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samedi, 07 septembre 2013

«LA PAIX N'EST PAS UN MOUROIR»

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J’ai aimé donner ce titre à cet aphorisme. Je le tiens d’un sage avec qui j’ai un commerce intellectuel assez nourrissant sur toutes les questions d’actualité. Il refuse d’ailleurs que je lui dise qu’il est un sage. Mais j’ai aussi compris qu’il n’y a pas plusieurs manières de ne pas m’en dissuader. C’est l’heureux signe de la modestie qui hante constamment les élus de la muse philosophique. Socrate disait constamment que tout ce qu’il sait c’est qu’il ne sait rien. Il n’a pas moins été le père de la civilisation occidentale.

Je devisais tranquillement avec lui, sur des sujets brulants de l’actualité du pays quand, dans une sorte de dépit assez mesuré, reprouvant l’attitude morbide de ceux qui nous dirigent actuellement et qui ne font rien pour soulager le peuple du misérabilisme croissant, le sage me sort cette idée concise et incisive : « la paix n’est pas un mouroir ! Autant on s’est donné les moyens de financer la guerre autant il faut se donner les moyens de financer la paix. Aujourd’hui toutes les régions, sans exception, réclame au pouvoir la réalisation de ses promesses de pluies de milliards. Elles ne peuvent plus attendre… » Nous venions de parler de la tournée de Soro Guillaume à Gagnoa. De son arrogance devant la misère du peuple. Selon les chiffres de la mansuétude de l’envoyé de Ouattara à Gagnoa, il a non seulement déçu par ses propos, mais il a surtout tué tout espoir d’espérer que lui et son gourou tiennent leur promesse d’assurer le bien-être des ivoiriens. Le bilan du déplacement de l’ex-rebelle ivoirien à Gagnoa nous a confirmé qu’il a pris la décision expresse d’aller narguer les Gôgnoa. Devant la litanie des souffrances de la population de Ouragahio, il aurait même dit ceci au maire de la localité : « Et ton frère qui était là au pouvoir qu’a-t-il fait pour vous sortir de la misère ? » De la part d’un homme qui ambitionne diriger un Etat moderne… il faut se dire que ce n’est pas demain la veille de notre sortie du sous-développement mentale.

Cette sortie du sage m’a rappelé une autre conversation que j’avais eu avec un militant d’en face qui m’a interpellé un jour sur la relative accalmie du pays depuis que Ouattara est au pouvoir. C’était pour lui le signe que le "bravetchè" est l’homme de la situation.  Il n’y a qu’avec son mentor que nous pouvons vivre autant en paix.  J’ai eu la réplique adéquate mais j’étais loin de penser que la paix signifiait autre chose que l’absence de guerre. Je lui ai simplement dit que la guerre dans un pays est toujours le fait d’une opposition barbare. Et son bravetchè avait la chance d’avoir en face lui une opposition civilisée, des démocrates. Je ne me rendais pas compte que je faisais une réplique partielle, que je disais une demi-vérité. « La paix n’est pas un mouroir » m’a, l’instant de quelques secondes, ouvert les yeux sur l’autre dimension de la guerre dans laquelle nous sommes tous plongés. Ils ont compté près de 3000  morts qu’ils ont passés aux armes pendant la phase armée de la guerre qu’ils faisaient à la Côte d’Ivoire, mais sait-on combien meurent de faim, de maladie, d’insécurité…tous les jours dans ce pays ? Cela n’est pas spécifique à la Cote d’Ivoire. Mais Où avez- vous vu les rebelles d’hier se retrousser les manches pour prendre à bras le corps la lutte contre cette misère qui gangrène notre pays.  Avons-nous vraiment l’impression que Ouattara voyage beaucoup pour sortir ce pays du sous développement?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

dimanche, 16 juin 2013

STEPHANE RICHARD, UN INSTIGATEUR VA TOMBER

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Un des instigateurs de premier plan les plus zélés de l'embargo criminel européen sur les médicaments destinés à la Côte d'Ivoire, de la fermeture des banques françaises, en 2011, et du pillage des fonds déposés par les Ivoiriens dans lesdites banques, est aujourd'hui au ban des accusés, en France, pour "escroquerie en bande organisée". Comme quoi, il y a un DIEU de justice! Ce n'est que le début de la tourmente et de la descente aux enfers. Qui vivra, verra. Bonne lecture! Fernand Dindé.

 
Il se passe actuellement en France, un événement qui devrait réjouir les ivoiriens. Leurs bourreaux d’hier, sont, lentement mais sûrement, en train payer. Chacun à sa manière. J’étais loin de m’en douté et je ne m’en serais jamais douté. Il faut dire que pour établir ce rapport entre l’affaire Tapie et la Côte d’Ivoire, il faut être un sage de la vie politique ivoirienne. Au sens où il faut être connecté et à cheval entre ce qui se passe en France et en Côte d’Ivoire. Il faut connaitre les deux milieux et connaitre ses ennemis comme aime à le dire cet ami dont je parle. Sans cela on croira que, les gens agissent, font le mal et rien ne se passe. Dieu serait injuste de laisser prospérer les grands criminels de notre époque. 

Non, il ne s’agit pas de Christine Lagarde. Elle est aussi éclaboussée et cela sert notre cause. Mais pour l’heure il s’agit de son directeur de cabinet du temps où elle était ministre de l’économie et des finances en France. Il s’agit de Stéphane Richard. Ce monsieur est Président Directeur Général de Orange, l’une des plus grosses entreprises de France et il a été aussi reconduit par le gouvernement de François Hollande pour service rendu à la nation française. Voila ce qui a été dit sur ce monsieur dans le courant de cette semaine: «Affaire Tapie: Stéphane Richard mit en examen pour escroquerie en bande organisée». À un si haut niveau de responsabilité les autorités judiciaires françaises ne joueraient pas avec les mots. Les juges pèsent bien leurs mots dans cette sentence. Et imaginez avec qui ce monsieur constituerait « cette bande organisée »? Nicolas Sarkozy, l’hyper président à son temps et sa ministre seraient-ils hors de cette bande, ignoreraient ce que Stéphane Richard tramait dans leur dos avec les milliards des contribuables français? Nous nous interrogeons. C’est une somme trop importante qui rend dérisoires les misères de Claude Guéant pour que le sommet de l’Etat ignore les contours de l’affaire et n’en ait pas fixé les règles. Il a même déjà indiqué que l’Elysée était le lieu des réunions de stratégie.

Pour notre part, si la justice française devait aller jusqu’au bout dans cette affaire de détournement sans se sacrifier sur l’autel de la raison d’Etat qui limite quelque peu trop la démocratie dans cet Etat français qui s’en gargarise artificiellement, elle devrait punir la « bande organisée de criminels » qui n’est pas à son premier forfait avec l’affaire Tapie. Ce monsieur est la cheville ouvrière de toute cette machination qui a obtenu de l’Union Européenne l’embargo sur les médicaments et la fermeture de toutes les banques en Côte d’Ivoire pendant la crise dite postélectorale. La cupidité de Stéphane Richard et sa Bande organisée ne se limitait pas seulement à mener une guerre sauvage de prédation en Afrique. Il pompait aussi dans les caisses de l’Etat français pour le compte de qui on sait. 
 

Joseph Marat


mercredi, 05 juin 2013

CPI - LE BIG BROTHER NE PERD JAMAIS!

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Nous avons une fois encore gagné. Et il ne faut pas bouder sa joie. Notre champion, décidément ne perd pas de procès. Parce qu’il a toujours été convaincu d’une chose : un homme politique, digne de ce nom, doit toujours inscrire son action dans le strict respect du droit et Laurent Gbagbo s’est toujours adossé au droit, et à la constitution de son pays. C’est pourquoi, là où le droit se célèbre, il ne craint rien. Ils lui ont proposé de lui accorder la liberté provisoire à condition qu’il reste déporté dans un autre pays que le sien. Il leur a répondu qu’il préfère plutôt être jugé, condamné et finir ses jours dans une prison selon le verdict du droit ou de la justice, fut-il inique, que de finir ses jours en exil, en violation flagrante de la loi fondamentale de son pays. « Aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil.» Cette posture rappelle bien celle du philosophe Socrate, le Père de la civilisation occidentale. Un ami m’a dit un jour que le cas Gbagbo est un casse-tête pour la communauté internationale parce qu’il leur oppose avec la rigueur juridique qui l’accompagne, les principes élémentaire de la civilisation qu’elle croit détenir et qu’elle croit nous apporter. Elle se rend compte qu’avec ce monsieur, de quelque façon qu’elle veuille le prendre, elle passera pour être le creuset de la sauvagerie.

Le Président Gbagbo a gagné son procès contre les procureurs O Campo et Ben Souda. N’en déplaisent à ceux qui veulent se contenter aujourd’hui du report du procès de confirmation des charges. Ils ont perdu et il devrait avoir honte d’être si indignes de diriger un peuple qui est attaché à son âme, c’est-à-dire au droit. Le droit et la loi sont les éléments constitutifs de l’âme d’un peuple. Ils peuvent être durs, tyranniques, mais c’est son respect qui maintient le peuple dans son concept. Lorsqu’on n’obéit pas aux lois et au droit qu’un peuple s’est librement donné, on ne mérite pas de le diriger parce qu’on est simplement un hors-la-loi. Nulle part dans notre constitution, il n’est dit qu’il faut recourir à la violence pour solder un contentieux électoral. Notre constitution prévoit tous les recours démocratiques possibles. Ce qu’on a vu après les élections de 2010 relève simplement du banditisme.

Qu’on demande aujourd’hui à Fatou Ben Souda de repartir sur les lieux du crime pour ramener plus de preuves qu’elle n’en a déjà produites est tout simplement un aveu d’échec d’une communauté internationale qui ne sait que faire du cas Gbagbo. Le "nègre" a été plus intelligent que la machine civilisatrice. Parce que comment celui ou celle qui n’a pu rassembler des preuves suffisantes sur un lieu de crime encore tout frais, peut-il en trouver quand celui-ci a été souillé ? L’enquêtrice trouvera les preuves qu’elle viendra chercher en Côte d’Ivoire. Le régime actuel est prêt pour ça. On lui connait difficilement d’autres prouesses. Mais comment Ben Souda, qui inventait déjà les preuves, quand elles étaient encore fraiches et disponibles, procédera-t-elle pour démontrer qu’elle n’invente plus rien ? comment a-t-elle fait pour ne pas voir, la première fois, ces preuves accablantes qui devraient condamner Gbagbo dès que possible ? La cause est perdue pour eux. L’habillage temporel dont il recouvre leur décision n’est rien d’autre qu’une façon pour eux de sauver la face.

J’étais dans cette euphorie infantile quand un ami dont j’apprécie la perspicacité m’a appelé pour me dire ceci : « Jeune homme, c’est dans cette posture de vaincu que Big Brother est très dangereux parce que, dans le fond, il ne perd jamais. Ne nous laissons surtout pas endormir par le fumigène. Continuons de rester vigilant en ayant le triomphe modeste et travaillons maintenant à ce que Big Brother se convertisse et change de camp… »


Joseph Marat

 

Source: Le blog de Joseph Marat

vendredi, 27 janvier 2012

DRAMANE OU LE PERIL DE L'ETHNOCENTRISME

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Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, Dramane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo les communautés du Nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité... ». Quand le premier responsable d'un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut-on encore reprocher à sa population de s'y engouffrer?

Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s'empêcher d'avoir honte d'être le sujet d'un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur a dit dans les mêmes circonstances que c'est parce qu'il est nordiste qu'on ne voulait pas qu'il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d'instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu'ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d'un homme aveuglé par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l'expression d'un calcul minutieux pour l'application d'une politique ethniciste qui n'aura rien à envier au nazisme.

L'idéologie nazie n'était rien d'autre que la promotion d'une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C'est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu'il est recommandé de défendre en priorité les valeurs universelles d'humanité avant celles très basses de la race et de l'ethnie. C'est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu'on a combattu le colonialisme, le nazisme, l'apartheid et toutes les formes d'impérialisme.

Et c'est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à caractère raciste et ethnique. Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit et qu'aucun responsable politique n'a jamais dit en Côte d'Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du Nord devrait être représentés à plus de 40% dans l'administration d'un Etat qui compte 60 ethnies ? Où serait aujourd'hui la Côte d'ivoire, ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ?



Joseph Marat

 

Source: LE DEPECHE D'ABIDJAN

jeudi, 08 décembre 2011

LES RAISONS DE LA SUSPENSION DU JOURNAL «AUJOURD'HUI»

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Le CNP (le Conseil National de Presse) a encore frappé dans le camp de la presse de l'opposition. Le journal Aujourd'hui a reçu hier matin sa troisième lettre de suspension dans un intervalle de quatre mois. Ce qui passe désormais pour un harcèlement s'est présenté cette fois sous la  forme d'une cascade de sanctions. Le journal est suspendu  pour 26 parutions et le directeur de publication l'est, à titre personnel, pour trois mois. Il y a un cran au dessus de tout ce que cet organe de presse a jusqu'à maintenant reçu comme sanction. Avant de faire un analyse de ce qui pourrait sous-tendre  cet acharnement, voici ce qui fait sortir le CNP de son lit :

Un avant papier sur la célébration de la victoire électorale de Laurent Gbagbo qui a eu lieu en France le 04 décembre dernier  et signé par Joseph Titi a été indexé par le CNP comme  « constituant  à l'évidence une remise en cause des résultats de l'élection présidentielle et qu'un tel traitement de l'information revêt un caractère subversif. »

Un papier publier le 30/11/11, rapportant l'appel lancé par Alain Toussaint  demandant aux compatriotes Ivoiriens et patriotes africains à empêcher par tout moyen légal la déportation  du président Gbagbo à la Haye a été pris par le CNP pour un message appelant à la révolte.

Un billet de Joseph Marat intitulé "Il est là, le débat sur la dévaluation aussi". Pour le CNP cet article « est de nature à inciter à la violence... »

Un autre billet de Joseph Marat intitulé « Koenders se croit en brousse » renferme pour le CNP des injures graves et intolérables à l'encontre du diplomate onusien.

Un autre article de Joseph Titi publié le 1/12/12 faisant cas de la scène des 7 femmes d'Abobo dont l'une s'était relevée devant une camera simulant une fausse mort est jugé par le CNP comme une manipulation intolérable de l'information et une apologie du meurtre.

Nous aurions aimé nous instruire de la sagesse du CNP dans sa volonté déontologique de nous redresser dans l'exercice de notre profession, mais hélas ! A la lecture de tous les griefs retenus contre le quotidien nous avons la nette impression qu'il a suffi au CNP de vouloir nous suspendre pour qu'il recherche les justificatifs pouvant motiver sa forfaiture. Parce qu'au fond il n'y a vraiment rien à fouetter un chat.  Il y a pire qui passe le corridor du CNP. C'est pourquoi nous sommes convaincus, au journal Aujourd'hui, que nous sommes victimes de notre positionnement dans l'espace médiatique ivoirien. Nous savons que le CNP dans sa configuration actuelle ne tolère pas que nous ayons contrarié le plan politique du nouveau régime de faire oublier totalement Laurent Gbagbo. Il est vrai qu'avant que nous ne paraissions dans les kiosques à journaux, on ne parlait plus du président Laurent Gbagbo. Notre péché originel est donc d'avoir sonné la mobilisation mondiale autour de ce chef d'Etat, qui pour nous, subit un sort injuste. Pour cela, nous comprenons qu'Eugène Kakou et son équipe veuille nous abattre au risque d'exposer au chômage et à la misère toutes les familles que cet organe permet de faire vivre.

Une autre raison quelque peu mesquine qui taraude le CNP est le sentiment d'avoir été floué dans son orgueil par le directeur de publication Joseph Titi qui enlève ici la palme de la sanction. Eugène Kakou aurait confié à ses proches que Titi ne lui lèche pas assez les bottes. Le refus de celui-ci, par principe de solidarité aux journalistes de Notre Voie emprisonnés, de faire participer son organe à un séminaire organisé par le CNP à Yamoussoukro a été pris par le sieur Eugène Kakou comme un crime de lèse majesté.

Bien pesé, tout le personnel du quotidien aujourd'hui décide d'attaquer cette décision illégale et de porter plainte contre le Conseil National de la Presse pour abus de pouvoir.


La Direction du journal "Aujourd'hui".

jeudi, 03 novembre 2011

BOUAKE SE PREFERE DANS «L'EXCLUSION»

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Après avoir lu un article sur le cuisant échec d'Anne Ouloto à Bouaké, je me permets aujourd'hui de vous raconter une petite histoire. - Depuis qu'on la croyait porter disparu depuis quelques temps sur le terrain du déguerpissement à Abidjan, j'étais loin de penser qu'elle avait mis le cap sur Bouaké avec ses tracteurs. Oui ! Il faut féliciter Mme la ministre qui, pour une fois, dans la politique ivoirienne, s'est refusé d'exclure les habitants de Bouaké Korhogo, Katiola, Odienné et consort...

Malheureusement, les maîtres de Bouaké qui ne sont pas si naïfs que cela, ont préféré être plutôt exclus que d'ouvrir les bras aux tracteurs de malheur d'Anne Désiré Ouloto. L'article ajoute même que pour éviter la confrontation sanglante qui obstruait l'horizon, la "Bulldozer" a été obligée de se replier sur Yamoussoukro et que dans ce repli elle n'a pas cessé de marmonner contre Guillaume Soro. - Alors pour revenir à mon histoire, sachez qu'elle tient à rappeler que depuis le 11 avril 2011, le pays n'est pas gouverné malgré toutes les agitations des membres du gouvernement.

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L'histoire, c'est Anne Ouloto elle-même, au temps où elle écrasait tout sur son chemin comme un malabar dans les rues d'Abidjan, qui la raconte lors d'une conférence de presse à des journalistes pour leur expliquer le caractère irréversible de son action et leur faire savoir le soutien dont elle bénéficie de la part du Rhdp et surtout de Dramane Ouattara qui y tient comme à la prunelle de ses yeux. Elle a dit qu'à cause de la vigilance qu'on accorde à son projet de démolition systématique au plus haut niveau, elle a été obligée de s'endetter pour dédommager et contraindre une parente à abandonner l'emprise de son magasin sur le VGE.

Alors quand (retenons qu'Abobo est restée en friche) devant la réticence à laisser débuter les travaux d'un certain Diarrassouba alias « Diarraba », pompeusement commandant de Bouaké, une ministre de la République se trouve dans l'obligation de tendre un document quelconque signé par le chef d'Etat major Soumaïla Bakayoko - que le rebelle déchire, par ailleurs - on se demande bien si toute la Côte d'Ivoire est vraiment sous la coupe de Dramane Ouattara ou s'il y a une véritable chaîne de responsabilité administrative dans ce pays. Oui, nous savons qu'avec nos frères des Frci, nous sommes désormais « au Côte d'Ivoire », mais tout de même !


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 88 du mercerdi 2 novembre 2011.

vendredi, 28 octobre 2011

ADO ET LA GENDARMERIE: COMME L'HUILE ET L'EAU

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Le régime d'Alassane Dramane Ouattara  a maille à partir avec le corps de la gendarmerie nationale de Côte d'Ivoire. C'est le contraire qui nous aurait surpris. Ce corps d'armée est réputé pour son respect de la loi et pour son sens de la légalité républicaine. « Pro patria pro lege » telle est la devise de cette unité de l'armée qui ne recrute pas dans les rues, les prisons et autres champs de sorgho. On y accède et on évolue dans ce corps avec un certain niveau de connaissances. C'est donc un corps qui a une haute idée de la République et des lois qui la régissent.  C'est donc à juste titre que le corps de la gendarmerie a toujours été du côté de l'Etat pour défendre ses institutions. Elle fut pendant longtemps en Côte d'Ivoire une forteresse imprenable pour la défense des valeurs républicaines. Tous les coups d'Etat qui ont précédé celui du 19 septembre 2002 ont échoué après avoir buté sur le fameux camp de la gendarmerie d'Agban. La déroute des assaillants du 19 septembre est partie de la perte du combat épique que ces derniers ont mené dans cette caserne.

On se souvient qu'à cause de cette loyauté qui leur colle à la peau et qui a pendant longtemps empêché les putschistes de tourner en rond, Alassane Ouattara qui a cru que c'était sa personne qui était visée in fine, s'était même juré de la supprimer dès son accession au pouvoir. Aujourd'hui, personne ne devrait donc être surpris qu'il les malmène autant. Nous pensons même que c'est un manque de courage politique qui fait qu'au lieu de la supprimer totalement, on procède à ce vaste mouvement d'affectations qui ressemble bien plus à une chasse aux sorcières qu'à autre chose.

Un régime qui fait la promotion de chefs de guerre ne peut logiquement cohabiter avec un corps d'armée légaliste.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 85 du vendredi 28 octobre 2011.

mercredi, 12 octobre 2011

LE FPI, UN OS DANS LA GORGE DE MONSIEUR OUATTARA


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Après les événements qui ont émaillé le dernier rassemblement du Front populaire ivoirien à Koumassi-campement, nous nous interrogeons. Alassane Dramane Ouattara a-t-il aujourd'hui, les ressources nécessaires pour réprimer son opposition ? Il peut en avoir la volonté parce que, pour ceux qui connaissent l'homme, c'est ce qu'il sait faire le mieux.  Le 18 février 1992, il était l'homme de main de Félix Houphouët-Boigny. C'est lui qui avait, sans vergogne, dit avoir vu Laurent Gbagbo  casser. La suite nous la connaissons. Laurent Gbagbo, toute sa famille et toute l'opposition significative de l'époque se sont retrouvés derrière les barreaux pour six mois. Il y a maintenant 7 mois, l'homme en tant que chef d'Etat cette fois-ci, a réédité l'exploit. Laurent Gbagbo, son épouse, son fils, le chef de son parti, et l'ensemble des dignitaires de son régime sont enfermés dans des goulags au nord du pays. On le voit bien, malgré les années, la volonté de réprimer l'opposition ne s'est point émoussée chez Mr Dramane. Au contraire, elle s'est aiguisée avec un goût macabre. Seulement les contextes changent et souventes fois, l'histoire, dans une sorte de mystique du temps, nous rappelle qu'elle a un sens et qu'on ne saurait indéfiniment ramer contre son courant.

Ce qui s'est passé à Koumassi-campement est le signe que le champion du Rhdp ne dort plus tranquillement du sommeil du juste contrairement à ce qu'il veut nous faire croire. A l'analyse, cela relève plus d'une intimidation que d'une véritable répression. Aujourd'hui l'ex homme fort de l'hôtel du Golf peut bouillir de colère contre ses opposants, mais les circonstances ne lui sont plus favorables. On se souvient qu'il y a plus de quatre mois que le FPI avait déposé une demande d'audience pour rencontrer ce dernier. Les frontistes ont longtemps rongé leurs freins avant d'être finalement reçus, fin septembre dernier au palais présidentiel. Ils y sont encore attendus les jours prochains. On le voit bien, le chef de l'Etat n'a pas envie de passer pour un dictateur aux yeux de ses soutiens occidentaux.

Autre chose et non des moindres, l'épée de Damoclès de la CPI qui plane actuellement dans le ciel politique ivoirien saurait difficilement s'accommoder d'une répression sauvage de l'opposition. Cela ne manquera certainement pas de faire beaucoup de bruits au sein de la communauté internationale qui pourrait être ainsi contrainte au lâchage du Prince d'Abidjan.

A coté de toutes ces observations qui fonctionnent comme des menottes au poignet d'un criminel, il y a la démobilisation que l'on note de plus en plus au sein des soldats FRCI désabusés par des promesses restées sans suite. En somme, le FPI apparaît aujourd'hui comme un os dans la gorge de Mr Dramane.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

 

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L'ESPOIR EST EN PRISON

 

Comme cela peut-être encore possible dans ce pays heureusement, je me suis retrouvé, un matin, dans une enceinte fermée à double tour, avec un ami, pour assouvir notre passion : débattre de politique. Les rues grouillent d'espions et les agoras de joutes politiques relèvent désormais de notre histoire récente.  Au fil de la causerie, mon ami m'avoue que, comme la plupart des Ivoiriens, il porte le deuil de l'arrestation du président Gbagbo. Seulement, il avait espéré que le pays ne perdrait pas au change. Alassane Ouattara est tout de même un nom connu dans les hautes sphères des finances du monde. Son carnet d'adresses devrait être insubmersible pour un petit pays comme la Côte d'Ivoire. S'il réalise, ne serait-ce que le 10ème de tout ce qu'il a promis, on ne devrait pas regretter trop longtemps le Woody de Mama. Mais, finit-il par dire, plus les jours passent, plus la désillusion fait place à ce qui aurait pu être une consolation.

J'ai dit à mon ami que c'est indéniable qu'il y ait eu dans ce pays plusieurs millions de personnes qui, de bonne foi, ont placé l'espoir en Alassane Ouattara. Mais ils ont eu tort ! Et le sentiment de désillusion n'est que le moindre mal. Quand un homme politique doit laisser des traces de progrès dans la mémoire d'un peuple donné cela se remarque dans ses prises de position. Ce n'est pas en distribuant des promesses de milliards qu'on impulse l'évolution à une société. Ce sont des prises de position idéologique, capable de façonner la mentalité des peuples, qui pistonnent le progrès. En France, nous avons De Gaule pour son appel à la résistance, en Inde, Gandhi pour son idéologie de non-violence contre l' impérialisme anglais violent, Luther King aux Etats Unis pour son rêve d'un Etat sans ségrégation, Nelson Mandela pour sa lutte contre l'apartheid, Laurent Gbagbo pour son combat pour la liberté et la démocratie. Quel acte peut militer en faveur de Ouattara dans cette constellation de géants. Les Programmes d'Ajustement Structurel? Le soutien à une rébellion sauvage? La culture de l'emprisonnement des opposants? Les privatisations abusives? Ouattara a-t-il une seule fois montré qu'il est capable de défendre un idéal progressiste? J'ai fini par dire à mon ami que l'espoir du peuple ivoirien est en prison à Korhogo. Prions pour que la descente dans les profondeurs de la déchéance ne soit pas longue.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 73 du mardi 11 octobre 2011.

dimanche, 04 septembre 2011

ILS NE SUIVENT PLUS LA RTI

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Une autre catégorie d'Ivoiriens est née à la faveur de la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire. Cette bonne frange de la population ivoirienne qui n'ose même plus suivre la RTI  version « solution ». Les Ivoiriens ont toujours aimé leur radio et leur télévision. Mais depuis le 11 avril 2011, beaucoup pensent qu'on les leur a arrachées pour leur tendre à la place des chaînes qu'ils ont du mal à suivre.


Par le passé, les Ivoiriens aimaient indifféremment regarder ou écouter les Serge Pacôme Aoulou,  Jésus Kouassi Yobouet, Kaba Taïffour, Ahmed Touré, Eloi Oulaï, Eugène Kacou, Roger Fulgence Kassi, Georges Taï Benson, Yves Zogbo Junior, Pol Dokui, Levy Nyamké...et des émissions, étaient devenues des cultes. Les Mythes et mystères, Podium, Nandjelet, Toukpè, Tempo, Les choses de la nuit, Wozo, Samedi ça me dit, Tonnerre etc...sans oublier les séries brésiliennes de 19h30, se monnayaient difficilement. Il est vrai que chacun avait son 13 h ou son 20 h. Mais passé l'instant de propagande politique qui nous catégorisait en fonction de nos bords politiques, on s'abreuvait tous à la même source d'informations nationales. Il y a eu ceux qui n'aimaient pas les pensées du jour d'Houphouët, ceux qui ont refusé de se mettre à la disposition de Bédié, ceux qui ne supportaient pas le « bon ton » de feu Robert Guéi, et ceux qui n'ont jamais su que Gbagbo ne portait plus de serviette au cou.

Aujourd'hui ils sont nombreux les Ivoiriens qui refusent, sans concession, de savoir  qui passe sur les antennes dites nationales. Ils ne trient plus les émissions, ils rejettent la Télévision de la Communauté Internationale qui s'est masquée sous une RTI orange.

Une anecdote. L'équipe du journal "Aujourd'hui" s'est retrouvée chez une consœur le week-end dernier. Après un succulent repas on a manifesté le désir de suivre les nouvelles du pays. Elle s'est excusée de ne pouvoir satisfaire notre demande. La chaîne nationale n'est plus au programme chez elle. Chez le voisin où elle nous a conduits pour des civilités, le constat était le même. Au fil de la discussion, je me suis rendu à l'évidence, que dans ce cercle d'une dizaine de personnes, chacune d'elles connaissait au moins une dizaine d'autres Ivoiriens qui ne regardent et n'écoutent plus la RTI.

 

Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".

02:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : côte d'ivoire, joseph marat, ils ne suivent plus la rti | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 23 juillet 2011

A PROPOS DES 55 SOLDATS PRO-GBAGBO ARRETES AU GHANA


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«Menace de déstabilisation: 55 ex-combattants ivoiriens arrêté au Ghana», voici le flop qui barrait la Une de certains journaux parmi les plus sérieux de la place le mercredi 20 juillet dernier. N'eut été le souci de booster un peu le moral des ivoiriens qui souffrent déjà suffisamment de la psychose qu'on leur sert quotidiennement depuis le 11 avril passé, on aurait fait comme si ces unes n'avaient pas existé. Mais cela n'a rien coûté pour comprendre que cette prétendue capture de 55 soldats pro Gbagbo au Ghana est un coup de communication mal ficelé autour d'un gros mensonge d'Etat. De sources concordantes il n'en est rien. Les officines de rumeurs se sont simplement remises au travail pour équilibrer quelque peu le tsunami de réprobations qui s'abat sur un régime qui ne sait même pas être dictatorial.

Ce qu'on a voulu faire passer pour un scoop de pointe, n'est en fait qu'une vieille information réchauffée pour la circonstance pour cacher l'incompétence notoire qui caractérise la gestion actuelle de l'Etat de Cote d'ivoire. Selon les sources proches du chef de l'Etat lui-même, les soldats dont il est question, à moins qu'on ne nous serve l'une de ces mises en scène macabres de personnes séquestrées, n'existent pas. S'ils avaient existé, ce qui est probable, la source fait comprendre que se sont les soldats qui avaient été surpris par l'attaque de la coalition international ONUCI-Licorne dès les premières heures de la guerre postélectorale et qui en essayant de traverser la frontière Ghanéenne du coté de Boudoukou ont été presque tous éliminés. Pour ceux qui ont réussi à atteindre le Ghana, il faut qu'ils soient pires que les zozos des rues d'Abidjan pour se promener en grappe avec leurs armes dans les rues d'Accra et se faire cueillir comme des novices.

Alors en attendant que la diplomatie Ghanéenne ne s'actionne elle-même pour démentir cette machination sulfureuse, on s'interroge sur les véritables enjeux de cette information. Les ivoiriens peinent à voir le bout du tunnel avec ce régime qui a érigé les slogans démagogiques en programme de société. Pouvait-il en être autrement ? Quand on a consacré sa vie politique dans l'opposition à comploter au lieu de réfléchir aux véritables solutions sociales de ses concitoyens, on ne peut que leur servir ce qu'on a préparé. Les complots à la place d'un véritable programme de société.

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Les étudiants sont retournés à la terre laissant les cités universitaires à des dozos. Le chômage on n'ose même pas en parler. Avant d'embaucher, On s'accorde un petit mandat de licenciement abusif pour assouvir le désir compulsionnel de régler le compte de ceux qui ont osé gagner leur pain sous le régime Gbagbo. On dit que les soins sont gratuits, mais on n'a cure de savoir que ce ne sont pas les ordonnances médicales qui soignent. Quant à la question sécuritaire, c'est actuellement la foire au banditisme. Il a conquis le pouvoir d'Etat et le premier des soucis c'est l'aménagement des prisons pour y enfermer tous les honnêtes opposants. Pour l'éducation des ivoiriens on a trouvé Kandia Camara... Politiquement la tension est à couper au couteau parce qu'on a décidé d'ériger la vengeance mesquine en programme de gouvernement. Pour ce qui est du développement économique du pays, il faut repasser plus tard. C'est la bérézina pour la Côte d'Ivoire et le jackpot pour la France. Sarkozy, Jupe, Longuet, Fillon sont tous déjà venus. Mais aucun n'a été préoccupé par le sort des ivoiriens. Si ! Ils ont envoyé Fillon pour dire qu'ils renouvelleront la force de travail des esclaves en assurant au moins les salaires.

En somme, avec un projet de société et un programme de gouvernement qui tienne à peine sur 02 feuillets, une équipe constituée de personnes rongées par la myopie intellectuelle, on peut comprendre qu'on ait rien à proposer aux ivoiriens. Mais alors de grâce, les conquistadors de notre jeune histoire peuvent-ils continuer leur commerce triangulaire et laisser les ivoiriens ronger leur frein dans l'attente de leur rédemption?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

vendredi, 22 juillet 2011

LE CYNISME DES IVOIRIENS

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J'ai fait un tour au Plateau, le principal quartier des affaires de Côte d'Ivoire pour voir où nous en étions trois mois après le Kidnapping du Président Laurent Gbagbo. Il était 11 heures du matin et j'avais le sentiment de circuler dans une maison hanté. Les rares ivoiriens que je rencontre dans la rue ont le regard généralement perdu et la circulation si dense à pareille heure était réduite à 50 %. Je refuse de penser qu'on a cessé de travailler en Côte d'Ivoire.

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Alors je m'engouffre dans le bureau d'un ami de longue date au ministère de la fonction publique. Je le trouve grelottant et rangeant ses affaires pour rentrer. « Si tu étais venu 5 minutes plus tard, tu ne m'aurais pas trouvé. » Mais, cher ami il est à peine 11h et demi ! « Ah ! J'ai trop duré, il n'y a personne ici, nous sommes même en train de préparer une grève. » Pourquoi !? « On nous doit deux primes. On s'apprêtait à nous verser la première fin mars dernier, quand le régime précédant a été chassé. Ça fait encore trois mois que nous attendons les primes de mars. Nous allons donc bientôt arrêter de travailler. »

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Mais, avec tout ce qui s'est passé, tu ne penses pas qu'il faille laisser un peu de répit au nouveau chef de l'Etat ? « Quel répit ? Tu sais mon frère, ce n'est pas la première fois qu'on assiste à un changement de régime. Je ne me souviens pas que Bédié ait interrompu de verser les primes des fonctionnaires au lendemain de sa prise de pouvoir. Robert Guéi qui a dit avoir trouvé les caisses vides ne s'est même pas donné un délai de carence. Quant au fils de pauvre, Laurent Gbagbo qui a tout le temps traîné la casserole de l'élection calamiteuse, il n'a jamais prétexté les contrecoups de la rébellion pour interrompre les primes, au contraire, il les a même revalorisées partout.

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Alors pourquoi veux-tu que ce soit l'homme des pluies de milliards qui nous impose un tel traitement ? » Je l'ai fermée. J'ai rarement perçu autant de cynisme dans l'attitude des fonctionnaires ivoiriens. Est-ce la rançon de l'arrogance et de la démagogie ? Je m'interroge.

Joseph Marat


Source : Le blog de Joseph Marat