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mardi, 10 juin 2014

LES VICTIMES DE DUEKOUE ECRIVENT AU PRESIDENT GBAGBO, PILIER INCONTOURNABLE DU PARDON ET DE LA VRAIE RECONCILIATION EN COTE D’IVOIRE

 

 

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

Bien cher Président,

Ce sont déjà trois longues années qui sont passées depuis ce triste et honteux 11 Avril 2011, quand les forces de l’impérialisme et du mal, prises dans un flagrant délit de crimes de masses au sein et tout autour de votre résidence, ont décidé, à défaut de vous assassiner, de vous embastiller, loin de votre peuple. Malheureusement pour nos bourreaux et nos tortionnaires, "l’esprit GBAGBO", a été et reste, plus que jamais omniprésent dans notre quotidien à tous, victimes et bourreaux confondus !

Dans leur méchante volonté de vous jeter dans les souterrains de l’oubli, ils ont ainsi ameuté le monde entier à s’intéresser de plus près à vous, à notre sort d’Ivoiriens pris en otage dans notre propre pays mais surtout à faire l’inventaire encore inachevé de leurs crimes en association avec les bandes de rebelles qu’ils ont formés au Burkina Faso pour attaquer la Côte d’Ivoire en Septembre 2002.

A la veille de l’audience du 13 Juin 2014 à La Haye et à l’aube de ce "jour nouveau" qui, nous le croyons, s’est déjà levé sur la Côte d’Ivoire, à vous, notre bien-aimé Président, nous, victimes des crimes les plus odieux et encore impunis car minimisés par vos geôliers de la C.P.I., nous voulons, du fond du cœur, vous dire merci. Oui, Président GBAGBO, merci ! C’est vrai, tous ceux des nôtres qui sont morts par leurs bombes ne reviendront plus à la vie. Mais que se serait-il donc passé, à ce jour, si vous en qui nous avons eu confiance et qui incarne l’espoir de notre peuple, vous aviez fui dès que votre résidence a été attaquée ? En toute sincérité, très cher Président, votre courage, votre détermination et votre foi  ont sauvé la mise à tous les patriotes restés en vie et au pays même. Et voici qu’après de longues et interminables nuits de mensonge, la vérité vient, de façon irrésistible, grâce à votre ténacité à La Haye, éclairer notre "terre d’Espérance", l’Afrique et le monde de la lumière d’un jour nouveau, (en souvenir d’une vos paroles fortes de la campagne présidentielle en 2010). Nos adversaires auront-ils l’audace ou le courage de vouloir aller avec nous, comme nous le souhaitons, jusqu‘au bout de cette affaire ?

Seulement, chose curieuse ou bizarre, Président GBAGBO, où sont-ils tous passés, tous ceux-là qui vous ont empêché, dès votre élection en 2000, de réaliser le programme pour lequel nous vous avions élu ? Où sont-ils, tous vos détracteurs tels CHIRAC, DE VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, SARKOZY et KOUCHNER, par exemple, pour ne citer qu’eux ? Nous les savons vivants mais pourquoi se tiennent-ils en retrait, loin de La Haye, au lieu de s’y rendre pour confirmer tout simplement les charges retenues contre vous ? Pourquoi se sont-ils emmurés désormais, dans un silence des plus bruyants car trop suspect, tant ils ont vociféré ici contre un président légalement élu en Côte d’Ivoire, fait la part belle à des rebelles  qui ont éventré des femmes enceintes ou décapité des bébés ? Où sont-ils, pour enfin en finir avec  vous, l’innocente victime de leur méchanceté qui a fait assassiner sans suite aucune même certains de leurs propres compatriotes tels Philippe REMOND, LAMBELIN et autres, parce que ces derniers avaient pris fait et cause pour le peuple de Côte d’Ivoire? Quel complexe ou handicap majeur les tient aussi loin de La Haye, surtout qu’en 2004, ces dirigeants français vous ont accusé, Président GBAGBO, d’avoir fait tuer neuf de leurs soldats, quand notre armée nationale chassait les rebelles de Bouaké ? Des soldats français dont les parents n’ont pas pu voir ou fait autopsier les corps car précipitamment enterrés aux Invalides à Paris.             

Président GBAGBO, ils ont longtemps menti au monde pour nous assujettir. Ils ont rugi contre vous et ils ont fini par rougir devant votre refus de vous soumettre à leurs ordres iniques. Ils ont donc tremblé de tout leur corps et tel Lucius –le diablotin-, ils ont porté le fer et le feu contre vous et votre peuple. En vous emprisonnant après avoir massacré votre peuple dont le seul crime est sa dignité non négociable, ils avaient cru leur tour bien joué. Malheureusement pour nos bourreaux, depuis le 11 Avril 2011, le devoir d’humanité, de par le monde entier, par souci de vérité et de justice, a pris son envol, s’est amplifié chaque jour, contrairement au temps qui semblait s’être arrêté ce jour-là. Qui, bien sensé, peut aujourd’hui nier la victoire du sens de devoir d’humanité conduit par des millions de démocrates aux quatre coins du monde, sur la perfidie rétrograde d’impérialistes et leurs obligés aux abois ?

Président GBAGBO, en raison des quelques propos qui précèdent mais aussi de nombreux autres faits à notre avantage à tous, nous,  victimes de Duékoué, nous vous disons tout simplement merci !!! Merci de n’avoir pas enjambé le mur de la clôture de votre résidence pour abandonner votre peuple aux mains de génocidaires désormais pris au piège du flagrant délit, de la confusion et d’une grande amertume. Merci pour ce courage, pour cette détermination, cette foi  et cette sérénité qui nous ont donné des raisons sérieuses d’espérer quand, en réfugiés sur nos propres terres,  nous vivions entassés tels des  objets, à la Mission Catholique de Duékoué, ce jour noir du 11 Avril 2011 !

Dans quelques jours, Président GBAGBO, nous serons le 13 Juin 2014. Pour nous, victimes de Duékoué, ce jour est déjà passé ! Une façon pour nous de dire que la Cour Pénale Internationale sait très bien depuis toujours que vous avez tort, vous et tous nos compatriotes dans les prisons françaises en Côte d’Ivoire, vous avez tort simplement parce que vous avez toujours eu raison depuis le début de cette scabreuse affaire montée par la France du gain cupide et assassin. Grand bien lui fasse, à cette France, de comprendre que seule votre libération libèrera le chemin obstrué de sa tranquillité, tellement cette France s’est fourvoyée  en bombardant lâchement notre peuple, après des siècles de pillage de nos ressources. Or, ce n’est point parce que la C.P.I. se refuse d’analyser ou d’enquêter sur une gratitude aussi basse de la part de la France que nous, victimes de tous ces dérapages néocolonialistes, nous allons abandonner notre Président, le Timonier de la renaissance africaine aux mains de geôliers aux ordres des forces impérialistes.

La C.P.I. qui joue son propre destin dans ce procès contre vous, Président GBAGBO, saura trouver les mots justes pour masquer le cuisant échec et la honte de ceux qui, comme des pirates, se sont crus pendant longtemps les maîtres de nos vies. Président GBAGBO, votre peuple vous attend, sans colère et sans haine, pour aider à effacer la grande honte subie par tous ceux qui vous ont lâchement attaqué et vilipendé mais qui peinent aujourd’hui à nous réconcilier,  à votre insu. C’est dans le calme et la sérénité que nous vous attendons Président GBAGBO, votre fils BLE Goudé Charles aussi, surtout qu’il n’y a vraiment rien en face, du Quai D’Orsay à La Haye via l’Elysée, si ce n’est du maïs !

Notre honneur et notre dignité n’étant pas négociables, nous vous disons : "à bientôt Président !!!" et paix sur nos - plus que trois mille - morts.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 6 Juin 2014.

samedi, 26 octobre 2013

LES VICTIMES DE DUEKOUE SALUENT L’ELECTION DE JEAN ZIEGLER A L’ONU

 

JEAN ZIEGLER.jpeg

 

C’est avec joie que nous avons reçu la nouvelle de l’élection de monsieur Jean ZIEGLER à la présidence du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme à l’O.N.U. Joie ? Une joie contrôlée tout de même, tant nous savons que le chemin qui mène à la vérité et à la vraie justice est long, ardu et même périlleux. Mais au moins pour une fois, il faut qu’on se le dise : comment peut-on rester indifférent à une telle élection, à une élévation à un si haut poste de monsieur Jean ZIEGLER, ce grand défenseur du pauvres, des faibles et du tiers-monde, tout le contraire même des Kofi ANNAN, Jean GUEHENNO et plus récemment Ban Ki MOON, ceux-là qui ont poussé les Ivoiriens dans le ‘’kafka’’ sans foi ni loi  actuel que nous vivons ?

Les victimes de Duékoué voudraient saluer avec respect l’élection de monsieur Jean ZIEGLER à la tête de l’un des plus grands départements de l’O.N.U. Ces victimes espèrent et sont rassurées de ce que les droits de l’homme, ignorés, piétinés ou bafoués pendant plus de dix ans en Côte d’Ivoire par la France et l’O.N.U. même, du fait de maintes résolutions farfelues et méprisantes, ces droits de l’homme, disons-nous, seront respectés sous la houlette de monsieur Jean ZIEGLER.

C’est pourquoi, tout en adressant toutes nos chaleureuses félicitations au grand humaniste qu’est Jean ZIEGLER, nous voudrions lui adresser nos vifs remerciements pour son ouvrage  ‘’LES MAÎTRES DU MONDE ET CEUX QUI LEUR RESISTENT’’, un pamphlet hautement anti-impérialiste, anti-globalisation ou mondialisation sourde et aveugle aux cris des pauvres et des opprimés, paru en 2003, et qui nous a renforcé dans le combat patriotique en Côte d’Ivoire. Un livre de haute portée que nous recommandons, toute modestie gardée, à tous ces esclaves mentaux par qui fleurissent les rébellions ainsi que les océans ou déserts de misère en Afrique. Monsieur Jean ZIEGLER ? N’est-ce pas celui-là même qui a été l’un des premiers à réconforter, à travers les médias, les victimes et réfugiés que nous étions à la mission catholique de Duékoué, en prophétisant déjà en Mai 2011 que GBAGBO retournera au pouvoir, tout en dénonçant vigoureusement le long complot impérialiste, vieux de plus de dix ans, qui venait de s’achever le 11 Avril 2011 contre notre pays ?

Alors, à monsieur Jean ZIEGLER, ce grand intellectuel d’origine suisse qui pour son ouvrage de haute volée (cité ci-dessus) a consulté Aminata TRAORE, Laurent GBAGBO,  Halidou OUEDRAOGO, Hama Arba DIALLO, Hugo CHAVEZ ou tous ces autres démocrates, dignes fils d’Afrique et du tiers-monde, nous disons que nous avons foi qu’il s’attaquera véritablement aux racines de nos maux que sont les rébellions sauvages et génocidaires, les résolutions avilissantes et insensées de l’O.N.U. qui, de plus en plus, comme un dangereux zombie, reste solidaire des défenseurs de l’impérialisme et de l’injustice, se risquant, à son péril, à choyer et à protéger des égorgeurs d’enfants et des éventreurs de femmes enceintes, comme c’est le cas jusqu’ici impuni en Côte d’Ivoire !

Vivement que des missions de vraies enquêtes, sur décision de monsieur Jean ZIEGLER, se succèdent en Côte d’Ivoire, pour découvrir et révéler au monde la vraie ampleur des massacres de ceux qui, en lieu et place d’un recomptage des voix électorales fin 2010, ont choisi la force des fusils, des bombes et se sont empressés sans aucune gêne de ne parler que de trois mille (3 000) morts ! Ce n’est point intimer un ordre à monsieur Jean ZIEGLER que  d’avancer ce qui précède. C’est parce qu’il y a longtemps que nous avons intériorisé ou intégré la sincérité de monsieur Jean ZIEGLER quand il écrit par exemple à la page 19 de son livre précédemment cité : «Je suis l’Autre, l’Autre est moi. Il est le miroir qui permet au Moi de se reconnaître. Sa destruction détruit l’humanité en moi. Sa souffrance, même si je m’en défends, me fait souffrir. Aujourd’hui, la misère des humbles augmente. L’arrogance des puissants devient insupportable». En outre, notre proposition aidera à redorer l’image de la France qui, telle une brute sans pensée véritable, est à la base de tous nos malheurs pour avoir soutenu, pendant plus de dix ans, des rebelles qui décapitaient des bébés dans l’ouest de la Côte d’Ivoire ou éventraient des femmes enceintes pour découvrir le sexe de l’enfant qu’elles portaient !

Les nobles idéaux de monsieur Jean ZIEGLER (cités ci-dessus) étaient aussi ceux du président GBAGBO et de son peuple. Malheureusement pour ces derniers, messieurs SARKOZY et Ban Ki MOON leur ont imposé la mort par le feu des armes et des bombes, la torture jusqu’à ce que mort s’en suive et dans une moindre mesure l’humiliation. On se souviendra toujours de ce qu’a déclaré Ban Ki MOON à Addis-Abeba, en Février ou Mars 2011 : «le recomptage des voix serait une humiliation pour OUATTARA». Et s’étant certainement passé le mot dans l’ombre propre à nos tortionnaires, c’est Kofi ANNAN, prédécesseur de Ban Ki  MOON, ces derniers jours, qui croit donner dans la sagesse en affirmant, lui aussi : «ce serait une honte que les Etats africains se retirent de la Cour Pénale Internationale». C’est bien souvent que dans la grave tragédie des patriotes ivoiriens qui n’a que trop duré, la décadence morale flirte mal, mais alors vraiment mal avec l’ivresse des mots… 

Oui, monsieur Jean ZIEGLER, pour nous qui vous avons compris, nous pouvons compter sur vous afin que, comme vous dites, «nous qui sommes en bas ne soyons plus maintenus en bas» et qu’une vraie justice vienne enfin restaurer les cœurs des victimes que nous sommes en punissant les vrais coupables de notre tragédie, à commencer par le poulain décevant de la communauté internationale mais alors tant vanté à coups de grossiers mensonges et de dénigrements envers le paisible et hospitalier peuple de Côte d’Ivoire. Un poulain dont l’incompétence et les innombrables crimes s’étalent sous les yeux de tous ! Pendant encore combien de temps la morale, la justice et les consciences humaines vont continuer à se renier en donnant, depuis plus de dix ans, dans cet inceste vil et périlleux?

Pour les victimes de Duékoué et les patriotes ivoiriens, l’élection de monsieur Jean ZIEGLER est une porte ouverte à l’espérance sûre et certaine de grandes victoires à venir pour la justice et la démocratie en Afrique et dans le monde, histoire aussi de permettre une sortie honorable à ceux qui ont cru pouvoir nous massacrer ou nous réduire au silence par la peur pour voler notre pays!


Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 14 0ctobre 2013. 

dimanche, 22 septembre 2013

GOUVERNEMENT DE RECONCILIATION NATIONALE EN CI: LES VICTIMES DE DUEKOUE SUSPECTENT LA FRANCE D’UN AUTRE COUP TORDU PLUS CRUEL QUE CELUI DU 11 AVRIL 2011

 

 

HOLLANDE ET OUATTARA.jpg

 

Ces derniers jours, les journaux de l’opposition ivoirienne (ô, sacrés journaux bleus du collectif J.V.11, sève de la résistance patriotique !) nous ont appris que le président élu par la communauté internationale en Côte d’Ivoire est rentré au pays, sonné et pour cause ; il aurait été sommé par l’actuel pouvoir français de :

-1°: libérer sans condition aucune tous les prisonniers politiques (tous des pro-GBAGBO),

-2°: nommer  un premier ministre pro-GBAGBO,

-3°: nommer  un chef d’état major des armées  issu des rangs des ex- forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire (F.D.S.-C.I. ou F.A.N.C.I.),

-4°: revoir la composition de la commission électorale qui, on le sait depuis toujours, n’a rien d’indépendant.

Sur ces informations, reprises encore hier par le  "Quotidien d’Abidjan", nous voudrions, en tant que victimes de la cabale et des massacres de la France contre notre pays, la Côte d’Ivoire, donner notre avis.

I – DU POUVOIR POUR LE POUVOIR

En supposant un seul instant que les informations énumérées ci-dessus soient vraies, nous disons alors ceci : tel que mené, si l’assaut franco-onusien contre notre pays en Mars et Avril 2011 avait exterminé tous les cadres et ministres pro-GBAGBO comme ces méchants ont lâchement assassiné l’officier  militaire BABRI Gohourou, le ministre TAGRO Désiré et bien d’autres de nos compatriotes, où serions-nous tous aujourd’hui pour qu’un pro-GBAGBO soit choisi comme  premier ministre d’un individu dont certains même de ses partisans reconnaissent ou découvrent aujourd’hui qu’il nous a volé notre victoire à la présidentielle de Novembre 2010, par Youssouf BAKAYOKO, Nicolas SARKOZY,  Ban Ki MOON et leurs armées interposés ? Or, voici que MAHAN GAHE, un valeureux patriote vient de mourir, après des milliers d’autres Ivoiriens, illustres et inconnus, par la méchanceté même de ceux-là qui nous ont imposé leur racisme, leur voracité et leur haine.

II – QUELLE BONNE GESTION DE QUEL BON POUVOIR?

Entre nous, que va faire le Front Popula ire Ivoirien (F.P.I.) au sein d’un gouvernement qui a fait massacrer des Ivoiriens par milliers, comme s’il avait voulu régner sur un…cimetière, avec ses hordes d’étrangers qui ont aujourd’hui envahi notre pays et y font la loi par la force de leurs armes de guerre ? Voici que notre pays n’est plus à nous, pris en otage qu’il est, avec des légions d’assaillants puissamment armés dans nos résidences, nos villages, nos villes, nos champs et même dans nos casernes militaires, nos commissariats et postes de police, notre administration et devisant sans gêne, parfois même dans une ethnie qui n’a jamais été d’ici. Pis, infamie des infamies, cette racaille en armes a massacré des milliers de nos compatriotes et est jusqu’à présent impunie ! La constitution, mille fois violée, est en souffrance. Entre nous, quelle bonne réconciliation sans justice ?

III – PENSER PAR NOUS ET POUR NOUS DANS UN MONDE DE VRAIE JUSTICE

Après un siècle d’une colonisation sauvage et un demi-siècle de fausse indépendance, nous voici ramenés dix siècles en arrière par la volonté de ceux qui, comme monsieur SARKOZY,  se targuent d’être de la patrie des droits de l’homme, avec ses  "Attila" et ses "Gengis Khan" locaux qui nous empestent l’air au quotidien.  Mais alors franchement, qui, ici en Côte d’Ivoire, a oublié les puants accords dits de Marcoussis de Janvier 2003 et la haine raciste des De VILLEPIN, Pierre MAZEAUD et Jacques CHIRAC ? L’arrogante et calomnieuse intrusion des gouvernants français, de leurs réseaux d’affaires et de leurs médias dans notre quotidien reste encore vivace dans nos mémoires. Sans oublier les nombreux bombardements et massacres de l’armée française contre des patriotes et civils  ivoiriens aux mains nues, en 2004 et 2011. Nous expliquera-t-on un jour le pourquoi d’une telle folie, sauvage et grandement meurtrière ? Aujourd’hui encore, ce sont des accords du genre «assieds-toi, mange avec le diable et réjouis-toi» qui nous sont proposés. Pardonner à des rebelles sanguinaires et accepter de partager le pouvoir avec eux, comme en 2003 et en 2007, c’est faire preuve de grandeur d’esprit et d’ouverture au dialogue et à la paix mais être conduit par la France à composer avec ses ouailles ou la racaille ambiante qui a endeuillé et détruit notre pays serait une porte ouverte à une plus grande traîtrise de la France qui n’a de ressources que les richesses de notre sol et de notre sous-sol ! Comme il a plu à la France de mener la communauté internationale en bateau pour nous faire massacrer, laissons cette France de la décadence et ses démons locaux aller au bout de leur logique de volonté d’extermination des patriotes ivoiriens, d’usurpation du pouvoir par invasion étrangère massive de notre pays et nous verrons à quoi ils aboutiront. Nous avons froid dans le dos quand nous pensons aux coups tordus de la France en Afrique, son omniprésence dans les coups d’Etat qui ont eu lieu sur le continent africain, à son piège grossier contre Toussaint LOUVERTURE, son génocide impuni au Cameroun il y a un demi siècle, à sa main mise sur les pays des Antilles et de l’Océan Pacifique où elle a fait assassiner Jean-Marie TCHIBAOU ainsi que Thomas SANKARA au Burkina Faso en 1988, avant de contraindre Pascal LISSOUBA du Congo Brazza et le père Jean-Bertrand ARISTIDE d’Haïti à l’exil, il y a quelques années. C’est pourquoi nous réprouvons l’idée ou le fait que ce soit la France qui prenne encore des décisions pour notre propre existence. Ne serait-ce peut-être pas parce qu’il semble impossible  ou coûteux à la France de nous débarrasser de son armée coalisée de la C.E.D.E.A.O.(Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) majoritairement burkinabè et de ces millions d’immigrants sans foi ni loi, qu’elle a contribué à déverser dans notre pays que la France, fidèle à une fâcheuse perfidie, croit pouvoir tendre un piège au grossier que farfelu à l’opposition ivoirienne ?

IV – CONCLUSION

A l’ombre de l’arbre où ils ont discuté, les quelques membres du collectif des victimes de Duékoué voudraient dire ceci :

- s’agissant de la libération des prisonniers politiques ivoiriens, c’est bien à la France qu’il revient d’accélérer ce processus pour que tous ces prisonniers ainsi que le Président  GBAGBO et son épouse, la mère de tous les patriotes ivoiriens, soient enfin libres. Pour la simple raison que c’est bien la France, sous SARKOZY, qui a commandité leur humiliation, leur maltraitance et leur incarcération, après avoir bombardé et tué des milliers de jeunes patriotes ivoiriens autour du palais présidentiel à Abidjan, en Avril 2011. Car dévoilée et mise à nu dans sa volonté d’asservissement de notre peuple et de notre Nation, la France sarkozienne, comme une brute, a rué dans les brancards pour s’en prendre à tous ceux qui en osant leur dire non, ont par là-même ouvert les yeux aux Ivoiriens et rallumé la flamme du patriotisme.

– quant à la nomination d’un premier ministre pro-GBAGBO, nous ne sommes pas le porte-parole ou l’avocat du F.P.I. mais au moins notre opinion est que ceux qui ont sali notre pays pour l’attaquer sont noyés par la pagaille et la merde qu’ils y ont installées, au point où en voulant jouer les bons offices, le F.P.I. ou  tout parti  d’opposition responsable risque un matin d’être accusé d’avoir pratiqué l’euthanasie sur la personne d’un grabataire (le tyran au pouvoir, son entourage et sa soldatesque) atteint d’un cancer irréversible, toujours par la France qui continue de se croire chez elle, en notre pays !

- pour les mêmes raisons qui précèdent, la France en bonne altruiste, a encore sous la main des généraux qui ont pour noms DETO Leto, DOUE Mathias, KASSARATE, MANGOU ou même le piteux colonel Gahoudi OULATTA, élu député à Bangolo. Quel bon officier, ex-F.D.S., va encore se faire accuser demain par la France de crimes contre l’humanité quand, en voulant restaurer la république gravement mutilée, cet officier souhaité par la France va procéder au désarmement de brigands et d’étrangers se prenant pour des militaires alors qu’ils n’ont de formation véritable que leur forte adhésion au mensonge, à l’instinct grégaire, à la violence gratuite et à la mise à mort de tout contradicteur?

- la Commission Electorale sans le sulfureux Youssouf BAKOYOKO ? C’est ici que la France, toute honte bue, rejoint enfin le F.P.I., les patriotes ivoiriens et les victimes que nous sommes. Victimes depuis 2009 des listes électorales par la technique frauduleuse du groupe français SAGEM qui a exclu des Ivoiriens lors de l’enrôlement des électeurs, victimes de l’engagement sorcier et irresponsable de Beugré MAMBE  ainsi que de son successeur Youssouf BAKAYOKO, nous voulons savoir aujourd’hui qui a vraiment gagné l’élection présidentielle de 2010 avant toute autre chose. Toute autre chose qui consiste en ces questions:

- 1/ quel est, selon la C.E.I. de Youssouf BAKAYOKO, le nombre actuel des électeurs ivoiriens et quelle sera son augmentation avec la naturalisation des neuf cents mille (900 000) faux apatrides de monsieur OUATTARA et de son complice Blaise COMPAORE, étant entendu que chacun de ces apatrides n’est pas forcément sans épouse et sans descendance ? (cf. les analyses sur ce sujet du professeur Hubert OULAYE , de Hassan MAGUED ou de Joseph MARAT).

- 2/ combien sommes-nous désormais d’Ivoiriens, au milieu de ces innombrables hordes d’étrangers qui nous ont envahis et vivent ici comme dans une jungle ? 60, 50 ou alors 40%, vu qu’en 2000, la Côte d’Ivoire avait déjà (officiellement !) 26% d’étrangers sur son sol. Ceci pour dire quoi ? Pour dire tout simplement quelles bonnes élections par ici sans un recensement rigoureux des populations et surtout quel bon développement économique sans désarmement de toute la racaille commandée et envoyée sur nos terres par la France et l’O.N.U. ?

Le pardon et la bonne disposition d’esprit ne sont point une faiblesse, bien au contraire : c’est oublier tous les nombreux torts endurés par soi et sa propre destinée qui relève de la bêtise. Surtout qu’il est bien connu qu’il n’y a qu’une seule chose que les hommes préfèrent à la liberté : l’esclavage ! C’est pourquoi nous disons : France, grande France, toi qui as oublié que des Africains dont des Ivoiriens ont participé à ta libération des puissantes griffes de l’Allemagne et du nazisme en 1945, toi qui as royalement ignoré le fait qu’il n’est pas un seul Ivoirien qui ait au moins un parent Français, toi qui t’es moqué éperdument de l’appel à la retenue de Jacques VERGES en Février 2011 et qui a nous a attaqués pour nous faire massacrer, prends courageusement le taureau de ta rébellion par les cornes pour l’anéantir à jamais. Ne refuse pas, comme le mauvais fermier, toi la France du dévouement à la cause d’autrui, chère France de la vertu, de chercher à savoir ce que cela coûte de servir de la confiture à des cochons. En attendant que nous portions massivement plainte contre toi, médites un peu ceci : le fait que tes bombardiers n’aient pas réussi à mettre GBAGBO en fuite en Avril 2011, comme un couard ou comme ces psychopathes que tu installes au pouvoir en Afrique pour couvrir tes pillages, la volonté et le courage de GBAGBO de n’avoir pas fui le palais, tout ça ne te dit rien, France de la servitude ? Vraiment ?

Cependant, nous sommes rassurés par la déclaration du grand combattant pour la liberté totale qu’est AFFI N’GUESSAN : « le seul et unique point de notre agenda, c’est la libération de GBAGBO ». Pas question de légitimer un pouvoir importé ou imposé (et qui est en agonie), comme dirait le vieux BANAO !

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 20 Septembre 2013.

jeudi, 19 septembre 2013

MORT DU SYNDICALISTE IVOIRIEN MAHAN GAHE: LES VICTIMES DE DUEKOUE ACCUSENT LA FRANCE

MAHAN GAHE BASILE.jpg

 

C’est avec émotion et douleur que nous venons d’apprendre le décès du syndicaliste ivoirien, Basile MAHAN GAHE. Surpassant comme il se doit la douleur relative à cette autre mort gratuitement et méchamment occasionnée par le régime Ouattara et ses dozos au pouvoir, les victimes de Duékoué, une fois de plus, voudraient crier leur indignation à la face de la France dont les pouvoirs se succèdent dans un faux changement car en France, seuls les intérêts comptent plus que les amis, selon De GAULLE.

