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mercredi, 28 décembre 2011

LES EX-REBELLES INTEGRES A L'ARMEE IVOIRIENNE, UN VERITABLE CANCER!


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Côte d'Ivoire: les ex-rebelles intégrés à l'armée, une plaie pour Ouattara

 

Les incidents meurtriers à répétition entre civils et ex-rebelles intégrés à l'armée ivoirienne mettent le régime d'Alassane Ouattara sous pression et soulignent l'urgence d'une réforme des forces de défense dans un pays toujours fragile après la crise de 2010-2011.

Une simple altercation entre un militaire des Forces républicaines (FRCI) et un jeune à Sikensi, près d'Abidjan, a dégénéré en conflit entre autochtones d'un côté, Malinké (ethnie du nord) et FRCI de l'autre, qui s'est soldé lundi par un bilan de quatre morts - deux soldats et deux jeunes -, une quinzaine de blessés et de nombreux dégâts.

Une semaine après des affrontements entre habitants et FRCI à Vavoua (centre-ouest) ayant fait six morts, ces événements jettent une lumière crue sur l'état de l'armée.

L'essentiel de ses éléments opérationnels est constitué des ex-rebelles venus du nord qui ont aidé le président Ouattara à accéder au pouvoir en avril, après quatre mois de crise et deux semaines de guerre contre les forces de l'ex-chef d'Etat Laurent Gbagbo (...)

Nord-Sud, quotidien proche de Guillaume Soro, Premier ministre et chef de l'ex-rébellion, mettait mardi le dernier incident sur le compte de "provocations" de pro-Gbagbo qui, par "haine", "refusent de voir" dans les FRCI "le symbole de l'armée nationale".

Mais le journal reconnaissait qu'on ne peut "absoudre" les FRCI après des semaines d'exactions.

Autochtones pro-Gbagbo face à Malinké pro-Ouattara et FRCI: les violences de Sikensi montrent que "le contentieux ethnique et politique est encore très fort: la réconciliation va mettre du temps", affirme à l'AFP un expert, sous couvert d'anonymat.

"Cancer"

Mais dans l'immédiat le problème tient surtout aux milliers d'ex-rebelles, armés et pour l'heure intégrés de facto à l'armée régulière, auxquels le régime doit offrir un avenir.

"Tous ne resteront pas dans l'armée: quand on les mettra à la porte, certains deviendront coupeurs de route, voleurs ou pourront être recrutés par les uns et les autres en cas de tension politique. C'est un vrai cancer", prédit l'expert.

Après Vavoua, le chef de l'Etat a décrété la "tolérance zéro" face à l'"indiscipline": il a créé une police militaire pour faire le ménage, confiée à un ancien commandant rebelle charismatique, Zakaria Koné.

Guillaume Soro, également ministre de la Défense, a promis pour janvier une tournée des casernes, et des "assises nationales" sont prévues début 2012 pour élaborer une réforme de l'armée.

Mais huit mois après la crise, ces annonces ne font que souligner que ce chantier reste quasi-vierge et qu'un programme de désarmement-réinsertion se fait toujours attendre.

Le pouvoir "ne sait pas par quel bout prendre le problème", pris entre les contraintes financières et sa difficulté à écarter des hommes qui se voient en "libérateurs", estime une source proche du dossier.

Les incidents sont en tout cas "le meilleur argument pour maintenir Soro comme Premier ministre", juge-t-elle.

Cette hypothèse fait toutefois grincer des dents chez les partisans de l'ex-président Henri Konan Bédié, principal allié de M. Ouattara, à qui le poste doit théoriquement revenir malgré la majorité absolue obtenue par le parti présidentiel aux législatives du 11 décembre.

Pour International Crisis Group (ICG), le président doit de toute façon être en première ligne.

Pointant dans un rapport publié mi-décembre une "criminalisation" des forces de sécurité, le groupe de réflexion appelait M. Ouattara, réputé plus amateur de dossiers économiques, à "ne déléguer à personne" le chantier sécuritaire.



mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

vendredi, 30 septembre 2011

COMPOSITION DE LA CEI: LA PART DE VERITE DU FPI


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Tapé Kipré, l'un des représentants du Front populaire ivoirien (Fpi) à la Commission électorale indépendante (Cei), a donné hier mercredi 28 septembre 2011, les raisons qui ont motivé la suspension de la participation du parti aux travaux de l'institution chargée de l'organisation des élections en Côte d'Ivoire. Au siège du Congrès national pour la renaissance de la démocratie (Cnrd), sis à Cocody.


Le mercredi 21 septembre 2011, le FPI a rendu public sa décision de suspendre sa participation aux travaux de la commission centrale, ainsi que de toutes les structures locales de la Commission Electorale Indépendante (C.E.I).

Mon propos liminaire, sera structuré en 3 parties :

1- la photographie actuelle de la C.E.I

2- un bref rappel historique

3- une analyse et quelques commentaires

I - De la photographie actuelle de la CEI

La C.E.I aujourd'hui, comment se présente-t-elle?

La C.E.I : ce sont une commission centrale et des commissions locales. Nous rappelons que la C.E.I est chargée de conduire et de gérer l'ensemble du processus électoral. A ce titre, elle valide la liste électorale, organise le scrutin et proclame les résultats provisoires.

La CEI est donc l'arbitre de la compétition électorale dans notre pays. Elle est composée de représentants d'acteurs en compétition et un certain nombre d'autres acteurs de l'administration intéressés par la compétition.

Depuis la prise du pouvoir par le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), acteur majeur de la compétition électorale en Côte d'Ivoire, voici la nouvelle configuration de la C.E.I.

Au niveau du bureau

Le bureau est composé de 12 membres dont un président et 4 vice-présidents. Désormais,en côte d'Ivoire, le président de la CEI et les 4vice-présidents sont tous du R.H.D.P., c'est-à-dire 100% des postes occupés par un seul protagoniste.

Au niveau de la commission centrale

Sur les 31 membres que compte la commission centrale de la CEI, le R.H.D.P se taille la part du lion avec 26 membres. L'opposition toutes tendances confondues, doit se contenter seulement de 5 représentants, soit 84%pour un protagoniste et 16% pour l'autre.

Comme nous le constatons tous, la Cote d'Ivoire s'apprête à organiser des élections législatives avec une C.E.I monocolore, tant au niveau du bureau que de la commission centrale.

Alors question ! Sur quelle base, et à partir de quels accords a-t-on mis sur pied une telle

C.E.I. ?Sur quelle règle arithmétique et sur quelle éthique a-t-on osé mettre en place un tel arbitre de la compétition électorale dans notre pays ?

C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs les journalistes, je voudrais vous faire un bref historique de la C.E.I qui a été conçue dans l'esprit et la lettre pour être l'arbitre impartial et juste des compétitions électorales en Côte d'Ivoire.

II - Du bref historique de la C.E.I

L'idée de la création d'une commission électorale en charge des élections remonte à la lutte du FPI dans les années 1990, dès la réinstauration du multipartisme en Cote d'Ivoire.

Ceci, parce que, dans le parti unique et jusqu'en 1999, le Gouvernement par l'intermédiaire du Ministère de l'Intérieur, organisait les élections, sans le regard l'opposition.

C'est à la faveur de l'élaboration de la Constitution de la 2ème République en 2000,que cette idée a été admise. Elle est donc inscrite à l'article 32 aliéna 4 de la Constitution. Cependant, c'est la loi numéro 2001-634 du 9 octobre 2001 qui lui a finalement donné corps.

A. composition de la CEI avant les accords de paix (Marcoussis et Pretoria).

A sa création, la CEI est composée de 25membres repartis de la façon suivante :

- deux représentants de chaque parti politique ayant au moins un élu (soit 7 partis: FPI, PDCI, RDR, MFA, UDCY, UDPCI, PIT).

-Un représentant du Président de la République

-Un représentant du Président de l'Assemblée Nationale

-Un représentant du Conseil Economique et Social

- Deux représentants du Conseil Supérieur de la Magistrature

- Deux représentants du Barreau des Avocats

-Un représentant di ministère de l'Economie et des Finances

-Un représentant du Ministre de la défense

-Un représentant du Ministre de la sécurité

-Un représentant du Ministre de l'Administration du Territoire.

Les membres ainsi désignés délibèrent, votent et prennent une part active aux discussions.

B. La CEI et les accords de paix

Au lendemain de la rébellion armée de septembre2002, la CEI, dans sa composition initiale, tout comme dans son fonctionnement, va subir une profonde modification proposée par les Accords de Marcoussis, mais surtout ceux de Pretoria.

1. Modification structurelle

De vingt cinq membres (25) au départ, l'on est passé à trente et un (31).Les mouvements rebelles MPCI, MPIGO, et MJP obtiennent le droit de siéger à la commission centrale, à raison de deux (2) membres par mouvement(2x3 = 6 +25 =31).

2. Introduction de notions de voix délibératives et voix consultatives

L'accord de Pretoria introduit une classification entre les membres de la commission.

-les neuf (9) membres issus des Ministères Techniques et des Institutions (Conseil Economique et Social ; Conseil Supérieur de la Magistrature), n'ont plus que des voix consultatives.

-Les vingt deux (22) autres membres relevant des partis politiques et mouvements rebelles ont des voix délibératives.

Cette distinction instaure, non seulement la primauté des partis politiques et des mouvements de la rébellion armée, mais aussi, biaise la Commission Electorale dite Indépendante, car le RHDP, un des protagonistes et ses alliées rebelles ont désormais une majorité mécanique :

(4 RHDP x2 =8) + (3 Forces Nouvelles x2 = 6 +2 PIT) = 16/22 soit 73%, (2 FPI+2 UDCY+1 Représentant Président de la République +1 Représentant Assemblée Nationale) = 6/22 soit 27%, alors que ce protagoniste était au pouvoir.

Mesdames et Messieurs les journalistes, ce déséquilibre structurel s'est répercuté sur la composition des commissions locales de la CEI.

III- Notre analyse et nos commentaires

Comme on le voit, la C.E.I constitue un enjeu majeur en ce qu'elle peut et doit garantir la paix sociale si nous sommes tous d'avis que la crise postélectorale tire sa source dans les résultats controversés de l'élection présidentielle organisée par cette CEI. Il serait donc plus responsable d'accorder, sans a priori et préjugés, une attention particulière à cette structure.

Garantir la transparence et l'équité pour les élections législatives à venir devrait être la préoccupation de tout responsable politique.

La CEI doit inspirer confiance à tous les protagonistes, c'est pourquoi nous devrions rester dans l'esprit des accords signés, qui demandent une CEI équilibrée.

La CEI doit demeurer l'arbitre impartial de la compétition électorale. Ce qu'elle n'est pas dans l'état actuel des choses. Le FPI, qui est fils des élections, ne peut qu'adopter la posture qu'il a en ce moment,c'est à dire suspendre sa participation aux travaux de la CEI sur toute l'étendue du territoire national, posture qui relève de la simple question d'éthique démocratique et de bon sens.

Le contraire serait suicidaire et irresponsable pour le FPI, le Parti que nous représentons à la CEI, et dont le candidat a enregistré 38%au 1er de l'élection présidentielle, chiffre accepté par tous (ONUCI, Facilitateur, tous les protagonistes) ; ce qui fait du FPI le 1erparti politique de Côte d'Ivoire.


*Représentant du FPI à la CEI


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.