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mardi, 30 avril 2013

1er MAI 2013: OUATTARA FUIT ENCORE LES TRAVAILLEURS

 

UNE DU QUOTIDIEN LE TEMPS N°2889.jpg


La fête du 1er Mai restera décidément un cauchemar pour Ouattara qui n’aura sans doute jamais le courage de regarder les travailleurs en face. En effet, que pourra-t-il bien leur dire? Qu’il est incapable de régler leurs problèmes? Que son régime n’est pas en mesure de tenir ses nombreuses promesses et les engagements de son gouvernement en dépit de l’atteinte du Point d’achèvement de l’initiative Ppte? Le dictateur ne veut certainement pas vivre l’humiliation d’avoir à balbutier et bégayer devant les travailleurs à qui, il ne saura quoi dire. Sinon que de reconnaitre son incompétence. Aussi Ouattara, après s’être adroitement esquivé le 1er mai 2012, en improvisant à dessein un voyage en France, a encore choisi d’éviter les travailleurs de Côte d’Ivoire en se débarrassant d’eux par la même manœuvre. Il préfère les confier à un Premier ministre sans réel pouvoir. En effet, le mardi 1er Mai 2012, un an après l’arrestation du Président Laurent Gbagbo que les travailleurs et les masses ouvrières de tous les secteurs d’activités regrettent aujourd’hui, Ouattara, prend la poudre d’escampette, laissant les travailleurs de Côte d’Ivoire à un Ahoussou Jeannot Kouadio dépassé par l’ampleur de la tâche.

Des Premier ministres dépassés par l’ampleur de la tâche

Révolté par cette fuite en avant, les centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité et Force ouvrière) refusèrent d’aller perdre leur temps au palais dans une cérémonie qui n’avait plus de sens, du moment que le dictateur avait pris la clé des champs. «Pour éviter la douche froide qui lui était réservée par les syndicats», soupçonne-t-on. Ahoussou Jeannot Kouadio dû donc vivre seul ce désaveu cinglant des travailleurs. «Aucun leader des centrales syndicales en Côte d’ivoire ne s’est senti concerné par le 1er Mai de Ouattara. C’est la célébration des licenciements et du chômage», avaient-ils répliqué. Pour rappeler à Ouattara les vagues de licenciements collectifs, la politique de «rattrape ethnique» dans l’Administration et les entreprises publiques, la hausse du taux du chômage, la flambée du prix des denrées et services, la pauvreté croissante… Zadi Sességnon, le secrétaire général de la Centrale syndicale Force ouvrière (F.O), n’avait pas, nous l’avons écrit, effectué le déplacement du palais, pour commémorer le 1er Mai 2012. Il n’y était pas invité.

De toutes les façons, il ne s’y serait certainement pas rendu. Ses camarades et lui s’étaient plutôt retrouver au siège de la F.O au Plateau, pour un point de presse, ce mardi 1er mai 2012. Pour saluer la mémoire des travailleurs et leurs familles tombées sous les balles lors de la crise postélectorale. Avant de dénoncer la pauvreté organisée que vivent les Ivoiriens. «Nous ne nous sentons pas concernés par ce 1er mai», avait-il dit. Pour marquer son indignation quant au mépris que le régime actuel observe vis-à vis des travailleurs dont les préoccupations sont aujourd’hui royalement ignorées par Ouattara. Le Sg de Force ouvrière avait rappelé: «Les cascades de licenciements à la Sotra, à la Présidence de la République, à la Rti, à l’Agefop, au Port… ainsi que dans le privé, les mauvais aspects de la réforme du système de retraite qui touchent à la Cgrae, aux cotisations à la Cnps et l’inadaptation des lois du travail, la reprise en main de la Mugef-ci par l’Etat alors qu’elle n’était pas en faillite, par l’Etat. L’urgence de préserver les acquis des travailleurs ivoiriens et de se pencher sur les revendications, tout en réglant les problèmes du chômage, des licenciements en masse et de la cherté de la vie». Hélas, pour la commémoration de la fête du travail, le mercredi 1er mai de cette année 2013, le tyran ne changera pas sa façon de fuir les problèmes des travailleurs.

Cette fois, c’est son nouveau Premier ministre, le docile Kablan Duncan, qui va servir de valet du roi dans ce jeu. Le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 24 avril 2013, a déjà annoncé que Ouattara va encore se défiler. «La cérémonie officielle du 1er mai 2013 sera organisée dans les jardins de la Primature à Abidjan, sous la Présidence de Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement. Sont invités à cette cérémonie, outre les travailleurs des cinq centrales syndicales identifiées, les Présidents des Institutions de la République, les membres du Gouvernement, les partenaires au développement, les représentants des partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, les responsables des Administrations publiques etc. A cette occasion, Monsieur le Premier ministre délivrera le message du Gouvernement aux partenaires sociaux». Les mêmes causes produisant les mêmes effets, l’on ne serait pas surpris que «les partenaires sociaux», pour ce qui concerne les travailleurs, après avoir décliné l’invitation d’Ahoussou Jeannot en 2012, donnent la même suite à Kablan Duncan, dans deux jours.

Une mise en scène, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature»

On comprendrait qu’ils ne veuillent pas s’associer à une mise en scène grotesque organisée, pour amuser la galerie, dans «les jardins de la Primature à Abidjan par un pouvoir qui méprise les travailleurs et les jette à la rue depuis sont installation. Dans un contexte où de nombreuses entreprises ont été contraintes de mettre la clé sous le paillasson, en raison de la crise économique à laquelle Ouattara s’avère incapable de trouver les solutions promises. Les travailleurs de Côte d’Ivoire vont-ils boycotter cette année encore la cérémonie officielle du 1er Mai, pour exprimer leur mécontentement à Ouattara? Ce ne sont en tout cas pas les sujets de discorde qui manquent. De nombreux problèmes en suspend qui peuvent s’abattre à tout moment sur la tête de Ouattara : les ponctions illégales sur les salaires des enseignants grévistes, les revendications salariales du personnel de santé, la question de la revalorisation salariale et des avancements indiciaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, la question des redevances et les salaires non payés des agents qui asphyxient les formations et établissements de santé communautaires (Escom-Fsucom) …. Entre autres dossiers urticants. Qui pourraient relancer, si ce rendez-vous du 1er Mai 2013 était manqué, la fronde sociale qui risque de s’engager dans les jours à venir. On le voit, Ouattara qui joue avec l’avenir de la Côte d’Ivoire, fuit les travailleurs. Peut-être se payera-t-il encore un séjour doré à Paris où dans une autre capitale occidentale, avec l’argent du contribuable ivoirien, l’argent des travailleurs a qui, il n’accorde aucun égard. Après avoir vendu illusions sur illusions.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps" du lundi 29 avril 2013.

jeudi, 20 octobre 2011

SUPPRESSION DU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES: BEDIE SE FACHE ET MENACE

 

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Le nouveau locataire du palais a décidé de ranger au placard la Loi n° 2004-494 du 10 septembre 2004, relative au financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle. En effet, pour l'année 2011, les annexes à la loi de finance indiquent qu'aucune ressource n'a été allouée à ce chapitre. Une situation qui n'est pas faite pour plaire aux alliés de Ouattara au sein du Rhdp. En particulier à Henri Konan Bédié dont le parti est l'un des plus grands bénéficiaires de cette manne. Le président du Pdci aurait exprimé dans son entourage sa colère quant à cette décision douloureuse qui le prive des ressources pour faire vivre son parti.

Mieux, il aurait menacé, façon voilée, de remettre en cause certaines clauses du pacte qui le lie au mentor du Rdr dans le partage du gâteau après leur installation au pouvoir. La question qui est en train de fâcher au Rhdp est d'autant plus sensible que l'échéance des élections législatives se rapproche à grands pas. Les temps sont durs et le président Henri Konan Bédié ne semble pas en mesure de casquer des centaines de millions pour soutenir les candidats de son parti aux législatives. De ce fait, ceux-ci pourraient être amenés à se débrouiller seuls pour financer leur campagne.

En fait, cette pilule jugée trop amère n'était pas au programme. Au contraire, les alliés de Ouattara se frottaient plutôt les mains, dans la perspective d'un accroissement de l'enveloppe alloué par le président Gbagbo aux partis politiques, conformément à la loi susmentionnée.

«Là où Gbagbo lui-même qu'on combattait nous donnait de quoi vivre, ce n'est pas Ouattara qui va nous affamer, tout de même !», s'est exclamé, irrité, un cadre du vieux parti. Et cette préoccupation est loin de se limiter au Pdci. cette mesure de suppression du financement sur fonds de l'Etat des partis politiques qui vise surtout à asphyxier le Front populaire ivoirien (Fpi) pour le priver de moyen de survie fait tout aussi bien grincer des dents dans la « périphérie » du Rhdp. Dans les autres partis comme l'Udpci de Mabri Toikeusse et le Pit de Wodié qui s'est « rallié », l'Udcy et le Mfa, on fait grise mine à l'idée que cette oseille ne soit plus qu'un vieux souvenir, un « luxe » des temps Gbagbo que l'on regrette déjà.

Même, au Rdr, le parti de Ouattara, on boude cette mesure qui annonce des jours sans pain pour les partis. Il faut rappeler que ce sont au total 5 milliards de FCFA qui ont été alloués aux formations politiques jusqu'en 2010. Que de regrets. Car, sur ce point, les alliés de Ouattara au Rhdp semblent unanimes sur le fait que « Gbagbo ka fissa ». Ils confessent que « la suppression du financement de partis politiques n'est pas un acte de bonne gouvernance et de rigueur dans la gestion ».

Et que loin d'être une forme de gaspillage des ressources de l'Etat, elle permet, reconnaissent- ils avec Laurent Gbagbo, une meilleure traçabilité du financement des partis et concourt à éviter la mobilisation, par détournement ou par gabegie, de fonds occultes. Aussi Bédié attend-il que le mentor du Rdr revienne à de meilleurs sentiments. A moins que Ouattara permette aux ministres, aux directeurs généraux et autres cadres du Rhdp de mettre en place des caisses noires pour financer leurs partis.

Pendant que le Fpi se retrouvera dans un total dénuement.


K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien « Le Temps » N° 2470 du mercredi 19 octobre 2011.