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mercredi, 11 avril 2012

REQUIEM POUR MA COTE D'IVOIRE RECOLONISEE

 
DRAPEAU IVOIRIEN EN BERNE.jpg

Le drapeau ivoirien en berne, en ce jour de triste souvenir pour la Côte d'Ivoire et pour l'Afrique entière.

 

11 AVRIL 2011 - 11 AVRIL 2012. Voici un an que ma Côte d'Ivoire a été tragiquement ramenée sous le joug colonial de la France. 1 an qu'un joug de plomb s'est abattu sur mon pays, 1 an que nous subissons la tyrannie d'un pouvoir dictatorial et ennemi des libertés sociales et politiques, 1 an de mensonges éhontés, 1 an de promesses fallacieuses qui n'ont pas encore vu un début d'accomplissement, 1 an de déchirure sociologique profonde, 1 an d'insécurité totale, 1 an de misère et de pauvreté, 1 an de tuerie et de chasse à l'homme, 1 an de justice des vainqueurs, 1 an de délitement de l'Etat et de mise à mort de la Constitution ivoirienne!

Ce 11 AVRIL 2011-là, sous l'instigation de la France de Nicolas Sarkozy et de l'Amérique de Barack Obama, le point d'orgue fut mis au complot international contre ma Côte d'Ivoire. A l'issue d'élections ayant enregistré moult irrégularités, fraudes et violences d'Alassane Ouattara, le Président Laurent Gbagbo fut déclaré vainqueur par le Conseil Constitutionnel et investi. Comme cela se fait dans toute République respectable.

Il n'en fallait pas plus pour que toute la coalition maçonnique internationale - qui avait adoubé Alassane Ouattara en son QG de campagne à l'Hôtel du golf et devant les caméras des pays comploteurs, encadré par Messieurs Jean-Marc Simon et Philip Carter III, ci-devant ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire - avec la bénédiction de l'ONU, appuie les rebelles ivoiriens dans leur offensive générale débutée le 28 mars 2011, à Duékoué - où 2000 wê font l'objet d'une épuration ethnique systématique - et les escorte jusqu'à Abidjan.  Nicolas Sarkozy y fait bombarder pendant 12 jours d'affilé la résidence présidentielle de Côte d'Ivoire, abritant outre les membres de la sécurité présidentielle, des civiles innocents et des enfants à bas âge. Jamais entendu parlé d'une telle cruauté et d'une telle aberration diplomatique! Laurent Gbagbo, le chef d'Etat africain atypique, souverainiste, indépendantiste et rétif, fut ainsi capturé par l'armée française, livré aux forces rebelles pro-Ouattara, les FRCI, déporté dans un premier temps à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, puis dans la plus totale illégalité à La Haye, dans la prison de Scheveningen.

1 an après, la Côte d'Ivoire peine à retrouver ses marques. La vie chère étrangle les ivoiriens, le chômage et les licenciements massifs achèvent de les assommer, les assassinats, crimes, pillages et viols ont atteint un niveau jamais égalé dans notre pays, le rattrapage ethnique cher à Ouattara fait rage dans l'administration et l'armée, des centaines de milliers d'Ivoiriens sont encore en exil ou déplacés. La France a repris pied en Côte d'Ivoire: les premiers conseillers de la Présidence sont français et jouent quasiment le rôle de vice-présidents, particulièrement à travers la personne de M. Serey-Eiffel. La sécurité présidentielle est assurée par des éléments des Forces spéciales françaises (FSF), du Service de protection des hautes personnalités (SPHP), un service du ministère de l'Intérieur français spécialisé dans la protection rapprochée des hautes personnalités françaises (Ouattara est-il français?) et par la force Licorne.

Quant à la réconciliation nationale, elle n'est qu'une vue de l'esprit, tant la jubilation, le dénigrement et le mensonge sont encore au rendez-vous de toutes les émissions télé relatives à la crise ivoirienne. Nous en avons encore eu la preuve, hier mardi 10 avril 2012, dans la soirée, à l'émission de commémoration de Thomas Bahinchi, sur RTI 1, où les invités, tous RHDP, nous ont franchement interloqués par la bassesse et la vacuité de leurs propos! Dire que c'était des professeurs d'université! Des villageois auraient fait de meilleures analyses. Il faut se le dire en toute franchise et honnêteté, la réconciliation n'est pas pour demain, en Côte d'Ivoire.

Mais le digne peuple ivoirien ne lâchera pas prise et reconquerra sa liberté par les voies les plus régulières. A commencer par le gain du procès du président Laurent Gbagbo à La Haye, qui s'ouvrira, le 18 juin 2012, par l'audience de confirmation des charges. La vérité doit triompher. On ira jusqu'au bout!


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

mercredi, 28 mars 2012

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: WADE N'A DONNE AUCUNE LEÇON A GBAGBO


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Après sa défaite face à son ancien Premier ministre, Macky Sall, dimanche au terme du 2ème tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat sortant du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a appelé le vainqueur pour le féliciter. Cette initiative de fair-play et de démocratie est à saluer. Et tous les Africains s'en sont réjouis. Curieusement, la presse pro-Ouattara en Côte d'Ivoire a trouvé là l'occasion pour brocarder le Président Laurent Gbagbo, renversé le 11 avril 2011, par l'armée française et injustement détenu actuellement à la Cpi à La Haye. Pour les partisans d'Alassane Dramane Ouattara, «le coup de fil de Wade à Macky constitue une leçon du premier cité à Gbagbo». Ce parallèle est à la fois inapproprié et infondé puisque la présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire était totalement différente, à tout point de vue, de celle du 25 mars 2012 au Sénégal. C'est donc établir un amalgame truffé de contrevérités que de rapprocher les situations ivoirienne et sénégalaise.

Au moment où s'organisaient les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, le pays était toujours divisé en deux, en proie à une rébellion armée pro-Ouattara. Dont le Rdr, parti dirigé par Alassane Dramane Ouattara, ne cachait pas la proximité. Cette rébellion armée avait pris en otage une partie du pays, en l'occurrence le nord, où elle régnait en maître absolu. Elle s'est invitée, dès le premier tour en octobre puis en novembre lors du second tour, dans le jeu électoral en exerçant une violence inouïe sur les partisans du Président Gbagbo pour les empêcher de voter dans les zones Cno (Centre, nord et Ouest) qu'elle tenait.


Dans le nord du pays, les rebelles ont bourré frauduleusement les urnes au profit de Ouattara. Au vu et au su des observateurs internationaux qui ont dénoncé la fraude massive et la violence perpétrées par ces combattants pro-Ouattara. Seuls les observateurs de l'Union européenne sont restés bouche bée pour des raisons que tout le monde saura plus tard. Au Sénégal, la rébellion Casamançaise n'est pas l'œuvre d'un parti de l'opposition soutenu par des pays étrangers dont la France. Elle n'est pas spécialement dirigée contre Abdoulaye Wade.


Et ne s'est pas invitée dans le jeu électoral. De sorte que le vote s'est même bien déroulé en Casamance. Par ailleurs, en Côte d'Ivoire, avant que le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, ne soit kidnappé par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis (Jean-Marc Simon et Philipp Carter 3) pour le contraindre à prononcer de vrais faux résultats au quartier général de campagne du candidat Ouattara au Golf Hôtel d'Abidjan, les résultats validés donnaient le candidat Gbagbo, vainqueur du scrutin. Par contre au Sénégal, Abdoulaye Wade a été dominé de bout en bout par Macky Sall. Et l'écart de voix entre les deux était tel que Wade n'avait d'autre choix que de reconnaitre sa défaite avant terme. Comme on le voit, si quelqu'un devrait reconnaitre sa défaite avant terme, c'est bien Alassane Dramane Ouattara.


Pour tout dire, Wade a été écrasé par une coalition de partis politiques sénégalais, quand Gbagbo lui, a battu le Rhdp, la coalition comprenant le Rdr, le Pdci-Rda, l'Udpci et le Mfa. Au Sénégal, bien que Wade ait reconnu sa défaite avant terme, Macky Sall attendra que le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs et l'investisse comme président de la République avant d'exercer le pouvoir. Ceci dans le strict respect de la Constitution sénégalaise.


Pourtant en Côte d'Ivoire, Ouattara s'est opposé aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel qui est pourtant le seul organe habilité à le faire conformément à la Constitution ivoirienne. S'il y a une leçon à retenir des récentes élections présidentielles au Sénégal, c'est celle d'un scrutin libre et transparent, du respect des résultats des urnes et des règles institutionnelles du pays. Et cette leçon s'adresse bien évidemment à M. Ouattara. Mais pas à M. Gbagbo.




Boga Sivori, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

bogasivo@yahoo.fr

 

Source: AFRIK 53

vendredi, 16 septembre 2011

COTE D'IVOIRE: UNE BIEN CURIEUSE DEMOCRATIE


YOUSSOUF BAKAYOKO.jpg

Dans quelques mois, les Ivoiriens seront appelés à se rendre aux urnes pour élire députés, maires et présidents de conseils généraux. Dans une atmosphère de totale suspicion qui en dit long sur les vertus et les valeurs démocratiques du nouveau pouvoir ivoirien.

D'abord, la crédibilité du président de la Commission Electorale Indépendante, Youssouf Bakayoko. Largement entachée, quand on sait les circonstances dans lesquelles cet homme, encadré des ambassadeurs Philip Carter 3 des Etats-Unis et Jean-Marc Simon de France, sur ordre du conspirateur patenté de l'ONU en Côte d'Ivoire, Young Jin Choï, a proclamé le résultat du second tour de l'élection présidentielle de Novembre 2010, il est totalement disqualifié à occuper ce poste : proclamation des résultats hors délai (donc forclusion), hors cadre (au quartier général d'un des candidats, Alassane Ouattara en l'occurrence, à l'Hôtel du Golf), en l'absence des commissaires et des vice-présidents de la CEI, sur des médias étrangers, tout seul, avec des résultats non consolidés et un taux de participation contraire de 11 points à celui annoncé quelques jours plus tôt par ses propres soins, à travers la très officielle voix de son vice-président, sur le plateau du Journal de 20h de la RTI (de 70% à 81%. Abracadabrant !).

Ne serait-ce que pour la suspicion légitime de partialité qui pèse sur sa personne et par la gravité extrême des actes qu'il a posés en Décembre 2010, au mépris de la Constitution et du Code électoral ivoiriens, il devrait tirer sa révérence, s'il était un homme d'honneur. Que nenni ! Il demeure bel et bien à son poste. Il a même été décoré, par Alassane Ouattara, pour service rendu. Que peut-on donc espérer d'un tel administrateur électoral ?

Ensuite, le bureau même de la CEI postélectorale : quasi à une seule et unique teinte ! Tous les pro-Gbagbo et représentants du pouvoir ivoirien de 2010, déjà largement minoritaires du fait des accords de Tschwane (Prétoria) et de Ouagadougou, vont être éjectés ou remplacés au sein de la structure par des proches de Ouattara. Entre temps, tous les représentants de l'opposition d'alors, composée du PDCI-RDA, du RDR, du MPCI, du MJP, du MPIGO (les trois milices armées regroupées sous l'appellation « Forces Nouvelles » par la Chiraquie), du PIT, du MFA et de l'UDPCI ont conservé leurs postes. Quand on a clamé sur tout le pourtour de la terre qu'on est « démocrate », reconsidérer ces dispositions, dans un souci évident de justice et d'équité, est d'une trivialité désarmante ! Mais monsieur le nouveau chef de l'Etat n'en a cure et se sert de l'accord de Prétoria comme échappatoire pour justifier l'injustifiable. Gbagbo l'aurait fait que la planète entière s'en serait émue, tant les médias pro-Sarkozy, soutiens indéfectibles de Ouattara, l'aurait ameutée. Et même que le ciel serait tombé sur la tête des Ivoiriens.

Quand on a traité les autres de « dictateurs », il faut soi-même montrer patte blanche, si on veut rester crédible et ne pas passer pour des êtres vils. Le pouvoir Ouattara n'a pas même l'élégance de cacher un tantinet son jeu en associant ses adversaires politiques à la discussion, à la concertation - fût-elle de façade - et en relevant un tant soit peu la représentativité de l'opposition actuelle qu'assurent La Majorité Présidentielle (LMP) et LIDER, le parti du président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Gbagbo a concédé beaucoup ! Il a même fait rentrer d'exil, formalisé le statut d'anciens Président et Premier ministre, payé, logé et blanchi ses adversaires d'alors, aujourd'hui au pouvoir et se délectant sans retenue de l'ivresse du trône et de la puissance qu'il confère. Il leur a donné, au nom de la paix et des accords y afférents, la majorité dans une commission électorale qu'il a véritablement rendue indépendante. A son tour, on ne lui a rien concédé. Pas même le droit d'être assigné à résidence chez lui avec son épouse, son fils, Michel Gbagbo et d'avoir droit aux visites de ses proches.

C'est avec raison que le FPI, le parti du président Laurent Gbagbo, menace de se retirer des futurs scrutins. Il n'a que trop raison. Les dés sont déjà pipés. Une CEI à une seule coloration, présageant clairement le retour au parti unique, qui ne semble pas émouvoir les donneurs de leçons internationaux et tous les loups qui hurlaient en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, « le dictateur ». La « technologie électorale » RHDP est en marche. Les résultats sont connus d'avance. Comme l'a si bien dit un homme politique ivoirien : « Autant nommer les députés », pour faire économiser de l'argent à l'Etat de Côte d'Ivoire !

Ouattara est en pleine manœuvre - oh, extase de la victoire ! - pour se tailler une majorité confortable à l'hémicycle, de sorte à faire passer les lois les plus impopulaires, sur simple ordre à des parlementaires (d'opérette ?), qui obéiraient au doigt et à l'œil, pour asseoir durablement, et certainement définitivement, un parti unique à l'ancienne et un régime dictatorial « stické » démocratique. Une menace à peine voilée, voire un péril national, de formatage et de reconfiguration de la Côte d'Ivoire que les Ivoiriens doivent prendre avec le plus grand sérieux. Quand on connait la capacité de nuisance et les connexions extérieures peu recommandables de ceux qui sont, aujourd'hui, parvenus au pouvoir en Côte d'Ivoire, après moults contorsions politiques, coups tordus, coups d'Etat, rébellions, crimes de sang, crimes économiques et fraudes électorales. Ils ne s'embarrasseront d'aucun scrupule. Absolument aucun.

Enfin, les adversaires et opposants significatifs au pouvoir RHDP, ainsi que bon nombre des potentiels candidats aux législatives proches de Laurent Gbagbo, sont quasiment tous en exil ou en prison. Quant aux conditions de sécurité, de transparence, de crédibilité et d'ouverture du scrutin à tous, le rêve n'est pas permis. La réalité est crue, impitoyable, sans concession : il n'y a plus de démocratie en Côte d'Ivoire. Tout juste une mascarade, un affreux simulacre devant servir de faire-valoir aux yeux de la « communauté internationale », des bailleurs de fonds et des investisseurs (qui ne sont d'ailleurs pas dupes). Pourquoi, en bons « démocrates », ne pas désarmer les « Dozo », mercenaires et autres miliciens venus combattre à Abidjan et dans toutes les villes du pays, les renvoyer à leurs plantations, forêts et savanes et permettre aux exilés de rentrer sans être inquiétés, ainsi qu'aux prisonniers de prétendre à une candidature aux futures échéances électorales ?

Nous avons pour notre part, une intime conviction : si le jeu politique était véritablement démocratique et que les armes ne circulaient plus de façon aussi intimidante et visible dans nos rues et villages malgré les promesses (jamais tenues) du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau, après ce que nous avons vu des quelques mois de règne de Ouattara et de son bras séculier, les FRCI transmués - ou plus exactement bombardés - FANCI, le plébiscite du camp Gbagbo aurait été total ! Tant les exactions, la terreur, le mépris et les injustices du pouvoir RHDP en ont fait voir des vertes et des pas mûres aux Ivoiriens, tous bords confondus, depuis six longs et pénibles mois. Les commerçantes d'Adjamé ne se sont-elles pas faites copieusement injurier par le Commandant Koné Zacharia pour avoir clamé : « Gbagbo kafissa (Gbagbo était mieux, en langue malinké) ? ».

Si Ouattara veut jauger sa vraie popularité, qu'il libéralise et sécurise le jeu démocratique des prochaines échéances. Même sans Gbagbo et les autres. Il pourrait alors apprécier son véritable poids politique et ne plus avoir à se dissimuler derrière le cache-sexe des résultats proclamés par la « Communauté internationale » qui ne sont revêtus d'aucune légitimité, d'aucune constitutionnalité. Malheureusement, une élection législative démocratique en Côte d'Ivoire constitue pour lui, tout comme pour le RHDP et l'ex-rébellion, un véritable épouvantail. Hors de question donc d'en réunir les conditions. Un autre aveu de la victoire, de la popularité et de la majorité de Laurent Gbagbo au sein du peuple ivoirien.

Vivement, que tous les démocrates de Côte d'Ivoire, d'Afrique et du monde, embouchent le cor de la dénonciation véhémente pour décrier sans détours et de la façon la plus audible la conspiration et le hold-up électoral en cours, une fois de plus, dans notre pays. Il en est encore temps ! Mais ce temps nous est désormais compté.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 317 du jeudi 15 septembre 2011.