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mercredi, 01 juillet 2009

DES ENFANTS VENDENT LEURS CORPS ET DEVIENNENT PARENTS

 

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ABIDJAN, 26 juin 2009 (IRIN) - Le bébé est mort 12 jours après sa naissance, sur une terrasse délabrée au dessus du marché d’Adjamé à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire. La mère, Aminata*, est à peine âgée de 15 ans. Elle ne sait pas qui est le père. Aminata échange ses faveurs contre de l’argent – pour pouvoir manger, dit elle.



Aminata fait partie des nombreuses jeunes filles – dont certaines n’ont que 10 ans, selon une organisation non-gouvernementale (ONG) locale – qui vendent leur corps sur le marché d’Adjamé, localement connu sous le surnom ‘Biêlôgô’; en Dioula, lôgô signifie marché et biê désigne les organes génitaux féminins.

« Parfois, le corps des bébés qui meurent dans ces circonstances finissent dans les poubelles », a dit Irié Bi Tra Clément, fondateur de l’ONG locale Cavoequiva, ce qui signifie « Unissons-nous » en Gouro.

Les membres de Cavoequiva, basée dans le quartier d'Adjamé à Abidjan, ont rencontré et interrogé des centaines d’enfants des rues et de jeunes. M. Irié a raconté à IRIN qu’une fille avait récemment raconté qu’un client l’avait si violemment frappée, quand elle avait refusé une relation sexuelle anale, qu’il lui avait brisé la mâchoire. Le fondateur de l’ONG a souligné que la plupart des filles avaient déclaré devoir donner une partie de leur revenu à des « managers ».

En cette après-midi du 19 juin, la petite fille d’Aminata, âgée de huit jours, tousse, enroulée dans des pagnes posés sur un sol en béton. Près d’elle jouent les jumeaux d’une autre adolescente travailleuse du sexe.

Aminata dit qu’elle et son bébé sont mouillés quand la pluie s’infiltre dans l’échoppe du marché dans laquelle elles dorment. Quand elle en parle, elle commence à pleurer. « Je pleure parce que j’ai ce bébé, elle est malade et je n’ai pas les moyens de l’aider ».

Aminata ne sait plus vraiment depuis quand elle vit du commerce du sexe, mais elle dit qu’au moins quatre jours de l’An sont passés depuis qu’elle a commencé. Elle raconte qu’une femme de son village, dans le nord du pays, est venue voir ses parents et leur a dit qu’elle aiderait Aminata à faire du petit commerce.

« Je suis venue et j’ai commencé à vendre sur le marché, mais la femme pour laquelle je travaillais se plaignait tous les jours parce que je ne faisais pas assez d’argent. Alors j’ai commencé à travailler comme porteur dans le marché. Elle disait toujours que je ne rapportais pas assez d’argent. Elle me maltraitait et ne me payait jamais pour mon travail. C’est pour ça que je suis partie ».

Elle a rejoint d’autres jeunes qui vivaient dans la rue. « J’ai commencé à ‘faire des passes’ parce que je n’avais rien, ni nulle part où aller. Je demandais 500 ou 1 000 francs CFA [un à deux dollars] ».

M. Irié, de Cavoequiva, a souligné que de nombreuses jeunes filles avaient déclaré avoir été violées avant de commencer à échanger des relations sexuelles contre de l’argent.

Ce fut le cas de Djeneba*, qui raconte que la femme pour laquelle elle travaillait lui a demandé à plusieurs reprises de se mettre à vendre son corps.

« Elle m’a dit de le faire ; j’ai refusé », a dit Djeneba à IRIN. « Elle m’a redemandé de le faire ; j’ai refusé. Alors une nuit, cinq jeunes m’ont violée sous la menace d’un couteau ».

Djeneba, dont les yeux marrons sont encadrés par de grands faux cils bleus, a ajouté : « Quand mes blessures ont cicatrisé, j’ai commencé ».

Pourquoi a-t-elle commencé ? « Je n’avais pas d’argent ».

Quand on lui demande si elle veut continuer à faire ce travail, Djeneba laisse échapper un « Nooooon » guttural. « Si j’avais de l’argent, je ne ferais pas ça ».

Djeneba et ses amies ont reconnu qu’elles n’utilisaient qu’occasionnellement des préservatifs. Dans un film réalisé par Cavoequiva, des filles parlent des drogues qu’elles prennent avant de se préparer pour le travail, la nuit.

Après la mort de son bébé, le 23 juin, Aminata – malade depuis l’accouchement - a consulté un médecin grâce à l’aide de Cavoequiva.

M. Irié a expliqué qu’avec ses collègues, il cherchait à faire rentrer Aminata dans sa famille. « Elle a accepté à contrecœur », a-t-il dit. « Au début elle ne voulait pas, disant que son village natal était trop pauvre et qu’elle voulait rester à Abidjan. Mais finalement elle a accepté ».

L’équipe de Cavoequiva accompagnera Aminata dans son village, a-t-il dit.

Source: CRITICAFRIC

22:17 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : criticafric, irin, ong cavoéquiva, prostitution en côte d'ivoire, proxénétisme à abidjan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 08 mars 2009

LES METTEURS ENCEINTE ET LES ENCEINTEES

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L'un des films phares de l'école ivoirienne: "Les metteurs enceinte et les enceintées".
Kouamé Sylvie a 17 ans quand elle a eu des rapports sexuels avec un homme qu'elle a rencontré en ligne, en Côte d'Ivoire. Elle avait besoin de quelques billets de banque pour ses frais d'école.


Elle n'a plus eu besoin de cet argent car à 5 mois de grossesse, elle s'est vue dans l'obligation de laisser tomber l'école quelques années avant de pouvoir atteindre la classe de 3ème. "Figurez-vous que j'étais couverte de dépenses alors que mes parents étaient sans emploi depuis 6 ans. C'est ainsi qu'il y a 2 ans je m'étais jointe à un club de filles de mon école qui se prostituaient avec des mecs via l'Internet'', avance Sylvie Kouamé."

Selon l'ONG Jeunes Sans Vices, le nombre d'élèves dans le Secondaire et à l'Université qui abandonnent les études pour cause de grossesses chaque année et principalement durant ces 2 dernières années, avoisine les 30.000."C'est dramatique", dit Martine Angoh, membre de ladite ONG. ‘‘C'est une urgence et il faut arrêter cette hémorragie'', ajoute-t-elle.

Beaucoup de ces filles, à l'image de Kouamé Sylvie ont des rapports sexuels non-protegés avec des personnes qui leur sont pratiquement étrangères à cause de l'argent ou avec leurs enseignants pour avoir la moyenne.

‘‘Il existe une sorte de prostitution non avouée, mais réelle dans les écoles. Les filles s'adonnent de plus en plus à cette activité lucrative'' ajoute Angoh. "Les filles les plus chanceuses qui sortent avec leurs enseignants gagnent doublement: En argent et en moyenne" affirme l'ancienne élève Sylvie Kouamé. Et d'ajouter: "Faites le tour des écoles d'Abidjan et même dans tout le pays. Vous verrez que sur 10 filles, il n'y a pas plus de 3 qui ne s'adonnent pas à cette pratique''

Un officiel du Ministère de l'Education Nationale qui a préféré garder l'anonymat affirme que les enseignants informent régulièrement les élèves sur les méthodes contraceptives et les maladies sexuellement transmissibles.

Aux affirmations de Sylvie Kouamé et Martine Angoh, s'ajoute celle de Dr. Mathurin Allah, en sa qualité de médecin. Ce dernier ajoute que dans certains cas, les parents qui sont dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants encouragent leurs filles à avoir des relations sexuelles pour de l'argent.

Pour le sociologue Anicet Assandé ce phénomène à ses racines dans la guerre qui secoue la Côte d'Ivoire depuis septembre 2002. En effet, selon lui, la cause de ces grossesses juvéniles est liée à la crise socioéconomique de la Côte d'Ivoire. « Nous sommes dans un temps où ce genre de vices est devenu monnaie courante dans le monde de l'éducation. Nous sommes dans un contexte socioéconomique qui favorise ce genre de dépravation. »

« La crise a engendré beaucoup de problèmes entre autres le chômage. En outre elle a favorisé la prostitution ouverte et ‘‘cachée''. Les élèves et étudiantes sont dans la seconde catégorie de prostitution. Innocentes et sans encadrement parental réel, elles s'abandonnent facilement au premier venu et le résultat c'est la grossesse et les MST ».

Quoique les filles ont des rapports sexuels protégés ou non. Quoique ce soit pour de l'argent, pour les moyennes de classe ou pour de simples compagnies, le nombre est sobre ; ajoute des travailleurs d'ONG.

« Cette situation est due à une activité sexuelle intensive parmi les jeunes et la tendance est particulièrement aux rapports non-protégés », ajoute Dr. Allah.


Laboratoire de grossesses

Selon les sources du Centre de Santé Urbains spécialisés dans la santé estudiantine et scolaire (CSUS-SSU), des centaines d'élèves des cours secondaires sont tombées en grossesse dans les quatre premiers mois de l'année scolaire 2008-2009. Cela se repartit comme suit: 47 dans la ville de Daoukro; 65 à Dimbokro; 15 à Agboville; 42 à Bouaflé et 15 à Dabou pour ne mentionner que ces localités.

« Pendant longtemps, nous avons appelé à l'éducation de nos filles, mais l'appel est tombé dans l'oreille de sourds », affirme Angeline Kadio de l'association SOS Abstinence. « L'école est faite pour qu'on y reçoive une éducation et pour réussir dans la vie. Maintenant on a l'impression que c'est devenu un laboratoire de grossesses ».

Sylvie Kouamé, espère pouvoir avoir un boulot dans le futur malgré l'interruption de ses études. « Après mon bébé, j'espère pouvoir faire un stage professionnel afin de faire du commerce et me faire une vie ».

Publié sur http://criticafric.ning.com/

Source: IRIN

18:28 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : film, irin, grossesse, prostitution, éducation, criticafric, metteurs enceinte, enceintées | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |