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lundi, 01 juillet 2013

MAMADOU BEN SOUMAHORO: «PHILIPPE MANGOU, TAIS-TOI ET MANGE!»

 

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Une Philippique de l’Honorable Mamadou Ben Soumahoro adressée au Général Mangou.

 

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ces quelques lignes qui ont pour ambition de calmer la plaie qui s’est ouverte en mon être, traumatisme  profond causé par un choc aussi réel que la blessure elle-même est censée être virtuelle. Car en fait, une blessure provoquée par une déception est d’autant plus difficile à guérir. Quand on a été ainsi trompé dans son attente et dans son espérance, le retour sur ses sentiments premiers  que l’on croyait définitifs est très pénible et dans le cas qui va nous occuper, véritablement déchirant. Personne au monde n’aurait pu me convaincre que le Général de Corps d’Armée Philippe Mangou aurait pu jeter le manche avant la cognée et s’enfuir dans une Ambassade étrangère à deux pas de la Résidence de son plus grand protecteur  et Chef Suprême Laurent Gbagbo, au moment précis où le Chef de l’Etat était en droit d’attendre de son Chef d’Etat Major Général des Armées ce qui pouvait constituer comme un retour sur investissement sur la personne de ce « brillant officier » qu’il avait nommé dans un incroyable élan de réalisme,  sur la base de ce que ses hommes l’avaient démocratiquement choisi sur la ligne de front des actions militaires de l’opération Dignité. Soulagé et content d’avoir trouvé sa perle rare, le Président Laurent Gbagbo  qui a constamment et en toutes circonstances la construction de la nouvelle Côte d’Ivoire en tête, avait dit ce soir là : « Il y a dans cette armée des garçons dont la Côte d’Ivoire  a de quoi être fière ». Dans ce cas précis, il se trompait et nous aussi, parce que nous avions approuvé son jugement et même applaudi. L’attitude du Président Laurent Gbagbo vis-à-vis de Philippe Mangou n’a jamais changé.

GBAGBO ET MANGOU. DEFILE MILITAIRE.jpg

Il était Lieutenant-colonel. Il est ensuite devenu Colonel, Colonel-Major, Général de Brigade, Général de division, Général d’Armée, Général de Corps d’Armée. Les « étoiles » ont voltigé sur ses épaules à la vitesse d’un bolide de Formule 1. On sentait bien que le Président Laurent Gbagbo voulait lui donner ici et maintenant tous les instruments de son autorité et de son commandement, en brûlant la politesse à de nombreux autres officiers probablement frustrés. Mais chacun sait qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Comment faire autrement. Toutes les apparences plaidaient en faveur de Philippe Mangou : l’officier était bien fait de sa personne, et nul ne pouvait présumer qu’il était bête. Visiblement, il avait déjà réussi à se faire aimer de ses hommes du rang.  Il impressionnait les civils par son allure martiale et par la qualité de son discours. De surcroît, Philippe Mangou était fils de Pasteur et profondément croyant lui-même. C’est du moins ce qu’il laissait croire. Je n’ai pas d’éléments pouvant me permettre de mesurer le désappointement du Président Laurent Gbagbo mais en ce qui me concerne, je puis vous dire que le jour de la trahison du Général Philippe Mangou, j’ai eu le sentiment que la terre se dérobait sous mes pieds. Pour plusieurs raisons :

1 - Philippe Mangou n’a pas trahi le Président Laurent Gbagbo par cupidité ou par cynisme. Pour l’argent je puis témoigner qu’il n’avait aucune raison de se plaindre du Président. Et je peux affirmer maintenant qu’il n’était pas assez intelligent pour être cynique. Le Général Philippe Mangou a tout simplement trahi par impéritie, par incapacité à assumer ses charges ; il était inapte au commandement. Il n’avait rien compris à la mission que lui imposait ses « étoiles ». Des soldats de ses différentes garnisons ont dit de lui qu’il était un lâche et un fuyard  dans une lettre qui avait les relents d’un brûlot. Ils avaient probablement leurs raisons mais en fait, ils sont passés à côté du vrai caractère de leur chef.  En réalité Mangou philippe n’a pas eu le temps d’apprendre, de comprendre ce qu’est la fonction véritable d’un Général Chef d’Etat Major. Le Président de la République Chef Suprême des Armées, les Officiers Généraux, les Officiers Supérieurs, le Sous-Officiers, les Hommes de Troupes, le peuple, oui le peuple ; où Mangou Philippe a-t-il laissé tout ce monde, toutes ces familles dont les vies dépendaient de ses ordres. En fait, le Généralissime Mangou Philippe n’était qu’un « petit frimeur » fasciné par son propre uniforme  auquel il n’accordait qu’un pouvoir et une fonction dérisoires de séduction sur « les jeunes filles du Concours Miss District d’Abidjan ».

PHILIPPE MANGOU. DISCOURS AUX JEUNES PATRIOTES.jpg

Il me faut remercier les FDS auteurs de la lettre adressée au Général fuyard pour avoir su expliquer preuves à l’appui à leur ancien chef  le sens du mot trahison dont il a oublié la signification depuis qu’il s’est improvisé diplomate (à la gomme) au Gabon.

PHILIPPE MANGOU. LETTRE D'ACCREDITATION.gif

 En même temps que l’ordonnance de Alassane Dramane Ouattara,  notre homme a  sûrement été frappé d’illettrisme aigu.  Si c’était un poste d’Ambassadeur qu’il convoitait, il lui suffisait de le dire, Seigneur Dieu ! Et l’enfant de Mama le lui aurait donné ! Vous avez absolument raison chers enfants des FDS : la promotion vertigineuse de Philippe Mangou a été un véritable gâchis pour tout le monde.

2 – J’ai noté que le Général Philippe Mangou accordait à Alassane Dramane Ouattara des qualités de Chanoine : « Ouattara m’a nommé Ambassadeur, c’est la preuve qu’il est bon… »

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 La nouvelle Côte d’Ivoire du RDR vient d’inventer une nouvelle notion dans la gestion administrative : la bonté, la magnanimité, au détriment du mérite et de l’efficacité. En plus, voici un homme, Alassane Dramane Ouattara dont l’ambition démesurée l’a emmené à introduire avec fracas dans notre pays une idéologie mortifère et des actes de barbarie médiévale pour le simple plaisir de nommer ses complices à des postes de hautes responsabilités par « bonté » et il se trouve des hommes assez stupides du type Mangou Philippe pour lui attribuer des satisfécits  dithyrambiques. Décidément, quand on regarde aujourd’hui Philippe Mangou, on est en droit de se dire que : « la bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini »

3 - Oui, la bêtise humaine, parce que Philippe Mangou sait pertinemment que Alassane Dramane Ouattara n’est pas bon. Il le sait parce qu’il a été lui-même victime d’un ordre du même Ouattara  qui l’a fait jeter en prison après le coup d’Etat dont la paternité a été attribuée injustement au Général Robert Guéi en décembre 1999.

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 Pendant qu’il purgeait une peine non définie à la MAMA (Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan) comme une trentaine d’officiers des FANCI, Ouattara le véritable commanditaire du Putsch, ordonnait en même temps l’expulsion de sa femme et de ses enfants du logement qui lui avait été attribué en tant que Commandant de la base Militaire d’Akouédo.  Sous mes yeux, une escouade de gendarmes était venue à la MAMA en pleine nuit chercher Philippe Mangou pour qu’il déménage sa famille sans ses meubles. Le nouveau bénéficiaire lorgnait depuis longtemps ses fauteuils et ses équipements électroménagers.  Il ne peut pas dire aujourd’hui qu’il a oublié cet acte  ignominieux et humiliant de Ouattara posé à son encontre,  puisqu’il s’est immédiatement exécuté. Et sa famille s’est retrouvée sous la pluie ce soir là. Si c’est cela un homme bon, c’est que les mots n’ont plus de sens en Français. Ha ! Oui, j’ai oublié dans ma précipitation de vous dire que j’étais détenu dans la même prison (MAMA) au Camp Gallieni sur l’ordre du même Alassane Dramane Ouattara en Décembre 1999. C’est dans l’horrible chaleur de cette Maison d’Arrêt de Forteresse des officiers Ivoiriens que j’ai rencontré Philippe Mangou pour la première fois.  Pourquoi un civil était-il détenu dans une prison militaire ? S’il vous plaît ne vous posez pas trop de questions. Il y a longtemps qu’il m’arrive des choses bizarres dans ce pays ! Non seulement Mangou Philippe sait que Ouattara n’est pas bon, mais il sait aussi que ce personnage boursouflé de suffisance injustifiée se prend pour Dieu. Et c’est là que le militaire médiocre qu’il est doit se rapprocher d’une théorie vieille comme le monde  pour retrouver le caractère authentique de son nouveau Mentor : « Si tu tues un homme, tu es un assassin. Si tu tues un million d’hommes, tu es un conquérant, si tu les tues tous tu es un Dieu. »

4 – Je me suis laissé dire que madame Fatou Bensouda gardait dans sa manche le Général Philippe Mangou pour témoigner contre le Président Laurent Gbagbo à la CPI. Le manque de crédibilité du Général d’opérette devrait la faire frémir de dégoût, s’il lui reste encore un peu de bon sens. Voici donc un homme, Général de son Etat, a qui a été confiée la défense et la sécurité de tout un peuple agressé par une horde de Rebelles et de Dozos aux méthodes barbares d’un autre âge, qui ne trouve rien d’autre à faire que de fuir carrément aux dires de ses propres soldats, sans laisser d’ordres ni  de remplaçant, pour aller se blottir dans le confort douillet d’une Ambassade. Quelle est cette justice qui ne comprend pas que dès lors, la chaîne du commandement a été rompue et que le Président de la République ne pouvait pas avoir donné l’ordre de tuer. En l’occurrence, Philippe Mangou n’était pas le seul à avoir pris le chemin des Ambassades ou de l’Hôtel du Golf. La liste des généraux couards, pleutres et dépourvus d’honneur est longue et ne mérite aucune attention ni aucun respect. De surcroit, si nous lisons les mêmes journaux, Madame Fatoumata Bensouda doit avoir déjà mesuré la valeur de la récompense attribuée à ses témoins clés. Une Ambassade vaut bien une messe : Libreville… Dakar… ! Quelle injure à l’intelligence des Ivoiriens !

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Kassaraté Tiapé, Détoh Létho, Brindou M’Bia, Touvoly Bi Zogbo, Yao Yao Jules…, c’est quoi ça?!  


Mamadou Ben Soumahoro

Le 29 juin 2013.


Source: Le blog de Claudus

mardi, 01 décembre 2009

LE MLAN DEMANDE AUX 400 SOLDATS DESERTEURS DE RENONCER AU RAPPEL DE LEURS SOLDES

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Baltasar Gracian Y Morales, dans L’homme de cour, disait que « Le silence est le sanctuaire de la prudence ». Ceci est juste et vrai. Cependant, il existe des sujets sur lesquels, rester silencieux vous rend coupable.

Il nous faut donc dire quelques mots sur la réintégration des ex-combattants des FAFN dans la nouvelle armée ivoirienne, puisque cela semble utile pour le retour à la paix.

 

Après avoir copieusement refusé, le chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, s’est résolu à signer  le 16 novembre dernier, 7 décrets pour régler les problèmes des hommes en armes. Il a également dit que « la guerre était finie ».  pour reprendre en cœur son «  lead vocal », le ministre Michel Amani N’Guessan, s’adressant ainsi à tous les hauts gradés de l’armée, de la police et de la gendarmerie, réunis au grand complet à l’état-major des Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire (FANCI) affirmait ceci :  Je suis venu vous demander d’accepter, sans préalable, leur réintégration.  Selon le ministre, cette réintégration concerne  400 soldats de l’armée régulière qui ont rallié la cause de la rébellion. A la faveur de la signature de l’accord politique de Ouagadougou, notamment l’accord complémentaire IX, les deux parties ont convenu que ‘’ les officiers, sous-officiers et militaires du rang ayant appartenu aux Forces de Défense (FDS) encore en activité, bénéficieront de la reconstitution de leur carrière sur la base du principe d’harmonisation des grades avec leurs promotionnaires des FDS, du paiement du rappel de leurs soldes et réintégrés dans la Nouvelle Armée Nationale pour compter de la date d’adoption de la loi d’amnistie du 12 avril 2007.

