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vendredi, 11 janvier 2013

MESSAGE DE FIN D’ANNEE 2012 DE M. OUATTARA - DISCOURS ADRESSE A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE, PAS AUX IVOIRIENS

 

ALASSANE OUATTARA ET BAN KI MOON.jpg


«L’espoir l’emporte très largement sur les incertitudes car notre pays se porte mieux. Il suffit pour en juger de regarder le chemin parcouru aux plans de la consolidation de nos institutions, de la situation  économique et sécuritaire ainsi que du point de vue de la cohésion nationale»

La lecture de ce bilan dressé par M. OUATTARA  ne fait que confirmer qu’il ne s’adressait pas aux ivoiriens mais à ceux qui l’ont élu Président: la communauté internationale.

Pour M. OUATTARA, la consolidation de nos institutions se mesure par:

«Nous avons renouvelé notre Assemblée Nationale qui s’est mise au travail»

Le rattrapage prôné par le nouveau pouvoir a donc permis une «consolidation des institutions» par exclusion de l’opposition de l’assemblée nationale avec un taux de participation réel de 15%. La consolidation des institutions se réalise donc par l’exclusion de la population ivoirienne et de l’opposition.

«Avec un taux de croissance qui sera parmi les plus élevés au monde, notre économie est en pleine mutation et se diversifie… Les revenus dans le monde rural ont augmenté grâce à la hausse des prix d’achat du café, du cacao, du coton, de l’anacarde et bien d’autres cultures… Le kilo du cacao est acheté aujourd’hui à 725 FCFA contre 650 au cours de la campagne précédente»

Pour les ivoiriens qui sont chassés de leur plantation et qui vendaient leur cacao à 1.000 FCFA au moins le kilo sous le régime GBAGBO, un tel bilan ne les concerne pas ; mais pour les mercenaires recrutés pour les besoins de la cause et qui ont installé, à  l’ouest, quatre armées étrangères dans la boucle du cacao pour s’approprier les plantations de cacao des ivoiriens, ce bilan a peut être un sens, ayant occupé les plantations  en guise de rémunération et de butin de guerre.

«La Côte d’Ivoire est au travail, notre pays est aujourd’hui un vaste chantier : routes, ponts, hôpitaux, écoles, infrastructures diverses voient le jour et sont visibles de tous et pourtant j’entends dire que l’argent ne circule pas!»

La Côte d’Ivoire est peut être au travail mais sans les ivoiriens qui sont dans des camps de refugiés et périodiquement visités par des chasseurs traditionnels les jours de fête, ou dans des camps de torture disséminés à travers le pays, ou en exil. Ceux qui restent sont les spectateurs des contrats de gré à gré distribuées pour récompenser les parrains de la guerre contre la Côte d’Ivoire et les camions qui transportent des travailleurs mercenaires qui affluent du pays d’origine de la rébellion qui a attaqué la Côte d’Ivoire.

La  croissance annoncée comme l’une des plus fortes d’Afrique et même du monde se réalise sans les opérateurs économiques et les travailleurs ivoiriens. M. le président de la communauté internationale, voici les raisons de l’absence de circulation de l’argent entre les mains des ivoiriens qui vous écoutent médusés lorsque vous leur dites:

«Que l’enquête qui vient de s’achever sur la situation de l’emploi dans notre pays indique une nette réduction du taux de chômage»

Pendant que la chambre de commerce et les centrales syndicales annoncent entre 80 000 et 120 000 emplois détruits depuis 2011.

Ils sont encore plus surpris lorsque vous leur promettez d’améliorer leur salaire alors qu’ils constatent des salaires impayés de plus de 4 mois pour certains, des indemnités de correction des enseignants et des indemnités de logement impayés.

Ils sont encore plus étourdis lorsque vous parlez d’assurance maladie pour des hommes qui n’ont ni droit au travail, ni droit à la liberté, ni droit de vivre dans leur propre pays.

Lorsqu’ils vous entendent dire que la sécurité s’améliore, ils éclatent de rire dans leur tombe pour certains, pour d’autres au fond des prisons et des camps de tortures et pour tous, la menace permanente d’un chasseur dozo, cherchant du gibier humain.

Lorsque vous faites le constat d’une amélioration de la cohésion sociale dans la justice des vainqueurs, ils se demandent si vous ne faites l’effort de vous convaincre de l’inverse de ce que vous pensez réellement.

Ils savent une seule chose : toutes vos promesses et réalisations s’adressent à ceux qui vous ont porté au pouvoir et ne les concernent pas car vos infrastructures de route, d’eau, d’électricité  ne leur sont pas accessibles puisque privés de pays, de liberté, de sécurité et de revenus.

 

Dr Cheick DIABATE,

 Enseignant -Chercheur, Université du Colorado, USA

mardi, 09 octobre 2012

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR LAURENT FABIUS: SILENCE, ON TUE EN COTE D’IVOIRE!

 

LAURENT FABIUS.jpg

 

A la fin du mois de juillet dernier, M. Alassane OUATTARA a effectué une visite officielle en France où il a rencontré M. Laurent FABIUS Ministre d'État, Ministre des Affaires étrangères de la France. Lors de la conférence de presse qui a suivi leur rencontre, M. FABIUS a déclaré que M. OUATTARA est son ami et que les relations entre la Côte d'Ivoire et la France ne devraient pas changer et qu'il ne fallait pas voir des problèmes là où il n'y en a pas c'est-à-dire en Côte d'Ivoire.

M. Ouattara vient de séjourner encore en France à l’occasion du 40e anniversaire du Franc CFA. Vous avez remarqué qu’il est le seul chef d’Etat à y croire encore et être content de ce nazisme monétaire qui a développé la pauvreté en Afrique et la prospérité en France.

Pour M. Fabius, il n’y a donc aucun problème en Côte d’Ivoire. Nous savions depuis longtemps que la droite française avait catégorisé les ivoiriens en deux camps: les Pro OUATTARA qui devait être protégé à tous les prix y compris aux prix du sacrifice de quelques soldats français et les pro-GBAGBO, déclassés sur l’échelle de l’évolution des espèces et qui sont devenus le chaînon manquant entre les quadrupèdes et les bipèdes et donc ne méritent que des chasseurs à leur trousse pour les abattre et pour les plus chanceux, se retrouver dans des prisons, des camps de tortures ou des camps de refugiés transformés pour la circonstance en zoo pour les quelques spécimens à protéger.

Pour la droite française, il n’y avait donc pas de problème, la réglementation de la chasse étant respectée et les méthodes de mise à mort par égorgement étant conformes aux normes sanitaires. Par votre déclaration vous nous apprenez que pour la gauche française, il n’y a pas de problème non plus étant donné que les hommes changent mais les intérêts restent.

Nous voudrions juste rappeler à Monsieur FABIUS, que dans un passé proche où il était Premier Ministre de France, il n'a pas vu venir le scandale du sang contaminé. Aujourd'hui, Ministre français des Affaires étrangères, il trouve qu'il n'y a pas de problèmes en Côte d'Ivoire. Dont acte.

Toutefois, nous attirons l'attention de Monsieur Fabius sur les faits suivants :

  • LES MASSACRES DE DUEKOUE (OUEST IVOIRIEN)

A l’Ouest de la Côte d’Ivoire, quatre (4) bandes armées Burkinabé et plusieurs bandes de chasseurs dozos, occupent l’ouest de la Côte d’Ivoire comme le nord du Mali est actuellement occupé par des bandes armées. Au Nord du Mali, la Charia est pratiquée et vos porte-voix RFI et France 24 vous rapportent les bras coupés en cas de vol, mais il ya pire à l’Ouest  de la côte d’Ivoire où le culte au dieu de la guerre est pratiqué régulièrement avec des sexes coupés, les terminaisons des bras et des pieds coupées, la gorge tranchée pour recueillir le sang pour le culte au dieu de la guerre. Vos porte-voix ne vous rapportent pas ces scènes parce que les victimes sont le chaînon manquant de l’évolution des espèces et les analyses d’ADN à travers des enquêtes interminables ne précisent pas encore leur statut d’humain. Pour votre gouverne, prière prendre un temps pour consulter cette vidéo à l’adresse suivante:

http://www.youtube.com/watch?v=tpxbDA4M87c,

où un jeune baoulé de l’Ouest est en train de subir ce rite macabre. Les sacrifices individuels ne suffisent pas à ces dieux, il leur faut de temps en temps, pour les jours de fête des troupeaux entiers:

