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mardi, 25 mars 2014

LE PRESIDENT JOHN JERRY RAWLINGS DENONCE L'UTILISATION ABUSIVE DE L'ONU PAR LA FRANCE

 

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Le président John Jerry Rawlings accuse et dénonce l'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu.

 

Dans un entretien au quotidien ghanéen Daily Graphics, l’ancien président Jerry J. Rawling n'a pas été tendre à l’égard de la politique de l'Occident en Afrique et dans le monde. Le leader ghanéen condamne fermement ce qu'il appelle "double standards" occidentaux. «Les pays occidentaux gardent leur système de valeurs intact chez eux et les appliquent différemment chez nous. Ceci affaiblit de plus en plus les pays sous-développés» affirme-t-il. Il critique le vernis infrastructurel souvent brandi comme preuve de bonne santé de certaines économies pro-occidentales. «Bien-sûr vous verrez des infrastructures dans certains pays d'Afrique, mais ces infrastructures ne sont pas le reflet de la justice socio-économique du pays. Tout au contraire, c'est le reflet d'une classe politique très corrompue qui tente de gouverner un peuple mécontent et désemparé» a-t-il accusé, avant d'ajouter que les Occidentaux exploitent justement ces failles pour mieux affaiblir plusieurs autres pays du Continent.

Selon Jerry J. Rawlings, les Occidentaux ont suffisamment déstabilisé des pays dont certains sont aujourd’hui en faillite. Ainsi, suite à l'effondrement de la guerre froide et du communisme, explique l’homme d’État, le tiers-monde avait espéré un visage plus humain du capitalisme. Mais «hélas, nous nous sommes retrouvés dans ce que le Pape Jean-Paul II avait appelé "la sauvagerie du capitalisme"».

Pour M. Rawlings, «La manière dont la guerre en Irak a été entreprise a fait le pire des dommages à la moralité humaine en ce sens que la force du droit a été remplacée par le droit de la force. Cette façon de faire a envoyé un mauvais message aux pays développés et un peu trop de gouvernements (notamment en Afrique) en ont profité. La corruption et l'impunité sont à l'ordre du jour» a t-il déploré.

L'ex-président ghanéen n'a pas été tendre envers la France en particulier. «Nous avons vu en Libye la manière dont ils ont évincé Kadhafi avant de l'abattre comme un chien». En cause, «L'utilisation abusive de l'ONU par la France en Côte d'Ivoire pour renverser un gouvernement, éjecter un leader patriote démocratiquement élu avant de l'emprisonner à La Haye».

L’homme d'Etat ghanéen affirme que la manière arbitraire avec laquelle certaines superpuissances exercent leur autorité unilatérale ne peut plus perdurer parce que cela est préjudiciable à la stabilité mondiale. D’après lui, «La Russie et la Chine ont de bonnes chances de rééquilibrer les forces, ce qui ne plaît pas aux États-Unis qui voudraient tout faire pour conserver leur leadership». «Le monde aurait accepté volontiers le leadership unipolaire de l'Amérique si cette dernière n'était pas moralement défaillante» conclut M. Rawlings.

 

Sévérine Toche

jeudi, 05 septembre 2013

KONE KATINAN HAPPE PAR LES MEDIAS GHANEENS

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A peine sorti, d'une longue bataille judiciaire, engagée contre lui au Ghana par le régime Ouattara et qui a duré plus d'une année, le ministre  Justin Koné Katinan, Porte Parole du président Gbagbo, est très sollicité au pays de Kwame N'Kruma. Alors qu'il n'avait sur son agenda qu'une seule rencontre avec un organe de presse écrite, le ministre Katinan a été assailli par la presse Ghanéenne  ce mardi 3 septembre 2013.


C'est à 11 h 30 mn que la première équipe de presse est arrivée au lieu de rendez-vous. Quelques minutes plus tard, cette équipe du journal  Daily Graphic a été succédée par la Radio  Joyfm et les équipes de  la 3eme chaine de télévisionTV3 et  de la Télé ETV.

Les medias voulaient  tous  connaitre son état d’esprit après  avoir remporté son  procès. Bien sur Koné katinan  a exprimé sa joie qui ne  pourra selon lui être complète que si Laurent Gbagbo dont il porte la parole sera libéré .La CPI estime que les charges portées contre lui son insuffisantes .Koné Katinan ne comprend donc  pas pourquoi il est maintenu dans les liens de la détention. Les journalistes ont ensuite invité Katinan à commenter le discision de la cours suprême Ghanéenne confirmant l’élection du président John Mahama. Je vais vous surprendre a dit katinan.  « Avant même de féliciter Le president Mahama, je voudrais saluer la grande sagesse Ghanéenne et le comportement du candidat perdant Nana Akoufo Addo  qui a reconnu sa défaite Si les choses s’était  passées ainsi en cote d’ivoire, nous n’aurions  pas connu autant de désastre. Dans nos pays nous  devons  respecter la constitution, les institutions et les lois.

A la question de savoir si le Porte Parole du président Gbagbo a l'intention de retourner en Cote d'Ivoire dans un avenir proche après avoir gagné son procès, le ministre a été très clair: " Mes amis et moi sommes disposés à retourner en Cote d'Ivoire si les conditions de sécurité sont réunies par le pouvoir d'Abidjan". Il a continué pour préciser que "  M.Ouattara n'a pas gagné les élections présidentielles  de  2010  mais il est le chef d'Etat. C’est d’abord lui  qui a tout intérêt à ce qu'il y ait la paix, la sécurité et la stabilité en Cote d'Ivoire pour gouverner. Or, précise Mr Katinan, les mandats d'arrêts contre les pro-Gbagbo n'ont toujours pas été annulés, les arrestations continuent, les prisonniers pro-Gbagbo , plus de 700 ,sont à travers toute la Cote d'Ivoire .Ce qui fait que les exilés ne se sentent toujours pas en sécurité pour envisager un éventuel retour. Mais surtout conclu le ministre Katinan, "le président Gbagbo, la clé de la réconciliation est toujours à La Haye".

Le Porte Parole du President Gbagbo a profité de l'occasion pour remercier le Président John  Dramani Mahama, son gouvernement et tout le peuple Ghanéen pour l'hospitalité accordée aux ivoiriens contraints à l’exil et qui sont près de 22 000. Il a exprimé sa gratitude à l’ancien président Jerry John  Rawlings qui lui a fait le grand honneur de lui rendre visite en prison.  Il n'a pas manqué de lancer un appel au président Mahama pour qu'il œuvre inlassablement auprès du pouvoir d’Abidjan pour l’avènement de  la réconciliation en Cote d'Ivoire et de  l’intégration Ouest africaine.

 

Correspondance particulière de Anasthasie Ehoulan.

dimanche, 30 juin 2013

PROCES EN EXTRADITION DU MINISTRE JUSTIN KONE KATINAN, EN ATTENDANT LE VERDICT DU JUGE ABOAGYE

 

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Justin Koné Katinan

Le procès en extradition du Ministre Justin Katinan KONE, vient de connaître presque son terme avec la fin des dépositions des différentes parties et la clôture des débats entre les parties le 25 juin 2013.  Le juge attend les écritures des deux parties pour rendre sa décision. Il leur a fixé un calendrier obligatoire. Ainsi, l’avocat de la défense doit déposer ses écritures au plus tard le 9 Juillet 2013, alors que le procureur doit déposer les siennes deux semaines plus tard, soit le 24 Juillet 2013, date butoir. Le juge a fixé la date du 5 août 2013 pour rendre son verdict dans lequel il devra se prononcer sur 5 éléments importants :

  • Y-a-t-il un traité d’extradition entre la République du Ghana et celle de la Côte d’Ivoire ? ;
  • Les faits reprochés au Ministre KONE Katinan Justin constituent-ils en eux-mêmes une infraction au Ghana ?;
  • Les poursuites engagées contre le Ministre KONE Katinan n’ont-elles pas un mobile politique direct ou indirect ?;
  • Le Ministre KONE Katinan Justin pourrait-il bénéficier d’un jugement équitable dans son pays ? ;
  • Sa vie ne sera-t-elle pas menacée une fois extradé vers son pays ?

Une action en extradition ne peut prospérer que lorsque ces cinq conditions sont cumulativement réunies.

Entamé le 27 août 2012, suite à l’arrestation du ministre Katinan KONE quelques jours auparavant, soit le 24 Août, le procès avait été reporté plusieurs fois, à la demande du Procureur Ghanéen (Attorney), qui agit dans cette affaire par commission rogatoire, pour le compte de l’Etat Ivoirien.

Dans un souci d’informations, la commission juridique de la Coordination du FPI en exil, témoin de ce procès, revient, dans les lignes qui suivent, sur les points saillants de ce long procès.

I/ Le système accusatoire

Dans le droit anglo-saxon appliqué au Ghana, les procès reposent sur le système accusatoire, dans lequel celui qui accuse réunit les preuves au soutien de son accusation et celui qui défend se charge de « casser » ces preuves pour établir son innocence. La recherche des preuves incombe  exclusivement à l’accusation. Dans cette procédure, la place des témoins est primordiale et leur déposition déterminante.  Dans l’affaire République du Ghana contre le Ministre KONE Katinan Justin, le procureur a présenté un seul témoin et fournit des pièces comme preuves au soutien de son accusation.

II/ Le témoin du Procureur 

Le procureur Ghanéen a présenté à la barre comme témoin à charge, un officier de la Police ghanéenne.

Immédiatement la défense a soulevé une objection en récusation de ce témoin. En effet, pour elle, le témoin doit être une personne qui a vécu les faits ou les a vus se dérouler. Il peut être tout au moins un officier judiciaire (CID) qui a conduit l’enquête sur l’affaire. Dans le cas d’espèce, les faits s’étant déroulés hors du Ghana, il est très peu probable que l’officier ghanéen en fût  témoin.

Par ailleurs, cet officier n’ayant pas mené lui-même l’enquête sur des faits qui se sont déroulés très loin de lui, il ne peut valablement en rendre témoignage. La défense a fait remarquer que si l’Etat ivoirien prenait son affaire au sérieux, il ne lui coûtait rien de dépêcher un ou plusieurs témoins de la Côte d’Ivoire, qui est à moins d’une heure de vol d’Accra.

En réponse, le Juge a demandé que la remarque de la défense soit versée dans ses écritures finales. Le Juge a continué pour dire qu’il pense que cette situation arrange plutôt la défense, qui pourra relever dans ses conclusions l’absence de témoin sérieux.  Sur ces dires, il a autorisé le témoin à déposer.

III/ Les preuves apportées par l’accusation

Le Procureur a apporté comme preuves au soutien de son accusation les documents suivants :

  • 1er : les procès-verbaux d’audition des témoins  dressés soit par le Procureur de la République de Côte d’Ivoire, soit par le Juge d’instruction. Sont donc arrivés les PV d’auditions suivants :
    • BICICI déposé par son Directeur général ;
    • SGBCI déposé par son Directeur général ;
    • SIB déposé par son Directeur général ;
    • BIAO déposé par son Directeur général ;
    • CNCE déposé par son Directeur général par intérim ;
    • Versus Bank déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BNI déposé par son Directeur général par intérim ;
    • BHCI déposé par son Directeur Général ;
    • BCEAO déposé par son Directeur national par intérim ;
    • BRVM déposé par son Directeur général ;
    • SOTRA déposé par son Directeur général par intérim.
  • 2ème : L’évaluation des dommages  subis par ces banques et autres institutions financières.

Après avoir présenté ses preuves, le témoin s’est soumis au contre interrogatoire de la défense.

La défense a fait lire toutes les dépositions par le témoin. Ensuite, il lui a demandé de préciser le nombre de procès-verbaux dans lesquels le nom du Ministre KONE Katinan Justin figurait. Le témoin a reconnu que seulement quatre procès-verbaux  mentionnaient le nom du Ministre KONE Katinan Justin. La défense est revenue à la charge en demandant de relire les PV dans lesquels le nom du Ministre était mentionné  et de dire à la cour si dans un seul de ces PV il est fait cas de vol à main armée. Le témoin n’a pas fait de difficulté pour reconnaître qu’effectivement aucun des PV dans lesquels le nom du Ministre est mentionné, ne fait cas de vol à main armée.

La défense fit lire au témoin, les autres PV dans lesquels le nom du Ministre n’est nullement mentionné. Puis, elle attira son attention sur l’unique  PV qui fait cas de vol à mains armées. La défense demanda au témoin de lire à la cour, la date à laquelle ce vol a été commis et par qui. Le témoin a reconnu que le vol a été commis dans la nuit du 19 au 20 avril par les FRCI (Pour une question de sécurité des personnes ayant déposé, nous taisons leur identité).

Alors la défense présenta à la Cour l’attestation de réfugié politique délivré par le Ghana Refuges Board, l’organisme ghanéen qui assure la prise en charge administrative des réfugiés. Cette attestation mentionne clairement que le Ministre KONE Katinan est entré sur le territoire ghanéen le 13 Avril 2011. Il appert donc qu’il ne pouvait être impliqué dans un vol commis en Côte d’Ivoire la nuit du 19 au 20 avril. A cette date, a relevé la défense, le Président Laurent GBAGBO avait été renversé et le pays était géré par les nouvelles autorités issues du « coup d’Etat ».

La défense revînt sur les coupables présumés cités dans ce PV d’audition. Elle précise devant la Cour que le sigle « FRCI » désigne l’armée privée du nouveau Chef de l’Etat et que les forces régulières qui ont combattu aux côtés  de la république s’appelaient les « FDS ». Il appert donc que le seul cas de vol à mains armées mentionné dans les PV d’audition des témoins a «été commis par les FRCI, l’armée des rebelles ».

La défense fit remarquer au témoin à charge que si les premiers responsables de banques ne parlent pas de vol à mains armées, en dehors du seul cas ci-dessus relevé, d’où vient alors que l’Etat ivoirien accuse le Ministre de cette infraction ?

Elle en conclut que les poursuites engagées contre le ministre KONE Katinan Justin ont un mobile politique. Ce que va d’ailleurs brillamment soutenir l’accusé lui-même dans sa déposition entant que témoin.

IV/ L’interrogatoire du Ministre KONE Katinan Justin

Au cours de son interrogatoire, le Ministre KONE Katinan a révélé ce qui suit :

  • Il est arrivé au GHANA le 13 avril 2011, comme l’atteste son certificat de réfugié délivré par le Ghana refugie board. Il a traversé la lagune par pinasse. Il est arrivé comme des centaines de milliers d’ivoiriens au Ghana pour sauver sa vie après avoir vu ses maisons (sa résidence à Abidjan et celle de son village) pillées. Suite à un coup de fil anonyme venant des rebelles eux-mêmes, il avait été informé  que le Ministre Tagro et lui étaient particulièrement recherchés pour être exécutés. Au début, il a douté de la fiabilité de cette information jusqu’à ce que le Ministre Tagro fût froidement exécuté le jour de son arrestation le 11 avril 2011.
  • Il a été arrêté une première fois le 24 Août 2012, à l’aéroport international KOTOKA d’Accra. Il venait ce jour-là d’’Afrique du Sud. Il s’y était rendu, en tant que Porte-Parole du Président Laurent GBAGBO, sur invitation du Président Thabo MBEKI (Lettre d’invitation produite au soutien de cette affirmation). Il avait rencontré au cours de cette mission outre le Président MBEKI, les dirigeants de sa fondation qui sont tous des anciens ministres ou des anciens Ambassadeurs, madame ZUMA, alors Ministre de l’Intérieur et nouvellement élue, Présidente de la Commission de l’UA, une délégation de la Présidence de la République Sud-Africaine conduite par une Conseillère Spéciale du Président Jacob ZUMA,  la déléguée Afrique de l’ANC au siège dudit parti. Le Ministre a sollicité, auprès des Hautes Autorités Sud-Africaines, leur implication dans la libération effective du Président Laurent GBAGBO,  injustement détenu en Prison à la Haye et son retour en vue de sa participation au débat politique qui est nécessaire à la réconciliation en Côte d’Ivoire.

Après avoir passé un mois en prison, il fut libéré sous caution par le Juge le 24 septembre 2012. Le même jour, les autorités ivoiriennes ont émis un deuxième mandat d’arrêt contre lui pour le meurtre de deux personnes qu’il n’a jamais rencontrées de sa vie. Il fut de nouveau arrêté par Interpol  le 27 septembre 2012 et gardé en prison pendant un mois. Il fut déchargé de cette infamie  par le Juge Ali Baba après qu’il ait compris que l’arrestation du Ministre était motivée par des raisons politiques. Un mois durant, les autorités Ivoiriennes n’avaient apporté aucune preuve, ni début de preuve au soutien de leur allégations. Le Ministre KONE Katinan a fait remarquer au Juge que pendant sa seconde arrestation, il a  failli être extradé par voie extra-judiciaire, n’eut été la vigilance  des Autorités ghanéenne immédiatement saisies par son conseil.

La défense fit remarquer à la Cour que depuis sa libération, cette affaire de meurtre s’est arrêtée comme par enchantement. Elle en déduisit que le Ministre KONE Katinan faisait l’objet d’un harcèlement politique. Ce à quoi le Ministre acquiesça  en  affirmant que, pour lui, il fait l’objet de tant de harcèlement parce qu’il est le porte-parole du Président Laurent GBAGBO et que les autorités ivoiriennes cherchent une « main » pour éliminer un opposant politique et qu’elles pensent avoir trouvé cette « main » en la personne du Juge. Et que le 29 juin 2012, les plus hautes Autorités de la Côte d’Ivoire s’étaient réjouis en annonçant à la télévision nationale qu’il avait été arrêté au Cameroun, alors qu’il n’y était même pas.

  • A la demande de son avocat, le Ministre KONE Katinan a révélé à la cour l’impossibilité matérielle pour lui d’avoir commis l’infraction pour laquelle il est poursuivi. Le ministre KONE Katinan a fait un calcul simple devant la Cour. La plus grosse coupure de billet de CFA en circulation est de 10 000 FCFA. 1 milliard, c’est 100 mille billets de 10.000. Aucune valise ne peut contenir un milliard. Il faut au moins cinq  valises, parmi les plus grosses, pour contenir 1 milliard d’anciens billets à raison de 200 millions par valise ou 3 valises et demie de nouveaux billets à raison de 300 millions. Pour 380 milliards, il faut 2000 valises d’anciens billets et 1500 valises de nouveaux billets. Ces valises  rangées dans des conteneurs, il faut 15 conteneurs de 40 pieds à raison de 100 à 130 valises par conteneurs, suivant qu’il s’agit d’anciens ou de nouveaux billets. Sachant qu’un paquet de 10 millions pèse au moins 1,5 Kilogramme, l’argent réputé avoir volé représentant 38 000 paquets de 10 millions, il pèse à peu près 57 000 kilogrammes soit 57 tonnes. Une telle somme ne peut être transportée sans attirer l’attention.
  • L’ouverture des banques s’est faite conformément aux lois ivoiriennes.

Le Ministre KONE Katinan a relevé que l’ouverture des banques nationalisées a été autorisée par ordonnance du Président du Tribunal de Première Instance d’Abidjan, conformément à la séparation des pouvoirs sous le Président GBAGBO. Il a produit à la Cour l’ordonnance du Juge qui autorise l’ouverture des banques.

Il a en outre donné comme preuve à la Cour, l’ordonnance de condamnation de la BICICI au paiement de 20 milliards de FCFA au titre des dommages et intérêts à verser à deux syndicats des fonctionnaires et agents de l’Etat qui en avaient formulé la demande auprès du Juge, à la suite de la fermeture illégale de cette banque. Il a également produit l’ordonnance du Juge qui autorise ces deux syndicats à prendre des mesures provisoires sur les biens de ladite banque pour garantir le paiement des dommages et intérêts qui leur sont dus.

  • De la crainte d’un procès inéquitable en Côte d’Ivoire et de la menace sur la vie du Ministre KONE Katinan Justin.

Sur interrogation de son avocat, le Ministre a révélé que devant n’importe quel tribunal, il peut défendre son cas puisqu’il n’a rien à se reprocher. Mais, la preuve d’une justice de vainqueur en Côte d’Ivoire étant établie et eu égard au harcèlement dont il fait l’objet de la part des autorités de son pays, il craint à juste titre de ne pouvoir y bénéficier d’un procès équitable. Par ailleurs, quand on observe la manière légère dont certains juges qui occupent une place de choix dans le dispositif judiciaire ivoirien ont accepté de jouer le jeu du pouvoir d’Abidjan, en émettant  contre lui un mandat d’arrêt pour meurtre juste pour obtenir son extradition extrajudiciaire, il a  de bonnes raisons de douter, hélas, avec une profonde peine, de la justice de son pays quant à lui assurer un procès équitable. Il a déposé à la Cour les rapports des organisations des droits de l’Homme (Amnesty International, Human Rights Watch etc.) qui confirment l’existence d’une justice partisane en Côte d’Ivoire et les tortures faites aux opposants du régime d’Abidjan.

De plus, il craindrait également pour sa sécurité en cas d’évacuation vers la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il vit en exil. 

V/ Le contre-interrogatoire du Ministre

Le contre-interrogatoire fut mené par l’accusation. Le Procureur Ghanéen est revenu sur certaines déclarations sur lesquelles, il entendait prendre le Ministre à défaut.

  • La menace sur la vie du Ministre

Le procureur a affirmé que la maison du ministre n’a pas été pillée à Abidjan. Et que, c'est parce que le ministre était conscient des crimes qu’il avait commis qu’il a fui pour se soustraire à la justice ivoirienne. Du reste, contrairement à ce que le Ministre KONE Katinan a affirmé, le Ministre Désiré Tagro aurait été tué accidentellement à la résidence du Président de la République parce qu’il tentait de s’interposer entre les  rebelles qui attaquaient la résidence et les FDS qui la défendaient. Et qu’il n’aurait pas été choisi délibérément  comme cible.

Le Ministre a relevé les contrevérités du Procureur en répondant que :

  • En ce qui concerne son exil présenté comme une volonté de fuir la justice de son pays après les crimes qu’il aurait commis, le Ministre a fait remarquer que lorsqu’il quittait son pays le lendemain du renversement du Président Laurent GBAGBO, comme l’ont fait plusieurs centaines de milliers d’ivoiriens, il n’y avait aucun mandat d’arrêt contre lui. Le Mandat a été émis contre lui 5 mois après quand la décision du Président Laurent GBAGBO le nommant son Porte-parole a été rendue publique. Il ne fuyait donc pas la Justice puisqu’il n’était pas poursuivi par cette justice au moment où il quittait son pays ;
  • Pour le pillage de sa maison, le ministre a demandé au Procureur d’interroger ses voisins du quartier, qui pourront lui dire le nombre de voyages que les rebelles ont effectué dans sa maison pour transporter tout ce qui pouvait l’être, y compris en creusant dans son jardin et son plafond à la recherche selon eux, du budget de l’Etat de Côte d’Ivoire ;
  • Concernant le cas du Ministre Tagro, le Ministre a relevé qu’il a été affreusement et froidement tué dans la voiture qui le transportait au QG des rebelles à l’hôtel du Golf après son arrestation à la résidence du Président de la République ; que le Ministre Tagro, n’étant pas militaire, ne pouvait délibérément s’interposer entre deux forces militaires au combat, et que le fait de nier cette réalité atteste de ce que l’on dit qu’il n’y a pas de justice équitable en Côte d’Ivoire. S’il était resté, lui aussi  aurait été certainement tué « accidentellement » par ceux qui ont tué le ministre Tagro.
  • Les généraux Philippe Mangou, Kassaraté Tiapé et Brindou MBIA

Le procureur est revenu à la charge en prenant les cas du Général Philipe Mangou, ancien Chef d’Etat-Major, le Général Tiapé Kassaraté Edouard, ancien Commandant Supérieur de la Gendarmerie, et le général Brindou Mbia, ancien Directeur général de la Police, pour affirmer qu’ils sont en liberté, mieux ils ont été promus, le premier ambassadeur au GABON, le second Ambassadeur au Sénégal. Ils sont en liberté parce qu’ils n’ont pas commis de crime.

Le Ministre KONE Katinan a rétorqué que les personnes que le Procureur cite sont des militaires et que les militaires ne font pas la politique. Ils sont au service de l’Etat comme le sont tous les fonctionnaires ivoiriens. Ils sont au service d’un Etat et non du Chef de l’Etat. Lui-même en tant que Haut fonctionnaire de l’Etat, il aurait pu être en train de travailler pour son pays comme l’auraient fait les centaines de hauts cadres qui sont contraints à l’exil. Mais malheureusement, le régime d’Abidjan a décidé de les persécuter tout simplement parce qu’ils sont déclarés proches du Président Laurent  GBAGBO. Le régime leur demande de faire allégeance préalable à la personne de l’actuel Chef de l’Etat avant de continuer de travailler pour leur pays. Tous ceux comme lui, refusent cette allégeance préalable avant de travailler pour leur pays, sont poursuivis et traqués. Il pense que c’est l’allégeance des proches de GBAGBO qui va lui conférer une légitimité. Dès lors que les personnes que le Procureur a citées ont accepté de se soumettre à cet exercice d’allégeance préalable à  l’actuel Chef de l’Etat, ils sont loisibles de  servir sous son autorité comme ils veulent. Le Ministre a fait remarquer que de nombreux autres officiers et militaires de rang de l’armée ivoirienne qui ont refusé de se soumettre à cet exercice inutile et illégal, d’allégeance préalable à la personne du Chef de l’Etat ivoirien sont en exil ou en prison, pour toutes sortes de crimes pour lesquels, leurs premiers responsables sont absous du fait de leur allégeance au nouveau pouvoir. Si le ministre avait fait allégeance, il parie qu’il ne serait pas devant cette Cour C‘est la preuve que son procès est politique.

Le procureur est revenu pour dire que les généraux suscités, du fait qu’ils aient été nommés à des hauts  postes de commandement par le Président GBAGBO, étaient devenus des hommes politiques.

Le juge a été obligé de rappeler le Procureur à l’ordre pour lui dire qu’à ce rythme, lui et le Procureur pourraient être accusés d’être des hommes politiques puisqu’ils ont été nommés par des hommes politiques. Le procureur retira sa remarque.

D’ailleurs, le ministre fit remarquer à la Cour que le Président de son parti le FPI, le Premier Ministre AFFI N’guessan, le premier vice-Président Sangaré Aboudramane, la deuxième vice-Présidente Simone GBAGBO, étaient en prison avec de nombreux autres cadres du parti fondé par le Président Laurent GBAGBO. Il y a deux semaines, le Président de la jeunesse de son parti a été arrêté. Et qu’en Côte d’Ivoire, les opposants au pouvoir sont persécutés. Beaucoup d’entre eux sont  soit en prison, soit en exil quand ils n’ont pas été tués. Les plus chanceux qui sont restés au pays vivent en permanence dans la terreur, comme le reconnaissent toutes les organisations internationales de défense des droits de l’Homme.

  • AFFI N’guessan et Aké NGBO n’ont jamais été en prison, ils sont en liberté.

Pour contredire le Ministre KONE Katinan, le Procureur est revenu pour dire que contrairement à ce que le Ministre a dit, ni le Premier Ministre AFFI N’guessan, ni le Premier AKE NGBO n’ont été arrêtés. Ces derniers vivent librement à Abidjan.

Le Ministre KONE Katinan a demandé au Procureur de mieux s’informer, parce que contrairement à ce qu’il avance, le Premier Ministre AFFI Nguessan, par ailleurs Président du FPI, est détenu à Bouna, depuis plus de deux ans, sans jugement avec entre autres, le fils aîné du Président Laurent GBAGBO. Le premier Ministre AKE Ngbo, quant à lui, a passé plus d’un an en prison et a été remis en liberté provisoire sans jugement et que son cas est toujours pendant devant les tribunaux ivoiriens.

  • Le milliard de FCFA dans une  «petite mallette»

Pour finir, le Procureur a fait sortir de sa poche un billet de 10 000 francs. L’ayant exhibé, il a fait remarquer que ce billet était léger et qu’un milliard pouvait contenir dans une « petite mallette ».

Le Ministre répondit que le Procureur avait l’excuse de ne pas connaître de ce dont il parle. Il a repris le même calcul que celui fait devant la cour.

Le Juge a alors demandé au Procureur d’arrêter d’exhiber son billet de 10 000 fcfa.

Ensuite le Procureur est revenu pour dire que le Ministre, accompagné d’hommes armés dans une voiture sans préciser ni la marque, ni le numéro d’immatriculation, ni la couleur, a lui-même braqué les banques plusieurs jours durant et a transporté tout cet argent dans un lieu, sans en indiquer l’emplacement.

Ce à quoi le ministre a répondu par la négative. Il a rappelé qu’il a travaillé pour son pays sous l’autorité du Président Laurent GBAGBO avec toute son énergie, son intelligence et sa loyauté pour éviter que son pays tombe sous l’esclavage. Si le pouvoir d’Abidjan espère par cette persécution le punir pour sa loyauté pour un Homme exceptionnel comme le Président Laurent GBAGBO, c’est peine perdue. Il entend mener à son terme contre vents et marées, la mission qu’a bien voulu lui confier le Président Laurent GBAGBO.

C’est sur cette discussion théâtrale que le contre interrogatoire du   ministre a pris fin.

Le Juge attend les écritures des deux parties pour se prononcer sur :

- Le fait que les banques illégalement fermées aient été ouvertes à la suite du décret de nationalisation du Président de la République et suite à une ordonnance du juge constitue au Ghana une infraction ;

- La possibilité que le ministre KONE Katinan ait pu matériellement commettre un vol à mains armées contre les banques ivoiriennes portant sur un montant de 380 Milliards sans qu’aucun témoin ne l’ait vu ;

- La question de savoir si le harcèlement judiciaire  dont fait l’objet le ministre KONE Katinan n’a pas un mobile politique  direct ou dissimulé ;

- La garantie d’un procès équitable pour le Ministre KONE Katinan dans son pays ;

-  Les menaces réelles sur la vie du Ministre KONE Katinan en cas d’extradition dans son pays où  les autorités avaient prématurément annoncé son arrestation;

Tous les Ghanéens, tous les réfugies ivoiriens, tous les ivoiriens, tous les Africains, tous les combattants de la liberté du monde entier attendent, avec beaucoup d’intérêt, le verdict du juge le 5 Août 2013.

 

Fait à Accra, le 27 juin 2013

 

La commission juridique de la coordination du FPI en exil.

 

NB : Les expressions entre guillemets sont la reprise in extenso des propos tenus par les auteurs cités dans ce résumé.

mardi, 05 février 2013

LE COMMANDANT ABEHI ET JEAN-YVES DIBOPIEU ARRETES AU GHANA, EXTRADES ET DETENUS DANS UN LIEU SECRET PAR OUATTARA

 

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Les services secrets ghanéens du BNI ont arrêté le Commandant Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu, un jeune patriote ivoirien, hier après-midi au Ghana, selon des sources concordantes.

Les deux exilés,  le Commandant de Gendarmerie Jean Noel Abéhi et le jeune patriote Jean-Yves Dibopieu, après une brève détention dans les locaux du BNI à Accra, ont été extradés, tôt ce mardi 5 février 2013, selon les mêmes sources.

"Très tôt ce mardi 05 février 2013 à 05h00 du matin, à la frontière ivoiro-ghanéenne,  les services secrets ghanéens ont procédé à la remise des deux (2) exilés au Commissaire Youssouf Kouyaté, Directeur des Unités d’Intervention des FRCI, chargé de les conduire à Abidjan", a précisé une source proche de la hiérarchie des FRCI.

La même source indique que le Commandant Abéhi de la Gendarmerie et Jean-Yves Dibopieu sont détenus dans une prison secrète du régime Dramane Ouattara, depuis ce matin mardi, à 09H.

Pour rappel, le Commandant Jean-Noël Abéhi de la gendarmerie a dirigé le camp de Gendarmerie d’Agban qui a essuyé les bombardements de l’armée française en avril 2011. Il est allé en exil, après la crise postélectorale et depuis toujours, le régime Dramane Ouattara avait le sommeil troublé à l’idée de savoir que ce très respecté Commandant est en exil. Maintenant que Ouattara et ses FRCI tiennent le Commandant Abéhi, tous les ivoiriens redoutent que le régime Dramane Ouattara torture le Commandant Abéhi, comme cela a été le cas pour les autres extradés.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

Ghana: Jean-Noël Abéhi et de Jean-Yves Dibopieu pris et conduits à Abidjan. Comment?

 

Ce matin, l'agence de Presse Alerte-Info annonçait l’arrestation au Ghana du Commandant Jean-Noël Abéhi et de Jean Yves Dibopieu, ce lundi soir (ndrl: Hier). L’information précisait qu’ils  étaient déjà en cours de  transfert par la route vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La nouvelle s’est très vite répandue dans le milieu des refugiés et exilés Ivoiriens du Ghana, ce matin, chacun prenant attache avec qui il peut pour en savoir plus. Il ressort de mes premiers contacts que Jean-Yves Dibopieu n’avait pas donné signe de vie depuis hier soir. Ses proches ici ne s’en étaient pas vraiment inquiétés jusqu’à ce que nous entrions en contact avec eux pour vérifier cette nouvelle. Dibopieu reste injoignable au téléphone et ne s’est pas manifesté depuis. Ce qui donne du crédit à cette alerte qui se confirme quasiment.  Le schéma est quasi identique pour le Commandant Abéhi.

Mais cette fois, le nom du BNI (Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) n’est pas encore cité dans cette nouvelle affaire sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Ghana voisin où sont refugiés des milliers d’Ivoiriens qui ont fui le régime brutal du putschiste Alassane Dramane Ouattara, depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.


En l’état actuel des choses, la question légitime sera de demander à savoir comment ces deux exilés Ivoiriens ont été arrêtés et transférés en catimini vers Abidjan? S’agit-il d’une arrestation légale en bonne et due forme ou d’un rapt des hommes du despote d’Abidjan? Affaire à suivre donc.


Claudus Kouadio – Accra (Ghana)


Source: Le blog de Claudus

mercredi, 23 janvier 2013

AUTO-EXTRADITION - TOURE MOUSSA ZEGUEN ACCUSE BLE GOUDE DE TRAHISON

 

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Quel est le cortège que Wattao a accueilli à Noé, au petit matin du vendredi 18 janvier 2013?


TOURE MOUSSA ZEGUEN: POURQUOI L'EXTRADITION DE BLE GOUDE DEMEURE SUSPECTE (ACTE 1)

 

Loin de moi, l’idée d’un quelconque règlement de compte, problème de leadership ou encore moins, une jalousie mesquine quelconque, comme certains ont déjà commencé à le dire.

Il s’agit de regarder une situation qui s’est déroulée sous nos yeux à tous, et à en donner notre lecture froide sans état d’âme, car il s’agit de l’avenir du combat des ivoiriens et non de la carrière politique d’un seul individu.

Il s’agit aussi de laver l’image des autorités ghanéennes qui ne doivent, en aucun cas, être doublement victimes de leur largesse envers des ivoiriens qu’ils ont accueillis chez eux, avec une remarquable hospitalité légendaire.

Pour comprendre cette histoire rocambolesque, il faut commencer par le commencement.

1- Lorsque nous avons été informés DE SON ARRESTATION CE JEUDI 17 JANVIER, il nous est apparu nécessaire de nous informer auprès de nos amis et connaissances.

Et, c’est ainsi que nous avons eu deux versions:

A- La première disait que BLÉ Goudé avait été cueilli à son domicile par les policiers d’Interpol Ghana, accompagnés de policiers ivoiriens.

B- La deuxième version disait que BLÉ Goudé était en partance pour une interview avec France 24 et qu’il aurait été intercepté, en route vers le lieu du rendez-vous avec les journalistes, par des individus en tenues civiles, qui l’auraient amené vers une destination inconnue.

Ainsi, après cette interpellation, on nous dit que ce fut grâce aux différentes alertes des personnes proches de BLÉ Goudé que la Police ghanéenne aurait réussi à intercepter le cortège qui avait à son bord le ministre, pour le conduire tous au BNI (DST ghanéenne )

2- Depuis lors donc, tous les efforts des ivoiriens du Ghana pour le voir ou se rassurer, sont restés vains, car en vérité personne n’a pu le voir jusqu’à son départ précipité.

Pour avoir des informations et être situés. Nous nous efforçons de chercher les détails de cette affaire et nous nous rendons compte que beaucoup de choses restent floues.
Non seulement personne à Accra ne peut dire qu’il a été capable de le voir à la BNI depuis son arrestation.

En fait. Nous avons été informés que BLÉ Goudé n’a jamais été détenu à la BNI et s´il y est passé c’était pour convaincre les autorités ghanéennes que L´HOMME avait choisi de faire un retour volontaire et non une extradition…Et mieux, si les autorités ghanéennes étaient vraiment convaincues que BLE GOUDE était en danger dans la main de ses amis ravisseurs, elles auraient à tous les coups opposé un refus de non-recevoir à leur volonté d’extradition. A TOUT LE MOINS, ce serait donc une juridiction ghanéenne qui l’aurait jugé et autorisé son extradition.

En réalité, le GHANA QUI ACCORDE UNE IMPORTANCE PARTICULIERE AUX DROITS DE L’HOMME NE PEUT LAISSER BLE GOUDE ALLER A L'ABATOIR S'IL N´AVAIT PAS ÉTÉ CONVAINCUS PAR BLÉ GOUDÉ LUI-MEME QUE SA VIE NE SERAIT PAS EN DANGER.

PARMI LES INQUIETUDES EN VOICI QUELQUES-UNES:

DES QUESTIONS

1- Pourquoi Blé Goudé n’a pas été aperçu par ses amis et même son avocat qui sont allés à la BNI ? On ne pouvait le voir à ACCRA, car dans leur plan, c’était un impératif afin que nous soyons tous dans le clair-obscur…

2- Quel est le cortège que Wattao a accueilli à Noé au petit matin du Vendredi 18 janvier 2013 ?

En effet, au moment où nous nous fatiguions à Accra pour retrouver les traces de BLÉ Goudé, il avait déjà pris la route et leur cortège avait été clairement identifié tôt le matin, à ELUBO où il y a un bon nombre de réfugiés ivoiriens, qui étaient intrigués par ce cortège aux voitures à vitres teintées.

3- Pourquoi Hamed Bakayoko n’était-il pas à la télévision ivoirienne pour faire la déclaration comme lors de l’arrivée de Séka, Lida?

Hamed BAKAYOKO qui fait une concurrence folle à SORO Guillaume (qui est resté au téléphone une heure durant avec BLE GOUDÉ la veille de son auto-arrestation), qui veut que son nouveau trophée lui jure fidélité et soumission, à tout mis en place depuis des semaines, et nous en étions avertis, pour assurer la sécurité de leur nouveau JOKER, croyant ici détenir l´homme de la situation, afin de rassurer son patron que plus rien ne les empêchera de tourner en rond.

Pourquoi ce trophée n’a pas été exhibé ? Simplement par ce qu’il est aujourd’hui leur complice et ils ont un plan ensemble que vous découvrirez bientôt… Ouattara est coincé et n’arrive pas à faire rentrer le FPI dans les rangs, alors qu’il a les injonctions de ses bailleurs de fonds pour faire une politique inclusive en ayant surtout le FPI comme partie prenante aux futures élections locales. A défaut, Hamed BAKAYOKO qui a avoué depuis des mois qu’il est en négociations avec BLÉ Goudé a tout fait pour convaincre ce dernier qui a mordu à l´hameçon..

Nous savons aussi qu’un COM Zone très connu a même fait des appels téléphoniques à partir d’Abidjan pour rassurer certains amis que le retour de BLÉ GOUDÉ ne devrait point nous inquiéter car tout était bouclé…

Nous savons aussi que depuis son retour volontaire BLÉ Goudé n’est pas dans les locaux de la DST, contrairement à ce que disent les autorités du régime génocidaire.

Où est-il donc?

Selon nos sources, BLÉ Goudé qui est parti par la route est dans les bonnes grâces de Hamed Bakayoko qui avait promis régulariser son nouveau parti, une fois créée. Et, il lui a aussi promis de financer une forte campagne de Réconciliation à travers le pays, afin de consolider le régime génocidaire de Ouattara…Ce deal avait déjà été refusé par la Première Dame Simone Gbagbo, qui a refusé cette mascarade comme condition de sortie par Grâce présidentielle.

Pour comprendre la supercherie sachez que si BLÉ Goudé ne voulait pas rentrer, il aurait eu la chance de se présenter devant un tribunal ghanéen pour contester son rapatriement comme ce fut le cas pour le ministre KONE KATINA…

Malheureusement tout le monde se demande pourquoi si rapidement, notre frère a-t-il été extradé ?

La réponse est simple.

En effet, BLÉ Goudé voulait une action rapide et d’ailleurs il a eu le temps de bien faire tout son bagage avant de prendre la route avec ses amis ravisseurs. Les autorités ghanéennes qui ne sont pas elles-mêmes opposées à un retour volontaire ne peuvent donc pas faire des commentaires désobligeants pour une affaire ou le concerné part avec le sourire aux lèvres… c’est pourquoi nous demandons aux ivoiriens de ne pas accabler le Ghana qui a toujours été correct avec nous …

Ce qu’il faut aussi remarquer est que les ivoiriens se souviennent très bien déjà que HAMED BAKAYOKO et BLÉ GoudÉ ne sont pas à leur premier coup… Souvenez-vous depuis la FESCI…

Souvenez-vous que BLÉ Goudé avait quitté le premier, la COTE DIVOIRE EN MARS 2011, donc il peut rentrer le premier au pays pour respecter son rang et sa classe…

Je vais pour l’instant épargner les uns et les autres de certains détails en attendant les répliques qui s’annoncent, afin que nous donnions notre chance à nos compagnons sur cette affaire qui tôt ou tard s’éclaircira d’elle même aux yeux de tous…

Pour finir j’invite tous nos amis à la sérénité et à comprendre que le GUIDE Gbagbo est digne, SIMONE est digne, AFFI N'GUESSAN, AKOUN LAURENT, DOUATY ALPHONSE, LES FDS SONT DIGNES…

Si le sujet n’avait pas son importance je n’aurais pas ainsi parlé et apporté notre modeste contribution à un sujet d’ordre national.

Je vous remercie pour une COTE D'IVOIRE DIGNE.


TOURÉ MOUSSA ZEGUEN


Réfugié politique Ivoirien au GHANA
zegeuenonvci@gmail.com


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

mardi, 22 janvier 2013

CHARLES BLE GOUDE, LA FIN D'UN CYCLE?

CHARLES BLE GOUDE 2.jpg



Je croyais avoir tout lu et entendu sur Blé Goudé depuis les quelques jours que dure son arrestation-extradition. Mais c'était sans compter avec l'imagination débordante des Ivoiriens; je ne m'attendais franchement pas à ce qu'elle aille aussi loin. Jugez-en par vous-mêmes! Bonne lecture. Fernand Dindé.
 


Cinq jours après la rumeur de son arrestation au Ghana suivie d’une éventuelle extradition en Côte d’Ivoire, le mystère demeure autour de cette affaire qualifiée de « l’affaire Charles Blé Goudé ». Rocambolesque, curieuse, mystérieuse, incompréhensible…sont autant d’adjectifs a lui attribués. Et ni du côté des différentes autorités (Accra et Abidjan), encore moins dans les différents cercles très fermés de la galaxie patriotique et du FPI, rien n’est fait pour rassurer l’opinion qui continue à entretenir analyses, spéculations et jugements.

Les médias les mieux informés n’en disent pas plus depuis la petite bande n’annonce de France 24 et BBC Afrique ou encore la petite sortie médiatique de la RTI les deux premiers jours. Eux qui avaient fait de sa prétendue arrestation le 11 avril 2011, une affaire d’état. Mais là, silence radio. Comme si Charles Blé Goudé n’était plus un sujet attractif. A Abidjan pas un seul mot sur cette affaire, même dans les wôrô. Comme si la consigne était passée ou bien tellement l’affaire est sensible, que personne n’ose.

Nom de code: «Le Libanais».

Depuis la chute du régime de Laurent Gbagbo et depuis l’arrivé à la sécurité intérieur de Hamed Bakayoko, on parle désormais « du Libanais » pour désigner l’ancien chef de fil de la galaxie patriotique, dans le milieu des grandes oreilles de la République. « Le Libanais a mal négocié son retour. C’est dommage ! » Nous a révélé une source bien introduite depuis Abidjan dès l’arrivé de Charles Blé Goudé sur la terre de ses ancêtres après deux ans hors de son Yopougon.
Et cette même source de tenter d’éclairer notre lanterne :

En réalité, Charles Blé Goudé n’a jamais fait de demande d’asile politique au Ghana. De sorte qu’il ne laisse de trace nulle part. L’argument donné à ses proches a été la sanction onusienne de 2006 lui interdisant de voyager. Sa présence au Ghana et sa déclaration auprès des autorités ghanéennes causerait une gêne. Et pour autant, les services ghanéens savaient bel et bien qu’il séjournait sur leur sol. Aussi, ont-ils eux aussi décliné toute responsabilité vis-à-vis d’un Blé Goudé qui pourrait être encombrant. Voilà pourquoi ont-ils à leur tour fermé l’œil sur tout. A l’information donc qu’il serait d’abord enlevé puis conduit par la suite au bureau national d’investigation (BNI) avant de négocier son extradition avec les autorités ghanéennes, il faut retenir que rien de tout cela.

Le Libanais n’a jamais mis les pieds à la BNI.

Tout a été planifié et le maître d’ouvrage est bel et bien Hamed Bakayoko avec pour exécutant, Wattao.
Quand, le ministre de l’intérieur disait à qui veut l’entendre qu’il était en contact avec son ami, Blé Goudé, les ivoiriens ont pris cela pour du bluff. Entre temps, le libanais était de tout son semblant d’exil en contact avec son autre ami, Wattao (on se souvient de la caravane de la paix. C’est bien wattao qui l’avait accueilli chez lui à Bouaké). Ce qui a donné droit aux rebelles avec à leur tête Guillaume Soro de rentrer à Abidjan officiellement après plusieurs années d’isolement à Bouaké, la capitale de la rébellion.
Alors, il fallait rendre l’ascenseur à un ami de génération. Qui a permis que la rébellion de Soro devienne une affaire banale avec laquelle les ivoiriens devraient apprendre à vivre.

C’est la décision et la volonté du Chef. Le président Laurent Gbagbo et son épouse avaient eux aussi suivi les conseils de leurs poulain à l’époque. Qui n’a pad vu, Simone Gbagbo danser avec un Konaté Sidiki (N°2 de la rébellion) sur un podium à Yopougon ? Allons-nous voir dans les prochains jours, Dominique Ouattara danser avec Charles Blé Goudé au stade d’Abobo au nom de la réconciliation ? Qui vivra verra.

Mais alors si tel devrait être l’issu de ce retour au bercail, pourquoi cela s’est passé ainsi ? Dans un flou orchestré ?

Le libanais a mal négocié son retour

Selon notre informateur, le libanais qui était en contact avec les services de Hamed Bakayoko et Wattao a reçu l’ultime assurance que rien ne lui arrivera une fois à Abidjan. C’était le dimanche 6 janvier 2013, à la veille de la prestation de serment du président ghanéen, John Dramani Mahama. C’est bien ce soir là que Hamed Bakayoko à Accra avec son patron Alassane Ouattara, aurait présenté celui qu’on nomme le libanais au président ivoirien. A partir de là, les choses vont s’accélérer. Bien qu’il eût reçu l’assurance des autorités ivoiriennes, Charles Blé Goudé, fin politicien prend quelques précautions.

La veille, c’est-à-dire le 16 janvier, il propose à ses amis de France 24 une interview exclusive. Le rendez-vous est ainsi pris pour le 17 janvier autour de 9h à son domicile d’Accra. Le même jour, très tôt, Charles Blé Goudé fait le ménage. Il demande à son grand frère Copé de lui faire une course au centre ville d’Accra. Il ne reste que lui, son chauffeur et son domestique. Deux jeunes ghanéens naïfs mais qui pourraient témoigner au cas où l’opération tourne mal. Les choses se passent donc comme convenu, mais le plan est faussé car, il ne fallait pas faire de bruit autour. Mais trop tard, le libanais qui voulait être plus malin que le pouvoir d’Abidjan, avait vite fait d’impliquer France 24 sans vraiment leur dire ce qui allait se passer ce 17 janvier. Et l’opération fut ébruitée avant même qu’elle ne connaisse un début de commencement.

Quel était le premier plan?

En réalité, Charles Blé Goudé n’a jamais porté dans son cœur, malgré toute sa largesse l’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Plusieurs sources proches du leader de la galaxie patriotique racontent que l’ancien ministre de la jeunesse et de l’emploi du dernier gouvernement Aké Ngbo n’a toujours pas digéré le retard que Laurent Gbagbo aurait mis pour le nommer à un poste de responsabilité au moment où ses camarades de la Fesci, Guillaume Soro ou encore Konaté Sidiki et autre Soul to soul occupent des grandes postures en Côte d’Ivoire et lui n’aura joué que le rôle d’un simple harangueur de foule, voire un anti français. Une posture qui pourrait lui être préjudiciable à l’avenir. Mais le job, il l’a fait quand même.

Et un jour il fallait qu’il s’en débarrasse et fasse un choix. Soro l’a fait avec Gbagbo puis Ouattara puis Gbagbo, puis Ouattara…Il fallait aussi attendre le bon moment. On comprendra plus tard pourquoi, il avait refusé de prendre le commandant Duarte, aide de camp de Gbagbo, au téléphone un 28 mars 2011, au moment où Laurent Gbagbo multipliait les coups de fils pour savoir où Blé Goudé se trouvait. Nous y reviendrons.

Dans le schéma entre le libanais et Abidjan, les ravisseurs devraient le prendre depuis chez lui à Accra (East Legon) ce 17 janvier et le conduire directement dans le nord de la Côte d’Ivoire dans une résidence surveillée. Il devait y rester jusqu’au dimanche 20 janvier, jour où il était projeté une dernière attaque à Abidjan. Dans les investigations, Hamed Bakayoko ferait une sortie médiatique et présenterait Charles Blé Goudé comme l’auteur du coup. L’annonce de son arrestation et de son transfèrement dans le nord deviendrait officielle. Blé Goudé devenant prisonnier de fait, peut paisiblement passer de bon moment dans une villa sécurisée dans le nord.

A l’approche du 17 février 2013, date de l’ouverture de l’audience de confirmation des charges du président Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara sort son joker. Il libère, Michel Gbagbo et Blé Goudé qui tient un discours de rupture avec ses anciens alliés du FPI. La tournure devrait être : La Côte d’ivoire comme l’intérêt national. Blé Goudé qui est présenté par ses partisans comme un homme de paix (caravane de la paix) reprend les choses en mains et sensibilisent la population.

Malheureusement, ce scénario est devenu caduque. Et même si c’était à refaire, ils sont de plus en plus nombreux à découvrir la supercherie de l’ancien leader des jeunes patriotes. Voilà pourquoi, le libanais ne quittera pas Abidjan où il serait dans une villa tenue secrète jusqu’à la tombée de la fièvre des spéculations. Le problème, c’est quand va-t-il sortir de cette cachette et commencer le job promis à Ouattara ? Peut-il encore trouver les ressources nécessaires pour entretenir le silence, comme il l’a fait durant ses deux ans d’exil?

Car on le sait, si cette opération reste un deal entre le libanais et Hamed et Wattao et Soro (tous pareils), Alassane Ouattara lui veut aller au plus pressé et cette sortie de Blé Goudé devrait retentir dans les oreilles de la communauté internationale comme un acte majeur pour la normalisation de la vie socio politique en Côte d’ivoire, condition pour un retour des investisseurs.

Enfin, même si cela devrait se passer ainsi, combien sont-ils à suivre l’ancien chef de fil de la mobilisation en Côte d’Ivoire? Dix ans de crises n’ont-ils pas assez formé et formaté une population encore et toujours attachée à leur Laurent Koudou Gbagbo détenu à la Haye et dont la libération reste la seule condition pour une réconciliation vraie?

Quelles sont encore les marges de manœuvre de Charles Blé Goudé?

Que peut faire un Blé Goudé seul dont on connait le passé très tumultueux avec PDCI de Bédié (il aurait pris 20 millions de Bédié afin de le convaincre de sa fidélité au moment où des soupçons d’un Eugène Djué qui aurait trahi faisait rage au sein du PDCI), le RDR de Ouattara qui aurait financé le jeune Secrétaire de la Fesci (99-2001) au moment où le RDR et le FPI se disputaient le contrôle du syndicat estudiantin ; Finalement Blé basculera avec l’arrivée de Robert Guei en 99 (21 avril 2000, on le verra aux côtés de Martial Ahipeaud lors de la célébration du retour de Londres de ce dernier et au 10 e anniversaire de la Fesci).

Aux élections présidentielles de 2000, Blé Goudé reste toujours aux côtés de son ancien SG, Martial Ahipeaud et battra campagne pour Guei Robert. D’ailleurs, on se souvient de l’amical, «les anciens de la Fesci» qui comptait, Blé Goudé, Blé Guirao et Martial Ahipeaud…Bref, le même Charles Blé Goudé alors qu’il jouissait déjà des avantages du pouvoir FPI s’est de tout temps targué de n’avoir aucune accointance avec le FPI. En 2004, il fuira l’opération dignité alors qu’il en était informé pour aller se réfugier à San Pedro. En 2011, il sera le premier à prendre ses jambes au cou au moment où les bombes françaises crépitaient sur la tête de Laurent Gbagbo. Voilà le vrai visage du dernier rempart pour la réconciliation. Comme si 2013 était1913.

Alors, les uns et les autres peuvent continuer à spéculer sur un éventuel transfèrement de Charles Blé Goudé à korhogo ou à la Haye. A la vérité, le deal aurait mal tourné et les deux camps devront trouver une issue. Aussi, Blé Goudé serait en train de rassurer ses fidèles lieutenants sur ce nouveau choix. Il aurait déjà convaincu par personne interposée ses parents du village. « C’est politique » leur aurait-il dit en substance. Au niveau de la diaspora, tout est fait pour minimiser l’affaire. Mais tôt ou tard, Il faudra que Blé Goudé s’adresse à la nation ivoirienne et donne sa dernière position sur la sortie de crise. Et ce n’est pas un Ouattara qui refuse d’envoyer Simone Gbagbo à la Haye qui livrera Blé Goudé là où la CPI avait tout le loisir de le cueillir depuis Accra.

Juste pour l’histoire

Loin de faire le procès d’un Charles Blé Goudé qui il faut le retenir aura donné sa poitrine pour la défense des institutions de la république de 2002 à 2011, il nous importe au moment où nous sommes de plus en plus convaincus que lui-même entend écrire une autre page de son histoire, de faire ce rappel historique afin de l’y aider.

Dans notre prochaine publication, nous allons rafraichir la mémoire de tous sur comment, quand et pourquoi, Charles Blé Goudé est sorti du pays pendant la crise postélectorale. Où résidait-il réellement à Accra? Qui l’hébergeait et comment était géré son quotidien pendant deux ans.

Affaire à suivre !

 
Eventnews Tv, le 22 janvier 2013.


Source: AFRIK53.COM

SITUATION SOCIOPOLITIQUE - APRES L'EXTRADITION DU PRESIDENT DU COJEP: VOICI LES VERITES DES PRO-GBAGBO ET PRO-OUATTARA




CHARLES BLE GOUDE.jpg


Manifestement l’affaire Blé Goudé n’a pas encore livré tous ses secrets. 



Les spéculations et supputations continuent donc autour de cette certitude: Blé Goudé a été appréhendé au Ghana et est actuellement détenu en Côte d’Ivoire, selon un communiqué du gouvernement. Son mode d’arrivée à Abidjan n’a pas été officiellement précisé ni par le Ghana, encore moins par la Côte d’Ivoire, même si plusieurs sources assurent qu’il est arrivé par un avion affrété par Abidjan. 

Depuis son arrivée le Vendredi dernier, Blé Goudé a été entendu par la justice ivoirienne, par contre, il n’a pas encore bénéficié d’assistance connue d’avocat. A Accra, il n’a pu voir ni son avocat, ni ses proches. Une telle rencontre aurait pu donner des informations précises sur son état d’esprit, ainsi que sur les circonstances de son arrestation. Depuis son arrivée à Abidjan, aucune indication n’a été donnée sur la possibilité pour les siens (sa famille et ses parents proches, ou amis politiques) de le rencontrer. Une demande des avocats et des siens a-t-elle été formulée en bonne et due forme, auprès de la justice? 

Alors que seule une rencontre éventuelle à Abidjan entre des proches et avocats, peut aider à avoir des éléments précis de la version du concerné, la bataille fait rage sur le net, mais aussi dans les foyers entre les partisans de la thèse d’un deal avec les autorités ivoiriennes, et ceux qui estiment qu’il n’en est rien. Parmi ceux qui estiment qu’il y’a deal figure Touré Moussa Zeguen, qui dans un post sur Facebook hier, s’est lancé sans précaution en émettant de sérieux doutes sur les circonstances de l’arrestation et de l’extradition en Côte d’Ivoire, de Blé Goudé. 

L’ex-président du GPP fait état des contacts entre le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et Charles Blé Goudé, dont il évoque également les relations avec d’autres responsables et acteurs du régime Ouattara. Patrick Zasso, dit en Global, lui a rétorqué qu’il n’en est rien, mais Zeguen a persisté et signé. Serges Kassy et quelques autres en ont appelé à la modération et à la retenue, indiquant qu’il n’est pas question d’étaler des divergences sur la place publique. Selon eux, cela fait le jeu de leurs adversaires, à condition disent-ils de ne pas se tromper d’adversaires. «Certains pensent que notre adversaire est Blé Goudé, il n’en est rien. Il est en difficulté, ce n’est pas le moment de l’accabler», conseille un pro-Gbagbo tandis qu’un autre calme le jeu: «si on a pris le capitaine (Gbagbo) et qu’on n’est pas mort, pourquoi pleurer pour le tilapia (Blé Goudé)». Un peu plus mystiques, quelques uns prédisent une accélération des événements, et annoncent (sans en donner ni la raison, ni une preuve convaincante hormis leur seule foi et leur seule certitude), que la fin de la crise ivoirienne, marquée par la fin du pouvoir Ouattara n’est plus loin à la lumière de l’environnement créé par la situation confuse de Charles Blé Goudé. 

De façon générale, en dehors du FPI qui semble avoir refusé d’en faire une question préalable, Blé Goudé étant un pro-Gbagbo en difficulté comme les autres (comme Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Affi Nguessan et d’autres….), exilés pro-Gbagbo semblent n’avoir pas encore perçu le fait que le sort de Blé Goudé devrait conduire à changer d’optique et à sortir des postures radicales et extrémistes. L’incantation, le refus du dialogue et le refus radical de l’option de la violence au profit d’une bataille démocratique ont encore droit de cité, conduisant à parler à bout de chant de trahison, à l’encontre de Blé Goudé, après que Miaka, Aké N’Gbo et quelques autres aient été victimes de la même suspicion. Les pro-Ouattara eux, assistent pas mécontents à cette guéguerre, à ce déchirement entre LMP et pro-Gbagbo. 

Deal ou pas deal, les partisans et soutiens du chef de l’Etat ivoirien estiment qu’il est bien que Blé Goudé soit en Côte d’Ivoire, et en position de répondre de faits éventuels devant la justice de son pays. Selon eux, au-delà du cas Blé Goudé, l’occasion est bonne pour les pro-Gbagbo de rentrer au pays, car la lutte ne se fait pas sur facebook, ni tweeter mais bien sur le terrain comme l’a dit Patrick Zasso. Certains rappellent même les paroles dites par le ministre d’Etat Hamed Bakayoko, qui avait prévenu et indiqué qu’après la présidentielle au Ghana, les choses iraient plus vite dans la normalisation entre la Côte d’Ivoire et son voisin. 

Peu avant, Hamed Bakayoko avait rassuré les Ivoiriens au sujet des exilés, à peu près en ces termes: «ne vous inquiétez pas, nous allons les prendre un à un et les ramener au pays». Vu sous cet angle, des pro-Ouattara estiment que sans nullement renier leur engagement, les pro-Gbagbo en exil n’ont pas d’autre choix que de rentrer dans leur pays, pour solder leurs comptes avec la justice et obtenir leur liberté, avec la possibilité de bénéficier du vent de réconciliation qui soufflera malgré tout sur la Côte d’Ivoire en 2013, année de la réconciliation selon aussi bien le Président Alassane Ouattara, que le Premier ministre Daniel Kablan Duncan et Hamed Bakayoko, qui savent de quoi ils parlent, quand ils annoncent des avancées au niveau de la réconciliation. 

Qu’il y ait deal ou pas, le retour au pays de Blé Goudé, la préservation de son intégrité physique (c’est-à-dire le fait qu’il soit en vie), doit être donc perçu, selon eux, comme un signal à rentrer au pays, pour tous ceux qui hésitent. Le message est simple: rentrez au pays, rien ne vous arrivera, on ne vous tuera pas, on prendra soin de vous. Une telle option (de réconciliation au forceps) peut paraître d’autant plus crédible qu’elle intervient avec l’ouverture d’un dialogue direct et permanent entre le gouvernement et le FPI. 

Un tel dialogue direct et permanent avait souvent manqué tant les uns et les autres étaient braqués sur leurs positions. Le seul hic qui pourrait si l’on n’y prend garde tout bloquer, c’est que cette façon de voir n’est pas du tout partagée par certains extrémistes, qui veulent vraiment en découdre, et qui pourraient, s’ils obtiennent gain de cause, pousser les autorités a radicaliser les choses, et à rendre la situation plus difficile aussi bien pour Charles Blé Goudé et les autres exilés. Toutefois ceux qui estiment qu’il faut capitaliser les acquis actuels, marqués par la libération de certains pro-Gbagbo à la veille de Noël, le dialogue indirect de Dakar et l’attitude favorable actuelle du FPI, pourrait demeurer à la manœuvre malgré tout. 


In le quotidien ivoirien "L'intelligent d'Abidjan".


Source: AFRIK53.COM

dimanche, 20 janvier 2013

COTE D'IVOIRE-GHANA: CE FLOU QUI ENTOURE «L'EXTRADITION» SECRETE DE BLE GOUDE

 

UNE NOUVEAU COURRIER DU SAMEDI 19 JANVIER 2013.jpg


Quatre jours après l'arrestation-extradition de Charles Blé Goudé, son parti politique, le COJEP, n'a toujours pas réagi officiellement.


Source: La page Facebook de Frank Toti

 

Le «Général de la rue», Charles Blé Goudé, arrêté jeudi 17 janvier dans la matinée à Tema (Ghana), a été remis aux autorités ivoiriennes, qui ont aussitôt rendu public un communiqué pour confirmer l’extradition de l’ex-ministre de la Jeunesse et de l’Emploi dans le Gouvernement Aké N’Gbo. Mais que de zones d’ombres entourent cette opération secrète!


L’ex-ministre de la Jeunesse du Gouvernement Aké NGbo, Charles Blé Goudé, et par ailleurs ex-leader de la galaxie patriotique, a été arrêté jeudi 17 janvier 2013 à Tema au Ghana. Et était détenu dans les locaux du Bureau national des investigations (BNI) à Accra, l’équivalent de la DST en Côte d’Ivoire. Où l’un de ses avocats ghanéens a pu se rendre pour s’enquérir de la situation de son client. Alors que les agents du Bureau national des investigations avaient donné rendez-vous lundi pour la suite de la procédure, Blé Goudé selon toute vraisemblance a été extradé vers Abidjan, selon «une procédure accélérée».

C’est un communiqué officiel des autorités ivoiriennes, émanant conjointement des ministères de l’Intérieur et de la Justice qui confirmera l’extradition en Côte d’Ivoire de l’ex-leader de la galaxie patriotique. «A l’occasion d’une opération policière conjointe de la Côte d’Ivoire et du Ghana, Monsieur Charles Blé Goudé a été appréhendé le jeudi 17 janvier 2013. Il est actuellement détenu en Côte d’Ivoire, par les services de la police ivoirienne, dans le cadre de la poursuite des procédures judiciaires déjà ouvertes contre lui en Côte d’Ivoire», fait savoir le communiqué officiel des autorités ivoiriennes. Moins de 24 heures seulement après son arrestation, Blé Goudé a été extradé vers son pays d’origine. Ses avocats ont à peine eu le temps de le rencontrer, sinon n’ont même pas pu le faire. S’entendant dire de revenir le lundi prochain.

Certains de ses camarades et responsables des exilés qui avaient entrepris des démarches pour s’enquérir de l’état et des conditions de détention de l’ex-ministre de la Jeunesse ont été assuré de ce qu’il se portait bien et avait également été prié de revenir en début de semaine. C’est donc avec surprise que les Ivoiriens et la plupart des exilés au Ghana ont appris dans la soirée d’hier que «Monsieur Charles Blé Goudé est détenu en Côte d’Ivoire ». Confirmant ainsi l’extradition de l’un des partisans de Gbagbo les plus recherchés par le régime d’Abidjan.

Ce flou qui entoure l’extradition secrète du «Général de la rue»

Pour une bonne partie des Ivoiriens, il est encore difficile de croire à l’extradition du président du Cojep, face à un pouvoir qui a fini par habituer ses concitoyens au «Mensonge d’Etat», avec la multiple arrestation légendaire de l’ex- ministre Katinan Koné au Cameroun. Une information qui avait été par deux reprises confirmée au plus haut sommet de l’Etat ivoirien. Pis, comment expliquer que Charles Blé Goudé ait été extradé en Côte d’Ivoire sans la moindre image de son arrivée à Abidjan au journal télévisé, quand on connait les méthodes de ce régime?

L’ex leader de la Galaxie patriotique qui hantait à la limite les nuits des lieutenants de Ouattara, est arrivé à Abidjan secrètement. Sans que les centaines de milliers d’ADOrateurs n’aient eu droit aux images exclusives de son extradition dans des éditions spéciales de la télévision nationale.

Les Ivoiriens ont encore en mémoire l’arrestation du Commandant Séka Séka et son passage quasiment nu devant les caméras de la télévision nationale, ainsi que l’extradition spectaculaire de l’ex-ministre Lida Kouassi, malgré son visage tuméfié par les coups qu’il a reçu tout au long du trajet Lomé – Abidjan dans l’avion qui le ramenait.

Le pouvoir d’Abidjan a-t-il changé de méthode au point d’annoncer des extraditions longtemps attendues par le biais de communiqué laconique ? Pourquoi donc le régime a-t-il décidé d’être très peu bavard dans l’affaire Blé Goudé ? Ni le chef du Parlement ivoirien, Guillaume Soro à travers les réseaux sociaux (twitter, facebook), ni le «super-flic» le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko n’ont épilogué sur cette affaire. Tout de même curieux! En tout cas jusqu’à hier encore, l’interpellation puis de l’extradition de Charles Blé Goudé restaient floues.

 

Frank Toti

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


SourceABIDJANDIRECT.NET

vendredi, 26 octobre 2012

REFUS DE CEDER AUX CAPRICES DE LA FRANÇAFRIQUE, LA SORCELLERIE CONTRE LE PRESIDENT GHANEEN A COMMENCE

 

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Selon le site internet ghanaweb.com, la banque mondiale et le FMI accusent l'actuel président du Ghana John Mahama Dramani et son épouse Mme Mahama Lordina d’avoir détourné la somme 170 millions de dollars de prêts et de subventions donnés au Ghana depuis 2010. Ces sommes auraient été déposées dans des comptes bancaires en Suisse. Selon ce site, le défunt président John Atta Mills aurait lui-même de son vivant écris à ces institutions pour se plaindre de l’attitude de son vice président. 

Donc le président découvre que son vice détourne de l’argent et il ne le convoque pas devant le sénat mais il s’en plaint auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Mieux, il le choisit comme son colistier pour les élections présidentielles de décembre prochain.

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La communauté internationale vient de déclencher sa machine infernal contre ce pays pour certainement son assistance aux réfugiés ivoiriens.
 
Prions pour le Ghana!
 

Pris sur la page Facebook de Steve Beko
 
 
Source: GHANA WEB

mercredi, 24 octobre 2012

COTE D'IVOIRE-GHANA: JUSTIN KONE KATINAN LIBERE SOUS CAUTION

 

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Le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le 24 octobre 2012 à Accra, au Ghana. 

© AFP/Stephen Kwabena Effah

 

Justin Koné Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. La justice a estimé ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtres qui pèsent sur le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Son audience pour crime économiques a été reportée au 7 novembre.

La justice ghanéenne a mis ses menaces à exécution. Justin Kone Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. Le magistrat Ali Baba Bature a dit aux procureurs qu'ils ne pouvaient pas poursuivre le porte-parole de Laurent Gbagbo pour un meurtre qu'il est accusé d'avoir commis en Côte d'Ivoire. « Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana », a demandé le juge aux procureurs. « Au mieux, (la Côte d'Ivoire) peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas », a-t-il ajouté.« Accusé, vous êtes libre », a conclu le magistrat.

Lors de la dernière audience, le juge avait menacé de libérer Katinan. Le parquet ghanéen, sollicité par les autorités ivoiriennes, n’apportaient pas de preuves pour soutenir ses accusations. « On ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves (…) à partir du moment où vous accusez, les preuves devraient  être disponibles », avait-il reproché au procureur.

Crimes économiques

Joint par Jeune Afrique, l’un des avocats de Justin Katinan a confirmé l’information. « Mon client est soulagé, mais la bataille juridique n’est pas terminée », a déclaré maître Patrick Sogbodjor. En effet, l’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo est toujours sous le coup d’une demande d’extradition de la Côte d’Ivoire pour crimes économiques. C’est un autre tribunal ghanéen, celui du district d'Osu (un quartier d'Accra) qui devait statuer sur cette demande mercredi, mais, le magistrat n'étant pas disponible, l'examen de la demande d'extradition a été ajourné au 7 novembre.

Justin Koné Katinan, arrêté au Ghana le 24 août pour des crimes économiques qu'il est accusé d'avoir commis dans son pays, a été libéré sous caution une première fois le 25 septembre, puis de nouveau arrêté à la suite d'un nouveau mandat ivoirien l'accusant de meurtre.


Avec l'AFP


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

vendredi, 12 octobre 2012

L’IMPOSSIBLE EXTRADITION DE KONE KATINAN

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Les autorités ivoiriennes sont revenues à la charge dans l’affaire Koné katinan de la manière la plus maladroite. En effet, déstabilisée par la liberté sous caution qui lui a été accordée par la justice ghanéenne, elles ont cru devoir rebondir avec un nouveau mandat d’arrêt, en vertu duquel le ministre Koné Katinan et l’ancien ministre Désiré Dallo, qui croupit déjà dans les geôles du régime pour d’autres chefs d’inculpation, seraient maintenant accusés du meurtre les 25 et 29 Mars 2011, de Kamagaté Seydou, un soudeur de 83 ans et Diabaté Drissa, un commerçant de 37 ans.

La révolte le dispute à l’indignation dans le caractère grotesque de cette nouvelle procédure. Alors même que l’infortuné ministre est dans le viseur du pouvoir depuis longtemps, et que de nombreux mandats d’arrêts ont été lancés à l’encontre de plusieurs pro-Gbagbo réfugiés à l’extérieur, c’est subitement maintenant que les hommes forts de la Côte d’Ivoire découvrent que le ministre Koné Katinan aurait commis des crimes de sang. Quelle triste image de notre pays dans le monde au moment où l’Assemblée générale des nations unies consacre ses discussions justement à l’Etat de droit!

En réalité, ce  nouveau mandat d’arrêt s’explique par le fait que les textes protégeant les réfugiés disposent qu’ils « ne sont pas applicables à toute personne dont l'Etat d'asile a des raisons sérieuses de penser (…) qu'elle a commis un crime grave de caractère non politique en dehors du pays d'accueil avant d'être admise comme réfugiée ». Cette disposition de la Convention OUA de 1969 se retrouve dans la plupart des autres textes dont la loi ghanéenne sur les réfugiés de 1992 et la loi sur l’extradition (de 1960 ou même le projet de 2012).

Or même dans cette hypothèse, les textes clairs et sans équivoque n’autorisent pas l’extradition dans tous les cas. Comme le prévoit la convention sur l’extradition de la CEDEAO et les lois ghanéennes, dans trois hypothèses au moins, la demande d’extradition peut être refusée : s’il y a des raisons sérieuses de craindre que  la demande d’extradition motivée par une infraction de droit commun a été présentée aux fins de poursuivre un individu pour des considérations d’opinions politiques; lorsque l’individu dont l’extradition est demandée serait soumis dans l’Etat requérant à des tortures et autres peines ou traitement cruels inhumains et dégradants ; lorsque l’individu est susceptible de ne pas bénéficier au cours des procédures pénales des garanties minimales prévues par l’article 7 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

La gouvernance du régime Ouattara est le principal obstacle à l’extradition

Le moins que l’on puisse dire est que ces trois hypothèses se vérifient dans le cas de la Côte d’Ivoire. En effet, les motivations politiques de cette demande d’extradition ne font pas de doute. Faut-il rappeler que les crimes reprochés auraient eu lieu dans le cadre d’un conflit électoral dont le caractère politique ne peut être contesté ? La qualité d’actuel porte-parole du Président Laurent Gbagbo du ministre Koné Katinan et son intense activité diplomatique gênent manifestement le Gouvernement ivoirien qui veut le faire taire. C’est pourquoi, après avoir échoué à le faire extrader pour crimes économiques, les autorités ivoiriennes, comme des magiciens,  ont sorti de leur chapeau cet autre mandat d’arrêt pour des crimes de sang que l’infortuné Justin Katinan Koné n’a jamais commis.

Le régime de Ouattara qui refuse au FPI de s’exprimer librement réserve manifestement un traitement cruel et dégradant  au ministre Koné Katinan. La répression terrible qui s’abat sur les cadres de l’opposition en Côte d’Ivoire, notamment FPI est devenue un secret de polichinelle. Le couple Laurent Gbagbo n’a pas échappé à la furie du pouvoir. L’exemple de l’ex ministre de la défense Moïse Lida Kouassi, extradé manu militari du Togo et torturé pour avouer un coup d’Etat imaginaire, est encore frais dans nos mémoires pour savoir ce qui attend Koné katinan dans l’hypothèse de son extradition en Côte d’Ivoire.

Et ce n’est pas au système judiciaire ivoirien qu’il faut faire confiance pour espérer défendre les droits ainsi bafoués tous les jours en Côte d’Ivoire. Ouattara a instauré une justice des vainqueurs qui n’est contestée par aucun observateur de la scène politique ivoirienne. Celle-ci ne peut offrir les garanties minimales exigées par la charte africaine des droits de l’homme et des peuples, dont des principes sont battus en brèche. C’est ainsi que  la présomption d’innocence et le droit d'être jugé dans un délai raisonnable sont inconnus par cette justice qui détient, sans jugement, dans ses cellules, des pro-Gbagbo depuis au moins 18 mois.  Les juridictions ne sont pas impartiales dans la mesure où cette justice aux œillères ne poursuit que ceux qu’elle a identifiés comme étant des pro-Gbagbo. Le droit de la défense est bafoué avec les perquisitions sans mandat au domicile des avocats des détenus et les nombreuses entraves à l’exercice de leur profession.

Assurément le règne de l’Etat de police et la volonté de réprimer une opposition véritable au régime actuel constituent de bonnes raisons pour refuser l’extradition de ministre Koné Katinan. Et le fait que les autorités ivoiriennes privilégient Interpol dans cette deuxième procédure ne changent rien à la donne. Outre que cette organisation internationale est interdite d’interférer dans les affaires politiques (article 3), ses statuts le contraignent à exercer ses activités dans le cadre des lois existant dans les différents pays membres (article 2), dont le Ghana qui, outre ses propres lois, a adhéré à un ensemble d’instruments internationaux régissant les réfugiés et l’extradition.

Interpol ne peut réserver un autre sort que le refus à la demande d’extradition. Aucune « procédure simplifiée  de remise de personnes de police à police », qui autoriserait le Bureau National Central (BNC) d’Interpol à remettre un individu poursuivi aux autorités judiciaires d’un pays étranger ne saurait donc prospérer. Pourvu que l’on inscrive son action dans le cadre d’un Etat de droit.

C’est l’occasion d’informer les hommes forts de Côte d’Ivoire dont le premier d’entre eux était curieusement absent à la dernière Assemblée générale de l’ONU, qu’à cette session, près de 80 chefs d’État et de gouvernement ou ministres ont adopté, par acclamation, une déclaration qui souligne l’importance de l’Etat de droit, « en tant qu’un des éléments essentiels de la prévention des conflits, du maintien de la paix, du règlement des conflits et de la consolidation de la paix ». La nouvelle gouvernance politique est indissociable de l’Etat de droit.

Ouattara et John Mahama: deux gouvernances opposées

Manifestement, l’affaire Koné Katinan nous donne d’apprécier deux gouvernances totalement différentes. D’une part, celle du Ghana sous la houlette du Président John Dramani Mahama et dans le sillage du Président Atta Mills, qui, respectueuse de l’Etat de droit et de la séparation des pouvoirs,  n’interfère pas dans les compétences de l’autorité judiciaire. Ce qui n’empêche pas le pays de mettre en œuvre un impressionnant programme de renforcement de ses infrastructures de base, notamment dans le domaine des communications avec des autoroutes, des ponts et des échangeurs construits d’année en année sur l’ensemble du territoire national, y compris à Accra, et surtout de réaliser des performances économiques avec un taux de croissance à deux chiffres (14% en 2011), faisant du Ghana un Etat à revenu moyen.

D’autre part, il y a la (mal)gouvernance du régime Ouattara, pour qui développement et Etat de droit sont incompatibles. Ainsi, en faisant miroiter une Côte d’Ivoire émergente à l’horizon 2025, il piétine l’Etat de droit, les libertés démocratiques et les droits fondamentaux de la personne humaine (400 enlèvements, 360 à 380 arrestations, 4 tués à Abidjan et au moins 12 camps de tortures selon le dernier bilan du FPI). La carrière politique de Ouattara est d’ailleurs caractérisée par un défi constant à l’autorité judiciaire. La violente contestation de la décision du Conseil constitutionnel du 3 décembre 2010 n’est que l’épilogue d’une longue série. En 2000, les deux arrêts de la Cour suprême invalidant sa candidature à la présidentielle et aux législatives ont fait l’objet de contestations diverses parfois violentes et d’une tentative de coup d’Etat. En 1993, en dépit d’une décision de la Cour suprême rejetant sa requête dilatoire, c’est malgré lui qu’il a dû rendre sa démission afin de permettre au Président Bédié d’exercer son office présidentiel.

 

Dr Kouakou Edmond, Juriste-Consultant

mardi, 25 septembre 2012

LIBERTE SOUS CAUTION ACCORDEE A KONE KATINAN: UN TEMOIN OCULAIRE RACONTE


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Leader de la galaxie patriotique ivoirienne en exil, Idriss Ouattara se fait un devoir d'assister à toutes les audiences dans le cadre du procès de Justin Koné Katinan, porte-parole du président Laurent Gbagbo dont le régime d'Alassane Ouattara n'a de cesse de demander l'extradition. Il raconte l'audience d'aujourd'hui, et explique dans quelles conditions le ministre du Budget du gouvernement Aké N'Gbo a obtenu la mise en liberté sous caution du juge ghanéen Aboagye Tandoh.


"Dès l'entame du procès, le juge a demandé à l'accusation de fournir enfin les preuves contre Katinan Koné. A la surprise géneralé, celle-ci répond qu'elle n'est pas prête parce qu'elle n'a toujours pas pu traduire les documents. Le magistrat réagit en dénonçant la lenteur de la traduction qui bloque le procès. "Comment peut-on accuser quelqu'un depuis un mois sans être en mesure de fournir les preuves?", s'étonne le juge. Il passe aussitôt la parole à l'avocat de Katinan [Maître Patrick Sogbodjor, ndlr] qui, lui, estime qu'en vérité, l'accusation n'a pas de preuves contre son client et demande en conséquence sa libération. Le juge redonne la parole à l'accusation pour qu'elle dise exactement quand elle pourra finir la traduction des documents de sorte à ne pas dire une fois de plus qu'elle n'est pas prête. L'accusation avance le 11 octobre comme date raisonnable pour elle. Le juge maintient cette date comme celle de la prochaine séance tout en mettant en garde l'accusation pour la dernière fois. Il fait aussi droit a la demande de liberté sous caution demandée par l'avocat de Katinan. Le juge accède a la requête et fixe la caution à 50 000 Ghana Cedis (environ 20 000 euros, environ 13 millions de FCFA) pour laquelle quelqu'un devra simplement se porter garant. Katinan doit, une fois par mois jusqu'à la fin du procès, se présenter dans les locaux du Bureau of National Investigation (équivalent local de la DST).

Remarque: le procès n'a duré que trente minutes. Petite anecdote : le juge ghanéen, à notre surprise, se débrouille bien en français et a même beaucoup taquiné Katinan. Qui doit rejoindre son domicile en début d'après-midi après les formalités administratives. Merci Dieu pour le triomphe de la vérité."


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 24 septembre 2012

GHANA - LE MINISTRE DE LA DEFENSE RECADRE LE DERAPAGE DE PAUL KOFFI KOFFI

 

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Paul Koffi Koffi recadré par le Lt Colonel Larry Gbevlo-Lartey   

 

Dans une interview accordée à Daily Graphic à Accra, le Lieutenant Colonel Larry Gbevlo-Lartey, le Coordinateur de la Sécurité Nationale ghanéenne a déclaré quel’attaque survenue la semaine dernière au poste frontalier de Noé en Côte d'Ivoire est purement une affaire interne à la Côte d’Ivoire et que le Ghana n’a pas sa main dans cette histoire.

Cette réaction de Gbevlo-Lartey est une réponse au dérapage, vendredi dernier, de Paul Koffi Koffi, le ministre ivoirien délégué à la Défense, qui en parlant de l’origine des assaillants ayant menés l’attaque à Noé a indiqué, par précipitation et sur aucune base fiable de renseignement comme constaté sur le terrain, que les assaillants étaient des « éléments armés en provenance du Ghana».

Après les événements survenus au poste frontalier de Noé et la réaction du ministre ivoirien Paul Koffi Koffi, c’est au tour du Ghana par la voix de son Chef chargé de la Sécurité Nationale de se faire entendre.En rejetant en bloc les accusations ivoiriennes, le Lieutenant Colonel Gbevlo- Lartey a réfuté toute implication du Ghana dans les affrontements armés qui ont eu lieu le vendredi dernier à Noé.

En rappelant l’engagement du Ghana dans le monde comme l’Etat pionnier de l'unité africaine qui cherche à se conformer scrupuleusement à tous les lois et protocoles internationaux lesquels obligent le pays à respecter la souveraineté des autres nations et à ne pas se mêler des affaires internes de ses voisins, le Chef de la Sécurité Nationale a réaffirmé que le gouvernement ghanéen ne permettra pas quelqu'un ou un groupe de personnes utilise tout ou une partie de son territoire pour déstabiliser un pays, en particulier la Côte d'Ivoire. Il a par ailleurs démenti les propos des médias qui ont prétendu que les incidents en questions se soient produits à la frontière ivoiro-ghanéenne.  

Revenant sur la déclaration du ministre ivoirien Paul Koffi Koffi, le Chef de la Sécurité ghanéenne a déclaré que « son affirmation est une déclaration hâtive de jugement qui est sans aucun support convaincant ». Pour amener le ministre ivoirien à justifier son accusation, la partie ghanéenne lui demande de prouver que « le Ghana a une main dans ce qui est purement une affaire interne en Côte d'Ivoire ». Pour plus de lumière sur cette affaire, le Lieutenant Colonel Gbevlo-Lartey a mis la Cote d’Ivoire au défi et en lui demandant d’apporter la « preuve de l'implication du Ghana » dans les attaques de Noé.

Lors de sa visite à Abidjan en ce début septembre, le Président ghanéen John Mahama a assuré son homologue ivoirien que le Ghana ne sera pas une base arrière pour ceux qui tentent de déstabiliser la Côte d'Ivoire.

C’est dans ce contexte d’accusation et de démenti de par et d’autre que va s’ouvrir ce 25 septembre 2012 devant la justice ghanéenne à Accra le procès pour lequel les autorités ivoiriennes réclament l’extradition de Koné Katinan vers la Côte d’Ivoire pour répondre des présumés crimes économiques commis durant la crise postélectorale de 2010.

Rappelons comme nous vous l'avons annoncé sur KOACI.COM dans les reportages effectués à Noé, que les assaillants venaient du nord de Noé, non loin d'Agnibelekro et le Ghana et la Côte d'Ivoire travaille de concert dans la traque de ceux qui ont pris la fuite.

Rappelons aussi, qu'au delà du fait qu'Alassane Ouattara soit le ministre de la défense et que Koffi Koffi soit complètement étranger à la chose militaire, que la fermeture de la frontière avec le Ghana s'est décidée après que les autorités ghanéennes aient donné leur accord.

Paul Koffi Koffi, à l'image d'autre proches de Guillaume Soro, tel Alain Lobognon, qui se sont étrangement empressés sur les réseaux sociaux (twitter) d’accuser le Ghana, n'en est pas à son premier dérapage et ce, au grand dam de la hiérarchie militaire ivoirienne et de la classe politique qui accusent une fois de plus le coup tant les relations entre les deux pays n'ont jamais été aussi bonnes. Espérons que ce recadrage servira d'exemple compte tenu de la dynamique de coopération active entre les deux pays aux cultures proches au regard de la majorité Akan présente en Côte d'Ivoire.

Pour finir, nous vous informons qu'un accord entre la Côte d'Ivoire et le Ghana vient d'être trouvé pour la réouverture partielle de la frontière à Noé. L'accord vise l'entrée et la sortie des piétons uniquement.

 

Mensah


Source: KOACI.COM

jeudi, 26 juillet 2012

GHANA: JOHN ATTA-MILLS, UN PRESIDENT PANAFRICANISTE ET PRAGMATIQUE

 

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Décédé brutalement et mystérieusement mardi 24 juillet, le président ghanéen John Atta-Mills était arrivé au pouvoir de justesse en 2009, après un scrutin tendu et deux tentatives infructueuses. Ce portrait signé Christophe Boisbouvier et publié dans Jeune Afrique n° 2505 (du 11 au 17 Janvier 2009) retrace l'ascension d'un homme d'État réputé pour son intégrité.

Article publié le 12/01/2009 : "La revanche de John Atta-Mills".

Après avoir concédé à deux reprises la victoire à John Kufuor, l’ancien vice-président de Jerry Rawlings a cette fois fait preuve de pugnacité. Le nouveau chef de l’État doit maintenant prouver qu’il est capable de s’affranchir de son mentor.

La photo était belle. Côte à côte, le 7 janvier 2009 sur la place de l’Indépendance à Accra, le sortant John Kufuor, le nouvel élu John Atta-Mills et un Jerry Rawlings tout sourires, visiblement ravi de revenir sur le devant de la scène par procuration. Vêtu d’un kente – le tissu traditionnel ghanéen – assorti d’une chemise traditionnelle elle aussi, le nouveau maître du Ghana a prêté serment sur la Bible. Une vraie cérémonie consensuelle… Puis tout à coup, le « gentil Atta-Mills » a décoché un trait : « Lors des élections, la démocratie a été mise à l’épreuve, mais finalement la volonté du peuple a prévalu. » La petite phrase en dit long sur l’âpreté du combat.

De fait, jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir. Campagne à l’américaine, pressions sur la commission électorale… Les partisans de Nana Akufo-Addo ont parié sur la répétition du scénario de 2004 : un scrutin très disputé et, au final, un Atta-Mills qui concède la défaite pour ne pas provoquer d’affrontements. Le NPP était tellement sûr de sa victoire qu’il avait déjà fait venir de France des caisses de champagne…

Jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir.

Mais cette fois-ci, Atta-Mills s’est rebellé. Après le premier tour du 7 décembre, il a fait savoir à son adversaire que, si d’aventure il tentait de s’autoproclamer président, ce serait l’épreuve de force, y compris dans la rue. Au lendemain du second tour du 28 décembre, le Congrès national démocratique (NDC) d’Atta-Mills a même lâché publiquement qu’il ne serait plus en mesure de contrôler ses militants si jamais… Pour gagner, le « prof » à la voix douce a dû sortir les griffes.

Un homme de loi

John Atta-Mills, 64 ans, c’est d’abord un lawyer, comme disent les anglophones. Un homme de loi. Contrairement à la légende, il n’est pas issu d’une famille pauvre. Né à Tarkwa, dans l’ouest du pays, le jeune Atta-Mills a été poussé dans ses études par un père enseignant. Docteur en droit à Londres, il a occupé une chaire à l’université d’Accra pendant vingt-cinq ans. D’où son surnom de « prof ». « Une fois, se souvient un de ses étudiants, il m’a donné l’argent pour que je puisse aller aux obsèques de mon père. »

Au fil des ans, et surtout après son passage à la Direction des impôts, John Atta-Mills s’est forgé la réputation d’un homme d’une honnêteté scrupuleuse. C’est sans doute pour cela que le capitaine Rawlings l’a choisi comme vice-président en 1996. C’est aussi pour cette raison que ses adversaires, faute de trouver un dossier compromettant à son sujet, ont lancé des rumeurs sur son état de santé. Il y a un an, ils ont évoqué une hospitalisation pour maladie grave. Démenti formel de l’intéressé. Il a juste subi une opération de la cataracte à un œil. Cette fameuse honnêteté n’est pas une légende. Confidence de son frère, Cadman Atta-Mills : « Un jour de 1996, John a reçu à la maison la visite d’un homme d’affaires qui voulait le féliciter pour son élection à la vice-présidence. Quand il est reparti, il a laissé une enveloppe sur la table basse. Sur le coup, John n’y a pas fait attention. Puis il l’a vue. Dedans, il y avait 40 000 deutsche Mark. Tout de suite, il s’est affolé. Il a appelé son visiteur en lui disant : “Vous avez oublié votre argent.” Celui-ci lui a répondu que c’était pour payer ses dettes de campagne. Alors John lui a rétorqué : “Mais c’est de la corruption que vous êtes en train de faire !” et lui a fait remettre son enveloppe. Quand l’anecdote a été rapportée à Jerry Rawlings, celui-ci a dit bravo. » Qui sait si cette visite n’avait pas été montée par Rawlings lui-même pour tester son nouveau colistier ?

Père tranquille

Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah.

Autre facette du personnage : le père tranquille. Marié à une éducatrice, Ernestina Naadu Mills, et père d’un garçon de 19 ans, John Atta-Mills va à l’office tous les dimanches et adore le sport. Il a même été sélectionné une fois dans l’équipe nationale de hockey sur gazon. Comme tous ses compatriotes, Atta-Mills aime le foot. Un temps, il était au comité directeur des Hearts of Oak, l’un des deux grands clubs du pays. Le nouveau maître du Ghana est aussi un supporteur acharné du Manchester United. Depuis ses études à Londres, l’homme a adopté un style très british. Mais pour la table, ses goûts le portent vers la cuisine française. Pas fou, Atta-Mills.

Il est un autre aspect du personnage qui est moins connu. C’est son idéalisme. Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah. Évidemment, à Accra, il est de bon ton de se réclamer du père de la nation, mais Atta-Mills a fait un peu plus. Dans sa jeunesse, il a étudié au fameux Institut idéologique de Winneba, fondé par Nkrumah à l’époque du socialisme scientifique. En bon disciple, il croit au panafricanisme… et aux États-Unis d’Afrique. « Mais attention, précise l’un de ses conseillers, il veut y aller doucement. »

John Atta-Mills n’a pas le charisme d’un Nkrumah ou d’un Rawlings. De son propre aveu, il est incapable d’électriser une foule. Du coup, ses adversaires disent qu’il est trop « tendre » pour la fonction. « En Afrique, il faut être costaud pour gouverner. » Réalité ou apparence ? Quand les gisements pétroliers récemment découverts entreront en exploitation, en 2010, on verra si l’homme qui a fait campagne contre la corruption sera capable de tenir à distance les prédateurs. « Vous savez, il n’a pas l’air comme ça, dit son frère Cadman, mais il a un sacré caractère. Et quand il a décidé quelque chose, il ne bouge plus. » Atta-Mills dur comme du bois ? En français, Hearts of Oak signifie « Cœurs de chêne ».


Source: JEUNE AFRIQUE

samedi, 18 février 2012

LE MAIRE DE COCODY, GOMONT DIAGOU, EST MORT EN EXIL


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Le maire de Cocody, Monsieur Gomont Diagou, qui vivait en exil au Ghana depuis le kidnapping du président Laurent Gbagbo, a rendu l'âme ce matin à Accra. Il est décédé ce vendredi 17 février 2012 d'une crise cardiaque dans une clinique à Accra (Ghana). C'est un grand malheur qui vient encore de frapper la grande famille de La Majorité Présidentielle.

La dépouille mortelle du maire Gomon Diagou vient d'être accompagnée à la morgue de l'hôpital militaire Thirty Seven à Accra, la capitale ghanéenne. Son épouse et ses deux filles étaient soutenues par les ministres Koné Katinan et Kadet Bertin, Monsieur Hervé Siaba, conseiller du Président Gbagbo, de Monsieur Thierry Bouikalo-Bi, ex-Directeur Général de l'imprimerie nationale et de Monsieur Konaté Navigué, Président de la jeunesse du FPI.


Steve Beko


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

OPERATION «REFUGIES MAIS SCOLARISES»


Enfants ivoiriens réfugiés = enfants scolarisés... par legrigriinternational

 

A l'appel de l'association Halte au Génocide - Mémoire et Justice, organisation d'une collecte de fournitures scolaires, destinées aux enfants ivoiriens réfugiés mais scolarisés dans les camps du Ghana, du Togo, du Libéria... mais aussi, chez eux, en Côte d'Ivoire, où on estime à 500.000 le nombre de déplacés dans l'incapacité de réintégrer leur logement...


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT et DAILYMOTION

jeudi, 19 janvier 2012

JERRY RAWLINGS HAUSSE A NOUVEAU LE TON: «GBAGBO A LA HAYE? UNE HUMILIATION POUR L’AFRIQUE!»



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Tout feu tout flamme. Ancien président ghanéen et Haut représentant de l'Union africaine pour la Somalie, Jerry Rawlings a tenu, à l'occasion d'un discours prononcé lors de la sixième session ordinaire du Parlement panafricain, lundi dernier à Addis-Abeba (Ethiopie), à dénoncer l'incapacité du continent à prévenir les excès sponsorisés par certains membres de la communauté internationale, notamment en Libye et en Côte d'Ivoire. Il s'est une fois de plus insurgé contre le transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye. Larges extraits de son discours.

L'Afrique n'a pas réussi à empêcher les excès en Libye et en Côte d'Ivoire...

«L'Afrique a au cours des douze derniers mois connu des bouleversements politiques considérables. Et l'action ou l'inaction de l'Union africaine et de ses divers organes ont amené certains à remettre en question l'avenir de cette institution créée avec les plus nobles intentions. De la Tunisie à travers l'Egypte à la Libye et même en Côte d'Ivoire, il y avait des mouvements politiques de nature différente qui remettaient en question la capacité de l'institution à engendrer l'unité africaine, la paix et le développement. Bien que la majorité d'entre nous ont été ravis de la volonté des peuples à prendre leur destin en main, nous avons été pris de court par l'échec du continent à empêcher les excès dans des pays comme la Libye et la Côte d'Ivoire. Notre déroute collective doit être corrigée de toute urgence et avec détermination afin que le sang et le labeur de ceux qui ont sacrifié leur vie à rechercher le changement ne soient pas gaspillés».

Gbagbo à La Haye ? C'est humiliant...

«Il est tout simplement humiliant qu'en ce 21ème siècle, notre continent conduise certains de ses dirigeants à La Haye comme on conduit l'agneau à l'abattoir, alors que nous sommes censés avoir la capacité de rendre notre propre justice. Nous devons laisser La Haye à ceux qui ne peuvent pas contrôler leur destinée. Si les Libyens étaient justifiés à renverser le régime de Kadhafi dans leur quête de liberté et de justice, alors pourquoi ne peuvent-ils pas rendre leur propre justice?

Si les Ivoiriens sont vraiment en quête de paix et de réconciliation, dans le cadre d'un processus convenu par les deux factions de Ouattara et Gbagbo, pourquoi alors envoyer à la CPI un ancien dirigeant qui, en dépit de ses défauts, a accompli son devoir envers son pays ?»

Dire non à «une nouvelle forme de colonialisme»

«Nous avons et avons eu des dirigeants défaillants mais nous avons assez de dirigeants bons et progressistes, qui ne peuvent réussir que si des institutions comme le Parlement panafricain et les parlements nationaux leur montrent la voie et leur accordent leur soutien.

Le temps est venu de cesser d'être des observateurs, et de devenir de véritables acteurs dans les dynamiques de changement du continent. Le danger est devant nous. Nous ne devons pas permettre à une nouvelle forme de colonialisme d'engloutir notre continent et de nous transformer en marionnettes de la communauté internationale. Conjuguons nos efforts en prenant une position ferme contre cette menace imminente.»

Les immigrants africains victimes de trafics d'organes en Egypte...

«Nous devrions être particulièrement préoccupés par la situation en Egypte où la douleur et l'agonie que le peuple a endurées à la place Tahrir et dans d'autres villes se répète quelques mois après. Il est évident que la machine très oppressante que la révolution cherchait à supplanter a de nouveau émergé et sous le prétexte de la sécurité nationale, les Egyptiens ordinaires sont de nouveau confrontés à des assauts et des brutalités rappellent ce qui s'est passé en janvier et février de l'année dernière (...). Pendant combien de temps allons-nous être des observateurs silencieux ? Et pourtant, les révolutions menées par des populations désarmées civiles en Tunisie et en Egypte avaient donné au monde l'espoir que la liberté et la justice allaient enfin triompher. (...) Il y a quelques mois, le projet Freedom CNN a publié un exposé sur l'enlèvement cruel et l'extraction des organes vitaux des immigrants illégaux qui tentent de passer à travers l'Egypte en Israël. Les passeurs bédouins auraient arraché des parties de leurs corps alors que les immigrants étaient encore vivants. Les immigrants sont réduits en esclavage, torturés et ceux qui ne peuvent pas se permettre de payer des sommes énormes à ces contrebandiers font face à la sanction ultime d'une mort déshumanisante à travers le prélèvement d'organes ! Et l'Afrique est muette ?»


Traduit par Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 06 décembre 2011

GBAGBO A LA CPI: JERRY RAWLINGS POUR UNE JUSTICE AFRICAINE CONTRE L'INJUSTICE INTERNATIONALE



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"J'ai appris avec consternation l'information selon laquelle le président ivoirien renversé Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à un réquisitoire rapide, en contradiction avec les codes et procédures pertinentes et avec un mépris total pour les exigences de la paix en Côte d'Ivoire.

Ce transfert a suivi une procédure si expéditive qu'elle pouvait être légitimement décrite comme un enlèvement. Mes soupçons se sont accrus lorsque j'ai constaté que le procureur, qui affirme cibler six personnes en Côte d'Ivoire, insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible de s'échapper puisqu'il est déjà en détention. Cet empressement à inculper et à transférer Gbagbo, qui n'a pourtant pas fui lors du bombardement de son palais, comme un criminel de droit commun, défie la logique et la quête de la véritable réconciliation et d'une paix durable en Côte d'Ivoire. Après cinquante ans d'indépendance, l'Afrique devrait avoir l'expertise nécessaire pour rendre la justice qu'elle doit à ses propres citoyens et faire disparaître la justice d'importation.

Quel est ce type de poursuites qui se précipite pour traduire en justice la victime d'une attaque, et qui se montre si indulgente envers l'auteur de cette attaque ?

Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice baigne dans une mer d'humiliation et d'abus, régie par la haine de personnes qui s'autoproclament justes avec leur logique intenable, il est bon que la conscience humaine s'élève contre eux et pour le bien de tous. Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. Nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet dans la mesure où nous sommes partie prenante de ce drame humain."


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 10 octobre 2011

COMMENT OUATTARA A SABOTE ATTA MILLS

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Alors que le président ghanéen souhaitait encourager un dialogue fructueux entre les exilés pro-Gbagbo et le régime Ouattara, ce dernier s'est livré à une drôle de mise en scène destinée à faire la porte à des discussions sérieuses. Précisions.

 

La visite d'Alassane Ouattara à Accra va-telle renforcer la compréhension mutuelle entre la Côte d'Ivoire et le Ghana ou contribuer à donner de la consistance à l'atmosphère de méfiance que le régime ivoirien essaie de créer, notamment à travers des accusations médiatiques au vitriol? En tout cas, l'histoire secrète du séjour de Ouattara au Ghana illustre le double langage déroutant de son régime, qui prétend vouloir la paix par la conciliation des différences et se signale, dans la pratique, par une irascibilité périlleuse pour la stabilité nationale.

A l'origine de la rencontre avortée entre Ouattara et les réfugiés LMP, deux audiences de ces derniers avec le président Atta Mills. En bon père de famille et en dirigeant responsable, Atta Mills souhaite créer un dialogue constructif qui permettra le retour au bercail des exilés, dans une atmosphère apaisée. Lors de la première audience qu'il accorde aux proches de son ancien homologue ivoirien, Mills leur explique, selon des sources dignes de foi, qu'il va inviter Ouattara et en profiter pour plaider auprès de lui pour qu'il fasse tout pour apaiser le climat en Côte d'Ivoire.

Lors de la seconde audience, il annonce à ses invités que l'invitation qu'il avait promis de transmettre l'a bien été. Et il leur demande ce qu'ils aimeraient qu'il dise, de leur part, à «leur» président. Il va plus loin en les exhortant à accepter de le rencontrer lors de son séjour au Ghana, histoire d'engager un vrai dialogue, préalable à un retour massif et non contraint de tous les réfugiés - dans la mesure où ceux qui sont dans les camps appartiennent à la même obédience que les cadres avec lesquels Mills a entamé des discussions.

Un grand nombre de cadres exilés est hostile à une rencontre avec Ouattara. Mais la proposition ne peut être rejetée. On ne peut pas traiter par le mépris l'offre de bons services d'un hôte aussi bienveillant, qui propose même d'être présent pour en quelque sorte, rassurer les différentes parties et fluidifier les échanges. Une délégation de personnalités représentatives de LMP est désignée.

La rencontre est prévue pour jeudi à 15 heures. A 14 heures, les cadres de LMP sont installés dans une annexe. Puis, ils sont conviés à entrer dans la salle de conférences où la réunion doit avoir lieu.

Mais ils sont frappés par plusieurs choses:

Premièrement, on leur demande de venir s'installer dans une salle bondée de partisans de Ouattara qu'il est question de présenter comme des réfugiés, mais qui portent des tee-shirts à son effigie et débordent d'amour pour lui - alors qu'ils sont censés avoir fui les représailles de ses nervis.

Deuxièmement, Atta Mills, qui avait promis d'être présent, n'est pas là. Ce qui signifie, selon leur analyse, que le format de discussion qu'il a préconisé a été saboté par Ouattara. Et qu'il a, selon toute évidence, pris acte de ce sabotage.

En effet, comment peut-on sérieusement commencer un dialogue fructueux en parquant ses partisans surexcités dans une salle, et en demandant à ses adversaires de prendre les premières places dans cette salle-là. Pour créer un effet totalement artificiel de percée politique, là où il n'y a qu'incompréhension mutuelle. Ou pire, pour faire huer ses adversaires par de pseudo-réfugiés et s'empresser de faire raconter à travers les médias qu'une prétendue «division» existe entre cadres et, si l'on peut dire, réfugiés de base.

«Pour résumer, il faut bien que l'on admette que Ouattara n'est pas un interlocuteur crédible», constate un cadre LMP exilé. La Côte d'Ivoire a du souci à se faire...

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 337 du samedi 8 octobre 2011. 

samedi, 08 octobre 2011

EXTRADITION DES CADRES LMP: LE REFUS POLI D'ATTA MILLS A OUATTARA


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A l'occasion de sa visite hier à son homologue ghanéen, John Evans Atta Mills, une préoccupation majeure taraudait l'esprit de Ouattara, à savoir obtenir l'extradition des cadres Lmp dans le viseur de la «justice des vainqueurs».

Matraquage médiatique pour une visite dans l'enjeu principal était, cela saute désormais aux yeux, forcer la main au gouvernement ghanéen pour obtenir un éventuel rapatriement des personnalités proches du président Gbagbo contre qui la «justice des vainqueurs» a lancé des mandats d'arrêts internationaux. Lors de son tête-à-tête avec le président Ghanéen, John Evans Atta Mills, l'actuel maître de la Côte d'Ivoire lui a demandé de donner suite aux mandats d'arrêt émis contre plusieurs personnalités de l'ancien régime exilés au Ghana, selon le communiqué conjoint qui a sanctionné son bref séjour en terre ghanéenne.

«Le président Ouattara a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise », lit-on dans le communiqué.

En réponse au chef de l'Etat ivoirien qui a effectué une visite pour cette requête, dans un langage diplomatique, le Ghana a «accepté d'étudier» ladite requête. Tout simplement pour traduire un refus poli des autorités ghanéennes adressé à l'endroit du pouvoir ivoirien. Le Ghana qui maitrise mieux le dossier ivoirien ne pense pas jouer les pièces maitresse pour l'instauration d'une justice sous-régionale des vainqueurs.

Au-delà de l'hospitalité généreuse du peuple ghanéen, il est à souligner que la constitution ghanéenne interdit l'extradition de réfugiés politiques quelles que soient les motivations. Alors, l'on est fort surpris que le chef de l'Etat, une fois de retour à Abidjan, annonce à la face de la Nation que le Ghana a accepté d'exécuter sa demande de rapatriement des personnalités poursuivies. Quelques cadres Lmp exilés au Ghana ont été fort surpris des propos tenus par Alassane Ouattara de retour à Abidjan. «Nous sommes fort étonnés.

Puisqu'il n'en nullement été question d'une réponse favorable d'Accra à la requête de M. Ouattara», a déclaré un cadre Lmp exilé au Ghana.


Gérard Koné, in « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE