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mercredi, 14 juin 2017

POURQUOI L'AFRIQUE EST SI RICHE ET LES AFRICAINS SI PAUVRES ?

 

AFRIQUE BAILLONNEE.jpg

 

L'Afrique, hormis le Sahel, a tout pour réussir : terres fertiles et immenses, importantes ressources minières et pétrolières.Même les catastrophes naturelles (volcans, tremblements de terre, tsunamis, typhons...) qui frappent beaucoup de pays (le Japon dernièrement), épargnent l'Afrique. Malgré tous ses atouts, l'Afrique est néanmoins caractérisée par la misère, les guerres et les pandémies.

 Pour comprendre ce paradoxe, il faut savoir que les ressources agricoles, minières et pétrolières n'appartiennent plus aux Africains. Elles sont maintenant la propriété des multinationales à qui les dirigeants africains ont tout donné, sous forme de « contrats-bidons". Pour preuve, dans les pays pétroliers africains, l'essence est chère ou même introuvable pour les automobilistes.

Pis, la Côte d'Ivoire, nouveau pays pétrolier, a récemment reçu un prêt de 160 milliards de francs accordés par la banque AFREXIM, filiale de la BAD, pour lui permettre d'acheter du pétrole, son propre pétrole !

Autre incohérence : alors que tous les pays, pour se développer, passent par l'industrialisation, les dirigeants africains refusent totalement cette industrialisation qui aurait permis de valoriser leurs matières premières. De ce fait, lespays africains deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus endettés. Ainsi, la quasi-totalité des PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) sont des pays africains. En effet, la dette africaine est passé de 10 milliards de dollars en 1970 à 540 milliards de dollars en 2002, soit 50 fois plus en 32 ans.

Et face à ce surendettement, l'Afrique n'a rien - ni routes, ni hôpitaux ni aucune autre infrastructure - qui pourrait justifier son fort endettement. Pis, dans ces pays où "tout pousse", les africains ne mangent qu'un repas par jour et parfois meurent de faim.

51 ans après leur indépendance , les africains vivent donc moins bien maintenant qu'à l'époque coloniale. En fait, ils revivent l'esclavage sous une autre forme.

En effet, au XIXe siècle, on venait chercher les africains pour les faire travailler dans les plantations de coton en Amérique. Aujourd’hui, on laisse les africains en Afrique pour qu'ils triment au profit des multinationales. Et leurs conditions de vie ainsi imposées deviennent si intenables en Afrique, qu’ils cherchent par tous les moyens à émigrer vers les pays de leurs anciens colonisateurs…

Ainsi, 2 siècles après, Ils reprennent le même chemin que leurs aïeuls, mais volontairement cette fois-ci.

Ceci n'est pas de la politique fiction ou un remake du livre « Roots » d’Alex Haley, mais la réalité africaine.

Pour preuve, le reportage qui suit montre, sur la base de faits réels et de documents officiels, les méthodes mafieuses utilisées par une multinationale pour casser un grand projet industriel qui aurait pu aider les africains à valoriser au maximum leurs ressources, afin qu’ils puissent vivre dignement de leur travail sur place, sans chercher à émigrer...

Après l’avoir vu, on comprend maintenant comment les multinationales manipulent les dirigeants africains afin qu’ils bloquent l’industrialisation de l’Afrique et la maintenir ainsi dans son seul rôle de pourvoyeuse de matières premières. Et vu le prix payé, le Président Houphouët s’écriait « On nous a trop volés ! ». Malheureusement, on continue à nous voler encore plus maintenant...



La saga IVC BAD

 

Est-ce à dire que la misère africaine est une fatalité ? On serait tenté de le croire, en voyant tout un peuple pris entre l’enclume (Multinationale) et le marteau de leurs propres dirigeants !

Heureusement, l’histoire nous apprend, à travers de multiples exemples, qu’un pays au bord du gouffre peut - grâce à un sursaut national animé par une Noble Vision - s’en sortir rapidement et même devenir une puissance respectable.

Ce sera le thème de la 2ème partie de notre reportage, portant sur la « Nouvelle Vision » économique de l’Afrique, ensuite sur les moyens de financement de son industrialisation dans la séquence intitulée « Financement ». Et enfin, les exemples de réussite des pays qui l’ont appliquée.

 

Nouvelle Vision Pour l'Afrique

 




Financement du développement industriel en Afrique

 





Singapour 
 

 NB:

L'économie africaine est caractérisée par :

L’exportation des matières premières africaines ;
La faiblesse de la transformation industrielle des ressources naturelles africaines et notamment de l’agro- industrie africaine.
Le refus de l'industrialisation en Afrique fait que :

L’économie africaine est encore basée sur l'agriculture, notamment des produits de rente et non des produits vivriers.
Les entreprises africaines sont pour la plupart des filiales des multinationales occidentales ;
Le développement africain, malgré son taux de croissance raisonnable, ne profite pas à la population africaine.

 

Source: DEVELOPPEMENT AFRICAIN.COM

lundi, 13 décembre 2010

LA MONNAIE COMME L'EMBOUCHURE DU DEVELOPPEMENT AFRICAIN


YAO PRAO 1.JPG

Par Séraphin PRAO, Docteur en Economie

"Pour donner au développement un véritable dynamisme interne, il faut d'abord lui assurer un maximum de financement interne" (J.-M. ALBERTINI, 1967).


Aujourd'hui, il n'est plus nécessaire de souligner l'importance des phénomènes monétaires dans l'ensemble de la vie économique tant la monnaie occupe notre quotidien. Si la monnaie est familière elle n'en demeure pas moins mystérieuse.

En effet, d'une part elle est profondément présente dans la culture de chacun, d'autre part les lois qui fondent ses qualités et qui gouvernent son fonctionnement sont très mal connues.

La raison fondamentale est que la monnaie a toujours été source de difficultés et d'ambiguïtés pour les économistes puisque de nombreuses controverses ont lieu. C'est le cas du débat sur le bien-fondé de la Zone Franc, cinquante années après les indépendances des pays membres.

Le débat sur le franc CFA s'amplifie et s'organise autour de deux tendances : ceux qui préfèrent la tutelle française dans la gestion monétaire des Pays Africains de la Zone Franc (PAZF) et ceux qui demandent qu'on établisse sans délai le certificat de décès de cette humiliante tutelle française.

Nous nous situons dans cette dernière catégorie car la monnaie est trop sérieuse pour la laisser entre les mains des autres. En outre, notre intuition est que la monnaie peut être considérée comme l'embouchure du développement économique des pays africains.

Selon le dictionnaire "Le nouveau PETIT ROBERT", édition 1995, on entend par embouchure, l'ouverture par laquelle un cours d'eau se jette dans une mer ou un lac. Appelons cette ouverture "monnaie", le cours d'eau "pays africains" et la mer "le développement". De là se dessine l'objectif de notre présent article : il sera question de présenter la monnaie comme une porte ouvrant les possibilités de développement aux pays africains surtout ceux de la Zone Franc.

La littérature scientifique désormais abondante qui touche de près ou de loin le franc CFA, ne manque pas, prise dans son ensemble, d'être assez déroutante. Les travaux prolixes et solides sur la nécessité de sortir de la vassalisation monétaire côtoient de nombreux autres qui prônent le maintien de cette chaîne monétaire.

Il nous faut donc adopter une démarche méthodique afin que le texte soit clairement exposé.

Le plan de notre article sera organisé de façon suivante. On traitera dans un premier temps, la question de la nature de la monnaie. Il s'agira de présenter la nature véritable de la monnaie et non celle qui est véhiculée partout même dans certaines universités les plus prestigieuses.

Ce fait est important : non seulement il contrevient aux idées courantes selon lesquelles la monnaie est insignifiante et neutre.

Dans un deuxième temps, nous montrerons en quoi l'organisation du système bancaire de la Zone Franc conduit à un financement bancaire faible de l'investissement productif.

Enfin, dans un troisième temps, nous aborderons la nécessité de gagner notre indépendance monétaire pour lancer véritablement un développement.


I. LE CONCEPT DE MONNAIE

A. La conception insignifiante de la monnaie

Pour mieux réussir une attaque, il faut bien connaître sa cible. C'est la raison pour laquelle, dans nos différents articles, nous prenions la peine de donner une définition sérieuse de la monnaie sans méprendre les autres définitions mineures.

En effet, depuis Aristote, l'approche la plus traditionnelle du fait monétaire considère la monnaie comme un simple instrument ayant pour rôle de faciliter le fonctionnement de l'économie de marché :

-        en rendant plus simples les calculs comptables ;

-        en évitant les problèmes inhérents au troc ;

-        en permettant un transfert inter-temporel de pouvoir d'achat.

