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mercredi, 06 janvier 2016

QUI EST LAURENT GBAGBO ? PAR Me CHEIK KOUREYSSI BA, AVOCAT AU BARREAU DE DAKAR

 

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Maitre Cheik Koureyssi BA , Avocat au Barreau de Dakar

 

Extrait d’interview :

On va parler de la Côte d’Ivoire si vous le voulez bien. Pour vous, c’est qui, Laurent Gbagbo ?


Jérémie et Job à la fois ! L’homme politique le plus dénigré et le plus diffamé qui soit, mais aussi le dirigeant africain qui a connu le plus d’épreuves douloureuses tout au long de sa longue marche, à la fois ! Même séquestré, il continue d’être accusé de tous les crimes !

Les disparus du Novotel, pro-Gbagbo notoires, enlevés alors que la résidence présidentielle de Cocody est sous un déluge de feu : c’est Gbagbo !

Le général Guéi, tué avec tous ses proches pendant que le président se trouve en visite officielle en Italie et que ses ministres, officiers, gendarmes sont affreusement assassinés et que c’est la débandade au plus haut niveau de l’Etat : c’est Gbagbo !

Le journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer enlevé et abattu alors que son enquête sur les magouilles du cacao révèle le rôle du trader Antony Ward de Armajaro, patron et mari de la sœur de Loïc Folloroux lui-même fils de Madame Ouattara Dominique Nouvian ex-veuve Folloroux, les pratiques spéculatives de la rébellion qui attaque toujours pour entraver la commercialisation du cacao et permettre donc la constitution d’énormes stocks, lesquels ne seront vendus qu’après que les prix se sont envolés à des hauteurs inédites pour des centaines de milliards de bénéfices allant dans les poches de Ouattara, Soro et leurs chefs de guerre : c’est Gbagbo qui l’a tué !

Et que dire de ces innombrables victimes, toujours « ramassées », découvertes et photographiées par les journaux proches de Ouattara au détour d’une rue, mutilées et sauvagement torturées, des morts dont la proximité et les incompatibilités d’humeur avec Ouattara, Soro Guillaume ou leurs chefs de guerre sont avérées : encore Gbagbo !

Les escadrons de la mort, Gbagbo !

Les charniers, à commencer par celui de Yopougon, où le principal protagoniste, un Malien payé en faux billets par Ouattara soi-même et qui, après son élargissement de prison au Mali pour détention et usage de ces faux billets, viendra se répandre dans la presse ivoirienne et confesser sa participation à la mascarade ? Encore et toujours Gbagbo !

Le vrai- faux massacre des femmes  marcheuses d’Abidjan où l’on s’est rendu compte qu’entre Hollywood et Bollywood, il pouvait bien y avoir de la place pour les rebelles cinéastes de Ouattara à Abobollywood assistés par l’Afp et les grandes chaînes de télévisions, avec une morte ensanglantée qui se relève, croyant la scène terminée, et qui s’entend hurler en malinké « recouche toi, ce n’est pas encore fini ! » : ne cherchez pas midi à quatorze heures, c’est encore l’effaceur qui est passé par là !

Voilà Laurent Gbagbo côté cour, le monstre que les professionnels du média-mensonge ont fabriqué et dont l’image a été pasteurisée et «vendue » aux naïfs et aux hurluberlus de la terre, tout cela pour en finir avec lui par tous les moyens ! Parce qu’il symbolise la nouvelle Afrique, celle qui refuse de se coucher et qui a décidé de se tenir debout et de marcher vers son destin !

Evidemment, tout cela est peine perdue dans la mesure où les Ivoiriens, même ceux qui ne l’aiment pas, savent à quoi s’en tenir vis-à-vis de cet homme qui est resté constant dans sa démarche et sur qui les humiliations, campagnes de dénigrement et mensonges sordides n’ont eu aucune prise.

Aujourd’hui, plus que jamais, son aura est restée intacte, les épreuves qu’il a traversées avec stoïcisme et honneur ayant, en plus et de manière  inattendue, contribué à le hisser à une altitude que nul n’aurait osé envisager ! Depuis sa « capturation », comme dit Mme Kandia Camara, ministron de Alassane Ouattara en charge de… l’Education nationale, Laurent Gbagbo est devenu, paradoxalement, le maître incontesté du jeu.

L’ombre de sa compétence couvre toute les valses-hésitations de l’incompétent technocrate libéral Ouattara à la commune renommée d’expertise surfaite et à qui l’on ne confierait même pas un quignon de pain ! Les succès de sa politique s’affichent dans toute leur splendeur au moment où l’expert économiste n’arrive même pas à trouver le chemin du début des solutions pourtant annoncées à grands renforts de pub durant sa campagne pour assurer une seule journée normale du train de vie de la Maison Ivoire…

Ce grand conducteur de peuple a subi toutes sortes d’avanies, de souffrances et d’humiliations depuis 1970, six emprisonnements, la torture pour lui et ses proches, des bastonnades, l’exil, des tentatives d’assassinat… S’inspirant de Job, son modèle de patience, il a tout enduré, sans se plaindre une seule fois, sans jamais prendre les armes!

Arrivé au pouvoir, il ne s’est vengé de personne, il n’a fait emprisonner personne, ni adversaire politique ni journaliste, alors qu’il a continué à être traité de tous les noms par ces derniers ! Au contraire il a permis un retour au pays des exilés, offert un  statut enviable au feu général Guéi, à l’ancien président Henri Konan Bédié et à l’ancien premier ministre Dramane Ouattara, permis à ce dernier de participer à titre exceptionnel à la présidentielle, financé leurs formations politiques à des niveaux jamais atteints au monde (plus d’un milliard annuel par parti politique significatif), réuni tout ce monde autour de gouvernements d’union, en les laissant de plus déverser leur bile sur lui, comploter dans son dos et salir en permanence son nom, etc…


Source: www.lynx togo.info

vendredi, 13 janvier 2012

LE SQUELETTE RETROUVE EN COTE D'IVOIRE N'EST PAS CELUI DE GUY-ANDRE KIEFFER


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Les expertises d'ADN ont montré que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'est pas celui de Guy-André Kieffer, a indiqué, jeudi 12 janvier, Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004.

"L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer. Le squelette avait été découvert dans la région d'Issia, en présence du juge Patrick Ramaël, chargé du dossier.

"RENFORCER D'AUTRES HYPOTHÈSES"

De nombreux éléments avaient laissé penser à l'entourage de Guy-André Kieffer que ces ossements découverts à 360 km à l'ouest d'Abidjan étaient bien ceux du journaliste, qui avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking de la capitale économique ivoirienne. Des échantillons de ce squelette avaient immédiatement été envoyés en France pour analyse.

"C'est une déception pour la famille, parce que ça ne permettra pas de commencerle deuil, mais ça ne remet en rien en cause l'enquête en cours, a estimé Me Gublin.Depuis sept ans, le juge d'instruction Patrick Ramaël fait un travail remarquable qui consiste à explorer toutes les pistes, toutes les hypothèses pour pouvoir fermerdes portes, a rappelé l'avocat. Le porte qui se ferme aujourd'hui va permettre de poursuivre les investigations et de renforcer d'autres hypothèses."

Journaliste indépendant, Guy-André Kieffer avait disparu le 16 avril 2004 sur un parking d'Abidjan alors qu'il enquêtait sur des malversations, notamment dans la filière du cacao, dont le pays est le premier producteur mondial. L'enquête menée en France s'est orientée vers des cercles proches de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, actuellement poursuivi devant la CPI pour des crimes contre l'humanité.


Source: LE MONDE.FR

jeudi, 12 janvier 2012

GUY-ANDRE KIEFFER: LES DOCUMENTS EXPLOSIFS DE «GORGE PROFONDE»


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L'affaire Guy-André Kieffer a rebondi avec la diffusion dans Le Nouveau Courier du témoignage de «Gorge profonde», ex-rebelle qui affirmait avoir participé à l’enlèvement et à l’assassinat du journaliste franco-canadien et savoir ou se trouvait la dépouille.

Comme par enchantement, le juge Ramaël a conduit l'opinion vers un squelette à problèmes à Issia, à plus de 300 kilomètres d’Abidjan. Et la litanie accusatrice contre Gbagbo et ses proches a été relancée. Gorge profonde est-il une invention du Nouveau Courrier  ou un faux témoin ? En tout cas, nous avons la preuve qu’il a constitué un dossier à l'attention de Ramaël avec l’aide de Jean-Yves Garnault, agent de renseignement français. Nous avons pu en effet nous procurer des courriers électroniques qu'ils ont échangés. Notamment une partie de la confession de Gorge profonde à Ramaël rédigée avec l’aide de Garnault et d’un avocat, envoyée au juge Ramaël. Nous la publions ici, avec quelques retouches, pour protéger notre source.

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Et nous vous faisons partager la décharge que Garnault a donnée à «Gorge profonde» après avoir pris ce que ce dernier présente comme des effets personnels arrachés à Kieffer. Cerise sur le gâteau, Gorge profonde affirme avoir rencontré Ramaël dans la nuit du 2 au 3 janvier, soit quelques heures après l’arrivée du juge à Abidjan, dans un bar bien connu de la place, situé à Marcory. Au lendemain de la publication du témoignage de «Gorge profonde» dans les colonnes du Nouveau Courrier, nous sommes rentrés en contact avec le juge français, qui a prétexté d’une réunion pour botter en touche. Il avait promis de rappeler, ce qu’il n'a pas fait. De quoi crédibiliser Gorge profonde  et donner des sueurs froides au régime Ouattara. Le poker menteur continue.

"Monsieur le juge,

Je me nomme xxxxxxx xxxxxxx, je suis né le xxxxx xxxxx xxxx à Korhogo – j’ai été un élément actif et connu de ce qu’on a appelé « la rébellion » – J’ai occupé divers postes de responsabilités dont celui de chef du GIS (Groupe des Interventions Spéciales) qui est     directement lié à l’affaire Guy André Kieffer.

J’ai été un militaire sincère, croyant dans la finalité de la lutte armée contre notre ennemi de l’époque qui était le « clan Gbagbo » – Nous obéissions scrupuleusement aux ordres donnés soit par notre hiérarchie soit par les autorités politiques.

J’ai décidé de vous livrer toutes les informations relatives à l’affaire Kieffer et sur d’autres opérations du même type, car, comme beaucoup d’entre nous, je me suis senti trahi par nos hiérarchies, aussi bien politique que militaire. Notre chef, M. Soro  Guillaume, s’est rapproché de M. Gbagbo avec tous les avantages que lui conférait son poste de Premier Ministre … tandis qu’un autre s’est hissé à un très haut niveau de la Présidence !

J’ai décidé, après avoir été exploité, souvent humilié, qu’il me fallait prendre la décision de sortir de cet engrenage – J’ai quitté la rébellion et ai réussi à vivre aussi modestement que discrètement avant de me réfugier dans un pays voisin avec ma famille – Actuellement je ne vis que de l’aide du Haut Commissariat aux Réfugiés.

Le moment est venu de faire rendre des comptes aux différents responsables qui ont trahi notre cause.

C’est la raison pour laquelle, prenant conscience d’avoir été un instrument manipulé alors que j’étais sincèrement convaincu d’agir pour la bonne cause, j’éprouve aujourd’hui une réelle soif de Justice et je tiens absolument à ce que toute la Vérité soit dite pour que tous les niveaux de responsabilités répondent de leurs actes respectifs.

Je m’engage solennellement à pleinement collaborer pour que toute la lumière soit faite sur ces malheureuses affaires que je regrette aujourd’hui.

Permettez-moi de solliciter de votre bienveillance une attention particulière concernant mon épouse et ma fille pour qu’elles puissent vivre normalement durant mon absence et, dans la mesure du possible, faire en sorte que ma vie soit préservée en m’envoyant (de mon plein gré) en France pour que la Justice puisse rendre sa décision à mon encontre. Je souhaiterais, dans toute la mesure du possible, que mon nom soit préservé dans les procédures pour des raisons évidentes de sécurité.

Je tenais à vous remettre cette lettre au premier moment de notre rencontre pour démontrer dans quel état d’esprit je souhaite collaborer avec la Justice française.

Vous renouvelant mes regrets de cette conduite inexcusable qui est la résultante du contexte de guerre avec son cortège d’horreurs, je vous prie néanmoins de bien vouloir intercéder auprès de la famille pour leur présenter mes très sincères regrets.


Xxxxxx   xxxxxxxx

Courrier  rédigé par un tiers à ma demande".


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 10 janvier 2012

L'INVESTIGATION ET NOUS, PAR THEOPHILE KOUAMOUO


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La semaine qui vient de s’achever a été une semaine d’émotions assez fortes pour la rédaction de votre quotidien Le Nouveau Courrier. Et pour cause : nous avons été pris, à notre corps défendant, dans le tourbillon de la «résurrection» de l’affaire Kieffer, avec tous les risques que cela comporte. C’est en effet après la publication dans notre quotidien du témoignage d’un homme que nous avons surnommé «Gorge profonde», et qui affirmait être en mesure d’indiquer l’endroit où a été inhumé Guy-André Kieffer il y a plus de sept ans pour avoir été un des éléments du commando rebelle l’ayant assassiné pour le compte des ennemis du pouvoir d’alors, soucieux de l’accabler, que le juge Patrick Ramaël, flanqué d’éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, dominées par les ex-rebelles, a «découvert» un squelette. Qui pourrait être, dit-on, celui du journaliste franco-canadien. «Petit» problème : le squelette en question ne se trouve pas sur la route entre Abidjan et Sikensi, mais dans le village de Zega, près d’Issia, à plus de 300 kilomètres d’Abidjan. Que penser de cet incroyable imbroglio ?

- Premièrement, nous ne sommes ni les «amis» ni les «garants» de «Gorge profonde». Si nous avons choisi de publier son témoignage pour le moins troublant, c’est parce que nous avons eu la preuve de ce qu’il était en relation suivie avec à la fois un homme politique ivoirien de premier plan, Jean-Yves Garnault, spécialiste français du renseignement au profil trouble vivant à Abidjan et les services du juge Patrick Ramaël. Il savait depuis le mois de décembre  au moins que Ramaël arriverait le 2 janvier à Abidjan, avait son contact et devait le rencontrer quand il a reçu, finalement, des coups de fil menaçants de «sécurocrates» du régime Ouattara. Au final, nous avons perdu sa trace. Que lui est-il arrivé ? Nous n’en savons rien. Mais tous les éléments qu’il nous a fournis nous ont convaincu de l’utilité de publier son témoignage.

- Deuxièmement, il faut absolument qu’une presse critique «surveille» le travail du juge Ramaël sur ce dossier Guy-André Kieffer. Pour des raisons citoyennes évidentes. Depuis sept ans, ce magistrat a en effet suivi de nombreuses pistes, donc de fausses pistes, en utilisant abondamment les médias, rendant publiques des séries de noms de suspects sans relation les unes avec les autres. Il a, et c’est évident, bafoué les règles de son métier qui lui demandent d’enquêter à charge et à décharge, pour se mettre au service de l’obsession anti-Gbagbo des exécutifs Chirac et Sarkozy. Même en France, les méthodes de Ramaël ne font pas l’unanimité. C’est pour cette raison qu’il a été visé, fin juin, par une enquête administrative sur ses activités. Une procédure «assez rare», indiquait Le Monde en octobre 2010, rappelant que «l’inspection [générale des services judiciaires] est saisie dans les cas les plus graves, insuffisance professionnelle, manquement à la délicatesse, à la probité, à la loyauté, ou plaintes répétées des justiciables». Les nombreuses zones d’ombre qui entourent le dernier épisode de l’affaire Kieffer devraient renforcer les interrogations sur les méthodes et les objectifs de Ramaël. Le squelette supposé du journaliste aurait été localisé par un témoin qui a assisté à son inhumation et vu précisément son visage, au point de le reconnaître sur des photos de presse, sans être membre du commando qui l’a tué et enterré en catimini, donc dans la plus grande discrétion. Curieux. Le témoignage était disponible depuis le temps où Laurent Gbagbo était au pouvoir, et la vérification n’a pas pu se faire, nous dit-on, en raison des entraves de son régime. Pourquoi avoir donc attendu neuf longs mois pour confirmer cette piste ? Pourquoi Ramaël ne s’est-il pas rendu sur les lieux, alors que l’AFP nous indique qu’il est venu «au moins trois fois» en Côte d’Ivoire depuis la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara ? Encore plus curieux.

- Troisièmement, si nous ne sommes pas étonnés du peu de cas que fait la presse «internationale» de notre travail, nous sommes surpris de la réaction de certains Ivoiriens qui nous encourageaient au moment où nous étions emprisonnés pour notre travail d’investigation dans le cadre des détournements dans la filière café-cacao, et qui aujourd’hui veulent nous ensevelir sous un torrent d’injures. Nous voudrions leur dire que le journalisme d’investigation, si dangereux en Afrique – il a coûté la vie au Burkinabé Norbert Zongo qui s’était rapproché de trop près, dans ses enquêtes, de la famille de Blaise Compaoré – est dans notre ADN. Depuis que notre équipe, qui s’est déplacée du quotidien Le Temps ancienne formule au Courrier d’Abidjan puis au Nouveau Courrier, existe, nous nous sommes efforcés de bâtir notre crédibilité sur notre capacité à enquêter. Nous avons été les premiers à dévoiler, en 2003, le divorce définitif entre Guillaume Soro et son rival décédé Ibrahim Coulibaly, lié à l’histoire vraie de l’arrestation en France de ce dernier, rendue possible grâce à un «coup de main» de l’actuel Premier ministre, alors en alliance objective – et exclusivement tactique –  avec  le président Gbagbo. L’ONG Global Witness et plusieurs journalistes et analystes se sont fondées sur nos révélations exclusives sur les réseaux de contrebande du cacao ivoirien à travers le Burkina Faso et le Togo, dans lesquels on retrouvait la société française Soeximex et l’actuel ministre Adama Bictogo, pour mener leurs propres enquêtes. En novembre 2004, nous avons été les premiers à solliciter le témoignage du colonel Guiai Bi Poin sur ce qui s’est vraiment passé devant l’Hôtel Ivoire : c’est à la suite de notre interview que Canal + l’a contacté – ce qui a fait sauter Michèle Alliot-Marie au plafond. Par la suite, nous avons été les premiers à relever les incohérences et les mensonges de la version française officielle sur le bombardement de Bouaké. Aujourd’hui, Mediapart et Le Canard Enchaîné, vitrines françaises du journalisme d’investigation, défendent la thèse d’un «complot d’Etat» ourdi à Paris contre Gbagbo, d’une manipulation qui aurait mal tourné. Nous avons été le seul journal à publier le rapport d’expertise sud-africain qui prouve de manière claire que ce sont les soldats français qui ont tué les jeunes Ivoiriens devant l’hôtel Ivoire. Nous avons publié en juin 2010, avant de nombreux journaux français, l’essentiel du mémorandum explosif de Jean Balan, avocat des familles des soldats français tués à Bouaké. Nous avons secoué le cocotier de la filière café-cacao, ce qui nous a valu des persécutions et un emprisonnement. Nous avons publié, le 17 août 2010, une enquête complète sur la mutinerie meurtrière – et étouffée – de la MACA en décembre 2008. Nous avons publié, en exclusivité, le témoignage du général Dogbo Blé sur les tortures qu’il a subies et les derniers mots du président Gbagbo avant son arrachement à la terre ivoirienne. Nous avons donc fait nos preuves par le passé. Nous n’avons pas attendu l’affaire Kieffer. Cela ne coûte rien à personne de nous le reconnaître.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 05 janvier 2012

APRES LES REVELATIONS SUR L’AFFAIRE KIEFFER, LES JOURNALISTES DU NOUVEAU COURRIER MENACES



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La Rédaction du Nouveau Courrier a été assaillie de coups fils très menaçant tout au long de la journée d’hier mercredi 4 janvier. Et ce, après la publication du témoignage-révélation d’un présumé co-auteur de l’enlèvement puis l’assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Des coups de fils anonymes aux coups de fils de personnes reliées à l’actuel régime. Quelques-unes n’ont pas hésité à nous demander de faire très attention à l’endroit où nous mettons nos pieds. «Ça pourrait être très dangereux pour vous. En tout cas, je vous suggère d’être prudents et de faire faire très attention. Parce que cela pourrait être très dangereux pour vous», n’a cessé de répéter quelqu’un ayant requis l’anonymat et qui dit avoir appelé pour nous mettre en garde, nous prévenir. Prévenir de quoi, lui avions-nous demandé. «En tout cas, vous êtes averti», a-t-il répondu avant de couper la communication. En tout cas, les menaces et intimidations n’ont cessé d’être proférées.

Ce que l’opinion nationale et internationale doit retenir est que Le Nouveau Courrier a fait son devoir, celui d’informer. Et en le faisant ainsi, nous n’avons voulu qu’apporter une pièce maitresse à l’éclatement de la vérité dans l’affaire Kieffer qui perdure depuis bientôt 8 ans, sans qu’on avance véritablement. Si le juge Patrick Ramaël qui, selon nos investigations, était au fait de cet énième élément dans l’affaire sur laquelle il enquête, a jugé bon d’effectuer un voyage à Abidjan, c’est que vraisemblablement ces informations sont utiles et peut-être capitales à l’avancement du dossier et surtout à la manifestation de la vérité. En le faisant, Le Nouveau Courrier n’a fait que respecter son credo qui est «La passion de l’info, le sens de l’histoire». Et nous ne pensons pas avoir commis un crime de lèse-majesté en informant les lecteurs, les Ivoiriens et le monde entier.


Gérard Koné

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 04 janvier 2012

QUAND GUY-ANDRE KIEFFER DENONÇAIT ANTHONY WARD, LE TRADER DE OUATTARA


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Anthony Ward

En général, Guy-André Kieffer est présenté comme le journaliste d’investigation poil à gratter qui enquêtait sur les « affaires » réelles ou supposées dans lesquelles étaient mouillés les barons du régime Gbagbo. Mais il est bon de se souvenir que, de tous ses fameux articles publiés sous pseudonyme dans la presse ivoirienne, celui qui a créé un vrai gros « buzz » international mettait en cause… Anthony Ward, le patron de la société Armajaro, notamment spécialisée dans le négoce de cacao, et dont le directeur Afrique est depuis quelques années Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara.

C’était juste après le déclenchement de la rébellion ivoirienne, le 19 septembre 2002. Dans un article paru en dernière page de Fraternité-Matin, signé « Laurent », Guy-André Kieffer dénonçait « Armajaro et AIG Fund : les financiers de la déstabilisation ». Il met en relation l’achat de plus de 5% de l’offre mondiale de cacao par Armajaro et le lancement de la rébellion, qui permet une déstabilisation des approvisionnements, une hausse des cours et une grosse plus-value pour les spéculateurs encagoulés. A l’époque, l’évocation d’Armajaro par Kieffer divise les différents clans autour de Gbagbo, dans la mesure où lui-même a à cœur de faire payer ses déconvenues en affaires à certains d’entre eux. Notre Voie riposte à l’article. La confusion s’empare de l’opinion ivoirienne qui oublie. La mort de Guy-André Kieffer enterre définitivement ce fameux dossier Armajaro. Jusqu’au mois d’août 2010, où il récidive dans une opération d’achat massif de cacao comme celle qui a précédé la « première guerre ».
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Guy-André Kieffer

Ministre du Budget sous le gouvernement Aké N’Gbo, Koné Katinan a confirmé, dans Côte d’Ivoire : le coup d’Etat, la forte implication d’Armajaro dans le financement des assauts sur Abidjan par les forces pro-Ouattara. « En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro. »

Au moment où l’affaire Kieffer se retourne spectaculairement contre le régime Ouattara, les informations qui précèdent permettent de comprendre que le journaliste et consultant franco- canadien n’inquiétait pas que certains barons de la Refondation. Et qu’il avait été le premier à mettre en lumière une des plus grosses affaires de spéculation et de guerre économique de ces dernières années.



LES DESSOUS DE LA DERNIERE VISITE DU JUGE PATRICK RAMAEL A ABIDJAN


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Le juge français Patrick Ramaël est arrivé presque précipitamment, le lundi 2 janvier en soirée, à Abidjan pour – officiellement – poursuivre son enquête sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Alors qu’il y a à peine plus d’un mois, en novembre dernier, le juge français était à Abidjan où il a pu interroger une quinzaine de personnes dans le cadre de la disparition du franco-canadien. Cette énième visite du juge d’instruction Ramaël laisse croire assurément qu’il y a une du nouveau dans l’affaire, à moins que le juge n’ait des envies de soleil au moment où l’hiver est rude à Paris. Les autorités politiques et judiciaires ivoiriennes, selon une source au ministère de la Justice, ont été quasiment mises devant le fait accompli quant à cette énième arrivée du juge français sur le sol ivoirien. Cette visite express de Patrick Ramaël sur les bords de la lagune Ebrié, cacherait-elle un certain nombre d’informations à même de faire évoluer le dossier ?

Au Nouveau Courrier, nous avons sur cette affaire quelques certitudes. Premièrement, «Gorge profonde» a été mis en contact, par une figure politique ivoirienne dont nous taisons le nom pour l’instant, avec un Français spécialiste du renseignement qui évolue depuis plus de dix ans dans les eaux saumâtres des intrigues d’Etat ivoiriennes. Contacté par nos soins, il a affirmé de ne pas être au courant du dossier qu’il a «traité», puis a par la suite essayé d’en savoir plus… sur ce que nous savons. C’est cet homme qui a été selon toute évidence chargé de faire le lien entre celui qui se présente comme un criminel repenti, l’Ambassade de France et le juge Ramaël. Est-il vraiment désireux, alors que son nom a été cité dans cette sombre affaire, de «noyer» un système Ouattara avec lequel il collabore aujourd’hui officiellement, après des coups de main officieux ? «Gorge profonde» affirme en tout cas que les effets personnels de Kieffer, soutirés par ses ravisseurs, ont été remis par ses soins à ce Français.

Nous savons également que «Gorge profonde» a eu un contact, dont nous ne connaissons pas la profondeur, avec le juge Ramaël, qui n’a pas souhaité communiquer sur un nouvel interlocuteur dont le témoignage est pourtant pris au sérieux, selon plusieurs indices. Nous savons, surtout, que les «sécurocrates» du régime ont été mis au courant de l’initiative de «Gorge profonde», par une des personnes en contact avec le dossier, et que ce dernier a subi des menaces explicites. Selon toute évidence, nous sommes en face d’une authentique affaire d’Etat.


Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

DISPARITION DE GUY-ANDRE KIEFFER : DES REVELATIONS TROUBLANTES METTENT EN CAUSE LE CAMP OUATTARA


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La disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer en avril 2004 a alimenté l’actualité nationale 7 ans durant, sans que le dossier n’avance réellement. Des personnes avaient été soupçonnées dans l’affaire de la disparition du journaliste. Après un mutisme de plusieurs années, un des auteurs du crime, comme il se présente lui-même, s’est ouvert au Nouveau Courrier pour dire toute la vérité sur cette affaire. «Je ne veux pas que des innocents paient pour ce que nous avons fait», lâche-t-il. Un témoignage-révélation que nous vous livrons.

Il est 20 heures, ce mercredi 21 décembre 2011, quand nous recevons un appel de quelqu’un qui prétend avoir des révélations à nous faire. Nous insistons à avoir la teneur de ces révélations qui, selon lui, pourraient nous intéresser. «Guy-André Kieffer», lâche-t-il. «Est-il vivant, où est-il ?», nous demandons-lui d’emblée. «Non, mais je sais qui l’a tué, parce que je fais partie de ceux qui l’ont enlevé ce jour-là», rétorque notre interlocuteur. «Mais pourquoi, vous ne saisissez pas la police ou l’Ambassade de France, puisque ce sont eux les mieux placés pour ce dossier ?», proposons-nous. «Je ne peux pas me livrer à la police ivoirienne, à cause de ceux qui sont impliqués dans l’affaire Kieffer. Ce sont des personnalités de l’actuel régime, donc vous comprenez. Je préfère me confier aux journalistes avant de saisir l’Ambassade de France. Parce que je ne sais pas ce qui peut m’arriver», nous explique-t-il. Après quelques secondes d’hésitations, nous faisons savoir gentiment à notre interlocuteur que nous le recontacterons dans les minutes qui suivent. Une réunion de crise est improvisée à l’instant. Deux blocs se dégagent : d’un côté, il y a ceux qui pensent à un piège et de l’autre ceux qui estiment que l’interlocuteur devrait être entendu, malgré les risques que cela comporte.

Quelques minutes après, nous recontactons notre «Gorge profonde», c’est ainsi que nous avons décidé de le nommer pour préserver son identité, qui avance quelques détails fort intéressants et à même de crédibiliser sa version, dès lors qu’un juge prendrait la peine de les vérifier. Rendez-vous est donc pris pour 23 heures quelque part au Plateau, après avoir pris des dispositions sécuritaires renforcées.

Nous nous retrouvons finalement face-à-face avec «Gorge profonde», un homme bien bâti, mais de taille moyenne. Une fois les présentations faites, nous entrons dans le vif du sujet. «Vous nous avez dit que vous avez des révélations sur l’affaire Guy André Kieffer, qu’en est-il ?», attaquons-nous directement. «Ce n’est pas comme si j’ai des révélations à vous faire, mais c’est plutôt la vérité sur ce qui s’est passé que je veux vous dire. Parce que je fais partie de ceux qui ont réellement tué Guy-André Kieffer. Il n’est pas normal qu’on accuse d’innocentes personnes, alors que les véritables coupables sont vivants et ne sont pas inquiétés. Vous allez certainement me demander pourquoi maintenant, eh bien parce que je me rends compte qu’on s’apprête à faire payer des innocents pour un meurtre qu’ils n’ont pas du tout commis. Alors que ceux qui nous ont envoyé et les exécutants sont libres et nullement inquiétés. Je n’en pouvais plus de garder ça sur la conscience», s’est justifié «Gorge profonde».

Détail d’un témoignage explosif

Selon les explications de «Gorge profonde», sachant que Guy-André Kieffer était présenté comme un journaliste d’investigation et qui enquêtait sur les ressources du café-cacao et surtout le pétrole, il constituait de ce fait un pou sur la tête de l’ex-pouvoir. Ainsi, une fois le journaliste franco-canadien éliminé, tous les soupçons se tourneraient le plus logiquement du monde vers le président Laurent Gbagbo et son entourage. Et c’est justement ce scénario qui a prévalu, en tout cas jusqu’à maintenant.  «Nous étions cinq personnes qui avions été choisies pour cette opération. Nous étions tous dans le maquis à cette époque là. Il y avait Waré Ouézimba dit petit Fofié, Guindo Omarba, Coulibaly Lamine, Koné Mamadou (décédé depuis lors, ndlr), ex-commandant de Koni (localité située entre Korhogo et M’bengué) et moi-même. Pour cette opération, personnellement j’ai été contacté par un ministre RDR (…)  Il m’a expliqué l’importance de l’opération et combien de fois, cela pouvait permettre à notre champion, le Dr Alassane Dramane Ouattara, d’arriver facilement au pouvoir. Puisque les Occidentaux le soutiendraient. Donc nous, comme notre objectif qu’on visait était que le président Alassane Ouattara puisse arriver au pouvoir, nous avons été plus motivés à mener cette opération. On nous avait promis 5 millions de Fcfa en cas de succès de l’opération. Nous avions reçu des mains du ministre une avance de 2 millions de Fcfa. Il nous a remis cette somme à son cabinet au Plateau un soir vers 19 heures», détaille-t-il.

Du commando de 5 personnes recruté pour l’opération, «Gorge profonde» avouera que 3 «exercent» encore. En clair, ils font partie des Frci, deux sont à Abidjan et le troisième à Korhogo. Quant à lui, il a choisi une autre voie et le cinquième est décédé.

Le film de l’enlèvement du franco-canadien, selon notre interlocuteur

«Depuis le jeudi 8 avril 2004, Guy-André Kieffer était pisté par deux d’entre nous, grâce aux informations détaillées qu’ils ont mises à notre disposition. Et c’est finalement le vendredi 16 qu’on a jugé le moment favorable à son enlèvement. Aux alentours de 15h – 16 h, il quittait la Galerie du Parc, où il avait rendez-vous avec une dame. Mais quelques heures plus tôt, il avait rencontré quelqu’un. Il a quitté les lieux à bord d’un véhicule 405 qui était garé sur le parking du supermarché. Je ne sais pas si c’était son véhicule, mais en tout cas ce jour-là, c’est à bord de la 405 qu’il roulait. Nous, nous étions dans notre véhicule, on attendait qu’il monte dans son véhicule. Une fois monté dans la 405, on l’a suivi de la Galerie du Parc et c’est au niveau de l’Hôtel de ville qu’on a réussi à l’intercepter. Nous étions aux alentours de 16h à 16h 30 mn par là. Arrivés à son niveau, nous lui avons demandé de garer son véhicule et nous avons affirmé que nous étions de la Brigade des recherches et qu’il devrait nous suivre pour quelques questions. Bien sûr, nous étions en tenues civiles et avions à l’occasion de fausses cartes de la Brigade des recherches qu’on nous avait remises. On lui a demandé donc de nous suivre. Il n’a pas opposé de résistance, il s’est exécuté sans problème. On l’a donc fait monter dans notre véhicule et j’ai demandé à l’un de nous, d’aller garer le véhicule de Guy-André Kieffer à l’aéroport. Tout simplement pour ainsi faire diversion. Nous l’avons conduit, sous la menace de nos armes, dans une des maisons inachevées qui bordent la forêt du Banco», raconte-t-il avec un sang froid qui donne du froid dans le dos. Il déclare aujourd’hui être prêt à affronter la justice, mais pas la justice ivoirienne qu’il juge complètement inféodée au régime Ouattara, dont certains gourous, selon ses révélations, sont impliqués dans l’enlèvement et l’assassinat du journaliste franco-canadien.

«Comment il a été tué et où il a été enterré»

Selon «Gorge profonde», Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par balle comme les gens l’ont laissé croire et il n’a jamais été conduit aussi dans la forêt du Banco. «C’est archifaux», assure-t-il. Il détaille ici l’assassinat du franco-canadien, après son enlèvement. «Guy-André Kieffer a été étranglé et non tué par une arme. Nous étions cinq gaillards sur lui seul. Après l’avoir étranglé, nous l’avons emballé dans des sacs.

Nous avons retiré tout ce qui était comme appareil sur lui. Il avait même un enregistreur, des téléphones portables et puis certains documents. Il y a une femme qui a appelé sur son téléphone au moment où on embarquait le corps et j’ai répondu à la dame qu’elle ne le reverra que dans l’au-delà. Elle avait une voie de femme de race blanche. Je lui ai dit «adieu tu ne reverras plus jamais ton homme» et j’ai raccroché, puis retiré la puce de Kieffer. J’ai même utilisé l’appareil pendant quelque temps. Entre 19h et 20h par là, nous avons pris l’autoroute jusqu’à la Gesco et avons pris une voie non bitumée au quartier Micao, pour pouvoir contourner le corridor qui en ce moment n’était pas construit comme il se présente actuellement. Nous sommes sortis dans la forêt et avons rattrapé l’autoroute pour continuer à une cinquantaine de kilomètres d’Abidjan. Son corps a été enterré entre Sikensi et Abidjan. Et jusqu’au jour d’aujourd’hui, je suis en mesure de vous conduire là où on l’a enterré et vous montrer les restes de Guy André Kieffer», a fait savoir «Gorge profonde». Il affirme avoir toutes les preuves de ses rencontres avec le ministre RDR encore en activité actuellement qui les aurait contactés pour l’opération. Après l’opération, «Gorge profonde» affirme être rentré plusieurs fois en contact avec le ministre en question pour rentrer en possession de leur dû, mais en vain.

«Aujourd’hui, je suis près à me rendre à la justice si les garanties sont réunies et si c’est sûr et certain que je ne serai pas tué. Je suis prêt à faire la prison, pourvu que justice soit rendue et que nous tous qui sommes impliqués dans la disparition du journaliste puissions payer», affirme-t-il. Le juge Patrick Ramaël vient de débarquer à Abidjan, et Le Nouveau Courrier est en mesure de confirmer que «Gorge profonde» est en relation avec lui. Il affirme également avoir contacté l’Ambassade de France, afin que la vérité éclate. Seul l’examen minutieux de son témoignage par le juge Ramaël, loin de toute pression politique, pourrait permettre de savoir si cet autre rebondissement avec ce témoignage-révélation conduira à la manifestation de la vérité.

Bien entendu, nous nous gardons pour l’instant de révéler le nom du collaborateur de Ouattara cité par «Gorge profonde», le temps que notre informateur soit en de bonnes mains ; hors de portée des représailles du régime.

 

Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 30 octobre 2010

LE CROC-EN-JAMBE DE LA FRANCE AU CANDIDAT GBAGBO A DEUX JOURS DE L'ELECTION PRESIDENTIELLE

 

CLAUDE GUEANT EN COTE D'IVOIRE.jpg

L'on se souvient que les samedi 2 et dimanche 3 octobre 2010, le secrétaire général de l'Elysée, , bras droit du , était en visite en Côte d'Ivoire. Il avait à cette occasion rencontré samedi soir, à Yamoussoukro, le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, un mois avant le scrutin présidentiel fixé au 31 octobre. La France n’a certainement pas de candidat, « elle n’a même pas de favori », avait dit le principal collaborateur du président Sarkozy, qui est venu parler de tous les sujets, y compris de ceux qui ont fâché par le passé. Car « entre amis, on parle franchement de tout », avait lancé Claude Guéant selon Norbert Navarro, le correspondant de RFI sur les bord de la Lagune Ebrié.

En clair, il fallait retenir que la France n'avait pas de candidat et nous nous en étions réjouis, ne serait-ce que pour l'aspect diplomatique de la déclaration, bien que nous soyions convaincus du contraire. Les faits n'ont pas tardé à nous donner raison: hier, vendredi 29 octobre, dans l'édition de 18 heures de son journal Paris Direct, à seulement deux jours du scrutin présidentiel ivoirien, la France, à travers France 24, fait un croc-en-jambe au candidat Gbagbo en faisant résurgir le dossier Guy-André Kieffer. On voudrait noircir le président candidat ivoirien qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Selon le reportage qui y a été diffusé, un militaire ivoirien confirmerait les propos cousus de fil blanc de l'imposteur qui s'était fait passer pour un soldat ivoirien, du nom de Alain Gossé. Or il a été prouvé sans embage que cet individu était, en réalité de nationalité burkinabé et n'avait rien d'un militaire ivoirien (au point de ne même pas savoir porter le béret ivoirien).

Selon l'élément diffusé, Guy-André Kieffer serait bel et bien mort en Côte d'Ivoire et serait enterré à 20 kilomètres d'Abidjan. Pire, sa tombe serait gardée par des policiers ivoiriens, en faction sur les lieux. On nous a même passé les images de trois policiers soit disant en faction sur le site. Quelle bassesse! Franchement! Ce n'est pas loyal. Tirer ainsi dans le dos d'un candidat en pleine campagne.

Claude Guéant est venu en réalité nous distraire par sa visite, qui du reste a été souhaitée et suscitée par le Président Gbagbo dans son soucis de normaliser ses relations avec l'Elysée et lever toute équivoque sur un éventuel soutien de la France à des candidats à l'élection présidentielle. Visiblement, il continue à ne pas faire l'affaire de l'Elysée. Le passage éclair de Claude Guéant dans notre pays n'était en fait que de la poudre aux yeux. Les faits sont têtus et crus: la France a bel et bien des candidats et des favoris. Et pour leur donner un coup de main (tardif) contre le candidat Gbagbo, elle le dépeint comme un tueur infréquentable, ce qui est infiniment loin de la vérité. Il est même clairement rapporté dans le reportage que ce nouveau témoignage jette le discrédit sur la présidence ivoirienne, en clair, sur Laurent Gbagbo. Cela, c'est une vue de l'esprit. Le candidat Gbagbo n'a jamais été plus populaire et le peuple digne de Côte d'Ivoire le prouvera, au soir du 31 octobre 2010.

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO