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mercredi, 12 janvier 2011

INGERENCE DANS LE DOSSIER IVOIRIEN - BARACK OBAMA: LA FIN D'UN REVE POUR LES IVOIRIENS


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In Le Nouveau Courrier N°175 du 10 Janvier 2011 par Saint-Claver Oula


Le président américain, sur le dossier ivoirien, semble très loin de ses discours qui ont fait naître de l'espoir chez les Africains. Et il ne serait pas hasardeux de déclarer que Martin Luther King avait un rêve, Barak Obama vendait du rêve.


Lors de son passage à Accra, en juillet 2009, Barack Obama, dans un discours pathétique a suscité beaucoup d'espoir chez les Africains, notamment les Ivoiriens dont le pays était dans un processus électoral qu'ils voulaient transparent, afin de se doter, après plusieurs années d'atermoiements, d'institutions crédibles. Le président des Etats-Unis avait déclaré, devant le parlement ghanéen que l'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. Selon lui, la vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, a révélé Obama, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux Institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s'assurent que les voix de l'opposition peuvent s'exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l'égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l'expertise comptable, l'automatisation des services, le renforcement des lignes d'appel d'urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

La crise post-électorale que traverse la Côte d'Ivoire était un test pour le président américain. Mais Barack Obama a du mal à tenir ses promesses, donnant raison à ses détracteurs au pays de l'oncle Sam. L'ex-sénateur de l'Illinois apparaissait comme celui qui pouvait changer les relations de son pays avec le monde arabe et ramener la paix au Moyen Orient. Il devait fermer Guantanamo, mais ne l'a pas fait, au grand dam des gauchistes «libéraux» américains. Il devait sortir les Etats-Unis des guêpiers irakien et afghan, il a été amené à renforcer le contingent US en Afghanistan. Il devait faciliter les pourparlers de paix entre Israël et les Palestiniens, il n'a rien pu faire. Il n'a pas su tenir tête à d'Ahmadinejad. Les déceptions ont été évidemment plus fortes du côté de ceux qui croyaient en lui, comme les électeurs démocrates de son camp de Chicago. Constat : le camp des démocrates est en déroute, offrant une opportunité aux Républicains de s'organiser pour qu'Obama n'ait pas un second mandat en 2012.

En Afrique où des pays comme la Côte d'Ivoire, 50 ans après, sont à la recherche de leurs repères pour amorcer leur souveraineté politique et leur développement économique, l'on comprend mal la prise de position de Barack Obama, après son discours d'Accra. Ses réactions qui ne se départissent pas de celles du président français jettent de l'huile sur le feu. Obama a-t-il été induit en erreur par ses services comme c'est courant aux Etats-Unis ou par son homologue français, qui s'accommode des réseaux françafricains, au point de n'adopter aucune réserve ? Agit-il en toute conscience ? Dans les deux cas, ses sorties sur la gestion de la crise post-électorale en Côte d'Ivoire sont incomprises par les démocrates du monde qui sont imprégnés de la question ivoirienne. Barack Obama altère ainsi ce rêve ivoirien qui est de voir un Noir d'origine africaine, étant à la tête d'une grande démocratie, permettre aux Africains de décider librement de leur avenir.


Source: LE NOUVEAU COURRIER