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mercredi, 24 avril 2013

DESERT ELECTORAL, FRAUDES ET VIOLENCES: LE RDR, UN PARTI MINORITAIRE ET DANGEREUX

 

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Violences postéléctorales à Koumassi


Le monde entier sait désormais qui sème la violence et le crime pendant les joutes électorales en Côte d'Ivoire et qui est abonné à la violence politique, à la fraude et au désordre, de tout temps. Merci, SEIGNEUR! Fernand Dindé.

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CI - Yopougon: «Nous avons les preuves de notre victoire et elle nous sera rétrocédée»

 

Chers Tous, nous voici face à l’ultime étape avant notre victoire finale. Ce soir, au vu de toutes les informations que nous avons collectées, j’accuse la CEI 4 présidée par M. COULIBALY Yaya de complicité dans la forfaiture manigancée par nos adversaires. Dans leur précipitation pour annoncer leur pseudo victoire, M. COULIBALY Yaya et ses complices ont laissé derrière eux les traces indélébiles de leur défaite. A travers le parti pris flagrant de M. COULIBALY YAYA, la CEI , supposée être l’arbitre est devenue partisan du camp adverse. A Sogefiha NIANGON, nos adversaires ont signé sous la contrainte des PV avant l’heure. Le magistrat de la CEI Centrale, M. COULIBALY Kuibert a dû déchirer certains PV tronqués dans ce lieu de vote.

Toutefois je vous appelle au calme, car quand on a gagné comme nous, on ne doit pas céder aux sirènes de la violence. Nous combattrons avec les moyens légaux mis à notre disposition par la loi pour récupérer notre victoire. La Cote-d’Ivoire est un État de droit dirigé par un homme soucieux du respect du droit qui a en horreur les voleurs et les fainéants. C’est pourquoi, je puis vous dire, chers amis, que le Président ADO ne saurait être mêlé de près comme de loin à cette forfaiture qui se passe à Yopougon comme certains voudraient le faire croire. Populations de Yopougon, retenez que nous ne céderons ni aux menaces, ni aux intimidations.

Le président BEDIÉ , en déléguant ce jour auprès de nous le SG Adjoint Chargé des Elections, tient à nous confirmer son soutien dans cette ultime bataille. C’est pourquoi nous ne reculerons pas. M. COULIBALY Yaya, en tronquant les résultats de la CEI 4 pour faire de l’homme dont il le Chargé de mission le vainqueur, a fait montre de cynisme et de brigandage électoral. Et nous ne saurions accepter cette forfaiture. Nous avons les Preuves de notre victoire et elle nous sera rétrocédée. Demeurons mobilisés. Merci pour votre soutien constant.


Doukouré Moustapha

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CI : Affrontements et accusations de fraude à Yopougon, Adjamé, Treichville et Koumassi: Ça chauffe entre le Pdci et le Rdr

 

Le pire est à craindre entre le Pdci et le Rdr. L’issue des municipales ne donne pas de lisibilité et la confusion règne dans plusieurs communes d’Abidjan. Entre les alliés houphouétistes, en l’occurrence le Rdr et le Pdci, l’alliance a atteint ses limites devant les enjeux. L’heure est à l’affrontement. Même entre des candidats issus du même parti comme à Adjamé où le maire sortant, Youssouf Sylla, a affronté son camarade du Rdr Farikou, candidat indépendant. Entre les deux camps, la guerre est imminente. La violence étant l’arme privilégiée du Rdr, les deux candidats pensent peut-être que le plus violent sera déclaré maire d’Adjamé.

En tout cas, hier, les commerces ont baissé pavillon dans cette commune. Sur le boulevard Nangui Abrogoua, poumon du commerce dans cette commune, tous les magasins ont fermé. La mairie était sous haute surveillance pour éviter que des manifestants jettent leur dévolu sur le bâtiment. «Ici, il y avait un affrontement depuis le matin à cause du vote», nous apprend un vendeur ambulant interrogé sur le boulevard Nangui Abrogoua. Juste après la mairie d’Adjamé, une horde de jeunes vêtus de t-shirt du candidat Farikou était très agitée. A les voir, on imagine leur fou désir de faire la guerre.

A Koumassi, la tension était aussi très vive entre le candidat du Rdr, Cissé Bacongo, et son allié-adversaire du Pdci, Raymond N’Dohi Yapi. Le premier, Cissé Bacongo, qui serait perdant, selon les informations véhiculées çà et là, n’entend pas accepter sa défaite. Les jeunes qui le soutiennent bandent leurs muscles pour aller au front au cas où Bacongo était effectivement déclaré perdant. A côté de la Place Inch Allah où se trouve un des Qg de Bacongo, on aperçoit un attroupement de jeunes. Dans certaines rues de la commune, des pneus ont été brûlés et les débris dégageaient encore la fumée à notre passage. Il n’y a pas que les pneus brûlés dans les rues. Les poubelles ont été également mêlées au combat des deux alliés du Rhdp. Les ordures ont été déversées en pleine rue par des mécontents. Plongeant ainsi Koumassi dans un état d’insalubrité.

Un tour devant la mairie a permis de constater un dispositif de policiers, gendarmes et Frci. Ces forces protègent la mairie en dressant des barricades qui empêchent le passage de véhicules. Les magasins sont également fermés comme à Adjamé.

Le candidat du Pdci, le maire sortant Raymond N’Dohi Yapi, n’est pas lui aussi prêt à se laisser faire. Il pense être le gagnant du scrutin de dimanche dernier. La commune de Koumassi aura-t-elle deux mairies ? Qui de N’Dohi et de Bacongo a gagné? Chacun s’attribue la victoire et les supporters des deux candidats sont déterminés à en découdre.

Yopougon n’est pas en reste. Personne ne peut encore dire exactement qui est le vainqueur du scrutin. Au Qg du candidat du Pdci, Doukouré Moustapha, à Bel Air, il n’y a personne pour donner des explications sur ce qui prévaut dans la commune. A l’hôtel qui abrite le Qg du candidat Yao Yao Bertin, on nous fait savoir que son staff a quitté les lieux pour le moment. Mais, le collège William Ponty connaissait une ambiance particulière. L’entrée de l’établissement est sous surveillance de policiers et, en face d’eux, sont amassés des jeunes qui ont travaillé pour la Cei. Ces derniers attendent leurs primes. Ils menacent de se faire entendre par tous les moyens si la Cei ne leur verse pas leurs primes.

Ces jeunes expliquent que les policiers surveillent le collège parce qu’à l’intérieur, la Cei est en train de délibérer pour dire qui a gagné. Mais, déjà, dimanche soir, des informations faisaient état de la victoire de Doukouré Moustapha devant le candidat du Rdr Gilbert Koné Kafana. Cette information relative à la victoire de Doukouré n’était pas confirmée hier lundi. On ne connaît donc pas le vainqueur. Qui de Kafana Koné, l’enfant de Kagbolodougou à Sinématiali, de Yao Yao Bertin, et de Doukouré Moustapha l’emporte ? Dans tous les cas, entre le Pdci et le Rdr, tous du Rhdp, l’alliance est en train de tourner à la guerre sans merci. Les jours à venir nous situeront.


Benjamin Koré benjaminkore@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie"

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Koumassi, Adjamé, Dabou: Des populations protestent dans les rues

 
Des policiers dispersent des partisans de Cisse Bacongo, l'un des candidats aux élections municipales de Koumassi, en Côte d'Ivoire, le 22 avril 2013

L’ambiance était électrique hier à Koumassi, Adjamé, Yopougon, Treichville et dans certaines villes de l’intérieur, notamment à Dabou.

En attendant la proclamation officielle des résultats par la CEI, plusieurs jeunes qui seraient proches du candidat Cissé Ibrahima avaient pris d’assaut les principales artères de la commune de Koumassi. Ces derniers ont déversé des ordures ménagères, ont brûlé des pneus pour obstruer le boulevard du 7 décembre, la ligne 32 et la ligne 11. Paniqués, plusieurs boutiques ont baissé rideau. Les forces de l’ordre sont vite intervenues pour rétablir l’ordre.

La circulation a été rétablie et certaines boutiques ont rouvert autour de 13h. La veille déjà, les électeurs proches du candidat François Amichia avaient fait une descente au siège local de la CEI pour s’en prendre au personnel. En effet, après quelques heures d’éphorie, ces derniers se sont rendu compte que la victoire leur échappait au profit de leur adversaire du RDR, Cissé Ibrahim. Dans leur colère, nos sources indiquent qu’ils ont fait mouvement vers l’un du siège du RDR à l’Avenue 16 où ils ont fait deux blessés, qui ont été conduits dans un centre de santé pour y subir des soins. Le premier a reçu quatre points de suture quand le second souffrait d’un traumatisme crânien. Les deux hommes sont hors de danger et sont sortis de la Clinique Nanan Yamoussou où ils avaient été internés. Le calme est revenu peu après.

La violence a également atteint la commune de Marcory, obligeant les membres de la CEI locale a démissionner en bloc. Ces derniers dénoncent des menacent de mort provenant des hommes du candidat Aby Raoul. La commune d’Adjamé qui habituellement grouille de monde était plutôt silencieuse. La quasi-totalité des magasins du boulevard Naghui Abrogoua ayant baissé pavillon. Des partisans du candidat Farikou Soumahoro ont fait une descente sur la mairie pour dénoncer des irrégularités dont ils seraient victimes. Au QG du candidat, situé à quelques encablures de la mairie, on pouvait observer un attroupement des hommes de Farikou, la mine plutôt grave. L’ambiance est au contraire à la fête au siège du RDR à Yopougon.

Le visiteur des lieux est accueilli par des chants et danses. Par dizaine, les militants du RDR affluent en ces lieux. Selon eux, ils sont là pour fêter la victoire de leur candidat, Kafana Koné. Lequel est d’ailleurs accueilli dans une liesse populaire à son arrivée sur les lieux. Dans la salle de centralisation des résultats, on s’atèle à consolider les derniers résultats. « Notre victoire est certaine. Je voudrais féliciter tous nos militants mais en même temps me réjouir de ce que le RDR demeure la première force politique en Côte d’Ivoire», se réjouit-t-il.

En fin de soirée, la victoire du candidat du RDR a été confirmée par la CEI. Dans la matinée, les partisans de Doukouré Moustapha s’étaient regroupés au collège William Ponty pour créer le désordre dans la commune. Là également, la police est intervenue pour disperser les semeurs de trouble. A 50 km d’Abidjan, la commune de Dabou a connu aussi des heures chaudes. Et pour cause, les partisans de la candidate Digbeu Marie Josepha, épouse Djobo étaient dans la rue. « Ils nous ont volés notre victoire », scandaient-ils. Ils dénoncent des PV mal remplis, des votes de personnes décédés, des bulletins sans sticker. Malgré la victoire prononcée de leur principal adversaire, Soukou Mohamed, ces derniers attendent introduire des recours à la CEI pour dénoncer toutes ces irrégularités. Finalement malgré ces échauffourées, Koumassi, Treichville, Marcory, Yopougon et Adjamé la vie a repris petit à petit son cours normal.


Source: Le quotidien ivoirien pro-Ouattara "Le Patriote"

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Côte d'Ivoire - Fraude électorale: Le RDR pris la main dans le sac



Des Commissaires Cei arrêtés

La mascarade électorale du 21 avril 2013 s’est déroulée dans la plus grande indifférence des populations ivoiriennes. Les Ivoiriens, dans leur grande majorité, ont boudé le scrutin, conformément au mot d’ordre de boycott lancé par le Front populaire ivoirien qui démontre une fois encore sa place prépondérante sur l’échiquier
politique national.

Le Rdr n’a pas changé ses habitudes... de fraude. Certains Commissaires et superviseurs CEI ont été pris la main dans le sac. Notamment à Guiglo, où le président de la Cei pour la région du Cavally, Amidou Bamba, a été pris en flagrant délit avec 6000 cartes nationales d’identité et de nombreux bulletins de vote déjà marqués en faveur de la candidate RDR aux régionales, Anne Ouloto, et du candidat RDR aux municipales de Guiglo, Lucien Boguinard.

Selon la même source, un forte somme d’argent a été également retrouvé sur lui. Ce sont les soldats de l’Onuci qui l’ont remis aux mains de la gendarmerie. Même scène à Yamoussoukro, où le commissaire superviseur de la Cei, Miézan Adelph Sylvère, a été pris avec en sa possession 40 CNI, 40 cartes d’électeurs, 35 récépissés de cartes nationales d’identité et plusieurs photocopies d’extraits d’actes de naissance. C’est un représentant d’un candidat qui l’a dénoncé à la Cei et à la police.

Interrogé par le président local de la Cei, l’infortuné n’a pas eu du mal à avouer les faits et a affirmé détenir tous ces documents depuis la période où les pièces étaient distribuées aux électeurs. Il est détenu dans les locaux de la Préfecture de police de Yamoussoukro. Des attitudes qui rappellent étrangement les actes posés par certains «affidés» lors des élections présidentielles de 2010, où une même personne avait pu voter autant de fois qu’elle voulait, notamment dans les zones sous contrôle des ex-rebelles.

Vives tensions à Ferké, Man et Koumassi

La fin du vote et les dépouillements dans la soirée ont créé de vives tensions hier dans plusieurs circonscriptions électorales. Notamment à Ferkessédougou, le fief de Guillaume Soro, où le candidat indépendant, Ouattara Alain, était en tête dans les dépouillements. Ce qui a suscité la réaction de colère de militants du Rdr qui s’en sont donné à une course-poursuite dans les rues de la ville. Ils en avaient après les partisans du candidat indépendant, Ouattara Alain, qui a maintenu sa candidature malgré les fortes pressions reçues, notamment de Guillaume Soro et Ibrahim Ouattara, dit Photocopie, le frère cadet d’Alassane Ouattara.C’était donc un affront intolérable pour les militants du Rdr. Des scènes de cafouillages ont été constatées dans certains quartiers.

A Man, de vives tensions étaient perceptibles à la fin du vote. Avec des échauffourées enregistrées à certains endroits de la ville, selon des témoins. Le véhicule d’un candidat aux municipales de Man a été incendié, en début de soirée. A Abidjan, c’est dans la commune de Koumassi que la tension est montée d’un cran, avec des tirs entendus dans les environs de la Sodeci sur le boulevard Valery Giscard d’Estaing.

Des partisans de Cissé Bacongo, le candidat Rdr, ont pris d’assaut la place Inch’Allah autoproclamant leur candidat vainqueur de l’élection à Koumassi, quand dans le camp de N’Dohi, le maire sortant et candidat du Pdci, l’heure était également à la fête. «Chacun se proclame déjà vainqueur ici, donc on préfère se terrer chez nous pour éviter autre chose», a déclaré un riverain de Koumassi.

 

Gérard Koné, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

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Abidjan, Toumodi, Bouaké, Séguéla et Ferkessédougou: Les partisans de Ouattara se livrent à la violence


Les partisans d’Alassane Dramane Ouattara ont repris leur jeu favori. La violence sur tout le territoire national où leurs candidats ont perdu les élections municipales et régionales. A Abidjan, capitale économique ivoirienne, Koumassi et Treichville sont en feu. Les militants du Rassemblement des républicains d’Alassane Dramane Ouattara s’en donnent à cœur joie. Avec une violence inouïe, ils saccagent tout sur leur passage.

Commissions électorales locales, bureaux de vote, adversaires politiques, les petits commerces. Ils n’épargnent même pas les badauds attirés par les casses. Ils veulent coûte que coûte broyer du Pdci-Rda qui leur a ravi les postes tant convoités de conseillers municipaux. Tout y passe. L’intérieur du pays n’échappe pas à la vendetta des partisans du chouchou des Occidentaux, Alassane Dramane Ouattara. A Toumodi, dans la région du Bélier, ses hommes attaquent les militants du Pdci-Rda qu’ils soupçonnent déjà, avant la proclamation officielle des résultats, de vouloir leur enlever le pain de la bouche en remportant les élections locales. Malgré la présence de nombreux militaires à Toumodi, la tension était toujours vive au moment où nous mettions sous presse.

Des sources concordantes, un couvre-feu est annoncé pour tenter de calmer les ardeurs des militants Rdr. A Bouaké, au cœur de la Côte d’Ivoire, des sources indiquent que les partisans du maire sortant Ibrahima Fanny sont à la poursuite des militants Pdci-Rda partout dans la ville. Dans le nord considéré comme leur bastion naturel, les partisans d’Alassane Dramane Ouattara n’admettent pas les victoires des candidats indépendants. Ainsi, à Séguéla où les dés sont définitivement jetés pour Amadou Soumahoro, c’est la chasse aux partisans du candidat indépendant qui a eu la témérité de battre, à plate couture, le secrétaire général par intérim du Rdr.

A M’Bengué et à Ferkessédougou, ville natale du président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, il ne fait pas, en ce moment, bon d’être d’un parti autre que le Rdr. Ne supportant pas leur défaite qu’ils considèrent comme un déshonneur, les militants pro-Ouattara s’attaquent aux partisans des autres candidats. A Guiglo, dans l’ouest du pays, c’est la ministre Anne Ouloto qui conteste les résultats avec ses partisans du Rdr, qui exigent de la Commission électorale locale le recomptage des voix. Elle ne comprend pas qu’un parti au pouvoir perde aussi facilement devant le Pdci-Rda.

Des sources concordantes annoncent une tension vive dans toute la ville. Chacun se terre chez lui pour éviter le pire.

La capitale politique ivoirienne a aussi connu des manifestations hier. Mais, à la différence des autres villes, la circulation a été longuement perturbée par les partisans du candidat François Konian à Yamoussoukro où ils ont brûlé des pneus sur les artères principales du district. Ses supporteurs reprochent au Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) de leur avoir volé leur victoire aux municipales. La liste Rhdp était conduite par le maire sortant Kouacou Gnrangbé.

Ainsi, la Côte d’Ivoire replonge-t-elle dans la violence avec le Rdr. Et le Pdci-Rda, son allié dans le Rhdp, qui en est fait actuellement le frais, ne dira pas que le Front populaire ivoirien (Fpi) ne l’avait pas averti de son alliance avec le Rdr. «Un homme averti en vaut deux», dit l’adage. Mais les hommes du président Henri Konan Bédié ne peuvent que s’en prendre à eux-mêmes. Eux qui ont refusé d’entendre raison en allant à la soupe avec le parti présidentiel.
 
Robert Krassault ciurbaine@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie"

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Jeu démocratique biaisé. Violences électorales en Côte d'Ivoire


 
A peine la fin du vote que déjà des contestations du scrutin dans plusieurs localités sont enregistrées. Certains candidats sont accusés d'avoir usé de fraude, d'intimidations et autres actes de violences pour perturber la proclamation locales des résultats ou influencer les résultats. Une situation qui rappelle étrangement la présidentielle de 2010, avec les mêmes signes.

Bassam: Des recours contre le candidat RHDP

Grand Bassam n'a pas échappé aux velléités de fraudes, d'irrégularités et autres anomalies. A en croire les manifestations qui ont eu lieu hier lundi 22 avril 2013 devant les locaux de la Cei locale. Pour ces manifestants, partisans du candidat indépendant, Ollo Germain, les irrégularités constatées sont de nature à compromettre la sincérité du scrutin et des résultats. Il s'agit entre autres des procès verbaux mal renseignés. De plus, 3/4 des urnes provenant des 103 bureaux de vote qui sont arrivées non scellées malgré la présence de procès verbaux les déclarants scellés.

Toujours selon les griefs enregistrés, des signatures des représentants des candidats variaient d'un procès verbal à un autre. Aussi, étaient-ils remplis avec des écritures différents et des stylos de couleurs différentes. Toutes ces irrégularités ont été notifiées sur le procès verbal de recensement général des votes et validées par les différents membres de la CEI locales. Conséquence, les candidats indépendants Ollo Germain et Tall Yacouba ont décidé de saisir la Chambre administrative de la Cour suprême, contre le candidat RHDP, Ezalé Philippe.

Treichville: Pdci et Rdr se proclament chacun vainqueur

Alors que les tendances donnaient le candidat du Pdci en tête des dépouillements, la Cei locale de Treichville a été saccagée aux environs de 21h 30 mn par une horde de jeunes, faisant ainsi planer une hypothèque sur la proclamation des résultats de cette commune. Et depuis, dans la matinée d'hier lundi 22 avril 2013, les deux états-majors célébraient chacun à sa manière «sa» victoire.

Mais pour trouver une solution immédiate et efficace à la situation de saccage des locaux de la CEI locale, la CEI a invité, hier lundi 22 avril 2013, les deux états majors du candidat du PDCI, François Albert Amichia, et du candidat Rdr, Cissé Ibrahim, à apporter leurs différents Procès verbaux (PV) des 125 bureaux de vote et des 18 centres d'élection, pour une confrontation avec les PV que la CEI a pu sauvegarder après le passage des vandales.

Le camp de François Amichia s'est aussitôt rendu à la CEI locale sis à l'Office national des anciens combattants et des victimes de guerre (ONAC-VG), accompagné d'un huissier de justice, pour faire authentifier ses PV. « Il faut que le RDR ait le courage de déposer ses PV pour une confrontation. Nous avons gagné. Tout ça est fait pour qu'on reprenne les élections. Ce n'est pas bien. Dieu merci la CEI a pu sauvegarder des PV. C'est dommage qu'il y ait tant de violence pour une élection municipale», a fait savoir Assane Soumahoro, membre du staff du candidat Pdci.

Ferké: le siège de la CEI locale attaqué

Des individus ont attaqué, hier lundi 22 avril 2013, le siège de la commission électorale indépendante locale, empêchant ainsi la proclamation des résultats des élections locales qui se sont déroulées, dimanche, dans la région, a constaté l'AIP. Le siège de la CEI, sis au quartier résidentiel, a fait l'objet d'attaque d'individus, hier lundi, à 14H.

Armés de bidons d'essence et de projectiles, ces jeunes gens, surexcités, ont réussi à faire irruption dans le siège qu'ils ont tenté d'incendier sans succès, empêchés par les forces de l'ordre. Prévue pour être annoncée dimanche soir, la proclamation a été empêchée par ces mêmes individus qui avaient saccagé des urnes dans des bureaux de vote. Remise à hier lundi, en début d'aprèsmidi, elle n'a pu non plus se faire, à cause des mêmes individus, apparemment en "mission commandée", ont indiqué des témoins.

Prikro: des urnes brûlées, des agents CEI molestés

Depuis dimanche soir, les résultats de la municipalité de Prikro n'ont pu être proclamés, suite à des manifestations qui ont conduit, hier lundi dans la mi-journée, à la destruction de quelques urnes et à l'agression de délégués de la Commission électorale indépendante (CEI) locale. Selon la CEI, la proclamation des résultats des élections régionales s'est déroulée dans le calme, cependant celle des municipales n'a pu avoir lieu, parce que des urnes qui avaient été sécurisées ont été incendiées hier lundi, a appris l'AIP auprès de la Cei régionale.

Des urnes volées à Toumodi

Des urnes ont été volées, dimanche soir, pendant leur acheminement à la sous-préfecture au siège de la commission indépendante locale, a-t-on appris sur place. Selon les informations, il ressort que six urnes de l'Ecole primaire d'Abli, une sous-préfecture du département de Toumodi, qui ont été victimes de ces actes de vandalisme. Après la fin des décomptes aux environs de 20H, dans les derniers bureaux de vote, les commissaires de la CEI sont convoyés vers la sous-préfecture quand le véhicule transportant les commissaires est intercepté et vidé de ses urnes dans les rues de Toumodi, explique-t-on. Informé de la situation, les forces de sécurité se sont déployées pour davantage sécuriser les autres urnes.

Koumassi: les partisans de Bacongo tentent d'incendier la mairie

Des partisans du candidat RDR aux municipales de Koumassi, Cissé Ibrahim Bacongo, ont tenté hier lundi 22 avril 2013, d'incendier les locaux de la Mairie de la commune. C'est l'impressionnant dispositif sécuritaire déployé aux alentours de la Mairie qui a finalement dissuadé les partisans du candidat Rdr. Pendant ce temps d'autres manifestants avaient érigé des barrages dans certains quartiers, en incendiant des pneus sur les voies. Notamment sur les lignes 32 et 13.La plupart des commerces avaient fermé pour éviter la visite de pilleurs et autres vandales.

Course-poursuite dans les rues de Yamoussoukro

Des participants du candidat indépendant, François Konian, venu en seconde position pour les municipales locales, ont décidé de se faire entendre bruyamment devant la CEI locale de Yamoussoukro, hier lundi 22 avril 2013, où se proclamaient les résultats officiels, avant de prendre la grande artère érigeant des barricades et incendiant des pneumatiques usés sur la voie publique où ils prenaient de déposer des tas d'immondices.

Ces manifestants ont opposé une résistance à la police qui a dû user de gaz lacrymogènes, les pourchassant dans les rues, avant de les disperser aux environs de 13H. Selon le porte-parole des partisans de M. Konian, il y aurait eu « beaucoup de fraudes » au détriment de leur « champion».

Violences électorales. Pourquoi 2015 fait déjà peur!

Un parti au pouvoir dont les loubards impunis persévèrent dans la violence. Une Commission électorale discréditée et partisane. Une communauté internationale complice. Ce cocktail explosif pourrait bien exploser au visage des Ivoiriens lors des prochaines élections générales. Et plonger à nouveau le pays dans les plus grands troubles.

"Un scrutin transparent pour un avenir sombre", écrivait, avec une troublante lucidité, notre regretté devancier Jérôme Diégou Bailly, éditorialiste du Jour des grands jours. Il évoquait les élections municipales de 2001, qui avaient vu la participation des trois grands partis politiques et avaient témoigné - selon son analyse - d'un inquiétant tropisme ethnique décelé dans les choix électoraux, annonciateur d'une fracture nationale à venir.

On pourrait aujourd'hui le paraphraser en écrivant "un scrutin chaotique pour un avenir qui fait peur". En effet, les élections locales qui viennent de s'achever mettent en lumière un certain nombre de phénomènes pour le moins préoccupants.

Premièrement, la culture de la violence et de la fraude, qui fait partie de l'ADN du RDR selon ses détracteurs, est une fois de plus venue perturber ce qui devrait être une "fête démocratique". Urnes cassées, procès-verbaux falsifiés, sièges locaux de la Commission électorale attaqués... Le modus operandi est désormais classique.

Et on ne peut que se poser une question : si pour des "petites élections locales", on déplore des affrontements postélectoraux dans un grand nombre de circonscriptions,qu'en sera-t-il lors de la présidentielle de 2015 ? La Côte d'Ivoire ne replongera- t-elle pas dans la guerre ? Et si ce n'était pas fini ? L'inconscient collectif rumine ces questions anxiogènes.

Deuxièmement, la Commission électorale dite indépendante est plus que jamais discréditée. Des récriminations considérées hier par certains comme les "jérémiades de Gbagbo le mauvais perdant" apparaissent désormais comme des vérités d'évidence. Prise en otage par les partis politiques du RHDP, notamment par le RDR, l'institution chargée d'organiser le scrutin et d'annoncer les résultats provisoires ne joue pas franc jeu. Et les suspicions qui l'entourent alimentent la défiance nationale et présagent de lendemains inquiétants, si l'institution n'est pas réformée en profondeur, et arrachée des mains de personnes qui sont à la fois juge et partie.

Troisièmement, la lâcheté de la "communauté internationale", qui n'a pas réussi à imposer des réformes électorales minimales au pouvoir lui explose une nouvelle fois au visage. En dépit de l'exclusion de fait d'un FPI marginalisé au sein d'une CEI partisane, de la fraude et des violences, l'ONUCI a "sanctifié" les dernières législatives, qui ont accru les déséquilibres nationaux et renforcé artificiellement la position dominante du chouchou des Occidentaux qui règne sur Abidjan.

Et demain ? Il faut craindre qu'en l'absence de pressions significatives relevant de "l'ordre interne", la prochaine présidentielle ivoirienne ressemble à s'y méprendre au dernier scrutin similaire en République démocratique du Congo. Où la fameuse communauté internationale a assisté, à la fois réprobatrice et complice, au sacre ambigu d'un Joseph Kabila qui avait été porté à bout de bras par le "système" en 2006. A tel point que son adversaire Jean-Pierre Bemba, victorieux à Kinshasa, avait été "transféré" à la Cour pénale internationale de La Haye. Comme pour faire "place nette".

Philippe Brou


Source: Le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

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CI: Au moins 1 mort à Koumassi, échanges de tirs entre pro-Bacongo et policiers

 

C’était prévisible. Après les menaces de Cissé Bacongo de ne pas reconnaitre les résultats qui seront proclamés par la CEI si ceux-ci annonçaient sa défaite, tout le monde savait que Koumassi courait les risques d’être mis sens dessous, sens dessus par les partisans de l’antidémocrate notoire, actuel ministre d’enseignement supérieur.

Toute cette nuit du mardi au mercredi (24 avril 2013, Ndlr), les partisans de Bacongo sont sortis dans les rues, surtout sur la ligne du bus 11 à Koumassi. Cassant tout sur leur passage. La police a abondamment usé de gaz lacrymogènes pour canaliser la meute de désœuvrés pro-Bacongo, payés pour casser et pour nuire à l’ordre public. Allant jusqu’à faire usage d’armes à feu contre les policiers. La riposte ne s’est pas fait attendre. On dénombrait au moins 5 blessés graves par balles parmi les mauvais perdants et un blessé léger dans les rangs de forces de l’ordre. Ces échauffourées ont duré presque toute la nuit. Ce matin, la population craint la reprise de la barbarie.

Les commerces ont timidement ouverts. Les rues à moitié désertes. Il faut rappeler que cette commune avait déjà enregistré un mort en début de semaine, dans des affrontements similaires.


Par Hervé d’Anvers avec Louty.

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Communiqué de Presse : Relativement à la mascarade d'élections municipales et régionales


 Le dimanche 21 avril 2013, le régime Ouattara a organisé une mascarade d’élections couplées (municipales et régionales), après avoir exclu le FPI du jeu démocratique.

Le FPI a lancé un appel national au boycott républicain de cette parodie électorale.
Comme il fallait s’y attendre, cet appel au Peuple a été amplement entendu et a donné un taux de participation national qui oscille entre 13% et 15%.

En dépit de la sortie illégale du chef de l’Etat appelant à la mi-journée à une participation massive des populations, ce taux de participation demeure plus faible que celui enregistré lors des élections législatives tronquées du 11 décembre 2011.

C’est pourquoi,

La direction du Front Populaire Ivoirien se félicite de l’écho favorable de son appel au boycott républicain.
Le FPI remercie vivement le Peuple de Côte d’Ivoire qui a pris la pleine mesure de ce qui est en jeu : la Patrie.
Le FPI remercie la presse nationale et internationale qui, à quelques exceptions près, a rendu fidèlement compte du « désert électoral » du 21 avril 2013.

La direction du FPI, une fois encore, invite le régime Ouattara à saisir la perche du dialogue à lui tendue depuis le 19 septembre 2011 afin que nous vivions ensemble chez nous avec nous.
 
Abidjan, le 21 avril 2013
 
 
Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole
 
Dr KODJO Richard


Source des articles: AFRIK53.COM

vendredi, 23 décembre 2011

LEGISLATIVES - ANAKY KOBENA: «LE RHDP EST MORT DE SA BELLE MORT»


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Le président du MFA, Innocent Anaky Kobena, tire les leçons des élections du 11 décembre et regrette l'alliance des houphouétistes.


M. le président du Mfa, comment expliquez-vous votre défaite à Cocody lors des élections législatives du 11 décembre ?

Pour ce qui est des élections à Cocody, nous au Mfa, pensons qu'il n'y a pas lieu d'en faire une affaire nationale, même s'il est su de tout le monde qu'elles ont été très remuantes et remuées et qu'en dernier ressort, il a fallu qu'au plus haut niveau de l'Etat, on prenne des décisions. En tant que candidat à Cocody, je voudrais remercier tous les électeurs et habitants de cette circonscription qui m'ont voté. Je les sais nombreux et même très nombreux. Je peux leur dire d'être rassurés et que je ne crois pas en ma défaite, même si j'accepte la victoire de la liste Ouégnin-Touré. Je ne crois pas que j'aie perdu. Que ceux qui ont voté pour moi sachent que pour les élections à venir, si je devais me présenter dans cette commune, au lieu de faire des meetings ou autres rencontres, je prendrais la précaution de concentrer mes moyens pour bien sélectionner mes représentants dans les bureaux de vote, veiller à ce que le jour du vote, ils ne manquent de rien et surtout à ce qu'en aucune manière, on ne puisse les corrompre avec des espèces sonnantes et trébuchantes. J'ai été, certes, proclamé vaincu, mais je n'ai pas l'âme d'un battu ou d'un vaincu, bien au contraire. Je suis serein.

Etes-vous en train de dire que l'on vous a volé votre victoire ?

(Rires). Monsieur, ce n'est pas dans ma bouche que vous allez manger votre piment, comme on le dit en Côte d'Ivoire. Tout le monde sait qu'à Cocody, les élections ont été tout, sauf normales. Je mets quiconque, notamment les autres candidats et leurs partis, au défi de me porter la contradiction. Mais je préfère, en tant que président d'un parti membre du Rhdp, que l'on s'en tienne aux résultats proclamés et qu'il n'y ait absolument pas de polémique. Je ne saisirai pas le Conseil constitutionnel, quels que soient les éléments irréfutables de preuve que j'ai en ma possession. Nous sommes dans une situation où c'est un allié qui a été déclaré vainqueur. A notre avis, il serait malsain, très mal indiqué et surtout choquant pour les populations ivoiriennes et les militants des partis membres du Rhdp de savoir qu'entre nous, nous pouvons nous glisserdes peaux de bananes ou nous donner des coups au-dessous de la ceinture.

Au sortir de ces élections législatives, comment voyez-vous l'avenir du Rhdp pour lequel vous renoncez à saisir le Conseil constitutionnel ?

(Sourire). Je pense qu'il est temps que l'on soit réaliste et que l'on n'ait pas peur des mots. On peut considérer que le Rhdp est mort. Il est mort, de sa belle mort. Il est mort du moment où l'on n'a pas pu, pour ces élections législatives, au plan national, aller en groupe uni, alors que c'était l'un des principaux objectifs que nous nous étions fixés depuis le départ. C'est dommage. Nous le déplorons, mais il faut reconnaître que le Rhdp est mort.

Mais il y a eu des listes Rhdp qui ont gagné...

Il y a eu, certes, quelques listes qui se réclament de notre alliance, mais on peut les considérer comme des nostalgiques, des rêveurs (comme nous au Mfa et surtout moi Anaky). Parce que nous n'aurions jamais pensé que le président d'un parti membre du Rhdp, candidat dans une circonscription, aurait en face de lui des candidats d'autres partis de ce même Rhdp. A partir de ces élections, le Rhdp est bel et bien mort de sa belle mort. Je le dis avec d'autant plus de regret et d'amertume que nous avons finalement donné raison à ceux du Fpi ou de La majorité présidentielle et à tous ceux qui, depuis le départ, avaient dit que le Rhdp était une alliance contre-nature dont le seul objectif était la chute de Laurent Gbagbo. J'ai travaillé pour les faire mentir. Mais aujourd'hui, je dois me rendre à l'évidence. Le Rhdp est mort. A preuve, savez-vous que depuis la chute de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, il n'y a pas encore eu de réunion au sommet des responsables du Rhdp?

Qui est responsable de cette mort du Rhdp, à votre avis ?

Si l'on devait chercher les coupables de cette mort, comme on le dit : « A tout Seigneur, tout honneur». Il faudrait donc penser, en premier lieu, au président du Rdr qui est le candidat élu, du Rhdp au second tour de la présidentielle et à côté de lui, son aîné, le président Henri Konan Bédié, qui est le doyen des présidents des partis membres du Rhdp, donc la caution morale de notre coalition. C'est seulement quand le procès de ces deux personnes sera terminé que l'on pourra se tourner vers nous autres.

Pour vous donc, le Rhdp, c'est fini, ou alors allez-vous interpeller vos pairs ?

Aujourd'hui, je suis tellement déçu et amer que j'estime que le Rhdp, c'est fini. Je prends sur moi de ne même plus en parler. Sauf si au niveau des états-majors, des militants et des responsables de la société civile de chacun de nos partis, je voyais surgir une espèce de volonté forte de se battre pour que l'idéal Rhdp revienne. Auquel cas, je serais prêt à m'y associer et à y mettre toute mon énergie.

Avec les résultats des législatives, certains pensent qu'il n'y aura pas d'opposition à l'Assemblée nationale. Etes-vous de cet avis ?

Non, je pense plutôt qu'il y aura forcément une opposition à l'Assemblée nationale. Elle viendra de certains députés du Rdr et du Pdci qui voudront s'affranchir des directives de leurs partis pour prendre en main les aspirations des populations, surtout si au niveau de l'action gouvernementale, il y a beaucoup de dérives (je touche du bois). Prenons un cas simple. Plus de sept mois après la chute de Laurent Gbagbo, le coût de la vie n'a pas encore beaucoup baissé, l'insécurité demeure grande, les problèmes de santé sont ce que nous vivons, les problèmes d'emplois demeurent vivaces. Les députés seront régulièrement interpellés par le peuple si les choses ne s'améliorent pas.

Quel peut être l'avenir politique de M. Anaky après sa défaite ?

(Rires). M. Anaky Kobena est le président du Mfa. Un parti politique qui a quand même trois députés (contre un seul pour la législature passée. Ndlr) et espère en rallier d'autres à sa cause pour former un groupe parlementaire. Je vous le promets, Anaky Kobena sera plus actif en politique que par le passé.


Interview réalisée par Pascal Soro du quotidien pro-gouvernemental Frat-Mat.


Source: FRATMAT.INFO

samedi, 17 décembre 2011

TAUX DE PARTICIPATION DE 36,56% AUX LEGISLATIVES: LA GROSSE ARNAQUE DE LA CEI


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Le taux de participation aux législatives livré officiellement par la Cei reflète-t-il la réalité du scrutin ? 36,56% des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens inscrits sur les listes électorales se sont-ils effectivement déplacés dans les urnes, dimanche dernier? Les réponses à ces questions à l’aune d’éléments liés au déroulement du scrutin et aux témoignages recueillis sur le terrain inclinent à croire, à l’analyse, que le taux donné par la Cei est loin d’être celui des législatives du 11 décembre dernier largement boycotté par les Ivoiriens.

Le président de la Commission électorale indépendante (?), Youssouf Bakayoko, a annoncé officiellement, jeudi nuit, les résultats provisoires des législatives du 11 décembre dernier et le taux de participation du scrutin. Le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara, comme il fallait s’y attendre, grâce au découpage électoral biaisé par le pouvoir, s’est taillé la part du lion avec 127 sièges. Devançant largement son «allié», le Pdci-Rda de Bédié, qui totalise 77 sièges. De nombreux candidats du Pdci dont Konan Konan Denis à Bouaké crient à la fraude orchestrée par le Rdr. Quant au taux de participation, Youssouf Bakayoko le situe à 36,56%. Au grand dam des millions d’électeurs ivoiriens qui ont boycotté le vote législatif et des observateurs électoraux qui ont tous reconnu, dans leurs différents rapports, que le taux de participation était très faible. Certains observateurs qu’une équipe de Notre Voie a surpris à l’hôtel Novotel-Plateau faisant le point du vote, lundi 12 décembre dernier, ont même situé ce taux entre 20 et 25%. A la surprise générale, la Cei brandit un taux de 36,56%.

Les bureaux de vote étaient déserts

Tout le monde est unanime sur cette question y compris les observateurs électoraux et même le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote, dimanche dernier. Les élections législatives ont donc pâti par leur manque criant d’affluence. Après avoir accompli son devoir civique, dimanche dernier, à 12h, au lycée Sainte-Marie d’Abidjan-Cocody, M. Ouattara a reconnu qu’il n’y avait pas d’affluence. Il s’est alors senti obligé de lancer un appel aux Ivoiriens pour qu’ils aillent voter. Cet appel a-t-il été entendu ? Visiblement, non. Puisqu’à moins de 2h de la fermeture des bureaux de vote fixée à 17h, ce 11 décembre 2011, les électeurs se faisaient toujours rares dans les dix communes d’Abidjan. A l’EPP Sicogi-Est de Koumassi, sur les 13 bureaux de vote, moins de cent électeurs avaient accompli leur devoir. Adjamé, Cocody, Abobo, Treichville, Marcory etc., c’était l’indifférence totale des Ivoiriens. «Les gens ne sont pas chauds pour voter. Je suis venu et je n’ai trouvé personne. J’ai voté et je m’en vais sans laisser personne», a confié un électeur que l’équipe de Notre Voie a rencontré dans un centre de vote à Yopougon Niangon-nord. Zié Daouda, un des candidats qui représentent le PDCI à Yopougon, et qui contestent les résultats donnés par la CEI Yopougon, parle d’un taux officiel d’un peu plus de 19%. Au groupe scolaire d’Anono de l’inspection de l’enseignement primaire de Cocody, tous les responsables rencontrés ont déploré le manque d’engouement des électeurs pour le scrutin. Quand on sait qu’Abidjan, la capitale économique, totalise la plus forte concentration d’électeurs au plan national au niveau des villes avec 30,11 % des électeurs soit 1.944.482 personnes inscrites, on comprend aisément que «le désert électoral» (l’expression est de la télévision France 24) constaté, dimanche dernier, dans la mégalopole, a eu indubitablement des conséquences dramatiques sur le taux de participation national. En tournée sur le terrain à Aboisso dans le Sud-Comoé, région qui a un très faible taux de concentration d’électeurs, le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a souligné, la mort dans l’âme, que «les chiffres que nous avons sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions à la même période (la mi-journée du dimanche 11 décembre dernier, ndlr) pour l’élection présidentielle».

Les observateurs indexent le manque d’engouement

Dans le nord du pays, favorable à Ouattara et à son parti politique, le Rdr, le vote a été globalement mitigé, a-t-on appris. Il était timide dans certaines localités et intensif dans d’autres. Cependant, au plan des statistiques valables depuis les présidentielles 2010 et validées par la Cei, les régions du nord figurent parmi les régions disposant d’un faible taux de concentration d’électeurs. A titre d’exemples : le Denguélé totalise 1,36% du corps électoral national ; le Bafing = 0,68% ; le Worodougou = 1,99% etc. Si le vote dans le nord du pays a mobilisé largement plus de 50% des électeurs inscrits dans la zone, il ne saurait influer sur le taux de participation national étant donné que la zone nord totalise à peine 13% de l’électorat. Il faut préciser que la région des savanes qui totalise 6,55% de l’électorat a un pied dans le nord et un autre dans le sud. Les cinq régions ayant une forte concentration d’électeurs sont toutes dans la zone sud du pays. Ce sont la région des lagunes (33,96%), le Haut-Sassandra (5,1%), les Montagnes (5,39%), la vallée du Bandama (6,48%) et la région des savanes (6,55%). Or, les populations ont boudé à plus de 80% les législatives dans la zone sud du pays. C’est au su de tout cela que le Fpi, ex-parti au pouvoir, dont l’appel au boycott des législatives a été largement suivi par les Ivoiriens, suivant le rapport de ses structures internes, a officiellement parlé d’un taux de participation qui tourne autour de 14,33%. Une évaluation qui n’est fondamentalement pas loin du constat fait par des observateurs électoraux nationaux et internationaux. Le mardi 13 décembre dernier, face à la presse à l’hôtel Pullman-Plateau, les observateurs de l’Union africaine (Ua) conduits par l’ex-Premier ministre nigérien, Seini Ouamarou, ont indexé le manque d’affluence aux législatives et souligné que «l’appel au boycott par l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, a certainement eu des répercussions sur les élections législatives du 11 décembre dernier». Même son de cloche pour les observateurs du Cpi-Uemoa dont le porte-parole, Abdouramane Sow, a souligné «la participation plutôt faible des citoyens électeurs aux législatives».

Comme pour la présidentielle 2010…

Comment expliquez que la Cei affecte un taux de participation confortable de 36,56% à un scrutin législatif pour lequel tout le monde est unanime à reconnaître qu’il a été un flop ? En 2001, le taux de participation était de 33,1%, donc faible, alors que la fracture socio-politique était aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui où des millions d’Ivoiriens sont réfugiés internes et externes, des Ivoiriens sont contraints à l’exil, l’insécurité orchestrée par les forces pro-Ouattara est inquiétante et frappe toutes les couches sociales, Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont détenus illégalement, le processus de réconciliation nationale est plombé, la colère et la rancœur sont dans tous les cœurs, les Ivoiriens en veulent à leurs leaders politiques… c’est curieusement à ce moment-là que la Cei voit un taux de participation de 36,56% à une élection. Peut-on être surpris de ce «miracle» de la Cei version Youssouf Bakayoko ? Assurément, non. Puisqu’en novembre 2010, cette Commission avait fait passer curieusement le taux de participation au second tour de la présidentielle de 70 à 81%. M. Gérard Latortue, le chef de la délégation des observateurs de la Francophonie, affirmait le 29 novembre 2010, selon le site www.africa-times-news.com, que «même si le taux de participation au second tour était inférieur à celui du premier, il pourrait avoisiner les 70%». Cette information est confirmée, le même jour, par France 24 sur son site. Deux jours plus tard, Youssouf Bakayoko s’est rendu au QG de campagne de Ouattara au Golf hôtel pour y annoncer un taux de participation de 81%. Ces chiffres contradictoires ont jeté le discrédit sur la Cei et les résultats provisoires de la présidentielle donnés par Bakayoko. La suite, on la connait. Le schéma actuel des législatives est quasiment calqué sur celui des présidentielles. Et Youssouf Bakayoko est toujours à la manette.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4011 du samedi 17 décembre 2011.


Source: IVORIAN.NET

vendredi, 16 décembre 2011

MAGIE A LA CEI: LE DESERT ELECTORAL SE TRANSFORME EN FORET ELECTORALE!


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Hallucinant, ce que nous avons pu entendre de la CEI de Youssouf Bakayoko, hier, et lire de la presse, ce matin: le désert électoral certifié par France 24, RFI, Euronews et TV5 Monde à la clôture des bureaux de vote, le dimanche 11 décembre dernier, a subitement mué en savane arborée, si ce n'est en forêt! 36,56% de taux de participation à un scrutin où l'électeur était aussi rare que l'or fin! Mieux qu'en 2000 où on avait au moins une savane!

Franchement, Poutine même (en Russie) n'aurait pas réussi pareil exploit. Des indiscrétions à l'ONUCI attestent que le véritable taux de participation à cette élection législative est de 8%!!! Où le régime Ouattara a-t-il trouvé les 28 autres pour cent de voix pour atteindre un tel score?

Et puis, comment se fait-il que le RDR a EXACTEMENT, comme par enchantement,  la moitié des sièges du parlement, lui assurant ainsi une majorité stricte lui permettant de faire passer toutes les lois les plus impopulaires, sans l'aval du PDCI-RDA, son allié et dauphin électoral? Hautement suspect que tout ceci.

Le monde entier comprendra, enfin, par quelle technologie ouattarandienne le Président Laurent Gbagbo aura été floué de sa victoire éclatante à la Présidentielle de 2010. Le chien n'a jamais changé sa manière de s'asseoir, comme aiment à le dire les Ivoiriens. Ouattara vient de remettre ça!

Ci-gît, la démocratie! Vivent la fraude et la dictature!


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

DE LA LEGITIMITE EN QUESTION

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Les législatives ivoiriennes viennent de s'achever avec une abstention record qui ne devrait pas se situer en dessous des 80% (à moins de falsification de chiffres), aux dires de biens des observateurs du scrutin électoral, en mission dans diverses zones de la Côte d'Ivoire, sous le regard médusé de tous les soutiens d'Alassane Ouattara qui pariaient sur la popularité du chef de l'Etat ivoirien. Ce qui avait, un moment, justifié la guerre faite à Laurent Gbagbo, accusé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas reconnaître sa défaite électorale. Aujourd'hui prisonnier international élevé au rang d'icône africaine et même plus, Laurent Gbagbo, le grand absent se trouve être, malgré lui, l'indiscutable vainqueur de l'élection législative du 11 décembre 2011.

D'autres ont parlé, à juste titre, de « désert électoral », y compris France 24, qui ne peut être précisément soupçonnée de soutenir l'ex-président ivoirien, tant les bureaux de vote ont été évités et les urnes, éludées. Le mot d'ordre du FPI-CNRD est passé par là. Et les Ivoiriens qui se reconnaissent dans le combat du Président Laurent Gbagbo pour la démocratie, la souveraineté et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire, ont massivement répondu à l'appel. Y a-t-il démonstration de force plus éclatante ?

Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Avec le Président Laurent Gbagbo bombardé, renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral proprement scandaleux (un exemple hautement révélateur : seulement 5 sièges de députés pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges injustifiables pour Korhogo qui vaut à peine la moitié du poids électoral de Yopougon), une insécurité consternante, avec des FRCI - régulièrement coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une tolérance zéro du point de vue politique à l'égard des partis issus de La Majorité Présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés par les FRCI et les militants du RDR, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Quand donc la presse RHDP titre : « Le FPI absent, la violence aussi », à la fin des législatives, elle se trouve être très mal inspirée et peu objective. Elle oublie, par mauvaise foi, de relever que la campagne électorale de ces législatives a enregistré 5 morts et des blessés graves, ainsi que des scènes ubuesques de bastonnades entre alliés. Nous en aurions ri, s'il ne s'agissait pas de frères Ivoiriens dont la vie a été ainsi mise en danger.

Ainsi, à Grand-Lahou, une grenade offensive lancée par des hommes armés dans une réunion de campagne du PDCI, au domicile d'un militant, a fait plusieurs morts. Le domicile du colistier du candidat Mabri Touakeusse, à Man, à été mis à sac par des militants du RDR. Sans oublier, dans la même ville, les propos d'un tribalisme primaire d'un certain ministre de Ouattara. A Koumassi, la presse nous a rapporté que le ministre candidat du RDR, Cissé Bacongo, a pointé, menaçant, un pistolet contre un élément du cortège de son adversaire du PDCI-RDA, N'dohi Raymond, si ce n'est contre l'adversaire lui-même, selon certaines versions. On a frôlé le pire entre les deux camps. Tant l'animosité la plus basse a été de rigueur entre les deux « alliés » jusqu'à la dernière minute de la campagne. Des menaces et intimidations graves ont été dénoncées à Bouna par le MFA d'Anaky Kobena contre le Commandant Wattao. Le MFA, le RDR et les FN y étaient à couteaux tirés. A Yamoussoukro, des militants PDCI battant campagne se sont faits copieusement rosser par leurs alliés du RDR, avec de nombreux blessés. Le PDCI avait même promis porter plainte. Des dissensions de toutes sortes, des tensions et des attaques rangées ont été ainsi relevées, un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre Soro Guillaume avait, à ce propos, tapé sur la table en exigeant que les violences de la campagne cessent. Les violences de qui ? Les rédactions arrimées au RHDP l'ont même rapporté dans leurs différents organes. Y compris la promesse du ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, de faire mettre aux arrêts les FRCI coupables de violences électorales, et rappelant à l'ordre tous ses soldats. Alors, objectivement, de quelle violence du FPI parle-t-on ? A qui la violence colle-t-elle indécrottablement à la peau ? La réponse ne souffre d'aucune espèce d'ambiguïté : le RHDP, et particulièrement, le RDR.

En revanche, nous pouvons avancer sans risque de nous tromper, que c'est même l'absence du FPI-CNRD qui a sauvé les statistiques sanitaires et hospitalières de ce scrutin. Car c'est sur cette famille politique que se sont toujours exercées les violences du RDR, de la rébellion ivoirienne et des FRCI, depuis le 19 septembre 2002. Son poids politique impressionnant (dont il vient encore de donner la preuve et de faire usage) leur fait justement perdre toute sérénité, justifiant les dérives inacceptables commises contre ses membres et ses leaders. Sur la question, on ne peut tromper les Ivoiriens et faire du révisionnisme.

La participation à ce scrutin - le monde entier a pu le constater - est un flop retentissant. Et ceux qui clament leur majorité à tout bout de champ n'ont pas même réussi à faire sortir leurs propres militants - si propres militants il y a vraiment, dans les proportions dont ils se targuent depuis au moins une dizaine d'années ! Etayons notre pensée. Le collège électoral ivoirien compte 5,7 millions d'inscrits, avec 4,7 millions de votants à la présidentielle. Selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, a été élu avec 54,10% des voix, en tenant compte des abstentions et des bulletins nuls. Ce qui lui donne un bénéfice d'environ 2,5 millions de voix sur 4,6 millions de votants ayant effectivement exprimé leurs suffrages. Comment comprendre que malgré l'appel pressant lancé par lui sur les antennes de la RTI, depuis son lieu de vote de Cocody Lycée Sainte-Marie, « personne » ne soit sorti et qu'on ait enregistré la participation de moins de la moitié de ses propres électeurs - tous les partis du RHDP compris - à ce scrutin ?

Au moins, ses 54,10% d'électeurs effectifs devaient avoir voté pour son groupement politique le 11 décembre, si on considère que l'abstention de la présidentielle est partagée entre tous les partis politiques alors engagés dans la course au fauteuil présidentiel, chacun ayant ses abstenus, et que, ce faisant, celle des législatives ne peut pas en être si radicalement différente. Un écart même de 10 points du score du RHDP aux présidentielles, soit 44,10% de taux de participation, aurait pu être encore compréhensible même s'il est déjà énorme. Mais moins de 20% ? C'est une énigme, une curiosité à étudier. Relativement aux inscrits, notamment. Le message est, en réalité, très simple et on ne peut plus clair : c'est un désaveu cinglant des Ivoiriens. Qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir en place et ne cautionnent pas ses actions contre la réconciliation nationale à travers le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

Pour en venir à la légitimité, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko en a une définition bien singulière, lui qui a déclaré sur les antennes de France 24 : « Il n'y avait aucune agressivité, les gens ont voté librement, sans violence, c'est ça la légitimité ! ». Sacrément bien curieuse sémantique donnée à ce mot, Monsieur le Ministre ! En démocratie, la légitimité s'acquiert par l'aval du peuple et cette caution se traduit par le vote. Quel aval le peuple vous a-t-il donné dans cette élection, Monsieur le Ministre ? Aucun ! Plus de 80% d'Ivoiriens vous l'ont refusé. Cela s'appelle de l'illégitimité. Ces élections doivent donc être reprises. Le parlement à venir n'est pas représentatif des Ivoiriens et est donc dépouillé de toute légitimité. Mieux, avec ce score, le RHDP peut-il objectivement et mathématiquement avoir remporté les présidentielles de 2010 ? Nous laissons le soin à la sagacité de chacun d'y répondre.

Nous comprenons mieux pourquoi les ambassadeurs des Etats-Unis, Philip Carter 3, et de la France, Jean-Marc Simon, ont tant tenu à la participation de l'alliance FPI-CNRD ou de La Majorité Présidentielle (LMP). S'agissait-il pour eux de donner à la famille politique de Laurent Gbagbo un rôle d'accompagnateur pour parachever leurs cabales contre notre pays, depuis 2010 ? Le FPI-CNRD a eu la lucidité de ne pas mordre à l'appât. L'actualité brûlante lui donne raison. Il reste, indiscutablement, la première force politique de notre pays.

En outre, mon Dieu !, que de contorsions et de circonlocutions pour justifier la débâcle ! On aura tout entendu : « Il n'y avait plus d'enjeu », « les électeurs ne connaissaient pas le rôle d'un député », « les Ivoiriens ont été traumatisés par la crise postélectorale », « le vote leur a fait peur à cause de la présidentielle » et tutti quanti. Ce qui est vrai, c'est que ce score représente le véritable poids électoral de l'alliance Bédié-Ouattara. L'enjeu, il existait bel et bien : celui, pour Ouattara, de prouver qu'il a été porté à la présidence par la majorité des Ivoiriens et de se constituer une assemblée nationale représentative du peuple de Côte d'Ivoire. Il l'a lui-même dit : « Cette élection est essentielle » pour notre pays. Y a-t-il enjeu plus grand ?

Quant à l'argument de la connaissance du rôle des députés, c'est de la diversion. On vote les députés en Côte d'Ivoire depuis 1960. Les Ivoiriens savent bien de quoi il s'agit. A défaut, ils votent leur parti politique ou leur mentor, plus du tout le candidat. Et puis, tout compte fait, à quoi ont servi les pré-campagnes et la campagne électorale. Qu'ont-ils raconté aux populations pendant une semaine, ces candidats ? Au reste, à quoi sert l'éducation citoyenne financée par la CEI et les organisations internationales ? Les deux derniers arguments sont tout aussi fallacieux que les deux premiers. Le régime Ouattara ne clame-t-il pas à l'envi que la Côte d'Ivoire est « rassemblée » et que la réconciliation est « en marche » ? Qu'est-ce qui traumatise encore à ce point les électeurs du RHDP - abstraction naturellement faite de ceux de La Majorité Présidentielle ayant volontairement opté pour le boycott pur et simple d'un scrutin dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?

On peut ainsi voir la vacuité de l'argumentaire brandi par le régime Ouattara pour justifier sa banqueroute électorale. L'Histoire le retiendra : les Ivoiriens ne se reconnaissent pas dans les actions du nouveau pouvoir ivoirien et ont refusé de lui donner un blanc-seing lui permettant de continuer à s'enorgueillir, les brimer - avec en prime l'arrogance - et prospérer dans la justice des « vainqueurs ». Tous les acteurs politiques ivoiriens devraient en tirer toutes les conséquences.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.