topblog Ivoire blogs

jeudi, 12 avril 2012

EN CONTACT DIRECT AVEC LA RESIDENCE BOMBARDEE – GUY LABERTIT RACONTE SON 11 AVRIL

 

GUY LABERTIT - RESIDENCE PRESIDENTIELLE BOMBARDEE.gif

Un an après le «grand choc», Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de longue date du président Laurent Gbagbo, raconte comment il a vécu les heures douloureuses qui ont conduit à la victoire militaire sanglante d'un Alassane Ouattara et de ses troupes soutenues à la fois par les bombes et les chars de l'armée française. Et il évalue le chemin parcouru en un an, sans oublier d'éventrer le mythe indécent du «retour à la démocratie» en Côte d'Ivoire.

 

Le 11 avril 2011 est une journée que vous avez vécue bien évidemment très douloureusement, et en prise directe avec les événements. Vous avez progressivement senti venir l'inéluctable...

J'étais en contact avec des amis très proches qui se trouvaient à la Résidence et qui m'appelaient, notamment pour me faire entendre les bombardements qui avaient commencé sur Abidjan durant la nuit du 4 au 5 avril. Plus les jours passaient, et plus l'étau se resserrait sur la Résidence du président. J'ai eu quelques contacts avec le directeur du protocole d'Etat, Koné Boubacar, le 5 avril, et avec un ami très proche, que j'ai plusieurs fois eu au téléphone, notamment le 11 au matin. Il était sept heures à Abidjan. Selon ce que je savais qui s'était passé dans la nuit, et après les bombardements que j'avais ressenti à travers le téléphone, je lui dis : «Je pense que la Résidence est en partie détruite.» Il me répond : «Ce n'est pas en partie, elle est totalement détruite. Cela brûle même. Moi-même, je n'ai plus d'habit. Je suis en treillis.» Cela a été mon dernier contact avec la Résidence le 11 avril au matin. Peu avant 15 heures en France, les médias ont annoncé l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et de la plupart des gens qui étaient à la Résidence. Je dois dire que j'ai eu un moment d'incrédulité. Je redoutais terriblement - ce qui allait être le cas - l'humiliation dont a été en particulier victime Simone Gbagbo. Ce qui montrait bien que ceux qu'on appelait les chantres de la démocratie ont eu un comportement quasi-animal ce jour-là. En humiliant de cette façon la présidente du groupe parlementaire du FPI. Et en la présentant comme un trophée.

Très rapidement, la nouvelle s'est confirmée. J'ai eu beaucoup de contacts avec les médias qui me téléphonaient, sachant ma relation très ancienne avec le président Gbagbo.  J'ai fait beaucoup d'interviews au téléphone (I-Télé, BFM, Africa 24, TV5, France Info...) Le soir, j'ai été sur un plateau d'I-Télé.

Est-ce qu'on peut dire que le 11 avril, les médias français vous ont ouvert des portes qui vous étaient fermées dans la mesure où tout était terminé et que tout ce que vous auriez pu dire ne pouvait pas changer l'ordre des choses ?

Je dois reconnaître que pendant les jours qui ont précédé, les radios comme RTL, Europe 1, France Inter et France Info m'ont interviewé. Mais je dois dire qu'il y avait des personnes interviewées qui passaient en boucle. Nous, on passait une fois, et puis c'était terminé.

Certains médias comme RFI et France 24 m'ont interviewé à plusieurs reprises et décommandé au dernier moment. Le 10 avril, je devais être l'invité du journal de 13 heures et on m'a annoncé à 11 heures que c'était annulé. Je pense qu'il devait y avoir des pressions, des formes d'autocensure de ces médias à diffuser des points de vue marquant une condamnation de la politique de la France. C'était ça aussi l'enjeu. Et à gauche, nous étions quand même très peu nombreux à condamner cette politique. Il y avait quelques parlementaires comme Henri Emmanuelli et François Loncle. Il y avait aussi des dirigeants du Parti communiste, et moi-même longtemps responsable du Parti socialiste. Et on ne peut pas dire que nos points de vue ont été ignorés, mais c'était une sorte de léger contrepoint au tsunami médiatique diabolisant Laurent Gbagbo et laissant apparaître Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme les chantres de la démocratie.

D'ailleurs, pendant toute l'année qui a suivi, le gouvernement et le président français n'ont cessé de dire que la démocratie avait été restaurée en Côte d'Ivoire. Je crois que pour ceux qui analysent la situation aujourd'hui, on se rend compte que l'opposition est terriblement muselée, que la plupart de ses leaders sont soit en prison soit en exil. D'ailleurs, l'opposition n'a pas participé aux élections législatives. Il y a une forme de retour au parti unique ! Mais on parle très peu de cette situation en France, en Europe, puisqu'on veut rester attacher à cette image fausse de la démocratie instaurée en Côte d'Ivoire avec le départ de Laurent Gbagbo.

Ce n'est pas le moindre paradoxe, puisque c'est précisément Laurent Gbagbo qui a été l'acteur-symbole de l'avènement du pluralisme politique en Côte d'Ivoire et qui a réellement essayé jusqu'au bout de maintenir ce processus. Je me souviens d'ailleurs qu'entre les deux tours, les médias avaient des mots bien doux pour ce fameux débat qui a opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et qui était une sorte de première en Afrique.

Vous avez, quelques jours avant le 11 avril, dit que Laurent Gbagbo n'en sortirait pas vivant. Des propos qui ont inquiété à la fois ses adversaires et ses partisans. Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous teniez ces propos ?

Je dois dire aujourd'hui que des très proches de Laurent Gbagbo m'ont dit alors qu'ils partaient à la Résidence soutenir ce qui allait être un siège : «On ne peut pas faire moins qu'Allende» [le président socialiste du Chili qui a trouvé la mort le 11 septembre 1973 dans sa résidence assiégée par les troupes de Augusto Pinochet, soutenu par les Occidentaux, et qui allait se révéler comme un impitoyable tyran, ndlr]. Je peux dire aujourd'hui que c'est certainement cela qui m'a fait dire qu'il se pourrait que Laurent Gbagbo ne sorte pas vivant de la Résidence. Quand j'ai tenu ces propos, j'ai eu des coups de fil de gens qui n'ont pas compris, et ont dit que je racontais n'importe quoi. D'autres ont pris peur et ont dit : «Il ne faut pas faire de Laurent Gbagbo un martyr.» A partir de ce moment-là, à un très haut niveau politique en France, on a commencé à entendre un discours selon lequel il fallait absolument sauvegarder la vie de Laurent Gbagbo. Lui-même dans ses dernières interviews a dit qu'il aimait la vie, et qu'il ne tenait pas à mourir martyr. Je me souviens que quand j'ai connu Laurent Gbagbo lors de son exil, il m'avait dit : «Guy, tu sais, en Europe, on aime bien la gauche martyre.» Il faisait allusion au Chili. «Moi, je n'ai pas cette vision de la gauche. Je veux moi une gauche qui prend le pouvoir, qui transforme, qui vit».

Mes propos ont été diversement interprétés, mais au fond, ils ont fait prendre conscience que par rapport à l'histoire de la Côte d'Ivoire, faire de Gbagbo un martyr desservirait complètement les puissances occidentales qui avaient voulu le diaboliser.

Le temps est passé. De longs mois sans contact avec un Laurent Gbagbo coupé du monde à Korhogo. Quand vous le revoyez pour la première fois à son procès puis dans sa prison, est-ce que vous vous dites «on a évité le pire, il est tout de même vivant». Qu'est-ce qu'on peut ressentir quand on rencontre son ami qu'on n'imaginait plus revoir en vie ?

Votre question est très forte. J'ai parlé pour la première fois à Laurent Gbagbo le 31 mars 2011. Et je lui ai reparlé le 19 janvier de l'année suivante. Je dois dire que je craignais terriblement l'humiliation. Et c'est cette humiliation qu'on lui fait vivre en le conduisant devant cette Cour pénale internationale (CPI) dont j'ai dit qu'elle ne disait pas le droit puisqu'un an après, on voit bien que lui seul est jugé devant cette juridiction. Lui-même m'a dit en janvier : «Mon épouse et mon fils sont des otages. Celui qu'on veut détruire, c'est moi.» Je crois que cette analyse est très juste puisqu'on voit bien que le procureur Louis Moreno-Ocampo et son adjointe Fatou Bensouda se heurtent visiblement à certaines résistances des autorités ivoiriennes pour d'autres transferts.

Aujourd'hui, Laurent Gbagbo est vivant. Il a dit, devant la CPI le 5 décembre, «nous irons jusqu'au bout». L'enjeu des futures audiences, ce n'est pas seulement le sort de Laurent Gbagbo, c'est la crédibilité de l'institution. Je voudrais faire une remarque : je ne peux pas prendre au sérieux une Cour pénale internationale dont l'autorité n'est même pas reconnue par la première puissance du monde, les Etats-Unis. D'ailleurs, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le traité de Rome instituant cette institution.

Avec le recul d'un an, la mouvance politique que Laurent Gbagbo représente a-t-elle remonté la colline ou est-elle descendue dans les profondeurs ?

Pour répondre à cette question, il faut intégrer une perspective historique. Elu en 2000, Laurent Gbagbo n'a en fait gouverné que pendant dix-huit mois. Il portait un projet social-démocrate, et il s'est attaqué à trois dimensions : l'éducation en la rendant libre et gratuite dans le primaire pour ce qui est des écoles publiques, la santé en faisant voter la loi sur l'assurance maladie universelle, qui n'a malheureusement pas pu être appliquée mais qui a été votée, et la modernisation de l'Etat, avec des élections départementales réussies en juillet 2002.

Il avait donc fait beaucoup de choses en dix-huit mois et je dois dire que le coup d'Etat qui va échouer en septembre 2002 et qui va entraîner une partition du pays et cette crise dont on n'est toujours pas sorti est réalisé alors même que Laurent Gbagbo a mis en place un gouvernement où siègent toutes les forces politiques représentatives, notamment le RDR d'Alassane Ouattara. Contrairement à ce que l'on dit, Laurent Gbagbo chef d'Etat se veut rassembleur, alors qu'on l'a présenté comme un homme qui excluait. Aujourd'hui, un an après, celui qu'on présentait comme un exclu, est en train d'exclure. Il a tenu lui-même des propos assez extravagants sur le «rattrapage». Même s'il nie aujourd'hui ces propos, le constat est évident au regard des nominations et même de la représentation de l'Etat à son plus haut niveau - le président, le président de l'Assemblée nationale, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale sont tous du Nord. Plus que jamais, on a une déconstruction de la Nation. Ce qui a été très grave dans la politique de la France, c'est que n'admettant pas que Laurent Gbagbo gouverne avec son projet, elle a tout fait pour l'exclure du champ politique alors même que lui tentait de bâtir une Nation autour d'un Etat moderne.

Les interventions extérieures ont brisé cet élan et fait revenir la Côte d'Ivoire en arrière.

Aujourd'hui, c'est la «justice des vainqueurs» et un peu «la revanche du Nord» qui sont à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Avec ce qui se passe au Mali en ce moment, on voit que les Nations en construction sont aujourd'hui mises en danger par les politiques conduites par les puissances occidentales. Ce qui se passe aujourd'hui au Mali est la conséquence de la politique de l'OTAN, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis en Libye. En Libye même, l'Etat est déliquescent. Il y a de nouveau l'émergence très forte au plan politique de ce qu'on appelle les «tribus». Et l'une des conséquences va être de déstabiliser le Sahel avec des remises en cause du processus de construction des Nations. Je crois que c'est ce qu'on vit en Côte d'Ivoire aujourd'hui. Il faudra un peu plus de recul historique pour s'en apercevoir.

Assez piteusement, les nouvelles autorités ivoiriennes cassent cette politique de réforme de Laurent Gbagbo. La communalisation a été remise en cause. L'assurance maladie universelle est remplacée par des ersatz de politique sociale. On voit que ce que l'on a présenté comme une restauration de la démocratie en Côte d'Ivoire est totalement faux. Mais le Front populaire ivoirien (FPI) incarne une véritable opposition, notamment à travers son dernier meeting de Yopougon qui a été très sévèrement réprimé. On sent qu'il incarne encore non seulement une forme de résistance, bien que la quasi-totalité de ses leaders sont soit en prison soit en exil mais aussi que se dessinera peu à peu la reconquête du pouvoir. D'autant que le sort de Laurent Gbagbo n'est pas encore réglé. Et l'on sent que malgré toute son ardeur à appliquer la volonté de la France et des puissances occidentales, le procureur de la CPI s'est mis dans un mauvais pas, au point de risquer aujourd'hui de remettre en cause la crédibilité de son institution.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 01 mars 2012

ELLE ETAIT AVEC LUI A KORHOGO DEUX JOURS AVANT SON TRANSFEREMENT – LES CONFIDENCES D’UNE AVOCATE DE GBAGBO

 

LUCIE BOURTHOUMIEUX.jpg

Lucie Bourthoumieux est l'une des avocates du président Laurent Gbagbo. Elle est dans son sillage depuis une dizaine d'années. De passage à Yaoundé, cette femme de droit exerçant en France mais d'origine camerounaise nous a accordé un entretien où elle s'exprime sans détours sur de nombreux sujets. Notamment les derniers jours de Gbagbo à Korhogo et les intrigues liées à son transfèrement à La Haye. Un transfèrement qui nous ramène, selon elle, "à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître."

Comment êtes-vous devenue une des avocates du président Laurent Gbagbo ?

J'ai eu l'extrême honneur de conseiller le président Laurent Gbagbo depuis 2001 à travers un domaine qui est le mien à savoir le droit international des affaires. A l'époque j'avais été approchée par un de ses conseillers car le président, de retour d'une visite de Chine  où il avait visité la zone franche de nouvelles technologies de Fsé,  avait jugé utile d'en créer une pour la Côte d'Ivoire et pour la sous région ouest-africaine. Voilà comment est née la zone franche des nouvelles technologies et de la biotechnologie de Grand-Bassam. Je voulais dire sans m'en vanter que c'est moi qui ai ajouté le thème «biotechnologie» dans le projet. J'ai été honorée d'avoir collaboré avec le président Laurent Gbagbo sur ce projet qui est d'ailleurs l'une de mes satisfactions professionnelles d'autant plus que ce projet a fait l'objet d'une loi qui a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. J'ai donc contribué à la mise en place du VITIB, un projet cher au président Laurent Gbagbo.  J'ai apprécié au cours de l'élaboration de ce projet la dimension humaine du président qui voulait, à travers ce projet, rassembler tous les Ivoiriens. Et j'ai fortement apprécié ses paroles rassembleuses et d'homme de paix.

Vous êtes allés plusieurs fois à Korhogo, lorsqu'il y était détenu, faites-nous un bref résumé de vos rencontres.

Vous savez que je suis avocate donc tenue par le secret professionnel, vous comprenez que très humblement je ne peux m'étendre sur la nature et le contenu de nos échanges. Mais j'ai été impressionnée de voir un mois après les bombardements sur sa résidence, bombardements multiples et répétitifs subis avec sa famille dont un enfant de deux ans ainsi que ses collaborateurs, j'ai été surprise de voir un Laurent Gbagbo sans rancune et qui parlait de faire en sorte de créer des conditions d'une paix définitive en Côte d'Ivoire.

Pour vous, qu'est ce qui s'est réellement passé en Côte d'Ivoire ?

En Côte d'Ivoire, la charte des Nations Unies qui érige comme principe fondamental et inviolable la non-ingérence a été méprisée. Les Nations Unies ne sont pas formées de partis politiques mais d'Etats. Il y a eu donc ingérence en Côte d'Ivoire car la France et les Nations Unies se sont impliquées militairement dans le règlement d'une crise électorale, sapant par là la souveraineté de la Côte d'Ivoire. C'est le principe de non-ingérence qui a été enfreint par le représentant de l'ONU qui s'est arrogé le droit de se prononcer sur le résultat des  élections en Côte d'Ivoire avant le Conseil constitutionnel alors que ces élections ont été financées à plusieurs centaines de milliards par la Côte d'Ivoire elle-même. Pour en revenir au Conseil Constitutionnel dont la décision a été bafouée par la France, je rappelle qu'il est à quelques légères différences près le clone de son homologue français. On a donc piétiné la loi fondamentale ivoirienne en rejetant la décision du  Conseil constitutionnel, en faisant la guerre et en tuant 10 000 Ivoiriens là où le président Gbagbo demandait le recomptage des voix. La communauté internationale s'agrippe à des chiffres et non à des résultats car il n'y a pas eu de PV, ni de décomptes définitifs. Bakayoko Youssouf, de manière solitaire, a proclamé des résultats qui ne reflétaient pas la réalité : voilà ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire.

Abordons l'un des tournants de la crise ivoirienne à savoir la fameuse affaire des «femmes tuées à Abobo» qui fait toujours couler de l'encre, plusieurs mois après. Avez-vous des éléments là-dessus ?

Ces évènements resteront très importants dans la crise en Côte d'Ivoire. Les Ivoiriens, les Africains et le monde entier ont besoin de savoir ce qui s'est réellement passé à Abobo. C'est pourquoi le Président Laurent Gbagbo a demandé une enquête internationale pour situer les responsabilités et la nature des crimes d'Abobo. C'est d'une extrême importance car figurez vous que ces crimes d'Abobo sont à l'origine de la résolution 1975 qui a permis aux Nations unies et surtout à la France de déclencher la guerre contre l'Etat ivoirien. Donc il est très important de savoir ce qui s'est réellement passé. Le président, par l'entremise de son porte-parole, le ministre Koné Katinan, a écrit au secrétaire général des Nations Unies un courrier dans ce sens. Nous savons qu'il en a accusé réception. Donc nous attendons la suite.

On vous sait observatrice avertie de la situation en Côte d'Ivoire, quelles sont selon vous les solutions pour une sortie de crise définitive ?

J'ai une lecture juridique de la situation qui n'épouse malheureusement pas la réalité du terrain. Il s'agit ici de savoir qu'une élection a eu lieu, il y a eu un vainqueur, le Président Laurent Gbagbo. Cela a été confirmé par le Conseil constitutionnel devant qui il a prêté serment et l'a investi. Ce même Conseil constitutionnel a rejeté la prétendue prestation de serment d'Alassane Ouattara qui lui a été signifiée par voie d'huissier. Par la suite le président Laurent Gbagbo a été renversé par une armée étrangère. On ne peut pas faire, comme le dit Laurent Gbagbo, l'économie de la vérité. Il faut qu'on sache pourquoi la communauté internationale a  falsifié  à ce point la réalité à la fois juridique et politique de la Côte d'Ivoire ! On doit le savoir par respect pour ces nombreux morts. Tant que cette vérité n'est pas sue, il n'y aura aucune solution juridique véritable. Maintenant, comme nous savons tous que cette crise est éminemment politique, son règlement doit donc se faire de cette manière. Il est donc évident que dans ce cas, il faut libérer le président Laurent Gbagbo et s'asseoir avec lui autour d'une table de négociation en vue de répondre au besoin légitime de vérité du peuple ivoirien.

Laurent Gbagbo est à La Haye. Vous étiez à Korhogo à la période de son transfèrement, dites nous comment cela s'est véritablement passé ?

J'ai vu le Président Laurent Gbagbo à Korhogo deux jours avant son transfèrement qui, en ce moment-là n'était pas d'actualité. Nous avons fait le point des missions qu'il m'a confiées et je suis repartie. Lorsque le 27 novembre, j'ai été alertée  qu'une chose de ce genre se préparait, j'ai joint la Commission des droits de l'homme de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire qui m'a rassurée que ce n'était pas d'actualité car si cela était le cas, ses cadres auraient été les premiers à en être informés.  Le responsable de cette commission avec qui j'ai discuté m'a rassurée en me disant que c'était impossible et que ce serait une violation flagrante des règles si d'aventure la Commission n'était pas prévenue du transfèrement. Grande fut ma surprise quand j'ai été informée, vers 13 heures, qu'un mandat venait d'être émis pour le transfert du Président.

J'ai tout de suite pensé à l'information que j'avais eue quelques jours plus tôt, selon laquelle Dominique Ouattara et son époux Alassane Ouattara s'impliquaient  personnellement à fond dans le transfèrement du président. Au mépris des avis de plusieurs chefs d'Etat africains, d'anciens chefs d'Etat africains, d'autorités politiques et religieuses que nous avons rencontrées personnellement et qui  privilégiaient la voie du dialogue politique et s'opposaient fermement au transfèrement du Président Laurent Gbagbo. Ce transfert qui est plutôt pour moi une déportation est, comme le dit l'ancien président ghanéen Jerry Rawlings, une humiliation pour l'Afrique. Cela nous ramène à notre histoire parfois récente ou à chaque fois qu'un fils d'Afrique a voulu revendiquer la dignité de son pays ou de notre continent, il s'est vu déporté loin des terres qui l'ont vu naître.

Quelle est la ligne de défense de Laurent Gbagbo aujourd'hui ?

Le président Laurent Gbagbo a déjà donné le ton lors de sa comparution devant la Cour le 5 Décembre 2011. Souvenez-vous de la dernière interview qu'il a accordée le 8 avril 2011 sous les bombes. Alors qu'on tentait de faire  croire qu'il avait abdiqué et reconnu la victoire d'Alassane Ouattra, il a dit en substance : «Je vous dis que j'ai gagné les élections. Le Conseil  Constitutionnel de mon pays l'a attesté. Mon adversaire et ses soutiens internationaux contestent cela, ce qui est absurde car les décisions du Conseil Constitutionnel sont irrévocables. Je demande qu'on recompte les voix.». Voilà la ligne de défense du Président, on y ajoutera qu'au lieu de recompter les voix, on a préféré compter les morts en envoyant  une armée étrangère, à savoir celle de la France faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Sans déclaration de guerre officielle. A ce sujet je suis certaine que les vaillants officiers de l'armée française sont aujourd'hui dans leurs petits souliers, eux qui ont enfreint le code de l'honneur militaire en tirant dans le dos de la Côte d'Ivoire sans sommation ni déclaration. On s'est abrité derrière la résolution 1975 pour faire la guerre à un Etat alors que cette même résolution exigeait et exige toujours la neutralité des forces dites impartiales et la protection des civiles. Or il y a eu 10 000 morts qui sont la conséquence du mépris de Nicolas Sarkozy pour le peuple ivoirien.

Aujourd'hui que faites-vous exactement pour contribuer à sa libération, étant donné que ce n'est pas vous qui plaidez à La Haye ?

Ce dossier ivoirien a tellement de ramifications qu'il ne peut se contenter justes des codes de procédures conventionnelles. Il y a plusieurs aspects qui entrent en ligne de compte et souffrez que je n'en dise pas plus. Nous travaillons et nous avons l'entière confiance du président.

L'Union Européenne vient de dégeler les avoirs de plusieurs pro-Gbagbo, bonne nouvelle ?

Oui c'est une très bonne nouvelle. D'ailleurs j'avais reçu à mon cabinet la notification des conseils de l'Union Européenne et je me suis empressée d'annoncer la bonne nouvelle aux intéressés. C'est une décision administrative. Reste donc à savoir sur quels critères ces personnes ont été choisies car nous avons envoyé plusieurs requêtes et nous voulons savoir pourquoi un tri a été opéré.  Cela crédibiliserait l'Union Européenne de prendre en compte tous les prisonniers du régime Ouattara.


Propos recueillis par Marc Blanchard K. au Cameroun.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 02 décembre 2010

INTERVIEW DAMANA PICKASS : "LE MODE OPERATOIRE DE LA CEI A ETE VIOLE"


DAMANA PICKASS 2.jpg

Commissaire de la Commission électorale indépendante (CEI) représentant le camp de Laurent Gbagbo, Damana Adia Pickass a physiquement empêché, mardi en début de soirée, le porte-parole de l'institution, Bamba Yacouba, de proclamer les résultats provisoires de l'élection présidentielle dans plusieurs régions. Il s'explique sur son geste dans une interview exclusive à jeuneafrique.com.

Jeuneafrique.com : Vous êtes intervenu physiquement pour arrêter la proclamation d'une partie des résultats provisoires par le porte-parole de la CEI, Bamba Yacouba. Pourquoi ?

Damana Adia Pickass : Je suis venu simplement pour mettre fin à une pratique qui devenait courante à la CEI. Une institution ne vaut que par ses règles qui la régissent. Or le mode opératoire pour la proclamation des résultats à la CEI a été violé. Il était important que nous puissions le signaler et interpeller non seulement les membres de la Commission centrale, mais aussi l'opinion nationale et internationale. Notre volonté n'est pas d'empêcher la proclamation des résultats.

De quelle manière le mode opératoire de proclamation des résultats a-t-il été violé ?

Nous travaillons de façon consensuelle. Quand le superviseur d'une région arrive, il fait d'abord consolider son travail (les résultats de sa localité) par la Commission centrale. C'est à l'issue de cette consolidation que le scrutin est validé dans cette localité et que le porte-parole de la CEI est autorisé à rendre les résultats publics. Dans le cas d'espèce, nous avons effectivement travaillé sur un certain nombre de localités qui ont été validées, tandis que d'autres n'ont pas fait l'objet d'un consensus. Il y avait des divergences. Nous souhaitions que sur ces localités, la réflexion soit approfondie avant de donner un verdict final.

De plus, nous n'avons pas été informés auparavant de la proclamation de ces différents résultats. La veille, un coup similaire avait été orchestré par les mêmes individus en ce qui concerne la proclamation des résultats de la diaspora, qui s'est faite à l'insu de la Commission centrale et au mépris des règles fixées.

Quelles sont ces localités qui vous posent problème ?

En fait, toutes les régions CNO [Centre-Nord-Ouest, contrôlées par les Forces nouvelles, NDLR] posent problème. Tous les rapports que nous avons ont signalé que la procédure de vote n'a été ni sincère ni transparente. À partir de ce moment, nous demandons aux superviseurs de nous faire un rapport sur l'environnement qui a prévalu dans ces zones.


Source: Jeune Afrique

Source: Le Blog de Claudus

mercredi, 01 décembre 2010

RESULTATS DU 2ème TOUR: TENTATIVE DE FRAUDE ET DE PASSAGE EN FORCE DU RDR

 

DAMANA PICKASS.jpg

Le président Gbagbo, toujours en tête des intentions de vote, tient le bon bout. La situation à la CEI est la suivante : Youssouf Bakayoko est pris en deux feux, les ultras du RDR qui veulent annoncer les résultats avec la fraude massive organisée par ADO, d'un coté, et les modérés du RHDP qui contestent cette fraude.

La preuve en est que Bamba Yacouba, affilié RDR, aurait tenté un coup de force pour proclamer, malgré tous, ces résultats totalement erronés, auprès de la presse étrangère. Heureusement, la vigilance des représentants LMP au sein de la CEI a permis de déjouer l'action malintentionnée de monsieur Bamba.

A ce propos, nous tenons à rappeler à tout un chacun que seuls les résultats proclamés par la CEI sur la chaine nationale Ivoirienne (RTI) et confirmés par la Cour Constitutionnelle sur cette même chaine sont à prendre en compte.

DAMANA PICKAS a agit en héros en refusant catégoriquement que Yacouba Bamba annonce des résultats non validés par les représentants des 2 parties.

Yacouba Bamba a essayé de réitérer l'acte frauduleux qu'il avait déjà posé la veille, en annonçant les résultats de la diaspora, sans qu'ils aient été validés par les représentants

Il a fait valider quatre résultats : ceux de l'Agnéby, du Sud Comoé, du Moyen Comoé, et des Lacs. Contre toute attente, il décidé de lire des résultats inconnus de tous et qu'il révèle juste avant de prendre l'antenne. Damana Pickass a donc préféré le scandale, même involontaire, au mensonge et à la fraude.

NON A LA FRAUDE !!!

Face aux tentatives de déstabilisation du scrutin, expulsion des représentants LMP des bureaux de vote, séquestration de ministres de l'Etat de Cote d'Ivoire, le département juridique du LMP a déposé très tôt hier matin (30 novembre 2010), un dossier de contestation des résultats dans les zones CNO, auprès de la CEI et  auprès du représentant spécial du secrétaire général de l'Onu en Cote d'Ivoire, monsieur Choi.

La Majorité Présidentielle demande, comme cela a été fait en France, suite a des violences dans les bureaux de vote, l'invalidation des résultats des zones CNO concernées. Cela a donc créé un débat interne houleux au sein de la CEI, détenue a 90% par le RHDP... Pour le moment donc, le candidat Laurent Gbagbo  est toujours président de la République et toujours en tête des intentions de vote.

Nous devons également signifier que les élections actuelles concernent l'élection du président de la République de Cote d'Ivoire. Toutes déclarations auprès des chancelleries et de la presse internationale sont nulles et non avenues et ne sont que des rumeurs infondées. Elles ne concernent ni le peuple de Cote d'Ivoire, ni la Cote d'Ivoire elle même.


Sources: BTM et Le Blog de Claudus


---------------------------------------------------------------------

 

 

Que s'est-il passé à la CEI? Pourquoi Damana Pickass a t-il déchiré les documents du porte-parole de la CEI?


Les observateurs internationaux et Nationaux chargés de superviser le second tour des élections présidentielles sont unanimes : le processus démocratique tant souhaité est fortement mis en cause et la crédibilité du vote dans certaines  régions (à Korhogo, Bouaké, Garango, Séguéla, Tortiya, Mankono, Madinani, Touba...) est fortement entaché et ne réponds pas aux critères et normes d'une élection libre, transparente et équitable» :

Séquestrations et tueries d'agents électoraux, membres de La Majorité Présidentielle empêché d'être dans des bureaux de vote, votes multiples, voles d'urnes, ouverture tardive de lieux de vote, urnes transportés à vélo (Touba) ou par des rebelles sans les agents de la CEI, consignes de vote dans certains bureaux, agents électoraux contraints à signer et valider de faux PV ,  ect...

Ce dimanche 28 novembre 2010, au quartier général de campagne de la majorité présidentielle, Mr Pascal Affi N'Guessan, porte-parole du Candidat Laurent Gbagbo, a animé un point de presse pour faire un bilan partiel du second tour de l'élection présidentielle. « Il se dit inquiet de la volonté manifeste du Rhdp de perturber et de frauder ». Surtout dans les zones Centre-Nord-Ouest, encore sous contrôle de la rébellion.

Il avait raison au vue des conclusions publiées par les différents observateurs internationaux SUR LE TERRAIN. Des incidents moindres ont conduits la CEI (Commission Electorale Indépendante) à annuler les résultats du vote pour toute la diaspora Française : ce qui suppose qu'après analyse de la gravité de la situation dans les zones incriminées en Côte d'Ivoire, le recours en annulation demandés par La Majorité Présidentielle sur certains résultats devrait être pris en compte. Qu'en est il a ce jour ? On n'en sait pas grand-chose.

Toutefois, un « événement » au sein de la CEI vient d'ouvrir une brèche :BAMBA Yacouba Le porte parole de la CEI décide unilatéralement ( ?), de venir sur le plateau de la CEI avec des chaines de télévisions internationales (France 24...et non retransmis en Direct sur la RTI comme cela se fait depuis le 1er tour), publier des résultats provisoires. Il se fait arrêter dans son élan par Damana Adia Pickas, Superviseur Régional de la Commission Electorale Indépendante (Cei) pour le compte de la majorité Présidentielle... Stupeur !!! Scandale pour certains !!!

Mais l'acte de Pickas est plus que judicieux à la lecture des circonstances de ce véritable Hold up électorale.

En effet Mr BAMBA Yacouba s'apprêtait à proclamer des Résultats non validés par la commission centrale, sans informer les commissaires, mais surtout sans l'aval de la CEI : POURQUOI ?

Il convient de rappeler que BAMBA Yacouba avait agit de la sorte hier lors de la proclamation de certains résultats de la diaspora ; il a été rappelé à l'ordre et s'est même excusé auprès de la commission centrale par la suite. Alors pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi remet-il cela cette nuit ?


Vidéo sur facebookActe Héroïque de Damana Pickass

Vidéo sur youtube: Acte Héroïque de Damana Pickass


Source: Le Blog de Claudus