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mercredi, 07 février 2018

LE SOCIOLOGUE GUINEEN AMADOU DOUNO INCENDIE MACRON: «LE DEFI DE L’AFRIQUE, C’EST DE SE DEBARRASSER DE LA FRANCE»

 

 

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Par Amadou Douno – Le président français, Emmanuel Macron, a déclaré : «Avec une famille qui a sept, huit enfants en Afrique, investissez des milliards, rien ne changera. (…) Le défi de l’Afrique est civilisationnel.» Le sociologue guinéen Amadou Douno, professeur à l’Université Ahmadou-Dieng de Conakry, lui répond.

 

«Les Africains n’ont pas besoin de votre civilisation de débauche. Parce qu’avec votre civilisation : un homme peut coucher avec un homme ; une femme peut coucher avec une femme ; un président célibataire peut avoir deux maîtresses à la fois ; une femme peut coucher avec son chien ; un enfant peut insulter son père et sa mère sans problème ; un enfant peut faire emprisonner ses parents.»

«Avec votre civilisation, quand les parents prennent de l’âge, on les emmène à la maison de retraite, et, enfin, avec votre civilisation, un jeune homme peut vivre avec une femme qui a l’âge de sa mère ou sa grand-mère sans problème. Votre cas en est une parfaite illustration ! Les Africains n’ont aucune leçon de civilisation à recevoir de gens comme vous ! L’Afrique est de loin le continent le plus riche au monde avec ses énormes richesses minières. Ce qui retarde ce continent, c’est le pillage à grande échelle de ses ressources par les grandes puissances, la France en tête !»

«Tout le malheur de l’Afrique vient de ce pays qui réalise ses ambitions sur le dos des Africains, avec la complicité de ces traîtres qui n’hésitent pas à sacrifier des générations entières en livrant leurs pays à l’ancienne puissance colonisatrice. Ces derniers confient tous les secteurs clés de leurs économies à la France. En réalité, ils mènent la stratégie ou vision politique voulue par l’ancien colon. Ce qui contribue à enfoncer leurs populations dans une misère et une pauvreté extrême. Ceci est la cause des coups d’Etat, des guerres civiles, des génocides, des famines, avec des despotes à la tête de ces pays qui sont maintenus au pouvoir par la France, car cette dernière satisfait toutes leurs exigences !»

«La France n’est rien sans l’Afrique ! Le jour où les pays africains tourneront le dos à la France, ce pays plongera dans le chaos ! Tant que les pays africains ne se départissent pas de cette domination de l’ancienne puissance coloniale, en prenant en charge leur propre destin, comme l’ont fait les pays asiatiques, ce sera très difficile pour eux de sortir du gouffre.»

«Le défi de l’Afrique, c’est de se débarrasser de la France. Parce que cette dernière n’est pas la solution à son sous-développement, elle est au cœur du problème !»

 

Source : ALGERIE PATRIOTIQUE.COM

samedi, 02 juillet 2011

NAFISSATOU DIALLO EST-ELLE UNE «BANDIT GUINEE»?


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La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.


Rebondissement dans l'affaire DSK: l'accusation menace de s'effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu'il occupait. Les collaborateurs du procureur, d'abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd'hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu'il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l'affaire. Mais l'accusation pourrait s'effondrer en raison des mensonges répétés qu'aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C'est le surnom qu'on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d'argent troublants

Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l'asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu'elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l'éventuel parti financier à tirer d'une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d'une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d'importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d'argent effectués depuis l'Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n'avoir qu'un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu'elle décrit comme son fiancé et ses amis.

D'autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d'un viol, qu'elle aurait mentionné lors de sa demande d'asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l'immigration n'en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu'elle a fait à l'immigration.

«C'est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l'assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.

Qui n'a jamais menti?

Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d'une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu'elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n'a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d'où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu'elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s'est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d'asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l'islam et l'excision n'avait retrouvé son passeport néerlandais qu'après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l'un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s'est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l'aider.

 

Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

 

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STRAUSS-KAHN RESTE UN VIOLEUR PRESUME


Par Claude Ribbe

Selon le New York Times, la crédibilité de l'accusatrice aurait été entamée par des faits relevés par deux enquêteurs dont l'identité n'a pas été révélée. Quels sont ces faits ? Après son agression, et donc après avoir déposé plainte, Nafissatou Diallo aurait eu une conversation avec un détenu accusé d'avoir été en possession de 200 kg de marijuana. Cet homme, avec des amis, aurait fait des dépôts sur des comptes ouverts au nom de Nafissatou Diallo, pour un montant de 100 000 dollars au cours des deux dernières années. Dans la conversation, enregistrée par la police, Nafissatou Diallo aurait évoqué les indemnités qu'elle pourrait obtenir à la suite de sa plainte.

Qu'en conclure ? Si ces faits sont avérés (ce qui reste à démontrer) dans le pire des cas, Nafissatou aurait parmi ses amis un trafiquant de marijuana qui aurait déposé, en deux ans, 100 000 dollars sur des comptes à son nom. Nafissatou aurait gardé des relations avec cet ami, son « fiancé » peut-être, malgré son arrestation. Elle l'aurait appelé pour lui dire qu'elle avait été violée, ce qui n'est sans doute pas une révélation facile à faire. Elle lui aurait dit que le seul aspect positif de cette histoire, c'est qu'elle aurait peut-être droit à des dommages-intérêts. Si Nafissatou a parlé au téléphone sans penser qu'elle était écoutée, cela révèle de sa part une certaine naïveté qui plaide plutôt en sa faveur. A-t-elle profité de ces 100 000 dollars déposés sur des comptes à son nom ? Etait-elle informée des dépôts ? A-t-elle rendu service à son ami en connaissance de cause ? Autant de questions auxquelles elle pourra certainement apporter des réponses. Au pire que son petit ami, un petit trafiquant de shit peut-être, aurait pu être mieux choisi, qu'il l'a mise dans le pétrin en se servant d'elle pour blanchir de l'argent. Choisit-on toujours bien ceux qu'on aime ? Une question qu'il faudrait poser à Anne Sinclair, à supposer qu'elle agisse par amour.

Du blanchiment d'argent : pas des millions de dollars. Cent mille dollars en deux ans ! Quelques journées d'argent de poche pour Dominique Strauss-Kahn. Si les comptes étaient à son nom, étrange que Nafissatou n'ait jamais été inquiétée pour complicité de blanchiment, alors que son petit ami, lui, est en prison. Etrange qu'une conversation téléphonique enregistrée par la police voici cinq semaines ne soit révélée que maintenant au procureur. Quant à avoir évoqué les possibles réparations pour le crime qu'elle affirme avoir subi, même avec un petit trafiquant incarcéré, où est le problème ? Comme Anne Sinclair, elle espérait peut-être avoir assez d'argent pour le faire sortir de prison. Avec cette différence qu'elle est noire, pauvre, et musulmane. De quoi Strauss Kahn, qui, lui, a demandé que la teneur de ses conversations téléphoniques précédant son arrestation, ne soient pas communiquées, peut-il bien parler, sinon de sexe, d'argent et de pouvoir ? Strauss-Kahn n'a certainement que des amis en règle. Aucun voyou, c'est sûr, dans ses relations. Et, bien entendu, il n'a jamais déposé d'argent liquide sur aucun de ses comptes. Le fait que son lieutenant François Pupponi règle ses frais de bouche avec la carte bleue de la SEM chaleur de Sarcelles n'est évidemment pas de nature à affaiblir ses dires.

Un trafiquant de shit ! Peut-être noir, en plus ! C'est bien pire qu'un violeur présumé de négresses. Un tiers des Français entre 18 et 64 ans (soit plus de 13 millions) admettent pourtant - selon une enquête publiée la semaine dernière - avoir fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4 % au cours du dernier mois : Il faut bien que ce cannabis vienne de quelque part. Eh oui : il y a des trafiquants. Des gros et des petits. C'est sans doute très vilain, mais pour le moment, la marijuana n'a encore tué personne. On n'en dira pas autant de l'alcool. Voire du Viagra dont certains obsédés sexuels font une consommation peut raisonnable et qui pourrait expliquer bien des débordements. Continuons la liste des turpitudes de Nafissatou invoquées par les enquêteurs anonymes. Elle aurait affirmé aux policiers avoir mentionné un viol et une excision dans sa demande d'asile aux USA et, vérification faite, on ne trouve pas trace de ces éléments dans son dossier. Damned ! Quelle affaire ! Cela voudrait dire qu'elle n'aurait jamais été violée ni excisée ?

Qu'y a-t-il dans tout cela qui exonère Strauss Kahn des graves accusations portées contre lui ? Rien ! Un Strauss-Kahn aurait le droit de violer impunément une femme parce qu'elle serait la copine d'un dealer de shit et qu'elle se serait embrouillée dans ses déclarations pour obtenir le droit d'asile ? Faut-il être une sainte (comme Anne Sinclair) pour être crue sur parole quand on affirme avoir été violée ? Intéressant pour un homme qui se dit de gauche.

La révélation de ces broutilles, compte tenu du système de procédure pénale américain, a permis à Strauss-Kahn, quasi-mécaniquement, d'obtenir illico une libération sur parole et de récupérer la caution versée par sa femme. On s'en réjouit pour elle. On s'en réjouit pour lui. Sa vie sexuelle va s'en trouver plus épanouie. En espérant qu'il n'y aura pas de nouvelles plaintes. Cependant, les accusations sont bien maintenues par le procureur. Strauss-Kahn n'a pas récupéré son passeport et se trouve toujours inculpé de crimes très graves. Il est libre d'être sur le territoire américain, le FBI aux fesses. La réhabilitation tant espérée par les amis zélés du violeur présumé, son élection à la présidence de la République en 2012, restent pour l'instant assez hypothétiques. Quel dommage ! On aurait tant aimé voir Strauss-Kahn débarquer, plus triomphant encore qu'un otage libéré, et, fort de sa supériorité naturelle, annoncer sa candidature à la primaire socialiste, malgré ce « troussage de domestique» d'autant moins important qu'il ne s'agissait que d'une négresse. Et tout le monde sait que "les négresses sont plus chaudes que les blanches" (Flaubert, Dictionnaire des idées reçues). En somme l'exercice anodin, j'oserais presque dire à la sarcelloise, d'un droit de cuissage sur une indigène qu'Anne Sinclair- ah la sainte femme ! - aurait, une fois de plus, pardonné.


Source: Le Blog de Claude Ribbe

samedi, 26 mars 2011

LA GUINEE FAIT SON ENTREE OFFICIELLE DANS LA FRANÇAFRIQUE


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Guinée, Bolloré, Sarkozy: l'embarrassante affaire du port de Conakry

Par Sylvain Courage


Officiellement, le sujet sensible n'est pas à l'ordre du jour du premier rendez-vous entre Alpha Condé et Nicolas Sarkozy ce mardi. Mais la prise de contrôle par le groupe Bolloré de la principale infrastructure de ce pays très riche en minerais soulève bien des questions et nous replonge dans les arcanes de la "Françafrique".


Port de Conakry, extérieur nuit. Le 8 mars, aux alentours de 21 heures, une escouade de policiers et de militaires guinéens, kalachnikovs en bandoulière, investissent les docks où sommeillent grues et conteneurs. Le commando saute sur les bureaux de Getma International, la société française qui exploite la zone portuaire depuis 2008. Les salariés sont expulsés manu militari. Les locaux, bouclés à double tour. "Réquisition?" L'ordre est tombé du palais présidentiel: un décret signé Alpha Condé, le chef de l'Etat guinéen. L'un des innombrables autocrates du continent? Non, Alpha Condé est le premier président de la République de Guinée démocratiquement élu le 3 décembre 2010. Après avoir passé quarante ans dans l'opposition aux despotes corrompus qui ont ruiné son pays, il se définit lui-même comme le "Mandela guinéen". Un nationaliste, un progressiste, naguère professeur de droit public à la Sorbonne.

Ce 8 mars, le professeur Alpha a-t-il décidé une nationalisation musclée de la principale infrastructure de ce pays riche en minerais, mais qui figure parmi les plus pauvres du monde? Pas vraiment. Dès le 10 mars, deux jours après l'expulsion, Alpha Condé accorde une nouvelle concession de vingt-cinq ans... au groupe Bolloré. Cette multinationale tricolore s'est taillé un colossal empire en Afrique: ports, transports, plantations. Presque tout ce qui circule sur le continent passe entre ses mains. Son patron, Vincent Bolloré, aussi puissant qu'énigmatique, est à tu et à toi avec tous les potentats d'Afrique de l'Ouest. Il est aussi le grand ami de Nicolas Sarkozy - c'est sur son yacht que le président français fraîchement élu était allé se reposer après la victoire de 2007.

Pas de hasard

Coïncidence? Nicolas Sarkozy accueille le 22 mars Alpha Condé pour sa première visite officielle à Paris. Quelques jours après la reprise en main du port au profit de Bolloré. Pour les habitués du vol Conakry-Paris, il n'y a pas de hasard : cette réception en grande pompe avec tapis rouge et garde républicaine serait la contrepartie de la faveur accordée à Bolloré l'Africain...

L'affaire en tout cas est emblématique: même la "transition démocratique" n'empêche pas les vieilles habitudes, les jeux des influences, les conflits d'intérêts. Autour de ce dossier sensible s'activent en effet beaucoup de "sorciers blancs": hommes de réseau, de communication ou conseillers de l'ombre. Parmi eux, l'ancien ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. "C'est mon frère jumeau", dit de lui Alpha Condé: les deux hommes se sont connus au lycée Turgot dans les années 1960 et ne se sont jamais perdus de vue. Quand il dirigeait le ministère des Affaires étrangères, Kouchner n'a pas ménagé ses efforts pour l'organisation d'un scrutin libre en Guinée. Depuis qu'il n'est plus au gouvernement, il multiplie les visites à Conakry et dispense ses "conseils" à "Alpha". Il y était encore la semaine dernière. "La Guinée peut devenir le phare de l'Afrique", s'enthousiasme l'ex-ministre. L'ex-French doctor, qu'on dit proche de Bolloré, a-t-il aussi fourni ses "conseils" pour la gestion du port? Et joué les entremetteurs pour faciliter la visite de Condé à Paris? Le petit milieu de la Françafrique, qui se souvient de son rôle de consultant auprès de feu Omar Bongo, est en ébullition. Il est vrai que l'"opération nettoyage" sur le port de Conakry a de quoi stupéfier même les plus cyniques et les plus endurcis des businessmen.

Une plainte pour corruption internationale

A peine Getma a-t-il été éjecté du port que les cadres de Bolloré, escortés par les forces de l'ordre, se sont en effet installés dans ses locaux, récupérant les ordinateurs, les archives, les grues... "Nous avions déjà investi 30 millions d'euros pour moderniser les installations, acheter des engins de manutention. Le comportement des autorités guinéennes qui nous ont expulsés manu militari et celui de Bolloré qui utilise nos actifs sont injustifiables", s'étrangle Richard Talbot, le fondateur de Necotrans, la maison mère de Getma, un groupe de 3.000 salariés qui prospère dans l'import-export en Afrique.

Talbot s'estime lésé et lance une procédure qui rompt avec tous les "codes" en vigueur dans le monde opaque du négoce africain, où les concurrents lavent généralement leur linge sale en famille. Il porte plainte auprès du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, pour "corruption internationale". Son avocat, Pierre-Olivier Sur, n'y va pas de main morte: "Nous souhaitons que la justice enquête sur le fait que Bolloré a soutenu la campagne électorale d'Alpha Condé par le biais de l'agence de communication Euro RSCG, qu'il contrôle, et a obtenu la concession du port de Conakry".

Chez Bolloré, on rejette toutes ces accusations en bloc?: "Les autorités guinéennes ont retiré la concession à Necotrans car cet opérateur ne tenait pas ses promesses d'investissement. Bolloré, qui était arrivé en deuxième position de l'appel d'offres de 2008, est apparu comme un partenaire plus professionnel, réellement en mesure de développer une infrastructure vitale pour le pays". Et Me Olivier Baratelli s'indigne: "Nous engagerons des plaintes contre tous les propos inqualifiables et scandaleux de Necotrans, qui organise une campagne pour salir une entreprise du CAC 40 et obtenir de l'argent. Il est inadmissible de faire croire qu'un groupe comme Bolloré ait pu corrompre un chef d'Etat étranger".

Le parcours sinueux de Bolloré

Aujourd'hui, en tout cas, Vincent Bolloré tient sa revanche. En 2008, il a très mal vécu d'avoir été écarté de la gestion du port de Conakry par plus petit que lui. A l'époque, son groupe tente d'abord de négocier de "gré à gré" avec l'autocrate Lansana Conté, encore au pouvoir à l'époque. "Bolloré proposait un 'ticket d'entrée' dérisoire de 1 million d'euros", assure l'avocat de Necotrans. Les protestations des concurrents obligent les autorités à lancer un appel d'offres.

A ce jeu, le groupe Necotrans, implanté en Guinée depuis vingt-cinq ans, est le mieux-­disant. Son "ticket d'entrée" atteint 15 millions d'euros. Il propose aussi un loyer de 10 euros annuels par mètre carré et une redevance de 10 euros par conteneur. "Cela devait rapporter 22 millions d'euros par an à l'Etat guinéen contre 9,7 millions pour l'offre de Bolloré", affirme Necotrans. Noté 86,77 sur 100, la proposition du groupe de Richard Talbot décroche la timbale devant Bolloré (76,72) et le géant danois du fret maritime Maersk (72,98).

Mais, en septembre 2008, juste après la signature de la concession, la donne politique change. Lansana Conté, diminué depuis des années, meurt. Une junte militaire dominée par l'inquiétant capitaine Dadis Camara prend le pouvoir et conteste la gestion du port: "Le gouvernement sortant s'est entêté à brader notre port. Pour servir quels intérêts?" Camara joue les vertueux... ou réclame sa part. Chez Necotrans, on fait observer que ce retournement "intervient après une visite, remarquée en ville, d'une équipe de Bolloré..." Paranoïa de ceux qui voient la main de Bolloré partout? Toujours est-il qu'en 2009 la concession de Necotrans est suspendue pendant quatre mois. Puis le groupe français se "rabiboche" avec le pouvoir militaire. Pour peu de temps. Car la bataille féroce pour le contrôle du port est soumise aux convulsions d'une guerre civile qui ne dit pas son nom.

Le despote Dadis Camara tombe après un an de pouvoir émaillé de violences et de crimes, notamment l'assassinat de 157 opposants lors d'une manifestation au stade de Conakry, une tuerie condamnée par l'ONU. Les diplomaties occidentales finissent par s'émouvoir. Camara, qui échappe de peu à un attentat, est "exfiltré"vers le Burkina Faso. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et le Département d'Etat américain s'activent en coulisses - comme l'ont récemment confirmé les télégrammes publiés par le site WikiLeaks - pour lui trouver un successeur: le vieux général Sékouba Konaté, qui accepte de ressusciter un pouvoir civil issu d'élections libres. Les cartes politiques - et donc commerciales - sont rebattues. Le groupe Bolloré, qui n'a pas renoncé, voit revenir au premier plan un homme sur lequel il peut fonder quelques espérances: Alpha Condé.

Un plan com' bien conçu

L'éternel opposant a de solides appuis en France. En 2001, le président Jacques Chirac s'est ému de sa condamnation pour "haute trahison" et de son emprisonnement. Détenu pendant vingt-huit mois à la prison de Conakry, il finira par être libéré grâce à l'action d'un efficace comité de soutien présidé par Albert Bourgi - frère de Robert, lui-même héritier des réseaux gaullistes en Afrique. Déjà candidat à deux reprises à la présidence lors des élections bidonnées de 1993 et 1998, l'ancien militant tiers-mondiste de la Fédération des Etudiants d'Afrique noire en France (FEANF) et membre de l'Internationale socialiste peut évidemment compter sur Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères. Mais aussi sur Pierre-André Wiltzer, camarade de fac et ministre de la Coopération du gouvernement Raffarin, de 2002 à 2004. Enfin, et peut-être surtout, il jouit du soutien de Vincent Bolloré.

Aux dires des connaisseurs, le rapprochement entre l'entrepreneur breton et le panafricaniste remonte aux années 1990. Pierre Aïm, businessman condamné pour une fraude douanière au Sénégal et poisson-pilote de Bolloré auprès de Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et d'Idriss Déby (Tchad), en aurait été l'artisan. A la tête de son parti d'opposition le Rassemblement du Peuple de Guinée, Alpha Condé voit sa campagne électorale prise en charge par Euro RSCG Worldwide, l'agence de communication contrôlée par la holding familiale de Vincent Bolloré et présidée par Stéphane Fouks. Africaine en diable, l'agence "animera" aussi la campagne du président sortant Laurent Gbagbo, en Côte d'Ivoire, où le port est passé sous pavillon Bolloré depuis belle lurette...

En juin 2010, "Un Africain engagé", livre d'entretiens conçu pour mettre en valeur le profil d'homme d'Etat d'Alpha Condé, paraît aux Editions Jean Picollec. Il est signé Jean Bothorel, ancien éditorialiste du "Figaro"... qui fut, en 2007, chez le même Jean Picollec, le biographe de Vincent Bolloré. Le plan com est bien conçu: "Je me souviens d'avoir enregistré une interview chez Euro RSCG pour promouvoir le livre et le parcours d'Alpha Condé", dit Bothorel.

Au premier tour de l'élection, Alpha Condé ne recueille que 18% des voix mais croit en son étoile. "C'est le score qu'a fait Wade quand il a battu Diouf au Sénégal", répète-t-il à ses visiteurs. A Paris, en revanche, Sarkozy doute des chances de ce "professeur" de 73 ans qui prétend restaurer la démocratie et mettre fin au pillage des ressources et à la corruption. L'arithmétique des désistements et des reports des voix devait profiter à son adversaire Cellou Dalein Diallo, ancien Premier ministre de Lansana Conté. Issu de l'ethnie dominante des Peuls, il passe pour favori face au Malinké Alpha Condé. Sarkozy en fait son champion...

En conseil des ministres, il lance à Kouchner: "Vous auriez besoin d'une calculette, Bernard..." Pourtant Condé l'emporte avec 52% des suffrages. Election validée par la commission électorale malgré une contestation des partisans de Diallo violemment réprimée à Conakry. Le 21 décembre, sa cérémonie d'investiture est l'occasion de grandes retrouvailles: Bernard Kouchner et Pierre-André Wiltzer sont de la partie... "Nous étions déjà au courant de son intention d'annuler la concession et d'exaucer Bolloré. J'ai essayé de le prendre à part et d'argumenter, mais il m'a renvoyé vers un fonctionnaire du ministère guinéen des Transports qui m'a reçu le lendemain et ne m'a plus jamais reparlé", raconte Wiltzer, recruté tout exprès par Necotrans pour assurer son "lobbying".

Le film s'accélère le 3 février 2011. Ce jour-là, Vincent Bolloré lui-même fait le voyage de Conakry. Il est hébergé à la résidence personnelle d'Alpha Condé et visite avec lui les installations portuaires, escorté par les motards de la garde présidentielle. La rumeur d'une remise en question de la concession court dans toute la ville. Mais Necotrans, dont les nerfs sont mis à rude épreuve, ne fait officiellement l'objet d'aucun grief avant d'être expulsé du port par un commando d'hommes en armes. "Nous n'avons jamais reçu de réclamations, ni de mise en demeure. Alpha Condé a préféré utiliser la force, car la voie légale lui interdisait de nous expulser comme il l'a fait et de confier le port à Bolloré sans même procéder à un nouvel appel d'offres", souligne l'avocat Cédric Fischer.

Evidemment, les partisans de Condé font une autre lecture de cette expulsion: le président guinéen voudrait nettoyer le passé, mettre au pas les sociétés étrangères qui ont "exploité" la Guinée sans vergogne, faire appel à de nouveaux investisseurs qui ne se sont pas compromis avec ses sanglants prédécesseurs. N'a-t-il pas, par exemple, confié la construction du chemin de fer Conakry-Kankan à l'opérateur brésilien Vale, introduit par son ami l'ex-président brésilien Lula?

Bernard Kouchner, lui, relativise les mésaventures de Necotrans: "Cette petite entreprise n'était sans doute pas à la hauteur. Alpha a pris une sage décision. Et ce qui devrait faire du bruit, c'est que pour la première fois, un pays d'Afrique accède à la démocratie..." Problème, l'ancien ministre de la Santé, qui œuvre à la construction d'une "maison de la mère et de l'enfant?», financée par "de grandes entreprises françaises"- ceci afin que "les Guinéennes n'accouchent plus par terre" - est logé dans les locaux de la filiale locale du groupe Bolloré...

Des requins dans les ports

Quelle sera l'issue de la guérilla juridique qui s'engage? "C'est le pot de fer contre le pot de terre", reconnaît-on chez Necotrans, dont l'existence est menacée, à terme, par la perte de la concession de Conakry. Une chose est sûre: reçus par André Parant, le Monsieur Afrique de l'Elysée, les avocats du groupe ont été écoutés d'une oreille polie, mais distraite. Du côté du ministre de la Coopération, Henri de Raincourt, on veut croire à une forme de compromis entre deux spécialistes de la manutention portuaire qui collaborent déjà à Abidjan, à Cotonou et à Pointe-Noire...

"Nos concurrents internationaux rigolent bien de ce genre de pugilat", dit un initié de la Françafrique. Pris d'assaut par les businessmen du monde entier, le Novotel de Conakry ne désemplit pas. Et les vols d'Air France sont complets. "Trop de gens veulent profiter de l'ouverture après des années de junte militaire pour mettre la main sur les mines de bauxite, de fer, de diamants ou réaliser l'électrification de la ville", raconte le journaliste Amara Moro Camara, de l'hebdomadaire "le Démocrate". Les Guinéens ont compris que les requins des affaires n'ont pas fini d'écumer les eaux du port...


Sylvain Courage

© Copyright Le Nouvel Observateur


Source: TELEDIASPORA.NET

19:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Guinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, guinée, france, bolloré en guinée, l'embarrassante affaire du port de conakry | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 09 mars 2011

SILENCE, ON TUE ET ON EGORGE A ABOBO!

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Violences dans la commune d'Abobo : Alassane Ouattara fait égorger des Ivoiriens dans l'indifférence et dans l'impunité. Les mercenaires de la Cedeao venus principalement du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal mais aussi de la Guinée, aidés dans leur sale besogne par les mercenaires d'Alassane Ouattara et les militants du Rhdp, sévissent gravement à Abobo et environs.


Les nouvelles qui nous parviennent de la commune d'Anyama et plus précisément celle d'Abobo, peuplée d'environ 1,900 million d'âmes, ne sont pas rassurantes. Ces communes peuplées en majorité des ressortissants de la sous-région ouest-africaine, s'apprêtent à opérer la tragédie humaine jamais réalisée dans l'histoire de la Côte d'Ivoire et qui pourrait, si rien n'est fait, envoisiner la tragédie rwandaise, sans extrapolation.

On sait depuis deux semaines que plusieurs milliers de populations ont fui les tueries perpétrées par «le commando invisible» composé de mercenaires convoyés par centaines par l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci). Connaissant la forte densité de cette commune, on en déduit aisément que, les déplacés représentent un nombre infime de l'ensemble des populations.
Par conséquent, ceux qui - les plus nombreux-, n'ont pas eu cette chance de fuir les massacres qui s'y perpètrent de jour comme de nuit deviennent des proies faciles. En attendant que le nombre exact soit livré par les organismes étatiques et connu par le grand public, tirer dès maintenant la sonnette d'alarme n'est pas illusoire.

Plusieurs faits en notre possession montrent que des domiciles sont pillés, incendiés et leurs habitants éliminés sans autre forme de procès. Beaucoup d'Ivoiriens sont restés coincés et ne peuvent plus sortir de cette commune de peur d'être identifiés et livrés à la vindicte des tueurs.
Certains encore se barricadent entre quatre murs, parce que refusant de «céder» les habitations qu'ils ont bâties depuis des années au prix de mille efforts, sont à la merci des mercenaires et autres populations de la Cedeao hostiles et ayant pris faits et causes pour Alassane Dramane Ouattara.
D'autres parmi lesquels on dénombre de nombreux vieillards et surtout des malades, se sont tout simplement résignés et attendent leurs bourreaux pour les achever. Dans le village d'Anokoua Kouté, plus d'une dizaine de jeunes ont été égorgés dans la nuit de dimanche 6 à lundi 7 mars, dont une femme qui se prénomme Lucie brûlée vive.

Notre informateur coincé dans le village et qui cherche désespérément à fuir, évoque de nombreux cadavres qui jonchent les ruelles du village d'Anonkoua Kouté. A des barrages de fortunes que ces mercenaires et ressortissants de la Cedeao érigent dans les ruelles des sous quartiers, tout Ivoirien qui vient à passer là est automatiquement identifié et tué à coups de machette.
De nombreuses scènes affligeantes se sont déroulées, le week-end écoulé, dans divers sous quartiers allant de Clouétcha, Kennedy, en passant par Samaké, Agbékoua, Akéikoa, Derrière-Rail etc. Des Ivoiriens dans leur propre pays sont repérés, stigmatisés, arrêtés et sauvagement égorgés sous les cris de joie des ressortissants de la Cedeao. Ces derniers estiment avoir trouvé l'occasion unique de faire fortune.

Mais surtout de « se venger de ces prétentieux Ivoiriens qui pensent que la Côte d'Ivoire leur appartient à eux-seuls». Sont-ce là quelques quolibets entendus par des partisans d'Alassane Dramane Ouattara qui s'en donnent à cœur joie aux tueries des Ivoiriens dont les noms ne sont pas à consonance nordique.

Et quand bien même que des Ivoiriens de souches porteurs des noms du Nord sont arrêtés à des barrages érigés dans ces sous quartiers, ce n'est pas toujours évident qu'ils aient la vie sauve.
Ces derniers devant s'exercer à échanger avec les tenants desdits barrages en langue Malinké ou Dioula tout en déclinant le nom de leur village ou région de naissance, pour espérer s'extirper d'Abobo. Nous sommes en plein dans le délit de faciès et il ne fait pas bon de se sentir Ivoirien sur sa propre terre.

Les mercenaires de la Cedeao venus principalement du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal mais aussi de la Guinée aidés dans leurs basses besognes par les mercenaires d'Alassane Dramane Ouattara, sévissent dans cette commune située en plein cœur d'Abidjan. Combien sont-ils ces Ivoiriens qui ont été égorgés ? Personne n'en a le nombre avec exactitude.
Toujours est-il que le massacre continuait jusqu'à hier (lundi 7 mars 2011) et ce, depuis un mois que les terroristes y sévissent de jour comme de nuit. A cette allure, nous allons tout droit vers une épuration ethnique, et le mot n'est pas fort quand on sait la méthode utilisée et la haine qu'ont ces mercenaires de la Cedeao des Ivoiriens. Il faut secourir les Ivoiriens d'Abobo et sauver ce qui peut l'être. A tous les prix !


Source: FACEBOOK

lundi, 13 décembre 2010

GUINEE : COMMENT FRANCE ET ETATS-UNIS ONT ECARTE LE CHEF DE LA JUNTE


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In Le Nouveau Courrier N°152 du 11 Décembre 2010

L'occasion était trop belle pour neutraliser un chef de l'État devenu très embarrassant. Français et Américains cherchaient à écarter le capitaine Moussa Dadis Camara depuis le massacre des militaires de la garde présidentielle d'au moins 156 opposant à Conakry, en Guinée, le 28 Septembre 2009.


Les événements du 3 décembre vont forcer le destin. Ce jour-là, le chef de la junte militaire au pouvoir depuis moins d'un an est victime d'une tentative d'assassinat. Grièvement blessé à la tête, le chef de la junte est envoyé d'urgence vers le Maroc pour y être hospitalisé. Dans la foulée, un diplomate américain en poste à Ouagadougou écrit : "La communauté internationale est d'une façon générale sur la même position. L'absence de Dadis a ouvert une fenêtre d'opportunité pour faciliter une transition démocratique."

"Bien qu'il ait été chassé de la scène violemment plutôt que par des moyens constitutionnels, il serait mieux pour la Guinée qu'il ne rentre pas dans son pays", ajoute l'ambassadrice américaine en poste à Conakry, Patricia Moller, dans un des télégrammes diplomatiques obtenus par WikiLeaks et révélés par Le Monde.

"Erratique, violent, imprévisible"

Au passage, la diplomate qualifie le comportement de Dadis d'erratique, violent, imprévisible", n'augurant qu'un "triste avenir pour la Guinée". Français et Américains partagent ce diagnostic. Mais comment tenir Dadis éloigné de son pays ? Paris et Washington insistent auprès des Marocains pour qu'ils le gardent "pendant longtemps". Une course contre la montre est engagée.

Moins de deux semaines après son hospitalisation, Dadis Camara manifeste déjà son désir de quitter Rabat où il était arrivé le 4 décembre, "dans le coma, (avec) des éclats de balles dans le crâne".

Un interlocuteur guinéen de l'ambassade américaine au Maroc avertit des éventuelles conséquences du retour du chef de la junte. "Dadis a recruté des mercenaires sud africains et israéliens qu'il a regroupés, au côté de ses propres hommes, à Forecariah, (...) dans l'ouest du pays.

(...) Sa milice compte 2 000 à 3 000 hommes dotés d'armes en provenance d'Ukraine. Le risque de conflit et de déstabilisation menace toute la région", rapporte le numéro deux de l'ambassade américaine, Robert P. Jackson.

Le seul véritable espoir

Début janvier 2010, à Rabat, le général Sékouba Konaté, qui n'a pas encore assumé l'intérim jusqu'à l'élection présidentielle du mois de juin, se montre, en privé, tout aussi réticent au retour de son "frère" Dadis. "Il a été explicite, affirme le ministre marocain des affaires étrangères, Taieb Fassi Fihri. Dadis ne doit pas être autorisé à rentrer en Guinée, ni à participer à la transition."

Selon la même source marocaine, le général a aussi "reconnu que les responsables, depuis Dadis jusqu'au plus petit complice, devaient être traduits devant un tribunal guinéen ou (...) international".

Mais en attendant, que faire de Dadis alors que le Maroc - qui l'avait accueilli "sans que le gouvernement marocain n'ait été préalablement consulté" - entend se débarrasser rapidement d'un homme susceptible de faire l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour le massacre du 28 septembre ? On lui cherche un autre pays d'accueil pour du "long terme". "Le 7 janvier, le roi Mohamed VI a appelé le président du Gabon, Ali Bongo (qui) a refusé. Le ministre français des affaires étrangères, Bernard Kouchner, prévoit de demander au président congolais, Denis Sassou-Nguesso."

Le Sénégal, l'Arabie saoudite, la Gambie et la Libye sont évoqués. Finalement, le 12 janvier 2010, Mohamed VI prend "la décision abrupte", "pour ne pas dire totalement inattendue", selon les Américains, de l'expédier par avion sanitaire au Burkina Faso. Lequel Burkina "ne sera mis au courant que peu de temps avant l'arrivée de Dadis Camara à Ouagadougou". Le capitaine guinéen pensait quant à lui rentrer à Conakry.

Pendant tout ce temps, Paris et Washington cherchent un successeur à Dadis. Un nom, un seul, émerge des télégrammes : le général Sékouba Konaté, alors ministre de la défense et chef de la junte par intérim. "Au regard des fréquentes discussions entre Hillary Clinton et Bernard Kouchner et de l'unité de vue entre les deux capitales, Sekouba Konaté offre le seul véritable espoir pour une transition politique." Seul problème, le général se dit "fatigué" et "pas intéressé par le pouvoir".

Finalement, début janvier, le général Konaté est "prêt à rentrer à Conakry et à mettre en œuvre l'accord de Ouagadougou", qui stipule notamment "l'interdiction" faite à Dadis Camara de rentrer en Guinée et pose les bases de la transition vers un pouvoir civil grâce à l'organisation rapide d'élections. Le 7 novembre a eu lieu le deuxième tour de la première élection présidentielle démocratique de Guinée depuis l'indépendance en 1958. Et Dadis Camara se trouve toujours en convalescence forcée à Ouagadougou.


LEMONDE.FR

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 03 février 2010

28 SEPTEMBRE: DADIS "RESPONSABLE DE RIEN" SELON LA COMMISSION D'ENQUETE NATIONALE

 

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La commission d'enquête guinéenne sur le massacre du 28 septembre a rendu des conclusions opposées à celles de la commission d'enquête de l'ONU. Le commandant Moussa Tiégboro Camara, président de la commission (et lui même responsable de la tuerie selon le rapport de l'ONU) affirme que le chef de la junte, Moussa Dadis Camara, n'est pas responsable de la tuerie, qualifiée de simple "infraction de droit commun".

Le président de la commission d'enquête mise en place par la junte guinéenne sur le massacre du 28 septembre à Conakry a affirmé mardi que le chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara, n'avait aucune responsabilité dans la tuerie.

"Ils ne sont responsables de rien"

Interrogé sur la responsabilité du chef de la junte et du ministre chargé des services spéciaux, le commandant Moussa Tiégboro Camara, le président de la commission, le procureur Siriman Kouyaté, a affirmé devant la presse: "Ils ne sont responsables de rien. Il est établi que le président (Camara) n'est jamais venu au stade" où avait eu lieu la tuerie d'opposants.

Cette commission nationale contredit ainsi la commission d'enquête de l'ONU qui avait pointé "une responsabilité pénale individuelle" du chef de la junte, de son ex-aide de camp, le lieutenant Aboubacar Chérif Diakité dit Toumba, et du commandant Tiegboro Camara.

La commission nationale a, en revanche, recommandé des poursuites judiciaires contre Toumba, en fuite depuis qu'il a tiré, le 3 décembre, sur le chef de la junte, actuellement en convalescence au Burkina Faso.

A la question "Toumba a-t-il obéi à des ordres?", le procureur a répondu: "Je ne crois pas, pas que je sache. Peut-être a-t-il désobéi aux ordres donnés par le chef d'état-major des armées (stipulant que) tous les militaires devaient rester dans les casernes. Certainement, il a désobéi".

"Il y a Toumba Diakité, une équipe de bérets rouges (garde présidentielle) et d'autres personnes non encore identifiées (qui doivent être poursuivies, ndlr). Il y a plein de personnes, il n'y a pas que lui", a-t-il cependant ajouté, sans citer d'autres noms.

"Infractions de droit commun"

"Des gens doivent être poursuivis devant les juridictions guinéennes car ce sont des infractions de droit commun", a soutenu le procureur, contredisant ainsi l'ONU qui accuse les hautes autorités guinéennes de crimes contre l'humanité justifiant la saisine de la Cour pénale internationale.

Le magistrat s'exprimait, au Palais du peuple, devant quelques dizaines de personnes, après avoir présenté un résumé du rapport de la commission nationale d'enquête mise en place par la junte et boycottée par l'opposition.

Les journalistes n'ont pas eu accès directement au document.

Le 28 septembre, les forces de défense et de sécurité avaient battu, poignardé, tué par balles des opposants au régime militaire rassemblés dans le plus grand stade de Conakry, et de nombreuses femmes avaient été violées en public par des soldats.

La Commission d'enquête de l'ONU a fait état d'au moins "156 personnes tuées ou disparues".

La commission nationale a conclu que seules 58 personnes étaient mortes le 28 et cinq autres "les jours suivants dans les hôpitaux", soit un total de 63.

Elle a par ailleurs recommandé une "amnistie générale" pour les leaders de l'opposition qui avaient appelé à la manifestation du 28 septembre.

"Ceux qui bénéficient de l'amnistie, ce sont les politiciens qui, avant le 28 septembre, avaient bravé d'une certaine façon le pouvoir", a précisé M. Kouyaté. "Le Premier ministre (de transition, Jean-Marie Doré) est de leur rang aujourd'hui. Donc remuer le fer dans la plaie aurait compliqué la situation", a-t-il dit.

Le chef de la junte avait maintes fois affirmé que la faute du "carnage" incombait à ces "leaders" qui avaient maintenu un rassemblement interdit.

Source: Jeune Afrique

17:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : guinée, conakry, moussa dadis camara, commission nationale guinéenne, tuerie du 28 septembre 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 24 décembre 2009

L’ACTIVISME NAUSEABOND DE LA FRANCE CONTRE LA GUINEE

 

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Quelle célérité de la part de ceux qui s'arrogent le droit d'être appelés la « Communauté Internationale » pour traduire les autorités guinéennes devant le Tribunal Pénale International ! : La France, appuyée en cela par les Etats-Unis !

En effet, après deux rapports au pas de course de Human Rights Watch et de la commission d'enquête ad hoc de l'ONU pour les tueries du stade de Conakry, avant même que l'ensemble des membres du Conseil de Sécurité n'en reçoive copie et que le document ne soit traduit et remis à tous les ambassadeurs près l'ONU, la France demande voire exige, depuis hier (mercredi 23 décembre 2009) que les autorités guinéennes soient traduites, « très rapidement (sic !) » devant les instances judiciaires internationales. Pour cela, elle réclame la saisine immédiate du TPI (le tribunal des perdants, des pauvres et des faibles).

En vue d'empêcher, dit-elle, le Capitaine Moussa Dadis Camara (atteint par balle à la tête par son aide de camp Toumba Diakité, au cours d'une tentative d'assassinat manquée et hospitalisé au Maroc), de revenir prendre les rênes de la Guinée. Elle compte ainsi parvenir à circonscrire le risque d'éclatement d'une guerre civile au pays de Sékou Touré (vraiment ?).

Diantre, dans quel monde sommes-nous ? Un pays planificateur de tueries et de coups d'Etat à la pelle, en Afrique, est-il fondé à donner des leçons au monde et à exiger quoi que ce soit ?

On se souvient encore de l'implication clairement démontrée de la France dans le génocide Rwandais (même si elle s'obstine à tout nier en bloc et à se refuser à toute repentance ou excuse) et dans les crises à répétition sur le continent noir avec leur cortège de morts, notamment en Côte d'Ivoire, au Niger, à Madagascar, au Togo, au Tchad, au Gabon, en Centrafrique, au Congo Brazzaville et même au Ghana (coup d'Etat manqué contre John Kufuor). Et la liste n'est pas exhaustive, loin s'en faut !

Les 6, 7, 8 et 9 novembre 2004, en Côte d'Ivoire, la France, à travers sa Force Licorne a tiré avec du gros plomb contre des Ivoiriens aux mains nues qui manifestaient contre un coup d'Etat en cours et la prise en otage de leur pays.

87 femmes, hommes et jeunes (dont un enfant de 11 ans, à Port-Bouët, devant le 43 ème BIMA) ont ainsi trouvé la mort, dans des conditions particulièrement atroces, sans compter les milliers de blessés dont certains portent des séquelles et des handicaps à vie.

A-t-on entendu un pépiement de la part de qui que ce soit dans le monde ou ne serait-ce qu'une parole de compassion pour le pauvre peuple de Côte d'Ivoire meurtri et bafoué sur sa propre terre ? Non !

A-t-on même entendu les africains ? Non ! Ils s'étaient tous terrés dans une incompréhensible couardise, dans l'inconséquence générale et un manque criant de solidarité ! Ils ont même voté la mise sous embargo de la Côte d'Ivoire par l'ONU, assortie de sanctions individuelles qui demeurent jusqu'à ce jour, dans l'illogisme le plus complet et l'incongruité la plus totale. Grâce à la France.

Et bien que des preuves à profusion existent contre la France dans cette tuerie innommable, la Côte d'Ivoire n'a jamais vu passer, par ici, même l'ombre de Human Rights Watch (les Ivoiriens ne sont peut-être pas des humains, sait-on jamais !) et d'une quelconque commission d'enquête ad hoc de l'ONU.

Voici révélée toute la laideur de notre monde et des prétendus organisations et pays de liberté et des Droits de l'Homme. Et il y a bien pire ! Je vous en fais l'économie.

Alors, qu'aujourd'hui, cette France-là demande justice et réclame le TPI pour les autres, là où une bibliothèque n'arriverait pas à contenir le récit de tous ses crimes en Afrique et dans le monde, c'est véritablement le monde à l'envers !

Même si la junte au pouvoir en Guinée est indéfendable, cet activisme nauséabond de la France choque fortement ma morale et suscite, chez moi, étonnement et interrogations.

Je crois qu'il faut plutôt voir derrière ce zèle surréaliste, non pas de l'amour pour le peuple guinéen, de la solidarité ou un quelconque désir de justice, mais la volonté d'une nation impérialiste de se positionner durablement dans un pays qui s'est affranchi de sa tutelle, aux temps des indépendances, qui lui a toujours échappé et à qui elle l'a durement fait  payer.

Les africains devrait, eux-mêmes, prendre en main le dossier guinéen et aider ce digne peuple frère à se relever de cinquante années de misère profonde. Parce que je continue à croire en l'Afrique et à penser que le peuple noir n'est pas frappé de l'atavisme de la médiocrité morale et de la misère intellectuelle.

Africains, ne croyons surtout pas que la France, par toutes ces gesticulations, ait l'intention de nous donner les preuves de son amour. Elle n'a que des intérêts et n'est mue que par eux. Et si nous consentons à lui donner le coup de pouce complice pour dépecer la junte (malheureusement) au pouvoir en Guinée et embrigader ce pays frère, alors il faudra désespérer de l'Afrique. De fait, que chacun s'attende à connaître son tour et à ne bénéficier d'aucune solidarité.

Des militaires et des civils ont pris le pouvoir, en Afrique, par des coups d'Etat, avec la bénédiction de la « Communauté Internationale ». Pour ne citer que deux exemples, on se souvient encore du voyage du Général François Bozizé, en France en 2003, et de son retour en Centrafrique suivi du renversement du régime en place, celui du civil Ange-Félix Patassé, démocratiquement élu de surcroît.

Il y a le cas plus récent du séjour d'une semaine d'Ange Rajoelina, un DJ insurrectionniste notoire d'Antananarivo, à l'ambassade de France à Madagascar, officiellement pour raison de sécurité. Dès qu'il en sort, coup d'Etat retentissant contre Marc Ravalomanana, Président de la République malgache.

Dans les deux cas, les tergiversations de la « Communauté Internationale » pour condamner ces dérives ont été hallucinantes. Au final, elle s'est contentée d'en prendre simplement acte.

D'où vient-il donc qu'en Guinée, on veuille nous faire croire au Père Noël (même si nous sommes en Décembre. Tout de même) ?

Dans le dossier guinéen, il n'est question que d'intérêts et de profits ; rien d'autres. Qu'on ne vienne donc pas nous dire des contes de fées.

Je tiens à l'affirmer tout net pour éviter toute équivoque : Ce n'est pas de la sauvegarde ou de la préservation du pouvoir de Dadis Camara dont je me préoccupe autant mais plutôt du peuple guinéen frère, de sa paix, de son intérêt supérieur et de son bonheur souverain. Une crise guinéenne gérée maladroitement et dans la précipitation en coûtera plus à ces frères qu'un recours judicieux à la sagesse et à la mesure.

La solution qui, pour moi, s'impose en Guinée, à la suite de toutes les observations que j'ai faites de la situation, c'est de permettre aux Africains et au peuple guinéen de résoudre, eux-mêmes, cette crise. Il faut multiplier les initiatives et les médiations entre les parties en présence, en Guinée. De la concertation persévérante et obstinée et des professions de bonne foi des guinéens sortiront des solutions et des dispositions salutaires pour ce peuple frère. Pour une fois, prouvons que nous sommes intelligents, en Afrique (après, bien sûr, la leçon du dialogue direct ivoirien).

C'est bien le passage en force auquel la France est en train de nous conditionner et nous conduire qui, plutôt, provoquera le chaos redouté. Car, il ne faudrait jamais l'oublier, ce sont des militaires aguerris qui sont au pouvoir. Ils ne seront certainement pas prêts à se laisser tondre la laine sur le dos et ça, il faudra le comprendre. Aucun recours à la force et aux intrigues mafieuses impérialistes ne peut aboutir. Ne provoquons pas chez les putschistes un raidissement irréversible, un basculement dans le totalitarisme et la décision de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille, pour se mettre à l'abri des poursuites judiciaires. Au meilleur des cas, ce à quoi de tels procédés conduiront, c'est à la recolonisation de la Guinée, par l'arrivée aux commandes du pays de personnalités que celle qui s'agite, aujourd'hui, s'arrangera (comme toujours) à imposer. Il faudra alors craindre le bradage des immenses ressources minières de la Guinée aux entreprises impérialistes françaises qui rechignent à la concurrence et qui affectionnent les prébendes et les contrats léonins (Areva au Niger, Total au Gabon, au Tchad et au Congo Brazzaville, Bolloré en Côte d'Ivoire et au Sénégal, etc.).

Je recommande donc à mes frères africains la prudence, la patience et la compréhension pour conduire le dossier guinéen à bon port. De sorte que nous en sortions tous gagnants. Nous n'avons pas besoin d'un embrasement général de la sous-région ouest africaine. En tout cas, pas la Côte d'Ivoire !

 

Que DIEU bénisse l'Afrique !

 

DINDE Fernand AGBO

17:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Guinée, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : afrique, guinée, dadis camara, tribunal pénal international, onu, human rights wath, activisme nauséabond | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 24 novembre 2009

VIOLS EN GUINEE: REALITE OU MANIPULATION?

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Depuis la survenue de la crise guinéenne et après l'inacceptable tuerie du 28 septembre 2009, au Stade de Conakry, un trésor d'énergie est déployé pour diaboliser plus que de nature Dadis Camara, le chef de la junte au pouvoir. Parmi les accusations les plus véhémentes, celle de viols perpétrés contre des guinéennes sur les lieux du drame.

Un mail au vitriol circule même sur le Net pour mobiliser le peuple frère de Guinée contre cette bande de "Bilakoros" (sic!), qui doit être éjectée au plus tôt.

Mais là où je suis resté personnellement interrogatif et même sceptique, c'est quand les seules preuves de viol qu'on nous produit dans ce mail débordant d'outrecuidance, d'impertinence et d'invectives, sont les trois photos ci-dessus, avec pour commentaire (extrait):

"Elle a eu beaucoup de chance : celle d’être "simplement" violée ! Tu as aidé ce malade frustré, qui a déclaré avoir été mis au monde par une femme de plus de 60 ans, à devenir plus fou et ivre de pouvoir. Voici comment tes filles, tes femmes, tes sœurs, tes mamans et tantes ont été violées, souillées et tuées en pleine journée et en public par cette bande. Il s'agit là des preuves qui enfonceront Dadis, Pivi, Sékouba, Thieboro, Toumba, Moussa Keita, Korka et leurs nervis et complices (notamment le félon Komara) devant une juridiction internationale".

Et l'auteur du mail de conclure son papier: " Merci et bravo aux leaders politiques ! Merci à la France et à l’Union Européenne pour le soutien au peuple de Guinée ! Merci à l’Union Africaine et à la CEDEAO pour le soutien et de ne plus associer les vieux Kaddafi et Wade aux affaires guinéennes !".

Ce qui a fait dire à un frère ivoirien:

"J'ai entendu parler, dans la presse, de viol de femmes par des militaires en Guinée, en plein stade et de jour. J'en attendais des preuves car cela dépassait tout entendement humain.

Après avoir consulté les photos, je reste convaincu que cette information est de la pure intox car quand on veut prouver par des photos qu'une femme a été violée, il y a mieux que ça à produire comme pièces à conviction. J'invite mes frères guinéens à ne pas se diaboliser les uns les autres car la faute présumée d'un guinéen (tuerie) n'excuse pas celle d'un autre guinéen (intoxication). Les problèmes de la Guinée doivent trouver solution entre guinéens, pas par la communauté internationale, un terme qui ne veut rien dire. Parole de ressortissant ivoirien ayant l'expérience directe de la crise du 19 septembre 2002."

 

Attention donc, Africains! Que la juste colère et l'aspiration légitime à la paix et à la liberté ne nous fasse pas tomber dans le travers odieux de la manipulation et dans le danger de prêter notre flanc à la récupération européenne ou internationale qui risque d'installer pire au pouvoir. A bon entendeur... salut!

 

DINDE Fernand AGBO

12:03 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Guinée | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : dadis camara, guinée, viols en guinée, conakry 28 septembre 2009 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 04 janvier 2009

AFRIQUE: LA RESURGENCE DES COUPS D'ETAT ET DES TENTATIVES DE COUPS D'ETAT

LANSANA CONTE.jpg
Analyse. Par Komi TSAKADI

Le dernier coup d’Etat militaire en date sur le continent africain, intervenu en Guinée, le 23 décembre dernier au lendemain de la mort du Président Lansana Conté qui avait dirigé le pays durant 24 ans, vient s’ajouter à la longue liste des coups d’Etat et tentatives de coups d’Etat ayant fait du continent africain le lieu privilégié de ce mode d’accession au pouvoir en ce XXIe siècle.

Définitions du coup d’Etat

Pour définir le coup d’Etat, nous retiendrons quelques exemples de définitions.

Pour Paul LEROY, « le coup d’Etat s’analyse en un changement de gouvernement opéré, hors des procédures constitutionnelles en vigueur, par une action entreprise au sein même de l’Etat au niveau de ses dirigeants ou de ses agents. Cette action (…) est soudaine et sollicite généralement la force » (« Le coup d’Etat », in O. DUHAMEL et Y. MENY, Dictionnaire constitutionnel, Paris : P.U.F, 1992, p. 240).

Pour Jean-Pierre PABANEL, « c’est une pratique volontaire et consciente de l’armée ou d’une partie de celle-ci pour s’emparer des institutions étatiques et occuper le pouvoir d’Etat » (Les coups d’Etat militaires en Afrique noire, Paris : L’Harmattan, 1984, p. 5).

Pour Issaka SOUARE, c’est « une saisie illégale au plus haut niveau de l’autorité d’un Etat par un nombre restreint des officiers militaires dans une opération discrète qui ne dépasse pas quelques jours » (Guerres et civiles et coups d’Etat en Afrique de l’Ouest : comprendre les causes et identifier des solutions possibles, Paris : L’Harmattan, 2007, p. 55).

Ces définitions permettent de distinguer le coup d’Etat du conflit armé interne ou de la rébellion.

En effet, contrairement à un conflit armé interne ou à la rébellion, le coup d’Etat ne dure pas longtemps. Il se caractérise par sa soudaineté, sa brièveté. Le caractère discret du coup d’Etat implique un nombre réduit d’acteurs alors que pour le conflit armé interne, on a besoin d’un grand nombre de personnes.

Condamnation du coup d’Etat comme mode d’accession de pouvoir en Afrique

Pendant la période 1960-1990, la seule forme de prise de pouvoir dans les pays africains était le coup d’Etat : 267 coups d’Etat ou tentatives de coups d’Etat ont été dénombrés (1). L’adoption de nouvelles Constitutions instituant le multipartisme par les pays africains dans les années 1990 avait fait croire que la période des coups d’Etat, qui était le seul moyen de prendre le pouvoir auparavant dans un contexte de parti unique, était révolue.

Mais il continue de ponctuer la vie politique des pays africains. En moyenne, on dénombre par an au moins 3 coups d’Etat ou tentatives de coups d’Etat depuis 1990, à tel point qu’en juillet 1999, lors du 35e sommet à Alger (Algérie) de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) devenue Union africaine (UA), une déclaration condamnant l’usage du coup d’État comme mode d’accession de pouvoir en Afrique a été adoptée.

Pour autant, il y a lieu de constater que ce texte n’a pas fait baisser cette moyenne. On continue de recenser des coups d’Etat et tentatives de coup d’Etat sans compter ceux imaginaires ou inventés par certains dirigeants pour détourner l’attention de leurs citoyens sur les vrais problèmes et faire des purges et des exécutions sommaires et extrajudiciaires.

Causes des coups d’Etat en Afrique

La déclaration d’Alger ne semble pas avoir mis fin à la pratique des coups d’Etat militaires comme mode de conquête de pouvoir et l’Afrique sera, sans nul doute, en proie dans les mois et les années à venir, à un nombre sans cesse croissant de projets de coups d’État, voire des coups d’État si leurs causes ne sont pas identifiées en vue de les prévenir. Les signes avant-coureurs sont perceptibles dans bon nombre de pays africains.

En effet, selon beaucoup d’auteurs, « l’environnement sociopolitique » prévalant dans les pays concernés est la cause principale des coups d’Etat. Selon ces auteurs, la faible culture politique, voire son inexistence dans certains pays, rend vulnérables ces pays à l’intervention militaire dans les affaires politiques (2).

Tout porte à croire que l’Union Africaine et ses partenaires, tels que l’Union Européenne, les Nations Unies, l’Organisation internationale de la Francophonie, pourtant engagés dans la prévention des conflits, n’ont pas encore pris l’ampleur de ce phénomène, se contentant à l’annonce de chaque coup d’État ou tentative de coup d’État déjoué, de condamner sans s’attaquer aux causes sous-jacentes, notamment l’opposition muselée, le refus d’alternance, les élections truquées, le « tripatouillage » des Constitutions pour supprimer la clause de limitation des mandats à deux quinquennats ou pour léguer le pouvoir à qui on veut, le plus souvent au fils du président comme au Togo…

Ce feuilleton sans fin de coups d’État et de tentatives de coups d’État appelle à une réflexion urgente sur le mécanisme d’accession au pouvoir en Afrique. Pour ce faire, tout comme le bannissement des coups d’État, les fraudes électorales, les missions internationales d’observation électorale dévoyées, les « tripatouillages » des Constitutions doivent être condamnés et sanctionnés.

Quelle solution ?

L’Union Africaine, par la déclaration d’Alger de 1999, condamne toute rupture de l’ordre constitutionnel résultant des coups d’État avec des sanctions automatiques contre les auteurs. Mais aucune mesure n’est prévue contre les dirigeants qui usent de manœuvres frauduleuses et du « tripatouillage » des Constitutions pour se maintenir durablement au pouvoir.

Au risque de voir se proliférer dans les prochaines années, des coups d’État « libérateurs », pour changer de régime et favoriser l’alternance, les signes annonciateurs (bâillonnement de l’opposition, fraudes électorales, « tripatouillage » des Constitutions…) subsistant dans bon nombre de pays, il est impératif pour l’Union Africaine et ses partenaires de repenser la gestion du pouvoir politique dans les pays africains.

Il convient de renforcer les capacités des acteurs politiques à animer une vie politique apaisée et démocratique en Afrique, ce qui implique l’exigence d’élections libres et transparentes pouvant conduire à des alternances démocratiques.

A défaut d’élections libres et transparentes qui pourront permettre de voir se succéder aux affaires des hommes et des femmes plus inspirés et animés par l’exigence de résultats, proposant des idées nouvelles et performantes pour sortir résolument les populations de la misère, nous assisterons à la multiplication des coups d’État et des projets de coups d’État avec le « risque jurisprudentiel Bozizé-Guéi » (3), contre les dirigeants africains dont la mauvaise gouvernance et le refus de l’alternance cristallisent nombre de critiques.

Loin de moi l’idée de défendre ou de justifier les coups d’État ou les projets de coups d’État, même ceux qualifiés de pro-démocratiques car ayant pour objectif de créer les conditions de l’essor de la démocratie. D’ailleurs quelle opposition dans beaucoup de pays sur le continent ne s’en prévaudrait pour souhaiter la même thérapie à son profit ?

Le risque est grand que la résurgence des coups d’Etat persiste car l’Union Africaine pas plus que ses partenaires, malgré leur condamnation de toute prise de pouvoir par ce biais, ne sont pas en mesure de faire pression sur les dirigeants actuels des pays africains pour garantir des élections libres et transparentes aux populations africaines et un droit de l’opposition à une alternance démocratique, meilleurs antidotes contre les coups d’Etat en Afrique.

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(1) T.Y. WANG, « Arms Transfers and Coup d’Etat: A study on Sub-Saharian Africa », Journal of Peace Research, 1998, vol. 35, n° 6, p. 669.

(2) I. SOUARE, Guerres et civiles et coups d’Etat en Afrique de l’Ouest : comprendre les causes et identifier des solutions possibles, Paris : L’Harmattan, 2007, p. 132.

(3) Il s’agit des militaires qui prennent le pouvoir et qui, à la suite de la transition, décident de se présenter aux élections, contrairement au président Toumani Touré qui ne s’est pas présenté aux élections après avoir conduit la transition au Mali.

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Biographie sommaire

Moustapha BENCHENANE, Les coups d’Etat en Afrique, Paris : Publisud, 1983.

Edouard N. LUTTWAK, Coup d’Etat, mode d’emploi, Paris : Odile Jacob-Opus, 1996.

Jean-Pierre PABANEL, Les coups d’Etat militaires en Afrique noire, Paris : L’Harmattan, 1984.

Issaka SOUARE, Guerre civiles et coups d’Etat en Afrique de l’Ouest, Paris : L’Harmattan, 2007.


Coups d’Etat et tentatives de coup d’Etat en Afrique depuis 1999

1999

9 avril, Niger, coup d’Etat

30 avril, Comores, coup d’Etat

24 décembre, Cote d’Ivoire, coup d’Etat

2001

8 janvier, Cote d’Ivoire, tentative de coup d’Etat

16 janvier, Congo Démocratique, tentative de coup d’Etat

22-23 juillet, Burundi, tentative de coup d’Etat

28 mai, Centrafrique, tentative de coup d’Etat

19 décembre, Comores, tentative de coup d’Etat

2-3 décembre, Guinée-Bissau, tentative de coup d’Etat

2002

19 septembre, Cote d’Ivoire, tentative de coup d’Etat

5 août, Niger, tentative de coup d’Etat

25 octobre, Centrafrique, tentative de coup d’Etat

2003

15 mars, Centrafrique, coup d’Etat

7-8 juin, Mauritanie, tentative de coup d’Etat

9 juin, Liberia, tentative de coup d’Etat

16 juillet, Sao Tomé e Principe, tentative de coup d’Etat

14 septembre, Guinée-Bissau, coup d’Etat

Fin septembre, Burkina Faso, tentative de coup d’Etat

2004

Mars, Guinée-Equatoriale, tentative de coup d’Etat

28 mars, Congo Démocratique, tentative de coup d’Etat

11 juin, Congo Démocratique, tentative de coup d’Etat

9 août, Mauritanie, tentative de coup d’Etat

28 septembre, Mauritanie, tentative de coup d’Etat

2005

5 février, Togo, coup d’Etat

3 août, Mauritanie, coup d’Etat

2006

22 mars, Gambie, tentative de coup d’Etat

13 avril, Tchad, tentative de coup d’Etat

Août, Burundi, tentative de coup d’Etat

2007

19 juillet, Liberia, tentative de coup d’Etat

2008

6 août, Mauritanie, coup d’Etat

22 novembre, Guinée-Bissau, tentative de coup d’Etat

23 décembre, Guinée, coup d’Etat

SOURCE: http://www.rdpg.org//index.php?option=com_content&task=vi...

17:51 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : coup d'état, guinée, tentatives de coups d'état | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |