topblog Ivoire blogs

lundi, 28 octobre 2013

DEMAIN MARDI 29 OCTOBRE, SI LA CPI EST UNE COUR DE JUSTICE, GBAGBO DEVRAIT ETRE DEHORS!


LAURENT GBAGBO. DEBOUT A LA CPI.jpg


Le mardi 29 octobre 2013 à 09h 00 (heure locale de La Haye) et 11h00 GMT (Abidjan, Côte d'Ivoire), l'audience sera publique et retransmise par vidéo en direct sur le site de la CPI.

Normalement, étant donne que les preuves sont insuffisantes pour un procès, la CPI ne peut plus et ne doit plus garder Gbagbo a La Haye et a le choix entre 2, seulement 2 options, à savoir: ou le non-lieu, ou la liberté provisoire. Dans un cas comme dans l'autre, Gbagbo devrait être DEHORS...

Normalement, il n'y a plus de raisons qu'il soit gardé a La Haye. A moins qu'on tienne compte de critères occultes. Et, de ce point de vue, la CPI ne serait plus une cour de justice, mais un instrument aux mains et au service des impérialistes de la communauté internationale utilisant des Africains comme Alassane Ouattara contre les peuples africains.


Léandre Sahiri, Ecrivain.

dimanche, 01 septembre 2013

INTERVIEW DE LEANDRE SAHIRI: «C’EST UNE ABOMINATION QUE D’IGNORER LE CODE NOIR»

 

LEANDRE SAHIRI.jpg

 

Léandre Sahiri est professeur de Littérature, critique littéraire, et écrivain intéressé spécifiquement par la promotion des valeurs humaines. Titulaire d’un Doctorat ès Lettres de l’Université de la Sorbonne (Paris), il a enseigné la littérature française, les techniques d’expression écrite et orale, la littérature francophone…, dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d’Ivoire et au Canada. Précédemment, il a été Chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), au Canada, et Enseignant à l’Université de Cocody et à l’ENA d’Abidjan, en Côte d’Ivoire... Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues. Actuellement, il est Directeur de publication du journal libre et indépendant « Le Filament » et l’auteur de divers articles, préfaces et livres, dont « Le Code noir de Louis XIV » publié aux Editions Menaibuc à Paris. Léandre Sahiri est interviewé par le journaliste Serge Grah.

«Le code Noir de Louis XIV» est le titre du livre que vous venez de publier aux Editions Menaibuc en France. Et, vous dites dans l’avant-propos: «Je rêvais d’écrire ce livre». Quel est l’enjeu qui sous-tend la publication de cet ouvrage ?

Léandre Sahiri : L’enjeu qui sous-tend la publication de mon livre « Le Code Noir de Louis XIV » comporte un triple aspect. Le premier aspect, c’est que beaucoup d’Africains se demandent souvent pourquoi, malgré ses richesses incommensurables l’Afrique va mal et demeure sous-développée ? On entend souvent les gens se demander pourquoi les Noirs sont généralement les plus défavorisés dans la vie ? Et puis, beaucoup d’entre nous s’adonnent à l’autodestruction, allant jusqu’à conforter les autres dans leurs préjugés de mépris sur les Noirs. Par ailleurs, quelles que soient leurs zones de vie et leurs valeurs intrinsèques, quels que soient leurs degrés de réussite, les Noirs sont vilipendés, brimés, dénigrés, discriminés… pourquoi ? Les Noirs n’ont pas la force de construire ensemble dans leurs riches diversités, ni d’entreprendre ensemble dans la complémentarité, ni de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres ; de même, nos organisations ne sont ni manifestes, ni fiables, pourquoi ? Sommes-nous maudits, à jamais condamnés ? Comment faire et que faire pour nous en sortir, pour ne pas laisser perdurer ces états de servitude ? Etc. Moi, en tant que chercheur, j’ai mis tous mes efforts à trouver des réponses à ces interrogations. Et c’est après avoir lu le Code Noir que j’ai trouvé quelques éléments de réponse à nombre de ces questions brûlantes... Le deuxième aspect, c’est que, en Occident circule une thèse selon laquelle, seuls les Africains sont responsables de la « traite négrière ».

Que disent  les tenants de cette thèse?

Léandre Sahiri : Pour les tenants de cette thèse, ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères et, que les Européens n’ont eu, au bout du compte, qu’un rôle exclusivement passif. On va même quelques fois jusqu’à mettre sur le même plan, l’esclavage que pratiquèrent jadis les Africains, les trafics négriers que développèrent les Arabes, et le commerce triangulaire (réglementé par le « Code Noir ») qu’instituèrent les Européens, en englobant les trois, sous le même vocable : la traite. Et qui, dit-on, avec chiffres à l’appui, a généré plus d’esclaves et a été plus horrible que la traite européenne. Il s’agit là, comme dit Serge Bilé, d’un « révisionnisme dangereux » qui n’a pas manqué de susciter ma curiosité et qui m’a fait penser qu’on n’a pas encore tout dit sur l’esclavage, du moins qu’il restait encore des zones d’ombre à éclairer... Le troisième aspect concerne l’abolition de l’esclavage et sa commémoration. Le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai dernier, a donné lieu, ici et ailleurs, à de multiples commémorations et célébrations. Vous savez aussi que l’abolition de l’esclavage en 1886, était censé marquer l’avènement de la réintégration des « hommes et femmes de couleur » dans la famille humaine d’où ceux-ci avaient été éjectés, plusieurs siècles durant, par l’esclavage, qui fut institutionnalisé, réglementé par le Code Noir promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France. Cependant, force est de reconnaître que, malgré cette abolition, l’esclavage, demeure encore de nos jours une réalité. En effet, des millions d’enfants, d’hommes et de femmes en sont encore victimes à travers le monde, sous des formes diverses.

C’est donc là ce qui vous a poussé à écrire «Le Code Noir de Louis XIV»?

L S : En effet, l’intérêt de mon livre c’est de faire connaître le contenu du Code Noir, pour comprendre notre humaine condition, pour appréhender les subtilités des relations Nord/Sud... En fait, il s’agit de montrer comment et pourquoi le Code Noir a été conçu. Il s’agit également et surtout d’en dévoiler la face cachée et de mettre en lumière ses incidences et ses influences dans nos vies quotidiennes aujourd’hui.

Alors, qu'est-ce donc que le Code Noir, dans ses principes et dans son fonctionnement?

L S : Le Code Noir est un recueil de lois. En un mot, une réglementation. Et cette réglementation concerne spécifiquement l’esclavage des Africains noirs. Elle comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles transmissibles et négociables » (Article 44). Autrement dit, dès lors qu’on est un homme de couleur, comme ils disent, on n’est ni plus ni moins qu’un objet dont les Occidentaux peuvent et doivent disposer, à loisir, pour leurs commodités et leurs besoins. C’est ce principe-là du Code Noir qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui aujourd’hui sous-tend la Françafrique.

Quel intérêt y avait-il à codifier l’esclavage des Noirs?

L S : C’est que le Code Noir constitue le socle pour faire des Noirs, en toute bonne conscience, les outils de travail, les instruments de production, les produits marchands des Français. Il a été promulgué, pour qu’il existe désormais, à l’image de la Bible ou du Coran, un document de référence incontournable, qui institutionnalise l’esclavage des Noirs. Le Code Noir a donc été conçu comme un document juridique qui rend légitime et normal le commerce des Noirs, étant donné que le Noir est défini, dans le Code Noir, d’abord comme une chose domestique et ensuite comme une marchandise. Et donc, comme tout objet de commerce, le Noir pouvait être soumis aux lois du marché. Codifier l’esclavage légiférait que, dès lors, il n’y a ni crime, ni délit au négoce des Noirs.

Dans quel contexte historique et politico-économique « le Code Noir » a-t-il été rédigé?

L S : Les raisons sont d’abord d’ordre économique. On sait qu’après avoir bâti de toutes pièces et de toute beauté le Château de Versailles et l’Hôtel des Invalides, après les multiples guerres pour étendre la suprématie de Louis XIV sur le monde, la situation économique de la France était bien critique et, partout en France, il y avait la misère et des révoltes. Et, c’est justement cela qui a conduit les Français, non seulement à promouvoir, à une très grande échelle, le commerce triangulaire des esclaves noirs, mais aussi et surtout à l’organiser et à le codifier. Car, après étude, l’on a trouvé que c’est là que résidait véritablement le salut de la France. Jean Baptiste Colbert disait, à juste titre : « Il n’y a aucun commerce dans le monde qui produisît tant d’avantages que celui des Nègres. Il n’est rien qui contribuerait davantage à l’augmentation de l’économie que le laborieux travail des nègres »...

Est-ce seulement pour des raisons économiques qu’on a eu besoin de réglementer le commerce des Noirs?

L S : Bien sûr que non ! A ces raisons commerciales évidentes, s’ajoutent d’autres raisons d’ordre démographique : il s’agissait à cette époque de limiter la puissance des Noirs, laquelle puissance résultait de leurs ressources incommensurables, de leurs activités débordantes et de leurs grandes forces de travail. En effet, à cette époque, les Africains étaient trois fois plus nombreux que les Occidentaux. Il y avait donc une puissance latente présageant la suprématie des Noirs sur les Blancs durant plusieurs siècles. On avait donc perçu cela comme une menace, voire un péril. Le professeur Elikia M'Bokolo a démontré clairement qu’au début du commerce triangulaire, l'Afrique n'était pas un continent inférieur à l'Europe. M'Bokolo a aussi démontré que l'ordre mondial de cette époque n'était pas une donnée naturelle, mais historique et culturelle. De ce fait, il est impossible de nier que la déstructuration provoquée par l'esclavage a été très grave et très profonde, et d’ailleurs, les conséquences sont encore visibles aujourd'hui... Et puis, aux considérations commerciales et aux préoccupations d’ordre démographique dont je viens de parler, s’ajoute également les préoccupations d’ordre politique : le souci capital de renforcer le pouvoir central, d’étendre le pouvoir de Louis XIV sur le monde entier. Il y a aussi des raisons d’Etat, à savoir : garantir la sécurité publique par la suppression des révoltes, des attentats et insurrections fomentés par les « Nègres marron » et quelques Noirs instruits dans la langue et la culture françaises. Et puis, il y a enfin les raisons religieuses : le préambule et les dix premiers articles du Code Noir tendent à proclamer et à imposer la primauté, voire la prééminence de l’église catholique, apostolique et romaine en France et dans le monde.

Que pensez-vous des arguments bibliques auxquels certains évêques et prêtres se sont référés pour légitimer l’esclavage?

L S : Ces arguments n’ont aucun fondement, quoique s’appuyant sur la Bible. Il faut préciser que les évêques de l’époque étaient non seulement nommés par le Roi, mais aussi et surtout, ils étaient à la charge du Roi et donc acquis, par redevance, à sa cause. De plus, leur niveau d’instruction était tel qu’ils n’avaient pas assez d’éléments pour s’élever au-dessus de certaines contingences intellectuelles ; par exemple, ils se trouvaient incapables d’expliquer ce que signifie « être fait à l’image de Dieu ».

Vous parlez du «Code Noir» comme d’un document important à connaître absolument pour la libération mentale du Noir. Et, vous dites même que c’est une abomination que de l’ignorer…

L S : C’est vrai que c’est une abomination que d’ignorer le Code Noir. Parce que l’ignorance du Code Noir favorise la continuité, voire la pérennité de l’esclavage, ne serait-ce qu’au plan mental. C’est pourquoi, de mon point de vue, nous devrions, tous et toutes, absolument connaître le Code Noir, afin d’enrayer de notre mental le complexe d’infériorité pour les uns et le complexe de supériorité pour les autres. Il faut absolument connaître le Code Noir afin de tuer en nous les germes du racisme, du larbinisme, de la dépréciation et des discriminations de tous genres. En effet, c’est notre ignorance du Code Noir qui nous maintient dans des situations de défavorisés, de sous-hommes. C’est notre ignorance du Code Noir qui justifie, pour nombre de Noirs, le mépris d’eux-mêmes, au point d’en arriver à se détester et à s’autodétruire. Autant j’ai compris que ce n’est pas confortable d’ignorer ce que d’autres savent, autant je déplore qu’il ne soit pas du tout fait cas du Code Noir dans la plupart de nos programmes et manuels scolaires...

Pensez-vous que le destin de l’Afrique aurait été différent si les Africains avaient eu depuis longtemps connaissance du Code Noir?

L S : Bien sûr que oui ! Le destin de l’Afrique aurait été totalement différent si les Africains avaient, depuis longtemps, eu connaissance du Code Noir. Parce que tout simplement les rapports entre Nord et Sud auraient été différents, on aurait instauré un autre type de relation entre la France et l’Afrique que le commerce triangulaire ou la colonisation, etc.

Qu’est-ce qui explique le lourd silence des descendants d’esclaves et des Africains au sujet du Code Noir?

L S : Simplement parce que le Code Noir est un document qui a été longtemps tenu secret. Car, comme le dit le professeur Louis Sala-Molins, « c’est le texte le plus monstrueux que l’histoire ait jamais produit ». De ce fait, il a généralement circulé sous manteau ; on parle à ciel ouvert du Code Napoléonien, du Code de la nationalité, mais pas autant du Code Noir, eu égard à sa nocivité. On a même bien souvent tenté de noyer le poisson dans l’eau, par exemple en créant un parfum de luxe dénommé « Code Noir »... Par ailleurs, il faudrait savoir la part très importante prise dans l’esclavage des Noirs par l’Eglise qui devait « inculquer aux Noirs la soumission et la subordination sous prétexte de recevoir en échange le paradis céleste ». Il ne faut pas non plus perdre de vue les missions de pacification ou de civilisation pour soi-disant sortir les Noirs de la sauvagerie et de la barbarie, étaient, en réalité, destinées à perpétuer l’esclavage et éviter toute velléité de prise de conscience et toute initiative de révolte des Africains contre le système de l’esclavage des Noirs.

Pourquoi avoir choisi le genre dramatique pour poser ce problème?

L S : La plupart des textes sur le Code Noir sont des essais ou des discours. Or, comme je l’ai dit dans l’Avant-propos, je rêvais de faire quelque chose de différent. C’est non seulement l’une des originalités de mon œuvre, mais c’est d’abord et avant tout un choix idéologique et esthétique. En effet, j’ai choisi le genre dramatique, parce que, pour moi, le théâtre est primordial. Le théâtre, dans toute sa splendeur, a un pouvoir majestueux, comme le cinéma, de nous renvoyer des images fortes pour nous faire percevoir la réalité des choses, des êtres et des faits. Le théâtre a la magie des images qu’on a peine à rendre dans un roman ou dans un essai. Et puis, le théâtre, c’est le point de rencontre entre le réel et l’imaginaire, c’est un art total, en tant que prolongation et synthèse de tous les arts, notamment la peinture, la décoration, la chorégraphie, la danse, la musique, la mimique, la gestuelle, etc.

A quoi correspond le fait de faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa?

L S : Pour moi, une œuvre littéraire n’est jamais vraiment achevée. Je veux laisser la liberté au metteur en scène d’approfondir le texte et d’y apporter les innovations comme celles-ci qui sont parfois osées certes, mais nécessaires pour produire un spectacle original, grandiose, prodigieux, à la seule condition de ne pas trahir les idées de l’auteur. Et puis, au-delà de cet aspect purement chorégraphique, faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa vise à donner une dimension cathartique à mon œuvre, c'est-à-dire la fonction de nous libérer des tensions psychiques, des complexes, des frustrations, des choix inconscients, etc. En d’autres termes, il s’agit, comme dit un des personnages de la pièce, en l’occurrence le propriétaire d’esclaves Willie Lynch, de savoir ce que les uns « éprouveraient eux-mêmes dans une situation d’esclavage ». Et puis, je me réfère à cette citation de Marivaux dans L’Île des esclaves : « Eh bien ! Iphicrate, on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste ; et nous verrons ce que tu penseras de cette justice… Quand tu auras souffert, tu sauras mieux ce qu’il est permis de faire souffrir aux autres… ».

Au-delà de tout ça, quel message voulez-vous adresser aux lecteurs?

 L S : Je voudrais préciser que mon intention n’est nullement de dresser les Noirs contre les Blancs ! Il ne s’agit pas non plus de blanchir ni d’innocenter les Africains, en ce qui concerne l’esclavage et la situation de misère que vit aujourd’hui l’Afrique ; car, nul ne saurait nier que les Africains ont effectivement pratiqué l’esclavage ou le servage, comme tant d’autres peuples de la terre… En outre, nul ne saurait nier la part de responsabilité des Africains dans la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, la corruption des régimes au pouvoir, les retournements de veste, les fraudes électorales, les rebellions, les génocides et autres guerres tribales qui, soit dit en passant, sont loin de nous honorer... J’ai écrit ce livre pour inviter à parler de ce document plus ou moins tabou, Le Code Noir, à en débattre pour combattre le mensonge, l’ignorance, la discrimination, les complexes, et surtout afin de situer les responsabilités des uns et des autres… Mon objectif, c’est aussi de faire saisir la racine profonde du mépris terrible que certaines personnes portent sur les autres, ou que d’autres personnes se portent sur elles-mêmes, au point de se sous-estimer, de se détester, de se haïr, de s’abandonner au fatalisme, de vouloir changer de peau. Mon souhait, c’est, par-dessus tout, de contribuer, à mon humble niveau, à réveiller les consciences, ainsi que de participer à l’édification d’une humanité nouvelle, débarrassée de toutes les affres des idéologies négatives, néfastes.

 

Interview réalisée par Serge Grah, Journaliste - Correspondant DirectAbidjan (Côte d'Ivoire)

serge.grah@directabidjan.com.

Article rédigé le 31/03/2008.

 

Contact: lefilament@hotmail.com

www.lefilament.info

www.menaibuc.com

Avant-propos


Je rêvais…

 

Je rêvais d’écrire un livre

Un livre sur l’esclavage,

Mais un livre

Qui ne soit pas un ouvrage

De plus ou de trop sur l’esclavage.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre blanc

Qu’on ne puisse pas lire

Sans broyer du noir.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre noir

A faire passer des nuits blanches.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre à la puissance d’un jet d’eau

Une eau bien froide reçue en plein sommeil

Sur le visage.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre différent

Qui nous force  à accepter nos différences.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre de vie

Qui incite à célébrer le deuil

Le deuil de nos complexes.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre sur la bonne conscience

Pour lever le voile de nos inconsciences.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Un livre-miroir

Qui soit le reflet

Mais le reflet fidèle de notre histoire

Notre histoire commune.

 

Je rêvais d’écrire un livre

Mais un livre-lumière

Plus étincelant que le soleil et la lune

Pour éclairer la lanterne

Des peuples calés

Dans le cachot des ténèbres.

 

Ce livre,

Le voici :

« Le Code Noir de Louis XIV »

Une pièce de théâtre en quatre actes.

 

A vous, maintenant, de la lire jusqu’au bout et d’en juger…

 

Léandre Sahiri

 

Titre : Le Code Noir de Louis XIV

Auteur : Léandre Sahiri

Editeur : Menaibuc

ISBN : 978-2-35349-038-7

samedi, 08 juin 2013

DISCUSSION - REPONDRE UTILEMENT A MONSIEUR ROBERT LACAILLE


ROBERT LACAILLE. PROFIL FACEBOOK.jpg

Couverture du profil Facebook de Robert Lacaille. Révélateur des traits psychologiques de l'individu?

 

La réplique hallucinante d'un français, Robert Lacaille, à notre frère Léandre Sahiri, Docteur ès Lettres, au cours d'une discussion relative aux relations entre la France et l'Afrique, et la réponse pleine de pertinence du togolais François Fabrégat du CVU Diaspora. Appréciez!

 

Léandre Sahiri: Lisez ci-dessous la lettre reçue, ce mercredi 5/6/13, de Monsieur Robert Lacaille: 

"Cher Léandre ... je n'ai jamais eu la prétention d'être un ange ...et faire honte à mes parents est le cadet de mes soucis, je suis un européen,je ne suis pas chrétien, ne l'oublie pas .Quant à tes conseils d'Africain tu devrais savoir ce que j'en pense ...De la considération pour vous les Africains , vous qui vivez encore à nos crochets ...tu plaisantes j'espère ... Combien la France a donné l'année dernière à la Côte d'ivoire, l'intervention de l'armée française pour y rétablir la démocratie et virer ton petit roi de Bagdo ...le coût de l'intervention au Mali , plus d'un million d'euro pour éviter que ce pays tombe sous la charia ...Tout ce que doit faire la France alors que vous avez l'indépendance depuis 50 ans ...On commence en avoir marre de gaspiller de l'argent pour vous tous ... et je ne parle pas de vos bons à rien qui vivent de l'aide sociale ou se retrouvent en prison pour trafic de drogue ...Vous n'avez même pas la reconnaissance du ventre . Que serait l'Afrique s'il n'y avait jamais eu les blancs ? Nous ne sommes pas sur le même pied d'estale Léandre ... et n'oublie pas que je ne suis pas chrétien ... Bonne continuation, salut."

 

Robert Lacaille (Page Facebook)

La réponse de François Fabrégat


"Bonjour,

Pour répondre utilement à Monsieur Lacaille (membre du parti UMP dont le Président Sarkozy traitait en son temps les jeunes de racaille), consacrons quelques instants à la compréhension des phénomènes qui sont la cause de nos maux africains contemporains. Et parmi ceux-ci le regard d'une partie de certains peuples d'Europe à l'égard de l'Afrique.

Malheureusement ce Monsieur exprime tout haut les idées d'une frange importante des populations européennes qui confrontées à la crise sévère qui frappe ces pays, ont perdu leurs repères politiques traditionnels. Notamment en raison de leur impossibilité aujourd'hui, de distinguer des perspectives cohérentes de choix politiques. Ceci, dans la mesure ou les partis de gouvernement (en France de droite UMP ou de gauche PS) qui se succèdent au pouvoir au gré des alternances politiques électorales, pratiquent à quelques nuances et avec parfois des habillages différents, exactement les mêmes politiques néolibérales.

Ainsi, situer notre réflexion sur le panafricanisme en ignorant la montée des extrémismes de toutes obédiences dans le monde qui nous entoure serait une erreur fondamentale.

Le point de vue des idées exprimées par M. Lacaille est directement issu des fondements idéologiques véhiculés actuellement par les droites traditionnelles en France et partout en Europe. Aujourd'hui, le discours et la réflexion politique de ces droites traditionnelles se confond - quand il ne l'épouse pas carrément - avec celui des extrêmes-droites européennes, dont certaines sont déjà au pouvoir dans certains pays membres de l'Union européenne.

Pour vous en convaincre je vous adresse Le manifeste Antifasciste européen qui vient de naitre ainsi qu'un article de fond sur cette question écrit par Yorgos Mitralias.

Et ceci se passe au sein d'une Union Européenne totalement silencieuse devant de telles dérives politiques qui sont contraires à l'essence même du Traité de Rome.

Il y a une raison fondamentale à cela.

L'Union Européenne (ex CEE) s'est bâtie sur les décombres de la seconde guerre mondiale et cette Union Européenne s'est toujours construite sur un malentendu. Celui de la libération des économies au détriment de la question centrale de la construction  politique par le moyen de la démocratie et surtout de l'harmonisation sociale par le haut.

La construction politique de l'Europe est un leurre dans la mesure où 55 ans après les débuts de la construction du conglomérat européen aucune de ses institutions ne fonctionne démocratiquement et le lobbying économique et politique y est roi. Ainsi, la toute puissante « Commission Européenne » n'est toujours pas une instance démocratiquement élue,  quant au Parlement Européen il ne dispose - à part celui d’émettre des avis -,  pratiquement d'aucun pouvoir, même pas celui de voter en dernier ressort le Budget de l'Union Européenne ou l'aide au développement.

Ainsi du « Traité CECA » du 18 avril 1951, au « Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne » du 25 mars 1957 entré en vigueur le 1er janvier 1958 qui institue le « Marché Commun européen », puis à l' « Acte unique européen » (AUE) du 28 février 1986 entré en vigueur le 1er juillet 1987 qui consacre le processus d'intégration européenne, la question économique a primé sur toutes les autres. Cet édifice  institutionnel a été  couronné par le « Traité établissant une Constitution pour l'Europe » de 2005, récusé par référendum par les peuples de cinq pays européens (dont les Français qui ont dit non à hauteur de 54,68%) mais auxquels on  l'a imposé quand même, sous la forme du traité de Lisbonne du 13 décembre 2007, directement voté par les parlements et non plus approuvé par référendum populaire. (En France ce traité a été approuvé par le parlement réuni en congrès à Versailles le 4 février 2008 : UMP et PS ont voté de conserve ce traité : 560 voix pour, 181 contre, 152 abstentions.)

Comment dès lors s'étonner que cette Union Européenne - tout entière dévouée à la satisfaction des intérêts privés au détriment de l'intérêt public et de celui des peuples -, dont la plupart des pays  sont perclus de dettes, laisse monter et s'installer les extrémismes dans le champ politique sans rien dire ni  surtout faire.

Le pire peut-être, est que cela ne semble aujourd’hui choquer personne que le "gouvernement" de la première puissance économique du monde souffre d’un déficit démocratique d’une profondeur abyssale! Si cela ne semble choquer personne, c’est que les puissances économiques et financières qui constituent les oligarchies régnantes y trouvent leurs avantages.

Mais les peuples eux n’y trouvent pas leur compte et c’est pour cela qu’ici et là on voit des réactions brutales à ce mode de gestion antidémocratique des affaires publiques. Malheureusement les réactions des Peuples ne sont pas encore à la hauteur des enjeux.

Comment dès lors s'étonner de l'émergence de réactions assumées telles celle de ce Monsieur Lacaille qui n'honore pas le débat d'idées et la réflexion politique.

 En espérant avoir contribué à notre réflexion collective,

Cordiales salutations militantes."

 

François FABREGAT

6 juin 2013

mardi, 24 avril 2012

LEANDRE SAHIRI - MON TEMOIGNAGE: A BERNARD ZADI ZAOUROU

ZADI ZAOUROU.gif

Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Tu resteras toujours et à jamais
Dans mon cœur
Et dans d’autres cœurs
Sûrement
Pour ton enseignement et ton engagement
Pour ton esthétique et ton éthique
Pour ton audace et la force de tes idées
Pour ton sens de la concordance et de la justice
Pour ton combat contre l’ignorance et l’injustice
Ton combat au nombre des grands hommes et femmes de ce monde
Qui luttent au quotidien
Pour promouvoir la culture et le savoir
Pour défendre les droits fondamentaux des personnes humaines.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Toi dont une part vit en moi
Par ton enseignement
Parce que j’ai été l’un de tes élèves
Parce que j’ai beaucoup appris de toi
Parce que j’ai appris
Parce que nous avons appris
A ton école
A nous comporter en citoyens dignes
A nous élever au-dessus de toutes abjections et de toutes exiguïtés
A nous comporter en êtres pensants et intelligents.

ZADI ZAOUROU 2.jpg

Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Même si
Sur la base de quelques dissensions
Je ne te voyais plus très souvent
Sois assuré
Cher Maître
Que je t’ai beaucoup aimé
Que je ressens de manière très forte
Ta disparition.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Je n’ai  pu
Me trouvant à l’étranger
Me joindre
A ta famille
A tes amis
A tes collègues
A mes condisciples…
Pour te rendre un hommage mérité
Pour t’accompagner à ta dernière demeure.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Tout au long de ma vie et de ma carrière
Surtout aux moments les plus difficiles
Je me ressouviendrai presque toujours
De tes conseils
De tes mots
De ta vision
D’écrivain et de précepteur
En qui j’ai puisé inspiration et vocation.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Lorsqu’on me demande de citer des noms
Des noms de ceux qui ont influencé et façonné ma personnalité
Ton nom
Très cher maître
Est toujours
Sur mes lèvres
Cité parmi les premiers.
 
Adieu Maître
Je salue solennellement ta mémoire
Ainsi donc, tu nous as quittés
Mais, tu resteras
Dans ma mémoire
Dans la mémoire des miens
Car, je leur ai souvent parlé de toi
De l’être vraiment exceptionnel que tu demeureras
A mes yeux
Et qui
Aujourd’hui
A tous ceux qui ont eu le privilège de te côtoyer
Manque.
 
Adieu Maître !

 
Léandre Sahiri

mercredi, 25 janvier 2012

LEANDRE SAHIRI: DICTATURE OU TYRANNIE ? ACTUALISER NOTRE LEXIQUE ET ADAPTER NOTRE LANGAGE



ALASSANE OUATTARA 20.jpg


Actualiser notre lexique et adapter notre langage

M. Michel Amani Nguessan, le secrétaire national du FPI, chargé de la sécurité, président du comité d'organisation du meeting du samedi 21 janvier 2012, à la place Ficgayo de Yopougon, a, dans sa conférence de presse du dimanche 22 janvier 2012, au siège du CNRD à Cocody, dénoncé l'attaque contre les militants du FPI. A cette occasion, il a déclaré : « Les parrains de M. Ouattara l'accompagnent dans une dictature. Il faut mettre fin à cela sinon il sera tard » (in L'Inter du 23/01/2012).

Pour ma part, j'estime que, eu égard à la situation qui prévaut actuellement dans notre pays, situation que nous sommes des millions et des millions à subir et à souffrir, il nous faut actualiser notre lexique et adapter notre langage, d'appeler chat un chat. Ainsi, en lieu et place du terme « dictature », parlons dorénavant de : TYRANNIE. Alassane Ouattara est un TYRAN. N'en déplaise à ses « suiveurs », griots et sbires.

Le terme tyrannie vient du grec ancien : τύραννος / týrannos = tyran qui veut dire littéralement : le maître ou le dominateur qui a usurpé (s'est attribué indûment, par la violence) le pouvoir et qui en abuse, avec un entourage plus ou moins restreint qui lui est entièrement dévoué.

Ainsi donc, on appelle tyran tout homme qui, dans une cité ou dans un pays, use de toutes sortes de stratégies ou de stratagèmes, y compris illégalement, pour s'emparer du pouvoir et le conserver par la force, au mépris de la Constitution et des lois. C'est un gouvernant qui, comme dit Voltaire, « ne connaît de lois que son caprice ».

Généralement, dès lors qu'il arrive au pouvoir, le tyran écarte ou élimine les opposants, les élites et les représentants des classes sociales ou des ethnies prétendues hostiles ..., soit en les privant de leurs emplois et de leurs avoirs, soit en s'en débarrassant : ce peut être par l'exil (spontané ou provoqué, volontaire ou involontaire), par la mise en résidence surveillée ou en prison, par la mise à mort (refus de prise en charge médicale, gel des avoirs,  assassinats, attaques diverses...).

Habituellement, les tyrans gouvernent de manière absolue et s'appuient toujours sur une garde personnelle relativement renforcée et instamment renouvelée. Mais, tenez-vous bien ! Cela ne rend pas les tyrans immortels. A preuve, un grand nombre d'entre eux n'ont pas duré au pouvoir et ont péri de mort violente. Si bien que, comme dit Thalès de Millet, « Rien n'est plus rare qu'un tyran qui vieillit ». Pour la petite anecdote, François Villon raconte, dans l'un de ses contes, que la chèvre tant gratta le sol qu'elle déterra un jour un couteau avec lequel on l'égorgea. Dans le même sens, un proverbe portugais dit : « C'est le trop de cire qui met le feu à l'église ».

Selon Aristote, les tyrans ont 5 caractéristiques essentielles :

1°) Le tyran cherche son propre profit et non celui des populations ; ce profit peut être, soit la matérialisation d'une vengeance quelconque en rapport avec quelques frustrations ou humiliations subies, soit la réalisation d'un rêve d'enfance ou d'une ambition personnelle. C'est dans ce sens que l'on peut dire que la plupart des tyrans sont des paranoïaques, c'est-à-dire, selon le psychologue Kraepelin, « des individus qui se signalent par leur orgueil démesuré, leur pensée paralogique, leur déficience mentale et intellectuelle... », (Rien à voir avec les diplômes).

2°) Le tyran use de la « soumission librement consentie »  ou de la « servitude volontaire »  (La Boétie) qui consiste à manipuler les gens, en s'appuyant sur leur consentement ou assentiment ou acceptation, pour les contraindre à faire des choses dont ils n'ont ni l'envie, ni le besoin : on donne aux individus concernés l'impression qu'ils sont les auteurs de certaines décisions ; on conduit les gens à prendre plus rapidement et plus facilement une décision qui peut ou non leur être bénéfique, mais qui est surtout favorable à celui qui use de cette méthode. La soumission est indispensable au tyran, autrement dit, s'il n'y avait pas de soumission, il n'y aurait pas de tyrannie : « Pour pouvoir parler de tyrannie, il faut que quelqu'un désire dominer et... qu'un autre accepte de servir ! » (La Boétie).

3°) Pour le tyran, seules comptent ses passions et ses ambitions, très souvent démesurées et déraisonnées... Peu lui importe de conduire les populations en vil troupeau de bétail ou en moutons de panurge.

4°) Le tyran utilise la violence pour pouvoir se conserver ou se perpétuer au pouvoir et gouverne au détriment et contre la volonté des populations, selon ses caprices.

5°) Le tyran viole les lois, la justice, les droits et les libertés des individus : « Où finissent les lois, la tyrannie commence».  
Au total, les tyrans demeurent, des usurpateurs de la puissance souveraine. Leur pouvoir, finit toujours par être insupportable, à force d'être quasiment illimité, à force d'être exercé arbitrairement, sans contrôle, sans limite, avec injustice et sans aucun respect pour les lois (humaines et divines), très souvent de manière absolue et oppressive...

Au regard des définitions et des caractéristiques ci-dessus, soyons tous et toutes d'avis avec M. Michel Amani Nguessan que, dans l'état actuel des choses, et pour notre salut, « il faut mettre fin à cela... ». Force nous est de combattre le gouvernement tyrannique actuel, de mettre fin à la perversité, aux oppressions, aux violences, aux crimes et à toutes autres formes d'exactions.


Léandre Sahiri,
Professeur, écrivain, Directeur de publication du journal Le Filament. (www.lefilament.info).

samedi, 29 janvier 2011

EPITRE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LAURENT GBAGBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE CI

LAURENT GBAGBO 2.jpg

Excellence, Monsieur le Président,


Je m'adresse à vous, par cette lettre ouverte offerte, comme qui dirait, à la curiosité du public, pour attirer votre bienveillante attention sur les faits ci-après. Je vous remercie par avance de me lire, avec attention, jusqu'au bout.

Excellence, comme vous le savez, depuis le 28 novembre dernier, nombre de nos compatriotes, dont des chefs de famille, des personnalités politiques, des cadres, des travailleurs compétents et autres, adultes ou jeunes,  séjournent, contre leur volonté, depuis plus de 2 mois, à l'hôtel du Golfe. Selon des sources bien informées, ils sont entièrement dépendants de leurs ravisseurs. Leur existence est liée, directement et inexorablement, à ceux-ci, y compris pour chaque geste de la vie quotidienne : impossible de parler, de manger, de boire, de bouger, de satisfaire leurs besoins naturels sans autorisation préalable. Il s'agit ici d'une régression au stade infantile. Ainsi donc, pris par violence, ou par ruse, ou par surprise, ces compatriotes, privés de leur propre liberté, sont pris en otage.

Et, comme dans toute prise d'otage, ces compatriotes constituent, pour leurs ravisseurs, la garantie pour  obtenir la satisfaction de leur revendication, du moins l'exécution de leur plan satanique de prise de pouvoir sans avoir acquis la victoire par la voie des urnes.

En effet, ces ravisseurs tiennent en laisse nos compatriotes et les utilisent comme moyen de pression vis-à-vis de l'opinion internationale, en vue d'astreindre et vous et le peuple ivoirien à céder à leur exigence. Par ailleurs, c'est aux fins d'éviter d'être attaqués ou bombardés, autrement dit, c'est pour se mettre à l'abri, que ces ravisseurs maintiennent, comme des boucliers humains, nos compatriotes à l'hôtel du Golfe.

Le choix du Golf Hôtel n'est pas gratuit.

Dans toute prise d'otage, le choix du lieu et des victimes n'est jamais gratuit. En général, les preneurs d'otages choisissent des lieux jugés stratégiques et des personnes sensibles. Par exemple, la prise d'otages du 13 décembre 2010 à Besançon, en France, a eu lieu dans une école maternelle. Le choix de l'établissement n'est pas dû au hasard : le preneur d'otage était lui-même issu de ce quartier de la Planoise, au sud-ouest de Besançon, dont il avait fréquenté le collège et il s'en était pris à des enfants âgés de moins de 6 ans. La prise d'otages de Manille (Philippines) en août 2010 eut lieu dans un autobus transportant un groupe de touristes venus de Hong Kong. La prise d'otages de Moscou (850 personnes), perpétré en octobre 2002, par une cinquantaine de rebelles tchétchènes eut lieu au théâtre de la Doubrovka de Moscou, pendant la comédie musicale Nord-Ost, destinée à la jeunesse. La prise d'otages du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes et opposants à la famille royale saoudienne, eut lieu à la grande mosquée Al-Masjid al-Haram, à La Mecque (Arabie saoudite), etc.

Dans le même ordre d'idées, le choix du Golf Hôtel n'est pas gratuit. Jadis surnommé « l'oasis dans la ville », le Golf Hôtel d'Abidjan, 5 étoiles, situé dans le quartier résidentiel de la Riviera, à une demi-heure de l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny et à 10 minutes du centre ville, est bâti sur un des plus beaux et reposants sites d'Abidjan. Il domine la lagune Ebrié et offre 306 chambres de luxe climatisées dont  11 suites et 3 appartements agréablement décorées, avec une vue sur la baie de Cocody ; ce qui ajoute un plus à son charme magique. Cet hôtel est devenu une forteresse jalousement gardée par les forces onusiennes et les rebelles. Ceux-ci, les rebelles, en ont fait, depuis 2002, leur quartier général. Tout le monde le sait et c'est, en connaissance de cause, que le président du RDR a déménagé de sa villa cossue, pourtant située à une centaine de mètres seulement de cet hôtel, pour y installer son Quartier Général, assuré d'être désormais sous la bonne garde des Casques bleus de l'ONU et des rebelles, assuré de consolider  son prestige, assuré de rendre intouchable, inaccessible, inattaquable.

Excellence, c'est fort de cette « barricade », qu'il peut tenir des discours enflammés, brandir des menaces et des sanctions, lancer des mots d'ordre guerriers et des appels à la désobéissance, sans être pour le moins inquiété, et sans que nos compatriotes qui s'y trouvent, dans les conditions précaires au goût carcéral, ne puissent en sortir, malgré votre appel et en dépit des cris de détresse de leurs parents et amis.

Pourquoi Bédié et les autres ne peuvent sortir d'eux-mêmes du Golf Hôtel ?

Excellence, la réponse est toute simple. En général, les otages disposent de peu ou pas de moyens, ni de manœuvre pour fuir ou pour s'échapper. Et même, la fuite, lorsqu'elle s'avère possible n'est que rarement tentée, parce que la plupart des otages restent inhibés par la peur d'être éliminés, par le doute, et de surcroît, par la fascination pour leur situation dont ils désirent intensément connaître l'évolution ou dont ils espèrent ardemment une issue heureuse. Et puis, les otages sont parfois aussi coincés par la honte publique (ce que Pierre Amédée appelle le « Zéguiré zo »), tentés de se protéger des sanctions possibles à leur sortie (exécutions, exclusion, etc.), eu égard à leurs propres antécédents.

Par ailleurs, au cours de leur captivité, certains prisonniers développent ce qu'on appelle le « syndrome de Stockholm ». C'est le phénomène psychique qui, curieusement, incite des individus pris en otage à manifester une certaine sympathie vis-à-vis de leurs ravisseurs. Ce syndrome, décrit en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg auquel on doit cette dénomination, porte le nom de la capitale suédoise, parce qu'il a été observé pour la première fois, en août 1973, dans cette ville, chez plusieurs employés de banque du Crédit suédois. Bien qu'ils aient été, malgré eux, les victimes d'un hold-up manqué, ces employés avaient défendu leurs agresseurs qui les avaient pris en otage des heures durant ; et même, certains ont témoigné en leur faveur, lors du procès qui a suivi l'arrestation de ces preneurs d'otages. Qui plus est, une employée du Crédit suédois est allée même, par la suite, jusqu'à devenir la femme d'un des attaquants de la banque. Comme on le voit, le syndrome de Stockholm peut parfois être d'intensité si forte qu'il conduit certaines victimes à épouser la cause des ravisseurs ou des terroristes ou à participer à leurs actions, comme l'atteste la déclaration de M. Henri Konan Bédié du 21 décembre dernier. Il est même arrivé que le meurtre d'otages ou de policiers n'ait pas pu remettre en cause ce puissant courant d'empathie ou de sympathie. Ce fut, par exemple, le cas de Patricia Hearst, qui n'avait pas hésité à attaquer une banque avec ses anciens agresseurs devenus complices. Ce fut aussi le cas de certains passagers qui avaient également développé des sentiments positifs envers leurs ravisseurs, en décembre 1999, pendant le détournement de l'avion indien, qui avait connu de multiples escales imprévues entre New Delhi, Lahore et Dubaï...

C'est aujourd'hui le cas de nos compatriotes, pris en otages au Golf Hôtel qui, par honnêteté par rapport à leur propre inconscience, proclament, haut et fort, M. Ouattara vainqueur des élections, alors même qu'ils connaissent fort bien les subterfuges et les faux dont celui-ci a fait usage et qui, conséquemment, refuse le recomptage des bulletins de votes et la vérification des Procès-verbaux du scrutin du 28 novembre dernier.

Les preneurs d'otages

Excellence, en général, les preneurs d'otages sont des forcenés, c'est-à-dire des individus qui présentent des troubles de la personnalité et qui se comportent, d'abord et avant tout,  comme des hors-la-loi, en un mot des bandits. Rappelons, entre autres exemples, que le preneur d'otages de Besançon était un dépressif, qui « n'avait pas pris son traitement ». Quant au preneur d'otages philippin, Roland Mendoza, c'était un ancien policier honoré en 1986 comme un des dix meilleurs officiers du pays, mais qui avait été renvoyé en 2008 de la police, étant accusé de vol, d'extorsion et d'infractions liées à la drogue...

Les troubles psychologiques, souvent importants, dont les preneurs d'otages souffrent ont un rapport direct avec leurs origines, leurs identités, leurs frustrations, leurs enfances, leurs déficits sociaux, sexuels et sanitaires au plan physique et psychologique, et autres ; c'est cela qui les amène, bien souvent, à prendre leurs rêves pour la réalité et à embarquer, dans leurs aventures suicidaires, des personnes innocentes et fragiles.

Ces troubles, qu'on nomme, en psychologie, paranoïa, appartiennent au groupe des psychoses et se caractérisent, entre autres, par un délire systématisé. Ces troubles n'affaiblissent généralement pas les capacités intellectuelles. Mais, ils donnent à l'orgueil une dimension si démesurée qu'on aboutit à une surestimation de soi-même. On parle alors d'« hypertrophie du moi », laquelle est mêlée de susceptibilité, d'angoisses de persécution, de jugement faux, de mensonges, de raisonnement apparemment logique mais reposant sur des postulats faux et parfois grossiers, de relents d'agressivité, de désir permanent de vengeance, etc.

Dans ce sens, une analyse psychocritique (méthode d'analyse inspirée par la psychanalyse et illustrée par Charles Mauron, à partir des thèses de Roger Fry) des discours et déclarations des occupants du Golf Hôtel, permet de relever des faits et des relations issus de leurs personnalités inconscientes, du moins de découvrir leurs motivations psychologiques inconscientes, ainsi que de comprendre les fondements ou les mobiles de l'obsession du pouvoir et des références permanentes à la violence, au mensonge, à la communauté internationale, etc.

Fins de prise d'otages

Excellence, dans la plupart des cas de prise d'otages, même les plus graves, comme ici, ce n'est pas la police qui intervient, mais une unité spécialisée de la police ou de l'armée. Cela permet, du fait que cette structure possède des techniques de pointe et des instruments appropriés, d'aboutir à des dénouements moins malheureux. Aux États-Unis, c'est le FBI ou le SWAT qui intervient dans la majorité des cas. En Russie, c'est généralement le FSB qui intervient. En France, c'est un Groupe d'intervention de la police nationale dit GIGN qui intervient, etc.

En effet, en France, à la prise d'otages du 13 décembre 2010 à Besançon, c'est le GIGN qui avait pu finalement intervenir,  et le preneur d'otages avait, avec un tir de taser, été neutralisé, sans incident majeur. L'intervention du GIGN avait permis un dénouement heureux : les vingt enfants avaient été récupérés sains et saufs. Le forcené avait, lui, été interpellé, selon le ministre de l'Education, M. Luc Chatel, qui se trouvait sur place.

On se rappelle que, à l'issue de la prise d'otage, le gouvernement s'était félicité de cette heureuse fin. L'Elysée et la place Beauvau avaient aussitôt réagi. Le président Nicolas Sarkozy s'est réjoui, dans un communiqué officiel, de « l'heureux dénouement de la prise d'otage" et avait félicité les autorités « qui sont intervenues dans cette opération avec sang-froid, professionnalisme et détermination ». Le ministre de l'Intérieur, M. Brice Hortefeux, avait applaudi de la même façon et avait souligné, dans un communiqué, que « cette intervention, extrêmement professionnelle, démontre, une nouvelle fois, la remarquable efficacité des forces de sécurité pour désamorcer une situation aussi délicate et éviter, avant tout, que l'irréparable ne soit commis ».

Libérer et prendre en charge les otages du Golf Hôtel

Excellence, connaissant votre humanisme et votre bonne volonté, je vous interpelle de vive voix : entendez les pleurs et les cris de cœur des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants privés des leurs, et qui s'affalent, chaque jour un peu plus, au cachot du désespoir et de la consternation. Allez, s'il vous plaît, au-delà de la main tendue. Libérez nos compatriotes. Redonnez-leur vie et dignité. Et, qu'une prise en charge psychologique soit, quoi qu'il en soit, effectuée après leur libération, afin d'éviter un stress post-traumatique et en vue de tuer en eux les vilains sentiments. Cette aide psychologique leur permettra également de revenir dans la république et de reprendre plus facilement contact avec la nouvelle réalité qui les entoure. Je vous en remercie par avance.

Veuillez agréer, Excellence, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.


Londres, le 29 janvier 2011

LEANDRE SAHIRI.jpg

Léandre Sahiri

(Docteur ès Lettres. Professeur. Politologue. Ecrivain. Auteur, entre autres,  de : « Le Code noir de Louis XIV », « La victoire par la voie des urnes », « Lettre ouverte aux Noirs qui ne lisent pas »...). Directeur de Publication du journal libre et indépendant Le Filament.

mardi, 11 janvier 2011

A QUOI SERVENT LES OBSERVATEURS INTERNATIONAUX LORS DES SCRUTINS EN AFRIQUE ?



LEANDRE SAHIRI.jpg

Depuis l'avènement du multipartisme en Afrique, les élections présidentielles mettent désormais aux prises plusieurs candidats issus généralement de partis politiques différents.

Avant chaque scrutin, des observateurs internationaux sont envoyés par des organisations internationales. Il s'agit principalement des personnalités très expérimentées, réputées être crédibles et impartiales qui viennent en mission dans les pays organisant des élections.

Leur mission : assurer la fiabilité des processus de vote

La mission de ces observateurs internationaux consiste à garantir, ne serait-ce que par leur présence, la fiabilité et la transparence des opérations de vote. Ils font désormais partie du rituel de toutes les élections africaines.

La plupart de ces observateurs internationaux sont des ex-chefs d'Etat, des anciens ministres, des juristes, des parlementaires, des responsables d'ONG ou des intellectuels célèbres.

Leur présence vise, dit-on, à contribuer à ce que les élections soient propres, « free and fair », (libres et équitables), transparentes, et partant fiables. En d'autres termes, les observateurs internationaux sont là et censées contribuer à enrayer les velléités et pratiques de manipulations illégales et de manœuvres frauduleuses par les candidats qui seraient tentés d'accéder ou de se maintenir au pouvoir, vaille que vaille. Ainsi donc, l'observation internationale est supposée jouer un rôle important dans la protection de « l'intégrité électorale » et l'exercice du droit citoyen.

Afin d'assurer la légitimité et la crédibilité de leur tâche, les observateurs internationaux sont censés accomplir un travail de fourmi qui dure souvent plusieurs semaines, et qui consiste notamment à tout ausculter depuis l'établissement des listes électorales jusqu'à la proclamation des résultats. Ils sont aussi tenus de se soumettre à des normes de conduite internationalement reconnues. Dans ce sens, plusieurs organisations spécialisées dans l'observation internationale ont élaboré des codes de conduite visant à guider le comportement des observateurs durant leur mission.

Une présence incontournable, mais...

La force de ces observateurs internationaux réside en ceci que, une fois le scrutin terminé et leur mission accomplie, leur rapport a un poids évident, surtout dans la logique des relations internationales et leur avis est pris strictement en compte, du moins très au sérieux, notamment en matière de coopération. Cet état de fait est confirmé et souligné par M. Chris Fomunyoh, Directeur de National Democratic Institute for International Affairs (NDI) de Washington pour l'Afrique qui a la charge de superviser les processus de démocratisation dans le monde entier. Selon M. Chris Fomunyoh, « le gouvernement américain veut travailler avec tel ou tel Etat. Ainsi, les rapports des observateurs lui servent largement à fonder son jugement en ce qui concerne le degré de démocratisation ».

C'est sans doute cela qui rend la présence des observateurs quasi incontournable lors des scrutins en Afrique, certes.

Mais, là où le bât blesse, c'est qu'on observe que le nombre des observateurs internationaux est souvent restreint à quelques dizaines de personnes, même lorsque le pays observé est très peuple ou très vaste comme le Nigeria ou la RD Congo. Dans cet état de fait, les observateurs internationaux, même malgré de bonnes intentions et des expertises avérées, n'ont ni le temps, ni les moyens de visiter tous les bureaux de vote, ne peuvent assister à tous les dépouillements et décomptes, sortent très rarement de la capitale où ils sont reçus dans des conditions exceptionnelles durant leur séjour : hôtels et voitures de luxe, garde de corps, etc.

D'où, les rapports et avis des observateurs internationaux ne peuvent être que partiels ou partiaux, alors que l'observation doit être objective, efficace, vigilante et non partisane. Par ailleurs, on s'aperçoit très vite que leurs rapports sont souvent non équilibrés ou non concordants, et cachent mal leurs préférences pour un parti ou un candidat quelconque, en lieu et place de l'objectivité requise pour produire des rapports impartiaux. Cela enlève toute crédibilité à leur mission et n'aide pas à garantir l'intégrité ou la fiabilité du processus électoral.

On observe souvent que les observateurs internationaux sont souvent otages des politiques qui, par la force des choses, organisent et contrôlent le processus électoral et sont leurs premiers interlocuteurs, dans le sens du respect des règles d'accréditation pendant leur mission d'observation. Rien d'étonnant à ce qu'ils soient si souvent accusés de partialité ou de complicité en faveur de tel ou tel candidat qu'ils reconnaissent "légitimement élus", après bourrage des urnes et tripatouillage des listes, c'est-à-dire en dépit, des votes contestés. Des irrégularités et des manipulations frauduleuses qui n'échappent pourtant à personne, y compris les observateurs eux-mêmes. Par exemple, en 2007, la Commission européenne a déployé de gros moyens pour les législatives et la présidentielle au Nigeria : cent cinquante observateurs. Dans leurs rapports ceux-ci ont relevé des "preuves évidentes de fraude : assassinats, électeurs empêchés de voter, urnes ostensiblement bourrées. Leur chef, Max Van den Berg, n'a pas mâché ses mots : « ces élections ne peuvent être considérées comme crédibles" et sont "loin des critères démocratiques internationaux de base", a-t-il dit deux jours après le vote. Un mois plus tard, Umaru Yar'Adua, le vainqueur de la parodie électorale, était investi en grande pompe à Abuja.

On observe souvent qu'une lacune constatée parmi tant d'autres concerne la défaillance dans le contrôle au niveau des listes électorales. En effet, les observateurs internationaux se trouvent généralement dans l'impossibilité quasi-totale de vérifier si un électeur n'a pas déjà voté dans une autre circonscription, de faire respecter strictement les principes du vote secret, ainsi que d'imposer la présence dans tous les bureaux de vote des délégués ou des représentants de la société civile, etc.

Légitimer des mascarades et des crimes de sang ?

On dit que le mandat des observateurs internationaux n'est pas de superviser, ni de corriger les erreurs, ni de résoudre les conflits locaux, ni de s'ingérer dans le processus électoral, mais d'observer et à la limite de dénoncer des irrégularités, sinon de « saluer le calme qui a entouré le processus ». En effet, souveraineté nationale et non-ingérence obligeant, les observateurs internationaux se contentent naturellement d'observer. A ce propos, M. Patrice

Lenormand, chef du département de l'observation électorale à la Commission européenne déclare : « Nous n'avons qu'un rôle dedénonciation... Notre code de conduite précise que « les observateurs ne doivent entraver aucun élément du processus électoral. [...] Ils doivent porter les irrégularités, les fraudes ou tout autre problème important à l'attention des fonctionnaires électoraux sur place ». C'est ainsi que, en mai 2005, en Éthiopie, les élections ont été chaotiques. La contestation des résultats par l'opposition a été réprimée dans le sang. Près de 30 personnes sont mortes, 100 ont été blessées.

Des faits dénoncés par la mission d'observation européenne, mais les résultats ont été validés, comme l'atteste l'un des observateurs : « Nousétions 200 observateurs. Nous avons eu les résultats durant la nuit, mais ceux annoncés le lendemain par le gouvernement n'étaient pas dutout les mêmes. Il y a eu vingt jours de répression contre l'opposition. Et, alors que nous n'avions pas encore rendu nos conclusions, Javier Solana [haut représentant de l'UE pour la politique étrangère, NDLR] félicitait Mélès Zenawi [le Premier ministre éthiopien]. Trois semaines plus tard, il était invité à Londres et à Bruxelles ». A noter aussi que, aux dernières élections à Madagascar, suite à une étude faite auprès d'une cinquantaine de bureaux de vote sur les 18.173 existant dans tout Madagascar, ces observateurs étrangers se disent satisfaits de leur mission d'observation, malgré de graves lacunes observées.

Utiles ou inutiles?

Cet état de fait a amené un observateur critique à dire, non sans humour noir, que « le travail des observateurs internationaux, c'est d'arriver le samedi soir, de faire la fête et de repartir le dimanche". On a aussi entendu dire que « dans l'attitude des observateurs, il y a un côté tourisme électoral ». Un autre observateur tirant subsistance de ses juteuses missions d'observateur international, a déclaré en sourdine : « les observateurs sont payés cher pour ce qu'ils font et surtout pour ce qu'ils ne font pas ».

Ce dernier faisait sans doute allusion au coût des observations, dont on ne sait jamais exactement qui paye. Parlant de coût, faut-il rappeler que, par exemple, au Togo, en février 2010, 110 observateurs (dont 30 de long terme) ont été envoyés par Bruxelles. Ils percevaient, par tète de pipe et par jour, un per diem de 195 euros, soit 128.000F CFA par jour, (hormis les dépenses d'hôtel et de restauration) ce qui équivaut à peu près à 24 euros par heure, soit 16.000F CFA ; les transports sont par ailleurs pris en charge).

Toujours au chapitre des coûts, il faut savoir que, depuis 2000, la Commission européenne a dépensé au moins 300 millions d'euros en missions d'assistance électorale, dans 40 pays.

Beaucoup d'argent, beaucoup de temps et beaucoup d'énergie, pour venir « observer » et être témoins de morts d'hommes, sans assistance à des personnes en dangers et pour finalement accréditer des mascarades consacrant la mort de la démocratie dans certains pays. Dans ces cas, l'observation prend le sens d'une quête de preuves récentes et d'images nouvelles de barbaries exotiques pour mettre à jour les préjugés et les thèses racistes.

On peut conclure que la plupart des rapports des élections, dans bien de pays observés, ne sont pas crédibles, malgré la présence des observateurs internationaux. Sur ce, je suis tenté de dire que les élections pourraient avoir lieu en leur absence, ou si l'on préfère, sans leur présence.

C'est que je pense.



Léandre Sahiri,

Directeur de Publication de « Le Filament »

In Le Filament N° 11 du 15 décembre 2010


Source : LE FILAMENT.INFO

jeudi, 23 décembre 2010

LEANDRE SAHIRI: LETTRE OUVERTE AUX NOIRS QUI NE LISENT PAS


LEANDRE SAHIRI 2.jpg

Léandre Sahiri

Lettre ouverte

aux Noirs

qui

ne lisent pas

Editions Kasimex

Lisez ce livre, attentivement, entièrement. Offrez-le. Mettez-le à la disposition de toutes les personnes que vous aimez ou à qui vous voulez faire un beau cadeau. La lecture de ce livre leur fera tellement de bien que ces personnes vous témoigneront, tôt ou tard, leur reconnaissance. Les témoignages recueillis, les résultats déjà obtenus par les nombreuses personnes, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, qui ont eu la primeur ou le privilège de lire ce livre sont un garant sûr que ce livre plaît, dérange et instruit.

___________

L'auteur, Léandre Sahiri est professeur de littérature, critique littéraire et écrivain. Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues. Il a déjà publié plusieurs livres dont La victoire par la voie des urnes (essai) ; Contes d'actualité (recueil de contes) ; Les obsèques de Bahi Oromé (théâtre) ; Le Code noir de Louis XIV (théâtre) ; Jonathan Livingston le goéland (roman traduit de l'anglais) ; Monica ou De l'injustice de la justice (roman) ; Accusations (poèmes), etc.


EAN : 9782847160055                     ISBN : 978-2-84716-005-5

14:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, livre, léandre sahiri, lettre ouverte aux noirs qui ne lisent pas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 16 décembre 2010

QUE VALENT LES SANCTIONS DE L'UNION EUROPEENNE ?

LOGO UNION EUROPEENNE.jpg

Les sanctions de l'Union Européenne poussent à plusieurs interrogations dont les principales pourraient être les suivantes : pour qui se prend cette organisation pour distribuer, comme ça, des sanctions, à l'emporte-pièce, à des citoyens d'un pays indépendant depuis 1960 ? Qu'est-ce qui l'autorise à sanctionner les gens ? D'où tire-t-elle sa légitimité ?...

Et puis, franchement, avant d'être sanctionné, le bon sens demande qu'un être humain, si tant est qu'il est considéré comme tel, doit pouvoir avoir l'opportunité de répondre, devant un tribunal, des actes que l'on lui reproche, car selon la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, en son article 9, « Tout homme est présumé innocent jusqu'à ce qu'il ait été déclaré coupable », bien entendu devant les tribunaux...

Les sanctions de l'Union Européenne montrent combien on se fout royalement de nous les Africains. Et, bêtes que nous sommes, nous les Africains, nous applaudissons et claironnons fièrement ces « décisions » qui n'ont pas d'autre objet que de nous infantiliser, de nous instrumentaliser, de nous déshumaniser, comme à l'époque coloniale, cette époque glorieuse où l'on avait droit de vie et de mort sur ses « sujets ». A la seule différence que, ici, ce n'est plus la France seule, mais une « Union » regroupant plusieurs pays coloniaux d'hier. Ne sont-ce pas là le comble du complot contre l'Afrique et la preuve évidente de la pérennisation de la colonisation ?

Alors, je pose la question suivante : Quand est-ce que, nous les Africains, nous allons nous réveiller et apprécier à sa juste valeur ce genre de méprise ?

Par ailleurs, on pourrait légitimement se demander ce que valent ces sanctions pour les sanctionnés en question ?

Je réponds tout net : ces sanctions sont nulles et sans effet, quand on sait que les personnes concernées ne vivent pas en Europe, n'utilisent pas les services européens pour leurs besoins quotidiens et vitaux. Il faut le savoir.

De ce fait, les Africains qui considèrent et épinglent ces décisions et s'en enorgueillissent, font tout simplement preuve d'une naïveté déconcertante et d'une crédulité sans égal. Ces Africains-là oublient ou feignent d'ignorer que l'Union Européenne les utilise simplement comme des paillassons pour entrer chez nous et faire ce qu'elle veut sur nous et de nous. Ces individus sont des suppôts pour perpétuer la domination occidentale et l'esclavage permanent des Noirs, tel qu'édicté par le « Code noir » promulgué par Louis XIV en 1685. Le pire est que ces Africains-là ont vendu leurs âmes au diable, et sont prêts à tout et à n'importe quoi pour plaire à leurs maîtres, prêts à utiliser des rebellions et des mensonges, prêts à violer les lois de leurs pays, prêts à tuer leurs compatriotes..., juste pour avoir le sentiment d'être « quelqu'un » et pour obtenir des positions et des gains éphémères qui les rabaissent plutôt que de les élever. Ces Africains-là sont les vrais bourreaux des Africains et de l'Afrique. C'est la honte. En tout cas, j'ai mal, simplement mal.

 

Léandre Sahiri, Docteur ès Lettres, Professeur,  Ecrivain.

mardi, 23 novembre 2010

LEANDRE SAHIRI: STRATEGIE POUR LA VICTOIRE


COURONNE DE VICTOIRE 2010.jpg

Le 28 novembre 2010, la CÔTE D'IVOIRE doit remporter LA VICTOIRE, non pas par « tous les moyens », mais de façon démocratique, c'est‐à‐dire sans violence, sans tricherie, dans la discipline, dans l'union. Nous les Ivoiriens et les Ivoiriennes, pour ce 2ème tour de notre élection présidentielle, unissons‐nous pour dire NON à la servitude et pour confirmer notre légitime aspiration à la paix, à la souveraineté, à la dignité, au bien‐être. Soyons tous rassemblés pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre maturité et pour faire du 28 novembre 2010, une date glorieuse et mémorable.


Les dix commandements

pour gagner le 28 novembre 2010


1. Nous devons nous mettre en rangs serrés et compacts pour défendre la terre de nos aïeuls, la Côte d'Ivoire.

2. Nous devons nous organiser, c'est‐à‐dire : mettre en place les dispositions utiles ; prévoir les moyens adéquats en ce qui concerne les secours, les ravitaillements et les déplacements (transports), afin d'éviter les désagréments, les vicissitudes, et les affrontements inutiles.

3. Nous devons mobiliser toutes les forces vives, hommes et femmes, de notre nation pour une participation effective et massive au vote : soyons, tous et toutes, présents dans tous les bureaux de vote pour exercer, en toute conscience et en toute responsabilité, notre droit de vote et notre devoir citoyen.

4. Nous devons faire barrage, PACIFIQUEMENT, SANS VIOLENCE, aux spécialistes de la violence, ramener les va‐t‐en‐guerre à de bons sentiments, à des comportements de sagesse.

5. Nous devons être, tous et toutes, présents, dans tous les lieux de vote, et demeurer vigilants, attentifs aux différentes phases du déroulement du vote, c'est‐à‐dire depuis l'ouverture du bureau jusqu'à la proclamation des résultats.

6. Nous devons veiller à ce que soient utilisés les moyens et les matériels appropriés (urnes transparentes, machines à voter mécaniques ou électriques, bulletin unique, isoloir, encre...) en vue de prévenir ou d'éviter les manipulations frauduleuses de tous genres, et dénoncer systématiquement la moindre anomalie ou irrégularité constatée : la dénonciation des irrégularités électorales doit être l'affaire de chaque citoyen ou citoyenne.

7. Nous devons savoir que tout électeur qui vend sa voix au plus offrant est aussi méprisable que tout candidat qui achète la voix d'un électeur pour usurper le pouvoir.

8. Nous devons savoir que, dans l'isoloir, hors du regard des autres, chacun ou chacune de nous doit avoir constamment à l'esprit qu'il ou elle n'est pas seul(e), mais qu'il ou elle est en face de sa conscience et face à sa conscience, et que la destinée de notre nation est, à ce moment précis, entre ses mains.

9. Nous devons connaître les diverses méthodes de fraude pour détecter et dissuader les fraudeurs, pour lutter efficacement contre les pratiques frauduleuses et les irrégularités susceptibles d'affecter ou de fausser les résultats de l'élection : nous voulons une élection juste et transparente où la victoire reviendra au plus méritant des candidats, c'est‐à‐dire celui qui est capable d'agir dans l'intérêt supérieur de la population ivoirienne.

10. Nous devons éviter le vote mécanique et instinctif ; cela veut dire : ne pas nous baser sur nos attaches régionales, ethniques, religieuses ou militantes, mais voir seulement et uniquement la CÔTE D'IVOIRE.

Vive la Côte d'Ivoire ! Vive l'Afrique !


__________________________________________________________________________________________

Copyright ©Léandre Sahiri, novembre 2010

A PROPOS DE « DEUXIEME EPITRE A LAURENT GBAGBO » DE TIBURCE KOFFI : CONTRADICTIONS ET DERIVES



LEANDRE SAHIRI.jpg

« Deuxième épitre à Laurent Gbagbo ». Tel est le titre du « courrier offert à la curiosité du public », du moins de la lettre ouverte publiée par M. Tiburce Koffi dans le Nouveau réveil du samedi 30 octobre dernier, notamment à la veille de l'élection présidentielle. Cette lettre ouverte, je l'ai fait suivre à d'autres compatriotes et amis. Je l'ai lue avec un intérêt certain et avec une juste et bienveillante attention. Et, comme à mon habitude, je vais ici saisir l'occasion pour l'analyser, du moins pour dire ce que j'en pense. J'ai pu recevoir cette lettre ouverte grâce à la bienveillance d'un ami résidant en Côte d'Ivoire, que je remercie, et dont je voudrais, d'abord et avant tout, vous faire partager le point de vue.

Des propos à la limite de l'injure

« Je voudrais faire une petite remarque et cela n'engage que moi... Les mots utilisés par Tiburce Koffi sont à la limite de l'injure proférée à l'égard de M. Laurent Gbagbo. Or, il se trouve que, jusqu'à ce jour, celui-ci est encore le président de la république, grâce au bon vouloir des Ivoiriens qui l'ont élu en octobre 2000. A ce titre, nous lui devons un minimum de respect pour la fonction qu'il occupe, même si nous sommes déçus de l'homme ou même si nous ne l'aimons pas. De la même manière que nous devrons du respect au prochain président... Mais, Tiburce Koffi, c'est aussi ça. Et, c'est pour ça que, soit nous l'aimons, soit nous ne l'aimons pas. C'est un jusqu'au-boutiste qui parle avec son cœur et qui met au grand jour ses émotions. Mais, ce n'est pas parce que M. Laurent Gbagbo se vautre dans la fange que nous devons faire pareil. Nous devons nous montrer plus éduqués que M. Laurent Gbagbo et plus respectueux que lui de sa propre fonction. Si un président ne connaît pas sa place, nous devons le lui faire savoir, tout en pesant nos mots... ».

Ainsi donc, M. Tiburce Koffi « parle avec son cœur et met au grand jour ses émotions », comme le dit si bien notre ami. C'est de ce point de vue que cette lettre ouverte qui est, selon Tiburce Koffi lui-même, un « appel, tyrannique, lancinant et tragique comme l'étreinte dernière que se donnent ceux qui partent pour ne plus se revoir ni plus revenir » nous intéresse. Je veux dire que je vais en parler du point de vue psychocritique ou psychanalytique, laissant place aux autres d'user des autres méthodes, notamment stylistique, thématique, linguistique, ethnosociologique..., pour éclairer les autres points, comme l'a fait, à juste titre et à bon escient, cet ami.

Pourquoi la psychocritique ?

La psychocritique est la méthode d'analyse inspirée par la psychanalyse et illustrée par Charles Mauron, à partir des thèses de Roger Fry. C'est une méthode d'analyse qui consiste à étudier une œuvre ou un texte pour relever des faits et des relations issus de la personnalité inconsciente de l'écrivain ou du personnage. En d'autres termes, la psychocritique a pour but de découvrir les motivations psychologiques inconscientes d'un individu, à travers ses écrits ou ses propos.

La psychocritique se veut une critique littéraire, scientifique, partielle, non réductrice. Littéraire, car ses recherches sont fondées essentiellement sur les textes ; scientifique, de par son point de départ (les théories de Freud et de ses disciples) et de par sa méthode empirique (Mauron se réclame de la méthode expérimentale de Claude Bernard) ; partielle, puisqu'elle se limite à chercher la structure du phantasme inconscient ; non-réductrice, car Mauron attribue au mythe personnel une valeur architecturale, il le compare à une crypte cachée sous une église romane. Mauron a, par ailleurs, esquissé une théorie sur la liberté créatrice de l'homme et la valeur de l'art... D'où, l'intérêt, pour moi, de recourir à cette méthode qui permet d'aller au-delà des autres méthodes traditionnelles d'analyse et d'en révéler plus, tant sur le texte que sur l'auteur, puisque c'est, bien entendu, le rôle du critique que d'en savoir davantage et d'en dire plus. Sur ce point, toute la nouvelle critique s'accorde.

De ce fait, la méthode psychanalytique ou la psychocritique nous fera comprendre la personnalité inconsciente de M. Tiburce Koffi et les fondements, ou les mobiles de l'obsession de certains thèmes et concepts récurrents, à savoir : le scandale, la provocation, à la limite de l'offense ou de l'insulte, la révolte, la rupture... Pourquoi procède-t-il ainsi ? Que recherche-t-il ?... La psychocritique nous fournira également les clefs pour expliquer pourquoi il est attiré et séduit par M. Houphouët Boigny, et pourquoi M. Henri Konan Bédié ne saurait l'intégrer dans son cercle politique. La psychocritique nous révélera également le fondement des « relations pleines de sous-entendus, de malentendus, de non attendus et d'énigmes » entre  Tiburce Koffi  et Laurent Gbagbo. La psychocritique nous dira aussi pourquoi Tiburce Koffi ne ménage pas Laurent Gbagbo, alors que tout le monde sait qu'il a énormément bénéficié des largesses de celui-ci qu'il traite, à tort ou à raison, de sanguinaire devant répondre de « ses 10 années de règne anarchique et criminel devant le TPI (Tribunal Pénal International) ou la potence de l'Histoire »...

En tout cas, il semble évident que c'est par l'explication psychanalytique que l'on peut comprendre les contradictions, du moins l'attitude « dialectique » de Tiburce Koffi vis-à-vis de MM. Henri Konan Bédié,  Houphouët Boigny et Laurent Gbagbo.  Cette attitude « dialectique » est, d'ailleurs, identique et constante face à tous ses choix et toutes les « fatalités » dont il cherche à s'évader et pour lesquelles il éprouve ces sentiments tout à fait confus et contradictoires ou opposés.

Des sentiments contradictoires

Lire la suite

lundi, 15 novembre 2010

LEANDRE SAHIRI: APPEL A TOUS LES IVOIRIENS ET IVOIRIENNES

LEANDRE SAHIRI.jpg

A l'occasion de ce 2ème tour de notre élection présidentielle, nous avons un défi à relever par rapport aux deux candidats en lice.

L'un clame, à tous venants, avoir les « solutions » à la crise que nous subissons depuis plus de 7 ans. Et quelles solutions ?  Déverser des milliards sur nous. Il s'agit, disons-le tout net, d'une promesse qui condamnera notre pays à la servitude volontaire. C'est de l'argent pour nous soumettre aux diktats des pouvoirs d'argent. C'est de l'argent pour nous livrer, pieds et poings liés, aux tenants et adeptes de l'esclavage permanent des Africains ; l'esclavage humiliant imposé par la force, institutionnalisé et réglementé par le « Code noir ». Promulgué en 1685 par Louis 14, roi de France,  le « Code noir », faut-il le rappeler, comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles, transmissibles et négociables » (Article 44).  C'est ce principe-là du « Code Noir » qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui, aujourd'hui, sous-tend l'immigration, la Françafrique, l'Eurafrique.

Face à cette situation, force est de prendre notre courage à deux mains pour rejeter une telle promesse  et refuser de donner notre suffrage à un suppôt de l'Occident néolibéral, investi et patenté pour ressusciter, à nos dépens, la traite négrière, environ trois siècles après son abolition. Il nous en a suffisamment donné, déjà, les indices et les signaux.

Face à la situation actuelle, libérons-nous du poids de nos traditions, de nos attaches régionales, ethniques et religieuses. Mettons-nous au-dessus des contingences immédiates. Comportons-nous en êtres pensants et intelligents. Evitons de nous conduire comme des bêtes à visages humains. Refusons d'être manipulés, d'être utilisés comme des militants écervelés exécutant, stupidement et moutonnièrement, des mots d'ordre, contre et envers nous-mêmes. Ne privilégions pas nos intérêts individuels et partisans. N'offrons pas, naïvement, la corde pourpendre. nous

Même si nous avons été déçus par certains compatriotes mal inspirés ;  même si nous avons des appréhensions ; même si nous sommes en proie au doute et à l'incertitude, agissons, avec tous les compatriotes qui ne veulent pas de l'asservissement, pour gagner cette dernière étape de la lutte contre la recolonisation de notre pays. Soyons tous et toutes, ce jour-là du 2ème tour du scrutin, et présent(e)s, et prêt(e)s, pour remporter la victoire, pour consacrer notre rejet de l'esclavage moderne et pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre humanité. Faisons de ce jour du 2ème tour du scrutin, une date glorieuse que nous garderons ineffaçablement gravée dans nos cœurs et dans nos mémoires, une date illustre dont nous enseignerons, avec fierté, la signification à nos enfants, pour que ceux-ci, à leur tour, fassent connaître à leurs fils et à leurs petits-fils l'histoire de notre lutte ardente pour notre liberté. Pour notre souveraineté. Pour notre dignité.

Ivoiriens et Ivoiriennes, pour des raisons qui s'appellent le bon sens, l'honneur, l'intérêt supérieur de notre patrie, pour ne pas avoir à nous reprocher demain d'avoir bradé notre terroir à nous légué par nos aïeuls, pour ne pas avoir à regretter demain d'avoir agi sans réfléchir, réunissons-nous, comme les doigts d'une seule main, donnons nos voix au candidat Gbagbo Laurent. Au-delà de tout ce qu'on peut lui reprocher, Gbagbo Laurent a les acquis véritables et les aptitudes requises pour sauver et sauvegarder notre souveraineté. Gbagbo Laurent a le mérite d'œuvrer pour la dignité des Ivoiriens, des Africains, face aux néo-esclavagistes.

Certes, ce que nous demandons, ce à quoi nous aspirons, en tant qu'êtres humains et citoyens de notre pays, c'est : vivre décemment, en sécurité, en paix, en toute dignité en Côte d'Ivoire. Cette aspiration est légitime, comme le sont nos rancœurs et notre révolte face à nos conditions actuelles de vie... En effet, nous sommes révolté(e)s. Nous avons des griefs contre Gbagbo Laurent et son entourage. Mais, aujourd'hui, dans ce 2ème tour de notre élection présidentielle, il ne s'agit plus de Gbagbo Laurent, ni du FPI, ni du RHDP... Il s'agit de sauver la Côte d'Ivoire. Il s'agit de préserver le peu de liberté et de vie qui nous reste. Notre choix sera capital.

Voilà pourquoi, au 2ème tour du scrutin, je vous convie à voter Gbagbo Laurent.

Par nos suffrages à Gbagbo Laurent, sauvons notre pays qui est en péril de mort et prenons parti pour le sursaut national.


Vive la Côte d'Ivoire !  Vive l'Afrique !


Léandre Sahiri

Londres, 6 novembre 2010.

jeudi, 19 août 2010

COTE D'IVOIRE: FPI, TRAGEDIE D'UN PARTI QUI INCARNAIT L'ESPOIR

LOGO FPI.png

On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n'est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n'est‐ce pas là l'une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd'hui en Côte d'Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d'Ivoire après l'ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d'une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l'ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d'Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët‐Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d'Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d'Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d'Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne‐pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d'espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d'ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu'ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J'ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d'Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d'expérience, j'ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu'il ait une seule fois dit qu'il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C'est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd'hui au sein du FPI, et partant en Côte d'Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n'en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l'étaient hier M. Houphouët‐Boigny et M. Konan Bédié, de l'ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N'est‐ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l'abcès ? Alors pourquoi s'émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l'émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons‐nous pour la dignité du Noir, et de l'Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu'ils placent la Côte d'Ivoire au centre ou au‐devant de leur vision politique.

Aujourd'hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d'Ivoiriens ont embarqué, s'est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio‐économique. Au FPI, de l'idéalisme socialiste prometteur, l'on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l'Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d'Abidjan et d'ailleurs.

C'est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d'intérêts à la Côte d'Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d'Ivoire », pour parler comme le Président de l'Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l'idée, du moins porte à convaincre qu'ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d'Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien‐être des Ivoiriens. Le seul problème ou l'un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l'enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d'hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu'à l'espoir. (A suivre)


Sylvain de Bogou,

Directeur de la Rédaction, Le Filament.

sylvaindebogou@yahoo.com

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


Prochainement :

Le FPI, un parti gangréné et aux lendemains incertains.


S'abonner gratuitement au journal électronique libre et indépendant, LE FILAMENT:

Ecrire à sahirileandre@yahoo.fr

15:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne, Sortie de crise ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, fpi, le filament, sylvain de bogou, léandre sahiri | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA NOTION DU TEMPS ET DU FUTUR AU SENEGAL ET EN AFRIQUE

 

HORLOGE.jpg

Le temps doit être perçu comme une denrée précieuse, une ressource, un moyen d'action, de production, de réalisation, au même titre que l'homme (la force physique, les aptitudes intellectuelles, mentales, morales), au même titre que l'argent et d'autres moyens matériels et immatériels. D'où les questions suivantes : Comment l'Africain conçoit‐il, comprend‐il, apprécie‐t‐il le temps ? Comment l'Africain utilise le temps, cette denrée quotidienne, précieuse, naturelle ? Quel est le rapport de l'Africain avec le temps ? D'aucuns disent que les réponses à ces trois questions fondamentales restent plutôt négatives pour l'Africain. Celui‐ci aurait une « mauvaise appréciation et une mauvaise utilisation du temps », ce qui aboutit naturellement à des « mauvais rapports» avec le temps. Qu'en pensez‐vous ?

*

La notion du temps et du futur au Sénégal et en Afrique


Si l'homme pouvait disposer d'une machine à remonter le temps, il n'aurait aucune difficulté à vaincre la mort... Malheureusement, le propre du temps, c'est son mouvement définitif vers l'avant : le temps passe toujours, il ne s'arrête point, il ne recule jamais. Au Sénégal et en Afrique noire, on ne semble pas avoir compris que si l'écoulement du temps est fatal en soi, la trajectoire du futur est parfaitement maîtrisable. Cheikh Yérim Seck constate que : «Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de la production, l'Afrique n'attache aucune valeur au temps... Des comportements irrationnels, laxistes et amateurismes sont justifiés par une référence à ce qu'il est convenu d'appeler l'heure africaine. Ce qui doit être fait à 10 h en temps réel, va être fait à midi, heure africaine. En d'autres termes, les Africains ont choisi d'être les plus grands retardataires de l'humanité et de rester éternellement à la traîne ». La défunte compagnie Air Afrique avait fini par prendre l'éloquente appellation : «Air peut‐être»... Vieux Savané admet, malgré lui, qu'«une conception élastique du temps a forcément des conséquences sur le rendement ».

«Le refus de la tyrannie du temps» n'est peut‐être pas totalement blâmable. Anne Cécile Robert défend que «refuser la cadence ou la dictature du temps ne signifie pas refuser de travailler ou l'incapacité de travailler sérieusement ou avec dévouement. Cela signifie que l'acte de travail s'inscrit dans un rapport à la vie et à la sociabilité tout à fait différent ». Elle est donc loin de partager le constat paradoxal de Cheikh Yérim Seck, selon lequel «les Africains sont, sur la planète, les plus pauvres, les moins développés et plus réticents au travail ».

La postérité se prépare, l'avenir se construit, le futur s'invente. Le destin n'existe que lorsque toutes les voies de recours humainement possibles ont été épuisées ; le cas de force majeure ne peut être légitimement invoqué que lorsque l'événement incriminé est anormal, imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté de l'acteur. Le recours abusif à la sorcellerie et au fétichisme est un aveu d'impuissance face à la contingence présumée du futur. Il est révélateur d'une incapacité à mettre la raison et l'action au service d'un objectif rationnel et d'une tendance aléatoire et laxiste à obtenir un résultat voulu sans endurer les sacrifices correspondants.

La nonchalance de l'Africain face à l'épreuve et à l'urgence estelle une forme de résilience ou une marque de résignation ?

Le fatalisme suffit‐il à expliquer la léthargie de la culture africaine, «sa passivité, son manque d'ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s'imposent à elle et ne l'écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact, sans tomber dans un mimétisme abject ». Cette attitude irrationnelle de l'Africain face au temps et au futur mérite d'être diagnostiquée dans une optique curative.

De l'inertie et l'insouciance

La gestion optimale du temps, loin d'être une question de capacité ou de niveau d'instruction, relève d'abord de la culture individuelle et collective. Tout est lenteur en Afrique : la démarche, les salutations, la cuisson, le langage, etc. Et, l'on persiste dans l'inertie et l'insouciance «comme si l'espoir du bonheur à venir l'emportait sur les enseignements de l'histoire ». C'est cet espoir et cette attente pieuse de lendemains meilleurs qui poussent certains à faire un nombre élevé d'enfants, alors qu'ils n'ont même pas les moyens de se nourrir eux‐mêmes.

L'environnement et les conditions d'existence constituent aussi un facteur déterminant. La misère et la précarité réduisent les âmes à la recherche du minimum quotidien : il faut survivre aujourd'hui ; pour demain, on verra. La terrible pression des besoins vitaux finit d'ailleurs par grignoter la rationalité et imposer la formule : «Agir d'abord, réfléchir après». Dans ces conditions, la spéculation sur les futurs possibles s'égare dans les réalités de la débrouille quotidienne. Certains putschistes arrivent au pouvoir par l'épée, sachant parfaitement qu'ils risquent, eux aussi, de périr par l'épée. Mais, pour eux, la question de leur propre sécurité est une question future, l'essentiel est d'accéder aux délices du pouvoir dans l'immédiat, pour s'extirper d'une pauvreté acquise depuis la naissance.

Le dirigeant africain est très peu favorable à des investissements à long terme. Il préfère les actions tapageuses susceptibles de donner des fruits immédiats auxquels il va lui‐même goûter.

Au Sénégal, suite aux fortes pluies qui ont provoqué des inondations dans certains quartiers de la capitale notamment, on parle de report des élections législatives de 2006 pour le financement d'urgence des secours aux sinistrés. Les quantités de pluies recueillies sont certes inhabituelles, mais elles ne sont ni inédites, ni excessives outre mesure. Les causes véritables des inondations sont à rechercher dans la vétusté et la faiblesse des systèmes d'évacuation des eaux de pluie, l'imprévoyance des services chargés de l'assainissement, la construction de cités ou de bâtiments clandestins dans des zones de captage et d'accumulation d'eau, dans des bas‐fonds et des marigots temporairement asséchés. Ces causes sont sciemment ignorées au profit d'opérations ostentatoires de recasement. La prospective est donc sacrifiée sous l'égide d'options purement conjoncturelles. On reste confiné à l'immédiateté au lieu de s'ouvrir à une gestion anticipative et prévisionnelle. Qu'adviendra‐t‐il des élections combinées a venir, si de nouvelles inondations arrivaient en ce moment ?...

Dans le cas sinistre du bateau Le Joola, la déroute des services responsables à l'annonce de la catastrophe montre bien qu'aucun plan d'urgence véritable n'avait été conçu par anticipation, alors que le bateau, régulièrement surchargé et manifestement déséquilibré, portait, depuis sa mise en circulation, les germes du drame. En Gambie, pays au large duquel le bateau a chaviré, avec des corps retrouvés çà et là sur la plage, le ferry continue à faire la navette sur le Fleuve, sans distribution de gilets de sauvetage aux passagers...

Le Sénégal est l'un des pays d'Afrique les plus prolixes en matière de planification. La plupart des secteurs de la vie économique et sociale (santé, population, éducation, environnement, jeunesse, etc.) ont fait l'objet de documents de planification et de stratégie. Mais, peu d'efforts sont consentis dans la mise en oeuvre et le suivi de ces plans. Les séminaires d'évaluation et de capitalisation dans ce domaine sont généralement taillés sur la mesure d'un projet vorace de détournement d'une partie du budget affecté à l'organisation de la manifestation.

Il est évident que vouloir changer radicalement une attitude devenue habitude, un mode de vie devenu culturel, est une entreprise aussi prétentieuse que vaine. Mais, dans l'intérêt du rattrapage du retard économique et social de l'Afrique, le rapport de l'homme au temps ainsi que sa vision du futur gagneraient à s'insérer dans le cadre d'une culture du résultat efficient. Les défis urgents du développement doivent être relevés, avec diligence, afin que le capital temps épargné soit réinvesti dans d'autres combats. Les différents plans de développement pilotés par l'Etat devraient être conçus dans une mouvance réellement participative, afin que les populations bénéficiaires se les approprient et s'investissent activement dans leur mise en oeuvre. Les opérations d'exécution des contrats administratifs, des missions de service public, des plans de développement, des budgets régulièrement adoptés par l'autorité compétente, devraient être astreintes à des délais rigoureux sanctionnés par des pénalités de retard à l'encontre des responsables. Cela suppose que pour chaque tâche prévue, un responsable soit désigné avec précision et pertinence.

La gestion du temps n'est généralement enseignée que dans les écoles de management, comme si elle n'était qu'une exigence économique. La rationalisation du rapport de l'homme au temps est une condition du progrès. Elle intéresse donc tous les aspects de l'existence et mérite d'être érigée en préoccupation fondamentale dans les stratégies d'éducation populaire. Au vieux proverbe «Time is money», on pourrait ajouter «Time is life»...


Rosnert Ludovic Alissoutin

(in LE FILAMENT, N° 6 du 15 Juillet 2010)


S'abonner gratuitement au journal électronique libre et indépendant, LE FILAMENT:

Ecrire à sahirileandre@yahoo.fr

 

A QUI PROFITE LA REBELLION AFRICAINE ?

LIVRE SORO GUILLAUME.jpg

« Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'au bout pour que vous puissiez le dire ». (Voltaire).

A qui profite la rébellion africaine ?

Il y a quelques semaines, une des lectrices du Filament, Mme Emilie K., pour ne pas la nommer, m'a adressé une lettre, personnellement, pour me demander de donner un résumé et un commentaire du livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », écrit et publié, en 2004, par M. Guillaume Soro, Premier ministre ivoirien. Mme Emilie K. m'a aussi demandé de répondre aux questions suivantes : Qu'est‐ce qu'un rebelle ? Pourquoi et comment la rébellion est née en Afrique ? A qui profite la rébellion africaine? Qu'est‐ce que la rébellion apporte à l'Afrique ?...

Au‐delà de ma modeste personne, c'est, à ce que je pense, à nous tous et toutes, que Mme Emilie K. demande de réfléchir, très sérieusement, sur la rébellion et de tirer des leçons des rebellions africaines, comme hier on en a tiré des guérillas sud‐américaines. En attendant que des personnes bien outillées puissent apporter des réponses plus édifiantes aux questions que pose Mme Emilie K, je me vais m'atteler à dire, ici, ce que je pense, étant donné, n'est‐ce pas, que Mme Emilie K. m'a interpellé personnellement.

Du livre de Soro Guillaume

D'abord, en ce qui concerne le livre « Pourquoi je suis devenu un rebelle », je dois d'emblée avouer que, connaissant plus ou moins les raisons de la rébellion ivoirienne, à travers les diverses déclarations des rebelles eux‐mêmes, les reportages, et les dossiers de presse, je ne me suis sincèrement pas intéressé à le lire. Certes à tort, je le reconnais. A preuve, je ne puis actuellement pas en proposer un commentaire.

Mais, j'ai changé d'avis. Depuis quelques jours, j'ai passé la commande du livre et crois pouvoir le lire et être à même d'en parler dans l'une de nos prochaines parutions. Ceci dit, venons‐en à l'autre volet de la lettre de Mme Emilie K., notamment les questions.

Qu'estce qu'un rebelle ?

Une rébellion est un mouvement de contestation ou de remise en cause des autorités en place, ainsi que de refus, voire de négation de l'ordre institutionnel établi. Tel est le principe de base de toute rébellion.

Généralement, la rébellion a une base locale et une sphère de rayonnement régionale. En effet, elle naît toujours dans une région ou part communément d'une région donnée du territoire national et s'y cantonne. Pour justifier leur action ou leur mouvement, les rebelles mettent en avant la mauvaise répartition des richesses nationales, les disparités ou inégalités socio‐économique de l'espace national, tout cela brandi comme une injustice flagrante plus jamais insupportable, et comme des motifs de frustrations longtemps contenues, et dont il faut immédiatement se départir.

Voilà ce qui, en principe et au‐delà des motivations individuelles des leaders, sert de motifs fondateurs, d'alibi ou de justification sociale, politique, morale, psychologique ou intellectuelle à toute rébellion. Sur cette base, on s'attendrait a ce que les rebelles s'engagent dans des activités, des ouvrages ou des actions pratiques pour développer la région concernée. Mais non ! En lieu et place de tout cela, c'est‐à‐dire d'un mouvement « pacifique » de revendication régionale pour réparer les inégalités et les frustrations décriées, les rebelles défient les autorités et s'arment, sans doute pour conférer plus d'efficacité à leur action. Leur mouvement devient, alors, politique et surtout militaire, autrement dit, de violence. On en arrive alors, à une lutte armée. Ainsi, la stratégie, les méthodes et les buts changent, du tout au tout, et cela devient une autre histoire. En effet, ce qui, au départ, n'était qu'une soi‐disant expression de révolte locale et régionale, dégénère et devient un conflit national violent, comme on en a vu au Liberia, en Sierre Leone, en Côte d'Ivoire, etc.

Les rébellions ont la même logique

Les rébellions connaissent, toutes ou presque toutes, la même logique : mouvement régional uni, et enthousiaste au départ, une rébellion le demeure rarement jusqu'à sa fin ultime. Tout le monde sait qu'une rébellion prend fin, soit par la satisfaction entière et totale de ses revendications, soit par une victoire militaire nette, soit par la prise du pouvoir d'Etat, soit par une défaite militaire, soit par sa récupération par le pouvoir et l'ordre en place, soit par la dispersion de ses leaders et dirigeants dont la plupart sont contraints à l'exil ou réduits à la clandestinité intérieure...

On peut alors se demander : d'où vient‐il que la rébellion, qui, au départ, était un mouvement uni, en vient‐elle à se trouver divisée et fatalement affaiblie? La réponse est toute simple. C'est que, chemin faisant, des divergences et des divisions internes apparaissent entre les responsables du mouvement rebelle. Ces divergences qui, généralement, opposent les leaders et principaux dirigeants de la rébellion entre eux et les uns aux autres, sont basées sur des querelles de personnes ou sur des conflits d'intérêts égoïstes essentiellement matériels, financiers et sociaux, et ont un rapport direct avec le niveau d'instruction et de conscience des rebelles dont 95% sont des analphabètes ou demi‐lettrés. Ces divergences apparaissent dès lors que les objectifs premiers du mouvement (de contestation du départ) se trouvent altérés et rejetés en arrière‐plan, chacun agissant désormais, au sein de la rébellion, pour son propre compte et celui de son clan. La vision angélique et l'action unitaire du départ ayant fait place aux soupçons, à la suspicion et aux règlements de compte, eu égard aux spasmes ou fibres ethniques, aux positions sociales privilégiées acquises rapidement par certains chefs rebelles, positions qui les placent, de fait, aux postes d'honneur, souvent avec tapis rouge déplié sous leurs pieds, avec des voyages nombreux, officiels et officieux à l'étranger en première classe, des séjours dans les hôtels huppés avec suites, etc. Ces prérogatives ou privilèges finissent par convaincre les chefs rebelles que, si au sein du mouvement contestataire, on est toujours ensemble, en tout cas on n'est plus désormais les mêmes. Ainsi, même si les rebelles se parlent et se saluent encore, ce n'est désormais plus avec enthousiasme ou ferveur, etc. De ces faits, c'est à se demander à qui profite, en réalité, la rébellion ? Nous y reviendrons plus loin. Pour l'heure, intéressons‐nous aux cas singuliers de Jonas Savimbi et de Soro Guillaume.

Du cas exemplaire de Jonas Savimbi

Comme tout le monde le sait, c'est le 22 février 2002 que, à quelques six mois de son 68ème anniversaire, que M. Jonas Malheiro Savimbi, l'un des plus vieux rebelles d'Afrique, le chef de l'Union Nationale pour l'Indépendance Totale de l'Angola (UNITA, fondée le 13 mars 1966) est tombé au front, les armes à la main. En effet, c'est sur les bords de la rivière Luvuei, dans la province de Moxico, au sud‐est de l'Angola, non loin de la frontière zambienne, que le vieux chef rebelle a livré sa dernière bataille. Surpris par l'armée gouvernementale, il a été abattu, non sans s'être défendu.

Quinze balles logées dans son corps. Montré le lendemain à la télévision angolaise, son corps gisait sans vie, baignait dans son propre sang, son sang à lui Jonas Savimbi. Toutefois, il avait le visage serein et intact, les yeux mi‐clos. II a fini comme finissent tous les rebelles de son espèce, Samuel Doe, Fodé Sankoh, Ousmane Mané, Joseph Kabila..., qui, eux aussi, avaient défiguré leurs pays respectifs, par des guerres, par des violences, par des tueries sans nom...

L'Histoire retient que le leader de l'UNITA, M. Jonas Savimbi, avait résisté très longtemps, depuis 1962, au temps du FNLA (Front National de Libération de l'Angola, présidé par Holden Roberto). Pour lui, céder au MPLA aurait signifié l'humiliation suprême. Certes, Savimbi était à la fois un chef charismatique, un stratège, un nationaliste intransigeant. Avec un parcours exceptionnel, où le revers l'a, finalement, emporté sur le succès. Obstiné par une volonté farouche d'aller, tête baissée, jusqu'au bout de ses convictions, il reste, en définitive, un rebelle jusqu'au bout, du moins jusqu'à la mort. Tel est le sort de tout rebelle, c'est‐à‐dire de tout individu qui prétend rétablir ses concitoyens dans leurs droits, et qui ôte à ceux‐ci le premier des droits humains, à savoir, le droit à la vie. Telle est la leçon que devront retenir ceux qui, commandités ou commis pour tuer M. Laurent Gbagbo et prendre le pouvoir sans passer par la voie des urnes, ont hélas ! défiguré la Côte d'Ivoire et nous ont mis dans la ténébreuse et ignominieuse situation où nous nous trouvons depuis plus de 8 ans.

Ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro ».

En 2002, je me trouvais à Abidjan, en tant que professeur de Lettres à l'université de Cocody et intervenant à l'ENA, quand la guerre a éclaté en Côte d'Ivoire. En 2004, quand, j'ai appris que M. Soro Guillaume, chef des rebelles, fut de nos élèves au lycée de Korhogo, j'ai décidé, sans doute par déformation professionnelle, de lui adresser une Lettre ouverte pour lui dire ce que je pense et pour l'amener à bien situer sa responsabilité dans cette rébellion dont il se gargarisait, par des déclarations ronflantes et tonitruantes. Pour votre respect, je me permets de reproduire ici, ma « Lettre ouverte à Monsieur Guillaume Soro », qui semble être passée inaperçue, à l'époque, et dont Mme Emilie K. me donne l'opportunité de reparler. La voici, cette lettre ouverte :

« Monsieur Guillaume Soro,

Je vous envoie cette lettre en espérant qu'elle vous parviendra, que vous la lirez jusqu'au bout et que vous m'en donnerez réponse et avis.

Tout d'abord, je voudrais vous poser cette question : M. Soro Guillaume, d'où tirez‐vous votre légitimité pour prétendre nous imposer votre volonté et vos caprices de cow‐boys des films westerns d'antan, lesquels cow‐boys, hors‐la‐loi et sans civisme ni éducation, défient le Sheriff du district et imposent leur loi, par la force de leurs pistolets ? Sachez, M. Soro Guillaume, que cette époque est révolue. Les temps modernes nous commandent d'utiliser, de nos jours, même dans le Far West, la voie des urnes pour accéder au pouvoir, pour pouvoir marcher sur des tapis rouges et pour pouvoir prétendre diriger les hommes en vue, (tenez‐vous bien !), de contribuer à favoriser leur bien‐être et le progrès de l'humanité.

A votre avis, depuis que vous êtes rebelle, M. Soro Guillaume, qu'est‐ce que la Côte d'Ivoire a gagné ? Qu'est‐ce que les gens du Nord ont gagné ? Qu'est‐ce que vous avez ajouté à l'humanité ? Quelle image représentez‐vous pour le présent et le futur dans l'histoire ? Quelle leçon la jeunesse peut‐elle tirer de vos actes?...

Alors que les autres peuples sont dans des laboratoires et dans les usines pour fabriquer des ordinateurs, des médicaments, des avions, des machines, des appareils..., pour notre aisance et notre santé, vous et vos amis en armes (rebelles et ex‐rebelles), ainsi que vos alliés (connus et inconnus ou méconnus), n'avez aucune honte, aucun regret, ni remords, de tuer nos parents et nos amis.

Vous n'éprouvez aucune gêne, ni aucun dégoût à voir notre pays dans cet état lamentable, à vous faire payer sans travailler, à piller et à faire piller les ressources de notre pays ; vous êtes fiers de narguer nos autorités et nos élus, fiers de fouler aux pieds nos lois, nos institutions et notre Constitution, comme des gens sans éducation ni morale. Vous vous en enorgueillissez de nous imposer les chefs que vous, vous voulez sans même notre avis, sans notre accord, et sans élection, etc. Mais, on est où là ? Vous n'avez pas honte de publier des livres et de faire des déclarations et des tapages sur vos tueries et vos desseins diaboliques qui relèvent de la pure délinquance. Avez‐vous jamais compris que vous vous êtes ainsi déclaré à la face du monde, par vous‐même, délinquant de première catégorie et assassin en liberté ? Les preuves sont là, palpables, par vous‐même fournies, dans votre livre qui se résume en ceci : Je suis un rebelle et voici ce que j'ai fait et commis comme actes. Ce que les Ivoiriens ont subi, ce n'est ni un conte de fée, ni une rumeur... Oui ! M. Soro Guillaume, vous avez osé écrire cela ! C'est à se demander si l'on ne manque pas parfois de bon sens et d'« esprit des lois » (Montesquieu)?

M. Soro Guillaume, vous qui, à ce que je crois savoir, avez fait des études universitaires, devriez avoir honte d'agir comme vous faites. Arrêtez de vous comporter comme un cow‐boy ou un dozo (chasseur analphabète initié dans le maniement de fusil traditionnel). Arrêtez ça, ici et maintenant. Aucun rebelle n'a, il faut le savoir, longue vie. Et donc, vous êtes en train d'écourter, de miner votre espérance de vie, comme les Savimbi, John Garrang, Fodé Sankoh et autres rebelles qui croyaient que la nuit était si longue qu'il ne ferait pas jour. Et puis, vous savez, on connaît le sort des cow‐boys dans les westerns : le film finit quand finit la vie du cow‐boy, parce que toute chose a une fin.

M. Soro Guillaume, ceux qui vous financent, ceux qui vous poussent et vous encouragent à cet orgueil insensé, à ces fanfaronnades, à ces débilités, ne vous aiment pas du tout et sont vos ennemis premiers. Ceux qui vous suivent savent ce qu'ils y gagnent et se foutent éperdument de ce que vous y perdez. Ils ne vous ont pas conseillé la bonne voie, parce que vous êtes dans l'impasse. Et, je suis à me demander comment vous allez pouvoir vous en tirer, je veux dire, de ce sale drap. Zut ! Il vous faut revenir à la raison! Mais, cela exige, d'abord et avant tout, de mettre bas votre orgueil déraisonné et sans fondement ; cela vous impose d'arrêter de prendre des vessies pour des lanternes. Si, bien entendu, vous tenez encore à la vie qui vous tend les bras et qui vous a tant donné afin que vous soyez utile à l'humanité, et non pour détruire des vies humaines, non pour servir, sans vergogne ni envergure, des intérêts égoïstes, partisans, ethnocentriques, mesquins, utopiques, sataniques...

Il n'est jamais trop tard, dit‐on, et seul le repentir est votre unique voie de salut, quelque soit ce qu'il vous en coûtera. C'est ce que je pense. Du moins, tel est mon sentiment. Avec mes salutations distinguées et sans rancune ».

Je précise que je n'ai pas eu de réponse à cette lettre. Peu importe ! L'essentiel est que, aujourd'hui, M. Soro Guillaume est premier ministre, dans la république. Je pense qu'il m'a entendu. C'est un motif de satisfaction qui m'amène à répondre, pour terminer, à la question : à qui profite la rébellion ?

A qui profite la rébellion ?

On constate, en se référant à la rébellion ivoirienne, que trop de sang a coulé à Korhogo et Bouaké, à Abidjan, à Man, à Gagnoa..., partout, dans toute la Côte d'Ivoire, plus que jamais auparavant. Du sang des Ivoiriens comme des étrangers. Du sang des forces de l'ordre et des populations civiles comme des rebelles. « Nous avons eu plus de morts entre rebelles qu'entre nous et les Forces loyalistes », avait déclaré sur Rfi, M. Séhi Claude, chargé de communication d'IB à Paris. Ces pertes importantes de vies humaines ont endeuillé la Côte d'Ivoire et suscité partout animosité, rancoeur, indignation, colère et désirs de vengeance... Telles les réalités et les résultats de la rébellion ivoirienne.

On constate également que la rébellion ivoirienne n'a pas atteint son objectif qui était de prendre le pouvoir d'Etat. Loin de là. Aujourd'hui, M. Soro Guillaume est siège dans le gouvernement de Laurent Gbagbo. M. Soro Guillaume est premier ministre. M. Soro Guillaume mange à la même table que M. Laurent Gbagbo que, poussé ses mandataires et mû par des forces sataniques, il prétendait assassiner, ou tout au moins chasser du pouvoir pour accéder (lui ou un de ses commanditaires) à la magistrature suprême de notre pays. M. Soro Guillaume a abandonné le sentier battu de la violence sauvage, ignoble et inutile. En a‐t‐il tiré des leçons, de sa rébellion ? S'est‐il assagi ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines rabaissent les Africains au rang d'animaux sauvages et de barbares des temps anciens ? Sait‐il désormais que les rebellions africaines réduisent l'Afrique à l'état de jungle ou de champ de bataille permanent, comme du temps des Gaulois ou des vikings ? A‐t‐il compris que les rebellions africaines ont pour victimes les populations africaines, c'est‐à‐dire des femmes, des hommes, des enfants qui ne demandaient qu'à vivre et que, prétendant les rétablir dans la justice ou dans leurs droits, on éventre, on viole, on pille, on déshérite, on égorge, on assassine, on mutile, on chasse de leurs terroirs, on prive de leurs biens acquis durement et âprement ? A‐t‐il compris que ceux qui fabriquent les armes, nous les vendent ou nous arment ne sont pas responsables de l'utilisation que nous en faisons ? A‐t‐il compris que, par les rebellions, les Africains se révèlent les pires ennemis de l'Afrique ?... Par exemple, on sait que les conflits en RDC sont, en grande partie, liés à l'exploitation et au commerce du coltan. Le commerce du coltan aurait procuré aux rebelles et chefs militaires et à des civils rwandais et ougandais des ressources financières énormes et encourage la poursuite du conflit. Les alliés zimbabwéens, angolais et namibiens du gouvernement de Kinshasa sont aussi accusés d'avoir systématiquement pillé les ressources du Congo avec la collaboration de lobbies internationaux et de grandes compagnies aériennes qui arment les rebellions. Dans les circuits économiques, le commerce du coltan a été qualifié de «nerf de la rebellion», dans l'est du Congo. Des intrigues compliquées, qui stimulent l'action d'alerte des ONG. Il en va du coltan comme du diamant et de la RDC comme de la Côte d'Ivoire, ainsi que de tous les pays qui ont connu la rébellion. Tout cela, M. Soro Guillaume, M. Sidiki Konate et les autres membres des Forces Nouvelles (ex‐rebelles), je pense, l'ont compris. Et, c'est ça l'essentiel. Ils savent, et nous savons, à qui profite les rebellions africaines. Certes pas aux Africains. C'est ce que je pense.

Léandre Sahiri,

Directeur de Publication, Le Filament.

Source: LE FILAMENT N°6 du 15 Juillet 2010


S'abonner gratuitement au journal électronique libre et indépendant, LE FILAMENT:

Ecrire à sahirileandre@yahoo.fr

dimanche, 07 février 2010

CINQUANTENAIRE DE LA CI: PROPOSITIONS DE LEANDRE SAHIRI A L'AMBASSADEUR PIERRE KIPRE

 LOGO OFFICIEL CINQUANTENAIRE.jpg 

Londres le 01/ 02 / 2010

 

Monsieur le Président de la Commission Nationale Préparatoire du Cinquantenaire de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire,

Excellence,

             

Espérant que vous lirez cette lettre avec une bienveillante attention jusqu’au bout, je voudrais, en tant qu’intellectuel et citoyen ivoirien, membre de la sous-commission préparatoire du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire pour la circonscription du Royaume-Uni, porter à votre connaissance les faits ci-après.

 

Comme nous le savons tous, c’est en 1960 que la plupart des pays d'Afrique sub-saharienne ont obtenu leur indépendance. Et donc, cette année 2010, un demi-siècle plus tard, nous nous apprêtons à célébrer, à sa juste dimension, le cinquantenaire de cet événement d’importance et de résonnance particulières pour nous.

 

Pour ma part, je conviens avec nombre d’Africains et d’amis de l’Afrique que ce cinquantenaire doit être l’occasion pour nous de faire le bilan des cinquante années passées, de faire l’état de nos lieux à cette étape de notre Histoire, de poser la question de notre autonomie économique, de trouver les moyens de mettre en place une monnaie commune à nos États hors du giron français, de réfléchir sur les stratégies à mettre en œuvre afin que le demi-siècle à venir soit celui d’une indépendance vraie pour l’Afrique.

 

A ce propos, quoique la situation de l’Afrique ne soit pas ce qu’elle était en 1960, quoique l’année 1960 soit vue dans les discours officiels comme un moment faste pour le retour de la liberté des peuples constitués en Etats neufs, ayant leurs attributs spécifiques (drapeaux, hymnes, constitutions, etc.) au même titre que les puissances coloniales d’hier, quoique la Coupe du monde de football qui aura lieu, cet été, en Afrique du Sud, soit tout à l'honneur du continent africain, nombre d’Africains, pour le moins éclairés, lorsqu’ils parlent des cinquante années des soleils des indépendances africaines, n’hésitent pas à appeler de tous leurs vœux « une deuxième indépendance », pour dire qu’il nous reste à conquérir notre vraie indépendance, y compris notre indépendance économique, sans laquelle notre souveraineté politique demeure aujourd’hui encore et toujours une pure illusion, vous le savez.

 

Ces Africains sans doute mettent en avant, et je souscris à cette thèse, le fait que plus de 80% des populations africaines vivent sous le seuil de pauvreté, peinent à s'assurer un repas convenable par jour, à se soigner convenablement, à bénéficier des conditions adéquates d’éludes et de promotion, et aussi du fait que le chômage des jeunes diplômés demeure une épidémie, entre autres maux.

 

Ces Africains estiment, et je souscris à cette thèse, que, de ce fait, le moment est venu de nous réapproprier et de maîtriser notre propre destin, de trouver en nous-mêmes et par nous-mêmes les moyens de faire face à notre humaine condition, de lever la tête et de sortir du calvaire infernal de l’esclavage permanent insinué et institutionnalisé par le « Code noir » promulgué par le roi Louis XIV, en 1685.

 

Ces Africains préconisent, et je souscris à cette thèse, que l’année 2010 soit vue et vécue comme le point de départ d’une nouvelle ère pour nous Africains.

 

Ces Africains considèrent, et je souscris à cette thèse, que, cette année, l’opportunité nous est donnée de nous atteler à élaborer un projet sérieux de décolonisation et de développement, à induire avec intelligence les moyens de notre libération, à réviser tous les contrats léonins passés avec les pays occidentaux qui ont soin de penser et de décider en notre lieu et place, à soulever le problème crucial de nos indépendances : des indépendances ankylosées par la misère et le déficit moral dans la gestion des affaires publiques, empestées par les rebellions et les dictatures, confisquées par une armée étrangère sur nos territoires pourtant dits souverains et des gouvernants irresponsables aux pratiques d’arrière-garde, dévidées économiquement par une monnaie dont la maîtrise nous échappe, mises à mal par des conflits plus ou moins ouverts où des Africains n’ont ni honte, ni scrupule à étaler leur barbarie, à se révéler les « pires ennemis de l’Afrique », etc.

 

Telles sont, je crois, les préoccupations qui doivent être les nôtres et qui, sans doute aucun, ont inspiré le président Laurent Gbagbo à proposer de faire, de cette année 2010, une année exceptionnelle, ainsi que de donner une grande envergure à la  célébration des cinquante ans de notre indépendance.

 

Et, Excellence, en nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire » de cette commémoration le grand historien, l’éminent universitaire et homme politique que, à nos yeux, vous êtes censé incarner, le président Laurent Gbagbo vise, je crois, à ce que soient proposées et organisées des manifestations et des activités qui sortent, absolument, du folklorique, du tintamarresque et qui se situent au-delà du cadre routinier habituel de l’«Indépendance Cha Cha ».

 

Excellence, en vous nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire », le président Laurent Gbagbo s’attend, je crois, à ce que vous fassiez émerger cette manifestation de ce que Blaise Pascal appelle le « divertissement », à savoir : les bals populaires, les soirées dansantes, les défilés de mode, les matches de gala, etc., c'est-à-dire tout ce qui atteste que « l'homme africain n'est pas entré dans l'Histoire » (Nicolas Sarkozy), tout ce qui réduit l’Africain à sa plus simple expression : le « nègre Banania ». En vérité, il nous faut, s’il vous plaît,  saisir l’occasion de nous élever au-dessus des contingences immédiates et de nous comporter en êtres pensants » (Houphouët Boigny).

 

Excellence, en vous nommant comme « Président de la Commission Nationale Préparatoire », le président Laurent Gbagbo s’attend, je crois, à ce que nous ne nous laissions pas distraire par l’idée du grand folklore que prépare la France et dont l’objectif inavoué est que nous soyons toujours et encore occupés à nous amuser,  à danser, à jouer, au lieu de mener notre propre introspection. Le but du jeu est connu : il s’agit  de nous distraire afin de  nous détourner de poser les vraies questions, afin de ne pas rechercher les vrais remèdes à nos maux, afin que nous continuions à nous préoccuper des choses viles et non essentielles à nos vies ; il s’agit  de célébrer la Françafrique ou la francophonie comme notre seul salut, pour continuer à nous chosifier, à nous instrumentaliser et à nous exploiter ; il s’agit  de continuer à écrire notre histoire avec la même encre noire...

 

A preuve, Excellence, selon le programme officiel, « la France va honorer, cette année, ses anciennes colonies, notamment en faisant défiler des troupes africaines sur les Champs-Elysées, le 14 juillet et en recevant, en invités spéciaux, des ballets et chefs d’Etats africains pour les festivités ».

 

Et donc, bien évidemment, il ne s’agira pas de parler du contenu de nos indépendances, comme on peut s’en rendre compte : on ne tirera pas le bilan politique, économique, social, culturel de nos cinq décennies d’indépendances ; on ne posera pas le problème de notre libération totale ;  on ne célébrera pas les grands acteurs de nos indépendances, ni les savants et créateurs africains ; on ne dégagera pas les perspectives d’avenir pour nous-mêmes et pour les générations à venir. Non !

 

Et pourtant, ce  sont là, de mon point de vue, les vraies préoccupations qui doivent, en ce moment, être les nôtres et qui doivent être au cœur de la célébration du cinquantenaire de notre indépendance.

 

Eu égard à ce qui précède, je voudrais, par-dessus tout, vous savoir gré et vous féliciter, Excellence, d’avoir mis au cœur de cette commémoration un Colloque international et pluridisciplinaire qui se tiendra à Yamoussoukro (Palais de la Fondation Félix Houphouët-Boigny) du 1er au 4 août 2010, et qui réunira, des experts, mais des vrais, autour du thème suivant : « Les 50 ans des indépendances africaines : bilan et perspectives d'avenir». En tout cas, je suis fier et fort heureux qu’une telle initiative soit venue de notre pays et que les moyens conséquents en aient été mis à votre disposition, du moins autant que je sache.

 

Malheureusement, votre « appel à communications » semble être passé totalement inaperçu, du moins à ma connaissance, sinon sauf erreur de ma part. Aussi, serait-il bon que cet appel soit (re)diffusé le plus largement possible, par toutes les voies et moyens possibles.

 

Par ailleurs, le Colloque devant se tenir en août 2010, il serait également bon, pour ce qui est des « propositions de communications »,  de revoir, du moins de proroger la date de clôture, fixée préalablement au  30 décembre 2009.

 

Il serait tout aussi bon que nous ne restions pas là à seulement attendre des propositions de communications. Au contraire, nos efforts et nos moyens doivent être réunis à rechercher avec torche, à recenser et à inviter tous ceux des Africains et toutes celles des Africaines et autres scientifiques, intellectuels…, - et ils sont légions- à même de conduire cette réflexion, à même d’alimenter positivement et sereinement les débats de ce colloque dont les actes devront être édités, publiés et largement diffusés. 

 

Outre ce colloque dont le bien-fondé n’est plus à démontrer, je voudrais proposer les activités et manifestations suivantes :

 

  1. 4 concours littéraires et artistiques interafricains dotés de prix, dont l’un à l’attention des écrivains en herbe :

1) Œuvres (genres au choix) publiées entre 1960 et 2010 qui auront profondément marqué nos esprits et nos vies ou susceptible d’être considérées comme livres de chevet ;  

2) un essai politique ;

3) Presse ;

4) œuvre d’art. (NB : L'art englobe principalement les produits des « beaux arts » tels que l'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la danse et la poésie (et donc la littérature), auxquels on ajoute le cinéma, la gravure, le théâtre, la photographie, la bande dessinée, la télévision, voire l'art numérique).

 

  1. Des expositions d’art (ambulantes et ouvertes au grand public) : donner les moyens et l’opportunité à nos talentueux artistes de se faire connaître, de faire la promotion de leurs œuvres, au plan national et international.

 

  1. Des projections de films produits, réalisés entre 1960 et 2010 :

a) des films montrant les héros des indépendances et autres grandes figures de notre histoire ;

b) des films soulevant les problèmes africains et visant à nous faire prendre conscience de notre être, de nos responsabilités et de notre devenir.

 

  1. Des table-rondes et des conférences sur les thèmes suivants : La problématique du Franc CFA ; la pauvreté ; l’éducation ; l’actualité du Code Noir ; la diffusion de la pensée ; l’édition ; la santé ; le pouvoir et la bonne gouvernance ; les ambassades et représentations diplomatiques africaines : missions et activités ; diplomatie et coopération, les libertés et les droits ; la liberté de presse ; parti unique et multipartisme, la démocratie, les élections ; les constitutions, la jeunesse ; la condition féminine ; etc.

 

  1. Des expositions d’œuvres scientifiques par les créateurs et inventeurs africains pour servir de modèles aux jeunes, pour révéler au monde le génie africain, pour combattre le complexe d’infériorité et les préjugés de tous genres.

 

  1. La vulgarisation des œuvres littéraires (ouvrages, récitals, et spectacles divers) qui visent  à favoriser la prise de conscience et de responsabilité, telles que Monsieur Thogo Gnini (B. Dadié), Les Sofas (B. Zaourou), Tribaliques (H. Lopes), Le Code noir de Louis XIV (L. Sahiri), Une saison au Congo (Césaire), Le Franc CFA et l’Euro contre l’Afrique (N. Agbohou), Le crime d’être noir ( C. Bassidiki), Les Bouts de bois de Dieu (O. Sembene), La carte d’identité ( J. M Adiaffi), En attendant la liberté (G. Oupoh), entre autres.

 

En vous remerciant, Excellence, de votre bienveillante attention et vous félicitant, par avance, du succès de cette commémoration, je vous prie de bien vouloir agréer, Excellence, l’expression de ma considération distinguée.

 

Léandre Sahiri. (Membre de la Sous-commission Préparatoire du Cinquantenaire de la Côte d’Ivoire pour la circonscription du Royaume-Uni, Chargé des expositions d’œuvres d’art, concours littéraires ou scientifiques autour de l’idée d’indépendance. sahirileandre@yahoo.fr).

mercredi, 13 janvier 2010

LIVRE-NOUVELLE PARUTION: "AGIR POUR LA VICTOIRE DE LAURENT GBAGBO"

COUVERTURE AGIR.jpg

Auteurs : Léandre Sahiri, Sylvain de Bogou et Serge Grah

Editions Kasimex

Couverture : Quadri Recto / Verso, pelliculé. Format  A5, 56 pages.

 

Léandre Sahiri : C’est avec un grand et réel plaisir que je vous annonce la sortie de mon nouveau livre intitulé : « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo », écrit en collaboration avec Sylvain de Bogou, journaliste et écrivain à Londres et Serge Grah, journaliste et chargé d’édition, Chroniqueur littéraire, à Abidjan. Ce livre est paru aux Editions Kasimex, en France, et imprimé pour les besoins de la cause en Côte d’Ivoire. Il est disponible en librairie depuis le 08 janvier 2010.

Pourquoi ce livre ?

Nous publions ce livre, à l'approche de l'élection présidentielle, en vue de mieux faire connaître le candidat Laurent Gbagbo, ses actions, ses idées, sa vision de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et du monde. Et ce, à travers sa biographie, ses interviews, ses discours, ainsi que des témoignages et des prises de position de personnalités diverses. Parce que nous estimons que, de tous les candidats, M. Laurent Gbagbo est, inexorablement, en dépit des errements et des imperfections de son régime, le Président idéal pour diriger notre pays, dans l'état actuel où il se trouve.

En effet, faisant fi des sirènes de milliards qu’on nous promet, nous avons choisi de publier ce livre pour convier nos compatriotes à soutenir M. Laurent Gbagbo, à agir, à participer activement à sa campagne électorale, et, par-dessus tout, à lui accorder leurs voix pour sa victoire, notre victoire. Car, un autre choix nous défavoriserait.

Mais, au fait, qu’entendons-nous par : « agir » ? Pourquoi agir pour la victoire de Laurent Gbagbo? Comment agir pour gagner ? Faut-il désespérer de la « refondation » ? Pourquoi un choix autre que Laurent Gbagbo nous défavoriserait-il ?...

Vous aurez toutes les réponses à ces questions, en lisant « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo ».

Par la même occasion, nous vous annonçons que la présentation officielle du livre et des séances de Dédicace sont prévues. Nous vous en tiendrons informé(es).

Avec mes compliments.

Léandre Sahiri

 

Les auteurs :

 

Léandre Sahiri. Docteur ès lettres de l'Université de la Sorbonne, Paris. Professeur de Littérature. Critique littéraire... Il a enseigné dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d'Ivoire et au Canada. Il est l’auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d'actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l'anglais ; Monica ou De l'injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes, etc.

 

Sylvain de Bogou est journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l'anglais et le français. Il est titulaire d'un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d'enseignant-chercheur. Il est l'auteur de plusieurs articles de presse et d'un recueil de poèmes Unfinished Symphony qui vient de paraître aux Editions AuthorHouse, en Angleterre.

 

Serge Grah est journaliste et chargé d’édition dans une maison d’édition en Côte d’Ivoire. Chroniqueur dans le magazine littéraire ivoirien Point de Lecture. Ambassadeur Universel de la Paix. Il est l'auteur, de Kolou le chasseur (Littérature enfantine) et Une saison au purgatoire (poèmes).

 

Distribution / Diffusion :

Librairie Carrefour Siloe (Cocody Saint-Jean)

22 Boulevard de France – 08 BP 326 ABIDJAN 08 (Côte d’Ivoire)

Tél. 00 225 22 44 23 70 / 00 225 22 44 81 71

Fax : 00 225 22 44 54 96

 

Contact :

Pour plus d’informations et pour commander ce livre, contacter : Mlle Honorine Koudou 

Par Tél. : 00 225 07 21 57 70 / 00 225 01 17 38 55

mardi, 01 décembre 2009

LEANDRE SAHIRI: DROIT DE REPONSE A TIBURCE KOFFI

30 novembre 2009.

 

Bonjour Tiburce,

 

TIBURCE KOFFI.jpgJ'ai lu avec attention ton commentaire à propos de « Ma Lettre Ouverte au candidat Laurent Gbagbo », publiée le 12 novembre 2009, et où j’avais écrit ceci :

« Monsieur le Président,

[…] Persuadé que, vous êtes le candidat qui, milite le mieux pour le sursaut national et les idéaux de progrès pour notre pays en particulier, et pour l'Afrique en général, et au total, pour la dignité de l'homme face aux néo esclavagistes, je soutiens sans faille votre candidature. Par la même occasion, j’en appelle à tous ceux et à toutes celles de mes connaissances et de mes relations, y compris mes amis, mes parents proches et lointains, mes anciens camarades des Syndicats des enseignants du Secondaire et du Supérieur (SYNARES, SYNESCI) et du Mouvement Ivoirien Pour le Droits Démocratiques (MIDD), mes anciens élèves, étudiants et collègues…, à vous donner, Monsieur le Président, leur voix pour une éclatante « victoire, par la voie des urnes»... ».

 

Cher ami, réagissant à mes propos ci-dessus et, comme faisant, en lieu et place du destinataire, suite à cette lettre, tu m’as adressé le commentaire suivant :

«Tu en auras vraiment mis du temps, hein, pour décliner ton statut (que je savais, moi) de militant du FPI et de bras séculier du dictateur. Ton appel aux enseignants à soutenir un voleur et un criminel comme Gbagbo, qui va finir devant le TPI, est purement ridicule.

Heureusement pour ce pays : ta voix et ta signature ne signifient rien et ne représentent rien en Côte d'Ivoire. Qui te lit ici ? Viens faire une dédicace en Côte d'Ivoire, et tu verras le nombre de lecteurs qui effectueront le déplacement pour toi. C'est malheureux ! Triste et malheureux !!!

  Ah tiens : je croyais que le PDCI était un parti de gens pourris. Et ce sont, aujourd'hui, les cadres d'un parti nul comme le PDCI, qui sont devenus subitement vos références, pour gagner des élections. Vous ne savez pas ce qu'est la honte, vous autres ! Pitié pour vous.

Puis-je t'en vouloir ? Non, pas du tout : ce n'est pas la première fois que des lettrés soutiennent des régimes de voleurs, d'assassins et d'imposteurs...

NB : ne confonds pas le statut de lettré à celui d'intellectuel ; moins encore à celui d'écrivain. Créer une maison et s'auto éditer ne fait pas écrivain ».

 

Cher ami, après avoir lu ton « commentaire », ma vision de la vie et mes engagements personnels m’ont d’emblée incliné à ne pas te répondre, c’est-à-dire : garder le silence. Parce que, bien souvent, le silence, dit l’adage, est d’or. Parce que, bien souvent « le silence est grand, et tout le reste faiblesse…», disait Alfred de Vigny.  Alors, j’ai été longtemps tenté de m’abstenir de te répondre.

 

Mais, convenu que le silence, comme l’obscurité, est opaque et préjudiciable ; entendu que ce n’est pas forcément une vertu de tout supporter sans rien dire ; considérant que garder le silence, ce serait, en fait, rester passif, du moins avaler ma propre langue et laisser altérer la vérité, j’ai fini par céder au réflexe de donner suite à ta lettre, bien entendu, en usant de mon droit de réponse et par devoir de vérité. Je te parlerai ici, sans fanfaronnade comme d’habitude, et surtout sans autre souci que celui de faire la lumière sur un certain nombre de points que tu soulèves dans ton « commentaire ». Ceci nous évitera de nous brouiller pour rien et de nous éloigner de la vérité qui, n’est-ce pas, nous préoccupe.

Lire la suite

15:44 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : léandre sahiri, tiburce koffi, droit de réponse | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 21 novembre 2009

ET DE SEPT POUR LEANDRE SAHIRI!

LIVRE ACCUSATIONS.JPG

Léandre Sahiri, un auteur prolifique! Et de sept pour le brillant homme de lettres ivoirien. Pour vous donner une idée de la grande richesse et de la qualité de cette dernière production, je vous en propose (ci-dessous) la préface. Un texte signé Sylvain de Bogou*. Bonne lecture!

 

 

 

Il est d’abord à remarquer que Léandre Sahiri a pondu une oeuvre dense, intéressante à lire et à enseigner.

 

Au total, 43 poèmes mis à notre disposition et qui révèlent l’une des multiples facettes de cet éternel insatisfait, de cet écrivain prolixe et iconoclaste aux sources d'inspiration variées, spécifiquement intéressé par la promotion des valeurs humaines et rêvant du meilleur des mondes possibles...

 

Au commencement, le poète, en une réflexion interrogative, accuse, nous accuse et s’accuse lui-même,  dans le premier poème éponyme qui justifie bel et bien du titre du recueil « Accusations » :

« Pourquoi toujours trouver

En autrui

Le responsable de nos maux ? »

 

Et, comme répondant, lui-même, à cette interrogation, il lance une invite à chacun et à chacune de nous : face à toutes crises, nous devons  effectuer, en toutes circonstances, une réelle introspection individuelle et, si besoin est,  collective, en vue de trouver les causes de nos maux et les cures idoines :

« Au lieu d’accuser les autres

Accusons-nous 

Nous-même

D’abord ».

 

Dans le même ordre d’idées, et utilisant la parole de Zarathoustra, du moins feignant de se dissimuler derrière ce personnage mythique, Léandre Sahiri nous somme instamment de puiser résolument en nous-mêmes les ressources suffisantes et nécessaires pour trouver les solutions à toute crise que nous vivons. En d’autres termes,      

« … chacun de nous… (doit)

… se confronter à

Sa propre guerre intérieure… ».

 

Le deuxième poème du recueil, notamment « Zarathoustra », ouvre la page des dénonciations des manipulations politiques, domaine dans lequel d’ailleurs Léandre Sahiri excelle.

 

De ce point de vue, on lira avec intérêt les poèmes suivants : « Il n’y aurait pas de guerre » où il accuse les dirigeants d’avoir beau jeu d’allumer partout des foyers de tension (guerres, rebellions…), pour ensuite envoyer à l’abattoir les enfants des autres et faire semblant de jouer aux pompiers, alors que c’est eux les pyromanes ; « Mal à l’Afrique » où il accuse les Africains d’être les premiers ennemis de l’Afrique et de favoriser, consciemment ou inconsciemment, la spoliation et la paupérisation du continent, berceau de l’humanité et de la civilisation, terre qui, on ne peut le nier, regorge de ressources et de richesses (or, diamant, cacao, bauxite, manganèse, coltan, agrumes...) et qui, cependant, est en proie, on ne peut le nier non plus, à d’énormes difficultés… :  trop de problèmes, trop de manques, trop de souffrances, etc.

 

Dans un tel contexte environnemental, on en vient à se demander : la vie a-t-elle encore un sens ? (Ou plutôt) comment donner du sens à la vie ?

 

Cette question fondamentalement existentielle, Léandre Sahiri nous invite à la reposer dans ses poèmes « Zégloubèdè», « Comme des moutons », « Là-bas dans mon pays », « Insomnie », « L’Inutile », « Décrétale d’exil », « A mon peuple »…, dont les personnages pourraient être l’un ou l’une ou l’autre d’entre nous.

 

LEANDRE SAHIRI.JPG

 

Par exemple, on pourrait imaginer aisément que, lorsqu’il nous accuse d’encombrer nos vies de choses  inutiles et de nous accommoder de « l’inutile », lorsqu’il célèbre l’idéal politique dans « A Gabriel Péri »…, ou bien lorsqu’il stigmatise les dérives de la jouissance du pouvoir dans « Nguur » et « Inconscience », Léandre Sahiri fait un clin d’œil particulier, voire donne une griffe, à ses camarades de lutte d’hier, parvenus à la haute marche de l’échelle sociale et étatique, aujourd’hui aux commandes dans son pays d’origine, qu’il accuse de

« Brader

Nos idéologies communes

Hier avec hargne défendues

Et aujourd’hui

Par les réalités de la jouissance du pouvoir

A rude épreuve mises »

Par-delà les thèmes, ce qu’il nous paraît intéressant de souligner dans « Accusations », c’est l’abondance des symboles et des images ; c’est également la grande maîtrise de la langue, ainsi que la qualité du langage de l’auteur.

En effet, Léandre Sahiri refuse volontiers le langage ésotérique qui empêche bien souvent de s’immerger dans une œuvre poétique. Il  a, dans « Accusations », choisi de s’exprimer dans un langage simple et accessible à tous. Il brise ainsi les « murs sécurisés » qui entourent la poésie classique.

Sans doute, veut-il, en procédant ainsi, loin d’enlever à la poésie son essence et sa substantifique moelle, faire de ce genre d’écriture quelque chose qui rime avec notre temps et nos réalités.

 

Sans doute, veut-il, en sa qualité de professeur de Lettres et critique littéraire, prôner une poésie d’actualité qui aborde directement les sujets, sans détours, sans faux-fuyant, sans accroche-cœur, sans sourciller, en toute liberté…

 

Le recueil est, comme nous l’avons souligné plus haut, immense et dense. Et, il n’est pas dans nos forces de prétendre en épuiser la présentation en quelques pages. D’ailleurs, tel n’est pas l’objet d’une préface.

 

Cependant, il nous semble impérieux et important de préciser  qu’on ne sort pas vierge de la lecture de cet amas d’« accusations ». C’est une machine qui transforme et façonne, profondément, positivement, du moins à notre avis. Chacun ou chacune s’y retrouve. On y est parfois surpris par des révélations qui nous touchent, qui nous concernent singulièrement, au point qu’on est, de temps à autre, amené à se demander si, avant d’écrire, Léandre Sahiri, éventuellement, ne nous espionne pas, ou n’enquête pas sur nos vies privées.

 

En tout cas, ceci, entre autres aspects, impose « Accusations » comme une grande oeuvre littéraire que nous apprécions et dont nous avons plaisir à recommander la lecture.

Sylvain de Bogou*

Londres, mai 2009

 

* Sylvain de Bogou est  journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l’anglais et le français. Il est titulaire d’un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d’enseignant-chercheur. Pour son franc-parler dérangeant, son non-conformisme, son engagement politique…, ou on l’approuve, ou on le réprouve. Sa soif de savoir le « contraint » à s’intéresser à presque tous les domaines de la connaissance. Il déclare avoir deux ennemis jurés qu’il combat de toutes ses forces, à savoir l’ignorance et l’injustice. Il est l’auteur de plusieurs articles de presse et d’un recueil de poèmes qui vient de paraître « Unfinished Symphony ».

21:06 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léandre sahiri, accusations, poèmes, écrivain ivoirien, sylvain de bogou | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 03 novembre 2009

LEANDRE SAHIRI: MA LETTRE OUVERTE AU CANDIDAT GBAGBO

 LAURENT GBAGBO.jpg

 

 

Monsieur le Président et cher frère,

 

Je viens de lire dans le journal malien « Le Républicain » du 28/10/2009 (via Abidjan.net), le compte-rendu de la rencontre que vous avez eue avec les cadres du FPI, le mercredi 21 Octobre 2009, lors du séminaire organisé dans votre village natal, dans le but de réfléchir sur la stratégie à adopter pour réussir votre campagne électorale et pour vous faire réélire sans conteste.

 

Je voudrais, en tant qu’intellectuel et citoyen ivoirien, réagir par rapport aux propos que vous avez tenus à cette occasion et, faire part, à quelques jours du scrutin du 29 novembre prochain, de ma position en ce qui concerne votre candidature.

 

Je vais, Monsieur le Président, en m’adressant à vous, dans cette lettre, laisser parler mon cœur, certes. Mais, je pense pouvoir dire la vérité. Car, la vérité est une chose tellement précieuse qu'on doit la partager. Et puis, lorsque la vérité triomphe, ici ou ailleurs, c’est toujours, comme dit Philippe Alexandre, la dignité de l’homme qui gagne. Mais si, d’aventure, en voulant dire la vérité, mes propos gênent ou blessent quelques personnes ou vous-même, je m’en excuse par avance, car tel n’est pas mon intention.

 

A propos de votre Directeur et

de votre équipe de campagne

 

Tout d’abord, un mot sur le choix de votre directeur de campagne et la composition de votre équipe de campagne.

 

Pour diriger votre campagne, vous avez, au détriment des dignitaires de votre parti, le FPI, coopté M. Issa Malick Coulibaly, quoiqu’il soit un nouveau venu dans votre entourage. De même, pour la composition de votre équipe de campagne, vous avez, aux « barons » du FPI, préféré des personnalités d’autres partis, regroupées sous le label « La Majorité Présidentielle » (LMP). Ce faisant, Monsieur le Président, vous avez, au-delà de la volonté affichée d’ouvrir votre champ d’action vers d’autres horizons, enfin pris vos responsabilités vis-à-vis des « barons » du FPI qui ont vidé de leur contenu les actions et les principes de justice sociale que, en arrivant au pouvoir en 2000, vous avez promis instaurer sous l’égide de la « refondation » et à travers le slogan « gouverner autrement ».

 

Ces « barons », se prétendant « protégés », intouchables, nous ont assez exaspérés par leurs exactions, leurs détournements et leurs arrogances, que vous avez, Monsieur le Président, stigmatisés en ces termes : «Vous êtes tous devenus riches, arrogants, je ne vous reconnais plus… Si j’envoie des gens comme vous devant les populations, c’est que je ne veux pas me faire réélire». Cinglant désaveu, certes, de ces « anciens pauvres d’hier » devenus subitement de « nouveaux riches », en abusant de notre confiance, et en profitant de nos sacrifices pour, contre toute attente et à nos dépens, reproduire, en pire, les erreurs d’hier que, dans nos tribunes et dans nos forums, nous pourfendions de toutes nos énergies.

 

Ils se sont bâti, ces « anciens pauvres d’hier », des fortunes et des châteaux sur le socle des misères et des souffrances des populations. Et ça, nul ne l’ignore, Monsieur le Président.

 

Ils ont, ces « anciens pauvres d’hier », érigé une haute muraille autour de vous, Monsieur le Président, pour nous empêcher de vous approcher, de vous apporter certaines informations, d’échanger avec vous comme par le passé, et qui pis est, pour nous faire passer pour des brebis galeuses, bien souvent sur la base d’allégations mensongères et d’amalgames abjects.

 

Et, croyez-moi, Monsieur le Président, nous désespérions... Nous désespérions de la deuxième république. Nous désespérions même de vous, quand, fort heureusement et à bon escient, vous avez réagi. Pour bien faire, il n’est jamais trop tard.

 

Même si ce n’est pas trop tôt, même si la sanction prise n’est pas appropriée, ni à la mesure des délits et méfaits, du moins à mon avis, le mérite vous revient, quand même, Monsieur le Président, d’avoir enfin réagi. Sans doute, pour sonner le glas de cette époque.

 

Le mérite vous revient également, Monsieur le Président, d’avoir dit haut et fort que, par leurs comportements, les dignitaires du FPI nous ont trahis. Ce sont des traîtres : « Quand on créait le FPI on était 5, Adou Assoa, assis ici en était un. Nous n’avions pas pour objectif ce que vous faites... Ne pensez pas que c’est à moi que vous faites du mal. C’est bien à vous-mêmes que vous le faites, parce que c’est vous qui allez perdre vos postes». Nul mieux que vous, Monsieur le Président, ne pouvait assener ces vérités.

 

Vos propos rappellent la teneur de mon poème intitulé « Nguur », (mot Ouolof, du Sénégal, qui signifie : la jouissance du pouvoir). Ce poème, publié pour la première fois en 2000, comme d’ailleurs ma lettre ouverte à vous du10 août 2004, m’avait attiré les foudres de nombre de cadres et autres dignitaires du parti. Et pourtant, il suffisait de l’entendre autrement, ce poème, et on aurait peut-être pu nous épargner quelques uns de ces scandales en cascade que nous déplorons tous aujourd’hui.

 

Les élections doivent avoir

effectivement

lieu le 29 novembre 2009

 

Sachez, Monsieur le Président, que, comme M. Mamadou Koulibaly, le président de notre Assemblée Nationale, nous sommes des millions et des millions d’Ivoiriens à être fatigués. Fatigués de cette crise. Fatigués de cette situation de ni guerre ni paix. Je dirais même que nous sommes épuisés. Nous n’en pouvons plus.

 

Et,  comme vous savez, Monsieur le Président, quand on en peut plus, on prend la décision qui s’impose ; on choisit la solution qui arrange. Dans le cas d’espèce, optez, Monsieur le Président pour la solution qui assurera la paix dans notre pays, celle qui garantira à nous-mêmes et au monde entier que nous sommes a jamais, résolus, déterminés à enterrer la hache de guerre, à reprendre le travail de construction et de reconstruction de notre pays, plutôt que de continuer à survivre, à rester là avec des hôpitaux-mouroirs, des écoles pourries et désolées, etc.

 

Faites diligence, Monsieur le Président, pour que les élections aient effectivement lieu le 29 novembre 2009. Elevons-nous au-dessus des petitesses et des considérations viles. Ne restons pas cloués au sol, coincés avec la peur au ventre. Peur des candidats. Peur des listes électorales. Peur des choix des électeurs. Peur des fraudes... Surmontons la peur. Car, quiconque ne surmonte pas la peur ne sait pas vivre ; il ou elle en vient même à craindre les choses dont on peut recevoir du secours

 

Monsieur le Président, réfléchissons à notre situation actuelle, à l’avenir de notre pays. Si on veut que le la Côte d’Ivoire avance, de grâce, que ces élections aient effectivement lieu le 29 novembre 2009. Que le président soit élu et légitimé par la voie des urnes et qu’il puisse travailler dans la paix et dans le respect de tous. Que nous puissions vivre, dans notre pays, sans violences inutiles et insensées.

 

Monsieur le Président, faites-nous la promesse de gagner ce pari, pour nous faire retrouver la joie et la fierté de vivre dans notre pays et pour nous faire envisager l’avenir avec optimisme et bon espoir. Vous, et vous seul, êtes à même de relever ce défi, du moins de mon point de vue, sachant ce que valent et représentent vos concurrents ou adversaires, face auxquels, le 29 novembre prochain, vous réussirez, j’en suis convaincu, à vous faire élire sans ambages.

 

Persuadé que, vous êtes le candidat qui, milite le mieux pour le sursaut national et les idéaux de progrès pour notre pays en particulier, et pour l'Afrique en général, et au total, pour la dignité de l'homme face aux néo esclavagistes, je soutiens sans faille votre candidature, Monsieur le Président.

 

Par la même occasion, j’en appelle à tous ceux et à toutes celles de mes connaissances et de mes relations, y compris mes amis, mes parents proches et lointains, mes anciens camarades des Syndicats des enseignants du Secondaire et du Supérieur (SYNARES, SYNESCI) et du Mouvement Ivoirien Pour le Droits Démocratiques (MIDD), mes anciens élèves, étudiants et collègues…, à vous donner, Monsieur le Président, leur voix pour une éclatante « victoire, par la voie des urnes».

 

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération distinguée.

 

 

 

 

Léandre Sahiri. Professeur de Littérature. Critique littéraire. Ecrivain Docteur ès Lettres de l’Université de la Sorbonne, Paris. Auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d’actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l’anglais ; Monica ou De l’injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes.