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mardi, 25 juin 2013

POURQUOI OUATTARA NE PEUT PAS ARRETER SES CHEFS DE GUERRE


ALASSANE OUATTARA ET SES CHEFS DE GUERRE.jpeg

 

Chers lecteurs, cet article paru dans le quotidien ivoirien "Notre Voie" d'hier, lundi 24 JUIN 2013, est particulièrement intéressant parce que son chapeau peu servir désormais de chute à tous les papiers sur la crise ivoirienne, pour remplacer ce que L'AFP écrit depuis toujours et que nous avons toujours dénoncé. Tous nos articles devraient chaque fois répéter cette vérité politique et historique pour qu'ellle s'incruste bien et pour de bon dans la mémoire collective.

côte d'ivoire,pourquoi ouattara ne peut pas arrêter ses chefs de guerre,jean khalil sella,notre voie n°4450 du 24 juin 2013

 

La guerre postélectorale de 2010, née du refus d’Alassane Ouattara d’accepter le verdict du Conseil constitutionnel déclarant Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle, a fait officiellement plus de 3.000 morts. Les grandes victimes de ce conflit ayant opposé les forces gouvernementales aux forces rebelles pro-Ouattara sont les partisans du président Gbagbo. Systématiquement visés pour leur coloration politique.


La preuve, plus de 1.000 civils wê ont été massacrés à l’ouest par les forces ayant combattu pour l’actuel chef de l’Etat. Ces pauvres populations sans défense ont été exécutées sous le regard complice de l’Onuci et de la Licorne, simplement parce qu’elles avaient voté pour Laurent Gbagbo. Plus de deux ans après l’installation de M. Ouattara et alors que la communauté internationale demande des comptes aux différents acteurs de cette guerre, les criminels du camp Ouattara courent toujours là où plus de 700 partisans de Gbagbo croupissent dans les prisons pour des chefs d’accusation imaginaires et farfelus. Et pourtant, le chef de l’Etat avait juré, la main sur le cœur, que tous les criminels seront traduits devant la Justice quel que soit le camp auquel ils appartiennent. Alassane Ouattara et son régime s’évertuent, à longueur de journée, à nier l’existence de la Justice des vainqueurs en répondant invariablement à tous ceux qui les tancent sur ce sujet qu’il n’y aura pas d’impunité. Une telle profession de foi devrait logiquement se traduire par l’arrestation des auteurs des crimes crapuleux commis par la rébellion muée en Frci et ses supplétifs. Ne seraient-ce que les principaux responsables connus de l’ex-rébellion armée. Notamment ceux qui ont conduit les opérations à l’ouest, à Yopougon et à Abobo. Ces responsables directs ou indirects du massacre des partisans du président Gbagbo sont bien répertoriés par la Cpi qui attend depuis deux ans la collaboration promise par le régime Ouattara pour faire avancer les dossiers.

Mais la réalité est là qui contraste ouvertement avec le discours propagandiste du régime. Ouattara ne peut pas faire arrêter ses chefs de guerre pour deux raisons fondamentales au moins.

La première réside dans le fait que le sort de ces chefs de guerre est lié à celui de M. Ouattara. L’objectif de la rébellion armée tel que révélé publiquement par un de ses chef, en l’occurrence Koné Zakaria, était d’installer Alassane Ouattara au pouvoir. L’ex-com'zone de Séguéla a même soutenu que le président du Rdr leur donnait de l’argent pour acheter leurs armes.

S’ils sont inquiétés, les chefs de guerre peuvent entraîner l’actuel chef de l’Etat dans leur chute en déclarant simplement aux juges qu’ils étaient sous les ordres de Ouattara et que tous ces crimes ont été commis pour atteindre l’objectif initial. En clair, un éventuel procès de la rébellion peut déboucher sur un procès de tout le régime Ouattara. Il pourrait être également le procès de la France sarkozienne, de l’Onu et de tous ceux qui ont porté à bout de bras la rébellion sanguinaire de septembre 2002.

La deuxième raison pour laquelle Ouattara ne peut pas arrêter ses chefs de guerre est liée au contexte qui réduit considérablement ses marges de manœuvre. Les chefs de la rébellion ont été nommés dans les sphères de commandement de l’armée dont ils sont les vrais maîtres. Par ailleurs, chaque chef de guerre est resté à la tête de ses troupes et règne encore sur sa parcelle de territoire. Aucun responsable de cette armée ne peut oser les arrêter même s’il reçoit l’ordre de la haut. Qu’on se le dise franchement, quel élément, fut-il le plus téméraire, peut prétendre arrêter Chérif Ousmane, Wattao, Losseni ou Zakaria et avec quels hommes? Vouloir arrêter ces chefs de guerre serait mettre en péril la sécurité de l’Etat et la survie du régime. Les criminels du camp Ouattara peuvent continuer de courir en toute impunité.

 

Jean Khalil Sella


In Notre voie N° 4450 du 24 Juin 2013.

mardi, 14 août 2012

LE PIEGE DE LA CPI SE REFERME SUR LE CAMP OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA ET LUIS MORENO OCAMPO.jpg

 

Le régime Ouattara croyait trouver en la Cpi, une arme fatale contre Laurent Gbagbo et ses partisans qu’il veut voir disparaitre à jamais de la vie politique nationale. Obnubilé par ce noir dessein, le nouveau pouvoir s’est empressé de transférer le Président Gbagbo à La Haye. L’opération a nécessité de gros moyens (avion présidentiel) et s’est faite avec une rare célérité qui traduit éloquemment la détermination du régime Ouattara à vouloir sceller définitivement le sort d’un adversaire redoutable, l’ancien chef de l’Etat.

Mis en confiance par leurs parrains et convaincus qu’ils ne se seront jamais poursuivis pour les nombreux crimes commis par leurs hommes, Ouattara et son régime ont promis de coopérer pleinement avec la juridiction internationale dans la gestion du dossier ivoirien. « Toute personne mise en cause devra répondre de ses actes devant la justice qu’elle que soit son bord », se plaisait à affirmer l’actuel chef de l’Etat à ceux qui doutait de sa capacité à garantir l’indépendance de la justice tout en le soupçonnant de protéger ses partisans.

Mais depuis quelque temps, cette disponibilité vis-à-vis de la Cpi s’est transformée en une hostilité. La complicité du début a tourné au vinaigre. La raison est que le parquet de la juridiction internationale, s’appuyant sur les résultats des enquêtes menées par ses services ainsi que ceux des organisations de défense des droits humains, réclame la tête des hommes de Ouattara qui ont commis des crimes graves dont le massacre de 1000 civils dans l’ouest du pays. Un rapport relatif aux conclusions des juges de La Haye sur le dossier ivoirien mentionne que des forces armées pro-Ouattara ont bel et bien commis des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l’humanité et devront comparaitre devant leur Cour.

Des sources concordantes indiquent qu’au nombre des personnes recherchées figureraient en bonne place Guillaume Soro Kigbafori, chef de l’ex- rébellion armée de septembre 2002 rebaptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ; les chefs de guerre Chérif Ousmane, Fofié Koffi et Losseni Fofana. Face à retournement spectaculaire de situation, Ouattara et son régime voient le danger venir. Subitement, ils ne sont plus prêts à collaborer avec la juridiction internationale et ont changé de discours. Il faut plutôt trouver le moyen de contourner la Cpi. D’où la remise en selle de la justice nationale, présentée comme étant désormais apte à connaitre tous les crimes y compris ceux de génocide commis en Côte d’Ivoire.

La justice nationale déclarée ainsi compétente pourra juger les criminels du régime dont les têtes sont réclamées par la justice internationale. Les nouvelles inculpations infligées aux pro-Gbagbo détenus dans les camps de torture au nord du pays procèdent donc de cette volonté du régime Ouattara de contourner la Cpi. Alassane Ouattara pourra-t-il éviter la prison de La Haye à ses hommes ? En attendant le verdict de l’histoire, il apparait très clairement que la Cpi est devenue une source d’inquiétude pour le camp Ouattara. Autant dire que le piège se referme, de jour en jour, sur son auteur.



Jean Khalil Sella 

 

Source: NOTRE VOIE