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samedi, 14 décembre 2013

COMMUNIQUE DE LIDER SUR L'ENDETTEMENT DE LA COTE D'IVOIRE


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Face aux critiques de l’opinion sur la reprise du surendettement de l’Etat de Côte d’Ivoire par le président Ouattara, un récent conseil des ministres, par la voix de son porte-parole, a répondu à ses détracteurs. Trois éléments ont été donnés par le gouvernement pour montrer la bonne santé financière de l’Etat et de son endettement :

1) Le ratio de la dette sur le  produit intérieur brut (pib) est bon. De 73% avant le point d’achèvement de l’initiative pour aider les pays pauvres très endettés (ppte), nous sommes tombés à 35% en 2012, pour remonter aujourd’hui à 49%.

2) Notre endettement est de qualité, puisque nous avons mis en place un comité qui veille à ce que notre dette soit une dette «utile».

3) Nous avons bien maintenu un ratio du crédit sur le produit intérieur brut à 19,5%, en dessous de la moyenne de l’Uemoa qui est de 20%, et nous sommes meilleurs en la matière que le Maroc qui est à 67%, l’Afrique du Sud qui est à 145% et même que la France qui est à 108%.

Sauf à vouloir être ironique, cette réponse du gouvernement démontre exactement le contraire de ce que conseil des ministres voulait dire et prouver. Regardons pourquoi.

Dans une publication parue il y a une semaine, intitulée «Ouattara n’a pas de solutions pour l’économie ivoirienne», le Dr. Prao Yao Séraphin, Délégué national LIDER au Système monétaire et financier, a mis en lumière quelques éléments de la politique économique du régime Ouattara en se basant sur des données publiquement connues. De fait, le Dr Prao et le gouvernement travaillent, à quelques différences négligeables près, sur les mêmes chiffres, mais ils n’en font pas les mêmes interprétations. Pendant que le Dr Prao raisonne sur le stock de dettes, le gouvernement lui, parle du ratio de la dette sur produit intérieur brut.

En analysant les chiffres communiqués par le gouvernement, on se rend compte qu’en trois ans, Alassane Dramane Ouattara aura quasiment retrouvé le stock ancien de la dette avant le ppte. Regardons ensemble.

Si avant le ppte, la dette représentait 70% du pib et que le pib nominal donné par le gouvernement était estimé en 2011 à 11.360 milliards de fcfa, alors la dette serait de 7.952 milliards de fcfa environ. Après le ppte, le ratio en 2012 est tombé, selon le gouvernement,  à 35%, comme effet automatique du ppte donc sans effort de sa part. Ainsi pour un pib estimé à 12.600 milliards de fcfa, cela donne un montant de dette de 4.410 milliards de fcfa. Puis en 2013, le ratio repart à 49%, pour un pib estimé à 14.126 milliards de fcfa, toujours selon le gouvernement. Ce qui donne un stock de dette de 6.921 milliards de fcfa environ.

Si l’on considère que leurs chiffres sont crédibles et que leurs estimations et projections le sont aussi, alors en 2014, le pib sera de 15.760 milliards de fcfa avec 49% de dettes, soit 7.722 milliards de francs cfa. En 2015, le pib sera de 17.330 milliards de fcfa avec un ratio constant de 49%, soit un stock de dette qui se chiffrerait à 8.491 milliards de francs cfa. On aura donc dépassé, sous le mandat de Ouattara, le niveau de stock de la dette avant ppte. Le ppte aura donc servi à quoi  pour Ouattara, sinon à surendetter de nouveau son pays?

Par ailleurs, si l’on se réfère aux données présentées en conseil des ministres relatives à la programmation budgétaire et économique pluriannuelle 2014-2016, en 2016 le produit intérieur brut projeté est de 19.104 milliards de fcfa. En faisant l’hypothèse héroïque que le ratio dette sur produit intérieur brut restera constant à 49%, alors le stock de dette sera de 9.360 milliards de fcfa.

Le gouvernement pouvait sûrement être plus précis quand il s’agit de nous dire comment le comité mis en place va travailler de sorte que la qualité de la dette soit « utile » et comment il fera pour que, année après années l’encours de la dette publique totale sur le pib nominal soit de 34% en 2012, pour descendre progressivement à 31%, puis à 26%, puis à 23% pour arriver à 16% en 2016, ce qui donnerait cette année-là, pour le pib projeté, une dette totale de 3.056 milliards environ. Là où le bât blesse sérieusement dans leur programmation pluriannuelle, c’est que d’après leurs propres chiffres et communiqués, ils sont, en 2013, à 49% au lieu des 31% projetés. Ils nous disent qu’ils sont capables de maitriser l’endettement et font des dépassements dès le départ.

Le gouvernement, dans la seconde partie de son communiqué, fait l’amalgame avec le crédit octroyé par le système bancaire à l’économie, qui est structurellement faible en zone Uemoa et qui mériterait au contraire d’être élevé comme au Maroc ou en France. Un crédit élevé est le signe que les banques font confiance et financent l’investissement et l’économie. Or la faiblesse de nos taux comparés à ceux du Maroc, de l’Afrique du Sud et de la France prouve que le gouvernement profite de la liquidité des banques pour se financer, mais que les banques ne prennent pas le risque de financer l’économie. Tous les rapports de la Bceao déplorent cette faiblesse, qui est tout sauf le signe d’une bonne santé économique. Pour ceux que la thématique intéresserait, nous recommandons la lecture de la page 54 du rapport 2012 en annexe. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les 19,5 % prouvent, contrairement à ce que le gouvernement voulait faire croire, que les milieux d’affaires n’investissent pas encore. Le crédit à l’économie est différent de la dette publique. C’est une incompétence notoire ou de la malhonnêteté que de vouloir faire l’amalgame des deux.

L’exercice de communication du gouvernement au sujet de l’endettement ressemble donc à un véritable stratagème tendant à tromper une opinion publique qu’il considère comme peu avertie et donne l’impression que les tenants du régime Ouattara ne savent pas quoi dire aux populations après un conseil des ministres.


LIDER - Liberté et Démocratie pour la République

Pour lire le rapport de la Bceao:

http://www.bceao.int/IMG/pdf/pers._econ._2012_intranet_pdf.pdf

 

Source: LIDER-CI.ORG

jeudi, 14 janvier 2010

LE PARADOXE AFRICAIN : UN CONTINENT POTENTIELLEMENT RICHE MAIS SOUS-DEVELOPPE

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Habituellement, l’Afrique est considérée comme le dernier de la classe, toujours en décalage avec le reste des continents. Or notre beau continent reste le continent le plus éclatant, le plus riche potentiellement quoique le plus négligé. D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres émergées. Avec une population, en 2009, estimée à  996 533 200 habitants, les Africains représentent 15,54% de la population mondiale. L’Afrique est un continent qui compte ne serait-ce qu’au niveau de sa population, 43% de jeunes qui ont moins de 20 ans,  ce qui reste un vivier pour son développement. Difficile, du reste, d’imaginer l’Afrique autrement que sous les traits sévères qu’on lui prête généralement. Et pourtant,  « Le Monde diplomatique », N°108, n’a pas trouvé meilleur titre que « Indispensable Afrique ». Si notre continent est indispensable au bon fonctionnement de l’économie mondiale, il est alors possible de se poser une seule question : pourquoi l’Afrique peine à se développer au même rythme que les autres ? Si nous tenons le savoir pour libérateur, il nous faut le vulgariser : tel est notre but. Et Nous n’avons jamais fait mystère de notre volonté de réveiller les consciences endormies car comme disait Napoléon Bonaparte, « Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en gagnant des chefs; mais toujours en remuant des masses. ». L’Afrique et son développement reste donc la centralité de notre présente contribution.

 

 

L’AFRIQUE, LE CONTINENT AUX RESSOURCES INEGALABLES  

 

Le continent africain est riche au regard de son potentiel. L’Afrique détient 30% des réserves minérales de la planète. 80 % des ressources de la planète en coltan, qui sert à la fabrication des portables, 90% du platine, 50% du diamant, 40% de l’or.  C’est la raison pour laquelle, certains observateurs traitent à propos de notre continent de « scandale géologique ». Entre 1990 et 2004, la production du continent africain a augmenté de 40%, passant de 7 à 10 millions de barils/jours et elle doit atteindre cette année 50%. Le continent assure 11% de la production pétrolière mondiale. Avec la Guinée, qui représente 30% des réserves mondiales de bauxite, tout juste derrière l’Australie, le continent ne manque pas d’aluminium.

Les Nations unies estiment, par exemple, qu’il y a plus de 800 millions d’hectares de terres cultivables inutilisées qui attendent leur révolution verte. Elle devrait être le lieu de la réponse attendue aux pénuries alimentaires en Afrique et ailleurs. Après l'Amazonie, la forêt africaine est la seconde plus grande forêt tropicale du monde. Précisément, 20% de la surface de forêt tropicale encore intacts se situent dans le "Bassin du Congo" (au sud-est du Cameroun). Une biodiversité unique au monde. Plus de 200 espèces ligneuses poussent sur 1000 mètres carrés, soit une fois et demi plus d'espèces que sur l'ensemble du territoire français. A ce stade de réflexion, nous retiendrons que l’Afrique regorge d’énormes ressources pourtant le continent est abonné aux aides occidentales.

 

 

L’AFRIQUE, UN CONTINENT ABONNÉ AUX AIDES EXTERIEURES

 

L’APD[1] aux pays d’Afrique subsaharienne est passée de 3,1 milliards en 1990 à 1,4 milliard en 1999, soit une baisse de 55%.

L’Afrique est devenue le continent mendiant qui fait toujours la manche pour vivre. Du coup, ce continent aux fabuleuses ressources, passe pour être celui qu’on doit assister continuellement. L’homme politique de premier ordre, selon les termes consacrés du général DE GAULLE, Félix Houphouët Boigny, disait qu’un homme qui a faim, n’est pas un homme libre. L’aide devient un levier très puissant pour les pays aujourd’hui dits riches, mais pauvres hier, de corriger leur image avec leurs aides au développement.

Pour corriger son image désastreuse dans bien de pays d’Afrique subsaharienne, Alain Joyandet, le ministre français de la coopération, voudrait rendre cette aide « visible » car selon lui, elle n’est « ni assez visible, ni assez efficace ».

Désormais, la France voudrait privilégier l’aide directe, via les ONG[2], pour construire par exemple des écoles, avec un drapeau français planté dessus.  La démarche, on ne peut plus claire, est politique. En effet, cette bataille de la France, guidée par la volonté française de gagner l’estime des africains déjà très entamé. L’aide n’est pas seulement une main tendue, mais un couteau pour nous trancher « la gorge » ou une corde pour nous étrangler.

En ce qui concerne la France, elle  étudie "la création d'un jeu spécifique pour l'Afrique", un loto ou un bingo en ligne, qui complèterait l'aide publique au développement et s'inscrirait dans le cadre des "financements innovants". En tout cas, c’est ce qui se prépare au  secrétariat d'Etat à la Coopération français.

 

L’Afrique reste de loin le continent où les mérites d’un ministre de l’économie restent attachés à  ses efforts de mobilisation de l’aides extérieures et à annuler les anciennes. Ils sont abonnés aux clubs de Paris et de Londres.

Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics (19 pays développés en sont membres permanents) qui a pour but de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiements de nations endettées. Quant au Club de Londres, c’est un groupe informel de créanciers bancaires privés qui s'occupe de dettes publiques. Il préfère rééchelonner les dettes. Et sa première rencontre eut lieu en 1976 pour tenter de résoudre les problèmes de paiements du Zaïre.
Les africains n’ont pas encore compris que l’aide extérieure est un piège. Pis, il ne semble pas toujours acquis aujourd’hui qu’ils veuillent s’en débarrasser. C’est la raison pour laquelle, dans son livre «L'Aide Fatale», l'économiste Dambisa Moyo s'insurge contre l'assistance portée au continent noir. Dans sa démonstration, elle n’y va d’ailleurs pas avec la tendresse qu’on connait aux femmes. Selon elle, Il faudrait fermer les robinets, en finir définitivement avec l'aide au continent noir  et ce,  pour le bien de l'Afrique, pour la sauver, l’aide étant la cause de tous ses maux, de son sous-développement. Pour Dambisa Moyo, les occidentaux  ont notamment eu  tort de prêter de l'argent à Jean Bedel BOKASSA, le dirigeant de la Centrafrique qui,  mettait les têtes de ses ennemis dans son frigo.

Pour clore ce paragraphe, nous empruntons deux citations de deux présidents africains sur la question de la dette.

 

Dans une interview accordée à Time, le président Paul Kagamé a déclaré : « maintenant il faut  poser une question à nos donateurs et partenaires qui ont tant dépensé d’argent : qu’est ce que cet argent a changé en Afrique ? Dans les 50 dernières années vous avez dépensé 400 milliards de dollars sous forme d’aide. Mais quels sont les résultats visibles ? ». Tout aussi flamboyant, Abdoulaye Wade aurait dit en 2002: «Je n'ai jamais vu un pays se développer grâce à l'aide et au crédit. Tous ceux qui ont réussi, en Europe, en Amérique, au Japon, ou en Asie —comme Taiwan, la Corée, Singapour— ont cru au marché. Il n'y a pas de mystère ici. L'Afrique s'est trompée de route après l'indépendance». C’est donc dire que le juste et fol espoir de l’endettement  est berne.

Mais une fois qu’on a dit ceci, se pose alors la sempiternelle question de l’attitude à adopter. Une des premières solutions est la réappropriation de nos richesses.

 

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