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mercredi, 25 janvier 2012

LEANDRE SAHIRI: DICTATURE OU TYRANNIE ? ACTUALISER NOTRE LEXIQUE ET ADAPTER NOTRE LANGAGE



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Actualiser notre lexique et adapter notre langage

M. Michel Amani Nguessan, le secrétaire national du FPI, chargé de la sécurité, président du comité d'organisation du meeting du samedi 21 janvier 2012, à la place Ficgayo de Yopougon, a, dans sa conférence de presse du dimanche 22 janvier 2012, au siège du CNRD à Cocody, dénoncé l'attaque contre les militants du FPI. A cette occasion, il a déclaré : « Les parrains de M. Ouattara l'accompagnent dans une dictature. Il faut mettre fin à cela sinon il sera tard » (in L'Inter du 23/01/2012).

Pour ma part, j'estime que, eu égard à la situation qui prévaut actuellement dans notre pays, situation que nous sommes des millions et des millions à subir et à souffrir, il nous faut actualiser notre lexique et adapter notre langage, d'appeler chat un chat. Ainsi, en lieu et place du terme « dictature », parlons dorénavant de : TYRANNIE. Alassane Ouattara est un TYRAN. N'en déplaise à ses « suiveurs », griots et sbires.

Le terme tyrannie vient du grec ancien : τύραννος / týrannos = tyran qui veut dire littéralement : le maître ou le dominateur qui a usurpé (s'est attribué indûment, par la violence) le pouvoir et qui en abuse, avec un entourage plus ou moins restreint qui lui est entièrement dévoué.

Ainsi donc, on appelle tyran tout homme qui, dans une cité ou dans un pays, use de toutes sortes de stratégies ou de stratagèmes, y compris illégalement, pour s'emparer du pouvoir et le conserver par la force, au mépris de la Constitution et des lois. C'est un gouvernant qui, comme dit Voltaire, « ne connaît de lois que son caprice ».

Généralement, dès lors qu'il arrive au pouvoir, le tyran écarte ou élimine les opposants, les élites et les représentants des classes sociales ou des ethnies prétendues hostiles ..., soit en les privant de leurs emplois et de leurs avoirs, soit en s'en débarrassant : ce peut être par l'exil (spontané ou provoqué, volontaire ou involontaire), par la mise en résidence surveillée ou en prison, par la mise à mort (refus de prise en charge médicale, gel des avoirs,  assassinats, attaques diverses...).

Habituellement, les tyrans gouvernent de manière absolue et s'appuient toujours sur une garde personnelle relativement renforcée et instamment renouvelée. Mais, tenez-vous bien ! Cela ne rend pas les tyrans immortels. A preuve, un grand nombre d'entre eux n'ont pas duré au pouvoir et ont péri de mort violente. Si bien que, comme dit Thalès de Millet, « Rien n'est plus rare qu'un tyran qui vieillit ». Pour la petite anecdote, François Villon raconte, dans l'un de ses contes, que la chèvre tant gratta le sol qu'elle déterra un jour un couteau avec lequel on l'égorgea. Dans le même sens, un proverbe portugais dit : « C'est le trop de cire qui met le feu à l'église ».

Selon Aristote, les tyrans ont 5 caractéristiques essentielles :

1°) Le tyran cherche son propre profit et non celui des populations ; ce profit peut être, soit la matérialisation d'une vengeance quelconque en rapport avec quelques frustrations ou humiliations subies, soit la réalisation d'un rêve d'enfance ou d'une ambition personnelle. C'est dans ce sens que l'on peut dire que la plupart des tyrans sont des paranoïaques, c'est-à-dire, selon le psychologue Kraepelin, « des individus qui se signalent par leur orgueil démesuré, leur pensée paralogique, leur déficience mentale et intellectuelle... », (Rien à voir avec les diplômes).

2°) Le tyran use de la « soumission librement consentie »  ou de la « servitude volontaire »  (La Boétie) qui consiste à manipuler les gens, en s'appuyant sur leur consentement ou assentiment ou acceptation, pour les contraindre à faire des choses dont ils n'ont ni l'envie, ni le besoin : on donne aux individus concernés l'impression qu'ils sont les auteurs de certaines décisions ; on conduit les gens à prendre plus rapidement et plus facilement une décision qui peut ou non leur être bénéfique, mais qui est surtout favorable à celui qui use de cette méthode. La soumission est indispensable au tyran, autrement dit, s'il n'y avait pas de soumission, il n'y aurait pas de tyrannie : « Pour pouvoir parler de tyrannie, il faut que quelqu'un désire dominer et... qu'un autre accepte de servir ! » (La Boétie).

3°) Pour le tyran, seules comptent ses passions et ses ambitions, très souvent démesurées et déraisonnées... Peu lui importe de conduire les populations en vil troupeau de bétail ou en moutons de panurge.

4°) Le tyran utilise la violence pour pouvoir se conserver ou se perpétuer au pouvoir et gouverne au détriment et contre la volonté des populations, selon ses caprices.

5°) Le tyran viole les lois, la justice, les droits et les libertés des individus : « Où finissent les lois, la tyrannie commence».  
Au total, les tyrans demeurent, des usurpateurs de la puissance souveraine. Leur pouvoir, finit toujours par être insupportable, à force d'être quasiment illimité, à force d'être exercé arbitrairement, sans contrôle, sans limite, avec injustice et sans aucun respect pour les lois (humaines et divines), très souvent de manière absolue et oppressive...

Au regard des définitions et des caractéristiques ci-dessus, soyons tous et toutes d'avis avec M. Michel Amani Nguessan que, dans l'état actuel des choses, et pour notre salut, « il faut mettre fin à cela... ». Force nous est de combattre le gouvernement tyrannique actuel, de mettre fin à la perversité, aux oppressions, aux violences, aux crimes et à toutes autres formes d'exactions.


Léandre Sahiri,
Professeur, écrivain, Directeur de publication du journal Le Filament. (www.lefilament.info).

jeudi, 20 août 2009

A QUOI SERVENT LES ELECTIONS PRESIDENTIELLES EN AFRIQUE ?

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C’est devenu quasi un jeu d’enfants que les pays africains organisent les élections présidentielles sensées permettre aux peuples de se choisir librement ses dirigeants dans les différentes institutions publiques. Pendant que sous d’autres cieux ce rapport entre candidats et électeurs a pour socle un cahier de charges à remplir par celui qui vient solliciter le suffrage et sensé conduire au bien-être d’un plus grand nombre, en Afrique noire et dans la plupart des pays du continent, les jeux sont joués d’avance. Le parti au pouvoir s’arrange toujours pour faire évoluer les choses en faveur de l’élection de son favori, souvent le chef d’Etat sortant, s’il ne s’agit pas tout simplement de son propre fils, en cas de vacances du pouvoir. Ce qui semble être le cas au Congo Brazzaville et au Gabon pour ne citer que ces deux pays dont tous connaissent l'attachement à la nébuleuse Françafrique. Du moment que les jeux sont joués d’avance, à quoi servent alors réellement les simulacres d’élections, en Afrique noire, si les africains eux mêmes n’en veulent pas ?


Si nous acceptons par « élection démocratique » le fait pour un peuple d’un pays donné de se choisir librement et sans aucune contrainte, à un moment donné de l’histoire de son pays ses propres dirigeants sensés d’exécuter un programme convenu préalablement entre les deux parties. Et ce, en vue du bien-être du peuple. Il ne souffre alors d’aucun doute que le pouvoir qu’exercent les hommes politiques issues des urnes a pour objectif principal l’amélioration du vécu quotidien du peuple, l’amélioration de conditions du pays, la protection de l’intégrité territoriale, la défense des intérêts nationaux au concert des nations et où les différents gouvernements se livrent à une espèce de compétition.

Tel devrait être la nature du contrat liant les différents hommes politiques à leurs peuples respectifs. Et la survie ou la validité de tels contrats tient ni plus ni moins qu’à l’entière exécution de cette espèce de cahier des charges liant l’électeur à l’élu. Cette stratification de rapports sociaux fait que les candidats à l’élection s’engagent à être, au fait, au service de leurs peuples agissant en vrai souverain primaire. Le pouvoir détenu par les hommes politiques est donc l’émanation de leur peuple. Et à leur niveau ils l’exercent par procuration n’étant pas les vrais ayant droits.

Cette relation ou ce type de contrat n’est valable que si chacune de parties respecte et exécute scrupuleusement sa part du contrat. Ce qui malheureusement ne semble pas être le cas pour la plupart des pays de l'Afrique noire, rien qu’à voir l’écart entre les promesses électorales et les réalisations pendant le temps du règne et d’exercice de l’impérieux tant convoité et pour lequel beaucoup de candidats sont prêts à vendre leurs âmes au diable.

A ce vilain baratin viennent s’ajouter tous les engagements avec les milieux des esprits. Entendez par là les loges ou sectes pernicieuses, les marabouts, les sorciers et autres petits féticheurs du quartier. Et enfin, les promesses faites aux églises pour les pratiquants de la Parole de Dieu. Chacun selon sa croyance promet à son monde spirituel respect des engagements, suivi de directives et principes sacrés, fraternité envers les frères et soeurs partageant le même idéal. Tout le monde se fait poli, docile et candide. Mêmes les loups se couvrent de la peau de l’agneau pour la circonstance.

Mais après la publication des résultats des urnes, on assiste à une espèce de transformation quasi mystique de tous ces agneaux : l’arrogance, le mépris, l’ingratitude, le mensonge, l’insouciance, les rapines, les ragots, l’incrédulité... La vraie nature revient jusqu’au prochain scrutin. Et malheur aux électeurs.

C’est un peu ça le vilain jeu appelé à tort « élection » en Afrique noire mais qui en réalité est un vrai marché de dupes. A cause du peu d’exigences des africains et l’absence de culture politique, les politiciens véreux abusent toujours du peuple. Ainsi, la classe politique africaine devient davantage riche pendant que le peuple, lui, continue à tirer le diable par la queue. Telle est, quasiment, l’état des lieux de la situation politique, en Afrique, ou encore la nature des rapports entre la classe politique africaine et le souverain primaire.

Election politique : un non sens en Afrique noire! Quand on examine, avec du recul, l’état des rapports entre la classe politique dirigeante africaine et le peuple meurtri et clochardisé, il y a lieu de se demander pourquoi on dépense autant d’argent, en Afrique noire, pour organiser des pseudo élections pendant que les résultats pour la plupart des pays sont connus d’avance ?

A quelques exceptions prêt, il faut avouer qu’en dépit de la tenue depuis la période des indépendances des élections sur le continent africain, les vraies élections politiques sont à compter aux bouts des doigts. De nombreux de pays n’ont eu à offrir à leurs peuples que des simulacres d’élections où les jeux sont faits longtemps à l'avance.

C’est pour cela que les africains doivent avoir du respect pour des pays comme le Ghana, le Bénin, l’Afrique du Sud et, dans une certaine mesure, le Sénégal, pour le bon exemple qu’ils offrent au continent, en matière électorale. Combien demain vont-ils leur emboîter le pas, sur ce bon chemin ? Dieu seul le sait.

En Afrique noire, la plupart des dirigeants politiques ne respectent les clauses contractuelles que l’instant de la période pré-électorale et celle des élections proprement dites. Ce qui relève d’ailleurs du calcul machiavélique et de la ruse des politiciens véreux pour mieux appâter les électeurs dont ils ont besoin des voix pour être élus au poste convoité. La plupart des politiciens africains considèrent leur peuple comme un citron appelé à être jeté à la poubelle dès que l’on a fini d'en tirer tout le jus qu’il contient. Inutile donc pour eux de s’en encombrer après la publication des résultats.

Ce qui ressuscite ce vieux débat sur la capacité des africains noirs à s’adapter aux principes démocratiques. Et pour beaucoup, la démocratie demeure encore un vrai luxe, par la faute de ses dirigeants et de son élite.
Même si, dans une certaine mesure, on a eu à s’en prendre aux propos du président Nicolas Sarkozy lors de son passage au Sénégal, il y a lieu de relativiser aujourd’hui ses propos qui renferment une faible dose de vérité. L’Afrique n’a pas apporté un vrai démenti à ses propos, ne serait-ce qu'à travers les actes de ses dirigeants. En dépit du coup de gueule, le statu quo est de mise.
Rares sont les pays africains qui pratiquent les vraies règles démocratiques et recourent aux élections pour permettre à leur peuple de se choisir librement des dirigeants politiques.

Si cette réalité est de rigueur dans les pays de vieilles démocraties d’Europe et d’Amérique, auxquels s’ajoutent de plus en plus, depuis un certain temps, les pays dits émergeants d’Amérique latine et de l’Asie du Sud-Est, la réalité en Afrique noire est encore toute triste et exige une urgente thérapie...
Il faut que l’occident aide l’Afrique noire à se départir de ces vilaines pratiques de tricheries électorales, de fraude avilissante et de prise en otage du scrutin. Il n’y a que cette voie qui peut permettre d’arrêter les flux migratoires des peuples africains vers les pays du Nord. Ce qui pourra faire baisser la violence et empêcher que demain le nébuleux Al Qaïda ne se fasse des milliers de partisans parmi la jeunesse africaine. Si aujourd’hui les jeunes acceptent de mourir en mer, pourvu d’atteindre l’occident, pas impossible que demain ils acceptent de devenir de vrais martyrs d’Allah.

Continuer à appuyer la dictature, en Afrique, cautionner la fraude électorale et laisser les politiciens voler les scrutins conditionnent à petit feu la jeunesse africaine à des réflexes de survie qui la préparent à se lancer, demain, dans les bras d’Al Qaïda.

Houphouët-Boigny parti, Mobutu parti, Bongo parti, nous pensons qu’il est grand temps que les anciennes puissances coloniales arrêtent de téléguider les élections, en Afrique noire. Nous pensons plutôt qu’elles ont intérêt aujourd’hui à aider les peuples africains à se choisir librement ses propres dirigeants politiques et sur la base d’un contrat social axé sur la recherche constante du bonheur du peuple.

Dans bien de pays africains, en dépit de la longévité des présidents fondateurs et autres pères de l’indépendance, le peuple croupit toujours dans la misère. Non pas que ces pays ne disposent pas d’atouts nécessaires pour assurer le développement, mais bien pour la simple raison que ces dirigeants politiques ont fait de la carrière politique la voie royale de l’enrichissement facile. Bonheur du peuple, connaît pas!


Voyons ce qui se passe au tour de nous, et nous allons vite nous rendre compte qu’il est grand temps que l’Occident aide l’Afrique noire à cesser de gaspiller inutilement ses maigres ressources pour organiser des simulacres d’élections.

Nous venons à l’instant de suivre l’appel pathétique lancé sur les ondes de la radio Rfi par le général Hugues Ngouélondélé du Congo Brazzaville, invitant le peuple à la désobéissance civique par rapport aux élections présidentielles du 16 juillet prochain.

Et de son analyse, nous avons pu retenir par exemple que le décor de la fraude est posé au Congo pour assurer l’élection du candidat-président Denis Sassou Nguesso, au premier tour. Non pas qu’il dispose d’un projet de société viable à proposer au peuple pour un contrat social, mais il a juste décidé d’abuser à nouveau le peuple congolais qui n’a que trop souffert de toutes ces années d’un règne sans partage.

Le président du Parti pour l’alternance démocratique dénonce également l’enrôlement des mineurs de moins de 8 ans et l’enrôlement de congolais d’en face (Congo Kinshasa) auxquels le pouvoir politique du Congo Brazzaville auraient fait appel en faveur du candidat Denis Sassou Nguesso.

Avec ces pratiques éhontées, quel sens peut-on donner à l’organisation des élections politiques, en Afrique noire ?

Publié le : 07 juillet 2009
Rubrique : Spéciales élections présidentielles 2009
Source : Le Journal Chrétien

20:16 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : élections présidentielles en afrique, dictature, fraude électorale, scrutins volés | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |