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mardi, 02 février 2010

ISSA HAYATOU : UN MONARQUE QUI DOIT TIRER SA REVERENCE

                                                                                

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         L’édition 2010 de la Coupe d’Afrique des Nations a été le théâtre d’un drame qui a interloqué, ému et scandalisé la sphère mondiale du football et tous les Africains : le mitraillage, le 8 janvier, dans l'enclave de Cabinda, du cortège de la délégation de l’équipe nationale togolaise, faisant deux morts et des blessés graves.

         Quelques heures après le drame, Monsieur Issa Hayatou, accompagné de quelques membres de son staff, rencontre les joueurs et leur encadrement et prend acte de leur volonté de ne pas prendre part à la compétition. Bien que déplorant cette décision, le Président de la CAF dit la comprendre et promet ne prendre aucune sanction. Les choses auraient dû en rester là.

         Mais une nouvelle donne vient bouleverser le cours normal des choses. Dans la nuit du jour du drame, les joueurs émettent le désir d’entrer en compétition, en mémoire de leurs amis tombés sur le « front » de Cabinda. Le gouvernement togolais qui, entre temps a pris le poul de la situation, ne l’entend pas de cette oreille : il est responsable de la sécurité de ses concitoyens, où qu’ils soient. Il ordonne donc à son équipe nationale de rentrer. Ce qui est fait, suivi des obsèques nationales des membres décédés de la délégation.

         Il n’en fallait pas plus pour qu’Issa Hayatou et son comité directeur y voient une « ingérence du politique » de la part des autorités togolaises et fassent tomber le couperet sur la tête de l’équipe nationale togolaise, en application du fameux Article 78 du règlement de la CAF : suspendue pour les deux prochaines éditions de la CAN.

         Que ne furent alors l’étonnement et le désarroi du monde footballistique ! Comment comprendre cet Issa Hayatou dans sa logique très particulière à lui : D’abord, il ne présente aucune condoléance officielle au peuple togolais meurtri, ce qui est un manque d’éducation en Afrique, segundo, aucune délégation officielle n’est envoyée aux obsèques des morts de Cabinda, ce qui est encore pire, et tertio, il se prévaut d’une ingérence politique des autorités togolaises dans la compétition quand lui-même fait organiser une CAN dans un pays où perdure encore une crise politique : la rébellion armée cabindaise. Qui a introduit une dimension politique dans le jeu en organisant la CAN 2010 en Angola, comme s’est interrogée, à juste titre, une ivoirienne ?

         Et puis, comment dénier à un Etat souverain le droit et le devoir de décider pour la sécurité de ses concitoyens et le sanctionner par-dessus le marché pour cette décision sans paraître idiots et ridicules, comme le sont, en ce moment, Hayatou et sa clique de mafieux qui trônent en monarques absolus à la tête de la CAF, depuis plus d’une vingtaine d’années ?

         Comment se targuer de la volonté des joueurs de prendre part à la compétition pour sévir contre des autorités politiques, privant ces mêmes joueurs de compétitions africaines pendant quatre ans, sans être illogiques et incongrus ? A quoi servent alors les experts médicaux de la CAF ? La CAF ne pouvaient-elles pas, par elle-même (par ses spécialistes), voir et comprendre que les joueurs tenaient encore à compétir par sursaut d’orgueil et par solidarité d’avec leurs défunts amis et non par lucidité ou objectivité ? Etaient-ils psychologiquement dans les conditions pour entrer en compétition quand des médecins de l’encadrement, le gardien et certains autres membres sont sous bandages et sous le choc ? Voici la preuve que l’instance dirigeante de la CAF est constituée d’une bandes d’amateurs qui naviguent à vue et ne travaillent pas scientifiquement. Sinon, ils auraient parfaitement compris le bon sens, la responsabilité et la lucidité du gouvernement togolais et abondé dans son sens. Pas par émotion ou émotivité mais avec des éléments objectifs, produits par les psychologues du staff. Nous voulons pour preuve de la sagesse des autorités togolaises qu’à leur arrivée au Togo, trois des joueurs ont été internés pour assistance psychologique et médicale. Cela est trop élevé pour la compréhension du monarque Issa Hayatou !

         S’il a encore de la logique et de l’éducation, Issa Hayatou doit présenter ses excuses les plus plates au peuple togolais et à ses autorités ou démissionner. S’il n’obtempère pas, je propose, avec des milliers d’africains, que toutes les équipes nationales africaines se retirent des prochaines éditions auxquelles le Togo ne prendrait pas part. Et comme l’a dit un sélectionneur de la CAN, le Togo doit même être qualifié d’office pour réparer ce grave tort.

         Si Hayatou et son staff ne peuvent avoir cette hauteur, ils doivent donc tirer leur révérence. S’il le faut même, par une Assemblée Générale extraordinaire de toutes les fédérations africaines de football, qui doivent cesser d’être des lèche-bottes perpétuels. Asta la vista !

 

DINDE Fernand AGBO