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samedi, 03 novembre 2012

COTE D'IVOIRE: UN DOZO FRCI ARRETE PAR LA GENDARMERIE AVEC DES RESTES HUMAINS


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Dozo FRCI arrêté par la gendarmerie avec des membres humains découpés (Photo du 02 novembre 2012). 

 

Voici en image, un exemple parmi tant d'autres des actes criminels commis quotidiennement par la milice tribale d'Alassane Dramane Ouattara.

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Dozoland et Dozocratie!

En outre, pas plus tard qu'hier (jeudi 1er novembre 2012, Ndlr), hamed bakayoko, ministre de l'intérieur d'alassane ouattara célébrait les Dozos FRCI: "Notre pays a connu une crise grave. Notre pays a connu la guerre et pendant la guerre, les Dozos ont apporté une contribution à la libération du pays. Je voudrais leur dire merci. On n'a pas honte de reconnaître ça et d'assumer ça parce que c'est la vérité".

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Pauvre Côte d'Ivoire!

 

Source: La page Facebook de La Majorité Présidentielle

 

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Hamed Bakayoko: Aucune évocation du retrait des Dozos de la vie publique ivoirienne


LES MILICIENS ETATIQUES DU REGIME OUATTARA


Hamed Bakayoko parle aux Dozos de Côte d'Ivoire. Il leur demande d'extirper de leur rang les mauvais grains. Ceux là qui "gâtent" le nom des Dozo. Il les a remerciés pour avoir ''contribué à la libération de la Côte d'Ivoire''.

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Koné Zacharia, commandant FRCI et chef Dozo

Il a enfin promis de les faire recenser afin qu'on sache qui est Dozo et qui ne l'est pas. Nulle part, il n’évoque leur retrait de la vie publique comme le réclame les populations ivoiriennes (et leur retour dans leurs pays d'origine et leur aire socio-culturelle et géographique naturelle, le Nord de la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, Ndlr).

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Source: La page Facebook de Steve Beko

Cannibalisme à Duékoué: un Dozo pris avec de la chair humaine


L’horreur. Encore l’horreur à Duékoué, sous les feux de l’actualité depuis la crise postélectorale. Tout porte à croire que le cannibalisme se pratique au grand jour dans cette région où les forces de Ouattara et leurs supplétifs Dozos, qui y font la loi depuis près de deux ans, ont droit de vie et de mort sur les populations.

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Au lendemain de la reconnaissance officielle des dozos par le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, un membre de cette confrérie présentée dans tous les rapports des organisations de défense des droits humains comme étant une horde de hors la loi est tombé dans les filets de la gendarmerie, avec en sa possession de la chair humaine. En provenance de Duékoué, le dozo, selon les informations, se rendait à vélo à Gbapleu quand il a été interpellé, pour un contrôle de routine, par des gendarmes en poste à Pinhou à 10 km de Duékoué. Les gendarmes demandent à voir le contenu de la caisse à l’arrière de son vélo. Quelle ne fut leur surprise ! Ils découvrent des membres humains – des morceaux de bras, avant-bras, pieds… en lieu et place de la viande de brousse que le dozo avait déclaré. Des traces sang frais sont encore visibles sur la caisse.

Le Dozo cannibale dont le nom ne nous a pas été communiqué est détenu à la brigade de gendarmerie de Duékoué. Pour nécessité d’enquête. Cette découverte intervient à la veille de la reprise des fouilles sur les sites de charnier, en présence des experts légistes. Ces sites sont jusque-là protégés par l’Onuci et tout semble fin prêt pour relancer les investigations. Le matériel nécessaire en pareille circonstance a été acheminé et toutes les zones suspectées de contenir des corps humains seront fouillées. Selon les autochtones Wê, les corps enterrés en ces endroits sont ceux des victimes des tueries du camp de déplacés de Nahibly perpétrées par les FRCI et dozos fidèles à Ouattara, au vu et au su des forces de l’Onuci qui ont assisté, indifférentes, à la chasse à l’homme qui s’est soldée par plus de 200 morts, de sources crédibles.

Certaines langues – qui lient la découverte macabre effectuée par la gendarmerie à un éventuel programme d’extermination des autochtones Wê – pensent que les Dozo cherchent à faire disparaitre les traces d’un assassinat.

 

Emmanuel Akani, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

 

Source: EBURNIE NEWS

lundi, 29 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: ALARMANTE SITUATION DES DROITS HUMAINS - 42 PRISONNIERS EXTRAITS DE FORCE DE LA MACA

 

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 Le film du calvaire de Douati et de ses co-détenus

 

42 prisonniers extraits de force et en toute illégalité de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), jeudi dernier, ont été finalement ramenés pour la plupart dans la nuit du samedi à hier, dimanche. Après une pérégrination injustifiée à travers la ville d’Abidjan. Cinq d’entre eux manquent cependant à l’appel.

C’est en effet, au dire de sources pénitentiaires concordantes, le jeudi 25 octobre, veille de la tabaski, aux environs de 15h, qu’une escouade d’éléments de la police militaire de l’ex-chef rebelle Koné Zakaria lourdement armés encercle la Maca. Ils séquestrent le directeur de la prison et les gardes pénitentiaires à qui ils arrachent les téléphones portables. Ils exigent que le directeur leur remette 42 détenus, tous des prisonniers politiques civils et militaires dont l’ex-ministre Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du Fpi chargé du suivi de l’action gouvernementale. Le directeur de la Maca s’y oppose au motif que ces  détenus sont sous mandat de dépôt et qu’ils ne peuvent être extraits de la Maca que sur instruction du procureur de la République. Les  hommes de Koné Zakaria refusent d’entendre raison.

Ainsi, armes aux poings, ils menacent d’exécution le personnel de la Maca y compris le directeur. A 17h, ils embarquent, de force, les 42 prisonniers dont l’ex-ministre Alphonse Douati en direction du quartier général (camp génie) de Koné Zakaria à Adjamé connu comme un camp de torture. Informée, l’opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) y dépêche des émissaires. Sous la pression de ces derniers, les 42 détenus sont conduits à l’Etat-major  des armées au Plateau. Là, les maîtres des lieux refusent de recevoir ces prisonniers parce que, disent-ils, aucun ordre ne leur a été donné sur un tel transfèrement.

Ulcérés, les éléments de Koné Zakaria arrivent, ensuite, avec leur colis humain à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama) situé dans le périmètre de l’Etat-major. Ils engagent des négociations avec les responsables de ce lieu de détention réservé aux militaires afin qu’ils accueillent les 42 prisonniers. Ces derniers leur expliquent que non seulement ils n’ont pas assez de places pour les 42, mais en plus aucun document ne les autorise à les recevoir. Après des conciliabules, la Mama consent finalement à les recevoir. Pas en cellule, mais sous un hangar. Les prisonniers sont tous contraints à se déshabiller en gardant uniquement leurs pantalons ou culottes. Y compris l’ex-ministre Alphonse Douati. C’est donc sous ce hangar, torse nu et sans couverture, qu’ils passeront leur première nuit. Le lendemain, vendredi 26 octobre, ils reçoivent la visite de représentants de l’Onuci, de la Croix Rouge et du Mouvement ivoirien des droits humains (Midh). C’est sur intervention de ces derniers que les 42 prisonniers politiques civils et militaires sont autorisés à se rhabiller.

Le samedi 27 octobre, après une deuxième nuit sous le hangar et toujours sans couverture, Alphonse Douati est ramené dans sa cellule à la Maca aux environs de 14h, selon des sources pénitentiaires. 36 autres le rejoindront plusieurs heures plus tard. Sous le hangar à la Mama, les prisonniers dormaient quand on les a réveillés aux environs de minuit, dans la nuit du samedi au dimanche. Ils ont embarqué dans le fourgon et après un détour à Adjamé, ils ont été ramenés à la Maca où ils ont été remis dans leurs cellules. Pas de nouvelle en revanche des cinq détenus qui n’ont pas regagné la Maca avec leurs codétenus. Aucune raison n’a été avancée pour justifier cette opération qui s’apparente à une tentative d’enlèvement de prisonniers politiques.

 

Didier Depry

didierdepri@yahoo.fr


In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4256 du Lundi 29 Octobre 2012.

jeudi, 01 mars 2012

LA REPUBLIQUE DANS UNE ZONE DE TURBULENCES


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Le Nouveau Réveil se "réveille"-t-il, enfin? Le PDCI-RDA est-il parcouru par un instant de lucidité avec les sorties remarquables du désormais "patriote" KKB? Osons l'espérer avant qu'ils ne deviennent tous comptables du plus grand chaos, en approche, de l'histoire de la Côte d'Ivoire, et peut-être de l'Afrique! Merci, Akwaba Saint-Clair, même si je ne partage pas tous les passages de cet article, notamment les suspicions contre le camp Gbagbo car à cette allure, vous allez (le RHDP) faire encore plus de victimes innocentes, sur la base du simple soupçon et Ouattara finira par lancer un mandat d'arrêt international contre sa propre ombre, à force de se faire peur à lui-même. Et si pour mettre un terme à tout ceci, il envisageait, enfin, une VRAIE réconciliation entre les Ivoiriens? Fernand Dindé.


En dépit des efforts considérables et des moyens colossaux consentis par les autorités ivoiriennes pour remettre la Côte d'Ivoire sur les rails de la normalité, l'horizon politique national demeure encore brumeux, le grand chantier de la réconciliation nationale reste toujours un gros point d'interrogation. Et pendant ce temps-là, les clivages politiques s'accentuent, les tensions sociales s'éveillent, la vie est chère et l'école tarde à retrouver ses marques.

L'Etat a-t-il attrapé un gros rhume ?

L'atmosphère est lourde et cela est bien perceptible à divers égards.

Au plan politique d'abord. Tout se passe comme si le pays est dans l'attente d'une renaissance, comme si nous vivions une trêve, une sorte de transition politique qui doit déboucher sur la mise en place d'un nouveau gouvernement et de la nouvelle Assemblée nationale. Et cette attente impulse un ralentissement général à toutes les activités, à toutes les initiatives. La République semble quelque peu crispée, à commencer par les membres du gouvernement, ceux-là mêmes qui devraient être les catalyseurs et donner du rythme à la marche du pays vers l'avant sont si préoccupés par leur avenir politique personnel que cela crée à leur niveau une espèce de sclérose. Leur attitude semble guidée par une calculette, il faut tout faire pour ne pas se faire virer du gouvernement. Et aussi longtemps que cette situation perdurera, le pays ne retrouvera pas sa vitesse de croisière.

Dans cet imbroglio politique, il y a la situation du Premier ministre Soro qui devra être clarifiée, au plus vite. L'incertitude sur le point de chute de celui qui est annoncé comme partant de la Primature est devenue une source de vive préoccupation depuis que la Cpi a décidé d'ouvrir les yeux sur les évènements antérieurs à la crise post-électorale. Du moins pour le commun des Ivoiriens qui souhaiterait être rassuré.

Par ailleurs, depuis quelque temps, les partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo ne cachent pas leurs intentions subversives vis-à-vis du pouvoir en place. A l'instar de Bernard Doza (in Le Quotidien d'Abidjan du lundi 27 février), ils ébruitent des scénarios visant à renverser les institutions de la République. Et effectivement, ils ne dorment pas. Puisque les plus hautes autorités militaires du pays viennent de révéler, par la voix du Cdt Koné Zakaria, qu'un coup d'État, en voie de préparation à Bonoua, aurait été déjoué il y quelques semaines. De manière périodique, des heurts entre les Frci et la population viennent nous rappeler que les partisans de l'ex-président ont plus d'un tour dans leur sac et que peut-être que les autorités commettent une erreur de les minimiser.

En outre, au sein même du pouvoir, il faut admettre que l'épreuve des élections locales a révélé les plaies cachées du Rhdp. Or, jusqu'à ce jour, aucune initiative appropriée n'a été envisagée ni même étudiée pour essayer de panser ces blessures qui tendent au contraire à s'aggraver.

Tout cela a, bien entendu, des répercussions sur l'économie du pays. Car les opérateurs économiques composent avec la météo politique, c'est connu. Tant qu'on restera dans cette espèce de transition, il sera difficile d'envisager des solutions durables contre la cherté de la vie qui étrangle les ménages et qui en rajoute aux tensions sociales.

De fait, les échéances sont connues. Le gouvernement (le nouveau) ne sera mis en place que lorsque l'Assemblée nationale sera installée début avril.

Pour autant, le pays ne peut sombrer dans cette sorte de somnolence. Il revient donc au chef de l'Etat de libérer les énergies, de donner du rythme à la vie publique, d'insuffler le dynamisme nécessaire, de mettre ses ministres en confiance. Il faut rassurer, remettre le pays au travail.


Akwaba Saint-Clair


Source: LE NOUVEAU REVEIL

mardi, 28 février 2012

RUMEURS DE COUP D'ETAT: OUATTARA PREPARE UNE PURGE AU SEIN DE L'ARMEE

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« Chers parents, comme je suis votre fils, je vous dois la vérité. Je n'aime pas l'injustice et je ne pose jamais d'actes sans preuves. Des gens ici tentent de s'organiser pour déstabiliser les institutions. Quand j'ai été informé, j'ai infiltré le réseau avec des gens. Ceux-ci ont suivi de bout en bout l'opération. Quatre jours avant le coup, j'ai fait arrêter tous les comploteurs. Il y avait d'anciens militaires, des marins et des gendarmes ». Tel est le point fait par Koné Zakaria aux populations de Bonoua après un séjour de plusieurs jours dans la cité. Et quand on sait les raisons inavouées de cette battue dans la ville natale de l'ex-première dame, on peut facilement affirmer que la mission assignée au commandant de la police militaire, a porté ses fruits. Selon le service de communication de la police militaire, il y a eu l'arrestation de plusieurs personnes par le patron de la police militaire dirigée par le «commandant» Koné Zakaria,  accompagné pour la circonstance, de ses hommes. Plusieurs personnes innocentes donc  illégitimement soupçonnées par  l'actuel pouvoir  de vouloir le déstabiliser, sont, sans motif valable, détenus dans les geôles de la police militaire.

Pour  parvenir à ce résultat bien apprécié par ses mandants, il a fallu aux sécurocrates du pouvoir, créer les raisons de la mission de cette police militaire à Bonoua. C'est d'ailleurs cette manipulation de certains collaborateurs de la royauté, qui entretiendraient d'excellents rapports avec  la présidence, qui explique le contenu de leur discours, lequel avait d'ailleurs tout l'air d'une plainte. On s'entendra dire par exemple que le patron de la police militaire a été ''convoqué'' pour non seulement, s'expliquer sur les récentes arrestations opérées dans la cité, mais aussi, pour situer les causes des différents cas de viols, de vols et autres assassinats constatés ces derniers temps dans la ''paisible'' cité. «A Bonoua, nous sommes inquiets. Depuis quelque temps, il y a des viols, vols, enlèvements et assassinats dans cette cité jadis paisible. Nous ne comprenons plus que Bonoua, réputée pour être une ville calme et paisible, baigne aujourd'hui dans l'insécurité. Face à une telle situation, nous avons jugé bon de convoquer notre fils (Koné Zakaria) pour l'entendre ».


Le poisson ayant mordu à l'hameçon, il ne restait plus qu'à  Koné Zakaria qui tenait entre ses mains toutes les cartes pour lancer sa machine de la grande purge au sein de l'Armée nationale, d'agir. Très remonté,  l'homme va lancer des piques  aux parents de Bonoua  avant d'annoncer des actions de grandes envergures indispensables au maintien de la sécurité dans le  pays. « Parlez à vos enfants parce que mon souhait n'est pas d'arrêter des innocents, mais des auteurs des exactions. Je le fais pour  que chaque Ivoirien soit en paix. Je vous demande de donner des conseils aux jeunes. Il faut que la paix revienne définitivement pour que le développement soit possible ».


Le commandant de la police militaire a soutenu avoir arrêté des personnes aux intentions inavouées. « J'ai arrêté un groupe de personnes (militaires) en pleine réunion. Qui préparait une attaque sur la ville de Bonoua et d'autres localités ». Et d'ajouter qu'il est  informé que ces personnes viennent du Ghana, notamment des marins en complicité avec des jeunes de Bonoua  pour perpétrer ces attaques. Il faut souligner que  ce n'est pas seulement à Bonoua que Koné Zakaria a procédé aux arrestations. A Abidjan comme à l'intérieur du pays, le patron de la police militaire a arrêté des civils et des gendarmes soupçonnés de vouloir porter un coup au pouvoir de Ouattara.  Au dire du commandant, Bonoua est devenu le lieu privilégié des exilés d'Accra, des militaires pro-Gbagbo qui y ont installé de nombreuses caches d'armes. Ce n'est pas la première fois que Koné Zakaria fait de telles incursions dans des cités sur délations, le patron de la police militaire s'est déjà rendu dans plusieurs localités de la Côte d'Ivoire à la recherche de militaires, policiers, gendarmes et marins supposés pro-Gbagbo.  A Dabou, Sikensi, Gagnoa, Azaguié, Agboville et Bouaké,  l'ancien Com'zone de Vavoua et Séguéla, a affirmé avoir déniché des soldats qui seraient encore loyaux à l'ancien chef d'Etat en pleine réunion pour préparer un coup d'Etat en Côte d'Ivoire.



Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 156 du mardi 28 février 2012.

lundi, 30 janvier 2012

L'INSECURITE MENACE LA LUNE DE MIEL ADO-SORO


ADO ET SORO 4.JPG

Malgré la nette victoire de son parti aux législatives du 11 décembre (127 sièges sur 254, auxquels s'ajoutent 35 indépendants), Alassane Ouattara demeure obnubilé par la question sécuritaire. Neuf mois après sa victoire sur Laurent Gbagbo, la Côte d'Ivoire n'est toujours pas pacifiée, tandis que l'Etat de droit, porté comme un étendard par le nouveau régime, demeure abstrait pour un grand nombre d'ivoiriens. Inquiété par les comportements des anciens com-zones, davantage concernés par les berlines de luxe que par l'uniforme, ADO n'hésite plus à contourner son premier ministre Guillaume Soro - sécurocrate du pays ayant montré sa capacité toute relative à maintenir l'ordre -, au risque d'assombrir la lune de miel entre les deux hommes. Analyse.

Agacements

Les incidents de décembre ayant opposé les Forces républicaines de Cote d'ivoire (FRCI), composées majoritairement d'éléments des ex-Forces nouvelles (FN), a des populations locales à Vavoua (Centre-ouest) et à Sikensi, au nord d'Abidjan, ont lézardé la relation jusqu'ici bienveillante à la tête de I'exécutif ivoirien. Le 23 décembre, sans avertir son Premier ministre, également détenteur du portefeuille de la défense, le chef de l'Etat a nommé Zacharia Koné - sans doute l'ex-chef de guerre le moins proche de Guillaume Soro - à la tête de la nouvelle police militaire. Cette unité spéciale est chargée de neutraliser les éléments indisciplinés des forces armées. Autre signe d'agacement à l'égard de son Premier ministre, le président Ouattara a ordonné, dans la foulée, au Directeur général du Trésor public, Adama Koné, de bloquer un décaissement d'un milliard de Francs CFA destiné à la primature. Cette somme représente la dernière tranche du budget de souveraineté pour l'année 2011.

Quel avenir pour Soro?

Alors que les ex-FN font la pluie et le beau temps en divers points du pays et "gèrent" certains quartiers d'Abidjan, comme ils l'ont fait durant dix ans dans le Nord, ce contexte pousse ADO à ne pas reconduire Soro à son poste lors du remaniement censé suivre les législatives. "Je ne suis plus convaincu de pouvoir le maintenir", confie-t-il a ses plus proches collaborateurs depuis sa résidence privée de Cocody. Le ministre des Affaires étrangères, Daniel Kablan-Duncan, ou celui de la Justice, Jeannot Ahoussou, attendent déjà leur tour. .. La nomination d'un nouveau chef de gouvernement bute cependant sur le scénario consistant à envoyer Guillaume Soro à la présidence de l'Assemblée nationale. Agé de 39 ans, l'ancien leader de la FESCI, nouvellement élu député de sa ville natale de Ferkessedougou (Nord), ne peut encore prétendre à cette fonction pour laquelle l'âge minimum est fixé à 40 ans. Au final, il pourrait donc être reconduit, mais temporairement, tandis que l'actuel secrétaire général de la présidence, Amadou Gon Coulibaly, voire Tiémoko Yadé, membre du bureau politique du Rassemblement des républicains (RDR), sont pressentis pour décrocher le perchoir.

Neutraliser les frères d'armes

Désormais critiqué au sein du RDR, Guillaume Soro est, par ailleurs, toujours sous la pression des ONG anglo-saxonnes demandant sa comparution devant la Cour pénale internationale (CPI), au même titre que Laurent Gbagbo. Les Etats-Unis et la France divergent fondamentalement sur la question. Si Washington milite pour une comparution à titre de témoin, Paris s'y oppose, jugeant les effets dangereux pour le président Ouattara. Pour rassurer et marquer ses distances avec ses anciens frères d'armes, Soro a réitéré son engagement à collaborer avec la juridiction internationale lors de son déplacement aux Nations Unies à New York, mi-décembre, où il assistait à la conférence des pays membres du traité de Rome instituant la CPI. Devant la nouvelle procureure, la Gambienne Fatou Bensouda, il s'est même dit disposé à ne plus soutenir ses compagnons, et non des moindres : le patron du Groupe de sécurité présidentielle (GSPR), Chérif Ousmane; le commandant des forces spéciales, Losséni Fofana; ainsi qu'Issiaka Ouattara, alias « Wattao », commandant de la Garde républicaine.



Paris, le 5 janvier 2012

Source : La Lettre du Continent N° 626.