Du 27 au 29 mars 2011, ces forces lugubres qui font maintenant partie de l’armée de OUATTARA parce que invitées à toutes les cérémonies officielles, ont massacré plus de 1000 civils à Duékoué dans le quartier Carrefour supposé être un quartier pro-Gbagbo quasiment la veille des bombardements français (censés protéger la population civile, faut-il le rappeler ici?). Des femmes, des enfants et tous les hommes ont été tués par balles, armes blanches, voire brûlés vifs. C’était le grand sacrifice pour la grande fête des dieux de la guerre pour implorer leur soutien dans l’offensive armée contre le régime du Président GBAGBO. L'ONUCI (l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire), l'armée de l'ONU en Côte d'Ivoire qui a pour mission de protéger les civils a prétendu n'avoir pas pu s'interposer pour protéger ces innocents lors du massacre mais a pu trouver les moyens d'entasser les corps dans des fosses communes.

La CPI (la Cour Pénale Internationale) a dû utiliser des drones pour retrouver les charniers pour le compte de ses enquêtes et cela en présence de l'ONUCI qui, dans sa précipitation de cacher les morts, a oublié de baliser les charniers.

Le vendredi 20 juillet 2012, un autre massacre a eu lieu dans un camp de réfugiés supposés pro-Gbagbo à Nahibly à quelques kilomètres de Duékoué. Ce camp de la Croix-rouge qui était sous la protection de l'ONUCI, encore eux, a vu à peu près 230 civils tués, des fois brûlés vifs. Le camp a aussi été incendié.

L'Ambassadeur de Suisse en Côte d'Ivoire a réagi en déplorant ces actes abjects et a demandé au Gouvernement ivoirien d'identifier et de punir les coupables. Nous attendons encore la réaction de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

N'oublions pas que la Licorne qui est l'armée française positionnée en Côte d'Ivoire fait partie de l'ONUCI. C'est quand même paradoxal que l'armée française qui a bombardé à deux reprises la Côte d'Ivoire (2004, 2011) soit une composante de l'ONUCI qui a pour mandat la protection des civils ivoiriens. Vivement des pilules contre la schizophrénie.

Aujourd'hui, aucun responsable de ces massacres n'a été ni arrêté, ni jugé par la justice ivoirienne. Les coupables courent toujours et continuent leurs exactions.

Monsieur Fabius a déclaré, lors de la passation de service avec Monsieur Alain Juppé, qu'en France les hommes changent mais les intérêts restent. La France était informée de tous ces massacres donc Monsieur Fabius aussi.

En traitant à l’ONU le Nord Mali n’oubliez pas l’ouest de la Côte d’Ivoire. Si vous ne le faites pas, demain, ne venez pas dire à l’assemblée Nationale Française que vous n’étiez pas au courant comme dans le cas du sang contaminé car je vous informe par cette lettre ouverte.

Je vous informe aussi que les armes qui atterrissent au Nord du Mali comme à l’Ouest de la Côte d’Ivoire transitent par le BURKINA FASO et que ces armes sont achetées en Occident parce que le BURKINA n’a pas encore d’usine de fabrication d’armes. Je sais aussi que dans ces temps de vache maigre en Europe et de manque de compétitivité de l’économie française sur les produits classiques, la vente des armes est un marché sûr et prospère. Je sais aussi que les pays n’ont pas d’amis et que les hommes changent mais les intérêts restent. Vos intérêts vous commandent de continuer à vous taire, mais soyez rassuré, les auteurs, coauteurs directs et indirects de quelques pays que ce soit ne manqueront pas le jugement des fils dignes d’Afrique.

  • TORTURES ET BRIMADES

Plusieurs journaux ivoiriens ont fait état des camps à Yopougon et au PK17 route de Dabou des quartiers de la banlieue d'Abidjan dans lesquels des jeunes civils et militaires supposés pro-Gbagbo sont emprisonnés et torturés. Ces jeunes gens ont eu simplement cette infortune d'habiter le mauvais quartier et d'appartenir à la mauvaise ethnie. Il faut préciser que la constitution ivoirienne dans son préambule proclame son adhésion aux droits et libertés tels que définis dans la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948.

Mais, depuis que la France et l'ONU ont imposé Monsieur Alassane Ouattara à la tête de l'État de Côte d'Ivoire, son armée, les FRCI procèdent à l'enlèvement des jeunes civils. Certains d'entre eux sont libérés moyennant rançon.

Le silence assourdissant de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire fait froid dans le dos. La France est informée donc Monsieur Fabius le sait mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • EMPRISONNEMENT ARBITRAIRE DES MEMBRES DE L'OPPOSITION

Décapiter l'opposition reste le leitmotiv de Monsieur Ouattara. Au lendemain de l'arrestation du Président Gbagbo, la plupart de ses ministres et de ses partisans ont été arrêtés et jetés en prison dans le Nord de la Côte d'Ivoire et à Abidjan. Après plusieurs mois d'emprisonnement, ils ont enfin entendu leurs chefs d'inculpation qui varient entre génocide, crimes de sang, atteinte à la sécurité nationale, crimes économiques et détournement de fonds publics. Le dernier à connaître les geôles de la MACA (Maison d'Arrêt et de Correction d'Abidjan) est le Secrétaire général du FPI (Front Populaire Ivoirien), Parti du Président Gbagbo.

Comprenons-nous bien qu'en Côte d'Ivoire s'il y a un génocide l'auteur sera sans aucun doute Monsieur Ouattara dont l'armée est en train d'exterminer la population Wè de l'Ouest de la Côte d'Ivoire.

La France est informée Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • MANDATS D'ARRET INTERNATIONAUX

À la date d'aujourd'hui, la justice de Monsieur Ouattara a émis 34 mandats internationaux contre les opposants à son régime. Un record ! Alors que dans le même temps aucun auteur des crimes de Duékoué n'est inquiété. Pire, les chefs rebelles sont nommés Préfet de région. Le Préfet de l'Ouest est cité par la CPI pour ses responsabilités identifiées par Amnesty International dans les massacres de la région Ouest. Il pourra continuer en toute impunité ses crimes et les expropriations du peuple Wê. Encore un effort et Monsieur Alassane Ouattara traversera le mur du son du ridicule.

Son nouveau hobby, c'est l'acharnement contre la personne de Monsieur Koné Katinan Ministre du Budget du dernier gouvernement du Président Gbagbo et l’interdiction aux épouses de rendre visite à leur mari au Ghana.

La France est informée, Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • GELS DES AVOIRS BANCAIRES

Une liste de 150 personnes ont eu leurs avoirs bancaires bloqués en France et en Côte d'Ivoire après que Monsieur Sarkozy ait déposé Monsieur Ouattara à la tête de l'État de Côte d'Ivoire plus d'un an après, ces comptes restent toujours bloqués. Pourquoi ? Faut-il plus d'un an pour vérifier s'il y a eu des mouvements litigieux sur un compte ? À cette question la réponse est NON. La Libye, qui n'a pas encore organisé ses élections législatives, a eu ses comptes dégelés. Alors, pourquoi ces hommes et ces femmes qui ont eu pour seul tort d'agir pour la continuité de l'État de Côte d'Ivoire se voient dépossédés de leur économie.

La France est informée, Monsieur Fabius aussi mais les hommes changent, les intérêts restent.

  • MUSELLEMENT DES JOURNAUX DE L'OPPOSITION

Six journaux de l'opposition ont été interdits de parution pour avoir donné le titre de Ministre aux membres du dernier gouvernement du Président Gbagbo. N'eut été la réaction de l'Ambassadeur des USA en Côte d'Ivoire, cette interdiction aurait continué. On attend toujours la réaction de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire.

Nous aurions voulu que l'AFP (l'Agence France Presse) et RFI (Radio France Internationale) dans leur traitement de cet évènement, parlent de journaux d'opposition et non de journaux pro-gbagbo car pendant la campagne présidentielle en France, ils n'ont jamais traité "Libération" de journal pro-Hollande ni le Figaro de pro-Sarkozy.

Eh Oui ! Messieurs, Dans cette république très très démocratique de la Côte d'Ivoire de Monsieur Ouattara, il y a encore des journaux qui veulent traiter l'information autrement.

  • CONCLUSION

Aujourd'hui, nous avons une parodie de justice où l'on a créé une usine de fabrication de chefs d'inculpation dont les produits manufacturés les plus prisés sont : Génocide, Crimes de sang, Atteinte à la sécurité nationale et Crimes économiques. Si vous êtes partisan du Président Gbagbo ou supposé, vous risquez l'un de ces chefs d'inculpation voire plusieurs.

Les marchés publics sont attribués de gré à gré à l'instar de ce marché de réhabilitation des Universités d'un montant de 100 milliards de francs CFA (un peu plus de 152 millions d'Euro). Bravo ! La bonne gouvernance.

A part cela, Monsieur Fabius, tout va bien en Côte d'Ivoire, il n'y a pas de problèmes sous le régime de Monsieur Ouattara.

Madame Alliot-Marie n'avait pas vu des problèmes en Tunisie au début du printemps arabe. Résultat, sa carrière politique est partie en vrille avec la chute de Monsieur Ben Ali. Le jour où les ivoiriens se soulèveront, vous ne direz pas que vous n'aviez rien vu venir.

A Propos du Mali, Le Président Hollande a déclaré à l'ONU "quant aux élections elles seront organisées quand le Mali aura recouvré la totalité de son territoire. Comment organiser des élections avec un Nord Mali occupé par des terroristes qui n'appliquent pas les lois de la démocratie". Voyez-vous Monsieur Fabius, en 2010 le Nord de la Côte d'Ivoire était occupé par des chefs rebelles qui n'appliquaient pas les lois démocratiques avec le cambriolage de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest) et autres crimes de sang mais Monsieur Nicolas Sarkozy, qui partage le même ami que vous, avec l'onction de l'ONU a organisé les élections dont nous voyons le résultat. En 2012, l’Ouest de la Cote d’Ivoire est occupé par quatre (4) bandes armées Burkinabé, des bandes de dozos, sa population chassée, mais je suis sûr d’une chose, vous ne trouverez pas incongrue l’organisation des prochaines élections locales dans cette zone.

Dans quelques jours, vous accompagnerez le Président Hollande au XIVème sommet de la Francophonie à Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo. Vous verrez sûrement votre ami, Monsieur Ouattara. Il vous dira sûrement, pour la nième fois, que tout ceci ne serait pas arrivé si le président Gbagbo ne s'était pas accroché au pouvoir. Mais il oubliera sûrement, pour la nième fois, de vous dire que si l'on avait recompté les bulletins de vote comme l'avait demandé le Président Gbagbo, tout cela ne serait pas arrivé.

Soyez-en rassuré, M. le Ministre, le peuple de Côte d’Ivoire n’attend rien de vous, mais de grâce, ne dites pas que tout va bien en Côte d'Ivoire et ne venez surtout pas parler de droit de l’homme lorsque le peuple prendra ses responsabilités.

Vous remerciant.


Dr Cheick DIABATE,


Enseignant chercheur

Université du Colorado, USA

mardi, 28 février 2012

LETTRE OUVERTE DU Dr CHEICK DIABATE A NICOLAS SARKOZY


LA FRANCE FORTE.jpg

ELECTIONS PRESIDENTIELLES FRANÇAISES

LE Dr CHEICK DIABATE ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT NICOLAS SARKOZY A PROPOS DE SA POLITIQUE D'INGERENCE EN COTE D'IVOIRE ET INTERPELLE LES ELECTEURS FRANÇAIS

 

M. Le Président, votre candidature à la Présidence de la République Française est effective même si vous avez démarré depuis longtemps la campagne avec les moyens de l'Etat. C'est l'heure du bilan c'est-à-dire l'heure pour dire aux françaises et aux français ce que vous avez fait des impôts qu'ils ont payés, des dettes que vous avez contracté en leur nom et du pouvoir d'Etat à vous confié. Evidemment vous leur direz ce que vous avez envie de leur dire pour assurer votre retraite sans tracasserie juridique ou votre réélection. Une partie du peuple français n'aura aucun élément pour vous contredire car nourrie par une presse d'Etat instrumentalisée par vous. Etant donné que les ivoiriens ne seront pas invités au débat au nom du principe sacro-saint de la souveraineté des états, ils n'auront donc pas l'occasion de dire ce que votre presse aux ordres n'a pas voulu dire, à savoir, comment vous vous êtes invité dans les élections en Cote d'Ivoire en violation du principe de la souveraineté et des règles internationales qui encadrent toute présence étrangère dans un pays hôte. Pour que les françaises et les français soient informés en dehors de l'AFP, France 24, TV5 ou RFI et compagnies de vos agissements en leur nom sur la scène internationale, je me permets de vous adresser cette lettre ouverte pour donner l'exemple de la Cote d'Ivoire qui n'est pas différent d'autres cas à travers le monde.

La guerre inutile et couteuse contre la Cote d'Ivoire

Suite aux élections présidentielles en Cote d'Ivoire de 2000 qui a vu l'élection de Laurent GBAGBO comme président de la république de Cote d'Ivoire, votre prédécesseur Jacques CHIRAC attaque la Cote d'Ivoire sous le masque d'une rébellion armée et entrainée avec les moyens de l'Etat français. Le pays est alors divisé en deux et l'armée française règne en maitre pendant 9 ans se donnant le droit de détruire les avions de l'armée ivoirienne et de tuer 56 jeunes ivoiriens en 2004 devant l'hôtel ivoire à Abidjan. La raison de cette rébellion inutile était simple : Le Président GBAGBO n'était pas le choix de la droite française en 2000 et sa politique est déterminée sans l'aval de la France.

En Novembre et Décembre 2011, le Président Laurent GBAGBO a été proclamé Président de la république de Cote d'Ivoire avec 51.45% par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire, organe chargé de proclamer les résultats définitifs des élections présidentielles en Cote d'Ivoire. Contre toute attente, l'ambassadeur de la France en Cote d'Ivoire, s'ingérant d'une manière inacceptable dans une élection qui ne le regarde pas, kidnappe le président de la Commission électorale, organe chargé de l'organisation technique des élections et fait proclamer un autre résultat en faveur de l'adversaire du Président GBAGBO peu avant celui du conseil constitutionnel, en dehors de toute règle, et, chose curieuse au QG du candidat adverse : M. OUATTARA Alassane. Actionné par votre soin, seule la télévision française France 24 a eu la primeur de l'information certifiée ensuite par l'ONU. Une crise postélectorale s'ouvre. Le Président Laurent GBAGBO, convaincu de sa victoire, demande un recomptage des voix pour trouver une solution pacifique à la crise comme cela a été fait en HAITI dans le même mois suite à une crise identique.

M. SARKOZY, vous devez dire au français pourquoi vous n'avez pas fait le choix du recomptage et que vous avez opté pour le blocus du port d'Abidjan privant la Cote d'Ivoire de médicaments ayant entrainé plusieurs morts, pour l'embargo sur le cacao ivoirien, pour la fermeture des banques, pour les sanctions européennes contre les personnalités proches de Gbagbo et les entreprises publiques, etc. Lorsque cette méthode macabre n'a pas marché, vous avez violé le mandat de l'ONU et l'embargo sur les armes pour armer des rebelles et faire débarquer des contingents entiers de l'armée française pour larguer plusieurs es dizaines de bombes sur les ivoiriens qui sont morts par centaines. Là où CHIRAC a échoué en 2002 en se cachant derrière les rebelles, vous avez réussi à parachever le coup d'Etat de votre prédécesseur en bombardant la résidence officielle d'un chef d'Etat sans déclaration de guerre autorisée par le peuple français. Vous avez fait croire comme un refrain par media français instrumentalisé, que GBAGBO a refusé de reconnaitre sa défaite aux élections présidentielles alors que c'est bien vous qui aviez refusé de reconnaitre la décision prise par le Conseil Constitutionnel de la République de Cote d'Ivoire le proclamant vainqueur de l'élection présidentielle. Une décision constitutionnellement sans recours.

Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République de France, la France ne peut éternellement soumettre la Côte d'Ivoire à cette négation de sa souveraineté qui rappelle l'époque de la colonisation et en cette période de mondialisation. Cette forme de collaboration à coup de bombes ne peut durer qu'un temps. Cette tromperie intellectuelle qui consiste à faire voter une résolution à l'ONU pour contourner la Constitution de votre pays dans le but de faire la guerre à un autre pays et à bombarder les résidences des Présidents appelées bunker pour la circonstance ne peut tromper qu'un instant. Vous tirez aujourd'hui les conclusions de votre tricherie intellectuelle qui ne prend plus. Car, en Syrie où il y a plus de morts qu'en Côte d'Ivoire avant votre guerre, vos vœux de résolutions restent sans suite. Les pays émergents restent sourds à vos sollicitations. L'Afrique du Sud et le Brésil ne veulent plus vous suivre dans vos chevauchées guerrières estampillées ONU. La Russie et la Chine vous montrent leur veto.

Les bombes

Vous qui espérez un deuxième mandat, avez-vous pris une seule fois l'avis des français avant d'aller bombarder des femmes et des enfants et traumatiser des populations entières ? Les avez-vous seulement consultés pour aller dépenser leurs impôts et autres cotisations fiscales dans des bombes meurtrières.

Monsieur Sarkozy, sachez qu'en Afrique sinon en Côte d'Ivoire quand on bombarde les casernes de gendarmes où vivent femmes et enfants, on ne bombarde pas que des poudrières, on bombarde aussi ces femmes et ces enfants. Nous vous demandons d'avoir le courage d'informer vos compatriotes de ces femmes et enfants que vous avez tués. Ces morts dont ni Radio France Internationale (RFI), ni France 24 ne parlent. Tous ces employés et ces jeunes morts à la résidence du Président GBAGBO que vous avez traité de bouclier humain.

Prenez le soin Monsieur le Président de dire aux Français que la « démocratie » que vous avez installée en Côte d'ivoire tue plus que la « dictature » que vous avez enlevée car cette « démocratie » a sélectionnée une ethnie « pure » en Côte d'ivoire pour constituer une armée, une administration et un parlement constitués de cette ethnie « pure » qui applique la solution finale : le massacre des « impurs », femmes et enfants qui s'étaient réfugiés à la mission catholique de Duékoué et d'ethnie « impure » (plus de 800 morts en une seule journée selon le CICR). On appelle cela un génocide dont vous êtes coauteur.

Vous êtes complice de Monsieur Alassane Ouattara et de « sa solution finale » faite de massacres, de déportations, d'emprisonnements dans des camps de concentration et de gels des avoirs des « impurs » qui ne veulent pas se soumettre. Plus d'une centaine de prisonniers politiques, plus de 200 comptes bancaires gelés et une dizaine de personne assassinées, violée ou blessées chaque jour, telle est le sort des « impurs » ivoiriens aujourd'hui et vous le savez.

Si vous avez pris le temps de réfléchir sur vos actes vous comprendriez que leur portée n'a été que négative ; vous avez largué des bombes sur Abidjan, résultat : vous avez créé une dictature tribale comme régime, assistée d'experts français avec une Côte d'Ivoire divisée sans espoir de réconciliation.

Vous avez largué des bombes sur la Libye et dites-nous quelle démocratie avez-vous instaurée dans ce pays ? Des innocents sont morts, des travailleurs noirs croupissent dans les prisons libyennes car considérés comme des miliciens de Kadhafi, alors que l'Union Africaine (UA) demandait de dialoguer avec Monsieur Kadhafi.

Vous avez bombardé dans le nord du mali les 4x4 contenant vos jeunes compatriotes pris en otage par AQMI et résultat, ils sont morts. Là aussi vous avez choisi la force. Vous voyez Monsieur Sarkozy si la force était l'unique solution les Fourmies n'auraient jamais construit leur termitière.

Les prisonniers politiques et exilés

La Première dame Simone Gbagbo à Odienné, les neuf (9) prisonniers politiques de Boundiali, les quatre (4) de Katiola, les deux (2) de Bouna, ceux d'Abidjan et de Korhogo qui croupissent dans des conditions carcérales sans nom. Votre silence les tuera.

Madame Hilary CLINTON s'est rendue en Côte d'Ivoire pour parler de pétrole mais aussi pour parler avec Monsieur OUATTARA de justice, de démocratie, de sécurité et de dialogue avec l'opposition pour asseoir une réconciliation durable entre Ivoiriens. Et vous Monsieur Sarkozy, vous avez dépêché M. COPE chez M. OUATTARA pour parler de financement de l'UMP et des élections en France sans se préoccuper du sort de son homologue AFFI N'GUESSAN, chef du plus grand parti politique de Cote d'Ivoire emprisonné par M. OUATTARA et vous avez reçu en grande pompe M. OUATTARA sans que les françaises et les français ne sachent le contenu des valises transportées par l'avion de M. OUATTARA et sans même avoir la décence de l'interroger sur le sort de Michel GBAGBO, votre compatriote français de mère française comme vous dont le seul crime est de s'appeler Gbagbo, pris en otage dans les geôles de Bouna dans le nord de la Côte d'Ivoire par les hommes de Ouattara. Vous êtes-vous interrogé sur la mort de tous ces exilés internes et externes qui ont souffert dans les douleurs des maladies et morts par manque de soins car vos résolutions ont gelé leurs comptes bancaires. La faute de ces hommes et de ces femmes est d'avoir été du côté de Monsieur Gbagbo lors des élections présidentielles de 2010, est-ce un crime ? Non, mais vous aux yeux des Ivoiriens vous êtes un criminel.

Exactions sur les journalistes

Monsieur Gbagbo, le père de la démocratie ivoirienne que vous avez présenté aux yeux de tous, surtout en Europe, comme un dictateur, a fait voter une loi interdisant l'emprisonnement des journalistes. Aujourd'hui, en Côte d'Ivoire nous assistons à une régression des conditions de vie des journalistes. Vous êtes-vous interrogé sur le sort de ces journalistes qui sont emprisonnés ou licenciés sans motif valable. En 9 mois de pouvoir, la Cote d'Ivoire enregistre 9 journalistes prisonniers et 300 mis au chômage technique. Ces hommes et ces femmes qui ne font que leur métier et ne font qu'apporter la contradiction aux discours propagandistes de Monsieur Ouattara en livrant une autre information. Est-ce un crime ? Non, mais votre surdité à leur égard vous rend complice. Vous êtes leur geôlier et bourreau.

L'université d'Abidjan

Les étudiants ont été des cibles de bombardement de l'armée française en violation des franchises universitaires car la majorité de la jeunesse estudiantine se reconnait dans la politique du Président GBAGBO. Considérés comme des miliciens pendant la guerre que vous avez menée contre la Cote d'Ivoire, tout étudiant tombant entre les mains de l'armée ethnique de M. OUATTARA était systématiquement exécuté.

La première grande « solution finale » pour l'université, a été la fermeture pure et simple de l'université. Plusieurs générations d'ivoiriens se trouvent privées d'université. L'avenir de la Cote d'Ivoire se fera sans les ivoiriens. Peut être est-ce la « solution » SARKOZY-OUATTARA pour dominer longtemps la Cote d'Ivoire.

Conclusion

Monsieur le Président Sarkozy, au moment où cette lettre vous parviendra vous serez devant les Français pour les prochaines élections présidentielles. Dans votre bilan de fin de mandat, de grâce, n'oubliez pas de dire aux Français qu'à cause de vos ambitions personnelles des hommes, des femmes et des enfants sont mort en Côte d'Ivoire sous des bombes, par des exactions, par manque de soins. Vous avez de façon directe ou indirecte participé à la mort de ces personnes et cela n'oubliez pas de le dire aux Français vous leur devez cette vérité.

Vous avez placé à la tête de la Côte d'Ivoire Monsieur Ouattara (il ne représente que 23% de la population ivoirienne selon les résultats du premier tour des élections présidentielles de 2010) comme Président, vous étiez présent à son investiture. Son Premier Ministre et chef des armées est Monsieur Guillaume Soro. Une armée composée d'ex-rebelles d'un même groupe ethnique, de chômeurs et de prisonniers qui chaque jour tuent, violent et volent en Côte d'Ivoire en toute impunité. Votre silence assourdissant nous effraie et vous rend complice une fois de plus de ces nombreux meurtres.

Dites aux Français que c'est la Licorne (armée française) qui lui sert de garde rapprochée car il n'a plus confiance en l'armée rebelle, FRCI, que lui-même a créée.

Au moment où la Côte d'Ivoire n'a plus d'Etat et que des braconniers, les dozos, font office de policiers et de gendarmes et tuent chaque jour des civils sous le regard de l'ONUCI et de la force française Licorne, n'allez pas faire croire en France que votre politique extérieure de copinage a pu instaurer la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire. Non, il n'en est rien. Vous n'avez fait que repousser les échéances et derrière ce calme de façade la Côte d'Ivoire se déchire et se meurt un peu plus chaque jour.

Monsieur le Président, lorsque ce courrier vous parviendra et comme vous avez fait l'aveu d'avoir le courage de dire la vérité aux françaises et aux français pendant votre campagne, ayez le courage de livrer le contenu de cette lettre par vos presses qui leur ont caché la vérité sur la Côte d'Ivoire pour qu'ils sachent ce que vous avez fait de leur argent en Côte d'Ivoire.

Vous remerciant,


Dr Cheick DIABATE

Enseignant-Chercheur,

Université de Colorado, USA