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mercredi, 18 novembre 2015

ATTENTATS EN FRANCE - L'ELYSEE DOIT REVOIR SA POLITIQUE EXTERIEURE

 

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François Hollande à Versailles le 16 novembre 2015.

AFP Photo / Pool / Michel Euler



Douloureux moment que celui que traverse en ce moment le peuple français. Un peuple endeuillé par six (6) attentats simultanés le vendredi 13 novembre 2015 faisant au moins 129 morts et plus de 350 blessés dont plus de 80 cas critiques. Même si cette horreur a été revendiquée par l’Etat islamique (Daech), l’actualité note qu’il y a parmi les assaillants, djihadistes, trois français. Et selon des témoins, un des assaillants aurait crié que « c’est la faute à Hollande, il n’avait pas à intervenir en Syrie). Allusion faite aux bombardements de l’aviation française des positions et sites de l’Etat islamique en Syrie. Et il a été établi que plus d’un suspect dans ces attentats est entré en Europe à la faveur de la crise des migrants qui préoccupe actuellement l’ensemble des pays d’Europe, tellement le flot est ingérable pour un seul pays. Mais au-delà de l’émotion, faisons appel à la raison pour savoir pourquoi un tel drame peut arriver à la grande France. Ce qui arrive à la France, devrait lui arriver tôt ou tard, bien que cela soit regrettable. Le pouvoir français applique la démocratie dans sa politique intérieure. Mais à l’international, il exporte la violence et sème la terreur. Or, qui sème les bombes ne peut pas recevoir continuellement que la paix et les butins de guerre. Il y a également les représailles qui se manifestent d’une manière ou d’une autre et au moment où l’on s’y attend pas.

L’esprit de domination planétaire

On peut dire que la France se trouve en tête des nations se croyant investie d’une mission divine de jouer les gendarmes du monde. Donc autant Louis XIV, ce pouvoir absolu, disait : « la France, c’est moi », autant un chef de l’Etat de la Ve République française, comme Nicolas Sarkozy ou François Hollande, peut déclarer en ce qui concerne la politique étrangère de la France : « la France, c’est moi». Parce que le Parlement lui laisse les coudés franches, même s’il massacre d’autres peuples, disloque leur pouvoir, leur administration et crée la désolation à travers le monde. On a l’exemple de la Côte d’Ivoire, la Libye, la Syrie, etc. Mais l’histoire retiendra aussi que Louis XIV aimait tellement la guerre qui l’a considérablement enrichi, que la guerre a fini par provoquer la ruine de la royauté française. C’est à cause de cet esprit va-t-en guerre et du règne absolu de ce tyran, que les philosophes repensant les pouvoirs, ont commencé à établir la nécessité d’une distinction et d’une séparation des pouvoirs et des théories du gouvernement. Le sentiment qui se dégage en voyant les parlementaires français silencieux ou d’accord avec cette politique extérieure de prédation de l’Elysée, c’est que le peuple français aime les présidents qui ont des vertus viriles, des vertus de conquête, de domination et de force. Cela ferait sa fierté de voir que son pays bombarder dans tel endroit du monde, que dans tel autre, il joue les redresseurs de torts, alors qu’au fond, c’est pour régler un compte et soigner ses intérêts impérialistes. Le France aime la guerre hors de ses frontières. Mais la guerre n’est pas toujours du goût de l’ensemble de ses soldats, ses fils, qui vont périr sur le terrain. C’est dans cet esprit qu’après mai 1968, l’armée française dans sa majorité a refusé un conflit avec l’Union soviétique, disant : « Plutôt rouge, que mort ». En clair, les généraux étaient prêts à livrer la France à l’armée soviétique plutôt de se battre et de retomber dans une guerre. On avait alors compris que les valeurs de l’honneur qui animaient les combattants de 1914 étaient dépassées, laissant la place à celles de la liberté, des discussions et du plaisir. Le plaisir de vivre en paix chez soi et chez les autres. Or, le pouvoir français poussé par l’impérialisme (son gagne-pain), pouvoir qui n’a pas l’expérience d’un soldat côtoyant tous les jours la mort sur le théâtre des opérations, multiplie les occasions de guerre.

Des concepts-prétextes pour faire la guerre

C’est ainsi que dans les années 2000, Bernard Kouchner, alors ministre des Affaires étrangères français, développe le concept « devoir d’assistance à peuple en danger » dans le cadre du droit des gens. Un concept où il y a à boire et à manger où l’Elysée peut glisser de projets de conquêtes ou reconquêtes territoriales. Mais si cette politique s’est montrée plus discrète en Yougoslavie sur la question serbe, elle a fait et continue de faire d’énormes dégâts en Libye. Un pays où, en 2010, pour régler leurs comptes à Kadhafi, le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre anglais David Cameron, décident une défense du peuple de la ville de Bengazi. C’est sur ce principe de l’assistance à personne en danger, de l’assistance humanitaire, que les Occidentaux bombardent la Libye et tue Mouammar Kadhafi. Voilà donc ce pays disloqué, devenu un port prisé pour de milliers de migrants clandestins pour l’Europe. Migrants dont des milliers, pourtant espoirs de leurs familles, meurent dans la mer. A travers le monde donc, la France a créé des situations de révolte. De même, des milliers de jeune français, les propres fils de l’Hexagone, partis en djihad en Syrie, en Irak, en Afghanistan, etc. qui y ont vécu ou vu l’horreur ont été retournés par l’adversaire ou par leur propre conscience, contre la France, leur patrie. Ceux-là, comme l’enquête vient de le prouver et les autres ressortissants des autres pays où la Franc a mis le feu, peuvent un jour où l’autre, poser un acte comme ceux que vivent en ce moment les Français. Et quand le président syrien Bachar El Assad à l’Elysée : « La France vit ce que le peuple syrien vit depuis 5 ans », cela peut signifier pour les terroristes « voici un exemple de ce que les autres peuples souffrent à cause de notre politique extérieure ». Car les milliers de migrants qui déferlent en Europe ne sont pas des nécessiteux. Il y a parmi eux des médecins, des avocats, des ingénieurs, etc. Mais des gens qui n’ont plus de paix chez eux où la France et ses alliés attisent le feu pour le pétrole ou autres intérêts. La France est donc touché dans sa fragilité, elle si puissante. C’est l’équilibre de la terreur, à telle point que même un coup de pétard met le peuple en émoi. Malheureusement, des Français sont en tête des assaillants. C’est cela, l’ironie du sort.

 

Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr

mercredi, 29 août 2012

GERMAIN SEHOUE: «LES CRIMES COMMIS EN COTE D'IVOIRE NE SONT PAS LE FAIT DU CAMP GBAGBO»

 

 

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Paru aux éditions L’Harmattan, le livre de l'écrivain, Germain Séhoué, « Le commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan » soulève des réactions qui fusent de toutes parts. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré l’auteur. Il dit tout sans faux fuyants au cours de cet entretien. 


Vous venez d'écrire un livre portant sur la bataille d’Abidjan. Peut-on savoir les motivations? 

Je suis journaliste, mais avant tout écrivain. Et lorsque j’ai observé la crise ivoirienne, la rébellion et ses caprices, les complots, les mensonges, la méchanceté des hommes et de la communauté internationale, les morts inutiles, les calomnies, la façon dont Laurent Gbagbo a été honni et trimbalé à la Cpi, mon cœur a saigné et je me suis dit : il faut percer un mystère ! Car ce que les gens ont besoin de savoir aujourd’hui, c’est qui a fait quoi dans ces crimes ? On accuse tout le monde ou plutôt, on pointe du doigt le camp Gbagbo. Mais en vérité, qui a fait quoi ? C’est la question centrale ! Pendant la guerre, chacun était dans sa maison ou caché quelque part, sans savoir ce qui s’est réellement passé dehors, derrière les écrans de fumée des bombes. Et la providence m’a permis d’être remarqué par un sachant. Un de ceux qui menaient des actions et exactions et prenaient une part active à la guerre, Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba, commandant du théâtre des opérations du fameux Commando invisible. Donc ma motivation, c’est de contribuer à faire éclater la vérité et à libérer Laurent Gbagbo, comme tous mes confrères le font chacun à sa manière, parce que sa place n’est pas à la Cour pénale internationale(Cpi). Certes, Gbagbo a ses défauts, mais il ne mérite pas la Cpi. 

Comment s'est fait le choix de votre acteur principal ? 

« Le Commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan », n’étant pas un roman, une œuvre de fiction, mais le récit d’une succession de faits de guerre, un témoignage, c’est la qualité du sachant qui a déterminé son choix. D’ailleurs, ce n’est pas moi qui l’ai choisi, mais c’est lui qui m’a choisi pour des raisons qui lui sont propres, alors que je ne le connaissais même pas. Je l’ai accepté parce que c’est une bibliothèque sur la rébellion ivoirienne. C’est un acteur conforté et repenti. J’ai compris que j’avais une mission auprès de lui et je ne devais pas négliger cette mission si vraiment j’aimais mon pays. C’est la mission que j’ai accomplie en publiant le livre. 

A vous lire, il semble que la mort de Yves Lamblin, du colonel Dosso, Philippe Rémond n'est pas un fait anodin imputable au camp Gbagbo comme on nous laisse croire. Sur quoi fondez-vous votre confiance pour affirmer de telles révélations? 

Je fonde ma confiance sur la qualité du Commandant invisible ; il a été le commandant du théâtre des opérations du Commando invisible. Et il ne suffit pas de le déclarer, quand il relate comment il a opéré, vous ne pouvez que le prendre au sérieux. Je compte aussi sur la cohérence de ses propos, sur son courage à avouer ses propres crimes et son engagement à faire éclater la vérité sur cette crise. Je fonde ma confiance sur sa connaissance du sujet. C’est un sachant lucide. 

Après la sortie du livre, quelles sont les réactions que vous avez reçues des deux camps, Gbagbo et Ouattara ? 

Du côté des pro-Gbagbo et des patriotes de tous bords, c’est l’explosion de joie, une vague d’espoir quant au sort de leur leader en prison à La Haye. Et ce sont eux qui font la promotion du livre ; c’est comme si j’ai trouvé ce qu’ils recherchaient depuis. Donc le livre a été bien accueilli et le moins que je puisse dire, c’est que la demande est forte. Du côté de Ouattara, c’est le calme, le silence, à part quelques grognons qu’il faut comprendre. Mais même parmi les pro-Ouattara, beaucoup ont lu déjà le livre et d’autres cherchent à le lire. Parce qu’autour de Ouattara, il y a des gens à qui nos écrits font énormément du bien, des gens qui nous lisent, nous bénissent mais qui sont là-bas pour préserver leurs privilèges sociaux. Et même le chef de l’Etat, je le considère comme mon cousin et je lui ai expliqué dans un de mes billets, que j’ai publié ce livre pour participer à la construction de la démocratie et non pour le provoquer. Et je crois qu’il m’a compris. 

Ne craignez vous pas pour votre vie en abordant un sujet aussi sensible ? 

Si, je crains pour ma vie. Mais la crainte pour ma vie ne peut me détourner de la construction de l’histoire de mon pays à laquelle tout écrivain est appelé en ces temps particuliers que la postérité aura besoin de bien comprendre. Dans tous les cas, le chef de l’Etat Ouattara sait où je suis. Il a tous les services de renseignements avec lui. Il est convaincu que je suis un journaliste opposant radical contre sa politique depuis 1992, et si je suis là, en train d’exercer librement, avec quand même quelques « tacles » du Cnp (Conseil national de la presse, ndlr), c’est parce qu’il ne me veut pas de mal. Il dit vouloir bâtir un grand pays, or un grand pays a besoin de tous ses enfants, les partisans et les opposants, les écrivains laudateurs comme les écrivains pourfendeurs. C’est la diversité qui donne le génie d’une nation. Je ne suis pas d’accord avec lui, mais ce n’est pas pour autant qu’il va encourager le cousin Soumahoro à me précipiter au cimetière. Ça ne serait pas fraternel de sa part de me faire ça. Lui-même sait qu’au cimetière, il n’y a pas de démocratie, il n’y fait pas bon vivre. Mais dans tous les cas, ma sécurité est entre les mains du chef de l’Etat. C’est mon cousin ! Parce que dans ce que j’ai écrit, il y a beaucoup d’Ivoiriens qui y ont trouvé leur joie. Or, lui cherche à rendre les Ivoiriens heureux. Je suis donc à féliciter par le Grand Cousin et non à confier aux croque-morts. 

Qui est en réalité ce commandant invisible? 

Le Commandant invisible est Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba, un proche de feu Ibrahim Coulibaly, qui fut le commandant du théâtre des opérations du fameux Commando invisible à Abobo. Le Commando invisible n’était pas une vue de l’esprit comme tentent de le faire croire ceux qui veulent délibérément travestir l’histoire de la Côte d’Ivoire. Nous avons travaillé lorsqu’il était prisonnier à la Maca. Je n’ai jamais vu son visage. Mais il a eu la chance de s’évader de la prison avant la sortie du livre. Il n’est plus en Côte d’Ivoire, mais ce que j’ai appris, c’est que sa tête est mise à prix par le pouvoir désormais éclairé par le livre, il serait également recherché pour «être abattu » par l’Onuci, l’Ecomog, la Cedeao et l’Union africaine, de sorte qu’il n’arrive pas à la Cpi où il a promis faire un déballage sur la crise ivoirienne.

Où l'avez-vous rencontré le « Commandant invisible » et à quel moment de la bataille d'Abidjan ? 

Je ne l’ai pas rencontré au cours de la bataille d’Abidjan, puisque, moi-même, à ce moment là, je m’étais mis en lieu sûr comme ceux qui le pouvaient. Mais je suis croyant et j’ai compris que c’était écrit quelque part que je devais travailler avec lui. Une nuit, il m’a envoyé sur mon téléphone portable un message (sms) me disant qu’il avait une révélation à faire et qu’il était à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Et qu’il fallait que j’y aille pour le rencontrer. J’ai cru que c’était ces mêmes plaisantins qui fatiguaient les journalistes. Mais il a insisté. Mais à cause de mes problèmes de santé, je ne pouvais me rendre là-bas au risque de rester débout pendant longtemps. Alors, j’ai transféré ses sms précis, qui ne laissent indifférent, à un collègue. Ce collègue n’a pas réagi. Je les ai ensuite transférés à un autre, que j’ai même encouragé à y aller. Il a pris peur et m’a répondu que cela pouvait être un piège du régime pour nous arrêter. J’ai donc proposé au prisonnier de travailler dans un premier temps à partir du téléphone, ensuite je me rendrais à la Maca pour le voir. C’est ainsi que nous avons commencé. Pour le reste, c’est un secret professionnel. 

Pourquoi le choix de ce titre et pas un autre ? 

Je me suis dit que le Commando invisible qui a sévi à Abobo, était dirigé par un Commandant, chef du théâtre des opérations qui ne pouvait-être lui-même qu’invisible, si l’on veut rester dans leur terminologie. Et c’est son caractère « invisible » qui peut être excitant pour le public, même si ses révélations sont plus captivantes. Alors j’ai fait la composition avec son récit de la bataille d’Abidjan. Parce que c’est ce que les gens ont besoin de savoir. Pendant la guerre, chacun était dans sa maison où caché quelque part sans savoir ce qui s’est réellement passé. Or celui qui menait des actions et prenait une part active à la guerre, est bien placé pour un témoignage conforté. C’était le cas de Séméfia Sékou alias Colonel Sékouba. 

Le livre est sorti à quelques jours de la première date prévue pour le procès le 18 juin de Laurent Gbagbo, est-une coïncidence ou le fait du hasard ? 

Non, pas de hasard concernant ce livre. Le Commandant invisible n’est pas le premier tapuscrit que j’ai déposé à L’Harmattan ces derniers temps. Il y a avant lui La dérive de l’ambassadeur, en réédition, un texte prêt à l’impression. Mais c’est le caractère du « Commandant invisible » qui l’a fait passer avant les autres. C’est un livre qui a une mission urgente : contribuer par son contenu sans complaisance, à prouver l’innocence de Laurent Gbagbo et à sa libération. L’Harmattan a donc bousculé son programme de fabrication, d’impression pour sortir le Commandant invisible juste avant le procès prévu le 18 juin 2012 afin qu’il pèse dans la balance. Il a été positionné pour servir de co-avocat ou « supplétif » à la défense du Président Gbagbo. Vous avez dû constater les demandes de report du procès faites par les avocats pour mieux ficeler la défense à la lumières des nouveaux éléments et aussi pour protéger les témoins dont on ne parlait pas au départ. 

Selon vous qui a donc tué Yves Lamblin et ses collaborateurs ? 

La réponse à votre question se trouve dans le livre, dans le récit du « Commandant invisible ». Et je pense que les familles de ces personnalités, ainsi que celle du colonel Dosso Adama sont maintenant situées et devraient m’être renaissantes d’avoir été gratuitement leur détective privé, sauf si elles ont plus à gagner qu’on retienne que ces crimes sont du camp Gbagbo. On ne sait jamais, dire que c’est Gbagbo le criminel, serait aujourd’hui un bon fonds de commerce. Et concernant particulièrement la mort du colonel Dosso Adama, le chef de l’Etat même devait me féliciter, parce que, apparemment, puisque le « Commandant invisible » a avoué avoir fait exterminer tous les compagnons du colonel Dosso Adama avant de le faire abattre ce jour-là, il n’y a eu aucun témoin pour savoir ce qui s’était réellement passé. Et donc Ouattara et son camp pouvaient soupçonner à loisir le camp Gbagbo qui était en conflit avec lui, sans penser au règlement de compte du Commando invisible. Il a donc fallu ce livre pour que Ouattara soit éclairé sur ce sujet et se rende compte que sa propre épouse l’a même échappé belle à cette occasion. Donc j’ai rendu service, à mon niveau, à mon Cousin. 

Que vous voulez-vous qu'on retienne de la lecture de ce livre ? 

Ce livre ne vient pas mettre en valeur l’auteur, mais il apporte à l’histoire de la Côte d’Ivoire une lumière d’une qualité particulière pour l’ensemble des Ivoiriens. Qu’ils soient pro-Gbagbo ou pro-Ouattara, il permet à tous de découvrir des choses comme ils n’en avaient jamais imaginé. L’information et la connaissance ne tuent pas. C’est vrai, des gens peuvent être surpris, abasourdis, déçus ou retournés, mais c’est cela aussi le charme de la démocratie. Que ceux qui ont l’antithèse de ces révélations, écrivent leurs livres, les Ivoiriens vont comparer. Et c’est la Côte d’Ivoire qui va gagner. 



Entretien réalisé par Odette Latey in le quotidien ivoirien "Le Temps". 

lohboris@yahoo.fr 


 

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


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Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

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Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

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Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 18 novembre 2011

LE LIEUTENANT DE GENDARMERIE DANON KROKO THEOPHILE ENLEVE

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Le ministre Kadet Bertin


Nous venons d'apprendre que le lieutenant de gendarmerie Danon Kroko Théophile, en fonction à la Gendarmerie du Port d'Abidjan, a été arrêté et conduit vers une destination inconnue, sur ordre du colonel Vako Bamba, adjoint au commandant supérieur de la Gendarmerie. Convoqué ce jeudi 17 novembre 2011 au Commandement Supérieur de la Gendarmerie par Vako Bamba, commandant en second de ladite institution, le lieutenant Dano Kroko a été entendu de 9 h à 16 h, puis conduit à son propre domicile où une perquisition a été réalisée sur ordre de Vako Bamba.

Son crime est qu'il aurait expédiée de l'argent au Ghana à son ancien patron, le ministre Bertin Kadet, qui en avait besoin pour payer ses frais médicaux (qui, dans un accident de la circulation avait un bras et une côte fracturés) et assurer la scolarité de ses enfants. Depuis 18 h, le lieutenant Danon Kroko a été arrêté et transféré dans une destination inconnue par le tout puissant colonel Vako Bamba.

Le lieutenant  Danon Kroko a été garde du corps du ministre Kadet Bertin de 2002 à 2007, année au cours de laquelle il a été admis à l'école des officiers, à l'issue du concours très sélectif des élèves Officiers de gendarmerie. Après deux ans de formation, il est admis à l'Ecole de Zambakro. A la fin de son application, il est affecté à la gendarmerie du port d'Abidjan. Aider son ancien patron et sa famille vient de lui valoir la prison. Dans quel Etat sommes-nous ? La Gestapo de Ouattara prend des proportions inquiétantes.


Germain Séhoué, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

samedi, 25 avril 2009

SONS DISCORDANTS DANS LA GALAXIE PATRIOTIQUE

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Germain Séhoué (Pdt de la CJR-CI ) : “L’ONU veut-elle positionner Blé Goudé pour l'après Gbagbo ?” (version actualisée)

Des experts des Nations Unies (ONU), viennent d'avoir la pensée analytique ivoirienne. Et comment ?


1- Les faits

Le 5 mars 2009, un groupe d'experts onusien sur la Côte d'Ivoire, dirigé par Lipika M. Roy Chouhury, a adressé un courrier au DG de Fraternité Matin : "Blé Goudé doit être astreint, dans le cadre des sanctions, à des revenus de subsistance. Il lui est interdit d'avoir d'autres revenus y compris des droits d'auteur. Frat-Mat est en infraction. Il vous faut écrire au Conseil de sécurité pour avoir des informations complémentaires". Ce courrier a provoqué et continue de le faire, l'émoi collectif des Ivoiriens, en faveur du leader de la jeunesse patriotique ivoirienne. Pour certains, l'acte de l'Onu vise Laurent Gbagbo. Pour d'autres, l'Organisation de Ban-Ki Moon veut saboter le processus de paix. Mais selon Hamadoun Touré, le porte-parole de l'Opération des Nations Unies en Côte d' Ivoire (ONUCI), "Je ne pense pas que cela menace le processus de paix parce que le comité a rencontré les personnes sous sanction et leur a expliqué ce qu'il fallait faire pour la levée de ces sanctions." Pour ma part, c'est là où se trouve la clé de voûte de cette énigme. Et une preuve n’est pas que matérielle. Elle procède également d’un raisonnement logique. Raisonnement qui a donc pour vocation de faire jaillir la lumière. Raisonnons !

2- La réalité qui perturbe la démarche intellectuelle

Pourquoi attaquer aujourd'hui Charles Blé Goudé, alors qu'il constitue, qu'on le veuille ou non, un symbole dans les efforts pour le retour à la paix ? Tôt, il a parlé avec les rebelles, fait de Wattao, un ami et multiplié des actions pour la paix avec la rébellion, au point même où il s'est attiré des inimitiés parmi les radicaux, au sein de la galaxie patriotique. En plus, son livre édité par Frat-Mat, n'est pas une exhortation à la haine, mais présente une vision de la reconstruction de la paix. Pourquoi donc l'ONU peut-elle l'attaquer en ce moment précis ?

L'ONU sait que la production littéraire n'est pas la source de financement des activités de Blé Goudé. Que valent, aujourd'hui, ses droits d’auteur, dans le pouvoir financier du président du Cojep ? Rien. En demandant aux Ivoiriens de sortir dans la rue, la nuit du 6 novembre 2004, pour défendre la République contre l'occupation française, il n'a pas eu recours à des droits d'auteur ou au support d'un livre. Ils sont sortis pourtant. Il a commencé à financer les projets de jeunes (Sentinelles du COJEP de Marcory…), bien avant l'édition de son livre et la création de la structure de Communication, Leader's Team, dont il est le patron. Les moyens mis en œuvre pour ses gigantesques tournées en faveur de la paix et pour Laurent Gbagbo, ne peuvent sortir des revenus sur un livre. L'Onu sait donc que Charles Blé Goudé a de puissantes sources de financement, des robinets bien juteux, en dehors des gains de sa plume, qu'elle n'a pas la possibilité de fermer. Elle est consciente que sa provocation à l'égard de Blé Goudé, viserait Laurent Gbagbo, si et seulement si, elle pouvait induire, à travers la réaction de l'intéressé, le délitement de l'Etat. Chose que l'Onu même sait improbable, persuadée qu'il est des inconditionnels de l'actuel Président de la République. De même, pour la défense de ses droits d'auteur, le leader de l'Alliance de la jeunesse patriotique, ne devrait se permettre (même pour le plaisir personnel de se sentir soutenu), de perturber la sortie crise, en appelant ou laissant descendre à la rue, ses partisans, sachant que toute manifestation du genre, en ce moment si sensible, peut être infiltrée et récupérée par les bras séculiers des abonnées aux coups d’Etat.
Si donc, elle est convaincue que son attaque contre Blé Goudé ne gênerait pas Gbagbo, que d'ailleurs son nouveau Secrétaire Général Ban Ki-Moon et son représentant à Abidjan, Y.J. Choi, comprennent bien, si elle apprécie les efforts de paix du jeune leader, pourquoi alors, cette attitude de l'Onu contre Blé ?

3- L'agacement au CNRD

En 2008, on a constaté que la galaxie patriotique est traversée par des courants contradictoires. Au sein des jeunesses, l'unanimité n'est pas observée. Il y a beaucoup des guerres de positionnement et on ne parvient pas à parler d'une seule voix, comme une entité. Le CNRD, soucieux de l'union des forces dans la mouvance présidentielle, a mis en place une commission dirigée par l'honorable Ben Soumahoro, pour entendre les différents responsables des mouvements de jeunes. Tous ont parlé et exprimé leurs griefs, à l'exception de Charles Blé Goudé, qui ne s'est pas montré disponible. Dès lors, " des doyens " du CNRD, qui avaient de l'estime pour lui, ont pris un coup de froid et commencé à réviser leur regard vis-à-vis de lui. Ils ont pris conscience que le président du COJEP se sent déjà dans la peau d'un futur chef d'Etat. Même des gens avec lesquels Blé avait des meilleurs contacts, ont cessé de l'appeler. Ils estiment que c'en était trop et que Blé les a ridiculisés, eux, ses aînés. Bien d'observateurs ont remarqué que, généralement, Blé Goudé ne se rend pas à une cérémonie où il n'est pas la vedette. Ce coup à la commission d'arbitrage de Ben Soumahoro et l'adversité au sein même de la galaxie patriotique, avaient sensiblement grignoté sa popularité. Et il avait l'impression de vivre sur la vitesse acquise. En plus de ses tournées et autres actions médiatisées, il avait besoin d'être à la Une des journaux et davantage dans l'estime de l'opinion.

4- L'admiration de l'ONU pour Blé Goudé

Or, depuis longtemps, un groupe de lobby onusien est tombé sous le charme du leader de la jeunesse patriotique de Côte d'Ivoire et a décidé de le positionner pour l'après Gbagbo. Blé Goudé a toujours clamé qu'il n'est pas militant du Front populaire ivoirien (FPI), mais partisan de Gbagbo. Il a sa structure para-politique, Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (COJEP). Une structure qu'il ne cesse d'équiper et d'implanter à travers le pays. Qui, certainement comme le RPP de Laurent Dona Fologo, prendra son envol, le moment venu. Laurent Gbagbo ne sera pas éternellement le Président de la Côte d'Ivoire. Et la guerre de l'après Gbagbo que se livrent furtivement Affi N'Guessan (président du Fpi) et Mamadou Koulibaly (président de l'Assemblée Nationale et 3e vice-président du parti), donc tous du FPI, n'intéresse pas ces experts de l'Onu. On se souvient que pendant les manifestations violentes des Jeunes Patriotes contre la décision du GTI (Groupe de Travail International), relative à la dissolution de l'Assemblée Nationale, début janvier 2006, Charles Blé Goudé n'était pas sur le terrain de la violence. Couché devant l'ambassade de France, il observait une grève de la faim. Mais l'ONU avait tout fait pour le repêcher, et le mettre sur la liste des sanctionnés, c'est-à-dire des gens qui ont été violents : il était devenu, dès lors, un martyr.

L'Onu a tiré leçon de sa fronde contre Gbagbo : Si des attaques de front lancées contre Laurent Gbagbo l'ont rendu plus fort, des attaques de front lancées aujourd'hui, contre Blé Goudé le rendront plus fort pour l'après Gbagbo. C'est une façon de l'aider à faire ses armes, vu ses qualités (tribun, non-violent, mobilisateur et perfectible) démontrées pendant la crise. Charles Blé Goudé a avoué au cours de l’émission télévisée diffusée sur la 1è Chaîne de RTI, le 15 avril 2009, que les sanctions onusiennes ne lui « disent rien ». En d’autre termes, elles n’ont aucun effet négatif sur sa vie, son action et le processus de paix, puisque lui-même se bat pour ce processus. Dès lors, si l’ONU (dont les experts ne sont pas naïfs) continue malgré cette réalité, de multiplier les sanctions contre lui, c’est que ces sanctions ne sont pas des sanctions dans le sens de châtiment ou de punition, comme l’entendent les Ivoiriens. Elles ont quand même des effets, mais des effets positifs ; ce qui fait d’elles plutôt des outils d’endurance et de développement de sa personnalité et des arguments de sa promotion. C’est-à-dire des armes dont a nécessairement besoin une personne à qui l’on réserve une mission des plus importantes.

Habituellement, lorsqu’un prisonnier estime être injustement incarcéré, il accepte d’abord son élargissement, même sans que, forcément, son geôlier ne lui ait dit les motifs de son arrestation. C’est ensuite, une fois en liberté, qu’il se constitue partie civile contre celui ou ceux qui l’ont jeté en prison, pour dossier vide : il demande réparation. Ou alors pendant qu’il y est, son avocat, dépose une plainte, comme l’a fait Me Narcisse Aka, le 15 janvier 2009, contre l`Etat ivoirien auprès de la Cour de justice de la CEDEAO à Abuja, pour "violation du principe de la présomption d`innocence", "violation des règles de la détention préventive" et "atteinte au droit à un procès équitable" pour ses 4 clients, responsables de la filière cacao, dont Henri Amouzou, président du Fonds de développement pour les producteurs du café-cacao (FDPCC), et Angeline Kili, présidente du Conseil d'Administration du Fonds de Régulation du Cacao (FRC).

Blé Goudé, son COJEP et l’Alliance des Jeunes Patriotes pouvaient saisir la Cour Pénale Internationale, compétente en la matière, Cour qui « peut être saisie soit par le conseil de sécurité, soit par un Etat partie, soit par le Procureur ex-officio, agissant sur la base de renseignements reçus notamment des victimes, d’organisations non gouvernementales ou d’autres sources qu’il juge appropriées.» Il ne fait rien de tout cela. Mais face à la Nation, le 15 avril 2009, Blé Goudé a clamé qu’il ne veut pas recouvrer sa liberté tant que l’Onu ne lui a pas expliqué les causes de ses sanctions et ne promet pas non plus de porter plainte contre cette Organisation. Il se contente de dénoncer son action.

Dès lors, il n’est pas risqué de penser que Blé Goudé se plaît dans sa « prison » et y trouve son compte, en harmonie avec son geôlier. Parce que cette parodie de sanctions lui sert de fonds de commerce politique et sociologique, au détriment de nos nerfs partisans.

La création de scandales artificiels est une vieille méthode utilisée par certains hommes publics pour faire remonter leur cote de popularité en berne. Et là, je crains fort qu'il n'y ait un deal entre le groupe d'experts de l'ONU, auteur du courrier envoyé à Frat-Mat, et notre compatriote Charles Blé Goudé. Les experts de l’ONU ne peuvent ignorer que lorsqu’une censure frappe un livre, cela décuple la curiosité, donc permet un succès fou de cet ouvrage. Onu n’ayant aucun moyen de coercition pour amener Frat-Mat à respecter son mot d’ordre, cet éditeur peut alors, non seulement publier son courrier administratif, mais également éditer crânement ledit ouvrage. Si nonobstant tout cela, l’Onu, pour rien, censure ce livre et adresse un courrier à Frat-Mat, l’éditeur, c’est-à-dire qui a intérêt à ce que le livre se vende comme des petits pains, cela voudrait dire que l’ONU veut aider Blé Goudé à vendre mieux son prochain ouvrage. Et ce courrier publié, sans commentaire, a déjà atteint son objectif : l'émoi général. Voyez la levée de boucliers depuis la révélation de ce courrier. Les éditoriaux élogieux sont relancés pour la " victime " de l'ONU ; les articles au vitriol, rappelant les hauts faits de Blé, sont écrits contre les Nations unies ; les Sms de soutien distribués ; les parlements et agoras sont en ébullition ; des plateaux télé offerts à Blé pour amplifier l’affaire et vendre « à guichets fermés » le livre à paraître. L'ONU a donc ouvert une fausse polémique, rien que pour se jouer de nos intelligences et faire la promotion d'un des nôtres. Et nos analyses de semi intellectuels se sont littéralement fourvoyées face à une parodie de sanctions.

Blé Goudé a le droit d'être ambitieux. C'est humain. Restant sur son signal d'indépendant, après l'élection ou non de Gbagbo, il va engager dans des batailles départementales, ses forces qu'il est en train d'accumuler. Et là, il peut jeter des jeunes dans les compétitions, même contre le camp présidentiel. Mais que les hommes de Blé Goudé prennent des sièges au parlement, parmi les conseils généraux et les maires, ne nuirait pas à la politique de Gbagbo, dont il reste un proche. Mais si l'ONU ne reproche rien à Blé Goudé (c’est le cas) et veut même le positionner pour l'après Gbagbo, qu'elle le fasse honnêtement, sans nous tourner en bourrique, et vriller nos nerfs. Son aveu ferait partie de la réconciliation générale.

Germain Séhoué

Président de la Coalition des Journalistes Résistants de Côte d'Ivoire (CJR-CI)
gs05895444@yahoo.fr

22:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : blé goudé, cjr-ci, germain séhoué, onu, cnrd, rpp, cojep, l'après gbagbo, frat-mat, onuci | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |