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mardi, 24 mai 2011

LUMIERE SUR LE DISCOURS DE SARKOZY A LA COMMUNAUTE FRANÇAISE EN COTE D'IVOIRE

 

ADO ET SARKO.jpg

Sarkozy est finalement venu en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie d'investiture d'Alassane, ce 21 mai 2011, à Yamoussoukro. Après l'arrestation du président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, il est arrivé pour couronner officiellement son poulain ADO. Comme il l'avait promis, il a rencontré des membres de la communauté des expatriés français vivants en côte d'ivoire. Au cours de cette rencontre, il a livré un discours qui traduit dorénavant, la manière dont il compte mener la politique étrangère de la France en côte d'ivoire.

Nous avons lu ce discours pour vous, afin de mettre en exergue les enjeux de l'implication de la France dans cette crise mais aussi les nombreuses contre vérités qu'il renferme.

Ce discours s'articule tout d'abord autour d'un souci permanent : celui de justifier l'intervention de l'armée française, car hantée et acculée de par les critiques qui fusent de toutes parts et même au sein de la classe politique française.

Il commence son propos par un tour de charme destiné à la communauté française. Cette communauté qui aux heures chaudes de la crise avait refusé de se faire évacuer, car ayant en mémoire les déboires qu'avaient connus ceux qui l'ont été aux cours des évènements de 2004. Il leur exprime les préoccupations, les soucis, les inquiétudes qu'il avait ressentis pour eux pendant la crise dite postélectorale. Et leur affirme que c'est surtout à cause d'eux et de leurs familles que l'armée française est intervenue. On le sait, des expatriés français, il n'en était point question : seuls les intérêts économiques français comptaient. N'est ce pas eux qui chaque année rapatrient des capitaux vers leur pays d'origine, la France ? En effet ses agissements (destruction des aéronefs de l'armée ivoirienne, hélicoptère tirant sur les jeunes patriotes sur le pont De Gaule, tueries des jeunes gens sur l'esplanade de l'hôtel ivoire) avaient mis à mal cette paisible communauté livrée ainsi à la vindicte des ivoiriens. L'on se souvient encore des slogans : '' à chacun son blanc'' d'un côté et de l'autre '' à chacun son nègre''.

Poursuivant, il ne cache pas sa joie d'avoir reconquis l'ex colonie, en utilisant le terme de : '' relations fraternelles''. Quelqu'un disait quelque part : « ...les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts... ». Puis, il n'oublie pas de féliciter son Ambassadeur Jean Marc Simon qui a accompli sa mission commandée. On se rappelle comment ce dernier, aidé par celui des USA avait amené Youssouf Bakayoko président de la CEI à l'hôtel du Golf pour y proclamer les résultats de l'élection de décembre 2010. Notons en passant que ce dernier avait bénéficié depuis lors d'un exil doré en France.

Cette opération de charme va plus loin ; il évoqué la disparition des deux français enlevés et deux autres étrangers et promis de non seulement les retrouver, mais de punir les auteurs de cet enlèvement. Là-dessus, il ignore royalement Philippe Rémond, Français vivant à Yamoussoukro, assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. Il va plus loin en affirmant : « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité», oubliant les nombreux ivoiriens aussi tués en toute impunité. Deux poids, deux mesures donc : la vie du français est plus importante que celle de l'ivoirien.

A maintes reprises il a évoqué la démocratie. Selon ses propos, la France a pour vocation de soutenir la démocratie, donc des régimes démocratiques. Chères frères, cela fait bientôt deux mois qu'Alassane a pris le pouvoir. En Côte d'Ivoire il n'y a pas de démocratie :

- La liberté de réunion est compromise par l'insécurité grandissante

- Les journaux proches de l'opposition ne paraissent plus, ceux qui essaient de contrarier le régime en place sont menacés (exemple du quotidien l'Inter)

- La chasse à l'homme continue : plusieurs de nos ressortissants : plusieurs de nos citoyens sont exilés dans d'autres pays, fuyant les exactions

- Les rackets se sont intensifiés sur nos routes

- Plusieurs personnes politiques et civiles sont maintenues arbitrairement en prison au motif d'appartenir au camp Gbagbo

C'est cela la démocratie que ADO prône et que la France compte soutenir, alors que les médias français restent muets sur tous ces faits évoqués plus haut.

Parlant des élections, il affirme sereinement que le peuple s'est exprimé librement. C'est faire preuve de mauvaise foi : ignorer qu'au nord les rebelles ont intimidés, empêchés, menacés, violés les partisans de la LMP et ont bourrés les urnes, falsifiés les bulletins de vote, etc. Plusieurs observateurs notamment africains ont relevés tous ces manquements graves.

Du mandat de Gbagbo, il le décrit comme ''un décennie de crise et de souffrance''. Les ivoiriens sont encore là, ils ont vécu ces 10 années sous le régime Gbagbo et peuvent témoigner. Pendant 10 ans, des progrès significatifs ont été enregistrés :

- Amélioration des traitements des fonctionnaires

- De nombreux jeunes recrutés dans la fonction publique

- Gratuité de l'école

- Création de centres de soins

- Amélioration des revenus des producteurs agricoles

- Liberté d'expression etc.

Oui, les ivoiriens sont encore là. Tout n'a pas été rose, mais tout n'a pas été négatif non plus.

Puis il va plus loin dans son désir de tronquer l'histoire. En évoquant les présumés tueries des femmes à Abobo et l'utilisation des armes lourdes. A ce niveau, il faut rappeler que plusieurs gendarmes et policiers ont été aussi assassinés par ceux qu'ont a appelés ''les commandos invisibles'', sans compter les déplacements massifs des populations fuyant les combats. Des armes lourdes, il y en avait dans les deux camps. Mais seulement voilà, chose curieuse, l'ONU et la France avaient décidés de ne voir que celles du camp Gbagbo. Comment appeler cela sinon un parti pris pour des forces qui se disaient impartiales.

Dans son discours, il tire des leçons. Intéressons-nous à la deuxième : '' la responsabilité de protéger''. Il affirme : «  la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre... » Eh oui, elle ouvre les yeux lorsqu'il s'agit des blancs et des partisans de celui qu'elle supporte, et ferme les yeux sur ceux du Rwanda et plus près de nous ceux de Duékoué. A ce sujet, on peut se référer au rapport du Nouvel Observateur, organe de presse français. Les massacres de milliers de guérés de Duékoué reprochés d'être proche du camp Gbagbo, se sont perpétrés au nez et à la barbe des forces onusiennes qui y étaient stationnées.

3ème leçon, il réaffirme que la France a agit sous le mandat de l'ONU. Encore un stratagème quand on veut assouvir ses basses besognes, on utilise la couverture de l'ONU, comme en Libye. Voilà la nouvelle politique africaine de la France.

Avant de terminer, il évoque une série de mesures sur lesquelles la France compte aider ADO. Des mesures qui touchent des domaines sensibles tels que l'éducation, l'armée, la reconstruction, la réconciliation, etc. Mesures qui ressemblent étrangement dans leur description à des consignes qu'il laisse à son protégé ADO. La France compte aider la Côte d'Ivoire ? Quelqu'un a dit : «  les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts », sinon, au nom de quelle ''amitié'' ou ''fraternité'' la France s'ingèrerait-elle si ouvertement en Côte d'Ivoire ?

Cerise sur le gâteau : l'armée française sera maintenue en Côte d'Ivoire, bien plus, il sera signé entre les deux pays un nouvel accord de défense. Le ministre français à la défense sera dépêché dans les tous prochains jours en Côte d'Ivoire pour finaliser le document, qui dit-il sera rendu publique puisque publié. Rassurez-vous, la France est experte dans ce genre de traité floues et opaques qui n'offrent aucune lisibilité. Rappelez-vous, l'ancien accord de défense signé le 24 avril 1961 sous Houphouët Boigny.

Pour conclure son propos, il nous éclaire sur la morale de cette histoire : « ... la conviction, la détermination, le courage, les principes finissent par toujours triompher ».

Chers ivoiriens, reprenons à notre compte cette morale. A tous les ivoiriens qui aiment leur pays : notre conviction, notre détermination, notre courage, nos principes finiront par triompher de ce pouvoir ouattariste indigne et vendu à la France.

Côte d'Ivoire, la lutte continue...



Source: POUR UNE COTE D'IVOIRE SOUVERAINE