Dans ce cas, la monnaie est d'abord vue comme "un langage chiffré commun" qui va permettre de comparer la valeur de biens hétérogènes.

Elle a ainsi un rôle de simplification de l'information pour les agents économiques. Telle est la conception que certains ont de la monnaie, ce qui leur permet de considérer le franc CFA et ses mécanismes comme inoffensifs. La monnaie est donc neutre et passive.

Il importe ici de souligner que ceci implique l'acceptation de certaines conditions pratiques telle que l'exogénéité de la monnaie. Ce signifie qu'elle est indépendante de la demande de crédit (ou des dépôts) des agents économiques.

La question de l'offre de monnaie présente un enjeu important. Elle est liée non seulement à une représentation des mécanismes monétaires mais aussi à des théories explicatives du rôle de la monnaie dans l'activité économique. La politique monétaire restrictive que mène la BCEAO d'ailleurs impose l'exogénéité de la monnaie puisque l'offre de monnaie exogène est une condition nécessaire pour la théorie quantitative de la monnaie et pour la version contemporaine que représente le monétarisme.

A l'occasion de l'entrée en vigueur de la réforme institutionnelle de l'UMOA et de la BCEAO, M. Philippe-Henri DACOURY TABLEY, gouverneur de la BCEAO donnait dans une interview, l'objectif de cette réforme en ces termes : "la mise en œuvre de la réforme devrait, en assignant à la BCEAO un objectif prioritaire de stabilité des prix, permettre, de garantir le pouvoir d'achat de notre monnaie et apporter une réponse adéquate au défi du financement des économies".

La BCEAO, rebaptisée par nous, sous le nom de "Banque Centrale Européenne en Afrique de l'Ouest", ne pouvait qu'appliquer les directives de la BCE. Or cette institution qui a pour principal objectif de lutter contre l'inflation, c'est-à-dire maintenir la stabilité des prix et donc l'inflation annuelle dans la zone Euro au-dessous de 2% sur le moyen terme.

B. Une définition utile de la monnaie

En dépit de ces évolutions de fond, mal connues et mal mesurées par le public, un consensus général s'est formé pour reconnaître à la monnaie une sorte d'originalité. A côté de la vision mécaniste de la monnaie, on peut penser autrement la monnaie.

En effet, la monnaie est une créance de l'agent économique qui la détient sur l'organisme émetteur, créateur de monnaie. L'existence de la monnaie repose sur la confiance et celle-ci est liée à la garantie officielle qui est apposée sur toute monnaie sous forme d'une marque, image, emblème... La garantie donnée par une autorité représentant la collectivité permet l'usage par le plus grand nombre. Dès lors la monnaie devient un signe et on retrouve là, la nature fondamentalement abstraite et représentative de la monnaie.

Ainsi la monnaie est un fait social et n'est pas déterminée par ses qualités physiques et naturelles, ce qui d'ailleurs lui permet de remplir sa fonction. Selon cette conception de la monnaie, elle devient l'élément tangible de la communauté de destin. On peut donc considérer que la monnaie est une représentation du lien social, de la société.

Nous venons de voir que ce qu'on s'accorde, par commodité plus que par rigueur, à nommer monnaie, est en réalité un fait social total. Dès lors, sa force vient du corps social et non de l'extérieur.

Sans qu'il soit ici nécessaire d'entrer dans les détails tant la question ne sera pas épuisée, il suffira à ce stade de préciser que la définition de la nature de la monnaie ne dit pas que la monnaie n'est pas fondamentale.

Dans les PAZF, on a considéré la monnaie comme un voile, un simple lubrifiant dans la machine économique. On entend même dire, sans rire, que le franc CFA est salutaire pour les économies africaines. C'est juste un présupposé parascientifique relevant plus d'une postulation.


II. LA MONNAIE ET LE FINANCEMENT BANCAIRE EN ZONE FRANC

La méthode scientifique, telle que les modernes l'entendent, comprend trois procédés : l'observation, l'hypothèse et l'expérimentation. Dans cette partie de notre texte, nous allons indiquer l'importance des banques et faisant suite à cette démonstration, la présentation du système bancaire des PAZF permettra de comprendre la faiblesse du financement bancaire de l'investissement productif.

A. Le rôle d'une banque dans une économie

Le public reconnaît plus à la banque son activité d'intermédiation financière. Certes une banque exerce une activité d'intermédiation financière mais ce qui fait sa spécificité c'est qu'elle a un pouvoir de création monétaire. Et l'octroi de crédit par une banque ne se fait pas sur la base de ressources préexistantes. Elle crée par le crédit un dépôt bancaire au bénéfice de l'emprunteur.

Dans la tradition keynésienne, l'économie peut être représentée sous la forme de circuit économique qui repose sur une division de l'économie en trois fonctions de base : la fonction de dépense, la fonction d'entreprise et la fonction de crédit.

Dans une économie de marché, l'activité économique naît de la décision de produire des entrepreneurs. En fonction des opinions qu'ils ont sur l'état présent et futur des affaires, et du degré de risque qu'ils sont prêts à assumer, les entrepreneurs décident d'un certain niveau de production.

Cependant, ces projets doivent être validés par les banques, qui, au début du cycle de production, réalisent par le jeu du crédit l'avance monétaire dont les entrepreneurs ont besoin pour acheter les moyens de production, les biens de consommation intermédiaire et payer les salaires.

Au niveau macroéconomique, le pouvoir de création monétaire du système bancaire lève une contrainte majeure sur l'accumulation du capital : le financement des projets nouveaux d'investissement n'est plus assujetti à l'épargne formée au cours de la période.

B. Le système bancaire des PAZF et le financement bancaire

Il s'agit de présenter le "tableau de bord" du système financier et bancaire des pays de l'UEMOA en général.

Il est généralement admis que le système financier tient sa raison d'être, en grande partie, des besoins des firmes, des ménages et du gouvernement.

Du fonctionnement du système bancaire dépendra de la considération accordée à la dimension monétaire dans le financement de l'économie. En général, les pays de l'UEMOA comme de la Zone Franc d'ailleurs, ont des systèmes financiers peu profonds et un système bancaire oligopolistique.

Au sein de l'UEMOA, le système bancaire sénégalais et celui de la Côte d'Ivoire comptent environ 38% du total des banques de l'Union. Les systèmes financiers africains en général et ceux de l'UEMOA en particulier, sont étroits, peu diversifiés et n'assument pas leur rôle dans le financement du développement.

Suivant les conclusions de la mission pour la réforme des systèmes et moyens de paiement, sur une population totale de soixante-dix millions d'habitants comprenant une population active d'environ trente millions de personnes, la part des titulaires de comptes bancaires se situe à moins de 10% dans l'UEMOA. Ce faible taux de bancarisation entraîne une forte utilisation de la monnaie fiduciaire.

En Côte d'Ivoire, selon PRAO Séraphin, l'indice de l'approfondissement financier, c'est-à-dire ici la masse monétaire M2 rapportée au PIB, montre une amélioration du développement financier jusqu'en 1990 avec une très courte période de rétrécissement de 1978 à 1983. Sur la période 1962-2004, le ratio mesurant l'approfondissement financier atteint son maximum en 1977 (0,32) et son minimum en 1963 (0,18). Sa moyenne qui est de l'ordre de 0,26 est à peu près le niveau atteint en 1971, légèrement en dessous de celui de 1994 (0,28).

Du fait de la faiblesse du taux d'autofinancement et des fonds propres des entreprises comme de l'étroitesse du marché financier, le crédit bancaire est la condition non seulement d'un accroissement de l'activité économique mais du maintien d'un niveau suffisant du taux d'investissement et du taux de croissance.

En effet, dans ce genre d'économie, le partage de la valeur ajoutée des entreprises ne permet pas de dégager assez de profit et donc d'épargne de la part des entreprises, ce qui explique l'insuffisance de l'autofinancement. Dès lors, le financement bancaire peut ou doit assurer à la fois un partage social acceptable du revenu national entre entreprises et salariés et favorise la croissance avec la progression du niveau de chacune des parts. Il s'ensuit que le développement et la stabilité du secteur bancaire deviennent essentiels à une croissance économique stable.

Malheureusement, depuis l'époque coloniale, les banques peinent à financer le développement des économies africaines.

Or, le sous-développement bancaire et financier des économies de la Zone Franc a eu pour conséquence la faiblesse du financement bancaire de l'investissement.

Dans les pays de la Zone Franc en général, le crédit bancaire reste de courte période et extrêmement coûteux. Seules les opérations menées par des grandes entreprises modernes ayant une rentabilité assurée à un horizon de 1 à 2 ans sont financées, les opérations d'investissement de long terme étant quasiment exclues de leur portefeuille.

En ce qui concerne l'UEMOA, le montant des crédits alloués à l'économie équivalait à 16% du PIB en 2006, soit un niveau relativement proche de la moyenne du sous-continent mais assez loin de pays comme l'Afrique du Sud ou Maurice pour lesquels ce ratio avoisinait les 80% du PIB.

Selon toujours PRAO Séraphin, pour la Côte d'Ivoire, en faisant une étude beaucoup plus en profondeur, année par année sur la période 1962-2004, il ressort que le taux de crédit bancaire et le taux d'épargne n'ont pas connu un emballement après les années quatre-vingt-dix. Sur cette période, le taux de crédit (crédit domestique rapporté au PIB) atteint son maximum en 1983 (0.51), son minimum en 1963 (0.15) et sa moyenne en 1975 (0,31). En 1994, ce taux était de l'ordre de 0,32. Le taux d'investissement (investissement brut rapporté au PIB) atteint son maximum en 1978 (0,29), son minimum en 1992 (0,07) et sa moyenne en 1964 (0,16). Ce niveau moyen est de même supérieur à celui de 1994 (0,11).

Pour OUEDRAOGO Ousmane, "l'essentiel des crédits octroyés va toujours au commerce et surtout à la commercialisation des produits agricoles exportés (crédits du reste refinancés presque automatiquement par la banque centrale) tandis que les dossiers de crédits importants sont suivis par les maisons mères et que, sur place, des directeurs généraux adjoints expatriés, à l'ombre des directeurs généraux locaux, font la décision".

Le financement de l'investissement dans les PAZF souffre d'un manque de capitaux.

En tout cas, après les indépendances, pour la première décennie, pour ainsi dire, le poids des capitaux étrangers est resté dominant. Dans les pays francophones, en 1970, 70% du capital social cumulé des industries de transformation appartenaient à des étrangers. Le financement des investissements a été assuré de manière croissante par l'extérieur (43,4% en moyenne et 60,5% pour les pays à bas revenus).

Les systèmes financiers et bancaires des PAZF ont été libéralisés depuis les années 1990 mais le crédit bancaire n'a pas financé le développement économique comme l'avait promis la théorie de la libéralisation financière.

Mc KINNON constatait que : "Le financement des banques commerciales a principalement concerné le financement des cultures d'exportation, le coton, des crédits à court terme à des grands propriétaires terriens, des marchands et les exportateurs".

Le système financier n'a pas joué le rôle attendu dans le financement de l'investissement productif dans les pays en développement (PED) et en particulier en Afrique subsaharienne. En général, la dette extérieure a répondu aux besoins de financement des PED dès qu'au niveau macroéconomique, le volume de l'épargne s'est trouvé inférieur aux investissements.

Finalement la frilosité des banques a conduit à une surliquidité bancaire dans la Zone Franc en général, toute chose qui semble paradoxale au regard des besoins de financement. KEMPF Hubert et Marc LANTERI donnent ici quelques traits saillants de la politique monétaire en présence de la surliquidité bancaire :

"En présence d'une abondante surliquidité, la politique monétaire est confrontée à plusieurs défis qui pénalisent son efficacité. La présence d'une liquidité non ou faiblement rémunérée pèse sur la rentabilité du système bancaire, le rend plus vulnérable et contribue à renchérir le coût des emprunts. Le recours aux réserves obligatoires, déjà élevées en AS, s'avère inefficace lorsque la surliquidité involontaire est particulièrement abondante : dans ce contexte, les banques sont à même de satisfaire leur besoin de liquidité en échangeant leurs excédents sur un marché interbancaire généralement peu animé. La banque centrale n'exerce alors pas de véritable contrôle sur les taux et pourra difficilement durcir sa politique monétaire ce qui, dans l'hypothèse d'une augmentation rapide de la demande de crédit, accroît le risque inflationniste".


III. SORTIR DE LA TUTELLE FRANCAISE ET CONSTRUIRE UNE ZONE MONETAIRE UTILE A NOTRE DEVELOPPEMENT

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16:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, franc cfa, séraphin yao prao, développement africain, bceao, bce | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |