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mercredi, 29 juillet 2015

NAHIBLY, CET AUTRE LOURD ET ENCOMBRANT HERITAGE DE LA NEO-COLONISATION FRANÇAISE

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg

 

On ne le dira jamais assez : le mensonge, l’hypocrisie et la méchanceté gratuite sont les fondamentaux qui ont présidé à la guerre que la France, de CHIRAC à SARKOZY,  menée contre  la Côte d’Ivoire. Sinon, comment comprendre que trois longues années  après, les massacres de Nahibly, ce camp de réfugiés pour autochtones Wê à Duékoué, n’aient point connu la moindre arrestation, alors que les tueurs de nos parents et frères sont bel et bien là, au cœur même du pouvoir en place ou bien en train de nous narguer chaque jour, clamant haut et fort que les crimes qu’ils ont commis l’ont été pour asseoir et solidifier un pouvoir qui a choisi la violence comme mode d’expression en politique ?

Le 20 Juillet 2012, des femmes, des enfants et des vieillards ont été assassinés sur les terres de leurs ancêtres, au camp de Nahibly, sous les regards de la France et de l’O.N.U. Devrions-nous être étonnés, nous Ivoiriens ou Africains, que ces horribles massacres n’aient point encore connu aucune poursuite judiciaire, tout comme ceux perpétrés en direct par les soldats de l’armée française sur les ponts d’Abidjan et à l’Hôtel Ivoire, bien après les abominables horreurs que ces soldats français ont couvertes à Bouaké, Korhogo, Sémien et Monoko-Zohi en Septembre 2002, avec  les tueries de Guitrozon et Petit-Duékoué la nuit du 31 Mai 2005 ?

Pour ce 20 Juillet 2015, trois ans après ces massacres, l’O.N.U., ne serait-ce que par décence feinte, n’a point daigné entendre le moindre de ses soldats sur les circonstances des atrocités commises dans ce camp de réfugiés gardé par un contingent marocain. Or, en Mars 2014, un rapport d’enquête a publié des chiffres,  des révélations à couper le souffle et des images de l'horreur ont circulé sur la toile internet. Les victimes de Duékoué, au-delà d’un devoir de mémoire envers les leurs, voudraient encore une fois ici dénoncer :

- 1° : le rôle de nuisance et d’embrigadement criminel de la France contre le digne peuple de Côte d’Ivoire depuis 2002. Les peuples et gouvernants français cruels crient au terrorisme chez eux? Ils devraient savoir que les présidents CHIRAC et SARKOZY ont instrumentalisé par leurs rebelles la terreur en Côte d’Ivoire mais notre peuple, debout comme un seul homme, a fait front et résisté malgré des têtes de bébés coupées ici à l’ouest ivoirien, des familles entières enfermées et brûlées vives dans leurs maisons, des femmes enceintes éventrées quand on sait l’ampleur de l’émoi et de l’indignation soulevées en France il y a peu, suite à une décapitation (œuvre d’un terroriste) dans l’Isère. Les preuves sont là, innombrables et incontestables que la France, par son armée, a commis trop de crimes en Côte d’Ivoire, en usant de la terreur pour nous obliger à renoncer à notre dignité et notre sens de la patrie. Surprise que sa barbarie n’a fait que renforcer notre esprit de résistance, la France s’est adonnée à des crimes sans nom par ses bras armés de la rébellion ivoirienne, bombardant elle-même les jeunes patriotes ivoiriens quand notre volonté de souveraineté prenait de l'ascendant sur ses coups bas. On ne peut pas être coupable et juge à la fois !

-2° : les victimes de Duékoué dénoncent aussi le rôle perfide et destructeur de vies humaines qui est celui de l’O.N.U. Prétextant sauver la Côte d’Ivoire d’une catastrophe humanitaire en Mars 2011, l’O.N.U. s’est empressée de pondre une résolution, précisément la 1975. Mais alors combien sont morts par ici depuis, sous les regards complices de l’O.N.U., à Carrefour-Duékoué et Nahibly, bien après Guitrozon et Petit-Duékoué ? Combien des nôtres ont été enlevés, déportés pour être assassinés en silence dans les forêts ou les montagnes de chez nous, à commencer par les brousses et campements aux alentours de Nahibly ? Le camp de concentration du chef rebelle Daouda KONE dit Konda pour les jeunes gens d’ethnie Wê, à l’Hôtel Monhésséa de Duékoué, l’O.N.U.C.I.n’était pas au courant ? La vérité sur le terrorisme qui s'est abattu sur la Côte d'Ivoire ne sera sue que quand le désarmement et la mise aux arrêts des chefs rebelles auront lieu. Sinon, tout autre discours ou diversion est un non-sens.

En définitive, les victimes de Duékoué sourient, face aux vaines gesticulations et ennuyeuses élucubrations contre le terrorisme des actuels gouvernants français, eux qui n’ont jamais crié au scandale quand Nahibly  été mis à feu et à sang, le 20 Juillet 2012 mais qui, dans le même temps, recevaient monsieur OUATTARA chez eux. Quant à messieurs CHIRAC et SARKOZY, se sont-ils une seule fois étonnés ou indignés du fait qu’un pays sahélien (le Burkina Faso) leur vende du cacao, fruit des  razzias de la rébellion dans l’ouest ivoirien ? Ont-ils, pour cela, suscité la moindre résolution à l’O.N.U. en son temps contre leur ami Blaise COMPAORE ? Non, non et non, crient les victimes de Duékoué, le terrorisme, même tropicalisé et trempé à la sauce française, n’est rien d’autre que du terrorisme, vu et su que la terreur et la douleur n’ont point de couleur, encore moins de race. C’est pourquoi, depuis qu’ils ont enfermé Laurent GBAGBO à La Haye, nous, victimes de Duékoué, nous chantons et nous dansons d’allégresse : il n’est plus loin, ce jour où la France du crime éhonté et de la basse sottise va être mise à nu, pour que guérissent enfin ces millions de cœurs meurtris d’Africains que nous sommes. "Toujours pour le voleur, un jour pour le propriétaire", aimons-nous répéter en Afrique. Or Dieu seul sait combien la France nous a volés par des massacres tout aussi odieux que grossiers et honteux. Oh, honte à la France des droits de l’homme ! D'ailleurs, à quand ton examen de conscience, de Toussaint LOUVERTURE à Laurent GBAGBO avec tous ces millions de morts en Afrique et dans les départements et territoires d'outremer (*)?

Massacrer autrui pour survivre, sur cette terre des hommes ? En attendant que madame BENSOUDA et sa C.P.I. ouvrent un jour leurs yeux et la primauté du droit sur Nahibly et Carrefour, les victimes de Duékoué s’inclinent devant la mémoire de leurs nombreux disparus. Paix sur Nahibly, paix en Côte d'Ivoire. 

                                                                                                  

 (*) : cf. Le pont de Fengolo, chronique d'un génocide perpétré et tu par la France, manuscrit.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly) : Emmanuel Caleb, porte-parole.

lundi, 25 mars 2013

PRISE DE POSITION DU PARTI DE MELANCHON: «QUE L’AIDE AU DEVELOPPEMENT DE LA COTE D’IVOIRE SOIT RECONSIDEREE EN FONCTION DES DROITS DE L’HOMME»

 

 

JEAN-LUC MELANCHON.jpg


Le discours est louable, courageux et l’initiative, au plus haut point appréciable de la part de M. Mélanchon. Mais quand on sait ce qu’est, ce que vaut et ce à quoi sert, en réalité, l’aide publique française au développement (APD), véritable caisse noir d’Etat selon François-Xavier Verschave (Cf. "La Françafrique, le plus long scandale de la République", Editions Stock, 2009), il faudrait peut-être mieux proposer autre chose. De plus significatif. Comme par exemple, adresser un désaveu public et une condamnation officielle à la politique de non-droit et à la dictature implacable du pouvoir Ouattara. Ce sera certainement infiniment plus payant; et l’impact, salvateur pour le peuple opprimé de Côte d’Ivoire mais assurément dévastateur, pour ce régime qui se complait dans le crime, l’injustice, l’impunité. Et qui, pour une fois, prendra peut-être la chose à coeur. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 

Le Parti de gauche (PG), formation politique de l’opposant français Jean-Luc Mélanchon, vient de se fendre, ce dimanche 17 mars 2013, d’un brûlot contre le régime du président ivoirien, Alassane Ouattara. Sans diplomatie aucune, le PG ne va pas du dos de la cuillère contre le pouvoir d’Abidjan qu’il accuse d’être comptable de «trop de méfaits et d’injustices». Le parti, qui se fonde sur le récent rapport d’Amnesty international sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire intitulé «La loi des vainqueurs», «exige que soit reconsidérée l’aide au développement» de la Côte d’Ivoire «en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile». Ci-après, la déclaration intégrale (disponible sur le site du parti):

Amnesty International constate dans son rapport de février 2013 intitulé «la loi des vainqueurs» une généralisation de la «logique de vengeance et la perpétuation de l’impunité» en Côte d’Ivoire. Aux exactions des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) et des milices supplétives, s’ajoutent dorénavant celles de la Police Militaire qui s’arroge le droit de détenir des militaires certes, mais aussi des civils. Tout au long de l’année 2012, une répression aveugle et sans pitié s’est abattue sur les ivoiriens: les humiliations, les familles rançonnées et la torture sont d’usage courant.

Les «crimes de guerre et crimes contre l’humanité» commis dans l’Ouest ivoirien en particulier à Duékoué pendant l’offensive des rebelles alliés d’Alassane Dramane Ouattara en mars-avril 2011, mais aussi lors de la destruction du camp de Nahibly en juillet 2012, se perpétuent à travers les exécutions sommaires et destructions de biens, le plus souvent basées sur des considérations ethniques. Ces faits restent totalement impunis, ignorés par les autorités ivoiriennes et par la Cour pénale internationale qui juge Laurent Gbagbo.

Amnesty International conclut: «aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions». Une commission Dialogue, Vérité et Réconciliation «inerte», un appareil judiciaire «affaibli et manquant d’indépendance», ignorant superbement les crimes que sont le viol et les disparitions, une telle impunité et l’incapacité à tenir les auteurs de ces crimes atroces responsables créent un risque grave de violence continue.

La France ne peut, comme elle fait toujours sous la présidence de François Hollande, soutenir le régime en place en Côte d’Ivoire, installé avec l’appui déterminant du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Le Parti de gauche exige que soit reconsidérée l’aide au développement de ce pays en la mettant sous conditions de critères tangibles de cessation des violences faites au peuple ivoirien, de démocratisation de la vie politique et de réconciliation de la société civile.

 

Dimanche 17 Mars 2013, Le Parti de Gauche.

 

Badciss Badciss C.

 

Source: LA DIPLOMATIQUE D'ABIDJAN