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vendredi, 26 août 2016

DOSSIER: OUATTARA ET LE MYTHE DE LA CROISSANCE

 

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Côte d'Ivoire: Du maquillage des résultats électoraux au maquillage des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Dr DON MELLO Ahoua.

 

«En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif du PIB (Produit Intérieur Brut) de -8,5% en 2015, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe. Cela était trop gros. Même si en 2015 on prend en compte l’appréciation du dollar US (+13,2%), on n’obtient dans le meilleur des cas qu’un taux de croissance de 3,7%, ce qui serait un ralentissement de la croissance que les autorités ivoiriennes ne semblent pas disposées à accepter». Ainsi s’exprima Jean-Charles THIEMELE, Expert Économiste Financier ivoirien sur le Produit Intérieur Brut et le taux de croissance 2015 non encore certifiés par la communauté internationale.

Dis-moi comment tu gagnes le pouvoir et je te dirai comment tu gagnes tes taux de croissance.

En faisant certifier de faux résultats électoraux par l’ONU, le Dr Alassane Dramane OUATTARA dit ADO accède au pouvoir en promettant d’étonner le monde. Malgré le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui permettait de disposer de ressources suffisantes pour faire face à la pauvreté, les ivoiriens crient famine; pendant ce temps, le Dr ADO aligne au fil des années des PIB et les taux de croissance les plus spectaculaires:

- 2012 : PIB 27,1 milliards de dollars US, taux de croissance 9,8%

- 2013 : PIB 31,06 milliards de dollars US, taux de croissance 8,7%

- 2014 : PIB 34,25 milliards de dollars US, taux de croissance 8,5%

En 2015, c’est avec une assurance démesurée, que le Dr ADO et son honorable et dévoué Premier Ministre Daniel KABLAN DUNCAN attendaient un PIB de 37 milliards de dollars et un taux de croissance à deux chiffres, soit 10,3%.

Avec la certification par le respectable Fonds Monétaire International (FMI), une autre branche de L’ONU, les ivoiriens étaient gavés de beaux chiffres que leur quotidien ne reflète pas du tout. « L’argent travail mais ne circule pas » répondait le Docteur ADO aux Ivoiriens qui cherchaient en vain le fruit de la croissance dans le panier de la ménagère transformé en « sachet de la ménagère » selon un humour bien ivoirien ; comme si l’argent pouvait travailler sans circuler.

La confiance que le FMI accordait aux chiffres présentés par le Dr ADO n'excluait pas quelques réserves. En effet, des réserves étaient régulièrement émises par le FMI et des promesses sans lendemain étaient régulièrement faites par le régime Ouattara pour les lever.

En illustration, le rapport de mission du FMI de Juin 2014, rapporte :

« Les services du FMI ont néanmoins regretté qu’on ne se soit pas attaqué aux points faibles des comptes nationaux de 2012 avant la finalisation en cours de ceux de 2013 » (Rapport FMI 2014)

Il a fallu la crise de l’Attiéké (semoule à partir du manioc) en 2016 pour découvrir la vérité sur le taux de croissance réel du PIB.

DE LA CRISE D’ATTIEKE AU REJET DES CHIFFRES DE 2015 DU Dr ADO

Du 24 juin au 7 juillet 2016, une délégation du FMI arrive en Côte d’Ivoire pour certifier le taux de croissance à deux chiffres proposé par les alchimistes du Dr ADO. Comme on ne prête qu’aux riches, un PIB mirobolant et un taux de croissance à deux chiffres constituaient les clés pour ouvrir le ciel pour une seconde pluie de milliards des bailleurs de fonds après le jackpot de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

Auréolé par l’exécution des projets conçus sous la Présidence de Laurent GBAGBO mais en révisant à la hausse les coûts des travaux pour gonfler le PIB et rembourser sa dette vis-à- vis des sponsors de la guerre qui l’a porté au pouvoir (le pont HKB évalué à 60 milliards de FCFA par les experts chinois sans péage, a été révisé à 180 milliards de FCFA avec péage, la rénovation et l’équipement de l’Université d’Abidjan expertisée à 40 milliards de FCFA sous GBAGBO, a été révisée à 110 milliards de FCFA sans équipements de laboratoire), le Dr ADO voulait cette fois-ci s’affranchir en faisant concocter durant 5 bonnes années, 114 projets (cf. site web du Comité National de Pilotage des Partenariats Public-Privé (CNPPPP) logé au BNETD) évalués à 14 000 milliards de FCFA.

La ligne rouge de la dette étant fixée à 70% du PIB, il fallait donc un PIB élevé avec une croissance forte pour forcer le coffre-fort des bailleurs de fonds à défaut de pouvoir utiliser contre eux la force armée comme il l’a fait pour la BCEAO de Bouaké pour financer sa rébellion armée. La certification du PIB de 37 milliards de dollars avec un taux de croissance de 10,3% était la clé du coffre-fort. Les experts du FMI font remarquer:

«Le secteur public reste le fournisseur principal des infrastructures publiques, mais étant donné les besoins d’infrastructures considérables et dans le contexte du PND (Programme National de Développement 2016-2020), les autorités cherchent à impliquer davantage le secteur privé au moyen de partenariats public-privé (PPP). Le portefeuille inclut aujourd’hui 114 projets pour un montant total d’environ 14 000 milliards de FCFA (environ 75 % du PIB de 2015), principalement dans les secteurs du transport, de l’énergie, de la faune et de la pêche, et du tourisme. » (Rapport de Mission du FMI, juin 2016)

Malheureusement pour le Dr ADO, la crise de l’ATTIEKE a donné rendez-vous aux experts du FMI.

En effet, la délégation découvre avec stupéfaction le cri des Ivoiriens sur la cherté de la vie en général et en particulier le manque de manioc sur le marché pour fabriquer de l’Attieké alors qu’elle arrivait pour certifier une croissance du PIB de 10,3% tirée par une croissance record de 12% de la production du vivrier dont le manioc seul battait le record de 74% de croissance (lettre d’intention du gouvernement au FMI 19 MAI 2015). Cette croissance extraordinaire devait répondre donc en abondance au besoin de la population et à prix accessible. La réalité était l’exact opposé des chiffres du Dr ADO : les prix doublaient sur le marché et le manioc se faisait rare.

Lisons ensemble cet extrait du rapport de mission du FMI qui exprime leur stupéfaction:

«La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, tirée par les excellents résultats des services et de l’agriculture qui ont compensé la timide expansion du secteur secondaire (à cause en partie d’une baisse de la valeur ajoutée du secteur de l’énergie). Cependant, la précision des estimations du PIB de 2014 est quelque peu incertaine en raison de lacunes dans la collecte des données sur l’agriculture de subsistance. En particulier, les autorités ont signalé une récolte de manioc exceptionnelle (hausse de 74 % qui a contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à une croissance totale de 7,9 % du PIB). » (Rapport 2016, Mission du FMI)

Le doute s’installe et le FMI propose son assistance à l’Institut Nationale de la Statistique (INS) le temple du maquillage des chiffres qui permettent le calcul du PIB. Son rapport de fin de mission, écrit dans un langage propre aux diplomates est éloquent :

« Faute de données finales de l'Institut national de la statistique, les autorités et les services du FMI ont utilisé une série d'indicateurs de l'activité pour obtenir des estimations préliminaires de l'expansion de la production. Pour 2015, les autorités estiment que la croissance du PIB réel a atteint 10,3 %. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016 »

Le rapport souligne avec plus de diplomatie, la médiocrité des données économiques :

« Les administrateurs invitent en outre les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la production et la diffusion de données économiques de qualité » (Rapport du FMI juin 2016)

Cette nouvelle interpellation fait suite à celle de 2015 qui soulignait :

« Les graves faiblesses du système statistique qui empêchent de mesurer avec précision la croissance de l’activité économique. Le manque de données de base dans quelques secteurs (agriculture de subsistance, bâtiment et travaux publics, services immobiliers, par exemple) amène à utiliser des approximations ou à recourir à des méthodologies statistiques (groupes échantillons) qui ne donnent que des résultats imprécis. Ces difficultés sont aggravées par : (i) des contraintes en matière de dotation en personnel et de capacités de l’Institut national de la statistique (INS) et (ii) les erreurs occasionnelles dans le calcul des comptes nationaux. En 2014 notamment, les services du FMI ont recensé dans les comptes nationaux de 2012, dernière année pour laquelle des estimations définitives avaient été produites, des lacunes dans le calcul des taxes nominales sur les produits, parallèlement à certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels, ce qui modifie directement la croissance du PIB. Étant donné les faiblesses notables du système statistique, les perspectives de croissance récentes et à moyen terme risquent d’être quelque peu optimistes, ce qui pourrait compliquer la gestion des finances publiques en 2015. (Rapport FMI 2015)

Les choses se compliquèrent effectivement en 2015 avec la crise de l’ATTIEKE.

Ahuris par l’absence de bases de données solides sur les activités économiques dans plusieurs secteurs d'activités, les experts du FMI s’en remettent à leur hiérarchie pour la certification de la croissance à deux chiffres et du PIB de 37 milliards de 2015 en émettant de sérieuses réserves. La délégation constate qu’à l’INS les prix sont stables alors que le prix de l’ATTIEKE double chaque année. Dans n’importe quel quartier d’Abidjan il est difficile de trouver 4 jeunes sur 100 ayant un emploi là ou l’INS affirme que seul 4 jeunes sur 100 n’ont pas de travail. Alors que les enfants sont devenus des « microbes » envahissant les rues d’Abidjan, l’INS estime les dépenses pro-pauvres à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014.

Bref, l’échantillon d’Ivoiriens que fréquente l’INS semble être sur un autre territoire différent du territoire ivoirien.

Les experts du FMI ne se laissent pas distraire, pour autant, par les alchimistes du Dr ADO sur leur prétendue lutte contre la pauvreté. Le rapport ci-dessous le fait remarquer dans un langage tout aussi maquillé :

«La croissance s’est accompagnée d’une baisse modérée de la pauvreté et d’une lente amélioration des autres indicateurs du développement humain. Cependant, il subsiste des disparités considérables au niveau national sur le plan du niveau d’éducation, de l’emploi et du revenu (Annexe I). Selon le Rapport sur le développement humain 2015, la Côte d’Ivoire se situe à la 172e place sur 188 pays, avec un indice global de développement humain inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016)

Les remarques inquiétantes et les réserves incessantes des experts du FMI n’ont pas empêchés le conseil d’administration de cette institution de certifier régulièrement les faux PIB et les faux taux de croissance.

Si les experts avaient eu le temps de faire un audit du PIB et du taux de croissance, le Dr ADO aurait été pris la main dans le sac. Il suffisait simplement d’auditer les coûts réels des grands travaux et de jeter un coup d’œil sur les chiffres du port autonome d’Abidjan. Ils se seraient aperçus que sous le beau maquillage des chiffres, se cache la laideur palpable d’un maquillage économique à l’instar du maquillage électoral permanent. Il a refusé le recomptage des voix en 2011, mais cette fois-ci, il lui sera très difficile de refuser le comptage des marchandises qui passent par le port et qui donnent donc le pouls et le visage vrai et non maquillé de l’économie ivoirienne.

En effet, le caractère extraverti de notre économie fait que la croissance du PIB est intimement liée à la croissance du trafic du port d’Abidjan. Les économètres diront qu’il existe une forte corrélation entre le PIB et le trafic marchandises du port d’Abidjan et les mathématiciens diront que les deux courbes qui traduisent le PIB et le trafic marchandises au Port d’Abidjan évoluent dans le même sens. En termes simples, plus l’économie croit, plus le trafic du port augmente en volume. Dans le langage Nouchi (créole ivoirien), on dira qu’entre le PIB et le trafic marchandise au port d’Abidjan c’est une combinaison qui marche concomitamment, c’est ton pied mon pied. Si l’un monte l’autre monte et si l’un descend l’autre descend avec lui. Rendons-nous donc sur le site du Port Autonome d’Abidjan pour la vérité sur la croissance du PIB ivoirien :

Année                                  2007    2008    2009    2010    2011    2012    2013    2014    2015

Trafic (million de tonnes)  21.37   22.08   24.03   22.4     16.6     27.7     21.4     20.8     21.4

Taux de croissance en %   1.77     2.54     3.25     2.02     -4.39    9.8       8.7       8.5       8.5

Ce tableau démontre qu’entre 2007 et 2012 la croissance du trafic au port d’Abidjan et la croissance du PIB ont évolué dans le même sens. De 2009 à 2010 le trafic a chuté de 24.3 millions de tonnes à 22.4 millions de tonnes, cela a entraîné une chute du taux de croissance de 3.25 à 2.02. De 2010 à 2011, le trafic a chuté de 22.4 millions de tonnes à 16.6 millions de tonnes et concomitamment le taux de croissance a enregistré sa plus forte chute passant de 2.02% à -4.39% pour faire une forte remonté à 9.8% en 2012, entraînant une forte remontée du trafic à 27.7 millions de tonnes. La chute du trafic de 2012 à 2014 ne peut qu’entraîner la chute de la croissance du PIB dans les mêmes proportions selon la règle « ton pied mon pied ». Au regard du tableau ci-dessus, les taux de croissance du PIB de 2013 et 2014 ne sont pas en corrélation avec le trafic portuaire. La chute brutale du trafic entre 2012 et 2013 devait s’accompagner d’une chute brutale du taux de croissance, ce qui n’est pas le cas selon le Dr ADO. Cette inadéquation n’est justifiable que si la Côte d’Ivoire avait réussi avec la pluie de milliards à restructurer son économie de telle sorte qu’elle produise ce qu’elle consomme et consomme ce qu’elle produit, ce qui n’est pas encore le cas.

La seule année de croissance ou la richesse créée, même surfacturée, est supérieure à celle créée les années précédentes, est celle de 2012 avec la relance des chantiers qui avaient été initiés sous Laurent GBAGBO. Depuis 2012 l’économie ivoirienne est en décroissance. Le niveau de richesse réelle exportée et importée à partir de 2013 (21.4 millions de tonnes) est proche de celle de 2007 (21.37 millions de tonnes) ce qui veut dire que le PIB réel de la Côte d’Ivoire en 2015 devait être proche de celui de 2007. Le trafic au port autonome d’Abidjan n’a pas retrouvé son trafic de 2009 (24.03 millions de tonnes) alors que les chiffres de croissance du Dr ADO indiquent que le développement accéléré de la Côte d’Ivoire a fait doubler les importations et a donné un coup d’accélérateur à l’exportation. Au regard du trafic du Port Autonome d’Abidjan que nos alchimistes n’ont pas pris la peine de maquiller pour coller avec le maquillage du PIB, le niveau de richesse de la Côte d’Ivoire est plus proche de celle de 2007 avec une population qui est passée de 19 millions d’habitants à 23 millions (chiffres de l’INS à prendre avec des réserves). La pauvreté ne peut que croître et c’est cette réalité qui est le quotidien des Ivoiriens.

Pour maquiller cette réalité et jeter la poudre aux yeux des experts, le gouvernement ivoirien a fait croire que la croissance est tirée par le secteur vivrier qui lui ne passe pas par le port d’Abidjan et qui aurait atteint un chiffre de croissance de 12% en 2015. Cette croissance, selon les alchimistes, est dérivée de celle du manioc qui a grimpé de 74%. La crise de l’ATTIEKE est venue compromettre ce maquillage. En langage humoristique Nouchi on dira : « y a rien en face comme croissance, c’est manioc sans Attiéké » La question que l’on est en droit de se poser est la suivante: Où sont passés les ressources du PPTE et les milliards de dettes contractées au nom de la Côte d’Ivoire après le point d’achèvement du processus PPTE de 2012 à 2015 ?

Même si Christophe BARBIER, le célèbre journaliste avait donné la réponse par anticipation en disant « nous leur ferons payer la facture de la guerre » sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO, il s’agit de faire la démonstration.

La réalité est que l’argent qui est rentré par emprunt ou don, est ressorti sans laisser de trace de développement autre que les projets qui avaient déjà été initiés sous Laurent GBAGBO. La Côte d’Ivoire a ainsi renoué avec la fuite des capitaux qui engendre les balances de paiements négatifs depuis 2012, alors que cela avait disparu sous Laurent GBAGBO de 2001 à 2011. Or c’est le déficit cumulé de la balance des paiements avant 1994 qui a entraîné la dévaluation de 1994. En renouant avec les balances de paiements négatifs, le Dr ADO met en péril les pays de l’UEMOA et le niveau de vie des populations de l’UEMOA. Examinons ensemble, à travers les rapports du FMI et des documents du gouvernement ivoirien, le mécanisme de détournement de deniers publics et de fuite de capitaux en démaquillant les termes employés par les experts du FMI en guise de respect pour leur ancien patron.

LE MECANISME D’IMPORTATION ET DE REEXPORTATION DE L’ARGENT : L’ARGENT TRAVAIL MAIS NE CIRCULE PAS (dixit Dr ADO).

En mécanique, le travail est le produit scalaire de la force et du déplacement. Vu sous cet angle, effectivement l’argent est déplacé par la force du FMI et se retrouve dans les nombreux comptes ouverts par le gouvernement ivoirien dans les banques commerciales. Par le mécanisme des travaux fictifs, des fausses factures et des surfacturations (cas du troisième pont et de l’université d’Abidjan), l’argent emprunte le chemin inverse pour repartir sur d’autres comptes à l’extérieur de la Côte d’Ivoire sans que cela ne circule sur le territoire ivoirien. C’est cette vérité que révèlent dans un langage agréable et diplomatique les deux rapports du FMI de 2015 et de 2016 ainsi que le mémorandum du Gouvernement ivoirien adressé au FMI en guise de repentance et de pardon pour arracher la certification du PIB de 2015.

Relisons le mémorandum de politique économique adressé par le gouvernement ivoirien au FMI du 19 Mai 2015 et les rapports de 2015 et de 2016 du FMI, nous découvrons :

« Le Gouvernement s’attèlera à la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT) afin de centraliser les opérations de trésorerie de l’administration publique. À cet effet, 1 400 comptes publics domiciliés dans les banques commerciales sur les 2 500 comptes dénombrés seront clôturés ». (Mémorandum de Politiques Économiques et Financières, 19 mai 2015).

Le rapport du FMI de 2015 pointe le doigt sur le mécanisme de production des fausses factures dans un langage bien choisi:

« Le recours croissant à des mécanismes extra-budgétaires (financés à l’aide d’emprunts souscrits par les entités publiques) pour effectuer des opérations budgétaires ou quasi budgétaires est un sujet de préoccupation pour la mission…. Les services du FMI ont noté que cette pratique viole le principe d’universalité du budget, mène à un périmètre budgétaire excessivement étroit et affaiblit le contrôle budgétaire. La mission invite les autorités à ne pas utiliser les entités publiques pour procéder à des activités budgétaires ou quasi budgétaires et à élargir le cadre budgétaire ». (Rapport FMI, 2015).

En langage pénal, lorsque toutes les institutions fonctionnent normalement, une dépense extra-budgétaire est un détournement de deniers publics. C’est pour cette raison que les experts du FMI ont recommandé la création d’une chambre de discipline budgétaire à la cour des comptes. Une dépense extra-budgétaire engendre des deno (dépenses engagées non ordonnancées). Les fameux « deno » qui ont été à la base du scandale de 18 milliards de francs CFA sous le gouvernement BEDIE. Cette fraude massive organisée sous le régime du PDCI-RDA, a occasionné la suspension de l’aide des bailleurs de fonds en 1998 ainsi que la chute du PDCI-RDA en 1999.

Pour la seule année 2014, le rapport évalue les détournements de deniers publics baptisés par une sémantique plus diplomatique « dépenses extra-budgétaires » à 58,4 milliards de FCFA (rapport du FMI, 2015), tournant complètement le dos à la stratégie des budgets sécurisés développée par l’Administration Gbagbo. On peut imaginer qu’une bonne partie aurait servi à arracher au PDCI-RDA l’appel de Daoukro et le soutien de la galaxie françafricaine à la violation de la Constitution ivoirienne pour permettre la candidature du Dr ADO pour un second mandat. Les dépenses extra-budgétaires qui étaient un crime hier sous BEDIE sont devenues la norme sous le Dr ADO, ainsi va la justice et la gouvernance mondiale: « qui veut noyer son chien l’accuse de rage ».

Les surfacturations et les fausses factures ainsi produites par une entreprise internationale qui a des comptes multiples à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, rentrent dans le calcul du PIB sans faire rentrer ou sortir une seule marchandise du territoire ivoirien. Par contre, l’argent emprunté pour financer les projets, comme dans un jeu de ping pong, retourne d’où il est venu. Ainsi, les importations et les exportations qui conditionnent le PIB augmentent sur papier sans trace au port ni dans le panier de la ménagère. Cette entreprise qui produit des surfacturations et des factures fictives n’a pas besoin d’importer ou d’exporter des biens matériels à la hauteur de sa facture ni d’embaucher de la main d’œuvre ni de payer des taxes (elles sont toutes exonérées en application du code d’investissement). Elle a besoin tout simplement de détourner l’argent et l’expédier vers d’autres cieux, ce que le FMI appelle « certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels ». Les demandeurs d’emploi, les transitaires et les ménages n’en bénéficient pas. Seule bénéficiaire la galaxie françafricaine liée à ce nouveau régime. Chaque responsable politique, administratif ou dirigeant de société d’Etat est en relation avec une panoplie de sociétés de surfacturation et de factures fictives (voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de familles), il passe des marchés extra-budgétaires en mode gré à gré et produit des surfacturations et des factures fictives permettant à l’argent de faire du ping pong sans atterrir sur le sol ivoirien ou dans le panier de la ménagère. L’argent travaille comme une balle de ping pong mais ne circule pas sur le territoire ivoirien sauf entre les mains des « racketteurs ». Les ivoiriens deviennent donc des spectateurs d’un jeu de ping dont ils paient le ticket pour y assister.

Les contrats de concessions sont renouvelés et des péages institués pour faire payer les tickets aux citoyens, spectateurs obligés de ce jeu de ping pong. Des licences d’exportations sont accordées pour faire payer en nature le prix du ticket au paysan en le dessaisissant de son cacao à vil prix sans tenir compte des prix indicatifs pompeusement annoncés. Le cacao ainsi exproprié, qui représente le prix du ticket du paysan pour le spectacle du ping pong, est revendu à prix d’or sur le marché international. Le diamant, l’or, le manganèse, le bois etc. sont des butins de guerre. Ils sont pillés et exportés sans trace dans les comptes de l’Etat. (Voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de famille).

Parfois, le gouvernement ne s’embarrasse pas de la procédure de factures fictives qui demande de savoir lire et écrire. Or les bataillons de Dozos et de tirailleurs recrutés dans la sous-région pour renverser le Président GBAGBO avec le soutien de la galaxie françafricaine sont des analphabètes et des semi-lettrés. Ils sont devenus, par la magie du DDR (Désarmement, Démobilisation Réinsertion) des fonctionnaires non reconnus par le fichier de la fonction publique mais affectés au trésor, aux impôts, à la douane, à la gendarmerie, à l’armée, à la police etc.. Certains ont des plantations de cacao volées après avoir chassé ou tué les propriétaires, ils ont aussi des coopératives ou des sociétés fictives dans le secteur du BTP, dans le commerce du cacao et dans les fournitures diverses (voir dossier de la lettre du continent).

A partir des nombreux comptes, le gouvernement utilise la technique des avances du trésor c’est-à-dire des paiements effectués sans bulletin de salaire, sans facture ni support, pratique là encore totalement contraire au principe du budget sécurisé. Ils sont payés en main propre ou par virement bancaire à partir d’un des 2500 comptes du gouvernement. Voilà pourquoi les dépenses pro-pauvres s’élèvent à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014 sans impact significatif sur la réduction de la pauvreté. A titre de comparaison, dans le programme de la Refondation 2010-2015 de Laurent GBAGBO, le coût total pour rénover ou doter les 11 000 villages de la Côte d’Ivoire en eau, électricité, internet, centre de santé et une école primaire est de 1 100 milliards de FCFA. Or 1 622 milliards ont été dépensés en une année sans aucune trace de développement dans les villages. Il s’agit tout simplement de payer la facture de la guerre et non une quelconque prestation réelle pro-pauvre. « Nous leur ferons payer la facture de la guerre » Christophe BARBIER n’était pas le seul à le penser. Les revenus de ces curieux fonctionnaires nouveaux sont complétés avec des bons d’essence qui plombent les sociétés d’Etats comme la SIR (dettes cumulées 181 milliards de FCFA, rapport 2015 et 2016, FMI). Les subventions sont accordées à des coopératives fictives ou semi-fictives de cacao, des sociétés d’exportation fictives ou semi-fictives, des écoles privées fictives employant des élèves tout aussi fictifs. Le rapport du FMI de 2015 recommande :

«De réduire encore le volume élevé de dépenses publiques effectuées selon des procédures exceptionnelles (avances du Trésor notamment). Ils leur demandent de surveiller de près l’endettement des entités du secteur public…… qu’à compter de la loi de finances 2015, les crédits budgétaires affectés aux subventions aux écoles privées, au secteur de l’électricité et aux achats de carburant par les forces armées soient réalistes….de renforcer le contrôle sur les ministères dépensiers (plus grande mobilité des agents et audits plus fréquents)….d’envisager de créer une chambre de discipline budgétaire et financière au sein de la Cour des comptes » (Rapport 2015)

Pour combler le déficit causé par ces dépenses extra-budgétaires à la SIR et à la PETROCI et les avances du trésor, le gouvernement n’a révisé que légèrement le prix du carburant à la pompe au lieu d’appliquer le mécanisme automatique de la baisse du prix du carburant lorsque le pétrole a baissé de près de la moitié sur le marché mondial. Il a aussi refusé de baisser le prix de l’électricité à la fin des contrats de concession sur le gaz qui constitue l’essentiel du prix du secteur. Il a aussi différé la revalorisation des salaires des enseignants et le règlement des problèmes universitaires.

C’est ce que note le rapport du FMI de 2015 :

« Les autorités ont aussi accepté de réviser à la baisse les projections des dépenses d’investissement sur la base du taux d’exécution de 2014, ainsi que la masse salariale (les hausses de salaires ont été différées de janvier à une date ultérieure pendant l’exercice), et d’affecter l’équivalent de 12 milliards de FCFA de provisions inscrites dans la loi de finances à des dépenses imprévues pour compenser en partie les dépenses extra-budgétaires » (rapport FMI 2015)

Ainsi les détournements massifs pour payer la facture de la guerre ont pour conséquence, d’augmenter les factures d‘électricité et le coût du transport, de différer la revalorisation salariale, et pire encore de privatiser le prestigieux Institut National Polytechnique (INPHB) qui demande maintenant aux élèves ingénieurs de débourser 2 800 000 FCFA par an pour suivre les cours. Le prestigieux diplôme de l’INPHB devient une marchandise. L’enseignement supérieur est en route pour l’émergence de la médiocrité. L’université d’Abidjan, maquillée à 100 milliards de FCFA, manque d’équipements de laboratoire. Les étudiants sont donc contraints de croire sans expérimentation perdant ainsi le réflexe de l’esprit scientifique. Ainsi se fabrique « l’ivoirien nouveau » version OUATTARA, débarrassé de l’esprit scientifique dans une université devenu le tombeau de la culture scientifique et le temple des croyances sans vérification.

Ainsi, la cherté de la vie, la privatisation de l’INPHB, l’assassinat de la culture scientifique et la non valorisation des salaires dérivent donc des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor pour payer la facture de la guerre! Les vrais fonctionnaires et les vrais entrepreneurs n’ont aucun soutien et souffrent d’arriérés de paiement de salaire et de facture, les citoyens souffrent de la cherté de la vie pour payer la facture externe et interne de la guerre et leur ticket de spectateurs du jeu de ping pong.

Le refus des experts du FMI de certifier quelques-uns de ces crimes économiques, a conduit à ne pas accepter le taux de croissance de 10,3% de 2015 proposé par le gouvernement ainsi que le PIB de 37 milliards de dollars. Le coup fatal est que le PIB qui était projeté à 37 milliards de dollars, a été revue à 31 milliards de dollars, en baisse de 6 milliards de dollars par rapport à l’attente du Dr ADO et de 3 milliards de dollars par rapport à l’année 2014. Cette donne a fait dire à l’expert ivoirien Jean Charles THIEMELE que :

« En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif de -8,5%, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe ».

La très respectable agence Ecofin va dans le même sens que l’expert ivoirien :

« Toutefois, un aspect du PIB qui n'est pas souvent relevé par les responsables publics est la performance du PIB en dollars US. Un aspect qui doit être pris en compte par les pays importateurs de carburant et de biens de consommation. Or, de ce point de vue, la croissance économique ne sera pas au rendez-vous. Le PIB en dollars de la Côte d'Ivoire est annoncé à seulement 31,7 milliards $, contre près de 34 milliards $ en 2014 » (site web agence ecofin 13/07/2015).

Rappelons que la croissance du PIB d’un pays est définie comme suit :

« La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative du volume du PIB en dollars constants entre deux années. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays. Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. » (Site web, université de Sherbrook, perspective monde, 2016) ».

Ce verdict est inacceptable pour le Dr ADO qui préfère le calcul du PIB en monnaie locale et entend utiliser les multiples connexions qui existent entre les 2500 comptes de l’Etat ivoirien et la galaxie françafricaine pour rappeler à chacun le jeu de ping pong dans le cadre du pacte françafricain et arracher à la galaxie françafricaine la certification de son PIB et de son taux de croissance à deux chiffres. Il a réussi en 2013 et 2014 malgré les réserves des experts qui, pour se démarquer de leurs décideurs ont écrit au début de leur rapport :

« Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI. » (Déclaration de fin de mission le 7 juillet 2016).

Quel que soit l’issue de ce bras de fer entre experts et membres du conseil d’administration du FMI, le Dr ADO qui compte sur la certification du FMI pour tromper la vigilance des investisseurs directs étrangers (IDE) pour financer les 114 projets identifiés à hauteur de 14 000 milliards de francs CFA ne les verra pas. Il ne reste plus à « ADO solution » que de continuer à brader le patrimoine de l’Etat, à accroître le prix du ticket par la pression fiscale sur les opérateurs économiques qui créent effectivement de la richesse et à augmenter la cherté de la vie. Entre 2011 et 2015, à part les créateurs d’entreprises fictives pour prendre leur part de butin de guerre, les investisseurs ne sont pas venus pour des affaires mais en tourisme d’affaires malgré le Vuvuzela du gouvernement. Leurs promesses d’investissement ont été considérées par les prestidigitateurs du Dr ADO entre 2011 et 2015 comme des investissements. Les experts du FMI n’ont pas maquillé cette réalité dans leur rapport de 2015:

« La saisie de l’IDE (investissement Direct Etranger) dans les statistiques de balance des paiements disponibles est médiocre » (Rapport 2015).

La course à la croissance à deux chiffres est terminée pour le Docteur ADO. En langage Nouchi on dira «Boribana». Le compte à rebours va bientôt commencer avec la convergence des échéances de la dette qui a atteint le niveau d’avant son annulation. Au lieu d’avouer la catastrophe, le gouvernement tente de maquiller les comptes publics et de cacher le volume de la dette en pourcentage d’un PIB qui est lui-même surestimé.

CONCLUSION

Comme les spectateurs de la coupe du monde de football 2010 en Afrique du sud, un seul mot résume les performances économiques du Docteur ADO : VUVUZELA.

La gestion du Dr ADO sonne le retour des « grilleurs d’arachides », expression consacrée sous le parti unique pour désigner les détourneurs de deniers publics. Le résultat de cette gouvernance est une vaste opération mondialisée de détournement de fonds publics.

L’hypothèse la plus probable qui se dégage à la lumière de la gouvernance du Dr ADO par des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor, est que la guerre faite à la Côte d’Ivoire par la galaxie françafricaine pendant 8 ans, a été faite à crédit avec promesse de remboursement sur les ressources financières de la Côte d’Ivoire et ses matières premières.

Cette hypothèse est confirmée sans faux fuyant ni langage diplomatique par le célèbre journaliste français Christophe BARBIER qui disait sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO « nous leur ferons payer la facture de la guerre ». La Côte d’Ivoire sous Ouattara n’est qu’un butin de guerre. Le conseil d’administration du FMI ne sert que de levier pour mobiliser les fonds et certifier le maquillage des comptes comme sa génitrice ONU l’a fait pour les élections. Le maquillage des comptes publics n’est que le prolongement du maquillage des élections. Le Dr ADO devait gagner les élections et avoir des taux de croissances élevées pour lever les fonds et faire piller les ressources naturelles pour payer la facture de la guerre.

Tandis que le Ghana avance en acceptant et corrigeant ses faiblesses avec un PIB en 2015 de 36.4 milliards de dollars détrônant depuis 2012 la Côte d’Ivoire du rang de deuxième économie de la CEDEOA, le Dr ADO continue de faire croire aux Ivoiriens qu’ils sont la deuxième puissance de la CEDEAO après le Nigeria et qu’ils émergeront de leur souffrance en 2020.

Le Dr ADO sert du Vuvuzela aux ivoiriens pendant que le Cap-Vert, en moins d’une dizaine d’années, avec une bonne gouvernance de Pedro Pires, sans immixtion ni soumission au Portugal, sans aucune ressource, est passé de l’extrême pauvreté pour se hisser au premier rang de la CEDEAO en terme de PIB par habitant. Il est le premier pays non corrompu de la CEDEAO, premier de la CEDEAO en indice de développement humain avec 100% de taux de scolarisation dans l’enseignement de base et 100% d’assurance maladie. L’expérience Cap Verdienne démontre qu’avec une bonne décentralisation et une gouvernance de qualité en matière de politiques publiques, la Côte d’Ivoire pouvait réaliser un miracle avec toutes les ressources mobilisées avec le PPTE. La dette est remontée à 7804 milliards de FCFA en 2015 au-dessus du niveau d’avant son annulation sans faire émerger la Côte d’Ivoire alors que le programme de refondation décentralisé incluant le transfert de la capitale et le grand Abidjan était chiffré à seulement 6 000 milliards de FCFA de 2010 à 2015.

Il revient à chaque groupe socio-professionnel de réclamer ses droits légitimes en demandant la revalorisation des salaires comme promis à chaque catégorie socioprofessionnelle, la diminution du prix du carburant et de l’électricité en rapport avec la diminution de près de 50% du prix du pétrole et du gaz sur le marché international, aux étudiants de réclamer des conditions de vie et de formation à la hauteur des ambitions d’émergence de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que la Côte d’Ivoire pourra accéder à la culture scientifique, que le sachet de la ménagère pourra devenir un véritable panier ou les prix baisses tandis que les revenus des ménages croissent.

La gauche ivoirienne et la société civile doivent être les avocats et les porte-paroles des masses laborieuses en informant et formant le peuple sur les causes réelles de sa souffrance pour lui permettre d’exercer son droit souverain. Le Dr ADO ne prospère que sur la beauté mythique d’un taux de croissance maquillé dont il détient seul le secret avec le conseil d’administration du FMI, dont la complicité ne lui a pas fait défaut jusqu’à présent malgré les grincements de dents de plus en plus bruyants.

Les droits socio-économiques et la bonne gouvernance ne tombent pas du ciel, ils sont le résultat de l’action éclairée, coordonnée et unifiée des masses laborieuses et des exclus en vue de faire prendre en compte leurs desideratas.

 

Dr DON MELLO Ahoua

mercredi, 24 décembre 2014

PAYS SOUS-DEVELOPPES D'AFRIQUE... VOUS LE RESTEREZ!

 

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Il n'y a pas de pays en « voie de développement », il n’y a que des pays sous-développés. Pays auxquels on fait croire qu’ils se développeront. Ce « on », c’est celui qui les maintient dans le sous-développement. Mieux, encore, avec leur propre soutien et appui.

 

Pays sous-développés d’Afrique, vous ne vous développerez jamais.

Et l’on n’est pas naïf pour engendrer une polémique sur le «développement» auxquels ces pays sont sensés tendre. Ce n’est ni un modèle occidental ni oriental, ni nordique, ni méridional, ce développement dont on traite ici c’est celui qu’acquiert une nation, générant une gouvernance démocratique, par la promotion de l’être humain dans son corps et son esprit, des libertés et des technologies par la création de richesses mises au service du progrès social dans le respect de l’environnement et de la nature.

Ce « développement », même les nations occidentales industrialisées ne peuvent s’en targuer qu’en rangs dispersés chacune réalisant peu ou prou un « morceau de ce développement », mais à la différence des pays « sous-développés », elles ont pris le parti du développement et cela en mettant en marche les « forces » dont elles disposent pour y arriver et cela souvent au détriment des pays sous-développés.

Sans nous apitoyer encore sur le siphonage historique (et qui se continue) des ressources naturelles des pays sous-développés qui a permis aux pays , coloniaux notamment (et leurs alliés) de devenir ce qu’ils sont aujourd’hui- des puissances assises sur un capital historiquement mal acquis-, le constat est bien plus amer : les pays sous-développés le resteront à jamais.

Les épidémies, les endémies, les virus mortels et autres calamités virales, les pays « sous-développés » les produisent, les pays occidentaux leur fabriquent le vaccin.

Les pays sous-développés, n’ont aucun moyen de locomotion national (ni voiture, ni train, ni avion…) les pays occidentaux, le leurs fabriquent.

Les pays sous-développés ne fabriquent ni machines industrielles, ni pièces de rechange, les pays occidentaux les leurs fournissent.

Les pays sous-développés n’ont aucun brevet de fabrication des produits de haute technologie, les pays occidentaux les monopolisent pour les leur faire payer.

Les pays sous-développés, n’ont que des budgets de rente et d’endettement. Leurs recettes proviennent essentiellement de ressources naturelles limitées et de prêts et autres facilités d’ internationales par pays occidentaux interposés.

Les pays sous-développés consacrent les trois-quarts de leur budget national aux dépenses de fonctionnement d’une administration publique souvent incompétente et inefficiente.

Les pays sous-développés reçoivent l’armement et l’équipement et sécuritaire des pays occidentaux, à travers des contrats d’achat faramineux échappant souvent à tout contrôle et réduisant dramatiquement leurs budgets.

Les pays sous-développés n’investissent ni dans l’enseignement, ni l’éducation, ni la culture ni dans la maitrise de la technologie sinon de façon médiocre, insuffisante et dans tous les cas inefficace.

Les pays occidentaux développent les grandes universités, les laboratoires de recherche qui attirent les ressources humaines compétentes des pays sous-développés, les dépouillant de leur matière grise.

Les pays sous-développés, n’ont pas voix au chapitre des relations internationales qui sont davantage dictées par la force et le monopole du et autres puissances alliées.

Les pays sous-développés, pensent qu’ils sont indépendants alors qu’ils ne le sont ni économiquement, ni financièrement, ni même politiquement.

Les ressortissants des pays sous-développés s’agglutinent, dans la frustration et le mépris,  devant les consulats des pays occidentaux pour quémander des visas, ou encore se jettent à la mer pour mourir de désespoir devant leurs côtes. Fuyant la misère du sous-développement.

Pendant que les occidentaux, se préoccupent de conquérir l’espace sidéral et projettent de bâtir sur la lune, les pays sous-développés se préoccupent de la pousse des barbes et projettent de bâtir sur des ruines.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, cultivent les croyances sociales surannées et se réfugient dans des religions qui anesthésient leur peuples et leur font accepter toute fatalité.

Les pays sous-développés, à travers leurs dirigeants, bradent leurs ressources naturelles aux compagnies occidentales, détruisant l’environnement et l’espoir des générations futures.

Les dirigeants des pays sous-développés, sont pour la plupart soit des dictateurs, des putschistes, des élus frauduleux, des corrompus, des agents des métropoles coloniales, soit des « manipulateurs de constitution », soit des otages de leurs courtisans, tribus, ethnies ou factions, et dans tous les cas des dirigeants impuissants face au devenir de leurs pays.

Pendant que les forces industrielles occidentales inventent aujourd’hui, le produit de demain pour préparer le futur de la dépendance économique des pays sous-développés, ceux-ci pompent les ressources de leur sol et exportent leurs cultures de subsistance pour acheter ces produits.

Pris dans la gangue militaro-industrielle occidentale (s’étendant jusqu’au Golfe et au-delà) et dans une mondialisation dans laquelle ils ne sont que des consommateurs forcés au prix de la saignée de leurs ressources naturelles en déclin, les pays sous-développés le resteront.

Pris dans les tourments des politiques prônées par le groupe de Bretton woods, avec des sociétés appauvries et des masses acculturées se tournant vers l’extrémisme et la violence, les pays sous-développés sont le champ d’expérimentations militaro-économiques qui les maintiennent dans une géostratégie de la soumission et de la division.

Les pays sous-développés ne peuvent se tourner vers nulle part pour leur salut et celui de leur peuple. Ceux qui se font appuyer financièrement par le Moyen-Orient finissent dans les révoltes et les religieuses, ceux qui demandent l’appui industriel de l’Extrême-Orient (la chine et l’Inde notamment) subissent les foudres de l’Occident et finissent par regagner les rangs de la puissance coloniale et le giron occidental.

Les pays sous-développés d’Afrique ont-ils un avenir ? Pas certain.

L’assimilation d’une rente (détournée et ou mal utilisée) à une croissance économique.

La littérature économique qui attribue à l’Afrique des taux de croissance souvent à deux chiffres est aussi mensongère que le sont souvent les affirmations de la BIRD et du à l’égard des pays d’Afrique.

Voici les deux récents exemples :

Banque Mondiale :

« Les perspectives macroéconomiques de l’Afrique subsaharienne demeurent prometteuses, avec une croissance à moyen terme qui reste favorable en dépit d’une conjoncture hostile : le de la région qui s’établissait à 4,6 % en 2014 devrait progresser à un rythme annuel moyen de 5,2 % sur la période 2015-16 et s’élever à 5,3 % en 2017. Le par habitant devrait continuer d’augmenter, pour passer de 2,1 % en 2014 à 2,6 % en 2015, et 2,8 % en 2017. » (Banque Mondiale)[1]

Le FMI :

« Le Fonds monétaire international (FMI) est optimiste pour l’économie de l’Afrique subsaharienne, si l’on en croit les prévisions du rapport publié jeudi 31 octobre. « Les vents contraires qui soufflent à l’échelle mondiale ont peu affecté sa croissance en 2013 et le rythme de celle-ci devrait s’accélérer en 2014″, estime les auteurs.

Le taux de croissance est prévu à 5 % pour cette année et à 6 % pour l’année prochaine. Autre bonne nouvelle, le taux d’inflation annoncé est en baisse pour la troisième année consécutive et passera en dessous de 6 % à la fin de 2014. » (Le FMI prédit à l’Afrique sub-saharienne une croissance soutenue- Le Monde : 31-10 2013 )[2] »

Hélas ! Ce que l’on refuse de mettre en exergue, c’est que cette croissance est assise sur des ressources naturelles, agricoles, ­pétrolières et minières.

Il s’agit de la croissance d’une rente (épuisable) et non pas d’une croissance économique au sens où cette croissance devrait être la résultante de la valeur ajoutée provenant du tissu industriel (créativité, technologie maitrisée, produits exportés) et commercial (diversité, compétitivité et offre de produits nationaux) du pays.

Les Pays étrangers achètent les extractions minières et autres, les pays sous-développés engrangent le revenu-rente.

Plus le pays sous-développé vend et plus les institutions financières internationales considèrent qu’il y a croissance. Ironique.

En somme, plus un pays exportateur de fer, fait tourner ses pelleteuses (et détruit le sol et le sous-sol) plus il « croit » économiquement. Mieux encore, si le prix du fer sur le international augmente,  la croissance en fera de même.

Il s’agit là d’une conception erronée qui continue à maintenir les pays sous-développés dans l’ignorance de leur croissance réelle (en terme d’agrégats économiques réels, d’étoffement de leur tissu industriel, de leurs maitrise technologique et scientifique) et ne sert qu’à faire délivrer, par les institutions financières de l’endettement des satisfecit béats à leurs dirigeants qui les pillent.

La rente financière n’est pas une croissance. C’est le revenu qu’un pays reçoit du fait d’exportations de ressources naturelles et qu’il engrange. Cette rente ne provient ni d’un progrès économique ou industriel ni d’un savoir-faire exporté, ni d’un tissu industriel exploitant des innovations scientifiques et des brevets nationaux, elle provient de la roche que l’on extrait, que l’on casse et que l’on exporte.

Cependant, Il y aurait eu croissance, si cette rente était utilisée pour le développement économique, industriel, technologique, scientifique et social (soit une vraie croissance). Hélas, ce revenu-rente ne sert pas le pays. Il est détourné par des élites corrompues et cela par mille et un moyens, affecté à des projets dont l’intérêt est davantage de servir des factions, clans et tribus.

Aujourd’hui, les pays sous-développés sont à la merci de leurs dirigeants appuyés dans leurs œuvre par des masses salivantes et applaudissant maintenues dans la misère avec la bénédiction de multinationales et autres lobbies de la corruption internationale.

Les intellectuels des pays africains sont soient bridés, exilés ou, pour ceux qui n’ont pas pu garder un semblant de dignité, réfugiés dans le giron du pouvoir. Un pouvoir qui les achète, les manipule et détruit tout espoir de progrès intellectuel.

Une frange de ces intellectuels s’est fourvoyée dans le snobisme et l’allégeance aux modèles occidentaux à telle enseigne qu’elle vendrait son pays pour un visa pour l’occident. Une forme d’ de l’esprit que perpétuent les médias occidentaux et que renforce l’image d’un occident de la consommation et de l’opulence. Cette fuite des intellectuels par monts et vaux, sinon leur corruption,  fait  que les pays sous-développés perdent la sève de leur espoir de développement : leurs ressources humaines.

Qu’on se le dise, donc, il est temps de mettre fin à cette notion trompeuse  de pays « en voie de développement » et de le dire haut-et-fort, il n’y a que des pays sous-développés vivant sur des ressources naturelles (épuisables), avec une intelligentsia en débandade, gouvernés par des gouffres financiers, sans technologie, sans savoir-faire, sans industries de pointe, sans chercheurs ni laboratoires (si n’est l’extension de groupes étrangers) , sans universités de prestige, sans enseignement de valeur, sans tissu industriel viable , sans influence sur la politique et la finance internationales, sans contre l’exploitation abusive de leur richesses et la destruction de leur environnement, dopés par des chiffres de croissance erronées, assistés sans le vouloir, surarmés pour se détruire, colonisés en le sachant.

L’avenir des pays sous-développés africains est une simple image : lorsque les ressources naturelles seront épuisées, leurs peuples miséreux ( sans infrastructures sociales viables, sans ressources humaines capables de créer, d’inventer et d’innover, sans institutions économiques et financières solides ni tissu industriel appuyé sur une recherche scientifique et technique de pointe et des politiques publiques réfléchies), verront leurs dirigeants (comme les rats du bateau qui coule) s’enfuir et leurs institutions et territoires se disloquer. Et à la domination politique et socio-économique, jusque-là latente, qu’ils subissaient, se substituera une tutelle non pas sur des Etats mais sur des territoires arides qui,  au mieux, serviront à l’enfouissement des résidus industriels des pays développés. Ce qui a déjà commencé.

Les populations, quant à elles, se disperseront et pour le grand nombre ce sera la migration (encore) vers les pays occidentaux, qui auront déjà érigé des murs littoraux explosifs, creusé des ravins infranchissables et miné les frontières océaniques contre les boat people.

Scénario apocalyptique n’est-ce pas ? Mais le sous-développement est une voie vers l’apocalypse.

 

Pr ELY Mustapha

 


 

[1] http://www.banquemondiale.org/fr/region/afr/overview

[2] http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/10/31/le-fmi-predit-a-l-afrique-sub-saharienne-une-croissance-soutenue_3505774_3234.html

http://haut-et-fort.blogspot.fr/2014/10/pays-sous-developpes-dafrique-vous-le.html

 

Source: TSIMOKI GASIKARA

vendredi, 26 octobre 2012

REFUS DE CEDER AUX CAPRICES DE LA FRANÇAFRIQUE, LA SORCELLERIE CONTRE LE PRESIDENT GHANEEN A COMMENCE

 

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Selon le site internet ghanaweb.com, la banque mondiale et le FMI accusent l'actuel président du Ghana John Mahama Dramani et son épouse Mme Mahama Lordina d’avoir détourné la somme 170 millions de dollars de prêts et de subventions donnés au Ghana depuis 2010. Ces sommes auraient été déposées dans des comptes bancaires en Suisse. Selon ce site, le défunt président John Atta Mills aurait lui-même de son vivant écris à ces institutions pour se plaindre de l’attitude de son vice président. 

Donc le président découvre que son vice détourne de l’argent et il ne le convoque pas devant le sénat mais il s’en plaint auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Mieux, il le choisit comme son colistier pour les élections présidentielles de décembre prochain.

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La communauté internationale vient de déclencher sa machine infernal contre ce pays pour certainement son assistance aux réfugiés ivoiriens.
 
Prions pour le Ghana!
 

Pris sur la page Facebook de Steve Beko
 
 
Source: GHANA WEB

vendredi, 12 octobre 2012

DEBUT 2013, OUATTARA AUGMENTE LE PRIX DU CARBURANT ET DE L’ELECTRICITE

 

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 Mines des mauvais jours!!! Lundi 1er octobre 2012. Abidjan. Palais de la présidence. Alassane Ouattara accorde une audience à une mission du FMI conduite par M. Michel Lazare, Sous-Directeur du Département Afrique.

 

C’est l’un des rarissimes sujets qui met d’accord toutes les sensibilités médiatiques ivoiriennes. Dans leurs livraisons d’hier (mardi 2 octobre 2012, Ndlr), la presse ivoirienne, toutes tendances confondues, a parlé d’une même voix: les prix de l’électricité et du carburant vont connaitre une hausse!

L’information émane de la rencontre entre les autorités ivoiriennes et les envoyés du Fmi avant-hier lundi 1er octobre. Michel Lazare, sous-directeur Afrique dudit organisme et tête de la délégation hôte a en effet signifié à Alassane Ouattara qu’il doit absolument augmenter le prix du pétrole et du courant électrique. Et cette exigence des puissances économiques qui régentent le monde doit entrer en vigueur dès 2013. 

« Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux pressions exercées par la hausse mondiale des prix de l’énergie notamment sur les mécanismes d’ajustement, de fiscalisation et de subvention des prix des produits pétroliers (...) », professe Michel Lazare. Traduisons en des termes simples les exigences de la délégation du Fonds monétaire international. Il y a une hausse mondiale du prix de l’énergie, le courant électrique y compris.

Par conséquent, l’Etat de Côte d’Ivoire doit faire des « efforts supplémentaires », c’est-à-dire augmenter le prix du courant, afin de pouvoir faire face aux exigences de cette hausse. Comment augmenter le courant? Michel Lazare donne la recette: augmenter la fiscalité, faire des ajustements, etc. Autrement dit, dès 2013, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), filiale de la multinationale française Bouygues, va augmenter le prix du courant. Ça va chauffer dans les poches!

Il ressort des échanges avec le régime d’Abidjan que les envoyés de Christine Lagarde ne sont pas contents des autorités ivoiriennes car les augmentations devraient être faites depuis bien longtemps. Mais elles ont trainé jusqu’à ce jour. D’où la « nécessité » des efforts qui doivent être faits début 2013.

Face à ces exigences, le gouvernement  Ouattara, qui n’a d’autre choix que de se conformer aux desiderata des puissances économiques, a montré son embarras. Les autorités sont en effet coincées entre le marteau des institutions de Bretton Woods et le soulèvement populaire que pourraient entrainer des telles mesures. « Le choix est difficile pour le gouvernement, nous voulons faire un choix conséquent », a avoué l’Argentier ivoirien. Qui s’est tout de même plié à la volonté de Michel Lazare et de sa délégation : «Ces mesures seront certes impopulaires mais elles seront comprises avec le temps», s’est-il résigné.

Les bénéfices engrangés par ces augmentations visent, si l’on en croit M. Michel, à « assurer un financement adéquat et pour l’accroissement de la production et l’extension du réseau de distribution, l’introduction de la flexibilité dans la détermination des prix des carburants, la maitrise de la masse salariale, etc. » Disons ça aussi en des termes accessibles à tous: les bénéfices serviront à la multinationale détentrice exclusive de l’exploitation de l’électricité en Côte d’Ivoire, la CIE, ainsi qu’aux exploitants du pétrole ivoirien à étendre leur réseau, et asseoir leur influence.

Hormis cela, la délégation du Fonds monétaire a aussi donné dans la mystification en pondant des chiffres qui ont fait sourire plus d’un dans la salle. En effet, selon le communiqué de presse de fin de mission, les experts occidentaux ont affirmé que « les résultats économiques au cours de la première moitié de l’année 2012 ont été meilleurs que prévus. » Mais l’Ivoirien lambda se demande de quels meilleurs résultats parlent ses hommes. On a du mal à se nourrir par manque d’argent, et quand il y en a, les prix des denrées alimentaires sont hors de portée des bourses.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du mercredi 3 octobre 2012.

mardi, 09 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


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Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

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3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

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4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

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7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

samedi, 06 octobre 2012

40ème ANNIVERSAIRE DES ACCORDS DE COOPERATION MONETAIRE DE LA ZONE FRANC: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, SEUL CHEF D'ETAT PRESENT




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Alassane Dramane Ouattara et Pierre Moscovici, hier à la tribune de l'ouverture 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc.



Aussi bizarre que cela puisse paraître, Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien, était le seul chef d’Etat présent à la célébration du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc. Il partageait la tribune officielle avec Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et Finances, et hôte du colloque.
 
Etaient également présents, les gouverneurs des banques centrales africaines BCEAO et BEAC et même d’anciens gouverneurs.
 
On notait ainsi la présence de Casimir Oyé Mba, gouverneur de la BEAC (1978-1990), de Charles Konan Banny gouverneur de la BCEAO (1990, comme intérimaire d’abord, à 2005) et ancien premier ministre de Côte d’Ivoire, d’Abdoulaye Bio Tchané ancien ministre de l’Economie et des Finances de Mathieu Kérékou, ex-président de la BOAD (2008-2011), du Camerounais Jean Nkuete, secrétaire exécutif de la CEMAC (1999-2006) économètre particulièrement brillant et proche de Paul Biya qui en a fait un ministre d’Etat, de Michel Camdessus gouverneur de la Banque de France (1984-1987) directeur général du FMI (1987-2000) et ami de Ouattara, de Sylviane Guillaumont-Jeanneney professeure émérite de l’Université d’Auvergne et spécialiste de la zone franc, de Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France (1993-2003), président de la Banque centrale européenne (2003-2011), de Christian Noyer gouverneur de la Banque de France, de Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores (1977-1981), pour ne citer que ceux-là.
 
L’absence des treize autres chefs d’Etat africains ayant en partage le Franc CFA comme monnaie hier à ce colloque de Bercy, dont le thème est « Regards croisés sur 40 ans de zone franc », est la preuve selon plusieurs analystes, du peu d’intérêt accordé par les africains à ce colloque, et d’une célébration au rabais des 40 ans du F CFA.
 
Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique sur ce arrimage du FCFA à l’Euro, arrimage aujourd’hui totalement dépassé, car condamnant l’Afrique à la stagnation sans croissance sur l’autel de la lutte contre l'inflation menée par la banque de France, alors que des pays comme le Ghana, le Nigeria, qui ont leur propre monnaie, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc.
 
Deux tables rondes seront néanmoins organisées à ce colloque : une première consacrée à « la zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 », et une seconde intitulée « De l’intégration monétaire à l’intégration économique ».
 
Hier lors de la cérémonie d’ouverture, Alassane Dramane Ouattara a fait une déclaration fleuve dont nous vous livrons la teneur. ICI.
 
 
Christian Vabé


lundi, 17 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - PPTE, BCEAO: LA FACE ECONOMIQUE DE LA GUERRE


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Un document d'une importance majeure, à lire absolument et à conserver!

 

Le 11 avril 2011, Laurent GBAGBO, dont les performances économiques ont permis d’avoir le point de décision du processus PPTE est arrêté avec Mr DACOURY TABLEY, l’ancien Patron de la BCEAO, emprisonnés entre autre pour crimes économiques. Tous les membres du gouvernement dirigé par l’un des plus grands économistes d’Afrique, le professeur Gilbert Marie AKE NGBO, Président élu de l’université d’Abidjan, sont poursuivis et d’autres arrêtés pour crimes économiques. La dernière arrestation à ACCRA par Interpol pour crime économique est celle du Ministre délégué au BUDGET, Justin KONE KATINAN, maitre d’œuvre de la réquisition de la BCEAO et de la remise en route des banques fermées par SARKOZY pendant la période de crise.

De quels crimes économiques s’agit-il?

Washington, le 26 juin 2012, le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale ont activé l’ardoise magique de l’initiative PPTE en vue d’un super cadeau par un allègement de la dette.

L'application intégrale de l'allègement de la dette permettra de passer d'environ 6000 milliards de FCFA de dette à un stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA environ.

Toutefois, il est à remarquer que ce stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA aurait été de 1 100 milliards de FCFA si l’accord avait été obtenu en 2010 sous la Présidence GBAGBO. En l’absence de données sur la situation actuelle des finances publiques, l’hypothèse la plus probable est qu’en moins d’un an, près de 1 400 milliards de FCFA de dettes nouvelles se sont ajoutés au stock résiduel.

L’emprunt obligataire, lancé trois mois après le point d’achèvement, démontre le peu d’influence du PPTE sur l’état de santé financière du pays et prouve que la pluie de milliards n’a été qu’une tornade ayant emporté tout sur son passage. La Côte d’Ivoire doit donc continuer de tendre la main pour survivre. Le récent voyage au pays de la Mecque avec tam-tam et bol en main, faisant suite aux nombreux autres voyages, démontre le retour de la politique de la main tendue. À ce rythme, la dette de la Côte d'Ivoire atteindra très rapidement  le même niveau qu’avant l’allègement sans effet sur la réduction de la pauvreté.

En considérant cette ardoise magique comme ayant permis un « super cadeau », comme de coutume, commençons d’abord par dire merci à ceux qui ont œuvré pour l'avoir : les bailleurs de fonds, BEDIE l’initiateur, GBAGBO le maître d’œuvre, OUATTARA le finaliste; mais comme nous évoluons dans une économie de marché et non dans une économie de pitié, nous savons tous que les  cadeaux n’existent pas !  Combien ce « cadeau » a-t-il véritablement coûté aux ivoiriens? Et quel est le véritable crime économique commis par le régime du Président GBAGBO jugé pourtant indigent par la Cour Pénale Internationale?

Pour répondre à ces questions, nous allons examiner l’origine des sommes prêtées à la Côte d’Ivoire, les principaux bénéficiaires des investissements effectués avec cet argent, les conséquences et  aussi les perspectives.

DE L’ORIGINE DE LA DETTE

Le 19 septembre 1946, le député HOUPHOUET BOIGNY, affirmait, lors des premières discussions sur la constitution de la communauté Franco-africaine au palais BOURBON en France :

« La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté »

Le 28 septembre 1958, Félix HOUPHOUET BOIGNY, ministre d’Etat de la République Française, vote la constitution de la Communauté Franco-africaine instituant une fédération entre la France et ses colonies.

En 1959, les pays d’Afrique de l’Ouest s’associent au sein de la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Les quatre (4) principes de la coopération monétaire entre la France et les États membres de la zone Franc ont  épousé l’esprit de la fédération, à savoir la mise en commun des ressources financières depuis cette date jusqu’à ce jour:

  • la garantie du Trésor français à la convertibilité en euros des monnaies émises par les trois instituts d´émission de la zone ;

  • la fixité des parités entre l’euro et le franc CFA;

  • la liberté des transferts au sein de chaque sous-ensemble ;

  • la centralisation des réserves de change

Les indépendances de 1960 ont conservé l’esprit et la lettre de la communauté Franco-africaine avec la ferme conviction que « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». Toutefois, la foie du Père de la nation avait un prix. Car, en contrepartie de ces principes et de cette profession de foi, les  banques centrales de la zone Franc sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change (65%, révisée à 50% en 1999) auprès du Trésor français sur un compte d’opérations.

Le fonctionnement du compte d’opérations a été formalisé par des conventions successives entre les autorités françaises et les représentants des banques centrales de la Zone franc. Le compte reçoit des dépôts à vue ou à terme en provenance des pays de la zone. La France place ces ressources qui rapportent des intérêts par des opérations de crédit (en partie à l’Afrique). Une partie des intérêts sert à rémunérer le compte d’opérations et l’autre partie est à la discrétion du pouvoir français que l’on retrouvera sous forme d’aides diverses (Ministère de la coopération, assistance militaire au pouvoir ou aux rebelles, Banque Mondiale, FMI, AFD, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO etc.). Par rapport au compte d’opérations ; le trésor français, fonctionne donc comme une banque d’investissement et de commerce pour l’Afrique. Il aurait été plus simple de créer une telle banque dans la zone UEMOA pour disposer de ces énormes ressources en toute indépendance. Mais la France a su sans aucun doute user des arguments tels que les bases militaires pour protéger les États, l’aide, le déficit de cadre au moment des indépendances. Une telle banque aurait eu l’avantage d’être présente partout où le besoin de commercer se ferait sentir notamment dans les pays émergeants.

La confiscation systématique de 50% des avoirs extérieurs de la Côte d’Ivoire par le Trésor français et le libre transfert des avoirs des opérateurs économiques de la Côte d’Ivoire vers la France favorisé par le code d’investissement qui exonère d'impôts les bénéfices des multinationales, réduisent  de manière drastique l’épargne publique et privée. Cette confiscation institutionnelle et systématique de l’épargne oblige la Côte d’Ivoire à emprunter ses propres ressources ainsi confisquées.

A titre d’exemple, le rapport annuel de la Banque de France sur les comptes de la BCEAO indique pour l’année 2010 (en milliards de FCFA) :

- Compte d’opérations: 3 048. 978  FCFA

- Créances sur les banques: 335. 184FCFA

- Créances sur les trésors: 887. 886 FCFA

Ces chiffres démontrent avec éloquence, que depuis toujours, l'apport fait par la zone Franc au trésor français par l’intermédiaire du compte d’opérations est trois fois plus important que le concours fait aux banques et aux trésors de la zone UEMOA. Il faut ajouter à cela la balance au titre des revenus transférés qui est de 735,6 milliards de FCFA favorisée par les codes d’investissements. Pour la France et les françafricains, remettre en cause cette manne tombée du ciel des anciennes colonies, c’est être un criminel.

Par contre, le financement extérieur net de l’économie de la zone UEMOA pour la même année  s’élève à868.6 milliards de FCFA selon la même source. Le montant total des dons est de 870.5 milliards de FCFAsoit au total (financement + aide) 1738 milliards de FCFA. Cela constitue à peine 50% des sommes séquestrées au titre des accords de l’UEMOA.

Il apparaît clairement que, par la BCEAO et le code d’investissement, le FCFA est exporté  en France et nous revient en euro ou en dollar sous forme de dettes et d’aide.

A l’heure de cette mondialisation où tous les pays cherchent à améliorer leurs leviers économiques pour éviter à leurs peuples de subir la crise, continuer à entretenir un pacte qui coûte si cher n’a plus de sens. En tout état de cause, les peuples souverains de la zone UEMOA n’ont jamais donné leur avis sur ces accords qui engagent leur destin après les indépendances, à l’instar des Européens qui se sont prononcés par référendum sur l’adhésion à l’Euro. Ses montagnes de fonds séquestrés par la France depuis les indépendances sont donc frappées d’illégitimité. Cela s’apparente à un bien mal acquis par la France sur ses anciennes colonies dans le cadre d’une fédération qui a disparu depuis 1960 et dont les fondements sont devenus obsolètes.

La dette contractée par la Côte d’Ivoire auprès de la France, est donc une partie de l’argent pris dans les caisses de la Côte d’Ivoire dans l’obscurité des accords signés dans le cadre de la fédération Franco-africaine pour lui faire crédit sous le « soleil des indépendances ». Il en est de même des aides directes et indirectes aux travers des institutions communautaires (Banque mondiale, FMI, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO, etc.). Chaque année, la Côte d’Ivoire indépendante consacre, pour le remboursement de cette « dette » prise dans ses poches, près de la moitié de ses recettes budgétaires faisant progressivement obstacle à toute possibilité d’investissements publics. L’augmentation des charges de l’État due au service de la dette,  combinée à la baisse des recettes d’exportation du cacao, ont fini par rendre l’état insolvable. L’impossibilité de l’état à faire face au service de la dette a engendré, depuis 1982 jusqu’en 2002, neuf (9) plans d’ajustement structurel pour trouver une solution au fardeau de la dette. Le caractère drastique des mesures prises a engendré des crises sociales et une crise politique en 1990. La Côte d’Ivoire est donc mise sous tutelle directe des bailleurs de fonds qui dépêchent en1990 M. Alassane Dramane OUATTARA auprès du Président HOUPHOUET dont l'état de santé ne lui permettait pas le suivi de la gestion quotidienne du pays.

La tornade des mesures prises par les bailleurs de fonds sous la houlette de M. OUATTARA Dramane a eu des conséquences dramatiques dans tous les secteurs économiques et a abouti à l’expropriation économique de l’Etat.

Examinons dans un premier temps le contenu de la solution OUATTARA et ensuite, à travers l’examen de certains secteurs clés de l’économie nous allons mettre en évidence les faiblesses et les conséquences de cette solution.

LA SOLUTION OUATTARA: LE VERITABLE CRIME ECONOMIQUE

Modifier la structure de l’économie ivoirienne était l’objectif affiché des plans d’ajustement structurel. Les années 90 ont accéléré la modification de la structure de l’économie pour faire du secteur privé, entendez des investissements étrangers, le moteur de la croissance là où la Chine et plus généralement des pays d’Asie et d’Amérique du Sud, faisaient le choix de la stratégie combinée « un pays deux systèmes ».

Le programme de privatisation a été la solution OUATTARA.

Le diagnostic effectué à l'époque par  M. Alassane OUATTARA pour proposer ce remède miracle qui a été exposé le 28 novembre 1990 au journaliste du quotidien gouvernemental fraternité-matin suite à un conseil des ministres est le suivant :

« Actuellement, le secteur parapublic compte 140 entreprises et établissements dans lesquels l'État a investi plus de 1.300 milliards de FCFA dans les années 80. Ce chiffre représente aujourd'hui près de 50% du Produit Intérieur Brut, c'est-à-dire la moitié de la production nationale.

Les résultats d'exploitation de certaines de ces entreprises n'ont pas été à la mesure de l'effort d'investissement exceptionnel qui a été consenti par le Gouvernement pour constituer cet important patrimoine.

Les entreprises dans lesquelles l'État détient au moins 51% du capital, ont dégagé des pertes nettes cumulées de 10 milliards de FCFA au cours de la même période.

Par contre, les entreprises du secteur parapublic dans lesquelles l'État est minoritaire, ont globalement dégagé un bénéfice net cumulé de 144 milliards entre 1982 et 1988, soit plus de 20 milliards en moyenne par an. »

L’erreur de diagnostic réside dans  la non-prise en compte de la réalité des rapports non mercantiles entre les sociétés d’État et l’État central à cette époque. En se contentant des données purement comptables sans rentrer dans les mécanismes de gouvernance des entreprises, l’erreur devenait alors inévitable pour un fonctionnaire international non au fait des réalités nationales. Prenons cet exemple simple, pour illustrer l’erreur, tiré de mon expérience de Directeur Général du BNETD (Société d’État au capital de 2 milliards de FCFA) et de membre du comité de privatisation de 2000 à 2010. Le BNETD, en charge de l’étude et du contrôle des grands travaux de l’État, réalisait pour le compte de l’État des études et contrôles pour 7 milliards de FCFA environ et l’État décidait, en fonction de ses ressources financières, de ne payer que 2 milliards de FCFA sous forme de subvention, ce qui avait un impact sur les résultats financiers de l’entreprise qui affichait un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA en 2000 et un découvert bancaire de 9 milliards de FCFA cette même année. Au lieu de liquider le BNETD ou de réduire de moitié l’effectif comme le recommandait les bailleurs de fonds, l’État sous le régime du Président GBAGBO, ayant pris la décision d’éviter la privatisation des secteurs stratégiques, a opté pour une restructuration en contractualisant les prestations du BNETD avec l’État et en accroissant son autonomie sur le marché privé et à l’international. En 10 ans, le BNETD est passé d’un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA et d’un chiffre d’affaires de 5 milliards, à un chiffre d’affaires de 39 milliards de FCFA, un report à nouveau positif et a augmenté son effectif tout en doublant les salaires pour freiner l’exode de  l’expertise. La situation du BNETD est pratiquement la même que toutes les sociétés d’État.

Cette décision courageuse de restructurer les entités de l'État que de les privatiser a permis de sauver plusieurs entreprises d’État (44 environ). Celles qui attendent d’être restructurées (34), ne le seront certainement jamais compte tenu de la nouvelle orientation de la politique économique  actuelle qui a opté pour le bradage ou la liquidation des entreprises publiques. Le constat de la réussite de cette restructuration a été fait incidemment par l’actuel gouvernement de M. Alassane OUATTARA à travers le communiqué du conseil des ministres du 29 juin 2011 relatif à ce sujet. En effet, un rapport établi par les soins du ministère de l’Économie et des Finances, sur la base des états financiers de fin décembre 2009, révèle que l’État de Côte d’Ivoire détient dans son portefeuille 82 sociétés, dont 30 sociétés d’État et 52 entreprises à participation financière publique. Selon ce rapport, «44 sociétés ont réalisé des résultats nets bénéficiaires d’un montant global de 153,57 milliards de FCFA, 4 sociétés présentent un résultat nul, 14 sociétés ont réalisé un résultat net déficitaire de 113,21 milliards de FCFA, et 20 sociétés n’ont pas produit d’états financiers pour diverses raisons (redressement judiciaire, administration provisoire, arrêt des activités, restructuration, problèmes de gouvernance, etc.)».

Au lieu de continuer dans la logique de la restructuration, hélas, Monsieur Alassane OUATTARA fidèle à sa mission de fonctionnaire international malgré ses habits de Chef de l’Etat fait remarquer, lors de ce même conseil des ministres, « le nombre élevé de sociétés à participation financière publique » et demande  que le nombre de sociétés d’État ou à participation financière publique, soit baissé de 25% au cours des 12 prochains mois»

L’erreur sincère ou intentionnelle (c’est selon) de M. OUATTARA n’a pas permis de guérir le mal contrairement à la Chine ou aux pays d’Asie et à certains pays d’Amérique du Sud mais,  a permis non seulement de dépouiller  le pays de son économie ainsi que de sa souveraineté mais aussi elle a contribué à son immersion dans un océan de pauvreté et de dette.

La politique de privatisation avait donc un objectif idéologique, économique et politique. Poussée par le vent libéral des années 1980, la françafrique a caché son visage sous le masque de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté pour faire main basse sur les économies naissantes par un contrôle direct des entreprises et des États et un dépouillement économique, politique et militaire des pays ciblés. Le secteur privé érigé en panacée et moteur de la croissance s’est révélé le moteur des inégalités, de la dette et du chômage qui minent les États. Les solutions classiques de pillages économiques telles que pratiquées à l’époque de l’esclavage et de la colonisation et qui reviennent avec de nouveaux prétextes avec les guerres de conquête économique (Afghanistan, Irak, Libye, Côte d’Ivoire, Syrie bientôt, etc.) ne donnent aucun résultat face à la concurrence des pays émergeants. Elles enrichissent les multinationales et appauvrissent les États et les peuples occidentaux qui votent périodiquement le changement pour se donner l’espoir d’un lendemain meilleur.

C’est cette politique, dont on connaît tous les méfaits et limites, que M. Ouattara nous sert encore aujourd’hui. Comme hier, il va s’employer à son crime préféré : le bradage du patrimoine de la Côte d’Ivoire. Comme hier on sait qui vend mais sait-on vraiment qui achète ou rachète ?

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR ELECTRIQUE

Le secteur électrique était géré de 1952 à 1990 par une société d’État, l’EECI (Énergie, Électrique de Côte d’Ivoire). La Côte d’Ivoire s’est dotée, sous l’impulsion de l’EECI, d’un parc impressionnant de 6 barrages hydroélectriques fournissant en 90, une puissance installée de 600 mégawatts avec un réseau interconnecté.

En 1990, le secteur est en crise avec une dette qui s’élève à 120 milliards de FCFA et des arriérés de consommation de 37 milliards de FCFA soit trois ans de consommations d’électricité par l’État de Côte d’Ivoire, qui, soit dit en passant, consommait presque gratuitement l’électricité.

En 1990, l’État de Côte d’Ivoire confie par concession sur 15 ans la gestion de l’électricité à une société privée  française : la CIE. Le contrat de concession oblige la CIE à verser des redevances à l’État de Côte d’Ivoire et à prendre en charge les entretiens courants, tandis que la dette revenait à l’État ainsi que les investissements lourds. La CIE met fin à la gratuité avec l’État de Côte d’Ivoire et équilibre les finances. L’opérateur français, actionnaire principal et bénéficiaire de la CIE investit dans la production de gaz et des centrales thermiques selon des contrats de type BOT. Aujourd’hui, la CIE fait un chiffre d’affaires de 300 milliards de FCFA avec les 2/3 affectés au payement du gaz dont la production est contrôlée à plus de 50% par l’operateur privé français selon un contrat de type « take or pay » indexant le prix du gaz tiré du sol ivoirien sur le cours mondial  du pétrole. Par conséquent, le prix du gaz payé à l’opérateur augmente de pair avec  la hausse du prix du pétrole sur le marché international. Tout se passe comme si le gaz tiré gratuitement du sol ivoirien était payé sur le marché international et revendu à la Côte d’Ivoire. Ainsi le gaz qui constituait 12% du coût de l’électricité en 1996 coûte aujourd’hui presque 70% soit les 2/3 du revenu du secteur, ce qui assure une montagne de bénéfices aux opérateurs gaziers au détriment de l’ensemble du secteur. Le paiement de la redevance et des taxes est devenu impossibleet le secteur est encore déficitaire à la fin des 15 ans de contrat de concession. En 2005, le secteur enregistrait un endettement de 112 milliards de FCFA soit exactement 112 540 254 795 FCFA non loin de la situation de 1990. Le mode de paiement du secteur privilégie d’abord les opérateurs gaziers, les producteurs indépendants, ensuite la CIE et en dernier ressort l’État. La crise touche donc directement la CIE et l’État tout en protégeant les gaziers et les producteurs indépendants. En 2005, alors que le pays est sous occupation de l’armée française et de l’ONUCI et que les cabinets ministériels sont repartis entre les loyalistes et les rebelles à Linas Marcoussis et Kléber, le contrat est par la force des choses renouvelé pour 15 ans et l’opérateur français allège sa présence à la CIE pour se mettre à l’abri du déficit du secteur en se concentrant sur le secteur gazier et la production indépendante d’électricité.

« Le Fonds Monétaire International a appelé le vendredi 11 mai 2012, à des réformes dans le secteur de l'énergie en Côte d'Ivoire, à l'occasion du versement des 100 millions de dollars d'un prêt au pays, soit environ 50 milliards de FCFA. Le FMI a appelé à assurer l'avenir de la Compagnie Ivoirienne d`Electricité (CIE) par "de nouvelles mesures, y compris des hausses des tarifs" ». Rapporte le quotidien Notre Voie dans sa livraison du 14 Mai 2012.

Sans faire le constat amer de l’échec de la reforme, la population est sollicitée pour plus de sacrifices en vue de continuer à enrichir les gaziers.

La solution à court terme ne consiste pas à augmenter le prix de l’électricité, ce qui constitue un vrai crime, mais à réduire la part gaz dans le secteur de l’électricité comme le voulait le dernier gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) en déconnectant le prix du gaz du prix international du pétrole et en optant pour un contrat de type « cost plus » qui prend en compte uniquement le coût de production du gaz et une marge bénéficiaire acceptable. A long terme, pour faire face à la dette du secteur, au vieillissement du réseau et des transformateurs électriques, il sera nécessaire de déclarer le secteur électricité comme secteur stratégique et opérer les reformes correspondantes. L’accroissement de la production de gaz et de l’électricité ne servira à rien si le réseau de transport et de distribution s’effondre.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR AGRO INDUSTRIEL ET CHIMIQUE

Les sociétés expropriées à la Côte d’Ivoire, du fait de Monsieur OUATTARA, sont légion. Plusieurs entreprises du secteur agro industriel sont passées à la casserole de la privatisation(nouveau nom du crime économique) malgré les performances de ces entreprises partiellement ou totalement gérées par l’État qui, pour certaines étaient dans des difficultés conjoncturelles réversibles. Ce sont, entre autres :

COSMIVOIRE, NOVALIM/NESTLE, CAPRAL/NESTLE, FILTISAC, SAPH, SICOR, SODESUCRE, SOGB, PFCI (conserve de thon), SACO, SODERIZ, CHOCODI, COCOTERAIE (Fresco, Grand-Lahou, Jacqueville, Assinie), TRITURAF, CIDT, RANCH (Marahoué, Sipilou, Badikaha) etc.

Le calcul des valeurs nettes des entreprises à privatiser prenait en compte la dette, ce qui permettait de sous évaluer ces entreprises. À la vente de ces entreprises, la dette revenait à l’État et les actifs au Privé (socialiser la dette et privatiser le profit) généralement à une multinationale avec divers prétextes. Souvent le paiement de la valeur nette est directement puisé dans la trésorerie de l’entreprise et l’opération est ainsi bouclée. Le chiffre d’affaires moyen de ces entreprises depuis 1990 oscille autour de 20 milliards de FCFA pour la plupart. Pour la trentaine d’entreprises du secteur agro industriel, c’est donc pas moins de 10 000 milliards de chiffres d’affaires cumulés pendant plus de 20 ans ! Comparés au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparaît clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR CACAO

Le secteur cacao  a été un grand bénéficiaire de la dette et est resté le dernier refuge du peuple ivoirien dans son segment primaire. Poumon de l’économie ivoirienne, il a permis de diversifier l’économie ivoirienne, de moderniser le pays et d’opérer une redistribution plus ou moins juste de la richesse nationale à travers la Caistab, société d’Etat en charge du secteur jusqu’en 1999.

Imaginer un seul instant qu'à l'époque, les revenus captés par la Caistab, au lieu de servir au financement de la Côte d’Ivoire moderne, allaient à un opérateur privé externe ! La Côte d’Ivoire ne se serait pas modernisée et serait à l’image d’un grand campement, propriété de cet opérateur immensément riche dans son pays.

La guerre du cacao et l’aveuglement idéologico-politique qui a présidé à la liquidation de la caistab nous conduisent tout droit vers ce que la Côte d’Ivoire a su éviter pendant 30 ans. La guerre du cacao avait pour objectif de faire main basse sur la manne qui arrosait la Côte d’Ivoire.

Cette guerre du cacao commencée en 1932 par le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY et remportée par lui en 1960 apermis au peuple de Côte d’Ivoire de se doter des moyens de son développement. Cela a aussi permis, à travers les bourses, à des élèves et étudiants de milieu modeste de poursuivre par le mérite leurs études et enfin à la Côte d'Ivoire de former des cadres sans distinction d'ethnie ni de milieu social. La crise qui a frappé la Côte d’Ivoire en1990 a été l’occasion rêvée pour les multinationales de reprendre l’offensive. À la faveur de la libéralisation du secteur en 1990, les grands négociants mondiaux du cacao sont autorisés à s’impliquer dans la commercialisation interne du cacao. En 1999, la Caistab est dissoute, les négociants remplacent la Caistab et s’emparent de la commercialisation interne et externe du cacao. Sur une production annuelle de 1 200 000 tonnes et sur un cours mondial variant entre 1000 et 2000 FCFA, la commercialisation du cacao produit 1000 à 2000 milliards de FCFA par an dont plus de la moitié est empochée par les négociants (ce qui revenait à la Caistab et permettait la modernisation du pays) et le reste distribué entre les paysans, les pisteurs et petits commerçants et l’État de Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ainsi dépouillée au profit des négociants. Leur dernier combat reste la main mise sur l’autre moitié de la manne financière en liquidant l’État (ce qui est fait) et en chassant les paysans de leur terre par un génocide programmé (en cours d’exécution) et en votant un nouveau code foncier rural pour faire main basse sur les plantations de cacao comme cela s’est déjà produit dans le secteur palmier, hévéa, banane et ananas. Le contrôle vertical total de la filière par les négociants reste l’objectif principal de la guerre du cacao.

En 20 ans de libéralisation, ce n’est pas moins de 20 000 milliards de FCFA qui se sont envolés des plantations au profit des négociants. Comparé au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparait clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique. L’ambition du Gouvernement AKE NGBO, était justement d’assurer le contrôle interne et externe de la commercialisation du cacao. Il est en prison pour crime économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR FINANCIER

Grand bénéficiaire des dettes, le secteur financier a obtenu un volume important de financement pour  les crédits à tous les secteurs de production dont l’agriculture et les infrastructures. M. Ouattara a annoncé la privatisation et /ou la liquidation des banques publiques dès son installation par les bombes françaises. Cette mesure était exigée de la Côte d’Ivoire depuis le programme d’ajustement du secteur financier (PASFI), lancé au début des années 1990 par le même Ouattara. Ce programme se traduira par une réduction de la présence des opérateurs nationaux dans le secteur, laissant la place largement aux banques françaises. La mesure a été reprise par les programmes de réforme des bailleurs de fonds qui se sont succédés. Le Président Gbagbo a toujours refusé de s’y soumettre. C’est cette obsession de la liquidation des banques nationales qui habite encore M. Ouattara, surtout après l’admirable résistance dont elles ont fait preuve en devenant le fer de lance d'une alternative au système françafricain face à la fermeture des banques pendant la crise postélectorale.

La privatisation ou la liquidation des banques publiques en côte d’Ivoire est plus qu’une erreur, c’est une faute grave. Le bradage des fruits des efforts déployés depuis plus de 10 ans pour sauver des banques publiques (BNI et BHCI) et privées qui étaient en difficulté (Versus Bank et BFA). Les banques françafricaines qui dominent le marché financier ont une double vocation : collecter et rapatrier des fonds en France et encourager la consommation des produits importés. Le crédit à la consommation domine le portefeuille de ces banques. Pour ces banques françafricaines, l’agriculture est considérée comme un secteur à risque tout comme les PME/PMI. Seul l’Etat peut prendre ce risque en innovant. C’est la raison fondamentale du choix de restructuration des banques par le pouvoir GBAGBO et le sauvetage des banques fermées pendant la période de crise par le Gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) pour asseoir une véritable indépendance financière en vue de relancer la machine économique à travers le financement de l’agriculture et des PME/PMI.

Il est étonnant que l’on puisse assister à un tel aveuglement idéologique aujourd’hui encore après que les Etats soient intervenus massivement et directement dans les banques aux USA et en Europe en 2008 dans le cadre de plans de sauvetage élaborés pour faire face à la crise financière sans précédent qui a éclaté du fait des comportements à risques et des excès des banques privées. Aujourd’hui même, il est proposé de créer en France une banque publique d’investissements pour soutenir les PME/PMI nécessaires à une dynamique de croissance. On ne peut pas comprendre la solution Ouattara, qu’en la replaçant dans le cadre de la récompense à ses parrains qui est sa mission première.

 

CONCLUSION

La dette apparaît donc, en dernière analyse, comme le fruit de la magie des accords de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France dans le cadre de la communauté franco-africaine. La France a prêté un bien mal acquis pris dans les poches de ses obligés. Les fruits des investissements de cette dette dans les secteurs clés de l’économie à savoir: l’énergie, les mines, les télécommunications, le cacao, l’agro industrie, les banques, etc. sont retournés par le jeu de la privatisation vers le prêteur principal et ses alliés. Le coût du cadeau se résume donc en une tornade ayant emporté tout sur son passage en expropriant économiquement et financièrement l’Etat de Côte d’Ivoire avec le retour de la politique de la main tendue. Le désir de souveraineté politique, économique, monétaire et financière incarné par Laurent GBAGBO et devant être mise en œuvre par le gouvernement AKE NGBO était donc jugé criminel pour les françafricains. La guerre contre la Côte d’ivoire avait pour but de mettre fin à ce désir et à dépouiller la Côte d’Ivoire de son moyen de résistance : sa souveraineté politique. L’expropriation de l’armée régulière au profit de « tirailleurs françafricains » par la France et l’ONUCI, la destruction des archives de l’Etat et de l’université pour faire oublier les années d’indépendance et réécrire une autre histoire et éditer d’autres documents, le mépris des prescriptions constitutionnelles, ont pour objectif la restauration de la françafrique et  la fin de cette souveraineté. Il ne faut donc pas chercher loin, le vrai « crime »  économique dont on accuse le Président GBAGBO et son gouvernement est donc le désir de mettre fin à 50 ans de biens mal acquis.

Il ne reste au peuple que la vie, la parole et la terre comme moyens de résistance mais aussi, les cibles actuelles de la barbarie des démocrates et républicains de l’âge de la pierre taillée qui dialoguent avec des amulettes, des gourdins et des armes pour faire taire les journaux et les libertés publiques, ôter la vie et exproprier des terres.

Tant que le système françafricain restera en l'état, la reconstitution de la dette sera pour bientôt, car dans les conditions actuelles, l’épargne est impossible à constituer et la mendicité financière est l’unique solution. Or une croissance dont les facteurs  sont essentiellement étrangers n’engendre des revenus que pour l’extérieur. Dans ce cas, la lutte contre la pauvreté se transformera en guerre contre les pauvres pour leur arracher la vie, la parole et la terre, seuls biens restants.

A la lumière de l’expérience ivoirienne, il apparaît clairement que l’aide coûte toujours plus cher que sa valeur monétaire. La quête de l’indépendance économique, financière et monétaire est criminalisée. Or, l’Afrique n’a  pas besoin d’aide mais plutôt de justice économique et, surtout, d’indépendance économique, financière et monétaire.

La question que nous sommes en droit de nous poser aujourd'hui, est de savoir s'il n'y a pas d'autres formes de partenariat avec la France qui puisse permettre une sortie de crise mutuelle puisqu’un seul pauvre en Afrique ou ailleurs est une opportunité de croissance en moins donc un emploi en moins en occident. La pauvreté de l’Afrique restreint donc la consommation et a un impact certain sur la croissance de l’occident.

Si le déficit de cadres dans les années 60 a justifié la dépendance économique, financière et monétaire formalisée par les accords qui fondent la françafrique, ces accords sont devenus une chaîne avec l’excès de cadres. L’étape actuelle et future de l’histoire de l’Afrique exige leur annulation pure et simple  pour libérer l’énergie créatrice du continent afin de stimuler la croissance mondiale et cela sans difficulté si, comme le pensait HOUPHOUET-BOIGNY « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». La minorité franco-africaine, regroupée en partie au sein du CAC 40, bénéficiaire de la Françafrique a donc choisi la guerre pour s’imposer à la majorité et sans résultat effectif pour cette majorité qui souffre encore du chômage et de la dette malgré les multiples guerres de pillage en Afrique et ailleurs.

Telle est la face économique hideuse de la guerre contre la Côte d’Ivoire et partant de la guerre de la minorité multinationale  contre le reste du monde.

Œuvrons ensemble pour construire l’unité  par la réconciliation inclusive et bâtir un espace de liberté, de sécurité et de justice consensuelles où la force des idées guide le choix du peuple et non la force des armes pour réaliser l’idéal promis à l’humanité : « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droit » (art. 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

            

DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur, Ponts et Chaussées

DG DU Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) 2000-2010

Administrateur de la Banque Nationale d’Investissement (BNI) 2000-2010

Administrateur de la CAPEC (Cellule d’Analyse des Politiques Economiques) 2000-2010

Membre du Comité de Privatisation 2000-2010

Ministre de l’Equipement et d’assainissement du Gouvernement AKE NGBO

Membre de la Coordination FPI en exil.


SourceABIDJAN DIRECT.NET

samedi, 08 septembre 2012

L’INITIATIVE PPTE: ENTRE ILLUSION ET ARNAQUE

 

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Dans les années 1980, les crises financières liées à l’impossibilité pour un nombre croissant d’Etats d’assurer le remboursement de leur dette se sont multipliées. Alors qu’au départ, les pays riches considèrent qu’il s’agit d’évènements ponctuels liés à une mauvaise gouvernance dans ces pays, à partir du sommet du G7 de Toronto de 1988, la dette est reconnue comme un problème structurel. Les États riches tentent alors d’organiser des rééchelonnements et quelques mesures d’allégements bien maigres pour les nombreux pays qui accumulent des arriérés de paiement et doivent rencontrer leurs créanciers de plus en plus souvent pour obtenir des délais de paiement. Ces mesures vont à chaque fois s’avérer insuffisantes et inadaptées, si bien que le problème de la dette demeure entier.

Même les quelques annonces fort médiatisées d’annulations qui ont eu lieu depuis 1990 sont bien décevantes. Des allégements ont été réservés aux alliés stratégiques des États-Unis ou des quatre autres grandes puissances (Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne). En 1996, face à l’ampleur prise par la crise de la dette, les grands argentiers du monde conçoivent une nouvelle initiative d’allégement, encore en vigueur, très médiatisée et non dénuée d’arrière-pensées : c’est l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés, en anglais HIPC pour Heavily Indebted Poor Countries).

L’initiative PPTE, lancée au sommet du G7 de Lyon en 1996 et renforcée à celui de Cologne en septembre 1999, est censée alléger la dette des pays pauvres et très endettés. Mais elle est mal née : elle ne résout rien. Elle ne concerne qu’un petit nombre de pays très pauvres (42 pays seulement, représentant 11% de la population des pays en développement) et son but se limite à rendre leur dette extérieure soutenable. Le FMI et la Banque mondiale essaient d’alléger la dette juste ce qu’il faut pour mettre fin aux arriérés et aux demandes de restructurations. Pas plus ! On verra qu’ils ne vont même pas y parvenir. Mais surtout ils profitent de cette initiative qui semble généreuse pour imposer un renforcement de l’ajustement structurel et de nouveaux prêts. Malgré une apparence de changement, la logique demeure.

Le mécanisme officiel

Pour bénéficier d’un allégement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE, les étapes sont nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long.

Tout d’abord, les pays susceptibles d’y prétendre doivent, selon le FMI, « avoir un degré d’endettement intolérable » et « établir des antécédents positifs dans la mise en œuvre de réformes et de bonnes politiques économiques au moyen de programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale ». Il s’agit d’un véritable parcours du combattant. Le pays concerné par cette initiative doit d’abord signer un accord avec le FMI afin de mener pendant une période de trois ans une politique économique approuvée par Washington. Cette politique s’appuie sur la rédaction d’un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document, assez long à rédiger, est intérimaire dans un premier temps. Il présente la situation économique du pays et doit préciser dans le détail la liste des privatisations, les mesures de dérégulation économique permettant de générer des ressources pour le remboursement de la dette d’une part, et comment d’autre part les fonds résultant de l’allégement seront utilisés, notamment pour lutter contre la pauvreté. On voit la contradiction. Officiellement, le DSRP doit être rédigé « selon un vaste processus participatif », en collaboration avec la société civile locale.

À l’issue de cette période de trois ans, le FMI et la Banque mondiale cherchent à savoir si la politique suivie par ce pays est suffisante pour lui permettre de rembourser sa dette. Le critère retenu pour déterminer une éventuelle insoutenabilité de la dette est le rapport entre la valeur actuelle de sa dette et le montant annuel de ses exportations. Si ce ratio est supérieur à 150 %, la dette est estimée insoutenable |1|. Dans ce cas, ce pays atteint le point de décision et est déclaré admissible à l’initiative PPTE.

Il bénéficie alors de premiers allégements (dits « intermédiaires »), portant uniquement sur le service de la dette pour la période couverte par l’accord avec le FMI.

Un pays ayant atteint favorablement le point de décision doit alors poursuivre l’application des politiques agréées par le FMI et rédiger un DSRP définitif. La durée de cette période varie entre un et trois ans, elle est déterminée par la rédaction du DSRP et la mise en œuvre satisfaisante des réformes-clés convenues avec le FMI. Ces réformes-clés correspondent en fait à un renforcement de l’ajustement structurel des années 1980 et 1990.

Puis arrive le point d’achèvement. Le pays bénéficie alors d’une annulation du stock de sa dette bilatérale selon les termes de Cologne : officiellement, 90% du stock de sa dette non-APD pré-date butoir, que l’on a bien souvent du mal à voir dans la pratique. Le poids du remboursement de la part multilatérale de sa dette est allégé, sans recourir à une annulation véritable, de façon à permettre au pays de revenir à une dette globale soutenable selon les critères du FMI.

À propos des prétendus allégements de la part multilatérale, un fonds appelé fonds fiduciaire PPTE (en anglais trust fund) a été créé. Il est géré par l’AID, une branche de la Banque mondiale. Les pays riches et les institutions multilatérales sont incités à contribuer à ce fonds. Les sommes récoltées sont placées sur les marchés financiers, contribuant ainsi au gonflement de la bulle spéculative. Les bénéfices perçus sont destinés à financer les allégements : les institutions multilatérales, qui ont décidé de ne rien annuler même si elles en ont les moyens, piochent dedans pour se rembourser. Ainsi, que le remboursement provienne du trust fund ou des PED (pays en développement), rien ne change pour le FMI et la Banque mondiale. Parler d’annulation dans ces conditions est un abus de langage, volontaire pour servir leur image de marque. Ne nous y trompons pas : il n’y a pas d’annulation de dette multilatérale.

Au total, les PPTE sont au nombre de 42, dont 34 pays d’Afrique subsaharienne (dont Madagascar), auxquels il convient d’ajouter 4 pays d’Amérique latine (le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, le Guyana), 3 pays d’Asie (le Laos, le Vietnam et Myanmar) et le Yémen. Mais ils ne seront pas tous bénéficiaires d’allégements. En effet, le Laos ne demande pas à profiter de cette initiative, parce que ses dirigeants jugent qu’elle apporte plus d’inconvénients que d’avantages. De plus, 4 pays sont arrivés au point de décision et ont eu une réponse négative : l’Angola, le Kenya, le Vietnam et le Yémen. Leur endettement est jugé soutenable, même si par exemple l’Angola, ravagé par 25 ans de guerre civile entretenue par les multinationales pétrolières, a dû affronter en 2002 une famine sans précédent sur son territoire... Enfin, les prévisions indiquent que trois autres pays ne sont pas en mesure de bénéficier de l’initiative (à cause d’un état de guerre ou d’un manque de coopération avec les pays riches) : le Liberia, le Soudan et la Somalie, ainsi sanctionnés parce qu’ils ne sont pas politiquement corrects. L’initiative PPTE concerne donc au mieux 34 pays.

Voilà pour l’aspect officiel. Mais on ne peut en rester là : tout cela mérite un bilan et de multiples observations pour comprendre ce qui se trame en coulisses.

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Les résultats de l’initiative PPTE

En novembre 2003, 27 pays avaient atteint le point de décision, et huit d’entre eux avaient atteint le point d’achèvement : l’Ouganda, la Bolivie, le Mozambique, la Tanzanie, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali et le Bénin.

Selon le FMI, qui fait dans la propagande, l’économie pour ces 27 pays atteint 40 milliards de dollars, sans préciser qu’ils en profiteront souvent par une réduction des remboursements sur plusieurs dizaines d’années, pendant lesquelles d’ailleurs la dette aura eu mille occasions de se reconstituer...

En ce qui concerne le fonds fiduciaire PPTE, le total des fonds promis par les États riches atteint 2 sur remboursements accordées par les institutions multilatérales. En règle générale, le FMI et la Banque mondiale sont très peu loquaces sur le contenu actuel de ce fonds et sur sa possibilité de financer effectivement tous les allégements promis. Mais ils admettent en coulisse que si les gouvernements ne tiennent pas leurs promesse, 6 milliards de dollars. Les contributions versées depuis 1996 s’élèvent pour l’instant à environ 1,6 milliards de dollars (une misère !). Le FMI y a contribué par la vente d’une partie de son stock d’or (pour 800 millions de dollars). Comme nous l’avons dit, ces sommes serviront à financer les remises, ils ne le pourront pas non plus.

Les limites de l’initiative PPTE

Primo, il ne s’agit pas de libérer le développement des PPTE, mais modestement de rendre leur dette soutenable. La différence est de taille : on va annuler juste ce qu’il faut pour faire payer les PED au maximum de leurs possibilités. En fait, on annule essentiellement les créances impayables. L’initiative PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de générosité. En 2001, soit cinq ans après le début de l’initiative, les 42 PPTE ont transféré des sommes colossales au Nord : le transfert net sur la dette a été négatif pour eux d’environ 320 millions de dollars.

Deuzio, outre la faiblesse des montants concernés, l’insuffisance de l’initiative PPTE porte aussi sur le nombre de pays bénéficiaires : il faut être très pauvre et très endetté pour pouvoir prétendre à de tels allégements. Ainsi le Nigeria est très endetté, mais comme il s’agit d’un pays producteur de pétrole, il n’est pas jugé assez pauvre. Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète, n’est pas jugé assez endetté pour être éligible. Et les pays où vivent la plupart des pauvres de la planète ne sont pas concernés : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, les Philippines, le Pakistan, etc. Comment espérer sortir de l’impasse financière actuelle où sont plongés tous les PED avec une telle initiative ? Et même pour les PPTE, les accords passés dissimulent de nouveaux prêts, qui vont faire repartir à la hausse le stock de la dette. La mécanique infernale est toujours enclenchée…

Surtout que les prévisions du FMI et de l’AID pour les pays endettés se sont révélées bien trop optimistes, c’est reconnu désormais au sein même de ces institutions. Les allégements, calculés sur une situation économique quasi-paradisiaque, sont donc insuffisants à un point tel que la dette de certains pays ne parviendra même pas à devenir soutenable à la fin de l’initiative. Le comble !

Même si toute réduction est théoriquement la bienvenue, c’est cher payer la mainmise totale du FMI sur l’économie de ces pays. Car le DSRP, qui doit être approuvé par le FMI, ne résiste pas à l’analyse : il est l’héritier des fameux plans d’ajustement structurel des 20 dernières années. Seul le nom a changé : « Stratégie de réduction da pauvreté », c’est beau, ça sonne social, mais c’est de l’ajustement structurel ! Un PAS revu, et même pas corrigé, sinon par quelques projets de lutte contre la pauvreté ciblés et souvent incompatibles avec les objectifs de croissance fixés. A tel point que le Laos a refusé d’y participer...

Le DSRP doit officiellement être rédigé en concertation avec la société civile. Dans la pratique, ce point relève souvent de la manipulation. Certaines organisations non-gouvernementales (ONG) du Sud sont inscrites parfois à leur insu aux différents ateliers conduisant à la rédaction du document. Elles sont souvent prévenues fort tard des réunions, ou reçoivent les documents au dernier moment. Elles ont rarement le temps de préparer efficacement les rencontres avec les représentants du gouvernement et des différents organismes qui ont de toute façon la majorité pour décider. Les ONG à l’extérieur de la capitale ne sont pas associées en général, on a même vu un ministre demander aux ONG de signer ce bon document qu’est le DSRP et de ne pas montrer de désaccord devant des étrangers pour ne pas nuire à la crédibilité du pays... Ainsi, au Burkina Faso, la participation de la société civile s’est limitée à une réunion de 90 minutes avec les « donateurs ». Certains gouvernements vont jusqu’à créer leur propre ONG pour faciliter les convergences avec la société civile. Processus participatif ? Poudre aux yeux...

Par ailleurs, les critères sélectionnés pour mesurer la soutenabilité de la dette ont deux particularités.

 Ils sont discutables : comment décider qu’un pays va ou non pouvoir bénéficier d’allégements pour réduire la pauvreté chez lui en étudiant juste un ratio ? 149 %, ah ! dommage, vous vous débrouillerez tout seul, mais on compatit...

 Ils sont complexes, sans doute à souhait, pour en discuter entre experts seulement, et pour que l’étroitesse de l’initiative ne saute pas aux yeux. Pas de chance pour eux, des militants d’associations comme le CADTM, qui dispose d’un réseau international, n’hésitent pas à mettre le nez dedans pour les dénoncer avec force. La CNUCED ou la Commission des droits de l’homme de l’ONU publient également des rapports très critiques sur cette initiative.

Le premier pays bénéficiaire a été l’Ouganda, allié des États-Unis dans la région des Grands Lacs, le levier géopolitique est dès lors bien clair. Les quelques sommes qui ont été libérées pour la vitrine sociale de l’initiative PPTE (à savoir la réduction de la pauvreté, par ailleurs décuplée par les autres mesures-clés) ont servi à l’Ouganda pour la gratuité de l’école primaire. Les taux de scolarisation ont bondi, mais la chute du cours du café, dont l’Ouganda est fortement dépendante, ont privé le pays de ressources équivalentes à celles libérées par l’initiative PPTE. Retour à la case départ donc…

Au niveau bilatéral, la question de l’additionnalité des sommes dégagées est cruciale. Il serait fâcheux que ces sommes soient prélevées sur d’autres aides octroyées aux PED. Pour le moment, il est permis d’être inquiet ! Le cas de la France est assez éclairant. Elle a mis en place le procédé de refinancement par don, via des contrats de désendettement-développement (C2D) : le PPTE rembourse ses échéances à la France qui reverse très vite la même somme sur une ligne spéciale à la banque centrale de ce pays. L’utilisation des sommes ainsi dégagées est décidée conjointement par le gouvernement du pays et l’ambassadeur de France, ce qui place une partie du budget de ce PPTE sous tutelle française ! Mais surtout, la somme reversée par la France est comptabilisée comme aide publique au développement, alors que cette APD n’a toujours pas été augmentée en conséquence. Donc cette non-annulation (car le lien n’est pas coupé entre créancier et débiteur) se fait au détriment de projets qui devaient être financés par l’APD. Si ce n’est pas de l’arnaque, cela y ressemble...

En fait, l’initiative PPTE sert avant tout à renforcer et à relégitimer les politiques d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le FMI. Le message délivré est en quelque sorte le suivant : « Si vous faites la politique que nous préconisons, vous n’aurez plus un endettement insoutenable. Mieux, nous vous prêterons de l’argent afin que vous puissiez mener les politiques que nous recommandons. » C’est un nouvel instrument de domination très habile, qui permet aux institutions de Bretton-Woods de se dégager de toute responsabilité dans la montée de l’endettement et de mettre de leur côté les gouvernements du Sud.

Voilà pourquoi de nombreux citoyens, surtout au Sud, pensent que l’initiative PPTE fait partie du problème, pas de la solution...

 

Notes

|1| Pour être complets, signalons que certains pays très pauvres sont particulièrement ouverts et ont un montant annuel d’exportations élevé. Malgré un surendettement important, leur dette pourrait être considérée comme soutenable selon le critère choisi. Pour élargir l’initiative à ces pays, on a ajouté un autre critère : pour les pays ayant un rapport exportations/PIB supérieur à 30 % et un rapport recettes budgétaires/PIB supérieur à 15 % (pour s’assurer que le niveau de recettes mobilisées est satisfaisant), le critère choisi pour l’insoutenabilité de la dette est un ratio valeur actuelle de la dette sur recettes budgétaires supérieur à 250 %. C’est ce critère qui a permis de déclarer éligibles à l’initiative PPTE des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Guyana.

 

Article publié sur le site malgache : www.gazetynety.org.

 

Damien Millet, le 2 décembre 2003.

jeudi, 19 avril 2012

PPTE COTE D’IVOIRE: LE POINT D’ACHEVEMENT ET APRES?

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Bref historique et enjeu du dossier PPTE-Côte d’Ivoire

 

Lancée en 1996, l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) aux yeux des partenaires au développement correspondait exactement aux besoins des pays comme la CI, pour lesquels les rééchelonnements successifs de la dette extérieure depuis le début des années 1980 et les Plans d’ajustement structurels (PAS) qui les accompagnaient n’ont pu régler la crise d’endettement. C’est pourquoi dès 1998 l’éligibilité du pays à ce programme est obtenue. Malheureusement la mauvaise gouvernance du régime Bédié (entre autres l’affaire des 18 Milliards de l’Union Européenne, les immenses dépenses engagées non ordonnancées (Denos), les exportateurs défaillants et des créances compromises ders exportateurs du café/cacao, etc., qui ont conduit à la rupture entre la Côte d’Ivoire et l’ensemble des bailleurs de fonds) et les effets du coup d’Etat de Guéi du 24  Décembre 1999 vont retarder l’atteinte du point de décision. Ce sont les réformes engagées par Laurent Gbagbo dès 2001 qui ont permis de renouer rapidement avec ces derniers de sorte que l’atteinte de ce point de décision serait intervenue fin 2002 au plus tard sans la tentative de coup d’Etat de septembre 2002. Toutefois, la stabilisation de la situation politique, la reprise rapide des réformes et la conclusion d’un nouvel accord avec les bailleurs de fonds à partir de 2007 (à travers un ambitieux programme post-conflit-EPCA1 et 2, l’apurement de tous les arriérés vis-à-vis des créanciers multilatéraux, et l’élaboration d’un DSRP original) ont permis l’atteinte effective du point de décision du PPTE en Mars 2009.

L’atteinte du point d’achèvement du PPTE qui était attendue au plus tard en 2011, a été reportée du fait de la crise postélectorale et de la guerre qui s’en est suivie. Le FMI et la Banque Mondiale envisagent de décider d’accorder le point d’achèvement en juin de cette année. Ce qui serait une très bonne chose. Le gouvernement Ouattara tout en omettant de mentionner les efforts qui ont été fait par l’équipe du Président Gbagbo pour faire progresser ce dossier, jubile sans retenu (Notez par exemple que les réponses aux différentes revendications sont reportées dans 3 mois) en oubliant que l’atteinte du point d’achèvement du PPTE ne signifie pas automatiquement la garantie du bénéfice immédiat des avantages qui lui sont attachés sans efforts. L’objet de cette réflexion est de rappeler les avantages attendus du PPTE et les conditions pour y arriver rapidement et pleinement. 

Les avantages attendus au point d’achèvement du PPTE et les conditions pour en bénéficier

Les avantages attendus au point d’achèvement du PPTE (au titre du PPTE et de l’IADM) sont les suivants: allègement de la dette à travers une baisse du service et une réduction du stock de la dette/ amélioration des ratios de la dette (stock de la dette sur PIB, exportations et revenu ; services de la dette sur exportations et revenu), grâce à l’annulation des intérêts et l’annulation partielle et la restructuration du stock. Amélioration de la solvabilité du pays et possibilités accrues d’accès à de nouveaux emprunts publics. Encouragement aux IDE, accélération des investissements en général et stimulation de la croissance pouvant se traduire par une forte réduction de la pauvreté. Ainsi, l’avantage direct attendu du point d’achèvement du PPTE c’est une accélération de l’allègement de la dette.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire l’allègement attendu est de 3 milliards de dollars US au titre du PPTE et de 2 milliards de dollars US au titre de l’IADM. Le total de l’allègement attendu est ainsi de 5 milliards de dollars US, environ  2 500 milliards de F CFA. La Côte d’Ivoire a déjà reçu près de la moitié de son allégement estimé au titre de l’Initiative PPTE à la faveur de rééchelonnements et d’opérations d’apurement des arriérés concessionnels passés, soit 1.5 milliards dollars US, ce qui ramène le gain attendu à seulement 3.5 milliards de dollars US, soit environs 1700 milliards de F.cfa. L’enjeu de ce programme est considérable autant pour la Côte d’Ivoire que pour les bailleurs de fonds (le montant de l’allègement est supérieur à tout ce qui a été payé par le FMI au titre du programme depuis son lancement et représente le 2ème montant le plus élevé après celui de la RDC, 12.3 milliards de dollars US).    

Si l’amélioration des ratios du stock de la dette est immédiate dans tous pays bénéficiaires du PPTE, la baisse du service de la dette extérieur n’est pas évidente. En réalité la baisse du service effectivement payé est très faible car les pays surendettés n’assurent en général que le service de la dette vis-à-vis des créanciers multilatéraux. Or, dès l’atteinte du point de décision c’est l’ensemble du service sur la dette non éligible qui est payé. C’est ainsi que le Mali par exemple devait, selon les estimations du FMI, rembourser 16,1 millions de dollars en 2010 pour 19,7 millions en 2000 et la Tanzanie ne verrait son service de la dette diminuer que de 7% dans le meilleur des cas. En Côte d’Ivoire le service de la dette extérieure augmente en 2012 du fait des paiements croissants aux créanciers bilatéraux et privés (62 milliards des 145.1 milliards d’échéances exigibles, soit 42.7%), qui n’étaient pas servis avant les accords récents sur la dette extérieure. De plus, le pays doit rester à jour de ces paiements sur la durée du programme.

Tous les scénarii esquissés par le FMI dans l’analyse de la soutenabilité de la dette ivoirienne prévoient une hausse des ratios du service de la dette, après la baisse initiale au point d’achèvement, jusqu’en 2017, et une autre hausse à partir 2021 après une brève baisse entre 2017 et 2021. Les obligations qui pèsent sur la dette extérieure conduisent souvent à un alourdissement de la dette intérieure, dont le service s’accroit fortement. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, selon les projections du ministère de l’économie et des finances le service de la dette intérieure, après une baisse significative en 2012 (en passant de 869.8 Mds de F.CFA à 421.7 Mds de F.CFA), reste compris entre 470 et 570 Mds de F.CFA jusqu’en 2016 et ne passe en dessous de 200 Mds de F.CFA qu’en 2017.

Les ressources attendues de l’allègement de la dette ne sont donc pas toutes disponibles immédiatement. L’effet des annulations du stock est immédiat pour tous les créanciers (y compris les créanciers multilatéraux avec l’IADM) à l’exception de la France, qui les intègre dans un programme désendettement/développement (C2D) d’une durée de 15 ans au moins. Celui de l’effacement des intérêts de la dette se fait aux échéances prévues. Ici aussi la France intègre ces éléments dans le C2D. Le mécanisme du C2D est la forme la plus achevée des entraves à l’utilisation des ressources du PPTE. En effet, ici le pays continue d’assurer le service de sa dette, que lui reverse la France sur un compte spécial conformément à une convention qui détermine les conditions d’utilisation des fonds. La lourdeur et les contraintes de ce mécanisme expliquent que de nombreux pays qui ont franchi le point d’achèvement depuis des années peinent à utiliser les ressources du C2D. C’est le cas du Mali, de la Mauritanie, du Cameroun. L'Etat du Cameroun par exemple a régulièrement remboursé puis s'est vu remis (selon le mécanisme du C2d), à échéance, une moyenne de 70 milliards de F.cfa par an. Mais, les tirages sur ces fonds, qui sont logés à la Banque centrale (Beac), sont souvent freinés pour des raisons de procédures. Dans tous les cas les pays bénéficiaires sont tenus de tenir une comptabilité séparée de l’utilisation de ces ressources en vue de garantir qu’elles servent avant tout à la réduction de la pauvreté. 

De fait, pour continuer à bénéficier des ressources PPTE le pays doit poursuivre ses efforts de réformes qui lui ont permis de franchir les différentes étapes du processus. Il doit s’assurer que le cadre macroéconomique est sein (notamment réformes des secteurs clé de l’économie, amélioration de l’environnement des affaires, bonne tenue du commerce extérieur et des comptes extérieurs en vue de bons résultats macroéconomiques), que les performances finances publiques sont bonnes, tout en conduisant une politique de lutte contre la pauvreté et de bonne gouvernance.

En ce qui concerne la Côte d’Ivoire, après le choc de la crise postélectorale, de la guerre et des tâtonnements des premiers gouvernements de Ouattara en 2011, des réformes importantes sont attendues : elles devraient porter entre autres sur la restauration et la consolidation des finances publiques (les régies financières dévastées par les exaction restent peu performantes), réformes du secteur cacao, la libéralisation ou la révision des prix des produits pétroliers et de l’électricité et la réforme du secteur énergie, la réforme du secteur bancaire et financier et la restructuration des banques publiques en vue du financement de l’économie (au lieu de la fuite en avant de la liquidation ou de la privatisation des banques publiques), la réhabilitation et le redéploiement de l’administration, la réhabilitation du secteur privé et la promotion de la compétitivité, etc..

Ces réformes ainsi que la mise en œuvre du DSRP sont indispensables à la Côte d’Ivoire. Comme elles sont inscrites dans les différents programmes signés avec les bailleurs de fonds, elles sont autant de conditionnalités à l’accès aux ressources du PPTE. A ce niveau, malgré la succession des communiqués d’autocélébration du gouvernement, la Côte d’Ivoire n’est pas bien avancée dans ces différents domaines. En particulier, une dégradation du cadre macroéconomique et les contreperformances des finances publiques peuvent éloigner une bonne partie des avantages attendus du PPTE. La Mauritanie, qui a franchi le point d’achèvement du PPTE en 2002, n’avait pas encore bénéficié de l’allègement au titre de l’IADM et de l’intégralité de l’allègement au titre du PPTE en 2007 du fait de la dégradation des résultats macroéconomiques et des finances publiques. Les problèmes de gouvernance qui apparaissent en Côte d’Ivoire (attribution de marchés publics par gré à gré ou des appels d’offre bidons, nominations complaisantes-sur des bases ethniques et partisanes- dans l’administration et les entreprises publiques, justice aux ordres, l’insécurité généralisée, etc.) ne sont pas faits pour faciliter l’accès aux ressources du PPTE.  

 A ces conditionnalités des bailleurs de fonds il convient d’ajouter des conditions internes (économiques et financières, mais aussi institutionnelles, administratives et sociopolitiques). La première condition économique du bénéfice effectif des ressources du PPTE c’est la croissance et les performances des régies financières. Les scénarii du FMI pour la soutenabilité de la dette de la Côte d’Ivoire prévoient un taux de croissance de 8.5% en 2012, de 5.7% en moyenne jusqu’en 2016, et de 5% en moyenne entre 2017-2031. Ils prévoient également des recettes publiques hors dons représentant 20.3% du PIB en 2016 et qui passent 22% en 2031. C’est sur la base des recettes attendues que les dépenses sont projetées à 23.9% du PIB en 2016 et à 25.3% du PIB en 2031. Mais bien plus, les annulations du stock et l’effacement des intérêts se faisant sous la forme de remises de dette, ils ne peuvent être effectifs que si le pays mobilise suffisamment de recettes propres pour les conserver et les utiliser. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, des recettes à plus de 20% du PIB c’est plus de 2000 milliards de F.CFA. L’état actuel des régies financières ne permet pas de garantir une telle performance. Je ne parle même pas des projections de croissance irréalistes qui sous-tendent les prévisions de recettes.  

Relativement à l’utilisation des ressources PPTE, leur suivi suppose l’élaboration et l’exécution de budgets-programme (CDMT) dans les secteurs ciblés pour la lutte contre la pauvreté, à savoir l’éducation, la santé, l’assainissement et l’eau, les infrastructures, l’agriculture, etc.. Les capacités administratives actuelles, suite à la dévastation de l’administration sur l’ensemble du territoire pendant la guerre et les recrutements complaisants, sur fond de Rattrapage ethnique, qui ont désorganisé complètement ce qui restait de notre administration, ne semblent pas être à même de conduire ce processus. Avec l’administration Gbagbo une première esquisse de CDMT avait été élaborée pour les secteurs de l’éducation et de la santé. Aujourd’hui on ne sait pas où on en est avec ce projet, d’autant que les premiers responsables de ces départements inspirent peu confiance. De même un rapport d’étape de l’exécution du DSRP avait été rédigé. Est-ce le ministère du plan tel qu’il est géré aujourd’hui peut-il poursuivre l’exercice? Plus globalement le suivi de l’utilisation des ressources PPTE suppose une production régulière et abondante de données statistiques. La Côte d’Ivoire, qui a du mal à conduire à son terme un projet de restauration des statistiques après la crise, peut-elle produire en quantité et en qualité les données requises pour suivre l’allocation optimale des ressources attendues du PPTE?

Le gouvernement Ouattara devrait plutôt s’employer à répondre à ces préoccupations légitimes au lieu de se complaire dans un triomphalisme béat, oubliant tout le travail à faire pour permettre un accès large et rapide aux ressources PPTE en vue d’en tirer le maximum d’avantages dans l’hypothèse du franchissement du point d’achèvement au deuxième trimestre 2012.

 

Jean Charles TIEMELE

Economiste Financier

mardi, 10 avril 2012

LE FMI COMMENCE A DOUTER - LA PLUIE DE MILLIARDS AJOURNEE


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Charles Diby et Doris Ross, chef de mission du FMI, ici à Abidjan le 14 mars dernier.

 

Alors que du côté d'Abidjan on laisse miroiter l'approche du point d'achèvement de l'initiative PPTE comme pour rassurer les marchés et les investisseurs, du côté de New York et du Fmi, le dossier ivoirien ne susciterait guère l'enthousiasme.

En effet, selon une indiscrétion émanant d'un proche collaborateur de Christine Lagarde, revenu en France pour le week-end Pascal et rencontré ce lundi, le FMI commencerait à revoir à la baisse ses prévisions de croissance et de confiance sur la Côte d'Ivoire.


A l'en croire les obstacles seraient de plus en plus nombreux notamment au niveau de la relance économique toujours attendue, de la non transparence de la gestion des fonds publics, de la sécurité et de l'attractivité du pays en matière d'investissement-confiance.


Christine Lagarde serait elle même, apprend-on, très préoccupée de la forte montée du chômage et de l'immigration en Côte d'Ivoire.


Rappelons que le FMI prévoyait à l'arrivée du président Ouattara au pouvoir une croissance autour de 8% en 2012, en Côte d'Ivoire, ce qui semble selon bon nombre d'observateurs quasi irréaliste à cette heure.



Mahoudi Innoncent, KOACI.COM Paris, copyright © koaci.com


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 14 décembre 2011

LES VRAIES RAISONS DE L'ASSASSINAT DU GUIDE LIBYEN MOUAMMAR KADHAFI



 

Le projet RASCOM 1 pour la couverture satellitaire de toute l'Afrique et le Fonds Monétaire Africain (42 milliards de dollar contre 25 milliards de dollar pour le grand FMI) devant booster le développement de notre continent, sont à la base de l'assassinat lâche du Guide libyen par l'OTAN et les puissances occidentales. Vidéo.


Que DIEU délivre l'Afrique!

samedi, 17 septembre 2011

COTE D'IVOIRE - PLUIES DE MILLIARDS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA SEME LE VENT


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Le régime de Ouattara s'est mis hier à rêver de pluies de milliards à la suite de la déclaration conjointe faite par le FMI et la Banque Mondiale qui ont séjourné pendant plus de deux semaines dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples en Côte d'Ivoire où la vie quotidienne éclaire  d'une réalité crue la conjoncture économique difficile dans laquelle vivent les abidjanais.


Les ouvriers de dame Kanaté avaient hier la mine des mauvais jours. Leur patronne devait en principe leur verser une partie de leurs dus. Lorsqu'elle a d'ailleurs affirmé, sous le coup de dix heures, qu'elle était à la banque, le petit groupe s'était senti requinqué. Dramane s'est alors emparé des derniers paquets de ciment qui étaient encore dans le magasin et s'est littéralement jeté sur le reste du sable pour faire des briques. Rien, se disait-il, ne pouvait alors contrarier son rêve d'empocher les 85.000 Fcfa qui doivent lui être payés. Mais à 13 heures, la patronne est revenue de ses courses matinales en affirmant que la banque avait des problèmes de connexion et qu'en conséquence, elle n'avait pas pu retirer de l'argent sur son compte. Les problèmes d'informatique, les pannes de guichet, des distributeurs d'ailleurs souvent non alimentés etc... A Abidjan, les gestionnaires de compte et les caissiers ont une panoplie de vocabulaire pour justifier un paiement qui ne viendra pas, parce que par principe, ici la vérité n'est jamais bonne à dire. Le sachant, le gouvernement joue   à fond la carte de la communication et se contente parfois d'expédients comme l'emprunt obligataire pour essayer de maintenir en haleine une population qui croit de moins en moins aux milliards qu'on lui a annoncés pendant la campagne électorale.

Avant-hier d'ailleurs, un sentiment de soulagement se lisait sur le visage du ministre de l'économie et des finances qui sort de deux semaines de réunions éprouvantes avec la délégation conjointe du FMI et de la Banque Mondiale. M. Diby avait de toute évidence besoin de ce type de déclaration diplomatique de clôture de Doris Ross pour être ensuite relayé par les communicants du gouvernement. Mais la joie risque d'être de courte durée. Car les promesses d'appuis budgétaires devront être entérinées en novembre par le conseil d'administration des deux banques. Le FMI et la Banque Mondiale ont refusé d'autoriser le principe des appuis budgétaires pour cette année. Les décaissements probables des 300 milliards devront ainsi attendre l'année prochaine et s'étendre sur trois ans, c'es-à-dire de 2012, 2013 et 2014. La presse quelque peu en retrait de l'euphorie des pro-Ouattara a insisté hier sur les conditionnalités, notamment la bonne tenue des élections législatives. Mais c'est surtout dans les non-dits de la déclaration qu'il faut situer les vrais enjeux du programme de facilité de crédit que le gouvernement négocie depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a même concédé que la promesse de 300 milliards était conditionnée par l'application d'un train de réformes que le communiqué se garde d'énumérer parce qu'elles ont un coût social lourd. Il s'agit notamment de l'augmentation du prix de l'énergie pour combler les pertes de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité qui a subi le pillage de ses installations et dont les infrastructures sont désuètes. Le gouvernement avait espéré avoir le temps nécessaire pour convaincre ses partenaires du privé, notamment jusqu'à la fin de 2012. Mais sur cette question, le régime a subi son premier gros revers puisque la discussion a entériné le principe des augmentations dès mars prochain dans une proportion  de 10% au départ pour se stabiliser à la fin à 19% comme le demandaient les deux bailleurs de fonds. Le gouvernement doit aussi débloquer les prix du carburant à la pompe pour laisser la vérité du marché s'imposer. Pour les transporteurs, c'est le principal acquis obtenu sous la présidence Gbagbo qui disparaîtrait ainsi.

Le gouvernement doit aussi accélérer la privatisation d'un certain nombre d'entreprises publiques comme il s'y est engagé depuis plusieurs mois et optimiser ses ressources internes. Sans elles, Alassane Ouattara ne pourra pas faire face au fonctionnement régulier de l'Etat comme actuellement où le gouvernement a choisi de prioriser les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour éviter d'entrer en conflit avec les populations. Quant aux autres partenaires, ils sont obligés d'attendre. Les tensions de trésorerie sont perceptibles et les fournisseurs de l'Etat s'en prennent à d'imaginaires agents véreux qui rendraient le versement de leurs dettes aléatoire. Le gouvernement annonce par ailleurs un niveau d'apurement de la dette intérieure que ne reconnait pas par exemple le patronat ivoirien et mise encore sur la peur des populations pour essayer de mieux s'installer.

Officiellement, la dissolution de la Centrale devrait permettre de disposer enfin des impôts du nord, plus de cinq mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les français après une série de bombardements de sa résidence. Mais à part le communiqué de dissolution, rien n'a encore changé dans les zones centre, nord et ouest du pays toujours aux mains des ex rebelles qui se préparent à aller aux législatives avec leur chef Guillaume Soro. Le FMI et la Banque Mondiale rechignent d'ailleurs à l'idée de voir l'armée du Premier  ministre grossir le nombre des fonctionnaires du pays. « L'incorporation post-crise à la solde de l'État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d'accroître une masse salariale déjà lourde », déplore la déclaration qui prend pour ainsi dire acte de la défense du gouvernement de faire des économies en réduisant les dépenses habituelles de l'Etat. C'est ce qui explique d'ailleurs la poursuite du recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat. Mais le gouvernement est sur des braises. Il ne peut mener l'ensemble des réformes, y compris celle de la filière café-cacao en si peu de temps. Il sait aussi que les législatives ne seront pas crédibles tant que l'opposition n'y sera pas. Bref, le gouvernement sait que ce genre de déclaration même venant du FMI et de la Banque Mondiale ne vaut pas grand-chose et ressemble aux promesses électorales. N'y croient alors que ceux veulent bien y croire.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 66 du samedi 17 septembre 2011.

mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

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Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

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Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

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Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

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Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

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L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA

mardi, 06 octobre 2009

L'AFRIQUE EST UN CONTINENT MARGINALISE

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L’Afrique possède d’énormes ressources. Elle a un potentiel d’énergies renouvelables, solaires, hydroélectriques, éoliennes, du pétrole,  du gaz, des  métaux divers, de l’uranium, du  bois,  du poisson, etc. Nonobstant cette énorme richesse, les indicateurs sociaux n’ont pas évolué positivement : les vingt derniers rangs (sur 177 pays) dans le classement de l’indice de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sont occupés par des pays d’Afrique subsaharienne.
Notre présent article n’a pas pour objectif de focaliser l’attention de nos lecteurs sur les indicateurs macroéconomiques de l’Afrique, il s’agit de dire ici avec humilité et franchise que notre continent est marginalisé dans tout, en dépit de ses fabuleuses ressources.

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lundi, 16 mars 2009

LE DOUBLE LANGAGE D'UN FMI DELEGITIME

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Lu sur SAOTI.OVER-BLOG.COM: Avec la crise internationale déclenchée à l'été 2008, tous les dogmes néolibéraux ont été battus en brèche et la supercherie qu'ils représentaient a été mise à jour. Ne pouvant nier leurs échecs, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) prétendent avoir abandonné les politiques néolibérales connues sous le nom de «consensus de Washington». Bien que discréditées, ces deux institutions profitent pourtant de la crise internationale pour revenir sur le devant de la scène.

Pendant des décennies, elles ont imposé aux forceps des mesures de déréglementation et des programmes d'ajustement structurel qui ont conduit immanquablement à l'impasse actuelle. C'est un réel fiasco pour la Banque mondiale et le FMI qui doivent maintenant répondre de leurs actes devant l'opinion publique mondiale.

De surcroît, leurs prévisions économiques ne sont pas fiables : en novembre 2008, le FMI pronostiquait une croissance mondiale à 2,2% pour 2009, avant de la revoir à la baisse à 0,5% en janvier, puis de l'estimer finalement négative en mars. En fait, ses experts défendent la cause des grands créanciers face aux citoyens dont les droits fondamentaux sont de moins en moins garantis.

Alors que la situation économique se détériore rapidement, les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise. Or c'est tout le contraire qui se passe. Les principes défendus par le FMI depuis les années 1980 et combattus par le CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde) depuis sa création sont toujours de mise. Les gouvernements qui signent un accord avec le FMI pour se voir prêter des fonds doivent appliquer toujours les mêmes recettes frelatées, qui aggravent la dégradation des conditions de vie des populations.

Sous la pression du FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn, plusieurs pays confrontés aux effets de la crise s’en sont pris aux revenus des salariés et des allocataires sociaux. La Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent. C’est ainsi que l'Ukraine a récemment jugé « inacceptables » les conditions imposées par le FMI, notamment le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement.

Il est temps de dénoncer le double langage du FMI et de Dominique Strauss-Kahn, qui, d’une part, demandent à la communauté internationale d’augmenter les efforts pour atteindre des objectifs de développement du millénaire déjà bien tièdes et, d’autre part, forcent les gouvernements ayant recours à ses services à baisser les salaires dans la fonction publique. Il s'agit là de l'exact opposé d'une vraie véritable politique destinée à faire face à la crise en défendant l'intérêt de ceux qui en sont victimes.

Pour répondre à la crise des années 1930, le président états-unien Franklin Roosevelt avait été amené par la mobilisation sociale à réduire le temps de travail tout en augmentant les salaires, les allocations sociales et les droits des travailleurs, notamment en garantissant le droit de syndicalisation. Avec le New Deal, Roosevelt avait mis en place une réforme fiscale qui augmentait les prélèvements sur le capital. Le «socialiste» Dominique Strauss-Kahn est bien loin d’avoir la carrure de Franklin Roosevelt et continue coûte que coûte à défendre l'intérêt des grands créanciers qui l'ont nommé à ce poste lucratif.

Le FMI démontre donc une fois de plus qu’il est un instrument docile au service de ceux-là mêmes qui ont provoqué la crise financière actuelle. Dans cette période de grande déstabilisation monétaire (comme les variations énormes de parité entre le dollar et l’euro depuis un an), le FMI se révèle incapable de proposer la mise en œuvre d’une taxe de type Tobin-Spahn qui réduirait les variations des cours de change en combattant la spéculation et qui permettrait de réunir enfin les fonds nécessaires pour éradiquer la pauvreté et libérer le développement. Pourtant depuis sa création en 1944, l’obligation de favoriser le plein emploi figure explicitement dans les missions du FMI qui agit donc en violation de ses propres statuts.

La crise financière et économique mondiale souligne la faillite de la déréglementation des marchés financiers et de l’abandon du contrôle sur les mouvements de capitaux, prônés par le FMI. Cela rend indispensable la recherche d'une nouvelle architecture internationale basée sur le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (1966) et sur la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement (1986). Mais une telle logique ne s'imposera pas sans inversion du rapport de force. Si, sous la poussée des mobilisations populaires, un nombre suffisant de gouvernements ne met pas en place une telle alternative, la Banque mondiale et le FMI seront en mesure de surmonter leur crise en mettant à profit la chute des prix des produits de base pour entraîner les pays exsangues vers une nouvelle dépendance envers leurs crédits, dont la substance visera davantage à sauver le système qu'à satisfaire des critères humains et écologiques.

Pour toutes ces raisons, la seule solution acceptable passe par l'abolition immédiate du FMI et de la Banque mondiale, et leur remplacement par des institutions radicalement différentes, centrées sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Par Damien Millet et Eric Toussaint le 10 mars 2009

12:19 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fmi, saoti, crise financière internationale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 16 septembre 2008

TROIS RAISONS FONDAMENTALES POUR DISSOUDRE LE FMI

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Par Cheikh Sidiya DIOP

Photo: Le FMI, la Banque Mondiale et la BAD faisant le point avec le Premier Ministre ivoirien, SORO Kigbafori Guillaume, lors d'une séance de travail qui a porté sur le financement de la sortie de crise et la gestion de la situation post-crise.

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements. Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ». Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel. Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes. Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés. En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée. Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d'intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace. L'économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l'impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.


Cheikh Sidiya DIOP
Analyste Auditor JJW France,
Doctorant ès Sciences Economiques
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
csdiop.audit@jjwhotels.com
Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr



23:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : fmi, banque mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |