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samedi, 19 novembre 2011

LIBRE OPINION: «L'OCCIDENT NE SE FOUT PAS DE LA DEMOCRATIE, IL LA DETESTE»



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Lisez-moi ce papier. Un trésor d'informations, une mine de lucidité et de vérité. Tout simplement excellent! Du camerounais Atangana Mebah Dorien.

 

Les occidentaux se foutent en réalité de la démocratie et des droits de l'homme. Si vous n'êtes pas encore arrivés à cette conclusion, c'est que les beaux discours sur la démocratie, embellis par les séminaires sur les droits de l'homme et le financement de la formation des moniteurs d'élections par la France ou l'Union européenne entretiennent encore la confusion et l'illusion dans votre esprit.

A cela s'ajoute l'aide au développement qui est claironnée dans les médias occidentaux, imprimée dans notre subconscient par les images télévisées des dons de matériel médical en présence de l'ambassadeur de France ou d'Allemagne. Vous devez penser que les pays dits démocratiques nous veulent du bien et qu'ils aimeraient que nous atteignions leur niveau de développement et de confort. Ne critiquent-ils pas certaines dictatures et des chefs d'Etat ayant mis long au pouvoir ? Ne demandent-ils et ne s'alignent-ils d'ailleurs pas avec les peuples pour obtenir leur départ comme en Egypte et en Tunisie ? Ne demandent-ils pas des élections libres et transparentes et ne blâment-ils pas les leaders qui ne semblent pas respecter la volonté de leurs peuples ? Après tout, ce sont même ces pays qui envoient des observateurs pour garantir la régularité des scrutins.

Ils critiquent même aussi souvent les coups d'Etat qui sont presque toujours commis par un chef militaire ou un groupe de rebelles qui se révoltent contre la politique économique irresponsable du leader qu'ils viennent de renverser.

Les organismes internationaux censés garantir les droits de l'homme tels qu'Amnesty International ou le Tribunal Pénal International chargé de juger ceux qui commettent des crimes contre les peuples ajoutent à cette confusion. Pourquoi créeraient et financeraient-ils ces organismes s'ils n'avaient pas à cœur le bien des masses, devez-vous vous demander ? Pourtant la réalité est toute autre.

Attitudes peu démocratiques

Les pays dits démocratiques ne sont pas consistants dans leur demande d'élections transparentes. Ils ferment les yeux sur les exactions des dictatures alliées et les aident même dans leur fraude électorale comme la France le fait au Tchad, Burkina Faso, Gabon et dans bien d'autres pays d'Afrique francophone. L'ancien chef des services secrets français au Gabon, l'ancien Mr Afrique du président Chirac et l'ancien ambassadeur de France au Gabon affirmaient d'ailleurs qu'Ali Bongo avait perdu les élections et que les chiffres qu'on lui a attribués appartenaient en réalité à son opposant principal Mba Obame (Regarder le documentaire intitulé "Françafrique : 50 ans sous le Sceau du Secret").

Certaines dictatures sont non seulement tolérées mais ont aussi été installées après renversement de leaders démocratiquement élus. A ce propos, que les méthodes indirectes utilisées dans le renversement de certains leaders ou la main invisible des commanditaires ne vous trompent pas. Les pays démocratiques participent à ces événements très peu démocratiques. Ce sont les pays occidentaux qui ont fait assassiner Lumumba, le premier leader du Zaïre. Il est dit que les puissances occidentales en voulaient tellement à Patrice Lumumba de leur avoir tenu tête que près de 4 services de renseignements (France, Etats-Unis, Belgique et Angleterre) avaient mis des équipes de tueurs à ses trousses (Lire "The Assassination Business" de Richard Belfield) .

Il est important de signaler que Patrice Lumumba a été assassiné en présence des troupes de l'ONU. Ce sont les Etats-Unis qui ont initié les 2 coups d'Etat contre Jean-Bertrand Aristide à Haïti en utilisant, dans le 2ème coup, des trafiquants de drogue entrainés par la CIA en République dominicaine; Hugo Chavez du Venezuela, Salvatore Allende du Chili ou Mossadegh d'Iran étaient des leaders politiques démocratiquement élus qui ont connu des coups d'Etat organisés avec le soutien actif de la CIA. C'est la France qui, à travers ELF, a fait renverser Lissouba au Congo-Brazzaville et a réinstallé Sassou Nguesso au pouvoir. C'est finalement avec la complicité de la « communauté internationale » et l'aide des troupes françaises et des Nations Unies que Laurent Gbagbo (vainqueur réel des élections ivoiriennes) a été renversé par la violence par Alassane Ouattara.

Le dénominateur commun de ces leaders est le choix courageux qu'ils ont fait de défendre les intérêts de leurs nations et leur désir de sortir leurs peuples de la pauvreté, actions qui les ont souvent mis en conflit avec les intérêts économiques des pays développés et de leurs grands groupes financiers installés à travers le monde.

Mais ce n'est pas ce que CNN, France 24, RFI, BBC ou la Voix de l'Amérique diront aux français, allemands, anglais ou américains. Ils leur diront qu'un chef d'Etat impopulaire, à la politique économique controversée, a été renversé par l'armée (Chavez, Allende), des rebelles (Lissouba, Aristide). Dans le cas de Laurent Gbagbo, ils ont simplement dit qu'il est un chef d'Etat qui a perdu des élections et qui ne veut pas quitter le pouvoir (un de plus en Afrique, ont dû penser les occidentaux).

A l'inverse, ceux qui ont protégé les intérêts des pays occidentaux sont restés au pouvoir pendant des décennies. Mobutu, Moubarak, Eyadema ou Bongo en sont des exemples. Ces 2 derniers ont d'ailleurs été remplacés par leurs fils sans que les défenseurs de l'alternance démocratique ne crient à une confiscation du pouvoir. Blaise Compaoré, Idriss Deby, Obiang Nguema Mbazogo et d'autres encore sont toujours au pouvoir après des décennies et viennent d'ailleurs de gagner de nouveaux mandats sans qu'aucun pays occidental ne trouve à redire. Et ces chefs d'Etat ne sont pas exactement des modèles de démocratie. Moubarak et Zine El-Abidine ont d'ailleurs été renversés parce que la pression populaire était forte. Pour les pays occidentaux, il valait mieux aider à faire tomber ces dictateurs fragilisés qui les ont pourtant servi, pour rester au bon côté de l'histoire et garder des apparences démocratiques. Ils ne poussent pas dehors des dictateurs alliés dont les régimes sont encore forts. Au même moment où l'Otan accusait Kadhafi d'être un dictateur, il donnait sa bénédiction au roi du Bahreïn pour réprimer dans le sang, avec l'aide de 1000 soldats saoudiens, les revendications de son peuple.

De la poudre aux yeux

La démocratie importe peu comme vous le constatez. Ce qui est important, ce sont les intérêts économiques et financiers dont la protection exige le contrôle des ressources naturelles des pays-clients. Tant que vous servez ces intérêts, vous restez au pouvoir. Vous les mettez en danger, alors on utilise cet artifice appellé démocratie pour vous faire tomber.

Que dire de la protection des droits de l'homme, de l'aide au développement ou du Tribunal Pénal International (TPI) ? Ce ne sont que d'autres artifices mis en place pour créer l'illusion : Celle d'un occident bienveillant fonctionnant sur la base de fortes valeurs morales. Tout le système de contrôle des pays faibles est basé sur cette apparence de bonté, sur une illusion de bienveillance. Si cette illusion était enlevée, tout le système s'écroulerait. Il est plus aisé de contrôler un peuple endormi qui croit en votre bonté qu'un peuple bouillonnant de colère face à son exploitation et à son impuissance. L'une des raisons pour lesquelles la France en voulait tant à Laurent Gbagbo est qu'il avait exposé le système d'exploitation de la France en Afrique à travers les émissions de la Radio Télévision Ivoirienne sur la Françafrique. En cela seulement, c'est Laurent Gbagbo qui a gagné. Ces émissions ont contribué à ouvrir les yeux des populations au Cameroun ou le sentiment anti-français est palpable. Vous pouvez imaginer que sous Ouattara, ce genre d'émissions ne sera pas montré à la RTI.

Savez-vous qu'une infime partie de l'aide au développement que la France fait aux pays africains parvient aux pays destinataires ? Une bonne partie de cette aide est retournée en France dans des valises pleines d'argent liquide pour le financement des partis politiques. Le Tribunal Pénal International tout comme l'Onu est simplement un outil utilisé dans les mains des puissances occidentales pour exercer leur prédation sur les pays faibles. Vous avez vu le rôle que le TPI a joué dans les crises Ivoirienne et Libyenne ? Il s'est précipité à ouvrir une enquête sur Laurent Gbagbo, Kadhafi et ses enfants pour violation des droits de l'homme et crimes contre l'humanité juste pour leur mettre la pression.

A l'inverse, le roi du Bahreïn qui a réprimé dans le sang les revendications de son peuple, Alassane Ouattara ou Guillaume Soro dont les soldats ont commis des exactions n'ont subi aucune inquiétude, jusqu'à présent. C'est cette attitude qui a amené Jean Ping, le président de l'Union Africaine à accuser le TPI de faire de la politique et un autre président africain à le qualifier de blague. Le TPI est une vraie farce. En passant, la plupart des individus inculpés par le TPI sont Africains.

Les organisations des droits de l'homme tels qu'Amnesty International, bien que créées avec des motifs nobles, ont été récupérées par des Etats et groupes d'intérêt qui les financent. Elles ont une caution morale très importante pour qu'on les laisse sans contrôle. Amnesty International serait contrôlé d'ailleurs par le MI-5, le service de renseignement britannique. Human Rights Watch, une autre organisation des droits de l'homme, serait financée par Georges Soros, un milliardaire soi-disant philanthrope. Ces 2 organisations ne critiquent pas les atteintes aux droits de l'homme faites pendant les guerres initiées sous le couvert des Nations Unies par la France, les Etats-Unis ou l'Angleterre. Lorsqu'ils condamnent certaines actions de leurs pays maitres, c'est avec beaucoup de timidité et juste pour garder une certaine crédibilité. Par contre, ils feront des rapports annuels sur les pays « ennemis » de l'occident.

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Au plus fort de la crise libyenne, les fils de Mouammar Kadhafi ont suggéré qu'on procède à une élection pour voir qui le peuple choisirait comme leader mais l'Otan a refusé, sachant que Kadhafi était populaire (à plus de 80%) dans son pays et qu'il gagnerait haut la main pareil test. La démocratie n'exigeait-elle pas qu'on laisse le peuple décider ? Cette solution n'a même pas reçu l'attention de la « communauté internationale » parce qu'il fallait abattre ce leader qui avait osé défier l'ordre international.

Les séminaires sur les droits de l'homme, le financement et l'aide à certains journaux privés africains, les critiques contre certaines dictatures ne sont que de la poudre aux yeux. Ils font partie de l'arsenal psychologique qui entretient l'illusion de la bienveillance occidentale.

J'espère que vous ne croyez plus les présidents français lorsqu'ils prétendent défendre l'Afrique au G-20, le groupe des 20 pays les plus industrialisés du monde, alors que ce sont eux qui, à travers le franc CFA, maintiennent l'Afrique sous oppression monétaire (http://www.africamaat.com/Video-Le-Franc-CFA-et-les-comptes).

Voyez-vous, on ne peut être voleur et honnête en même temps. On est l'un ou l'autre. On ne peut faire assassiner des gens et prétendre défendre les droits de l'homme. On ne peut provoquer des guerres qui détruisent et prétendre accorder de la valeur à la vie humaine. On ne peut faciliter et donner de la caution à la fraude dans un pays et prétendre être un démocrate dans un autre. On ne peut utiliser la banque mondiale et le FMI pour détruire les économies des pays du tiers-monde et prétendre aider au développement (http://ma-tvideo.france2.fr/video/iLyROoafIPvt.html). On est bon ou on ne l'est pas. Et si ces pays démocratiques nous voulaient du bien, pourquoi éliminent-ils nos leaders tels Sankara, Lumumba ou Kadhafi qui nous aimaient ?

L'occident ne se fout pas de la démocratie. Il la déteste

On le sait, contrairement aux apparences et aux déclarations bienveillantes, les leaders occidentaux ne veulent pas de démocratie, ni de progrès en Afrique. Ils aimeraient que les choses restent comme elles sont, sans toutefois tomber dans le chaos car celui-ci perturbe la bonne marche des affaires. Ils ne veulent pas non plus que les pays du tiers-monde se développent car le développement de l'Afrique les ferait sortir de leur contrôle et de leur joug.

Démocratie suppose répartition du pouvoir entre institutions indépendantes, élections transparentes, presse libre et bavarde, commission d'enquêtes parlementaires, réflexion indépendante, débats publics, etc.... Il est plus facile de contrôler un leader corrompu qui a entre ses mains la totalité du pouvoir que de contrôler un président ou premier ministre qui partage le pouvoir avec les députés, les magistrats de la cour suprême et tous les hauts responsables qui joueraient un rôle-clé dans la marche d'une nation démocratique. Des élections libres présentent le risque de mettre au pouvoir des leaders nationalistes et libres d'esprit que les occidentaux ne contrôlent pas.

La démocratie permettrait à la presse de révéler les magouilles qui se font sous la table et peut très sérieusement interférer avec l'informel dont bénéficient les compagnies occidentales opérant en Afrique. Par exemple, une presse libre et bien informée révélerait aux africains tous les accords commerciaux abusifs que la France a imposé aux pays africains tels que le Niger où elle a la priorité sur l'exploitation de l'uranium. C'est la France qui fixe le prix auquel elle achète cet uranium que le Niger ne peut d'ailleurs pas vendre à aucun autre pays. Cette presse dénoncerait l'exploitation off-shore qu'ELF fait du pétrole congolais sans que le gouvernement congolais n'ait une idée des quantités prélevées. (Regarder le documentaire intitulé "Les Milliards d'ELF").

Une presse libre montrerait les émissions de la Françafrique qui sont diffusées en France mais interdites sur les chaînes africaines. Les juges seraient ainsi libres de faire juger sans pression politique toute compagnie française ou américaine ayant commis des exactions sur le sol africain ou ayant procédé par corruption pour obtenir des contrats. Les députés pourraient débattre de projets de lois et revoir tous les accords que les pays africains ont signé avec la France. Le peuple serait partie prenante du jeu et demanderait une redistribution des richesses qui pour le moment bénéficient en majorité aux compagnies occidentales.

Tout ceci m'amène à affirmer que même si un leader véritablement démocrate et intègre arrivait au pouvoir dans un pays africain, les puissances occidentales essaieraient de l'éliminer. Leurs leaders étrangers ne vont pas se croiser les mains, l'applaudir pour les changements positifs (du moins, pas sincèrement) et le laisser faire. Ils ne vont pas se contenter de le regarder travailler. Ils vont essayer de l'éliminer, pour des raisons déjà évoquées. En plus de ces intérêts nationaux, ils ont aussi des motifs personnels. Les familles Mitterrand, Charles Pasqua et Giscard d'Estaing auraient des intérêts privés au Cameroun, Gabon, Centrafrique, Tchad, Congo. Sur le plan moins personnel, un dirigeant démocrate refusera de procéder aux financements occultes de partis politiques et des ordres mystiques européens. Nous savons que ce financement joue une très importante part dans le fonctionnement de ces entités et certains leaders africains leur verseraient des dizaines et même des centaines de millions de francs CFA, à titre de contribution.

En plus de ces intérêts, il y a la notion de prestige qui est en jeu. Aux yeux des pays puissants, il serait inacceptable qu'un dirigeant d'un petit pays sous tutelle change les règles du jeu telles qu'elles existent depuis la colonisation et force la main à une grande puissance. C'est un affront qu'on ne saurait accepter, ceci est d'autant plus dangereux qu'il pourrait faire des émules. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Président Thomas Sankara était un danger pour l'ordre établi français. Il était très admiré et était devenu très populaire auprès des jeunesses et corps d'officiers africains. Les maîtres occidentaux avaient peur que d'autres gens ne veuillent suivre son exemple. Bien qu'il ait été assassiné par celui qu'il croyait être son ami, ce sont la Côte d'Ivoire d'Houphouët-Boigny et la France qui en étaient les commanditaires.

Pourquoi les chefs d'Etats africains ne dénoncent-ils pas cet ordre outrageux des choses ? D'abord parce qu'ils sont eux-mêmes compromis par des abus et violations d'ordre divers. Ils font partie de ce système global de jouissance matérielle, pour la plupart. Ensuite, ces chefs d'Etat seraient embarrassés d'exposer leur impuissance, leur rang subalterne et leur servilité vis-à-vis de leurs maîtres. Quel chef de famille pourrait rentrer, le soir, à la maison et dire avec fierté à sa femme et à ses enfants qu'il a dû remettre une partie de son salaire au voisin parce qu'il avait peur que celui-ci ne le bastonne ? Ces chefs paraissent forts et invincibles aux yeux de leurs peuples et un aveu d'impuissance heurterait leur fierté. Pourtant, la mise en place d'un véritable système démocratique est la seule voie de sortie de ce système d'oppression car elle permettrait de battre les pays dits démocratiques au jeu de la démocratie. Elle permettrait de désarmer les prédateurs, de mettre les règles du jeu du côté du pays en question et d'impliquer dans le jeu la seule composante vraiment capable de protéger un leader : le peuple.

Même chez eux, la démocratie n'existe pas vraiment

Ne vous y trompez pas, même dans les pays occidentaux, la démocratie n'existe pas vraiment. Les dirigeants de ces pays sont sélectionnés à partir de 2 partis politiques uniquement dont aucun ne représente parfois un bon choix. Selon les pays, il s'agit de la gauche et de la droite, des républicains ou des démocrates, libéraux ou conservateurs. Cette organisation ne laisse pas de chances à une tierce personne de compétir. Un ancien agent de la CIA racontait dans une vidéo comment il avait été envoyé pour intimider Ross Pérot, un candidat indépendant qui voulait compétir contre Bush I en 1992, en lui demandant de retirer sa candidature. Il l'a menacé de s'en prendre à sa fille et Ross Pérot a obtempéré. Incroyable, n'est ce pas ? C'est pourtant ce qui s'est passé. Ross Pérot qui commençait à devenir populaire menaçait le règne des 2 partis politiques, par la création d'une alternative pour le peuple.

Les candidats finalement sélectionnés à l'issue des primaires viennent presque tous du même moule. Il est presqu'impossible pour un personnage ayant des idées révolutionnaires qui inconfortent l'establishment d'arriver à ce niveau. Ils ne peuvent changer la politique préétablie par leurs partis et dans une large mesure, l'establishment. Les leaders élus ne peuvent pas de façon significative affecter la politique extérieure de leurs pays et, dans une certaine mesure, même pas la politique intérieure. Ils sont en réalité des têtes visibles de groupes d'intérêt que sont les partis politiques. Ceux qui essaient de changer les choses se font éliminer comme Kennedy, sont poussés à l'échec comme Jimmy Carter ou alors sont intimidés comme Barack Obama qui renonce à mettre en application son programme social. Ces candidats sont, en général, issus de mêmes écoles, fréquentent les mêmes clubs sociaux et appartiennent même souvent aux mêmes sociétés secrètes. Ce dernier détail a une grande valeur lorsque l'on sait que l'Allegiance aux sectes dépasse même souvent leur loyauté vis-à-vis de leurs pays. Le monde occidental est simplement une dictature de l'élite sur les masses ouvrières.

Ces pays démocratiques ont aussi des fraudes électorales, moins visibles et plus sophistiquées que les pays africains. Georges W. Bush ne doit sa première élection de l'an 2000 contre Al Gore (qui avait gagné le vote populaire) qu'à la décision de la Cour suprême de refuser le recomptage des votes en Floride où son frère était gouverneur. Il faut signaler que Georges W. Bush avait des partisans à la Cour suprême, ce juge dont le fils faisait partie de l'équipe de campagne de Georges Bush. Peut-on vraiment parler de démocratie quand le candidat que la plupart des électeurs ont voté perd les élections par le jeu des grands électeurs.

Dans le documentaire intitule "Hacking Democracy", un individu affirme que Kerry avait la preuve que Georges Bush avait perdu l'élection de 2004 mais avait choisi de ne pas en parler. Il faut signaler que Bush et Kerry font partie de la même secte appellée "Skulls and Bones" traduits par "Cranes et Os". Dans son excellent article, Michael Parenti (http://www.michaelparenti.org/stolenelections.html) dit que des irrégularités ont été commises en 2000 contre les minorités ethniques et des personnes démunies qui votent en général démocrate (parti d'Al Gore). 36 000 personnes n'ont pu voter parce que leurs noms n'ont pas été inscrits dans les listes électorales par le secrétaire d'Etat de l'Etat de Floride, Kathleen Harris. Celle-ci a supervisé les élections de l'Etat de Floride de par sa fonction alors qu'elle était aussi un membre actif du comité de campagne de Georges Bush, dans l'Etat de Floride. D'autres électeurs ont été refoulés par une accusation mensongère d'être d'anciens repris de justice. Dans beaucoup de bureaux de vote dans des régions favorables aux démocrates, les autorités ont fermé tôt les bureaux, empêchant les gens alignés dehors de voter.

Plus récemment en Grèce, Georges Papandreou a renoncé à l'idée du referendum sur le sauvetage des banques grecques sous la pression de ses pairs européens qui savaient que s'il était consulté, le peuple grec allait rejeter ces mesures qui le mettent pratiquement en captivité. N'est-ce pas la démocratie, le choix du peuple ?

En conclusion, la démocratie n'existe vraiment pas. L'occident utilise cet artifice dans la guerre qu'elle mène contre l'Afrique. Les crises ivoirienne et libyenne n'ont été que l'expression visible et violente de cette guerre. Cependant, ce n'est pas une guerre que nous gagnerons par la violence. L'Afrique gagnera cette guerre en retrouvant sa dignité, son self-esteem, l'amour de l'un pour l'autre, sous la direction de leaders nationalistes utilisant la sagesse et l'astuce.

Au-delà de ces considérations bassement matérielles, il y a un élément humain qui explique le comportement des gens vis-à-vis des autres. Nous avons tous en nous, en tant qu'êtres humains, ce désir de contrôler et de nous enrichir aux dépends des autres et de leur bien-être supérieur. C'est pour cela que toutes ces sociétés secrètes et clubs élitistes naissent et prospèrent, à travers le monde. Leur but est de contourner la démocratie, de remettre et de garder le pouvoir entre les mains de quelques privilégiés.


Atangana Mebah Dorien, citoyen libre.

mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

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Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

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Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

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Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

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Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

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L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA

vendredi, 30 octobre 2009

NOUVEL ORDRE MONDIAL: LA FACE CACHEE DU G20!

Chers tous, je soumets à votre lecture cet excellent article lu sur Top Chrétien, qui ne manquera pas de polariser votre attention et vous faire réfléchir au vrai sens des crises qui frappent notre monde.

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«Quand le sage montre la lune, l’idiot regarde toujours le doigt»

Dans sa sévérité quelque peu cinglante, ce proverbe chinois résume pourtant bien le déroulement du G20 qui vient de se tenir à Londres et dont on nous annonce qu’un second round aura lieu aux Etats-Unis en septembre prochain. Alors que la conférence de Bretton-Woods de juillet 1944 avait pour enjeu principal la refondation d’un système monétaire international, le G20 de 2009 ambitionne d’aller beaucoup plus loin…

Jean Philippe Wagner, Parti Républicain Chrétien.

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mardi, 06 octobre 2009

L'AFRIQUE EST UN CONTINENT MARGINALISE

LA PLANETE TERRE.jpg

L’Afrique possède d’énormes ressources. Elle a un potentiel d’énergies renouvelables, solaires, hydroélectriques, éoliennes, du pétrole,  du gaz, des  métaux divers, de l’uranium, du  bois,  du poisson, etc. Nonobstant cette énorme richesse, les indicateurs sociaux n’ont pas évolué positivement : les vingt derniers rangs (sur 177 pays) dans le classement de l’indice de développement humain établi par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) sont occupés par des pays d’Afrique subsaharienne.
Notre présent article n’a pas pour objectif de focaliser l’attention de nos lecteurs sur les indicateurs macroéconomiques de l’Afrique, il s’agit de dire ici avec humilité et franchise que notre continent est marginalisé dans tout, en dépit de ses fabuleuses ressources.

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vendredi, 17 avril 2009

L'OCDE PUBLIE DEUX LISTES DE PARADIS FISCAUX

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L'OCDE a rendu publiques, le jeudi 2 Avril 2009, deux listes de paradis fiscaux - dont une liste noire qui compte le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay - après la décision prise par le G20 à Londres d'agir contre les Etats fiscalement non coopératifs.

Cette liste inclut les pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, a précisé l'Organisation de coopération et de développement économiques sur son site internet.

Par ailleurs, une deuxième liste, incluant 38 pays dont Monaco, le Liechtenstein, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, recense les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE mais ne les ont pas "substantiellement" appliquées, selon l'Organisation.

A l'issue du sommet de Londres jeudi, les pays du G20 se sont engagés à "agir" contre les juridictions non-coopératives, dont les paradis fiscaux, et laissant le soin à l'OCDE de publier la liste des pays concernés.

Sur son site, l'OCDE publie également une liste de pays qui appliquent "substantiellement" les règles internationales, dont la France, la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

Dans une note de bas de page, l'OCDE précise toutefois que les "régions autonomes" chinoises (Hong Kong et Macao) ne figurent pas sur cette liste "blanche", en raison du fait qu'elles s'étaient seulement "engagées" à respecter les standards internationaux.

Selon un haut responsable américain, la Chine et la France ont croisé le fer lors du sommet du G20 autour de la liste des paradis fiscaux, Pékin craignant d'y voir figurer Macao et Hong Kong.

D'après cette source, un compromis a été arraché après "un grand nombre d'allers et retours" entre les deux parties et l'intervention du président américain Barack Obama.

La question des paradis fiscaux, "trous noirs de la finance", avait ressurgi en novembre 2008, au plus fort de la crise financière, lors d'une réunion de 17 pays à Paris, organisée à l'initiative de l'Allemagne et de la France.

Les Etats participants avaient demandé à l'OCDE de "réactualiser" d'ici à mi-2009 sa "liste noire" des paradis fiscaux non coopératifs, à laquelle Berlin souhaitait alors ajouter la Suisse.

Une précédente liste avait été publiée au début des années 2000 par l'OCDE. Mais elle ne comptait plus que trois pays - Monaco, Andorre et le Liechtenstein -, de nombreux Etats ayant, au fil des ans, été rayés de ce classement après avoir pris des engagements de transparence.

"Nous avons demandé à l'OCDE de compléter, de réactualiser, de totalement faire le ménage sur la liste", avait déclaré le ministre du Budget français, Eric Woerth.

Au cours des dernières semaines, plusieurs Etats dans le collimateur de la communauté internationale ont donné des gages de bonne conduite pour éviter de figurer sur cette liste "réactualisée".

La Belgique, l'Autriche, le Luxembourg ou la Suisse, mais aussi le Liechtenstein ou Andorre, ont ainsi annoncé coup sur coup un assouplissement de leurs législations nationales sur le secret bancaire.

La Belgique a elle annoncé sa suppression pure et simple dès 2010, au lieu de 2011 comme envisagé dans un premier temps.

Le Luxembourg et l'Autriche ont de leur côté accepté de coopérer avec les autres pays en échangeant des informations bancaires en cas de soupçons de fraude fiscale. Quant à la Suisse, elle a annoncé qu'elle allait se conformer aux standards de l'OCDE.

Quatre critères sont retenus par l'OCDE pour définir un paradis fiscal : des impôts insignifiants ou inexistants, l'absence de transparence sur le régime fiscal, l'absence d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres Etats et le fait d'attirer des sociétés écrans ayant une activité fictive.

SOURCE : AOL.COM


NOTRE REACTION A CHAUD :

Suite à ce qui vient d'être publié, à savoir le ciblage des Paradis fiscaux, notre question est celle de savoir si les Banques françaises (BNP-Paribas par exemple) vont-elles arrêter, cesser de recevoir (voire blanchir) les fonds provenant des Kleptocrates africains du pré carré (Françafrique) ? Nous parlons surtout de ceux que la France a placés elle-même à la tête de nos pays, comme Sassou Nguesso, entre autres. Dans ce contexte, en permettant aux prédateurs africains de placer le fruit de leurs prévarications et autres larcins dans ses Banques, la France est aussi un PARADIS FISCAL pour les pillards de l'Afrique.

Groupe Africdossier

16:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paradis fiscaux, ocde, g20 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 03 avril 2009

LES PAYS PAUVRES GRANDS OUBLIES DU G20

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Communiqué de presse - Jeudi 2 Avril 2009.

Réaction du CCFD-Terre solidaire au communiqué du G20.

Le G20 a montré qu’avec un peu de volonté politique, on peut faire quelques avancées. Mais le sort des populations les plus pauvres du monde n’était manifestement pas sa priorité. Pour le CCFD-Terre solidaire, le G20 a manqué une occasion historique de faire du sort des 3 milliards de pauvres la boussole de l’économie mondiale.


Le G20 n’a pas servi à rien. Plusieurs demandes historiques du CCFD-Terre solidaire ont été actées par le G20, comme le principe d’une liste noire des paradis fiscaux et l’abandon de la mainmise de l’Union européenne et les Etats-Unis sur la direction du FMI et de la Banque mondiale. Avec les règles de prudence et les mécanismes de contrôle qu’il a décidé d’imposer aux banques, le risque d’une nouvelle crise financière telle que celle des subprimes est sérieusement amoindri. C’est le minimum qu’on pouvait attendre du G20, mais c’est déjà ça.

Toutefois, pour Antoine Malafosse, délégué général du CCFD-Terre solidaire, « le G20 a beaucoup parlé de régulation et de relance, mais il a complètement oublié un 3ème ‘R’ – la répartition des richesses. Le G20 passe à la trappe le sort des pays pauvres, qui sont pourtant les plus durement touchés par une crise dont ils ne sont aucunement responsables ».

Le CCFD-Terre solidaire en veut pour preuve que :

Ø Seuls les pays émergents ont été invités à négocier, laissant de côté les plus pauvres et l’ONU. Le G20 fait comme si l’ONU n’avait rien à proposer, alors que la Commission Stiglitz a formulé des propositions ambitieuses pour alimenter le sommet onusien sur la crise du 1er au 3 juin[1].

Ø Alors que les paradis fiscaux coûtent 900 milliards de dollars par an aux pays du Sud, les progrès annoncés ne serviront qu’aux pays riches. Avec la liste noire du G20, rien n’oblige les paradis fiscaux à être transparents avec les pays pauvres. Au contraire, le G20 confie le mandat d’évaluer les paradis fiscaux à l’OCDE, un club de pays riches.

Ø Le G20 condamne un peu vite le protectionnisme : il a sans doute raison de le faire pour les pays riches, mais il ne faut pas oublier que pour les pays pauvres, la protection des marchés agricoles est une condition sine qua non pour que des dizaines de millions de paysans puissent continuer à vivre de leur travail.

Ø Le G20 s’est focalisé sur les banques, mais il est resté muet sur le besoin de réguler les entreprises multinationales, qui n’ont aujourd’hui de comptes à rendre devant personne lorsque leurs filiales ou leurs fournisseurs commettent des violations des droits de l’Homme ou de l’environnement dans les pays pauvres.

Ø Le G20 annonce 1 000 milliards de dollars pour le FMI, la Banque mondiale et les banques de développement, mais le bénéfice qu’en tireront les pays pauvres reste flou. Selon le réseau Eurodad, l’aide annoncée par le G20 à l’intention des pays pauvres ne représente qu’1/20ème des besoins chiffrés par la Banque mondiale pour faire face à la crise[2].

Ø Le G20 annonce que les pays émergents auront plus de poids au sein du FMI et de la Banque mondiale, mais ce processus devrait encore laisser sur le carreau les pays les plus pauvres.

Ø Le G20 insiste pour règlementer le crédit, mais il oublie ses lourdes responsabilités dans le surendettement des pays pauvres.

Contact presse : Véronique de La Martinière – 01 44 82 80 64 – 06 07 77 05 80

11:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ccfd-terre solidaire, pays pauvres, g20, crise financière internationale, communiqué du g20 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 02 avril 2009

LE SOMMET DU G 20 : LE MONDE VEUT SE FAIRE UN LIFTING ECONOMIQUE ET SE DONNER UNE BONNE CONSCIENCE, MAIS LE MAL EST FAIT !

PHOTO G20 AVRIL 2009.jpgQu'est ce qu'il en sort d'un sommet du G20 ? Tout d'abord, le Groupe des 20 (ou G20) est un forum économique qui a été créé en 1999, après la succession des crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d'un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Le G20 représente les deux tiers du commerce et de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut (somme des PIB de tous les pays du monde).

Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, ce sont les chefs d'État ou de gouvernement qui se sont réunis et non uniquement les ministres des finances. Les membres du G20 sont représentés par les Président accompagnés de leurs ministres des finances respectifs et les directeurs des banques centrales des 19 pays suivants : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie.

L'Union européenne est représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne, ce qui explique le nom de G20. Les membres du G20 appartiennent au pays du G8 et à 10 pays à économies émergentes.

Le sommet du G20 à Washington de la mi-novembre 2008

D'après le communiqué final, la crise financière de 2008 résulterait d'un manque de coopération économique, de problèmes d'évaluation des risques, de normes comptables peu adaptées et disparates, et de déficiences quant à la surveillance des marchés. Le sommet du G20 de nombre 2008 avait condamné la tentation protectionniste et avait également recommandé dans son communiqué final " des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides ", il soulignait aussi " L'importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays "

Sur la question de la nouvelle architecture financière internationale, le G20 avait à son temps décidé de se réunir à Londres fin mars début avril et de lancer un certain nombre d'études visant :

" à améliorer la transparence et les systèmes comptables au niveau notamment du Bureau des standards comptables internationaux, plus connu sous son nom anglais d' International Accounting Standards Board (IASB), est l'organisme international chargé de l'élaboration des normes comptables internationales IAS/IFRS. Il remplace, depuis 2001, l'International Accounting Standards Committee.

à renforcer le contrôle prudentiel par une révision des normes régissant les agences de notation et par un examen des risques liés aux " dérivés sur événement de crédit " ou en anglais Credit Default Swaps (CDS) sont des contrats financiers de protection, entre acheteurs et vendeurs. L'acheteur de protection verse une prime ex ante " est une locution latine signifiant " au préalable " annuelle calculée sur le montant notionnel de l'actif (souvent dit de référence ou sous-jacent), au vendeur de protection qui promet de compenser ex-post les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. C'est donc, sur le plan des flux financiers, comme un contrat d'assurance.

Il s'agit d'une transaction non-financée : sans obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction, le vendeur de protection reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital si aucun événement de crédit n'a lieu jusqu'à maturité du contrat. Dans le cas contraire, événement plus ou moins probable mais très coûteux, il est contraint de faire un paiement contingent, donc de fournir des fonds ex post. Il s'agit donc d'une exposition hors-bilan.

" à améliorer la gestion du risque en mettant au point de nouveau modèle et en révisant les régimes de rémunérations des traders;

" à améliorer la supervision des marchés en renforçant la coopération entre les instances nationales et en renforçant la surveillance des grandes sociétés financières internationales,

à améliorer la régulation en demandant au FMI (Fonds Monétaire international) et au Forum de stabilité financière (Le Forum de stabilité financière (en anglais Financial Stability Forum) ou FSF est un groupe informel créé en 1999 à l'initiative du G7. Il regroupe 26 autorités financières nationales (banques centrales, ministères des finances, ...), plusieurs organisations internationales et groupements élaborant des normes dans le domaine de la stabilité financière. Ses objectifs relèvent de la coopération dans le domaine de la supervision et de la surveillance des institutions financières. Son secrétariat est hébergé par la Banque des règlements internationaux, à Bâle. En 2009, le forum est présidé par l'Italien Mario Draghi.

Le FSF devrait prochainement s'élargir aux membres du G20 qui n'y sont pas encore représentés.

" des formuler des recommandations pour limiter les effets cycliques de la finance,

" à renforcer la capacité des institutions financières internationales à aider les économies en difficulté.

Or, à la lumière de cette crise économique sans précédent plombée par des spéculations boursières, le groupe des 20 n'ont jamais décelé le moindre indicateur de crash mondial, par l'opacité de ces opérations hasardeuses de traders et banquiers sans scrupules assoiffés de glorioles. Résultat ; Faillites bancaires, des milliards de dollars envolés, une croissance mondiale en berne, des gouvernements impuissants. Le capitalisme financier est en crise. A titre indicatif, pour enrayer et vaincre la faim dans le monde il faudrait simplement une volonté politique internationale d'une enveloppe budgétaire de 15 à 20 milliards de dollars par an.

Un rapport semestriel de la Banque d'Angleterre donne une évaluation chiffrée du coût de la crise actuelle pour le système financier mondial. La Banque d'Angleterre estime le coût de la crise à 2.800 milliards de dollars soit 2.240 milliards d'euros. Un chiffre qui vous donne le tournis, et plaçant ces banques et institutions bancaires comme des organisations mafieuses et criminelles contre le développement et l'équilibre mondial. Certains spécialistes estiment que ce coût est en dessous de la réalité car les pertes continuent.

Quelles sont les causes de la crise financière mondiale ?

Etape 1 : La crise financière part des Etats-Unis en août 2007

La crise débute à l'été 2007 à cause des "subprimes", des prêts hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine. En temps normal, un particulier qui souhaite acquérir un appartement peut emprunter en fonction de son salaire et de sa capacité à rembourser. Inconvénient du système : l'emprunt est proportionnel au salaire. Si vous ne gagnez pas beaucoup, vous ne pouvez pas emprunter beaucoup, donc vous ne pouvez pas acheter.

Les Américains ont donc créé des subprimes : vous empruntez ce que vous voulez (même si le salaire n'est pas très élevé) mais c'est la maison qui est en garantie. En clair, si vous ne pouvez pas rembourser, la banque récupère la maison et la vend. Mais quand les prix de l'immobilier baissent, les banques paniquent ! Cas de figure classique : un emprunteur ne rembourse plus, la banque décide donc de vendre sa maison et de tout récupérer. Mais comme les prix de l'immobilier ont baissé, la banque perd de l'argent sur la vente. C'est la crise des subprimes : certaines banques qui avaient eu trop recours à ce type de prêt se sont retrouvés dans une situation financière critique. Et plus de 2 millions de personnes se retrouvent ruinées aux Etats-Unis, faute de pouvoir rembourser les emprunts.

Etape 2 : Toutes les banques sont touchées à cause de la titrisation

Pour tenter de limiter les risques de ces crédits d'un nouveau genre, les banquiers ont eu recours à la titrisation. Ils ont transformé ces emprunts en titre sur les marchés boursiers. Concrètement, si un particulier emprunte 1000 euros, il doit en rembourser 1200 euros à la banque avec les intérêts. Pour gagner plus rapidement de l'argent, les banques ont émis des titres de dette, c'est-à-dire un papier donnant droit à ces 1200 euros. Ces titres de dette se sont échangés sur les places boursières.

Quel est l'intérêt pour les acheteurs de ces titres ? Si l'acquéreur achète son titre à 1100 euros, il sait qu'il a la garantie de recevoir 1200 euros. Or, à partir du moment où celui qui doit rembourser l'emprunt pour l'achat de sa maison ne peut plus payer, le titre n'a plus aucune valeur. Ce sont ces montages financiers complexes qui expliquent la chute de la bourse car toutes les banques étrangères, notamment européennes, se sont aperçues qu'elles possédaient des titres de subprime qui ne valaient plus rien. Tout le monde en avait mais personne ne savait vraiment combien.

Etape 3 : Les banques se méfient et ne se prêtent plus d'argent

Dans un premier temps, les banques étrangères se sont voulues rassurantes. En France, le directeur de la BNP a d'abord affirmé que la banque n'avait pas procédé à des placements risqués de ce type. Mais quelques jours plus tard, après analyse, la BNP réalise qu'elle possède des subprimes. Le jeudi 9 Août 2007, la BNP décide de geler la cotation de 3 fonds d'investissement. La panique gagne alors les marchés car plus personne ne se sent à l'abri. A partir de là, les banques vont se méfier les unes des autres et ne plus vouloir se prêter de l'argent entre elles. Cette crise de confiance des marchés interbancaires va entraîner la faillite de certaines banques, malgré l'injection de milliards de dollars de la réserve fédérale américaine. Vous n'avez rien compris ? Passez à l'étape suivante.

Etape 4 : Faute de liquidités, certaines banques sont asphyxiées dès 2007

Pour comprendre comment les banques ont fait faillite dès 2007, il faut expliquer comment fonctionne le système bancaire. Quand vous empruntez 100 000 euros à la Société Générale, celle-ci augmente la masse monétaire de 100 000 euros. Elle crée donc 100 000 euros. Mais pour éviter que la machine à billet ne s'emballe (créer de la monnaie sans contrôle), la Société Générale doit déposer une partie de la somme créée sur un compte de la Banque Centrale Européenne. C'est ce qu'on appelle les "réserves obligatoires". Si le taux de réserves obligatoires est de 1%, la société Générale doit donc déposer sur le compte de la Banque Centrale Européenne 1 000 euros. Ce système là permet à la banque centrale européenne de contrôler la création de monnaie.

Souvent les banques n'ont pas les liquidités nécessaires pour accorder des crédits (le flux entre l'argent déposé par des épargnants et l'argent prêté aux autres n'est jamais équilibré à l'instant T). Elles empruntent donc de l'argent à une autre banque pour pouvoir verser la "réserve obligatoire" à la BCE afin de pouvoir accorder le crédit au client. C'est une pratique courante : les banques se soutiennent et se prêtent de l'argent entre elles. Mais quand il y a une crise de confiance, c'est tout le système qui s'enraye. Pour éviter un effondrement général et des faillites en cascade, la banque centrale "injecte" des milliards, c'est-à-dire qu'elle permet aux banques de récupérer des liquidités à très faible coût.

Malgré cela, certaines banques se sont retrouvées asphyxiées très rapidement : elles ont perdu des sommes colossales avec les subprimes, et elles n'ont pas réussi à poursuivre leur activité de crédit car les autres banques, méfiantes, ont refusé de leur prêter des liquidités pour faire face. De nombreuses banques se sont donc retrouvées dans des situations difficiles : en Grande Bretagne, la Northern Rock a dû être nationalisée, sous peine de disparaître.

Etape 5 : La panique gagne les marchés financiers en 2008

La plupart des économistes pensaient que le gros de la crise était passé début 2008. Une fois que la crise des subprimes est bien identifiée, que les banques ont revendu ces titres à risques, la crise financière était sur le point de se terminer après un dernier soubresaut fin 2007. Mais la crise est repartie de plus belle en février 2008 quand les banques ont arrêté leurs comptes annuels. Les pertes se sont avérées plus importantes que prévu : entre la chute de l'immobilier, la crise des subprimes, les soubresauts de la bourse qui ont fait chuter les cours, les pertes d'actifs se sont montées à plusieurs dizaines de milliards de dollars pour certaines banques. C'est le cas de Citibank, qui était la première banque mondiale jusqu'à cette crise.

Dès lors, la crise financière qui était d'abord une crise bancaire va se transformer en krach boursier. A chaque mauvaise nouvelle ou publication des comptes d'une banque, le titre de la banque chute sur les marchés financiers. Les banques ont alors des pertes colossales, et comme en 2007, peinent à trouver des liquidités. Vue la situation de crise, comme en 2007, les banques ne se font plus confiance et le marché interbancaire se grippe. Certains établissements de crédit ont donc vu leur valeur boursière chuté en quelques semaines. Par exemple, AIG (numéro 1 de l'Assurance) a perdu 45% de sa valeur en une semaine et 79% sur un an. Lehman Brothers, la quatrième banque d'affaires de Wall Street, a perdu 45% de sa valeur en une seule journée et 94% sur un an. Jamais des chutes aussi vertigineuses n'avaient été constatées depuis la crise de 1929.

Etape 6 : Tentative de sauvetage à coût de centaines de milliards

Face à ce qui s'apparente à une banqueroute généralisée, les banques centrales et les Etats tentent de venir en aide à tous les établissements les plus fragiles pour éviter des faillites qui auraient des conséquences très importantes sur l'économie réelle. Trois sorties de crise sont exploitées :

1. Les banques centrales injectent de nouveau des liquidités pour que ces banques puissent emprunter. Mais cette solution a des limites : la création monétaire doit être fortement encadrée sinon, il y a un risque très élevé d'inflation. Les prix pourraient s'envoler et accélérer ainsi la propagation de la crise dans l'économie réelle.

2. Les banques centrales volent au secours de certaines banques en récupérant à leur compte les titres dépréciés, comme les subprimes. C'est ce qu'a fait la banque centrale américaine en mars pour sauver la banque d'investissement Bear Stearns. La banque centrale américaine a récupéré 29 milliards d'actifs toxiques (dépréciés et peu surs) et facilité la reprise de Bear Stearns par une autre banque JP Morgan. Là encore, cette solution a des limites. La banque centrale américaine ne peut effacer d'un seul coût des milliards de perte pour chaque banque en difficulté.

3. Le gouvernement américain tente de sauver certains établissements pour éviter un effondrement de tout le système bancaire. Par exemple, Freddie Mac et Fannie Mae, deux géants américains du crédit hypothécaire, ont été placés sous la tutelle du gouvernement. Le trésor américain va dépenser 200 milliards de dollars pour sauver ces deux établissements. Seulement, le gouvernement américain ne peut sauver toutes les banques en difficulté : d'abord parce que cela coûte des milliards de dollars aux contribuables, et ensuite parce que cela donnerait de très mauvais signes aux marchés financiers, qui auraient l'impression de bénéficier d'une certaine impunité. A quoi bon assainir le système si les Etats sont prêts à aider toute le monde à coût de plusieurs centaines de milliards de dollars ? Voilà pourquoi le Trésor américain a refusé de voler au secours de la banque Lehman Brothers, qui a donc fait faillite.

Et maintenant ? De nombreuses banques sont dans des situations difficiles. Le gouvernement américain tente de convaincre le congrès de voter un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars. Les marchés financiers sont toujours aussi volatiles, la confiance n'est pas revenue. Tout ceci va avoir des conséquences sur l'économie réelle en France et en Europe : les banques vont durcir les conditions de crédit pour les particuliers (les prêts immobiliers sont plus difficiles à obtenir) et pour les entreprises (les investissements vont se ralentir). Le capitalisme financier connaît donc l'une des plus graves crises depuis le krach boursier de 1929.

Cette crise frappe par sa rapidité et son enchaînement : la crise immobilière américaine s'est transformée en crise financière et bancaire, elle-même entraînant une crise économique mondiale avec des risques de récession aux Etats-Unis, en Europe et partout ailleurs. Signe que la crise est sérieuse, la croissance française ne devrait être que de 1% en 2008, et les chiffres du chômage sont très mauvais au mois d'août : il y aurait entre 30 000 et 40 000 demandeurs d'emploi en plus. Il faut remonter à 1993 pour trouver une hausse aussi brutale du taux de chômage en France d'après politique.net


POURQUOI SARKOZY MENACE DE CLAQUER LA PORTE ?


À 48 heures de l'ouverture du très attendu sommet de Londres sur la crise internationale, Nicolas Sarkozy fait pression sur ses partenaires du G20. L'objectif poursuivi ? Que des avancées effectives découlent de cette réunion internationale. En déplacement à Châtellerault, dans la Vienne, mardi, pour défendre ses mesures sociales , il a estimé que la crise économique et financière était "trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien". Le président français veut toutefois rester optimiste : "J'ai eu Gordon Brown (le Premier ministre anglais) encore longtemps hier soir (lundi soir au téléphone, NDLR), il a une volonté d'avancer. J'ai eu Barack Obama (le président américain), j'ai vu ce qu'il a écrit aussi, il faut qu'on obtienne des résultats."

Le 18 mars dernier, à l'issue d'un conseil des ministres, le Président se serait fait beaucoup plus menaçant selon Le Figaro et The Times mardi : "Si ça n'avance pas, ce sera la chaise vide ! Je me lèverai et je partirai." "Rien ne serait pire qu'un G20 a minima, je préfère le clash au consensus mou", aurait-il glissé dans des propos rapportés à la veille de s'envoler pour la capitale britannique.

"Il faut des résultats"

"Je crois que le sommet de Londres doit parvenir à des résultats concrets et à des conclusions très importantes", positive pour sa part le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui prévient toutefois qu'on "ne peut pas attendre de solution miracle le 2 avril". Selon lui, "il sera utile d'avoir un autre sommet cette année". Une éventualité que le Premier ministre britannique Gordon Brown n'a pas non plus exclue.

Au coeur des préoccupations élyséennes, la régulation financière, jugée responsable en grande partie de la crise économique actuelle. Lors de son discours à Saint-Quentin, le 24 mars , Nicolas Sarkozy a prévenu que le G20 devrait aboutir à des "résultats" en la matière. "On ne peut pas tout changer d'un coup mais il faut des résultats (...) Je ne m'associerai pas à un sommet mondial qui déciderait de ne rien décider", a-t-il alors averti, assurant que la France allait "porter le combat pour la moralisation du capitalisme financier et pour la refondation d'un capitalisme mieux régulé" lors de ce sommet de Londres selon le point.


LES ALTERMONDIALISTES UN MAL NECESSAIRE POUR LA RESOLUTION DE CETTE CRISE


Le mouvement altermondialiste, ou altermondialisme, est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui proposent pour l'essentiel un ensemble de valeurs " sociales " et soucieuses de l'environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu'ils analysent comme les " logiques économiques de la mondialisation néolibérale ".

Plusieurs milliers de personnes étaient attendues samedi à Londres pour une grande marche altermondialiste avant le sommet du G20 jeudi, un rassemblement qui pourrait être le plus important dans la capitale britannique depuis celui de 2003 contre la guerre en Irak.

Le défilé avec pour principal slogan "Put people first" ("Donnez la priorité aux gens"), a été préparé par une coalition de plus de 150 organisations dont le large éventail de sensibilités converge vers un intérêt commun: "l'emploi, la justice et le climat". Des manifestations similaires étaient prévues samedi à Berlin, Francfort ou encore Paris, tandis qu'entre lundi et jeudi, des protestations tous azimuts sont programmées à Londres (sommet alternatif, journée du poisson d'avril financier pour bloquer les établissements financiers de la City, campement dénonçant le réchauffement climatique).

Risques d'actions violentes à la City

Des membres de la coalition ont dénoncé le coût de l'organisation d'un tel évènement: entre 19 et 20 millions de livres (plus de 20 millions d'euros) pour le pays hôte. Rendez-vous a été donné à Victoria Embankment, sur les berges de la Tamise en bordure du quartier des affaires de la City, avant de défiler jusqu'à Hyde park qui devrait être rallié vers 15h30. La coalition -composée de syndicats, organisations caritatives, défenseurs de l'environnement, associations religieuses, groupes d'étudiants, militants pacifistes- table sur la participation de centaines de milliers de personnes. Mais certains pourraient être découragés par la bruine qui tombait par intermittence sur Londres et une température d'une dizaine de degrés seulement.

Des milliers de policiers ont été acheminés de la province anglaise vers Londres pour prêter main forte à Scotland Yard. La police craint en particulier des actions violentes dans la City, cœur de la finance britannique, notamment contre des établissements bancaires et autres institutions financières.

En l'état actuel des choses, les projets de conclusion du G20 ne conviennent ni à l'Allemagne ni à la France", a expliqué, dans la matinée, le président de la République Français, Ce sommet accouchera d'une petite souris qui fera fuir les grands de ce monde. Bis repetita ! Le monde servira ses richesses de plus bel aux nantis et les pauvres iront voir ailleurs sous un pont de la misère.

Rédacteur en chef
BONGOS Roger


Source: www.diasporacongolaisedefrance.com

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samedi, 22 novembre 2008

LA CRISE FINANCIERE ACTUELLE, LA GOUTE D'EAU QUI FERA DEBORDER LE VASE DES INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS?

LE DOLLAR ILLUMINATI.jpg
Par Fred NTOUTOUME. Economiste.

Depuis que le 28 Juillet 2007, deux importants fonds d’investissements appartenant à la banque américaine Bear Stearns se sont déclarées en faillite, l’onde de choc de l’éclatement de la bulle immobilière américaine - ou crise des subprimes, a fait tache d’huile dans le reste de l’économie mondiale. Cette crise des prêts hypothécaires immobiliers de l’Outre-atlantique, faisant elle-même suite à une série d’autres crises sur les places financières depuis le début du XXe siècle, est à l’origine des poussées de fièvre actuelles que connaissent les marchés financiers américains, européens et asiatiques.

Sous le vocable de crises financières actuelles, nous retiendrons les principaux phénomènes d’exubérance irrationnelle suivie d’éclatement de bulles spéculatives – appelé « krach » - qui sont intervenus depuis le début de la décennie. L’euphorie boursière du Nasdaq puis sa brutale chute du 10 Mars 2000, suite à un afflux massif d’ordres de vente des valeurs technologiques, venait préfigurer la crise dite de « l’éclatement de la bulle Internet ». Elle durera jusqu’en 2003. Tout juste quatre années plus tard, un autre krach, visiblement plus violent, tourmente de nouveau les places financières. Comment se manifeste cette nouvelle crise et quelles en sont les conséquences ? Comment revenir à un système financier international plus stable ?

I/ Ampleur de la crise financière actuelle

Au plan financier, l’ampleur de la crise actuelle s’avère préoccupante, selon les analystes. En effet, si l’on compare l'évolution du S&P 500, indice qui reflète la valeur de 500 grandes entreprises américaines cotées, ajusté de l'inflation, pendant les différentes crises qui ont émaillé la décennie, on remarquera que la crise actuelle est de loin la plus violente. En l’espace de 11 mois, en effet, l'indice a perdu 21%, alors que la crise Internet n'avait diminué la valeur du même indice que de 10% sur la même période. A ce sujet, A. Greenspan , l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), reconnaissait récemment "qu'il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle" (interview accordée à la chaîne américaine ABC).

Sur un plan plus large, et selon le rapport semestriel de la Bank Of England (BoE) sur la stabilité financière, paru mi-octobre 2008, le montant global des financements mis à la disposition des marchés par les banques centrales et les Etats, depuis le mois d'avril 2008, se chiffre à 5.000 milliards de Livres Sterling (6.250 milliards d’Euros). Le coût de la crise, à proprement parler, avoisinerait les 2.800 milliards de dollars (2.240 milliards d’Euros), selon le même rapport. Une autre source assure que sur l’année 2008, les bourses occidentales auraient perdu, au total, 12.000 milliards de dollars US, dont 4.000 pour le seul mois de septembre (S. Garbi, Jeune Afrique N°2493/94, P.126).

Au plan socio-économique, les répercussions que l’on aurait pu attendre d’une crise économique aiguë, ont été circonscrites grâce aux mesures de refinancement entreprises d’urgence par les banques centrales américaines (700 milliards de dollars), européennes, britannique, et asiatiques. En substance, il s’agit pour ces « pompiers » de reprendre les actifs jugés risqués sur les bourses et délaissés par les investisseurs, en injectant une manne financière neuve sur les marchés. Ces rachats permettent aux banques de nettoyer leurs bilans d'actifs dévalorisés et de relancer l'offre de crédit, indispensable pour ramener la confiance chez les investisseurs. En outre, elles permettent de limiter les risques de faillite en cascade qui auraient pour conséquence de très nombreux licenciements, la hausse du chômage, la baisse des pouvoirs d’achat, le rationnement du crédit, le ralentissement de l’économie mondiale et donc une récession sans précédent.

Mais si les mesures pour essayer de contenir les effets de la crise financière ont le mérite d’exister, elles ne semblent pas en empêcher totalement les effets sur l’économie réelle. Aux USA d’où est partie la crise, la consommation s’essouffle. Les ventes ont chuté de 30 à 40% dans l’automobile, selon les marques, depuis 10 mois. La raison, les banques ne prêtent plus, ou alors elles demandent tellement de garanties que cela décourage les acheteurs. A ce rythme, la croissance de l’économie mondiale est attendue en baisse à 3,3% pour cette année, selon la Banque Mondiale. Ce qui risque d’augmenter considérablement le nombre de chômeurs de la planète, si l’on en croit les estimations préliminaires de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Pour le Directeur Général de l’organisation, Juan Somavia, le nombre de chômeurs pourrait, en effet, passer de 190 millions de personnes, en 2007, à 210 millions, à la fin de 2009.

Ainsi, l’ampleur de la crise actuelle demeure préoccupante et menace de s’aggraver si les quatre principales raisons des dérapages sur les marchés financiers (Ecofinance, Magazine Jeune Afrique, N°2431, p.63) ne trouvent pas de solution rapidement. L’absence de contrôle lié à la capacité des banques d’investissement à prendre des risques dans leur offre de produits financiers, la sophistication croissante des produits financiers (titrisation, produits dérivés,..) qui ajoute au flou des investisseurs-citoyens, la faillite des agences de Rating garantes de l’évaluation des risques des acteurs financiers et de l’information financière, et la valorisation des actifs au prix du marché qui renforcent la volatilité des comptes, sont autant de principes pointés du doigt. Une restructuration d’ordre systémique est nécessaire, pour améliorer les réglementations des marchés financiers et réduire les risques de crise.

II/ Des réformes urgentes

Au plus fort de la crise, le Président Français Nicolas SARKOZY a émis avec sa collègue la Chancelière Allemande Engela MERKEL, l’idée d’une refondation du système financier international. Le sommet de Washington tel qu’il a été organisé par l'administration américaine sur proposition donc européenne, a réuni, les 14 et 15 novembre 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20. Cette rencontre historique a été également précédée, les 8 et 9 novembre, d'une réunion des Ministres de l'Economie et des Finances du G20, à Sao Paulo, au Brésil. Ces concertations au plus haut niveau répondent à l’urgence de revisiter certains rôles auxquels étaient prédestinées les institutions de Bretton Woods.

A ce sujet, M. Hort Kohler, ancien Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) avertissait déjà, en l’an 2000, que « le FMI doit acquérir une meilleure maîtrise de la dynamique des marchés internationaux des capitaux et du fonctionnement des institutions financières privées pour s'acquitter plus efficacement de son mandat de surveillance du système monétaire international et de promotion de la stabilité financière internationale ».

Dans cette optique, sans verser dans les potions magiques, le FMI pourrait :
1) renforcer la détection et le contrôle de la vulnérabilité externe des économies, notamment à travers la mise au point de systèmes d’alertes avancés sous réserves que les Etats possèdent des données statistiques fiables,
2) renforcer l’harmonisation des normes et codes internationaux de bonnes pratiques telles que la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) couvrant les principales catégories de données économiques,
3) renforcer la surveillance des mouvements de capitaux dans l’optique de circonscrire les effets déstabilisateurs,
4) réformer les mécanismes financiers du FMI liés aux prêts tels que les lignes de crédit préventives (LCP), tout en œuvrant pour une plus grande transparence dans la diffusion des informations économiques et financières.

Dans la même lancée, le rôle de la Banque Mondiale (BM) qui se résume aujourd’hui à accorder des prêts aux Pays les Moins Avancés (PMA) pourrait être revu. Alors qu’elle avait été créée, en 1944, pour reconstruire l’Europe et le Japon de l’après guerre, sur le modèle d’une banque classique qui prête de l’argent aux pays dans le besoin, elle a évolué peu a peu vers des missions de lutte contre la pauvreté. Or la récurrence des crises financières actuelles devraient la ramener à jouer un rôle plus catalyseur dans l’offre de crédit sur les marchés boursiers.

Enfin, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) joue à la fois le rôle de banque des banques centrales de 49 pays, pour la gestion de leurs réserves internationales et de centre de coopération internationale sur tous les sujets relevant de leur compétence ou de leur intérêt. La BRI pourrait, aux cotés du FMI :

1) contribuer à élargir la couverture de ses statistiques bancaires internationales, en améliorant l’information réciproque,
2) renforcer la surveillance et la transparence des places financières off-shore dans l'application des standards internationaux,
3) concourir à la réduction de la volatilité des flux de capitaux par le levier des risques liés à l’endettement extérieur de court terme, entre autres.

Conclusion

Au sortir de notre analyse, il ressort que l’ampleur et les conséquences de la crise financière actuelle, en termes de réformes, resteront historiques. La première puissance mondiale, les Etats-Unis, a connu, en moins de huit années, deux crises majeures. La crise de l’éclatement de la bulle Internet a laissé place à celle des subprimes, dont les répercussions plongent actuellement les pays les plus développés dans une instabilité économique préoccupante.

La crise actuelle est telle que l’économie américaine, suivie des autres économies du nord et de certains pays émergents connaissent déjà le ralentissement de leur demande intérieur, principal facteur de croissance, via un « credit crunch » qui rend de plus en plus difficile l’accès au crédit. Pointés du doigt, la super spéculation pour le profit et le manque de transparence des marchés financiers sont les principaux facteurs d’explication de la formation des fameuses « bulles» qui précèdent les krachs boursiers.

Bien que pour parer au plus pressé, des mesures de compensation financière par injection de liquidités sur les marchés boursiers aient été entreprises par les Banques Centrales et les Etats, l’urgence d’une restructuration du fonctionnement de la finance internationale est indéniable, voire incontournable.

19:08 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : institutions de bretton woods, krach, subprimes, g20, crise financière | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 18 novembre 2008

SOMMET DU G20, A WASHINGTON: LES REACTIONS

Le G20 dessine les contours d'un plan de lutte anti-crise.
Voici les principales réactions au plan d'action du G20 adopté à Washington, le samedi 15 novembre 2008. Revue de presse:



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EN FRANCE

Nicolas Sarkozy, président de la République: "Je crois pouvoir dire que c'est un sommet historique, dans la mesure où pour la première fois, des pays aussi différents que ceux qui étaient rassemblés dans le G20, décident de prendre des initiatives en commun et que l'administration américaine accepte de faire mouvement sur des sujets où historiquement, toutes les administrations américaines avaient refusé de le faire . Le sommet apporte des réponses structurelles à la crise financière et des réponses à la crise économique. Il reste beaucoup de travail à faire mais c'est passionnant. L'année 2008 sera celle qui aura marqué l'entrée dans le 21è siècle". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

François Fillon, Premier ministre: "Le double écueil de la division entre pays développés et émergents et des réticences de certains de nos partenaires à réguler la sphère financière a été surmonté. La lutte contre les paradis fiscaux est relancée" et "comme l'ont souhaité l'Europe et la France, aucun acteur financier, aucune juridiction, aucun segment de marché" ne restera "à l'écart de la régulation et de la supervision. Ce sommet voulu par la France et le président de la République Nicolas Sarkozy envoie un double message au monde: face à la crise économique, les pays du G20, qui représentent plus de 80% de l'économie mondiale, s'engagent à prendre des mesures de soutien à l'économie coordonnées et concertées et à refuser tout recours au protectionnisme. Face à la crise financière, ils mettront en place avant le 31 mars 2009 une nouvelle régulation financière internationale pour qu'une telle crise ne puisse plus se reproduire". (communiqué, dimanche 16 novembre)

Christine Lagarde, ministre de l'Economie: "C'est un vrai succès pour la France et pour l'Europe car ce sommet, qui était un extraordinaire exemple d'unité et de concertation, c'est vraiment le président de la République qui l'a poussé. Voir des pays aussi différents que l'Arabie saoudite, la Chine, la Turquie, les Etats-Unis et la Russie tomber d'accord sur la nécessité d'un plan de relance et sur la rénovation du système financier, c'est une étape magnifique. J'ai la conviction que le président américain élu Barack Obama va valider les dispositions adoptées par le G20. Le gouvernement [français, ndlr] a déjà pris des mesures pour soutenir la consommation et l'investissement. (Déclaration dimanche sur France 2)

Hervé Morin, ministre de la Défense: "Le sommet du G20 marque la fin d'une époque: celle de l'impunité de la finance mondiale. Les engagements pris vont bien au-delà de simples déclarations d'intention et s'appuient sur un calendrier contraignant. Ces engagements constituent une première étape de la refonte du système financier mondial. Alors que le monde entre dans une période de récession sans précédent depuis 1945, il est plus que jamais indispensable de ne pas céder à la tentation du repli protectionniste et de promouvoir un système de gouvernance mondiale fondé sur une coopération accrue entre les Etats et les grandes organisations internationales". (communiqué, dimanche 16 novembre)


EN EUROPE

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne: "Toute réforme de la gouvernance mondiale devra assurer la participation réelle des pays en développement, touchés en premier lieu par la crise". (Message enregistré à Washington à l'attention des participants aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre)

Gordon Brown, Premier ministre britannique: "Je crois que vous allez assister au cours des prochaines semaines à des annonces significatives d'un certain nombre de pays. Il est tout à fait clair que nous essayons de construire de nouvelles institutions pour l'avenir. Nous sommes déterminés à nous battre contre le protectionnisme. L'une des manières de signaler que le protectionnisme est inacceptable est de signer un nouvel accord commercial. Nous allons réformer le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale devrait aussi être réformée". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien: "A partir du 1er janvier, nous aurons la présidence du G8, qui n'a pas été effacé par le G20. En réalité, certains problèmes doivent être discutés par des pays qui sont des démocraties accomplies alors que d'autres pays, qui font partie du G20, sont encore sur la voie de la démocratie" (intervention téléphonique dans un congrès politique à Vérone, dimanche 16 novembre)

Roland Meier, porte-parole du gouvernement suisse: La Confédération prend acte avec intérêt des mesures envisagées lors de ce sommet et souhaite que les principales places financières soient intégrées à ce processus. -La Suisse, qui n'a pas été invitée au G20, souhaite toutefois intégrer les groupes de travail prévus à l'issue du sommet.


DANS LE MONDE

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU: Le plan d'action du G20 permet "une nouvelle régulation des marchés pour éviter de futures crises, une nouvelle gouvernance économique plus complète et la nécessité d'éviter le protectionnisme sur le commerce et l'investissement. Il faudra associer tous les pays à la constitution d'une future gouvernance économique mondiale. Il faut une coordination internationale des plans de relance et l'importance de respecter les engagements d'aides pour éviter un ralentissement économique mondial, qui affecterait négativement la sécurité mondiale, la stabilité et le bien-être des pays pauvres et des populations démunies. (Communiqué, samedi 15 novembre)

Robert Zoellick, président de la Banque mondiale: "Ce sommet des dirigeants du G20 et la rencontre des ministres des Finances du G20 ce week-end ont commencé à jeter des bases productives de discussion, de résultats et d'entente. Je me félicite de la réaffirmation par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'importance des Objectifs du millénaire pour le développement et de leur engagement à honorer leurs promesses d'aide internationale. Je salue également l'engagement à accroître la voix et la représentation des économies émergentes en développement dans la structure de gouvernance des institutions de Bretton Woods. Même si la direction peut faire des propositions, au final la décision sur la taille et le programme des réformes est entre les mains des actionnaires. J'espère que quelques pas courageux seront entrepris pour bâtir sur les réformes préliminaires adoptées à l'assemblée générale annuelle le mois dernier".

Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce: "Le G20 a donné l'impulsion politique très nécessaire au cycle de Doha. Cet engagement au plus haut niveau pour élargir le système commercial global est vital pour le succès de nos négociations. Nous avons désormais besoin que cette forte manifestation de soutien se traduise en action au niveau des tables de négociations à Genève". (Communiqué, lundi 17 novembre)

Dmitri Medvedev, président de la Russie: "La crise économique mondiale témoigne de l'obsolescence d'un nombre de principes de l'organisation économique du monde d'après-guerre. Nous constatons que beaucoup de structures et systèmes internationaux créés à cette époque sont dépassés. Il nous faudra reconstruire toute l'architecture financière mondiale, la rendre ouverte et juste, efficace et légitime. A notre avis, le G20 doit devenir le principal coordinateur de la réforme et du développement du système financier mondial. Dans le même temps les autres formats d'interaction entre les grands pays du monde doivent être conservés. Avant tout sur les questions de sécurité. Le FMI et les autres organisations internationales doivent se voir assurer les fonds nécessaires pour soutenir les pays les plus pauvres".

Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil: "Je quitte Washington très heureux car la structure mondiale a acquis une nouvelle dimension géopolitique. Il ne serait pas logique de prendre des décisions politiques et économiques sans les membres du G20. Les pays en développement doivent être totalement associés à la solution de la crise financière mondiale". (Déclaration à la presse, dimanche 16 novembre)

Susilo Bambang Yudhoyono, président indonésien: "J'espère que le sommet du G20 sera le point de départ d'un processus qui mènera à la réforme de l'architecture financière internationale afin de refléter la réalité du XXIe siècle".

Qin Gang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois: "Le sommet du G20 a été propice à la croissance de l'économie mondiale et à la réforme de système financier international. La Chine espère que tous les pays vont continuer à améliorer la coordination, à rechercher le consensus, à renforcer considérablement la régulation financière et à prévenir la récession économique mondiale". (Déclaration à l'agence Chine Nouvelle, dimanche 16 novembre)

Stephen Harper, Premier ministre canadien: "C'est un processus sans précédent où les pays développés et les pays en développement vont travailler ensemble pour gérer les problèmes actuels de l'économie mondiale. Le développement à mon avis le plus surprenant est qu'il y a eu un accord presque unanime sur tous les sujets majeurs. Tout le monde comprend les grands dangers de la situation actuelle et la nécessité de travailler ensemble. Les marchés vont comprendre que tous les gouvernements du monde comprennent la nécessité d'une action et d'une action en collaboration". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Donald Kaberuka, président de la banque africaine de développement: "L'Afrique se sent exclue. Cela sera tentant pour le G8 ou le G20 de prendre derrière des portes fermées des décisions pour résoudre les problèmes du secteur financier, et c'est possible de le faire". Or, la crise concerne également l'accès à la nourriture et à l'eau, les migrations, la sécurité, "et je ne vois pas comment ces questions pourraient être réglées avec seulement une partie du monde autour de la table".

Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine: "Il y a pour nous un problème, c'est qu'on a pris l'habitude de prendre les décisions à notre place, sans nous écouter, et de nous les imposer. L'Afrique demande à être entendue. Si nous ne sommes rien, nous voulons être quelque chose. Nous voulons être écoutés, nous voulons être entendus et nous souhaitons prendre part aux décisions qui vont engager notre destin. On nous a imposé un modèle que nous avons accepté mais que l'Asie a refusé. Les résultats sont là: en Asie un développement époustouflant, l'Afrique s'est effondrée". (Discours aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre).

Source: Challenges.fr>Monde>le 17.11.2008 | 15:33

10:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crise financière mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |