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dimanche, 08 janvier 2012

APRES 5 SEMAINES D'ENQUETES A TRAVERS LE MONDE: GBAGBO GAGNE SA PREMIERE BATAILLE DEVANT LA CPI

 

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Le conseil du président Gbagbo pourra enfin disposer de l'aide judiciaire à laquelle ont droit les pensionnaires de la Cour pénale internationale (CPI) jugés indigents pour préparer sa défense. Cinq semaines d'enquête ont suffi pour confondre Ocampo.

 

Le président Laurent Gbagbo a finalement obtenu d'un greffier de la Cour pénale internationale l'aide judiciaire que réclame depuis trois semaines un de ses avocats, Maître Emmanuel Altit. Il est présumé «indigent», selon Le Figaro. Qui affirme : «Malgré les investigations engagées dès son transfèrement hors de Côte d'Ivoire, l'enquêteur financier mandaté par la CPI n'a en effet trouvé aucune trace d'avoirs attribuables à l'ex-homme fort d'Abidjan».

«Un examen préliminaire (...) laisse penser, a priori, que le demandeur ne dispose pas de ressources suffisantes pour prendre en charge tout ou partie des coûts de sa représentation légale devant la cour», indique la décision rendue par le greffier Esteban Peralta Losilla. Qui s'empresse de dire que l'aide judiciaire octroyée ne l'est qu'à titre provisoire, la CPI n'ayant pas renoncé à trouver des biens à Gbagbo, «auquel des rumeurs jamais confirmées ont notamment prêté des avoirs aux Etats-Unis et en Afrique du Sud», affirme Le Figaro.

Le fait qu'après plus de cinq semaines d'enquêtes, auxquelles ont évidemment collaboré avec zèle les dirigeants de pays occidentaux - particulièrement de la France, qui «piste» le fondateur du FPI depuis toujours, et qui a accentué son effort lors de l'opération de gel des avoirs des personnalités de son régime -, aucune fortune cachée ni aucun bien immobilier n'aient été découverts, est une victoire pour Laurent Gbagbo, quand on sait que les «biens mal acquis» des présidents africains pourtant amis de la France sont longuement documentés. Et que ses rivaux Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara revendiquent leur riche patrimoine immobilier dans l'Hexagone. Le chef d'Etat le plus détesté par la «communauté internationale» en Afrique serait-il donc un honnête homme?

Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, la CPI s'est engagée à prendre à sa charge, selon Le Figaro, « la rémunération d'un avocat, d'un assistant juridique et d'un gestionnaire de dossier ainsi que le remboursement des frais engagés par la défense de Laurent Gbagbo à hauteur de 76 000 euros. «C'est un pas dans la bonne direction et nous sommes ravis que le greffe se soit finalement rangé à nos arguments», s'est réjoui Maître Altit. Qui a tout de suite déploré le caractère «manifestement insuffisant» de cette aide, «complètement inadaptée à la mise en place d'une défense effective et réelle dans une affaire de cette importance».


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 410 du samedi 7 et du dimanche 8 janvier 2012.