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dimanche, 03 novembre 2013

OBAMA VOUS DECERNERA LA CARTE DE JOURNALISTE

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Les droits associés à la liberté d’expression seront désormais octroyés par les corporations médiatiques et les universités. Une loi qui nie votre liberté d’expression sur Internet est en train d’être approuvée aux Etats-Unis. On veut empêcher que vous soyez le prochain Edward Snowden ou Chelsea Manning. Maintenant on prend pour cible la citoyenneté, qui a pour principe de permettre à chacun de s’exprimer et de communiquer librement.

 

On veut vous harceler, même si vous n’êtes que le petit ami d’un journaliste engagé et que vous collaborez avec lui, comme cela lui est arrivé à David Miranda. (1) On est en train de légaliser la guerre perpétuelle contre nous tous. Cela avait déjà été appliqué à José Couso. (2) 

La protection des droits constitutionnels liés à la liberté d’expression sera limitée à ceux qui touchent un salaire des médias ou qui sont inscrits dans les facultés de communication des universités. Vous avez ici la rédaction complète de cette proposition de loi. Vous pouvez constater que là où il était écrit « personne », ils veulent que l’on utilise maintenant « journaliste », afin que ce dernier (qu’ils reconnaissent en tant que tel) soit le seul détenteur du droit à dénoncer le pouvoir. Votre licence sera décernée par ceux-là mêmes qui auront payé votre salaire et qui auront validé votre diplôme.

Cette initiative sert à répondre au défi posé par Wikileaks, car elle contient une clause déjà connue comme «  clause Assange ». Ce qu’ils appellent aujourd’hui un « covered journalist » (journaliste couvert) exclut de façon délibérée « toute personne ou entité (…) dont la fonction principale (…) consiste à publier des documents provenant de sources originales ayant été révélées sans autorisation ». C'est-à-dire que cette clause a pour seul objectif de blinder les médias conventionnels, dont la plupart sont devenus des bureaux de presse et de relations publiques. Elle va droit au cœur du quatrième pouvoir qui se profilait, inauguré par Wikileaks.

Le journaliste « embedded », que le Pentagone « embarquait » parmi ses troupes au front, est désormais complété par le journaliste « couvert ». Celui qui touche ou paie une inscription pour devenir journaliste sera le compagnon sans uniforme à l’arrière-garde. L’on veut que les rédactions soient leurs bataillons de réserve. Et les Facultés, leurs académies militaires, spécialisées en désinformation et en guerre psychologique.

Après le Vietnam, le Pentagone autorisa les journalistes les plus dociles à être des témoins (plutôt des propagandistes) de ses exploits militaires. Alors les exclus, comme Couso et bien d’autres, sont devenus des dommages collatéraux par les « tirs amis », des cibles à abattre par les troupes « humanitaires ». Maintenant, la guerre perpétuelle s’élargit chez nous. L’arrière-garde civile qui se dresse contre leurs guerres est la prochaine cible.

 

Victor San Pedro est professeur d’université en communication politique (URJC)

Traduction : Collectif Investig'Action

Article originalement paru à Propolis-colmena

 

Notes :

1 José Couso, journaliste assassiné par l'armée américaine lors de l'attaque contre l'Hotel Palestine (où se logeait la presse internationale) à Bagdad, en 2003. Javier Couso est son frère, lui aussi journaliste. Avec d’autres collègues présents lors de l’attaque, il a travaillé sans cesse depuis des années pour dénoncer et envoyer aux tribunaux les responsables de l'attaque planifiée par l'armée pour intimider les journalistes.

http://www.rfi.fr/europe/20130820-n...



Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 21 août 2013

QUE SAIT VRAIMENT LA NSA ET POURQUOI A-T-ELLE PEUR DE VOUS?

 

PARLEMENTAIRE BRESILIEN. MASQUE SNOWDEN.jpg

Un parlementaire brésilien affiche un masque en solidarité avec Edward Snowden

 

«La NSA ne surveille "que" 1,6 % du trafic Internet», vient-elle de déclarer. Pas si grave alors? Rassurés? Attention…


En fait, le Net transporte 1.826 petabytes par jour. Mais 62 % du trafic, ce sont les médias et le divertissement. Et si on déduit aussi le téléchargement (légal ou non) alors le Web, c’est seulement 11,9 %. Or, au moins deux-tiers des mails sont des spams. Bref, selon les stats des USA, la NSA s’intéresse à 2,9 % du trafic. Donc, elle espionne pratiquement tout.

Et nous prend pour des idiots. Si Google affirme indexer 0,0004 % des données sur le Net, la NSA représente donc… 400 Google. Et 126 facebook.

La question, c’est: pourquoi on nous espionne aussi largement? Et la réponse a été fournie par Snowden lui-même dans sa déclaration du 1er juillet (que les médias ont passée sous silence, se concentrant sur le suspense de la chasse à l’homme):

«Sans aucune décision judiciaire, l’administration cherche maintenant à m’empêcher d’exercer un droit fondamental. Un droit qui appartient à tout le monde. Le droit de demander l’asile. En fait, l’administration Obama n’a pas peur des lanceurs d’alerte tels que moi, Bradley Manning ou Thomas Drake. Nous sommes apatrides, emprisonnés, ou impuissants. Non, l’administration Obama a peur de vous. Elle a peur d’un public informé et en colère qui demande le gouvernement constitutionnel qui lui a été promis – et elle devrait l’être. Je suis invaincu dans mes convictions et impressionné par les efforts déployés par tant de personnes.»

Obama et ceux qui le commandent ont peur de vous. Peur qu’en étant informés, vous disiez non aux injustices, aux pillages et aux guerres. Vous avez beaucoup plus de pouvoir que vous ne pensez.

 

Michel Collon, 15 août 2013.

 

Source: INVESTIG'ACTION

jeudi, 15 août 2013

AFFAIRE SNOWDEN: OBAMA, ROI DES HYPOCRITES

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Obama vient d’annuler son prochain sommet avec Poutine qui refusait d’extrader Edward Snowden. En réalité, ce jeune homme mérite non pas la prison, mais une statue. Non pas la torture, mais notre solidarité.

 
Pour avoir défendu nos libertés en démontrant au monde entier que les Etats-Unis violent la vie privée de l’humanité entière. Cet Etat qui donne sans cesse des leçons de démocratie et de morale se comporte en réalité comme le Big Brother le plus totalitaire. Ces délinquants au-dessus de toute justice espionnent leurs propres citoyens, les Etats indépendants, leurs concurrents commerciaux et même leurs « alliés ». Téléphones, mails, ordinateurs, rien n’est respecté.
 
Pour quoi ? Pour augmenter les profits de ces multinationales qui volent le monde entier. Aujourd’hui, les 300 personnes les plus riches de la Terre possèdent plus que les trois milliards les plus pauvres, et cela est possible seulement grâce au pillage des ressources naturelles, à la surexploitation du travail, à la criminalité économique et à des guerres jamais humanitaires. C’est pour briser nos résistances à ces multinationales voleuses que les voyous de la NSA nous espionnent, et qu’Obama les protège.
 
En plus, c’est le roi des hypocrites ! Il se fâche parce que la Russie (qui n’a pas de traité d’extradition avec les USA) a refusé de livrer Snowden. Lui épargnant ainsi la torture et la prison à vie, infligées à cet autre héros Bradley Manning qui révéla des milliers de mensonges des dirigeants US.
 
Or, les Etats-Unis ont toujours refusé d’extrader les criminels qui leur avaient été utiles ! Même quand il y avait un traité. En 2003 et en 2007, ils ont refusé d’extrader les agents de la CIA coupables de kidnappings politiques en Italie. En 2010, ils ont refusé d’extrader leur protégé Luis Posada Carriles qui avait placé une bombe dans un avion cubain, tuant 73 personnes. En 2010, ils ont refusé de livrer l’ancien président bolivien Gonzalo Sanchez de Lozada, qui avait massacré les Indiens Aymara, mais était protégé par la CIA et avait engagé des lobbyistes du parti démocrate. Et on peut multiplier les exemples. Jamais, les Etats-Unis ne livrent à la Justice leurs complices, même pour les crimes les plus horribles.
 
Joliment hypocrites aussi, tous nos gouvernements européens. Faisant semblant de découvrir un espionnage auquel ils ont collaboré et qu’eux-même pratiquent depuis longtemps. Protestant deux minutes du bout des lèvres pour ne pas offusquer le parrain US dont ils sont le paillasson. Accordant l’asile politique à une Femen anti-Poutine et le refusant aux défenseurs de nos libertés Snowden et Assange. Contradiction passée sous silence par les grands médias.
 
Et qui donc a sauvé l’honneur de la démocratie en offrant l’asile définitif à Snowden ? Le Nicaragua, la Bolivie, le Venezuela. Tandis que l’Equateur protège Assange. A méditer.
Article 12 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme (ONU, 1948)
 
« Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. »
 
Sources: On Obama's cancellation of summit with Putin and extradition, Glenn Greenwald – the guardian.com



00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, états-unis d'amérique, affaire snowden, barack obama, edward snowden, espionnage | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |