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samedi, 25 février 2012

COTE D'IVOIRE: QUAND L'ETAT CENTRALISE SE NOURRIT DE LA DIVISION ETHNIQUE

 

Tout commence, comme souvent, par une petite phrase entendue dans la rue : « La Côte d'Ivoire ne peut pas être en paix puisqu'elle est composée d'ethnies différentes ; des groupes sociaux différents ne peuvent pas cohabiter, ils sont trop différents ». Il y a aussi des déclarations telles que celle du Président Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, en janvier 2012 dernier, qui dans le journal « l'Express », alors qu'on lui demandait « pourquoi tant de "nordistes" étaient brutalement nommés à des postes à responsabilité dans son pays », a déclaré qu'il s'agissait « [...] d'un simple rattrapage. Sous Laurent Gbagbo la communauté du Nord, soit 40% de la population, était exclue des postes de responsabilité ». Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio.



Quand la division ethnique se nourrit de l'Etat centralisé

Cette logique tribale émanant du chef de l'Etat sensé être le garant de l'« unité nationale » pose problème et semble extrêmement dangereuse pour la réconciliation de la Côte d'Ivoire puisque le Président lui-même se pose en défenseur de son propre groupe, ce qui ligue les autres contre lui et nourrit la division.

Des théories à une approche pratique: fondements des maux?

Qu'est-ce qu'une ethnie ? L'« ethnie » est un groupe social à transmission identitaire par le sang, c'est-à-dire que se mêlent deux données complémentaires : d'une part le caractère héréditaire de l'appartenance (il faut que les parents appartiennent à une certaine « ethnie » pour que l'enfant puisse prétendre l'intégrer par la suite) et, d'autre part, l'imprégnation dès les premiers instants de l'existence par un ensemble normatif fort, affirmé en opposition de ceux des autres groupes humains présents sur la même aire géographique.

Ethnie et tribu: une pure différence de mots?

Non ; les deux termes désignent bien deux réalités différentes. D'une part l'« ethnie », qui est composée de tribus différentes mais qui reprennent, toutes, dans leurs processus de reproduction identitaire via les mécanismes mimétiques un fonds commun et un lien au-delà des sphères sociales : un lien de sang, partagé, inaliénable. Et d'autres part les tribus qui, bien qu'appartenant à la même ethnie, ont vis-à-vis d'elle des adaptations différentes consubstantielles à leur implantation géographique et aux impératifs extérieurs (vêtements différents si l'« ethnie » est implantée sur un vaste territoire mais qu'une partie des « tribus » qui la composent vivent en plaine et une autre partie en montagne). Les codes sociaux, l'ensemble normatif qui va régir la vie en commun au sein d'un même groupe humain, peuvent varier entre deux « tribus » qui, pourtant, se rejoignent, d'un point de vue identitaire, au sein de la même «ethnie».

Qu'est-ce qui différencie l'ethnie et la nation?

La question est formidablement intéressante car elle permet de dégager deux dimensions opposées de la vie en commun des êtres humains. L'« ethnie » est la formation spontanée, c'est-à-dire qu'elle obéit à un ordre échappant aux volontés humaines : ses modalités de vie en commun, ses valeurs, ses règles, évoluent avec le temps en fonction de contraintes extérieures. Les « langues tribales », par exemple, tendent à être complétées, pour certains mots introduits par des rencontres avec d'autres groupes, par d'autres termes jusque là ignorés puisque ne renvoyant pas l'esprit de celui qui parle à un état de réalité (le terme soda, par exemple, n'était pas utilisé avant l'arrivée des premières boissons sucrées) ; les ethnies dont les individus ont souhaité en consommer se sont donc adaptées en intégrant ce terme à leur lexique traditionnel. La « Nation », quant à elle, est une formation politique -ce qui tend à la rendre artificielle-. Elle est accompagnée d'un Etat qui va la régir, la modifier, en fixer les règles et veiller à ses applications en sanctionnant, voire en éliminant, ceux qui refuseront de se soumettre.

Tribus, ethnies, nations et Etas centralisés: c'est concilier l'inconciliable?

D'un point de vue anthropologique, concilier des groupes humains aux normes sociales différentes ne pose pas de problème puisque, sans intervention extérieure, la coexistence de « tribus », sur un même territoire, même si elles appartiennent à des « ethnies » différentes se règlera soit par une mutation des normes sociales communes (avec, en parallèle, renforcement de « l'identité tribale et ethnique ») soit par un évitement consciencieux (caractère « tabou » de certaines zones, mécanismes de captation de la violence individuelle et transposition à un degré supérieur).

Pourtant, il est facile d'objecter à ce constat des phénomènes d'une cruauté particulière ; songeons, pour n'emprunter à l'histoire qu'un seul type d'exemples, aux épurations ethniques. Or, l'histoire ne méconnait pas la barbarie dont les hommes sont capables ; mais elle permet aussi, par une lecture attentive des données factuelles, de dégager un acteur souvent ignoré car gênant : les structures étatiques, lesquelles génèrent les facteurs déclencheurs de conflits.

Ainsi, des hommes obligés à vivre ensemble par des contraintes géographiques, devant partager par exemple la même source d'eau, les mêmes terres, et des espaces sociaux proches, vont être obligés de cohabiter dans une harmonie réglée et convenue. Point n'est besoin de verser dans un angélisme déplacé pour ne pas insister sur des manifestations de victimisation visant à la paix sociale : c'est le cas, par exemple, lorsqu'une personne d'une « tribu » voisine était sacrifiée, physiquement, ou moralement, afin que son groupe social soit sauvé (règlement d'un conflit autour d'un vol entre deux tribus, par exemple). De cette justice, pourtant, découlait une harmonie globale, prenant en compte les typicités normatives des groupes sociaux en présence, et de leurs habitudes ancestrales.

Ce système d'autorégulation de la vie en société fonctionne spontanément et s'adapte parfaitement aux diverses contraintes extérieures, et engendre, sans aucune intervention, ses propres solutions. Même la violence trouve une explication cohérente dans pareille lecture des sociétés ivoiriennes, servant souvent de thermomètre des contraintes difficilement compressibles : le manque de nourriture et le vieillissement d'un groupe faute de naissances, par exemple, entrainant souvent la destruction de la « tribu » concernée puis son intégration dans une « tribu » plus forte où les individus encore capables de procréer sont mêlés à leurs semblables et garantiront, ainsi, la pérennité de l'ensemble. Le système « juridique/de droit » s'adapte lui aussi et confère soit, par le mariage, un statut à la femme concernée comme étant semblable à une native de cette « tribu », soit un statut hybride mais garantissant, par le sang du nouveau mari, une intégration parfaite des enfants. Or, le système s'enraye lorsque des modèles d'organisation sociale différents font ingérence.

L'apport colonial le plus marquant, et le moins naturellement en accord avec la Côte d'Ivoire, est un Etat centralisé. Il rejette, de par son existence et la forme figée de ses structures publiques, toutes les différences entre tribus, et entre « ethnies ». Il est le responsable majeur d'une dynamique sociale allant à l'encontre de toute idée de « réconciliation nationale ». La raison en est assez simple : quiconque est à la tête de la machine étatique va porter les couleurs de sa propre appartenance tribale et, par ce biais, générer spontanément contre lui l'opposition des autres groupes sociaux, des autres tribus, des autres ethnies. Et de se demander si ce n'est pas dans la décentralisation, c'est-à-dire dans la création de structures locales de gouvernance, où toutes les tribus seraient représentées, que se trouve la clef de la réconciliation nationale ivoirienne. La voie de l'adoption d'un régime parlementaire est à explorer également puisqu'un tel régime limite le pouvoir absolu des dirigeants et donne du poids aux parlementaires issus de toutes les régions du territoire national.

[ N'est-ce pas le plus grand des droits de l'Homme que de pouvoir vivre conformément à sa nature dans le respect de ses coutumes et de ses semblables? ]
NOTE:


Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio, Enseignant, Chercheur-associé au « CREEADP (Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence) »; membre du Collège des personnalités qualifiées, « Audace Institut Afrique ». Article publié en collaboration avec « Audace Institut Afrique ».


Source: NERRATI.NET

vendredi, 03 février 2012

PERILS SUR LA NATION IVOIRIENNE

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La visite d'Etat d'Alassane Ouattara en France, du 25 au 28 janvier 2012, a constitué pour lui une occasion inouïe pour débiter nombre de contrevérités et de propos qui représentent, à n'en point douter, avec certains actes qui ont engagé la Côte d'ivoire, une suite effrayante de périls contre la nation ivoirienne, son avenir, sa cohésion et son existence même, en tant qu'entité particulière dans un monde globalisé.

Les signatures consenties et les affirmations qu'il a pu faire, à la faveur de ce voyage, notamment dans la presse française, donnent à penser qu'Alassane Ouattara gouverne la Côte d'Ivoire pour les populations du Nord et pour les intérêts français, et non pour les ivoiriens dans leur diversité.


Premier péril: l'ethnocentrisme. Morceau choisi, tiré de l'interview qu'il a donné au journal « L'Express », au premier jour de sa visite, le mercredi 25 janvier 2012 : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN (donc du Nord, Ndlr), flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière ». Ouattara est-il venu gouverner la Côte d'Ivoire pour les nordistes ou pour les ivoiriens ? Est-il un chef de tribu ou le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire ? Quelle est donc cette référence constante au régionalisme et à l'ethnie ? N'est-ce pas cette tendance malheureuse aux particularismes et aux affinités qui nous a valu vingt années de troubles sociopolitiques ?

Ouattara porte personnellement la responsabilité du référencement tribal et religieux en Côte d'Ivoire car on se souvient encore, comme si c'était hier, qu'il disait à propos du président Henri Konan Bédié, son actuel allié avec lequel il est, en ce moment, en pleine idylle : « On ne veut pas que je sois candidat parce que du Nord et musulman ». Ce propos incendiaire nous aura valu un coup d'Etat en 1999 et une rébellion en 2002, avec toutes ses conséquences et, cerise sur le gâteau, ses milliers de morts de la crise postélectorale, en 2010 et 2011. Cette propension morbide et suicidaire au balisage et à l'arrimage ethniques constitue un obscur péril pour toute la nation ivoirienne. Ouattara avait catégorisé les Ivoiriens en affinités religieuses et régionalistes, hier, et ne s'en est pas encore repenti, aujourd'hui. Bien au contraire !


« Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population (plutôt 25,71% selon l'INS, Ndlr), étaient exclues des postes de responsabilité » ? Et pourtant, sous Gbagbo, on pouvait dresser cette liste révélatrice du souci de cohésion nationale et de l'esprit rassembleur de celui qui est, aujourd'hui, vilipendé et présenté, à tort, comme un dictateur et un exclusionniste: Soro Guillaume: Premier ministre, Mamadou Koulibaly: Président de l'Assemblée Nationale, Laurent Dona Fologo: Président du Conseil Economique et Social, Youssouf Koné: Grand Chancelier de l'Ordre National, Youssouf Bakayoko: Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), Koné Adama, Directeur Général Adjoint du Trésor et de la Comptabilité Publique (de 2001 à 2010), Aboudramane Sangaré, Directeur de l'Inspection Générale d'Etat, Issa Malick Coulibaly: Directeur de cabinet adjoint et Directeur adjoint du Protocole de la Présidence, Koné Boubacar: Directeur du Protocole d'Etat (tous du Nord), de nombreux ministres (également du Nord), et des milliers d'autres à tous les niveaux de responsabilités en Côte d'Ivoire. A quoi bon mentir ainsi et se rabaisser d'autant?


Au demeurant, ne doit-on pas occuper un poste de responsabilité dans une république que sur la base du mérite, et non mû par un ténébreux souci de rééquilibrage ethnique portant en lui les germes d'une fissure sociologique et d'une injustice sociale ? Les Ivoiriens doivent occuper des postes dans l'administration par compétence et non par pourcentage ethnique! Cette conception de la nation est une bombe qui ne manquera pas d'exploser à la face de ses célébrants.


Quant à la réconciliation nationale, Alassane Ouattara en a une bien curieuse conception. C'est à y perdre son latin ! Appréciez. Ouattara affirme dans son interview à « L'express », à propos de la réconciliation en Côte d'Ivoire : « Elle ne devient réalité que lorsque les uns et les autres se sentent en paix et en sécurité. Il faut avant tout améliorer les conditions de vie, restaurer les pistes, bâtir des centres de santé ou des écoles. Voilà pourquoi j'ai retardé ma visite dans l'Ouest, initialement programmée en octobre dernier, et que j'accomplirai en mars... Qu'est-ce que j'apporte aux populations ? Voilà la question. D'abord, du concret sur le terrain ». Parler de routes, de centres de santé et d'écoles (matérialité) là où il est question de guérir les cœurs (immatérialité), nous laisse pantois. Il est, désormais, clair qu'Alassane Ouattara n'a aucune « solution » pour le rapprochement des Ivoiriens, pas plus qu'il n'a la moindre idée de ce qu'on peut appeler « réconciliation ». Il ne faut rien attendre de lui, visiblement, quant à la réconciliation des Ivoiriens. Il veut faire leur bonheur sans eux. Il se propose de leur construire des routes, des écoles et des centres de santé pour leur faire oublier les plaies à vif que leur a causé le massacre de milliers d'entre eux par ses milices Dozos et par les FRCI. Belle réconciliation que celle qui s'en vient en Côte d'ivoire !


Autre péril - et non des moindres - sur la nation ivoirienne, la spoliation des populations de l'Ouest de la Côte d'Ivoire de leurs plantations et terres ancestrales qui sera bientôt entériné par la réforme du foncier rural préconisé par le nouveau régime ivoirien. Les informations qui nous parviennent d'amis et de connaissances vivant dans cette partie de la Côte d'Ivoire font état du fait que, depuis les croisées rageuses des milices pro-Ouattara, appelés Dozos, et des FRCI dans les villes et forêts de l'Ouest, nombre de villages n'ont plus accès à leurs terres traditionnelles. De nombreux planteurs n'ont plus le droit de se rendre dans leurs propres plantations sous peinent de subir le courroux des nouveaux occupants, qui ont pris possessions des lieux, en toute impunité. Ils nous attestent que des cars entiers déversent des populations venues des pays voisins de la Côte d'Ivoire dans nos forêts et que les autochtones se font ainsi déposséder, dans le plus grand silence et n'ont personne à qui se plaindre. Pire, ils craignent par-dessus tout les représailles des « nouveaux propriétaires », en cas de dénonciation.

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Amadé Ouérémi, au premier plan, à gauche.


L'une des plaies de cette région est le supplétif FRCI d'origine burkinabé, Amadé Ouérémi, appuyé de sa milice et responsable de grands crimes, dénoncés par plusieurs ONG internationales, dans cette partie de la Côte d'Ivoire. Le simulacre de désarmement volontaire opéré devant les caméras et les objectifs photographiques par le Bureau de désarmement, démobilisation et réintégration (Ddr) de l'Onuci (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) de Duékoué, le vendredi 30 Septembre 2011, à Bagohouo, reste négligeable. L'opération avait été menée en collaboration avec la Commission nationale sur les armes légères (Com-Nat Alpc) et était la seconde phase de l'opération de désarmement des éléments d'Amadé Ouérémi dont 25 éléments venaient de Tabou et 12 de Bangolo, prouvant l'étendue du champ sous le contrôle de ces forces qui règnent en seigneurs sur l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Les ivoiriens de l'Ouest vivent dans la terreur, dans l'indifférence du pouvoir.

« Il faut avoir le courage de s'attaquer enfin au problème du foncier rural, ce que personne n'a fait jusqu'alors. Je vais le régler, d'autant que je dispose d'une majorité solide à l'Assemblée. Les ministres de la Justice et de l'Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Il y aura des décisions difficiles à prendre, mais nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété ». Ces « décisions difficiles » à prendre, relatives au « droit de propriété » dont parle Alassane Ouattara pourraient bien être le droit donné à ces non nationaux qui envahissent l'Ouest de notre pays de cultiver nos terres avec un droit de propriété officiel et légal. Le contraire nous étonnerait.

Au demeurant, il est faux d'avancer que personne ne s'est jamais attaqué au problème du foncier rural, en Côte d'Ivoire. Un tel propos relève d'un regrettable négationnisme d'Alassane Ouattara. Sous Bédié, en 1998, cette réforme avait été bel et bien faite. Et cela, au profit des Ivoiriens. Ce qui est tout à fait normal. Sous Gbagbo, des amendements ont été apportés pour parfaire la Loi. Elle était en examen sur la table des députés quand la crise postélectorale a éclaté. Que donc Ouattara ne vienne pas nous dire que rien n'a jamais été fait, relativement à cette question nationale. Il n'est pas le premier et ne sera certainement pas le dernier initiateur de cette réforme.

D'autres périls guettent notre nation, parmi lesquels: l'embrigadement de la Côte d'Ivoire par l'ancienne métropole, à travers le renouvellement du pacte colonial, entériné par Alassane Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, là où Laurent Gbagbo était en passe d'y mettre définitivement fin avec la fermeture du 43ème BIMA ainsi que l'affirmation de notre souveraineté et de notre indépendance vis-à-vis d'un Hexagone possessif et parasite. Au regard de la débâcle financière et économique de la France, ce nouveau pacte colonial ne peut que comporter des clauses secrètes devant lui offrir une béquille inespérée, contrairement aux déclarations officielles et sourires diplomatiques d'un Nicolas Sarkozy voulant montrant pattes blanches à travers l'annonce du projet de soumission aux parlements des deux pays des nouveaux accords de défense entre la France et la Côte d'Ivoire. Sur le sujet, personne n'est dupe.

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La banalisation de la Côte d'Ivoire est le dernier péril que nous relevons pour notre nation. Le respect dû à une nation, quelle que soit sa petitesse, se voit à travers l'estime et l'accueil accordés à son « souverain » au cours d'une visite dite d'Etat. Pour notre part, nous avons été interloqué par le peu de considération accordée à Alassane Ouattara, en visite en France : d'abord accueilli au bas de l'échelle de coupée par Monsieur Claude Guéant, ministre de l'Intérieur. Pourquoi Nicolas Sarkozy ne lui a-t-il pas rendu la pareille ? A Yamoussoukro, le 21 mai 2011 pour son investiture, c'est le chef de l'Etat en personne qui l'a accueilli ? Comment, à défaut de se déplacer lui-même, ne commet-il pas le Premier ministre François Fillon ou, au pire des cas, le Ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, à la tâche ? De deux, comment Alassane Ouattara, le président d'un « Etat souverain », peut-il accepter de se déplacer sur un plateau de télévision, fut-il celui de France 24, plutôt que la chaîne de télé ne soit reçue à son hôtel ? Et de trois, comment se fait-il que Nicolas Sarkozy peut recevoir un autre chef d'Etat, en l'occurrence Monsieur Hamid Karzaï d'Afghanistan, le 27 janvier, pendant le séjour officiel non encore achevé du chef de l'Etat ivoirien ? Autant de désinvolture et de mépris qui nous apparaît frustrant et, tout compte fait, révélateur de la relation maître-laquais existant désormais entre le président français et le chef de l'Etat ivoirien.


Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire !




In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 432 du jeudi 2 février 2012.