues occidentaux. Ils se jouent de nous comme le chimiste se joue des molécules pour créer une réaction en chaîne. Nous sommes les pions d'un échiquier gigantesque et ses fabulateurs nous mènent par le bout du nez.  Et cela, nous le savons tous !

Cependant, je ne veux pas ainsi dénier notre part de responsabilité dans le drame immonde que nous vivons. Il serait simpliste voire inconvenant de faire porter le chapeau de notre déconfiture à la France entière. Car le mal est passé par nous, sujets trop passifs, excellents conducteurs. D'hier à aujourd'hui, nous portons  en notre sein les germes de notre déficience. De Lumumba à Gbagbo en passant par Sankara, le schéma est le même et les félons ne sont pas bien loin. Mamadou Koulibaly, le vertueux, Mamadou Koulibaly le constant a  tôt fait de déguster la coupe de la traitrise. Même Allou Eugène, cet effacé politique se donne à cœur joie dans l'amnésie sélective. Au demeurant, notre manque de cohésion, nos désunions, nos conflits d'égo trop  haineux font de l'Afrique un continent à la traîne balloté par la communauté dite internationale.

Je suis triste mes frères car j'ai l'impression qu'une nouvelle cartographie de la côte d'ivoire s'est faite et que ses frontières se limitent désormais au district d'Abidjan. On s'extasie de la reprise des chantiers publics dans la ville, de quelques artifices ça et là et on oublie le reste du pays. Quand ils roulent dans leurs bolides suréquipés sur les voies "dépoussiérées" de la capitale économique,  pensent-ils aux autres régions, aux autres villes, aux autres villages? Là où l'autorité du préfet fait place aux dictats des FRCI ? A l'ouest se dessine actuellement un sinistre tableau fait de spoliation de terre, de guéguerre intercommunautaire, de milices armées d'allogènes, de crise humanitaire. Soit, un tableau apocalyptique ! Même le PAM par la voix de son représentant Alain Cordeill reconnaît la situation alimentaire déplorable qui prévaut particulièrement dans le moyen Cavally.  Et la visite surfaite d'Alassane Ouattara, prévue du 13 au 15 octobre n'y changera rien quand on devine aisément la portée électoraliste de ce déplacement.

Cinq mois de souffrance, cinq mois de disette, de crainte sous-jacente, de mesures vexatoires et l'enthousiasme des "houphouëtistes" peine à se maintenir. Si tant est qu'ADO  est si aimé et si populaire, pourquoi personne ne s'aventure dans la chansonnette  à son honneur, lui notre sauveur universel ? Même nos artistes zouglou pourtant très promptes à faire sortir des singles  traduisant la reconnaissance du peuple à leurs hommes politiques semblent en panne d'inspiration.  Je suis triste pour mon pays dépecé en districts, en régions selon la guise d'un individu.

Excusez-moi, je n'ai pas la force aujourd'hui de simuler un sourire, de pousser  un "on y va !"ou "battons nous !". J'ai juste envie de fermer les rideaux, d'éteindre la lumière et de fléchir les genoux pour invoquer notre Dieu car lui seul à la vraie solution à nos problèmes. Mes frères, j'espère que vous tous, vous ferez de même,  vous porterez votre voix au SEIGNEUR afin qu'Il ouvre les vannes de sa bénédiction sur notre nation, qu'Il frappe les impies et les orgueilleux, qu'Il rétablisse la justice divine dans nos vies. J'éteins mon ordinateur en espérant que demain le soleil se lèvera sur la Côte d'Ivoire et que l'arc-en-ciel, signe de l'alliance éternelle, illuminera de couleur le firmament  ivoirien. DECONNEXION...


Source : LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

11:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : côte d'ivoire, crise ivoirienne, les chroniques d'argentus, le blues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 21 juin 2011

RETOUR DE LA GUERRE DE LA FRANCE EN COTE D'IVOIRE: COMMENT SARKO A APPUYE L'OFFENSIVE CONTRE GBAGBO

 

NICOLAS SARKOZY.jpg
Le président français Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, dit Nicolas Sarkozy.

 

Un «document exceptionnel» qui met en lumière le travail du metteur en scène Sarkozy qui distribue les rôles avec comme acteur principal le candidat du «RHDP». Vous verrez surtout comment la hiérarchie militaire française a organisé les forces pro-Ouattara avec des conseils, des armes neuves et... En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire  oublier les exploits de certains chefs de guerre. Par Jean-François Julliard (Le Canard enchaîné). 


Le canard enchaîné (6/4)

L'entrée en guerre de la France contre les «forces» de Gbagbo, le 04 avril 2011, a sonné comme une revanche personnelle de Sarkozy. Avec la bénédiction de l'«ONU», Paris n'a laissé à personne d'autre le soin de bombarder la présidence ivoirienne ainsi qu'un camp militaire qui abritait aussi des familles. Depuis plusieurs semaines, en «Conseil des ministres» comme en privé, le chef de l'Etat ne décolérait pas contre Gbagbo, «le dictateur sanglant de Côte d'Ivoire». Au point de s'avouer, le 05 avril 2011, «être à bout de patience».

Outre les nombreuses et violentes exactions de ses partisans, Gbagbo avait aussi ridiculisé Sarko. En décembre 2010, après la victoire, proclamée par l'«ONU», de son ami Ouattara, le président français, impérial, avait donné «quarante-huit heures» au vaincu pour quitter le pouvoir. Un oukase superbement ignoré pendant plus de trois mois ...

Or Sarko avait beaucoup misé sur ce scrutin pour rehausser une cote fort dévaluée sur le continent. N'était-il pas accusé de perpétuer la «Françafrique», ce système affairiste favorisant des groupes amis tels que «Bouygues», «Bolloré», «Veolia» ? Mais, après l'échec de son ultimatum ivoirien, le Président révise subitement ses positions et adopte un profil bas. Affirmant à la presse que « l'ancienne puissance coloniale n'était pas la mieux placée» pour intervenir. En janvier 2011, devant l'«Union africaine», il ose même affirmer : «La France ne veut donner de leçons à personne». Il faut dire que les événements de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie n'ont guère fait briller la diplomatie tricolore.

La campagne (aérienne) de Libye, pour laquelle Sarko a obtenu le droit d'ouvrir le feu le premier, a réveillé ses ardeurs belliqueuses. Selon plusieurs témoignages d'officiers supérieurs au «Canard», la France a appuyé la conquête du sud du pays par les forces de Ouattara. L'un d'eux, proche de l'«Elysée», se félicite de «notre efficacité dans l'organisation de la descente sur Abidjan». Il est vrai qu'en moins de quatre jours les «Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI)» ont parcouru, sans grande résistance, la moitié du pays. Un autre galonné, membre des services de renseignement, confie : «On a fourni des conseils tactiques aux FRCI», mais aussi «des munitions et des Famas (fusils d'assaut)».


Barbouzes aux premières loges

De son côté, le contingent militaire français est porté, le 04 avril 2011, à 1 700 hommes. Les 900 hommes du dispositif permanent «Licorne» ont été notamment renforcés par des «Rambo» de la Direction des opérations (ex-Service action) de la «DGSE» et des «Forces spéciales».

Quelques-uns, parmi ces derniers, se sont retrouvés en contact direct avec l'entourage de Ouattara. A 19 h 30, quatre hélicos «Puma», soutenus par des «MI 24» de l'«Onuci», commencent leur pilonnage, frappant au passage des objectifs aussi stratégiques que le «CHU» et un supermarché du quartier de Cocody. Pour la seconde fois en sept ans, «l'ancienne puissance coloniale» bombardait des soldats et des populations ivoiriennes.


Armement à prix d'or

Cet héroïque canardage, qui, selon l'«Elysée», laissait entrevoir une reddition rapide de Gbagbo, risque pourtant de laisser des traces profondes. Et une situation difficilement gérable à Abidjan. D'abord parce que Ouattara pourrait pâtir, dans cette ville majoritairement acquise à Gbagbo, de son image de protégé de la France et des pays riches. L'armement de ses troupes, son équipement tout neuf ont suscité l'étonnement des Ivoiriens. Si l'aide du Burkina et du Nigeria est reconnue, d'autres pistes de financement apparaissent. Selon des témoignages et des documents obtenus par «Le Canard», des proches de Ouattara ont monnayé en 2009 et en 2010 d'importantes quantités d'or extraites des mines du Nord. Plusieurs tonnes ont été acheminées au Ghana voisin sous couvert de véhicules de... l'«ONU». Puis envoyées, par petites quantités, à Anvers (Belgique) pour y être transformées. A l'état de poudre, cet or a été négocié à plus de 15 000 euros le kilo.

L'image du camp Ouattara - présenté par certains comme 1'«axe du bien» - restera également entachée par les massacres commis ces derniers jours. A Duékoué, par exemple plusieurs centaines de morts seraient, selon l'«ONU» et diverses organisations internationales, surtout imputables aux «FRCI», les «forces» de Gbagbo se voyant aussi accusées d'atrocités.

En contact téléphonique permanent avec Ouattara, Sarkozy, qui prétendait le soutenir au nom de la protection des civils, devra ramer dur pour faire oublier les exploits de certains chefs de guerre. Et pour transformer cette intrusion meurtrière en victoire de la démocratie.

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 19 mars 2011

HUIT ANS D'INGERENCE NEOCOLONIALE FRANÇAISE...ET DE RESISTANCE HEROÏQUE DU PEUPLE IVOIRIEN


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Par Luis Basurto (*), le 12 mars 2011

La crise en Côte d'Ivoire n'est pas née en décembre 2010, le 2 de ce mois, jour de l'annonce solitaire, surprenante et hors délai des résultats électoraux provisoires du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 faite par le président de la Commission électoral ivoirienne flanqué des ambassadeurs de la France et des USA dans le quartier général électoral du candidat Alassane Dramane Ouattara, l'orthodoxe économiste du FMI. La crise ivoirienne n'est pas née seulement du refus arrogant de la France, ayant obtenu le soutien des USA et de l'Onu, de reconnaître les résultats électoraux définitifs proclamés par le Conseil Constitutionnel ivoirien, l'instance suprême, la seule, qui avait le pouvoir légal de le faire.   La crise ivoirienne est née le 18 septembre 2002 au soir. La tentative de putsch, ratée, de ce jour là contre Laurent Gbagbo fut repêchée rapidement par un plan B de la France avec l'intervention efficace de l'armée française, le 43ème Bima, basée à Abidjan. Jacques Chirac ordonna rapidement la partition du pays sécurisant les rebelles dans le nord du pays en essayant parallèlement de déposséder Gbagbo de tous ses pouvoirs réels, ses pouvoirs constitutionnels, par les "accords" dits de Kléber, à Paris : il choisit  et désigna depuis janvier 2003 presque directement deux premiers ministres ivoiriens, Seydou Diarra en 2003 et Charles Konan Banny en 2005, qui bien entendu obéissaient aux instructions et aux injonctions de Paris. L'ingérence française, militaire, diplomatique et politique, fut constante depuis septembre 2002, elle vient donc de loin. La crise ivoirienne est un état quasi permanent depuis plus de huit ans du à cette ingérence permanente et intense.

La victoire de la force contre l'état de droit c'est justement ce qui s'est passé depuis 2002. Les putschistes pro-Ouattara furent requalifiés 'forces nouvelles » par l'interventionnisme chiraquien, par l'ingérence grossière. Laurent Gbagbo, historien, enseignant universitaire, social-démocrate modéré -fondateur du Front Populaire Ivoirien-FPI affilié à l'Internationale socialiste- fut élu le 22 octobre 2000 ayant long temps lutté pour les libertés politiques et contre le régime autocratique de Félix Houphouët-Boigny, l'allié inconditionnel de la France néocolonialiste. Mais, depuis le jour même de son investiture ses rivaux de l'ex parti unique houphouëtiste, le PDCI -Parti Démocratique de Côte d'Ivoire- l'ancien président Henry  Konan Bédié et l'ancien premier ministre d'Houphouët, A.D.Ouattara,  firent tout pour tenter de le déstabiliser et de l'éjecter de la présidence. Les putschistes du 18 septembre 2002 n'étaient pas à leur première tentative. Et la rébellion soutenue par J. Chirac commit dès le premier jour des crimes inavouables, des exactions les plus extrêmes, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Leurs responsables n'ont jamais été ni jugés ni condamnés. L'impunité -ainsi que la déloyauté et le cynisme- est ainsi devenue la règle dans la vie politique ivoirienne depuis septembre 2002.

La guerre civile, ouverte ou larvée, en Côte d'Ivoire est un état quasi permanent depuis septembre 2002. Et le coup d'Etat permanent, contre les institutions ivoiriennes et les élus, s'est érigé en système pérenne. En novembre 2004 les soldats français commirent contre des civils ivoiriens désarmés des tueries jamais poursuivies ni punies. Le 9 novembre 2004 face à l'hôtel Ivoire à Abidjan 57 civils ivoiriens furent sauvagement tués par l'armée française. Un reportage diffusé plus tard par Canal Plus en France montra les images horrifiantes, insupportables, de ce massacre. On l'a oublié ? Fin 2005 la France et son faux-nez onusien, l'Onuci, essayèrent de dissoudre rien de moins que l'Assemblée nationale ivoirienne, c'est ainsi que le 15 janvier 2006 le GTI, « groupe de travail international », annonça par communiqué banal qu'il « prenait acte » de la fin du mandat des députés ivoiriens. Cette ingérence inadmissible  provoqua le refus ferme des civils ivoiriens qui défilèrent par milliers ; les manifestations de colère patriotique furent stigmatisées par la France et diabolisées par ses médias français et ceux de la « communauté internationale ». Mais l'immixtion, l'ingérence grossière, ne put passer.

Chirac introduit l'ONU dans son dispositif géopolitique pour masquer le rôle néocolonial central de la France et « légitimer » l'ingérence ouverte en se drapant des « décisions » onusiennes. C'est ainsi que fut créée l'Onuci, la « mission de l'ONU pour la Côte d'Ivoire », avec un corps expéditionnaire de soldats, policiers et fonctionnaires civils chargés officiellement de s'interposer entre belligérants et de protéger la population civil mais dans les faits ayant plutôt couvert, consolidé, le pouvoir de la rébellion « nordiste » pro-Ouattara et ouvertement essayé d'éroder la souveraineté de l'Etat ivoirien. A l'ONU, touts les textes émanant du Conseil de sécurité furent, et le sont toujours, rédigés rien de moins que par les seuls diplomates français qui se livraient ensuite à un intense travail de lobbying pour les faire entériner par les membres permanents et non-permanents de cette instance.

A présent Nicolas Sarkozy ne fait rien d'autre que continuer cette aventure chiraquienne et il le fait avec beaucoup de conviction car A.D.Ouattara est son ami personnel. Ils partagent l'amitié avec certains potentats français comme Martin Bouygues et ce fut l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président qui  officia son mariage avec Dominique Folloroux, une femme d'affaires française liée aux milieux oligarchiques français. L'agitation, l'activisme et les gesticulations théâtrales sont la marque personnelle de Sarkozy, comportements pas moins hasardeux et dangereux pour autant, alors qu'il est dans la stricte continuité de Chirac et d'autres de Gaulle essayant à tout prix de sauvegarder le pré carré néocolonial français en Afrique.

En 2004, Jacques Chirac et Georges W. Bush commirent en Haïti un coup d'Etat « en douce » contre Jean Bertrand  Aristide, embarqué par la force dans un avion et envoyé à l'exil forcé en Afrique. Oublié tout cela ? Ils utilisèrent le même schéma qu'en Côte d'Ivoire, à quelques détails près, à savoir d'abord un coup d'Etat contre le président Aristide « justifié »  par une rébellion soutenue en sous main dès l'extérieur par les USA et le prétexte « d'éviter aux haïtiens une guerre civile », ensuite arriva le piétinement des institutions haïtiennes et finalement la totale mise sous tutelle du pays sous la bannière de l'ONU, la Minustah -Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti- pilotée et contrôlée par le couple USA-France. Le bilan de cette ingérence et de l'écrasement de la souveraineté haïtienne est là, un bilan pitoyable, un bilan honteux. Les exactions des soldats onusiens en Haïti restent impunies. L'échec de l'interventionnisme de l'Onu, de sa Minustah, qui est celui du couple néocolonial USA-France est aisément démontrable par le bilan à tirer de six ans d'ingérence : embourbés dans les affrontements sociaux et politiques, ils -les USA, la France et l'ONU- ont été incapables même d'organiser et de garantir des élections crédibles, sans trop s'attarder sur l'incompétence manifeste, tragique pour les haïtiens, à faire face à l'urgence humanitaire créée par le séisme terriblement meurtrier de janvier 2010.

La crise ivoirienne n'est pas qu'une simple crise postélectorale comme nous essayons de le démontrer en rappelant les faits. Elle débuta le soir du 18 septembre 2002, donc à présent plus de huit ans se sont écoulés. L'état de guerre civile ne date pas non plus des élections du 28 novembre 2010 mais de l'institutionnalisation des putschistes pro-Ouattara du 18 septembre 2002 et de la banalisation de leurs méthodes antidémocratiques et sanguinaires : la longue et tenace tentative de prise du pouvoir directe d'A.D.Ouattara commença plus huit ans en arrière avec l'acte « fondateur » d'un putsch manqué. Ce putschistes furent promus, par l'ingérence militaire et politique française, et l'agitation médiatique -la propagande- qui l'accompagnait, par une ingérence néocoloniale, en acteurs politiques « crédibles » alors qu'ayant commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et occupant en toute illégalité la moitié nord du pays, devenue zone de non-droit où toutes les exactions et trafics ont été et sont toujours possibles. La primauté de la force sur le droit c'est justement ce que les putschistes ratés pro-Ouattara, repêchés et requalifiés par J.Chirac, ont démontré et ouvertement revendiqué depuis 2002. L'impunité est érigée en système de par les exactions scandaleuses, non poursuivies et sanctionnées devant aucune juridiction ivoirienne ou internationale, des rebelles pro-Ouattara, mais aussi de l'armée française - le 43ème Bima puis la « Force Licorne » - et de son supplétif onusien, l'Onuci.

La résistance des civils ivoiriens et de l'Etat de Côte d'Ivoire est légitime et légale. La résistance contre l'ingérence néocoloniale française est un droit imprescriptible mais aussi  le devoir patriotique des ivoiriens. La défense ferme de la souveraineté et de l'intégrité de l'Etat et du territoire ivoiriens contre l'ingérence grossière et les desseins néocoloniaux de la France, épaulée à présent ouvertement par les USA -par l'axe impérialiste USA-Union Européenne qui fait tomber ses masques- est la seule conduite possible des ivoiriens s'ils veulent sauvegarder leur liberté, leur indépendance et leur dignité, celles du peuple ivoirien et celles de leur pays, pilier de l'ouest africain. L'avenir de l'Afrique et de l'ensemble des pays et des peuples du monde voulant préserver leur indépendance nationale et leur liberté passe par le combat héroïque et la victoire souhaitable des patriotes ivoiriens.


(*) Luis Basurto : Enseignant, syndicaliste.


Source : MONDIALISATION.CA

mardi, 11 janvier 2011

REVELATION - UN TEMOIN RACONTE: «MEME S'IL FAUT 100.000 MORTS, NOUS PRENDRONS LE POUVOIR»

 

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Dominique Ouattara a déclaré : « Même s'il faut 100.000 morts, nous prendrons le pouvoir ! »

 

La scène se passe juste avant la fête nationale du 7 août, dans la luxueuse résidence des Ouattara à Cocody Embassades...


Une française, communicante des époux Ouattara , et présentée comme chargée de la communication du président Camerounais Biya, est là pour prendre le thé avec son amie Dominique. La conversation roule sur les événements des derniers mois, la tension liée à la présence des milices aux noms sinistres (Cosa Nostra, Camorra, Brigades Rouges...) issues des mutins de la FIRPAC. Un membre du comité directeur du RDR est présent et c'est par lui que la teneur de la conversation est connue. Cette personne entend alors avec horreur Dominique Ouattara dire à Patricia Balme, qui s'inquiète de la tension et des risques que cela fait peser sur l'accession d'ADO à la magistrature suprême : « Même s'il faut 100 000 morts, nous prendrons le pouvoir ! ». Et Dominique et son amie de rire, comme s'il s'agissait d'un jeu... Le membre en question du comité directeur du RDR s'est ensuite discrètement mis sur la touche et a rompu tout lien avec le couple infernal. C'est la proximité de l'élection présidentielle et la crainte que ce couple sanguinaire arrive aux affaires qui le pousse aujourd'hui à parler. Le sang des Ivoiriens ne doit pas couler ! ADO doit cesser de torturer la Côte d'Ivoire.


Source : Le Mot d'Humeur de Jean Charles Fadinga

vendredi, 07 janvier 2011

COTE D'IVOIRE - UN FRANÇAIS DANS LA LIGNE DE MIRE DE L'UE

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Par Antoine Kowalski et Christine Ollivier 05/01/11

Un couple français est soupçonné d'avoir violé l'embargo imposé à la Côte d'Ivoire et se retrouve sur la liste des « proscrits » de l'UE. Leur avocat, Maître Collard, entend saisir la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Frédéric Lafont et son avocat se sont confiés à France Soir.


L'Union européenne (UE) a approuvé vendredi 31 décembre des sanctions contre 59 proches du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo. Les 59 personnes qui figurent sur cette liste sont désormais interdites de visas pour l'UE. Parmi elles, deux ressortissants français, Frédéric Lafont et son épouse, Louise Kado-Lafont, tous deux entrepreneurs. Selon Bruxelles ils sont « susceptibles d'agir en violation de l'embargo » imposé à la Côte d'Ivoire.
Le couple Lafont, sanctionné par l'UE est actuellement dans le sud de la France. Il se retrouve dans une situation kafkaïenne.

Interdits de visas comme 57 dignitaires pro-Gbagbo, les deux Français ont un passeport... français et personne ne peut les empêcher dès lors de circuler. C'est ce que confirme l'ambassadeur de France à Abidjan, visiblement gêné : «  Ils ont un passeport français, ils peuvent circuler ». Impossible de savoir pourquoi ces deux ressortissants sont visés par des sanctions de l'UE. « La liste parue n'est pas officielle, elle n'est pas encore parue au Journal Officiel de l'UE, elle n'a pas encore de valeur légale... Attendons qu'elle le soit », se défend-il. Or, cette liste est parue le 31 décembre.

Une ambassade française gênée

Pourquoi ces deux Français sont-ils sur cette liste ? « Demandez à Bruxelles et interrogez le Conseil Européen », répond l'ambassadeur Simon qui soutient que la décision n'a pas été prise à l'ambassade de France à Abidjan. Le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valéro, contacté mardi soir détaillait le processus différemment : « La décision se prend à deux niveaux. Les ambassades européennes à Abidjan sélectionnent ensemble les noms puis Bruxelles prend le relais ».  Que signifie « susceptible d'agir en violation de l'embargo » ? Nouveau silence de l'ambassadeur. De quoi sont-ils soupçonnés ?  « On ne soupçonne rien du tout ! Attendons la publication », se reprend-il.

Frédéric Lafont est revenu en France pour se défendre. Il a pour avocat Maître Collard. Selon le principal intéressé, on lui reproche d'avoir fait du transport d'armes à l'occasion de deux vols de sa compagnie aérienne Sophia. « Ce n'est pas vrai, je faisais du transport de fonds pour la Banque centrale d'Afrique de l'Ouest (BCAO). L'argent transporté lors de deux vols dans des caisses en bois ne contenait pas d'armes », maintient-il en assurant pouvoir en apporter la preuve. L'ancien légionnaire raconte qu'on l'accuse également d'avoir transporté des mercenaires depuis l'Angola : « Jamais aucun de mes avions ne s'est posé là-bas ! C'est de la diffamation pure et simple, certaines personnes veulent se venger ! » s'emporte-t-il.

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman »

« Je ne fais pas de politique. Je suis un businessman, je suis dans la sécurité, le transport, la restauration. J'ai beaucoup d'activités. Chez moi il y a des pro-Gbagbo et des pro-Ouattara. Je travaille pour tout le monde », souligne le sous-officier à la retraite. Et pour certifier sa capacité à travailler avec tous, il ajoute : « c'est fort quand même, l'UE me sanctionne alors que le 28 novembre lors du deuxième tour de la présidentielle en Côte d'Ivoire, le responsable de la sécurité des observateurs de l'UE dans le Nord m'a téléphoné en urgence pour que je vienne rechercher 17 observateurs qui se faisaient molester ! Ils m'ont remercié en me disant qu'ils avaient craint de se faire couper en deux ! Mais ça on en parle pas ! D'ailleurs, j'attends toujours que Bruxelles me paye la troisième facture... », se défend l'homme d'affaire français.

Maître Collard, s'indigne de cette situation. L'avocat de l'entrepreneur français et de son épouse va déposer un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) et sommer la Commission Européenne, qui a pris les sanctions, d'expliciter les motifs de sa décision. « On se retrouve devant deux citoyens français qui normalement ne pourraient plus rentrer en France. L'UE se permet d'établir une liste de proscrits en violation de toutes les règles et en particulier celle de la présomption d'innocence ! ». L'avocat exige des explications : « Comment cette liste a-t-elle été établie ? Sur la base de quoi ? ». Selon le conseil, « c'est une interdiction qui n'est pas fondée ». Et l'avocat de s'interroger sur « le jeu de l'UE dans cette affaire » : « Je ne suis pas l'avocat de Gbagbo, ce n'est pas la question, mais on voit que l'UE est prête à faire n'importe quoi pour déstabiliser Gbagbo ». En tout cas pour Gilbert Collard les autorités françaises « se cachent derrière l'UE ».

Son client, Frédéric Lafont est un type « flamboyant » et présente pour le moins un parcours atypique selon une de ses connaissances. Issu d'une famille protestante et aisée de Marseille, le jeune homme à la bougeotte. Plusieurs fois « viré » de différents lycées, il s'engage dans la Légion étrangère juste après l'obtention de son baccalauréat. Il y passe 15 ans, entre la République centrafricaine, Djibouti et la Guyane. En 2000, il a alors 32 ans, Frédéric Lafont, sous-officier, débarque avec ses hommes en Côte d'Ivoire. Alors que le pays vient de connaître un coup d'Etat, le Français tombe amoureux de la région et décide d'y passer sa retraite après son temps de service. Un an plus tard, en 2001, il se reconvertit et devient entrepreneur dans le domaine de la sécurité. Sa société commence par importer des matériels tels que du gaz lacrymogène, des armes de défense, des gilets pare-balles, des radios, des matériels d'écoute.

Son domaine : la sécurité

Avec un pays en pleine crise, les business marche fort à tel point qu'il lance une autre société, « Risk », assurant la protection d'institutions comme de personnes avec des méthodes « modernes ». Il ne s'arrête pas là et se lance dans le domaine de la nuit, de la restauration, du sport allant jusqu'à relancer la boxe locale et créer une équipe cycliste. Ses activités florissantes dans le Golfe de Guinée en font un des personnages incontournables de l'économie ivoirienne.

L'ex-képi blanc emploie près de 4.000 personnes en Côte d'Ivoire mais aussi au Togo au Maroc, en Algérie et en Tunisie et détient en outre une compagnie aérienne, baptisée Sophia. Frédéric s'est marié à Louise Kado, une Franco-Ivoirienne influente, qui dirigeait une des branches africaines de la Mediterranean Shipping Company SA, tout en présidant l'association des armateurs de Côte d'Ivoire. Frédéric et Louise ont ensemble par la suite racheté l'entreprise « Vision », spécialisée dans le gardiennage et dans la sécurité des navires. « Vision » est en charge de la sécurité, si sensible, des deux poumons économiques du pays, le port d'Abidjan et celui de San Pedro par où transitent les 1,335 millions de tonnes de cacao du premier producteur mondial.

Une connaissance du couple ne veut pas croire au scénario du trafic d'armes impliquant Frédéric Lafont : « C'est un homme d'affaire. C'est certain. Je ne dis pas qu'il n'a jamais franchi la ligne jaune mais ce n'est pas un tordu. Il a gagné tellement d'argent et il est si peu discret, avec ses voitures de courses et sa réussite affichée qu'il a pu se créer des jalousies ». Des jalousies ? Cet ancien militaire de carrière aurait pu aussi s'en créer selon lui parmi les gradés français en place à Abidjan.


Source : FRANCE SOIR

dimanche, 26 décembre 2010

SITUATION SOCIO-POLITIQUE EN COTE D'IVOIRE: DECLARATION DU GOUVERNEMENT ANGOLAIS



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L'Exécutif Angolais continue à suivre avec grande préoccupation le développement de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire qui risque de finir dans un conflit aux conséquences imprévisibles, susceptibles de mettre en cause la paix et la stabilité de l'Afrique Occidentale, une région fragile où des processus de stabilisation sont en cours dans plusieurs pays ayant des processus démocratiques récents, suite aux longues guerres qui ont marqué tragiquement la sous-région, notamment : le Libéria, la Sierra Léone, la Guinée Conakry, la Guinée-Bissau et le Niger.

Cette préoccupation devient encore plus grande à l'approche de nouveaux processus électoraux qui peuvent être affectés par la situation en Côte d'Ivoire engendrant ainsi de nouvelles tragédies sur le continent.

L'Exécutif Angolais constate avec beaucoup d'appréhension le fait que toutes les mesures prises jusque là par la Communauté internationale sont en train de pousser la Côte d'Ivoire irrémédiablement vers la guerre.

La célérité avec laquelle ce processus dégénératif se développe n'est que l'indice des graves anomalies et des facteurs qui avant, pendant et après les élections ont contribué et continuent d'affecter négativement la situation critique qui prévaut en Côte d'Ivoire.

En effet, il est étrange que dans un délai de cinq jours, les mesures radicales et extrêmes que nous connaissons tous aient été prises au niveau international, sans que, premièrement, toutes les plaintes du processus électoral soient reçues et dûment vérifiées, de façon à non seulement désigner le vainqueur de forme non équivoque, mais aussi de dissuader toute contestation ; deuxièmement, sans qu'au moins soient utilisées les voies de résolution pacifique du différend, par le dialogue et la négociation, conformément aux normes universellement acceptées en pareil cas.

L'Exécutif angolais a reçu des contacts de plusieurs entités et pays dans le sens de son implication dans une éventuelle médiation afin de trouver une solution à la crise.

L'Exécutif angolais est favorable à une solution du conflit ivoirien par la voie pacifique et négociée. Par conséquent, il dénonce avec véhémence la campagne diffamatoire qui a été orchestrée selon laquelle on aurait prétendument identifié des mercenaires ou soldats angolais en Côte d'Ivoire ; il considère que ces fausses nouvelles s'inscrivent dans l'habituelle stratégie d'ingérence extérieure dans les affaires du continent, visant à dénigrer ses leaders et ses institutions et une fois de plus manipuler l'opinion publique pour justifier l'inévitabilité de la guerre.

Il est regrettable qu'à ce moment des puissances extérieures au continent demandent à d'autres pays africains de la sous-région de précipiter la guerre comme une forme de solution à un problème qui, de l'avis de l'Exécutif angolais, peut et doit être résolu pacifiquement.

L'Exécutif angolais croit que la crise en Côte d'Ivoire est une affaire Africaine et que, de ce fait, il incombe aux Africains de prendre le leadership des actions concernant sa résolution. Ainsi, l'Union africaine doit assumer la responsabilité de ce leadership afin d'éviter que l'actuel conflit devienne irréversiblement une catastrophe humaine, en utilisant tous les instruments qui sont à sa disposition.



Le Gouvernement de la République d'Angola

Luanda, le 24 décembre 2010.

jeudi, 23 décembre 2010

FRANCE-REBELLION IVOIRIENNE: CONNIVENCE TOTALE

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Que fait donc ce gendarme français en Côte d'Ivoire et surtout près des rebelles, à l'Hotel du Golf ?

Vous avez dit assistance à force insurrectionnelle ?

mercredi, 22 décembre 2010

ASSASSINAT DE LAURENT GBAGBO : UN COMMANDO DE 26 SNIPERS A ABIDJAN DEPUIS HIER



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In Le Nouveau Courrier N°160 du 22 Décembre 2010 Gilles Naismon


Le président français, après avoir donné un ultimatum de 72h (qui n'a eu aucun effet) à Laurent Gbagbo pour quitter le pouvoir, veut passer à l'action militaire, en éliminant le président ivoirien.

Nos sources au Burkina Faso et dans l'Hexagone, notamment à Paris, sont formelles et confirment aisément cette information sur laquelle travaillent les fins limiers ivoiriens. 26 snipers de l'armée française, des hommes de couleur, ont pu rallier Abidjan via Ouagadougou et Bouaké avec l'appui de l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), qui les a habillés dans ses uniformes. Encagoulés sous le couvert de «soldats de la paix», ces tireurs d'élite se sont vus confier la tâche d'exécuter un certains nombre de personnalités du pouvoir parmi lesquelles figure en première place l'actuel président de la République Laurent Gbagbo. Les 26 tireurs d'élite, qui ont transité par Ouagadougou, ont pu prendre des instructions auprès du général Emmanuel Beth, ancien commandant de l'opération Licorne et actuel ambassadeur de la France au Burkina Faso. La nomination de celui-ci à ce poste était perçue comme un positionnement stratégique dans la poursuite de déstabilisation d'Abidjan, au cas où Ouattara perdrait les élections présidentielles à la régulière.

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Le gouvernement américain cité dans le convoyage de mercenaires allemands

Le gouvernement américain, vu que son numéro un s'est impliqué fortement dans l'opération « tout sauf Gbagbo », est également très actif dans cette opération «tout sauf Gbagbo ». Ainsi, l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique a sollicité et obtenu une autorisation de survol et d'escale à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny accordée sous le N°1353/PR/EMP. Il s'agissait d'un appareil de type GULF STREAM N°186/PA ou N°184 PA ou SUBS exploité par la compagnie Phénix Air avec pour commandant de bord, le commandant Brian Edminster qui devait atterrir comme prévu à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Au grand étonnement des autorités légales du pays, l'appareil descend à Bouaké, fief des rebelles, via Alger, la capitale algérienne. Un commando de mercenaires composé d'une douzaine d'allemands a été débarqué. En réalité, l'autorisation d'escale et de survol demandée par les Américains pour enquête à leur ambassade d'Abidjan, suite à une roquette qui l'aurait touchée jeudi dernier, n'était qu'un prétexte pour brouiller les pistes et avoir accès à l'un des aéroports ivoiriens.

Une délégation de Ouattara a séjourné au Burkina pour boucler l'opération

Dans la nuit du 19 au 20 décembre dernier, le président du Rdr, Alassane Ouattara a envoyé une délégation auprès du président burkinabé pour solliciter, selon des sources crédibles, un «soutien logistique, matériel et humain». Ce soutien vise à engager une épreuve de force visant à mettre à la tête de la Côte d'Ivoire Alassane Ouattara. Le président Blaise Compaoré, à qui la demande a été adressée, a confié le dossier au colonel Diendiéré Gilbert, son chef d'état-major particulier. La délégation d'ADO et le colonel Diendieré ont eu une séance de travail à cet effet le 20 décembre à Ouagadougou.


Source: LE NOUVEAU COURRIER