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jeudi, 01 décembre 2011

TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI: LE FILM D'UN DECHIREMENT

 

Alassane Ouattara l'a appelé de tous ses vœux, au point d'en faire un axe central de son programme de gouvernement. Hier, la CPI a formellement inculpé le président Gbagbo. Et l'a immédiatement transféré à La Haye. La journée d'hier, mardi 29 novembre 2011, a été particulièrement chargée et harassante hier pour le président Gbagbo à Korhogo. En fin de matinée, ce mardi, assisté de ses avocats, il reçoit la visite d'un magistrat de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Abidjan. Qui doit venir, lui a-t-on dit, pour vérifier ses conditions de détention. Le président Gbagbo croit que cette visite fait partie de la réponse à la requête qu'il a émise : pouvoir marcher dans la cour de sa «cachette» deux heures par semaine. Quand la délégation d'Abidjan arrive à son lieu de détention, elle ne prend même pas la peine de s'asseoir. Une lettre lui est tout simplement tendue.

Quand il interroge ses hôtes sur son contenu, il n'a droit qu'à des mines gênées. On lui explique que puisque le courrier lui est adressé, il doit en avoir la primeur. C'est donc avec surprise qu'il se rend compte qu'il s'agit d'un mandat d'arrêt émis par la Chambre préliminaire de la CPI.

«Que devons-nous faire maintenant ?», demande-t-il, en substance. Il lui est demandé de suivre ses hôtes au tribunal pour que le mandat d'arrêt lui soit officiellement signifié et qu'il réagisse. Ses avocats nationaux, surpris, demandent un report pour concertation. Un refus leur est opposé. De vifs échanges s'ensuivent. Face à la situation, le  président Gbagbo choisit de parler à ses avocats. Pour lui, la décision de son inculpation est une décision politique. Et au vu de la volonté du nouveau régime de le transférer devant La Haye le plus tôt possible, obtenir un répit ne servirait à rien.  Après avoir donc pris connaissance des documents, il les signe, sous l'œil vigilant de ses défenseurs. La procédure ivoirienne est ainsi mise en veilleuse, le régime ayant opté pour son transfèrement à La Haye, prétendu gage d'une vraie réconciliation. A partir de cet instant, les choses vont s'accélérer. Le président Laurent Gbagbo, qui a fait revenir Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié de France en 2001, devient le premier ivoirien contraint à l'exil. En dépit de la Loi fondamentale.

Laurent Gbagbo aux Ivoiriens : «Ne pleurez pas, soyez forts...»

Le président Gbagbo, qui a toujours œuvré pour le bien-être des Ivoiriens, est resté fort et digne face à cette autre épreuve qui, assurément, afflige les patriotes voiriens et les démocrates, épris de paix. C'est donc fort logiquement qu'il refuse que les Ivoiriens qui l'ont soutenu et le soutiennent encore sombrent dans la détresse. Voici son message au peuple ivoirien, par le biais de ses avocats, présents à ses côtés à Korhogo : «Ne pleurez pas, soyez forts et courageux, le temps est un autre nom de Dieu». Aux environs de 17h 40, le président Gbagbo qui n'a pas mangé de la journée, ayant été retenu au tribunal toute la journée, regagne - sous la surveillance des hommes de Fofié Kouakou -  la villa où il est maintenu en résidence surveillée depuis sa déportation à Korhogo, au lendemain de son arrestation.

Aux environs de 18 heures, la nouvelle de son transfèrement à La Haye, à bord d'un avion qui attendait à l'aéroport de Korhogo, fait le tour du monde. L'information sera confirmée quelques heures plus tard par des sources proches des avocats de Laurent Gbagbo. La nouvelle a profondément ému les Ivoiriens qui ont vite regagné leurs domiciles. Tous s'indignaient de l'attitude des nouveaux dirigeants et formulaient des prières à l'endroit de Laurent Gbagbo. Un digne fils de Côte d'Ivoire que Ouattara envoie croupir a mille lieues de la terre de ses ancêtres. L'histoire le retiendra.

 

Stéphane Bahi


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 30 novembre 2011

POUR LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, LE TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI SOULEVE DE LOURDES QUESTIONS



LAURENT GBAGBO 4.jpg

Le transfert de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale soulève de lourdes questions de droit et de justice mais aussi des questions politiques cruciales sur le rôle de la France en Afrique. Des crimes particulièrement graves, des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Côte d'Ivoire par les deux camps en conflit après le scrutin de novembre 2010. Pourtant, seul Laurent Gbagbo est directement poursuivi et incarcéré à La Haye. On se souvient pourtant, par exemple, que plus de 800 personnes (selon la FIDH) ont été atrocement massacrées à Duékoué en mars 2011, lors de la prise de la ville par les partisans d'Alassane Ouattara.

Amnesty International, parmi d'autres ONG de droits humains, a appelé les autorités ivoiriennes et le procureur de la CPI à enquêter sur tous les crimes de droit international commis par toutes les parties. On n’en est pas là et ce qui domine aujourd'hui est le risque d'une justice des vainqueurs.La crédibilité de la CPI ne sortira pas grandie de cette grave instrumentalisation.

Laurent Gbagbo est considéré comme le responsable de la crise ivoirienne, des confrontations armées et des violences que celle-ci a entraînée. Mais les résultats des élections de novembre 2010 – pour 20.000 bureaux de vote – furent-ils si évidents, si transparents et si honnêtes alors que les contestations déposées n'ont fait l'objet d'aucune analyse ou enquête sérieuse dans un dangereux contexte de tensions politiques et inter-communautaires qui a dégénéré en guerre civile? Alassane Ouattara «élu» dans de telles conditions, ou plutôt porté au pouvoir par la grâce sarkozienne de l'armée française dans les meilleures traditions néo-coloniales, est-il plus légitime que Laurent Gbagbo ? C'est ainsi qu'on entretient les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain. Il faudra s'en souvenir…et il faudra enfin sortir des pratiques de la Françafrique.

 

Parti  communiste français,


Paris, le 30 novembre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

INCULPE, LAURENT GBAGBO COMPARAITRA LUNDI DEVANT LA CPI

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo comparaîtra lundi 5 décembre pour la première fois devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé l'institution, mercredi 30 novembre. Il a été incarcéré dans la nuit de mardi à mercredi au centre de détention de la Cour, à La Haye, a-t-on appris de source proche du dossier. L'ancien président ivoirien était arrivé à Rotterdam (ouest des Pays-Bas) peu avant 4 heures à bord d'un avion affrété par les autorités ivoiriennes. Il a été ensuite conduit en mini-bus au centre de détention, selon l'agence de presse néerlandaise ANP.

Laurent Gbagbo, âgé de 66 ans, avait quitté mardi soir le nord de la Côte d'Ivoire, où il était détenu depuis avril dans une résidence à Korhogo. Le procureur général de la Côte d'Ivoire avait notifié plus tôt à M. Gbagbo le mandat d'arrêt émis par la CPI portant sur les crimes commis par les forces loyales à l'ancien chef d'Etat à la suite du second tour de la présidentielle, le 28 novembre 2010. En septembre, le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, avait indiqué qu'il renverrait Laurent Gbagbo devant la CPI.

"Cette décision de la Cour internationale de justice est illégale et va à l'encontre des intérêts du pays et de la réconciliation nationale", a déclaré l'avocate de l'ancien chef d'Etat à Paris, Lucie Bourthoumieux, dans un communiqué. "A un peu plus d'une semaine des élections législatives en Côte d'Ivoire [fixées au 11 décembre],elle risque d'attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien (FPI)", a-t-elle ajouté.

Le parti de l'ancien président a annoncé, mercredi, qu'il suspendait sa participation à "tout processus de réconciliation" en Côte d'Ivoire après le transfèrement de son chef, dénonçant un "véritable hold-up politico-juridique".

Mandats d'arrêt avant les élections législatives

La semaine dernière, l'avocat de l'Etat ivoirien, Me Jean-Paul Mignard, avait indiqué au Monde que des mandats d'arrêt seraient émis avant le 11 décembre, date des élections législatives en Côte d'Ivoire. L'avocat français ajoutait que Simone Gbagbo, l'épouse de l'ex-président, ainsi que Charles Blé Goudé, chef des Jeunes Patriotes, étaient eux aussi dans le collimateur de la CPI.

Maître Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, chargé de le représenter devant la Cour pénale internationale, avait pour sa part estimé que "l'arrestation du président Gbagbo [était] illégale et sa détention arbitraire" et avait déclaré que dès lors, la CPI ne pouvait avaliser une telle situation.

Le scrutin de 2010 avait entraîné des violences dans tout le pays entre les forces loyales au président sortant, Laurent Gbagbo, et les partisans d'Alassane Ouattara, dont la victoire avait été reconnue par la communauté internationale. Selon l'ONU, ces violences auraient fait plus de trois mille morts.

 

Stéphanie Maupas

 

Source: LE MONDE.FR

COTE D'IVOIRE: LAURENT GBAGBO OFFICIELLEMENT INCULPE PAR LA CPI

 

L'inculpation de Gbagbo par la CPI prélude à son transfèrèment à La Haye.

L'inculpation de Gbagbo par la CPI prélude à son transfèrèment à La Haye. © AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'État ivoirien Laurent Gbagbo. Ses proches et les avocats de la défense semblent abattus par cette nouvelle.

 

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a été inculpé ce mardi par la Cour pénale internationale (CPI). Il a reçu un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) et doit être transféré à La Haye mercredi au plus tard, a annoncé l'un de ses avocats, Me Gbougnon. La nouvelle, bien qu'elle ne constituant pas véritablement une surprise, a profondément ébranlé ses proches. « Je suis abattu » : c'est la seule phrase qu'a pu prononcer Me Gbougnon pour commenter cette information.

De bonne source, cette inculpation dont nous ne connaissons pas encore tous les détails a été signifiée ce mardi en fin de matinée à Laurent Gbagbo. Selon Touré Zéguen, chef des ex-miliciens en exil à Accra, ce seraient des magistrats ivoiriens qui se seraient chargés d'informer l'ex-chef d'État, détenu à Korhogo à la suite de son arrestation par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), le 11 avril dernier.

Mandat d'arrêt

« Nous sommes face à la justice des vainqueurs, mais il n'y a pas de vainqueur éternel », a simplement commenté au téléphone Laurent Akoun, dont la voix semblait étreinte par l'émotion. Mais le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Gbagbo) n'en sait pas davantage sur les circonstances et les termes de l'inculpation.

 

 

André Sylver Konan


Source: JEUNE AFRIQUE.COM