topblog Ivoire blogs Envoyer ce blog à un ami

lundi, 18 novembre 2013

APRES AVOIR REUSSI SA MISSION DE DESTABILISATION DE LA COTE D'IVOIRE, ANTHONY WARD SE DEBARRASSE D'ARMAJARO

 

ANTHONY WARD.jpg


Anthony Ward le co-fondateur du fonds spéculatif (hedge fund) britannique Armajaro a cédé ses activités de trading de cacao, café et sucre au négociant helvétique, Ecom Agroindustrial. L’histoire d’Armajaro est strictement liée à la tragédie que connait la Côte d’Ivoire depuis 1999. Le groupe Armajaro nait en effet en mai 1998, en décembre de l’année suivante, plus précisément le 24/12/1999,   la Côte d’Ivoire connait le  premier coup d’État de son histoire. Le général Robert Guei renverse Henri Konan Bédié. Les événements futurs nous apprendront que le général Guei avait en réalité  exécuté le coup d’État pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara. Ce même Alassane Dramane Ouattara dont le beau fils LOIC FOLLOROUX, fils de son épouse Dominique Folloroux Ouattara est le directeur  Afrique… d’Armajaro.

LOIC FOLLOROUX.jpg

Loïc Folloroux, fils de Mme Ouattara et directeur Afrique d’Armajaro

Quoiqu’il en soit, les choses n’iront pas exactement comme Anthony Ward et ses partenaires en affaires les Ouattara avaient prevu. En effet, le général Guei qui ne devait servir que de passerelle refuse d’abandonner le pouvoir au profit d’Alassane Dramane Ouattara le cerveau du coup d’État. Pire encore, il exclue des élections présidentielles d’octobre 2000 celui là même qui lui avait offert sur un plat d’argent le pouvoir. Les Ouattara et leurs sponsors se souviendront de cet affront lorsque le moment de régler les comptes arrivera. Robert Guei sera assassiné dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.

Avant cela, en Octobre 2000, Laurent Gbagbo est élu président  de la république et décide de favoriser les producteurs locaux de cacao, au détriment des multinationales étrangères qui auraient voulu prendre le contrôle de toute la filière. C’en est trop pour Anthony Ward et Armajaro qui décident de relancer leur joker Ouattara en l’installant par les armes au pouvoir. Mais cette fois ci, Armajaro et Anthony Ward décident d’être prudents.   Le pied de nez du général Robert Guei en 2000 leur a servi de leçon.  Tout en préparant minutieusement la déstabilisation de la Côte d’ivoire, Anthony Ward et ses complices décident d’ouvrir un front financier en se lançant dans la spéculation boursière. Cette nouvelle activité leur permettra en cas d’échec du coup de force qu’ils préparent, de récupérer au moins les énormes sommes d’argent investies dans la déstabilisation du pays de Laurent Gbagbo.  Entre fin 2001 et Aout 2002, Ward spécule sur le cacao achetant jusqu’à 203.000 tonnes de fèves. La rébellion commence un mois après.  Le 19 septembre 2002 , la Côte d’ivoire qui représente 40% du marché mondial de Cacao se retrouve coupée en deux, rendant difficile l’acheminement du Cacao vers l’étranger. Le prix de la tonne de cacao augmente de 60% et Anthony Ward et ses partenaires malgré l’échec temporaire de la rébellion ivoirienne empochent €62 millions de bénéfices. Pas mal pour un échec.

ALASSANE OUATTARA ET MADAME.jpg

Alassane Dramane Ouattara et madame

Le 25 novembre 2002, dans un long article écrit sous un nom d’emprunt, le journaliste franco-canadien Guy André kiffer dénoncera le rôle joué par Anthony Ward, plusieurs multinationales et des personnalités soit ivoiriennes qu’étrangères dans la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. Cet article lui coutera cher. Le 16 avril 2004, Guy André Kiffer disparait. Jusqu’à ce jour, il n’a plus jamais été retrouvé. Le crime de Guy André Kiffer avait sans doute été de dénoncer trop tôt un procédé qu’Anthony Ward et ses complices avaient l’intention de renouveler.

GUY-ANDRE KIEFFER.jpg

Le journaliste franco-canadien Guy André Kiffer

En juillet 2010 en effet, en prévision de la reprise de la guerre en Côte d’Ivoire, Armajaro récidive en achetant 240.100 tonnes de fèves, Soit 7% de la production mondiale de cacao, ou 15% des stocks mondiaux et 25% des stocks européens estimés. Quelques mois plus tard en décembre 2010, éclate la crise post-électorale en Côte d’ivoire. Alassane Ouattara le candidat d’Armajaro et de la France demande de faire pression sur le président élu Laurent Gbagbo en imposant un embargo à la Côte d’Ivoire. La requête qui est appuyée aux nations unies par la France est acceptée et c’est ainsi que   40% de la production mondiale de Cacao se retrouve sous embargo, Armajaro peut donc  vendre à prix d’or ses stocks, pendant que la France et les nations-unies appuyées par les rebelles d’Alassane Dramane Ouattara  renversent le 11 avril 2011, après d’intenses combats contre l’armée régulière ivoirienne, le président élu Laurent Gbagbo. Pour l’opération d’achat de fèves de juillet 2010, Armajaro bénéficia de l’apport financier de la banque française BNP Paribas qui l’aidera à acheter 102.450 tonnes de cacao. L’on comprend mieux pourquoi cette même banque à travers sa filiale ivoirienne la BICICI fut  la première banque à fermer ses guichets à partir de février 2011,  dans le but d’affaiblir financièrement le régime du président Gbagbo et précipiter ainsi son départ.

Au moment où il cède ses activités à Ecom Agroindustrial Anthony Ward alias «Chocolate Finger» est considéré le plus célèbre spéculateur dans le secteur du cacao. Cette célébrité dérive essentiellement des opérations réalisées en 2002 et en 2010, mais comme nous l’avons constaté plus haut, Anthony Ward n’est qu’un criminel à col blanc. Les délits commis par Anthony Ward, son groupe Armajaro et tous ses complices en 2002 et en 2010 sont connus dans le monde boursier sous le nom de délit d’initié. Ce qu’Anthony Ward et ses complices firent, fut simplement de financer une rébellion dans un pays qui représente 40% du marché mondial de cacao, programmer les attaques de cette rébellion, et par conséquent des périodes durant lesquelles le cacao ivoirien aurait fait défaut sur le marché mondial. Ensuite,  en fonction de ces dates, acheter de façon anticipée de grandes quantités de cacao et attendre.  Des spéculations  cyniques et criminelles  faites au prix de milliers de vies innocentes.

La prise du pouvoir par les armes par Alassane Dramane Ouattara le 11 avril 2011 eut comme conséquence directe de mettre la Côte d’Ivoire à l’abri des complots ourdis par Armajaro. Ce nouveau statut  comporta pour Anthony Ward et son entreprise une baisse des profits. La Côte d’Ivoire ne devant plus être déstabilisée,  plus de spéculation possible. Fallait donc se débarrasser de ce colis encombrant qu’était devenu Armajaro, d’où sa cession au groupe suisse Ecom Agroindustrial.

 

ACC- Côte d’Ivoire

mercredi, 09 novembre 2011

COTE D'IVOIRE: LE GRAND RETOUR DES CAISSES NOIRES


FEVES SECHEES DE CACAO.jpg

Les experts commis par les nouvelles autorités ivoiriennes pour préparer la réforme de la filière café-cacao ont finalement rendu leur copie à leurs mandants qui eux, l'ont portée à la connaissance du grand public. C'était le 2 novembre dernier, à l'issue du conseil des ministres tenu ce même jour  et qui a annoncé comme décision principale, le retour à la stabilisation des prix du binôme café-caco. Si on en croit Mamadou Sangafowa, le ministre de l'agriculture, qui dès le lendemain a animé une conférence de presse sur le sujet, il s'agit ni plus, ni moins de « sécuriser les gains des producteurs par la mise en place d'un prix minimum garanti.

Autrement dit, le paysan ne pourra accepter de céder sa production en dessous du prix défini pour la campagne, le prix indicatif faisant place au prix garanti. A travers ce mécanisme, le producteur touchera au moins 60% du prix fixé à l'international.» Le plaidoyer de sophiste du ministre a-t-il convaincu ? Rien n'est moins sûr si on s'en tient aux éclats de voix qui fusent déjà du milieu paysan et qui demandent que les producteurs soient représentés au sein de cette nouvelle Caistab. Une revendication qui montre bien le degré de confiance qui existe entre les gouvernants et les paysans Ivoiriens.

D'ailleurs, ces derniers ont de quoi nourrir leur méfiance envers les autorités. Avec notamment le prix du cacao bord champ, fixé récemment à 1000 Fcfa minimum  par le gouvernement et piétiné sur le terrain par les acheteurs, qui négocient le kilogramme de fèves à moins de 500 Fcfa. Une réalité qui a poussé, il y a quelques temps, les producteurs de la région du Bas-Sassandra, la nouvelle boucle du cacao, à bloquer la commercialisation de leur production, quand d'autres choisissaient purement et simplement de passer la frontière ghanéenne pour décrocher une meilleure rémunération.

De plus, les coopératives financées sous le régime Gbagbo pour échapper au diktat des multinationales véreuses, ont été brutalement sevrées par les services du nouvel homme fort d'Abidjan, les condamnant ainsi à une mort certaine. Les mauvaises langues expliquent l'option gouvernementale par la volonté d'offrir plus de champ aux acheteurs occidentaux au rang desquels celui-ci compterait des amis. Vrai ou faux, toujours est-il que les producteurs de la paire café-cacao, sont à nouveau en proie aux tourments et à la déprime qui étaient les leurs avant le règne de Laurent Gbagbo.

Mais ces derniers ne sont pas les seuls à s'inquiéter de la résurrection de la caisse de stabilisation. Bien d'Ivoiriens y voient le retour des caisses noires qui ont  marqué les régimes Houphouët et Bédié, deux personnalités qui totalisent à elles seules, environ 40 ans de pouvoir en Côte d'Ivoire. Le chef de l'Etat actuel ayant promis de ramener le pays aux temps d'Houphouët, - où la norme est de ne pas regarder dans la bouche du grilleur d'arachides -, ces derniers ont de quoi alimenter leur conviction.

Surtout avec la polémique sur l'inscription en ligne instaurée cette année au secondaire et qui ne cesse d'enfler. Une affaire sulfureuse portant sur plusieurs millions de nos francs dans laquelle les noms de Sanogo Mamadou, ministre de la construction  et de l'urbanisme et patron de Celpaid, et de sa collègue Camara Kandia sont régulièrement cités par la presse.

Des acteurs politiques bien connus de la place y sont allés de  leur grain de sel pour dénoncer un financement déguisé en faveur du Rdr pendant que le financement des partis politiques sur fonds publics a été suspendu par le régime.  Et malgré la montée d'adrénaline, le gouvernement se la joue toujours muet sur la question, se contentant au passage, de menacer de traduire en justice les journaux fouineurs.

Déjà sur la production du pétrole qui a curieusement connu un gap de 10.000 barils/jour, le ministre Adama Toungara n'avait pas été plus bavard pour expliquer à ses concitoyens, le manque à gagner. Ce sont autant de zones d'ombre qui donnent bien du grain à moudre à ceux qui annoncent sans hésiter, le grand retour des caisses noires en Côte d'Ivoire.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 92 du mardi 8 novembre 2011.