topblog Ivoire blogs

vendredi, 23 août 2013

COINCE, OUATTARA VEUT CROISER GBAGBO: VOICI SES EMISSAIRES

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

On ne verra jamais ceci avec Ouattara. La différence est déjà là!


«C’était un morceau de choix. Mais il s’avère dur à avaler. Ce n’est pas de gastronomie qu’il est ici question, mais des problèmes de digestion d’une certaine justice (…) Fin novembre 2011, la Cpi s’est donc offert une pièce d’exception : pas un quelconque chef de milice ou un demisolde du crime de masse comme elle en a déjà jugé, mais le Président Laurent Gbagbo, 68 ans, ancien membre de l’Internationale socialiste, ami de Jack Lang et d’Henri Emmanuelli, opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, historien et président déchu de la Côte-d’Ivoire après avoir dirigé pendant dix ans, ce qui fut un des pays les plus riches et prometteurs de l’Afrique de l’Ouest», ce ne sont pas les écrits d’un journal bleu ivoirien, mais de Marianne, l’une des publications les plus respectées en France.
 
Cette révélation traduit toute la gêne qui s’est installée à la Cpi avec ce procès du Président Gbagbo. Ouattara aujourd’hui coincé dans ce dossier, veut directement négocier avec le Président Gbagbo. Il fait désormais mains et pieds pour rencontrer le prisonnier politique de l’Onu à la Cpi. C’est vrai qu’au niveau international, il fait appel à certains amis très proches et très écoutés par le Président Gbagbo pour faciliter cette rencontre. Saura-t-il convaincre Gbagbo ? Le temps le dira.
 
Mais en Côte d’Ivoire, Ouattara a appelé au secours, deux cadors de la politique ivoirienne qui se disent amis du prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il s’agit en effet, de Charles Konan Banny, le président de la Cdvr et de Laurent Dona Fologo, l’homme qui avec son parti le Rpp, a fait partie des hommes de confiance du Président Gbagbo au plus fort de l’ex-rébellion. La mission qui leur est assignée est très claire : convaincre l’ami Gbagbo à accepter une rencontre avec Ouattara à la Cpi. Car depuis sa déportation à la Cpi, tout se complique pour Ouattara, mais aussi pour la Côte d’Ivoire. Assailli par les difficultés de toutes sortes, Ouattara se résout finalement à faire ce que plusieurs guides religieux lui demandaient depuis longtemps; à savoir négocier directement la sortie de crise avec le Président Gbagbo. C’était bien avant sa déportation à la Cpi. Plusieurs guides religieux, (musulmans comme chrétiens) l’avaient ouvertement déconseillé de déporter le Président Gbagbo à La Haye. Mais Ouattara est resté ferme sur sa position.
 
A cette époque, il y avait un certain Sarkozy à l’Elysée. Et le régime ivoirien ne jurait que par lui. Mais bien plus que ça, Ouattara se sentait obligé de faire la volonté du parrain Sarkozy qui tenait par tous les moyens, à se venger de Gbagbo, l’empêcheur de piller. Pour venir à bout de Gbagbo, la Droite française alors au pouvoir, s’est ouvertement substituée à l’Etat ivoirien. C’est le ministère français de la Justice qui fait toutes les démarches au niveau de la Cpi avant la déportation du Président Gbagbo. Coulibaly Gnénéma, en ce moment ministre des Droits de l’Homme n’a été là, rien que pour la forme.
 
Il a fallu que la Droite française dise que «le transfèrement de Gbagbo à la Cpi va faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire», pour que cela soit repris en choeur par le régime d’Abidjan. Sarkozy n’avait pas de preuves contre le Président Gbagbo. Il savait aussi qui avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire. Mais il ne voulait pas de Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Il utilise donc l’Etat français pour régler des comptes personnels à un homme qu’il ne porte pas dans son coeur pour sa probité intellectuelle et morale.
 
A l’Elysée, Sarkozy décide donc à la place des Ivoiriens. C’est pourquoi au plus fort de la crise postélectorale, lors d’un voyage en Chine, il se permet de dire que «le Président de la Côte d’Ivoire s’appelle Ouattara». De l’Elysée, il téléphone plus d’une dizaine de fois à Goodluck, le Président Nigérian, maitre d’oeuvre de l’option militaire contre la Côte d’Ivoire. Lorsque Michel Dénisot, en ce moment, présentateur du Grand journal sur la chaîne Canal+ offre un plateau au Président Gbagbo pour expliquer la crise ivoirienne, il pique une colère noire. Et demande le même plateau pour Ouattara, son poulain en ce moment réfugié volontaire au Golf Hôtel. L’homme était hanté par Gbagbo. Après le 11 avril 2011, lorsque la France réussit le coup parfait, l’option est de tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Même pire, de détruire son image dans l’opinion ivoirienne, africaine et occidentale.
 
La presse hexagonale aux ordres de Sarko s’y met à fond. Le confrère Paris-Match plus à Droite, consacre alors plusieurs pages photos à la «capturation» de Gbagbo à la résidence. L’objectif est simplement de l’humilier au niveau mondial, quand on sait que ce journal fait partie des plus grands tirages dans l’espace francophone. C’est en plus, la Droite française qui monte le dossier de sa déportation à la Cpi. Toute la procédure est escamotée. Le dossier d’accusation montée dans les officines de l’Elysée, est une compilation de mensonges ressassés depuis le début de la rébellion armée dans la nuit du 19 septembre 2002. Pour Sarkozy, le plus important est de tenir le Président Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Il peut gérer le reste après, depuis son palais de l’Elysée. N’était-il pas à la tête de l’une des plus grandes puissances du monde. Mais c’était sans compter avec le temps, l’autre nom de Dieu, comme le dit le Président Gbagbo.
 
Et comme le reconnait aujourd’hui Rfi. Le 05 mais 2012, tout s’écroule. Sarkozy est battu à plate couture par François Hollande, le candidat socialiste. Il quitte l’Elysée par la petite porte.
 
C’est là que les difficultés commencent pour Ouattara désormais obligé de faire mains et pieds pour se faire recevoir par le nouveau pouvoir français. La Gauche française qui par moment, marche sur des principes, lui dit ce qu’il n’a pas envie d’entendre. A savoir la libération des prisonniers et la normalisation de la vie politique. «Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire», écrit à ce propos sur le site Slate Afrique, le confrère français Philip Duval, auteur du livre Fantôme d’Ivoire, un excellent essai consacré à la crise ivoirienne.
 
Les regards changent en plus dans la gestion du dossier Gbagbo à la Cpi. Certains diplomates français le conseillent même en privé, d’organiser une rencontre avec le Président Gbagbo à la Cpi. Cependant, Ouattara qui croyait encore en son affaire avec la complicité de Bensouda s’entête. Mais le 03 juin 2013, il reçoit un coup de massue sur la tête à la Cpi. La Cour déclare les preuves contre le Président Gbagbo insuffisantes. Le dossier d’accusation est même démonté pièces par pièces par la Défense. Au point de dévoiler à la face du monde entier, une vidéo en provenance du Kenya dans le dossier. Grand désaveu pour Sarkozy et toute la mafia qui ont installée le chaos en Côte d’Ivoire.
 
Coincé, Ouattara envoie finalement Banny en mission auprès de son «frère Laurent». Le lundi 12 août 2013, Karim Ouattara, le conseiller chargé de la Jeunesse au niveau de la Cdvr donnait déjà le ton lors d’un point de presse. «Le Président Laurent Gbagbo, fait-il savoir, détient de nombreux secrets. Il a des conseils à donner. Il a des choses à dire à l’Occident, à ses proches et à ses adversaires. Ce serait dommage qu’il reste à La Haye. Nous avons donc l’opportunité de calmer la situation, afin de lui permettre de dire sa part de vérité sur la crise. On ne doit pas encourager le musellement du Président Laurent Gbagbo». Tout est clair. On pourrait même dire qu’il dévoile un secret. En 2011, Karim Ouattara ne pouvait pas se permettre de tels propos. Les temps ont changé.
 
 
Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

dimanche, 15 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: UNE JUSTICE TOTALEMENT EN PANNE

 côte d'ivoire,une justice totalement en panne,guehi brence,inculpation des pro-gbagbo,la justice aux ordres en côte d'ivoire,la justice ivoirienne multiplie les règlements de compte,le quotidien ivoirien le temps


Inculpation des pro-Gbagbo. Le grand cafouillage de Ouattara. La justice aux ordres, multiplie les règlements de compte


Ouattara qui veut forcément avoir dans ses prisons tous les pro-Gbagbo infantilise à souhait, la justice ivoirienne avec des chefs d’accusation qui changent tous les jours. C’est un constat implacable. La justice ivoirienne a fait depuis longtemps, le deuil de la Justice. Elle n’obéit plus aux lois de la République, mais plutôt à un pouvoir. Mais bien plus, à un homme qui a fini par l’infantiliser.

Les discours du genre, «la justice est libre en Côte d’Ivoire» servis dans les médias étrangers sonnent désormais faux. La vérité est que les magistrats ivoiriens travaillent aujourd’hui dans la peur quotidienne. Chacun ne voulant pas subir la colère de l’Exécutif. Évidemment, les conséquences sont énormes sur le fonctionnement de cette Institution que Ouattara manipule dans un grand cafouillage qui se traduit même, dans les bureaux des hommes en toge. «C’est déplorable ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Mais je dois dire que j’ai beaucoup de peine en tant que magistrat. C’est déplorable de voir des juges sous les ordres, se compromettre de cette manière», déplore un magistrat aujourd’hui mis à l’écart au palais de la justice au Plateau, parce que taxé de pro-Gbagbo.

Ouattara qui veut par tous les moyens, avoir les partisans du Président Gbagbo dans ses prisons, ne lésine pas sur les moyens pour mettre à genou la justice ivoirienne. Et comme il fallait s’y attendre, les hommes de lois se sont mis à genou devant lui. Il suffit de voir ce qui se passe au temple de thémis pour s’en rendre compte.

Commençons par le plus grand complot du siècle.

Après le 11 avril 2011, Ouattara et Sarkozy ont entonné en choeur, que le Président Gbagbo avait commis des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire. Le monde s’attendait donc qu’il soit inculpé pour crimes contre l’humanité. Contre toute attente, à l’arrivée, après avoir accompli le coup parfait, le Président Gbagbo a été inculpé pour crimes économiques. C’est pour ça qu’il a été déporté à La Haye. Et là encore, il est un «coauteur indirect». Un remake du 18 février 1992, avec le même Ouattara qui l’avait mis en prison comme «co-auteur» des casses du Plateau. Jusque là, les Ivoiriens attendent l’auteur direct des crimes qu’on reproche au Président Gbagbo.

Mais il n’y a pas que ça. Juste après son arrivée au pouvoir en avril 2011, le Premier ministre Affi Nguessan, président du Fpi a été arrêté après une conférence de presse, pour «rébellion et constitution de bandes armées». Des accusations qui puent de bout en bout, la mise en scène.

A l’analyse, le pouvoir n’a visiblement rien à reprocher aux pro-Gbagbo qu’il a déportés dans ses goulags du nord. C’est donc ce même chef d’accusation qui a été collé aux autres. A savoir, Simone Gbagbo, le Premier ministre Aké Ngbo, le professeur Sangaré Abdoudramane vice président du Fpi, Bro Grgbé, la présidente des femmes Patriotes et bien d’autres.

Mais par enchantement, ces chefs d’accusation changent aujourd’hui. Affi et les autres sont désormais inculpés pour «génocide», comme le veut Ouattara. Car l’argument de «rébellion et constitution de bandes armées», ne tient plus.

Quel génocide ont-ils commis ?

La justice qui prend ses ordres au palais ne l’a pas encore dit. Mais tel qu’on connaît Ouattara, la suite est déjà connue… il mettra dans la balance, un prétendu génocide des populations du nord. C’est sur ce terrain des rivalités ethniques qu’il se sent le plus à l’aise. Il devance d’ailleurs son parrain onusien dans la qualification des génocides. Sûrement que dans la maison de verre de New-York, les responsables des questions des Droits de l’Homme riront aux éclats. Le terme de génocide n’étant pas appliqué n’importe comment.

Mais avec Ouattara, on continue d’aller d’étonnement en étonnement. Me Dadjé, l’avocat de Simone Gbagbo a été pris à l’aéroport alors qu’il venait en Côte d’Ivoire pour s’occuper du dossier de son client. Directement transféré à la Dst, il a été inculpé pour trafic d’armes. Cet homme de lois qui tombait des nues a été à son tour, transféré à la Maca. Il y a passé plusieurs mois, avant d’être libéré par manque de preuves. Mais bien avant qu’il ne recouvre la liberté, que de gymnastiques. Le juge d’instruction en charge de son dossier avait depuis longtemps, ordonné sa libération, parce que son dossier est vide. Malheureusement pour lui, il s’est retrouvé face au refus du Procureur de la République qui trouve que l’instruction venait juste de commencer. Me Dadjé ne pouvait donc pas être mis en liberté, même si son dossier est vide. Le procureur se pliait ainsi, à la pression du palais qui ne voulait pas voir pour le moment, Me Dadjé libre. «C’est le ministère de l’Intérieur qui décide de tout. C’est là-bas que toutes les décisions se prennent. C’est lui qui décide de qui on doit libérer », explique un magistrat.

Certes il y a cette affaire de Me Dadjé, mais il y a aussi le ministre Lida Kouassi qui se trouve aujourd’hui dans l’enfer de Bouna. Il a été pris au Togo par Ouattara qui l’a brandi comme un trophée de guerre, comme la plus grande menace de son pouvoir. Lors du one man show télévisé du ministre Ahmed Bakayoko, le régime qui excelle bien dans les tortures lui a arraché des «aveux». Toute la Côte d’Ivoire a vu un Lida complètement affaibli, mal en point. Les Ivoiriens s’attendaient donc qu’il soit inculpé comme le plus déstabilisateur du pouvoir Ouattara. Mais que non. Lida est dans le goulag du régime pour «détournement de fonds». Que s’est-il passé pour qu’on arrive à ce chef d’inculpation ? Et le coup d’Etat qu’il préparait depuis la capitale togolaise? Qu’a-t-il volé pour qu’il soit maintenant inculpé pour détournement de fonds ?

Autant de questions que toute la Côte d’Ivoire continue de se poser. Il y a certes le ministre Lida. Mais il y a aussi le cas du jeune Martial Yavo, président par intérim du Cojep. Il a été pris par les hommes de Koné Zakaria au sortir d’une interview avec le confrère «Notre voie». Cela, dans le cadre du congrès que ce mouvement prépare dans le mois d’août prochain. Yavo avait même pour l’occasion, entrepris des tournées dans plusieurs villes de la Côte d’Ivoire, rien que pour remobiliser les militants du Cojep. Le pouvoir lui a alors reproché ses va-et-vient dans la ville de Dabou où il travaille pourtant. Sans la moindre enquête, Koné Zakaria l’a accusé d’entretenir des milices dans cette ville. Yavo a alors passé plusieurs jours entre les mains de Koné Zakaria au camp militaire d’Adjamé, coupé de tout, de sa famille et d’une assistance judiciaire. Là-bas, près de 500 mille Fcfa ont été réclamés à ses amis avant qu’il ne soit libéré. En fait, comme dans un régime mafieux. Le pouvoir n’ayant pas eu ce qu’il voulait, Martial Yavo a été déféré à la Maca, pour «trouble à l’ordre public». Ouattara veut forcement Blé Goudé dans ses prisons. A défaut du leader des jeunes Patriotes, il se contente de son bras droit le plus direct. Car en quoi l’organisation d’un congrès peut-elle constituer des troubles à l’ordre public? Surtout que le ministère de l’Intérieur a donné son accord pour la tenue de cette manifestation. Mais bien plus, toutes les tournées organisées par le Cojep pour les préparatifs de cette rencontre, se sont faites avec l’autorisation des préfets des localités visitées. Ça été le cas dans le département d’Adzopé et bien d’autres régions où le Cojep est passé.

On n’omettra pas le cas du général Guiai Bi Point, anciennement commandant de l’Ecole de la gendarmerie. Il a été dans le temps, mis aux arrêts parce qu’un charnier aurait été découvert dans cette école. Pendant que la Côte d’Ivoire attendait que les corps soient exhumés, l’homme a été mis aux arrêts puis transféré à la Maca. Les Ivoiriens n’ont plus vu les corps de ces victimes. La justice a aussi abandonné cette piste. Mais comme Ouattara voulait forcément avoir sa tête, Guiai Bi Point a été inculpé pour «détournement de fonds» avant qu’il ne soit libéré.

Ainsi va aujourd’hui la justice ivoirienne, qui depuis longtemps, a fait sa messe de requiem… au palais. A la grande joie du pouvoir qui n’est nullement gêné de la voir s’affaisser.


Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps" 

gbrence02063193@yahoo.fr


SourceIVORIAN.NET