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vendredi, 13 septembre 2013

LIBERATION DES DOMICILES OCCUPES, PROVOCATIONS DE WATTAO - PAUL KOFFI KOFFI AVOUE SON IMPUISSANCE FACE AUX FRCI


PAUL KOFFI KOFFI.jpg

Alors qu’il est directement connecté à Alassane Ouattara, le ministre délégué à la Défense semble n’avoir aucune force face aux dérives des ex-rebelles.


Invité de la RTI, hier mardi 10 septembre 2013, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi s’est prononcé sur un certain nombre de questions militaires, notamment la réforme de l’armée. En tout cas, sur ce sujet le «sécurocrate» de Ouattara a relevé les dysfonctionnements dans l’armée, notamment les cas d’indiscipline, où des «lieutenants donnent des ordres à des généraux», ou encore les cas où des sous-officiers et officiers se donnent à un jeu d’interviews interposés, créant ainsi la «zizanie» dans la hiérarchie militaire. Bien entendu, il pointait, sans le dire, l’incroyable entretien accordé au quotidien Nord-Sud par le commandant Issiaka Ouattara dit « Wattao », dans lequel il défiait quasiment ouvertement l’autorité du commissaire Youssouf Kouyaté, son supérieur au sein du CCDO. Selon Koffi Koffi, il est temps de mettre de l’ordre dans l’armée et de faire cesser les cas d’indiscipline pour avoir désormais une armée républicaine, respectueuse de la hiérarchie militaire.

C’est sur la question de la libération des résidences et sites privés ou publics occupés par les Frci, depuis la fin de la crise postélectorale,  que le ministre de Ouattara a eu ses propos les plus scandaleux. Alors qu’il avait annoncé le mois de juillet pour la libération des résidences et autres, Paul Koffi Koffi a été on ne peut plus flou dans ses explications. Il a fait savoir qu’il faut employer la diplomatie et le dialogue pour aboutir à la libération de ces maisons par les Frci. Plus grave, il a invité les propriétaires de résidences occupées à engager des procédures judiciaires contre les «occupants illégaux» de leurs maisons, et à saisir des huissiers de justice pour entrer en possession de leurs biens. C’est bien un aveu d’impuissance et d’incapacité dont fait montre celui là même qui avait promis quelques mois en arrière, une période de sensibilisation suivie de la période de répression. Eh bien, il faudra encore attendre la providence divine pour espérer entrer à nouveau en possession de ses biens mobiliers ! Selon lui, avec les Frci qui occupent encore des résidences privées et autres, la procédure est encore plus délicate, pour éviter qu’on en arrive à des «coups de feu». A l’entendre l’on est en droit de se demander s’il existe bien une autorité ? A moins que les autorités ivoiriennes ne veuillent voir perdurer cette situation…


Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 22 août 2013

VOTE DES LOIS SUR L’APATRIDIE ET LA NATIONALITE – UNE GROSSIERE MISE EN SCENE DIGNE DE L’ADO COMEDY CLUB

 

COULIBALY GNENEMA.jpg


Les députés ont examiné trois projets de loi relatifs au foncier rural et au code de la nationalité, hier mardi 20 août 2013. Et adopté ces trois projets de lois sans grandes difficultés. Ce qui montre qu’il s’agit ni plus ni moins d’une grossière mise en scène digne de l’ADO Comedy Club !

Il a fallu 9 heures de débats pour adopter, lundi dernier, le projet de loi sur l’Apatridie qui devrait permettre à termes à 900 000 «apatrides» de jouir de la nationalité ivoirienne par une mesure exceptionnelle. Hier mardi 20 août 2013, alors qu’on s’attendait à des débats plus houleux et plus enrichis sur les questions du foncier rural et du code de la nationalité, l’on a été surpris de voir avec quelle facilité ces projets de lois ont été adoptés, malgré un semblant de discussion de fond.

«Le Groupe parlementaire RDR souhaite que ce projet de loi soit discuté dans un esprit apaisé, sans passion et arrière pensée et que la priorité soit donnée à l’esprit d’ouverture, source d’enrichissement commun. Le Groupe parlementaire RDR appelle tous les députés, membres de la Commission des affaires générales et institutionnelles, à adopter sans réserve le projet de loi, en prenant en considération son exposé des motifs», a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire RDR, à la suite de l’exposé liminaire du ministre de la Justice, Coulibaly Gnenema, venu présenter le projet de loi sur le code de nationalité, comme pour planter le décor de la «comédie parlementaire» qui suivrait et consacrerait l’adoption des deux projets de lois sur le code de nationalité.

A sa suite le groupe parlementaire PDCI, après avoir émis quelques réserves, notamment sur le nombre de personnes bénéficiaires directs et indirects de cette loi et après avoir attiré l’attention sur «l’impérieuse nécessité de protéger la nationalité ivoirienne, notre nationalité, pour nous-mêmes et pour les générations futures», a déclaré soutenir «l’esprit et la lettre de l’exposé des motifs (du projet de loi sur le code de nationalité)».

Ce qui apparait choquant, c’est que le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéma, s’est dit incapable de fournir des statistiques, ne serait-ce qu’approximatives, sur le nombre des bénéficiaires de ces deux projets de lois portant code de la nationalité. Quand on sait que pour la question d’apatridie, ce sont environ 900 000 personnes qui bénéficieront de la nationalité ivoirienne, après l’adoption de la loi, il y a de quoi s’inquiéter. Après seulement 4h 20 minutes de débats, les deux projets de loi «portant dispositions spéciales en matière d’acquisition de la nationalité par déclaration» d’une part, et «portant modification des articles 12, 13, 14 et 16 de la loi n°61-415 du 14 décembre 1961, portant code de la nationalité tel que modifié par les lois n°72-852 du 21 décembre 1972 et 2004-662 du 17 décembre 2004 et les décisions n°2005-03/PR du 15 juillet 2005 et n°2005-09/PR du 26 aout 2005» d’autre part, ont été adoptés en commissions.

Les députés ivoiriens ont donc pris le risque de faire passer comme «lettre à la poste» deux importants projets de loi sur le code de nationalité, sans même connaitre un nombre approximatif des «bénéficiaires» de ces lois que l’exécutif voulait faire voter selon la «mesure d’urgence». On a assisté à une grossière mise en scène, pour aboutir à l’adoption «à l’unanimité» des différents projets de loi soumis hier.


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

mercredi, 03 avril 2013

RAILA ODINGA: ALORS POURQUOI AVAIT-IL FAIT TANT DE MISERES A LAURENT GBAGBO?

 

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L'Histoire parle, mais avec une sacrée dose d'ironie

L'ancien Premier ministre kenyan, candidat malheureux au dernier scrutin présidentiel dans son pays, a finalement accepté sa défaite. En se pliant à la loi d'airain de la Constitution de son pays. Il n'avait pour autant pas eu d'égards pour la Loi fondamentale ivoirienne, dans le cadre de laquelle il a été un médiateur à la fois éphémère et partisan… D'une certaine manière, l'argumentaire qu'il déploie rend justice au «réprouvé de Scheveningen».

Non seulement l'Histoire parle, mais elle est dotée d'une sacrée dose d'ironie ! Près de deux ans après la fin tragique de la crise post-électorale ivoirienne, l'ancien Premier ministre kenyan Raila Odinga rend justice à la démarche politique du président Laurent Gbagbo.

Pour rappel, Raila Odinga avait appelé au départ du pouvoir de Gbagbo, pourtant déclaré élu par le Conseil constitutionnel, dès le début du contentieux consécutif au second tour de la présidentielle ivoirienne de 2010. Ce qui n'avait pas empêché l'Union africaine de le désigner comme médiateur. Bien entendu, Odinga avait usé de cette position pour prendre outrageusement partie pour celui qu'il appelait «le président élu Alassane Ouattara», au point d'être récusé par le camp de celui qu'il désignait par l'appellation «monsieur Laurent Gbagbo» et qui, disait-il, l'avait «déçu» pour avoir refusé de lever le «blocus» de l'hôtel du Golf. Le 12 avril 2011, Raila Odinga continuait d'enfoncer Gbagbo en s'indignant de ce qu'il avait refusé «toutes les offres», y compris un poste d'enseignant aux Etats-Unis, en échange de sa capitulation.

C'est le même Raila Odinga qui s'est retrouvé candidat à l'élection présidentielle de cette année dans son pays, le Kenya. En 2007-2008, le Kenya avait été secoué par une crise postélectorale, Mwai Kibaki, le président sortant, et Raila Odinga, principal opposant, se considérant tous les deux vainqueurs. Au final, cette crise a été réglée, après plus d'un millier de morts, par une formule mêlant partage du pouvoir et programme de réformes institutionnelles.

En cette année 2013, Odinga, Premier ministre sortant, était face à Uhuru Kenyatta, fils de l'ancien président Jomo Kenyatta. Et la Commission électorale a publié des résultats provisoires donnant Uhuru Kenyatta vainqueur, au terme d'un processus autrement plus régulier que celui qui a poussé le président de la CEI ivoirienne, Youssouf Bakayoko, à déclarer Ouattara en tête, de manière unilatérale et en violation totale du Code électoral.

Contrairement à son attitude dans le cadre de la crise ivoirienne, où il a fait mine de considérer comme élu de manière définitive le candidat déclaré en tête par la Commission électorale, Raila Odinga, s'estimant lésé, a déposé des recours devant la Cour suprême, équivalent du Conseil constitutionnel ivoirien. Comme Gbagbo !

Comme Gbagbo, il a fait état de bureaux de votes où le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits – même s'il ne s'agissait que de dizaines de bureaux, loin des milliers de procès-verbaux litigieux du scrutin ivoirien.

Comme Gbagbo, il espérait de l'arbitre du jeu politique dans son pays, qu'il «renverse» les résultats provisoires. On est donc en droit de se demander ce que lui, et la «communauté internationale» qu'il représentait, reprochaient à Gbagbo et à sa démarche légaliste !

En effet, si l'on doit constater qu'Alassane Ouattara, en se proclamant vainqueur de manière unilatérale et en allant jusqu'à orchestrer une parodie de prestation de serment, a violé la Constitution, l'on est obligé de noter – même si on conteste intellectuellement la logique juridique du Conseil constitutionnel de l'époque – que Gbagbo a respecté de manière scrupuleuse l'esprit et la lettre de la Loi fondamentale. Y compris quand, régulièrement investi, il a ouvert la voie à un recomptage des voix qu'il pouvait ordonner en se servant de l'article 48 de ladite Loi fondamentale...

Doit-on rappeler qu'Odinga a refusé de considérer Kenyatta comme «président élu» avant le verdict de la Cour suprême ? La Cour suprême en question a finalement tranché et proclamé Uhuru Kenyatta vainqueur du scrutin, à la suite de l'examen des recours.

Ravalant sa déception, Raila Odinga a accepté sa défaite en se livrant à un plaidoyer vibrant en faveur de l'Etat de droit, diffusé notamment à travers son compte Twitter: «Ma foi dans le constitutionnalisme demeure intacte. En tant que nation, nous devons aller en avant dans notre détermination à réformer notre vie politique et nos institutions. Le respect de la suprématie de la Constitution dans la résolution de nos différends est la meilleure fondation de notre société démocratique.» On croit rêver !

Ces propos d'Odinga arrivent comme en écho à ceux tenus par Gbagbo le 28 février dernier, lors de son intervention à la Cour pénale internationale. «Nous avons besoin de la démocratie […]. Mais la démocratie ce n'est pas seulement le vote, c'est qui dit le vote. Qui dit le résultat du vote. C'est ça aussi la démocratie. […] La démocratie, c'est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la Constitution. Qui ne respecte pas le Constitution, n'est pas démocrate. Madame, c'est parce que j'ai respecté la Constitution que je suis ici. Alors je suis là, mais je compte sur vous. Je compte que vous parce que je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leurs pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces Africains-là, qu'ils comprennent que le salut pour les Etats africains, c'est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent.»


Franck Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

samedi, 24 novembre 2012

COTE D'IVOIRE: OU VA ALASSANE OUATTARA?

ALASSANE OUATTARA - ADO MAGELLAN.jpg

 

Au pouvoir depuis 19 mois, Alassane Ouattara n’a toujours pas stabilisé la Côte d’Ivoire, malgré une campagne propagandiste visant à montrer une Côte d’Ivoire où tout va pour le mieux. Malheureusement, le pays semble toujours plongé dans un engrenage aux conséquences incalculables. Avec une cristallisation des positions et une fracture sociale qui peine à se ressouder. 

Violations permanentes des droits de l’homme, justice des vainqueurs, rattrapage ethnique, traque, enlèvements, arrestations tous azimuts des partisans de Laurent Gbagbo… Une situation qui n’est pas près de prendre fin, dix-neuf mois après la prise du pouvoir par Alassane Dramane Ouattara. Malgré les interpellations - en catimini - de l’Onuci et de certaines chancelleries occidentales accréditées à Abidjan, le régime Ouattara continue de s’accommoder de la situation de terreur et d’insécurité rapprochée qui prévaut. 

Aggravant de plus en plus la détérioration déjà grande de la cohésion sociale. En fait, Ouattara et ses lieutenants veulent- ils vraiment d’une Côte d’Ivoire définitivement réconciliée? Où va Ouattara qui semble courir dans tous les sens sans toutefois réussir à mettre le doigt sur le véritable blocage? Malgré son hymne à la réconciliation entonné depuis mai 2011, le chef de l’Etat a-t-il de réelles dispositions à aller à une véritable réconciliation qui passe nécessairement par le règlement politique de la crise postélectorale? Bâillonner l’opposition, museler la presse libre, maintenir une politique de terreur qui se résume en une traque effrénée des pro-Gbagbo, à des enlèvements et arrestations à échelle industrielle, et à des actes de tortures à profusion. 

Peut-on vouloir une chose et son contraire à la fois? En tout cas, Alassane Dramane Ouattara est en passe de réussir cette prouesse. Car, pendant qu’il continue d’asphyxier économiquement des centaines de familles dont les comptes bancaires sont gelés depuis deux ans, pendant qu’il maintient en détention les personnalités proches de Laurent Gbagbo, pendant qu’il «éternise » l’exil de centaines de milliers d’Ivoiriens, Ouattara appelle à la réconciliation. A quelle réconciliation fait-il allusion? L’institution sortie de sa besace pour conduire le processus de réconciliation va à vau-l’eau. Banny, le président de la Cdvr, a vraisemblablement des difficultés pour faire bouger le train de la réconciliation. A cause du manque de volonté politique affichée de la part du régime Ouattara. 

Dans un tel environnement, près de deux ans après la fin de la crise postélectorale, les violations des droits de l’homme sont aussi récurrentes qu’après l’arrestation du président Gbagbo. La vague de répression des Frci sur les populations et partisans de Laurent Gbagbo en particulier semble sans fin. Malgré les dénonciations de l’Onuci, d’Amnesty International, la FIDH et tout récemment de Human Rights Watch (HRW), Ouattara reste toujours de marbre. Les principaux mis en cause de cette vague de répression et de tortures sont toujours des pions clés du régime Ouattara. Pis, ces ex-chefs de guerre, au lendemain des accusations et dénonciations des organisations de défense des droits humains, ont eu des promotions. Alassane Ouattara, ce «démocrate» imposé à coup de bombes, reste insensible au martyre que vivent des milliers d’Ivoiriens, détenus, déportés, traqués au quotidien ou en exil. 

Une hyper-présidence dans un environnement de terreur 

Depuis le 11 avril 2011, les Ivoiriens vivent sous un pouvoir d’exception, à la limite du régime militaire. Avec un retour progressif puis en force des «Com’zones» comme du temps de la rébellion de septembre 2002. Le pays est codirigé par l’aile politique, tenue par Alassane Ouattara et l’aile militaire, avec la montée en puissance des ex-chefs de guerre, derrière qui transparait l’ombre d’un certain Guillaume Soro. Au-delà de cette évidence, Alassane Ouattara exerce une hyper-présidence. Violant à maintes reprises la Constitution ivoirienne, sans sourciller. Sa récente décision de dissolution du gouvernement suite à un débat au Parlement est symptomatique de son «hyper-présidence», si on veut faire dans la litote. Une «hyper-présidence» qui admet difficilement le fait de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif. Il a selon toute vraisemblance la dictature à fleur de peau. A défaut de ne pouvoir dissoudre l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat s’est empressé de dissoudre son gouvernement. 

Histoire de mettre la pression sur les députés PDCI qui osent contrarier les projets de lois émanant de l’exécutif. En réagissant ainsi Ouattara entend dicter une certaine attitude à ses alliés du Pdci qui estiment avoir légitimement certains droits. L’hyper-président a voulu ainsi montrer à ses alliés qu’il n’est redevable qu’à ses soutiens extérieurs qui l’ont permis de s’installer au palais présidentiel. Où va Ouattara avec cette radicalisation de sa gouvernance. Peut-il prendre le risque de se mettre à dos le Pdci? Osera-t-il fâcher davantage le Pdci avec la formation de son nouveau Gouvernement, qui sera dirigé par Daniel Kablan Duncan? Pas si sûr, même s’il ne jure que par sa fidélité à ses parrains. 



Franck Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

samedi, 13 octobre 2012

DECOUVERTE DE CHARNIERS LIES AU MASSACRE DE NAHIBLY - LE PROCUREUR DE MAN S'OPPOSE AUX RECHERCHES


DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 16.jpg

 

Trois puits remplis de cadavres et constituant visiblement des charniers, ont été découverts mercredi dernier à Duékoué, à la suite d’informations livrées par un rescapé du massacre de Nahibly. Hier jeudi 11 octobre 2012, l’exhumation des cadavres avait débuté en présence du procureur adjoint de Man quand ce dernier a unilatéralement interrompu les fouilles, sans que les deux autres puits où l’on apercevait des crânes humains n’aient été explorés. Que cache donc cette attitude du procureur ?

C’est peu après 10 heures, hier jeudi 11 octobre 2012, que les exhumations des cadavres jetés dans trois puits dans les environs de l’usine de traitement d’eau au quartier «Toh Guéï», ont débuté en présence du procureur adjoint de Man, Olivier Bouaffou, du Commissaire de police et du Commandant de Brigade de Duékoué. Une fois sur les lieux, le procureur tient à l’écart et l’Onuci et les organisations de défense des droits de l’homme, notamment la Fidh. Les agents de la mairie réquisitionnés pour l’exhumation des corps des puits, peuvent alors débuter le travail, à l’abri des «regards indiscrets». Six corps sont extraits du puits numéro un. Des corps dans un état de putréfaction avancée, mais qui gardent encore leurs habits quasiment identifiables. A peine une quarantaine de minutes après le début des opérations de fouille et contre toute attente, le procureur adjoint de Man fait arrêter tout. Sans même que les fouilles n’aient débouché sur les deuxième et troisième puits situés à quelques pas du premier dans lequel les six premiers corps avaient été découverts. C’est un procureur excité et nerveux qui donne des ordres. «Arrêtez-moi tout», ordonne-t-il. Il demande à la force publique de dégager tout le monde du site au grand étonnement des représentants de l’Onuci et de la Fidh. Qui s’expliquent difficilement cette attitude de l’homme de droit. Plus grave, il demande à ce qu’on conduise ces corps illico au cimetière pour les enterrer.

La FIDH saisit le ministre de la Justice

«On ne peut pas inhumer ces corps sans un début d’enquête, sans même connaitre l’origine de leur mort», s’est indigné Florent Geel de la Fidh. Qui face au mutisme et à l’indifférence notoire affiché par le procureur adjoint de Man, joint directement le ministre de la Justice pour lui rapporter les faits. Et expliquer comment la justice tente de s’opposer au fait que les organisations des droits de l’homme fassent leur travail. Le ministère de la justice enjoint ledit procureur pour que ce dernier donne suite à la requête de la Fidh. Aussitôt, le procureur adjoint de Man demande à ce que finalement ces six corps soient conduits à la morgue, pour conservation. Mais n’autorise tout de même pas la poursuite des fouilles dans les deux autres puits qui n’ont jusque-là pas été «explorés». En quittant les lieux malgré eux, les quelques témoins ont pu apercevoir dans le deuxième puits trois crânes humains qui flottaient. Une preuve patente de ce que ces deux autres puits ont «recueilli» des cadavres du massacre de Nahibly. Les six corps ont été envoyés à la morgue où tout le monde s’est retrouvé. Malheureusement, les responsables de la morgue ont déclaré ne pas disposer du matériel adéquat pour la conservation de ces corps en putréfaction avancée. Finalement ces six corps, dont 5 hommes et une femme, sont exposés dans la cour de la morgue. En attendant l’arrivée de spécialistes qui arrivent aujourd’hui à Duékoué.

Ce que cache l’attitude du procureur

La suspension des fouilles par le procureur de la république adjoint de Man a surpris plus d’un. Et l’on s’interroge encore sur les raisons profondes de cette attitude. Comment un homme de droit a-t-il pu s’opposer à la manifestation de la vérité? Il affirme avoir reçu des ordres. Voudrait-on empêcher que la vérité sur le massacre de Nahibly éclate au grand jour? Manifestement oui. Sinon, comment comprendre que le procureur de la République adjoint empêche l’exhumation d’autres corps dans les deux autres puits jouxtant pratiquement le premier? Les cadres Wê avaient évoqué environ 211 morts et de nombreux portés disparus, après la folie meurtrière du 20 juillet dernier. Quand le gouvernement martelait bec et ongle le chiffre de douze morts. Si trois charniers ont été découverts, qu’en est-il des nombreux disparus et de ceux qui ont été exécutés, selon des témoignages, dans la forêt?

Le Gouvernement minimise la découverte du charnier

C’est par la voix du Directeur de cabinet du ministre de la justice que le gouvernement s’exprimera. Tout en minimisant à la limite cette découverte, il a fait savoir qu’un médecin légiste se rendra sur les lieux et qu’une enquête est ouverte. Sans même évoquer la poursuite des fouilles sur les sites soupçonnés d’abriter des charniers. A Duékoué, c’est l’indignation au sein des populations.


Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 28 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - DERNIER KATA DE RATTRAPAGE: DES EX-COM'ZONES NOMMES PREFETS DE REGION

 

 

TUO FOZIE ET BEN LADEN.jpg

 
Ouattara bombarde 3 ex-chefs de guerre préfets de région 

 
Une insulte à l’intelligentsia ivoirienne, la décision que vient prendre Alassane Ouattara en nommant hier mercredi 26 septembre 2012, trois ex-chefs de guerre, préfets de région. Notamment, le Cdt Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, Tuo Fozié et Koné Messamba. Un pied-de-nez aux administrateurs sortis de l’ENA. 

Les populations des régions qui accueilleront sous peu leurs nouveaux préfets de région doivent-elles en rire ou en pleurer ? En effet, Alassane Ouattara, chef de l’Etat a nommé respectivement préfets de région à San Pedro, Bondoukou et Guiglo, les ex-chefs de guerre Ousmane Coulibaly dit Ben Laden, Tuo Fozié et Koné Messamba. Avant d’être bombardé «préfet de région» à San Pedro, le Cdt Ben Laden était le «patron» du Camp de la Bae, devenu tristement célèbre pour s’être vu transformé en un véritable camp de «concentration ». Il était par ailleurs Com’zone à Odienné dans le nord du pays, où est jusque là détenue l’ex-première Dame Simone Gbagbo. 

Quant à Tuo Fozié, l’une des premières figures de l’iceberg «rébellion du 19 septembre 2002», il était jusqu’à sa nomination chef de l’unité des FRCI chargée de lutter contre le racket. Pour sa part, l’ex-chef de guerre Koné Messamba, était l’ex-directeur des forces paramilitaires des Forces nouvelles. Tous ces trois nouveaux «préfets de région» ont plusieurs points en commun. Ils sont originaires du nord du pays et ex-chef de guerre ; ils ont des problèmes à s’accommoder avec la langue de Molière. C’est donc à ces trois personnes qui ont objectivement comme background environ dix ans de rébellion qu’il échoit des postes très administratifs. 

Un pays sous contrôle des ex-chefs de guerre 

Comment comprendre la démarche d’Alassane Ouattara qui s’obstine à ridiculiser l’Etat de Côte d’Ivoire avec de telles mesures ? Alors que les administrateurs civils de qualité et de compétence il y en a à profusion dans le pays. A moins que le chef de l’Etat ne veuille étiqueter ces trois régions comme des «zones de guerre», où il faut des préfets «militaires». Mais là encore, il est passé à côté de la plaque, puisque la guerre est belle et bien terminée, selon son propre propos, depuis presque deux ans. Même là encore ces trois ex-chefs de guerre n’ont ni le bagage intellectuel requis ni les grades appropriés pour de telles fonctions. 

Alors qu’on avait pensé à la réunification véritable du pays et à un retour à la normalité, Ouattara replonge le pays dans un mode de gestion typique à l’ex-rébellion, avec des Com’zones. Et c’est bien le cas de le dire. On comprend aisément pourquoi le concours d’entrée à l’Ecole nationale d’administration (ENA) a été purement et simplement suspendu depuis deux ans. On ne sera pas étonné si dans quelques semaines Alassane Ouattara nomme des ex-chefs de guerre comme Gouverneurs des 12 nouveaux districts créés. 



Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"






Ouattara nargue la CPI



Selon certaines indiscrétions dans le milieu diplomatique étranger en Côte d’Ivoire, la Secrétaire d’Etat américain, Hillary Clinton, lors de son passage, a demandé au numéro un ivoirien de lâché certains chefs de guerre impliqués dans les massacres de Duékoué et de Yopougon durant la crise postélectorale pour qu’ils répondent de leurs actes devant la Cour pénale internationale (CPI). 

Depuis hier, la position d’Alassane Ouattara est connue sur le sujet. Il a en effet nommé, depuis hier en conseil des ministres, trois anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion ivoirienne à la tête de trois régions du pays. Il s'agit d'Ousmane Coulibaly (dit Ben Laden) à San Pedro, Tuo Fozié à Bondoukou et de Koné Messamba à Guiglo. Parmi ces trois figures de proue de l’ex-rébellion, un ex-chef de guerre, Ousmane Coulibaly, commandant de la sécurité de la commune de Yopougon jusqu’à sa nomination, est accusé par les organisations des droits de l’homme d’être impliqué dans les massacres de Yopougon. 

Et on se rappelle que, selon des sources proches du pouvoir, l’ex-adjointe de Luis-Moreno Ocampo, lors de son dernier passage à Abidjan, avait évoqué la possibilité de mettre très rapidement le grappin sur les auteurs des massacres des civils à Duékoué, à Yopougon et leurs «donneurs d’ordre». Ce qui, selon elle, pourrait redorer le blason de son institution dont l’image est fortement terni par des accusations de partialité. Eu égard à ce que, depuis l’arrestation et la déportation du président Laurent Gbagbo à La Haye, aucun auteur de crimes avérés du camp Ouattara n’a encore été mis sous contrôle judiciaire. 

Pourtant, Amnesty international et d’autres organismes sur qui ne sauraient planer des soupçons de collusion avec le camp Gbagbo, après investigations, avaient révélé la responsabilité directe de certains chefs de l’ex-rébellion, notamment Chérif Ousmane, Ben Laden, Losseni dit Loss et bien d’autres dans les massacres de Duékoué et Yopougon. Face à Fatou Bensouda, Alassane Ouattara, selon des indiscrétions, n’avait pas exprimé sa gêne, d’autant plus que la grogne que pourrait provoquer l’inculpation des exchefs de guerre suscités pourrait fragiliser son pouvoir. 

Le numéro un ivoirien aurait tout simplement demandé (comme à l’accoutumée lorsqu’il s’agit d’inculper des personnalités de son camp) de laisser une chance aux enquêtes qui sont menées sur ce sujet d’aboutir. Et garanti de mettre les coupables à la disposition de la justice. Mais ces mesures prises hier en nommant Ousmane Coulibaly (dit Ben Laden) aux plus hautes fonctions de l’administration au moment où l’opinion s’y attendait le moins démontre clairement qu’Alassane Ouattara n’est pas disposer à coopérer avec la justice internationale dans le lâchage de ses partisans pour que ceux-ci répondent de leurs nombreux crimes. Et la volonté de la Secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, selon le confrère de J.A dans son édition en ligne du mardi 17 janvier, de voir Soro (même à titre de témoins) et certains ex-chefs de guerre devant la CPI, tombe ainsi dans oreilles de sourd. 

 
 
Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

 
 
Source: AFRIK53.COM

mercredi, 25 juillet 2012

MASSACRE DE NAHIBLY: DES CORPS VOLES SUR LE SITE

 

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Si dans les premières heures qui ont suivi l’attaque meurtrière du camp de déplacés de Nahibly, le nombre de morts oscillait entre 12 à 13 personnes, 72 heures après, le décompte macabre est ahurissant, selon plusieurs sources dignes de foi. Certains avancent même le chiffre de 73 morts. Tout compte fait, il y a eu plus de morts qu’on veut le faire croire. Et manifestement, Ndolam Ngowey de l’Onuci partage cet avis. Puisqu’il a révélé à l’émissaire du gouvernement Ouattara, dépêché illico samedi dernier sur les lieux, le ministre des victimes de guerre et des ex-combattants, Babaud Barret, que les services de la Croix Rouge qui s’étaient rendus sur le site de Nahibly pour enlever les corps, après l’attaque meurtrière, ont essuyé des tirs d’inconnus. Dans le but  de les empêcher de ramasser les dépouilles de victimes calcinées, abattues ou découpées à la machette.

Revenus quelques heures plus tard sur les lieux avec des agents des forces de sécurité, les agents de la Croix Rouge se sont rendu compte que des corps qu’ils avaient repérés avaient mystérieusement disparu. Qui a donc intérêt à ce que le nombre exact de victimes de cette folie meurtrière ne soit pas su de tous ? Sans nul doute, il s’agit des auteurs de cette attaque assimilable à un crime contre l’humanité.

Selon les informations en notre possession, le représentant de l’Onuci a traduit au ministre Babaud Barret ses inquiétudes au sujet des milliers de déplacés pensionnaires du camp de Nahibly qui n’ont donné aucun signe de vie depuis l’attaque des partisans du régime Ouattara. A ce jour, seulement un millier d’entre eux ont été repérés. Le chef de canton, Batahi François, a par ailleurs signalé au ministre la disparition de plusieurs élèves, arrêtés par des éléments des Frci, dans le camp. Dépêché par le gouvernement pour exprimer la traditionnelle compassion, le ministre Badaud n’a remis que la somme 100.000 FCFA (cent mille) aux déplacés (au nombre de 8.000 en tout: 5.000 au grand camp et 3.000 au petit camp, soit moins de 13 F CFA par personne!!!, Ndlr). 

 

Franck Toti

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 01 novembre 2011

POUR LA PREMIERE FOIS, UNE SŒUR DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS SUR LE 11 AVRIL



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Près de sept mois après l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse, Simone Gbagbo et de tous les autres, une proche de la famille, une des soeurs de l'ex-première dame, revient pour la première fois sur les évènements du 11 avril dernier.

 

Il est un peu plus de 13 heures quand nous arrivons à Moossou, le village de la Première dame,Simone Ehivet Gbagbo, détenue depuis le 12 avril dernier à Odienné, dans le nord de la Côte d'Ivoire. Dans la résidence modeste où nous avons «rendez-vous» avec la proche famille du député d'Abobo. A la vue d'une dame élancée qui nous accueille avec un sourire similaire à celui de Simone Gbagbo, on se dit intérieurement «ça doit être une des soeurs de la Première». Une fois parvenue à notre niveau, on se rend à l'évidence qu'elle partage bien des traits avec sa soeur. Son timbre vocal, son teint, c'est du Simone Gbagbo tout craché. Elle garde une assurance apparente, une sérénité communicative, mais l'enfer des bombardements de la résidence présidentielle, elle l'a vécu jusqu'au 11 avril dernier,ainsi que la «déportation» du Golf Hôtel dans l'après-midi du 11.

V.E, est aussi fervente chrétienne que sa grande soeur, sa foi en Dieu reste inébranlable, malgré les évènements traumatisants qu'elle a vécus. Au détour d'une causerie décontractée, elle revient sur ce«lundi noir» d'avril 2011.

Un témoignage poignant et émouvant«Pendant les deux derniers jours (10 et 11avril, ndlr), ils ont tiré toute la nuit. Les tirs étaient vraiment intenses, à telle enseigne qu'il fallait absolument protéger le patron (le président Gbagbo, ndlr). Parce que ce n'était pas des tirs comme ça.

Puisqu'ils ont d'abord visé sa chambre, puis son bureau et la grande pièce. Mais de là où nous étions en ce moment-là, on entendait les bombardements comme s'ils étaient lointains. Mais à un moment donné, en plus des bombardements, ils ont libéré un gaz suffocant qui nous empêchait vraiment de respirer, comme si on voulait nous asphyxier. Et quand les tirs ont baissé en intensité, on a dû nous déplacer pour pouvoir aller respirer un peu. Toute la nuit, on n'a pas pu dormir, à cause des bombardements. Vers 4heures du matin, ils ont arrêté les bombardements.

Et on a eu même le temps de se débarbouiller un peu, et de prendre le petit déjeuner.

On était donc là, quand quelqu'un qui est arrivé, disait : «Ne sortez pas, ne sortez pas, ils vont vous tuer comme des lapins, parce qu'ils nous ont encerclé» parlant des militaires français.

C'est en ce moment là que Tagro est sorti avec une écharpe et il est revenu aussitôt, en disant «ils m'ont tiré dessus». Je ne l'ai pas vu, mais je l'ai entendu dire ça. Après un officier est arrivé et nous a dit qu'on était encerclé.

C'est comme ça qu'ils nous ont séparés en deux groupes. Le président, sa femme et d'autres personnalités ont été envoyés quelque part et nous, nous étions dans un autre lieu.

Jusqu'à ce qu'on voit arriver les militaires Frci qui nous insultaient, battaient... Les militaires français étaient là aussi, mais ils ont dû se retirer quand les caméras ont commencé à arriver.

Et de là, ils nous ont transféré au Golf Hôtel, où on a vécu l'enfer. A notre arrivée, il y avait une haie de militaires Frci de part et d'autre de la voie qu'il fallait traverser jusqu'au bâtiment.

Les gens nous battaient avec des cross de fusils, d'autres utilisaient des couteaux pour nous blesser, nous tracer dessus. Moi j'ai eu plus de chance, parce que j'étais au milieu, mais les autres qui étaient proches des cordons, n'ont pas eu plus de chance. Les soldats de l'Onuci qui assuraient notre sécurité, à un moment donné, nous ont abandonné entre les mains de nos bourreaux...». Elle pousse un soupir avant de lancer : «C'était l'enfer !»

Ensuite plus rien. L'émotion l'étreint, elle nous regarde et lance un sourire : «Dieu est fidèle».

Les jours vécus dans le tourbillon du Golf Hôtel, elle n'en dira pas mot.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 356 des lundi 31 octobre et mardi 1er novembre 2011.

lundi, 22 mars 2010

YAMOUSSOUKRO: SERVEUSES ET PROSTITUEES

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La capitale politique ivoirienne, Yamoussoukro, est en train de se vêtir d'habitudes malsaines. Photo: Une de ces serveuses-vendeuses de sexe en pleine activité.


Yamoussoukro est en train de prendre ses allures de véritable capitale, depuis l’accession au pouvoir de Laurent Gbagbo, en octobre 2000. Les grands chantiers se multiplient à la grande joie des populations, qui voient la ville natale de feu Félix Houphouët Boigny, renaître de ses cendres. Depuis la disparition, le 7 décembre 1993, de ce dernier. Les jeunes sont vivement sollicités dans les grands chantiers de construction de la ville lumière. Les grands gagnants du transfert de la capitale restent incontestablement, les tenancières de maquis et restaurants, ainsi que les gérants des nombreux bars qui commencent à pulluler dans la capitale. « Yamoussoukro a changé. Et la vie y bouge », nous lance un jeune natif du chef-lieu de la région des Lacs. Ces grandes rues désertes le matin, se remplissent à la tombée de la nuit. Les décibels que distillent les matos « dernier cri » aussi bien chez les tenancières de maquis que dans les bars de la ville, vous donnent un avant-goût de cette autre facette de la ville natale du « vieux ».


De la bonne chair à profusion

Si la capitale politique de la Côte d’Ivoire tient sa réputation de ces gigantesques et magnifiques édifices tels la Basilique, la Fondation FHB, l’hôtel Président, les écoles polytechniques, ces nombreux restaurants aux abords de la voie internationale ne participent pas moins à la pérennisation de cette aura nationale. En effet, dans ces lieux, qui ont fini par ravir la place aux espaces gastronomiques de renom d'Abidjan (Ficgayo, Ndotré..), on trouve de la bonne chair à profusion. Et cela, dans tous les sens du terme. De bons mets, avec de la viande « de brousse », vous attendent dans ces différents endroits gastronomiques de la capitale politique. En début de soirée, c’est un décor endiablé qui s’offre à vous. Alcool, musique, le show et le…
sexe ! Les « étrangers » (Ndlr : ceux qui viennent d’autres villes du pays et pour la plupart d’Abidjan) sont vite repérés, fait savoir Roland un des gérants des nombreux maquis qui ornent le long de la gare routière de Yamoussoukro. Qui ne se gêne pas à nous demander si on souhaite de la compagnie. En fait de compagnie, il ne s’agit ni plus ni moins que de filles de joie, « disposées à vous faire passer une nuit torride ». « La compagnie » est un terme pudique pour désigner des prostituées.

Leur métier : serveuses d’alcool et de sexe


« Vieux père, si vous voulez, je vous envoie deux Go (filles), tout de suite même », nous lance Laurent, gérant du maquis La T… de Yamoussoukro. Il fait signe à une serveuse de s’approcher. Elle lui fait savoir que ses services après le service ont été déjà rachetés. En clair, après 1h du matin, elle doit rejoindre son client qui l’attend dans un Hôtel. Certaines, pour peu qu’on leur offre de la boisson, vous ouvrent les portes de leur entrejambe. Dans les maquis comme dans les boites de nuit de la capitale, le mot d’ordre semble être donné. Après l’alcool, le sexe. Peguy ne s’est pas gênée à nous expliquer ce comportement. Pour la plupart, ces filles, fait-elle savoir, doivent subvenir aux besoins de leur famille. « Et c’est difficile de joindre les deux bouts avec ce maigre salaire qu’elles touchent. Elles sont donc contraintes de faire cela», explique-t-elle. C’est une forme de prostitution qui prend de plus en plus de l’ampleur ici à Yamoussoukro, déplore le jeune Kouamé Sylvain. Si on n’y prend garde, on risque de reproduire la Rue Princesse dans la capitale, ajoute Mlle Chimène, étudiante à l’INP-HB (Institut National Polytechnique Houphouet-Boigny) de Yamoussoukro. Pour l’instant les autorités de la ville semblent ignorer ce phénomène qui grandit dramatiquement. Et qui, à la longue, risque d’augmenter drastiquement le taux de prévalence du sida, à Yamoussoukro.

Une enquête réalisée par Frank Toti.

Source: ABIDJAN TRIBUNE