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vendredi, 16 décembre 2011

DE LA LEGITIMITE EN QUESTION

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Les législatives ivoiriennes viennent de s'achever avec une abstention record qui ne devrait pas se situer en dessous des 80% (à moins de falsification de chiffres), aux dires de biens des observateurs du scrutin électoral, en mission dans diverses zones de la Côte d'Ivoire, sous le regard médusé de tous les soutiens d'Alassane Ouattara qui pariaient sur la popularité du chef de l'Etat ivoirien. Ce qui avait, un moment, justifié la guerre faite à Laurent Gbagbo, accusé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas reconnaître sa défaite électorale. Aujourd'hui prisonnier international élevé au rang d'icône africaine et même plus, Laurent Gbagbo, le grand absent se trouve être, malgré lui, l'indiscutable vainqueur de l'élection législative du 11 décembre 2011.

D'autres ont parlé, à juste titre, de « désert électoral », y compris France 24, qui ne peut être précisément soupçonnée de soutenir l'ex-président ivoirien, tant les bureaux de vote ont été évités et les urnes, éludées. Le mot d'ordre du FPI-CNRD est passé par là. Et les Ivoiriens qui se reconnaissent dans le combat du Président Laurent Gbagbo pour la démocratie, la souveraineté et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire, ont massivement répondu à l'appel. Y a-t-il démonstration de force plus éclatante ?

Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Avec le Président Laurent Gbagbo bombardé, renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral proprement scandaleux (un exemple hautement révélateur : seulement 5 sièges de députés pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges injustifiables pour Korhogo qui vaut à peine la moitié du poids électoral de Yopougon), une insécurité consternante, avec des FRCI - régulièrement coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une tolérance zéro du point de vue politique à l'égard des partis issus de La Majorité Présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés par les FRCI et les militants du RDR, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Quand donc la presse RHDP titre : « Le FPI absent, la violence aussi », à la fin des législatives, elle se trouve être très mal inspirée et peu objective. Elle oublie, par mauvaise foi, de relever que la campagne électorale de ces législatives a enregistré 5 morts et des blessés graves, ainsi que des scènes ubuesques de bastonnades entre alliés. Nous en aurions ri, s'il ne s'agissait pas de frères Ivoiriens dont la vie a été ainsi mise en danger.

Ainsi, à Grand-Lahou, une grenade offensive lancée par des hommes armés dans une réunion de campagne du PDCI, au domicile d'un militant, a fait plusieurs morts. Le domicile du colistier du candidat Mabri Touakeusse, à Man, à été mis à sac par des militants du RDR. Sans oublier, dans la même ville, les propos d'un tribalisme primaire d'un certain ministre de Ouattara. A Koumassi, la presse nous a rapporté que le ministre candidat du RDR, Cissé Bacongo, a pointé, menaçant, un pistolet contre un élément du cortège de son adversaire du PDCI-RDA, N'dohi Raymond, si ce n'est contre l'adversaire lui-même, selon certaines versions. On a frôlé le pire entre les deux camps. Tant l'animosité la plus basse a été de rigueur entre les deux « alliés » jusqu'à la dernière minute de la campagne. Des menaces et intimidations graves ont été dénoncées à Bouna par le MFA d'Anaky Kobena contre le Commandant Wattao. Le MFA, le RDR et les FN y étaient à couteaux tirés. A Yamoussoukro, des militants PDCI battant campagne se sont faits copieusement rosser par leurs alliés du RDR, avec de nombreux blessés. Le PDCI avait même promis porter plainte. Des dissensions de toutes sortes, des tensions et des attaques rangées ont été ainsi relevées, un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre Soro Guillaume avait, à ce propos, tapé sur la table en exigeant que les violences de la campagne cessent. Les violences de qui ? Les rédactions arrimées au RHDP l'ont même rapporté dans leurs différents organes. Y compris la promesse du ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, de faire mettre aux arrêts les FRCI coupables de violences électorales, et rappelant à l'ordre tous ses soldats. Alors, objectivement, de quelle violence du FPI parle-t-on ? A qui la violence colle-t-elle indécrottablement à la peau ? La réponse ne souffre d'aucune espèce d'ambiguïté : le RHDP, et particulièrement, le RDR.

En revanche, nous pouvons avancer sans risque de nous tromper, que c'est même l'absence du FPI-CNRD qui a sauvé les statistiques sanitaires et hospitalières de ce scrutin. Car c'est sur cette famille politique que se sont toujours exercées les violences du RDR, de la rébellion ivoirienne et des FRCI, depuis le 19 septembre 2002. Son poids politique impressionnant (dont il vient encore de donner la preuve et de faire usage) leur fait justement perdre toute sérénité, justifiant les dérives inacceptables commises contre ses membres et ses leaders. Sur la question, on ne peut tromper les Ivoiriens et faire du révisionnisme.

La participation à ce scrutin - le monde entier a pu le constater - est un flop retentissant. Et ceux qui clament leur majorité à tout bout de champ n'ont pas même réussi à faire sortir leurs propres militants - si propres militants il y a vraiment, dans les proportions dont ils se targuent depuis au moins une dizaine d'années ! Etayons notre pensée. Le collège électoral ivoirien compte 5,7 millions d'inscrits, avec 4,7 millions de votants à la présidentielle. Selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, a été élu avec 54,10% des voix, en tenant compte des abstentions et des bulletins nuls. Ce qui lui donne un bénéfice d'environ 2,5 millions de voix sur 4,6 millions de votants ayant effectivement exprimé leurs suffrages. Comment comprendre que malgré l'appel pressant lancé par lui sur les antennes de la RTI, depuis son lieu de vote de Cocody Lycée Sainte-Marie, « personne » ne soit sorti et qu'on ait enregistré la participation de moins de la moitié de ses propres électeurs - tous les partis du RHDP compris - à ce scrutin ?

Au moins, ses 54,10% d'électeurs effectifs devaient avoir voté pour son groupement politique le 11 décembre, si on considère que l'abstention de la présidentielle est partagée entre tous les partis politiques alors engagés dans la course au fauteuil présidentiel, chacun ayant ses abstenus, et que, ce faisant, celle des législatives ne peut pas en être si radicalement différente. Un écart même de 10 points du score du RHDP aux présidentielles, soit 44,10% de taux de participation, aurait pu être encore compréhensible même s'il est déjà énorme. Mais moins de 20% ? C'est une énigme, une curiosité à étudier. Relativement aux inscrits, notamment. Le message est, en réalité, très simple et on ne peut plus clair : c'est un désaveu cinglant des Ivoiriens. Qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir en place et ne cautionnent pas ses actions contre la réconciliation nationale à travers le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

Pour en venir à la légitimité, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko en a une définition bien singulière, lui qui a déclaré sur les antennes de France 24 : « Il n'y avait aucune agressivité, les gens ont voté librement, sans violence, c'est ça la légitimité ! ». Sacrément bien curieuse sémantique donnée à ce mot, Monsieur le Ministre ! En démocratie, la légitimité s'acquiert par l'aval du peuple et cette caution se traduit par le vote. Quel aval le peuple vous a-t-il donné dans cette élection, Monsieur le Ministre ? Aucun ! Plus de 80% d'Ivoiriens vous l'ont refusé. Cela s'appelle de l'illégitimité. Ces élections doivent donc être reprises. Le parlement à venir n'est pas représentatif des Ivoiriens et est donc dépouillé de toute légitimité. Mieux, avec ce score, le RHDP peut-il objectivement et mathématiquement avoir remporté les présidentielles de 2010 ? Nous laissons le soin à la sagacité de chacun d'y répondre.

Nous comprenons mieux pourquoi les ambassadeurs des Etats-Unis, Philip Carter 3, et de la France, Jean-Marc Simon, ont tant tenu à la participation de l'alliance FPI-CNRD ou de La Majorité Présidentielle (LMP). S'agissait-il pour eux de donner à la famille politique de Laurent Gbagbo un rôle d'accompagnateur pour parachever leurs cabales contre notre pays, depuis 2010 ? Le FPI-CNRD a eu la lucidité de ne pas mordre à l'appât. L'actualité brûlante lui donne raison. Il reste, indiscutablement, la première force politique de notre pays.

En outre, mon Dieu !, que de contorsions et de circonlocutions pour justifier la débâcle ! On aura tout entendu : « Il n'y avait plus d'enjeu », « les électeurs ne connaissaient pas le rôle d'un député », « les Ivoiriens ont été traumatisés par la crise postélectorale », « le vote leur a fait peur à cause de la présidentielle » et tutti quanti. Ce qui est vrai, c'est que ce score représente le véritable poids électoral de l'alliance Bédié-Ouattara. L'enjeu, il existait bel et bien : celui, pour Ouattara, de prouver qu'il a été porté à la présidence par la majorité des Ivoiriens et de se constituer une assemblée nationale représentative du peuple de Côte d'Ivoire. Il l'a lui-même dit : « Cette élection est essentielle » pour notre pays. Y a-t-il enjeu plus grand ?

Quant à l'argument de la connaissance du rôle des députés, c'est de la diversion. On vote les députés en Côte d'Ivoire depuis 1960. Les Ivoiriens savent bien de quoi il s'agit. A défaut, ils votent leur parti politique ou leur mentor, plus du tout le candidat. Et puis, tout compte fait, à quoi ont servi les pré-campagnes et la campagne électorale. Qu'ont-ils raconté aux populations pendant une semaine, ces candidats ? Au reste, à quoi sert l'éducation citoyenne financée par la CEI et les organisations internationales ? Les deux derniers arguments sont tout aussi fallacieux que les deux premiers. Le régime Ouattara ne clame-t-il pas à l'envi que la Côte d'Ivoire est « rassemblée » et que la réconciliation est « en marche » ? Qu'est-ce qui traumatise encore à ce point les électeurs du RHDP - abstraction naturellement faite de ceux de La Majorité Présidentielle ayant volontairement opté pour le boycott pur et simple d'un scrutin dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?

On peut ainsi voir la vacuité de l'argumentaire brandi par le régime Ouattara pour justifier sa banqueroute électorale. L'Histoire le retiendra : les Ivoiriens ne se reconnaissent pas dans les actions du nouveau pouvoir ivoirien et ont refusé de lui donner un blanc-seing lui permettant de continuer à s'enorgueillir, les brimer - avec en prime l'arrogance - et prospérer dans la justice des « vainqueurs ». Tous les acteurs politiques ivoiriens devraient en tirer toutes les conséquences.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

mercredi, 14 décembre 2011

OUATTARA EST-IL EN TRAIN DE COMMETTRE LES DERNIERES ERREURS QUI VONT LE COULER?


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Brève analyse des deux derniers événements majeurs en Côte d'Ivoire.



1. Le transfert du Président Gbagbo à La Haye: Encore une fois, je ne sais pas quelle mouche les a piqués pour envoyer le président à cet endroit. C'est une erreur dont la gravité se mesure à l'échelle d'une catastrophe ou détonation nucléaire, et ils paieront CASH pour l'avoir commise.

Au début, certains parmi vous n'avaient pas compris quand j'ai dit que c'était une grosse erreur, mais maintenant tout le monde comprend. Aucun avocat ne peut se réjouir d'un tel événement concernant son client, mais l'erreur est tellement grosse que les avocats du Président Gbagbo affichent ouvertement leur « satisfaction et joie » devant ce transfèrement et se préparent contre la CPI et son procureur.

Ce dossier met la Cour Pénale Internationale dans une très mauvaise posture et je demeure convaincu qu'elle cherchera à s'en débarrasser. Mais quoi qu'il arrive, je pense que le Président Gbagbo sortira grand vainqueur de cette affaire de la CPI et il en récolte déjà les dividendes, au lieu d'être à Korhogo en train de mourir à petit feu.

2. Les élections législatives: J'ai régulièrement entendu des médias américains dire ouvertement et sans ambages qu'on ne sait pas qui a gagné les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, contrairement à leur président Obama et le nain gangster de l'Elysée qui ont pris fait et cause pour Ouattara.

Les législatives d'hier devaient trancher cette question et l'ont tranchée de fort belle manière. Ouattara et la coalition rebelle appellent à voter, les représentants du Président Gbagbo disent aux Ivoiriens: « Ne votez pas, restez chez vous ». Tout était mis en place pour un « ultimate showdown » et une sorte de reprise de la présidentielle de Novembre 2010, pour voir qui est majoritaire en Côte d'Ivoire.

Chaque parti risquait gros en prenant une position ferme sur les législatives. Ouattara et sa coalition rebelle ont tenu à faire le scrutin. Le FPI aussi a risqué gros en maintenant son mot d'ordre de boycott, au risque d'être désavoué par les Ivoiriens et confirmer le RDR comme parti majoritaire. Hélas pour le RDR, le verdict des urnes fut sans appel ; les Ivoiriens, toutes régions confondues, ont suivi le FPI à au moins 80%. Et Gbagbo n'était même pas là, il n'est même pas intervenu. Dans ces conditions, comment ne pas reconnaître Gbagbo comme le seul véritable maître du jeu politique en Côte d'Ivoire? Qui peut et comment peut-on ignorer ces données? Comment Ouattara pourra-t-il continuer à mentir aux blancs qu'il est majoritaire en Côte d'Ivoire et que quelqu'un veut l'exclure?

Voilà deux événements ou Ouattara et la coalition rebelle ont joué et perdu, et tout le monde a été témoin. Si vous pensez que ça n'aura aucun impact sur l'ardeur des soutiens de Ouattara et des rebelles, en Côte d'Ivoire comme à l'extérieur de la Côte d'Ivoire, c'est que vous ne savez pas lire les événements politiques.

Comment Choï et Ban Ki Moon vont-ils expliquer avoir utilisé les ressources de l'ONU, sans mandat, pour faire la guerre à un Etat souverain afin d'imposer un homme qui ne peut même pas obtenir plus de 20% de taux de participation dans des élections qu'il a lui même organisées?

Ceci est un grand revers pour Ouattara et s'il commet encore quelques gaffes pareilles, ce sera juste une question de temps avant que ses propres gaffes l'emportent.

Les avocats du Président Gbagbo ont suivi avec intérêt et une attention TOUTE PARTICULIERE les législatives du 11 décembre et attendez-vous à ce que ce soit mentionné dans les débats ou documents, à La Haye.

Ouattara est en train de creuser sa propre tombe, lentement mais sûrement.


Source : Facebook Maître Namory Fatogoma Dosso.

vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


MAISON DES DEPUTES A YAMOUSSOUKRO.jpg

Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.

mardi, 22 novembre 2011

GEL DES AVOIRS DE PLUS DE 400 PERSONNES: OUATTARA VEUT TUER DES MILLIERS D'IVOIRIENS



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Le pouvoir Ouattara a gelé depuis plus de 8 mois, les comptes et autres avoirs de plusieurs centaines de personnalités et/ou anonymes ivoiriens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Tant la procédure au départ relevant d'un acte judiciaire s'est avéré être une action hautement politique pour tout simplement «nuire».

 

Officiellement, ce sont environ 400 personnes qui ont vu leurs comptes gelés, avec ou sans motifs valables. Le mot de passe étant pour «nécessité d'enquête» ou pour son «implication dans la crise post-électorale». Mais aujourd'hui, il est quasiment impossible de justifier ce moyen d'asphyxie extrême utilisé par le régime et qui touche plusieurs personnalités et même des anonymes. Lesquelles conséquences sont dramatiques pour des milliers de familles et des dizaines de milliers d'Ivoiriens. Depuis quelques semaines donc, les victimes de cette mesure injuste se sont organisées pour former le Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d'Ivoire (Cdag-Ci), présidé par le Dr Adja Jules. Hier, le Collectif a saisi officiellement le Fpi/Cnrd, à qui il a confié le dossier de ses centaines d'Ivoiriens privés du fruit de leurs labeurs. «En plus du caractère illégal de cet abus qui procède de la justice des vainqueurs, cette mesure est d'une telle gravité morale qu'elle contraint, depuis plusieurs mois, d'honnête citoyens à l'incapacité d'assumer leurs responsabilités sociales des plus élémentaires », a fait savoir le président du Collectif.

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Un véritable crime contre l'humanité

Pour sa part, Jean Gervais Tchéidé, représentant du SG du Fpi, a réaffirmé l'engagement du Fpi/Cnrd aux côtés des victimes. «La situation qui vous est faite est injuste et scandaleuse. Il s'agit d'un vrai scandale...Un pouvoir sous un vernis judiciaire entreprend d'asphyxier et de réduire à la clochardisation d'honnêtes citoyens. C'est un véritable crime contre l'humanité que de réduire des êtres humains à la mendicité et de créer les conditions pour qu'ils meurent», a déploré le Secrétaire national aux Finances et au patrimoine du Fpi. Il n'appartient pas à un pouvoir quelle que soit son origine ou son essence de persécuter un citoyen au point de lui arracher le fruit de ses labeurs, s'est-il offusqué. «Il y a ceux qui veulent gouverner et ceux qui veulent régner», a-t-il déduit. Pour le Dr Tousséa, Sg du Cnrd, cet acte de gel des avoirs de plusieurs centaines d'Ivoiriens est un acte criminel qui ne s'est jamais vu dans aucun autre pays au monde.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 368 du 17 novembre 2011.

vendredi, 18 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: NE PAS SERVIR DE FAIRE-VALOIR

 

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Il y a des moments de la vie où il est capital de rester logique envers soi-même pour ne pas finir ridicule. Tel est la situation actuelle de La Majorité Présidentielle (LMP). Et peut-être aussi celle d'une partie des acteurs politiques du camp Gbagbo dont certains sont, aujourd'hui, fondateurs d'un nouveau parti politique et d'autres ont tourné casaque pour faire allégeance à leurs bourreaux voire épouser leurs lignes idéologiques.

Devant l'Histoire, il y a bien souvent des responsabilités à prendre et à assumer. Quand on n'est pas d'accord, on dit non. Et cela, le FPI-CNRD l'a compris et nous le saluons. Tous se targuent aujourd'hui de vouloir une « nouvelle Côte d'Ivoire ». A la bonne heure ! Mais la bâtit-on alors en laissant prospérer le mensonge et l'hypocrisie, en portant des œillères et en laissant fouler au pied le droit et la réglementation ? Au nom de quoi ? Pour quel intérêt ? Nous voulons bien comprendre ceux, anciennement opposés à Ouattara, qui se précipitent aux législatives ivoiriennes du 11 décembre, en ayant toujours la menace à la bouche et en foulant au pied leurs propres principes.

Le professeur Mamadou Koulibaly, président récemment élu de LIDER au premier congrès dudit parti à la Bourse du Travail à Treichville, le samedi 12 novembre dernier, homme que nous avions hissé haut dans notre estime et que nous continuons de respecter pour sa ligne de pensée et sa grande indépendance malgré ses sorties équivoques de ces derniers mois, devra nous y éclairer. Lui qui dénonce une suite de « violations » de la loi fondamentale et cloue au pilori Alassane Ouattara, en ces termes : « Il nomme tout seul et de façon illégale les membres du Conseil constitutionnel...Il réorganise tout seul et de façon illégale la Commission électorale indépendante...Il dissout de façon illégale l'Assemblée nationale et suspend les activités et salaires des députés et du personnel...Cette longue suite de violations de son serment dans le silence complet de la Communauté internationale nous amène à penser que celle-ci est peut-être là, plus pour soutenir un homme, que pour soutenir les principes de l'état de droit et de la démocratie en Côte d'Ivoire ».

Lui qui a, en outre, fait savoir que nonobstant le fait que LIDER ait proposé des candidats aux législatives, « si les conditions sécuritaires ne sont pas réunies, s'il y a des actes d'intimidation sur nos militants et nos candidats, LIDER n'ira pas aux élections ». Après avoir entendu de tels propos, qui ne souffrent d'aucune obscurité, nous sommes en droit de lui demander : « Président Koulibaly, diantre, que faites-vous dans ces législatives ? ».

Oui, que fait ce brillant monsieur dans cette comédie éhontée, ce simulacre de démocratie, cette mascarade électorale, dont le but, il est clair, est de légitimer un pouvoir - qui en manque désespérément - installé à coup de « bombes humanitaires et démocratiques » par la communauté internationale, à l'image de ce que nous avons vu faire en Libye dans le mutisme le plus mortifiant des intellectuels et des chefs d'Etat africains. Le dire n'est pas de la délation. Ce sont des faits récents de notre tout aussi récente histoire que nul n'a le droit de travestir.

Parlant de la Commission électorale indépendante (CEI), régie par des textes clairs comme cela est de rigueur dans toute République respectable, il est à noter qu'elle est frappée d'un déséquilibre scandaleux qui ne devrait autoriser aucun démocrate digne de ce nom à prendre part à ces législatives. Elle a une coloration à 100% RHDP. 31 postes représentatifs, tous acquis à Ouattara. Ou presque. Là où l'on devait enregistrer 15 postes pour l'opposition, 15 autres pour l'alliance politique au pouvoir et 1 représentant du chef de l'Etat. De tout ceci, rien du tout, dans la CEI version Ouattara. A moins qu'une participation à l'élection législative soit considérée comme une fin en soi par certains, nous ne comprenons pas la fièvre qui est la leur, en ce moment, devant une entorse aussi odieuse au minima de confiance exigible pour des élections transparentes, équitables, justes et ouvertes à tous.

Quant à la sécurité, peut-elle être garantie par des FRCI appuyés de supplétifs « Dozo » qui sèment jusqu'à ce jour, la terreur dans nos villes, villages et campements, tandis qu'aucun des ex-FDS - abusivement accusés d'être des pro-Gbagbo parce qu'ayant eu pour devise de défendre les institutions de la République - n'est autorisé à porter des armes ? La question sécuritaire en Côte d'Ivoire n'est pas une vue de l'esprit. Plusieurs chancelleries occidentales en Côte d'Ivoire en ont récemment pris ombrage et rencontré, à cet effet, le chef de l'Etat qui ne s'en est d'ailleurs pas caché, quelque peu impuissant devant une situation qu'il a lui-même contribué à pourrir, par sa prise de pouvoir violente.

Si LIDER n'a certainement rien à craindre - son mentor Mamadou Koulibaly n'ayant jamais été inquiété dans cette crise et bénéficiant d'un capital confiance auprès de Ouattara - ce n'est sûrement pas le cas des leaders et des militants de La Majorité Présidentielle, combattus sans ménagement et traqués par le pouvoir RHDP, depuis avril 2011. Quelques élargissements sélectifs de prisonniers politiques n'y changeront rien, fondamentalement. Bien malin alors qui pourrait parier sur leur sécurité dans cette élection législative, dans les hameaux les plus reculés, notamment dans les poudrières de l'Ouest et du Nord, quand on se remémore la présidentielle de 2010 et ses graves dérives. Le président Mamadou Koulibaly ne se défend-il pas d'être un protagoniste de la crise postélectorale ivoirienne ? N'a-t-il pas, en conférence de presse, expliqué qu'il se sentait « à l'aise » pour afficher certaines positions et asséner certaines vérités ? « Je ne me sens pas belligérant parce qu'aussi bien avant la crise que pendant la crise, j'ai parlé aux belligérants. Je leur ai dit que la voie qu'ils empruntaient était suicidaire et que s'ils y allaient par la force, ils auraient à assumer les conséquences profondes, durables et générales. Je n'ai pas été entendu par les deux camps », a-t-il affirmé. Mamadou Koulibaly peut donc aller aux législatives, serein. Il n'a rien à craindre pour sa vie et pour celle des membres de son tout nouveau parti. Il n'est pas responsable de la crise ivoirienne. Ce lourd manteau n'est pas le sien. Soit ! Mais a-t-il au moins, par humanisme, pensé à ses ex-camarades militants du FPI-CNRD ? La solidarité ne peut être de mise. Bifurcation idéologique et politique oblige. A la guerre comme à la guerre !

Dernier fait à relever : La Majorité Présidentielle compte encore de nombreux prisonniers dans les goulags du Nord et bien de responsables en exil, qui auraient dû être des candidats à cette législative de décembre, censée être ouverte à tous. Poker menteur ! La démocratie version Ouattara ne peut s'en accommoder. On les préfère là où ils sont : dans les liens de la captivité et hors du pays. Au moins jusqu'à la fin de législatives floues et biaisées d'avance pour contribuer au formatage et à la reconfiguration de la Côte d'Ivoire et de son corpus juridique et constitutionnel. Ce projet, le pouvoir RHDP devra l'assumer seul. Sans coup de pouce de la part des pro-Gbagbo et de tous les Ivoiriens lucides qui comprennent le véritable enjeu de cette course au parlement.

D'ailleurs, le RDR affiche déjà clairement ses ambitions en constituant avec les ex-Forces nouvelles un bloc contre le PDCI, qui n'a pas manqué de pousser des cris orfraies et de donner l'alerte, par presse interposée. En vain. « Les élections législatives qui arrivent à grands pas auront eu raison de toutes les professions de foi quant à la solidité à toute épreuve du RHDP. A l'heure du choix des candidats, le consensus tant chanté par les hérauts de l'alliance des Houphouétistes, s'est effrité comme château de cartes. Ainsi, dans presque toutes les circonscriptions électorales de la Côte d'Ivoire, les deux poids lourds du RHDP s'affrontent », rapporte, amer, le quotidien du PDCI-RDA, Le Nouveau Réveil, dans son édition du vendredi 11 Novembre 2011. Le RDR veut cet hémicycle pour lui. Majoritairement. Absent qu'il y a été pendant près de deux décennies. Quitte à faire des crocs-en-jambes à des alliés. Bien des partis de ce groupement houphouétiste vont y laisser des plumes. En grand nombre. Nous espérons qu'ils nous épargnerons de leurs vociférations quand ils auront été floués par la technologie électorale ouattaradienne.

En ce qui concerne le FPI-CNRD, il a encore la possibilité de participer activement et significativement à la vie politique ivoirienne, tout en étant absent aux législatives. Précisons notre pensée : nous sommes en démocratie (ou censés l'être). Et en la matière, l'abstention est une expression citoyenne. Tous les Ivoiriens qui ont donné 52% de voix au Président Gbagbo, selon le Conseil Constitutionnel - avant qu'il ne se dédise honteusement - devraient s'abstenir de voter. Pour qui que ce soit, fut-il candidat indépendant FPI-CNRD. Ce serait leur protestation contre le maintien en prison de la figure de proue de la politique ivoirienne qu'est Laurent Gbagbo et de tous les autres captifs du pouvoir RHDP. Logiquement, ils devraient s'en tirer avec au moins 52% de taux d'abstention, démontrant ainsi leur majorité, si le scénario rocambolesque de l'Hôtel du Golfe n'était pas reproduit. On était passé, on s'en souvient, de 70% de taux de participation (dixit Amadou Soumahoro, actuel secrétaire général par intérim du RDR, alors vice-président de la CEI, sur le plateau de 20h de la RTI, à la clôture du scrutin du 28 novembre 2010) à 81%, quatre jours plus tard, à la proclamation de Youssouf Bakayoko, président de la CEI, devant les micros des chaînes étrangères.

D'ici là, que la sérénité soit le partage de tous les cœurs. La démocratie est un jeu. Il faut savoir gagner, il faut aussi savoir être bon perdant. Et surtout, savoir s'arrêter quand les responsabilités de l'Histoire l'exigent. On ne devra jamais dire que les proches du socialiste Laurent Gbagbo ont vendu la Côte d'Ivoire quand il croupissait sous les chaînes de Ouattara.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 368 du jeudi 17 novembre 2011.

vendredi, 04 novembre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: ALASSANE OUATTARA ET LA CEI N'ONT PAS JOUE FRANC JEU



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Nous avions espéré que la « République des vainqueurs » tiennent enfin compte des récriminations amplement justifiées du CNRD (Congrès national de la Résistance et pour la Démocratie) pour - à défaut d'y accéder entièrement - leur donner une suite acceptable, de sorte à permettre à tout le microcosme politique ivoirien de se retrouver au complet sur la scène des législatives pour un pugilat loyal et fraternel. Notre attente aura été plus que déçue. Dans la mesure où ni Alassane Ouattara ni la CEI n'a joué franc jeu, pour nous permettre d'y parvenir. Réduisant, finalement, la participation au forceps du parti du président Mamadou Koulibaly, LIDER, à un rôle de faire-valoir pathétique qui n'aurait jamais dû être. De quoi s'agit-il ?

Le mercredi 26 octobre dernier, date butoir initial de dépôt des dossiers de candidatures pour les législatives, la CEI, par la voix de son porte-parole Bamba Yacouba, sur une prétendue requête du gouvernement, de candidats et de partis politiques - tous, du reste, entièrement RHDP - a concédé une prorogation de cinq jours supplémentaires pour permettre aux futurs parlementaires 2011 de déposer leurs candidatures. A la vérité, c'était « une passe » au RDR et au PDCI dont aucun des candidats n'avaient, il faut le souligner, déposé de candidatures à la date indiquée.

On peut donc donner suite aux revendications d'un parti ou d'une alliance sans que le ciel ne nous tombe dessus ? Pourquoi donc a-t-on fait la sourde oreille quant à celles du FPI-CNRD ? L'on se souvient encore que la direction du Front populaire ivoirien (FPI) avait affiché sa ferme volonté de prendre part à l'élection législative de décembre mais avait insisté sur le fait que ce ne serait pas à n'importe quel prix ni à n'importe quelles conditions.

Ainsi, son comité central, réuni en session extraordinaire, le 3 septembre 2011 avait décliné un certain nombre de préoccupations majeures du parti à négocier avec les nouvelles autorités ivoiriennes, en vue d'une participation effective du FPI-CNRD aux législatives. Elles se présentaient comme suit : La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les autres détenus civils et militaires ; le retour de tous les exilés et les déplacés ; l'arrêt de toutes les procédures judiciaires ; le dégel des avoirs des personnalités du FPI-CNRD ; la sécurité des personnes et des biens et, surtout, la sécurité du processus électoral ; la composition de la CEI ; la révision de la liste électorale ; le découpage des circonscriptions électorales et la détermination des sièges...

Dans ce cadre, un mémorandum contenant toutes ces revendications avait été remis à Alassane Ouattara, le 29 septembre 2011, au cours d'une audience accordée au FPI-CNRD.

Le gouvernement s'était alors engagé à y donner suite. Rassurée de l'amorce des discussions, la direction du FPI avait, le 21 octobre dernier, dans un communiqué de son secrétaire général et porte-parole Laurent Akoun, demandé à ses élus, à ses cadres et aux candidats potentiels du parti de « demeurer sereins en se gardant de poser des actes de nature à perturber les militants et les électeurs ».

A la date de clôture du dépôt des candidatures pour les législatives, le pouvoir RHDP était encore à tergiverser. Aucune avancée n'avait été enregistrée ni n'était en vue. Jouant certainement sur les leçons tirées par le FPI du boycott actif du Front républicain, en 2000, et de la défection du RDR, en 2005, d'où les deux partis étaient sortis largement perdants, le pouvoir Ouattara se livrait à un chassé-croisé et à une véritable course sous haute pression chrono (date butoir du 31 octobre oblige), à l'issue desquels le FPI devait capituler et aller s'afficher en « Reine Elisabeth » à des élections déséquilibrées d'avance, organisées dans des conditions sécuritaires exécrables, identiques à celle de la Présidentielle de 2010, si ce n'est pire. L'heure butoir de dépôt était même passée, sous la férule de la Commission centrale de la CEI, de 17 heures à minuit, pour parachever le travail d'écartèlement d'une opposition difficile à manœuvrer dont la participation était attendue des observateurs internationaux de la vie politique ivoirienne, des bailleurs de fonds et des investisseurs, et sur laquelle Alassane Ouattara jouait sa propre crédibilité.

Car il ne faut pas se voiler la face, le pouvoir Ouattara avait plus besoin de ce précieux sésame qu'est la participation du FPI-CNRD aux législatives que cette alliance politique elle-même, pour apparaître comme démocrate aux yeux du monde, surtout après la remontée de bretelles des Etats-Unis sur une véritable représentativité du nouveau parlement ivoirien et après les consignes fermes de l'Elysée à son poulain lors de sa dernière visite (avec les voyages devenus quasi mensuels du chef de l'Etat ivoirien) dans l'Hexagone, chez Sarkozy, qui ne veut pas se faire accuser d'avoir instauré une dictature en Côte d'Ivoire et contribué au retour, après 20 années de démocratie, du parti unique sur la terre ivoirienne. Une telle image, doublée de celle du « génocide humanitaire et démocratique » en Libye, serait désastreuse pour la période de campagne présidentielle qui s'annonce, bientôt, en France.

Dans le même temps, Ouattara était soucieux de ne pas faire piètre figure devant le parti de Laurent Gbagbo, en se « défroquant » sous ses exigences et en dévoilant sa dépendance vis-à-vis de lui, ne serait-ce que pour son image internationale. Il ne fallait donc pas trop lâcher de leste ni trop verrouiller l'issue du dialogue, en se montrant inaccessible.

La participation de LIDER, le parti du président Mamadou Koulibaly, n'est en réalité qu'un trompe-l'œil. Même si elle vaut son pesant d'or démocratique pour le camp Ouattara et pour ce nouveau parti d'opposition - qui est tout à fait dans son droit -, au regard de la composition de la CEI et des conditions de sécurité sur toute l'étendue du territoire national, elle ne pourra que servir de nantissement à l'émergence d'un dialogue politique à sens unique, en Côte d'Ivoire. LIDER ne pourra s'en tirer qu'avec la part congrue des postes électifs. Peut-être est-ce là sa seule ambition, pour l'heure. Suffisant, en tout cas, pour Ouattara pour s'autoproclamer démocrate. Ce qui est loin de la réalité.

C'est dans cette quête de légitimité et de crédibilité qu'Alassane Ouattara et le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, se sont inscrits quand ils encourageaient, le lundi 31 octobre (le jour de la clôture du dépôt des dossiers de candidatures), à Abidjan, le FPI à participer aux élections législatives du 11 décembre 2011 : « Nous sommes convenus qu'il serait bon que le FPI participe à cette compétition, car c'est la démocratie, et un parlement où les grands partis seraient représentés serait une bonne chose », ont-ils déclaré à l'issue d'un entretien qui avait pour objet la situation politique du pays et, notamment, les prochaines élections des députés à l'Assemblée nationale. « Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont demandé à l'opposition politique réunie au sein du CNRD de participer au scrutin législatif fixé au 11 décembre prochain », selon l'AIP (Agence ivoirienne de presse), le 1er novembre dernier.

« Alassane Ouattara a dit ses regrets, ce dimanche (30 octobre 2011, ndlr), de la non participation plus que probable du Front populaire ivoirien, le parti de l'ancien chef de l'Etat (Laurent Gbagbo), aux élections législatives du 11 décembre prochain, mais assure ''ne pas désespérer de voir cette formation revoir sa position en dernière minute''. ''Je ne peux que le regretter. Nous avons fait tous les efforts, essayé de répondre à certaines des préoccupations du FPI. Je pense que le délai (de dépôt des candidatures), c'est demain (lundi) soir. Je ne désespère pas. Peut-être que nous aurons de bonnes surprises'', a déclaré Monsieur Ouattara, lors d'une conférence de presse, à l'aéroport d'Abidjan, peu après son retour de Paris », nous rapportait déjà l'AIP, le 31 octobre.

De tout ceci, nous faisons une seule lecture : Que le pouvoir RHDP n'ait pas honte de le reconnaître : il a besoin de son opposition significative pour être crédible. Que les législatives soient donc purement et simplement reportées pour permettre à toute la Côte d'Ivoire de se retrouver véritablement - au lieu de ruser, car en réalité, aucune des préoccupations du FPI n'a été prise en compte - ou alors que Ouattara assume sa dictature et le retour en force du parti unique, en Côte d'Ivoire. Sans faux-fuyant. Le gouvernement est déjà à coloration unique. Qu'il ne s'embarrasse donc pas de scrupules pour mettre sur le gâteau la cerise : un parlement à coloration unique. Il aura, au moins, le mérite d'être logique envers lui-même.

Le parti de Laurent Gbagbo, en ce qui le concerne, l'est déjà quand il martèle qu'il ne participera pas à des élections législatives sans son fondateur et dans les conditions actuelles, dénoncées dans le mémorandum remis au chef de l'Etat, le 29 septembre 2011. 5 années de cure d'humilité, de recentrage idéologique, de remise en cause et de repositionnement, ce n'est pas fait pour nuire à la force politique du FPI, qui en sortira plus grandi et mieux outillé pour les joutes futures. Que personne donc ne s'abatte de l'absence (temporaire) de La Majorité Présidentielle (LMP) à l'hémicycle. Il y a des moments de la vie où il faut savoir s'arrêter pour faire son bilan, retrouver du poil de la bête et repartir résolument. Chacun devra faire abstraction de ses ambitions politiques personnelles et s'inscrire dans la vision d'ensemble du groupe. C'est à ce prix que tous deviendront plus forts pour une véritable révolution politique.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 358 du jeudi 3 novembre 2011.