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mercredi, 10 septembre 2014

SECURITE: LE QUESTIONNEMENT DU Pr MAMADOU KOULIBALY

 

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Que ce soit en tant que conférencier invité par l’Onuci et la Friedrich Ebert Stiftung pour disserter sur le rôle des partis politique dans le contrôle du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire ou lors de ses multiples rencontres avec les populations et la société civile, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly a pris l’habitude de poser une question à son auditoire : Que faire de la garde prétorienne de Ouattara à l’issue de l’élection présidentielle de 2015?

 

En effet, l’actuel président de la République, dans le sillage de la crise post-électorale, a mis en place une garde prétorienne de 5000 personnes environ. Cette garde issue des forces armées des forces nouvelles (Fafn) lui est rattachée par des liens privilégiés et fidélisés qu’elle a construits avec son arrivée au pouvoir. Ces forces sont donc politiquement liées à Ouattara plus qu’à son régime, au régime plus qu’à l’Etat et à l’Etat plus qu’à la République. Elles font office de forces de dissuasion du régime et semblent bien réussir, pour le moment, tant que le père fondateur est en place.

La garde prétorienne composée des forces spéciales et autres factions gérées par les ex-com’zones au cœur de la République et au service du sommet de l’Etat n’encourage pas les réformes de l’armée. Elle se comporte comme une compilation de milices privées au sein de l’armée et ressemble plus à des conquérants qu’à des soldats d’un état de droit. Mais le droit de l’Etat impose ces forces de sécurité, qui sont loin d’être républicaines, même si on les affublées de ce patronyme. Arrivées au pouvoir dans la dynamique de la crise ivoirienne, elles sont en effet liées non pas à la République, mais plutôt au président de la République qui est toujours président de son parti politique, en violation de la loi fondamentale, sans que cela ne gêne ni le Conseil constitutionnel, ni le Parlement.

On peut présumer que le système est sous contrôle du président-fondateur jusqu’en 2015. Mais que se passerait-il au cas où Ouattara perdait les élections? Que se passerait-il pour cette garde prétorienne et les autres forces pro-Ouattara au cœur de la machine sécuritaire de l’Etat si un membre actuel de l’opposition arrivait au pouvoir en octobre 2015? Comment une République dirigée par Mamadou Koulibaly s’accommoderait-elle des soldats qui ont juré fidélité et qui sont des militants avérés des différentes branches armées du Rdr, qu’on les appelle Fn ou Fafn ou Frci ? Comment s’accommoderait cette garde prétorienne avec un opposant devenu président de la République en 2015 ?

Mais, on peut admettre aussi que la présence même de ces forces pro Ouattara au moment des élections assure une dissuasion telle qu’aucun opposant ne puisse gagner ces élections de 2015. Cette hypothèse n’est pas moins probable que la précédente. Dans ce cas de figure, projetons-nous dans l’après 2015. Supposons que Ouattara gagne les élections et qu’il est dans son second mandat 2015-2020. Admettons qu’il n’envisage pas se représenter aux élections présidentielles de 2020. Cette hypothèse ouvre la perspective d’un renouvellement d’équipe gouvernementale. Il y aura donc un changement de président après 2020. Entre 2016 et 2020, nous entrerons ainsi dans une guerre de succession au cœur du système Ouattara. Le chef auquel les troupes constituées depuis 20 ans sont attachées, au point d’avoir conduit pour lui une rébellion de dix ans, doit laisser la place à un autre chef qui aura moins de légitimité et dans un parti politique en ébullition ou en reconstitution autour de ce nouveau messie charismatique et historique. Une guerre des héritiers de Ouattara est donc à envisager après 2016 et avant 2020. Quels en seraient les protagonistes dans le camp Ouattara? Avec quelles forces vont-ils mener leurs combats? Lequel de ces protagonistes contrôlera la garde prétorienne ? Comment les différentes factions qui composent cette garde prétorienne vont-elles se comporter dans ce «Game of Thrones» saison 2020 made in Côte d’Ivoire? Nous sommes au cœur de la question sécuritaire qu’aucune réforme actuelle du secteur de la sécurité ne peut éviter.

Le Rdr, aujourd’hui unifié autour de Ouattara, va-t-il résister aux guerres intestines que sa succession va déclencher ? Quelles conséquences ces guerres vont-elles avoir à partir de 2015 sur les Frci ? Sur les com’zones ? Sur l’armée ? Sur la police ? Sur la gendarmerie? La guerre des clans qui suivra va-t-elle ou non avoir un impact sur l’Etat ? Sur la République ? Sur les populations civiles ? La réforme du secteur de la sécurité (Rss) entamée peut-elle dès maintenant anticiper cette crise au sein des Frci ?

Dans tous les deux cas de figure, que Ouattara gagne ou perde les élections présidentielles à venir, la question se pose déjà de savoir ce que deviendra la garde prétorienne qu’il a constitué autour de lui et qui protège son régime comme une milice avec ses chefs de guerre directement attachés au président de la République lui-même.

Que deviendront les chefs de guerre dans une Côte d’Ivoire en émergence ? Peut-il y avoir compatibilité entre les chefs de guerre au service d’un président de la République et une prétendue émergence économique ? Faut-il dissoudre ces forces spéciales avant les élections et considérer qu’avec le second mandat de Ouattara ou bien avec le départ de Ouattara battu en 2015, leur mission serait terminée ? Et qui va les dissoudre, ces chefs de guerre qui depuis 2000 n’ont rien fait d’autre que la guerre, le trafic hors-la loi et l’affairisme ? Faut-il les mettre à la retraite et leur verser une rente viagère ? Ils seront de vieux soldats. Ils seront de riches rentiers. Mais ils resteront des militaires incompétents, claniques, violents et si on applique les résolutions 2151 et 2162, ils n’auront certainement plus leurs places dans l’armée nationale. Faut-il leur organiser des départs volontaires et à quel prix ? A quel coût ? Que va-t-on faire de ces autorités militaires devenus des militants politiques ou de ces militants politiques devenus entre temps autorités militaires ? Au-delà des chefs de guerre, des com’zones, que vont devenir leurs troupes ? Peut-on envisager renouveler leur encadrement et leur mise sous l’autorité du chef d’état-major des armées ? Faut-il envisager leur reprofilage et leur mise à disposition des futurs présidents de la République ? Peut-on construire une nouvelle armée, une nouvelle police et une nouvelle gendarmerie avec la logique des forces qui prétendent avoir gagné une guerre et avoir droit à un butin ?

Ces interrogations du Pr. Mamadou Koulibaly s’avèrent être un véritable casse-tête pour ses interlocuteurs. L’auditoire de la conférence du 5 août 2014 à l’Onuci, composé de députés de l’assemblée nationale, de membres du corps diplomatique, des forces armées nationales et internationales, de la société civile et des partis politiques, comme les populations avec qui il échange dans les communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays se montrent souvent désemparés face à ce questionnement. Faut-il pour autant perdre espoir et accepter la situation actuelle comme une fatalité? LIDER, qui travaille depuis longtemps sur la question et pour qui il est urgent de construire une doctrine de défense et de sécurité qui soutiendrait un concept cohérent d’emploi des forces et une loi de programmation militaire, pense que non. Il va falloir aborder courageusement ce sujet et surtout mettre en œuvre les actions qui pourront ramener la sérénité et l’apaisement dans le quotidien des Ivoiriens.

La sécurité est l’affaire de tous et il est urgent que M. Ouattara et son gouvernement, qui jusqu’ici n’ont montré aucune motivation à apporter les correctifs nécessaires au dispositif sécuritaire et ont totalement failli à leur engagement d’organiser de grands débats nationaux sur les grandes questions de société, en particulier sur le rôle des institutions – l’armée en étant une –, commencent à faire preuve de volonté politique, de sérieux et de célérité dans le traitement de cette question. 

 

SourceLIDER-CI.ORG

MAMADOU KOULIBALY: CELA M'ATTRISTE TERRIBLEMENT...

 

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Interrogé par le quotidien L’Inter, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly, avec son franc-parler habituel, fait part de sa profonde déception au vu de l’attitude de certains représentants de l’opposition et évoque les conditions pour battre Ouattara dans les urnes, en dépit du déséquilibre des moyens, des forces et de la commission électorale inféodée.

 

Comment appréciez-vous la réélection de Youssouf Bakayoko comme président de la Commission électorale indépendante ?

Même si cet état des choses est décevant de la part d’un technocrate qui sort du consensus de Washington mais se comporte comme un potentat de village africain, il est dans la logique de l’action du candidat Ouattara qui consiste à verrouiller le processus et le système électoraux pour préparer, forcer et imposer sa victoire. Il faut quand même retenir que les choses ont commencé avec le Conseil constitutionnel anticonstitutionnellement installé, qui ferme depuis lors les yeux sur les violations flagrantes et récurrentes de la loi fondamentale par le président de la République, qui reste à la fois chef de l’Etat et président du Rdr. Il ne faut pas oublier que par la suite, entre autres actes illégaux, le président a installé une Commission électorale totalement à ses  ordres, en violation de la Constitution. Que Bakayoko soit de nouveau installé comme président de la Commission électorale inféodée (Cei) est dans l’ordre normal de la fraude électorale dont il représente les préliminaires. Et cela est dommageable pour nous qui voulons le renforcement de la démocratie et qui rêvons  de société ouverte, apaisée et tranquille. Dommage pour les gens de leur génération dont on se demande bien quelle leçon de morale ils donnent à leurs descendances, lorsque la triche devient officiellement leur mode de fonctionnement ? Après, comment s’étonner qu’aux examens, les enfants considèrent que la fraude soit moralement défendable ?

Vendredi dernier, lors des débats, cinq membres n’ont pas attendu l’élection du bureau de la CEI et ont claqué la porte. Que vous inspire cette situation ?

C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, les gens qui pensent que la norme de vie en société est la tricherie, la fraude, la violence et la lâcheté sont majoritaires. Il est décevant d’observer que le fait que la loi soit mauvaise ne gêne pas tant que cela, qu’on l’accepte parce qu’elle nous permet d’obtenir une rente, même si elle est anticonstitutionnelle. Désappointant tout ça. Il aurait fallu dénoncer la loi comme non conforme à la Constitution. Descendre dans les rues et exiger le respect de la Constitution. LIDER était seul à défendre de façon cohérente et rigoureuse le Droit et la Constitution avec ses amis de La 3ème Voie et des voix de la Convention de la société civile, de certaines associations de défense des droits de l’homme, ajoutées à celles de quelques députés courageux et de l’Udcy. Il faut croire que les défenseurs du droit sont très minoritaires dans notre pays, ce qui explique le règne des fraudeurs, de l’impunité et de la permissivité qui sont à la base de l’injustice. Ceux qui y sont allés et qui prétendent en claquer la porte sans vraiment en sortir maintenant vont préférer dénoncer les maigres parts qui leur ont été proposées pour leur participation à cette Commission, plutôt que le principe même de celle-ci: illégale dans sa conception, inique dans son organisation, déséquilibrée dans sa composition et évanescente dans ses attributions actuelles. Cela m’attriste terriblement. Ils croyaient probablement bien faire, mais ils doivent maintenant se rendre à l’évidence que Ouattara ne changera pas, ne changera plus dans sa logique de confiscation du pouvoir. Ils ont appelé leur attitude «la realpolitik». Ils se disaient opposés à la politique de la chaise vide, mais ne vont pas au bout de leur politique. Aucune conviction donc. Rien que de l’ambition ! Démoralisant tout ça! Et cela déprime l’homme que je suis et me blesse profondément dans mes amours pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire. Je n’ai même pas la force de commenter leurs attitudes ; celle de Ouattara est plus logique et a du sens. Je voudrais simplement réitérer mon souhait et mon appel à l’endroit de toutes ces personnes et leurs mouvements : Laissez vos illusions de côté, il est temps que nous nous engagions ensemble dans la mise en place d’une coalition pour le changement démocratique dans notre pays. Il n’y a que cette voie qui nous donnerait quelque chance de battre Ouattara aux prochaines élections, malgré ses calculs et ses moyens. Construisons ensemble la coalition de la victoire. Nous pouvons le faire si nous nous donnons un programme commun de gouvernement, un discours unique et simple, une équipe managériale cohérente et un candidat unique pour ce but commun. Faisons-le le plus tôt. Nous sommes à 13 mois des élections et il y a du travail à faire. Nous avons faim certes, mais oublions nos ventres pour le moment, serrons les ceintures, mettons-nous au travail et arrêtons de tergiverser dans des querelles de clochers. Il y a-t- il encore des hommes et des femmes de bonne volonté pour entendre cet appel et agir en conséquence? Oui, il y en a. Je continue de le croire.

Voyez-vous dans le couac observé, vendredi, un mauvais présage pour les futures élections ?

Oui. Un très mauvais présage. Nous ne sommes même pas encore à la phase de la liste électorale et voilà déjà les signes annonciateurs de la fraude et de la violence. Dois-je rappeler que c’est la commission électorale qui aura la charge d’établir cette liste? Dois-je rappeler que, de par les faiblesses du code électoral, c’est le président de la République qui est le vrai administrateur des élections chez nous? Les choses se présentent mal. Nous avons dénoncé et continuons de dénoncer une commission électorale qui ne peut avoir la forme de celle mise en place et éviter les conflits, car elle est une association de gens en conflits permanents. Elle devrait être indépendante des partis politiques et du gouvernement. Ce que nous voyons, ce sont des conflits avant même l’enjeu électoral. Que se passera-t-il quand nous serons dans la phase de la confection de la liste électorale ? Dans celle de la campagne électorale ? Le jour des élections ? Lors de la transmission des résultats ? Lors de leur proclamation ? Je pense que c’est clair. Non ?

LIDER a décidé de ne pas être dans la Cei alors que son président a annoncé qu’il se porterait candidat contre Alassane Ouattara. Quelle est cette logique ?

C’est la logique d’un parti qui, malgré tout, garde foi dans le fait que d’ici la date des élections, et avec les travaux engagés au sein de la coalition de La 3ème Voie, l’on arrivera à réveiller tous les démocrates de ce pays, à les remobiliser, à les mettre en ordre pour aller insuffler au pays profond que nous pouvons battre Alassane Dramane Ouattara, malgré les moyens infinis de l’État et les Frci dont il dispose. Mais pour cela, il faut que nous soyons logiques avec nous-mêmes. Si le matin nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’au soir. Si lundi, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’à dimanche. Si en janvier, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’en décembre. C’est seulement ainsi qu’ensemble, nous réussirons.

 

SourceLIDER-CI.ORG

mardi, 21 décembre 2010

COMBATS AUTOUR DE L’HOTEL DU GOLF : LA VERITE SUR LES MORTS DE LA REBELLION

 

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In Le Nouveau Courrier N°159 du 20 Décembre 2010 par Benjamin Silué


De nombreuses rumeurs ont envahi la ville d'Abidjan à propos des pertes en vies humaines des Forces armées des forces nouvelles (FAFN) à la suite des combats qui ont eu lieu autour de l'hôtel du Golf, après que les rebelles aient tenté de forcer les barrages des FDS pour aller «prendre» la RTI entourés d'une cohorte de manifestants civils.

Nombreux ont été les internautes à avoir cru voir, sur une photo publiée par le journal français L'Est républicain et reprise sur le web, un Wattao agonisant après avoir été violemment touché par les loyalistes. Après enquête, Le Nouveau Courrier est en mesure de révéler qu'il ne s'agissait pas de lui. Mais d'un garde du corps de Sidiki Konaté, ex-ministre du Tourisme et de l'Artisanat et ex porte parole des Forces nouvelles, qui est plus communément connu sous le pseudonyme «Camso».

Combien de pertes en vies humaines ont été enregistrées par les FAFN ? Difficile à dire, tant ce type de renseignements, sensible, peut affecter le moral des «troupes», qu'elles soient civiles ou militaires ? «Selon des sources sécuritaires, des éléments des Forces nouvelles, autrement dit les ex-rebelles de Guillaume Soro, auraient fait une percée jusqu'au campus proche de la RTI en mi-journée avant de subir de lourdes pertes lors d'une contre-attaque des Forces de défense et de sécurité (FDS), contre-attaque dans laquelle ils auraient perdu un de leurs chefs», expliquait après les événements le site rfi.fr. Cette information a alimenté les rumeurs sur Morou Ouattara, qui était effectivement sur le théâtre des opérations, si l'on en croit les photos publiées sur le site du quotidien français L'Est républicain. Mais hier, des proches de Morou disent l'avoir eu au téléphone après le «grand choc».

Le flou sur cette affaire est alimenté par le «camouflage», volontaire ou pas, des corps des morts de la rébellion. Seuls deux d'entre eux auraient été formellement identifiés à IVOSEP. Celui d'un certain Amara Touré et d'un dénommé «Samassi». Où sont passés tous les autres ? Certains observateurs redoutent qu'ils n'aient été gardés pour être entreposés dans les «charniers» que le «bloc Ouattara» a commencé à annoncer, relayés par Onuci FM, qui n'a, bien entendu, pas pris le soin de vérifier la matérialité de «l'information». Dans un contexte où la «nébuleuse» a tout intérêt à frapper les esprits en brandissant pogroms, charniers ou fosses communes...


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 01 décembre 2009

LE MLAN DEMANDE AUX 400 SOLDATS DESERTEURS DE RENONCER AU RAPPEL DE LEURS SOLDES

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Baltasar Gracian Y Morales, dans L’homme de cour, disait que « Le silence est le sanctuaire de la prudence ». Ceci est juste et vrai. Cependant, il existe des sujets sur lesquels, rester silencieux vous rend coupable.

Il nous faut donc dire quelques mots sur la réintégration des ex-combattants des FAFN dans la nouvelle armée ivoirienne, puisque cela semble utile pour le retour à la paix.

 

Après avoir copieusement refusé, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, s’est résolu à signer  le 16 novembre dernier, 7 décrets pour régler les problèmes des hommes en armes. Il a également dit que « la guerre était finie ».  pour reprendre en cœur son «  lead vocal », le ministre Michel Amani N’Guessan, s’adressant ainsi à tous les hauts gradés de l’armée, de la police et de la gendarmerie, réunis au grand complet à l’état-major des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) affirmait ceci :  Je suis venu vous demander d’accepter, sans préalable, leur réintégration.  Selon le ministre, cette réintégration concerne  400 soldats de l’armée régulière qui ont rallié la cause de la rébellion. A la faveur de la signature de l’accord politique de Ouagadougou, notamment l’accord complémentaire IX, les deux parties ont convenu que ‘’ les officiers, sous-officiers et militaires du rang ayant appartenu aux Forces de Défense (FDS) encore en activité, bénéficieront de la reconstitution de leur carrière sur la base du principe d’harmonisation des grades avec leurs promotionnaires des FDS, du paiement du rappel de leurs soldes et réintégrés dans la Nouvelle Armée Nationale pour compter de la date d’adoption de la loi d’amnistie du 12 avril 2007.

 

Notre pays, la Côte d’Ivoire a traversé les moments les plus sombres de son histoire en se vautrant dans une guerre sordide et appauvrissante. Il y a eu de nombreux accords et chaque accord avait son lot de sacrifice à faire pour sortir le pays de cette impasse. A titre d’exemple, il a fallu accepter le secrétaire général des Forces Nouvelles comme premier ministre de la Côte d’Ivoire en dépit des exigences de ce poste.

 

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Aujourd’hui le dernier sacrifice sans doute le plus dur à consentir, c’est d’accepter les ex-combattants des FAFN, qui étaient anciennement issus des FANCI, au sein de l’armée régulière reformée.

Et c’est ce que le Chef de l’Etat demande aux ivoiriens. A notre sens, le peuple ivoirien n’a pas le choix, lui qui a trop souffert de cette crise. Alors que les ivoiriens s’interroge sur la date exacte des élections présidentielles, voici qu’on remet à nouveau le couvert. Les ivoiriens, victimes de cette sale guerre, deviennent des bourreaux puisqu’ils doivent dédommager les soldats déserteurs.

Le lecteur aura compris, ce qui nous irrite, c’est le paiement du rappel de leurs soldes pendant le temps de leur désertion de l’armée ivoirienne. Nos compatriotes ont assez payé et leur demander de remplir les poches des bourreaux d’hier fait un peu désordre dans la république. Cela attise notre colère, qui est semblable à celle d’une ourse à qui on a enlevé les petits.

 

Parmi les conséquences de cette crise, les autorités n’ont pas manqué de signaler l’évasion fiscale liée à la non perception des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce sont donc ces ex-combattants qui bénéficiaient des retombées économiques dans les zones occupées. D’ailleurs ces militaires sont devenus très riches au point d’avoir dans tous les pays frontaliers de notre pays, de luxuriantes résidences.

 

Il serait juste pour les 400 bénéficiaires « des 7 décrets du 16 novembre », de renoncer au rappel de leurs soldes puisqu’ils ont profité de la collecte des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce serait méprisant pour le peuple ivoirien, pour le contribuable ivoirien donc, de payer encore son bourreau d’hier. On dit souvent que le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance. Et le peuple ivoirien pourrait ainsi l’interpréter.

 

A l’endroit des 400 soldats déserteurs, n’oubliez pas  que votre cohabitation avec vos frères d’armes et la population dépendra de votre attitude face à cette épineuse question de réintégration. Le marquage référentiel de cette sortie de crise doit être l’humilité, la sagesse et le respect.

 

Méditez donc sur cette citation d’Emile Michel Cioran : « l'on ne ressent jamais plus douloureusement l'irréversibilité du temps que dans le remords. L'irréparable n'est que l'interprétation morale de cette irréversibilité ».

 

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En renonçant à cette manne financière, elle pourrait être utilisée par les associations qui s’occupent des familles et orphelins de cette guerre. Ces enfants et femmes, qui, ont perdu, pour les uns leurs pères, et pour les autres, leurs maris, méritent une attention particulière. C’est pourquoi, le renoncement de cette manne financière, permettra de créer des structures pour s’occuper de ceux qui devraient normalement être les pupilles de la nation. Les autorités ivoiriennes et les ex-belligérants doivent s’accorder pour mettre fin à la souffrance de nos compatriotes. Si le peuple ivoirien a divorcé d’avec la honte, ne le mariez pas avec l’humiliation. 

 

Dieu libère notre beau pays.

 

Séraphin PRAO

Docteur en économie monétaire

Spécialiste des pays africains de la zone franc

Président du MLAN

www.mlan.fr

 

15:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mlan, 400 soldats déserteurs, yao prao séraphin, fanci, fds, fafn | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |