topblog Ivoire blogs

mardi, 03 novembre 2009

MAMADOU KOULIBALY: LE CRI DU COEUR D'UN IVOIRIEN QUI EN A MARRE

Mamadou-koulibaly-bibliothque[1].jpg

Le président Mamadou Koulibaly en a ras-le-bol. La crise ivoirienne n'a que trop duré. Il propose des voies de sortie pour aller vite aux élections, seule barrière sur le chemin des ivoiriens dont le pays est, à bien des égards, absolument méconnaissable. Une sortie insolite qui a laissé les thuriféraires de la Galaxie Patriotique pantois. Une sortie qui n'est pourtant pas dénuée de tout sens, loin s'en faut! Quand on veut la paix, on en paye le prix. Mais tous les prix sont-ils payables? S'interrogent bien de patriotes. Le président Mamadou Koulibaly a tenu un discours totalement inhabituel, pour ceux qui connaisse l'homme. Mettant à mal le camp présidentiel tout entier. Faut-il le brûler au feu? Faut-il suivre la voie qu'il recommande sans avoir l'air de se renier et d'avoir renié toute la lutte? Je retiens toutefois que ce laïus est le cri désespéré d'un ivoirien épuisé et qui veut voir son pays avancer et s'occuper des seuls dossiers qui en vaillent vraiment la peine: ceux du développement et du bonheur social des ivoiriens!

Je vous propose, ci-dessous, l'intégralité du discours de Koumassi du président Mamadou Koulibaly, invité de l'Association EBOYEKOUN de Béoumi, un discours qui laisse à réfléchir!

 

Cette cérémonie d’aujourd’hui permet au grand public de Béoumi résidant à Abidjan de constater qu’une présidente est partie et une autre arrive. L’association Eboyekoun vit. Nous allons investir la nouvelle présidente afin qu’elle puisse travailler dans l’intérêt de l’ensemble des membres. Que Béoumi et toute la Côte d’Ivoire puissent bénéficier de ce travail. Aujourd’hui on est avec la présidente koffi Adjoua et ses sœurs. Merci de l’occasion que vous nous donnez pour célébrer l’union, la fraternité et le travail. Merci au gouverneur Amondji d’être venu. (…) s’il y a le reste des aides qu’il apporte aux communes, il ne faut pas qu’il oublie Agboville et Azaguié. (…) merci au commissaire divisionnaire Goly, merci aux députés qui sont venus, je n’oublie pas le conseiller économique et social Diabaté Bê. Merci à tous. Ces femmes essaient chacune à sa façon de faire ce qu’elle peut pour le développement de leur région, il faut les encourager. Le fait qu’elles s’entendent déjà est un pas positif. Les hommes d’Abidjan doivent aussi faire comme ces femmes. Entre les populations, les palabres doivent finir. Les méchancetés et les guerres doivent finir. Les chefs qui sont là doivent donner les conseils qu’il faut pour cela. Merci à tous.

Le ministre Amani N’Guessan dit qu’il y a beaucoup de problèmes à Béoumi. Pour les résoudre, il faut que ce qu’on gagne à Abidjan soit beaucoup. Or les temps sont durs à cause des palabres. Cela fait huit ans que ça dure. Nous sommes tous pressés que ça finisse et qu’on commence à faire la paix. Ce qui nous barre la route qui mène à la paix, ce sont les élections. Avant ces élections, il y a la liste électorale. Si on finit avec cette liste, nous irons au vote et celui qui gagne va travailler pour le pays. 5 ans après, si celui-ci travaille bien, on va encore voter pour lui. S’il ne travaille pas bien, on va voter contre lui. On nous a dit que la liste provisoire est préparée. Mais, ce n’est encore affiché. Or, il faut le faire pour que chacun aille voir si son nom y est inscrit. Mais, on a un gros problème là-bas. Quand on a établi la liste, on a trouvé qu’il y a 2, 752.000 personnes dont les noms ne se retrouvent sur aucun ancien fichier de la Côte d’Ivoire. Le président a demandé qu’on aille fouiller encore. Ils sont allés trier et ils pu repêcher 900.000 personnes. Il y a des fautes de frappe sur les noms et sur les dates de naissance. Si je dis que je m’appelle Kouamé Kouakou et je dis que mon père est né en 1918 alors qu’il est né en 1919, si on cherche Kouamé Kouakou avec un père qui est né en 1918, on ne le retrouve pas. On a corrigé cela. Maintenant, il reste 1.900.000 personnes. On ne sait pas comment on va les traiter. Certains disent que ce sont des fraudeurs et des étrangers. On ne sait pas. A trois millions, on a fouillé et on a pu trouver des Ivoiriens dedans. Si on fouille bien, on va encore trouver des Ivoiriens. Si on ouvre les plaintes, Adjoua va dire que tel n’est pas ivoirien, lui , il prétendra le contraire. Le monsieur ira chercher des papiers pour venir se justifier. Cela peut déboucher sur des palabres entre Adjoua et la personne qu’elle accuse. Ce genre de palabres, on se connait, divise, et c’est ce qui a divisé la Côte d’Ivoire.

Les rebelles disent qu’ils ont pris les fusils à cause de papiers. Or jusqu’à aujourd’hui, les rebelles n’ont pas déposé les armes. Va-t-on continuer avec ces problèmes de papiers sans les résoudre ? Si on va aux élections dans ces conditions, est-ce qu’on aura la paix après ? Si on déclare que Mamadou est sur la liste et qu’Amenan dit que Mamadou n’est pas ivoirien et qu’on doit l’enlever du listing, c’est sûr que Mamadou ira chercher ou fabriquer des papiers pour se défendre. Si on dit que ses papiers ne sont pas bons et que Mamadou est écarté, il ira s’asseoir à la maison mais il ne sera pas content. Alassane Ouattara lui seul, il n’était pas content et cela nous envoyés la guerre de 2002 à maintenant 2009. Si aujourd’hui, on dit que 1.900.000 personnes sont pas ivoiriennes, vous voyez ce que ça peut donner. Pour un seul cas, on est là depuis 2009, imaginez-vous le temps qu’on mettra pour tout ce monde. Comment allons-nous sortir de ce problème ? A l’indépendance, Houphouët a identifié le problème. Il a proposé la double nationalité. Les députés d’ici ont refusé et Houphouët n’a rien dit. Il a laissé la situation comme cela. Ce problème nous a rattrapés aujourd’hui. Va-t-on laisser cette situation perdurer et le léguer à nos enfants ? Et dans 10 ans, ils vont continuer les palabres. Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye qu’on se dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi ; peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre. Et nous, on continue tranquillement notre histoire. Ça va être très dur à accepter pour certaines personnes. Mais à dire vrai, s’il est ivoirien cela nous enlève quoi ? Cela ne nous enlève rien. Si on demande à chacun d’aller chercher ses papiers on ne finira pas. ? Comment allons-nous procéder puisqu’il n’y a pas la gendarmerie, la police et les tribunaux sur l’ensemble du pays actuellement. Dans ce débat, celui là est ivoirien et l’autre ne l’est pas, on ne s’en sortira pas. Même ici à Koumassi, moi-même j’ai eu des problèmes lors de l’enrôlement. Imaginez-vous à Tengrela, Bouna, Korhogo où il n’y a ni police ni gendarme ni militaire. Qui va protéger qui ? Si vous dites que tel n’est pas ivoirien, il prendra sa machette et vous sortirez la vôtre. On apprendra qu’il y a eu 25 morts à Tengrela. C’est 25 vies de perdues. Est-ce qu’il n’est pas temps de réfléchir. On les prend tous, on organise les élections et continue de construire notre pays avec les écoles, les routes, les hôpitaux…

Lire la suite