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jeudi, 22 août 2013

«L'OCCIDENT JOUE AVEC LE FEU EN SYRIE»

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Photo: Veronica Canino

Raimundo Kabchi est avocat et un bon connaisseur des questions internationales. Libanais de par sa naissance, depuis 52 ans sa patrie est le Venezuela, comme il le fait remarquer. Durant de nombreuses années, Kabchi a exercé en tant que conseiller du président Hugo Chavez pour les sujets liés au Proche Orient, ce qui fait de lui une référence pour se renseigner sur cette région du monde qui demeure agitée depuis assez longtemps.


Au cours de cette conversation avec Resumen Latinoamericano, Kabchi met en évidence la complexité des problèmes liés au Proche Orient. Mais il a le mérite d’analyser le monde arabe suivant une approche de gauche et anti-impérialiste, et en même temps d’expliquer ce qui se passe de façon simple et toujours en pointant du doigt le pays qui génère les conflits dans cette partie du monde : les Etats-Unis.

La crise interne qui dure depuis plus de deux ans en Syrie sera l’une des questions principales durant cette interview. Kabchi parlera aussi de la situation au Liban, pays dans lequel il existe un réel danger de contagion du conflit syrien, provoqué notamment par des groupes terroristes financés par Washington et ses alliés afin de renverser le gouvernement du président Bachar Al Assad. L’attitude de l’organisation politico-militaire Hezbollah, la réalité de l’Egypte, et les différences entre la Lybie et la Syrie seront aussi présentes dans ce dialogue éclairant.

 Quelle analyse peut-on faire sur la situation en Syrie, après plus de deux années d’agressions contre ce pays ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale. Premièrement : face aux plans impérial-sionistes et de la droite arabe, la Syrie fait partie d’un système que nous, au Moyen Orient, appelons un système de résistance. C'est-à-dire, elle résiste aux plans impérialistes, sionistes et de la droite arabe dans la région. Comment détruire ce pays pour ensuite s’occuper d’un autre maillon de la chaîne, formée par l’Iran, l’Irak après le départ des américains, le Liban, la Palestine, etc.

Deuxièmement, il y a un objectif constant pour l’Occident au Moyen Orient : l’existence, la sécurité et l’expansion de l’Etat d’Israël. La Syrie, comme l’Iran, s’avère être un obstacle pour atteindre ce but.

Troisièmement, il y a l’exploitation des richesses nationales dans le monde arabe, et la Syrie est également un obstacle sur le chemin. Le pétrole, le gaz, les pétrodollars qui sont recyclés pour les sociétés occidentales, accablées par une crise économique structurelle et internationale. La Syrie représente aussi un chaînon manquant dans la chaîne que les Etats-Unis et l’Otan veulent construire face à la Russie et la Chine. Si l’on jette un coup d’œil à la carte du monde, on trouvera une chaîne de bases militaires qui s’étendent depuis la mer de Barent jusqu’à la Turquie, et ensuite elle atteint le Golfe Persique. Si l’on regarde vers l’Orient, on voit les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan, Guam, et même le Japon. L’ensemble de la chaîne se trouve brisée, en quelque sorte, par la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Irak. En détruisant la Syrie, on crée pratiquement un système complet de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ce n’est pas la peine d’expliquer pourquoi les Etats-Unis veulent encercler la Russie et la Chine, des pays considérés émergents dans le monde. Emergents dans un moment où l’impérialisme occidental, néolibéral et capitaliste se trouve en déclin. Ce sont quelques-unes des raisons fondamentales expliquant comment cette Syrie courageuse, avec l’unité de ses dirigeants, de l’armée et du peuple, a réussi à tenir tête à une conjuration internationale de presque trente pays du monde, et à un terrorisme international que l’Occident dit combattre, mais qu’en réalité il encourage, arme, en lui offrant une couverture et une légitimité en Syrie.

Comment peut-on expliquer cette unité du gouvernement, du peuple et de l’armée en Syrie ?

J’accuse l’opposition vénézuélienne d’être toujours prête à extrapoler des circonstances d’autres pays, d’autres situations spécifiques et d’autres réalités, au Venezuela et de les encourager, bien que les conditions ne soient pas les mêmes. C’est l’une des erreurs de l’Occident par rapport à la Syrie. Ils ont pensé que la Syrie et la Libye représentaient la même chose, et que la Russie et la Chine auraient une attitude faible, comme cela fut le cas en Libye. Or, Mouammar Al Kadhafi n’est pas Bachar Al Assad, la Libye n’est pas la Syrie, et la situation internationale de la Syrie est différente aussi. Kadhafi fut la victime de ses propres erreurs, provoquées par ses fils. Les dernières années de sa vie, Kadhafi suivit une orientation politique conduite par ses fils, notamment par Saif Al Islam. Il ouvrit les portes à l’Occident, augmenta ses échanges avec les Etats -Unis de 300 millions de dollars à presque 7 milliards de dollars, il ouvrit ses portes aux pays de l’Otan en Europe. Pas seulement en fournissant du pétrole mais également en offrant de l’argent aux candidats présidentiels et premiers ministres européens, ce que tout le monde sait aujourd’hui.

Si cela ne suffisait pas, le pétrole que Kadhafi avait nationalisé dans les années soixante, fut mis à nouveau à la disposition des grands consortiums internationaux. Il y eut une double rupture en ce qui concerne la réalité dans ce pays. D’abord, il y eut une rupture entre le Kadhafi du vingt-et-unième siècle et celui du vingtième. Ensuite, une rupture par rapport à son parcours politique : le Kadhafi nationaliste, progressiste et rassembleur fit place à un pragmatisme en politique internationale. Et l’impérialisme ne pardonne pas, n’a pas d’amis, l’impérialisme a des vassaux ou des ennemis. Il utilise son vassal comme un objet jetable et il fait tout pour détruire son ennemi. En Syrie, la situation est différente, en raison de sa position historique, par le parcours du parti au gouvernement, du président, de l’armée et du peuple. Vingt-huit mois de résistance à une offensive internationale des pays les plus dangereux - ainsi que des groupes terroristes - que l’histoire et le genre humain aient jamais connus, c’est la meilleure preuve qu’en Syrie il y a quelque chose de différent que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Comment expliquer la position des Etats-Unis et de leurs alliés européens face à ce qui se déroule au Moyen Orient ?

Comment comprendre le fait que l’Occident partage quelque chose avec des pays qui n’ont jamais eu de Constitution fixant leurs réalités, qui n’ont pas de partis politiques d’opposition et non plus au gouvernement, n’ont pas de syndicats, où les droits de l’homme ne sont pas respectés ? Ce sont ces pays qui sont les alliés de l’Occident, du même Occident qui dit vouloir apporter la démocratie au Moyen Orient. Comment comprendre cela et comment l’expliquer ?

Parlez-vous des monarchies du Golfe Persique ?

Je parle d’une série de monarchies ou dictatures imposées par les Etats-Unis et l’Otan au Moyen Orient durant les dernières cinquante années. Comment considérer Israël comme un modèle et un exemple de démocratie et de civilisation tandis que c’est un pays complètement agresseur, belliqueux, raciste, exclusiviste et excluant ? Pourtant, le Palestinien qui essaie de retourner dans sa patrie et qui voudrait avoir droit à la même résolution des Nations Unies qui accorda un permis de vivre à Israël, et qui aurait dû être accordé aussi aux Palestiniens, est persécuté, traité en tant que terroriste et assassiné par Israël. Et l’Occident soutient cela.

C’est difficile à admettre, mais ces valeurs et ces principes sont complètement disparus, pas seulement dans les territoires du Moyen Orient, mais aussi dans les médias internationaux. Comment est-il possible que des gouvernements occidentaux, comme celui d’Obama, de Sarkozy à l’époque, de Cameron, de Merkel, puissent dire à un pays que son chef d’Etat, élu par le peuple, est illégitime et qu’il doit partir ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale où l’on fait appel à tout, sauf à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, parce que, au cours des derniers vingt-huit mois qui se sont écoulés depuis le début de l’agression à la Syrie, l’on ne trouve pas un pays au Moyen Orient qui ait avancé autant de réformes constitutionnelles, autant de transformations en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques, comme le gouvernement syrien. Qui a eu accès à ces informations ? Qui a dit au gouvernement syrien : « C’est bien fait, c’est un geste fort pour une meilleure démocratie », celle qu’ils prétendent apporter ? Personne.

Les combats en Syrie peuvent-ils se déplacer au Liban ?

Depuis les premiers jours de l’agression internationale en Syrie tout le monde a prévenu l’Occident : jouer avec le feu en Syrie pourrait enflammer les pays voisins, surtout la Turquie, qui s’est embourbée dans le terrain marécageux de l’agression contre la Syrie. On nous avait prévenus : ce qu’ils essaient de mettre en place en Syrie, c’est le gouvernement des Frères Musulmans, ces islamistes récalcitrants qui ne connaissent de l’Islam que le nom, pour s’en servir dans leurs tentatives de prendre le pouvoir.

Est-ce le fruit du hasard ? Ceux qui avaient dit que le président Assad allait durer deux ou trois semaines et qu’il partirait, sont partis les premiers ? Comme Madame Clinton ? Ou comme Monsieur Sarkozy, rejeté par le peuple français ? L’Europe et la Turquie, et le problème qui existe dans ce pays, qui menace d’augmenter en proportion, dû à son importance par la proximité des centres de décision européens, peuvent également être atteints par les flammes de la guerre et de la confrontation. L’un des objectifs de la conjuration en Syrie c’est d’affaiblir l’organisation nationaliste de résistance au Liban, le Hezbollah. Une organisation qui ne commit jamais un seul acte terroriste, qui a seulement résisté à un Israël agresseur.

Pourtant, ces grands civilisateurs et démocrates de l’Occident considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste. Quelle est sa faute ? Repousser l’agression israélienne. L’agresseur devient un civilisateur démocrate et l’agressé passe pour le méchant terroriste. Voici le regard de l’Occident sur les peuples du Moyen Orient. La vérité c’est que les gouvernements qu’ils avaient imposés au Moyen Orient, comme en Egypte, sont tombés en moins d’un an. En Libye, il y a une angoisse totale, les pays du Golfe ont leurs propres problèmes, des changements structurels.

Pensez-vous que le Hezbollah aura un rôle décisif pour contenir l’arrivée des terroristes au Liban ?

Les problèmes au Moyen Orient sont très complexes et il faut être très familiarisé avec les sujets. Je suis Libanais chrétien et en même temps je suis du côté du Hezbollah, non pas parce qu’ils l’accusent de terrorisme, mais pour sa lutte de libération au Liban. Après avoir libéré notre territoire, nous les Libanais pouvons continuer à vivre comme nous vivons depuis des milliers d’années.

Mais il y a un danger imminent pour le Liban, venant de ceux qui disent qu’ils veulent l’apaisement et le calme au Moyen Orient. Mon pays d’origine était un exemple de démocratie au Moyen Orient et ils y apportèrent le chaos. Comment est-il possible qu’un terroriste aux Etats Unis soit un terroriste, de même que dans le Sud de la France c’est un terroriste, et au Nord du Mali c’est un terroriste, et qu’il faille le combattre en tant que tel ? Mais, dès que ces terroristes se trouvent au Liban et qu’ils sont en train de menacer, pas le Hezbollah, mais notre pays, la Syrie et d’autres nations…pourquoi les aide-t-on ?

Au nom de quels principes moraux, de quels droits, de quel humanisme les aider ? Alors, l’impérialisme nous traite comme il l’a toujours fait, pas seulement en tant que ses vassaux, mais comme des eunuques intellectuels. Alors, par l’intermédiaire de sa presse et de ses cinquièmes colonnes dans nos sociétés, l’on nous vend le noir et le blanc, ou le blanc et le noir. Au Liban, il y a un danger imminent de la part des terroristes, ces mêmes terroristes qui agissent aujourd’hui en Egypte, en Syrie, en Irak. Ils vont tenter de détruire le Liban, la Turquie, la Jordanie, ou encore beaucoup d’autres pays si l’Occident ne change pas sa stratégie et son agenda au Moyen Orient. Ces terroristes ne travaillent pas seuls. Depuis l’Afghanistan, à l’époque de l’Union soviétique, jusqu’à aujourd’hui, ces terroristes sont protégés, aidés, armés, financés et assistés médiatiquement, avec pour but de massacrer et de faire tomber des gouvernements qui ne sont pas fidèles aux intérêts de l’Occident, que ce soit au Moyen Orient, en Amérique latine, ou dans le monde entier.

Les Etats Unis et leurs alliés ont-ils une notion du danger réel de cette situation ? 

L’Occident, qui est dans l’erreur dans sa politique au Moyen Orient, se rend compte qu’il est en train de jouer avec le feu dans une région qui regorge de pétrole inflammable et du pétrole qui est la garantie pour résoudre les problèmes économiques de l’Occident. Aujourd’hui, plus personne ne parle du départ de Bachar Al Assad, plus personne ne parle d’une victoire de ces terroristes internationaux protégés par l’Occident. Que disent-ils, Obama et Kerry, Cameron et les autres ? Qu’est-ce ce qu’ils demandent à présent pour la Syrie ? Continuer à armer et envoyer de l’aide aux terroristes afin d’obtenir un équilibre sur le terrain, pour que ces représentants du terrorisme international aient une carte afin de peser sur la table de négociations… Revenir à ce qu’a proposé le gouvernement syrien au début du conflit. L’on ne peut faire face au problème syrien avec des armes, de la destruction et du sang. La Syrie doit trouver une solution, d’abord entre les Syriens, et ensuite, à caractère politique et pacifique.

Comment pourrait-on expliquer les facteurs qui interviennent aujourd’hui en Egypte ?

Aujourd’hui en Egypte, on ne retrouve pas ces facteurs. Si l’on veut une analyse sincère, profonde et objective, on doit dire qu’en Egypte il existe deux courants, comme on les retrouve dans n’importe quel pays du Proche Orient. Il existe un courant qui souhaite servir les intérêts de l’Occident, des gens qui sont présentés comme libérateurs et démocrates, ce qui est loin d’être vrai.

Et puis, il y a les forces nationalistes qui prônent la souveraineté, l’indépendance, la liberté, la revendication des richesses nationales au profit du peuple. Combien de fois a-t-on appris que ce gouvernement acquis à l’Occident, celui de Moubarak, qui dura trente années, avait laissé le pays avec plus de 50% de la population en dessous du seuil de la pauvreté ? Qui permit aux Frères Musulmans de prendre le pouvoir ? Cette organisation fut créée en Egypte en 1928. Après quatre-vingt-cinq ans d’une très mauvaise opposition partout dans le monde arabe, ils arrivent au pouvoir. Ce qu’ils avaient réussi à faire échouer durant quatre-vingt-cinq ans d’opposition, ils l’ont mis en place en douze mois : ils ont augmenté la pauvreté, l’analphabétisme, l’économie est tombée, ils se sont occupés d’éliminer l’un des revenus les plus importants de l’Egypte qui est le tourisme…Quand on lit les déclarations de Kerry, on se pose des questions. Kerry a dit que l’armée a dû intervenir afin de redresser la démocratie en Egypte.

Ils auraient pu empêcher leur laquais, Monsieur Morsi, de mettre en œuvre une politique complètement biaisée, avec une Constitution complètement opposée à la sensibilité de l’écrasante majorité des Egyptiens. N’oublions pas que Morsi obtint, lors du premier tour électoral cinq millions et demi de voix, sur un total de cinquante-cinq. Lors du deuxième tour, il obtint onze millions, c'est-à-dire qu’il ne représentait pas la majorité pour faire cette Constitution taillée sur mesure et au service de son parti qui est excluant, à caractère islamique, mais d’un Islam qui n’a rien à voir avec le Coran. C’est un Islam rétrograde qui ne sert qu’aux intérêts politiques d’un secteur de la population.

Kerry et son gouvernement auraient pu empêcher ces manifestations massives qui ont rempli les rues, demander à Monsieur Morsi de mettre en place un gouvernement plus large, car les autres aussi ont des droits, que ce soient les nasséristes, les socialistes, les unionistes, des autres partis. En Egypte,l ? il existe deux façons de voir la politique interne et internationale. Une façon de voir la politique comme une soumission aux intérêts de l’Occident et un autre point de vue, celui de la plupart de la population, qui veut une Egypte souveraine, indépendante, qui puisse mettre au profit ses richesses nationales et surtout, revenir à son rôle historique de leadership au Moyen Orient, et d’équilibre dans une région pleine de contradictions et de conflits locaux.


Leandro ALBANI, Raimundo KABCHI, 19 août 2013.


Traduction: Collectif Investig’Action

In Contrainjerencia


Source: MICHEL COLLON.INFO

jeudi, 30 mai 2013

SYRIE: L'ARMEE PRETE A LANCER UNE OFFENSIVE A QOUSSEIR, LE RETRAIT DU HEZBOLLAH EXIGE

 

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Le chef de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Mouaz al-Khatib.

 

L'opposition syrienne joue avec les nerfs de la communauté internationale. Réunie à Istanbul depuis près d'une semaine, la Coalition nationale peine à adopter une position en vue de la conférence sur la paix prévue à Genève en juin. Au grand dam de la communauté internationale. METRONEWS.FR

A Istanbul, plusieurs diplomates de pays soutenant l'opposition syrienne se sont rendus à la réunion de la Coalition nationale de l'opposition pour tenter de débloquer les débats. AFP

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Des tanks de l'armée syrienne prennent position près de la ville de Qousseir, le 25 mai 2013 (Photo AFP).

 

DAMAS — Washington a exigé "le retrait immédiat" du Hezbollah de Syrie, au moment où l'armée syrienne, épaulée par ce mouvement libanais, a annoncé s'être emparée de l'aéroport de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir.

De son côté, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à cette future conférence internationale, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences: "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut".

M. Mouallem a par ailleurs qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques.

"L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

Sur le terrain, l'armée syrienne contrôle l'aéroport de Dabaa "à l'issue d'une opération militaire de plusieurs heures commencée dans la matinée", a affirmé une source militaire à l'AFP, précisant que l'opération a fait plusieurs dizaines de morts.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

L'armée contrôle désormais toutes les issues de Qousseir, stratégique tant pour le régime que pour les insurgés, et peut lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie.

"Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à al-Manar.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3.000 à 4.000 combattants en Syrie.

"Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

L'Iran, allié régional de la Syrie qui a indiqué avoir reçu une "invitation orale" à participer Genève-2 en dépit des réticences de la France, a dit souhaiter une "solution politique" en Syrie, lors d'une conférence sur le conflit syrien organisée par Téhéran.


Source: AFP

lundi, 13 décembre 2010

WIKILEAKS : L'ARABIE SAOUDITE A COMPLOTE CONTRE LE HEZBOLLAH


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L'Arabie Saoudite a proposé de mettre sur pied une force chargée de combattre les militants du Hezbollah au Liban avec l'aide des Etats-Unis, de l'ONU et de l'Otan, selon une note diplomatique diffusée par WikiLeaks mardi.

Au cours d'une réunion en mai 2008 avec un diplomate américain en Irak David Satterfield, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud al-Fayçal a indiqué qu'une "réponse sécuritaire" au "défi militaire" posé à Beyrouth par les militants soutenus par l'Iran était nécessaire. Le prince saoudien disait craindre qu'une victoire du Hezbollah face au gouvernement libanais dirigé à l'époque par le Premier ministre Fouad Siniora, ne mène à une prise en main du pays par l'Iran. Selon lui, une "force arabe" aurait pu servir à maintenir l'ordre autour de Beyrouth, l'armée libanaise étant "trop fragile pour supporter davantage de pression", selon les notes diplomatiques émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

La force en question devait être soutenue par la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul) et les Etats-Unis et l'Otan devaient fournir un soutien logistique, ainsi qu'un soutien naval et aérien, selon la note. La création d'une telle force aurait sans doute suscité des inquiétudes à Washington, les troupes américaines ayant quitté le Liban depuis un attentat-suicide contre un camp de Marines qui avait fait 300 morts à Beyrouth en 1983.

Lors de la réunion au cours de laquelle ce plan a été évoqué, Saoud al-Fayçal a affirmé que "sur tous les front régionaux sur lesquels l'Iran avance, la bataille au Liban pour garantir la paix est la plus facile à gagner". Il a indiqué à M. Satterfield que Fouad Siniora soutenait fermement le projet et que seules la Jordanie, l'Egypte et la Ligue arabe étaient au courant.

De précédents câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks ont montré que l'Arabie Saoudite était obsédée par le danger nucléaire iranien et redoutait également les visées hégémoniques de Téhéran dans la région. Une autre note publiée mardi montre que l'armée saoudienne a fait usage l'an dernier d'"une force très disproportionnée" lors d'une campagne perçue comme étant "d'une longueur gênante" contre des guérillas. "Des bombardements aériens jour et nuit et des tirs d'artillerie ont été les principaux instruments de ce qui est de plus en plus perçu par l'armée saoudienne comme une campagne d'une longueur gênante", dit la note émanant de l'ambassade américaine à Ryad.

L'opération de trois mois contre les guérillas Huthi peu armées dans les zones frontalières avec le Yémen étaient également perçues comme "mal planifiées et exécutées" et ont "engendré un nombre plus élevé qu'attendu de victimes saoudiennes". "Néanmoins, le conflit a été présenté comme une lutte héroïque et couronnée de succès pour protéger la souveraineté saoudienne", indique le câble diplomatique américain, daté de décembre 2009.

En août 2009, le Yémen avait lancé une offensive contre les rebelles Huthi et ceux-ci ont ensuite affronté les forces saoudiennes jusqu'à l'instauration d'une trêve en février.


Source: LE PORTAIL JUIF FRANCOPHONE

samedi, 17 avril 2010

YANN MOIX: "SANS LES JUIFS, LE MONDE COURT A SA PERTE"

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Lundi 22 février 2010, par Gil TAIEB

Prenez deux minutes pour lire cet article bouleversant et criant de vérité écrit par Yann Moix (qui n’est pas juif), et sachez qu’il a d’abord été refusé par LIBERATION, puis publié dans Le Figaro.

 

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Défense de toucher à Arthur, Par Yann Moix pour le Figaro.

A chacun de ses spectacles, l’humoriste Arthur, comme il en a témoigné dans un article bouleversant publié dans Le Monde, est insulté par des manifestants pro- palestiniens.

Parmi les insultes proférées, il en a retenu quelques-unes.

Exemple : « Arthur sioniste, Arthur complice ! »

Ça y est, donc. C’est arrivé.

Nous sommes dans un pays, la France, où le mot « sioniste » est devenu une insulte .

Pourtant, la véritable insulte, c’est bien que le mot« sioniste » soit devenu une insulte.

Le sionisme est un idéal politique, devenu ( ce qui est rare dans l’humanité) une réalité.

Le sionisme, c’est une forme politique possible ( pas exclusive) du judaïsme.

Le sionisme fut l’utopie de quelques-uns qui, au XIXe siècle, ont décidé que les Juifs avaient eux aussi le droit non seulement d’exister, mais de vivre ; et non seulement de vivre, mais de vivre quelque part. Non plus n’importe où, non plus partout : non plus seulement sur la Terre, mais sur leur terre.

Le sionisme est une idée qui peut être discutée, mais au sein du judaïsme lui-même ( et elle l’est !). Seuls les Juifs ont le droit de se poser la question de savoir si le judaïsme est traduisible, ou pas, dans la langue du politique, de l’histoire, et si le sionisme est, ou non, la meilleure traduction, le meilleur avatar possible de la foi des Pères. Quant au reste du monde, il n’a qu’une chose à faire : respecter le sionisme comme une manière sûre, et on l’espère définitive, de ne plus reléguer le peuple juif à son nomadisme infernal qui, plus d’une fois, a failli le détruire.

En aucun cas le mot « sionisme », le mot « sioniste » ne sauraient être honteux.

L’antisémitisme n’a jamais reculé devant rien (il a même toujours avancé devant tout) : un des coups de génie, un des coups tordus qu’il est parvenu à réaliser, c’est cet amalgame systématique entre sionisme et nationalisme, puis, tranquillement, avec l’air de ne pas y toucher, entre nationalisme et national-socialisme :

Arthur est traité, sur les banderoles, de « complice », comprenez, mes amis : de collaborateur. De collabo.

Les manifestants essaient, c’est très clair, de faire passer dans les mœurs l’équivalence Israël-Allemagne nazie. Retournement insoutenable, symétrie axiale diabolique où le nazisme, ramenant les fils d’Abraham dans son camp, colle encore au destin des Juifs mais, cette fois, en tentant d’en faire des associés, des jumeaux, des semblables : Hitler avait plus d’un tour dans son sac, et le diable sait que la vérité doit sans cesse changer de vérité pour se perpétuer dans les siècles. abomination est un des visages nouveaux ( il y en a plusieurs, c’est très ramifié, très fin) de l’antisémitisme qui, pour exister, doit muter à mesure que le monde mute, doit muer à mesure que le monde mue.

Sionisme, donc, égale nationalisme, égale aussi colonialisme, évidemment : tout le monde sait que le destin d’Israël est de conquérir le monde ! De s’étendre ! De se répandre !

Les « antisionistes », traduction « politiquement correcte » du mot « antisémites », ne sont pas très cohérents : Arthur vient de faire l’expérience fondamentale que tout Juif fait dans sa vie, tôt ou tard : celle de l’irrémissibilité de l’être-juif.

Quand on est juif, on est toujours juif d’abord. Et français, canadien ou marocain, ensuite.

C’est cela que les juifs paient tous les jours. Tel est leur destin.

C’est de cela, aussi, qu’ils doivent être fiers à côté, ils passent leurs journées à fustiger le communautarisme juif, sa propension à rester fermé sur lui-même ; et, de l’autre, ils entendent faire accroire que les Juifs sont des colons prêts à faire n’importe quoi pour agrandir leur espace vital (terme nazi, bien entendu).

On « accuse » Arthur de « financer l’armée d’Israël ». Il s’en défend.

Mais j’ajoute : il aurait parfaitement le droit de la financer. Arthur est juif.

Ce qui signifie que, quand les nazis futurs reviendront (car sous une forme encore inédite, peut-être moyen-orientale, ne doutons pas une seconde qu’ils feront tout pour revenir), lui et les siens seront, comme jadis ses ancêtres, les premiers, oui, les tout premiers sur la liste des suppliciés.

Arthur s’inscrit, comme tous les Juifs du monde, dans une famille dont l’humanité, depuis qu’elle existe, veut la peau.

Alors Arthur, même s’il ne le fait pas, même s’il a choisi de ne pas le faire, aurait parfaitement le droit, aurait humainement le droit, sans en rougir, d’aider un État qui, bien que critiquable (car une défense aveugle de la politique d’Israël n’aurait évidemment aucun sens), est le résultat, le fruit d’une histoire tragique dont la mémoire ne se négocie pas. la question suivante : pourquoi s’en prendre à lui, lui Arthur, humoriste, présentateur de télévision (dont on peut par ailleurs, là n’est évidemment pas la question, n’être pas très fan) ?

Regardons la logique antisémite à l’œuvre, voyons comment elle procède :

1) L’armée israélienne a fait des victimes civiles dont des femmes et des enfants.

2) L’armée israélienne, c’est Israël.

3) Israël ? Ce sont les Juifs ( ou sionistes, tout ça c’est pareil).

4) Comme ce n’est pas une guerre, l’armée israélienne, autrement dit Israël, autrement dit les Juifs ne sont pas des combattants, des belligérants ; mais des assassins.

5) Les Juifs ont tous le même sang, par conséquent les Juifs et un Juif c’est la même chose : on dira donc le Juif pour dire les Juifs.

6) Ce qui signifie que n’importe quel Juif pris au hasard est strictement équivalent à tous les autres Juifs, ses semblables. Tout Juif est sosie de tout Juif.

7) Conséquence : Olmert égale Nétanyahou égale Elie Wiesel égale Arthur.

Conclusion : Arthur est un assassin.

Mais pourquoi lui ?

Parce qu’il a réussi et qu’il est riche, qu’il est célèbre, qu’il a une jolie fiancée (comme Djamel, non ?) et surtout parce que, humoriste, il est inoffensif.

Pour un antisémite, c’est toujours l’inoffensif qui représente le plus grand danger.

On se souvient d’Hitler et des enfants juifs : toute l’Allemagne braquée contre des petits enfants !

Je crois bien que jamais je n’oublierai, de ma vie, ces quelques lignes d’Arthur qui, en 2009 (je répète : en 2009) s’est vu contraint, dans un quotidien national de premier ordre, d’écrire :

« Je m’appelle Jacques Essebag. Je suis né le 10 mars 1966 à Casablanca. (…) Je suis français. Je suis juif. » Arthur vient de faire l’expérience fondamentale que tout Juif fait dans sa vie, tôt ou tard : celle de l’irrémissibilité de l’être-juif.

Quand on est juif, on est toujours juif d’abord. Et français, canadien ou marocain, ensuite. C’est cela que les Juifs paient tous les jours.

Tel est leur destin. C’est de cela, aussi, qu’ils doivent être fiers. Le monde comprendra-t-il, demain, que sans les Juifs il court à sa perte ?

Oui : sans les Juifs, nous sommes perdus.

Et l’humanité suicidaire le sait.

C’est pourquoi, inventant sans cesse des tortures nouvelles, elle continue de les persécuter.

 

Source: Le portail juif francophone

14:16 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Israël | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : yann moix, gil taieb, holmert, nétanyahou, élie wiesel, anti-sionisme, antisémitisme, france, gaza, hamas, hezbollah, israël | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |