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vendredi, 28 janvier 2011

LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (2)

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  • Le franc CFA n'a pas apporté le développement mais la pauvreté


Déjà, parmi  les 49 pays moins avancés (PMA),  35 sont en Afrique subsaharienne (ASS). La zone franc, elle, représente 12% de la population africaine, 12% du PIB et 1,5% des exportations.

Avec une population de 25% supérieure à celle de la France, les PAZF représentent 4,5% du PIB français ou 1,5% de masse monétaire.

La zone franc n'a pas apporté le développement aux pays membres mais le développement du sous-développement.

Pour atténuer cette pauvreté, l'aide française est venue comme une bouée de sauvetage. En effet, les pays de la zone Franc sont des principaux bénéficiaires de l'aide publique au développement française. En 1997, ils ont reçu environ la moitié de l'APD bilatérale française aux pays d'Afrique sub-saharienne, ce qui représente 23 % des apports bilatéraux de la France aux pays en développement (6,5 MdF sur 27,8 MdF d'aide bilatérale en 1997). Dans le cadre du traitement de dette au sein du Club de Paris, 10 pays de la Zone franc[1] ont bénéficié d'annulations pour un montant total rééchelonné de 23 MdF. La France a apporté près de 50 % de l'effort ainsi consenti par les créanciers. En plus des accords conclus dans le cadre du Club de Paris, la France a pris des mesures bilatérales exceptionnelles de réduction de dettes, en annulant en 1989, les crédits d'aide publique au développement (Dakar I), puis en procédant à une nouvelle annulation en 1994 (Dakar II), soit une annulation de dette de 55 MdF au profit des pays de la zone Franc. Entre 1993 et 1996, l'effort de réduction de dettes a représenté en moyenne une contribution annuelle de la France de 3,2 MdF, soit plus du tiers de l'aide bilatérale française à la zone Franc.

En tout état de cause, les pays de la zone franc ne sont pas mieux lotis en termes de performances  macroéconomiques à comparer aux pays africains hors  zone franc. Une synthèse de nombreux travaux comparant les performances est présentée chez Hadjimichael et al. (1995)[2].

Lorsqu'on compare les taux de croissance du PIB des pays africains de la zone franc et des pays hors zone, il apparait que les années 60 et 70 sont marquées par des résultats supérieurs pour les pays  de la zone franc (5% contre 4,4%) alors qu'il y a inversion au cours de la décennie 80, plus précisément entre 1985 et 1991(1% contre 3,7%), sur l'ensemble des trois décennies, les résultats sont, en revanche, comparables[3].  On note également une plus grande instabilité des taux de croissance au sein de la zone. L'écart-type du taux de croissance a été entre 1971 et 1987 de 7% contre 4,5% pour les pays voisins.  De 1980 à 1994, les écarts du PIB réel par rapport à sa tendance à long terme ont été supérieurs.

En 2010, la situation n'est guère reluisante pour les pays de la zone franc.  La Côte d'Ivoire demeure en dépit de la crise militaro-politique qu'elle traverse depuis 2002, le premier pays africains de la zone franc en termes de PIB réel. Pourtant, le franc CFA n'a pas permis à ce pays de faire mieux que les pays hors zone franc (Tableau 1).

Les pays comme l'Algérie, l'Angola, l'Ethiopie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, la Tunisie, pour ne citer  que ces pays, ont chacun un PIB réel supérieur à celui de la Côte d'Ivoire (le premier en termes de PIB réel en 2010 de la zone franc), comme l'indique le tableau 3 ci-dessous. Certains de ces pays font mieux en matière d'espérance de vie.  Au sein des PAZF, le Togo (63), le Benin (62) et le Gabon (61) occupent le peloton de tête en termes d'espérance de vie.  Les pays qui ont accédé très tôt à leur souveraineté monétaire ont des espérances de vie plus élevées que les trois pays cités ci-dessus. Il s'agit par exemple de la Tunisie (74), de l'Algérie (73), du Maroc (72), de Maurice (72) et du Cap-Vert (72).

Tableau 1 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel en 2010.

Rang

Pays

PIB réel (en milliards de dollars)

1er

Côte d'ivoire

22,4

2e

Cameroun

21,9

3e

Guinée-Equatoriale

14,5

4e

Sénégal

12,7

5e

Gabon

12,6

6e

Congo

11,9

7e

Mali

9,1

8e

Burkina-Faso

8,7

9e

Tchad

7,6

10e

Benin

6,5

11e

Niger

5,6

12e

Togo

3,1

13e

Centrafrique

2,1

14e

Guinée-Bissau

0,8

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.


Tableau 2 : Le classement des pays africains de la zone franc en termes de PIB réel/ habitants en 2010.

Rang

Pays

PIB réel/habitants (dollars)

1er

Guinée-Equatoriale

11081

2e

Gabon

8395

3e

Congo

3075

4e

Cameroun

1071

5e

Côte d'Ivoire

1016

6e

Sénégal

964

7e

Tchad

743

8e

Bénin

673

9e

Mali

649

10e

Burkina-Faso

590

11e

Guinée-Bissau

498

12e

Centrafrique

469

13e

Togo

441

14e

Niger

383

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

Tableau 3 : Le PIB réel et le PIB réel/habitants de quelques pays  hors zone franc.

Pays

PIB réel (milliards de dollars)

PIB réel/Habitants

(dollars)

Algérie

159

4478

Angola

85,8

4812

Botswana

12,5

6796

Ethiopie

30,9

365

Ghana

15,3

646

Kenya

32,4

888

Maroc

91,7

2868

Maurice

9,4

7303

Mozambique

10,2

473

Namibie

11,5

5454

Nigeria

206,7

1324

Ouganda

17,1

504

Soudan

65,9

1643

Tanzanie

22,4

543

Tunisie

43,9

4160

Zambie

15,7

1286

Source : Le Monde : bilan du monde, la situation économique internationale, 2011, p. 91.

 

IV.2. Le franc CFA est un instrument de domination de la France en Afrique

 

Sur ce point, commençons d'abord par dire que les pièces de monnaie et les billets de banque sont fabriqués en France ;  les premières dans l'usine de Pessac en Gironde et les deuxièmes dans le Puy de Dôme, (papeterie de Vic-le-Comte, imprimerie et centre de recherche à Chamalières). Pour ceux qui pensent que l'intérêt économique pour la France est peu significatif, ils ne doivent cependant pas perdre de vue qu'en réalité, l'enjeu principal de la zone franc pour la France n'est pas seulement de nature matérielle, économique ou comptable, mais réside également dans la reproduction continue d'un ensemble de relations qui, en effaçant la « perte » survenue en 1960, préserve son statut de puissance internationale.  Le dispositif de la zone franc, conservateur dans son essence, entretient en Afrique l'ossature  des Etats et leur survie dans un système économique et social figé.

Ensuite la zone franc développe l'extraversion de nos économies.

Avec le franc CFA, les PAZF sont des réservoirs de Matières premières et des déversoirs de produits manufacturés.

L'empire colonial français, qui absorbait 10% des exportations françaises à la fin du 19e siècle et 17% à la veille de la crise de 1929, devint dans les années trente, et jusqu'à la constitution de la communauté économique européenne, un débouché majeur pour les entreprises métropolitaines. Elles y écoulaient 42% de leurs exportations en 1952[4].

Selon la commission européenne (2002), en 1999, 40% des exportations de l'espace UEMOA étaient destinées à l'Europe. Les importations en provenance de l'UE et en direction de l'UEMOA la même année se situent à 43%.

Les exportations de la zone UEMOA en direction de cette zone représentent 12% et 10% pour les importations. Les avantages présentés aux Africains sont quant à eux des plus artificiels : outre l'attrait des investissements directs à l'étranger (IDE), le franc CFA est censé épargner les risques de change avec la zone euro et donc faciliter l'accès au marché unique européen. Les monnaies coloniales encourageaient l'intégration économique avec la puissance de tutelle, et, dans une moindre mesure, avec le reste du monde.

La domination française est également visible avec la présence des français dans le Conseil d'administration de la BCEAO : 16 dont 2 français. Dans le cadre des directives données par le Conseil des Ministres, le Conseil d'Administration:

  • précise les opérations de la Banque Centrale et fixe leurs taux et conditions d'exécution
  • arrête les règles qui s'imposent aux Comités Nationaux du Crédit, dans l'exercice de leur compétence
  • détermine le montant global des concours que la Banque Centrale peut accorder au financement de l'activité économique dans chacun des Etats
  • autorise les opérations affectant le patrimoine de la Banque Centrale et arrête les comptes de cette dernière détermine les modifications aux Statuts de la Banque devant être soumises à ratification par le Conseil des Ministres de l'Union.

Selon l'Article 52, du statut de la BCEAO, la politique monétaire est confiée au Conseil d'administration. La présence des français peut empêcher l'adoption de politique favorisant notre  développement. Avec la présence des français dans ce conseil, il apparait que la France décide en dernier ressort qui entre et sort de la zone franc.

Enfin la zone franc et ses mécanismes engendrent un système bancaire oligopolistique dominé par les banques françaises. Les banques sont des maillons importants du système financier. Elles remplissent un double rôle. D'une part, elles sont des entités privées qui recherchent le profit ; d'autre part, elles constituent des réseaux qui fournissent à l'économie globale un bien collectif : les systèmes de paiement et de règlement. Or les systèmes financiers africains en général et ceux de l'UEMOA en particulier, sont peu profonds, étroits, peu diversifiés et n'assument pas leur rôle dans le financement du développement (Popiel ,1995)[5]. La création d'un embryon de système financier au sein des pays de la zone franc pendant la période coloniale avait pour seul dessein de répondre aux besoins de financement des sociétés d'import-export et d'exploitation des produits primaires agricoles (Benin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Mali), miniers (Niger, République centrafricaine, Sénégal, Togo) et pétroliers (les pays de la CEMAC aujourd'hui).

Les banques ne trouvaient pour ainsi dire aucun intérêt à développer un réseau d'agences à l'intérieur de ces pays ou à établir des contacts avec les populations locales.  Le taux de bancarisation dans l'UEMOA est très faible (moyenne de 4%). Ce taux était en 2001 de 99% en France.

Les banques commerciales proposaient surtout des crédits à court terme permettant de s'adapter au caractère cyclique de la production et de la commercialisation des produits tropicaux et aux délais d'acheminement des produits manufacturés entre la métropole et l'Afrique. Le crédit bancaire ne facilite pas la formation du capital car il finance plutôt les affaires commerciales et d'import-export. Le financement bancaire en Côte d'Ivoire est de l'ordre de 16% contre environ 70% en Tunisie.

Il est d'ailleurs lié au système commercial mis en place par l'économie de traite et non au système de production. La stratégie bancaire postindépendance est restée identique à celle de la période coloniale. Le maintien, après les indépendances, des schémas d'organisation spatiale et sectorielle de l'activité économique (spécialisation sur le commerce et l'exportation de matières premières brutes) cumulé à l'échec des politiques de diversification industrielle expliquent aujourd'hui encore la perpétuation des structures économiques héritées de la période coloniale et les caractéristiques financières qui en découlent.

Par ailleurs, les centres de décision de ces grandes firmes bancaires sont situés à l'étranger. Autant de facteurs qui réduisent leur impact sur les pays où elles sont installées : elles paient des impôts, sans pour autant s'embrayer sur l'économie nationale. Au total, sur le plan bancaire, le système bancaire postcolonial ne tranche guère avec la logique coloniale, celle qui consistait à financer l'échange et la production de matières premières exportées.

Finalement, avec le franc CFA, la France nous domine économiquement, commercialement et politiquement.

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LE FRANC CFA, UNE MONNAIE COLONIALE QUI RETARDE L'AFRIQUE (1)

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« Il faut apprendre au nègre à trouver de la beauté en lui »

Marcus Garvey


Le débat sur le franc CFA s'enfle, mobilise et inquiète la France. De plus en plus, les africains s'imprègnent des réalités monétaires et s'interrogent sur le bien-fondé du maintien du franc CFA, une monnaie coloniale.  En fait, la guerre mondiale des monnaies a fini par ouvrir les yeux de ceux qui s'efforçaient encore de les fermer. Les Etats-Unis font marcher la planche à billet pour faire chuter le dollar. On se souvient que la banque centrale des Etats-Unis avait annoncé début novembre  2010, qu'elle allait racheter pour 600 milliards de dollars (443,5 milliards d'euros) de bons du Trésor. Le but, affirme-t-elle, est de maintenir les taux d'intérêt à de très bas niveaux afin de soutenir la reprise économique.

C'est dans ce contexte que la crise post-électorale en Côte d'Ivoire a réveillé le vieux débat sur le franc CFA.  En effet, sept ministres des finances de l'UEMOA, ont demandé le jeudi 23 Décembre 2010 à la BCEAO, d'autoriser uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au nom de ce pays ».  Ce même Conseil a renchéri pour décider « d'instruire la BCEAO de permettre aux seuls représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire d'effectuer les mouvements sur les comptes en son nom ».

Face à cette imposture de la BCEAO et de l'UEMOA, certains économistes ivoiriens versent au débat leurs contributions. Mais là n'est pas le problème, car il est inacceptable que cinquante années après les indépendances, les pays africains de la zone franc (PAZF) n'arrivent pas à accéder à la souveraineté monétaire, préalable à la souveraineté tout court.

Si le combat est louable, il arrive parfois que des contributeurs, par leurs écrits et argumentations, galvaudent le combat. Ne comprenant pas eux-mêmes les phénomènes monétaires, ils s'invitent dans un débat où seuls les initiés ont voix aux chapitres.

L'objectif de ce papier est justement de démontrer pourquoi le franc CFA doit disparaitre pour faire place à une monnaie africaine au service du développement.  Cela suppose en premier lieu de montrer l'importance de la monnaie : il s'agit de définir correctement la monnaie (I).

Faisant suite à cette démarche définitoire de la monnaie, il sera utile en deuxième lieu, de présenter l'historique de la zone franc (II).

Une telle présentation permettra en troisième lieu de dire pourquoi sortir de la zone franc (III).


I. UNE DEMARCHE DEFINITOIRE DE LA MONNAIE

C'est faute d'avoir compris que la monnaie n'est pas banale, que le développement des pays africains de la zone franc (PAZF) se trouve aujourd'hui à la limite du paradoxe.  Dans les lignes qui suivent, nous allons donner les fonctions et la nature de la monnaie.


I.1. LES FONCTIONS DE LA MONNAIE

Charles Rist se refusait à définir la monnaie parce qu'elle recouvrait un domaine très vaste. En effet, la monnaie est l'un des concepts les plus difficiles à définir de la théorie économique.  La monnaie est de plus en plus présente à tous les niveaux de la vie quotidienne des agents économiques et, parallèlement, ses formes sont de plus en plus complexes et multiples.

Depuis Aristote, la monnaie est définie par les trois fonctions qu'elle est supposée exercer : la monnaie comme intermédiaire des échanges, la monnaie comme réserve de valeurs et, enfin, la monnaie comme unité de compte.

Considérée comme intermédiaire des échanges (unité de paiement), la monnaie est un instrument qui permet d'échanger deux biens, en évitant les contraintes du troc. Il s'agit de surmonter la contrainte de la double coïncidence exacte des besoins du vendeur et de l'acheteur en qualité et en quantité, sur un même lieu, contrainte propre au troc.  En considérant une économie de troc, l'absence de double coïncidence limite les possibilités d'échanges et l'apparition d'un élément tiers, la monnaie, règle cette contrainte, elle "lubrifie" les transactions. La médiation monétaire serait une condition nécessaire au développement des échanges de biens et de services selon Jevons[i].  Cette fonction suppose que la monnaie a un pouvoir libératoire, c'est-à-dire qu'elle garantie la possibilité d'effectuer des règlements et également d'éteindre des dettes. Or il est possible d'avoir des monnaies en circulation sans pouvoir libératoire. Le paiement renvoie, selon B. Courbis, E. Froment et J.-M Servet, à « l'appartenance à une communauté de paiement dans laquelle les moyens de s'acquitter sont établis »[ii]. Ainsi donc, l'unité de paiement peut différer de celle de compte.

La monnaie exerce également une fonction de réserve de valeur pour deux raisons : la non-synchronisation entre les recettes et les dépenses d'une part et l'incertitude sur les réserves futures d'autre part. Elles constituent deux motifs de « demande de monnaie ». Elle a une fonction de réserve de valeur parce qu'elle est acceptée par tous et surtout parce qu'elle est unité de compte.  Cette fonction n'est pas spécifique à la monnaie car les agents économiques disposent d'autres moyens pour conserver de la valeur,  c'est-à-dire détenir de la richesse. Cette dernière a d'ailleurs plusieurs composantes :

- la richesse non financière, qui est constituée des biens matériels (or, maison, bijou, usine...) et immatériels (comme, par exemple, un fonds de commerce, une qualification) ;

- la richesse financière, qui est constituée des titres qui peuvent s'échanger directement contre des biens matériels ou qui, en général, doivent d'abord se transformer en monnaie pour s'échanger contre des biens matériels (actifs monétaires, actifs financiers).

La monnaie a une troisième fonction : celle d'unité de compte.  Sans monnaie, dans une économie marchande, il y a autant de prix que de paires de biens, de types d'échanges entre deux biens. S'il y a n biens, il y a n(n-1)/2 prix relatifs. Pour opérer ses arbitrages dans un système de troc, chaque consommateur doit avoir en tête tous ces prix. Si un de ces biens est utilisé comme étalon des valeurs, alors le système des prix est profondément simplifié. Il suffit alors de connaître les n-1 expressions de la valeur des autres biens dans le bien choisi comme monnaie pour connaître l'ensemble des rapports de valeurs des n biens. La monnaie permet donc d'établir une échelle de prix simple et unique, exprimée en unités monétaires.

Mais une " vraie " unité de compte ne peut avoir de valeur par elle-même sauf à varier. Or, c'est bien ce que les hommes ont fait en utilisant, pendant de brèves périodes historiques, comme valeur monétaire, des biens ayant eux-mêmes un certain prix. Toutefois, durant la majeure partie du Moyen-Âge, le Prince demeurait le " maître des mesures " : il imprimait son sceau et fixait les valeurs monétaires qui différaient, la plupart du temps, de celles du métal incorporé.

Finalement, la définition fonctionnelle de la monnaie ne nous aide pas dans la poursuite de notre objectif, celui de justifier la disparition du franc CFA.

On ne peut pas se satisfaire de cette définition.  Il nous faut approfondir la question monétaire en disant ce qu'elle est et non ce qu'elle fait.


I.2. LA QUESTION DE LA NATURE DE LA MONNAIE

Qu'est-ce que la monnaie ? Cette question par laquelle il fallait bien commencer, n'admet pas de réponse simple, acceptée par l'ensemble des économistes, ni sous l'angle empirique, ni sous l'angle théorique. Notre préoccupation à ce stade de notre réflexion, est de dissiper le « nuage épais » qui enveloppe les contributions sur la nature de la monnaie.

La monnaie, rassurons-nous n'est pas un bien industriel comme le pain.  Elle n'est pas une marchandise. La monnaie a plusieurs dimensions.

La monnaie est une créance à vue des agents économiques sur le système bancaire et une dette de celui-ci. De ce point de vue, il est impossible de dissocier la monnaie du système monétaire d'où d'ailleurs l'importance des banques dans une économie monétaire de production.

Cette définition est complétée par l'approche institutionnelle de la monnaie : la monnaie est certes une technique mais c'est aussi un phénomène social qui met en jeu des relations humaines et pas simplement une technique. L'enjeu principal de la monnaie est toujours l'appartenance à une communauté de valeurs. Or, cette appartenance s'inscrit dans des formes relativement différentes selon les époques et les sociétés. La monnaie est une institution qui exprime et conforte les valeurs globales de la société où elle existe.

La monnaie a également une dimension conventionnaliste. Elle est générée par une convention marchande : j'accepte la monnaie car autrui l'accepte. La qualité d'une monnaie se mesurera, dès lors, à l'aune de son aptitude à conserver sa valeur d'une période à l'autre et de sa capacité à inspirer confiance  à ses utilisateurs. Ce minimum de cohésion sociale et de confiance, qui est au fondement même de toute monnaie, émane soit d'un acte de foi (acceptation générale du numéraire par la communauté), soit d'un édit des autorités qui l'établit comme cours légal dans un territoire donné.

Dans le premier cas, la monnaie peut provenir soit d'une coutume immémoriale, soit d'une convention émergeante ou librement négociée, ou encore être le résultat d'une concurrence entre monnaies privées où une a fini par s'imposer dans un vaste réseau d'échange.

Dans le second cas, la monnaie est la production d'un monopole d'État qui impose le médium d'échange et tente de le contrôler. La puissance publique tire profit de cette situation à divers échelons : la monnaie sert, à la fois, de source d'unité symbolique du pays, de source de revenu pour l'État et de moyen d'indépendance politique, le pays ayant sa propre devise.

Georges Simmel met pour sa part en avant que si la monnaie ne doit rien dans sa genèse, à l'Etat, un fonctionnement viable ne peut cependant être garanti par celui-ci.  C'est dans cette filiation que se situe l'approche étatique de Knapp (1973)[iii] à laquelle fait référence J.M. Keynes dans le « treatise on money ». Cette approche peut être résumée ainsi : « la monnaie est une créature de la loi », c'est-à-dire du droit. En fait, selon Knapp, l'État sélectionne et impose une forme-monnaie en choisissant une certaine unité et en lui donnant une validité sur un territoire qui correspond à son espace national. Ainsi, l'acceptation inconditionnelle de la monnaie par les individus est garantie par l'État.

Il s'agit de dire que c'est l'autorité politique représentative qui, dans un espace national donné, fait battre monnaie et lui donne cours légal, un principe repris, après bien des vicissitudes, du droit romain.

Bien qu'elle soit un enjeu entre les classes sociales et un instrument de domination des uns sur les autres, la monnaie est aussi un bien public. Elle ne peut exister que par la légitimation politique qui lui donne la capacité d'être un pouvoir d'achat immédiat ou futur, garantissant son rôle de réserve à travers le temps.

La monnaie a également une dimension politique : les nations se sont construites autour de la monnaie et autour d'un roi qui avait le pouvoir de battre monnaie. Au 19ème siècle, l'unification progressive de l'Allemagne s'est faite à partir du Zollverein, mais aussi par une monnaie commune : le Thaler (1857). A l'heure actuelle, le pouvoir monétaire est perçu comme un élément de la souveraineté nationale : ses capacités régulatrices lui viennent de son aptitude à représenter les valeurs qui sont au fondement de la communauté d'échanges.  Pour Charles Loyseau[iv] dans son « Traité des seigneuries » (1669) : « ...la souveraineté est du tout inséparable de l'Etat, auquel, si elle était ôtée ne serait plus un Etat. Car, enfin, la souveraineté est la forme qui donne l'être à l'Etat, voire même l'Etat et la souveraineté prise in concreto sont synonymes et l'Etat est ainsi appelé, pour ce que la souveraineté est le comble et période de puissance où il faut que l'Etat s'arrête et s'établisse ». La souveraineté s'affirme ad externa. Concrètement, elle s'exerce sur un territoire délimité - la première fonction du roi étant de tracer la ligne qui situe le domaine de la couronne dans l'espace, et qui marque sa libre existence face à toute autre puissance extérieure contre quoi le moyen militaire peut être requis.

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mercredi, 15 décembre 2010

ALCIDE DJEDJE: LES DESSOUS D'UNE MANIPULATION MEDIATIQUE MONDIALE

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C'est le premier entretien que vient d'accorder Son Excellence Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères de la République de Côte d'Ivoire, à un média français après les récentes élections présidentielles en Côte d'Ivoire. Il dénonce l'ingérence des Nations Unies, pilotées par la France et les Etats-Unis, dans la gestion d'un Etat souverain. Cet entretien exclusif a été diffusé lundi 13 décembre sur la radio Kernews. Nous en publions ci-dessous le texte avec quelques modifications liées à la retranscription d'un entretien oral en langage écrit. Compte tenu du caractère sensible de cette affaire, nous insistons sur le fait que seul l'enregistrement sonore reflète précisément les propos et le ton de Son Excellence Alcide Djédjé. Ce diplomate de formation qui a fait ses études en France, à Sciences Po, a notamment été représentant permanent de la Cote d'Ivoire à l'ONU. Homme de confiance du président Laurent Gbagbo, il a été nommé ministre des Affaires étrangères.


Télécharger l'interview en format audio Mp3:

http://dl.free.fr/mnn64cQxA

 

Kernews : Que se passe-t-il en Côte d'Ivoire ? Pourquoi pensez-vous que Paris et Washington ont pris parti à ce point sur cette question de politique intérieure ivoirienne ? Pour vous, est-ce une ingérence dans les affaires intérieures d'un pays souverain ?

Alcide Djédjé : Oui, il s'agit d'une ingérence grave dans les affaires intérieures de la Côte d'Ivoire de la part de la France et des États-Unis. Cette ingérence s'est faite d'abord au Conseil de sécurité à New York, puisque le représentant des services extérieurs des Nations Unies a reçu des fortes pressions pour que le président de la Commission électorale indépendante, qui normalement siège de façon collégiale et par consensus, soit amené dans les locaux de l'ONUCI à Abidjan pour proclamer les résultats. Monsieur Choi a refusé et il m'a appelé à cet effet. C'est ainsi que le président de la Commission électorale indépendante, Monsieur Youssouf Bakayoko, a été amené à l'Hôtel du Golf, le QG de campagne de Monsieur Ouattara, devant la presse étrangère, dont France 24, pour proclamer de faux résultats. Au vu de ces résultats, on constate que le taux de participation passe de 70% à 81% : nous avons donc constaté que plus de 630 000 voix on été rajouté après la fermeture des bureaux de vote. Voilà ce qui se passe en Côte d'Ivoire et cela a été fait par la France et les États-Unis... L'ambassadeur de France et l'ambassadeur des États-Unis en Côte d'Ivoire sont très actifs et, la veille, le président Sarkozy avait envoyé un courrier au président de la Commission électorale indépendante pour lui demander de proclamer les résultats sur le champ. J'étais moi-même en face de militaires Français qui, à 22h40 le soir, tentaient de remettre le courrier au président de la Commission électorale indépendante. Cela nous a été signalé par les militaires ivoiriens. Je me suis rendu sur les lieux moi-même et j'ai appelé l'ambassadeur de France qui a demandé aux militaires de retourner au camp Licorne, ils semblaient très embarrassés. Ce sont ces instructions du président Sarkozy qui ont été exécutées le lendemain. Ensuite, le président Sarkozy, et aujourd'hui le président Wade, ont appelé le président Jonathan Goodluck pour orienter la décision de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Plus grave encore, l'ambassadeur américain à Abidjan, que j'ai reçu en mon bureau, connaissait la veille la position que l'Union africaine allait prendre. Donc, il s'agit non seulement d'une ingérence dans les affaires intérieures, mais d'une manipulation des institutions telles que la CEDEAO et l'Union Africaine pour que Alassane Ouattara soit déclaré président. Malheureusement pour eux, Monsieur Ouattara n'a aucune prise sur la réalité du terrain ici en Côte d'Ivoire. Donc, nous avons formé notre gouvernement parce que le président Gbagbo a été élu président de la République comme suite aux réclamations faites et aux décisions du Conseil Constitutionnel qui l'a proclamé vainqueur. Voilà comment les choses se présentent aujourd'hui à Abidjan.

Excellence, vous nous avez rappelé cet état de fait : c'est-à-dire cette différence de voix, l'écart entre la participation et le nombre de voix proclamé au moment de l'élection, avec près de 630 000 bulletins de vote en plus. En France, on disait ironiquement il y a quelques décennies, à l'époque où il y avait des bourrages d'urnes dans certaines banlieues, que l'on faisait voter les morts... Nous n'en sommes pas très loin, finalement...

Oui, bien sûr, on voit bien que tout a été orchestré parce qu'ils voulaient absolument qu'il y ait cette proclamation illégale, hors délai, de la Commission électorale indépendante. Pendant que les trente autres membres de la Commission centrale attendaient au siège de la CEI, Monsieur Bakayoko a été kidnappé par l'ambassadeur de France et des États-Unis, encadré par des gendarmes des Forces nouvelles et l'ONU, pour aller proclamer des résultats et, plus grave, au QG de campagne de l'un des candidats. Ceci, sur une télévision française... Je ne comprends pas cet empressement et nous voyons aujourd'hui que c'était vraiment grossier. Cela apparaît comme quelque chose de surréaliste et une ingérence trop grossière, trop flagrante... J'ai dit à l'ambassadeur des États-Unis qu'il n'était pas subtil dans sa manière de faire. On peut avoir des préférences, mais il faut agir de façon subtile et responsable. On ne peut pas montrer de cette façon, faire comprendre que nos institutions sont inutiles, cinquante ans après notre indépendance, montrer que le Conseil Constitutionnel est inutile. Pourtant, toutes nos institutions sont calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis. La validation par la Cour suprême des États-Unis de la première élection du président Bush participe à cette réalité. Personne d'autre, aucun autre Etat, n'a contesté la validation par la Cour suprême des États-Unis de l'élection de Monsieur Bush. En France, il y a eu des invalidations qui concernent Madame Ségolène Royal, je n'ai pas d'éléments précis là-dessus, mais le Conseil Constitutionnel joue ce rôle en France. Pourquoi, en Côte d'Ivoire, ce serait un représentant du secrétaire général des Nations Unies qui jouerait ce rôle ? Simplement, on pense qu'il faut toujours flouer notre souveraineté, on pense qu'il faut toujours nous écraser et cela, nous ne pouvons pas l'accepter. Nous avons formé notre gouvernement. Peut-être que l'on viendra nous écraser, nous chasser tous de Côte d'Ivoire, faire de la purification, pour qu'il y ait une Côte d'Ivoire conforme à la façon de penser de Monsieur Sarkozy et des autorités américaines. Nous restons sur notre position, nous sommes dans le droit, et nous ne pouvons pas accepter qu'un pays souverain membre des Nations Unies soit traité de la sorte par un fonctionnaire des États-Unis sur injonction de deux capitales, Paris et Washington.


Les médias occidentaux nous expliquent qu'il y a une pression de la communauté internationale contre Laurent Gbagbo et son équipe. Que signifie la communauté internationale ? On a vu que la Russie a une position légèrement divergente, que la Chine ne partage pas cette position, ainsi que beaucoup d'autres pays. Cela signifie-t-il qu'il y aurait une communauté internationale médiatique, celle qui donne le la dans les médias internationaux, celle qui forge l'opinion publique mondiale et que seule cette communauté internationale médiatique compterait ?


Vous avez raison. Dans cette affaire, la Russie a pris position très clairement. D'abord, il n'y a pas eu à New York de déclaration présidentielle, comme le souhaitait Susan Rice qui préside en ce moment le Conseil de sécurité pour les États-Unis. Il y a eu un communiqué de presse, qui n'a pas la même valeur... Et même le contenu de ce communiqué de presse a été discuté pendant plusieurs jours, ce qui est très rare, pour que finalement, suite à la manipulation qui a été faite par le président français à la réunion de la CEDEAO, la Russie, par principe, tout en n'étant pas d'accord sur le fond et en maintenant sa position sur la souveraineté de la Côte d'Ivoire - en disant que ce n'était pas le mandat des Nations Unies de scinder des comptes et de proclamer des résultats dans une élection présidentielle dans un Etat souverain - la Russie a laissé publier ce communiqué. Nous avons rencontré le représentant russe après et cela ne veut pas dire qu'elle était d'accord sur le fond. La Chine, également, a eu une attitude très claire. Le gouvernement chinois a fait un communiqué pour dire qu'il fallait laisser prévaloir le droit, respecter les institutions et aller au dialogue politique. C'est la teneur du communiqué de la Chine. Vous avez raison de dire que la Chine, la Russie, et même l'Afrique du Sud, car il y a une position qui n'était pas similaire à celle de la CEDEAO, ni à celle de l'Union Africaine... et également l'Angola, la Libye et la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD) sont très clairs là-dessus. Simplement, ce qui fait la différence, comme vous le dites, c'est le battage médiatique : c'est-à-dire, par médias interposés, faire croire que le président Gbagbo est isolé. Le « coup » a été fait, mais ils ne sont pas allés jusqu'au bout parce qu'ils s'attendaient à ce qu'à la proclamation des résultats provisoires, de façon illégale et rocambolesque, sur le terrain, la population sorte, dise que Laurent Gbagbo a perdu et demande son départ. Tout est resté calme parce que le président de la République a la Côte d'Ivoire pour lui et la Côte d'Ivoire avec lui. Il a l'armée, il a la police, il a la gendarmerie et la population de Côte d'Ivoire. C'est la réalité du terrain. Malgré les médias, il n'est pas facile de prendre un pays, sinon par la force. Tout ce qui leur reste à faire, c'est venir envahir la Côte d'Ivoire et installer Ouattara. Même après l'avoir fait, ils ne seront même pas sûrs que Monsieur Ouattara puisse gouverner. Donc, vous avez raison d'affirmer qu'il y a une espèce de campagne médiatique très forte orchestrée par deux capitales principalement, Paris et Washington, certains autres faisant du suivisme opportuniste.

Vous avez évoqué certains Etats, j'ajoute que le nonce apostolique a rencontré le président Gbagbo en l'appelant ainsi : cela signifie-t-il que le Vatican reconnaisse aussi le président Gbagbo ?


Oui. Bien qu'il n'ait pas encore fait de déclaration, le Vatican est très réservé sur ce qui se passe. Il y a des pays qui sont réservés et qui jouent leur rôle habituel de neutralité, tels que la Suisse. Ce que je veux vous dire - faites la différence entre le président Gbagbo et les puissances qui veulent imposer Monsieur Ouattara - c'est que nous voulons construire la paix en Côte d'Ivoire et eux veulent imposer quelqu'un au pouvoir en vue d'en profiter, étant donné qu'ils font partie de certains réseaux, des réseaux d'intérêts. Ils veulent intervenir dans les affaires de la Côte d'Ivoire, ils veulent mettre sous tutelle la Côte d'Ivoire pour pouvoir mieux saisir et exploiter nos richesses. C'est la différence entre eux et nous. Pour eux, peu importe le nombre de morts qui pourraient sortir d'un conflit tel qu'ils l'attisent actuellement. Ils sont devenus des déstabilisateurs et ils ne sont plus des faiseurs de paix. Ils utilisent les Nations Unies pour déstabiliser la Côte d'Ivoire. Ce qui se passe est très grave. Les Nations Unies sont en train de déstabiliser un pays alors que le rôle des Nations Unies, sa charte, c'est d'être un faiseur de paix. C'est très, très grave.

Cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Voilà des pays membres permanents du Conseil de sécurité à qui incombe une très lourde responsabilité pour ramener la paix dans le monde et, au contraire, ces pays utilisent les Nations Unies à leur profit pour des raisons d'intérêts. Peu importe pour eux ce qui peut se passer après. On voit bien que l'on nous a forcés à aller à des élections sans désarmement du Nord ! Pouvez-vous imaginer que l'on puisse organiser des élections dans une partie de la Côte d'Ivoire avec des rebelles armes au poing ? C'est ce qui s'est passé. En mars dernier, dans mon discours aux Nations Unies, j'étais ambassadeur à New York, moi-même et Monsieur Choi à l'époque avions demandé qu'il y ait réunification avant les élections. La France et les États-Unis nous ont dit non et nous ont demandé d'aller aux élections dans ces conditions. Je leur ai dit que pour eux les élections constituaient un dogme, alors que nous recherchons la paix et non pas des élections pour des élections. Aujourd'hui, nous avons le résultat : il y a eu élection et le pays est bloqué. C'est un échec pour la France et les États-Unis. Et la France et les États-Unis sont responsables de la situation actuelle en Côte d'Ivoire et du blocage actuel en Côte d'Ivoire. Ils n'ont pas la capacité de gérer correctement le monde. Il y a un problème de gouvernance qui se pose pour les puissances membres du Conseil de sécurité, notamment la France et les États-Unis, et qui entraîne des parties du monde dans l'impasse actuellement. Il est bien beau de parler de bonne gouvernance, mais la gouvernance mondiale est ingérable aujourd'hui. La France n'a pas de politique africaine actuellement. Elle procède par petits coups comme en Côte d'Ivoire, en utilisant certains réseaux, c'est bien dommage.

Deux réflexions s'imposent de la conversation que nous venons d'avoir. D'abord, on a tenté d'organiser des élections dans un Etat souverain, alors qu'une partie du territoire de cet État souverain était encore contrôlée par des milices armées...

Oui.

Deuxième point, celui de la gouvernance mondiale, ce qui m'amène à une question plus personnelle : ce problème avait été soulevé au moment de la guerre en Irak, or finalement rien n'a été fait depuis sept ans...


Vous avez raison, rien n'a été fait depuis sept ans. Cela coïncide même avec le début de la crise ivoirienne qui a commencé en 2002. Vous vous souviendrez qu'au départ, les Nations Unies étaient chargées de régler le problème en Côte d'Ivoire et, au lieu de chercher à ramener la paix en Côte d'Ivoire, la France, après l'accord de Marcoussis, a fait endosser cet accord de Marcoussis par les Nations Unies et a toujours tenté de faire partir le président Gbagbo, au lieu de régler le problème de la paix et de la réconciliation en Côte d'Ivoire. Après, nous avons eu la signature de l'accord de Ouagadougou (APO). Nous avions espéré avoir, avec cette prise en main par les ivoiriens eux-mêmes et avec l'aide du président Compaoré, des élections après la réunification. C'est ce qui était prévu dans l'accord politique de Ouagadougou : les élections devaient avoir lieu deux mois après le désarmement et la réunification. Mais les Nations Unies, par l'intermédiaire de la France et des États-Unis, ont fait des pressions en disant que le président Gbagbo ne veut pas aller aux élections et qu'il est possible de faire les élections maintenant, etc... Comme à New York, c'est la France qui a l'initiative du projet de résolution sur la Côte d'Ivoire. Bien que récusés par le président Gbagbo, ils ont continué et imposé que les élections aient lieu même avant le désarmement au nord et avant la réunification. Voilà, en manipulant les Nations Unies, la CEDAO et l'Union africaine ont abouti à un échec total sur le cas de la Côte d'Ivoire et cela pose le problème de la gouvernance mondiale. Il n'y a pas d'objectif, il n'y a pas d'idéal de paix, mais il n'y a que les réseaux d'intérêts qui comptent et cela aboutit à ce que l'on voit aujourd'hui en Côte d'Ivoire, c'est-à-dire un pays bloqué par la faute des États-Unis et de la France. Ils méprisent les institutions dont la Côte d'Ivoire s'est dotée et qu'elle a calquées sur des institutions similaires en France et aux États-Unis, et qui ont déjà statué dans des cas précis, comme l'élection de Monsieur Bush face à Monsieur Al Gore, pour laquelle personne n'a rien eu à redire dans le monde puisqu'il s'agissait d'une question de souveraineté. Mais lorsqu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, puisque c'est un petit pays, peut-être pensent-ils que le président Gbagbo n'est pas de leur réseau ? Peut-être pensent-ils qu'il faut le faire partir et bafouer d'une façon grossière les grands principes qui régissent le monde, c'est-à-dire la souveraineté des Etats et les grands principes qui disent que les peuples doivent disposer d'eux-mêmes ? Il est complètement scandaleux que le président Sarkozy, les ambassadeurs de France et des États-Unis, interviennent d'une façon aussi peu subtile, aussi peu fine, dans les institutions d'un pays souverain. À l'heure où je vous parle, l'ambassadeur des États-Unis cherche directement à rencontrer le directeur général de la télévision (RTI) et d'autres directeurs généraux. Il ne passe plus par les canaux traditionnels diplomatiques, c'est-à-dire les ministres concernés ou le ministre des Affaires étrangères. Il agit comme sur un territoire qui n'a pas de maître et nous sommes en pleine recolonisation, cinquante ans après l'indépendance.

Dans un territoire qui a un maître, en d'autres temps, on appellerait cela un acte de guerre...


Oui, c'est un acte de guerre. Étant donné que nous n'avons pas d'outrage, il y a certaines choses qui sont tolérées... pour l'instant.

Pour avoir des clefs de compréhension sur ce qui pourrait, peut-être, se passer dans quelques jours : on lit sur Internet certains messages expliquant que vos opposants pourraient envoyer des bataillons d'enfants au premier rang avec, derrière, les forces rebelles armées, pour éventuellement créer la pagaille dans Abidjan et forcer l'armée à réagir devant les caméras de télévision pour montrer à l'opinion publique mondiale que l'armée du président Gbagbo s'attaque à des enfants... Que pensez-vous de cela ?

Nous sommes sur le terrain, je ne crois pas qu'ils puissent en arriver là. S'ils en arrivaient là, vous êtes là pour juger, cette affaire fait déjà le tour du monde. Vouloir mettre les enfants en tête pour ensuite accuser l'armée ivoirienne, qu'ils en prennent la responsabilité. De notre côté, nous ferons tout pour qu'ils n'en arrivent pas là. Ce ne sont pas des méthodes classiques de lutte pour le pouvoir.

Enfin, Paul Collier, professeur à l'université d'Oxford, souligne que l'Occident estime que son modèle de démocratie peut être dupliqué dans d'autres territoires qui n'ont pas toujours la même culture ou la même problématique de population. Or, il considère que l'on continue de se tromper. Cette crise ne révèle-t-elle pas ce problème ?

Oui, on aurait même pu l'accepter et nous l'acceptons en tant que tel. Mais quand on fonctionne au gré de ses intérêts, on bafoue ce modèle occidental. L'exemple de la Côte d'Ivoire est clair et net. Il y a des institutions, la Commission électorale siège de façon collégiale et par consensus, mais ceux qui prônent le modèle démocratique se mettent hors la loi quand le fonctionnement des institutions ne les arrange plus. Ils emmènent le président de la Commission électorale indépendante dans le QG de campagne d'un des candidats. C'est incroyable ! C'est la première fois au monde que cela arrive ! Ensuite, on conteste l'arbitrage du Conseil Constitutionnel, alors que dans leur propre démocratie c'est ce qui s'est fait. Même en acceptant leur modèle, ils agissent au gré de leurs intérêts. Finalement, ils n'ont pas d'idéal et de modèle. L'opinion publique est très forte dans leur pays et ils sont donc obligés de respecter le modèle démocratique dans leur pays. Mais dans les pays les plus faibles, je crois que leur modèle est finalement la dictature. C'est pourquoi je pose le problème de la gouvernance mondiale qui est complètement à la dérive aujourd'hui, par la faute des États-Unis et de la France, dans le cas de la Côte d'Ivoire.



Propos recueillis par Yannick Urrien.

 

Source: KERNEWS.FR

VOUS AVEZ DIT: "ACQUIS A SA CAUSE"?


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La communication de Ouattara et de ses soutiens est axée sur un pivot unique : décrédibiliser le conseil constitutionnel, ce qui justifierait que Choi et l'ONU et à leur suite la communauté internationale s'accrochent aux résultats "proclamés" par Bakayoko au nom de la CEI.

Ce pivot est exprimé dans leur discours et dans celui des agences de presse par cette phrase «  Gbagbo a été déclaré vainqueur par un conseil constitutionnel acquis à sa cause » dont les trois derniers mots sont systématiquement repris dans toutes les dépêches de l'AFP.

Je crois urgent de revoir notre propre communication, qui est un peu désordonnée et va dans tous les sens pour la recentrer sur quatre axes :

un premier axe, simple et fort : Ouattara a été proclamé vainqueur par un Bakayoko partisan, tout comme l'ensemble de la CEI, presque exclusivement composée de membres du RHDP allié de la rébellion et soutenant Ouattara :

Dans le présidium de la CEI, le président Bakayoko et trois autres vice-présidents sont du RHDP et de la rébellion, soutiens de Ouattara ; 1 seul vice-président est de LMP;

Dans la commission centrale de la CEI, le RHDP et les mouvements rebelles soutenant Ouattara détiennent plus des ¾ des sièges

Toutes les 19 CEI régionales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara;

380 des 415 CEI locales sont détenues par le RHDP et la rébellion soutenant Ouattara

Deuxième axe de communication simple : la proclamation de résultats par Bakayoko est un non-évènement juridique car nulle dans la forme et le fond :

La CEI n'ayant pu proclamer de résultat dans le délai impératif de 3 jours, était forclose et dessaisie d'office au profit du conseil constitutionnel lorsque Bakayoko s'est exprimé ;

Bakayoko n'étant pas, in personae, une institution, en l'occurrence la CEI, il n'a pu dès lors se prononcer qu'à titre personnel et sous sa seule responsabilité, les propos tenus n'émanant ni n'engageant la CEI.

Seuls des résultats provisoires, donnés par le président de la CEI agissant en cette capacité et dans les délais (3jrs) et formes imposées par la loi auraient été susceptibles d'engager la CEI, savoir :

o Au siège de l'institution : en l'espèce, le fait pour le président de la CEI de s'exprimer solitairement au siège même du RHDP est gravissime et révélateur d'une collusion manifeste rendue évidente par l'appartenance du candidat ADO et de Bakayoko au même RHDP ; ce fait n'est rien d'autre qu'une action solitaire et personnelle ;

o Entouré des vice-présidents, des commissaires centraux et des représentants des candidats, lesquels étaient absents

Les « résultats » donnés par Bakayoko sont des résultats personnels, n'engageant pas la CEI, car non validés selon le mode opératoire adopté ; il faut donc conclure que la CEI n'a jamais donné de résultats provisoires.

Troisièmement : les résultats de la CEI, même lorsqu'ils sont légalement proclamés, ce qui n'est pas le cas en l'espèce, ne sont que des résultats PROVISOIRES par nature donc INACHEVES et comme tels, ils sont dépourvus de toute valeur légale :

La CEI, qui est un simple organe administratif, ne proclame que des résultats retraçant une compilation des votes, lesquels sont par nature provisoires puisque soumis au contrôle a posteriori aussi bien des candidats que du Conseil constitutionnel. En effet, dès la clôture du scrutin s'ouvre automatiquement et nécessairement la période du contentieux électoral qui est du ressort exclusif du conseil constitutionnel, laquelle période ne s'achève que par  la publication des résultats définitifs dans la forme d'une décision juridictionnelle ayant force de chose jugée irrévocable. Cette période du contentieux électoral comporte deux délais impératifs sanctionnés par la forclusion :

Le premier, s'ouvrant à la clôture du scrutin, est de 3 jours et doit permettre aux candidats de déposer leurs éventuels recours auprès du conseil constitutionnel : c'est d'ailleurs pour cela que la CEI doit impérativement avoir achevé la publication de ses résultats dans le même délai, faute de quoi elle mettrait les candidats dans l'impossibilité d'exercer leurs recours à temps ;

Le deuxième, d'une durée de 7 jours, court à compter de l'expiration du premier délai et est celui dans lequel  le Conseil constitutionnel automatiquement saisi, doit remplir sa mission juridictionnelle de contrôle du processus électoral; d'office ou sur plainte de candidats malheureux, il peut prendre toute décision pouvant affecter les résultats provisoires proclamés par la CEI, y compris leur annulation totale ou partielle ;

Enfin, la position actuelle adoptée par l'ONU est une grave atteinte à la souveraineté nationale de la Côte d'Ivoire et à la charte des nations unies, car:

Portant atteinte au processus électoral en « certifiant » une élection inachevée, au stade des résultats provisoires, alors que le processus électoral commence par l'établissement des listes électorales et s'achève par la proclamation définitive des résultats par le conseil constitutionnel ;

Portant atteinte à la constitution ivoirienne en prétendant ignorer la proclamation définitive de résultats de l'élection présidentielle par la plus haute juridiction de cet Etat souverain ;

Portant atteinte à la déclaration du conseil de sécurité qui, à la suite de la proclamation (illégale et hors délai) des résultats provisoires par M. Bakayoko, avait expressément appelé les candidats à porter leurs éventuelles réclamations devant le conseil constitutionnel selon les voies légales auxquelles ils se sont engagés à recourir ;

Constituant un grave précédent juridique, une jurisprudence qui, si elle était maintenue, pourrait désormais être imposée à tout Etat membre et à tout gouvernement de par le monde !

N'oublions pas : on a tous un Ouattara chez soi! A bon entendeur..., salut !

 

Source: PIAN! IVOIRE-BLOG.COM

mercredi, 01 décembre 2010

LES OBSERVATEURS FORMELS: LA CREDIBILITE DU VOTE EN ZONES CNO EST FORTEMENT ENTACHEE

 

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Bourrage des urnes, opacité dans le décompte des voix, molestage, brimades, meurtres, lynchage, attentat corporel,  destruction de biens privés, sévices en tout genre, destruction d'urnes, intimidation, emprisonnement, interdiction d'accès des représentants LMP aux bureaux de vote, dans les régions des Savanes, du Worodougou et du Denguélé: Voici comment le RHDP compte prendre le pouvoir. Voici également ce que les observateurs électoraux de l'Union Européenne appellent "élection démocratique". C'est peut-être ainsi que cela se passe en Europe, sait-on jamais. Echec et mat! Soyons sérieux! Le monde entier est désormais témoin de ce qui s'est déroulé en Côte d'Ivoire au deuxième tour du scrutin présidentiel. Grâce au constat objectif des observateurs africains.

Le porte-parole de la Coordination de la mission internationale des observateurs de la société civile africaine, est formel : « Le processus démocratique tant souhaité est fortement mis en cause (au second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre dernier en Côte d'Ivoire) ».

Déclaration que vient de faire M Compaoré Saïdou, dans les locaux de la Commission électorale indépendante (Cei),à Abidjan (Cocody deux plateaux).

En effet, il a fait cette annonce devant la presse nationale et internationale en début d'après midi, ce lundi 29 novembre 2010. Entouré des membres de la COMISCA (Coordination de la mission internationale des observateurs de la société civile). Le Président de la COMISCA, a tenu à mettre sur la place publique, les constats faits par ses 230 observateurs déployés à l'intérieur du pays: Korhogo, Boundiali, Ferkéssedougou, Touba, Odiénné, Mankono, Minignan, Madinani, Vavoua, Bouna, Tingrela, Zagné, Duékué, Guiglo, Dabou et Abidjan.

Ces observateurs, selon lui, ont visité 1541 bureaux de vote conformément aux recommandations de la déclaration de principe pour l'observation internationale d'élection adoptée le 27 octobre 2001 sous l'égide des nations Unies. Ainsi que les engagements pris dans la déclaration de Bamako en 2000 par les Etats francophones pour la tenue d'élections libres et transparentes.

Le président de la COMISCA a réaffirmé que l'objectif principal de leur mission s'inscrit dans le cadre de la promotion des élections crédibles et de la bonne gouvernance en Afrique. Sur la base de la compilation des fiches d'observations de ses membres sur le terrain, le porte-parole de cette entité internationale connue pour sa neutralité, fait le constat suivant : « Certains militants et représentant de partis LMP ont été empêchés d'exprimer librement leur vote ; des urnes ont été transportées par les hommes en tenue précisément dans la région de Korhogo, Mankono et Séguela. » Mais encore : « Nous avons également assisté au « molestage » de certaines personnes dans les bureaux de vote. » Et ce n'est pas tout : « Le secret de vote n'étant pas respecté et des consignes de vote ont été données par certains membres de bureaux de vote. On a aussi enregistré des dégâts corporels et matériels. »

Conclusion de la COMISCA : « Au regard de tout ce qui précède, le processus démocratique tant souhaité est fortement mis en cause. Par conséquent, la COMISCA constate que la crédibilité du vote dans ces régions ci-dessus citées est fortement entachée... »


Source: La Côte d'Ivoire. L'info en continu


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Le porte-parole du candidat Laurent Gbagbo, Affi N'Guessan, a tenu ce jour une conférence de presse au QG de campagne, au cours de laquelle, il a dénoncé les exactions commises par les Forces Nouvelles, lors du second tour de la présidentielle , tenu dimanche qui a occasionné la mort de plusieurs personnes , dont celle de la représentante LMP de Korhogo. Nous vous proposons l'intégralité de son propos liminaire...

Le dimanche 28 novembre 2010, les ivoiriennes et les ivoiriens se sont rendus aux urnes pour élire leur président de la République. Le taux de participation, même s'il reste relativement élevé, est en net recul par rapport au premier tour (entre 65 et 70 %). La majorité présidentielle félicite l'ensemble des électeurs pour leur mobilisation et leur esprit civique.

Contrairement au 1er tour, le second tour du scrutin présidentiel s'est déroulé dans un climat de tension.

Dans la zone sous contrôle du Gouvernement, les populations ont pu librement accomplir leur devoir civique. Tout comme les agents électoraux, les observateurs internationaux ont pu mener leurs missions sans entraves. Il faut toutefois déplorer les incidents graves et les comportements agressifs des représentants du candidat du RDR qui ont choisi d'attaquer tous les lieux de vote où le candidat de LMP est arrivé en tête au 1er tour.

On déplore ainsi , pour la seule journée d'hier , au moins six (6) pertes en vies humaines , notamment à Daloa , Issia , Saïoua et Zikisso , et des dizaines de blessés graves dans plusieurs villes de l'intérieur du pays et à Abidjan.

Dans les zones Centre Nord et Ouest (CNO), sous contrôle des Forces Nouvelles, les conditions d'une élection libre, juste et transparente n'étaient pas réunies. En effet, en violation de l'Accord Politique de Ouagadougou et du Code électoral, les Forces Armées des Forces Nouvelles, qui étaient pourtant présumées encasernées et désarmées, ont semé la terreur et la désolation contre des populations cibles.

Ainsi, les agents électoraux et les représentants de LMP dans les bureaux de vote ont été chassés, les empêchant d'exercer leur mission. Des militants et sympathisants de LMP ont été sauvagement battus à sang, humiliés et séquestrés. Le pronostic vital est même en jeu pour certains et leur état nécessite donc une évacuation urgente vers des établissements sanitaires spécialisés à Abidjan. A l'heure actuelle, des dizaines de proches de La Majorité Présidentielle demeurent encore otages des Forces Armées des Forces Nouvelles à Bouaké, Korhogo, Man, Zuénoula , Odiénné, Ferké, Boundiali.

La Majorité Présidentielle s'inquiète du sort de toutes les personnes détenues dans les zones CNO par les FAFN et exige leur libération immédiate et sans condition. Elle interpelle, par la même occasion, la communauté internationale sur ces agissements qui entravent sérieusement le processus électoral et, donc, la sortie de crise.

La Majorité Présidentielle a sollicité et obtenu une audience avec le Représentant Spécial du Secrétaire General des Nations unies en Côte d'Ivoire , qui s'est entretenu dimanche soir avec Messieurs Issa Malick Coulibaly , Directeur National de Campagne , et Sokouri Bohui , Directeur National de Campagne Adjoint , chargé des élections. Un dossier circonstancié sur ces graves événements lui a été remis.

Aussi, La Majorité Présidentielle dénonce-t-elle avec vigueur toutes les atteintes aux droits humains et à la liberté, et condamne le recours à la violence par le RDR comme mode d'accession au pouvoir. La Majorité Présidentielle exprime sa compassion et son soutien à l'ensemble de ses militants et sympathisants et les encourage à préserver pour le triomphe de la démocratie en Côte d 'Ivoire.

En agissant de la sorte, le RDR et son candidat tentent d'opérer un hold-up électoral. La Majorité Présidentielle met en garde le RDR et ses démembrements contre toute action visant à tronquer et à manipuler les résultats du scrutin. La Majorité Présidentielle se réserve le droit d'engager toutes les voies de recours prévues par le code électoral.

C'est le lieu d'appeler les militants et le sympathisants de La Majorité Présidentielle à garder leur calme et à rester sereins jusqu'à la proclamation des résultats par la Commission Electorale Indépendante et leur validation par le Conseil Constitutionnel, seules Institutions habilitées à cette fin. Les folles rumeurs autour du verdict du second tour ne sont que pures spéculations et rêveries postélectorales auxquelles il ne faut accorder aucun crédit.


Source: COTE D'IVOIRE.COM

mercredi, 24 novembre 2010

DEBATS DES JEUNES SUR RTI LA 1ère : LE RHDP PASSE A LA CHAPE, LA MESSE A ETE DITE


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Véritablement, le débat d'hier, mardi  23 novembre 2010 entre les jeunes LMP, Charles BLE GOUDE et KONATE Navigué et ceux du RHDP, KOUADIO KONAN Bertin dit « KKB » et ZASSO Patrick, aura été édifiant, plaisant et révélateur à plus d'un point.

Nous avons apprécié le niveau relevé des discussions pour ce qui est des trois premiers cités. En revanche, nous avons été interloqué par le comportement grotesque et brouillon (quasi délinquant) du jeune RDR, ZASSO Patrick, balançant des insolences à tout-va et faisant des affirmations graves du genre « Nous avons le film de l'assassinat du Général GUEI », avec l'intention clairement affichée d'incriminer le FPI et le candidat Laurent GBAGBO. Un CD a même été exhibé sur le plateau à l'attention de BLE GOUDE et KONATE Navigué. Très révélateur ! Notre lecture est simple, trivial : si ZASSO Patrick a le film de l'assassinat du Général GUEI, il faudra qu'il soit entendu, de façon urgente et impérieuse, par les autorités judiciaires ivoiriennes pour que son témoignage soit versé au dossier de cette scabreuse affaire non encore élucidée. Car, dans notre entendement, seuls ceux qui ont tué l'ancien Chef de l'Etat ivoirien peuvent avoir tourné la vidéo de son exécution et en détenir le support numérique. Qu'un tel document audiovisuel puisse exister et que personne ne l'ai jamais produit depuis la mort violent du Général, laissant toute la Côte d'Ivoire dans un flou artistique sur l'identité des vrais auteurs de cet homicide, n'est pas acceptable. C'est même plus que suspect.

Nous sommes convaincus de deux choses : soit ce CD ne contient vraiment pas de quoi fouetter un chat et ne devra être mis au compte que d'un effet médiatique de fort mauvais goût, soit il révèle effectivement les coupables de ce crime odieux, auquel cas il faudra s'adresser au RDR pour en savoir plus. Une chose est certaine : ce CD n'incrimine pas le candidat LMP. Car si tel était le cas, le film qu'il contient n'aurait pas mis tant de temps à être produit, tant les ennemis du Président Laurent GBAGBO sont nombreux et déterminés à obtenir sa tête sur un plateau d'argent. De ce point de vue, nous ne pouvons qu'être sereins.

Mais révélation pour révélation : Or donc des responsables du RHDP « appellent les gens la nuit » pour s'épancher !!! Par courtoisie, Charles BLE GOUDE qui savait ce que « KKB » et lui s'étaient dit une semaine avant, a répété plusieurs fois pendant ses interventions : « Je n'ai pas affaire au PDCI, c'est le RDR qui m'intéresse sur ce plateau » ; en fait, et nous l'avons compris, c'était pour ménager celui qui lui avait fait des confidences sincères, sept jours auparavant, et qu'il voulait épargner d'un coup de massue foudroyant, en direct sur les antennes. Mais les élucubrations de KOUADIO KONAN Bertin sur les nouvelles amours de BEDIE et de OUATTARA et ses attaques contre la gestion du Président GBAGBO pendant ces huit années de crise majeure auront eu raison de sa patience. Il lui a donc balancé, à brûle-pourpoint, cette question assassine : «  Monsieur KOUADIO KONAN Bertin ne pense pas ce qu'il dit sur ce plateau, j'en suis certain. KKB, peux-tu me regarder dans les yeux et déclarer, ici devant tous, que tu ne m'as pas appelé à 2 heures du matin, il y a une semaine, pour me dire au téléphone que je ne sais pas avec quelle bouche je vais dire à mes militants de voter Alassane OUATTARA ? ». KKB n'a pas manqué de s'esquiver dans des affirmations peu convaincantes, mais sans jamais nier les propos et la grave accusation de BLE GOUDE. Donnant la preuve que l'alliance BEDIE-OUATTARA est contre-nature et la confirmation que l'appel de BEDIE à voter ADO n'est pas du tout du goût de ses militants et même de ses plus proches  collaborateurs; qui s'obstinent pourtant (contre toute logique) à tenir un discours contraire à leurs plus intimes convictions. Problème d'honneur et de dignité. Combien KKB et les autres ont reçu comme argent pour trahir leurs convictions et vendre ainsi leur patrie ? On ne le saura peut-être jamais. L'histoire retiendra leur forfaiture. Pour le reste des temps.

Au cours du débat, les jeunes du RHDP ont constamment reproché au candidat LMP et au FPI de ne pas avoir été capables de produire des résultats, en matière de développement, malgré les milliers de milliards gérés pendant ces dix dernières années. Bien malin d'attaquer un pouvoir, de lui faire la guerre, l'empêcher par toutes les diableries insurrectionnelles de gouverner et, tout en même temps, lui demander des résultats ! Les jeunes LMP n'auront pas manqué de le leur dire. Mieux, de leur démontrer magistralement ce qu'est la guerre et ce que sont ses conséquences qu'ils feignent de ne pas voir. L'histoire contemporaine nous a bien montré que les Etats-Unis, le pays le plus puissant et le plus sécurisé de la planète, a eu son espace aérien violé et subi une terrible attaque, le 11 septembre 2001. Bilan : plus de 3000 morts, deux tours majestueuses, symbole de la prospérité et de l'orgueil américains, soufflées, un traumatisme montre, effroyable, indélébile dans l'esprit de toute une nation. Comme le dit un ami : « Personne ne peut être prêt contre la guerre, contre morts et destructions planifiées et programmées. Personne ! Rien ne peut et ne doit justifier la guerre, rien ! ».

Le clou de ce débat fort intéressant aura été la conclusion de Charles BLE GOUDE, dernier intervenant du jour, qui a produit deux preuves irréfutables de la nationalité burkinabé dont s'est prévalu Monsieur Alassane Dramane OUATTARA avant son entrée dans la vie politique ivoirienne : Dans un livre universitaire américain titré « The Directory of Fellows » qu'il a brandi sur les antennes, il révèle qu'ADO a été répertorié comme diplômé aux Etats-Unis en qualité d'étudiant burkinabé. Et dans un journal Frat-Mat de 1982 sorti pour la circonstance, il apporte la preuve qu'Alassane OUATTARA a été décoré, à Abidjan, avec Monsieur Charles Konan BANNY, impétrant ivoirien, en tant que cadre burkinabé de la BCEAO. Il ne pouvait avoir fin plus foudroyante à cette émission pour le RHDP, la réplique étant impossible (émission achevée) et les faits étant totalement avérés. La messe était dite.

C'est une clameur de joie et d'applaudissements qui est montée dans le ciel d'Abidjan, dans certains quartiers, à la fin de l'émission. Preuve que la prestation de Charles BLE GOUDE et de KONATE Navigué aura été plus qu'honorable. Cela promet pour le « Face à Face » du jeudi 25 novembre 2010, à 21 heures. Oui, la messe a été dite. Place au « Woody ». Pour le coup de grâce.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

SUR IVOIRENEWS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA EST-IL BURKINABE?


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Le débat sur les origines douteuses du candidat Alassane Ouattara que les ivoiriens avaient oublié refait malheureusement surface. Cependant, il est question de preuves implacables, listées ci-dessous (NB : l'étude n'est motivée par aucune démarche partisane visant à confirmer ou infirmer la nationalité d'un individu. Mais sur une enquête menée de manière professionnelle pour éclaircir le débat et écarter les différentes rumeurs).

Les différentes preuves qui circulent :

1- L'acte de naissance falsifié ? : Alassane Dramane Ouattara est né en décembre 1941 à Sindou au Burkina-Faso (et non à Dimbokro en Côte d'Ivoire).  Un nouvel acte de naissance a ensuite été falsifié, où il est inscrit qu'Alassane Dramane Ouattara est né le premier jour du mois de janvier 1942 à Dimbokro (enquête basé sur des données hagiographiques). Puis, Alassane Dramane Ouattara a présenté, dans ses divers documents administratifs, deux femmes différentes comme étant ses mères. Sur son jugement supplétif (acte de naissance), la mère de Ouattara s'appelle Nabintou Ouattara née à Odienné. Mais, dans le dossier qu'il a présenté au Conseil constitutionnel en l'an 2000, sa mère s'appelle cette fois Cissé Nabintou née à Dabou.

2 - La biographie comme témoignage :

* En mars 1962, il est convoqué pour satisfaire à ses obligations militaires. Recensé dans le premier contingent des Forces armées voltaïques naissantes sous le matricule 62/824 FAV de la classe de 1962, il a par la suite bénéficié d'un sursis. Les registres des Forces armées, encore disponibles au Burkina-Faso, qui peuvent être consultés sans déplacement, en attestent.

* Le dénommée Alassane Dramane Ouattara s'est rendu à Philadelphie aux Etats-Unis pour y poursuivre ses études. Il obtint une bourse d'étude de la Haute-Volta au titre d'étudiant Voltaïque (les documents officiels sont disponibles au Ministère de l'éducation du Burkina-Faso actuel).

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* Le « The Directory of Fellows » est un livre officiel qui dresse la liste des étudiants boursiers africains qui ont étudié aux Etats-Unis, pays par pays et qui a été réalisé avec les données fournies par « African Graduate Fellowship Program » ( grâce à l'Institut Africain-Américain pour le Bureau Africain de l'Agence de Développement International).On peut bien lire à la page 10 (photo ici présent), le nom de Alassane Dramane Ouattara parmi les 40 étudiants burkinabés listés dans cette édition. Alassane Ouattara est de la vague A03, c'est à dire de l'année académique 1965-1966. Il y est mentionné qu'il a eu une maitrise en économie en mai 1967 et un doctorat en mai 1972 à l'Université de Philadelphie dans l'Etat de Pennsylvanie.  Rappelons qu'un Etudiant ivoirien ne peut donc pas par erreur écrire sur sa fiche d'inscription qu'il est Burkinabé à partir du moment où le passeport en lui seul ,peut arriver à tout réparer.

* Les autorités américaines ont enregistré Monsieur Dramane Ouattara au service de l'immigration (the « American Immigration Services ») au titre de Voltaïque muni d'un passeport de la Haute-Volta. L'intéressé à lui-même affirmé en 1995, s'être rendu aux Etats-Unis en 1962 muni d'un passeport ordinaire voltaïque ("Jeune Afrique." n°1812 du 28 septembre au 4 octobre 1995 p. 67).

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* Sa carte de sécurité sociale américaine délivrée par les autorités américaines en octobre 1962, qui porte le n°165-40-9295 mentionne que l'intéressé est burkinabé.

* Haut fonctionnaire de la Haute Volta, Alassane Dramane Ouattara a bénéficié de deux passeports diplomatiques de ce pays sous les n° 457 du 23/12/1973 et n°DPL/1478 du 10/09/1985. Les dossiers pour l'obtention de ces documents contenant bien un certificat de nationalité voltaïque de l'intéressé sont, eux aussi, disponibles au Burkina-Faso, et les registres chronologiques du ministère des Affaires étrangères qui les a délivrés mentionnent que l'intéressé a la nationalité voltaïque ou burkinabè.

* Dans le cadre de ses visites de travail dans les pays africains, du temps où il était agent FMI, Alassane Dramane Ouattara a séjourné, du 2 au 9 janvier 1988, en Côte d'Ivoire. A la réquisition de la police des frontières, il a produit des documents officiels burkinabè pour justifier de son identité et de sa nationalité, a rempli et signé de sa main les fiches de police en y indiquant librement la même nationalité. A l'hôtel Ivoire où il a séjourné, les mêmes informations ont été données. Ces fiches, dont copies ont été portées à la connaissance de l'intéressé, sont disponibles dans les archives de la police nationale de Côte d'Ivoire et à l'hôtel Ivoire.

* Avant d'être gouverneur de la BCEAO, Alassane Dramane Ouattara a été successivement vice-gouverneur de la BCEAO (janvier 1983 à octobre 1984). Or dans la répartition des postes entre les pays membres de la Banque Centrale, celui de gouverneur est réservé à la Côte d'Ivoire, quand celui de vice-gouverneur est dévolu au Burkina Faso.

*A la fin des années 1980, le Front monétaire international (où travaillait Ouattara) impose aux pays des Politiques d'ajustement structurel (PAS) et des éléments du FMI dans les administrations africaines pour mener à bien cette politique. F.Houphouet Boigny va faire appel au Dr Alassane Ouattara qu'il a sauvé d'une déchéance de sa nationalité burkinabé selon M. Cissé Bacongo, en lui accordant de justesse la nationalité un passeport ivoirien. A la mort du gouverneur Abdoulaye Fadiga qu'Houphouët avait l'intention de nommer Premier ministre, le Président a donc fait appel à cet illustre inconnu pour lui succéder et en faire plus tard son Premier ministre. L'origine de M. Ouattara n'a jamais fait l'objet d'un doute.

3 - Les affirmations douteuses :

* Alassane Ouattara réputé être né de parents burkinabés et a lui même déclaré lors d'une manifestation pour son investiture à Cocody qu'il était fier d'avoir pu exercer à la BCEAO et au FMI en tant que ressortissant burkinabé.

* L'intéressé à affirmé en 1995, s'être rendu aux Etats-Unis en 1962 muni d'un passeport ordinaire voltaïque ("Jeune Afrique." n°1812 du 28 septembre au 4 octobre 1995 p. 67).

(NB : l'étude n'est motivée par aucune démarche partisane visant à confirmer ou infirmer la nationalité d'un individu. Mais sur une enquête menée de manière professionnelle pour éclaircir le débat et écarter les différentes rumeurs).

Par Akwa Bahi JC


Source: IVOIRENEWS


Autre source: Conférence de Mamadou Ben Soumahoro: des documents exceptionnels publiés. Cliquer: ICI

mardi, 23 novembre 2010

LEANDRE SAHIRI: STRATEGIE POUR LA VICTOIRE


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Le 28 novembre 2010, la CÔTE D'IVOIRE doit remporter LA VICTOIRE, non pas par « tous les moyens », mais de façon démocratique, c'est‐à‐dire sans violence, sans tricherie, dans la discipline, dans l'union. Nous les Ivoiriens et les Ivoiriennes, pour ce 2ème tour de notre élection présidentielle, unissons‐nous pour dire NON à la servitude et pour confirmer notre légitime aspiration à la paix, à la souveraineté, à la dignité, au bien‐être. Soyons tous rassemblés pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre maturité et pour faire du 28 novembre 2010, une date glorieuse et mémorable.


Les dix commandements

pour gagner le 28 novembre 2010


1. Nous devons nous mettre en rangs serrés et compacts pour défendre la terre de nos aïeuls, la Côte d'Ivoire.

2. Nous devons nous organiser, c'est‐à‐dire : mettre en place les dispositions utiles ; prévoir les moyens adéquats en ce qui concerne les secours, les ravitaillements et les déplacements (transports), afin d'éviter les désagréments, les vicissitudes, et les affrontements inutiles.

3. Nous devons mobiliser toutes les forces vives, hommes et femmes, de notre nation pour une participation effective et massive au vote : soyons, tous et toutes, présents dans tous les bureaux de vote pour exercer, en toute conscience et en toute responsabilité, notre droit de vote et notre devoir citoyen.

4. Nous devons faire barrage, PACIFIQUEMENT, SANS VIOLENCE, aux spécialistes de la violence, ramener les va‐t‐en‐guerre à de bons sentiments, à des comportements de sagesse.

5. Nous devons être, tous et toutes, présents, dans tous les lieux de vote, et demeurer vigilants, attentifs aux différentes phases du déroulement du vote, c'est‐à‐dire depuis l'ouverture du bureau jusqu'à la proclamation des résultats.

6. Nous devons veiller à ce que soient utilisés les moyens et les matériels appropriés (urnes transparentes, machines à voter mécaniques ou électriques, bulletin unique, isoloir, encre...) en vue de prévenir ou d'éviter les manipulations frauduleuses de tous genres, et dénoncer systématiquement la moindre anomalie ou irrégularité constatée : la dénonciation des irrégularités électorales doit être l'affaire de chaque citoyen ou citoyenne.

7. Nous devons savoir que tout électeur qui vend sa voix au plus offrant est aussi méprisable que tout candidat qui achète la voix d'un électeur pour usurper le pouvoir.

8. Nous devons savoir que, dans l'isoloir, hors du regard des autres, chacun ou chacune de nous doit avoir constamment à l'esprit qu'il ou elle n'est pas seul(e), mais qu'il ou elle est en face de sa conscience et face à sa conscience, et que la destinée de notre nation est, à ce moment précis, entre ses mains.

9. Nous devons connaître les diverses méthodes de fraude pour détecter et dissuader les fraudeurs, pour lutter efficacement contre les pratiques frauduleuses et les irrégularités susceptibles d'affecter ou de fausser les résultats de l'élection : nous voulons une élection juste et transparente où la victoire reviendra au plus méritant des candidats, c'est‐à‐dire celui qui est capable d'agir dans l'intérêt supérieur de la population ivoirienne.

10. Nous devons éviter le vote mécanique et instinctif ; cela veut dire : ne pas nous baser sur nos attaches régionales, ethniques, religieuses ou militantes, mais voir seulement et uniquement la CÔTE D'IVOIRE.

Vive la Côte d'Ivoire ! Vive l'Afrique !


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Copyright ©Léandre Sahiri, novembre 2010

lundi, 22 novembre 2010

PREMIERE IMPRESSION SUR LE DEBUT DE LA CAMPAGNE DU 2ème TOUR



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Depuis le vendredi 19 novembre 2010, à minuit, la campagne du deuxième tour du scrutin présidentiel en Côte d'Ivoire a été ouverte par la CEI, laissant libre cours à La Majorité Présidentielle (LMP) et au RHDP de déployer toute leur intelligence politique pour rallier le maximum de votants à leurs programmes de gouvernement, à leurs projets de société et à leurs causes.

Dans la veine, les chaînes de télévision RTI La 1ère et AFRICA 24, reconduisant leurs plateaux de débat du premier tour de la présidentielle, nous ont offert, ce dimanche 21 novembre, deux émissions fort édifiantes sur la capacité des représentants des candidats GBAGBO et OUATTARA à défendre les dossiers et les thèses de leurs mandants.

Sur AFRICA 24, c'est un Maître AHOUSSOU Jeannot peu convaincant sur la non paternité d'ADO relativement au coup d'état de 1999, la non animosité entre BEDIE et OUATTARA pendant son mandat de 1993 à 1999 (ils étaient à la limite des amis marchant bras dessus dessous), l'inoffensivité du concept de l'ivoirité et la non imputation à ses thèses du coup d'état de 1999, qu'il nous a été donné de voir. Il a clamé que BEDIE n'a jamais traité ADO d'étranger, de Burkinabé et n'a jamais voulu l'empêcher de devenir candidat. Comme il fallait s'y attendre, en pareille situation de flagrant délit de déni, il s'est fait proprement laminer par le Premier Ministre AFFI N'Guessan. La messe a été tout simplement dite. Le représentant du RHDP nous a offert le visage désolant d'un PDCI-RDA pathétique et pitoyable. Difficile en tout cas de mentir contre l'évidence et de réécrire l'histoire. Le révisionnisme n'est pas passé.

Autre plateau, autre décor, autre pugilat, même débâcle : l'émission « Au cœur du débat » sur le thème de la bonne gouvernance nous a gratifié d'un face-à-face très corsé entre le Président Mamadou KOULIBALY (Professeur d'économie) et l'honorable William ATEBY (Docteur en droit), représentants LMP, et le Professeur SEKA et Mme Nialé KABA, (Professeurs d'économie), représentants RHDP. A part notre économiste au féminin qui s'en est tirée tant bien que mal face à la marée KOULIBALY-ATEBY, le Professeur SEKA aura été tout simplement décevant. Il est tout bonnement passé à travers les échanges, balbutiant, maugréant et mâchouillant des mots diffus et soutenant des thèses peu assurées sur la question de la rébellion, bras armé du RHDP, et les pratiques peu orthodoxes à la Faculté des Sciences Economiques à eux opposées par le Président KOULIBALY et l'honorable ATEBY.

Assurément, le RHDP a été mal inspiré de choisir ces trois représentants pour des débats où ils ont franchement fait piètre figure, peinant à donner un visage de virginité à leur candidat, Alassane Dramane OUATTARA. Des représentants qui, soit ne connaissent pas (de bonne foi ?) leur mentor, soit ne savent vraiment pas le vendre. Tout naturellement, ils se sont fait minutieusement aplatir par le camp d'en face qui n'en demandait pas mieux. A leur décharge, nous dirons que cette mission précise de blanchiment forcé et forcené du candidat RHDP est impossible. Cela relève purement et simplement de la prestidigitation. A part cela, ils pourraient mieux faire s'ils s'exerçaient un peu plus sur les autres questions.

Au final, ces deux émissions nous auront laissé le sentiment que le dossier ADO est indéfendable quand les débats gravitent autour du coup d'état de 1999 et la rébellion. Visiblement, difficile de se donner une image de vierge quand on a le sang des Ivoiriens sur les mains ! C'est donc désespérément que le RDR tente de se réfugier derrière l'aura de Félix HOUPHOUËT-BOIGNY et du RHDP pour profiter de la « virginité » du PDCI-RDA d'Henry Konan BEDIE et masquer ainsi une réputation peu reluisante et très peu enviable d'homme de sang. Une entreprise vouée à l'échec comme dans la malédiction de Sisyphe. Dans le cas de figure de cette élection présidentielle, il ne s'agit pas de voter ou d'élire deux organisations ou deux mouvances : c'est de deux hommes, avec leurs histoires très spécifiques, dont il est question. Nul ne doit tenter de faire diversion pour tromper les Ivoiriens et leur donner le change en falsifiant l'histoire. Le révisionnisme ne peut prospérer, ici. Les faits sont trop récents et les plaies encore ouvertes pour qu'une telle tentative puisse prendre les Ivoiriens à défaut. Ils n'ont pas de problème avec le PDCI-RDA, l'UDPCI ou le MFA. Ils ont un contentieux avec ADO. Aussi simple que cela puisse être.

En tout état de cause, l'émission « Face à Face » du jeudi 25 novembre 2010, de RTI La 1ère, qui doit opposer le candidat LMP à celui du RHDP dans un duel épique et historique, est en passe de se transformer en un vrai cauchemar médiatique qui pourrait sonner à jamais le glas des ambitions d'ADO. Oui, demain, le jour se lèvera.


Vive la campagne présidentielle !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

lundi, 15 novembre 2010

COTE D'IVOIRE : LE DEUXIEME SURSAUT NATIONAL EST EN MARCHE !



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Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, une horde d'affreux attaque la Côte d'Ivoire dans une tentative de coup d'état qui se mue en rébellion armée. Notre beau pays est alors coupé en deux. Dans un sursaut mémorable, les patriotes ivoiriens font écran à la sinistre entreprise pour indiquer aux nageurs en eaux troubles qui ont porté le glaive dans le sein de la mère-patrie que leur projet ne peut prospérer. A travers des marches, des manifestations monstres qui ont battu tous les records de mobilisation et des levées de fonds, les dignes fils de la Côte d'Ivoire ont donné la preuve de leurs nouvelles dispositions d'esprit : un peuple épris de liberté, de paix, prêt au sacrifice pour son pays et qui n'entend pas laisser prospérer ceux qui clament leur amour pour la Côte d'Ivoire mais qui ne manquent aucune occasion de faire couler le sang de ses fils. Drôle d'amour que celui-ci ! A la vérité, ces hideux n'ont jamais aimé ce pays ou du moins ne l'aiment que pour le fauteuil présidentiel qu'ils convoitent.

Ce sursaut digne des plus grandes révolutions de l'histoire du monde a eu l'adhésion de quelques nations sœurs, telle que l'Angola à laquelle nous devons une fière chandelle, et des jeunesses de la quasi entièreté de l'Afrique noire venues affirmer leur opposition aux prétentions néocoloniales d'états impérialistes qui ne doivent leur développement qu'à la prédation impitoyable qu'ils exercent sur des états plus faibles, y entretenant (comme en Côte d'Ivoire) une instabilité politique permanente qui leur sert de terreau fertile aux chantages les plus démoniaques et les plus éhontés.

Tout le monde le savait, en Côte d'Ivoire. Mais il a fallu attendre novembre 2004, deux années après le début de cette crise qui nous aura traînés de capitale africaine en capitale africaine en passant par le centre de rugby de Linas-Marcoussis en France à la recherche de la paix, pour que les vrais parrains et les véritables commanditaires de notre mise à mort tombent le masque : Jacques CHIRAC et l'exécutif français ! Nous avons ainsi pu voir la France (se prévalant d'un droit de réplique suite au prétendu bombardement d'un camp français à Bouaké, le 6 novembre, par des aéronefs ivoiriens) clouer au sol à coup de missiles et d'obus la faible aviation ivoirienne qui s'était aventurée dans une opération de libération baptisée « Dignité », dernier sursaut d'honneur pour s'affranchir d'une rébellion qui n'avait que trop duré et dont les tergiversations étaient devenues plus qu'insupportables. Une opération, menée du 4 au 6 novembre 2004, pour laquelle elle avait pourtant donné quitus aux autorités ivoiriennes !

Effectuant un repli général sur Abidjan dans un objectif inavoué de représailles, le commandement des opérations spéciales françaises en Côte d'Ivoire et ses troupes, dirigés alors par le Général Poncet, sous le prétexte fallacieux de s'être égarés, se retrouvent comme par hasard, à l'Hôtel Ivoire, à 150 mètres de la résidence du Président Laurent GBAGBO. Parfait scénario de coup d'état. Mais c'était compter sans le peuple ivoirien : une marée humaine sans nulle autre pareille dans l'histoire de notre pays s'est déversée dans les rues d'Abidjan; et la commune de Cocody, devenue un véritable théâtre des opérations, s'est retrouvée bouclée par des patriotes déterminés et intrépides qui voulaient en découdre. Prise dans sa propre peur-panique devant ce sursaut national, l'armée française ouvre le feu sur une foule aux mains nues, le 9 novembre 2004, devant l'Hôtel Ivoire et à plusieurs points chauds d'Abidjan (les jours précédents: Pont Général de Gaulle, 43ème BIMA, Aéroport Félix Houphouët-Boigny). Bilan: des dizines de morts et des milliers de blessés. Oui, les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004 sont à jamais gravés dans les annales ivoiriennes comme des jours de feu et de sang pour la liberté de notre peuple.

La France, surprise de la victoire des ivoiriens sur le plan de la communication tous azimuts et notamment sur Internet, va s'enliser dans les sables mouvants de la dénégation impudente, allant de mensonges grossiers en raccommodages frénétiques qui ne convainquent personne, pour en arriver, aujourd'hui, à traîner cette affaire comme un boulet au pied que les Ivoiriens ne lâchent pas. Un véritable passif entre les deux nations à solder au plus vite et à tout prix, pour une coopération et des relations plus saines.

Cette mobilisation mémorable aura marqué tous les esprits, en Côte d'Ivoire et en Afrique voire dans le monde. Mais à la faveur du 2nd tour de l'élection présidentielle, devant la configuration que prend cette dernière ligne droite, nous ne pourrons faire l'économie d'un deuxième sursaut national. En effet, Henri Konan BEDIE, candidat malheureux au 1er tour du scrutin présidentiel, dans une alliance contre nature avec celui qui a effroyablement ensanglanté notre beau pays et qui l'avait lui-même antérieurement éconduit du pouvoir, appelle le PDCI-RDA à voter Alassane Dramane OUATTARA et prend la tête de la présidence de campagne du candidat du RDR, sous la bannière du RHDP. Des milliers de ses partisans et militants ne le lui pardonnent pas. C'est, en ce moment, une véritable ruée vers la cause de La Majorité Présidentielle : sauver la Côte d'Ivoire de l'imposture étrangère et de la conspiration néocolonialiste.

C'est ainsi que nous observons (avec bonheur), à la télé, de nombreux désaveux à l'appel d'Henri Konan BEDIE par ses propres militants. Oui, le peuple ivoirien a mûri. On ne peut plus le tromper. Au rythme où vont les défections dans ses rangs, le 28 novembre 2010, le RHDP sera totalement coupé de sa base.

Mais le candidat LMP n'en reste pas là. Il ratisse large : il a fait appel, il y a quelques jours, aux candidats sortis de la course à la présidence. Notamment à Mme Jacqueline Lohouès OBLE, au Révérend TAGOUA Pascal, à DOLO Adama, TOHOU Henri, ENOH N'Douba et KOUADIO Siméon. L'adhésion de la présidente intérimaire du PIT, Mme Angèle GNONSOA, lui est également acquise, après la démission énigmatique de l'ex-candidat Francis WODIE de la tête du parti qu'il a fondé. Querelle interne ? L'avenir éclairera notre lanterne. Mieux, Angèle GNONSOA a lancé un appel télévisé au sursaut national à l'adresse de tous les Ivoiriens de tous les bords pour sauver notre pays du péril extérieur qui le menace ainsi que de ceux qui ont brûlé l'Ouest de la Côte d'Ivoire et qui veulent se faire passer, aujourd'hui, pour Blanche-Neige.

A cette liste, il faut ajouter Nanan Amon N'Douffou V, le roi du Sanwi (Aboisso), la jeunesse patriotique du PDCI-RDA à travers le « Mouvement Nationaliste du PDCI » d'Isidore Gauze, Daniel Félix Usher Assouan, fils de feu Arsène Usher Assouan, ancien maire de Cocody, grand baron et haut dignitaire du PDCI-RDA, qui a ouvertement désavoué « N'Zuéba », l'Association des artistes du « V » baoulé (dont les plus célèbres : Allah Thérèse, Sidonie la Tigresse, Amani Johnny, Tonton Etiennot), le député PDCI-RDA de la circonscription de Bouna (Région du Zanzan) et Président du Conseil Général de la même localité, Palé Dimaté, également Haute Autorité pour le développement du Zanzan, qui a déjà tranché en faveur du candidat LMP : « Soutenir ADO est une injure à la mémoire et à la conscience nationale ». Le groupe parlementaire Loyauté ne manque pas à l'appel avec les députés Djibo Aya Martine (PURCI), Oulé Tia (RPP), Siki Blon Blaise (UDPCI-Vgr), Dosso Vally, Sékongo Yaya, Gué Pascal et Yéo Adama, ainsi que le ministre d'Houphouët-Boigny, Emile Constant Bombet qui a lancé depuis son blog personnel un appel, à l'adresse de tous les militants du PDCI-RDA, « à se rassembler et à se mobiliser autour de Laurent GBAGBO, le candidat de la liberté politique » parce que « la Côte d'Ivoire a besoin de volonté et d'unité pour sortir des griffes des forces du mal » .

L'ami Saint-Ralph le disait sur le blog Aller de l'Avant : « Je ne suis pas convaincu que les Ivoiriens dans leur grande majorité votent pour un programme. Absolument pas ! Cette élection a une importance symbolique parce qu'elle contient l'idée de liberté et de dignité. C'est pour la dignité de la Côte d'ivoire que les ivoiriens doivent se prononcer. Nous réglons des comptes que nous aimerions définitifs. Il appartiendra surtout au vaincu de reconnaître que les Ivoiriens ne veulent pas du type de pays qu'il propose. C'est un message très fort qui va au-delà d'un simple programme de gouvernement ». Oui, les Ivoiriens iront voter, le dimanche 28 novembre 2010, non pas pour un projet de société ou un programme de gouvernement mais pour leur dignité, pour leur liberté, pour la souveraineté de la Côte d'Ivoire et pour l'espérance.

En avant pour le sursaut national, digne peuple d'Eburnie ! Haut-les-cœurs, patriotes ivoiriens de tous bords !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO

EMILE CONSTANT BOMBET S'ADRESSE AUX MILITANTS DU PDCI-RDA ET LES APPELLE A VOTER GBAGBO

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COMMUNIQUE DE PRESSE DES PARTISANS DE M. EMILE CONSTANT BOMBET, VICE-PRÉSIDENT DU PDCI-RDA


Samedi, le 13 Novembre 2010


Monsieur le Président du PDCI-RDA,

Chers Militantes et Militants,

Mesdames et Messieurs les Parlementaires,

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,


Il est des moments de l'histoire où le sort hésite entre le meilleur et le pire.

Des moments où tous les efforts accomplis peuvent être perdus ou, au contraire, tous les efforts accomplis peuvent déboucher sur des progrès durables. Nous sommes aujourd'hui dans l'un de ces moments.

C'est vrai pour l'action du PDCI-RDA dans cet arc de crise qui va dans notre pays du Nord au Sud et de l'Ouest à l'Est, en passant par les cercles politiques et militaires.

C'est vrai pour la Côte d'Ivoire, où l'accord de OUAGADOUGOU et les décisions prises face à l'arc de crise ont ouvert des perspectives qui restent à développer pour faire de l'union un acteur de survie de notre pays.

C'est vrai pour certains barons et jeunes loups du PDCI-RDA qui cherchent à retrouver le chemin du pouvoir au sommet de l'ETAT, alors que notre Parti n'est pas arrivé à convaincre la majorité des ivoiriens sur notre projet de société dont la volonté est de poursuivre des réformes nécessaires et indispensables au développement de notre Nation.

A la grande table où se prennent les décisions, de nouvelles classes politiques ont rejoint les anciennes classes connues. A juste titre, ces nouvelles classes politiques réclament la reconnaissance de leurs droits. Le PDCI-RDA les soutient mais le PDCI-RDA leur dit qu'il faut aussi accepter qu'avec ces droits viennent des devoirs, des responsabilités à assumer. Et il faut que ces nouvelles classes politiques au sein de notre parti comme les anciennes reconnaissent que leur réussite éclatante dans le PDCI-RDA leur impose de dépasser la stricte défense des intérêts égoïstes pour apporter leur contribution à la solution des problèmes dans notre pays.

Dans ce moment de l'histoire où le sort hésite, pour faire pencher la balance du bon côté, la Côte d'Ivoire a besoin de volonté et d'unité pour la tirer des griffes des forces du mal. Si notre patriotisme est hésitant, si au PDCI-RDA, nous ne parvenons pas à nous entendre sur les objectifs à atteindre entre la base et la tête, c'est parce que la tête n'écoute pas toujours la base. Si nous ne sommes pas capables au PDCI-RDA de jouer pour la Côte d'Ivoire, collectivement face au mal d'hier alors rien ne sera possible et nous aurons failli à notre devoir c'est à dire le choix de la démocratie contre le choix des hommes en armes dans les zones Centre Nord et Ouest.

Dans ce moment, où le sort hésite, la Côte d'Ivoire libre a besoin de chacun d'entre nous et en tant que Ministre d'HOUPHOUET, je rejoins donc le camp de la Majorité Présidentielle avec tous ceux qui ont une conviction au PDCI-RDA. J'affirme donc ma vision du PDCI-RDA et ma détermination en appelant les Militantes et Militants du PDCI-RDA à se rassembler et à se mobiliser autour de Laurent Gbagbo, le candidat de la liberté politique.

Mesdames et Messieurs, Militantes et Militants du PDCI-RDA,

La lutte contre le mal qui ronge notre pays demeure une priorité absolument majeure.

Je compte sur vous et chacun d'entre nous à porter ce message pour que le PDCI-RDA reste fidèle à son passé pour continuer à mieux apporter des idées nouvelles pour notre Nation. Il nous revient donc au PDCI-RDA de sortir le pays du train-train qui le mine depuis 1999.

Je vous remercie et que Dieu bénisse notre pays,


Fait à Abidjan, le 13 Novembre 2010

Le Ministre EMILE CONSTANT BOMBET et ses Partisans

 

Source: Le blog d'Emile Constant Bombet

LEANDRE SAHIRI: APPEL A TOUS LES IVOIRIENS ET IVOIRIENNES

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A l'occasion de ce 2ème tour de notre élection présidentielle, nous avons un défi à relever par rapport aux deux candidats en lice.

L'un clame, à tous venants, avoir les « solutions » à la crise que nous subissons depuis plus de 7 ans. Et quelles solutions ?  Déverser des milliards sur nous. Il s'agit, disons-le tout net, d'une promesse qui condamnera notre pays à la servitude volontaire. C'est de l'argent pour nous soumettre aux diktats des pouvoirs d'argent. C'est de l'argent pour nous livrer, pieds et poings liés, aux tenants et adeptes de l'esclavage permanent des Africains ; l'esclavage humiliant imposé par la force, institutionnalisé et réglementé par le « Code noir ». Promulgué en 1685 par Louis 14, roi de France,  le « Code noir », faut-il le rappeler, comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles, transmissibles et négociables » (Article 44).  C'est ce principe-là du « Code Noir » qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui, aujourd'hui, sous-tend l'immigration, la Françafrique, l'Eurafrique.

Face à cette situation, force est de prendre notre courage à deux mains pour rejeter une telle promesse  et refuser de donner notre suffrage à un suppôt de l'Occident néolibéral, investi et patenté pour ressusciter, à nos dépens, la traite négrière, environ trois siècles après son abolition. Il nous en a suffisamment donné, déjà, les indices et les signaux.

Face à la situation actuelle, libérons-nous du poids de nos traditions, de nos attaches régionales, ethniques et religieuses. Mettons-nous au-dessus des contingences immédiates. Comportons-nous en êtres pensants et intelligents. Evitons de nous conduire comme des bêtes à visages humains. Refusons d'être manipulés, d'être utilisés comme des militants écervelés exécutant, stupidement et moutonnièrement, des mots d'ordre, contre et envers nous-mêmes. Ne privilégions pas nos intérêts individuels et partisans. N'offrons pas, naïvement, la corde pourpendre. nous

Même si nous avons été déçus par certains compatriotes mal inspirés ;  même si nous avons des appréhensions ; même si nous sommes en proie au doute et à l'incertitude, agissons, avec tous les compatriotes qui ne veulent pas de l'asservissement, pour gagner cette dernière étape de la lutte contre la recolonisation de notre pays. Soyons tous et toutes, ce jour-là du 2ème tour du scrutin, et présent(e)s, et prêt(e)s, pour remporter la victoire, pour consacrer notre rejet de l'esclavage moderne et pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre humanité. Faisons de ce jour du 2ème tour du scrutin, une date glorieuse que nous garderons ineffaçablement gravée dans nos cœurs et dans nos mémoires, une date illustre dont nous enseignerons, avec fierté, la signification à nos enfants, pour que ceux-ci, à leur tour, fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire de notre lutte ardente pour notre liberté. Pour notre souveraineté. Pour notre dignité.

Ivoiriens et Ivoiriennes, pour des raisons qui s'appellent le bon sens, l'honneur, l'intérêt supérieur de notre patrie, pour ne pas avoir à nous reprocher demain d'avoir bradé notre terroir à nous légué par nos aïeuls, pour ne pas avoir à regretter demain d'avoir agi sans réfléchir, réunissons-nous, comme les doigts d'une seule main, donnons nos voix au candidat Gbagbo Laurent. Au-delà de tout ce qu'on peut lui reprocher, Gbagbo Laurent a les acquis véritables et les aptitudes requises pour sauver et sauvegarder notre souveraineté. Gbagbo Laurent a le mérite d'œuvrer pour la dignité des Ivoiriens, des Africains, face aux néo-esclavagistes.

Certes, ce que nous demandons, ce à quoi nous aspirons, en tant qu'êtres humains et citoyens de notre pays, c'est : vivre décemment, en sécurité, en paix, en toute dignité en Côte d'Ivoire. Cette aspiration est légitime, comme le sont nos rancœurs et notre révolte face à nos conditions actuelles de vie... En effet, nous sommes révolté(e)s. Nous avons des griefs contre Gbagbo Laurent et son entourage. Mais, aujourd'hui, dans ce 2ème tour de notre élection présidentielle, il ne s'agit plus de Gbagbo Laurent, ni du FPI, ni du RHDP... Il s'agit de sauver la Côte d'Ivoire. Il s'agit de préserver le peu de liberté et de vie qui nous reste. Notre choix sera capital.

Voilà pourquoi, au 2ème tour du scrutin, je vous convie à voter Gbagbo Laurent.

Par nos suffrages à Gbagbo Laurent, sauvons notre pays qui est en péril de mort et prenons parti pour le sursaut national.


Vive la Côte d'Ivoire !  Vive l'Afrique !


Léandre Sahiri

Londres, 6 novembre 2010.

vendredi, 12 novembre 2010

SORTIR DEFINITIVEMENT DU VOTE ETHNIQUE ET RELIGIEUX

 

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Assurément, les Ivoiriens écriront une nouvelle page de la belle histoire de la Côte d'Ivoire, au soir du dimanche 28 novembre 2010. Tant ce défi s'impose comme un passage obligé pour l'éclosion de la « Nation Ivoire ». Nous les en savons absolument capables.

Il n'y a pas si longtemps de cela, dans notre jeune histoire, Alassane Dramane OUATTARA disait : « On ne veut pas que je sois candidat parce que je suis du nord et musulman ». Le décor était ainsi planté pour toutes les dérives ethniques et religieuses en Côte d'Ivoire. Cette phrase assassine s'est durablement incrustée dans le subconscient et l'inconscient profond de nos braves frères nordistes et musulmans qui, comme il fallait s'y attendre, ont fait un dangereux repli identitaire sur eux-mêmes et autour de ces deux véritables bombes sociologiques. Au point où, encore aujourd'hui, nous en voyons les effets induits et les conséquences confligènes.

Nous en voulons simplement pour preuve les scores fleuves d'ADO dans le nord de notre pays, à la faveur du premier tour de l'élection présidentielle ivoirienne : une moyenne de 85% dans les régions du Bafing, du Denguélé, des Savanes et du Worodougou. Dans cette partie du pays où les rebelles sont encore en armes, la pression sur les populations a été forte : Intimidation militaire et consignes de vote dans les mosquées. Voici à quoi on arrive quand on instrumentalise l'ethnie et la religion. Ce conditionnement mental et religieux s'est doublé d'une fraude massive sur les listes électorales des régions du nord au point de générer des scores surréalistes de plus de 150% de votes comparativement à leurs populations actuelles.

En ce qui concerne le candidat BEDIE, il ne l'a emporté que dans les villes du « V » baoulé (Centre) et dans la région du Bas-Sassandra (à Guéyo, Sassandra et Soubré soit 3 départements sur 5, dans le Sud-ouest), une circonscription qui compte une forte population allochtone baoulé. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer sur cette lancée, au risque de faire de notre pays une bombe identitaire, ethnique et religieuse.

Seul le candidat GBAGBO, dans cette grisaille, a donné la preuve qu'il a une étoffe véritablement nationale en engrangeant dans sa cagnotte des villes et des départements de toute part en Côte d'Ivoire, sauf naturellement au nord où les dés étaient déjà pipés avec des listes électorales totalement fantaisistes. Il s'est même payé le luxe de remporter des bastions du PDCI-RDA dans l'Est, comme la région du Moyen-Comoé (Abengourou).

Ce faisant, le 2ème tour de l'élection présidentielle doit marquer la fin de cette tendance que nous assimilons à un cauchemar dont nous devons très vite sortir, exorciser cet esprit sectaire dangereux qui tient captives des régions entières de notre pays. Et pour y parvenir, une seule option : voter massivement pour le candidat GBAGBO pour faire barrage aux quidams qui sont prêts à instrumentaliser l'ethnie et la religion pour parvenir à leurs fins. Il faut mettre de tels individus hors d'état de nuire. La nouvelle Côte d'Ivoire que nous voulons bâtir ne peut prendre le risque de revêtir ces oripeaux de tribalisme enragé et de régionalisme exacerbé.

Pensant à tort que son électorat le suivra comme le feraient des moutons de panurge, convaincu qu'il est de leur esprit étroit et de leur tribalisme (ce qui est une grave erreur car il s'agit désormais de la Côte d'Ivoire et non plus de sa petite personne), Henri Konan BEDIE, à la plus grande honte de ces militants que nous côtoyons tous les jours (et qui sont restés sans voix devant l'immensité de la bêtise) se fait investir par ADO comme son Président de campagne. Il pousse même l'outrance de sa naïveté à croire le champion des républicains quand il l'assure de « diriger la Côte d' Ivoire sous son autorité ». Peut-on être plus crédule et plus niais ? Impossible !

Assurément, pour accepter ce poste, BEDIE a dû être proprement « travaillé au corps », envoûté par l'un des gourous et des grands marabouts du « Brave tchè ». N'oublions pas qu'il a fait un tour au Sénégal et au Burkina Faso. Sinon, il est impensable que « N'Zuéba » puisse commettre une bévue de cette taille. LMP ne peut que s'en réjouir ! Cela fait tellement son affaire. Dans la mesure où cette décision incongrue de BEDIE démultiplie le nombre de ses militants mécontents, encore habités par un peu de fierté et de dignité (ce que N'Zuéba n'a plus)  qui sont désormais prêts et déterminés à voter le candidat GBAGBO. BEDIE, ayo ka ka ka !!!

Les levées de boucliers contre cette décision de BEDIE ne font que commencer et s'amplifieront inexorablement jusqu'à l'approche du 28 novembre. Un coup de pouce inespéré dont va bénéficier La Majorité Présidentielle. DIEU soit loué!


DINDE Fernand AGBO

LAURENT GBAGBO: "N'IMPORTE QUI NE PEUT PAS VENIR JOUER DANS NOTRE MAISON!"


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A l'occasion de sa première conférence de presse depuis l'annonce des résultats du premier tour du scrutin, tenue le mardi 9 novembre à son quartier général de campagne, le candidat Laurent Gbagbo, également président en exercice de la République de Côte d'Ivoire, a expliqué pourquoi les électeurs d'Henri Konan Bédié doivent voter pour lui au second tour et comment Alassane Dramane Ouattara, par ses actes, se révèle être le «candidat de l'étranger».

RTI: Monsieur le Président, on vous voit ce soir confiant. Sur quoi repose cette confiance pour le 2ème tour de l'élection présidentielle ? Que ferez-vous pour prendre les bastions de vos adversaires ? Par ailleurs, vous avez observé une grosse colère, la semaine dernière contre le Président sénégalais Wade, quelles étaient ces motivations ?

Laurent Gbagbo: Je ne comprends pas bien le sens de vos questions. Vous me demandez à moi sur quoi je me fonde pour avoir confiance en moi. Mais, c'est moi Gbagbo Laurent, j'ai toujours eu confiance en moi, ce n'est pas nouveau. Ensuite vous me demandez comment je vais faire pour prendre les bastions de mon adversaire. Je n'ai pas de bastions à prendre. On va au 2ème tour. Même si j'ai deux voix de plus que lui, j'ai gagné. Pourquoi vais-je aller prendre un bastion ? C'est pourquoi je vous dis que je vais gagner. C'est lui qui a des voix à rattraper sur moi. Moi je suis devant. Vous voulez savoir le pourquoi de ma grosse colère contre Abdoulaye Wade ? Je n'ai pas de grande colère. J'ai voulu simplement dire que la Côte d'Ivoire est la Côte d'Ivoire, qu'il faut qu'on nous respecte et que n'importe qui ne peut pas venir jouer dans notre maison : ça suffit.

AFP: Certains électeurs auraient été empêchés de voter dans la zone Nord, ça pose le problème de la sécurité.

Laurent Gbagbo : Concernant la sécurité, nous avons fait le point avec les responsables de la sécurité, nous avons tiré des leçons. Des décisions ont été prises de sorte qu'au 2ème tour, le vote se passe dans les conditions de sécurité plus idoines que ce qui a été observé lors du vote du 1er tour.

Fraternité Matin: Quelle est votre lecture et votre attitude face au Rhdp qui a appelé à voter le candidat Alassane Ouattara au 2è tour ?

Laurent Gbagbo : Le Rhdp a été créé il y a au moins cinq ans. Depuis cinq ans, je dis que je vais gagner. Ayant signé un accord, c'est donc normal qu'il lance un appel. Ce n'est pas nouveau. Mais malgré cette alliance, je vous dis que je vais gagner.

Rfi : Quel message adresserez-vous aux 25% d'électeurs qui ont porté leur choix dimanche 31 octobre sur le candidat Bédié ?

Laurent Gbagbo : Ce que je vais leur dire est simple. Il y avait comme candidat, Gbagbo, Bédié et Ouattara. Le premier tour a donné Gbagbo, Ouattara et Bédié. Bédié vous appelle à voter Ouattara. Regardez bien, si vous êtes des électeurs de Bédié. Le coup d'Etat de 1999 qui a chassé Bédié du pouvoir, regardez qui est en dessous. Si vous aimez Bédié, vous devez voter pour celui qui l'a fait venir d'exil plutôt que pour celui qui l'a fait partir en exil...

Le Temps: On a senti au 1er tour, vos électeurs trop confiants...Ont-ils bien investi le terrain ?

Laurent Gbagbo : Nous sommes premiers et de cette position, on ne peut pas dire que nos partisans n'ont pas travaillé. On peut leur demander de faire plus. Mais on ne peut pas se comporter comme si on avait perdu. D'autres avec 32% sont contents, pourquoi pas nous (rires) ? Cette élection fait entrer la Côte d'Ivoire dans une élection disputée, démocratique. Pour la première fois, on n'a pas des scores soviétiques. Nous allons gagner avec un score normal...

CNN: Quel défi de la consolidation de la paix, après l'élection au 2nd tour, vu les suffrages exprimés au Nord...

Laurent Gbagbo: Le Président de la République élu est élu pour tout le monde, pour toute la Côte d'Ivoire. Pour apporter l'instruction, la santé l'eau, l'électricité... Il y a beaucoup de sous-préfectures au Nord où j'ai gagné, chez Gnonzié, à Baya, à Niellé, à Sepiergo et ailleurs...Ce qui nous réjouit, c'est que nous sommes les seuls à avoir un électorat qui s'étend sur l'ensemble du territoire ivoirien. Ce vote est le début de la construction nationale. Beaucoup de ceux qui n'ont pas voté pour nous ne sont pas que du Nord. Nous devons à tous porter ce message : Gbagbo veut électrifier vos villages, Gbagbo vous tend les bras, Gbagbo veut construire pour vous des hôpitaux, Gbagbo veut faire pour vous l'école gratuite et obligatoire, voter la loi sur l'Assurance maladie uinverselle. Il faut dire à ceux qui n'ont pas voté pour nous que ces projets- là les concernent. Qu'ils soient du Nord, du Sud, de l'Ouest, de l'Est, du Centre... Ce n'est pas une question de Nord.

Reuters/BBC: Pendant votre campagne, vous et vos supporters utilisez contre Ouattara un langage un peu dangereux, un candidat étranger tandis que vous, vous représentez la Côte d'Ivoire... C'est comme si les autres ne sont pas de vrais ivoiriens...

Laurent Gbagbo : Non, c'est faux! J'ai dit que ce sont des candidats de l'étranger, je n'ai pas dit qu'ils ne sont pas de vrais Ivoiriens. Ce n'est pas la même chose. Peut-être parce que vous ne comprenez pas bien le français...

Reuters/BBC : Je ne vois pas la différence...

Laurent Gbagbo : Il y a une très grande différence, je vais vous l'expliquer tout à l'heure...

Reuters/BBC : Mais dans les têtes des gens au-dehors, ils pensent que...

Laurent Gbagbo : Vous n'êtes pas dans les têtes des gens. Laissez les têtes des gens tranquilles. Dites-moi ce que vous avez compris.

Reuters/BBC : Qu'est-ce qu'on doit comprendre alors ?

Laurent Gbagbo : A peine a-t-on proclamé les résultats du 1er tour que Ouattara, on lui envoie un avion et il va à Dakar. Ça, c'est un candidat de l'étranger. Et au moment où je vous parle, il est à Ouaga. C'est ça que j'appelle les candidats de l'étranger : des gens qui écoutent ce qu'on leur dit à l'étranger pour faire la politique en Côte d'Ivoire. Ce que vous vous dites là, et que je n'ai pas dit, a une histoire en Côte d'Ivoire. Et c'est Bédié qui l'a dit et je ne le dirai jamais. Puisque c'est moi qui ai signé les papiers pour que Ouattara soit candidat. Donc, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit...Mais le terme «candidat de l'étranger», je ne suis pas le premier en politique à l'utiliser. Jacques Chirac, dans son appel de Cochin, quand il était à l'hôpital de Cochin, avait dit en parlant de Giscard d'Estaing : «C'est un candidat de l'étranger». Pourtant, Giscard est un Français comme lui. Donc dire «candidat de l'étranger», ça veut dire celui qui travaille pour les intérêts de l'étranger. Je le maintiens et je le répète!

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

lundi, 08 novembre 2010

IL Y A BEL ET BIEN UN CANDIDAT DE L'ETRANGER : LA COTE D'IVOIRE VERS UN 2ème SURSAUT NATIONAL

 

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Le candidat GBAGBO l'avait affirmé, péremptoire. Quelques sceptiques n'y ont pas cru. Nous en avons tous désormais le cœur net : l'étranger a bel et bien un candidat, dans l'élection présidentielle, en Côte d'Ivoire. Pour faire la nuance, je n'irai pas jusqu'à dire qu'il y a « un candidat étranger » mais, tout au moins, « un candidat de l'étranger » dans cette course au fauteuil présidentiel ivoirien.

Sinon, comment comprendre que le jeudi 4 novembre 2010, quatre jours après la tenue du premier tour du scrutin présidentiel et tout juste au lendemain de la proclamation par la CEI des résultats complets provisoires, le candidat Alassane Dramane Ouattara, attendu au Golf Hôtel où s'était massée une foule d'aficionados (le cœur entièrement à la fête) et de journalistes de la presse nationale et internationale (impatients de lui arracher ses premiers mots de candidat admis au second tour), ait fait faux bond à tout ce beau monde pour se retrouver au Sénégal ?

Pour ce tour de force, franchement, chapeau au champions des républicains ! Les pauvres fans, militants et hommes de presse ont dû prendre leur mal en patience et faire le pied de grue de 17 heures à 21 heures pour, finalement, se disperser la mort dans l'âme après 22 heures sonnantes. Pour de la foutaise... !

Bref, revenons-en à cette escapade impromptue qui a laissé tout le monde pantois : Quelle était l'urgence pour qu'ADO se retrouve au Sénégal avec autant d'empressement et de frénésie ? Lui seul pourra le dire avec précision. Mais pour ce que nous savons, le président Abdoulaye WADE, « l'autre parrain de la rébellion ivoirienne » lui a affrété son avion personnel (sans en souffler un traître mot à son homologue ivoirien!) pour un tête-à-tête  qui a été cause que le chef de l'Etat ivoirien a rappelé l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Sénégal. Deux peuples au bord de la fissure pour des intérêts particuliers. Et pour cause : Depuis Dakar, selon le communiqué officiel de la Présidence de la République, ADO et WADE, ont pris des contacts élargis dans toute la CEDEAO pour « neutraliser » le Président Laurent GBAGBO et installer le champion des républicains au pouvoir. On voudrait brûler la sous-région toute entière qu'on ne procéderait pas autrement. C'est donc avec raison qu'Abidjan crie au complot et à la conspiration.

Y a-t-il preuve plus patente de l'existence d'un candidat de l'étranger dans cette élection présidentielle ivoirienne ? Qui dit Abdoulaye WADE dit la françafrique, la France, ses intérêts et ses milieux ultralibéraux. Mais il faudrait peut-être comprendre la fébrilité d'ADO : Il a fait enrôler plus que de raison (à la fois ivoiriens et étrangers) dans le Nord, sur la liste électorale. Malgré cette manipulation abominable qui lui a donné des scores invraisemblables  de 100 à 250% par rapport à la population réelle actuelle dans son fief, il n'a pas été capable de battre le candidat LMP au premier tour, ni même d'approcher son score. Il a donc des raisons d'avoir des frayeurs car il n'est pas aussi populaire parmi les ivoiriens qu'il veut le faire croire. Le deuxième tour s'annonce donc périlleux pour lui, même si nous avons appris sur France 24, dimanche soir, que le candidat malheureux Henri Konan BEDIE, abonné aux mauvais choix et aux mauvais calculs politiques, a appelé ses militants à voter pour ADO. Il va récolter l'effet inverse parce qu'apparemment, il a oublié l'histoire récente de la Côte d'Ivoire et sa propre histoire : à savoir la rébellion sanglante qui a endeuillé le pays et le coup d'état du « brave tchè » qui l'a éjecté du pouvoir que lui avait transmis « le vieux », le président Félix Houphouët-Boigny. Les Ivoiriens ont pardonné mais n'ont pas oublié l'innommable.

En plus, le candidat du RDR a besoin de 70% des voix de BEDIE pour gagner le deuxième tour, alors que le candidat LMP n'a besoin que de 47% de ces mêmes voix pour aplatir son adversaire. La pression n'est donc pas dans le camp qu'on croit. Malgré les alliances au sein du RHDP, cette mouvance est garantie d'avoir des insomnies et des nuits blanches jusqu'à la proclamation de la victoire du camp présidentiel. Ces mauvais politiciens, doublés de mauvais calculateurs, comprendront, enfin, que la démocratie n'est ni ethnique ni régionaliste et que - comme je l'ai déjà dit dans un post précédent - la sociologie politique n'est pas de l'arithmétique. BEDIE aurait pu prendre une retraite politique honorable et digne s'il avait fait le choix de sauver son pays de l'imposture étrangère. Que nenni ! La malchance, qui le suit inexorablement depuis 1999, lui colle « indécrotablement » à la peau et on ne peut vraiment rien faire pour lui s'il a une fois encore choisi le camp des perdants. Signant ainsi, à terme, la mort politique du PDCI-RDA.

L'enjeu donc, aujourd'hui pour le peuple de Côte d'Ivoire, c'est de barrer vaille que vaille la route aux conspirateurs de tout poil et de tout acabit qui convoitent ce pays pour ses richesses et cela, par les urnes, de façon tout à fait régulière et pacifique. Contrairement aux abonnés-aux-coups-d'états d'en face. Déjà, des cadres du PDCI-RDA, vrais patriotes, sont en campagne, pas pour GBAGBO, mais pour la Côte d'Ivoire parce qu'ils ont compris que leur pays est en danger avec ceux qui préparent leur deuxième tour de présidentielle au Sénégal. Nous sommes donc à l'aise pour déclarer, sans crainte de nous tromper, que le peuple de Côte d'Ivoire est en marche pour son deuxième sursaut national !

Hauts-les-cœurs, patriotes ivoiriens de tous bords !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO

vendredi, 05 novembre 2010

LA SOCIOLOGIE POLITIQUE N’EST PAS DE L’ARITHMETIQUE

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C’est avec amusement que j’ai vu le quotidien Le Patriote barrer sa Une d’hier du titre : 62,2% pour le RHDP ! Une manière d’annoncer qu’ils sont déjà les vainqueurs du deuxième tour de l'élection présidentielle ivoirienne. Comme si les voix des candidats malheureux de la mouvance allaient automatiquement passer au candidat du RDR. Non, messieurs et mes très chères dames, la sociologie politique n’est pas de l’arithmétique. Ce n’est pas parce qu’Henri Konan BEDIE est sorti du scrutin présidentiel comme le dindon de la farce, pour avoir fait une alliance contre nature dont il fait aujourd’hui les frais, que les suffrages de ses militants et partisans vont s’additionner à ceux d’ADO. Rien n’est moins sûr !

Même s’ils se sont fait avoir une première fois par leur champion, qui les a conduits dans le décor par ses mauvais calculs, je suis entièrement convaincu qu’ils sont désormais en mesure d’appréhender la dimension nationale et indépendantiste (et non ethnique et régionaliste) du combat du candidat LMP. Même si Henri Konan BEDIE donnait des consignes de vote à ses militants en faveur du RHDP, les informations et les contacts rapprochés que nous avons eu, ces derniers jours, nous conforte dans notre conviction qu’un nombre important de militants du PDCI et du RHDP voteront pour GBAGBO. Aucun d’eux n’est prêt à « vendre la Côte d’Ivoire » !

Que LMP soit donc rassuré, le scénario actuel est le meilleur que puisse espérer le camp présidentiel d’un second tour ! Comme l’a dit un ami, « la Côte d’Ivoire est face à son destin » et tous ses dignes fils doivent s’unir dans une totale UNION SACREE pour reprendre en main les destinées de leur pays ! Malgré la campagne souterraine de la France contre lui à travers France 24 qui ne manque aucune occasion de peindre en noir le candidat GBAGBO, le présentant tantôt comme un personnage haineux (ce qui est un affreux mensonge), un boulanger (cela dépend de qui le dit) et d’assassin (affaire KIEFFER), là où elle présente ADO comme « un économiste, un technocrate appliqué ».

Cette chaîne pousse l'incongruité jusqu'à présenter ces deux leaders politiques comme deux hommes qui « se vouent une HAINE RECIPROQUE », ce qui est très loin de la vérité. L'un, certes, éprouve pour l'autre une haine morbide et viscérale au point de lui mettre une rébellion sur le dos depuis huit ans mais l'inverse n'est pas vrai. Auquel cas, ADO n'aurait jamais été candidat à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Cette faveur, il la doit à Laurent GBAGBO.

Qu’à cela ne tienne, le peuple digne de Côte d’Ivoire fera son choix. Avec maturité et détermination. Aucune de nos voix ne doit rester en dehors du décompte final. Mettons hors d’état de nuire tous les conspirateurs qui nous empoisonnent la vie depuis 10 ans, portés à bout de bras par l'exécutif français !


Haut-les-cœurs !


DINDE Fernand AGBO

jeudi, 04 novembre 2010

BEDIE MAUVAIS PERDANT? PAS SI SUR! PLUTOT VICTIME DE SES MAUVAIS CALCULS POLITICIENS



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Enfin !, l'élection présidentielle tant attendue en Côte d'Ivoire a pu avoir lieu, ce dimanche 31 octobre 2010. Malgré les appréhensions et les craintes plus ou moins fondées que le scrutin ne bascule dans une violence apocalyptique. La Côte d'Ivoire a hautement tenu son pari : Un taux de participation record estimé à plus de 80%, une couverture médiatique irréprochable (bravo la RTI !), un esprit civique et patriotique remarquable, une détermination citoyenne admirable, une campagne électorale mémorable malgré quelques frictions qu'on peut considérer comme mineures. Ce pugilat électoral fraternel s'est tout naturellement soldé par les scores suivants, en suffrage exprimé par candidat :

- 1er, Laurent GBAGBO : 1.755.495 voix soit 38,3%

- 2ème, Alassane Dramane OUATTARA : 1.480.610 voix soit 32,08%

- 3ème, Henri Konan BEDIE : 1.165.219 voix soit 25,24%

De sorte que tous, aujourd'hui, à savoir la Communauté Internationale, le corps diplomatique en Côte d'Ivoire, l'ONUCI et les observateurs dans leur grand ensemble, sont unanimes sur le fait que cette élection ait été juste et transparente. Il demeure néanmoins un couac : la protestation du PDCI qui dénonce « une volonté manifeste de tripatouillage », dixit DJEDJE Mady, son Secrétaire Général, pour justifier la débâcle. Mais tripatouillage de qui ? Bien malin qui pourra nous le dire quand on sait que tous les commissaires de la CEI sont du RHDP, en Côte d'Ivoire comme à l'étranger. Personne ne peut donc honnêtement accuser le candidat GBAGBO de fraude électorale. Il faudrait alors aller investiguer au sein du RHDP pour savoir « qui a traité qui ? », comme disent les ivoiriens.

Mais en réalité, BEDIE a-t-il vraiment tort de subodorer ou de crier à la fraude ? Non. Voici un seul fait qui pourrait lui donner raison : De tout temps, la ville de Bouaké a été considérée comme la deuxième ville de Côte d'Ivoire après Abidjan et a toujours obtenu les scores les plus élevés de l'intérieur du pays, en période électorale. C'est indéniable. D'où provient-il donc que Korhogo vienne lui ravir ce rang, et pire, devant Daloa et Abengourou, traditionnellement mieux coté que Korhogo ? C'est incongru et suspect. En termes de suffrages exprimés, Korhogo s'en sort avec 297.000 votes devant Bouaké, 290.000. Aucune logique ! Jamais Korhogo n'a eu autant de votants, même avec les projections les plus optimistes. L'explication vient du fait que l'opération d'identification au Nord a été un vrai chaos. En son temps, le président GBAGBO avait prévenu Monsieur Henri Konan BEDIE de ce grand risque pour le scrutin à venir, quand le PDCI s'était joint au reste du RHDP pour récuser les réserves du FPI relativement à la liste blanche qui devait servir aux élections.

BEDIE n'a donc que ses yeux pour pleurer, en ce moment. Il n'a même pas été capable de passer le premier tour, lui dont les militants célébraient déjà la victoire ! Nous avons encore souvenance que des militants du PDCI à Bouaké se plaignaient, en privé, à un ami et frère baoulé de ce que tous les maliens qu'ils connaissaient dans ladite ville se retrouvaient sur la liste blanche. Le PDCI n'avait pas alors jugé nécessaire de s'en plaindre, comptant sur son alliance avec ADO pour battre La Majorité Présidentielle à Bouaké et dans le Nord. Malheureusement pour lui, ses scores y ont été des plus catastrophiques. Même GBAGBO y a été mieux loti que lui. L'alliance n'aura été que de la poudre aux yeux.

Aux dernières nouvelles, il inciterait ses jeunes militants à battre le pavé et à manifester dans les rues. Trop tard, dirons-nous ! C'est avant cela qu'il fallait réagir. Pour l'heure, cet imbroglio est à la totale faveur du candidat GBAGBO. Car en réalité, BEDIE ne digère pas le fait qu'ADO, le faiseur de coups d'état, celui même qui l'a dégommé du pouvoir, a été légitimé devant lui, « le grand BEDIE », dans son statut d'ancien président. Cela, il ne peut le tolérer. La fronde qu'il lève, en ce moment, est pour dire vrai une campagne anti-ADO. L'alliance du RHDP, il faut se le dire franchement, ne survivra pas à cette levée de bouclier de « N'Zuéba ». Il n'existe plus de RHDP, pour le dire plus crûment. A la vérité, BEDIE ne devrait pas être considéré comme un mauvais perdant mais simplement comme une énorme victime de ses propres calculs politiciens. Car ses protestations sont justifiées et fondées mais il lui manque le courage politique pour dénoncer ouvertement les fraudes massives auxquelles s'est livré son allié, pendant l'opération d'identification. Il n'a donc qu'à s'en prendre à lui-même. Il avait été prévenu !

Il appartient désormais à LMP de manœuvrer dans ce flot de dépits du PDCI pour rallier à sa cause tous les militants du parti cinquantenaire. Car comme je connais mes parents baoulé (ma mère est de Tiébissou), qui ont fait un vote purement ethnique et régionaliste en faveur de BEDIE, ils ne voteront jamais un « kanga » (un étranger, un esclave), comme ils ont déjà commencé à le clamer dans nos quartiers et villages. Il faudra donc désormais faire alliance avec le PDCI pour débouter « l'intrus ». D'ailleurs, tous les sondages ont montré que le candidat GBAGBO passe sans ambages devant ADO, au deuxième tour présentant cette configuration, parce que la tendance est que les militants PDCI voteront pour LMP. Il s'agit aujourd'hui de sauver notre pays de l'imposture et du complot néo-colonialiste.

Debout donc, Peuple ivoirien, pour la victoire finale !

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO