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mercredi, 31 juillet 2013

GUILLAUME SORO, MEDIATEUR DE L’OIF EN EGYPTE: UNE INSULTE A LA CONSCIENCE HUMAINE

 

côte d'ivoire,Guillaume Soro, médiateur de l’OIF en Egypte,Une insulte à la conscience humaine,Benjamin Koré,le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013

 

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a décidé d’envoyer une mission d’information et de contact en Egypte afin d’aider au règlement du conflit politique qui secoue ce pays. Selon le communiqué produit à cet effet, le secrétaire général de l’OIF, le controversé Abdou Diouf, a porté son choix sur Guillaume Soro Kigbafori, ex-chef de la rébellion armée ivoirienne et président du Parlement sous le régime Ouattara, pour conduire cette mission au Caire du 16 au 20 juillet 2013.


Toute initiative visant à éteindre le foyer de tension en Egypte est salutaire. Mais le choix porté sur Soro au nom de l’OIF, l’organisation francophone commune, constitue un véritable scandale. D’autant que Soro a dirigé une rébellion qui a commis de pires atrocités et des membres de cette rébellion continuent de sévir en toute impunité. Par ailleurs, M. Diouf dépêche M. Soro en Egypte alors que la Côte d’Ivoire que ce dernier et ses amis rebelles ont martyrisé depuis septembre 2002 est toujours en lambeaux. Parce que la crise sociopolitique ivoirienne demeure. Elle s’est même accrue depuis la guerre postélectorale. Certes les armes se sont tues, mais la fracture sociale est abyssale et les lendemains sont de plus en plus incertains. Les communautés qui peuplent la Côte d’Ivoire continuent de s’affronter à mort

du fait des animosités entre elles. Récemment dans la région de Bouaflé, Baoulé et Burkinabé se sont affrontés faisant plusieurs morts. Le pays est devenu une bombe à retardement qui peut exploser à tout moment. Insécurité galopante, violations des droits humains, Justice des vainqueurs, réconciliation compromise etc., tout est là pour une déflagration. Il est donc incompréhensible qu’Abdou Diouf dépêche Guillaume Soro Kigbafori

sous d’autres cieux alors que la Côte d’Ivoire, le pays dont Soro est censé être le N°2 du régime en place, est dans la tourmente.  La preuve, le dialogue entre le pouvoir et l’op - position significative est bloqué. Le Fpi, principal parti d’opposition, demande au régime Ouattara la désignation d’un médiateur pour faciliter le dialogue politique. Si Abdou Diouf estime que Guillaume Soro a une âme de médiateur, pourquoi ne lui demande-t-il pas de faciliter le dialogue politique en Côte d’Ivoire ?

Vers la Cpi…

Si Soro est porté au premier plan de la scène politique ivoirienne, c’est parce qu’il a choisi la voie des armes. Il demeure le responsable de l’aile civile de la rébellion armée. En choisissant Soro, Abdou Diouf continue de se révéler comme un soutien de l’ex- rébellion armée en Côte d’Ivoire. On se souvient qu’il était très en verve durant la crise postélectorale ivoirienne en appelant de tous ses vœux d’utiliser la force pour renverser Laurent Gbagbo du pouvoir. On se souvient qu’il avait encouragé Gbagbo à permettre la candidature d’Alassane Ouattara en promettant le désarmement des rebelles. Gbagbo, de bonne foi, l’a fait. En retour, Abdou

Diouf n’a pas exigé des rebelles qu’ils désarment. S’il choisit aujourd’hui Soro pour la mission de l’OIF en Egypte, cela signifie qu’il est dans sa logique de faire chemin avec la rébellion armée qui a déstabilisé la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui que la rébellion est au pouvoir en Côte d’Ivoire, Abdou Diouf tente de donner une carrure internationale à Soro. D’où cette mission égyptienne. Où étaient Abdou Diouf et l’OIF quand un coup d’Etat a emporté Amadou Toumani Touré (ATT) au Mali ? Diouf était à la tête de l’OIF. Alassane Dramane Ouattara à la tête de la Cedeao et Soro était toujours un des dirigeants de la Côte d’Ivoire. Ils étaient tous là, mais ils n’ont pas levé le petit doigt en faveur d’ATT alors que ce dernier a été démocratiquement élu comme Mohamed Morsi en Egypte. Diouf, Ouattara et Soro ont plutôt œuvré à parachever le coup d’Etat en laissant ATT prendre le chemin de l’exil sénégalais parce que c’était la volonté de la France sous Nicolas Sarkozy. La Côte d’Ivoire, le Togo, la Guinée-Conakry et bien d’autres pays francophones sont en crise. Mais l’OIF reste amorphe et aphone. On a tout compris.


Benjamin Koré, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 17 juillet 2013.

mercredi, 04 avril 2012

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: AUTOPSIE D'UNE ALTERNANCE


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Une page vient de se tourner à Dakar. En félicitant son adversaire au terme d'une campagne électorale marquée de violences, le Président Wade vient de se racheter une respectabilité a minima. Macky Sall, candidat soutenu par la coalition des partis d'opposition Benno Bokk Yakaar (Unis pour le même espoir !), l'emporte à plus de 65% contre 35% au Président sortant Abdoulaye Wade du PDS (Parti Démocratique Sénégal) et ses alliés politiques.

Une vraie déculottée pour l'un des vieux baroudeurs de la scène politique sénégalaise.

Quels sont les enseignements à tirer de l'élection du nouveau président Macky Sall ?

Personnellement, j'en vois quatre: la détestable personnalité du président sortant, le rôle de la société civile, la défection des alliés occidentaux de Wade et enfin, le tassement du clientélisme confessionnel des puissantes confréries islamiques.

1- Wade : «  l'Etat c'est moi ! »

On pourrait résumer les douze années du Président Wade à la tête du Sénégal par un seul mot : démesure. Sur le plan intérieur, elle est partout cette ivresse du pouvoir qui a singularisé la gouvernance de Maitre « Ablaye » Wade.

D'abord un mépris réel pour la démocratie et les équilibres institutionnels. Sous sa présidence, la Constitution sénégalaise fut modifiée plus d'une dizaine de fois souvent pour des motifs aussi farfelus que saugrenus. A titre illustratif, il a fallu amender la constitution pour ramener le mandat de Macky Sall, alors Président de l'Assemblée Nationale de 5 ans à 1 an ! Son tort ? Avoir commis une enquête parlementaire sur la gestion scabreuse des fonds alloués à l'agence chargée de l'organisation de la Conférence Islamique (Anoci) dirigée par le fils du Président de la République, Karim Wade.

Ensuite, sur le plan infrastructurel, la démesure prend tout son sens et laisse songeur.

Le projet des « 7 merveilles de Dakar »  s'est révélé une pure chimère, faute de réalisme dans le montage financier des dossiers. Sans parler de la construction du « Tramway de Dakar »  lui aussi resté au stade de vœu pieux. Pendant qu'à Dakar, on manque de médicaments de base et d'ouvrages didactiques dans les écoles, le président se fait construire un Monument de la Renaissance Africaine évalué à plus d'une vingtaine de milliards de FCFA et dont l'architecture financière reste jusqu'à présent pour le moins opaque.

Le Sopi (changement en wolof), c'est aussi les malversations financières et les scandales à répétition qui selon le journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly (cf. La République Abimée, 2011) sont la marque de fabrique du PDS et ses alliés au pouvoir.

Citons pêle-mêle les scandales liés à l'achat de l'avion présidentiel, les Chantiers de l'Anoci, le Plan Takkal (lutte contre les délestages), les Chantiers de Thiès, la Construction de routes bitumées entre Dakar et Kaolack, la Goana (Grande offensive agricole pour la nourriture et l'abondance), l'affaire Ségura (tentative de corruption d'un représentant local du FMI par le président Wade en octobre 2009),  le Fesman (Festival mondial des arts nègres)...

Le présidentialisme tropical, c'est aussi imposer son fils contre vents et marées.

Malgré sa cuisante défaite aux municipales à Dakar en 2009, le prince Karim sera « promu » à la tête d'un super-ministère chargé de l'Energie, de la Coopération Internationale, de l'Aménagement Territorial, du Transport Aérien et des Infrastructures. Les sénégalais ont tôt fait de le surnommer ironiquement « Ministre du Ciel et de la Terre! » du fait de l'étendue de ses attributions ministérielles. Dans un pays aussi pauvre que le Sénégal, il est inadmissible qu'un ministre fût-il fils du Président de la République, se déplace dans le cadre de ses missions à l'étranger en jet privé affrété à prix d'or ! Qu'à cela ne tienne, au Sénégal, la démesure était sans limite...

Sur le front social, les principales villes du pays  sont confrontées à un chômage endémique où plus de 30% de la population active est sans emploi, désœuvrée et livrée à elle-même.

Les délestages d'eau et d'électricité sont monnaie courante dans les centres urbains et périphériques. Les prix des denrées de premières nécessités (riz, huile, lait, pain, sucre...), ont explosé tandis que le pouvoir d'achat des sénégalais continue de s'amenuiser.

Les étudiants et les enseignants paupérisés, sont à deux doigts d'une année blanche par la faute d'un pouvoir complètement ivre et sourd aux revendications sociales.

Lors de la passation des charges à son successeur, Wade affirmera, hagard devant les journalistes: « Peut-être n'ai-je pas suffisamment cerné la demande sociale... ».

Ultime aveu d'échec d'un pouvoir hors-sol devenu autiste et sénile.

Last not the least, la présidence Wade, c'est aussi la mise à mort systématique de tous les dauphins ou leaders gênants du PDS au profit de son fils Karim Wade. Ses ex-premiers ministres Idrissa Seck et Macky Sall sont tour à tour, humiliés publiquement, déchus politiquement avant d'être persécutés judiciairement. Cheikh Tidiane Gadio, ex-patron de la diplomatie sénégalaise, Aminata Tall, ancienne ministre, Modou Diagne Fada, ancien dirigeant des Jeunesses Libérales, ont subi également les foudres du Président Wade avant de rallier l'opposition de guerre lasse. Notons enfin, au registre de politique intérieure, l'échec du président sénégalais sur le conflit casamançais qu'il avait promis de régler en cent jours dès sa prise de fonction en mars 2000.

Sur la scène internationale, que retenir du leadership du Président sénégalais au service de l'Afrique ? Rien de bien significatif. Sinon qu'il fut le premier Chef d'Etat africain à aller légitimer à Benghazi en juin 2011, l'agression militaire de l'OTAN contre Mouammar Kadhafi son ancien bienfaiteur. Il sera par la même occasion le premier dirigeant africain à accréditer à Dakar, une représentation diplomatique des rebelles du Conseil National de Transition (CNT), appendice par excellence de l'impérialisme occidental en Libye.

Au mépris du plan de l'Union Africaine qui prévoyait un dialogue politique inclusif entre les parties en conflit.

En Côte d'Ivoire, avant et pendant la crise post-électorale, ses prises de position en faveur d'Alassane Ouattara auront achevé de le discréditer au sein de l'opinion publique africaine.

Comment cautionner l'une des pires supercheries politiques dont se sont rendus coupables les puissances occidentales et leurs valets africains en agressant un pays qui aspirait à préserver sa souveraineté ? En effet, le président sénégalais fut un des fervents défenseurs de l'option militaire contre Gbagbo là où la plupart de ses pairs africains préféraient une solution politique négociée.

Il se fendra même d'une interview dans la presse française où il exalta son rôle dans le coup d'Etat contre Laurent Gbagbo, le président légitimement élu par les ivoiriens : « Il nous fallait aller vite. Si on ne l'avait pas fait, il y aurait eu beaucoup plus de dégâts et de morts », (Le Figaro du 13-04-2011). Quelle irresponsabilité !

Enfin, à titre anecdotique, Abdoulaye Wade fut le parrain des principaux rebelles ivoiriens avec qui il signera un accord de cessez-le feu le 17 Octobre 2002 à Dakar sous l'égide de la Cedeao dont il assurait la présidence tournante. Guillaume Soro dont la cruauté est notoire, se targuait même de l'appeler affectueusement « papa ».

2- La société civile comme gardienne du temple...

Le Mouvement du 23 juin 2011 (M23), né des cendres encore fumantes du projet de loi sur le « ticket présidentiel » - qui aurait permis au président et son vice-président d'être élus avec un minimum de 25% des voix ! -, s'est forgé une vraie légitimité au sein de l'opinion publique et des acteurs politiques de l'opposition. Ce mouvement comprend des associations citoyennes comme les jeunes rappeurs de « Yen a marre », des partis d'opposition de la coalition Bénoo Siggil Sénégaal (Unis pour le Sénégal), la société civile comme la Raddho (Rencontre africaine des droits de l'homme) d'Alioune Tine et d'autres mouvements associatifs.

Ces différentes associations aussi larges qu'hétéroclites avaient un but commun : empêcher Wade de rempiler pour une troisième fois et veiller au strict respect de la loi fondamentale. Signalons aussi par ailleurs, le rôle capital de Moustapha Niasse de l'AFP (Alliance des Forces du Progrès) et d'Ousmane Tanor Dieng du Parti socialiste au niveau de l'unification de cette plate-forme politique et citoyenne contre le président sortant.

En organisant des séminaires sur la légalité d'une énième candidature d'Abdoulaye Wade, le M23 a su fédérer également les anciens déchus du parti au pouvoir dont entre autres, les ex-premiers ministres Idrissa seck, Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio, ex-ministre des Affaires étrangères de Wade, Aminata Tall, ancienne ministre et d'autres moins connus.

Des figures populaires comme l'artiste-musicien Youssou Ndour, «  le roi du mbalax », dont la candidature avait été rejetée pour des arguties juridiques ont également contribué à isoler Abdoulaye Wade au sein des couches populaires.

Le président sortant pariait sur l'essoufflement du mouvement contestataire et quelques défections de taille. Fort heureusement, les principaux leaders du M23 surent prioriser l'essentiel et taire leurs divergences afin de mettre hors jeu la coalition FAL (Forces alliées pour la victoire) au pouvoir. Grâce à une large mobilisation populaire du M23 et du front d'opposition Benno Bokk Yakaar, le second tour du scrutin s'est transformé en un véritable référendum anti-Wade. Une vraie leçon de réalisme politique.

3- L'échec de l'instrumentalisation des confréries comme « bétail électoral »

Cette fois-ci les khalifes des confréries islamiques se sont montrés circonspects et ont décidé de faire profil bas au second tour de la présidentielle. Malgré les pressions financières du pouvoir en place. Aucun « ndiggël » - consigne de vote - n'a été donné  par les chefs des confréries islamiques exception faite de quelques seconds couteaux comme le marabout Béthio Thioune qui a appelé à voter pour Wade. La pression populaire aidant, une consigne de vote en faveur de Wade aurait achevé de les discréditer totalement au sein de l'opinion publique mais aussi auprès des fidèles. En sus, une consigne de vote pour Wade était assez hypothétique en termes de votes effectifs dans les urnes.

Depuis son accession au pouvoir, Wade n'a eu de cesse d'instrumentaliser son appartenance au mouridisme, l'une des puissantes confréries islamiques, à des fins électoralistes. Ses largesses financières à tel ou tel khalife général, ou à la faveur d'une cérémonie cultuelle à Touba, ville sainte des mourides, ont suscité inquiétude et réprobation à la fois chez les partis politiques mais aussi les chefs religieux.

En 2000 déjà au second tour, la plupart des confréries avaient appelé à voter Abdou Diouf sans succès. Cette fois-ci, malgré les appels pressants du pouvoir en faveur d'un « ndiggël », les khalifes ont tôt compris la nécessité de ne pas prendre position en faveur du président Wade dont le rejet au sein de l'opinion était claire car cela pourrait se révéler contre-productif comme naguère en 2000 avec Abdou Diouf.

De son coté, Macky Sall a préféré prendre ses distances vis-à-vis de ces autorités religieuses dont il reprouve le mélange des genres. Préférant les cantonner dans leur fonction sociale et cultuelle loin de toute forme d'instrumentalisation politique.

4- Un président lâché par ses parrains occidentaux...

« This is a man ! », « Voilà un homme ! ». Ainsi s'exclamait George W. Bush à l'endroit de son homologue sénégalais en le présentant à Condoleeza Rice à Dakar, le 08 juillet 2003. Il faut dire que depuis son arrivée au pouvoir en 2000, le président sénégalais n'a d'yeux que pour Washington. Exit donc Paris jugée trop archaïque. Plusieurs faits attestent de ce rapprochement vis-à-vis de Washington.

D'abord la nomination du très « américanophile » Cheikh Tidiane Gadio pour piloter sa diplomatie. Puis la signature d'importants contrats de lobbying politique gérés notamment par le cabinet JC Watts (Jeune Afrique, 13-12-2004) dans le but de non seulement de crédibiliser son image auprès de l'administration américaine mais aussi de générer des flux financiers conséquents pour le Sénégal.

Wade a bénéficié durant ses mandats d'un « partenariat stratégique » avec les Etats-Unis lequel comprenait la lutte contre le terrorisme, l'aide à la modernisation des infrastructures sénégalaises comme le Port Autonome de Dakar, grâce au Millenium Challenge Account (MCA), un programme destiné  à renforcer l'investissement privé en vue d'accélérer  la croissance économique en Afrique. Le Sénégal fera aussi l'objet d'une augmentation significative de l'aide publique au développement de la part des Etats-Unis dans le cadre de ce « partenariat stratégique ».

Fort de toutes ces sollicitudes - il sera même invité au sommet du G20 en mai 2011 à Deauville, aux cotés d'Obama - le président sénégalais crut que tout lui était permis.

Y compris grâce à une forfaiture juridique, se présenter à un troisième mandat alors que la Constitution sénégalaise le lui interdit. En décembre 2011, il engage le prestigieux cabinet américain d'avocats Mc Kenna Long & Aldrige afin de faire gober aux officiels américains et à l'administration d'Obama, l'idée d'un troisième mandat présidentiel. Le contrat selon la presse sénégalaise, avoisinait 100.000 dollars !

Suite à la validation en février 2012 de sa candidature par le Conseil Constitutionnel sénégalais et la réprobation générale suscitée par cette candidature, les Etats-Unis se rangèrent du coté de la contestation populaire. Ils exhortèrent ouvertement le président sénégalais à passer la main et à œuvrer pour « un changement de génération ».

Johnnie Carson, sous secrétaire d'Etat américain aux Affaires Africaines, confiera avoir personnellement téléphoné au président sénégalais afin de l'exhorter à ne pas se présenter à un troisième mandat. Sans succès.

Du coté de l'Elysée, c'est d'abord l'attentisme et une certaine hypocrisie qui l'emportent.

On « comprend » les manifestations civiles d'opposants à Wade mais on ménage un allié en difficulté qui peut toujours servir. Dans un premier temps, via le très imbuvable Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères, la France en appellera à « un scrutin où serait représenté toutes les sensibilités ».

Sentant son isolement diplomatique face à la détermination des leaders du M23 et surtout la fermeté de Washington, Paris réclamait désormais « un changement de génération ». Finis donc la coterie et les faux-fuyants de la Françafrique, place au réalisme !

L'alignement de la France sur la position étasunienne achevait ainsi de sceller le sort d'Abdoulaye Wade sur l'autel de la realpolitik entre puissances impérialistes.

Wade dont on connait le goût pour la spéculation intellectuelle, aurait dû méditer cette sentence de Pierre Mendes France : « les hommes passent, les nécessités nationales demeurent ». Rideau !

En guise de conclusion, l'élection du Président Macky Sall marque la victoire du « menu peuple » et ses alliés contre le « gras peuple ». Cette victoire appelle par ailleurs, l'édification de trois priorités qui me paraissent essentielles :

Primo : refonder un véritable pacte social autour d'un Etat démocratique où la séparation des pouvoirs aurait un contenu concret et non proclamatoire. Sortir de l'Etat-PDS fait de népotisme, d'injustices, d'arbitraires pour édifier un Etat juste, équitable et gouverné démocratiquement. Le président Macky Sall s'est engagé à mettre en œuvre les recommandations issues des Assises Nationales tenues du 01 juin 2008 au 24 mai 2009 sous l'égide de Amadou Mahtar M'Bow, ancien directeur général de l'UNESCO dont la probité est reconnue de tous. De ces « Etats Généraux » de la vie publique sénégalaise sont sorties des lignes directrices qui jettent les bases d'une éthique nouvelle de la gouvernance politique au Sénégal. Il faudra veiller scrupuleusement à leur mise en œuvre.

Secundo : lutter contre la vie chère et le chômage endémique qui touche la population active dans les grandes villes notamment. La question sociale et économique était au cœur de la contestation du régime de Wade lors de ces présidentielles. En 2008 déjà, Dakar était en proie aux émeutes de la faim du fait de la hausse des prix des denrées de première nécessité.

La poussée migratrice de la jeunesse sénégalaise vers l'Europe dans les embarcations de fortune, s'explique largement par l'incapacité de l'Etat à faire face aux préoccupations économiques et sociales de ses citoyens. Il faudra s'y atteler rapidement et autrement.

Tertio: la question de l'affirmation d'un véritable leadership sénégalais afin de faire face aux grands enjeux qui minent l'Afrique et singulièrement sa zone ouest en proie à des crises politiques aigües notamment au Mali, en Côte d'Ivoire et au Nigéria. Le Sénégal doit cesser d'être l'idiot utile de l'impérialisme occidental et s'ancrer résolument dans la défense de la dignité de l'Afrique.


Olivier DOSSOU FADO

Mouvement pour la Renaissance Africaine (MORAF)

m.moraf@yahoo.fr

mercredi, 28 décembre 2011

BONJOUR, LA ROUTE!

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Quelques jours passés en Alassanie, dominion français de la côte ouest africaine, convaincront même les plus sceptiques sur la diligence avec laquelle la route abidjanaise est en train d'être remise dans des habits dignes d'une capitale économique.

On comprend mieux les « ADO a goudronné ! » dont nous parlions en octobre dernier. Ils expriment l'enthousiasme de citadins complètement dégoutés de l'état de dégradation du réseau routier abidjanais, trop longtemps « abandonné » à son triste sort... Mais voilà qu'aujourd'hui, les travaux de réfection de la route sont tellement avancés qu'ils causent même de gigantesques embouteillages par endroit ; le sacrifice requis pour pouvoir, enfin, bénéficier d'un bitume conséquent.

C'est un plaisir difficile à bouder. La dette ? La pauvreté ? L'insécurité ? En réalité, toutes ces questions devraient être prioritaires. Mais, à vrai dire, peu importe au touriste assez courageux pour braver les « alertes » sécuritaires du Département d'Etat américain concernant la troisième ville la plus « dangereuse » du monde. Une fois à Abidjan, ébloui par « ces lumières [qui] illuminent le cœur des Ivoiriens et symbolisent la renaissance de la Côte d'Ivoire » (dixit Dominique Ouattara), ce qui ravit immédiatement le visiteur, c'est la facilité avec laquelle il déambule à 120 km/h sur l'asphalte flambant neuf qui relie les quartiers de la ville, sans s'inquiéter des nids de poules qui, il y a quelques mois encore, rendaient le périple plus ou moins cruel. Aujourd'hui, des artères que personne n'imaginait pouvaient traverser des bas-fonds jamais exploités sont nées. Des quartiers qui, hier seulement, n'étaient accessibles qu'avec une bonne dose de témérité, sont en train d'être bitumés. Des désenclavements opportuns, qui facilitent le ralliement d'un point à un autre des cités, sont dument aménagés. Bref, ces travaux sont bienvenus... et l'expérience serait encore plus alléchante si seulement le racket policier (intensif un jour, minimal un autre) avait totalement disparu.

A en croire Guillaume Soro, là se trouve la preuve de l'efficacité ouattariste. Certains Abidjanais, interrogés pour l'occasion, partagent clairement ce point de vue : « Qu'est-ce que Gbagbo a fait pour la route auparavant ? En dix ans, les Refondateurs n'ont rien fait ! Voici la preuve qu'Ouattara travaille ! Quand quelqu'un fait bien les choses, il faut le reconnaitre ! ». Reconnaissons donc... en notant, au passage, la grande ignorance des populations sur la question.

En effet, contrairement à ce que le camp Ouattara enseigne à ceux qui se nourrissent exclusivement du 20h de RTI 1, de France 24 et d'abidjan.net, la remise à neuf de la route ivoirienne ne date pas d'il y a six mois. Non, le projet n'a, ni été conçu dans les laboratoires de la rébellion armée (à Bouaké), ni dans l'antre mystique du RHDP (qu'elle soit située au Golf Hôtel ou ailleurs). Le projet est bel et bien né sous la Refondation, pendant cette dernière décennie où le pays était scindé en deux.

Non ? Eh bien, retour deux ans en arrière, au premier trimestre 2009. A l'époque, Bouaké Fofana, Directeur Général de l'AGEROUTE (structure étatique en charge de la gestion de l'infrastructure routière), avait accordé un entretien à un mensuel économique ivoirien, Tycoon, en marge d'un dossier de six pages intitulé « Où va la route ivoirienne ? ». Nota béné précieux : le directeur de publication dudit Tycoon magazine est un certain Fabrice Sawégnon, artisan de la campagne de communication d'Alassane Ouattara aux élections présidentielles de 2010, que l'on dit très proche d'Hamed Bakoyoko et que l'on pourrait difficilement accuser d'être un pro-Gbagbo. C'est pourtant son magazine qui, sous la plume du journaliste Francis Yédan, a publié cet excellent travail d'investigation qui annonçait, alors, le projet de réhabilitation du réseau routier actuellement en cours :

« Avec la période post-crise qui s'annonce, le financement des bailleurs de fonds dans ce secteur [routier] a repris. La réhabilitation d'infrastructures routières à Abidjan et à Bouaké, d'un coût total de 28 millions de dollars E.U [14 milliards de francs CFA, ndlr] est effective. Ce, dans le cadre du Projet d'Urgence d'Infrastructures Urbaines (PUIUR) financé par la Banque Mondiale. La composante 4 de ce projet est réservée aux infrastructures routières. Les routes exploitées par les services de transport public, les travaux d'amélioration, la fourniture et l'installation de panneaux routiers verticaux sont les principaux axes de cette composante. Egalement au nombre de cette composante, le marquage horizontal sur le plus de routes possibles et la réhabilitation de 7,2 km de voirie revêtue à Bouaké. Huit axes routiers (12,4 km de voirie revêtus) empruntés par la SOTRA seront réhabilités à Abidjan. Ajoutée à cela, la construction d'une passerelle à piétons, d'un pont de 120 mètres [à la Riviera 2, ndlr] et d'une route à la Riviera Palmeraie [celle réalisée depuis 2009-2010 qui relie la Riviera Attoban à la Riviera Palmeraie, ndlr]. La composante 3 du PUIUR financée à hauteur de 12 millions de dollars E.U est consacrée à l'élimination des principaux dépôts sauvages dans l'agglomération urbaine d'Abidjan. Quand on sait que les ordures jonchant les routes déversent un liquide corrosif. L'assainissement urbain (eaux usées) constitue la composante 2 du PUIUR. 15,2 millions de dollars E.U [7,6 milliards de francs CFA, ndlr] sont déjà mobilisés. La réhabilitation des principales stations de pré-pompage, de pompage, des égouts secondaires constitueront une bouffée d'oxygène pour le réseau routier abidjanais. Vu le nombre de canalisations bouchées et autres problèmes d'assainissement. La phase active du PUIUR [composante 1] est prévue, dans quelques semaines, pour une durée allant de quatre (4) mois à quatre (4) années [...] ».

Voilà qui balaie deux niaiseries fortement médiatisées :

a) l'arrêt total du financement des bailleurs de fonds à la Côte d'Ivoire avant le 11 avril 2011 ;

b) le manque de volonté et/ou l'inaptitude de l'ancien pouvoir à faire face au problème de l'insalubrité publique.

Mais voilà, surtout, qui atomise l'opportunisme trompeur qui tente de faire croire que ce qui se fait aujourd'hui est le résultat du génie d'Alassane Ouattara. C'est tout simplement faux. L'équipe gouvernementale actuelle ne fait que poursuivre un projet qui était déjà amorcé avant que la crise postélectorale ne le mette en veilleuse, temporairement.

Là, pourtant, n'est pas le plus important. L'article du magazine Tycoon rappelle surtout que la restauration des routes ivoiriennes est le résultat d'un processus qui s'est étendu sur plusieurs années et qui a rassemblé diverses compétences nationales, en matière de finances, d'ingénierie technique, etc. Quelles sont les chances que ces personnes partagent tous la même opinion politique ? Elles sont quasiment nulles. D'ailleurs, n'est-ce pas sous la férule d'un nommé Patrick Achi, Ministre des Infrastructures (hier et aujourd'hui), que la réhabilitation du réseau routier ivoirien a été pensée, étudiée, financée et lancée ? Si. A qui Patrick Achi rendait-il compte à cette époque ? A Laurent Gbagbo.

Le meilleur des responsables politiques ivoiriens se dévoile donc quand ils savent s'élever au-dessus de la basse-cour partisane pour faire ce que la population attend d'eux : travailler. Hélas, la sorcellerie politique reste le dénominateur commun des chapelles politiques ivoiriennes. Elles excellent dans la négation de leurs acquis communs et sont conscientes que les électeurs raffolent de ce type de palabres. Aussi, les leçons de novembre 2010 n'ayant jamais été apprises et l'attention des uns et des autres restant focalisée sur les intérêts partisans, les politiques ivoiriens misent sur une nouvelle ronde de fébrilité militante qui se prépare déjà pour 2015. En témoigne le sempiternel débat sur qui est président et qui ne l'est pas, dans lequel tombent tous les somnambules trop groguis pour noter les réalisations concrètes qui impactent leur propre qualité de vie.

La route fait partie de ces réalisations. En tant qu'infrastructure de développement, le seul débat qui devrait l'entourer relève, à la rigueur, des conditions de son financement. Seulement, combien s'intéressent même à ce point d'interrogation ? A Abidjan, tout ce que l'on sait, c'est que « ADO a goudronné ! ». Ce qui suffit à l'argumentation ou à la diabolisation. Le reste ? On s'en fiche éperdument. Bonjour la route... à vive allure, en ignorant les feux tricolores, les passages piétons... et l'essentiel de la question.


Fabien D'Almeida

fdalmeida007@gmail.com
Fabien D'Almeida ...Correctement politique


Source: PENSEES NOIRES.INFO

mardi, 04 octobre 2011

CRIME DE SANG EN COTE D'IVOIRE: LA CPI LIVRE LES RESULTATS DE SES ENQUETES - OUATTARA ET SORO INDEXES



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Les récentes sorties médiatiques de deux membres du gouvernement Ouattara posent à nouveau la question de la comparution du chef d'Etat ivoirien M. Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale. Selon le ministre des Droits de l'homme et des Libertés publiques du gouvernement Ouattara «un transfèrement du Président, Laurent Gbagbo à la Haye serait à l'étude». Ce transfèrement, selon lui «faciliterait le processus de réconciliation».

Dans le même registre, Guillaume Soro déclarait "La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis dans les journaux .Il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. « Mais arrêtons! », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Bouaké : «Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », a-t-il poursuivi à l'adresse des partisans du président Gbagbo.

Visiblement cette course de vitesse engagée par le camp Ouattara aurait pour but de dépassionner le débat à la veille des élections législatives prévues le 11 décembre 2011 et alors même que les bruits d'un possible coup de force ne se dégonflent toujours pas du coté d'Abidjan. Des arrière-pensées de politique intérieure seraient donc à la base de cette subite accélération du gouvernement Ouattara. La Cpi ne devrait cependant pas se laisser embarquer dans cette course à l'échalote si elle ne veut pas voir sa crédibilité sérieusement entamée. Les opposants d'Alassane Ouattara ont cru déceler dans cette agitation gouvernementale une tentative d'instrumentalisation de la Cpi par son gouvernement.

A propos de la crise ivoirienne, le procureur de la Cpi, M Luis Moreno-Ocampo avait demandé en juin dernier, l'autorisation des juges pour diligenter une enquête impartiale sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Côte d'Ivoire depuis la dernière élection présidentielle, le 28 novembre 2010.

Effectivement et pour faire suite à la requête du camp Ouattara, la Cpi a enquêté en Côte d'Ivoire et remis un rapport intitulé «situation in the Republic of Côte d'Ivoire». La version publique de ce document est consultable en ligne à l'adresse suivante : http://www.icc-cpi.int/iccdocs/ doc/doc1223025.pdf

Les dépositions des victimes y ont été classées en deux groupes. Celles relatives à des faits ayant eu lieu avant le 28 novembre 2010 et celles qui sont liées à des faits postérieures à cette date. Les juges de la Cpi ont sélectionné des faits classés comme des atteintes graves aux droits humains. Sur un ensemble de 655 victimes interrogées, 567 ont déclaré faire partie du lot concerné par les violences de l'après 28 Novembre. Lorsque les juges se sont penchés sur les auteurs de ces crimes, il est apparu très clairement que les hommes de Ouattara ont été les responsables des violences sur 3/4 de cette population et les hommes de M. Gbagbo sur 1/4.

Les juges se sont aussi penchés sur le cas des victimes de la période antérieure au 28 novembre 2011. La responsabilité des hommes de Ouattara et Soro est presque totale dans ce dernier cas de figure. 68% attribuée aux hommes de M. ouattara, 28% aux hommes de Guillaume Soro et 4% aux hommes de Gbagbo.

Au regard de ce document, les trois principaux responsables des crimes contre l'humanité perpétrées en Côte d'ivoire ces dernières années, sont clairement identifiés. Messieurs Alassane Ouattara, Guillaume Soro et le président Laurent Gbagbo.

S'il s'agit de punir ceux qui ont été sur le terrain alors ce sont les chefs militaires qui ont fait exécuter les ordres de barbarie qui devront être recherchés et poursuivis. Mais si à l'inverse ce sont les hauts responsables politiques qui devront répondre, alors les trois cités nommément par le rapport de la Cpi devraient être tous convoqués par la Cpi.

Ouattara et Soro Guillaume peuvent s'appuyer sur leur logique de «justice des vainqueurs» en Côte d'ivoire, mais on ne voit pas vraiment pourquoi la Cpi prendrait le risque de se décrédibiliser en les suivant dans cette logique et surtout après avoir rendu publique ce document.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 13 février 2010

PAS D'ELECTION EN COTE D'IVOIRE AVANT LE 31 OCTOBRE 2010!

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Le magistrat Zahiri Ziki Sébastien, qui affirme l'avoir reçu de DIEU, l'avait dit, avec beaucoup d'assurance, il y a deux années de cela. Plus d'un ne lui avaient accordé aucun crédit, ni même un regard. Est-il en passe, aujourd'hui, au regard des derniers développements de l'actualité politique ivoirienne, de confondre tous les thuriféraires et tous les Cassandres de l'Accord Politique de Ouagadougou (APO) et de la sortie de crise, qui le jetèrent aux orties et le vouèrent aux gémonies, à commencer par le Ministre Désiré Tagro, son ex-patron, qui l'avait limogé à ce motif? La suite des évènements nous le dira! En attendant, relisons-le.

 

 

C’est le 16 avril  2008 que Dieu m’a révélé, de façon précise, la date de la présidentielle, point de départ des élections générales en Côte d’Ivoire. Deux jours plutôt, le 14 avril 2008, la date du 30 novembre 2008 venait d’être fixée par Décret pris en Conseil des Ministres. Au cours des échanges que j’ai eus avec lui, le Seigneur m’a d’abord indiqué que la date fixée n’était pas bonne. Elle était placée sous un mauvais signe, le nombre de la bête appelée aussi le diable ou Satan : 666 (cf. Apocalypse 12 :9 et 13 :18) ***. Par la suite, il m’a révélé la date à laquelle il va permettre que la présidentielle soit organisée : dimanche 31 octobre 2010.

 

Il a présenté cette date comme la meilleure, non seulement parce qu’elle est conforme à sa volonté (cf. Romains 12 :2), mais aussi parce qu’elle interviendra après qu’on aura définitivement fini avec la crise armée et pour marquer la renaissance  de la Côte d’Ivoire ou un nouveau départ pour notre pays. C’est le sens du chiffre symbolique sous lequel cette date est placée : le chiffre 8, somme des chiffres composant cette date du  31/10/2010 (3+1+1+2+1= 8).

 

Le symbolisme de ce chiffre se vérifie encore par le fait que non seulement le chiffre huit vient après le chiffre sept,  mais aussi la date du 31 octobre 2010 intervient après sept ans de crise armée (8ème année, si la crise devrait se poursuivre) et après sept dates annoncées et non respectées (8ème date). Or dans le symbolisme biblique, le chiffre sept est aussi celui de l’achèvement (Genèse 2 :2-3), après lequel on assiste à un nouveau commencement ou renouveau.

 

A ce symbolisme, on peut ajouter que le 31/10/2010 intervient dans l’année du jubilé de l’indépendance de la Côte d’Ivoire (50 ans) laquelle, au sens biblique, est une année de liberté et de libération économique (Lévitique 25). Or nous l’avons dit, l’enjeu de la crise ivoirienne, c’est l’indépendance économique de notre pays, la libération du joug néocolonialiste de la France.

 

Je peux donc dire qu’avec l’an 2010, nous entrons dans le temps de Dieu, pour le début des élections générales en Côte d’Ivoire, tel qu’il l’a voulu (cf. Ecclésiaste 3 :11 et 8 :5). C’est pourquoi, selon une révélation que Dieu m’a faite le 16 novembre 2009, il ne permettra plus qu’une date autre que le dimanche 31 octobre 2010 soit fixée, pour la présidentielle dans notre pays (cf.  Daniel 2 :21-23 et Habacuc 2 :1-3).

 

 La question se pose dès lors de savoir comment nous allons y arriver effectivement ?

 

Lire toute la révélation

DISSOLUTION DU GOUVERNEMENT ET DE LA CEI: LA COTE D'IVOIRE SUR UNE PENTE RAIDE

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Le Président Laurent Gbagbo vient de dissoudre la Commission Electorale Indépendante (CEI) et le gouvernement (hier, vendredi 12 février 2010, à 20h; il était temps, en ce qui concerne le gouvernement!). A la surprise générale. Il faut l'avouer, il a pris tout le monde, ou presque, à contre-pied. La décision est justifiée mais est-elle opportune? Nul ne saura le dire avant d'avoir vu ses effets induits dans les jours et mois à venir.

Sans d'emblée en juger, je crois avec force que tandis que nous y sommes (cas de force majeure), il faut faire un grand nettoyage dans le cercle gouvernemental. Je précise ma pensée. A vouloir un gouvernement de sortie de crise, autant y aller de la façon la plus radicale qui soit: Le Premier Ministre Soro Guillaume et le Président Gbagbo doivent nous "pondre" une équipe de personnalités neutres et de technocrates. Il doivent, eux-mêmes, se dessaisir de tous leurs proches, trop marqués politiquement, en renouvelant cette incroyable équipe de crabes, de crapauds et de scorpions faite de DNC, de DDC, de militants outrancièrement engagés, de responsables politiques de premier plan et autres, qui tirent la Côte d'Ivoire vers le bas. Ce côté peut être positif pour notre pays. Parce que nous sommes fatigués de voir ces hommes et ces femmes, marqués politiquement, être payés à ne rien faire... Du moins, payés à piller les caisses de leurs ministères pour le compte de leurs partis politiques.

Mais comment les hommes politiques ivoiriens et surtout les "opposants" du Président Gbagbo et leurs relais élyséens vont-ils gérer cette situation nouvelle, cette nouvelle donne, et que va t-il en advenir à la Côte d'Ivoire? J'en donne ma langue au chat et je m'en remets à DIEU! L'avenir n'a jamais été plus incertain. Ivoiriens, il va nous en falloir des tripes!

Que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire!

DINDE Fernand AGBO

 

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Dissolution de la CEI et du gouvernement:

L'intégralité du discours du Président Laurent Gbagbo

"Depuis près de deux mois, une grave crise secoue la Commission électorale indépendante (CEI). Comme nous le savons, en particulier à l’issue de l’enquête diligentée par le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, le Président de cette institution, Monsieur Robert Beugré Mambé a mené une opération illégale, visant à obtenir l’inscription frauduleuse de 429 030 personnes sur la liste électorale.

Cette affaire intervient alors que nous sommes dans la dernière phase de l’établissement de la liste électorale, dernière étape vers l’organisation du scrutin présidentiel.

Ainsi, au moment où nous pensions être au bout de nos efforts pour avoir des élections propres, nous constatons qu’en réalité le processus de paix que nous avons patiemment élaboré est pris en otage par des partis politiques à travers leurs représentants au sein des institutions chargées de le mettre en œuvre. Le président de la Commission Electorale Indépendante n’a pas agi conformément à ce que la nation était en droit d’attendre de lui à savoir, demeurer rigoureux, neutre et impartial.

C’est dans ce contexte que l’on voit se multiplier des attaques contre les symboles de l’Etat : Des tribunaux saccagés à Divo, Man, et Katiola. Des sous-préfectures incendiées, notamment dans le département de Vavoua.

Ces faits montrent que nous ne sommes pas face à une simple crise dans la crise. Au-delà du processus électoral, c’est l’Accord Politique de Ouagadougou dans son ensemble que l’on veut saboter. Je rappelle que cet accord, signé entre les Forces Nouvelles et le président de la République, vient de notre volonté de donner un instrument à la Côte d’Ivoire pour aller à la paix. Il nous a permis de faire des progrès qu’aucun autre instrument ne nous avait donné l’occasion de réaliser. Nous n’avons aucune raison de l’abandonner. Au contraire, nous devons lever tous les obstacles à sa mise en œuvre.

Aujourd’hui, malgré tous les acquis, le processus de paix est à nouveau en panne. Nous sommes toujours face aux mêmes circonstances qui nous ont amenés hier, à prendre des mesures exceptionnelles pour ouvrir une perspective de paix à notre pays.

C’est pourquoi, afin de lever toute hypothèque sur le processus de paix et permettre à la Côte d’Ivoire d’aller, en toute confiance, à des élections propres, je prends, en vertu de l’article 48 de notre Constitution, les mesures suivantes :

Premièrement, la Commission électorale indépendante (CEI) est dissoute. Je demande au Premier ministre de me proposer dans un délai de sept jours, à compter d’aujourd’hui, le format d’une nouvelle Commission électorale crédible, qui pourra organiser des élections justes et transparentes.

Deuxièmement, le gouvernement est dissout. Je reconduis le Premier ministre Soro Guillaume, dans ses fonctions. Il est chargé de me proposer dès le lundi 15 février 2010 un nouveau gouvernement.

Je veux, pour la Côte d’Ivoire, un gouvernement de sortie de crise. Un gouvernement au service des Ivoiriens et non aux ordres des partis politiques. La mission de ce gouvernement sera de conduire, sous l’autorité du président de la République et du Premier ministre, les dernières actions nécessaires pour sortir la Côte d’Ivoire définitivement de la crise.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie."

Source du texte: Le Blog de Théophile Kouamouo