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mercredi, 10 septembre 2014

SECURITE: LE QUESTIONNEMENT DU Pr MAMADOU KOULIBALY

 

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Que ce soit en tant que conférencier invité par l’Onuci et la Friedrich Ebert Stiftung pour disserter sur le rôle des partis politique dans le contrôle du secteur de la sécurité en Côte d’Ivoire ou lors de ses multiples rencontres avec les populations et la société civile, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly a pris l’habitude de poser une question à son auditoire : Que faire de la garde prétorienne de Ouattara à l’issue de l’élection présidentielle de 2015?

 

En effet, l’actuel président de la République, dans le sillage de la crise post-électorale, a mis en place une garde prétorienne de 5000 personnes environ. Cette garde issue des forces armées des forces nouvelles (Fafn) lui est rattachée par des liens privilégiés et fidélisés qu’elle a construits avec son arrivée au pouvoir. Ces forces sont donc politiquement liées à Ouattara plus qu’à son régime, au régime plus qu’à l’Etat et à l’Etat plus qu’à la République. Elles font office de forces de dissuasion du régime et semblent bien réussir, pour le moment, tant que le père fondateur est en place.

La garde prétorienne composée des forces spéciales et autres factions gérées par les ex-com’zones au cœur de la République et au service du sommet de l’Etat n’encourage pas les réformes de l’armée. Elle se comporte comme une compilation de milices privées au sein de l’armée et ressemble plus à des conquérants qu’à des soldats d’un état de droit. Mais le droit de l’Etat impose ces forces de sécurité, qui sont loin d’être républicaines, même si on les affublées de ce patronyme. Arrivées au pouvoir dans la dynamique de la crise ivoirienne, elles sont en effet liées non pas à la République, mais plutôt au président de la République qui est toujours président de son parti politique, en violation de la loi fondamentale, sans que cela ne gêne ni le Conseil constitutionnel, ni le Parlement.

On peut présumer que le système est sous contrôle du président-fondateur jusqu’en 2015. Mais que se passerait-il au cas où Ouattara perdait les élections? Que se passerait-il pour cette garde prétorienne et les autres forces pro-Ouattara au cœur de la machine sécuritaire de l’Etat si un membre actuel de l’opposition arrivait au pouvoir en octobre 2015? Comment une République dirigée par Mamadou Koulibaly s’accommoderait-elle des soldats qui ont juré fidélité et qui sont des militants avérés des différentes branches armées du Rdr, qu’on les appelle Fn ou Fafn ou Frci ? Comment s’accommoderait cette garde prétorienne avec un opposant devenu président de la République en 2015 ?

Mais, on peut admettre aussi que la présence même de ces forces pro Ouattara au moment des élections assure une dissuasion telle qu’aucun opposant ne puisse gagner ces élections de 2015. Cette hypothèse n’est pas moins probable que la précédente. Dans ce cas de figure, projetons-nous dans l’après 2015. Supposons que Ouattara gagne les élections et qu’il est dans son second mandat 2015-2020. Admettons qu’il n’envisage pas se représenter aux élections présidentielles de 2020. Cette hypothèse ouvre la perspective d’un renouvellement d’équipe gouvernementale. Il y aura donc un changement de président après 2020. Entre 2016 et 2020, nous entrerons ainsi dans une guerre de succession au cœur du système Ouattara. Le chef auquel les troupes constituées depuis 20 ans sont attachées, au point d’avoir conduit pour lui une rébellion de dix ans, doit laisser la place à un autre chef qui aura moins de légitimité et dans un parti politique en ébullition ou en reconstitution autour de ce nouveau messie charismatique et historique. Une guerre des héritiers de Ouattara est donc à envisager après 2016 et avant 2020. Quels en seraient les protagonistes dans le camp Ouattara? Avec quelles forces vont-ils mener leurs combats? Lequel de ces protagonistes contrôlera la garde prétorienne ? Comment les différentes factions qui composent cette garde prétorienne vont-elles se comporter dans ce «Game of Thrones» saison 2020 made in Côte d’Ivoire? Nous sommes au cœur de la question sécuritaire qu’aucune réforme actuelle du secteur de la sécurité ne peut éviter.

Le Rdr, aujourd’hui unifié autour de Ouattara, va-t-il résister aux guerres intestines que sa succession va déclencher ? Quelles conséquences ces guerres vont-elles avoir à partir de 2015 sur les Frci ? Sur les com’zones ? Sur l’armée ? Sur la police ? Sur la gendarmerie? La guerre des clans qui suivra va-t-elle ou non avoir un impact sur l’Etat ? Sur la République ? Sur les populations civiles ? La réforme du secteur de la sécurité (Rss) entamée peut-elle dès maintenant anticiper cette crise au sein des Frci ?

Dans tous les deux cas de figure, que Ouattara gagne ou perde les élections présidentielles à venir, la question se pose déjà de savoir ce que deviendra la garde prétorienne qu’il a constitué autour de lui et qui protège son régime comme une milice avec ses chefs de guerre directement attachés au président de la République lui-même.

Que deviendront les chefs de guerre dans une Côte d’Ivoire en émergence ? Peut-il y avoir compatibilité entre les chefs de guerre au service d’un président de la République et une prétendue émergence économique ? Faut-il dissoudre ces forces spéciales avant les élections et considérer qu’avec le second mandat de Ouattara ou bien avec le départ de Ouattara battu en 2015, leur mission serait terminée ? Et qui va les dissoudre, ces chefs de guerre qui depuis 2000 n’ont rien fait d’autre que la guerre, le trafic hors-la loi et l’affairisme ? Faut-il les mettre à la retraite et leur verser une rente viagère ? Ils seront de vieux soldats. Ils seront de riches rentiers. Mais ils resteront des militaires incompétents, claniques, violents et si on applique les résolutions 2151 et 2162, ils n’auront certainement plus leurs places dans l’armée nationale. Faut-il leur organiser des départs volontaires et à quel prix ? A quel coût ? Que va-t-on faire de ces autorités militaires devenus des militants politiques ou de ces militants politiques devenus entre temps autorités militaires ? Au-delà des chefs de guerre, des com’zones, que vont devenir leurs troupes ? Peut-on envisager renouveler leur encadrement et leur mise sous l’autorité du chef d’état-major des armées ? Faut-il envisager leur reprofilage et leur mise à disposition des futurs présidents de la République ? Peut-on construire une nouvelle armée, une nouvelle police et une nouvelle gendarmerie avec la logique des forces qui prétendent avoir gagné une guerre et avoir droit à un butin ?

Ces interrogations du Pr. Mamadou Koulibaly s’avèrent être un véritable casse-tête pour ses interlocuteurs. L’auditoire de la conférence du 5 août 2014 à l’Onuci, composé de députés de l’assemblée nationale, de membres du corps diplomatique, des forces armées nationales et internationales, de la société civile et des partis politiques, comme les populations avec qui il échange dans les communes d’Abidjan et à l’intérieur du pays se montrent souvent désemparés face à ce questionnement. Faut-il pour autant perdre espoir et accepter la situation actuelle comme une fatalité? LIDER, qui travaille depuis longtemps sur la question et pour qui il est urgent de construire une doctrine de défense et de sécurité qui soutiendrait un concept cohérent d’emploi des forces et une loi de programmation militaire, pense que non. Il va falloir aborder courageusement ce sujet et surtout mettre en œuvre les actions qui pourront ramener la sérénité et l’apaisement dans le quotidien des Ivoiriens.

La sécurité est l’affaire de tous et il est urgent que M. Ouattara et son gouvernement, qui jusqu’ici n’ont montré aucune motivation à apporter les correctifs nécessaires au dispositif sécuritaire et ont totalement failli à leur engagement d’organiser de grands débats nationaux sur les grandes questions de société, en particulier sur le rôle des institutions – l’armée en étant une –, commencent à faire preuve de volonté politique, de sérieux et de célérité dans le traitement de cette question. 

 

SourceLIDER-CI.ORG

MAMADOU KOULIBALY: CELA M'ATTRISTE TERRIBLEMENT...

 

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Interrogé par le quotidien L’Inter, le président de LIDER, le Pr. Mamadou Koulibaly, avec son franc-parler habituel, fait part de sa profonde déception au vu de l’attitude de certains représentants de l’opposition et évoque les conditions pour battre Ouattara dans les urnes, en dépit du déséquilibre des moyens, des forces et de la commission électorale inféodée.

 

Comment appréciez-vous la réélection de Youssouf Bakayoko comme président de la Commission électorale indépendante ?

Même si cet état des choses est décevant de la part d’un technocrate qui sort du consensus de Washington mais se comporte comme un potentat de village africain, il est dans la logique de l’action du candidat Ouattara qui consiste à verrouiller le processus et le système électoraux pour préparer, forcer et imposer sa victoire. Il faut quand même retenir que les choses ont commencé avec le Conseil constitutionnel anticonstitutionnellement installé, qui ferme depuis lors les yeux sur les violations flagrantes et récurrentes de la loi fondamentale par le président de la République, qui reste à la fois chef de l’Etat et président du Rdr. Il ne faut pas oublier que par la suite, entre autres actes illégaux, le président a installé une Commission électorale totalement à ses  ordres, en violation de la Constitution. Que Bakayoko soit de nouveau installé comme président de la Commission électorale inféodée (Cei) est dans l’ordre normal de la fraude électorale dont il représente les préliminaires. Et cela est dommageable pour nous qui voulons le renforcement de la démocratie et qui rêvons  de société ouverte, apaisée et tranquille. Dommage pour les gens de leur génération dont on se demande bien quelle leçon de morale ils donnent à leurs descendances, lorsque la triche devient officiellement leur mode de fonctionnement ? Après, comment s’étonner qu’aux examens, les enfants considèrent que la fraude soit moralement défendable ?

Vendredi dernier, lors des débats, cinq membres n’ont pas attendu l’élection du bureau de la CEI et ont claqué la porte. Que vous inspire cette situation ?

C’est à croire qu’en Côte d’Ivoire, les gens qui pensent que la norme de vie en société est la tricherie, la fraude, la violence et la lâcheté sont majoritaires. Il est décevant d’observer que le fait que la loi soit mauvaise ne gêne pas tant que cela, qu’on l’accepte parce qu’elle nous permet d’obtenir une rente, même si elle est anticonstitutionnelle. Désappointant tout ça. Il aurait fallu dénoncer la loi comme non conforme à la Constitution. Descendre dans les rues et exiger le respect de la Constitution. LIDER était seul à défendre de façon cohérente et rigoureuse le Droit et la Constitution avec ses amis de La 3ème Voie et des voix de la Convention de la société civile, de certaines associations de défense des droits de l’homme, ajoutées à celles de quelques députés courageux et de l’Udcy. Il faut croire que les défenseurs du droit sont très minoritaires dans notre pays, ce qui explique le règne des fraudeurs, de l’impunité et de la permissivité qui sont à la base de l’injustice. Ceux qui y sont allés et qui prétendent en claquer la porte sans vraiment en sortir maintenant vont préférer dénoncer les maigres parts qui leur ont été proposées pour leur participation à cette Commission, plutôt que le principe même de celle-ci: illégale dans sa conception, inique dans son organisation, déséquilibrée dans sa composition et évanescente dans ses attributions actuelles. Cela m’attriste terriblement. Ils croyaient probablement bien faire, mais ils doivent maintenant se rendre à l’évidence que Ouattara ne changera pas, ne changera plus dans sa logique de confiscation du pouvoir. Ils ont appelé leur attitude «la realpolitik». Ils se disaient opposés à la politique de la chaise vide, mais ne vont pas au bout de leur politique. Aucune conviction donc. Rien que de l’ambition ! Démoralisant tout ça! Et cela déprime l’homme que je suis et me blesse profondément dans mes amours pour la démocratie et pour la Côte d’Ivoire. Je n’ai même pas la force de commenter leurs attitudes ; celle de Ouattara est plus logique et a du sens. Je voudrais simplement réitérer mon souhait et mon appel à l’endroit de toutes ces personnes et leurs mouvements : Laissez vos illusions de côté, il est temps que nous nous engagions ensemble dans la mise en place d’une coalition pour le changement démocratique dans notre pays. Il n’y a que cette voie qui nous donnerait quelque chance de battre Ouattara aux prochaines élections, malgré ses calculs et ses moyens. Construisons ensemble la coalition de la victoire. Nous pouvons le faire si nous nous donnons un programme commun de gouvernement, un discours unique et simple, une équipe managériale cohérente et un candidat unique pour ce but commun. Faisons-le le plus tôt. Nous sommes à 13 mois des élections et il y a du travail à faire. Nous avons faim certes, mais oublions nos ventres pour le moment, serrons les ceintures, mettons-nous au travail et arrêtons de tergiverser dans des querelles de clochers. Il y a-t- il encore des hommes et des femmes de bonne volonté pour entendre cet appel et agir en conséquence? Oui, il y en a. Je continue de le croire.

Voyez-vous dans le couac observé, vendredi, un mauvais présage pour les futures élections ?

Oui. Un très mauvais présage. Nous ne sommes même pas encore à la phase de la liste électorale et voilà déjà les signes annonciateurs de la fraude et de la violence. Dois-je rappeler que c’est la commission électorale qui aura la charge d’établir cette liste? Dois-je rappeler que, de par les faiblesses du code électoral, c’est le président de la République qui est le vrai administrateur des élections chez nous? Les choses se présentent mal. Nous avons dénoncé et continuons de dénoncer une commission électorale qui ne peut avoir la forme de celle mise en place et éviter les conflits, car elle est une association de gens en conflits permanents. Elle devrait être indépendante des partis politiques et du gouvernement. Ce que nous voyons, ce sont des conflits avant même l’enjeu électoral. Que se passera-t-il quand nous serons dans la phase de la confection de la liste électorale ? Dans celle de la campagne électorale ? Le jour des élections ? Lors de la transmission des résultats ? Lors de leur proclamation ? Je pense que c’est clair. Non ?

LIDER a décidé de ne pas être dans la Cei alors que son président a annoncé qu’il se porterait candidat contre Alassane Ouattara. Quelle est cette logique ?

C’est la logique d’un parti qui, malgré tout, garde foi dans le fait que d’ici la date des élections, et avec les travaux engagés au sein de la coalition de La 3ème Voie, l’on arrivera à réveiller tous les démocrates de ce pays, à les remobiliser, à les mettre en ordre pour aller insuffler au pays profond que nous pouvons battre Alassane Dramane Ouattara, malgré les moyens infinis de l’État et les Frci dont il dispose. Mais pour cela, il faut que nous soyons logiques avec nous-mêmes. Si le matin nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’au soir. Si lundi, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’à dimanche. Si en janvier, nous sommes des opposants à Ouattara, il faut le rester jusqu’en décembre. C’est seulement ainsi qu’ensemble, nous réussirons.

 

SourceLIDER-CI.ORG

jeudi, 09 mai 2013

TRANSFEREMENT A ODIENNE DE SIMONE GBAGBO: RECIT D'UNE SOIREE MOUVEMENTEE

 

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Comment le Docteur Banam de la Pisam a drogué sa patiente pour favoriser son transfèrement indigne.


Transférée en urgence d’Odienné où elle est enfermée depuis avril 2011 afin de recevoir des soins à la Polyclinique Sainte Anne-Marie (Pisam), il y a quelques jours de cela, Simone Gbagbo a été reconduite manu militari dans le nord du pays, dans la soirée du 08 mai. Récit d’une soirée mouvementée…

 

Le soleil se couche sur la capitale abidjanaise lorsque des éléments des forces républicaines de Côte d’Ivoire font irruption dans la chambre de l’ex présidente du groupe parlementaire Fpi afin de lui indiquer qu’ils doivent sur le champ la ramener à Odienné d’où elle était venue pour des soins.

Simone Gbagbo qui se trouve en compagnie de sa sœur, une visite autorisée par le procureur de la république, demande à voir le document juridique de son transfert signé par le procureur général. Les soldats qui disent agir sur ordre direct du ministre de la justice ne l’entendent pas de cette oreille et tentent de l’amener de force. C’est à ce moment qu’apparait le docteur,  Prof BANA Abdoulaye (retenez bien ce nom) de l’hôpital qui propose un plan machiavélique aux hommes commis à la sale besogne.
Il leur explique en effet que sa patiente doit descendre dans quelques temps pour subir une fibroscopie alors étant donné qu’elle s’oppose, il leur propose d’attendre qu’il l’endorme afin de leur faciliter la tache. C’est exactement ce qui sera fait. C’est une Simone Gbagbo totalement groggy qui sera embarquée à bord d’une ambulance alors qu’elle porte encore sa tenue de l’hôpital et que tous ses effets personnels sont abandonnés dans la chambre qu’elle occupait.

Dans la soirée, elle est accueillie par le maire d’Odienné à sa descente de l’avion qui feint de s’offusquer de la tenue totalement inappropriée pour une personnalité du rang de Simone Gbagbo qui est retenue prisonnière dans sa localité.

Qu’est ce qui justifie un tel traitement envers celle qui durant dix aura honoré Dominique Ouattara à chaque occasion ? Seul le régime Ouattara est à même de répondre à cette question.

Rappelons que Michel Gbagbo qui séjourne lui aussi dans cet hôpital a été  interdit de visite aussi bien pour sa famille que pour ses avocats.

 

Source: Le blog de Steve Beko

mercredi, 27 mars 2013

OUEST COTE D'IVOIRE - DEPUIS SON FIEF DU MONT PEKO, AMADE OUEREMI MENACE LES FRCI: «SI VOUS ATTAQUEZ, NOUS ALLONS FRAPPER FORT»

  

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« Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de toute action contre nous… Si vous attaquez, nous allons frapper très fort ». Ces phrases, plus que des menaces ouvertes, mais une déclaration de guerre, selon des sources dignes de foi, sont de l’homme fort du Mont-Péko, Amadé Ouéremi, un ex-supplétif des Forces républicaine de Côte d'Ivoire (Frci) qui veut retourner ses armes contre celles-ci.
Le jeudi 21 mars, il a battu le rappel de ses « chefs de guerre » et de nombreux soldats, disséminés dans les forêts classées du Mont-Péko et de Gouin-Debé, dans le cadre de ce qui apparaît, clairement comme un « conseil de guerre ».

De fait, Amadè Ouérèmi et ses hommes qui contrôlent le parc du Mont péko, n’ont pas du tout apprécié la sortie des populations de Gohouo le 10 mars dernier lors de la visite du préfet dans cette localité. Le jeudi 21 mars, après la rencontre entre le préfet et les populations, Amadé Ouérémi, en personne, aurait convoqué tous ses hommes à une réunion dans son quartier général (Qg) basé sur les hauteurs de ce parc national.

Au cours de ce conclave toujours selon nos sources « le seigneur du mont Péko » a dénoncé le comportement des populations et ce qu’il entend faire de sa propriété. Il a d’abord comparé les propos des populations de Gohouo à un défi. « Depuis que nous sommes ici, nous n’avons jamais attaqué un seul campement, nous n’avons jamais occupé de plantations de paysans de Gohouo. Mais c’est eux qui disent aux autorités que nous les rackettons, que nous leur arrachons des campements, des plantations et que nous les traumatisons, alors que tout cela est faux », a-t-il dénoncé. Ensuite il a ajouté : « Comme c’est cainsi qu’ils veulent nous traiter, nous allons prendre des dispositions pratiques », a menacé « le milliardaire du mont Péko ». A ses hommes, Ouérèmi a tenu ce langage de guerre: « Tenez-vous prêts. S’ils veulent nous chasser, nous allons réagir sans état d’âme. Si les Frci nous attaquent, nous frapperons fort », a dit celui qui, au moyen des armes, s’est rendu « propriétaire » du mont Péko.

Par la suite, il a confié que lui et ses hommes n’avaient aucune intention de s’en prendre aux populations civiles dont ils assurent la protection depuis bientôt 10 ans face aux grands bandits qui pullulaient dans la région. « Quand nous venions ici, cette région était invivable. Nous avons pacifié cette zone et aujourd’hui, ceux qui avaient fui, viennent nous traiter comme des criminels. Nous ne partirons pas de cette forêt sans dédommagement », se serait emporté Amadé Ouérèmi. Aux autorités militaires, notamment les Frci, Ouérèmi a tenu à dires ses vérités : « Frères d’armes, je vous demande de vous abstenir de tout action tendant à la force. Cette forêt nous a été cédée parce que nous avons aidé à libérer ce pays. Si vous tentez de réagir, vous le regretterez car je connais votre faiblesse », a laissé entendre l’homme fort du Mont péko, sous l’effet de la colère. « Le Mont péko sera votre cimetière si vous vous aventurez ici », s’est-il voulu beaucoup plus précis. 

Après s’être vidé, Amadé Ouérèmi s’est voulu conciliant. « Je ne suis pas plus fort qu’une armée nationale. Je suis prêt à discuter avec le pouvoir pour trouver une solution humaine au problème de ce lieu », a conclu le chef des hommes armés du parc national du mont Péko.

Pour rappel, le 10 mars dernier, les populations de Bangolo, ont demandé au gouvernement de faire déguerpir le mont Péko de ses occupants indésirables. Par la voix de leur porte-parole, elles avaient menacé de chasser ces combattants qui occupent le parc depuis 12 ans. 

In le quotidien ivoirien "Soir Info".


Source: ABIDJANTV.NET

lundi, 25 mars 2013

PRISE DE POSITION DU PARTI DE MELANCHON: «QUE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT DE LA COTE D’IVOIRE SOIT RECONSIDEREE EN FONCTION DES DROITS DE L’HOMME»

 

 

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Le discours est louable, courageux et l’initiative, au plus haut point appréciable de la part de M. Mélanchon. Mais quand on sait ce qu’est, ce que vaut et ce à quoi sert, en réalité, l’aide publique française au développement (APD), véritable caisse noir d’Etat selon François-Xavier Verschave (Cf. "La Françafrique, le plus long scandale de la République", Editions Stock, 2009), il faudrait peut-être mieux proposer autre chose. De plus significatif. Comme par exemple, adresser un désaveu public et une condamnation officielle à la politique de non-droit et à la dictature implacable du pouvoir Ouattara. Ce sera certainement infiniment plus payant; et l’impact, salvateur pour le peuple opprimé de Côte d’Ivoire mais assurément dévastateur, pour ce régime qui se complait dans le crime, l’injustice, l’impunité. Et qui, pour une fois, prendra peut-être la chose à coeur. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Le Parti de gauche (PG), formation politique de l’opposant français Jean-Luc Mélanchon, vient de se fendre, ce dimanche 17 mars 2013, d’un brûlot contre le régime du président ivoirien, Alassane Ouattara. Sans diplomatie aucune, le PG ne va pas du dos de la cuillère contre le pouvoir d’Abidjan qu’il accuse d’être comptable de «trop de méfaits et d’injustices». Le parti, qui se fonde sur le récent rapport d’Amnesty international sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire intitulé «La loi des vainqueurs», «exige que soit reconsidérée l’aide au développement» de la Côte d’Ivoire «en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile». Ci-après, la déclaration intégrale (disponible sur le site du parti):

Amnesty International constate dans son rapport de février 2013 intitulé «la loi des vainqueurs» une généralisation de la «logique de vengeance et la perpétuation de l’impunité» en Côte d’Ivoire. Aux exactions des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) et des milices supplétives, s’ajoutent dorénavant celles de la Police Militaire qui s’arroge le droit de détenir des militaires certes, mais aussi des civils. Tout au long de l’année 2012, une répression aveugle et sans pitié s’est abattue sur les ivoiriens: les humiliations, les familles rançonnées et la torture sont d’usage courant.

Les «crimes de guerre et crimes contre l’humanité» commis dans l’Ouest ivoirien en particulier à Duékoué pendant l’offensive des rebelles alliés d’Alassane Dramane Ouattara en mars-avril 2011, mais aussi lors de la destruction du camp de Nahibly en juillet 2012, se perpétuent à travers les exécutions sommaires et destructions de biens, le plus souvent basées sur des considérations ethniques. Ces faits restent totalement impunis, ignorés par les autorités ivoiriennes et par la Cour pénale internationale qui juge Laurent Gbagbo.

Amnesty International conclut: «aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions». Une commission Dialogue, Vérité et Réconciliation «inerte», un appareil judiciaire «affaibli et manquant d’indépendance», ignorant superbement les crimes que sont le viol et les disparitions, une telle impunité et l’incapacité à tenir les auteurs de ces crimes atroces responsables créent un risque grave de violence continue.

La France ne peut, comme elle fait toujours sous la présidence de François Hollande, soutenir le régime en place en Côte d’Ivoire, installé avec l’appui déterminant du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Le Parti de gauche exige que soit reconsidérée l’aide au développement de ce pays en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile.

 

Dimanche 17 Mars 2013, Le Parti de Gauche.

 

Badciss Badciss C.

 

Source: LA DIPLOMATIQUE D'ABIDJAN

lundi, 18 mars 2013

LE TRIOMPHE DU MENSONGE ET DE L'INJUSTICE - BERNARD DESGAGNE

 

 

Il vaudrait beaucoup mieux que la justice internationale n'existe pas, car elle constitue en fait une grave forme d'injustice. M. Gbagbo est un grand démocrate et un homme de dialogue, de progrès et de paix. Il a été victime d'un coup d'État sanglant orchestré par les dirigeants mafieux de l'OTAN, en particulier M. Sarkozy, pour mettre au pouvoir un partenaire de l'ordre mondial néolibéral, M. Alassane Ouattara.


L'armée privée de M. Ouattara, les Forces nouvelles, est une armée d’analphabètes soutenus par la France depuis 2002. Elle sévit encore aujourd'hui en Côte d'Ivoire sous le nom de FRCI. Pas une semaine ne passe sans que les FRCI ne commettent des exactions et des violences. Le racket et la contrebande sont leurs principales activités et sources de revenus.

M. Sarkozy, M. Ouattara et beaucoup d'autres chefs d'État devraient être jugés pour leurs crimes de masse, si une véritable justice internationale existait. Les partisans de ces sinistres personnages n'ont qu'une seule stratégie : le déni et les mensonges. Ils passent leur temps à accuser leurs victimes des crimes qu'ils ont eux-mêmes commis au vu et au su de tous. Ils misent sur la complicité des médias, qui répètent constamment les mêmes mensonges et qui ne donnent qu'occasionnellement la parole à leurs contradicteurs. Tout est affaire de pondération dans les médias : une vérité dite une fois ne fait pas le poids devant un lavage de cerveau systématique où les mensonges sont répétés des milliers de fois.

La justice internationale donne les mêmes résultats partout, que ce soit en Côte d'Ivoire, au Rwanda ou en RDC : c'est le triomphe du mensonge et de l'injustice. La justice n'est qu'un concept qui ne vit encore que dans l'esprit des hommes de bonne foi, dont le président Laurent Gbagbo fait partie. Dans la réalité, il n'y a pas de justice. Il n'y a que l'argent, les fusils et les rapports de force. 

M. Assad, le président de la Syrie, l'a compris. Il ne discute pas avec l'OTAN et les médias menteurs occidentaux. Il achète des missiles russes et empêche l'OTAN de lui faire ce qu'elle a fait à Gbagbo et Kadhafi. C'est le seul argument que comprend l'OTAN, qui ne s'intéresse aucunement à la justice, à la démocratie et au respect des droits de la personne et qui n'est que le bras armé des parasites et des pillards du grand capital apatride basé à Wall Street.

La seule conclusion possible est qu'il ne sert à rien de discuter. Il faut s'armer et résister. Puis, un jour, il faudra éliminer pour de bon les agresseurs qui ensanglantent l'humanité depuis Hiroshima. Après, nous pourrons reparler de justice, internationale ou pas.


Regards sur Gbagbo met en avant des personnes qui veulent s'exprimer sur des sujets particuliers ou des personnes qui ont simplement des histoires engageantes à raconter. Leurs opinions ne reflètent évidemment pas celles du site Regards sur Gbagbo.


Source: REGARDS SUR GBAGBO

dimanche, 27 janvier 2013

YOUSSOUF BAKAYOKO OU LE TREPIED DU RECIDIVISTE


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Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Commission Électorale Indépendante a coupé le ruban inaugural de la campagne électorale, vendredi en invitant les candidats à l’élection législative partielle à une campagne modèle! Cela prêterait à sourire si ce n’était pas tragique de se souvenir des promesses passées d’élections transparentes et honnêtes et de se repasser mentalement le film des fraudes, exactions, crimes, puis le coup d’état mis en œuvre, parce que les menaces d’intimidation n’étaient pas suffisante pour décourager le président Gbagbo!

A l’époque, nous étions alors en présence d’acteurs honnêtes pour les uns et corrompus pour les autres; mais entre temps le camp des gens civilisés n’est plus, mort, exilé où embastillé, et aujourd’hui, le camp des rebelles tente de se refaire une virginité en invitant à des élections législatives partielles, préparées par «une campagne civilisée», permettant «une supervision et une certification par les Nations Unies». Les électeurs, ivoiriens et tous les naturalisés de la dernière heure remplaçant gaiement tous les disparus et les exilés vont se mobiliser massivement pour cautionner leurs bourreaux! La consultation sera «apaisée et transparente », conformément «aux canons de la légitimité démocratique de nos élus», ces élus qui sont sortis victorieux des urnes avec des scores incroyablement bas, on parlait de 11 pour cent… et même moins de voix.

Effectivement « les canons de la légitimité démocratique » des nouveaux élus ont tonné, et l’Agence France presse ainsi que les médias ont cessé de compter les morts survenus après les fameux 3000 morts de la crise post-électorale, répertoriés dans toutes les dépêches et servis régulièrement, catéchisme asséné à coup de matraquage, laissant paraitre que tous ces morts l’étaient par la faute d’un Laurent Gbagbo s’accrochant désespérément à un pouvoir qu’il avait perdu, alors que les urnes avaient parlé en faveur de son adversaire Alassane Ouattara ! Oui les canons, la grosse artillerie ont retenti des jours et des nuits durant, parce qu’une France et une communauté internationale ont préféré le vacarme et les lumières du bombardement du palais présidentiel occupé par un Président légalement investi par un Conseil constitutionnel reconnu et souverain. Oui les critères, les canons n’ont certainement pas été ceux de la démocratie et surtout ceux de la liberté, la liberté d’un peuple de disposer de sa souveraineté. Et les milliers de morts qui ont suivi n’ont pas été recensés, Duékoué, Nahibly, et j’en passe…Mais voilà ils ne votent pas, ils ne voteront plus, ils ne sont plus importants pour un régime qui les a assassinés!

Comment croire aujourd’hui ces mêmes acteurs en campagne, comment prendre au sérieux un Youssouf Bakayoko dans un rôle identique, qui au lieu de se mettre au service de son pays, avait proclamé des résultats biaisés depuis l’hôtel du Golf, et ce en dehors du temps, à lui imparti?

Sa définition du tryptique de la démocratie? «Une campagne électorale apaisée, un processus électoral respecté, un verdict accepté avec des élus reconnus»

En histoire de l'art, le tryptique est un ensemble décoratif composé d’un panneau central et deux volets mobiles qui généralement se rabattent sur le volet central pour le recouvrir.Si je reprend fidèlement l’image du spécialiste de l’art Youssouf Bakayoko, assurément un habitué des musés et des Eglises françaises dépositaires de nombreux tryptiques, je dirais que «la campagne électorale apaisée» et «le verdict accepté avec des élus reconnus » constituent les panneaux latéraux du tryptique, encadrant le thème central, «un processus électoral respecté», et bien sûr les panneaux latéraux se rabattent sur «le processus électoral respecté» qui disparaît de notre vue! Bonne image donc, mais je suppose qu’il voulait évoquer le trépied, tabouret à trois pieds, support de la démocratie ivoirienne, que l’on connait bien, toujours instable, peu confortable, dont on risque à tout moment d’être éjecté, et aux pieds fragiles et trop écartés…

La dernière campagne électorale présidentielle est celle qui a coûté le plus cher, parce que vraiment elle se voulait –du côté de la Majorité Présidentielle-, honnête et transparente. Cela ne l’a pas empêchée de se transformer en une guerre parce que les dés étaient pipés d’avance et que ne devait sortir des urnes que Ouattara, l’Economiste du FMI qui offrirait son pays d’adoption à tous les charognards blancs pour quelques applaudissements et une célébrité éphémère, celle  d’un certain Empereur de Kong, dont le royaume est si petit que même son frère ainé, le maire de Kong n’a pu y avoir sa dernière demeure, mais a dû être enterré au cimetière municipal de Williamsville…

Campagne électorale express donc, pour saluer les généreux bailleurs de fonds et investisseurs potentiels allemands que l’on essaie de recruter après les français trop rétifs. Oui, il faut donner l’impression que la démocratie vit son rythme de croisière, que tout va bien, que tout se déroule selon «les canons de la légitimité démocratique de nos élus». Les derniers évènements rocambolesques au Ghana, les enlèvements et tentatives d’enlèvement de personnalités de haut rang, les procès en cours, tout cela nous plonge dans «la promotion de la paix par le dialogue», le discours est saisissant ! Grâce à ces élections, le processus de démocratisation est en cours en Côte d’Ivoire ! Mais voilà, les caisses vides de l’état, malgré les emprunts faramineux, ont fait grimper le prix de toutes les denrées alimentaires, l’électricité, le gaz, les carburants n’ont pas été de reste, et ont connu aussi une hausse…

Alors que ces élections n’étaient pas une priorité du moment, face aux revendications salariales des fonctionnaires qui vont se mettre en grève et paralyser totalement le pays, notre économiste va gaspiller un peu plus l’argent dont il ne dispose pas, en préparant des élections qui ne mobiliseront que ses adeptes, et donner l’impression d’une normalité revenue : tous les réfugiées attendus fermement, -direction la case Prison du Monopoly géant qu’est la Côte d’Ivoire, où tout est à vendre et à acheter-, n’auront même pas le temps de rentrer, d’avoir leur carte d’électeur, et de voter! Qu’à cela ne tienne, les électeurs en Côte d’Ivoire Nouvelle pourront voter plusieurs fois, face à des FRCI analphabètes qui ne distinguent pas une ordonnance médicale d’un laisser passer ou d’une carte d’électeur. Et on comprend mieux que Ouattara ne les envoie au Mali-si toutefois il daigne écouter ses chers frères et sœurs pour une fois- qu’après ces élections, car il a besoin d’eux pour mener cette «campagne civilisée», pour «une consultation apaisée et transparente»!

 

Shlomit Abel, 26 janvier 2013.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 17 décembre 2012

COTE D'IVOIRE: DES MILITAIRES TUES DANS UNE ATTAQUE A AGBOVILLE

 

AGBOVILLE - MILITAIRES TUES.jpg

 

Deux militaires ont été tués dans l’attaque dimanche d’un poste de contrôle de l’armée ivoirienne à Agboville (sud, 80 km au nord d’Abidjan), selon des habitants de la localité.

D’après un enseignant dans la ville joint au téléphone, l’attaque a eu lieu vers 7h00 du matin au poste de contrôle du village d’Ery-Makouguié 1, à un kilomètre d’Agboville, à la sortie nord de la ville vers Abidjan.

Les assaillants ont ouvert le feu sur des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) en service à ce corridor, en tuant deux avant de blesser un civil et d’emporter des armes et un véhicule du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd, parapublic), selon un autre témoin.

Parmi des éléments de la gendarmerie appelée en renfort, deux éléments ont été blessés, a indiqué un gendarme de la localité joint au téléphone.

Le gendarme signale qu’une première attaque a eu lieu samedi à un autre poste de contrôle des FRCI dans la localité de Kopo, à 56 kilomètres d’Agboville, sans dommages.

L’attaque d’Agboville intervient après plusieurs mois d’accalmie consécutifs aux attaques répétées contre les positions des FRCI qui avaient fait plusieurs morts.

Le gouvernement avait accusé les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo d’en être les auteurs, ce qu’ils ont nié.

 

Source: XINHUA

samedi, 24 novembre 2012

COTE D'IVOIRE: OU VA ALASSANE OUATTARA?

ALASSANE OUATTARA - ADO MAGELLAN.jpg

 

Au pouvoir depuis 19 mois, Alassane Ouattara n’a toujours pas stabilisé la Côte d’Ivoire, malgré une campagne propagandiste visant à montrer une Côte d’Ivoire où tout va pour le mieux. Malheureusement, le pays semble toujours plongé dans un engrenage aux conséquences incalculables. Avec une cristallisation des positions et une fracture sociale qui peine à se ressouder. 

Violations permanentes des droits de l’homme, justice des vainqueurs, rattrapage ethnique, traque, enlèvements, arrestations tous azimuts des partisans de Laurent Gbagbo… Une situation qui n’est pas près de prendre fin, dix-neuf mois après la prise du pouvoir par Alassane Dramane Ouattara. Malgré les interpellations - en catimini - de l’Onuci et de certaines chancelleries occidentales accréditées à Abidjan, le régime Ouattara continue de s’accommoder de la situation de terreur et d’insécurité rapprochée qui prévaut. 

Aggravant de plus en plus la détérioration déjà grande de la cohésion sociale. En fait, Ouattara et ses lieutenants veulent- ils vraiment d’une Côte d’Ivoire définitivement réconciliée? Où va Ouattara qui semble courir dans tous les sens sans toutefois réussir à mettre le doigt sur le véritable blocage? Malgré son hymne à la réconciliation entonné depuis mai 2011, le chef de l’Etat a-t-il de réelles dispositions à aller à une véritable réconciliation qui passe nécessairement par le règlement politique de la crise postélectorale? Bâillonner l’opposition, museler la presse libre, maintenir une politique de terreur qui se résume en une traque effrénée des pro-Gbagbo, à des enlèvements et arrestations à échelle industrielle, et à des actes de tortures à profusion. 

Peut-on vouloir une chose et son contraire à la fois? En tout cas, Alassane Dramane Ouattara est en passe de réussir cette prouesse. Car, pendant qu’il continue d’asphyxier économiquement des centaines de familles dont les comptes bancaires sont gelés depuis deux ans, pendant qu’il maintient en détention les personnalités proches de Laurent Gbagbo, pendant qu’il «éternise » l’exil de centaines de milliers d’Ivoiriens, Ouattara appelle à la réconciliation. A quelle réconciliation fait-il allusion? L’institution sortie de sa besace pour conduire le processus de réconciliation va à vau-l’eau. Banny, le président de la Cdvr, a vraisemblablement des difficultés pour faire bouger le train de la réconciliation. A cause du manque de volonté politique affichée de la part du régime Ouattara. 

Dans un tel environnement, près de deux ans après la fin de la crise postélectorale, les violations des droits de l’homme sont aussi récurrentes qu’après l’arrestation du président Gbagbo. La vague de répression des Frci sur les populations et partisans de Laurent Gbagbo en particulier semble sans fin. Malgré les dénonciations de l’Onuci, d’Amnesty International, la FIDH et tout récemment de Human Rights Watch (HRW), Ouattara reste toujours de marbre. Les principaux mis en cause de cette vague de répression et de tortures sont toujours des pions clés du régime Ouattara. Pis, ces ex-chefs de guerre, au lendemain des accusations et dénonciations des organisations de défense des droits humains, ont eu des promotions. Alassane Ouattara, ce «démocrate» imposé à coup de bombes, reste insensible au martyre que vivent des milliers d’Ivoiriens, détenus, déportés, traqués au quotidien ou en exil. 

Une hyper-présidence dans un environnement de terreur 

Depuis le 11 avril 2011, les Ivoiriens vivent sous un pouvoir d’exception, à la limite du régime militaire. Avec un retour progressif puis en force des «Com’zones» comme du temps de la rébellion de septembre 2002. Le pays est codirigé par l’aile politique, tenue par Alassane Ouattara et l’aile militaire, avec la montée en puissance des ex-chefs de guerre, derrière qui transparait l’ombre d’un certain Guillaume Soro. Au-delà de cette évidence, Alassane Ouattara exerce une hyper-présidence. Violant à maintes reprises la Constitution ivoirienne, sans sourciller. Sa récente décision de dissolution du gouvernement suite à un débat au Parlement est symptomatique de son «hyper-présidence», si on veut faire dans la litote. Une «hyper-présidence» qui admet difficilement le fait de la séparation des pouvoirs exécutif et législatif. Il a selon toute vraisemblance la dictature à fleur de peau. A défaut de ne pouvoir dissoudre l’Assemblée nationale, le chef de l’Etat s’est empressé de dissoudre son gouvernement. 

Histoire de mettre la pression sur les députés PDCI qui osent contrarier les projets de lois émanant de l’exécutif. En réagissant ainsi Ouattara entend dicter une certaine attitude à ses alliés du Pdci qui estiment avoir légitimement certains droits. L’hyper-président a voulu ainsi montrer à ses alliés qu’il n’est redevable qu’à ses soutiens extérieurs qui l’ont permis de s’installer au palais présidentiel. Où va Ouattara avec cette radicalisation de sa gouvernance. Peut-il prendre le risque de se mettre à dos le Pdci? Osera-t-il fâcher davantage le Pdci avec la formation de son nouveau Gouvernement, qui sera dirigé par Daniel Kablan Duncan? Pas si sûr, même s’il ne jure que par sa fidélité à ses parrains. 



Franck Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

vendredi, 09 novembre 2012

MENACES DE DESTABILISATION: UN LIEUTENANT D'IB FAIT DE GRAVES REVELATIONS SUR LA SECURITE D'ALASSANE OUATTARA

 

 

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Il se fait appeler «Dr Ali Konaté», un lieutenant du défunt sergent chef Ibrahim Coulibaly. Il s’est ouvert à nous, le dimanche dernier (4 novembre 2012, Ndlr) à Cocody, suite à notre entretien exclusif avec «Brebis galeuse», qui se dit élément des Frci ayant décidé de rompre le silence. Il a fait de graves révélations sur les attaques contre les positions et camps des Frci ainsi que sur certains événements de la crise post-électorale. Entretien. 
 

Qu’est-ce qui nous vaut l’honneur de votre visite? Qu’avez-vous à nous dire de particulier? 

Il y a l’actualité brûlante. Nous allons parler des causes et des effets de ce qui est en train de se passer dans notre pays. Et si possible, faire quelques ébauches de solutions. Mais avant tout, je voudrais commencer par la mort du Major, le sergent chef Ibrahim Coulibaly. Beaucoup de choses sont dites sur pourquoi il fallait l’éliminer; après son élimination qu’est-ce qu’on a fait de son corps, puisque sa famille biologique tout comme nous ses hommes attendons toujours. Il n’a pas bénéficié d’un enterrement digne; c’est plutôt à une parodie d’enterrement qu’on a assisté. Et dix jours après, on nous a même dit que son corps a été déterré. 

Pourquoi faites-vous ce rappel? 

Nous le faisons parce qu’en son temps, le chef suprême des armées, avait dit à son ministre de la Défense, aussi Premier ministre, de désarmer Ibrahim Coulibaly de gré ou de force. Tout le monde savait que de gré, cela était impossible. Mais personne n’avait idée du degré de la force. Cela a donc donné ce qu’on a constaté. Ces propos ont été tenus à la télévision nationale. Le même chef suprême des armées est venu dire peu après l’assassinat du Major qu’il était mort aux combats. Il avait diligenté une autopsie qui devrait être suivie de la remise de la dépouille à la famille biologique du Major pour un enterrement digne. Mais tout le monde attend les résultats de cette autopsie. Mais pour la petite histoire, une autopsie est faite pour élucider deux situations: démontrer que le corps sur lequel est pratiquée l’autopsie est bien celui dont il s’agit; et déterminer de quoi il est effectivement mort. Et c’est là que nous ne comprenons rien. 

Pourquoi? 

Le chef de l’Etat, chef suprême des armées a lui-même dit que le sergent chef Ibrahim Coulibaly est mort aux combats. Dès lors, à quoi sert l’autopsie? Cette confusion nous a intrigués. On s’est dit qu’il y avait anguille sous roche. Nous nous sommes demandés si le chef suprême des armées était manipulé par quelqu’un, s’il était en collusion avec quelqu’un sur ce coup-là ou s’il protégeait quelqu’un. Nous nous demandons toujours. 

Mais pour le besoin de la réconciliation, nous avons passé sous silence cet aspect très important. Etant donné que 4 Ivoiriens sur 10 se reconnaissent en Ibrahim Coulibaly, il serait souhaitable qu’on fasse la lumière sur les circonstances de sa mort; l’enterrer dignement et passer à autre chose. 

Est-ce pour cela que vous nous avez contactés pour cet entretien? 

Pas seulement ça. Lorsque les attaques ont commencé, notamment après la seconde attaque, nous avons entendu dire au sommet de l’Etat qu’il y a une connexion entre les pro Ibrahim Coulibaly et les pro Gbagbo pour attaquer l’Etat. 

Qui l’a dit? 

C’est ce qui a été dit. Vous êtes journaliste, renseignez-vous, vous saurez qui. Celui qui n’était pas loin de l’information, c’est l’actuel ministre de l’Artisanat, Konaté Sidiki. Il a été le premier à dire qu’il y a une connexion entre pro Ib et pro Gbagbo. Et ensuite cela a été ressassé par l’actuel ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Mais après cette deuxième attaque, il y en a eu bien d’autres de sorte qu’on ne sait plus s’il faut toujours parler de connexion, ou de bandits de grands chemins comme on l’a fait aussi croire. 

Ou alors s’il faut se focaliser sur le disque rayé des pro Gbagbo qui commencent à ne plus faire recette. Que des bandits n’attaquent plus les grandes surfaces qui pullulent à Abidjan, mais préfèrent attaquer des gendarmeries, des camps militaires, des postes frontaliers, et qui chaque fois qu’ils viennent repartent avec un butin, notamment des armes lourdes et des munitions. Où vont-ils avec ces armes? A qui profitent-elles? Nous les pro Ibrahim accusés à tort avons envie de savoir. 

Avant de vouloir savoir qui attaque les Frci, que répondez-vous à ceux qui vous accusent de vouloir déstabiliser Ouattara? 

Je vais plutôt vous donner matière à réflexion. Imaginez-vous des gens (ndlr, pro Gbagbo) qui seraient venus du Ghana, comme on veut le faire croire, qui ont traversé le tout Abidjan pour se retrouver à Akouédo, l’un des camps les mieux sécurisés de l’Afrique de l’Ouest, n’attaquent pas mais y entrent comme couteau dans du beurre, ne forcent pas la poudrière mais y ont accès et se servent en armes et munitions. Et le lendemain matin, on nous dit que ces gens-là ont fui et ont abandonné dans leur fuite des armes dans la forêt de Bingerville. Mais entre nous, y a –t-il une forêt à Bingerville? 

Il n’y en a pas. Nous savons qu’il y a des plantations de tecks mais pas de forêt. Et celui qui nous dit ça c’est le premier à se prononcer sur cette attaque d’Akouédo. La deuxième personnalité à se prononcer officiellement sur cette attaque d’Akouédo, c’est le président de l’Assemblée nationale. Mais il n’est ni ministre de l’Intérieur, ni le directeur de la Dst, ni le ministre de la Défense, il n’est même plus Premier ministre. Et c’est lui qui fait des commentaires. 

Il dit: «Nos éléments ont repoussé les assaillants. Et à l’heure où je vous parle, nos éléments sont en train de faire les ratissages». Qui sont ces éléments, et en tant que qui parlet-il? Mais c’est longtemps après que le ministre de l’Intérieur a dit que ce sont les pro Gbagbo, sans enquête aucune. La situation est tellement sérieuse, il fallait faire un minimum d’enquête avant de faire des affirmations. 

Et quand on dit qu’il s’agit de pro X ou Y, il faut brandir des preuves matérielles. Or tel n’a pas été le cas. Jusqu’à la dixième attaque, c’était la même rengaine. Finalement, il fallait en fabriquer. On nous parle d’armes lourdes que ceux qui attaquent emportent avec eux. Je reviens à ma question: où vont-ils avec, que vont-ils en faire? Ce qui nous ramène à qui est derrière ces attaques? 

Vous avez lâché le mot, qui est derrière ces attaques attribuées grossièrement aux pro Gbagbo? 

Nous les pro Ibrahim Coulibaly avons envie de le savoir autant que vous. Le chef suprême des armées a tranché, notre leader a été tué, nous militaires pro Ib attendons le retour de l’ascenseur. Mais en tant qu’Ivoiriens, nous voyons que notre pays est attaqué. Nous nous demandons si ceux qui ont attaqué hier, sont en train d’être attaqués aujourd’-hui, on se demande. Quand nous lisons entre les lignes, nous nous rendons compte que dans l’ordre hiérarchique militaire ceux qui doivent nous informer quand il y a des attaques ne sont pas ceux qui nous ont toujours informés. Il y a problème! 

Qui selon vous devrait en premier sonner le tocsin? 

Le directeur de la Dst est le mieux placé, selon moi. Mais ce n’est pas lui qui nous parle. Souventefois, c’est le ministre délégué qui monte au créneau. Mais il fait du réchauffé. Il répète parfois mot pour mot ce que le ministre de l’Intérieur a dit. On veut bien comprendre à quoi joue le ministre de l’Intérieur, à quoi joue Paul Koffi Koffi et à quoi joue le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. Et nous voulons savoir pourquoi la Dst est muette, nous voulons savoir. 

Vous ne nous avez pas encore dit qui vous voyez derrière ces attaques? 

Si nous donnons un nom ici et maintenant l’on nous dira que ce sont les mêmes hostilités d’alors. C’est pourquoi, nous ouvrons des brèches qui vont permettre à chacun de se faire une opinion. 

Oui, mais vous pro Ib avez été associés aux pro Gbagbo comme auteurs des raids qui visent les Forces républicaines, alors qui voyez-vous derrière ces attaques? 

Nous ne nous reconnaissons pas dans ces raids. Parce que ceux qui nous accusent connaissent nos modes opératoires. Nous soldats qui nous réclamons du sergent chef Ibrahim Coulibaly, n’attaquons pas à moitié. Nous attaquons une fois et le résultat est là. Tout le monde sait comment nous fonctionnons depuis 1999. Et puis quand nous attaquons, nous revendiquons notre attaque. En 1999 quand nous avons «tapé», nous ne nous sommes pas cachés. Nous avons revendiqué l’attaque. En 2002, quand nous avons attaqué, nous l’avons revendiqué, même si chacun sait comment ça s’est terminé après. Quand nous étions à Abobo, nous l’avons revendiqué. Ce n’est pas nous. Ceux qui attaquent Ouattara ont un objectif. 

C’est lequel? 

Ils veulent déstabiliser; ils veulent faire peur à celui qui est là. Parce qu’ils savent qu’il n’est pas assis. Voilà la vérité. 

Qu’est-ce qui vous fait dire cela? 

Un pouvoir qui est réellement assis a un service de renseignement efficace. Il a un état-major efficace, donc avec un Chef d’état-major efficace. Même si nous sortons d’une guerre, l’embryon de son armée doit être solide. Il n’est donc pas assis. Ça c’est l’aspect militaire. Au plan politique, les Ivoiriens se regardent avec tellement de méfiance que chacun évite son prochain. Regardons la justice. La Cpi a demandé à ramener toutes les enquêtes sur les crimes commis en Côte d’Ivoire jusqu’en 2002. De cette date à ce jour, des crimes ont été commis à gauche comme à droite. Il y en a eu au Sud comme au Nord. 

Mais seuls les crimes commis au Sud ont été jugés. Parce que leurs auteurs présumés sont pro X. Pourquoi pas ceux qui ont été commis depuis 2002. Quand je parle des crimes de 2002, je fais allusion aux viols, aux vols, à la déforestation, au pillage du diamant, de l’or. Notre sous-sol a été exploité sans limites. Je ne cite pas la mainmise sur le coton, l’anacarde, le cacao, le bois, etc. Ceux qui ont fait cela sont devenus insolemment riches. Ils sont là. Et voilà un Monsieur que l’on traque au Ghana pour braquage de trois milliards à la Bceao et pour crime de sang. C’est quoi son crime économique? Le braquage de la Bceao à Abidjan. On dit qu’il a volé 3 milliards. 

Savez-vous combien de milliards a-t-on emportés à la Bceao de Bouaké, Daloa, Korhogo? Ces cas ne sont-ils pas des crimes économiques? S’ils le sont alors que la justice ivoirienne se prononce là-dessus. Que ceux qui ont commis ces crimes-là soient poursuivis comme les pro Gbagbo le sont actuellement. 

Qui doit-on poursuivre pour ces faits que vous venez d’énumérer? 

Celui qui s’est déclaré responsable de la rébellion, c’est-à dire le président de votre Assemblée nationale. C’est lui qui a dit haut et fort que c’était lui le patron de la rébellion. 

Pourquoi la justice ne traque pas ces gens-là, alors qu’elle est aux trousses des pro Gbagbo qu’on accable de tous les péchés d’Israël? 

(Il garde le silence pendant 2 minuties) Est-ce que le pouvoir veut réellement le livrer. Est-ce que la Cpi est réellement décidée à venir les chercher. Je voulais finir par cela, mais comme vous avez ouvert la brèche, je vais le dire… 

De quoi s’agit-il? 

Une chose va se passer, parlant de ce que la justice doit faire. Puisque le Président Ouattara n’est pas prêt de donner son ok pour que les criminels de son bord soient jugés et condamnés. Il a montré son incapacité à le faire. Il va amnistier tous les pro Gbagbo civils qui ne sont pas impliqués dans des crimes de sang. Il n’a pas le choix, il va les libérer pour jeter la poudre aux yeux de ceux qui disent qu’il y a la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire. Il y aura une parodie de justice qui va détourner l’attention des Ivoiriens. Ils ont commencé avec leur caravane de la paix qui réclame la libération de ces gens-là. Tout ça parce qu’il ne peut pas faire arrêter ceux que vous savez. 

Vous avez dit que les pro-Ib sont loin des attaques contre les positions des Frci. Au cas où elles devraient emporter le régime resteriez-vous dans votre position d’attentiste sans vouloir sauver le régime Ouattara? 

Si celui qui a demandé en son temps qu’on désarme de gré ou de force se rappelle que nous pouvons lui être utile et en fait la demande, il n’y a pas de raison que nous ne l’aidions pas. Sinon, nous ferons comme tous les Ivoiriens, nous regarderons de loin les choses. 

Vous confirmez donc ne rien avoir avec ce qui se passe ces derniers temps… 

Nous n’avons rien à voir avec ce qui se passe. Je le répète. Nous avons des signatures dont une signature qui est en train d’être imitée. D’un, quand nous attaquons nous revendiquons. De deux, en 1999 lorsque certains de nos frères d’armes étaient arbitrairement détenus à la Maca, nous avons forcé la Maca pour les extraire. Mais les autres détenus en ont profité. Nous attaquions les prisons pour en extraire nos éléments qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs. Mais aujourd’hui, presque toutes les prisons de Côte d’Ivoire ont été attaquées. 

Ce ne sont pas là les méthodes des pro Ib. Ils le savent. Nous n’attaquons pas les prisons pour le plaisir de le faire. Nous attaquons les prisons où nous avions des éléments arbitrairement arrêtés, et qui pouvaient nous aider à atteindre nos objectifs. C’est d’ailleurs pourquoi, nous n’avions attaqué que la seule Maca. 

Vous êtes en train de nous dire que ceux qui attaquent les prisons depuis un certain temps sont en train d’en extraire les leurs dont ils ont besoin les services? 

Pas seulement ça, à mon avis. Mais pour que l’on regarde dans notre direction, nous les pro Ib. Puisque c’est une de nos signatures qui est imitée par ces gens-là. Ils veulent brouiller les pistes en faisant croire à ceux qui connaissent nos signatures que c’est nous, alors que ce n’est pas nous. 

Vous êtes en train de nous dire que quelqu’un essaye de vous faire porter la responsabilité de ces actes criminels? 

Tout comme il essaie de la faire porter aux pro Gbagbo. Si l’occasion vous était donnée par ceux qui font les frais des attaques de ces encagoulés d’en finir avec eux, le feriez-vous? Ça dépend de quelle occasion. Je vous ai dit tantôt que si celui qui nous a fait désarmer hier se souvient de nous et nous fait appel, nous allons réagir. Nous avons désarmé. Nous avons désarmé cinq jours avant qu’on vienne nous attaquer et tuer celui qui a été tué. Nous avions déjà désarmé. Nous ne sommes pas revanchards. Sinon, celui qui est en face est civil. Ceux sur qui il compte sont pour la plupart de gens formés par nous. Certains étaient nos chauffeurs et d’autres nos cuisiniers. Si nous étions revanchards, quand il nous a ravi la tête de la rébellion il était facile pour nous de le contrer. 

Qui est ce civil qui est en face? 

La question a été déjà répondue. J’ai dit, celui qui a été notre porteparole, était le Premier ministre, ministre de la Défense, il disait à tout le monde que nous étions ennemis. Nous, nous le prenions peut-être pour un adversaire mais pas un ennemi. Car si c’était un ennemi on l’aurait éliminé. Je vous le répète, nous sommes militaires et stratèges, lui il est civil. Si nous avions envie de l’extraire lui seul pour que la Côte d’Ivoire que nous avons en commun ait la paix, nous n’allons pas hésiter. 

Mais nous n’avons pas encore la certitude que si nous l’extrayons cela n’aura pas de conséquences sur la Côte d’Ivoire que nous avons en commun. C’est pourquoi je vais vous ramener à ce que j’avais dit tantôt: si celui qui nous a fait désarmer hier nous dit que si nous extrayons ce civil, cela n’aura pas d’incidence sur la Côte d’Ivoire, nous entrerons dans la danse. Ce soir même (ndlr, dimanche soir)! 

N’essayez pas de distraire les Ivoiriens. Tout le monde sait que les soldats d’Ib ont été désarmés, éparpillés car confrontés à diverses difficultés. Il faut d’abord que vous existiez en tant que groupe pour prétendre faire quoi que ce soit… 

Si nous n’existions pas, on ne nous aurait pas associés aux pro Gbagbo comme auteurs de l’attaque d’Akouédo. Si nous n’existions plus, si nous n’étions plus rien car disloqués comme cela a été dit dans leur presse, on n’allait pas nous associer à ces attaques-là. On n’allait pas nous indexer. Ceux qui nous indexent savent qui nous sommes. Nous sommes militaires, ils le savent. Je vous le dis encore: si nous avons les preuves qu’extraire notre adversaire ne posera pas de problème à la Côte d’Ivoire, on l’extrait. Même ce soir! 

Il nous est revenu qu’il y a eu une connexion entre certains pro Ib et le ministre Hamed Bakayoko. Si oui, que s’est-il passé? 

Vous êtes bien informés. Il y a eu effectivement tentative de nous approcher. Mais comme certains disent que nous n’existons pas, nous lui avons donné cette réponse-là : nous n’existons plus, nous ne pouvons rien faire. On se rappelle qu’au nombre de ceux qui étaient dans la cabale contre le Major, il y avait un journal proche d’Hamed Bakayoko qui a passé plus d’un mois et demi à nous traiter de tous les noms. Alors quand il est venu, nous lui avons rappelé ce que son canard a dit sur notre inefficacité, sur notre malhonnêteté, sur notre mauvaise foi. Nous lui avons rappelé l’interview du Major qu’un journaliste de son canard a faite, mais qui a passé plusieurs jours dans un tiroir avant d’être publiée complètement lessivée. Il a du se rebiffer après tout ça. Mais il n’a pas abandonné dans sa quête de se faire aider. Il est rentré quelque part d’autre. 

Où? 

Il s’est retrouvé avec certains jeunes dits patriotes à Yopougon. Il est allé puiser là-bas, parce que l’autre aussi y a puisé. Si vous ne le savez pas, il y a puisé d’anciens miliciens. 

Quand vous dites l’autre, d’aucuns voient Guillaume Soro, et pensent que c’est la guerre de succession de Ouattara qui a commencé… 

Allez poser cette question aux instances du Rdr. Nous ne sommes pas politiques, mais militaires. Mais quand on lit entre les lignes, il y a effectivement assez de problèmes autour de Ouattara. Il y a Guillaume Soro qui est d’un côté et qui n’est pas très loin d’être supporté par Amadou Gon. Il y a Hamed Bakayoko de l’autre, qui entraîne dans son sillage des gens comme Adama Bictogo. 

Ceux-là ont formé des blocs tels que même pour les nominations de Dg ou de Pca, la signature est déposée devant Ouattara. Le Secrétaire général du gouvernement ou le Secrétaire général de la présidence se battent sur la signature des décrets de nominations. Pour tout vous dire, au début le ministre de l’Intérieur ne voyait pas la gêne de l’autre. Mais quand il a su la vérité, il nous a approchés. Il a approché les «jeunes patriotes» et c’est en train de donner ce que ça donne. Cela me choque que ceux-là mêmes qui ont organisé l’élimination des Maguy Le Tocard et autres soient aujourd’hui en train de s’adonner à cette parodie de réconciliation avec les mêmes jeunes patriotes. On se retrouve dans la même situation d’entre les deux tours où le «prix du Baoulé» avait grimpé. 

Aujourd’hui, ce sont les jeunes patriotes qui valent de l’or. On les exhibe à la télévision pour faire croire que tout baigne. Mais nous savons que ça ne va pas. 

Comment s’en sortir donc? 

Que le chef de l’Etat libère ceux qui doivent l’être. Qu’il se comporte comme le Président de tous les Ivoiriens en posant des actes qui le prouvent. Et puis, j’oubliais. Il y a à dire sur l’actuel procureur militaire Ange Kessi Kouamé. Récemment le Général Dogbo Blé a été jugé et condamné pour l’assassinat du colonel major Dosso, parce que le Général Dogbo Blé répondait aux ordres du chef suprême des armées d’alors. Et lui Ange Kessi, à qui répondait-il? C’était à Gbagbo aussi. Mais c’est lui qui juge. Pour qu’on s’en sorte, il faut que celui qui doit juger juge. Que celui qui mérite d’être jugé ne soit pas celui qui juge. 

Quand vous parlez de justice, pensez-vous que ceux qui ont tué votre chef doivent être poursuivis comme on l’a fait pour le colonel Dosso? 

Cela va de soit, c’est un assassinat. Le chef de l’Etat, quand il battait campagne a dit qu’une fois élu il ouvrirait des enquêtes sur la mort de Boga Doudou, le général Guéi. Mais aujourd’hui les enquêtes ont commencé sur la mort du général Guéi pour finir sur celle du colonel Dosso. Et les autres, on veut comprendre. Soit on juge tout le monde soit on ne juge personne. Je voudrais que vous le sachiez, et n’en déplaise, ceux qui attaquent en ce moment ont puisé chez les miliciens, chez certains Fds qui leur sont restés fidèles, chez les Frci actuelles. Ils sont en train de leur donner de l’argent. 

Je ne sais pas si des pro Gbagbo aussi mènent des attaques. Et puis nous ne comprenons pas quand on nous dit que ce sont les pro-Gbagbo qui attaquent. S’agit-il des pro Gbagbo militaires ou des civils. Puisque la plupart de ceux qui ont été pris sont des civils. On nous a dit ici que c’était Alphonse Doauti qui les finançait. 

Le ministre de la Défense a même dit que ces «déstabilisateurs» pro Gbagbo étaient payés à 175.000 FCfa. Mais il ne nous jamais dit qui les payait. Ils ont payé des 4X4 pour l’Ouest, on nous les a montrées à la télé. Ils ont payé des rangers, on nous les a montrés à la télé. Mais ceux qui payent des salaires à des déstabilisateurs on ne nous les montre pas. Parce qu’ils n’ont jamais existé. Alors Ivoiriens, soyez vigilants. Parce que Douati qu’ils avaient brandi comme le financier des assaillants est en prison. Donc logiquement ils devraient être à court d’argent. Mais regardez, combien d’attaques y a-t-il eues après l’emprisonnement de Douati. Le danger ne vient pas de là où on veut diriger nos regards. 



Interview réalisée par Osée Délamond, in le quotidien ivoirien LG-INFO


Source: AFRIK53.COM

COTE D'IVOIRE: PAR PEUR DU COMMANDO INVISIBLE, LA GENDARMERIE NATIONALE DESARMEE


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Le général Gervais Kouassi, Commandant supérieur de la gendarmerie, passant en revue ses hommes

 

Le général de division Gervais Kouassi, Commandant supérieur de la Gendarmerie, a procédé au désarmement de toutes les brigades de gendarmerie sur toute l’étendue du territoire national.

Après la police nationale, c’est aujourd’hui au tour de la gendarmerie nationale, de se voir désarmée.

Selon nos sources, c’est par crainte des attaques répétées du Commando invisible..., attaques au cours desquelles le Commando emporte toujours armes et munitions des mains des FRCI, de la police, et de la Gendarmerie, que cette mesure conservatoire a été prise. Une sorte de désarmement de l’armée nationale par ce Commando, qui ne dit pas son nom.

Le général Gervais Kouassi a donc voulu anticiper cet état de fait, en procédant lui-même au désarmement de ces hommes, avant que ceux-ci ne soient désarmés par le Commando invisible, au cours de prochaines attaques qui sont annoncées avec insistance par les médias pro-Ouattara. N’est-ce pas là conduire ses hommes à l’abattoir?

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C’est le sens de l’opération «brigades sans armes» qui vise à couper l’herbe sous le pied du «commando invisible».

Selon Notre voie (29/10), toutes les brigades de gendarmerie de Côte d’Ivoire sont donc désarmées depuis le lundi 22octobre dernier. «Le commandant supérieur de la Gendarmerie a dit qu’il ne veut pas avoir de problèmes avec ses patrons. C’est pourquoi il a décidé de désarmer toutes les brigades de gendarmerie de Côte d’Ivoire pour selon lui, éviter que le commando invisible qui attaque les FRCI et emportent leurs armes à chaque occasion, fasse la même chose aux gendarmes, surtout qu’il y a eu déjà des attaques contre des brigades de gendarmerie à Vridi et à Bongouanou où des armes ont été emportées», expliquent avec amertume des gendarmes interrogés sur la question ces dernières heures. «Ce sont les brigades qui voient leurs armes ramassées à cause de la décision du patron de la Gendarmerie. Les munitions sont aussi ramassées. Les armes collectées sont convoyées dans les légions dont dépendent les brigades de son ressort. L’opération a démarré à la légion de Yamoussoukro où sont stockées les armes des brigades issues de sa circonscription administrative. Puis, ont suivi les 1ère légion (Agban), 2ème légion (Daloa), 3ème légion( Bouaké) et 5ème légion( San Pedro) en réceptionnant les armes et munitions des brigades relevant de leur compétence. Selon plusieurs sources proches de la gendarmerie nationale, cette opération étale au grand jour la méconnaissance du général Gervais Kouassi de la gendarmerie.

Nous y reviendrons.

 

Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

DES FRCI LACHENT OUATTARA - LA LETTRE POIGNANTE A L'ONU: «NOTRE PAYS VA MAL»

 

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A Monsieur le responsable de la division des Droits de l’Homme de l’Onu 

Monsieur, 

Nous soldats Frci exerçant les fonctions d’agents de renseignement à l’état-major, avons l’honneur par votre truchement de porter à la connaissance de l’Onu, de la Communauté internationale, la France, des diplomates, du Nonce apostolique et de tous ceux qui suivent de près l’évolution de la situation sociopolitique, notamment de la dégradation inimaginable des Droits de l’Homme, des exécutions extrajudiciaires, l’épuration ethnique en Côte d’Ivoire sous le régime des tortionnaires, actuels gouvernants aux destinées de la Côte d’Ivoire, ce qui suit: En effet, depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, sous les pluies des bombes de l’armée française, la Côte d’Ivoire, notre pays va très mal. 

Il ne se passe plus de jour sans que des fils et filles de ce pays subissent des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et emprisonnements arbitraires aux seuls motifs qu’ils sont des partisans de Laurent Gbagbo. Ce système de gouvernement par la terreur n’augure pas d’un lendemain meilleur en ce sens qu’il a coutume de générer beaucoup trop de rancoeurs aux conséquences inimaginables. 

Les risques imprévisibles d’un embrasement populaire sont déjà à nos portes. Ce que les tenants du pouvoir actuel ignorent au niveau des forces publiques de l’Etat (Armée nationales, Gendarmerie, Police, Douane et Eaux et Forêt) c’est que les professionnels et autres animateurs de ces secteurs qui n’étaient que constitués de nationaux sont officiellement en train d’être remplacés par des soldats et autres recrues de la sous-région devenus à ce jour l’armée de la Cedeao qui sont, pour la plupart, des analphabètes n’ayant aucune notion du respect des Droits de l’Homme et qui sont parachutés à des postes de responsabilité. 

Il en est de même pour toute l’administration ivoirienne, même au niveau du gouvernement ivoirien où la plupart ne cessent d’étaler leurs insuffisances caractérisées. Plus de 5000 étudiants, nos propres enfants, d’authentiques Ivoiriens, sont exclus de nos universités au profit des enfants des soldats et autres chefs de guerre venus de la sous-région et ayant aidé à l’avènement d’Alassane Ouattara à la magistrature suprême de la Côte d’Ivoire dans l’optique d’un système dit de «rattrapage». 

Des travailleurs ivoiriens sont renvoyés de leurs services, des secteurs d’activités sont détruits sans mesures d’accompagnement, réduisant ainsi l’Ivoirien à sa plus simple expression. Les moins chanceux sont pourchassés, arrêtés et détenus dans des camps de concentration où ils finissent par être exécutés aux vues et aux sus de tous, notamment des soldats de l’Onuci ayant en charge la surveillance et la protection des camps de refugiés où se trouvent entassés, comme des brebis dans une bergerie, des individus qui ne luttent que pour leurs survies. Des gens qui ont pratiquement tout perdu dans leur vie. 

Monsieur le responsable des Droits de l’Homme, l’Ivoirien d’aujourd’hui traverse une véritable crise, voire une misère inimaginable. Il n’arrive plus à se nourrir et à se soigner. Nombreux sont nos enfants, frères, neveux et cousins qui, manifestement, ont arrêté d’aller à l’école faute de moyens, étant donné que tous jours leur situation va en s’aggravant. (…) 

Pour tous ceux qui ne le savent peut-être pas, depuis sa condamnation, la vie du Général Dogbo Blé Brunot est davantage menacée. En ce sens que des dispositions ont été prises pour qu’il soit assassiné. Cela peut être fait par empoisonnement ou par d’autres moyens que seuls les ministres Paul Koffi Koffi, Hamed Bakayoko, le Commissaire du gouvernement Ange Bernard Kessi, le Chef d’état-major général Soumaïla Bakayoko, le Président de l’Assemblée nationale Soro Guillaume et le Premier ministre Ahoussou Kouadio Jeannot détiennent le secret. 

Monsieur le chargé spécial de la division des Droits de l’Homme de l’Onuci, ne soyez surtout pas surpris de ce que notre pays deviendra demain, en aidant à l’installation d’Alassane Ouattara au pouvoir par la manière que vous avez décidé avec la France et les différents diplomates en poste en Côte d’Ivoire. L’objet fondamental de cette note est non seulement de prendre à témoin le monde entier de ce qui se prépare réellement en Côte d’Ivoire, mais aussi et surtout du vilain coup qui se prépare contre les ex-Fds emprisonnés sans raisons valables. 

En effet, suite aux séries d’attaques de nos différentes positions par le commando invisible, attaques qui endeuillent énormément les Frci dont nous faisons partie intégrante en tant qu’officiers et soldats du renseignement de l’état-major général, les gouvernants, sur proposition des ministres Paul Koffi Koffi et Hamed Bakayoko, avec la complicité du chef d’état-major général, du Commissaire du gouvernement et du président l’Assemblée nationale, font planer des menaces sur tous les prisonniers ex-Fds détenus tant à la prison militaire que dans les prisons civiles. C’est dans cette optique que le Commandant Daouda Doumbia, commandant du Bcs, s’emploie nuitamment avec un groupe de soldats équipés d’armement à des heures tardives, à investir la prison militaire en simulant des perquisitions et cela déjà à deux reprises, les 5 et 14 septembre dernier, entre 21 h et 2 h du matin. Un groupe de soldats commis à ces expéditions punitives nous a discrètement approchés pour crier leur ras-le-bol, en dénonçant cette manoeuvre. 

A tout sachant, c’est ici le lieu de dénoncer les pratiques de nos chefs, notamment celles d’Ange Bernard Kessi Kouamé, du chef d’état-major général et du commandant du Bcs, des risques qu’ils font peser sur nos frères d’arme. Sachez que ces ex-Fds embastillés demeurent, après tout, nos frères d’arme que nous ne devons pas abandonner, quel que soit ce qui leur est reproché. 

Sachez également que s’ils continuent arbitrairement de croupir dans les prisons, c’est parce que les gouvernants l’on voulu ainsi, avec la complicité criarde des juges civils et militaires que nous invitons à être suffisamment courageux dans l’accomplissement de leur mission. Car nous sommes au courant du zèle dont ils ne cessent de faire preuve. 

Nous voudrions, par la même occasion, monsieur le représentant spécial de l’Onu, les diplomates et tout sachant dire aux acteurs politiques du Rhdp et à leurs militants que leur souhait de voir exterminer une partie des Ivoiriens est avéré… Nous disons merci à la grande France dont l’objectif principal était d’aider à l’extermination de ceux qui ont choisi de conquérir leur indépendance. 

Aussi, nos remerciements vont à l’endroit du Vatican dont le représentant, le Nonce apostolique, qui exigeait à corps et à cris la tenue des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, en violation des accords de Ouagadougou, sans le désarmement des rebelles. Le Vatican, de ce point de vue, (…) doit être heureux du rôle prépondérant qu’il a joué dans la destruction de la Côte d’Ivoire avec tout ce que l’on lui connait aujourd’hui comme pays des tortionnaires, des exécutions extrajudiciaires, de l’arbitraire, de toutes les violations des Droits de l’Homme. 

Monsieur le représentant de l’Onu, nous voudrions, pour l’heure, nous arrêter là. Car, des pas d’individus suspectés se faisant entendre derrière notre bureau de réflexion, il s’avère nécessaire de préserver cette contribution pour les lecteurs. Nous vous prions d’agréer, monsieur le responsable de la division des Droits de l’Homme de l’Onuci, l’expression de nos respects. 

Merci.


Un groupe de soldats Frci, in le quotidien ivoirien LG-INFO
 
 
Source: AFRIK53.COM

jeudi, 25 octobre 2012

INTERVIEW - DAMANA PICKASS: «MOI CATHOLIQUE, COMMENT MON CHEMIN PEUT-IL CROISER CELUI DES ISLAMISTES?»


côte d'ivoire,interview de damama pickass,«moi catholique comment mon chemin peut-il croiser celui des isl

 

Comme vous l’avez sans doute lu dans notre édition du lundi 22 octobre 2012, de retour de Windhoek (Namibie) pour le match aller des Etalons cadets, nous avons passé trois nuits à Accra qui ont été mises à profit pour rencontrer des exilés de la galaxie Gbagbo, parmi lesquels Damana Pickass, le «patriote» qui avait déchiré les résultats partiels du second tour de la présidentielle ivoirienne. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il justifie son acte et charge naturellement au passage la gouvernance du président Alassane Ouattara.


Comment se porte Damana Pickass ?

• Grâce à Dieu, je vais bien. Je suis en vie, et c’est l’essentiel.

Depuis quand êtes-vous à Accra ?

• Depuis le 16 avril 2011, 5 jours après la chute du président Laurent Gbagbo. Après plusieurs péripéties, j’ai pu finalement arriver à Accra, où je me sens beaucoup plus en sécurité avec ma famille.

Vous avez pris la poudre d’escampette pour vous mettre en lieu sûr. Pourtant au même moment, vous avez demandé aux jeunes de rester mobilisés pour organiser la résistance. N’est-ce pas gênant ?

• Je n’ai pas pris la poudre d’escampette. Nous avons mené la bataille, nous étions sur le terrain pendant les moments de braise, quand Abidjan était encore à feu et à sang. Nous avons travaillé à galvaniser les populations, les forces de défense et de sécurité. Nous faisions même de la collecte de moyens matériels et de vivres pour les militaires pendant que ça tirait encore dans les rues de la capitale économique ivoirienne. Donc on ne peut pas dire aujourd’hui que j’ai abandonné les militants tout en demandant aux jeunes de résister. La posture d’exilé n’est pas une posture de défaitiste, mais plutôt celle du refus et du combat. Et nous sommes toujours dans le combat. Il faut dire qu’en tant qu’acteur de premier plan, j’étais personnellement visé. Je le souligne parce que ma maison a été l’objet d’attaques violentes à l’arme lourde. Il fallait donc que je prenne du recul pour rester en vie afin de poursuivre la lutte. Même si nous sommes courageux, téméraires et déterminés, nous ne sommes pas des kamikazes.

Certains pro-Gbagbo ont, semble-t-il, réussi à quitter Abidjan avec la complicité des ex-rebelles. Est-ce votre cas ?

• Non ! Personnellement, je suis parti après plusieurs péripéties. J’ai utilisé les voies terrestre et lagunaire pour rejoindre le Ghana. Je ne pense pas que les pro-Gbagbo aient été escortés par des ex-rebelles. Ce sont des rumeurs et de l’affabulation que les uns et les autres utilisent pour jeter le discrédit sur les fidèles de Gbagbo et comme je n’ai pas de preuve, je ne vais pas aller dans ce sens.

Vous avez déchiré en direct à la RTI les résultats partiels de la présidentielle, qui n’arrangeaient pas votre mentor. N’avez-vous pas contribué par ce geste à montrer que votre champion avait véritablement perdu l’élection ?

• Je voudrais dire d’abord que je n’ai pas déchiré de résultat ; donc je ne pense pas que cela ait contribué à présenter Laurent Gbagbo comme celui-là qui était en difficulté au niveau du dépouillement. Mon acte a été un acte de dénonciation qui avait pour objectif majeur et fondamental de montrer à la face de l’opinion nationale et internationale que le processus électoral dans lequel nous étions engagés était biaisé d’avance. C’était un processus frauduleux. Il y avait même au sein de la CEI (NDLR : Commission électorale indépendante) tout un réseau frauduleux de proclamation de résultats, et cela avait été mis en exergue lors de la publication des résultats de la diaspora qui ont été proclamés au mépris des règles que la CEI s’est elle-même fixée. Yacouba Bamba, qui n’est que le porte-parole de la Commission, a pris sur lui, à l’insu de l’ensemble des commissaires centraux, la responsabilité de publier les résultats bruts tels qu’ils sont arrivés de la diaspora comme étant des résultats qui avaient été consolidés par la CEI. Ce qui était inexact. Il a voulu encore publier des résultats qui n’avaient pas encore été consolidés par la CEI. Donc Yacouba Bamba était en situation de récidive. Face à cette situation, nous avions le choix entre laisser la forfaiture se poursuivre ou y mettre fin en créant le choc quand bien même nous étions devant les médias et la communauté internationale. Je pense qu’on n’avait pas d’autre choix que de mettre un terme à cette pratique honteuse et frauduleuse. A partir de là, vous avez dû constater toutes les anomalies que le processus électoral a connues depuis le premier tour jusqu’au second. Les exactions qui ont eu lieu ont commencé à être révélées. Et pire, les chiffres qui n’étaient pas ceux de la CEI ont été néanmoins rendus publics dans un hôtel qui s’avère être le QG des rebelles depuis 2002 et en même temps le QG de campagne d’un candidat, en l’occurrence Alassane Ouattara. Cela en violation une fois de plus flagrante des protocoles d’accord dont la CEI s’est elle-même dotée.

En dépit de ces fraudes, la communauté internationale a validé les résultats publiés par le président Youssouf Bakayoko à l’hôtel du Golf. Et tout un matraquage médiatique s’en est suivi donnant l’impression au monde que c’était les résultats de la CEI. Et pourtant, ce n’était pas le cas. Jusqu’à l’heure où je vous parle, mon cher journaliste, et dites-le au peuple frère burkinabè et à l’opinion internationale : je mets quiconque au défi de prouver que la CEI avait fini de délibérer et était d’accord sur un procès-verbal. Il n’existe aucun résultat de la CEI. Ce sont des chiffres qu’ils ont inventés et qu’ils sont allés publier de façon honteuse et grossière. Ce qui s’est passé, ce ne sont pas des élections et ce ne sont pas des résultats de la CEI. C’est donc sur la base du faux, de la manipulation, de la tricherie et d’un complot international avec en tête la France venue faire la guerre à la Côte d’Ivoire pour évincer le président légitimement élu et installer l’instrument de l’Occident, en l’occurrence Ouattara. Il fallait lever un coin du voile en empêchant la proclamation frauduleuse de ces élections, et c’est ce que j’ai fait.

N’y avait-t-il pas d’autres moyens pour contester les résultats que de les déchirer ?

• On n’est pas toujours fier de la façon dont les choses se sont passées parce que cela traduit un échec de la commission électorale indépendante. Mais ça traduit aussi nous-mêmes notre échec de façon individuelle à pouvoir assumer en toute responsabilité et en toute dignité la mission que le peuple de Côte d’Ivoire nous a confiée à un moment aussi important de son histoire. Ça c’est ce qui concerne la forme.

Mais dans le fond ! Je pense que jusqu’à présent, nous n’avons rien à regretter. Il ne faut pas nous accuser. Si vous avez bien suivi l’élément filmé, nous sommes tous des membres de la commission électorale, des commissaires centraux tout comme Bamba Yacouba. Donc un des nôtres est sur le point de proclamer des résultats qui posent visiblement problème. Vos collègues arrivent et vous interpellent,je pense que ce qui aurait été sage, c’aurait été que monsieur Bamba annonçât à la presse que compte tenu des problèmes, la proclamation des résultats était reportée, le temps que la commission centrale adopte les chiffres de façon unanime. Mais il a fait preuve d’un entêtement qui ne nous a pas donné d’autre choix que d’agir de la sorte. C’est l’attitude du porte-parole qui a commandé notre action : il voulait faire triompher la fraude et la tricherie. Il fallait aller à la confrontation pour attirer l’attention de l’opinion sur le fait que le processus était biaisé.

Mais tout ça aurait pu être évité…

• Oui évidemment ! Je pense qu’on aurait pu éviter cette crise à la Côte d’Ivoire, on aurait pu éviter cette crise à la sous-région, à toute l’Afrique et au monde entier. Je laisse de côté ce qui s’est passé antérieurement. Mais en définitive, les deux candidats revendiquaient la victoire. La chose la plus simple, la plus aisée et qui aurait pu mettre tout le monde d’accord, c’était cette commission internationale proposée par le président Laurent Gbagbo en vue du recomptage des voix. Une simple opération d’arithmétique. On allait ressortir les procès-verbaux pour recompter les voix parce que, cher journaliste, il s’est passé beaucoup de choses inadmissibles dans ce processus. Dans certaines régions, le nombre de personnes ayant voté effectivement pour ADO est supérieur au nombre d’inscrits. L’exemple frappant, c’est celui de Bouaké dans la région de la Vallée du Bandama : il y avait un écart ahurissant entre les voix obtenues par monsieur Ouattara et les inscrits, c’est-à-dire qu’il a eu plus de voix que de personnes enregistrées sur la liste électorale.

Si on fait l’audit du processus électoral, vous allez voir que ce genre d’exemples se multiplient. Et puis le scrutin en lui-même n’a pas été libre, surtout dans la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire. Les observateurs de l’Union africaine l’ont attesté dans leur rapport, c’est connu de tout le monde mais personne n’en a voulu faire cas. Il y a eu des morts, des personnes ont été assassinées, des personnes ont été empêchées de voter, des femmes ont été violées.

Mais en dépit de tout, on a simplement demandé une banale opération de recomptage des voix comme cela s’est fait ici au Ghana lors des dernières élections, comme cela s’est fait en Haïti et même aux Etats-Unis, dans l’Etat de Floride en 2004. Ils ont refusé cette solution qui aurait pu mettre tout le monde d’accord et épargner de nombreuses pertes en vies humaines. Ce qui m’a le plus choqué, c’est que lorsque le président Gbagbo a fait cette proposition salvatrice, la première réponse est venue des Nations unies. Le secrétaire général des Nations unies, Ban ki Moon, a été le premier à répondre au Président Gbagbo pour dire que le recomptage des voix va créer un préjudice grave à monsieur Ouattara. Quel préjudice un recomptage de voix peut-il créer ? Et puis, pourquoi c’est Ban ki Moon qui répond en lieu et place du candidat qui est directement concerné ?

Mais l’ONU était chargée de certifier les résultats…

• C’est exact ; mais les élections se déroulent entre deux personnes, deux camps. Si les deux parties s’accordent pour le recomptage des voix, où est le problème de l’ONU ? En fait, le rouleau compresseur était déjà en marche : il fallait renverser Laurent Gbagbo. Le recomptage des voix allait permettre à la communauté nationale et internationale de se rendre compte des irrégularités, de nombreuses fraudes et tripatouillages des chiffres. Cela allait établir clairement et nettement la défaite de monsieur Ouattara. Ils ont donc masqué la vérité à travers les bombes et les coups de canons.

Mais aujourd’hui la question demeure parce que les coups de canons n’ont pas résolu la question de qui a gagné les élections. Visiblement, ils ont utilisé l’argument de la force pour gagner mais le problème initial est toujours là. On ne devient pas président démocratiquement élu dans la violence brute et aveugle. On devient président par les suffrages et sur ce suffrage-là, il y avait un désaccord là-dessus que les bombes n’ont pas résolu.

Dans tous les cas, le constat est là. Ouattara est au pouvoir. Vous avez donc perdu sur les plans électoral et militaire. Pourquoi ne pas faire profil bas et rentrer dans les rangs ?

• Non, nous n’avons pas perdu le pouvoir sur le plan électoral. Nous l’avons plutôt perdu sur le plan militaire, avec les coups de canons et d’obus. Il s’agit d’un vrai coup d’Etat militaire perpétré par la France de Nicolas Sarkozy qui est un ami personnel de Ouattara et les réseaux de la Françafrique. Il faut que cela soit clair et net : Gbagbo n’a pas perdu les élections…

Vous voulez alors à votre tour perpétrer un coup de force puisque vous êtes accusé de vouloir déstabiliser le régime d’ADO.

• C’est grotesque et ridicule de m’accuser sans preuve de vouloir mener un projet de déstabilisation de concert avec des réseaux islamistes d’Ansar Dine et la junte militaire au Mali. Je ne sais pas où ils ont pu trouver cette grossière invention, parce que moi je suis militant du Front populaire ivoirien, un parti d’obédience socialiste. Vous savez que le socialisme est l’obédience politique la plus proche des valeurs humaines. Je suis socialiste et de surcroît catholique pratiquant ; je ne sais pas comment mon chemin peut croiser celui des islamistes. Nous avons des valeurs qui sont aux antipodes les unes des autres. C’est donc un mensonge grossier. Et puis, comment en l’état actuel de la crise au Mali, on peut réussir à mettre ensemble la junte et le groupe islamique d’Ansar Dine qui sont aujourd’hui diamétralement opposés dans la crise du Mali. Comment peuvent-ils être d’accord dans le but uniquement d’aller déstabiliser un autre pays de la sous-région. Autant se mettre d’accord pour résoudre d’abord leur propre problème. Après éventuellement ils verront comment ils vont créer les troubles chez le voisin. Ceux qui ont monté cette histoire ont été très peu ingénieux ; le montage sautait aux yeux. Je réfute de façon véhémente toutes les accusations mensongères et grossières qui visent à jeter l’anathème sur les pro-Gbagbo dans le but de les diaboliser et se donner les moyens politiques et juridiques pour faire la pression sur le Ghana en vue de notre extradition. Le régime en place à Abidjan a fait de l’emprisonnement et de l’extermination des pro-Gbagbo son programme de gouvernement. Pour les pro-Ouattara, ils auront réussi leur programme de gouvernance quand il n’y aura plus un seul pro-Gbagbo sur la terre, ce sont les Nazis de notre époque.

D’où viennent alors les raids meurtriers contre le pouvoir si ce ne sont pas des pro-Gbagbo ?

• Mon cher journaliste, vous m’avez vu ici en exil, vous m’avez vu en train de parcourir des kilomètres à pied pour venir vous rencontrer. Pour faire un coup d’Etat et des attaques, il faut quand même un minimum. Ils savent comment ils ont fait leur coup d’Etat et comment ils ont préparé leur rébellion. Ils avaient un pays qui était leur base arrière, connu de tous : le Burkina Faso qui les approvisionnait. Ils avaient des soutiens financiers énormes. Mais nous, qu’avons-nous ? Le Ghana nous accorde l’hospitalité mais en même temps ses autorités disent que leur pays ne doit pas servir de base arrière à la déstabilisation d’un pays. La tradition ghanéenne recommande d’héberger toute personne qui se sent en danger chez lui. Notre exil est en conformité avec la constitution du pays mais en même temps cela ne nous donne pas le droit de faire n’importe quoi ici, en l’occurrence tenter de déstabiliser un autre Etat.Les autorités sont très strictes là-dessus. Donc nous n’avons même pas l’occasion de penser à ce genre d’entreprises. Premièrement, nous n’avons pas de base arrière militaire et deuxièmement tous nos avoirs ont été gelés par Ouattara. De quelles ressources disposons-nous pour planifier autant d’attaques ? On a d’abord des problèmes personnels qui font qu’on arrive difficilement à joindre les deux bouts. Ce qu’on reçoit ici, c’est juste pour la survie et non pour monter des entreprises de déstabilisation. Une fois de plus ce ne sont que des tentatives de diabolisation dans le but de nous présenter à la face de l’opinion nationale et internationale comme de vulgaires bandits qui ne cherchent qu’à créer le désordre dans la sous-région. Sinon, je pense que monsieur Ouattara doit trouver au plan intérieur dans sa gouvernance personnelle les germes de sa propre déstabilisation. Aujourd’hui 17 octobre (NDLR : l’entretien a eu lieu mercredi passé) les FRCI se sont tirés dessus à Abobo et à Bonoua. Cela est devenu le quotidien des Ivoiriens et le fait que les FRCI se tirent dessus à longueur de journée n’émeut plus personne. C’est une armée indisciplinée, qui n’obéit pas à un seul centre de décision. Il y a des Dozos, des ex-rebelles et des ex-FDS et chacun a son centre de commandement. Alassane Ouattara lui-même sait qu’il n’a pas d’autorité sur cette armée. La preuve est qu’il a lancé plusieurs appels pour libérer les habitations privées des pro-Gbagbo que certains pontes des FRCI occupent, mais toutes les maisons sont toujours occupées. Il a appelé au désarmement mais jusque- là, chacun d’eux porte son arme. Ils disent même que monsieur Ouattara leur a fait des promesses qu’il n’a pas tenues. Il a promis à chacun d’eux 5 millions de francs plus un véhicule bwaka et aujourd’hui il y en a qui réclament leur dû. Comme ça tarde à venir, ils se payent eux-mêmes sur le terrain, comme ils le disent, en agressant les populations dans leur résidence, en coupant les routes, en braquant les établissements financiers. Donc ce qui se passe là, il ne faut jamais voir la main de l’extérieur. Il s’agit des problèmes internes à la Côte d’Ivoire et aux FRCI.

Le processus de réconciliation est pourtant en marche.

Il n’y a pas de réconciliation en Côte d’Ivoire actuellement, c’est de la comédie pure et simple. Il n’y a pas même un début de réconciliation. C’est pour faire croire à la communauté internationale qu’ils sont dans une phase de décrispation et de réconciliation avec leur opposition. Mais dans la réalité, tous les actes, les faits et gestes qu’ils posent quotidiennement démontrent qu’ils ne sont pas eux-mêmes prêts pour la réconciliation et la concorde nationale. C’est du bluff et nous, nous ne marchons pas dans le mensonge…

Charles Konan Banny, le président du comité Forum-Vérité et Réconciliation montre quand même une certaine volonté d’aller de l’avant.

• Je ne doute pas de la bonne foi du président Banny. Oui, ce monsieur a bien envie de réconcilier les Ivoiriens. Mais sa volonté, sa disposition d’esprit rencontrent une opposition ferme de la part du clan Ouattara. Et je suis tout à fait d’accord qu’il ait mis monsieur Ouattara face à ses responsabilités puisqu’il a dit qu’il va se reposer maintenant après ses tournées pour recueillir les avis de la population ivoirienne. On ne peut pas prôner la réconciliation et continuer de brimer un seul camp, continuer d’emprisonner uniquement les pro-Gbagbo, appliquer une justice à double vitesse, une justice des vainqueurs. Au moment où je vous parle, Alphonse Douaté, qui est l’un des responsables du Front populaire ivoirien, est en prison avec sa fille et sa femme. Moi-même, mes deux frères, l’aîné et le petit frère ont été arrêtés simplement parce qu’ils sont mes frères. Mais si on estime que j’ai commis des crimes, je suis suffisamment majeur, je suis responsable soit au plan civil soit au plan pénal. Donc, c’est moi seul qui dois répondre de mes actes et non ma famille qui n’a rien à y voir. C’est devenu une pratique en Côte d’Ivoire. On ne peut pas vouloir de la réconciliation avec des milliers d’Ivoiriens dans des camps de réfugiés au Liberia, au Mali et des exilés. On ne peut pas vouloir de la réconciliation si on animalise les gens en bloquant toutes leurs ressources, en gelant tous leurs avoirs pour les réduire à l’indignité. On ne peut vouloir de la réconciliation quand des biens privés sont saisis de façon illégale et immorale par les hommes de monsieur Ouattara. On ne peut vouloir de la réconciliation lorsqu’on continue de maintenir des innocents en prison.

Que proposez-vous alors pour une véritable réconciliation ?

Il faut libérer le président Gbagbo et tous les prisonniers politiques civils et militaires. Il faut favoriser un retour sécurisé de tous les exilés, il faut rendre tous les biens confisqués et dégeler les avoirs. Vous verrez que si cela est fait, la décrispation va venir. On n’aura même pas besoin d’organiser des cérémonies.

Vous prônez alors l’impunité…

• Non, je ne parle pas d’impunité. Si on décide de mettre la justice au centre du processus de la réconciliation, il faut en ce moment une justice équitable pour tous. Il y a une crise qui a débuté en Côte d’Ivoire en 2002, et depuis cette date, des exactions, des atrocités des plus inimaginables ont été commises dans ce pays jusqu’en 2011. Des bourreaux et des coupables ont été identifiés dans les deux camps. Il faut que justice soit rendue à tout le monde. Voyez-vous, quand on a fait le procès de l’assassinat du colonel Dosso qui est décédé en 2011 et que l’on ne fait pas le procès du colonel Dakoula et du colonel Yoni qui, eux, sont morts depuis 2002… On fait le procès du général Robert Guéï et on ne parle même pas des tueurs de Boga Doudou alors qu’ils sont morts le même jour. Vous voyez que c’est inacceptable. Quand bien même l’ONU a identifié les commandants de zone comme Shérif Ousmane, Zakaria, Watao, Los, Fofié comme des gens qui ont commis des crimes de sang et que ces gens-là sont promus quotidiennement, vous voyez que c’est très frustrant pour les victimes. Si on devait énumérer les faits et méfaits des partisans de Ouattara, on ne va pas en finir. Mais depuis quand un seul d’entre eux est passé devant le tribunal ? J’ai l’impression que c’est une justice à double vitesse, à sens unique et unilatérale pour ne condamner que les pro-Gbagbo. Cela est inacceptable et ce n’est pas la marque d’un Etat démocratique.

Avez-vous les nouvelles de Blé Goudé ?

• Oui, il se porte bien.

Où est-ce qu’il se cache ?

• Il ne se cache pas, il est là. Pourquoi voulez-vous qu’il se cache ? Il est là.

Il est ici au Ghana ?

• Je ne sais pas mais il est là.

Le ministre de l’Intérieur, Ahmed Bakayoko, et Charles Blé Goudé se téléphonent, semble-t-il. Est-ce le début d’un rapprochement ?

• Je ne sais pas. Il faut poser la question à Bakayoko ou à Blé Goudé.

Etes-vous régulièrement en contact avec l’ex-«général» de la rue?

• Oui, on a les nouvelles l’un de l’autre.

A Accra ?

• En tout cas on a les nouvelles l’un de l’autre.

Et Koné Katinan qui fait l’objet d’un tiraillement diplomatique et judiciaire entre Accra et Abidjan. Vous lui rendez souvent visite ?

• Oui, nous soutenons Koné Katinan et on espère qu’il va recouvrer la liberté parce qu’il n’a rien fait. Il est innocent de tous les chefs d’accusation que monsieur Ouattara porte contre lui. Comment comprendre que le ministre Katinan ait pu tuer un vieillard de 83 ans. Est-ce que c’est sérieux çà ? Et on précise même qu’il a donné un coup de tête magistral au vieillard qui en est décédé.

Il a aussi été acteur de la réquisition de la BCEAO…

• Oui mais c’est Gbagbo qui a réquisitionné la BCEAO. C’est un acte de souveraineté qui a été pris par le président de la République. Et puis c’est un acte légal. Je crois plutôt qu’on lui en veut pour le rôle déterminant qu’il a joué dans la survie de l’Etat de Côte d’Ivoire pendant la crise. Parce qu’il était vraiment au four et au moulin. Il a montré beaucoup de détermination et de savoir-faire. Ce qui a fait que les décisions de fermeture de banque et de l’isolement de la Côte d’Ivoire au niveau de la BCEAO n’ont produit aucun effet. C’est certainement ce qu’on veut lui faire payer mais de façon maladroite. Donc nous soutenons le ministre Koné Katina et comme il y a un Dieu pour les faibles et pour les justes, je pense qu’il va recouvrer la liberté parce qu’il est innocent.

Le général Dogbo Blé, lui, n’a pas échappé et vient d’écoper de 15 ans de prison pour commencer dans l’assassinat du colonel-major Dosso. Quel commentaire ?

• Ça ne m’inspire aucun sentiment, aucune émotion. C’est une parodie de procès. La preuve est que durant le procès, en aucun moment, la partie accusatrice n’a pu démontrer, preuve à l’appui, que le général Dogbo Blé a été l’auteur de l’assassinat du colonel Dosso. Mais le déroulement du procès nous a permis d’avoir certaines révélations et de nous poser des questions. Pourquoi le colonel Dosso, lorsqu’il avait été convoqué par monsieur Ouattara, à sa sortie, a voulu voir en toute discrétion le général Dogbo Blé ? Le tribunal n’a pas donné réponse à cette question. Pourquoi il a insisté pour qu’on le conduise auprès du général Dogbo ? Voulait-il lui faire des révélations sur la tentative de déstabilisation en cours en Côte d’Ivoire qui était savamment perpétrée depuis l’hôtel du Golf ? On nous a parlé du plan d’attaque d’Abidjan, pourquoi ce plan a disparu ? Qui l’a fait disparaître ? Quel intérêt Dogbo Blé avait à tuer cet officier supérieur à la retraite qui ne représentait aucune menace ? Il n’était pas la cheville ouvrière du projet de déstabilisation. Non ! Ce n’est pas sur lui que reposaient les Forces armées des Forces nouvelles. Mais il fallait condamner un vaillant et digne officier de Côte d’Ivoire qui est resté fidèle à la légalité constitutionnelle. Il fallait lui faire payer la défense de ces valeurs républicaines en le faisant passer pour un vulgaire meurtrier. Mais ils n’ont pas réussi parce que Dogbo Blé est ressorti ragaillardi et nous sommes encore et encore plus fiers de lui. S’ils voulaient entacher sa réputation, ils ont carrément échoué. Bien au contraire, ils l’ont élevé en héros national.

En dehors des problèmes sécuritaires, la Côte d’Ivoire est en marche avec la gouvernance Ouattara.

• Alassane Ouattara constitue un véritable problème pour la sous-région parce qu’il n’est pas démocrate dans l’âme. Et il n’est pas partisan des solutions négociées et de la diplomatie. Il pense que tout problème doit se résoudre dans le sang et la violence. Regardez au Mali, quand la crise est survenue avec le coup d’Etat. La diplomatie a quand même ses règles. On ne peut pas tout d’un coup passer comme çà à des mesures coercitives sans un minimum de dialogue et d’approche. Mais regardez la rapidité avec laquelle il a géré la situation.

Mais les ministres des Affaires étrangères du Burkina et de la Côte d’Ivoire ont fait plusieurs voyages à Bamako pour négocier avec le capitaine Sanogo ?

• En l’espace d’une semaine les sanctions ont commencé à pleuvoir sur la junte et le Mali. Vous pensez qu’avec une crise aussi sérieuse une semaine, c’est suffisant ? Il y a des diplomaties souterraines qui se déroulent sur des mois. En l’espace d’une semaine, le Mali a subi un embargo et on a voulu attenter à la vie du capitaine Sanogo, ce qui fait que le peuple malien aujourd’hui est désabusé alors qu’il avait beaucoup de sympathie pour Allassane Ouattara, mais il le découvre maintenant dans toute sa laideur.C’est la même chose avec nos frères du Burkina, j’en suis convaincu. Dans sa gouvernance, Ouattara ne fait rien pour rapprocher les différents peuples de la sous-région notamment les peuples burkinabè et ivoirien. Actuellement, l’ouest de la Côte d’Ivoire est pris en otage par des mercenaires burkinabè.

En avez-vous des preuves ?

• Oui !!! Amadé Ouérémi, c’est un Burkinabè qui est là-bas dans les forêts de l’Ouest avec près de 400 à 500 hommes lourdement armées au vu et au su du régime. Il semble que le pouvoir lui a demandé de partir et qu’il a posé des conditions et un calendrier. Une telle situation ne peut pas plaire aux Ivoiriens. Serez-vous d’accord qu’un groupe de Maliens puissent prendre en otage une partie de votre territoire et fixer des conditions pour sa libération ? Ils font croire dans leur agissement qu’ils sont là pour protéger les intérêts des Burkinabè. Ce qui n’est pas juste. Malheureusement, cela creuse un fossé entre les deux peuples. Dans cette affaire d’Amadé Ouérémi, les Ivoiriens se sentent fortement humiliés. Nous avons honte de notre pays. Nous avons honte que des terroristes et des bandes armées fassent régner leur loi sur la Côte d’Ivoire. Il n’est pas normal que des Ivoiriens soient dépossédés de leurs terres au profit d’un groupuscule armés qui est identifié et à qui personne ne peut intimer l’ordre de libérer cette parcelle de territoire. C’est assez frustrant. C’est la marque déposée de Ouattara.

Le dernier exemple que je vais prendre, c’est la fermeture des frontières entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Regardez aussi avec quelle célérité et quelle précipitation ça s’est passé. Sans même un minimum d’enquête. Il y a eu certes des affrontements à la frontière ivoiro-ghanéenne. Mais il aurait fallu mener des enquêtes, faire des investigations approfondies pour situer les responsabilités. Une fois de plus, faire fonctionner la diplomatie, la négociation. Nous sommes des peuples interdépendants, nous sommes des peuples entremêlés. Savez-vous que sur toute la frontière ivoirienne, depuis Bouna jusqu’à Aboisso, Bondoukou, Agniblékro, Abengourou, ce sont les mêmes populations de part et d’autre de la frontière. Voyez-vous le désastre que M. Ouattara a créé pendant près de trois semaines. Il a arrêté la vie des gens, il a arrêté l’existence de certaines personnes là où une simple diplomatie aurait joué. Même son ambassadeur a été surpris par la fermeture des frontières. Ça veut dire qu’il n’a pas consulté son ambassadeur. Tout ça parce qu’il a fait de l’extermination des pro-Gbagbo son programme fondamental de gouvernement. Nous avons fui notre pays avec nos familles, ça ne veut pas dire que nous n’avons pas le droit à la vie. Je voudrais dire à M. Ouattara que quelle que soit sa puissance, quels que soient ses réseaux, il ne peut pas nous renier notre droit à la vie. Parce que ce n’est pas lui qui donne la vie. Qu’il nous laisse vivre notre exil. Nous n’avons aucun projet de déstabilisation de la Côte d’Ivoire, nous n’avons aucun projet de déstabilisation de son régime. Je pense qu’il doit trouver en interne les problèmes que connait la Côte d’Ivoire. Il suffit de faire l’autopsie de sa gouvernance. Qu’il ait le courage de se regarder dans la glace ; je pense qu’il trouvera lui-même les germes de sa propre déstabilisation.

Et votre ancien compagnon des luttes estudiantines, Guillaume Soro. On imagine votre colère contre lui?

• Je suis un peu déçu pour ne pas dire très désabusé par l’attitude de Guillaume Soro parce que j’espérais mieux de sa part. Il est jeune et en principe, il a encore beaucoup de temps à passer sur terre. En ce sens, j’attendais mieux de lui dans le domaine de la réconciliation nationale, dans la reconstruction du pays. Mais peut-être que je l’ai surestimé, puisque vous pouvez avoir beaucoup d’estime pour quelqu’un et vous rendre compte à la fin qu’il n’est pas ce que vous croyez. De par sa position de président de l’Assemblée nationale, de par les relations antérieures qu’il a eues avec beaucoup d’entre nous, je pense qu’il aurait pu jouer une très bonne carte pour la réconciliation, pour le retour de la concorde. Mais il n’a pas été à la hauteur de la Côte d’Ivoire, de cet espoir, de cette espérance, et c’est désolant parce que nous avons eu un passé très émotionnel qui pouvait nous permettre de surmonter certaines choses. Je pense que Soro est devenu autre chose entre-temps au point où il ne reflète plus les repères que je m’étais fixés. Il se fout des valeurs que j’évoquais tantôt, il est dans une autre posture, dans une autre logique, donc advienne que pourra. Je pense que c’est dans cette position qu’il est ; et c’est vraiment dommage. C’est vraiment dommage que Soro ne soit pas à la hauteur des espérances de la Côte d’Ivoire.


In L'Observateur Paalga (Burkina Faso)


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

mardi, 16 octobre 2012

LES CHARS SONT SORTIS, CE MATIN, A ABOBO

DEGUERPISSEMENT A ABOBO 2.jpg

Côte d'Ivoire: Situation chaotique à Abobo


On comprend désormais pourquoi la ministre Anne Ouloto mettait tant d'hésitation à achever son programme d'opération pays propre à Abobo. Il ne fallait pas toucher au nid d'abeilles que constitue cette commune aussi réputée pour ses attitudes de forbans et de peur que celle-ci n'infeste les rues et perturbe le bon déroulement des activités. Eh bien ! Au premier essai voici le résultat. Un véritable désordre organisé s'est installé à la rentrée principale de la commune ce mardi 16 octobre sous des tirs nourris de partout.

Et à l'évidence cette situation chaotique est même devenue le rendez-vous de tous les comptes notamment entre éléments FRCI reconnus et ceux bannis puis reconvertis en syndicats. Et dans la continuité des faits, les opportunistes et parasites ne peuvent que profiter de cette profonde lézarde pour multiplier les agressions de personnes en plus de la destruction de biens.

côte d'ivoire,les chars sont sortis ce matin à abobo

Ainsi sur le terrain au niveau de la grande place en face de la mairie il serait encore difficile de confirmer la domination et la maitrise de la situation par les éléments FRCI. Et comme constaté par notre équipe, les FRCI sont en ce moment forcés de sortir la grande artillerie d'armes lourdes et de lances roquettes pour faire face à la résistance d'anciens compagnons. En plus de cela les bulldozers qui doivent malgré tout poursuivre les opérations sont guidés au volant par des éléments FRCI en armes. A en croire le constat des faits, l'opération pays propre à Abobo serait désormais sous la tutelle du ministère de la défense au vu de la situation qui prévaut.

''On agresse comme on veut'', voici des mots de désolation et de frayeurs que nous ont aussi confié certains témoins à l'appui.

côte d'ivoire,les chars sont sortis ce matin à abobo

Et cette animation frénétique et anormale occasionnée se tient présentement partout dans plusieurs endroits de la commune dans l'impuissance des FRCI actuellement préoccupés à répondre à la résistance armée. Pour les premiers bilans on compte déjà 5 morts dont un élément des FRCI abattu en face de la mairie.

Par ailleurs, il faut aussi rappeler que la circulation à Abobo se fait actuellement dans un seul sens en passant par la route du zoo. Mais cette voie ne devrait bientôt être plus fiable vu les mouvements de violence se déplaçant vers la zone.


Adriel


Source: KOACI.COM

mardi, 09 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


ALASSANE OUATTARA 13.jpg

 

Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

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3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

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4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

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7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

vendredi, 21 septembre 2012

VOICI L'ENQUETE EXPLOSIVE DU «MONDE DIPLOMATIQUE» SUR L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Le titre se passe de commentaires. «Un territoire hors de contrôle – Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien».

Le périodique français Le Monde Diplomatique donne à lire, dans son édition de septembre, un article de terrain accablant pour le régime Ouattara et les FRCI. C’est un article qui tranche avec la langue de bois et l’incroyable complaisance qui caractérise les médias hexagonaux depuis la prise de pouvoir de l’actuel chef de l’Etat. Et qui ne tarde pas à désigner et décrire ce qui se passe dans l’Ouest par son nom : un mouvement de «colonisation».

«A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées, cet été. Si M. Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après la crise postélectorale est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao», résume le journal. Cameroon Voice.

 

Un véhicule calciné et criblé de balles: c’est tout ce qu’il reste de l’attaque qui, le 8 juin 2012, a coûté la vie à sept casques bleus près de Taï, petite bourgade de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Dans cette région, depuis plus d’un an, les villages font l’objet de mystérieux raids meurtriers. Yamoussoukro a accusé des «mercenaires libériens». Partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo et opposés à son successeur Alassane Ouattara, ces hommes traverseraient le fleuve Cavally, qui marque la frontière avec le Liberia, pour venir semer la terreur en Côte d’Ivoire.

Mais, sur le terrain, la situation ne paraît pas aussi claire: depuis la crise qui a suivi l’élection présidentielle de 2010 (2), dans l’Ouest du pays se joue un inquiétant imbroglio politique et militaire, avec pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles. Ce sont en effet ses sols, extrêmement  fertiles, qui font la richesse de cette région verdoyante. On y cultive le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur mondial. S’y étendent également les dernières aires forestières nationales, dont les forêts de Goin-Débé (133.000 hectares) et du Cavally (62.000 hectares), réservées à la production de bois d’oeuvre (3).

Depuis toujours, ces atouts ont attiré des planteurs d’un peu partout, y compris d’Etats voisins. Ce mouvement a été encouragé par le président Félix Houphouët- Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993, qui avait décrété que «la terre appartient à celui qui la met en valeur»).

Si la région est aujourd’hui l’un des principaux centres de production de cacao, on y plante des hévéas, qui hissent le pays au rang de premier producteur africain de caoutchouc. «Cinq hectares d’hévéas rapportent de 7 à 8 millions de francs CFA [environ 12.000 euros] par mois», calcule un sous-préfet. Une petite fortune. Les problèmes ont commencé au milieu des années 1980, lorsque les cours mondiaux du cacao et du café ont chuté. La concurrence entre planteurs s’accroissant, des conflits fonciers ont alors éclaté entre les autochtones, devenus minoritaires, et les étrangers. La politique de l’«ivoirité» promue par le président Henri Konan Bédié (1993-1999) a encore envenimé les relations en poussant les nationaux à revendiquer les terres cédées aux nouveaux migrants. Une loi de 1998 a explicitement exclu les non-Ivoiriens de la propriété foncière.

Des hommes armés s’emparent d’un parc national

La tentative de coup d’Etat perpétrée le 19 septembre 2002 contre le président Gbagbo par des militaires du nord du pays partisans de M. Ouattara a achevé de mettre le feu aux poudres. La guerre civile qu’elle a déclenchée a touché tout particulièrement l’ouest et la ville de Duékoué. Située à une centaine de kilomètres au nord de Taï, Duékoué se trouve au croisement stratégique des routes menant au Liberia, en Guinée et à San Pedro, port d’exportation du cacao. Les rebelles, baptisés Forces nouvelles, y ont fait venir d’anciens combattants des guerres civiles libérienne (1989-1997) et sierra léonaise (1991-2002) dont Sam Bockarie, responsable d’atrocités en Sierra Leone. En retour, Yamoussoukro a aussi mobilisé des Libériens et des civils armés, pour la plupart des autochtones. Chaque camp a semé la terreur, contribuant à exacerber les antagonismes communautaires.

A l’issue du conflit, le pays s’est trouvé de facto divisé en deux et Duékoué placée sur la ligne séparant le Sud, administré par la capitale, et le Nord, géré par les Forces nouvelles. La région du Moyen-Cavally (devenue depuis deux entités différentes, le Cavally et le Guemon), dont dépendaient Taï et Duékoué, est restée dans le camp gouvernemental. Mais les armes ont continué à circuler pendant toutes les années 2000, et des miliciens et des groupes d’autodéfense plus ou moins soutenus par le camp Gbagbo se sont maintenus face aux rebelles, si bien que les tensions sont demeurées fortes, la présence de l’Etat étant en outre très mesurée.

Après la signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer des portions de territoire: M. Amadé Ouérémi, un Burkinabè ayant grandi en Côte d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs centaines – d’hommes armés dans le parc national du mont Péko, à 35 km au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao. Impossible de les déloger: en 2010, ils chassent même des agents de l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un autre phénomène déstabilisateur apparait en 2007: l’arrivée par cars entiers de Burkinabè. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans la forêt de Goin-Dédé où ils développent des plantations de cacao. Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas à récupérer leurs champs.

Quand la crise postélectorale opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars 2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par l’armée créée par M. Ouattara, les forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines de personnes – la Croix rouge a compté 867 corps –, essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinés. Selon une commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des dozos, une confrérie de chasseurs traditionnels du nord du pays, et des partisans de M. Ouérémi. Malgré les promesses de justice du président Ouattara, qui prend finalement le pouvoir le 11 avril 2011, cette tuerie n’a donné lieu à aucune enquête.

Depuis, la situation s’est encore compliquée, avec l’entrée en scène de nombreux acteurs. D’abord, des hommes armés attaquent, à partir de juillet 2011, une petite dizaine de villages. C’est à leurs propos que les autorités parlent de ‘’mercenaires libériens’’ payés par des opposants à M. Ouattara en exil au Ghana. Des sources onusiennes évoquent plutôt des autochtones Oubi refugiés au Liberia et cherchant à défendre les terres qu’ils ont perdues.

Ensuite viennent les dozos: arrivés dans la région pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leurs fusils ‘’calibre 12’’. Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali. Certains sont devenus agriculteurs. L’inverse est aussi possible: il y a un an, un planteur burkinabé installé près de Taï depuis une trentaine d’années a ressemblé un groupe de dozos pour «assurer la sécurité des populations», dit-il. En réalité, beaucoup de dozos, devenus miliciens, terrorisent la population et la rackettent.

Les villages ont perdu tous leurs habitants autochtones

A cela s’ajoute l’immigration burkinabé d’une ampleur sans précédent. Huit cars transportant chacun environ 200 personnes arrivent désormais chaque semaine à Zagné, à 50 km au Nord de Taï. Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de chantiers qui prennent la direction du Sud-Ouest. Leur installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la population autochtone – au moins 70.000 personnes réfugiés au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. Sauf : fin juin, à Tiélé Oula, il restait 9 Oubi sur les quelque 200 qui y vivaient avant 2011, pour 3.000 Burkinabè.

Si certains Burkinabé investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêtsde Goin-Débé et de Cavally désormais totalement ravagées. Dormant sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas mais aussi du cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue. Fin mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin. Sans résultat. ‘’L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire adjoint de Taï, M. Téré Téhé. Et il ne faut pas attendre que ces gens aient fini de planter pour les chasser’’.

Problème: les nouveaux occupants sont armés.

Observant un jeune paysan burkinabè partir au champ un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village de Tiélé Oula, M. Jean Gnonsoa ne cache pas son désarroi: ‘’Ici les étrangers peuvent avoir des armes mais pas les autochtones’’ – sous peine de représailles.

‘’Comment régler sereinement un litige foncier face à quelqu’un qui est armé ?’’, s’interroge M. Téhé. ‘’Les Burkinabè nous disent que le président qui est venu (M. Ouattara) est leur homme. Et qu’ils ont donc le droit de tout faire’’, déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de plantations déjà occupées. ‘’Aujourd’hui, 80% de ceux qui sont installés dans les forêts de Goin-Débé et de Cavally sont armés de kalachnikovs et de fusils calibre 12’’, rapporte un administrateur local. Il évoque une organisation mafieuse à l’origine de cette colonisation: ‘’Il y a ceux qui les convient, ceux qui établissent dans les forêts les points de contrôle auxquels chacun doit payer 25.000 Fcfa pour avoir accès à une parcelle de terre, etc.’’

Monsieur Ouérémi est régulièrement cité comme l’un des responsables présumés de ce trafic de terres et de personnes, en lien avec des officiers des FRCI. Dans le pays, les FRCI, justement, sont les seules forces régulières à disposer d’armes depuis que, soupçonnées d’être favorables à M. Gbagbo, police et gendarmerie en sont privées. Jouissant d’une impunité quasi-totale, elles font la loi à Duékoué, elles entretiennent un climat de terreur et sont, d’après plusieurs témoins, impliquées dans des exécutions extrajudiciaires. Des observateurs les accusent aussi d’être derrière certaines des attaques attribuées aux ‘’mercenaires libériens’’. Beaucoup soupçonnent leurs membres d’être originaires d’une seule région, le Nord, mais aussi d’être de nationalité burkinabè.

Impôts illégaux et racket des paysans

Une chose est certaine: les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de l’Onu, elles prélèvent aussi ‘’de 4 à 60 dollars beaucoup plus’’, sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles rackettent les paysans: dans un village près de Taï, une femme se plaint de devoir leur payer 20.000 FCFA (30 euros) par mois pour accéder à sa  plantation.

Après la mort des Casques bleus, plusieurs centaines d’éléments Frci ont été déployés autour de Taï pour une opération de ‘’sécurisation’’ dirigée par le commandant Losséni Fofana alias Loss. Ancien chef de guerre des Forces nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué Duékoué en 2011. Ces soldats auraient joué un rôle important dans le massacre des Guérés. Pour l’actuelle opération de ‘’sécurisation’’, il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises langues assurent que pas un seul sac de cacao n’échappe au racket des Frci. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana.

Début juillet, le gouvernement a annoncé le lancement d’un recensement national des ex-combattants – le deuxième en un an – promettant le désarmement tant attendu. Cela ne suffit pas pour rassurer les habitants du Far West ivoirien dont beaucoup voudraient aussi que la justice fonctionne: malgré la promesse du président Ouattara, la tuerie de mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judicaire. Pis, elle a vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame. Fin juillet, des centaines d’individus parmi lesquels des dozos et des Frci ont attaqué et détruit le camp de déplacés du Haut commissariat des nations unies pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources humanitaires parlent de 137 cadavres retrouvés dans les jours qui ont suivi ; des dozos ont également cherché à faire disparaitre de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que cette attaque avait été planifiée de longue date.

Sous couvert d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie: ‘’Le camp était gênant car les témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient. Aujourd’hui, ils sont morts ou disparus. C’est ce que voulaient ceux qui ont organisé l’opération’’.

 

Fanny Pigeaud, envoyée spéciale

Le monde diplomatique – Septembre 2012

 

Source: CAMEROONVOICE

mercredi, 29 août 2012

LA FRANCE, LA COTE D'IVOIRE, LE DESARMEMENT ET LA PAIX

 

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C’est une prise de position qui n’a pas été assez commentée dans l’effervescence de l’actualité ivoirienne de ces dernières semaines. Face au regain de tension armée en Côte d’Ivoire, la diplomatie française est sortie du bois et a «pondu» un communiqué sur lequel il serait pertinent de s’attarder. «Nous appelons au calme et à l'apaisement des tensions», a déclaré un porte-parole du quai d'Orsay, qualifiant le climat d’insécurité qui règne au pays des Eléphants de «préoccupant». Ce porte-parole a poursuivi: «Le désarmement et la réforme des secteurs de la sécurité doivent plus que jamais être une priorité, tout comme la poursuite du processus de réconciliation nationale et la lutte contre l'impunité».

Dans la bouche d’un officiel français, le mot «désarmement», dès lors qu’il est rapporté à la Côte d’Ivoire, ne peut pas être neutre. Il a une histoire. En effet, si les accords de Linas-Marcoussis (parrainés par Paris), de Pretoria et de Ouagadougou n’ont, depuis début 2003, cessé d’appeler au «désarmement», l’ancienne puissance coloniale a eu, jusqu’à la chute du président Laurent Gbagbo, un positionnement politique et stratégique encourageant clairement la prolifération des armes légères… tant qu’elle dérangeait le chef de l’Etat d’alors. Ainsi, Paris a refusé, lors de la création du MPCI et de ses succursales MPIGO et MJP, de faire pression sur les présidents Blaise Compaoré (Burkina Faso) et Charles Taylor (Liberia), pour qu’ils cessent de fournir les rebelles en armements. Par la suite, l’embargo onusien frappant le pays a soigneusement évité d’inclure les pays qui fournissaient les insurgés en armes, ce qui revenait à «punir» la seule partie gouvernementale, qui ne pouvait naturellement rester les bras croisés à attendre d’être submergée par l’ennemi. La France a manœuvré à l’ONU pour que les élections générales soient organisées sans le désarmement des rebelles et la réunification du pays, pourtant consignés par les chronogrammes adoptés par toutes les parties. Par la suite, elle a accompagné sans état d’âme la conquête du Sud par les Forces nouvelles transformées en FRCI, conquête qui n’a été rendue possible que par une violation «autorisée» de l’embargo et par la distribution de kalachnikovs à des milliers de civils fanatisés. Alors qu’elle a rejeté une solution politique classique – le recomptage des votes – qui pouvait préserver les chances du pays de se reconstruire et de se réconcilier! Le Canard Enchaîné, hebdomadaire toujours très bien renseigné, a même affirmé que Paris avait fourni des «munitions» aux desperados pro-Ouattara durant la guerre postélectorale, sans être démenti même faiblement.
 
Un problème de désarmement ou un problème politique ?
 
La nouvelle passion française pour le désarmement en Côte d’Ivoire est une illustration de ce qui a été hier un réflexe partagé par une partie de la «communauté internationale» et par la totalité de l’opposition ivoirienne. Qu’importe que le pays brûle pourvu que Gbagbo parte! Eh bien, c’est cette logique irresponsable qui se retourne aujourd’hui contre ceux qui en ont fait, hier, leur leitmotiv. Ceux qui ont, pendant des années, volontairement déplacé la crise politique ivoirienne sur le terrain armé sont aujourd’hui pris au piège de leurs propres passions nihilistes. Il faut qu’ils s’en convainquent même si, en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, le sens de l’autocritique n’est pas la qualité première des pompiers-pyromanes planqués dans les bureaux confortables des chancelleries occidentales…

La crise ivoirienne, dont les éruptions de violence armée de ces dernières semaines ne sont, au fond, qu’un signe parmi d’autres, peut-elle être réglée par une politique plus efficace en matière de désarmement? Relève-t-elle de considérations d’ordre logistique ou technocratique ou est-elle un problème fondamentalement politique? Les officiels français connaissent la réponse, mais ne peuvent l’affronter. En dépit d’une alternance qui n’a pas, loin de là, mis un terme aux suicidaires réflexes anti-Gbagbo et anti-FPI de la diplomatie hexagonale. Pourtant, que l’on considère que les dernières attaques soient le fait de miliciens pro-Ouattara frustrés ou de soldats favorables à l’opposition, en exil ou sur place, l’on est bien obligé de mettre les choses en perspective. Pourquoi le régime a-t-il de la peine à limiter le pouvoir de nuisance de ses nervis armés, alors qu’il est en train de mourir de son propre poison? Principalement parce que son projet de gouvernance autoritaire ne pourrait prospérer que dans un contexte de terreur, et que ce régime de terreur ne peut être garanti que par des milices tribales comme les Dozos. Problème politique, donc! Pourquoi ce régime maintient une atmosphère d’arrestations, d’enlèvements et de répression insensée qui empêchent la «paix des braves» à force de tenter de mettre en place une sorte de «pacification par l’humiliation»? Peut-on faire la paix quand pour des centaines de soldats, de sous-officiers et d’officiers, il n’existe pas d’autre choix en dehors de l’exil ou de l’embastillement et de la torture? Toute l’attitude du régime Ouattara montre qu’il a de vrais soucis en termes de légitimité, qu’il en est conscient et gouverne contre une très large partie du peuple et de l’armée. Comment le piège a-t-il pu se refermer sur lui? Qu’est-ce qui le rend sourd à toute conciliation? Problème politique, toujours! 

La France, seule puissance à pouvoir raisonner le régime ivoirien donc à empêcher une nouvelle descente aux enfers du pays, est elle-même prise au piège de ses propres impasses, de son long storytelling mensonger sur la Côte d’Ivoire, de son orgueil de puissance et d’une certaine fatalité coloniale qui la conduite à toujours préférer la politique du pire et le compagnonnage criminel avec des systèmes politiques condamnés à moyen terme mais rassurants, à très court terme, sur l’image qu’elle se fait d’elle-même et de son influence. Hélas.
 


Théophile Kouamouo



lundi, 27 août 2012

MAIS OU A-T-ON CACHE SIMONE GBAGBO?

SIMONE GBAGBO A ODIENNE.jpg


Les visiteurs de l’ex-Première dame ivoirienne ne la trouveront plus à Odiénné.

Détenue dans cette localité du nord-ouest de la Côte d’Ivoire depuis avril 2011, Simone Gbagbo aurait été transférée vers un autre lieu tenu secret, à 80 km de son lieu de détention initial.

L’information provient du quotidien Notre Voie qui s’appuie sur des «sources judiciaires», confirmées par un avocat de l’épouse de Laurent Gbagbo.

Par ailleurs, le journal pro-Gbagbo cite des informateurs qui donnent les raisons de ce transfèrement:

«Le pouvoir actuel soupçonne donc les individus qui attaquent de vouloir libérer les prisonniers politiques détenus dans le nord du pays, dont Mme Gbagbo.  

Alors il (le régime Ouattara, ndlr) a décidé de la déplacer d’Odienné vers une autre destination tenue secrète.»

Une interprétation concordant avec les propos du journal l’Inter qui fait le récit d’une tentative d’enlèvement manquée de Simone Gbagbo dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 août 2012.

Cette rumeur, invérifiable, est néanmoins corroborée par les opérations de ratissage des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) qui avaient lieu au même moment à Odienné.

Il y a peu de chances pour que celle qui est inculpée pour «crimes de sang, vol aggravé, détournement de deniers publics, pillage, concussion et atteinte à l’économie nationale», ne soit transférée à la CPI comme son époux.

Interrogé fin juillet par RFI sur cette éventualité, le président ivoirien Alassane Ouattara, a été clair:

«Ma priorité et mon souhait, ce serait de juger tous les Ivoiriens en Côte d’Ivoire.»

Il faut donc s’attendre à ce que ce transfèrement ne soit pas le prélude à un départ de madame Gbagbo vers le tribunal de La Haye.

 

Lu sur Notre Voie, RFIL’Inter


Source: SLATE AFRIQUE

dimanche, 19 août 2012

COTE D'IVOIRE: LE PREMIER MINISTRE AHOUSSOU KOUADIO APPELLE A «UN DIALOGUE FRANC, SINCERE ET SANS EXCLUSIVE»

 

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Le gouvernement ivoirien appelle les auteurs d'attaques récentes contre l'armée à déposer les armes, pour ne pas empêcher le "renouveau" du pays, a déclaré le Premier ministre Jeannot Kouadio Ahoussou dans une déclaration reçue samedi par l'AFP.

"Le gouvernement condamne fermement ces actes d'une violence inouïe", a indiqué M. Ahoussou, assurant que "les autorités militaires sont à pied d'oeuvre pour juguler ces vagues de violence". 

Il demande "instamment aux auteurs de ces attaques de déposer les armes", a-t-il poursuivi. 

Plus d'un an après la fin d'une crise postélectorale (décembre 2010-avril 2011) aux quelques 3.000 morts, certains Ivoiriens "croient toujours que la solution à leurs problèmes passe par les armes et la violence", a-t-il déploré.

Alors que le pays est sur la voie du "renouveau", ces attaques visent à "créer la psychose" et à "décourager les potentiels investisseurs", a affirmé M. Ahoussou.

Le Premier ministre a appelé à "un dialogue franc, sincère et sans exclusive" et annoncé la prochaine organisation de "missions d'écoute et de sensibilisation" à travers le pays.

En une dizaine de jours, les Forces républicaines (FRCI), l'armée ivoirienne, ont essuyé des assauts en série à Abidjan, dans ses environs et dans l'Ouest, y perdant dix hommes. Jeudi à Dabou, à environ 50 km à l'Ouest d'Abidjan, les assaillants ont visé le camp FRCI, les bases de la police et de la gendarmerie, tué trois civils et ouvert la prison d'où se sont évadés des dizaines de détenus.

AFP


Source: AFRIK.53

mardi, 14 août 2012

LE PIEGE DE LA CPI SE REFERME SUR LE CAMP OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA ET LUIS MORENO OCAMPO.jpg

 

Le régime Ouattara croyait trouver en la Cpi, une arme fatale contre Laurent Gbagbo et ses partisans qu’il veut voir disparaitre à jamais de la vie politique nationale. Obnubilé par ce noir dessein, le nouveau pouvoir s’est empressé de transférer le Président Gbagbo à La Haye. L’opération a nécessité de gros moyens (avion présidentiel) et s’est faite avec une rare célérité qui traduit éloquemment la détermination du régime Ouattara à vouloir sceller définitivement le sort d’un adversaire redoutable, l’ancien chef de l’Etat.

Mis en confiance par leurs parrains et convaincus qu’ils ne se seront jamais poursuivis pour les nombreux crimes commis par leurs hommes, Ouattara et son régime ont promis de coopérer pleinement avec la juridiction internationale dans la gestion du dossier ivoirien. « Toute personne mise en cause devra répondre de ses actes devant la justice qu’elle que soit son bord », se plaisait à affirmer l’actuel chef de l’Etat à ceux qui doutait de sa capacité à garantir l’indépendance de la justice tout en le soupçonnant de protéger ses partisans.

Mais depuis quelque temps, cette disponibilité vis-à-vis de la Cpi s’est transformée en une hostilité. La complicité du début a tourné au vinaigre. La raison est que le parquet de la juridiction internationale, s’appuyant sur les résultats des enquêtes menées par ses services ainsi que ceux des organisations de défense des droits humains, réclame la tête des hommes de Ouattara qui ont commis des crimes graves dont le massacre de 1000 civils dans l’ouest du pays. Un rapport relatif aux conclusions des juges de La Haye sur le dossier ivoirien mentionne que des forces armées pro-Ouattara ont bel et bien commis des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l’humanité et devront comparaitre devant leur Cour.

Des sources concordantes indiquent qu’au nombre des personnes recherchées figureraient en bonne place Guillaume Soro Kigbafori, chef de l’ex- rébellion armée de septembre 2002 rebaptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ; les chefs de guerre Chérif Ousmane, Fofié Koffi et Losseni Fofana. Face à retournement spectaculaire de situation, Ouattara et son régime voient le danger venir. Subitement, ils ne sont plus prêts à collaborer avec la juridiction internationale et ont changé de discours. Il faut plutôt trouver le moyen de contourner la Cpi. D’où la remise en selle de la justice nationale, présentée comme étant désormais apte à connaitre tous les crimes y compris ceux de génocide commis en Côte d’Ivoire.

La justice nationale déclarée ainsi compétente pourra juger les criminels du régime dont les têtes sont réclamées par la justice internationale. Les nouvelles inculpations infligées aux pro-Gbagbo détenus dans les camps de torture au nord du pays procèdent donc de cette volonté du régime Ouattara de contourner la Cpi. Alassane Ouattara pourra-t-il éviter la prison de La Haye à ses hommes ? En attendant le verdict de l’histoire, il apparait très clairement que la Cpi est devenue une source d’inquiétude pour le camp Ouattara. Autant dire que le piège se referme, de jour en jour, sur son auteur.



Jean Khalil Sella 

 

Source: NOTRE VOIE

samedi, 11 août 2012

ATTAQUES DES ASSAILLANTS - CES FRUSTRES DU SYSTEME QUE LE REGIME REFUSE DE VOIR

  

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Hamed Bakayoko, ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, est en train d’habituer les Ivoiriens à un jeu favori. Comme un loubard (appelé au secours) qui débarque et s’attaque systématiquement au «bourreau de son petit» sans raison garder a priori, l’actuel «sécurocrate» d’Alassane Ouattara a, avant même qu’une quelconque enquête sur les derniers événements ne débute, déjà identifié les auteurs.

Après son one-man-show télévisé d’il y a deux mois, dans lequel le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, érigé en procureur de la République pour la circonstance, a fait peser des soupçons sur des proches du président Laurent Gbagbo quant à leur implication dans un prétendu coup d’Etat visant à renverser le régime Ouattara, Hamed Bakayoko (toujours le même) revient à la charge. A la faveur de l’attaque du commissariat du 17ème arrondissement de Yopougon-Niangon et des camps d’Akouédo.

Selon le «sécurocrate» du régime Ouattara, «ce sont des gens qui proviennent de la galaxie des miliciens pro-Gbagbo et des militaires ex-Fds nostalgiques du régime Gbagbo». Cette thèse est-elle crédible alors que les pro-Gbagbo en question, réduits à néant par l’exil et le gel de leurs avoirs, n’ont pas les moyens de lever une rébellion comme celle qui a soutenu Alassane Ouattara avec d’énormes ressources humaines et financières énormes ? Bien plus, peut-on croire à des autorités, Alassane Ouattara en tête, qui avaient menti publiquement en prétendant que le porte-parole principal de Laurent Gbagbo, Koné Katinan, était aux arrêts ? 

Qu’importe les critiques. L’«angle d’attaque» de Bakayoko a un avantage. Il lui permet d’occulter les signes avant-coureurs qui annonçaient un mouvement d’humeur d’ex-combattants des Forces nouvelles, enrôlés pour les besoins de la cause, désarmés pour certains et bannis ensuite des rangs sans avoir obtenu la moindre rémunération de leur engagement après l’avènement du régime Ouattara. Certains sont traqués, d’autres mis sous les verrous. Et pourtant, selon leur version, on leur avait fait des promesses très claires depuis le Golf Hôtel. A savoir, une maison et plusieurs millions de FCFA à chacun d’entre eux (certains parmi eux avancent même le chiffre de 30 millions de FCFA par combattant).

Des leçons à tirer de la gestion de ses propres hommes

Face à la grogne des éléments sur le terrain, certains pontes du pouvoir Ouattara, selon une source proche de l’état-major des Frci, ont pris langue avec des «grands chefs», notamment Chérif Ousmane, Koné Zakaria, Jah Gao… pour voir de près le dossier des soldats «grognons ou frustrés». Mais ces chefs, nous a-t-on rapporté, ont fait la sourde oreille. Mieux, Koné Zakaria et Jah Gao ont décidé de monter au front pour désarmer et démanteler les unités qu’ils soupçonnent de perturber la stabilité du pays. Le mercredi 24 juillet, les hommes du commandant de la police militaire et ceux du camp commando d’Abobo prennent en sandwich le commandant Féré et ses hommes à Anonkoua-Kouté qu’ils dégagent de leur base par la force. Bilan : 2 morts et de nombreuses arrestations. L’ex-maître des lieux n’a pas manqué d’envoyer un signal revanchard. Le jour suivant, ceux du commandant Rasta, logés dans un immeuble contigu à la mairie d’Abobo, seront sévèrement «visités». Depuis ces affrontements, de nombreux éléments des Frci (ex-rebelles) errent dans la nature ruminant un retour triomphant face à leurs bourreaux.      

«Des éléments échappent au contrôle de l’état-major»

Selon un gradé en service à l’état-major général des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, de nombreuses unités armées dans le district d’Abidjan et sur toute l’étendue du territoire national échappe au contrôle de l’état-major général des Frci. «Il peut arriver que lors de leurs différentes patrouilles en ville, les éléments de la police militaire entrent en collusion avec des éléments armés, habillés en treillis et qui ont du mal à s’identifier. Certains disent appartenir à des unités dont les chefs ne les reconnaissent pas comme étant leurs éléments», révèle ce gradé, sous le couvert de l’anonymat. «Avec ces hommes armés qui essaiment tout le district et avec les armes qui circulent comme de petits pains, il faut se réserver de tirer une conclusion hâtive visant à incriminer un camp comme le étant responsable des attaques qui ont eu lieu le week-end dernier», insiste ce haut gradé.

«Il ne faut pas écarter l’éventualité d’une action revancharde avec un objectif précis de ceux à qui des promesses ont été faites sans être tenues et qui se sont sentis frustrés», conclut-il.


Gilles Naismon


Source: LE NOUVEAU COURRIER