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jeudi, 23 juillet 2009

AFFAIRE KIEFFER : ET REVOICI LE CHIFFON ROUGE DE LA FRANCE!


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Hier, mercredi 22 juillet 2009, à 18h GMT, la chaîne française France 24 a relayé un reportage de France 3 dans lequel un prétendu nouveau témoin dans l’affaire Guy-André KIEFFER, du nom d’Alain GOSSE, fait des révélations sur la mort du susnommé : Selon celui qui se fait appeler Major Alain GOSSE, Guy-André KIEFFER aurait subi un interrogatoire à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, au Plateau, dans une petite salle au sous-sol qui se présenterait comme une sorte de cellule de garde à vue.

Il y aurait été interrogé alors par le Commandant Séka Séka, aide de camp de Mme Simone GBAGBO, le Capitaine Tony Oulaï (aujourd’hui incarcéré en France, dans le cadre de cette même affaire) et Monsieur Baï, garde de corps du Président Laurent GBAGBO, sur son intérêt pour le cacao ivoirien et ses investigations relatives aux armes de guerre achetées par l’Etat de Côte d’Ivoire. Après cet interrogatoire, il aurait été emmené dans un lieu inconnu où une bavure aurait causé sa mort par balle.


La journaliste Vanessa Burggraf qui présentait cette édition du journal interroge, par la suite, Maître Rodrigue Dadjé, Avocat de Mme Simone GBAGBO, en direct, pour qu’il se prononce sur l’élément de la chaîne France 3. Il est très clair : Ce monsieur qui se fait passer pour un soldat de l’armée ivoirienne n’en est, en fait, pas un. Mieux, c’est un burkinabé. Il rejette entièrement le témoignage du prétendu gendarme ivoirien et relève les contradictions voire les incongruités entre les thèses de Tony Oulaï et du nouveau témoin. Il souligne le fait que les enquêtes actuelles sur ce dossier sont en bonne voie et qu’il déplore que chaque fois que l’on approche de l’éclatement de la vérité, il faille que de nouveaux témoins soient exhibés pour déjeter l’opinion publique sur des questions moins importantes, avant d’indiquer la totale sérénité de Mme Simone GBAGBO relativement à ce nouvel élément dans l’enquête (qui n’en est pas, en fait, un) et de passer, de façon tout à fait inopinée, la parole au Commandant Séka Séka, en direct, prenant ainsi de cours l’animatrice de l’édition du journal de 18h.


Le Commandant Séka Séka, invité inattendu (et peut-être indésirable), souligne d’entrée de jeu qu’il ne devait, en principe, pas intervenir en direct sur ce dossier mais s’y astreint pour avoir été nommément cité dans le reportage de France 3. Il met tout de suite en pièce le témoignage fallacieux du vrai faux témoin en déclinant entièrement sa véritable identité : Zinsonni Nobila Paul. Un burkinabé, né au Burkina Faso, dans une ville burkinabé, de père et de mère burkinabé, avec un patronyme parfaitement burkinabé. Le faux témoin est démasqué et ce d’autant plus que tout soldat ivoirien qu’il dit être, il rabat son béret militaire sur la droite alors qu’en Côte d’Ivoire, le béret se rabat sur la gauche. Cela est totalement inconcevable pour une personne qui se réclame de l’armée ivoirienne. Un tel individu ne peut donc aucunement être exhibé comme un militaire ivoirien travaillant à la Présidence de la République, témoin des circonstances de la mort du journaliste-homme d’affaires français Guy-André KIEFFER.


Cette intrusion ébranle un tantinet la journaliste Vanessa Burggraf et peut-être même toute la rédaction du journal de France 24. Pour preuve, à 18 heures 30, l’intervention caustique du Commandant Séka Séka est retirée de la nouvelle édition du journal et à 19h GMT, un certain Joseph TUAL, invité de cette autre édition, fait un raccourci incroyable en affirmant que ce nouveau témoignage jettera certainement le discrédit sur le régime GBAGBO. Très révélateur !

Etait-ce la vérité que recherchait France 24 en relayant cet élément de France 3 et en invitant un commentateur si peu sérieux ou le marquage des esprits par un nouveau témoignage discréditant l’entourage de Mme GBAGBO et donc Mme GBAGBO elle-même, et par ricochet, son époux le Président GBAGBO ? Sûrement pas !

Par cette manœuvre inconsidérée derrière laquelle se trouvent incontestablement les autorités françaises, il s’agit une fois de plus de jeter l’anathème sur le régime ivoirien et de présenter indirectement le candidat GBAGBO, à l’approche des élections présidentielles de novembre 2009 pour lesquelles tous les sondages le donnent gagnant (même ceux commandités par ces adversaires), comme un personnage infréquentable et peu recommandable, de sorte à justifier devant l’opinion internationale tous les coups bas en préparation par la France contre la Côte d’Ivoire.


Décidément, Nicolas SARKOZY ne fait plus de scrupules pour positionner voire imposer son poulain Alassane Ouattara, en Côte d’Ivoire, après avoir diabolisé et quasiment présenté comme un vil personnage le Président GBAGBO, aux obsèques d’Omar BONGO, et récemment Henri Konan BEDIE. Si cela ne s’appelle pas ’’choisir son candidat’’, je donne ma langue au chat !


La presse nous a rapporté, antérieurement, que selon l’épouse ghanéenne de KIEFFER, trois jours après la disparition et, certainement, la mort de son conjoint, deux individus de race blanche ont débarqué à leur domicile et ont mis la maison sens dessus dessous, à la recherche d’un mystérieux document. Surpris de la trouver à son domicile, ils lui ont intimé l’ordre de rentrer chez elle, au Ghana, si elle tenait à sa vie.


D’où vient-il donc que l’Elysée s’escrime à imputer la disparition de cet homme d’affaires-journaliste français qui a mal goupillé son ’’business’’ au régime ivoirien ?

De deux choses l’une : Soit KIEFFER est vraiment mort et certainement pas entre les mains du régime ivoirien (c’est une absolue certitude), soit il se la coule douce sur une île paradisiaque, aux frais de l’Elysée, de sorte que sa prétendue mort serve de chiffon rouge contre le régime GBAGBO (si on peut encore appeler ’’régime’’ ce panier à crabes qu’est le gouvernement ivoirien).

Au moins une chose est sûre : Ces turpitudes de la France contre la Côte d’Ivoire, y compris la dernière bavure de SARKOZY depuis le consulat de France à New York (sans les Casques Bleus, j’aurais fait le nettoyage en Côte d’Ivoire), nous indiquent, on ne peut plus clairement, qu’on veut la peau de GBAGBO et que les mois à venir ne seront pas de tout repos pour nous, peuple ivoirien. Mais un peuple digne ne se laisse pas plier comme une feuille de papier. Nous reprochons mille et une choses à GBAGBO, certes, mais il est le seul qui ne vendra pas l’âme de la Côte d’Ivoire à la France. Il représente, pour nous, le moindre mal et s’il doit être évincé du pouvoir, qu’il le soit par les urnes et pas autrement ! Que ceux qui manoeuvrent en eaux troubles se le tiennent pour dit ! Salut !



DINDE Fernand AGBO