topblog Ivoire blogs

dimanche, 10 novembre 2013

INTERVIEW DU JOURNALISTE PERSECUTE POUR AVOIR DENONCE LES CRIMES DE LA FRANCE EN AFRIQUE

 

SILVESTRO MONTANARO.jpg

Silvestro Montanaro

Silvestro Montanaro, journaliste italien, depuis de nombreuses années racontait les injustices dont sont victimes les classes les plus défavorisées à travers le monde. C’est cette mission qu’il honora lorsqu’il decida de raconter la crise ivoirienne, et la vie de Thomas Sankara. Apparemment cet excès de zèle pour la défense des plus faibles n’était pas du gout de la RAI (télévision publique italienne) son entreprise, qui cédant aux nombreuses pressions a décidé de suspendre son émission C’ERA UNA VOLTA.

Dans cette interview exclusive réalisée et traduite de l’Italien au français pas ACC- Côte d’Ivoire, avec la collaboration de Gahié Kuidé Bosow, Silvestro Montanaro nous parle de son travail passionnant et  de son combat pour la liberté d’expression.

Les ivoiriens découvrirent vous et votre émission C'ERA UNA VOLTA (il était une fois) grâce au documentaire LA FRANCIA IN NERO (La France en Noir). Nous imaginons tout de même que vous n’avez pas commencé à militer pour les droits des plus faibles en 2012 date de sortie de ce documentaire. Qui est Silvestro Montanaro? Pourquoi avoir choisi de lutter pour les Sans voix?

 Silvestro Montanaro est un homme ordinaire comme tant d’autres. Et c’est c’est un journaliste, c’est à dire une personne qui est payée pour raconter honnêtement la vérité. Toute la vérité. Son éditrice est ce personnage qui de plus en plus dérange et est renié. La vérité. Avec la vérité, son patron ce sont les lecteurs ou les téléspectateurs qui regardent ses reportages. Relevant du même ordre d’importance que la vérité et les téléspectateurs, ceux qui lui confient leur propre histoire et leurs souffrances. Et puis, un journaliste mieux que quiconque, est en mesure de ressentir l’injustice commise aux dépens des autres. Surtout lorsqu’elle est commise aux dépens de personnes sans défense. Comme si c’est lui qui l’avait subie. Un journaliste est naturellement la voix de ceux qui n’ont pas de voix. S’il déroge à ce devoir… il n’est qu’un vulgaire escroc.

En dehors de LA FRANCIA IN NERO quelles ont été vos réalisations les plus importantes? Avez vous jamais reçu un prix au niveau professionnel?

 J’ai eu la chance de faire le tour du monde et de vivre certaines pages parmi les plus dramatiques de l’histoire du monde. J’ai réalisé environs soixante (60) reportages d’une durée d’une heure et des dizaines d’émissions concernant les violations des droits de l’Homme, le trafic des femmes et des enfants, les méfaits et les crimes de plusieurs multinationales. J’ai eu à parler de plusieurs guerres, surtout celle en Afrique, qui sont si souvent honteusement et faussement présentées aux occidentaux comme étant de simples guerres ethniques ou tribales. J’ai raconté et fait voir que derrière plusieurs crises sanglantes en Afrique, se cachent les appétits gloutons néocoloniaux de grandes puissances et leur désir de continuer à voler les ressources de ce continent, grâce aussi à l’aide de leurs marionnettes installées au pouvoir en Afrique. Je l’ai toujours fait en citant les acteurs principaux et en apportant des preuves.

Plusieurs de mes réalisations me sont chères. Une que je chérie particulièrement, c’est celle qui parle de Thomas Sankara, le grand président du Burkina-Faso. Elle expose ses idées extraordinaires, et sa façon de vivre tout aussi extraordinaire. Et j’ai apporté dans cette émission les preuves qui inculpent les criminels qui l’assassinèrent avec l’apport de certains gouvernements occidentaux et de présidents-gansgsters des pays limitrophes.

Je crois avoir remporté toutes sortes de prix au niveau italien et international. J’ai aussi été sélectionné pour l’Oscar du documentaire. Mais le prix le plus beau a toujours été pour moi l’estime dont je jouis auprès des personnes dont j’ai racontées l’histoire, le sobriquet par exemple qui m’a été affublé en Afrique est LE GRIOT BLANC. Un vrai honneur.

 

 Et ce jour ils assassinèrent la Félicité (documentaire de Silvestro Montanaro sur Thomas Sankara)

Comment êtes vous venu à connaissance de la situation en Côte d’Ivoire? Après votre enquête et votre émission, quelle idée vous vous êtes fait de la guerre en Côte d’Ivoire?

 Je suis régulièrement ce qui se passe en Afrique. C’est sur vos terres qu’on a expérimentés et qu’on expérimente une grande partie des mécanismes diaboliques qui aujourd’hui affligent le monde. Un exemple parmi tant d’autres? L’utilisation de la dette comme méthode d’étranglement de pays entiers, et le nouvel esclavage, celui financier. Votre extraordinaire pays a vécu une dizaine d’années d’horreurs. Aucun des protagonistes sur le terrain ne peut se vanter de n’avoir pas sali ses mains de sang. Cependant, ce que même un aveugle, s’il est honnête pourrait remarquer, c’est qu’une grande main blanche très souvent, s’est interféré entre les protagonistes, et parfois même a orienté votre tragédie. La France a de fait combattu un président démocratiquement élu et elle l’a combattu parce que ce dernier était opposé à ses diktats et aux intérêts de la France. La France a voulu éliminer une expérience qui, bien qu’ayant ses limites était tout de même une expérience d’émancipation et de souveraineté nationale.

Nous savons qu’après votre émission sur la Côte d’Ivoire, vous avez subi beaucoup de pressions tant de la part des autorités ivoiriennes que de la RAI votre entreprise. Pouvez vous nous raconter tout ce que vous avez subi depuis ce jour où la RAI a transmis LA FRANCIA IN NERO?

 Les pressions sont arrivées de votre gouvernement actuel. Je peux raconter un épisode dont j’ai été protagoniste. Votre ambassade en Italie demanda une rencontre avec les responsables de la RAI, rencontre à laquelle j’ai participé. Les diplomates de votre pays bien évidemment très en colère, essayèrent de donner leur point de vue, menaçant de répercussions économiques les entreprises italiennes présentes en Côte d’Ivoire. Selon eux, mon enquête était le fruit d’un complot. Je leur expliquai que leurs menaces me laissaient indifférent. J’essayai de leur faire comprendre que j’avais tout simplement fait mon métier, racontant une vérité plus qu’évidente. Je crains qu’ils n’aient pas compris. Pour eux, il est inconcevable qu’un journaliste raconte librement la vérité.

 

 LA FRANCE EN NOIR (documentaire de Silvestro Montanaro sur la crise ivoirienne.)

L’actualité c’est la suspension de votre émission par les responsables de la RAI. Pourquoi selon vous la RAI a choisi de suspendre une émission qui d’après ce que nous savons, rapportait beaucoup d’argent à l’entreprise?

 Les motivations réelles de la RAI ne peuvent être analysées que dans un champ d’hypothèses. Essayons de ne parler que de faits. Première évidence, C’ERA UNA VOLTA était désormais depuis des années une émission gênante car trop libre et incisive. Elle avait raconté les méfaits de trop de puissants, et plusieurs parmi eux avaient exprimé leur gêne. Deuxième évidence. Au fur et à mesure que cette gêne s’exprimait, les ressources mises à la disposition de l’émission, (qui au début était acclamée comme émission de l’année) ont dramatiquement diminué rendant toujours plus difficile sa réalisation.

 Ne trouvez vous pas étrange que pour des événements qui apparemment n’ont rien à voir avec les problèmes italiens, vous ayez subi toute cette adversité? Comment l’expliquez vous?

Je vous répondrai en citant textuellement l’analyse faite par un grand syndicat colombien qui a exprimé publiquement sa solidarité vis à vis de C’ERA UNA VOLTA.

 “ les grands pouvoirs qui gouvernent le monde ont toujours tenté et tentent de contrôler l’opinion publique à travers la censure, les mensonges et le contrôle des moyens de communication dans tous les coins et recoins du monde. Étant patrons d’une grande partie des télévisions, des radios, des productions cinématographiques et des grands journaux, les grandes entreprises multinationales influencent de façon importante notre vision de la réalité”

 Bref, le monde est de plus en plus interconnecté, et les intérêts qui le régentent n’admettent pas des voix dissidentes ou critiques. Pire encore si vous vous permettez de raconter qu’en Côte d’ivoire, au prix de milliers de vies et d’années de souffrances pour un peuple tout entier, il a été écrit un nouveau chapitre de la recolonisation de l’Afrique, de la modification de ses frontières et du contrôle despotique de ses ressources au profit de l’occident.

 Une pétition en Ligne déjà signée par Stefano Rodotà (candidat classé deuxième à la récente élection présidentielle en Italie), Gino Strada ( fondateur d’EMERGENCY), don luigi Ciotti (président et fondateur du groupe EBELE E LIBERA) Cicilia Strada (Présidente d’EMERGENCY), Fiorella Mannoia (star de la musique italienne) a été lancée par certains de vos amis et soutiens. Qu’est ce que vous espérez de cette pétition?

 L’objectif minimum est que la RAI, qui existe grâce surtout à la redevance audiovisuelle payée par tous les italiens afin qu’elle assume le rôle de service public, respecte la volonté de tous ceux qui sont entrain de signer cette pétition en ligne, et revienne sur sa décision en remettant dans sa programmation C’ERA UNA VOLTA.

 L’objectif plus ambitieux est celui de faire croitre la prise de conscience selon laquelle sans vraie et bonne information sur ce qui se passe réellement dans notre monde, l’on ne peut pas se définir démocratique. Pour qu’il y’ ait démocratie, il faut un contrôle populaire. Pour exercer ce contrôle, nous devons être informés. Si nous ne le sommes pas, nous serons contrôlés par cette même minorité qui n’est intéressée que par ses sales intérêts.

 Et s’il y’ a une bonne information, les peuples pourront découvrir leur similitudes, découvrir qu’ils ont mêmes intérêts et pourront ainsi collaborer afin de lutter ensemble. Croyez vous que le peuple français serait heureux de savoir qu’il est gouverné par des personnes qui ont les mains pleines de votre sang et de l’argent qu’ils vous ont volé?… C’est pour cela que les puissants craignent la bonne information.

 Comme vous l’avez dit plus haut, vous et votre émission êtes la preuve que le monde est désormais entre les mains de puissances qui transcendent les frontières géographiques. Pensez vous qu’il existe l’espoir qu’un jour la justice puisse prévaloir? Est il utile continuer à se battre pour les droits des plus faibles?

 Chacun de nous représente les jambes du rêve d’un monde meilleur. Sans ce rêve que nous devons rendre concret, réaliser au plus tôt, notre vie à tous n’aurait pas de sens, mon travail serait inutile. Et à travers le monde, même en Afrique, je vois plusieurs jambes qui sont en marche. Des expériences de gouvernement extraordinaires en Amérique latine, le rôle toujours plus important des femmes, les mouvements qui critiquent le pouvoir absolu du monde de la finance. Ainsi, même s’il est vrai que dans l’histoire de l’humanité jamais comme aujourd’hui autant de pouvoir n’a été concentré entre les mains d’une minorité, il est aussi vrai que l’espoir est en marche, il court presque. Ils ne pourront pas, personne ne pourra plus l’arrêter.

 Un dernier mot pour tous ceux qui vous liront surement nombreux?

  La liberté, la justice, le bonheur ne sont pas un don du ciel ou un cadeau “généreux” offert par tel ou tel autre puissant. Ce sont les femmes et les hommes, qui habitent dans ce grain de sable de l’univers appelé Terre, qui pourront les rendre possible. Comment? En s’engageant la tête haute, en luttant, de façon non violente, afin que la vie de tous, et pas seulement celle d’une minorité d’élus, soit une vie digne d’être vécue, et non une triste survie et l’esclavage.

Pour signer la pétition en ligne Cliquez ICI


Source: COTE D'IVOIRE INFO

jeudi, 29 mars 2012

EUROPE: CREPUSCULE DU CAPITALISME ET HORIZON DU SOCIALISME

CREPUSCULE CAPITALISME. TOILE.jpg

Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l' Europe s'enfonce profondément dans la misère. Les peuples d'Europe, comme des « esclaves », sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l'Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d'austérité. Et lorsqu'on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les « aider » en leur dictant leur choix. Cette « farce démocratique » se produit régulièrement et porte à la tête de l'État des partis dont la mission est d' exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l'avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d'une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l'Italie sont désormais sous tutelle de l'Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.

En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d'austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d'hommes et de femmes privés d'emploi à 4,7 millions, record absolu pour l'Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d'Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l'occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).

Les Pays-Bas, présentés avec l'Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le « triple A » connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l'Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l'Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour « flexibiliser » un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.

Les quelques différences de degré et non d'essence qui existent entre l'UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu'ils appellent les « petits partis », ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l'Union Européenne, ne fait qu'empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l'ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives.

Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n'a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d'austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.

Dans toute l'Europe, avec ou sans élections, à l'Est comme à l'Ouest, c'est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.

Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu'ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.

Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L' Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n'a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d'austérité comme les véritables responsables des malheurs de l'Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d'occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui « volent » l'emploi des « vrais » européens et rabaissent « la civilisation européenne ». Rappelons pour mémoire que c'est au nom de cette même « civilisation » que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l'histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue « civilisation », sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.

Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n'ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n'a aucune valeur !

L'abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n'est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même.

La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l'opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l'histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d'une minorité : richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d'un côté et misère sordide pour la majorité de l'autre !

L'exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l'Europe de l'Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Cœur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l'église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l'école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s'étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.

Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s'enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l'impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l'élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d'un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l'économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l'Éducation et à la Santé, protection de l'environnement, résistance à l'impérialisme américain etc. etc.

Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l'aube du socialisme. Si certains pays d'Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l'Europe, elle, s'enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l'activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n'est qu'un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et « la guerre de tous contre tous » sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.

Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d'austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l'ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s'ils ne veulent pas voir leurs conditions d'existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d'abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l'Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d'escarmouches contre ses effets. Il faut œuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.


Jeudi 22 mars 2012

Mohamed Belaali


Source: COMITE VALMY

lundi, 28 novembre 2011

PREPAREZ-VOUS A DES EMEUTES LORS DE L'EFFONDREMENT DE L'EURO: LES DIPLOMATES ONT REÇU L'INSTRUCTION DE SE PREPARER AU PIRE!

 


CRISE EUROPEENNE.jpg

L'Italie et l'Espagne sont au bord de la faillite et des ministres britanniques croient que l'effondrement de l'euro est de plus en plus plausible.

Les diplomates se préparent à aider les Britanniques à l'étranger dans l'éventualité d'un effondrement bancaire et d'émeutes liées à la crise de la dette. Le gouvernement, le Trésor, a d'ailleurs confirmé plus tôt ce mois-ci que la planification d'urgence pour un effondrement est actuellement en cours. Un ministre important a révélé l'ampleur de la préoccupation du gouvernement affirmant que la Grande-Bretagne est en train de planifier la chute de la zone euro et que ce n'est qu'une question de temps!

Le British Foreign & Commonwealth Office a donné des instructions récentes aux ambassades et aux consulats concernant la planification d'urgence, leur demandant de se préparer à des scénarios extrêmes, à des émeutes et à des graves troubles sociaux.

Les diplomates doivent se préparer à aider des dizaines de milliers de citoyens britanniques dans les pays en zone euro, à envisager les conséquences lorsque les gens ne pourront plus accéder à leurs comptes bancaires, à leurs argents.

CRISE EUROPEENNE 2.gif

Les traités de l'Union Européenne, qui ont définient les règles d'adhésion, ne contiennent aucune disposition pour que les membres puissent en sortir. Si les gouvernements de la zone euro n'arrivent plus à acquitter leurs dettes, les banques européennes qui détiennent leurs obligations risquent l'effondrement.

Certains analystes croient que ce genre d'évènement pourrait provoquer l'effondrement global du système, laissant les banques incapables de redonner l'argent aux épargnants et par le fait même, mettre des milliers d'entreprises dépendantes du crédit bancaire à la rue.


Certains économistes estiment que dans le pire des cas, l'effondrement de l'euro produira la réduction du PIB de ses États-membres jusqu'à créer le chômage de plus de la moitié de la population. [les pays n'auront même plus d'argent pour mettre les gens en chômage...]


Source: Le blog de Philippe Ehua

 

Texte original en anglais: THE TELEGRAPH

samedi, 26 mars 2011

LIBYE: SELON LA PRESSE ITALIENNE, LA «REVOLUTION» A ETE TELEGUIDEE PAR LES SERVICES SECRETS FRANÇAIS



KADHAFI 5.jpg

De Franco Bechis, Directeur adjoint du quotidien italien "Libero"


Traduction de l'article du quotidien de Berlusconi "Libero" du 23 mars 2011.

Première étape du voyage, 20 octobre 2010, Tunis. C'est là qu'est descendu avec toute sa famille d'un avion de Libyan Airlines, Nouri Mesmari, chef du protocole de la cour du colonel Muhamar Kadhafi. C'est un des grands perroquets du régime libyen, depuis toujours aux côtés du colonel.

Le seul -comprenons-nous- qui avec le ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa avait un accès direct à la résidence du raïs sans avoir à frapper (avant d'entrer, NdT).

Le seul à pouvoir franchir le seuil de la suite 204 du vieux cercle officiel de Benghazi où le colonel libyen a accueilli avec tous les honneurs le Premier ministre italien Silvio Berlusconi pendant la visite officielle en Libye. Cette visite de Mesmari à Tunis ne dure que quelques heures. On ne sait pas qui il rencontre dans la capitale où la révolte contre Ben Ali couve sous la cendre. Mais il est désormais certain que dans ces heures-là et dans celles qui ont immédiatement suivi, Mesmari jette les ponts de ce qui, à la mi-février, allait devenir la rébellion de la Cyrénaïque. Et prépare l'estocade contre Kadhafi en cherchant et obtenant l'alliance sur deux fronts : le premier est celui de la dissidence tunisienne. Le second est celui de la France de Nicolas Sarkozy. Et les deux alliances lui réussissent.

C'est ce dont témoignent des documents de la DGSE, le service secret français, et une série de nouvelles fracassantes qui ont circulé dans les milieux diplomatiques français à partir de la lettre confidentielle, Maghreb Confidential (dont il existe une version synthétique et accessible payante).

Mesmari arrive à Paris le lendemain, 21 octobre. Et il n'en bougera plus. En Libye il n'a pas caché son voyage en France, puisqu'il a emmené avec lui toute sa famille. La version est qu'à Paris il doit subir un traitement médical et probablement une opération. Mais il ne verra pas l'ombre d'un médecin. Ce qu'il verra seront par contre, tous les jours, des fonctionnaires des services secrets français.

La réunion

On a vu de façon certaine au début du mois de novembre, entrer à l'Hôtel Concorde Lafayette de Paris, où Mesmari réside, d'étroits collaborateurs du président français. Le 16 novembre, une file de voitures bleues est devant l'hôtel. Dense et longue réunion dans la suite de Mesmari. Deux jours plus tard une dense et étrange délégation française part pour Benghazi. Avec des fonctionnaires du ministère de l'Agriculture, des dirigeants de France Export Céréales et de France Agrimer, des managers de Soufflet, de Louis Dreyfus, de Glencore, de Cani Céréales, Cargill et Conagra.

Expédition commerciale, sur le papier, pour essayer d'obtenir à Benghazi justement de riches commandes libyennes. Mais se trouvent aussi dans le groupe des militaires français, déguisés en hommes d'affaire.

À Bengazi ils vont rencontrer un colonel de l'aéronautique libyenne indiqué par Mesmari : Abdallah Gehani. Il est au-dessus de tout soupçon, mais l'ex-chef du protocole de Kadhafi a révélé qu'il était prêt à déserter et qu'il a aussi de bons contacts avec la dissidence tunisienne.

L'opération est menée en grand secret, mais quelque chose filtre jusqu'aux hommes les plus proches de Kadhafi. Le colonel se doute de quelque chose. Le 28 novembre, il signe un mandat d'arrêt international à l'encontre de Mesmari. L'ordre arrive aussi en France à travers les canaux protocolaires. Les Français s'alarment et décident de suivre l'arrêt de façon formelle.

Quatre jours plus tard, le 2 décembre, la nouvelle filtre justement depuis Paris. On ne donne pas de nom mais on révèle que la police française a arrêté un des principaux collaborateurs de Kadhafi. La Libye, au premier abord, retrouve son calme. Puis apprend que Mesmari est en réalité aux arrêts domiciliaires dans la suite du Concorde Lafayette. Et le raïs commence à s'agiter.

La colère du raïs

Quand arrive la nouvelle que Mesmari a demandé officiellement l'asile politique à la France, la colère de Kadhafi éclate, il fait retirer son passeport même au ministre des Affaires étrangères, Moussa Koussa, accusé de responsabilité dans la défection de Mesmari. Il essaie ensuite d'envoyer ses hommes à Paris avec des messages pour le traître : « Reviens, tu seras pardonné ». Le 16 décembre, c'est Abdallah Mansour, chef de la télévision libyenne, qui essaie. Les Français l'arrêtent à l'entrée de l'hôtel. Le 23 décembre d'autres Libyens arrivent à Paris. Ce sont Farj Charrant, Fathi Boukhris et All Ounes Mansouri.

Nous les connaîtrons davantage après le 17 février : parce que ce sont justement eux, avec Al Hadji, qui vont mener la révolte de Benghazi contre les miliciens du colonel.

Les trois sont autorisés par les Français à sortir dîner avec Mesmari dans un élégant restaurant des Champs-Élysée. Il y a aussi là des fonctionnaires de l'Élysée et quelques dirigeants des services secrets français. Entre Noël et le Jour de l'an paraît dans Maghreb Confidential, la nouvelle que Benghazi est en ébullition (à ce moment-là personne ne le sait encore), et aussi quelques indiscrétions sur certaines aides logistiques et militaires qui seraient arrivées dans la seconde ville libyenne, en provenance justement de la France. Il est désormais clair que Mesmari est devenu un levier aux mains de Sarkozy pour faire sauter Kadhafi en Libye. La lettre confidentielle sur le Maghreb commence à faire filtrer les contenus de cette collaboration.

Mesmari est nommé « Libyan Wikileak », parce qu'il révèle un après l'autre les secrets de la défense militaire du colonel et raconte tous les détails des alliances diplomatiques et financières du régime, en décrivant même la carte du désaccord et les forces qui sont sur le terrain. À la mi-janvier, la France a dans les mains toutes les clés pour tenter de renverser le colonel. Mais il y a une fuite. Le 22 janvier, le chef des services secrets de Cyrénaïque, un fidèle du colonel, le général Aoudh Saaiti, arrête le colonel d'aviation Gehani, référant secret des Français depuis le 18 novembre.

Le 24 janvier, il est transféré dans une prison de Tripoli, accusé d'avoir créé un réseau social en Cyrénaïque, qui faisait les louanges de la contestation tunisienne contre Ben Ali. Mais c'est trop tard : Gehani a déjà préparé la révolte de Benghazi, avec les Français.


Traduction Marie-Ange Patrizio


http://affaritaliani.libero.it/politica/sarko_rivolta_lib...

http://bellaciao.org/it/spip.php?article28705

http://it.peacereporter.net/articolo/27597/Libia%2C+rivol...

http://www.pane-rose.it/files/index.php?c3%3Ao26038%3Ae1

http://www.italiah24.it/dal-mondo/africa/6575-guerra-libi...

http://www.blitzquotidiano.it/politica-mondiale/libia-fra...