Pour qui sait véritablement ce qui s’est passé ici en notre pays, la Côte d’Ivoire, depuis ces douze ou treize dernières années et surtout plus récemment en Mars et Avril 2011, nous, victimes de Duékoué, disons  qu’il serait lâche, irresponsable ou imbécile de ne voir que cette rébellion avec à sa tête Ouattara, en fait de simples pantins de service, des chiens aux ordres de maîtres tapis dans les couloirs obscurs des réseaux mafieux qui ont leurs entrées chez les gouvernants français de tout bord politique. Oui, ici et maintenant, nous crions haut et fort que c’est la France qui a tué MAHAN GAHE, notre frère, notre parent comme elle fait torturer en ce moment même Simone GBAGBO, Charles BLE GOUDE, Jean Yves DIBOPIEU, Martial YAVO ainsi que tous ces milliers de civils et militaires qui croupissent dans les geôles de l’Attila local, simplement parce que toutes ces victimes de l’injustice de la France et de Ouattara ont fait preuve de patriotisme et ont de tout temps osé dire non à la volonté de leur soumission à un esclavage mental par la France. A l’occasion, rappelons ici la mémoire de BOGA Doudou, DAGROU Loula, DALI Oblé, TAGRO Désiré, BOHOUN Bouabré, GNAN Raymond, DIAGOU Gomont, KONE Dramane et Marcellin YACE, pour ne citer qu’eux.

Oui, peuple français, toi qui brilles tant par ton silence, ton indifférence et ton inaction face à notre douleur et à nos souffrances, c’est bien par la méchanceté de tes gouvernants successifs que nous en sommes arrivés là et souffre ici d’en avoir ici quelques détails :                                                        

- en Septembre 2002, ton ministre de la Défense, a juré la main sur le cœur, depuis le Burkina Faso, qu’aucune rébellion n’était sur le point d’attaquer la Côte d’Ivoire depuis ce pays frontalier du nôtre. Mensonge et hypocrisie de la part d’un Etat français qui avait pourtant conçu, planifié et appuyé cette rébellion qui allait déstabiliser la Côte d’Ivoire et ses institutions quelques jours plus tard.

- en Octobre 2002, la France, par une perfidie dont elle seule a le secret, a remis sur pied la rébellion et l’a réarmée, alors que l’armée ivoirienne l’avait pratiquement écrasée et boutée hors de Bouaké, la deuxième ville au centre du pays. Pour ensuite, à partir de Bouaké, consacrer la partition de notre pays au profit de la rébellion qu’elle précédait dans chaque ville et région dont les militaires français organisaient et coordonnaient la prise par leurs protégés rebelles. Il y a même eu cette scène d’horreur où des soldats français ont assisté à une scène où des rebelles et dozos ont égorgé un gendarme ivoirien, ont versé son sang dans une calebasse et ont été accompagnés dans un rituel sauvage et répugnant par ces militaires  français qui ont eux aussi  lavé leurs mains dans le sang du malheureux gendarme et s’en sont badigeonnés ensuite le corps (peuple français, vas sur google, lance ‘’gendarme égorgé par les rebelles ivoiriens à Bouaké et tu sauras).

- passons sur la table ronde de Marcoussis (Janvier 2003) près de Paris et ses inepties déshumanisantes à l’endroit du peuple ivoirien mais insistons sur les bombardements et les fusillades des jeunes patriotes ivoiriens aux mains nues à Abidjan par l’armée française sous Jacques CHIRAC en Novembre 2004 puis en 2011 sous le tristement inénarrable Nicolas SARKOZY avec la fermeture des banques pour priver les patriotes ivoiriens de leur propre argent et l’embargo sur les médicaments ‘(du jamais vu au monde), tous ces coups tordus pour chasser du pouvoir le candidat élu par notre peuple au profit d’un imposteur et fraudeur que le monde entier a fini par découvrir et par éviter, tellement ses actes sont abominables !

Or, c’était en prévention de toutes abominations, de toute cette cruauté inutile, de cette décadence humaine que la France mijotait alors que MAHAN GAHE, en patriote résolu et engagé, n’a pas pris de gant, début Octobre 2002, place de la République à Abidjan, pour accuser les multinationales, les réseaux mafieux et les colons français experts en trafics délictueux et toujours tapis dans leurs cavernes obscures pour un ésotérisme ou de plus en plus dépravant !

Comme on le voit donc, il n’est point du tout hasardeux et mal pensé de conclure que c’est la France avide de pétrole et de ressources naturelles en Côte d’Ivoire pour sa propre survie qui a tué Basile MAHAN GAHE, tuer ou faire tuer (en se barricadant derrière de faux concepts ou préjugés tels que dictature ou démocratie) relève pour les victimes que nous sommes, du même degré de responsabilité. Car à y voir de près, tous les suppliciés et prisonniers de fait de Ouattara, leurs humiliations et maltraitances à commencer par GBAGBO, son épouse, ses ministres, Geneviève BRO GREBE, Jean Jacques BECHIO ou le banquier DAKOURY, tous ces jeunes patriotes et militaires ne sont en réalité que ceux-là même qui ont dénoncé publiquement et opposé un niet catégorique au sale jeu de sodomie mentale et de spoliation de notre pays à la France, ses gouvernants et  ténébreux réseaux qui, confus et manquant de courage aujourd’hui à faire mea culpa, en pâtissent eux-mêmes gravement. Oh, honte ! Comme disait Simone GBAGBO.

Voici, peuple français, une vérité qui doit désormais t’habiter : tes gouvernants et tes réseaux ont toujours été l’alpha et l’oméga des rébellions et des coups d’Etat qui assassinent nos frères ici en Afrique en même temps que ces méthodes sauvages (est-ce bien cela la civilisation tant vantée par tes intellos ?) nous appauvrissent toujours davantage. Quand chez vous, la bourgeoisie en place, ses fétus de paille et ses mercenaires de tous ordres s’offrent tous les jours de notre sang innocent dans leurs fastes et luxures. Oh, honte !

Honneur et hommage à toi, MAHAN GAHE ! Tu n’es pas mort pour rien  car la France, à défaut d’une repentance sincère, paiera un jour pour la voracité vampirique et le racisme de ses gouvernants!

   

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel CALEB, le 16 Septembre 2013.

dimanche, 16 juin 2013

LE COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE EN COLERE: «IL FAUT QUE MME FATOU BENSOUDA ARRETE DE CHOISIR "SES" VICTIMES A ELLE»

 

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Le collectif des victimes de Duékoué interpelle la Cour pénale internationale.



En arguant d’une insuffisance flagrante de preuves contre le Président GBAGBO, la chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale de La Haye a pris une décision juste et courageuse qui dévoile à la face du monde entier toute la laideur de la méchanceté et de la haine que des hommes peuvent nourrir à l’endroit de leur prochain.

Prenant acte d’une si judicieuse et importante décision, le collectif des victimes de Duékoué voudrait saluer ici la juge de la CPI, son courage et son sens de l’honneur car s’agissant d’honneur, celui de la CPI même est largement entamé dans les consciences et dans les cœurs de l’opinion internationale. Nous voulons saluer ici aussi la détermination et l’expertise de Maître ALTIT, de son équipe et de toutes ces bonnes volontés des quatre coins du monde qui n’ont point ménagé leurs efforts pour qu’on en arrive là, avant la victoire finale. Leur refus de cautionner l’immoralité est, selon notre perception, un vibrant hommage aux grands hommes que sont Abraham LINCOLN, Victor SCHOELCHER, Martin L. KING, Kwame NKRUMAH ou plus près de nous, Nelson MANDELA.

Cela étant dit, à Madame la Procureure de la CPI, nous réitérons notre pressant appel de Duékoué: il faut que Madame Fatou BENSOUDA arrête de choisir «ses» victimes à elle. Le sang des innombrables victimes de la rébellion ivoirienne continue de crier, à n’en point finir, en nos cœurs et en nos consciences.

Dernièrement, nous sommes revenus de Duékoué avec d’autres images d’horreur : à Duékoué, à l’entrée de cette ville (en venant de Daloa), à seulement quelques mètres du poste des Frci et du camp des soldats marocains de l’ONU, gît un charnier (de nombreux ossements sous une bâche), juste derrière un campement d’allogènes (cf. vidéo ci-jointe). Sous un acacia, à deux cents mètres sur la droite de l’usine de cacao COPASAG, vue de face (cf. photo ci-jointe). De quand date un tel charnier? Mars ou Avril 2011, massacre de Nahibly en Juillet 2012 ou exécutions sommaires par des dozo ou des Frci? Attendons le carbone de datation de la CPI pour le savoir, si cette Cour veut bien se décider enfin d’entendre le cri des victimes que nous sommes. Néanmoins, des investigations que nous avons faites, il ressort, à quinze kilomètres à la ronde de ce sinistre charnier qu’en Mars et Avril 2011, beaucoup de personnes d’ethnie guéré qui fuyaient les massacres de Duékoué ont été descendues des véhicules de transport public par les rebelles, emmenées dans les brousses et sont portées disparues à ce jour.

En outre, les ossements sous la bâche sont tellement nombreux, dont certains dispersés par les bêtes sauvages que nous en avons conclu, à la vue de seulement trois crânes humains, que ce sont plus de trois personnes qui ont été froidement exécutées en cet endroit. Des personnes restées à ce jour sans sépulture, dans une totale indifférence d’allogènes vivant près de ce charnier mais aussi au nez et à la barbe des Frci et des soldats marocains qui bien des fois, ont hâtivement joué les croque-morts à Duékoué pour masquer l’ampleur des dégâts humains commis par leurs rebelles d’amis. Notre étonnement et notre indignation s’adressent aussi à ces O.N.G. tellement instrumentalisées, qui ont été informées de l’existence de ce charnier mais se sont tues jusqu’ici sans rien faire d’autre, quand on sait naguère leur activisme et leur nuisance en faveur de la rébellion que refusaient le Président GBAGBO et le peuple ivoirien, depuis 2002.

Oui, Madame la Procureure de la CPI, de grâce, nos appels à vous sont si nombreux que nous nous en trouvons dérangés. Dérangés au point de ne plus vouloir vous laisser dormir. Sinon, nous-mêmes, nous n’aurons pas de repos, tellement nos morts sont nombreux et que refusant toute sorte de vengeance encore moins de résignation, nous attendons toujours que justice soit faite pour tous ceux-là qui sont tombés là où un simple recomptage des voix électorales en Décembre 2010 aurait suffi et bien avant eux, toutes ces nombreuses victimes occasionnées par une rébellion sauvage que la France et l’ONU ont créée, entretenue et protégée pendant au moins dix ans! Et puis, tenez, Madame la Procureure de la CPI, il faut que vous sachiez que ce dernier charnier découvert est bien peu par rapport à tous ces nombreux compatriotes qui ont été exterminés dans les forêts et les brousses de l’ouest ivoirien par les rebelles que vous refusez d’interpeller, mangés qu’ils ont été par les bêtes sauvages et leurs ossements dispersés, n’ayant pas eu la chance, eux, d’avoir été recouverts par une bâche comme c’est ici le cas, dans la vidéo ci-jointe.

Pourtant, c’est bien vous, Fatou BENSOUDA, qui déclariez, en Février dernier sur un ton péremptoire, ceci : «Nous ne sommes pas ici pour savoir qui a gagné les élections de 2010 en Côte d’Ivoire ou qui les a perdues!», comme si cela avait été dicté à la personnalité judiciaire que vous êtes, par on ne sait quel quidam. Or le monde entier vous regarde et s’étonne que vous vous acharniez sur une personnalité que vous accusez d’assassinats contre cent soixante six (166) personnes sur votre total mensonger et inacceptable de trois mille (3000) morts. Quand entendrez-vous les vrais responsables des autres morts dont le nombre réel est honteusement sous-évalué par la communauté internationale qui a attaqué notre pays? Une communauté internationale qui a applaudi quand ici, en Février 2011, l’Union Européenne et l’Organisation Mondiale de la Santé ont occasionné des morts par centaines en décrétant un embargo sur les médicaments à destination de la Côte d’Ivoire et que des banques françaises, par le banditisme colonial, se sont permises de ne pas donner aux travailleurs de ce pays leur propre argent, s’immisçant grossièrement dans le contentieux électoral ivoirien?

Madame la Procureure, les occasions pour réhabiliter la Cour Pénale Internationale existent et elles foisonnent en Côte d’Ivoire : libérez GBAGBO maintenant et venez vite en Côte d’Ivoire, menez des enquêtes dignes de ce nom et réconciliez l’opinion internationale tout vrai démocrate avec votre Cour et ce sera déjà ça de gagné pour tous ces esprits ténébreux qui considèrent nos vies pour moins que rien, sans quoi nous serons toujours fiers, en tant que victimes de la méchanceté des hommes, d’être des humains mais alors profondément déçus et gênés d’être des Africains noirs, comme vous.

En méditant la décision de la juge de la CPI à l’endroit du Président GBAGBO, veuillez bien, Madame la Procureure, faire ce bond qualitatif qu’attendent les démocrates du monde entier pour se réconcilier avec les terminologies lexicales que tous ces néo-impérialistes accordent sous nos yeux aux mots de justice, de paix, de démocratie et de civilisation car leurs faux concepts, plus que jamais, sont les vrais problèmes de l’humanité. Seules de vraies enquêtes de votre part peuvent aider ou contribuer à la restauration de ces principes violés par la pensée et l’action nuisibles des impérialistes qui veulent nous imposer leur vision fâcheuse, dérangeante et décadente du monde.

Tout sauf votre respect, Madame la Procureure, nous vous remercions de votre attention pour cet autre appel à votre endroit.

 

Pour les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly)

Emmanuel CALEB, le 10 Juin 2013.

jeudi, 25 avril 2013

LA FRANCE, SA VOLONTE AFFICHEE DE VERTU ET L’INHUMAMISME QU’ELLE VEUT NOUS IMPOSER

 

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Dans les milieux politiques français, il y a quelques jours, c’était le branle-bas, avec l’affaire CAHUZAC: la révélation sur un compte à l’étranger de monsieur le ministre CAHUZAC, toute sa batterie de mensonges éhontés qui a couvert cette information, les preuves indiscutables apportées par les enquêteurs, tout cela a suffi pour ébranler la classe politique et la société françaises, simplement parce qu’un homme politique (monsieur CAHUZAC) a menti tout en se rendant coupable de détention de compte bancaire à l’étranger, un acte proscrit par la loi de son pays.

Coupable donc d’avoir enfreint la loi de son pays, monsieur CAHUZAC, personnalité politique française de haut rang vient d’être  chassé  des fonctions politiques qu’il occupait. Politiques et citoyens français, ensemble, se disent indignés, choqués et même déçus de ce scandale qui n’est rien d’autre qu’une escroquerie morale et un cas typique de banditisme à col blanc. C’est ce que disent dans leur grande majorité, les français interrogés sur l’affaire CAHUZAC. S’il est bien vrai que cette autre affaire est française et qu’elle ne doit intéresser que les français d’abord, il n’est pas inutile pour nous africains qui avons partie liée avec cette même France et qui luttons pour notre liberté, de « capitaliser » cette affaire de malhonnêteté de la part d’un gouvernant français et d’en montrer, dans le fond comme dans la forme, les atermoiements et les vices qu’étalent à la face du monde, le président français HOLLANDE, celui-là qui répétait avant son élection : « le changement, c’est maintenant ! ». Quel changement ?

Le chien peut-il changer sa façon de s’asseoir, à moins de ne plus être un chien ? Cette question « quel changement ? » que nous posons est, en fait, au- delà même d’une question, une dénonciation de la méchanceté  des gouvernants français, de quelque bord politique qu’ils soient, vis-à-vis des africains que nous sommes. Pourquoi ?

-1° : l’affaire CAHUZAC secoue toute la France en ce moment et tout ce pays entre en transe, on ouvre un bal public à la moralisation, on rappelle à tue-tête que c’est la probité qui fait le bon gouvernant, à bas les escrocs, les mafieux et leurs réseaux quand dans le même temps, des opérations de communication sont plantées ici et là pour soutenir moralement ( ?) le ministre fraudeur, l’escroc qui doit en principe se retrouver devant les juges pour donner une suite judiciaire à son délit. La vérité est là, implacable, quand les plus hautes autorités françaises freinent des quatre fers et font dans une compassion synonyme de diversion. Un dilatoire plus qu’intentionnel, dans la mesure où ces gouvernants français prient et souhaitent qu’ « un CAHUZAC et un seul, ça suffit ! ». Une façon de dire, qu’adviendrait-il alors du gouvernement français, si un ou plusieurs autres cas CAHUZAC venaient encore à frapper ce gouvernement ? Or, avec tout ce qu’il a été donné de voir comme péripéties dans ce feuilleton CAHUZAC, il est bien clair que ce n’est pas parce que l’on est un gouvernant qu’on est forcément auréolé de vertu : d’ailleurs, combien sont-ils encore, ces dirigeants politiques français, tapis dans l’ombre et le silence imposé des réseaux, qui sont aussi des CAHUZAC potentiels?


-2° : CAHUZAC par-ci, CAHUZAC par-là, l’homme a commis l’irréparable, l’impardonnable et il doit payer. La sanction première qui lui tombe sur la tête est d’abord le fait que du coup, il devient infréquentable. Monsieur CAHUZAC naguère ministre et député est relégué au rang d’indésirable ou de paria, comme Christian NUCCI, il y a trente ans ou BEREGOVOY, il y en a vingt et un et STRAUSS-KAHN, il n’y a pas longtemps. Dans l’univers politique français et aux yeux de la société française, ce serait un crime de s’afficher désormais en  public avec des gens – comme CAHUZAC -  qui se sont rendus coupables d’entorses à la loi ou aux mœurs de leur pays. Et c’est à niveau que nous voulons exprimer avec énergie et fermeté notre indignation d’africains : comment peut-on prétendre vouloir respecter les lois de son pays (la France), en condamnant au rang de parias des compatriotes coupables de délits moraux et financiers (pour si peu, est-on tenté de dire) et ne point éprouver la moindre gêne en recevant en grandes pompes au sein des institutions françaises des tyrans, des dictateurs et des rebelles africains dont certains ont égorgé leurs compatriotes et bu leur sang, comme cela s’est passé en Côte d’Ivoire, dix années durant ? Qui, de monsieur CAHUZAC, qui cache de l’argent dans un compte à l’étranger et du dirigeant politique français, chantre des droits de l’homme et qui s’accommode d’entrevues ou d’échanges complices et plus qu’intéressés  avec un auteur de crimes contre l’humanité, est un cas judiciaire sérieux et mérite exclusion et condamnation de la part de l’opinion publique et de la justice françaises ? Ou bien alors, au nom du racisme qui catégorise les humains que nous sommes, la classe politique et l’opinion françaises ne font que confirmer que puisqu’il faut bien que les « bien-pensants » qu’ils sont, eux, vivent, il faut nécessairement et cela n’est rien de grave, que nous africains, nous mourrions gratuitement ou bêtement pour que leur survie de « civilisés » soit assurée?

-3° : monsieur  CAHUZAC a menti ou a trompé après avoir triché, il doit partir, voire s’effacer car il a manqué de vertu ? Mais de quelle vertu peuvent se prévaloir tous ceux qui, pour du pétrole, de l’or ou du diamant se servent du fallacieux prétexte des droits de l’homme pour massacrer et faire massacrer d’innocentes populations africaines ? Elle n’a pas tort, en fait, la personnalité française qui a dit qu’ «un pays n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts». Avec ce que nous vivons aujourd’hui comme rebellions et actes terroristes, parfois en direct via les médias, autant reformuler la citation précédente par «un pays n’a pas d’amis, encore moins de vertu car il n’a que des intérêts, rien que des intérêts»! Depuis plus d’une dizaine d’années, ce sont des milliers de vies humaines qui sont exterminées en Côte d’Ivoire et cela n’a pas d’importance, aux yeux des français, par rapport à l’affaire CAHUZAC et alors tant mieux pour les intérêts de la France. Messieurs OUATTARA et SORO, figures locales du terrorisme français en Côte d’Ivoire depuis les pouvoirs CHIRAC et SARKOZY, peuvent s’afficher publiquement aux côtés des dirigeants français actuels, c’est toujours tant mieux, pour les intérêts de la France. La vertu? Elle est tout simplement mise en berne. Des français innocents peuvent mourir gratuitement d’assassinats ou à petit feu dans les geôles ivoiriennes, tant pis, si cela sert les intérêts français. Dans la même veine, la justice française « protège » en ce moment Michèle ALLIOT-MARIE, cette ministre de CHIRAC: en 2004, ils ont gratuitement fait massacrer (bombardements et fusillades) des ivoiriens aux mains nues, suite à un bombardement à ce jour non élucidé d’une base militaire à Bouaké, en zone rebelle. Une autre affaire sur laquelle le pouvoir et la justice de France font tout pour ne jamais faire aboutir les enquêtes. Comment peut-on alors valablement qualifier ce jeu double qui caractérise foncièrement les dirigeants français depuis toujours ? Ce jeu du dire et se dédire, de la vérité et du mensonge, de la résolution de bonne foi et de la compromission dans le même temps, n’est-ce pas là ruser avec ses propres principes et ses propres lois?

-4° : le rôle nocif et permanent des communicants et des médias français : l’ardeur et la solennité dont une certaine presse française a fait montre au cours de cette honteuse et dégradante affaire CAHUZAC sont simplement révélatrices d’un fait majeur : « CAHUZAC est fautif ou coupable d’un délit, certes, mais aidons-le à tenir bon ; nous devons lui être solidaires. Protégeons-le » a semblé dire cette presse de la compassion. On est alors tenté de se demander combien de délinquants, dans les prisons de France, reçoivent cette presse qui se veut spécialiste de psychologie quand en même en temps, cette presse s’évertue à arrondir les angles pour un ministre fraudeur qui n’est rien d’autre désormais qu’un justiciable ! Et ça, c’est en attendant que la rigueur de MEDIAPART débusque encore d’autres cadres malhonnêtes qui plastronnent au sommet de l’Etat français. Ce rôle nocif de la grande majorité de la presse française, il faut le répéter ici, a été et continue d’être à la base des malheurs des populations africaines visitées par des rébellions sanguinaires. Ainsi, sachant que leur propre rouleau compresseur (la déportation de GBAGBO à La Haye par la France) va bientôt se retourner contre eux, c’est malgré eux qu’ils s’évertuent à donner dans le dilatoire ou dans une diversion infantile. Par exemple, Maureen GRISOT, pour ne citer qu’elle, dans un récent numéro de « Libération » tire à boulets rouges sur le régime tyrannique et génocidaire de OUATTARA mais en même temps le défend en se permettant de perpétuer le mensonge communicationnel  suivant : « la crise postélectorale ivoirienne est survenue par la faute de Laurent GBAGBO qui a refusé de reconnaître sa défaite ». Oh, quelle infamie ! Mais qui donc s’est permis, chez nous ici en Côte d’Ivoire, de proclamer ces résultats en lieu et place du Conseil Constitutionnel ? La communauté internationale ? De quel droit ou pourquoi ? Cet exercice de vérité, Maureen GRISOT et bien de ses collègues français l’évitent, comme la Cour Pénale Internationale s’interdit de contribuer à la manifestation de la vérité sur le même sujet en procédant au recomptage pur et simple des voix. Et pendant ce temps, des vies humaines sont injustement fauchées, chaque mois, par dizaines dans notre pays, qu’importe, d’autant plus qu’il y vingt- trois ans, CHIRAC avait décrété que « la démocratie est un luxe pour les africains » ! Le rôle pernicieux, méchant et grandement destructeur des médias français a contribué en grande partie aux malheurs des africains en général et des ivoiriens en particulier : tous les schémas mensongers  qu’ils  ont servi à l’opinion pour faire tomber GBAGBO continuent de se reproduire sous la gouvernance du président reconnu par leur communauté internationale, c’est-à-dire OUATTARA, en termes de tyrannie, de violations massives des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité. Ces journalistes français savent mais ils ne hurlent plus. Que dire alors des dernières élections locales en Côte d’Ivoire sinon qu’elles sont la confirmation de ce que ce n’est jamais le vainqueur d’une élection qui sème des troubles et s’adonne à des massacres ? S’il est vrai que les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis sont absents cette fois-ci de la scène électorale ivoirienne en plus de GBAGBO et ses partisans, à qui profitent toutes les violences postélectorales actuelles, quand on sait que le procureur de la C.P.I. en veut à GBAGBO « d’avoir préparé un plan pour rester au pouvoir » ? Autant de détails importants n’intéressent plus les loups enragés de la presse française. Surtout qu’il est de plus en plus clair qu’ils sont encore nombreux, ces journalistes français qui croyant être nés avant la honte, continuent avec une monstrueuse indifférence de débiter des désinformations sur le calvaire du peuple ivoirien. Un jour, peut-être, ces journalistes français qui ont contribué à nous faire massacrer nous expliqueront la nature du mérite qu’il y a à être, comme eux, des caniveaux de la morale humaine.

Pourquoi et pendant combien de temps encore vont durer et sévir tant de mépris, de mensonges et de méchanceté gouvernés par l’esprit de convoitise de tous ces  dirigeants français et leurs médias manipulateurs qui se succèdent au pouvoir dans leur pays ? Le peuple français lui-même, désinformé, berné et méprisé par ses propres dirigeants, ne se réveillera peut-être que dans un autre monde et dans une vie ultérieure quand, malgré les massacres et les pillages à répétitions de ses gouvernants, le vent de la récession économique qui vient, aura balayé une « civilisation » aux intentions et aux pratiques abjectes. Des pratiques abjectes parce que hautement criminelles et exterminatrices de peuples de la terre qui ne demandent qu’à vivre leur liberté dans la vraie paix. Pour s’en convaincre, il suffit de nous rappeler ce qu’a dit Aimé CESAIRE : « une civilisation qui ruse avec ses propres principes est une civilisation moribonde ». C’est dans un pareil tableau d’immoralité manifeste, qu’il se trouve encore parmi les ivoiriens et les africains qui crient « liberté ! »,  des  naïfs qui espèrent recevoir des mains de monsieur HOLLANDE, le «saint  graal »  de leur libération, comme si cela s’octroyait!

 

Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (Carrefour et Nahibly),

Emmanuel Caleb.

mardi, 12 mars 2013

LETTRE OUVERTE DE NAHIBLY A MADAME FATOU BENSOUDA, PROCUREURE A LA COUR PENALE INTERNATIONALE

 

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MADAME LA PROCUREURE,


Nous souvenant de vos propos le jour de votre accession au poste que vous occupez, il y a moins d’un an, nous nous permettons, nous, victimes de la loi des vainqueurs d’une guerre voulue et imposée à la Côte d’Ivoire par messieurs CHIRAC et SARKOZY, de vous faire le rappel suivant, dans le strict respect de votre personne et du poste que vous occupez.

Madame la Procureure, suite à votre investiture et prestation de serment il y a presqu’un an, vous avez signifié, devant le monde entier et la presse internationale qui vous interrogeait, votre ferme engagement pour que justice soit rendue à toutes les victimes, de quelque côté où elles se trouvent. Quelques semaines après votre profession de foi, le monde entier a suivi, presqu’en direct, ce qui aujourd’hui se nomme « le massacre de Nahibly », perpétré le 20 Juillet 2012 . Là où nous, victimes de cette cruelle animosité, déplorons des centaines de morts et des dizaines de disparus pour une population d’au moins cinq mille réfugiés, le gouvernement ivoirien, en prince obscur de la censure, a chiffré et « validé » six morts. Les médias, les chancelleries et les organisations de l’Occident (politiques et humanitaires), responsables avérés et  véritables acteurs et bénéficiaires des malheurs et de l’enfer que vivent les ivoiriens, ont, sans gêne aucune, répété le chiffre six (six morts, s’entend) pour respecter on ne sait quel rituel.

Madame la Procureure, cet Occident qui se prévaut d’exporter la civilisation et la démocratie nous choque et nous dégoûte, en tant que victimes obligées par cet Occident, d’être de la chair à canon pour des négriers des temps modernes.

Constater, Madame la Procureure, ce n’est pas injurier :

-huit mois après les tueries dignes d’un terrorisme bestiaire à Nahibly, nous les victimes, nous nous demandons  où sont passés tous ces justiciers et donneurs de leçons de démocratie de l’Occident, quand le monde entier aujourd’hui sait très bien que ce jour-là, à Nahibly, le massacre a eu lieu sous les regards passifs des autorités préfectorales et militaires de la ville de Duékoué et des soldats de l’O.N.U. basés dans cette ville. Oui, Madame la Procureure, la Cour Pénale Internationale s’intéresse-t-elle à ce qui s’est passé à Nahibly, vu que cette tragédie qui rabaisse l’humanité à un rang indiscutable d’imbécilité ou de sauvagerie, a bel et bien eu lieu en pleine crise postélectorale, dans la mesure où toute la paysannerie et la racaille de la sous-région ouest-africaine (dozos et f.r.c.i.) qui ont endeuillé notre beau pays, en vrais hors-la-loi font office de « loi » et que la Côte d’Ivoire est désormais devenue une jungle depuis le 11 Avril 2011 ?

-où sont donc passés radio france internationale, France 24, t.v.5, tous ces médias français , ces consultants occidentaux, « spécialistes » de contrées qu’ils n’ont parfois jamais visitées et leurs juges ou censeurs politiques ainsi que l’O.N.U. qui, dix années durant, avaient vomi une haine injustifiée contre le Président Laurent GBAGBO et tous ceux qui résistaient à leur volonté de nous assujettir ? Sous le pouvoir GBAGBO, ils avaient inventé des charniers qu’ils attribuaient à ce dernier. Ces charniers, ils les ont recherchés en vain, sans pouvoir les dévoiler à la face du monde, pour la simple raison qu’ils n’ont jamais existé. Le monde, aujourd’hui affranchi de leurs montagnes de mensonges, les découvre sous leur vrai visage, leurs bras chargés de charniers dont le nombre augmente chaque jour que Dieu fait, sans aucune réaction appropriée ou indiquée de la part de ces mêmes modèles de démocratie et de civilisation.

-Madame la Procureure, est-il possible que l’horreur de Nahibly, dans les mêmes conditions, se reproduise à Paris ou face à votre résidence hollandaise, sous vos yeux, avec à vos côtés des autorités préfectorales et militaires de Paris ou de Scheveningen, sans que cela n’émeuve pour le moins du monde votre conscience et votre cœur, en tant que simple être humain sans vouloir référer à votre qualité de magistrat et de représentant légal de l’O.N.U., même si c’est à ce titre que nous vous écrivons ? « Les victimes de tous bords, toutes les victimes… »,  disiez- vous après votre prestation de serment ! Malheureusement pour nous, victimes de dix années de massacres orchestrés par la France, nous continuons  de déterrer des corps putréfiés de nos parents des nombreux puits où ils ont été enfouis par les tueurs fous des exportateurs occidentaux de la démocratie, sans qu’il n’y ait le moindre début d’enquête pour en punir les coupables. Le préfet de la ville de Duékoué ainsi que les chefs militaires f.r.c.i. continuent de vaquer tranquillement à leurs taches, parce que le massacre qui a eu lieu à Nahibly est dans « l’ordre normal des choses », c’est-à-dire nous tuer pour nous exproprier de nos terres fertiles, nous terroriser pour nous réduire au silence ? C’est mal connaître les ivoiriens ou les Wê que de s’imaginer que l’on peut les réduire au silence en leur imposant crimes et injustice ou la peur par la violence et la terreur gratuites !

A ce niveau de notre adresse à votre honorable personne, Madame la Procureure, nous voudrions vous apporter (de même qu’à toute autre conscience objective) les précisions suivantes :

-la présente lettre à vous adressée n’a rien à voir les pleurnichements de victimes résignées qui attendent leur mort certaine parce que d’autres en ont décidé ainsi. Cette lettre est pour nous un témoignage relatif à l’histoire vraie de notre pays, un témoignage de vérité à la postérité pour situer, dans ce qui se joue contre notre droit à la vie et contre notre propre volonté, sur le rôle ou alors sur la responsabilité de chaque acteur ou témoin de notre tragédie collective. Un témoignage qui, loin d’être un pamphlet de malédictions à l’endroit des néo- esclavagistes et de leurs obligés qui prétendent nous gouverner, se veut un acte d’affirmation d’une foi inébranlable : le brigand ou le criminel en armes, son maître et leur parrain (ce roi hautain de la servitude par crimes, attentats terroristes et génocides interposés) sont-ils des immortels, quand leur prétendu règne est un reniement total de tout ce qui est vie et liberté ?

-Madame la Procureure, qui, mieux que nous-mêmes, est bien placé pour écrire notre propre histoire ? Ne pensez-vous pas avec nous, Madame la Procureure, que c’est l’obstination dans le mensonge et la force (militaire) aveugle de l’Occident qui sont à l’origine des nombreux génocides où pullulent des esclaves mentaux (le cas de l’Afrique noire) d’une part et d’autre part, des nombreux attentats terroristes là où d’autres humains refusent dans une violence inouïe et dans le sang bien souvent de dizaines ou de centaines d’innocents, cette « sodomie mentale » qui veut les obliger à être tout sauf des humains (le Moyen Orient depuis des décennies, l’Afrique du nord aujourd’hui) ? La civilisation occidentale, tant vantée par ses fils et ses farouches défenseurs, pour nous, victimes africaines, est pire qu’un vampire ou un dragon qui s’est nourri et continue de s’abreuver du sang des nôtres. C’est cela même qui est la vérité et rien, absolument rien jusqu’à preuve du contraire, Madame la Procureure, ne peut détruire une telle affirmation : en 2011, ici, sous nos yeux, pour avoir pris fait et cause non point pour GBAGBO mais pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire, des français ont été assassinés à Yamoussoukro, à Abidjan par des rebelles quand bien d’autres croupissent dans les geôles ivoiriennes sans jugement et sans aucune attention de la part du pouvoir français. Alors, ce vocable « civilisation » revêt-il ici, oui ou non, Madame la Procureure, des relents ou des germes d’escroquerie ou d’arnaque morale, voire de crime contre l’humanité ? Et tous ces milliers d’enfants, de femmes et de jeunes gens, bombardés ici en Avril 2011 par l’aviation française, après ses massacres contre les mêmes ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire d’Abidjan, là aussi, c’est un sujet dont vous n’avez certainement pas connaissance, Madame la Procureure, alors, passons sans perdre plus de temps. Au nom de la hiérarchie ou de la catégorisation au royaume des victimes ou bien alors parce qu’un oppresseur (même puissamment armé) n’a jamais tort quand il se rend coupable de terrorisme  vis-à-vis de moins fort que lui ?

-A propos d’escroquerie morale, notre constat à nous, victimes de la guerre de dix ans de la France contre notre pays est le suivant : en fait d’escroquerie morale, il y en a beaucoup eu aussi, lors de la dernière audience du Président GBAGBO à La Haye. Sans vouloir manquer de respect à qui que ce soit, disons que l’impérialisme de l’Occident  et de ses valets doit se plier à la vérité que dans le désormais « village planétaire », la communication et les médias ont pris des années-lumière d’avance sur tous les gros mensonges fabriqués de toutes pièces dans les laboratoires de ceux qui ont pour tout programme d’évolution ou de survie l’extermination de leur prochain pour passer au pillage ses richesses et de ses biens. Nous vous le répétons ici, Madame la Procureure, constater ce n’est point insulter. De ce fait donc, surmontant sans nous en rendre compte notre douleur de victimes encore traumatisées, nous avons ri, au cours de cette audience, concernant « vos » preuves contre le Président GBAGBO. Nous abaissant devant la mémoire de toutes les vraies victimes, nous vous posons la question suivante, Madame la Procureure : à vous qui jamais n’êtes venue en Côte d’Ivoire pour mener des enquêtes pour vous situer sur la réalité même des faits, que valent les témoignages de quelques victimes triées sur le volet de la délation et de la haine (pour preuve, votre fameuse vidéo du Kenya et la présence d’un civil armé d’un lance-roquettes à la marche des femmes d’Abobo où sept de ces femmes auraient trouvé la mort, une marche dite pacifique) contre les dépositions et les preuves massives (audio, photos , vidéos, plaintes et témoignages) des enfants du peuple ivoirien qui, reconnaissons- le si nous sommes de bonne foi, a été attaqué et massacré par plusieurs fois, depuis l’an 2002?

Madame la Procureure, si nous vous disons que nous ne sommes pas de ceux qui disent que vous vous avez été « achetée », que vous êtes « la négresse de service » de l’impérialisme ou de l’O.N.U.à la C.P.I.,  que « vous avez fui l’audience après deux jours », ce n’est point pour vous attendrir ou pour rentrer dans vos bonnes grâces. Non, ce n’est point notre genre de prendre les honteux raccourcis du favoritisme, de la pitié ou de la tricherie car nos pères ou nos ancêtres ne nous ont jamais appris à ramper là où notre honneur et notre dignité sont engagés. C’est pourquoi, Madame la Procureure, plus qu’indignés par la comédie de la communauté internationale qui se moque de nos vies et de nos morts, en toute objectivité, nous vous demandons de bien vouloir ne plus nous servir l’insulte que vous avez lancée à nos consciences de victimes en tout début d’audience quand vous avez dit comme ça : « on n’est pas ici pour dire qui a remporté ou non les élections ». Ou bien alors, rendez tout simplement leur tablier qui se souille chaque jour un peu plus du sang d’ivoiriens innocents (et ce depuis dix ans) à ces corsaires des temps nouveaux qui, contre toute bonne convenance, se sont arrogés le droit ( ?) de mener le monde vers sa perte. Sinon, les charniers et autres fosses communes de nos parents et compatriotes sont légions qui attendent que vous rendiez justice à qui de droit, pour briser la tempête qui vient et qui va dévaster le bal grotesque et satanique qui nous est servi jusqu’à présent. Ceci, dans un contexte où les prisonniers et les vraies victimes de la loi des vainqueurs ont et gardent pour eux, aussi surprenant que cela puisse être, l’assurance, la sérénité, le sourire et la liberté, contrairement à leurs bourreaux et à leurs juges qui semblent souffrir depuis cette audience, du sommeil troublé de la femme de Ponce Pilate.

Madame la Procureure, n’est-ce pas une évidence qu’il est désormais établi que la morale et la justice humaines sont entrées en procès dans votre institution de la C.P.I. depuis une nuit de Novembre 2011 qui a vu la déportation du Président Laurent GBAGBO ? Plus qu’une question, cette interrogation est un défi qu’il nous revient, vous et nous tous, en tant qu’humains, de relever. Car, contrairement à Robert ZIMMERMANN alias Bob DYLAN (le chanteur de folk américain et « roi » du protest-song) qui chantait dans un de ses tubes (Blowing in the wind) : « the answer is blowing in the wind », « la réponse est dans vent qui souffle », nous, victimes de Nahibly et de toute la Côte d’Ivoire profonde qui a été attaquée et massacrée, nous disons que la réponse à toutes nos tribulations (y compris le malaise profond de nos bourreaux et de leurs maîtres) est dans la conscience de chacun, libéré du joug qui l’asservit, afin d’apporter au musée de l’Histoire et de la Civilisation le témoignage de notre combat pour l’honneur, la dignité et la libération des peuples opprimés. S’il vous plaît, Madame la Procureure, ouvrez véritablement les yeux et tendez plus l’oreille en direction de l’Afrique (à travers villes, champs et hameaux) et le macadam des rues des cités occidentales et vous aurez compris que les dirigeants autoproclamés de ce monde sont bien en retard d’un désir exacerbé d’une mutation profonde. 

Merci, Madame la Procureure, d’accorder une attention particulière au présent message et que Dieu, dans Sa miséricorde vous inspire, vous guide et vous garde.


Duékoué, le 12 Mars 2013.  

Pour le Collectif des victimes de Nahibly : Emmanuel CALEB.

jeudi, 24 janvier 2013

2013 - VŒUX DE NAHIBLY

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 ONUCI, complice de génocide et médecin après la mort.

 

Toi qui t’es toujours prévalu de l’amour de ton prochain,

Toi qui as accordé couvert, gîte et parcelle de terre à l’étranger,

Toi qui, en récompense de tout ce que tu as donné, as reçu des chapes de plomb, de fer et de feu,

*

Très bonne année 2013 à toi et que ton vœu le plus cher soit exaucé!

*

Que tu sois de Sakassou ou de Bouaké, de Monoko-Zohi, de Touba, de Ferké, de Bouna, d’Anonkoua-Kouté, de Bonoua, d’Agboville, de Yopougon, de Duékoué, de partout ailleurs en Côte d’Ivoire,

*

Que tu sois chrétien, animiste, musulman ou de toute autre croyance religieuse,

Quelque soit ton supplice, ton humiliation, ta souffrance, ta douleur et ta tristesse,

Que cette année 2013 te procure à nouveau la joie de vivre et le bonheur!

*

La joie de vivre et le bonheur, tu les auras forcément en partage,

Car à l’imposture du néo-colon français, tu as dit non et à son esprit de servitude, tu as su résister.

*

La joie de vivre et le bonheur, tu ne peux que les avoir abondamment en partage,

Car par ta vaillance et ta résistance qu’ils avaient sous-estimées,

Tu as dévoilé à la face du monde entier l’hypocrisie et la cruauté inhumaine des corsaires des temps nouveaux.

*

Du temps de l’esclavage à nos jours en passant par l’époque de la colonisation, ils n’ont pas changé.

*

Aux flibustiers des mers, aux faux prêtres ou missionnaires et autres corps expéditionnaires d’hier,

*

Ils ont substitué leurs médias, leurs armées et des diplomates malhonnêtes,

Tout le cocktail parfait pour planifier et réaliser des génocides sur ton continent.

*

Ta cause, frère, sœur, est si juste et ton combat si noble,

Que malgré tes larmes de sang et tes meurtrissures,

La joie de vivre et le bonheur seront ton partage

Parce que tu sais qu’aucune puissance aussi grande soit-elle,

Ne peut venir à bout d’un peuple déterminé

Et qui se bat pour sa liberté!

*

Un début de preuve à toutes ces affirmations,

C’est qu’en ton pays, la Côte d’Ivoire,

Armées française et onusienne se sont honteusement déculottées,

En prenant part à des massacres dont les vidéos parcourent le monde,

Mettant ainsi à nu la vraie moralité de ces impérialistes-donneurs de leçons,

Qui prétendent instaurer la démocratie en s’alliant à des brigands locaux ou régionaux.

*

A toi, frère, sœur, qui refuse de souscrire à l’esclavage mental

Imposé par ceux qui, refusant la royauté chez eux, ont décapité leur roi,

A toi, frère, sœur, qui dit non à la servitude et à tout esprit de nuisance

Sans jamais baisser la tête devant ces confréries du crime et du pillage,

Malgré l’ampleur de leurs crimes et génocides contre ton peuple.

*

A toi, frère, sœur, qui a définitivement compris qu’on t’a fait la guerre

Pour la richesse de tes terres et non pour des fausses élections,

A toi, frère, sœur, qui a aussi pardonné la bêtise de tes frères africains,

Toujours prêts aux massacres des leurs pour le bonheur du maître pirate blanc,

*

A toi, frère, sœur, nous disons donc «TRES BONNE ANNEE 2013»  depuis les décombres et les brousses de NAHIBLY à DUEKOUE !!!

 

Pour le collectif des victimes, Emmanuel CALEB, le 21 Janvier 2013.

NAHIBLY ECRIT A NOUVEAU A Mr KONAN BANNY, PRESIDENT DE LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION (CDVR)

 

 

CHARLES KONAN BANNY.jpg


Monsieur le président,


En ce jour du 21 Janvier 2013, nous, collectif des victimes de guerre de DUEKOUE (CARREFOUR et NAHIBLY), nous nous empressons de vous écrire ceci :

-1° : 29 Mars 2011 et 20 Juillet 2012, cela fait respectivement vingt deux mois (2 années presque) et six mois que les massacres en vies humaines par les troupes de la C.E.D.E.A.O. , de l’O.N.U., des F.R.C.I. et des DOZO  ont eu lieu au quartier CARREFOUR et au camp NAHIBLY des réfugiés autochtones de DUEKOUE. A ce jour, suite à des enquêtes fantaisistes pour ne pas dire légères, aucun criminel n’a été arrêté pour être présenté à la justice nationale ou internationale quand, toujours à DUEKOUE, les exactions, les meurtres crapuleux continuent d’être la marque du savoir-faire ( ?) des forces dites républicaines, venues « sauver » ce pays nôtre en Avril 2011. Rappelons qu’il n’y a pas longtemps, en Octobre dernier, c’est encore à DUEKOUE qu’un gendarme a fait arrêter un chasseur traditionnel dit dozo, d’origine guinéenne, qui se rendait à un rendez-vous rituel de sa confrérie avec dans ses bagages de la chair et des ossements humains, fumés ou rôtis.

-2° : le 1er Janvier 2013 (il n’y a pas encore un mois), un drame a fait plusieurs dizaines de morts au quartier Plateau d’ABIDJAN. En moins d’une semaine, les enquêtes relatives à ce drame ont été bouclées et des sanctions diverses prises à l’encontre de certains responsables. Nous notons qu’à la différence de ce qui s’est passé et continue de se passer à DUEKOUE et dans le grand ouest ivoirien, le grand malheur survenu au Plateau d’ABIDJAN est un accident involontaire et non prémédité, contrairement aux crimes de masses et génocides que nous, populations Wê, nous subissons à grande échelle en ce pays depuis dix ans au moins. Sans désespérer de ce que la vérité sur notre tragédie collective soit un jour crachée à la face du monde par la commission que vous présidez, nous nous étonnons – tout en vous le notifiant, monsieur le président de la C.D.V.R.- du comportement judiciaire d’un régime dit démocratique que la communauté internationale nous a imposé à coups de bombes. Un régime qui catégorise ou hiérarchise la mort et la douleur des victimes, selon leur ethnie ou leur région.

-3° : récemment, monsieur le président de la C.D.V.R., vous avez  procédé à l’installation des commissions régionales de l’institution que vous présidez, ce qui est une très bonne chose. Seulement, voyez- vous, président, le passage en revue des personnes-ressources que vous avez nommées, s’agissant de notre région, nous choque et nous oblige à vous interpeller. En effet, des deux généraux que vous avez nommés en plus du doyen OULAÏ Tiabas, si nous n’avons rien à reprocher au Général DEON, par contre nous en avons gros sur le cœur quand contre toute attente, vous choisissez le Général DOUE, notre parent à nous. Ce choix, honorable président de la C.D.V.R., a fait dire au plus jeune du collectif que nous formons, tout sauf votre respect, que « le président BANNY, à mon avis, nous confond avec des billets de banque qu’on peut manipuler à souhait, vu qu’il est banquier de formation. Or, c’est bien parce que nous ne sommes pas manipulables et refusons de l’être que l’impérialisme prédateur nous fait massacrer par nos propres frères dont DOUE Mathias. Si le président BANNY ne sait pas  que DOUE Mathias est aussi à la base de nos malheurs depuis Septembre 2002, alors il est tout excusé ». En clair, monsieur le président de la C.D.V.R., le général DOUE Mathias, au-delà même du groupe ethnique Wê, est aussi comptable, en sa qualité de chef d’Etat major des armées de 2000 à 2004, de tout ce qui est arrivé comme malheur au digne peuple de Côte d’Ivoire, par exemple la fusillade des barbouzes français contre les jeunes patriotes ivoiriens aux mains nues, en Novembre 2004 devant l’Hôtel IVOIRE à ABIDJAN-COCODY et les bombardements des hélicoptères du général français PONCET contre des enfants de ce pays, en pleine nuit, sur le pont HOUPHOUET-BOIGNY , toujours en Novembre 2004. Tous ces rappels, honorable président, pour vous dire qu’il y a problème quant à la nomination du général DOUE Mathias par vous. Ce général, dont le village paternel avait disparu de la cartographie du fait de la rébellion sauvage du M.P.C.I., du M.J.P. et du M.P.I.G.O.(cf. 2ème fichier ci-joint) en 2002, alors qu’il était encore chef d’Etat major, n’avait en son temps rien trouvé de mieux que d’accuser de tous les péchés celui-là même qui l’avait fait roi, un peu à la manière traîtresse du « petit gros » qui lui, ne dort plus que d’un œil, dans la mesure où tôt ou tard, la justice des hommes ou de DIEU s’abattra sur lui. En un mot comme en cent, nous récusons, monsieur le président de la C.D.V.R., la nomination par vous du général DOUE. En tant que sachant relativement aux événements survenus dans notre pays ces vingt dernières années, le général DOUE doit dire à la justice (pourquoi pas internationale, puisque c’est la nouvelle tendance pour les « démocrates » des temps nouveaux) sa part de vérité, par respect pour l’opinion et pour l’humanité.   Rappelez-vous, monsieur le président de la C.D.V.R., du degré d’indignation avec lequel nous avions éconduit ce général des sites de réfugiés que nous étions, en Août 2011, à la Mission Catholique de DUEKOUE ainsi qu’à NAHIBLY dont le simple accès lui avait été refusé par ses propres parents, sous les regards gênés des soldats marocains de l’O.N.U.C.I.. Chez nous, l’honneur et la dignité ne se monnaient pas : nous vous aurons averti donc, du fond de notre cœur.

-4° : madame TOURE Flanizara, ci-devant député de DUEKOUE , celle-là qui s’est rendue coupable de crimes contre l’humanité en Janvier 2011 en invitant des nordistes et la rébellion à exterminer les Wê et à brûler leurs domiciles (cf. 3ème fichier ci-joint, intitulé « passage du cyclone flanizara ») , continue, en toute impunité, de proférer des propos incendiaires et railleurs à l’endroit de ses victimes, libre qu’elle est pour l’instant de ses mouvements de pyromane et de génocidaire attitrée. Pour rappel, GUITROZON, PETIT DUEKOUE en 2005, DUEKOUE et CARREFOUR en Janvier et Mars 2011, NAHIBLY en Juillet 2011 présentent des similitudes dans le mode de cruauté et de boucherie humaine.  Un proverbe de chez nous dit : « on ne crache pas dans la soupe dont on se nourrit ». Malheureusement, c’est le contraire qu’est en train de faire cette dame, experte dans l’injure et dans la violence gratuites à l’endroit des victimes que nous sommes. Par anticipation, nous vous en informons, monsieur le président de la C.D.V.R., pour qu’au moment des grands déballages sous votre autorité, cette dame puisse nous montrer de quel village exactement du nord de notre si beau pays elle est la native. En attendant, contre elle et tous les criminels de son acabit qui rôdent par ici à DUEKOUE, dans nos villages et dans nos forêts, nous gardons notre calme, avant le jour du grand jugement, nous disant que nul ici-bas n’est immortel. Informez-vous sur les dérives et les dérapages de cette sulfureuse dame qui a déjà fait en Janvier 2011 des dizaines de morts  à DUEKOUE, s’il vous plaît, monsieur le président de la C.D.V.R., pour vous convaincre du degré de l’instinct bestiaire de citoyens criminels qui abondent encore et encore dans le quotidien des ivoiriens.

-5° : il nous revient depuis un certain temps, monsieur le président de la C.D.V.R., que des individus étrangers puissamment armés (des militaires ?) parcourent nos forêts ici à l’ouest et recensent leurs compatriotes installés par la force, par la rébellion ou par tout autre moyen. Le but d’une telle opération, selon ceux d’entre eux qui ont décidé de faire preuve de gratitude et de reconnaissance envers leurs tuteurs Wê, c’est de rendre tous ces étrangers entrés frauduleusement dans ce pays à la faveur de la rébellion et sa sale guerre, des propriétaires terriens. Là-dessus, nous vous interpellons aussi, honorable président de la C.D.V.R. : sous nos yeux à tous, les ingrédients de conflits à venir sont en train de prospérer, avec la complicité de la communauté internationale qui veut toujours plus de cacao, plus de pétrole et toujours plus d’uranium quand bien sûr, beaucoup de sang innocent a coulé. De grâce, il nous faut comprendre ici et maintenant que la démographie de notre pays, à la faveur de cette longue guerre de dix ans contre notre pays, été fortement changée et nous les Wê, sauf erreur, sommes partis pour être un jour des apatrides, version « kurdes ivoiriens », vu que déjà, chez nous-mêmes, nous vivons en réfugiés et privés de justice. Pour l’instant, nous prions et gardons foi en ce que lors des travaux de votre commission, le monde entier fera avec nous tous, la (re)lecture des fameux accords dits de Marcoussis de Janvier 2003, cet affreux cocktail de reniement de soi que messieurs CHIRAC,  DE VILLEPIN et  MAZEAUD  ont voulu imposer au peuple de COTE D’IVOIRE en le taxant (ô forfaiture, quand tu nous tiens !) de xénophobe, malgré ses plus de trente pour cent (30%) d’étrangers en ce temps-là déjà. Oui, monsieur le président de la C.D.V.R., dans ce pays nôtre, qui est qui, qui a droit de porter des armes ou non, qui a droit de résidence, qui a droit de voix au chapitre et qui n’y a pas droit ? A combien s’élève désormais le nombre des habitants de notre pays dont l’émergence serait  pour 2020 au plus tard ? A combien se chiffre, par ces temps d’invasion sauvage et d’expropriation foncière et immobilière par la force des armes, le rapport ivoiriens/étrangers et hors-la-loi puissamment armés? Le disant, nous pensons surtout à l’O.N.U.C.I. dont la radio fait beaucoup de bruit en parlant de paix mais dont les troupes armées s’enfuient ou restent inactives quand on nous massacre et que la justice reste aveugle et muette : GUITROZON et PETIT-DUEKOUE en 2005, DUEKOUE en Janvier 2011, DUEKOUE-CARREFOUR en Mars 2011 et NAHIBLY en Juillet 2012 sont donc autant d’exemples qui démontrent le mensonge et la cruauté de ceux qui prétendent vouloir nous donner des leçons à travers leurs médias et autres institutions internationales formatés pour la déstabilisation des pays à piller !

-6° : malgré les affres de la guerre que nous continuons de subir et malgré le passage du cyclone « flanizara » début Janvier 2011 sur la quasi-totalité des maisons des autochtones Wê que nous sommes, à nous qui n’avons plus d’abri ou de demeure parce que victimes de la cruauté de ceux que nous avons accueilli à bras ouverts, c’est à nous que les services du cadastre et des impôts de DUEKOUE ont l’indécence d’adresser des courriers pour un soi-disant paiement des frais d’impôt foncier. Une autre preuve que malgré ce qui s’est passé en ce pays, aucun effort ou aucune mesure n’a été prise pour faire le point ou l’inventaire approximatif (à défaut d’être exact) des dégâts et des pertes en vies humaines et en biens divers. Tant pis pour les pertes et pour les morts, semble nous dire la république par cet acte de tentative de recouvrement des impôts. La république elle-même serait-elle sans cœur tant le sang de ses filles et de ses fils a été versé pour en être là, c’est-à-dire à se préoccuper de prébendes qu’elle compte recueillir vaille que vaille sur ou dans des habitats et autres domiciles fantômes désormais broussailleux parce qu’il y a longtemps que ces habitations ont été incendiées, détruites et parfois rasées par la seule volonté du « cyclone flanizara » de Janvier 2011 ? Au risque de nous répéter, un bref aperçu du second fichier « flanizara » peut situer les sceptiques ou les incrédules de bonne ou de mauvaise foi (car il en existe même un peu trop) de se faire une idée proche de la réalité. Monsieur le président de la C.D.V.R. ,veuillez bien, nous vous en prions, faire un clin d’œil au service de la Direction Générale des Impôts (D.G.I.) en faveur des victimes sinistrées de guerre que nous sommes : il serait insensé, voire inhumain que nous payions la moindre des finances pour juste des décombres amassés sur un terrain nu ou broussailleux, témoignant de ce que la violence humaine(les preuves des désastres et des tueries en notre possession sont innombrables) poussée par une haine aveugle a décimé des vies humaines et détruit (le plus souvent par incendie) des habitations à partir d’un (dé)raisonnement purement rebelle, c’est-à-dire sans base fiable parce que tout simplement ethno-religieux mais alors et surtout ingrat : il faut être nécessairement fou au préalable pour se jeter à bras (et pensée) raccourcis sur son hôte et bienfaiteur d’hier pour lui ôter la vie et brûler tout ce qui lui appartient.

-7° : pour donner une forme et une assise à leur rébellion en 2002, ceux qui ont agressé la COTE d’IVOIRE ont parlé d’exclusion, de xénophobie et d’injustice quand dans le même temps, ils étaient confortablement installés dans des « …bougou », des « …dougou » et des « …kro » bien loin de leur zone d’origine, partout ailleurs (chez les taxés de xénophobes). Sachez, monsieur le président de la C.D.V.R., qu’au moment où nous vous écrivons, la prolifération par la force des armes des «…dougou » et des « …kro » continue et piétinant nos coutumes et nos traditions, les tenants de tels agissements ne sont plus loin de nous imposer leur chefferie, leurs us et coutumes mais alors avec quel degré de mépris ! D’ici la tenue effective des travaux de la commission que vous présidez, vous recevrez, monsieur le président de la C.D.V.R., la proportion ou le nombre exact des bourgs et villages qui auront pu être créés (puisqu’il n’en existe pas encore à ce jour) par d’autres ethnies dans le centre et dans le nord de la CÖTE d’IVOIRE ! Par ailleurs, quand bien même les élections municipales et régionales ont été reportées sine die, une brève consultation des listes de candidats nous donne un aperçu de la  culture « démocratiquement » ethno-religieuse de tous ceux qui n’acceptant jamais la candidature d’un ivoirien allochtone chez eux, sont prompts et sans gêne aucune à être candidats par la force des machettes, des kalachnikovs et des roquettes ailleurs. Pire, par les temps de « libéralisme » qui prévalent en ce pays, ils sont de plus en plus nombreux (depuis plus de dix ans) à s’immiscer dans le débat sociopolitique ivoirien, au point de vouloir nous donner des leçons sur les comportements (grosse injure) que nous, ivoiriens qui les avons reçus chez nous, devrions avoir. Le débat sur la réconciliation quand il aura lieu ne saurait occulter ces différents aspects qui dénotent d’une grande décadence morale et civique chez bien de nos frères, méchants ou aveuglément cruels avec leurs frères africains mais dociles et serviables comme des bêtes domestiques face aux injonctions même malséantes du maître blanc (« oui missié, si wou plaît missié,…).  

Par amour pour notre prochain et pour notre cher et si beau pays, la COTE D’IVOIRE , nous, victimes de CARREFOUR, de NAHIBLY et de tout DUEKOUE, nous avons pardonné, tout pardonné, monsieur le président mais alors grande sera notre désaffection si la Vérité sans être dite au grand jour, lors de la tenue des travaux de votre commission, venait à être bafouée, à travers des paroles malhonnêtes (qui n’engageront que leurs auteurs) et des médias (français surtout) qui visiblement affichent leur tendance impérialiste qui piétine toute morale humaine. Tant pis pour les vampires des temps nouveaux qui font fi du bon sens et ne savent vivre que de l’effusion de notre sang. C’est leur problème s’ils n’ont pas en eux la crainte de DIEU, Celui à qui tout reste possible quand l’humain, charnel et vaniteux, a fini d’afficher ses limites de pauvre mortel.                          

A vous, honorable président de la C.D.V.R., nous l’avons dit et le répétons sans menace aucune : la nomination par vous du général DOUE, nous vous le disons tout net, fera échouer lamentablement tous vos efforts pour une réconciliation sincère dans notre région. Pour la simple raison que la désapprobation du peuple est aussi la désapprobation de DIEU : en tant qu’acteur de tout ce que ce pays a vécu ces quinze ou vingt dernières années, le général DOUE n’est pas la personne indiquée qu’il faut pour nous réconcilier à DUEKOUE et à l’ouest de la COTE D’IVOIRE. Non, nous ne voulons pas de cet homme et de sa sagesse pour tout ce que tout bon patriote ivoirien sait de ce curieux général et chef d’Etat major des armées dont les intrigues reviennent en ce moment à la surface de notre mémoire de victimes meurtries et oubliées par la justice, qu’elle soit nationale ou internationale. Nous vous prions, honorable président, de lui épargner d’autres humiliations que la foule ou la population (en fait ses propres parents) de chez nous pourraient lui infliger, par colère ou par indignation parce qu’à notre avis, ce qu’il a subi à la Mission Catholique de DUEKOUE et à NAHIBLY en Août 2011 est bien trop fort à supporter pour une conscience humaine qui ne s’ignore pas.    

En attendant que justice soit rendue pour nos milliers de morts,  que nous ayons à nouveau un domicile d’habitation digne de ce nom et que nos terres, celles que nos pères nous ont laissées en héritage, nous reviennent de plein droit, veuillez agréer, honorable président de la C.D.V.R., l’expression de nos déférentes salutations.

 

Duékoué, le 21 Janvier 2013.

Pour le Collectif des victimes, Emmanuel CALEB.


DOCUMENTS ANNEXES (zip)

samedi, 22 décembre 2012

LETTRE OUVERTE DES VICTIMES DE NAHIBLY A MONSIEUR KONAN BANNY, PRESIDENT DE LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION DE COTE D’IVOIRE

 

 

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Monsieur le président,


Permettez- nous, nous, victimes de la guerre de dix ans imposée à notre pays par les forces du mal, de vous adresser ce message par une voie peu ordinaire. Par les temps qui courent en notre pays, la Côte d’Ivoire, vous n’êtes pas sans savoir que la liberté d’opinion (quand bien même elle est franche ou sincère) et l’appartenance ethnique sont des délits réprimés dans le sang avec le régime au pouvoir depuis le 11 Avril 2011.

D’entrée, nous voudrions vous exprimer toute notre disponibilité à coopérer avec le réconciliateur national que vous êtes et en même temps vous soumettre nos inquiétudes et nos propositions. Si d’aventure un quelconque propos irrévérencieux ou malveillant se révélait dans notre adresse à votre honorable personne, croyez-nous, nous le regretterions sincèrement. Seulement, vous voudriez bien comprendre que pour des traumatisés de guerre comme nous le sommes ici à l’Ouest du pays, il peut arriver parfois que l’expression même de la franchise s’apparente à de l’arrogance. Or à quoi cela nous servirait-il d’être arrogants vis-à-vis de la haute personnalité que vous êtes? D’autant plus que ni l’amertume, ni la colère , la grande détresse et/ou l’arrogance de même que le désir fou de vengeance exprimés de façon irresponsable à l’encontre d’autrui ne pourront ressusciter ces milliers de parents et de biens que nous avons perdus et que nous perdons encore à ce jour, dans un pays où la loi a disparu et est remplacée par les machettes et les kalachnikovs d’étrangers venus de la sous-région ouest-africaine et qui nous imposent de mourir en silence afin de nous déshériter même de notre terre natale.

Monsieur le président, malgré l’indescriptible souffrance dont nous sommes l’objet en tant que des réfugiés sur les terres de nos ancêtres, nous voudrions vous rassurer de ce que nous gardons encore intact le sens de la lucidité et du discernement. C’est pourquoi, loin de vouloir de vous appâter par une démarche qui force la pitié ou le moindre sentiment pathétique, nous avons voulu, nous, réfugiés de Nahibly et victimes de la guerre de dix ans contre notre pays, vous faire cette adresse. C’est ainsi que debout, comme des fils d’hommes qui n’ont jamais baissé la tête parce que n’ayant rien à se reprocher, nous voudrions, avec toute la politesse due à votre rang mais avec toute la franchise face à laquelle nous ne saurions nous dérober, nous voudrions, disons-nous, vous adresser ce message.

DE NOTRE DISPONIBILITE                                                  

S’il est vrai que cela fait plus d’un an que vous avez été nommé pour conduire la commission de dialogue, de vérité et de réconciliation après ces longues années d’une guerre qui a totalement défiguré le pays et créé de graves fractures sociales, nous, victimes de guerre et réfugiés sur notre propre sol, nous gardons l’espoir dans la sérénité et croyons qu’un de ces jours enfin, vous allez vous décider à prendre le taureau de la réconciliation nationale par les cornes. Nous croyons fermement ce que nous disons parce que quinze mois perdus par une commission de réconciliation (somme toute inoffensive car sans armes de guerre), c’est bien moins que les dix ans d’une rébellion sauvage qui nous a carrément ramenés aux temps anciens, en ce début de vingt et unième siècle. En outre, quinze mois, c’est juste une petite goutte de temps dans l’océan de la vie d’une nation.

NOS INQUIETUDES

Monsieur le président de la commission pour la  réconciliation, souffrez aussi que pour les réfugiés et déshérités que nous sommes, nous vous fassions part de nos inquiétudes, lesquelles inquiétudes sont:

-1° : dans ce chaos total que nous vivons, pour les réfugiés sur notre propre sol que nous sommes, s’il est vrai que l’avènement de la rébellion en Côte d’Ivoire est une triste et honteuse réalité  pour les humains que nous sommes, pour nous réfugiés, toutes les raisons évoquées pour cautionner cette rébellion sont fallacieuses et donc ne tiennent pas debout. Pour la simple raison que ceux qui criaient à la misère, à l’exclusion et au génocide contre nos compatriotes musulmans du nord du pays, au tristement célèbre  charnier de Yopougon à Abidjan, depuis l’an 2000, sont ceux-là qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire, grâce à une intervention militaire française que personne, à moins d’être descendu d’une autre planète, ne peut nier. Ils sont au pouvoir et non seulement la misère grandit vertigineusement au nord de notre pays, l’exclusion, le génocide et l’expropriation de tout bien par la force et la violence gratuite, ils l’appliquent aux ivoiriens de la partie Sud du pays même quand ils sont musulmans et refusent de les suivre dans leurs dérives. Quant au charnier de Yopougon, ils semblent l’avoir rangé aux oubliettes, alors qu’il était bel et bien une des raisons majeures de leur insurrection. Le développement tant souhaité de la partie septentrionale du pays, à les voir agir dans le désordre (un constat n’est pas une insulte), ce n’est pas demain qu’ils vont en amorcer les chantiers. Alors, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, question: que s’est-il vraiment passé? Qu’est-ce qui a vraiment suscité toute cette furie digne de bestiaires enragés et cette barbarie pour que nous en soyons-là aujourd’hui ? Oui, honorable président, pourquoi un tel déchaînement qui a fait couler tant de sang innocent ? Nous voulons juste en savoir la vraie raison. Pour en revenir à l’exclusion dont ils ont prétexté, monsieur le président, nous nous connaissons tellement dans ce pays qu’il suffit de rappeler que le mot « cafri » qui indexe tout non musulman est une de leurs créations et que ce mot (« cafri »), certains d’entre nous l’ont entendu depuis longtemps, bien avant même que ce pays n’accède à l’indépendance en 1960. Mais pour un simple mot (« cafri ») qui dérange sérieusement parce qu’il invite systématiquement à l’exclusion, jamais un ivoirien non musulman n’a pris de fusil contre son frère musulman tout en criant à l’exclusion. Ensuite, monsieur le président de la commission pour notre réconciliation, sortez de chez vous et parcourez un peu le pays pour vous rendre compte du fait qu’elles sont innombrables, les sœurs et les filles des «cafri» que nous sommes qui ont fait des enfants avec des musulmans quand inversement, leurs sœurs et leurs filles à eux, dans leur grande majorité, sont mises en demeure de nous éviter: c’est une vérité que sur le terrain de l’exclusion, ceux qui crient à l’exclusion sont eux-mêmes  des  pratiquants de l’exclusion au premier plan. Il suffit pour cela d’essayer seulement de calculer, dans la mesure du possible, les rapports de la mixité des couples conjugaux dans ce pays pour se rendre compte qu’elles ne sont pas nombreuses, nos sœurs musulmanes qui ont choisi de partager leur vie avec un non musulman.  Ici encore, leur façon de faire ne nous a jamais  poussé à prendre des fusils contre eux pour obliger leurs sœurs ou leurs filles à nous épouser. L’exclusion? Monsieur le président, c’est chaque jour que les peuples hospitaliers de l’Ouest de la Côte d’Ivoire la vivent sans broncher: depuis des décennies que d’autres ivoiriens, des «baoulé» surtout, en quête de terres cultivables, arrivent sur nos terres et vivent en réclusion entre eux, sur la base de l’appartenance ethnique ou régionale, dans des hameaux ou des campements, en dehors même de la communauté ethnique ou régionale qui les a reçus quand ils venaient juste d’arriver en terre étrangère. Malgré toutes les distorsions et les dérives dans le comportement (les hôtes qui ont prospéré dans l’agriculture répètent sans gêne - oh, ingratitude quand tu nous tiens! - que ceux dont ils exploitent les terres sont des paresseux), personne de chez nous n’a pris des armes pour se venger de comportements et de paroles qui nuisent et nuiront toujours plus à ceux qui les profèrent en toute inconscience. Avant eux, le président HOUPHOUËT en avait fait autant: «mes compatriotes originaires de l’ouest  - le groupe ethnique Krou - sont des abonnés à la fête», «la terre appartient à celui qui la met en valeur», «je préfère l’injustice au désordre» sont des propos qui résonnent encore dans les tympans de bien d’ivoiriens de bonne foi. Il y a eu aussi le président BEDIE qui, en Décembre 1997 à Fengolo, suite au meurtrier conflit foncier d’alors, a dit à l’endroit des populations autochtones Wê: «arrêtez d’être des jaloux et d’empêcher ceux qui maîtrisent le travail de la terre de s’adonner librement à leurs activités». Ce jour-là, le président BEDIE a été applaudi mais jamais le peuple Wê n’a pris des armes de guerre pour exprimer son indignation à la face du monde… Rappelons qu’en Août 1997, le conflit  meurtrier de Fengolo est parti du fait qu’un jeune guéré, parti se plaindre à un planteur baoulé qui avait fait tuer tous ses porcs parce qu’ayant détruit une de ses pépinières ou ses buttes d’igname (?), est mort à l’hôpital de Duékoué, suite à des coups et blessures à la tête (à l’aide de bâton ou de pilon entre autres) volontairement donnés par des paysans baoulé. Le médecin émérite de l’hôpital de Duékoué (feu Dr KOFFI) avait alors fait ce constat qu’il a par la suite changé en «décès suite à une méningite aigüe». Pour toutes ces incongruités et injustices criardes, jamais les populations d’ethnie guéré n’ont pris  des armes pour se rendre justice. En outre, monsieur le président, il y a même eu plus grave que tout ça en ce pays,  et jamais personne n’a songé à venger ses nombreux morts dans le sang: si l’on veut parler de génocide, il y en avait déjà eu dans ce pays nôtre. Souvenons-nous du Sanwi et du Guébié ainsi que de la grande manipulation des chiffres sur le nombre des victimes tombées en ces temps-là. Quarante et cinquante ans après ces tueries du Sanwi et du Guébié, quel bon ivoirien, digne de ce nom, a osé s’aventurer dans une sauvagerie meurtrière comme nous le démontrent chaque jour les Dozos et les FRCI, au nez et à la barbe de la communauté internationale qui, avant de le faire chuter, s’empressait de faire des procès médiatisés à Laurent GBAGBO, sur la base de faits diaboliquement fondés dans leur propre imagination tels que les escadrons de la mort, les disparitions de journalistes, les crimes et les charniers parce que n’existant même pas du tout dans la réalité? Monsieur le président, après un si long rappel qui frise la digression, pour en revenir à nos inquiétudes, il faut dire que nous ne comprenons toujours pas et nous nous posons encore la question de savoir pourquoi en est-on arrivé là, à une telle effusion de sang, pour les humains que nous sommes? Pourquoi tant et tant de sang a coulé et coule encore toujours en Côte d’Ivoire quand on sait que les rebelles, le RHDP, la France et la communauté internationale nous répétaient chaque jour que le problème de ce pays était Laurent GBAGBO?

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Le camp de réfugiés de Nahibly, après le passage des Dozos, des FRCI et des jeunes malinkés pro-Ouattara


-2° : S’il est vrai et humainement possible que l’on peut manger seul, rire ou pleurer, danser, marcher ou vivre seul, par contre, il est impossible ou insensé d’initier un dialogue tout seul. Voici bientôt deux ans que des justiciers sont au pouvoir par la force des armes et passent leur temps à jeter d’innocentes personnes en prison quand ils ne les exterminent pas en masses, comme ce fut le cas de centaines de nos parents il y a juste cinq mois dans l’enfer de Nahibly (à Duékoué). Les exilés ivoiriens se comptent par milliers hors du pays, les camps de détention et de torture sont légions en Côte d’Ivoire. Quel dialogue possible peut-il être initié dans de pareilles conditions? Si seulement vous saviez, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, combien de fois nous sommes moqués et nargués au quotidien, ici à Duékoué, par les tueurs Dozos et FRCI qui ont tué nos parents sans qu’il n’y ait un début d’enquête à ce jour… Président, c’est une situation qui appelle une autre question de notre part: à quand véritablement le début des travaux de la commission de réconciliation que vous dirigez, vu et su que chaque jour que le bon Dieu fait, les exactions et les tueries s’aggravent dans une continuité affolante et l’impunité avec? Honnêtement, même s’il est vrai que notre douleur de victimes d’une barbarie sans nom nous torture de plus en plus chaque jour, il nous est humainement indécent ou insensé de souhaiter l’avènement d’une apocalypse qui nous emporte tous, ces bourreaux et nous victimes, parce que nous souhaitons  que notre supplice collectif prenne rapidement fin. Par ailleurs, toujours au chapitre de nos inquiétudes, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il urge pour nous de vous citer un autre remarquable et donc non négligeable pour toute conscience qui se respecte: d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié et Guéi, Gbagbo est bien le seul qui n’a jamais fait emprisonner journalistes, syndicalistes, militaires et hommes politiques. Malheureusement, c’est lui, Gbagbo, qui est extradé à La Haye, humilié, calomnié ou volontairement sali à la face du monde. Or s’il est bien une qualité qu’il faut reconnaître à ce digne fils d’Afrique, c’est bien son refus catégorique de souscrire à l’esclavage mental et sa volonté inébranlable de bâtir une société de justice sociale, de paix et de progrès. La réconciliation peut-elle véritablement s’amorcer si Gbagbo est et continue de rester en prison, lui qui fait tant bouger le monde entier aujourd’hui alors même que la communauté internationale qui l’a combattu croyait l’avoir définitivement vaincu? Quelle réconciliation, monsieur le président, peut-elle être possible sans Gbagbo, le premier ivoirien dont la pensée politique fédère et mobilise, au-delà même de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, des consciences et d’inestimables énergies humaines en ce moment même dans le monde?

-3° : Tout sauf votre respect, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, nous serions des hypocrites ou des personnes de mauvaise foi si, pour votre propre gouverne, nous gardons seulement pour nous ce que nous entendons sur votre compte de la part de ceux dont le jeu favori est de servir la violence gratuite ou la mort à leur prochain. Dans un contexte de réconciliation qui nous concerne et nous interpelle tous, ces tueurs sans foi ni loi disent à qui veut les entendre que le poste que vous occupez est juste un poste de nomination. En d’autres termes, vous avez été nommé pour n’être que nommé tout simplement. Nommé pour ne même pas (pouvoir) agir. Là-dessus, ils soutiennent leur propos en affirmant que ce poste vous a été octroyé comme une part du butin qu’ils ont obtenu en guerriers et en «sauveurs» de la Côte d’Ivoire. Ils ajoutent que les pontes de votre parti politique (le PDCI), pour vous neutraliser, ont vivement souhaité votre nomination à ce poste pour vous occuper et vous empêcher de travailler à votre positionnement au sein même du PDCI. Ils vont même plus loin en disant que si vous n’avez pas ouvertement pris les armes comme eux l’ont fait contre la Côte d’Ivoire, vous êtes quand même un des leurs et qu’ils ne vous lâcheront jamais quelque soit votre volonté de vous séparer d’eux. Ici aussi, les raisons qu’ils évoquent nous rendent perplexes et encore plus dubitatifs sur votre capacité et votre réelle détermination à mener à bon port la barque de la réconciliation. En effet, il n’y a qu’à écouter les FRCI et autres courtisans du pouvoir en place pour s’entendre dire qu’avec vous, monsieur le président, tout est bien calé (par eux) pour vous voir vous éterniser dans l’inaction: ces justiciers d’une autre époque soutiennent, sourire en coin, que des casses (par la rébellion) des succursales de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dont vous étiez alors le gouverneur en 2003 - crimes économiques jusqu’ici impunis - au scandale des déchets toxiques du navire Probo Koala qui a fait des milliers de victimes à Abidjan quand vous étiez premier ministre, en passant par la tentative de suspension de la Constitution ivoirienne à votre profit toujours quand vous étiez le premier des ministres en ce pays, ils vous ont avec eux, embarqués que vous êtes dans la même galère et jamais ils ne vous donneront l’occasion ou le temps de les quitter, sinon… Vrai ou faux, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, habitués que nous sommes aux prophéties de malheur de telles personnes qui ont toujours exécuté leurs funestes projets après les avoir longuement annoncés (par exemple la rumeur d’attaque du camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué a d’abord couru pendant de longs mois), nous avons simplement jugé utile de partager ces informations avec vous. Quitte à vous de nous éclairer, monsieur le président, en nous disant, à nous réfugiés , de ce que vous pensez de telles affirmations qui ont été entendues dans des foyers et dans la rue, après votre dernier passage à Duékoué. Ce dernier point de nos inquiétudes les renforcent tellement que nous vous saurons gré de nous aider à les dissiper, parce que nous souhaitons chaque jour une réconciliation sincère et juste pour chasser enfin tous ces affreux traumatismes moraux qui nous hantent et nous rongent alors que la justice tarde à se faire pour nous apaiser. Or, monsieur le président de la commission chargée de nous réconcilier, notre pays sort d’une guerre que l’on lui a imposée et tout, pour le moment, se passe comme si rien du tout n’avait eu lieu et que tout a toujours été normal. Combien de temps encore celà va-t-il durer?

NOS PROPOSITIONS

Monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il nous plaît ici de vous faire quelques propositions si tant est qu’un de ces jours, Dieu aidant, votre tâche de grand réconciliateur démarre véritablement. Au risque d’être traités de rêveurs ou de prétentieux par les loups locaux ou ceux de la communauté internationale toujours prompte à mettre les pieds dans «notre» plat, nous osons, de notre «trou» de réfugiés et de victimes de guerre qui ont tout perdu sauf - Dieu merci - la dignité et l’espérance de vivre un jour dans un pays véritablement souverain, nous osons, disons-nous, vous glisser ces quelques propositions. La situation actuelle de notre pays déchiré et défiguré n’a pas dépendu que de nous les ivoiriens seulement. Ayons ensemble le courage et la mémoire de nous souvenir qu’ils sont nombreux de l’extérieur à avoir allumé, attisé et animé  les foyers de tension dans notre cher et beau pays. Nous citerons pêle-mêle:

-1° : Monsieur Abdoulaye WADE, ex-président du Sénégal. C’est lui, le premier qui, en Octobre 2000, s’est permis de dire sur les antennes de Radio France international « qu’un noir africain était mieux traité en France qu’un burkinabé en Côte d’Ivoire ». Et on connait tous la suite engendrée par de tels propos.

-2° : Monsieur Benoît SCHAUER. Ce sociologue belge (?) d’une autre époque est à la base de la réalisation du film «Côte d’Ivoire, poudrière identitaire»,  en 2001. Un film dans lequel il a vu des charniers essentiellement composés des ivoiriens du nord et musulmans, une thèse qu’il aura du mal à authentifier aujourd’hui en Côte d’Ivoire avec tout ce qui s’y est passé et s’y passe encore et dont les preuves pullulent partout.

-3° : Monsieur Blaise COMPAORE. Il est de notoriété que l’actuel président du Burkina Faso a bel et bien logé, nourri, blanchi et formé la rébellion qui a impunément tué des personnalités, des civils, des militaires ivoiriens depuis 2002 jusqu’à ce jour, après avoir contribué à porter monsieur Alassane OUATTARA au pouvoir par la force des armes. Ce sont des soldats de son pays qui, par la force des armes, aident à l’installation actuelle de ses compatriotes dans nos villages et plantations, ici à l’Ouest du pays.

-4° : Messieurs Jacques CHIRAC,  Nicolas SARKOZY, Dominique de VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, Pierre MAZEAUD, Bernard KOUCHNER, Ban KI-MOON, J. CHOÏ  pour leurs nuisibles et irruptions répétées dans le quotidien des ivoiriens que nous sommes, pendant plus de dix ans sans oublier les forces militaires françaises et onusiennes. Toutes ces personnalités ont sur la conscience la mort de plusieurs milliers d’ivoiriens sur la conscience, depuis le début de la guerre en 2002 à ce jour.

–5° : Monsieur Jean PING, ancien secrétaire de l’Union Africaine pour qu’il dise lui aussi sa part de vérité sur ce qu’il savait de la situation de notre pays et du rôle précis qu’il lui revenait de jouer dans notre tragédie. Bref, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, voici, c’est bien une liste non-exhaustive qu’il vous plaira d’allonger.

On ne peut pas, pour le résoudre, discuter d’un conflit sans la présence de toutes les parties qui ont participé de façon effective à ce conflit: nous avons tous en mémoire le jeu trouble et dilatoire de la SAGEM, cette société française chargée de l’identification qui, à dessein, a fait de beaucoup d’entre nous des sans papiers, les rôles obscurs et criminels à la fois de messieurs Beugré  Mambé et Youssouf Bakayoko, respectivement ancien et actuel président de la commission électorale.

La réconciliation est-elle possible sans vérité et sans justice? Nous croyons et disons tout de suite non. Pour que puisse démarrer le processus de la réconciliation nationale, les tueurs et les bourreaux ne peuvent et ne doivent pas être les juges des milliers de personnes emprisonnées à travers tout le pays, sans aucune raison légalement valable. A la réconciliation par la force, nous vous invitons, monsieur le président, à dire courageusement non. Non, non et non parce que voici cinq mois que le drame de Nahibly a eu lieu et aucune personne, parmi les brigands et les autorités administratives et militaires de Duékoué n’a été inquiété. L’ONU, dont des soldats étaient affectés à la surveillance du camp de Nahibly, se débine et se ridiculise comme ce fût le cas en Mars et Avril 2011, en Janvier 2011, fin Mai 2005, toujours à Duékoué. Pour toutes ces tristes dates, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, nous vous informons que le motif majeur, pour «casser» et pour tuer des autochtones d’ethnie guéré, a de tout temps été le même: «un ou une dioula vient de mourir, suite à un braquage de la part de jeunes gens d’ethnie guéré». Comme si le délit ou le meurtre portait essentiellement la marque d’un groupe ethnique qu’on attaque et décime quand l’on veut, toujours sans enquête préalable pour essayer de mettre aux arrêts les vrais coupables. Résultat, la répétition de ce diabolique scénario a fait des milliers de morts et des enquêtes sans suite à ce jour. Le massacre de Nahibly, monsieur le président de la commission de réconciliation, a été perpétré suite à un affrontement meurtrier entre gangsters qui réclamaient depuis des semaines leur part de butin à leur chef (Koné, celui qui est mort). Pour un bandit de grand chemin qui est tué par ses complices, on évoque un braquage puis on va massacrer des centaines d’innocents dans un camp de réfugiés, au nez et à la barbe de l’ONUCI et aucune enquête pour situer les responsabilités. Dans une pareille atmosphère, on parle de réconciliation et de paix. Mais alors quelle bonne paix sans justice, monsieur le président?      

NOTRE CONCLUSION

Monsieur le président, ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ces douze dernières années est monstrueux, cruel et remet en question notre raison d’humains, tellement les limites du grotesque et de la sauvagerie humaine ont été franchies, comme si nous vivions à l’heure de la pierre taillée. Or, comble de la décadence même, ce sont des autorités, des institutions et des médias de pays dits civilisés avec comme tête de file la France de messieurs CHIRAC et SARKOZY - les preuves parlantes et crédibles contre eux, leurs soldats et leurs rebelles  sont innombrables et en nos mains - qui ont créé, soutenu et même organisé toutes ces sataniques orgies des FRCI et des Dozos, dont certains se sont abreuvés du sang innocent de nos parents dont de nombreux enfants. Le dire ou le rappeler, pour nous victimes et rescapés de Nahibly, ce n’est point s’opposer à la réconciliation nationale. Monsieur le président, le dire ou le rappeler, pour nous, est une façon légitime de demander que justice soit faite, au nom de la mémoire de nos parents disparus, pour que leurs âmes reposent en paix et que nos propres âmes puissent être apaisées en nous. Notre préoccupation majeure, devant votre volonté de nous amener à la réconciliation, président, se résume en un mot: «justice». C’est ce seul vocable qui peut véritablement nous apporter cette paix que nous souhaitons de tous nos vœux. Voici, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, l’essence de notre pensée que nous avons voulu vous livrer ce matin, depuis les rivages du Guémon, à Duékoué.

Nos respectueuses salutations, monsieur le président.

 

Pour le collectif des victimes et rescapés de Nahibly, Duékoué,


Emmanuel CALEB, le 22 Décembre 2012.