 

Notre pays, la Côte d’Ivoire a traversé les moments les plus sombres de son histoire en se vautrant dans une guerre sordide et appauvrissante. Il y a eu de nombreux accords et chaque accord avait son lot de sacrifice à faire pour sortir le pays de cette impasse. A titre d’exemple, il a fallu accepter le secrétaire général des Forces Nouvelles comme premier ministre de la Côte d’Ivoire en dépit des exigences de ce poste.

 

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Aujourd’hui le dernier sacrifice sans doute le plus dur à consentir, c’est d’accepter les ex-combattants des FAFN, qui étaient anciennement issus des FANCI, au sein de l’armée régulière reformée.

Et c’est ce que le Chef de l’Etat demande aux ivoiriens. A notre sens, le peuple ivoirien n’a pas le choix, lui qui a trop souffert de cette crise. Alors que les ivoiriens s’interroge sur la date exacte des élections présidentielles, voici qu’on remet à nouveau le couvert. Les ivoiriens, victimes de cette sale guerre, deviennent des bourreaux puisqu’ils doivent dédommager les soldats déserteurs.

Le lecteur aura compris, ce qui nous irrite, c’est le paiement du rappel de leurs soldes pendant le temps de leur désertion de l’armée ivoirienne. Nos compatriotes ont assez payé et leur demander de remplir les poches des bourreaux d’hier fait un peu désordre dans la république. Cela attise notre colère, qui est semblable à celle d’une ourse à qui on a enlevé les petits.

 

Parmi les conséquences de cette crise, les autorités n’ont pas manqué de signaler l’évasion fiscale liée à la non perception des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce sont donc ces ex-combattants qui bénéficiaient des retombées économiques dans les zones occupées. D’ailleurs ces militaires sont devenus très riches au point d’avoir dans tous les pays frontaliers de notre pays, de luxuriantes résidences.

 

Il serait juste pour les 400 bénéficiaires « des 7 décrets du 16 novembre », de renoncer au rappel de leurs soldes puisqu’ils ont profité de la collecte des taxes et impôts dans les zones occupées. Ce serait méprisant pour le peuple ivoirien, pour le contribuable ivoirien donc, de payer encore son bourreau d’hier. On dit souvent que le mépris est la forme la plus subtile de la vengeance. Et le peuple ivoirien pourrait ainsi l’interpréter.

 

A l’endroit des 400 soldats déserteurs, n’oubliez pas  que votre cohabitation avec vos frères d’armes et la population dépendra de votre attitude face à cette épineuse question de réintégration. Le marquage référentiel de cette sortie de crise doit être l’humilité, la sagesse et le respect.

 

Méditez donc sur cette citation d’Emile Michel Cioran : « l'on ne ressent jamais plus douloureusement l'irréversibilité du temps que dans le remords. L'irréparable n'est que l'interprétation morale de cette irréversibilité ».

 

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En renonçant à cette manne financière, elle pourrait être utilisée par les associations qui s’occupent des familles et orphelins de cette guerre. Ces enfants et femmes, qui, ont perdu, pour les uns leurs pères, et pour les autres, leurs maris, méritent une attention particulière. C’est pourquoi, le renoncement de cette manne financière, permettra de créer des structures pour s’occuper de ceux qui devraient normalement être les pupilles de la nation. Les autorités ivoiriennes et les ex-belligérants doivent s’accorder pour mettre fin à la souffrance de nos compatriotes. Si le peuple ivoirien a divorcé d’avec la honte, ne le mariez pas avec l’humiliation. 

 

Dieu libère notre beau pays.

 

Séraphin PRAO

Docteur en économie monétaire

Spécialiste des pays africains de la zone franc

Président du MLAN

www.mlan.fr

 

15:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : mlan, 400 soldats déserteurs, yao prao séraphin, fanci, fds, fafn | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |