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vendredi, 04 janvier 2013

DEUX BLOGUEURS IVOIRIENS BRIEVEMENT INTERPELLES PAR LA POLICE, SUITE AU DRAME DU 31 DECEMBRE

 

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Les blogueurs ivoiriens Cyriac Gbogou et Mohamed Diaby

 

Les réseaux sociaux ont été très utilisés pendant et après le drame survécu à Abidjan dans la nuit du 31 décembre. Deux blogueurs ont été convoqués par la police criminelle, ce vendredi 4 janvier au matin, pour examiner leur rôle dans l'animation de ces réseaux. Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou sont interrogés en ce moment pour « interférence dans le fonctionnement de l’administration et dans l’information », expliquent-ils. Ils ont été relâchés en fin de matinée.

(Mis à jour à 13h25)

3844 followers pour Mohamed Diaby, patron d’une agence web ivoirienne et «entrepreneur social». 2338 pour Cyriac Gbogou, «community manager». Ce sont ces deux comptes Twitter que les deux jeunes hommes ont utilisés, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, pour informer les Abidjanais sur le drame qui se déroulait sous leurs yeux.

C’est aujourd’hui ce que l’administration ivoirienne semble leur reprocher et en tous cas ce qui leur a été signifié au moment de leur arrestation pour « interférence dans le fonctionnement de l’administration et dans l’information », ce vendredi 4 janvier au matin. La police les relâchés en fin de matinée.

Avec quelques autres blogueurs, Mohamed Diaby et Cyriac Gbogou s’étaient rendus, dans la matinée du 1er janvier, à la morgue de Treichville, où étaient amenées les personnes décédées suite à la bousculade survenue dans les alentours du stade Houphouët-Boigny après le feu d'artifice du Nouvel an. Avec l’aide des familles présentes, ils ont recensé les disparus, ayant pour tout matériel un ordinateur et une clé Internet. Des informations aussitôt redirigées vers les réseaux sociaux, à l’aide du hashtag #drameplateau. Très suivi, ce dernier permettra de transmettre les informations sur les blessés et de se tenir au courant de l’évolution de la situation.

Un parent de disparu lance un appel :

La communauté web de la capitale s'est alors mobilisée pour venir en aide aux victimes. «Nous avons l'habitude de réagir face à ces situations, nous l'avions déjà fait lors de la crise post-électorale (de décembre 2010 à mai 2011, et qui a fait 3 000 morts, ndlr), explique Mariam Diaby, une des membres actives de cette communauté. Douze heures après le drame, il n'y avait pas de réactions au niveau du gouvernement, leur numéro vert ne fonctionnait pas. On ne pouvait pas rester sans rien faire.»

En contactant un opérateur téléphonique, l'équipe d'une dizaine d'internautes a ainsi obtenu un numéro pour que les familles puissent se renseigner. Le bouche à oreille, la diffusion sur les radios et Internet a permis de rendre visible ce numéro.

(la Pisam étant une clinique privée à Abidjan)

Les blogueurs mettent également en place un site Internet, assistance225.com, où l'on trouve la liste des blessés de la bousculade, celle des disparus et un espace où signaler les proches manquants.

«Nous coordonnions avec les centres de santé, aidions à canaliser les flux des blessés qui arrivaient dans les hôpitaux et étions aux côtés de la cellule psychologique mise en place au CHU de Treichville», nous a expliqué Mohamed Diaby, un des plus actifs sur Twitter, hier avant son arrestation.

En possession de toutes ces informations, les blogueurs se rendaient régulièrement à la radio Jam pour diffuser les derniers bilans des blessés et des disparus.

Pendant les jours qui ont suivi, les Ivoiriens ont salué la réactivité de la communauté web sur les réseaux sociaux et en ont profité pour critiquer le manque de réactivité de l’État.

Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances précises du drame, et les conclusions devraient être rendues publiques prochainement. Le bilan s'élève aujourd'hui à 63 morts et des centaines de blessés.


Aurélie Fontaine, à Abidjan, avec Élise Colette (@elizco)


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

vendredi, 07 décembre 2012

MENACES DE LA CPI: CE QUI FAIT PEUR AUX AVOCATS DE OUATTARA, SELON JEUNE AFRIQUE

 

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L’information est donnée par l’hebdomadaire Jeune Afrique, au détour d’un dossier de huit pages mi-admiratif mi-désapprobateur consacré à Simone Gbagbo, une «femme puissante» en qui «il y a du Winnie Mandela», un «roc» qui aurait «contribué à précipiter la chute du régime».

Lors de la formation de son dernier gouvernement, Alassane Ouattara a tenté de donner des gages à Guillaume Soro. «En confiant les clés de la Justice à Gnénéma Coulibaly, un ancien des Forces nouvelles (FN), Alassane Ouattara a visiblement voulu rassurer Soro», indique l’hebdo. Qui fait tout de même remarquer que «la position du pouvoir d’Abidjan est difficile à tenir». «S’il n’exécute pas le mandat, il devra contester sa recevabilité.

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L’avocat principal de Laurent Gbagbo, le Français Emmanuel Altit, n’attend que cela pour invoquer l’irrecevabilité du mandat contre son client et dénoncer le «deux poids deux mesures». Pour sortir de ce casse-tête, les avocats de l’Etat ivoirien, Mes Jean-Paul Benoît et Jean-Pierre Mignard, sont sollicités. Ils ont tenu une réunion à Paris le 26 novembre, multiplié les contacts et rédigé des notes destinées au président Ouattara et au ministre de la Justice», écrit Jeune Afrique. Qui pense savoir que dans un premier temps, «les autorités ivoiriennes cherchent à gagner du temps». 

Le temps de voir la requête en irrecevabilité déposée auprès de la Chambre d’appel par Me Altit rejetée et de voir l’audience de confirmation des charges commencée pour s’assurer que «le cas Gbagbo» est verrouillé avant de «saboter» le reste de la procédure? Peut-être. Le temps de «prendre par surprise» Soro et ses hommes, ou au moins quelques-uns d’entre eux? Peut-être aussi. En tout cas, à La Haye, on grogne. «Alassane Ouattara nous a demandé d’enquêter sur les crimes postélectoraux. (…) Ce n’est pas une justice à la carte dans laquelle on pioche ce qui nous arrange (…). 


Philippe Brou

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 24 octobre 2012

COTE D'IVOIRE-GHANA: JUSTIN KONE KATINAN LIBERE SOUS CAUTION

 

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Le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, le 24 octobre 2012 à Accra, au Ghana. 

© AFP/Stephen Kwabena Effah

 

Justin Koné Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. La justice a estimé ne pas être habilitée à statuer sur les accusations de meurtres qui pèsent sur le porte-parole de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo. Son audience pour crime économiques a été reportée au 7 novembre.

La justice ghanéenne a mis ses menaces à exécution. Justin Kone Katinan a été libéré sous caution, mercredi 24 octobre par un tribunal d’Accra au Ghana. Le magistrat Ali Baba Bature a dit aux procureurs qu'ils ne pouvaient pas poursuivre le porte-parole de Laurent Gbagbo pour un meurtre qu'il est accusé d'avoir commis en Côte d'Ivoire. « Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana », a demandé le juge aux procureurs. « Au mieux, (la Côte d'Ivoire) peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas », a-t-il ajouté.« Accusé, vous êtes libre », a conclu le magistrat.

Lors de la dernière audience, le juge avait menacé de libérer Katinan. Le parquet ghanéen, sollicité par les autorités ivoiriennes, n’apportaient pas de preuves pour soutenir ses accusations. « On ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves (…) à partir du moment où vous accusez, les preuves devraient  être disponibles », avait-il reproché au procureur.

Crimes économiques

Joint par Jeune Afrique, l’un des avocats de Justin Katinan a confirmé l’information. « Mon client est soulagé, mais la bataille juridique n’est pas terminée », a déclaré maître Patrick Sogbodjor. En effet, l’ancien porte-parole de Laurent Gbagbo est toujours sous le coup d’une demande d’extradition de la Côte d’Ivoire pour crimes économiques. C’est un autre tribunal ghanéen, celui du district d'Osu (un quartier d'Accra) qui devait statuer sur cette demande mercredi, mais, le magistrat n'étant pas disponible, l'examen de la demande d'extradition a été ajourné au 7 novembre.

Justin Koné Katinan, arrêté au Ghana le 24 août pour des crimes économiques qu'il est accusé d'avoir commis dans son pays, a été libéré sous caution une première fois le 25 septembre, puis de nouveau arrêté à la suite d'un nouveau mandat ivoirien l'accusant de meurtre.


Avec l'AFP


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

jeudi, 18 octobre 2012

JEUNE AFRIQUE: RACISME, CHANTAGES, ESCROQUERIES, MERCENARIAT, RACKETS... - PERQUISITIONS D'UNE MAISON CLOSE

 

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Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique.

 

Un bel article de 2011 à visiter et à revisiter pour comprendre le rôle nuisible et les intrigues de cet organe françafricain nommé "Jeune Afrique". Il est certes un peu long, mais donnez-vous de la peine, lisez-le. Vous en apprendrez des choses!


Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed  et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises. Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du  pacte colonial ?

« BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva  Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.

BBY a-t-il  convaincu  de son indépendance ?

Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort,  programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire  JA  puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire.  Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.

« Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et  leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X...Exemplaires, de  prévenir  que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en  poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.

Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur - Chef d’Etat ou homme politique - puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les  poches  de nos responsables sans aucun scrupule.

Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la  rapide docilité de certains à allonger le blé aux  journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.

C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face  dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :

Le Cameroun

Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur.  Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé,  de même que  les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est  zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.

Le Gabon

Véritable vache à lait, le Gabon a toujours les plus lourdes factures au groupe JA. Selon les anciens du journal, Bongo assurait les fins de mois de l’hebdomadaire à lui tout seul. Il serait fastidieux de lister 40 ans de collaboration fructueuse ; aussi citons les scandales encore fumants comme celui souligné par la Lettre du Continent : Le groupe Jeune Afrique a édité, via sa régie publicitaire Difcom dirigée par Danièle Ben Ahmed, un bon de commande à l’attention de la présidence de la République gabonaise pour la réalisation d’un guide “Ecofinance” sur le « +Gabon ». Mais, selon la même Lettre confidentielle, depuis cette date, il n’y a aucun retour du côté gabonais. Le directeur exécutif de la rédaction, Marwane Ben Yahmed, fils de BBY, a donc enfilé sa casquette de VRP. Il est monté au créneau pour rappeler  à la ministre gabonaise de la communication, Laure Olga Gondjout, la “longue collaboration” entre Jeune Afrique et l’ancien président Omar Bongo Ondimba… Des menaces à peine voilées.

Le Sénégal

La presse sénégalaise s’offusque régulièrement des sommes astronomiques dépensées pour fermer la bouche au journal J.A. qui n’a pas bonne presse malgré le fait que de nombreux sénégalais aient travaillé dans la maison. De vives tensions avaient opposé le régime de Diouf à BBY au sujet de la couverture de la crise qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie en 1989. Les premiers papiers de JA étaient une véritable lapidation médiatique du régime de Diouf. L’élite sénégalaise avait bien compris le message, BBY avait choisi le camp de ses frères arabes. Le régime de Diouf paniqua et envoya une délégation pour négocier à coups de millions, non pas le respect de la Vérité ou une certaine éthique professionnelle dont le journal n’en a que faire, mais plutôt un équilibre dans la présentation des évènements. Le Sénégal avait  parfaitement à l’esprit le racisme du propriétaire de  l’hebdomadaire mais aussi la connaissance de l’octroi de licences de pêche à certains responsables du groupe par le régime de Ould TAYA.

Le Tchad

On peut dire que le cas du Tchad peut se résumer à la personne du président Habré, à son combat contre Khadafi et à la position de BBY. La façon dont BBY, un vieillard de 83 ans s’occupe personnellement, avec une haine féroce, à démolir l’image de Hissein Habré (HH), a poussé  ses propres collaborateurs à s’interroger sur cette attitude. 

Au début, était le contrat qui le liait à Kadhafi, conclu pour accompagner et maquiller la politique expansionniste de la Libye au Tchad et dans la sous-région. Toutefois, les milliards encaissés par la famille BY n’expliquaient pas toute cette folie en continu depuis plus de 30 ans. Le 14 juillet 1988, le président HH fut l’invité d’honneur de la fête nationale française, durant sa visite à Paris dans le cadre de ces festivités BBY adressa une invitation  au Président HH au siège de J.A. Ce dernier déclina l’invitation. Le Roi Béchir le prit très mal, lui qui se considérait comme l’égal de ces Excellences, selon les confidences d’anciens de la maison. Un coin du voile fut levé grâce à une grande dame de la politique sénégalaise, ancienne ministre, elle donna une clé pour comprendre la haine qu’il éprouvait pour HH

BBY 
avait été profondément traumatisé par les évènements Tchado-libyens. Elle expliqua que «  lors de la  chute de Ouadi-Doum, elle était en train de dîner avec le couple Ben Yahmed dans leur domicile ; les télévisions françaises étaient déchaînées sur l’actualité brulante de l’heure à savoir, la totale déconfiture de la puissante armée libyenne ; des milliers de soldats libyens venaient d’être faits prisonniers par l’armée nationale tchadienne, tout l’état major libyen avait été fait prisonnier et quelques instants plus tard, les images de soldats libyens menottés, certains assis, d’autres à genoux, défilèrent sur les écrans … Silence lourd et pesant, BBY blême, accuse le coup, au bord des larmes, il contient difficilement son émotion, sa rage plutôt; il se sent humilié jusqu’au plus profond de son être. D’une voix éteinte, oubliant qu’il n’était pas seul, il balbutie : « Jamais, jamais des Noirs n’ont mis à genoux des Arabes. Comment ont-ils osé ? Je consacrerai ma vie à le leur faire regretter amèrement …. » Et c’est ainsi que le Président Hissein Habré paie depuis plus de 30 ans,  pour le courage qu’il a eu  d’affronter Khadafi, d’avoir mobilisé son peuple, son armée pour mettre fin à une barbarie sans nom. Des troupes  libyennes ont semé la terreur, envahi le pays, commis des crimes horribles, il est vrai avec la complicité active d’hommes politiques tchadiens. Malgré cette horrible réalité  vécue par le peuple tchadien, l’esprit enfiévré et raciste de BBY n’a enregistré que la dernière séquence pour monter son propre film  pour nourrir et alimenter sa haine et son désir de vengeance qu’il lèguera à ses fils déjà positionnés pour pomper à leur tour l’argent des Africains.

A cette vanité raciste, il faut ajouter qu’il lui revient de brasser du vent pour la françafrique à laquelle il appartient ; d’où  son engagement inlassable dans l’affaire HH qui lui permet, par ailleurs, d’en imposer au désormais sur-liquide Deby qui arrose abondamment les différents envoyés spéciaux de J.A. A fonds perdus, vue sa désastreuse image tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le pauvre ! Avec les catastrophiques résultats du Tchad, dernier du peloton dans plusieurs domaines, avec l’échec du Projet Pétrole, les rapaces de J.A. auraient de quoi écrire pendant 30 ans.

La Mauritanie

C’est François Soudan qui a le dossier Mauritanie, lui qui dit : On aurait des racines dans ce pays. L’équipe de J.A. a joué à fonds la carte Ould Taya en dressant un portrait très flatteur : « A 62 ans, Ould TAYA est plus habile, plus déterminé que jamais… » et invitant les lecteurs à ne jamais le sous estimer…. Puis c’est le coup d’Etat de Mohammed El Vall , le nouveau Président après avoir fait refouler François Soudan, temporise et sort son chéquier, du coup virage à 90° pour nos experts pour qui selon le bon mot du journaliste Hugueux  «l’analyse du contenu de J.A. atteste une souplesse d’échine que ne renierait pas le plus talentueux des contorsionnistes. Quand l’appel de titre devient appel de fonds. » (Nous vous invitons à lire l’ouvrage du journaliste). Le coup d’Etat en Mauritanie est donc une divine surprise pour J.A. (500.000 euros encaissés selon la presse). Quant au pauvre Ould TAYA, il est perçu désormais comme « timide, distant, cassant, enfermé dans une logique sécuritaire et fonçant dans le mur … ».

Le Rwanda

Pendant longtemps, le régime de Juvenal Habiarimana a signé les contrats publicitaires les plus importants, J.A. a fait des affaires en or avec les auteurs du génocide. Désormais, on fait la cour à Kagamé, signature d’un contrat de 350 000 dollars, Francois Soudan exalte Paul  Kagamé,  désormais décrit comme ayant fait de son pays un paradis sécuritaire etc.

Ainsi dans le royaume de J.A, la boussole qui guide la ligne éditoriale a pour balancier l’appétit de l’argent. Lequel explique que la somme des sujets tenus à distance est égale à celle des non sujets matraqués en permanence. C’est la parfaite illustration de la coïncidence entre les intérêts des dictatures avec ceux de l’information comme l’ont souligné avec pertinence des journalistes camerounais. Les journalistes de J.A. bombent le torse, arrogants, ils ont le droit de se croire puissants et de travailler à la légende dorée de leur indépendance… Personne n’est dupe.

Quelques esprits pourraient néanmoins ne pas croire au racisme de BBY, pour se faire une idée, écoutons les journalistes africains noirs qui ont travaillé avec lui pendant parfois de longues années et qu’il a foutu à la porte ou poussé à la démission ou bien qui ont préféré partir (comme Marie Roger BILOA ou Blaise Pascal TALLA).

Le journaliste Jean Baptiste PLACCA a eu un clash avec BBY au sujet de Nelson Mandela, plus précisément, lors de la libération de Mandela  et de la couverture de l’évènement du siècle. BBY refuse d’envoyer un reporter couvrir ce qui est pour lui un non évènement. On peut le faire depuis Paris maintient-il. Son collaborateur est choqué,  le Roi Béchir est nu, sa face hideuse explose  au grand jour, M. Placca quitte le groupe JA.

Francis KPATINDE, journaliste depuis 19 ans à  J.A. assiste, ce jour de novembre 2004, à une conférence de rédaction à laquelle prend part  l'ancien journaliste français Henri Marque (RTL), ami de Ben Yahmed et invité par ce dernier à assister aux débats de son équipe.  M. Marque déclare  sans sourciller que la «paresse est congénitale chez les Africains.»

Outré, Kpatindé juge ces propos inadmissibles et dénonce  le racisme du vieil ami de son patron, lequel ami menace de quitter les lieux si l'impertinent Noir ne présente pas ses excuses. «Jamais de la vie !», répond Kpatindé face à l'insistance de son «boss» qui tient à ses relations avec Henri Marque. BBY prend la chicotte et les coups pleuvent sur Kpatindé ; réprimandes, harcèlements, retraits de rubriques, et voilà que le journaliste béninois présente sa lettre de démission à BBY. En voici un extrait :

« …  Votre ire s'est accrue, en novembre dernier, après ma réaction, en conférence de rédaction, contre les propos racistes - à l'égard des Africains - de l'un de vos collaborateurs. Au lieu de m'apporter votre soutien,  vous avez semblé prendre le parti de l'intéressé. Il est évident que je ne puis accepter cette façon de faire et le harcèlement continu dont je fais l'objet depuis plusieurs mois. Je me réserve donc le droit de donner une suite à ces comportements pour le moins inadmissibles au sein d'une entreprise qui tire profit, plus que de raison, de l'Afrique. »

Que dire du journaliste SENNEN qui, ravagé par un cancer de l’intestin en phase terminale, recevait de BBY, sur son lit de mort à l’hôpital, des lettres de mises à pied pour causes d’absences prolongées… !

Ou encore du journaliste Sénégalais Elimane Fall, jeté, repris, rejeté, cent fois humilié. La machine à broyer de BBY tourne à plein régime et pour lui, les Noirs ne connaissent que la chicotte. Cela s’applique dans le cadre professionnel avec ses employés africains qui lui doivent obéissance, soumission et doivent s’exécuter et surtout la fermer et garder  yeux et tête baissés.

C’est la conception coloniale du « BOYE » noir, homme à tout faire, que dis-je, bête de somme. Illustration : Vous êtes journaliste, diplômé, connaissant votre travail et le faites sérieusement. Mais, BBY exige que vous vous transformiez en agent collecteur de bons de commande auprès d’entreprises africaines, auprès d’hommes politiques dans le pays où vous êtes en mission. Au besoin, une ridicule petite commission est concédée pour justifier cette substantielle et unilatérale modification de votre contrat de travail. Mais vous estimez ne pas être intéressé par cette commission n’ayant pas une formation de commercial ; Comme s’exprimait ainsi Francis Kpatindé dans sa lettre précitée : «….Laissez-moi, vous rappeler une de vos correspondances dans laquelle vous me proposiez 5% de commission si, au cours de mes voyages, je vous ramenais des contrats commerciaux et des actionnaires. Je peux également citer ces étranges correspondances, auxquelles je n'ai jamais donné suite, d'une responsable de l'entreprise me demandant de lui faire parvenir des listes de prospects pour l'actionnariat et l'abonnement patrimoine. J'ai, bien entendu, les moyens de prouver ce que j'avance. »

L’extraordinaire imagination de BBY ferait des jaloux.

Des articles payés rubis sur ongle font suite à des insertions publicitaires d’entreprises, mais aussi des abonnements à tarifs spéciaux, sans compter des achats d’actions du groupe. Constatons  que presque tous les Chefs d’Etat  africains, beaucoup d’hommes politiques opposants ou non, des chefs d’entreprise ont été démarchés pour acheter des actions, et bien sûr l’arnaque consiste à ne pas être considéré comme un actionnaire normal à qui les résultats de la société  sont communiqués et qui peut légitimement s’attendre à toucher des dividendes de l’empire BBY. Mais, il ne faut pas rêver !

Selon, le Canard Enchaîné, le bouchon a été même poussé plus loin quand un chef d’entreprise tunisien ayant acquis, sur injonction de la présidence de son pays, des actions du groupe, exprima par écrit, le souhait de les revendre après 10 ans, BBY refuse et lui répond : « Comme vous le savez l’achat des 263 actions l’ont été dans le cadre d’un achat fait par 41 sociétés tunisiennes à la demande de la présidence tunisienne (Ben Ali). Cet achat a été coordonné et centralisé par les deux directeurs de cabinet respectifs. Donc pour la revente, vous devez suivre la même procédure à rebours. » Incroyable, non seulement les dictatures africaines amies de BBY obligent leurs sociétés à acheter des actions du groupe J.A. pour renflouer leur caisse, opération financière en pure perte puisqu’aucun dividende ne vous est jamais versé, mais en plus impossible de revendre les foutues actions, même à vil prix ! Y a-t-il une posture plus  déshonorante que celle-ci ?

Le groupe a pourtant une situation florissante, une affaire extrêmement rentable, qui ne peut être que rentable vu ses méthodes managériales sui generis. La preuve c’est qu’aucun des fils de BBY n’a essayé de faire ses preuves dans une autre activité, pourquoi aller vers l’inconnu quand on a une mine d’or entre les mains, et qu’il suffit d’en faire une affaire familiale pour en garder tous les bénéfices.

Imaginez une seconde, la razzia que fait ce journal sur les comptes de nos pauvres Etats : La grande interview-propagande politique d’un Président tourne autour de 800.000 euros selon les finances du pays, 940.000 euros pour la Guinée Equatoriale, plus la collecte d’insertions publicitaires à 10.000 euros la page ; toutes les entreprises du pays  y passent et l’envoyé spécial de J.A. y veille avec le Cabinet présidentiel ; et, en plus l’abonnement spécial obligatoire pour les entreprises, et encore l’achat d’actions qui ne produiront aucun versement de dividendes.

Sans compter ce qui pourrait figurer dans le livre Guinness des idées les plus diaboliques, à savoir : l’abonnement à vie à Jeune Afrique avec la touche spéciale c'est-à-dire que l’abonnement est transmissible avec votre héritage à vos enfants. Il fallait y penser. N’oublions pas les fameux Atlas, revues touristiques qui coûtent au bas mot 100.000 euros tirés à un nombre important d’exemplaires, faites le calcul !

Ce n’est pas fini, il arrive que les experts de J.A. vous tiennent la main pour écrire, comme par exemple, le président Obiang Nguéma de Guinée Equatoriale pour son livre « My life for my People » !

Constatez la saignée à blanc de nos Etats par des donneurs de leçons sans égal. Que pensent les institutions internationales préoccupées par la bonne gouvernance de ces dépenses inappropriées ? Tout cet argent dépensé à engraisser des maîtres chanteurs, aurait pu être plus judicieusement utilisé ! Il est vrai que le groupe est un démembrement de la Françafrique, entre copains, c’est toujours le renvoi d’ascenseur.

De plus, la fragilité des pouvoirs en Afrique dope les actions de communication, c’est en quelque sorte leur terreau fertile.

Les rares visites de BBY sur le continent Noir sont à relever, cela participe de la distance nécessaire qu’il met pour contenir, loin de lui, les responsables africains qu’il méprise et avec qui, il ne souhaite  partager aucune familiarité, ne parlons pas d’amitié.

Dans cette logique, il refuse leurs médailles mais accepte leurs chèques. Il n’est pas question pour S Y Béchir de se rabaisser au niveau d’un roitelet nègre. Quelques petites exceptions, il lui est arrivé d’aller quémander le président Houphouet à domicile ainsi que le président Bongo quand les temps étaient cailloux pour lui. Récemment, il était prêt à abandonner son actionnaire Ouattara pour se rendre à Abidjan sceller une réconciliation avec Gbagbo et faire main basse sur un pactole, mais les conditions fixées par Gbagbo furent jugées trop draconiennes. Au Sénégal, il avait obtenu un crédit bancaire pour renflouer les caisses de J.A. avec l’aval du président Diouf, la presse sénégalaise rappelle souvent au propriétaire de J.A. qu’il n’a pas remboursé le prêt consenti.

C’est ainsi que la terreur médiatique qu’il inspire, son appartenance d’abord au Réseau Foccart, puis à la Françafrique lui a permis, malgré les insultes régulières, les diffamations multiples et ce pendant plus de 60 ans, excusez du peu, de n’avoir eu aucune plainte dirigée contre lui et jugée. Absolument renversant. La seule exception est la plainte introduite par les avocats du président Hissein Habré pour un faux grossier à savoir, une pseudo interview que leur aurait accordée l’ancien président Tchadien.

BBY a estimé que cette initiative relevait de l’audace et qu’il ne devait pas permettre à d’autres de suivre cet exemple. D’où les multiples gesticulations de ses avocats pour demander aux réseaux françafricains de ne pas oublier de lui renvoyer l’ascenseur, à lui membre de la confrérie au nom des bons et loyaux services rendus pour servir les intérêts de la France. La décision de justice rendue mérite le détour : le juge français a déclaré que « le président Hissein Habré n’apportait pas la preuve qu’il n’a pas accordé d’interview à J.A. et BBY aussi, n’a pas pu apporter la preuve que HH leur a accordé une interview…!». Tout le monde a compris, car, la charge de la preuve incombait bien à J.A. qui a prétendu que Hissein Habré leur avait donné une interview ; et, tous les journalistes le savent, dans un cas pareil, on a des courriers, des échanges, des supports audio même pour une interview dans un journal. Or, JA et Ben Yahmed n’avaient rien. Pour les sortir du pétrin, le renvoi d’ascenseur avait fonctionné avec des grincements bruyants. Partie remise ?

BBY est un habitué des sollicitations pour le tirer d’un pétrin, selon la presse française, les arriérés de son groupe à l’URSSAF étaient astronomiques, il demanda une faveur au PM d’alors, français Balladur qui la lui accorda. Il en sera ainsi avec les prud’hommes dans le cas des conflits avec ses employés. On peut relever que la presse française ne s’intéresse pas beaucoup à lui, mais ne l’épargne guère à l’occasion. Toutefois, l’arrogant BBY la joue balle à terre et adopte un profil très bas et évite la confrontation avec les journalistes français, comme on dit chez nous « les grenouilles ne sautillent pas dans l’eau chaude. »

Le mépris, le manque de considération de J.A. se constate quand Deby se fait interviewer en casquant plus 300 millions de F CFA et insulte copieusement les rebelles tchadiens en les traitant de mercenaires.

Le représentant des rebelles et porte parole M. Acheikh Ibn Oumar écrit un droit de réponse qui, selon les règles professionnelles, devait être publié dans le journal. Niet catégorique de J.A, on balance le droit de réponse sur le site du journal, le temps d’une rose et basta. Aucune indignation de la part de l’intéresse qui ne dénonce pas ce mauvais traitement, s’en accommode même. C’est normal que BBY tienne toujours sa chicotte à la main, si chacun (et tout le monde) baisse yeux et tête.

Toujours sur le Tchad, et le refus de publier les droits de réponse à lui envoyés par les avocats de Habré; ceux-ci dénoncèrent cette attitude  et firent  publier dans d’autres médias les droits de réponse en question, provoquant la fureur de BBY et quelques insultes avec les responsables des journaux ayant publié les droits de réponse. Des méthodes de mafiosi en fin de compte.  Selon BBY, à ses  insultes, il ne faut ni opposer une plainte, ni exercer un droit de réponse et pire, il ne faut pas non plus tenter de réagir par d’autres voies !  Est-ce le comportement de quelqu’un qui respecte les gens ou est-ce le comportement d’un maître vis-à-vis de ses valets ?

Le racisme de BBY a explosé, aussi, en ce qui concerne la Tunisie de Ben Ali.  BBY est tunisien, cela lui suffisait à lui et ses enfants pour dire « Touche pas  à mon pays ». Ainsi, parlait Zyad Liman, fils de la femme de BBY, lors d’une émission sur TV5 à propos de la modification constitutionnelle faite par Ben Ali pour s’assurer une présidence à vie : « D’abord, le régime de Ben Ali réunit autour de lui la majorité des Tunisiens qui ne sont pas intéressés par d’autres questions, le régime leur offre une vie bien meilleure à celle d’autres pays. De plus, je m’interdis de dire du mal d’un pays qui est le mien et dont je détiens le passeport même si ma mère est savoyarde. » Dans ces quelques mots, tout a été dit. Le fils de Ben Yahmed a une conception bien curieuse du journalisme indépendant ! Il n’a pas démérité de son père adoptif. Mais ne nous laissons pas divertir par ce camouflage. Des solides liens d’argent unissaient BBY et Ben Ali.

Ainsi, dans un article du 17 février, le journal « Le Monde » monte au créneau et accuse BBY et son équipe « d’avoir abondamment contribué à empêcher de connaître le vrai régime de Ben Ali. Ils n’ont jamais consacré des dossiers comme ils le faisaient sur Mobutu et Kabila fils. » N’est ce pas édifiant?

Et la presse française de poursuivre, « BBY était subjugué par Leila Ben Ali qu’il a dépeint en 2009 comme une femme politique énergique, déterminée et fonceuse, elle est la générosité discrète, percutante d’esprit, d’humour et d’humanisme ». En fait constate, le Canard Enchaîné, JA a habilement oscillé entre flagornerie et critique mouchetée de courtisan. Par rapport à la situation économique tunisienne en 2009, JA écrivait : « Le pays jouit d’une paix sociale. On l’a dit et répété depuis plus de 20 ans, la liste des progrès réalisés ne cesse de s’allonger ».

La saga de BBY a permis de prendre conscience qu’un groupe de presse, c’est capital pour décrocher des commandes de toutes sortes. C’est malheureusement ce que beaucoup de personnes ont retenu et le créneau suscite aujourd’hui beaucoup d’intérêt auprès d’hommes d’affaires, chanteurs, avocats, etc… qui espèrent  ainsi imiter l’équipe de JA et s’enrichir les doigts de pieds en éventail. BBY mérite t-il d’être copié ? Lui qui, répondant à une remarque sur l’absence d’une ligne éditoriale dans son journal, a rétorqué « les cimetières sont pleins de journaux qui en avaient ! ». En 2010, il revendiquait 60.000 exemplaires distribués en France et à l’étranger (combien d’invendus ?), autrement dit une dégringolade, une perte d’audience et de crédibilité constantes, le torchon ne fait plus recette. Il était temps !

Certains anciens de l’hebdomadaire surnomment BBY, le Gourou, l’assimilent à un roi ayant sa cour, ses bouffons et ses esclaves ; toujours est-il que le personnage à la peau fripée et submergée de millions de rides porte sur lui les affres du temps et de toutes ses forfaitures, compromissions, trahisons, inscrites comme des scarifications indélébiles.

Ayons le courage de dire STOP, de ne plus dépenser notre CFA dévaluée à enrichir une famille qui a bâti une fortune colossale en nous exploitant sans honte tout en affichant son souverain mépris. A la jeunesse africaine  de s’interroger sur ce que  peut bien  apporter la plume d’un homme qui, du haut de toute son expérience  politique, a assumé haut et fort que la libération de Nelson Mandela ne représentait pas un évènement assez important pour qu’il daigne envoyer un  seul reporter.

La meilleure réponse à cette attitude raciste, c’est d’arrêter de l’enrichir, de prendre conscience  que son appétit de notre argent, lui a apporté  puissance et arrogance mais que notre soumission  nous  a, en même temps, et  par ricochet, avili.

Le groupe de BBY, selon les mots de Lapham « apprend à réagir avec la souplesse accommodante d’un majordome anglais qui apporte des toasts beurrés au Prince de Galles ». C’est nous, les princes ! Alors, les majordomes, on peut les virer ou en changer, n’est ce pas?

 
 
Source: ZOOM TCHAD

mercredi, 08 août 2012

COTE D'IVOIRE: SUR LA PISTE DES ASSAILLANTS DE LA CASERNE D'AKOUEDO


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Patrouille de soldats des Forces républicaines (FRCI) à Bingerville, près d’Abidjan, le 6 août © Issouf sanogo/AFP

 

Qui sont les assaillants de la caserne d'Akouédo, une attaque qui a fait sept morts dans la nuit de dimanche à lundi ? Miliciens pro-Gbagbo ou supplétifs des FRCI, mécontents de leur sort ? Comment ont-ils disparu sans laisser aucune trace ? Éléménts de réponse.

Quelque 24 heures après l’attaque contre la caserne militaire du premier régiment d’infanterie d’Akouédo, près d’Abidjan, on en sait un peu sur le mode opératoire du commando puissamment armé qui a pu agir en toute impunité - et presque sans combattre - dans un quartier stratégique surveillé en permanence par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée nationale).

Selon plusieurs sources militaires de haut rang, les assaillants étaient au nombre d’une centaine, vêtus en treillis ou en civils et circulant à bord d’une dizaine de pick-up. Ils ont fait irruption simultanément aux entrées principale et annexe de la caserne aux environs de 3 heures 30 GMT, lundi matin. Dès son entrée, le commando a abattu les cinq sentinelles en faction au poste de contrôle.

Au cours du bref échange de tirs avec les soldats, les assaillants perdent un homme mais ne se découragent pas. Ils mettent aussitôt le cap sur la poudrière du camp. Dans l’armurerie, ils récupèrent 240 fusils AK-47 non enchaînés – contrairement aux usages - et disposant de leurs percuteurs. Il était prévu de les utiliser lors du défilé militaire de la célébration du 52e anniversaire de la fête de l’indépendance, mardi 7 juillet sur l'esplanade du palais présidentiel.

"Les assaillants semblaient connaître le secteur"

« C’est curieux, les assaillants semblaient connaître le secteur. Ils n’ont pas emporté les armes plus lourdes qui étaient stockées, notamment les obus de mortiers. Ils se sont contentés des Kalachnilovs comme s’ils voulaient délivrer un message », commente une source haut placée, proche du ministère délégué à la Défense.

Après son forfait, durant lequel il n’a rencontré presque aucune opposition, le commando prend tranquillement l’axe Abidjan-Bingerville et s’évapore dans la nature. C’est seulement à 5 heures du matin que les hommes de la garde républicaine du commandant en second, Issiaka Wattara, alias « Wattao », arrivent sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin.Et le ratissage intensif de la zone ne donne rien.

Dans la matinée, plusieurs autres unités des anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui intégrés au sein de l’armée nationale, rallient la caserne d’Akouédo. Celle-ci abrite pourtant déjà près 2 000 militaires, qui n’ont ni lancé l’alerte, ni réagi à l'assaut… Essentiellement en raison de leur manque d’équipements et de capacité opérationnelle.

« Il y a un véritable scandale d’autorité de commandement au sein des FRCI. Plus d’un an après la fin de la crise postélectorale, la caserne d’Akouédo n’est toujours pas opérationnelle et ne possède aucune section d’alerte. Pourtant c’est le foyer d’où provient, depuis plus de 10 ans, l’instabilité à Abidjan. En plus, la caserne est située à environ 25 minutes de la résidence du chef de l’État », s’indigne un proche du président Alassane Ouattara.

Lundi 6 août, à la présidence, Ouattara convoque une réunion d’urgence. Y assistent le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, son collègue de la Défense, Paul Koffi Koffi, les généraux Gervais Kouasssi (gendarmerie), Bredou M’Bia (police), Soumaila Bakayoko (armée) et Michel Gueu (chef d’état major particulier du chef de l’État). « Le président a exprimé son mécontentement sur l’immobilisme, la porosité et la passivité des FRCI qui n’ont pas vu venir trois attaques en moins de 24 heures. Même si les autorités militaires privilégient pour le moment - sans enquête aboutie - la piste des miliciens et ex-Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo), le chef de l’État a donné des instructions fermes pour colmater les brèches du système sécuritaire », indique une source proche de la présidence.

Thèse peu crédible

Un système sécuritaire qui repose essentiellement sur les 3000 à 4000 ex-rebelles membres des FRCI (qui sont sur le papier 55 000 hommes), ainsi que sur environ 40 000 dozos, chasseurs traditionnels venus du Nord, et sur quelque 110 000 supplétifs non encore démobilisés ni déssarmés. Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, c'est d'ailleurs de ce côté qu'il faut chercher. « L'attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la réforme du système de sécurité et de l’armée (RSSA), en panne depuis plusieurs mois », affirme un diplomate européen.

Autre détail troublant : « Les assaillants ont bénéficié de complicités internes au camp, confie Paul Koffi Koffi à Jeune Afrique. Des arrestations de pensionnaires de la caserne ont été effectuées et nous poursuivons l'enquête », ajoute-t-il.

Fin juillet, des combats avaient déjà opposés des supplétifs de l’armée aux FRCI dans la commune d’Abobo, l’un des fiefs du chef de l’État à Abidjan. « Tous les supplétifs sont laissés pour compte. Aujourd’hui, seuls les éléments des Forces armées des forces nouvelles (FAFN, armée de l’ex-rébellion du Nord), ainsi que quelques éléments des ex-FDS constituent l’ossature du système de sécurité. Cela crée des frustrations », explique un militaire onusien.



Baudelaire Mieu, à Abidjan


Source: JEUNE AFRIQUE

jeudi, 26 juillet 2012

GHANA: JOHN ATTA-MILLS, UN PRESIDENT PANAFRICANISTE ET PRAGMATIQUE

 

JOHN ATTA MILLS 2.jpg


Décédé brutalement et mystérieusement mardi 24 juillet, le président ghanéen John Atta-Mills était arrivé au pouvoir de justesse en 2009, après un scrutin tendu et deux tentatives infructueuses. Ce portrait signé Christophe Boisbouvier et publié dans Jeune Afrique n° 2505 (du 11 au 17 Janvier 2009) retrace l'ascension d'un homme d'État réputé pour son intégrité.

Article publié le 12/01/2009 : "La revanche de John Atta-Mills".

Après avoir concédé à deux reprises la victoire à John Kufuor, l’ancien vice-président de Jerry Rawlings a cette fois fait preuve de pugnacité. Le nouveau chef de l’État doit maintenant prouver qu’il est capable de s’affranchir de son mentor.

La photo était belle. Côte à côte, le 7 janvier 2009 sur la place de l’Indépendance à Accra, le sortant John Kufuor, le nouvel élu John Atta-Mills et un Jerry Rawlings tout sourires, visiblement ravi de revenir sur le devant de la scène par procuration. Vêtu d’un kente – le tissu traditionnel ghanéen – assorti d’une chemise traditionnelle elle aussi, le nouveau maître du Ghana a prêté serment sur la Bible. Une vraie cérémonie consensuelle… Puis tout à coup, le « gentil Atta-Mills » a décoché un trait : « Lors des élections, la démocratie a été mise à l’épreuve, mais finalement la volonté du peuple a prévalu. » La petite phrase en dit long sur l’âpreté du combat.

De fait, jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir. Campagne à l’américaine, pressions sur la commission électorale… Les partisans de Nana Akufo-Addo ont parié sur la répétition du scénario de 2004 : un scrutin très disputé et, au final, un Atta-Mills qui concède la défaite pour ne pas provoquer d’affrontements. Le NPP était tellement sûr de sa victoire qu’il avait déjà fait venir de France des caisses de champagne…

Jusqu’à la dernière minute, le Nouveau Parti patriotique (NPP) a tout fait pour garder le pouvoir.

Mais cette fois-ci, Atta-Mills s’est rebellé. Après le premier tour du 7 décembre, il a fait savoir à son adversaire que, si d’aventure il tentait de s’autoproclamer président, ce serait l’épreuve de force, y compris dans la rue. Au lendemain du second tour du 28 décembre, le Congrès national démocratique (NDC) d’Atta-Mills a même lâché publiquement qu’il ne serait plus en mesure de contrôler ses militants si jamais… Pour gagner, le « prof » à la voix douce a dû sortir les griffes.

Un homme de loi

John Atta-Mills, 64 ans, c’est d’abord un lawyer, comme disent les anglophones. Un homme de loi. Contrairement à la légende, il n’est pas issu d’une famille pauvre. Né à Tarkwa, dans l’ouest du pays, le jeune Atta-Mills a été poussé dans ses études par un père enseignant. Docteur en droit à Londres, il a occupé une chaire à l’université d’Accra pendant vingt-cinq ans. D’où son surnom de « prof ». « Une fois, se souvient un de ses étudiants, il m’a donné l’argent pour que je puisse aller aux obsèques de mon père. »

Au fil des ans, et surtout après son passage à la Direction des impôts, John Atta-Mills s’est forgé la réputation d’un homme d’une honnêteté scrupuleuse. C’est sans doute pour cela que le capitaine Rawlings l’a choisi comme vice-président en 1996. C’est aussi pour cette raison que ses adversaires, faute de trouver un dossier compromettant à son sujet, ont lancé des rumeurs sur son état de santé. Il y a un an, ils ont évoqué une hospitalisation pour maladie grave. Démenti formel de l’intéressé. Il a juste subi une opération de la cataracte à un œil. Cette fameuse honnêteté n’est pas une légende. Confidence de son frère, Cadman Atta-Mills : « Un jour de 1996, John a reçu à la maison la visite d’un homme d’affaires qui voulait le féliciter pour son élection à la vice-présidence. Quand il est reparti, il a laissé une enveloppe sur la table basse. Sur le coup, John n’y a pas fait attention. Puis il l’a vue. Dedans, il y avait 40 000 deutsche Mark. Tout de suite, il s’est affolé. Il a appelé son visiteur en lui disant : “Vous avez oublié votre argent.” Celui-ci lui a répondu que c’était pour payer ses dettes de campagne. Alors John lui a rétorqué : “Mais c’est de la corruption que vous êtes en train de faire !” et lui a fait remettre son enveloppe. Quand l’anecdote a été rapportée à Jerry Rawlings, celui-ci a dit bravo. » Qui sait si cette visite n’avait pas été montée par Rawlings lui-même pour tester son nouveau colistier ?

Père tranquille

Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah.

Autre facette du personnage : le père tranquille. Marié à une éducatrice, Ernestina Naadu Mills, et père d’un garçon de 19 ans, John Atta-Mills va à l’office tous les dimanches et adore le sport. Il a même été sélectionné une fois dans l’équipe nationale de hockey sur gazon. Comme tous ses compatriotes, Atta-Mills aime le foot. Un temps, il était au comité directeur des Hearts of Oak, l’un des deux grands clubs du pays. Le nouveau maître du Ghana est aussi un supporteur acharné du Manchester United. Depuis ses études à Londres, l’homme a adopté un style très british. Mais pour la table, ses goûts le portent vers la cuisine française. Pas fou, Atta-Mills.

Il est un autre aspect du personnage qui est moins connu. C’est son idéalisme. Dans son action politique, Atta-Mills a trois modèles : Nelson Mandela, Julius Nyerere – parce qu’il était « intègre et nationaliste » –, et Kwame Nkrumah. Évidemment, à Accra, il est de bon ton de se réclamer du père de la nation, mais Atta-Mills a fait un peu plus. Dans sa jeunesse, il a étudié au fameux Institut idéologique de Winneba, fondé par Nkrumah à l’époque du socialisme scientifique. En bon disciple, il croit au panafricanisme… et aux États-Unis d’Afrique. « Mais attention, précise l’un de ses conseillers, il veut y aller doucement. »

John Atta-Mills n’a pas le charisme d’un Nkrumah ou d’un Rawlings. De son propre aveu, il est incapable d’électriser une foule. Du coup, ses adversaires disent qu’il est trop « tendre » pour la fonction. « En Afrique, il faut être costaud pour gouverner. » Réalité ou apparence ? Quand les gisements pétroliers récemment découverts entreront en exploitation, en 2010, on verra si l’homme qui a fait campagne contre la corruption sera capable de tenir à distance les prédateurs. « Vous savez, il n’a pas l’air comme ça, dit son frère Cadman, mais il a un sacré caractère. Et quand il a décidé quelque chose, il ne bouge plus. » Atta-Mills dur comme du bois ? En français, Hearts of Oak signifie « Cœurs de chêne ».


Source: JEUNE AFRIQUE

lundi, 16 juillet 2012

UA: L'AFRIQUE DIGNE TRIOMPHE A ADDIS-ABEBA


PING ET DLAMINI-ZUMA.jpg

 

La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma a été élue présidente de la Commission de l’Union africaine (UA), le dimanche 15 juillet au soir, à Addis-Abeba, lors du 19e sommet de l’institution. Quatre tours ont été nécessaires aux chefs d’Etats réunis en huis clos pour départager le Gabonais, Jean Ping, président sortant, et sa concurrente.

Au premier tour, Dlamini-Zuma a emporté 27 voix contre 24 pour Ping. L’écart n’a ensuite cessé de s’élargir. Au deuxième tour, la ministre sud-africaine des Affaires intérieures a gagné deux partisans supplémentaires (29 voix contre 22), avant d’en totaliser 33 contre 18 au troisième tour.

C’est alors que Jean Ping s’est désisté[1]. Il restait à son opposante à gagner le vote de confiance. En janvier dernier, la configuration était diamétralement opposée et Ping n’était pas parvenu à emporter la majorité des deux-tiers des voix nécessaire à l’élection du président, malgré le désistement de la Sud-Africaine.

EXPLOSION DE JOIE

Cette fois-ci, cette dernière a su s’imposer haut la main avec 37 voix. Dès que les résultats ont été rendus publics, les partisans de la Communauté des Etats d’Afrique australe (SADC) ont explosé de joie dans les couloirs du siège de l’UA où se tiennent les travaux du sommet.

La bataille entre Ping et Dlamini-Zuma, qui a duré plus de 6 mois, se termine donc au premier soir du sommet, avec la victoire de la candidate du pays d’Afrique subsaharienne le plus puissant. C’est la première fois qu’un anglophone dirigera la Commission de l’UA.

QUI EST LA NOUVELLE PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UA ?

Si la nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine et ministre sud africaine de l’Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma, a été mariée avec le président Jacob Zuma, elle ne lui doit pas sa position. Cette figure du parti au pouvoir siégeait au gouvernement depuis 1994.

Certes, c’est une « Zuma ». Oui, elle est ministre d’un gouvernement présidé par son ex-mari. Comme lui, elle est zouloue. Mais il ne faut pas s’y méprendre : Nkosazana Dlamini-Zuma, élue ce dimanche à la tête de la Commission de l’Union africaine, ne doit rien – ou si peu – à Jacob Zuma.

Ministre sans interruption depuis l’élection de Nelson Mandela en 1994, c’est un poids lourd du Congrès national africain (ANC, parti au pouvoir en Afrique du Sud). Lors de la conférence de Polokwane, en 2007, son nom a même circulé pour succéder à Thabo Mbeki à la présidence. À 62 ans, elle gère un portefeuille important, celui de l’Intérieur. La compétence de cette travailleuse discrète, qui est parvenue à redresser un ministère autrefois synonyme d’inefficacité et de corruption, est unanimement reconnue.

Militante anti-apartheid depuis l’adolescence, elle s’exile dans les années 1970. Elle étudie la médecine en Angleterre avant de revenir sur le continent, au Swaziland. C’est là qu’elle rencontre Jacob Zuma, qu’elle épouse au début des années 1980 (la date exacte de leur mariage est incertaine). Après la chute de l’apartheid, Nelson Mandela la nomme ministre de la Santé. Son baptême du feu politique est rude : elle croise le fer avec les groupes pharmaceutiques sur la question des brevets et se retrouve accusée de mal gérer le budget de la prévention contre le sida. Nkosazana Zuma (comme on l’appelle encore à l’époque) était pourtant l’une des premières à alerter sur la gravité de l’épidémie, à une époque où le déni dominait chez ses pairs. Les critiques la touchent. C’est alors qu’« elle se retire dans une coquille défensive », note William Gumede, auteur d’un ouvrage de référence sur Thabo Mbeki, dont elle est très proche.

BUCHEUSE

En 1998, elle divorce de Jacob Zuma. « Je crois qu’elle ne supportait plus ses autres femmes, indique Jeremy Gordin, biographe de l’actuel président sud-africain. Mais ils ont gardé un profond respect l’un pour l’autre. »

L’année suivante, Thabo Mbeki confie à cette militante de la renaissance africaine le portefeuille des Affaires étrangères. À ce poste, qu’elle occupera pendant dix ans, Nkosazana Dlamini-Zuma se taille à l’Union africaine une réputation de bûcheuse coriace. Pour perfectionner son français, elle n’hésite pas à passer trois semaines en immersion dans l’Hexagone. Après dix-sept années au sommet dans son pays, une haute responsabilité à l’échelle du continent - avec son lot de crises - l’attend désormais. 


In Jeune Afrique

 


  

[1] Onna Gbagbolite: "Afin d’atténuer les effets de la défaite éclatante de Jean Ping, Jeune Afrique raconte qu’il s’est retiré au 3ème tour. C’est complètement FAUX!!! Jean Ping encouragé par Ouattara, le Niger et le Kenya, s’est bel et bien présenté au 4ème tour, car il voulait obtenir un blocage. Mal lui en a pris, il s’est fait massacrer par Mme Zuma, perdant par rapport au 3ème tour 4 autres soutiens…"

mercredi, 28 décembre 2011

LES EX-REBELLES INTEGRES A L'ARMEE IVOIRIENNE, UN VERITABLE CANCER!


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Côte d'Ivoire: les ex-rebelles intégrés à l'armée, une plaie pour Ouattara

 

Les incidents meurtriers à répétition entre civils et ex-rebelles intégrés à l'armée ivoirienne mettent le régime d'Alassane Ouattara sous pression et soulignent l'urgence d'une réforme des forces de défense dans un pays toujours fragile après la crise de 2010-2011.

Une simple altercation entre un militaire des Forces républicaines (FRCI) et un jeune à Sikensi, près d'Abidjan, a dégénéré en conflit entre autochtones d'un côté, Malinké (ethnie du nord) et FRCI de l'autre, qui s'est soldé lundi par un bilan de quatre morts - deux soldats et deux jeunes -, une quinzaine de blessés et de nombreux dégâts.

Une semaine après des affrontements entre habitants et FRCI à Vavoua (centre-ouest) ayant fait six morts, ces événements jettent une lumière crue sur l'état de l'armée.

L'essentiel de ses éléments opérationnels est constitué des ex-rebelles venus du nord qui ont aidé le président Ouattara à accéder au pouvoir en avril, après quatre mois de crise et deux semaines de guerre contre les forces de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo (...)

Nord-Sud, quotidien proche de Guillaume Soro, Premier ministre et chef de l'ex-rébellion, mettait mardi le dernier incident sur le compte de "provocations" de pro-Gbagbo qui, par "haine", "refusent de voir" dans les FRCI "le symbole de l'armée nationale".

Mais le journal reconnaissait qu'on ne peut "absoudre" les FRCI après des semaines d'exactions.

Autochtones pro-Gbagbo face à Malinké pro-Ouattara et FRCI: les violences de Sikensi montrent que "le contentieux ethnique et politique est encore très fort: la réconciliation va mettre du temps", affirme à l'AFP un expert, sous couvert d'anonymat.

"Cancer"

Mais dans l'immédiat le problème tient surtout aux milliers d'ex-rebelles, armés et pour l'heure intégrés de facto à l'armée régulière, auxquels le régime doit offrir un avenir.

"Tous ne resteront pas dans l'armée: quand on les mettra à la porte, certains deviendront coupeurs de route, voleurs ou pourront être recrutés par les uns et les autres en cas de tension politique. C'est un vrai cancer", prédit l'expert.

Après Vavoua, le chef de l'Etat a décrété la "tolérance zéro" face à l'"indiscipline": il a créé une police militaire pour faire le ménage, confiée à un ancien commandant rebelle charismatique, Zakaria Koné.

Guillaume Soro, également ministre de la Défense, a promis pour janvier une tournée des casernes, et des "assises nationales" sont prévues début 2012 pour élaborer une réforme de l'armée.

Mais huit mois après la crise, ces annonces ne font que souligner que ce chantier reste quasi-vierge et qu'un programme de désarmement-réinsertion se fait toujours attendre.

Le pouvoir "ne sait pas par quel bout prendre le problème", pris entre les contraintes financières et sa difficulté à écarter des hommes qui se voient en "libérateurs", estime une source proche du dossier.

Les incidents sont en tout cas "le meilleur argument pour maintenir Soro comme Premier ministre", juge-t-elle.

Cette hypothèse fait toutefois grincer des dents chez les partisans de l'ex-président Henri Konan Bédié, principal allié de M. Ouattara, à qui le poste doit théoriquement revenir malgré la majorité absolue obtenue par le parti présidentiel aux législatives du 11 décembre.

Pour International Crisis Group (ICG), le président doit de toute façon être en première ligne.

Pointant dans un rapport publié mi-décembre une "criminalisation" des forces de sécurité, le groupe de réflexion appelait M. Ouattara, réputé plus amateur de dossiers économiques, à "ne déléguer à personne" le chantier sécuritaire.



vendredi, 01 juillet 2011

COTE D'IVOIRE: LE SYNAPPCI DENONCE LA «SCANDALEUSE» INCULPATION DE JOURNALISTES PRO-GBAGBO


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Après l'inculpation de quinze personnalités - dont des journalistes proches de Laurent Gbagbo - par la justice ivoirienne, la réaction du syndicat de la presse privée ne s'est pas faite attendre. Par la voix de Guillaume Gbato, son secrétaire général, le Synappci a jugé la décision "scandaleuse".


« L'inculpation de certains journalistes est scandaleuse », selon Guillaume Gbato, le secrétaire général du Syndicat national de la presse privée de Côte d'Ivoire (Synappci), réagissant après mise en accusation, ce week-end, par la justice ivoirienne de quinze personnalités proches de Laurent Gbagbo.

Vendredi dernier, le parquet du Plateau (Abidjan) a inculpé quinze personnalités du camp Gbagbo et placé celles-ci « sous mandat de dépôt », selon le procureur de la République Simplice Kouadio Koffi. Parmi eux, deux journalistes et un cameraman, ainsi que Simone Hué Lou, directrice générale adjointe de la Refondation (société éditrice de Notre Voie, journal du parti de Gbagbo) et Franck Anderson Kouassi, ex-président du Conseil national de la communication audiovisuelle (CNCA).

"Bandes armées"

Ces journalistes, ainsi que les autres personnalités proches de Laurent Gbagbo visées, sont mis en cause pour des « infractions contre l'autorité de l'État, atteinte à sa souveraineté, constitution de bandes armées, infractions contre les biens commises au préjudice de l'État et des institutions financières publiques ou privées », précise le procureur de la République.

Les chefs d'accusations sont fantaisistes.

« Les chefs d'accusations sont fantaisistes et font croire qu'il n'y a pas eu d'enquêtes préliminaires sérieuses », s'emporte Guillaume Gbato.

« Peut-on me prouver qu'un simple journaliste comme Armand Bohui, qui représentait notre syndicat au sein du Conseil national de la presse [CNP, organe de régulation de la presse] a pu constituer une bande armée, ou qu'un cameraman de la RTI [Radiodiffusion télévision ivoirienne, média d'État] comme Germain Guézé, qui n'a fait que faire des films remis à la disposition de sa hiérarchie, est impliqué dans des détournements de fonds publics ou privés ? » s'interroge le secrétaire général du Synappci.

Mascarade

Guillaume Gbato précise, à propos de Norbert Gnahoua Zibrabi, ancien directeur de publication du journal pro-Gbagbo L'Œil du Peuple et ex-conseiller technique du président déchu, « [qu'] il ne gérait aucun fonds qui pouvait lui permettre d'être considéré comme un acteur majeur de la crise postélectorale ».

Gbato dénonce ainsi une « mascarade » et déclare que « ces journalistes ont été inculpés pour la simple raison qu'ils se sont retrouvés à l'hôtel La Pergola [où sont en résidence surveillée, plusieurs personnalités du camp Gbagbo, depuis la chute de l'ex-chef d'État en avril dernier] pour se mettre en sécurité ou suivant les conseils de l'Onuci [Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire, NDLR] ». « On cherche tout simplement des boucs émissaires à emprisonner », conclut-il.


Source: JEUNE AFRIQUE

mercredi, 12 janvier 2011

LETTRE OUVERTE DE CALIXTHE BEYALA A BECHIR BEN YAHMED DE JEUNE AFRIQUE: «CE EN QUOI JE CROIS. OU PAS»



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D'aussi loin que me porte ma mémoire, il me semble qu'une seule et unique fois, je fus en désaccord avec vous, très cher Béchir Ben YAHMED. Et je vous le fis savoir.

C'était il y a fort longtemps, mais lorsque passe trop temps, ce dernier ne revêt plus aucune importance ; je l'avoue humblement, je n'ai nullement le sens du temps. C'était au sujet du nom du journal « Jeune Afrique ». Il me souvient que vous lui attribuiez alors le titre de « L'intelligent. » Mes yeux fulminaient de colère lorsque je vous en parlai. Aujourd'hui encore, je ne puis oublier votre sourire ; et cette manière très pétillante de me rétorquer que j'aurais dû vous écrire pour vous dire mon sentiment. Depuis ces temps si lointain, aucune particule, aucune ride ne s'est point posée sur le respect et l'amitié qui nous lient... Au moins, c'est CE QUE JE CROIS.


Voilà que pour la deuxième fois, un sujet nous oppose: les élections Présidentielles en Côte d'Ivoire.


Je ne crois pas que Monsieur Alassane OUATTARA soit le Président élu de la Côte d'Ivoire car pour cela, il eût fallu que sa victoire fût reconnue par le Conseil Constitutionnel de son pays; il me semble que ce n'est point le cas, me tromperais-je ? Aucune commission électorale, aussi noble soit-elle, ne saurait proclamer le vainqueur d'une élection, d'autant que dans le cas de la Côte d'Ivoire, cette commission électorale était constituée aux 2/3 par les membres de l'opposition....


Vous me rétorquerez que le Président du Conseil Constitutionnel Ivoirien est un homme du Président GBAGBO. Oui, sans aucun doute. Mais n'est-ce point le cas dans tous les pays du monde et même en France ? On se souvient tous du cas des U.S.A où s'opposait alors AL GORE et W. BUSH. La Cour suprême trancha en faveur de ce dernier alors qu'il bénéficiait de moins de voix que son adversaire. Il me semble n'avoir pas entendu des cris d'orfraie des démocrates du monde entier, me tromperais-je ? Il me semble que l'ONU ne battit pas un cil pour condamner cette « usurpation de pouvoir. »


Je ne crois pas que le Président Français Nicolas Sarkozy aime tant l'Afrique et ses habitants qu'il veille à la démocratisation du continent, voire au bien être de ses peuples. Je n'ai pas oublié le discours de Dakar... Je n'ai pas oublié les élections au Gabon. Ne fut-il pas le premier à féliciter BONGO fils ? Pourquoi ne fustigea-t-il pas ce dernier ? Pourquoi le félicita-t-il, alors que l'opposition contestait, preuve à l'appui, les résultats des Urnes ? Il me semble avoir raté, -ce qui m'étonne-, votre édito lapidaire sur ce hold-up électoral. Et j'ajoute que le documentaire sur la Françafrique a clairement démontré les impostures, les magouilles et les mille manigances de mon pays la France, pour placer et maintenir au pouvoir quelques despotes dévoués corps et âme à notre mère patrie.


Je ne crois pas en l'ONU, ce minuscule Club d'Etats riches où aucun pays d'Afrique ne siège en son Conseil de Securité ; je ne crois pas que L'UNION AFRICAINE soit libre de ses propos d'autant que malheureusement pour les africains, celle-ci est financée par l'Union Européenne.


Je ne crois pas que les dirigeants Africains soutiennent activement Alassane OUATTARA ; il me semble n'avoir vu aucune félicitation émanant d'un Chef d'Etat du continent, adressée au Président désigné par la Communauté Internationale. Mais qui se cache derrière cette nébuleuse ? Seraient-ce les mêmes qui croisent les bras pendant qu'on bombarde l'Irak ou l'Afghanistan ?


Je ne crois pas à ce souci d'alternance démocratique dont ils veulent nous abreuver. Combien de chefs d'Etats ont changé la constitution de leur pays pour pouvoir être élu pour la énième fois ? Combien d'entre eux occupent le poste de Président depuis vingt voire trente ans ? Pourquoi la soi disant communauté Internationale ne les condamne-t-elle pas ? Et la France, qu'en dit-elle ? Rien. Silence ! On exploite !


Je crois et permettez-moi de reprendre vos propos « la légende selon laquelle GBAGBO serait le grand défenseur de la souveraineté nationale et que ses positions tranchées lui ont valu l'hostilité de la France, » Il s'agit d'une réalité, vérifiée et palpable, confirmée en outre ces derniers jours par le documentaire français « la Françafrique. » Avez-vous oublié les implications de la France dans le coup d'état contre GBAGBO en 2002, ainsi que les multiples complots qui s'ensuivirent ?


Je crois que tous les Panafricanistes croient au complot contre la Côte d'Ivoire. Il suffit pour s'en convaincre de regarder les deux manifestations organisées à Paris pour le soutien à la souveraineté de la Côte d'Ivoire et qui a réuni près de cinq mille personnes, battant le macadam dans le froid hivernal parisien. Donc GBAGBO n'est pas seul. Il a le peuple Africain à ses côtés. Je crois qu'autrefois, la France et ses acolytes organisaient des coups d'Etats armés pour déloger les Chefs d'Etats Africains qui ne correspondaient pas à leurs critères de sélection. Je crois que la forme de renversement des pouvoirs indésirables a évolué ; elle est plus subtile. Me permettez-vous d'introduire la notion de « Coup d' Etat électoral ? » Et si le Président GBAGBO en était une des dignes victimes ? Y aviez-vous songé ?


Je crois que la stratégie géopolitique voudrait que le Golfe de Guinée soit totalement sous contrôle Occidental. L'épuisement des puits pétrolifères dans le Golfe Persique et la résistance armée dans ces régions, justifient que l'Europe se tourne vers l'Afrique. Pour son pétrole. Pour ses matières premières. Pour ses innombrables richesses. Et aussi- il ne s'agit pas d'un argument moindre,- sa capacité de soumission bas-ventrale...


Je crois que tous les pays du Golfe de Guinée connaîtront le même sort que la Côte d'Ivoire dans un avenir plus ou moins proche.


Je crois tout simplement qu'Alassane OUATARA est pour les Occidentaux l'homme de confiance et que pour atteindre leurs objectifs, à savoir lui faire revêtir le costume de président de la Côte d'Ivoire, ils sont prêts à tout...


Je crois enfin que GBAGBO ainsi que le peuple Ivoirien se battront jusqu'au bout pour ne point se faire dépouiller... en témoigne le peu d'enthousiasme qu'a suscité l'appel à la mobilisation d'Alassane OUATARA.


Je ne sais pas s'ils y réussiront.


Voilà, cher Béchir Ben YAHMED, ce en quoi je crois. Ou pas.


Calixthe Beyala

 

Source: CAMEROON-INFO.NET

vendredi, 10 décembre 2010

WIKILEAKS : LA STRATEGIE ELECTORALE DE GBAGBO SELON WASHINGTON

 

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La note de Wikileaks qui dévoile les préjugés ethniques des diplomates américains à Abidjan, invalidés par la carte électorale ivoirienne. Lol ! Théo.

 

À l'été 2009, l'ambassade des États-Unis à Abidjan livrait sa vision de la stratégie de Laurent Gbagbo pour l'élection présidentielle ivoirienne dans un télégramme publié par WikiLeaks, le 9 novembre. Une analyse qui éclaire la défaite, constatée dans les urnes, du président sortant.

Comment Laurent Gbagbo peut-il espérer remporter la présidentielle ? Cette question, qui hantait le président ivoirien depuis 2005, fait l'objet d'une communication entre l'ambassade des États-Unis à Abidjan et Washington, le 2 juillet 2009.

Dans un télégramme intitulé « Les élections en Côte d'Ivoire : le mythe et la réalité », l'ambassadrice américaine en Côte d'Ivoire d'alors, Wanda Nesbitt, fait le point sur la situation électorale et détaille la stratégie de Laurent Gbagbo pour arriver à ses fins.

Tentative d'alliance avec Ouattara

« Le FPI [Front populaire ivoirien, parti présidentiel, NDLR], arrive invariablement à la troisième place [probablement en terme d'effectifs, NDLR] » et « est toujours associé à un groupe ethnique minoritaire [les bétés] » , assure-t-elle. « Pour gagner une élection présidentielle, le FPI a besoin de s'allier avec l'un des deux plus grands partis » :  le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, d'Henri Konan Bédié) ou le Rassemblement des républicains (RDR, d'Alassane Ouattara).

Problème : ces deux partis sont restés « remarquablement unis » contre Laurent Gbagbo au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, la coalition d'opposition), note-t-elle.

Du coup, selon « des sources fiables» de l'ambassade, Laurent Gbagbo essaie, « au moins depuis 2007 » de passer un accord avec Alassane Ouattara, le président du RDR « mais n'a pas réussi ». Une semaine avant l'envoi du télégramme, la diplomate a reçu une nouvelle confirmation de l'échec de cette tentative d'accord.

Diviser le PDCI

Conséquence : Laurent Gbagbo s'emploie alors à diviser le PDCI. Il aurait aidé à « financer et soutenir l'ancien Premier ministre Charles [Konan] Banny dans sa tentative pour remplacer l'ancien président vieillissant Henri Konan Bédié » à la tête du parti, assure-t-elle.

Nouvel échec pour Laurent Gbagbo ? Pas tout à fait, suggère l'ambassadeur. « Que Banny y parvienne ou non n'est pas important du point de vue du FPI, juge-t-elle, du moment que les luttes internes incitent un certain pourcentage des électeurs du PDCI à aller ailleurs. »

Finalement, le report des voix du PDCI vers Alassane Ouattara au second tour s'est révélé plutôt bon. Assez, en tout cas, pour que celui-ci obtienne la majorité, le 28 novembre dernier, selon les résultats de la Commission électorale indépendante (CEI) certifiés par l'ONU.

D'après le télégramme, un duel entre Gbagbo et Ouattara était envisagé et même souhaité par le camp présidentiel dès l'été 2009, malgré ce que laissaient entendre ses slogans lors du premier tour. « Gbagbo a récemment dit à une bonne source qu'il voulait affronter Alassane Ouattara au second tour [personne n'attend un vainqueur au premier] parce qu'il [Gbagbo] croit que les groupes ethniques qui supportent traditionnellement le PDCI voteront pour le FPI plutôt que pour le leader du RDR qui a des liens avec la rébellion. »

« Être sûr de gagner »

Concernant la date de la présidentielle, alors prévue pour le 29 novembre 2009.

« Les observateurs familiers du dossier ne croient pas que le président Gbagbo (qui se délecte du rôle de Grand Chef) prendra le risque de perdre le prestige et la célébrité » de l'hôte du cinquantenaire de l'indépendance ivoirienne (7 août 2010). Cela reporte donc le scrutin à la deuxième moitié de l'année 2010.

Cependant, « rester au pouvoir sans un nouveau mandat deviendra plus difficile à justifier après 2010 » même si « les bénéfices financiers du statu quo sont bien sûr une considération primordiale, pas seulement pour le FPI mais [aussi] pour des individus comme le Premier ministre Soro »,  juge-t-elle.

Plus largement, croit-elle savoir, « il n'y aura pas d'élection à moins que le président Gbagbo ne soit sûr de gagner - et il n'est pour l'instant pas sûr de son issue ». Ici réside, sans doute, l'une des clés de l'attitude du président sortant depuis la tenue du scrutin.


Source: JEUNE AFRIQUE

mercredi, 08 décembre 2010

CHRISTIAN PREDA : "DES OBSERVATEURS DE L'UE ONT REÇU DES MENACES DE MORT"


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Dans une interview exclusive à jeuneafrique.com, le chef de la mission des observateurs de l'Union européenne, Christian Preda, évoque les points de tension entre son institution et la Commission électorale indépendante (CEI), dont il a dénoncé « l'opacité » et les « obstructions » à plusieurs reprises depuis le premier tour de l'élection présidentielle.

Jeuneafrique.com : Y a-t-il eu une différence fondamentale entre la préparation du premier tour et celle du second ?

Christian Preda : Bien sûr. Il y a d'abord une différence étonnante dans la campagne. Le ton s'est durci, du moins jusqu'au débat télévisé entre les deux candidats. Il y a eu des confrontations dans les rues qu'on n'avait pas vues lors du premier tour. En ce qui concerne notre observation, il y a aussi un changement. Nos observateurs se sont vu refuser l'accès aux stages de formation des membres des bureaux de vote. Nous n'avons pas eu de garantie quant à la publication de procès-verbaux de dépouillement dans chaque bureau de vote. Il n'y a pas une procédure bien établie qui est mise en place et cela nous préoccupe. Par ailleurs, nous avons malheureusement enregistré un incident très regrettable dans la région très stratégique de Yamoussoukro. Nos observateurs ont reçu des menaces de mort, ce qui nous a poussés à les extraire de là-bas.

Est-ce qu'on peut dire qu'il y a de vrais conflits de fond entre les observateurs de l'Union européenne et la Commission électorale indépendante (CEI) ?

C'est surprenant, parce que nous avons un accord de coopération avec cette institution. C'est sur la base de cet accord que sous sommes en droit de suivre toutes les étapes. Quand nous voyons qu'ici ou là, nos observateurs sont empêchés de travailler et quand la Commission invoque leur supposée « arrogance », nous sommes un peu inquiets.

Vous avez dénoncé, lors du premier tour, la lenteur dans la proclamation des résultats. Comment l'analysez-vous, avec le recul ?

L'une des causes de ces retards est le manque de procédure clairement définie. Pour le second tour, une circulaire a été rédigée. Elle gère de manière très claire le traitement des procès-verbaux, des bureaux de vote au niveau national, en passant par les commissions électorales locales, départementales et régionales. Elle gère également le traitement et le suivi des bulletins ainsi que la gestion des résultats. C'est ce qui manquait au premier tour.

L'atmosphère qui entoure le second tour est tendue. Comment éviter la catastrophe ?

L'attitude responsable des candidats lors du débat télévisé est un signe encourageant. J'espère qu'elle prévaudra à tous les niveaux. Il suffit pour cela qu'au-delà de l'expression du vote, les institutions fassent leur travail et que les candidats acceptent avec dignité le verdict des urnes, sans jouer le jeu de la défiance envers ces institutions.


Source: JEUNE AFRIQUE

mardi, 07 décembre 2010

WIKILEAKS : LES TELEGRAMMES AMERICAINS DEVOILENT LES CLAUSES SECRETES DE LA "FRANÇAFRIQUE"

 

NICOLAS SARKOZY ET ALI BONGO.jpg

 

Certaines "clauses secrètes" des anciens accords de défense liant la France à plusieurs pays africains ont été décrites aux diplomates américains par des conseillers de Nicolas Sarkozy. De nouveaux télégrammes diplomatiques américains obtenus par WikiLeaks et dont le contenu a été révélé par le quotidien français "Le Monde" samedi, rendent publics ces échanges.

Certaines clauses secrètes d'accords conclus dans les années 60 entre la France et ses ex-colonies africaines ont été évoquées devant des Américains afin de justifier leur révision, selon des mémos américains de WikiLeaks, rendus publics samedi par Le Monde.

« Les accords avec le Cameroun et le Gabon contiennent des dispositions absurdes, obligeant la France, sur demande, à intervenir en cas de troubles dans ces pays », rapporte ainsi un télégramme américain, citant Rémy Maréchaux, ancien conseiller Afrique de Nicolas Sarkozy.

Lors d'un entretien avec un diplomate américain, le même conseiller souligne le caractère « ridicule » dautres clauses secrètes accordant à la France le monopole des ressources naturelles dans certains pays. « Imaginez-vous, lance-t-il, que nous puissions invoquer notre accord avec le Togo pour lui ordonner de bouter la Chine hors de "notre" pays? », aurait-il ajouté.

Profiter de la fin annoncée de la "Françafrique"

La rupture de la politique française en Afrique, affichée depuis 2007 par le président français Nicolas Sarkozy, a été bien accueillie par les Américains qui y ont vu une possibilité d'accroître leur influence sur le continent, montrent d'autres télégrammes diplomatiques.

« Les Français accueillent favorablement l'extension de la présence américaine en Afrique comme moyen de contrebalancer lexpansion régionale de la Chine », note un mémo. La nouvelle politique française « peut donner aux États-Unis des occasions détendre leur influence en Afrique sans rencontrer de résistance ni d'interférence de la France », relève un autre télégramme.

Aujourd'hui, « la France est un de nos plus puissants alliés en Afrique », résume un mémo datant du 25 janvier 2010 de l'ambassade américaine à Paris à la secrétaire d'État Hillary Clinton.


Source: JEUNE AFRIQUE

18:49 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Informations diverses | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, wikileaks, françafrique, jeune afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |