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samedi, 31 mars 2012

ALASSANE OUATTARA: LE CHANT DES SIRENES S'ESTOMPE


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Oui, le langage trompeur qui a séduit bien des ivoiriens, des africains et des citoyens du monde et qui les a amenés à se laisser flouer par les apparences est en passe de perdre définitivement de sa magie. Le charme a fait long feu. Celui de voir enfin un ressortissant du Nord de la Côte d'Ivoire au pouvoir. En la personne d'Alassane Ouattara ou ADO (Argent - Diamant - Or, comme se plaisent à dire ses aficionados), adoubé « Warri fatchè » (trivialement, Papa-l'argent), l'économiste de renommée internationale, celui dont le métier est de « trouver l'argent », l'homme au carnet d'adresses éloquent, « la solution » à tous les problèmes des ivoiriens.

Il aurait été franchement souhaitable que ce charme fût suivi d'effets concrets dans la vie des ivoiriens. Que nenni ! Jamais la Côte d'Ivoire ne se sera portée aussi mal dans sa peau, dans sa vie quotidienne et dans sa cohésion. Et l'histoire retiendra que cela est arrivé sous un nordiste. De ce point de vue, Ouattara rend au Nord de notre pays, le pire service qui soit. A tout le moins, un bien mauvais service. Ce qui est certain et clair dans l'esprit de tous, c'est que le septentrion ivoirien ne pourra plus dire qu'il n'a jamais gouverné et qu'on lui refuse sa candidature (pas celle d'un de ses fils mais la sienne entière) à l'élection présidentielle pour des considérations religieuses et géographiques.

« On ne veut pas que je sois candidat parce que musulman et du Nord », telle aura été la lame de fond de la politique de Ouattara pour la conquête du pouvoir. Jamais un fils du Nord n'aura autant instrumentalisé sa région et, soyons-en certains, cela ne sera pas sans conséquences dommageables pour la suite de l'histoire ivoirienne. L'ayant dit et étant parvenu au pouvoir sur cette base, le chef de l'Etat actuel confirme sa ligne de pensée en déclarant d'aplomb, dans une interview qu'il a donnée au journal « L'Express », au premier jour de sa visite d'Etat en France, le mercredi 25 janvier 2012 : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population (chiffre démenti par les données de l'Institut National de la Statistique qui indiquent plutôt 25,71%), étaient exclues des postes de responsabilité ».

Au-delà de l'instrumentalisation et du tripatouillage indécent des données démographiques, c'est le braquage de toutes les autres ethnies de notre pays contres celle du Nord qu'est ainsi en train de réussir - fort malheureusement - Alassane Ouattara. L'inconscient profond des ivoiriens et leur imaginaire populaire retiendront que c'est sous Ouattara, le chantre du nord, le « Zorro » de la cause nordiste, qu'on aura connu la pire division entre les Ivoiriens. Le rattrapage ethnique de Ouattara a ceci de criminel qu'il dresse les communautés du Nord contre tout le reste de la Côte d'Ivoire. Et cette opposition, cette  déchirure, c'est Alassane Ouattara qui l'aura réussie. Tant et si bien que si on fait une analyse objective et rigoureuse de la crise ivoirienne, depuis le début de la rébellion en 2002, et de la situation sécuritaire actuelle dans notre pays, on constatera que les FRCI - qui sévissent gravement et odieusement contre les populations ivoiriennes dans le silence le plus complet du gouvernement -, en réalité, ne sont soutenus que par les ressortissants du Nord. Et ce n'est pas de la délation de le dire.

C'est au point où lors des manifestations des populations d'Arrah - dans l'Est de la Côte d'Ivoire - contre la présence des FRCI dont elles étaient excédés des exactions, et qui ont fait de 15 à 35 morts selon des sources diverses, les ressortissants du Nord ont fait écran contre les autochtones pour porter secours aux FRCI. L'affrontement communautaire était inévitable. Les plaies sont encore à vif et la réconciliation dans cette localité n'est pas pour demain, au regard des propos vindicatifs qui nous en parviennent et qui ne sont guère rassurants. L'équilibre n'y tient, à l'heure actuelle, que par la présence des armes. Qu'arrivera-t-il à la moindre inversion des rapports de forces ? DIEU seul le sait ! Et nous n'osons même pas l'imaginer.

La question sécuritaire en Côte d'ivoire est un vrai drame national. Nos forces traditionnelles de sécurité (Police et Gendarmerie) sont impuissantes devant les exactions des supplétifs FRCI et des milices « Dozos » descendus du Nord combattre pour Ouattara, à Abidjan. Plutôt que de retourner dans leurs milieux naturels de vie et leurs régions sociologiques, ils se sont incrustés dans le Sud et l'Ouest de notre pays. Pour le plus grand malheur de nos populations. Leurs dérives et leurs crimes sont légions et quasi quotidiens.

A l'intérieur du pays, les forces de l'ordre sont désarmées et doivent se soumettre à une bien curieuse démarche administrative pour recevoir une dotation temporaire d'une ou deux armes (pour mission commandée) auprès des préfets. Une fois la demande des commissaires déposée aux préfets, ils donnent instruction aux FRCI, qui consentent à remettre une ou deux kalachnikovs, à rendre après opération.

Oui, vous avez bien lu, ces pratiques ont bel et bien cours en Côte d'Ivoire. D'ici là (du début de la procédure à son aboutissement), les populations ont largement le temps de périr, sans que personne ne lève le petit doigt. De toute notre jeune vie, jamais entendu parlé de pareilles incongruités dans une République. A moins que la Côte d'Ivoire n'en soit plus une ! Ainsi, braquages, viols, vols et assassinats émaillent le quotidien des ivoiriens, dans l'indifférence générale, et surtout celui, incompréhensible, du pouvoir d'Abidjan.

Pas plus tard que ce dimanche 25 mars 2012 à Yopougon, les FRCI occupant illégalement la Place de la liberté, patrimoine du FPI, sous le prétexte qu'un des leurs a eu maille à partir avec un quidam dans un maquis, font une descente punitive dans le quartier de Yopougon-Selmer, s'attaquent aux riverains sans différenciation, saccagent plusieurs maquis dont celui où se sont déroulées lesdites échauffourées. Trois civils sont tués dont un, égorgé et franchement amoché : la tête fracturée et l'œil défoncé. Un jeune cadre de banque, Kouamé Lucien, a été sorti de sa voiture à bord de laquelle il circulait avec sa nièce, et poignardé de plusieurs violents coups de couteaux. Son seul crime : il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Plusieurs femmes ont été violées et des boutiques pillées. Une centaine de civils ont été blessés au gourdin et à la machette. Vous parlez d'une jungle !

Le rattrapage ethnique est tellement bien ficelé et pensé que le nouveau président de l'Assemblée nationale et dauphin constitutionnel - élu anticonstitutionnellement sur la base d'un décret présidentiel lui-même illégal - est du Nord, en la personne de l'ex-Premier ministre Soro Guillaume dont la manœuvre nous rappelle étrangement la parade des primates qui ne lâchent une précédente branche qu'après s'être bien assurés de tenir fermement la suivante. Sous Ouattara, la violation de la Constitution est le passe temps favori. La première vice-présidente, Madame Sako Sarah Fadiga, est également du Nord. Dans la même logique rétrograde.

A côté de cela, des injustices criantes prospèrent dans tout le pays : des domiciles et hôtels appartenant à des particuliers restent encore occupés, des voitures privées sont encore aux mains des FRCI qui refusent de les rendre, les véhicules 4x4 des entreprises se font quotidiennement braquer par ces hommes en armes, en toute impunité, des infrastructures publiques font toujours l'objet de la prise en otage desdites forces et la quasi totalité des QG de campagne du candidat de La Majorité Présidentielle, Laurent Gbagbo, servent de résidence aux FRCI s'ils ont eu le bonheur d'avoir échappé à la destruction systématique ; dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, des ressortissants Burkinabé occupent de force les champs des autochtones. Le sous-préfet de Bloléquin, Koffi Yao-Kan Claude, s'exprimant dans les colonnes du quotidien « Le Nouveau Réveil », dénonce cette pratique désinvolte ainsi que la grave insécurité qui sévit dans la zone, lui qui a enregistré à ce jour 92 conflits fonciers dans sa circonscription. L'Ouest de la Côte d'Ivoire, il faut le dire en toute franchise et honnêteté, est devenu une « colonie de peuplement » pour tous les ressortissants des pays voisins, au détriment des nationaux ivoiriens. Une poudrière en perspective !

Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation avait prévenu à Yamoussoukro, le 28 septembre 2011, dans son discours d'investiture : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive, car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain. Et c'est ainsi que s'installe l'escalade. Désarmons donc aujourd'hui nos haines, faute de quoi nous nous acheminons à grands pas vers une guerre de cent ans ! ». Ouattara doit désamorcer cette bombe qu'il a posée avant qu'il ne soit trop tard.

L'actuel chef de l'Etat avait cloué au pilori la gestion du président Gbagbo et promis du renouveau pour la Côte d'Ivoire : 250 nouvelles écoles, 1 université et 1 million d'emplois par an, l'enrayement de la pauvreté et la cohésion nationale. Il n'en est rien : il a bouclé une année de pouvoir et aucune école n'est encore sortie de terre, aucune nouvelle université n'est en vue, pire, l'ouverture des anciennes est renvoyée aux calendes grecques ; Alassane Ouattara a détruit, depuis son accession au pouvoir, au moins 50.000 emplois (concours de la Fonction publique annulés, licenciements massifs à la Présidence, à la SOTRA, à la RTI, à Air Ivoire, à Palaces de Côte d'Ivoire, au Port Autonome d'Abidjan, à l'AGEFOP, à l'ANADER, au CIAPOL et dans la quasi-totalité des institutions et entreprises publiques) ; le coût de la vie est passé à un niveau record, les populations sont au bord de l'asphyxie et de la révolte ; les Ivoiriens se regardent en chien de faïence à cause d'une réconciliation mal amenée et d'ailleurs sabotée par les actions et la justice des « vainqueurs » au pouvoir ; les armes légères et lourdes n'ont jamais autant circulé dans nos villes et été exhibées par les FRCI et leurs supplétifs au nez de nos populations terrifiées et terrées. La Côte d'Ivoire est méconnaissable sous Ouattara. Jamais elle n'aura été autant défigurée et aussi proche de l'explosion. Les ressortissants du Nord ne doivent certainement pas en être fiers. Beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui perplexes. Bien d'autres ont déjà déchanté. Le chant des sirènes s'estompe. La « solution » fait place à la « désillusion ». Celle des partisans endoctrinés et des soutiens internationaux.

Le Nord gouverne à l'heure actuelle. Et nous voyons tous de quelle désastreuse façon. Il se « rattrape », selon Alassane Ouattara, qui aura réussi l'exploit de diviser profondément les ivoiriens et de les installer sur une poudrière qui ne manquera pas d'exploser si rien n'est fait. C'est juste une question de temps.


Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 480 du vendredi 30 mars 2012.

mercredi, 28 décembre 2011

LES EX-REBELLES INTEGRES A L'ARMEE IVOIRIENNE, UN VERITABLE CANCER!


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Côte d'Ivoire: les ex-rebelles intégrés à l'armée, une plaie pour Ouattara

 

Les incidents meurtriers à répétition entre civils et ex-rebelles intégrés à l'armée ivoirienne mettent le régime d'Alassane Ouattara sous pression et soulignent l'urgence d'une réforme des forces de défense dans un pays toujours fragile après la crise de 2010-2011.

Une simple altercation entre un militaire des Forces républicaines (FRCI) et un jeune à Sikensi, près d'Abidjan, a dégénéré en conflit entre autochtones d'un côté, Malinké (ethnie du nord) et FRCI de l'autre, qui s'est soldé lundi par un bilan de quatre morts - deux soldats et deux jeunes -, une quinzaine de blessés et de nombreux dégâts.

Une semaine après des affrontements entre habitants et FRCI à Vavoua (centre-ouest) ayant fait six morts, ces événements jettent une lumière crue sur l'état de l'armée.

L'essentiel de ses éléments opérationnels est constitué des ex-rebelles venus du nord qui ont aidé le président Ouattara à accéder au pouvoir en avril, après quatre mois de crise et deux semaines de guerre contre les forces de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo (...)

Nord-Sud, quotidien proche de Guillaume Soro, Premier ministre et chef de l'ex-rébellion, mettait mardi le dernier incident sur le compte de "provocations" de pro-Gbagbo qui, par "haine", "refusent de voir" dans les FRCI "le symbole de l'armée nationale".

Mais le journal reconnaissait qu'on ne peut "absoudre" les FRCI après des semaines d'exactions.

Autochtones pro-Gbagbo face à Malinké pro-Ouattara et FRCI: les violences de Sikensi montrent que "le contentieux ethnique et politique est encore très fort: la réconciliation va mettre du temps", affirme à l'AFP un expert, sous couvert d'anonymat.

"Cancer"

Mais dans l'immédiat le problème tient surtout aux milliers d'ex-rebelles, armés et pour l'heure intégrés de facto à l'armée régulière, auxquels le régime doit offrir un avenir.

"Tous ne resteront pas dans l'armée: quand on les mettra à la porte, certains deviendront coupeurs de route, voleurs ou pourront être recrutés par les uns et les autres en cas de tension politique. C'est un vrai cancer", prédit l'expert.

Après Vavoua, le chef de l'Etat a décrété la "tolérance zéro" face à l'"indiscipline": il a créé une police militaire pour faire le ménage, confiée à un ancien commandant rebelle charismatique, Zakaria Koné.

Guillaume Soro, également ministre de la Défense, a promis pour janvier une tournée des casernes, et des "assises nationales" sont prévues début 2012 pour élaborer une réforme de l'armée.

Mais huit mois après la crise, ces annonces ne font que souligner que ce chantier reste quasi-vierge et qu'un programme de désarmement-réinsertion se fait toujours attendre.

Le pouvoir "ne sait pas par quel bout prendre le problème", pris entre les contraintes financières et sa difficulté à écarter des hommes qui se voient en "libérateurs", estime une source proche du dossier.

Les incidents sont en tout cas "le meilleur argument pour maintenir Soro comme Premier ministre", juge-t-elle.

Cette hypothèse fait toutefois grincer des dents chez les partisans de l'ex-président Henri Konan Bédié, principal allié de M. Ouattara, à qui le poste doit théoriquement revenir malgré la majorité absolue obtenue par le parti présidentiel aux législatives du 11 décembre.

Pour International Crisis Group (ICG), le président doit de toute façon être en première ligne.

Pointant dans un rapport publié mi-décembre une "criminalisation" des forces de sécurité, le groupe de réflexion appelait M. Ouattara, réputé plus amateur de dossiers économiques, à "ne déléguer à personne" le chantier sécuritaire.



vendredi, 23 décembre 2011

LES FRCI, A L'IMAGE DU NOUVEAU REGIME IVOIRIEN


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Ce lundi 19 décembre 2011, le quotidien pro-Ouattara Nord-Sud barrait à sa Une : « Descente au Plateau, tirs à Yopougon, 5 morts à Vavoua, FRCI, arrêtez ça ! ». Un cri d'indignation, inattendu de la part d'un organe qui a toujours encensé le régime Ouattara depuis son avènement, malgré ses foultitudes de dérives, pour marquer une désapprobation qui est en réalité celle de plus en plus grandissante des populations ivoiriennes à l'égard des « sauveurs », indisciplinés et à la gâchette notoirement facile ! Un holà qui en dit long sur le désamour qui s'installe progressivement entre une armée prétendument républicaine, qui a du mal à se faire accepter et à se fondre dans le peuple, et des populations qui en ont plus qu'assez de ses exactions, crimes et attaques armées.

Tant et si bien que le chef de l'Etat Alassane Ouattara a « pété un câble », comme disent les Ivoiriens, et convoqué d'urgence ses généraux, ce même lundi 19, au Palais présidentiel. Au terme d'un conclave d'une quarantaine de minutes sous haute pression, ordre formel a été donné aux sécurocrates ivoiriens pour le retour immédiat en caserne de tous les FRCI, le retour immédiat des chefs d'unité dans leurs régions d'origine et l'interdiction aux militaires de sortir des casernes sans permission. 48 heures bien assénées ont été données au Grand commandement pour mettre fin aux dérapages répétés (plus que répétés) des FRCI, une police militaire a été créée pour traquer les soldats indélicats, la désormais tolérance zéro vis-à-vis de l'indiscipline militaire sera de rigueur, le tout couronné par l'interdiction faite aux FRCI de circuler en armes ou en véhicules militaires dans les rues du pays. Encore faut-il qu'ils y obtempèrent! Cela constitue une autre paire de manche. Mais qu'est-ce qui est à l'origine de ce subit réveil de la république ouattarandienne ?

Premier fait : Nous avons encore souvenance que dans la matinée du mercredi 14 décembre 2011, les FRCI basées dans la commune d'Adjamé ont fait une descente musclée à la Préfecture de police d'Abidjan, au Plateau, pour procéder à la libération de deux des leurs, raflés à la faveur d'une expédition de la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD) s'inscrivant dans une série d'opérations visant le démantèlement et la destruction des fumoirs du District d'Abidjan.

Tout soldats républicains qu'ils sont, ces deux éléments FRCI tombés dans le filet de la police des stupéfiants, étaient au nombre d'une quinzaine d'individus peu recommandables s'adonnant à la consommation et à la vente de drogues diverses, dans un haut lieu du trafic de drogue de la place abidjanaise.

Manque de pot donc, ils seront transférés au violon central de la Préfecture de police et mis sous les verrous, en attendant leur déferrement au parquet d'Abidjan Plateau, le lendemain, jeudi 15 décembre 2011, pour comparution devant les juges. Leurs compagnons de troupes ne l'entendent pas de cette oreille qui, après avoir essuyé un premier refus catégorique de libération de leurs compères par les fins limiers du district, se replient sur leur base et font, en fin de journée, une expédition des plus rocambolesques contre la Préfecture de police, bardés jusqu'aux dents de kalachnikovs et de RPG-7. Ils mettent les policiers en joue, neutralisent l'agent chargé de la garde du violon après l'avoir sévèrement battu, libèrent les deux éléments FRCI et, au passage, tous les autres prévenus, terrifient tout le Plateau par leur tirs en l'air et prennent la poudre d'escampette, sans être le moindre du monde inquiétés.

Deuxième fait : A Yopougon, une banale affaire de béret dégénère en affrontement entre des éléments du détachement FRCI basé au Complexe sportif et d'autres de la BAE.

Oui, le jeudi 15 décembre 2011 restera un jour supplémentaire de terreur pour les riverains de cette base militaire de circonstance qu'est devenue cette aire de jeu célèbre, aménagée pour encaserner les ex-combattants, au Nouveau Quartier de Yopougon. « Les éléments qui montent la garde devant le nouveau site ont tenté d'arracher à un autre élément le béret qu'il portait. Cet élément, de passage, a fait de la résistance et a alerté ses camarades de la compagnie GT8, basée à la BAE (Brigade anti-émeutes) », rapportait dans la presse un officier des FRCI qui a requis l'anonymat. Selon son témoignage, les éléments FRCI de la BAE n'ayant pas apprécié le traitement infligé à leur camarade sont venus en renfort sur les lieux et, sans autre forme de procès, ont ouvert le feu. Bilan : deux blessés.

Quelques instants seulement avant cet incident, à quelques encablures de là, au quartier Bel-Air, une première brouille entre 6 soldats FRCI qui en étaient arrivés au pugilat public avait fait un blessé. « Là bas, un élément a pris une balle dans la main », confiait l'officier des FRCI cité plus haut.

Troisième fait : Un jeune homme mis aux arrêts, par les FRCI de Vavoua pour une histoire de pétard, décède à leur quartier général, le samedi 17 décembre 2011, dans des circonstances non encore élucidées, après une sévère bastonnade des hommes du Général Soumaïla Bakayoko dans la ville. Le dimanche 18, les parents, amis et connaissances de l'infortuné se déportent en masse sur les lieux pour réclamer la dépouille du jeune malinké, leur proche, ayant succombé à la barbarie des hommes en armes de la localité. La démarche prend spontanément l'allure d'un vaste mouvement de protestation contre les agissements et exactions des FRCI à Vavoua. Les soldats FRCI ayant pris ombrage de la forte mobilisation de la population, menée majoritairement par les jeunes, font écran pour empêcher les manifestants de progresser et d'aller faire le siège de leur Etat-major. Les jeunes se déchaînent et sont insaisissables. De vives altercations et des échauffourées s'en suivent. Des tirs de kalachnikovs aussi. 5 morts, dont l'un, des suites de ses blessures, à l'hôpital local.

Voici le climat délétère qui s'est désormais installé entre une armée censée être républicaine et son peuple, qui la vomit chaque jour un peu plus, et qui tolère de moins en moins ses frasques. De sorte qu'en titrant : « FRCI, arrêtez ça ! », le quotidien pro-Ouattara Nord-Sud ne fait que restituer fidèlement le ras-le-bol de plus en plus insupportable d'une population déçue de son armée, véritable mélange hétéroclite de supplétifs incultes, d'ex-combattants sans formation et de forces régulières, qui tardent à faire sa mue pour s'inscrire définitivement dans la modernité et le professionnalisme. Cette lucidité tardive aurait dû s'étendre également aux actions du régime RHDP. Que nenni !

Mais, nous sommes au regret de le dire, cette armée iconoclaste est à l'image du pouvoir qui l'a adoubée et investie de ses missions. De sorte qu'on pourrait valablement dire : « Pouvoir Ouattara, arrêtez ça ! ». Et cela n'offusquerait personne. Tant ce régime, depuis son avènement en Côte d'Ivoire, s'illustre par les actions et mesures impopulaires, si ce n'est complètement rétrogrades. De sorte que ses cris d'orfraie contre les dérives des FRCI nous font sourire. Parce qu'il fait bien pire. Tel régime, telle armée !

Nous en voulons pour preuve le fait que depuis avril 2011, notre pays semble s'être installé dans un régime d'exception et non dans une république : des autorités de cette nation, premiers ministres, députés, ministres, cadres, officiers supérieurs de l'armée, soldats, journalistes et hommes de médias croupissent dans les geôles de Ouattara, au Nord du pays, depuis de longs mois, envers et contre leurs statuts particuliers prévus par nos lois (hautes autorités de la République, parlementaires et journalistes), sans jugement, sans droits de visite, incarcérés pendant des mois entiers avant toute inculpation. Justice des « vainqueurs » !   En outre, le Chef de l'Etat est toujours le président du RDR, en contradiction totale avec l'article 54 de la Constitution ivoirienne qui lui impose d'être à équidistance de tous les Ivoiriens. Et nous le dénonçons pour la énième fois, il n'a toujours pas déclaré ses biens devant la Cour des comptes, conformément à la prescription de l'article 55 de la Loi fondamentale de la République de Côte d'Ivoire. Sans oublier le fait que l'Assemblée nationale a été illégalement suspendue, sinon dissoute, avant les législatives, et tous les salaires des députés coupés, y compris celui de son président sortant, le professeur Mamadou Koulibaly. Et tout le beau microcosme ivoirien continue à vivre comme si de rien n'était et comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Sommes-nous dans un régime d'exception ou dans une république ? Le pouvoir RHDP devra éclairer les Ivoiriens sur la question.

La réconciliation nationale tant annoncée se fait (ou on espère la faire) sans la partie adverse, en exil ou en prison et dont le leader, le Président Laurent Gbagbo, est en déportation à La Haye, aux termes de procédures et de tractations des plus suspectes entre le pouvoir en place et le très controversé procureur de la Cour pénale internationale, Luis Moreno-Ocampo. Les universités publiques, centre du savoir et des recherches dans notre pays, sont fermées pour au moins deux nouvelles années, au regard des dégâts épouvantables qui y ont été causés par les FRCI et les milices pro-Ouattara (dozos), pendant la prise d'Abidjan, dans le mois d'avril 2011. Le gouvernement parle de reprise en Octobre 2012. Pour cela, il aurait fallu que les travaux débutent maintenant. Or, après l'abattement des arbres, le déguerpissement des petits commerces et des « business center » (photocopie, saisie et traitement de texte, impression, reliure) et les travaux de reprofilage, plus rien ne se fait en ce moment sur les différents sites de nos universités. De sorte que l'intelligence est assassinée, actuellement, en Côte d'Ivoire (négation de la recherche et de l'instruction des jeunes générations) et que trois promotions de bacheliers (bientôt quatre) sont sur le carreau ou en exil universitaire.

Les indemnités des magistrats ont été suspendues, cette fin de mois de décembre, en pleine période des fêtes, sans préavis, des salaires entiers restent impayés dans bien de sociétés et établissements publics. Quant aux législatives ivoiriennes, elles resteront un cas d'école : nous sommes passés du « désert électoral » reconnu et attesté par tous, y compris les observateurs et les médias internationaux (dont France 24, RFI, Euronews et TV5 Monde, habituels soutiens de Ouattara), tant les électeurs étaient aussi rares que l'or fin, à la « forêt électorale », avec un taux de participation irréel de 36,56% qui laisse pantois tous les analystes de la vie politique ivoirienne. Le président de la CEI, Monsieur Youssouf Bakayoko devra expliquer à la nation ivoirienne ce tour de magie qui jette une ombre épaisse sur le peu de crédit qui restait encore à son institution aux yeux des Ivoiriens, après la présidentielle de 2010. Nous ne parlons même pas des plaintes pour fraudes et falsification de résultats déposées par une foule de candidats floués, sur la table du Conseil constitutionnel. Dans quelle république sommes-nous ? Vivement une réponse du nouveau régime ivoirien.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 398 du jeudi 22 décembre 2011.

jeudi, 14 juillet 2011

YOPOUGON - PRIS POUR UN MILICIEN, UN JEUNE HOMME ABATTU PAR LES FRCI

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Silence, la nouvelle armée d’Alassane Ouattara tue ! Les ivoiriens sont en mesure de le dire, vu les exécutions qui se poursuivent.

 

Le jeudi 7 juillet 2011, un jeune homme a été froidement assassiné dans la commune de Yopougon. Son corps était en bordure de la grande voie au niveau du quartier Yaosséhi entre le commissariat du 16ème arrondissement et l’antenne de Côte d’Ivoire Télécom, précisément devant le centre « Les amis de cœur ».

Ce corps était couvert d’une bâche noire sur laquelle étaient posés 2 pneus. Selon les renseignements que nous avons pu avoir sur les lieux, la victime dont l’identité n’est pas encore connue est un jeune Agni qui a été abattu par les Frci, sous prétexte d’être un milicien de Gbagbo, alors qu’il ne portait aucune arme sur lui. Des témoignages concordants ont mentionné que ce jeune était la troisième victime des Frci dans la même semaine.

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A Yopougon, il suffit de dire que tel est milicien ou tel autre a donné à manger aux miliciens pour que les Frci l’exécutent, sans autre forme de procès. Derrière le calme apparent qui prévaut, les exécutions sommaires font rage, au point de s’interroger si le nouveau régime et son armée peuvent réellement nous offrir un Etat de droit dans lequel la vie humaine est véritablement sacrée.

Sous Ouattara, le sang coule, coule et coule toujours pour si peu.

 

Source : COTE D’IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 15 juin 2011

COTE D'IVOIRE: «SE PROMENER AUJOURD'HUI AVEC UNE CARTE D'ETUDIANT EST UN VRAI SUICIDE» (ONG)

 

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L'ONG Le Mien (Mouvement ivoirien pour un éveil national) a dénoncé les exactions des Forces Républicaines de côte d'Ivoire (nouvelle armée créée par Ouattara, Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI) contre les populations, notamment les étudiants.

« Alors que (...) les étudiants ont officiellement été vidés des campus (...), leurs chambres sont actuellement occupées par des hommes en armes et tenues militaires», écrit l'organisation dans une lettre ouverte en date du 6 juin dont DirectScoop a eue copie.

Les étudiants ivoiriens paient selon l'ONG un très lourd tribut de cette situation. Hormis « l'année blanche », devenue une quasi-certitude, ceux-ci sont la cible des hommes de Ouattara. « Se promener aujourd'hui avec une carte d'étudiant est un vrai suicide », révèle l'ONG qui demande la cessation de ces actions.

Le dernier rapport de l'ONU a laissé entendre que des « crimes contre l'humanité » auraient été commis et se poursuivraient en Côte d'Ivoire.

La Fédération Internationale des Droits de l'Homme avait alerté, à la suite d'Amnesty et de Human Right l'opinion internationale sur la persistance d'exactions en Côte d'Ivoire, principalement contre les partisans du Président Gbagbo.

Ces accusations avaient été rejetées par le ministre de l'intérieur de Ouattara, qui avait estimé qu'il n'y avait pas d' « exactions à grande échelle », exigeant des « preuves » le cas échéant.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right dénonçait des « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly dit Ben Laden.

Amnesty Internationale, qui a accusé aussi les FRCI d'exactions, a estimé dans son rapport du 27 mai, que Ouattara devrait assumer « la responsabilité des actions tolérées ou commises par ses forces.

Depuis la capture du Président Laurent Gbagbo le 11 avril, les exactions contre les populations civiles et les couches socio-professionnelles jugées proches de lui, sont la cible d'une chasse aux sorcières.


Source : DIRECTSCOOP.NET

dimanche, 12 juin 2011

FRCI: LA LOI DE LA JUNGLE ET LE REGNE DE LA TERREUR

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Surréalistes auraient parus les faits vécus par ma jeune sœur d’église du nom de G. Danielle (22 ans) et son camarade Eric (24 ans, étudiant), avant-hier vendredi 10 juin 2011, à 9 heures à Adjamé Renault, si nous ne nous savions pas prisonniers d’un régime d’exception en Côte d’Ivoire, verni de constitutionnalité, et qui sert de terreau aux pires exactions qui soient. Avec le pouvoir Ouattara, la loi et le droit n’existent plus. Et certainement pour longtemps. La mésaventure qui fait l’objet de cet article s’inscrit donc dans la plus grande normalité de la nouvelle vie des Ivoiriens, pris en otage par une rébellion désormais au pouvoir qu’une presse internationale déjantée présente comme plus fréquentable qu’un régime démocratique renversé à coup de bombes françaises et d’obus onusiens.

Le bref récit que nous allons vous faire nous a été raconté de vive voix par l’une des victimes, en l’occurrence notre jeune sœur en CHRIST, G. Danielle. Tout a commencé dans la matinée d’avant-hier quand elle s’est rendue à la gare routière de la commune d’Adjamé pour le dépôt d’un colis devant être acheminé à l’intérieur du pays. Elle y rencontre Eric, un vieil ami d’une ville du Centre Ouest du pays où résident ses parents et où elle a fréquenté l’école. La joie des retrouvailles aidant, ils cheminent ensemble jusqu’à la hauteur de la gare STIF, où un véhicule 4X4 des FRCI venant dans leur dos, percute Eric. Le pare-brise vole en éclats sous l’impact de la collision. Eric atteint, hurle et se tient le bras de douleur. Des hommes ayant toutes leurs facultés et dotés de compassion naturelle seraient allés s’enquérir de l’état de la victime et l’auraient conduite dans un centre de soins. Que nenni ! Les soldats pro-Ouattara descendent du véhicule, furieux, s’en prennent au jeune étudiant qu’ils saisissent par les cols et qu’ils tentent de faire monter de force dans le véhicule militaire avec Danielle que des passants acquis à la cause des FRCI accusaient de cheminer avec Eric, pour la faire aussi embarquer. Franchement invraisemblable ! Danielle affolée et encore sous le choc de l’accident, supplie. Face à l’incompréhension des FRCI et de leurs supporters, elle fond en larmes, imaginant aisément ce qui l’attendait en tant que femme au milieu d’une horde de soldats pro-Ouattara drogués et sans morale.

Elle ne devra son salut qu’à la foule de passants que ses pleurs désespérés ont attirés, qui ont pris fait et cause pour elle et pour le jeune homme, contrairement aux premiers, et qui ont imploré la grâce des hommes de Ouattara. Ils l’ont donc laissée sur place et ont embarqué de force Eric, blessé, en le tenant par les cols, malgré la médiation de la foule.

Dans leur énervement, l’escouade FRCI démarre en trombe. Elle ne fait pas 200 mètres qu’elle percute à nouveau un gbaka (mini car de transport TOYOTA Dyna) dans ses mauvaises manœuvres de soldatesque toute-puissante ne respectant rien, pas même les priorités élémentaires de la circulation urbaine. Plus furieux encore, ils vont extraire le Dioula Tchè, le chauffeur du mini car, de la cabine de son véhicule, l’embarquent dans leur 4X4 et fondent dans la nature.

Eric et l’infortuné chauffeur de gbaka ont donc été pratiquement enlevés dans la rue, sous les regards médusés de la foule incrédule, pour une destination inconnue. Jusqu’à la fin de la journée de samedi où nous rédigions cette note, soient deux jours après, plus aucune nouvelle d’Eric. Il faut sauver Eric. Le fait même qu’il soit étudiant nous donne des sueurs froides pour sa vie, quand on sait que les FRCI les assimilent tout bonnement et le plus simplement du monde à des partisans de Gbagbo, donc dignes de mort. La Côte d’Ivoire ne mérite pas d’avoir une armée aussi indisciplinée et épidermique, qui n’a aucun respect de la vie ni la moindre considération pour les populations ivoiriennes.

Ouattara ne maîtrise guère son monde (il espère nous donner l’illusion du contraire) et c’est terriblement angoissant pour le peuple qui est à la merci des humeurs d’une soldatesque analphabète et inculte, terrorisant de manière indifférenciée opposants et partisans. Les FRCI constituent un obscur péril aussi bien pour Alassane Ouattara, lui-même, que pour l’ensemble des Ivoiriens. Vivement que la Côte d’Ivoire se réveille de cet affreux cauchemar ! Il faut sauver Eric !


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !


DINDE Fernand AGBO