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jeudi, 25 avril 2013

LA FRANCE, SA VOLONTE AFFICHEE DE VERTU ET L’INHUMAMISME QU’ELLE VEUT NOUS IMPOSER

 

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Dans les milieux politiques français, il y a quelques jours, c’était le branle-bas, avec l’affaire CAHUZAC: la révélation sur un compte à l’étranger de monsieur le ministre CAHUZAC, toute sa batterie de mensonges éhontés qui a couvert cette information, les preuves indiscutables apportées par les enquêteurs, tout cela a suffi pour ébranler la classe politique et la société françaises, simplement parce qu’un homme politique (monsieur CAHUZAC) a menti tout en se rendant coupable de détention de compte bancaire à l’étranger, un acte proscrit par la loi de son pays.

Coupable donc d’avoir enfreint la loi de son pays, monsieur CAHUZAC, personnalité politique française de haut rang vient d’être  chassé  des fonctions politiques qu’il occupait. Politiques et citoyens français, ensemble, se disent indignés, choqués et même déçus de ce scandale qui n’est rien d’autre qu’une escroquerie morale et un cas typique de banditisme à col blanc. C’est ce que disent dans leur grande majorité, les français interrogés sur l’affaire CAHUZAC. S’il est bien vrai que cette autre affaire est française et qu’elle ne doit intéresser que les français d’abord, il n’est pas inutile pour nous africains qui avons partie liée avec cette même France et qui luttons pour notre liberté, de « capitaliser » cette affaire de malhonnêteté de la part d’un gouvernant français et d’en montrer, dans le fond comme dans la forme, les atermoiements et les vices qu’étalent à la face du monde, le président français HOLLANDE, celui-là qui répétait avant son élection : « le changement, c’est maintenant ! ». Quel changement ?

Le chien peut-il changer sa façon de s’asseoir, à moins de ne plus être un chien ? Cette question « quel changement ? » que nous posons est, en fait, au- delà même d’une question, une dénonciation de la méchanceté  des gouvernants français, de quelque bord politique qu’ils soient, vis-à-vis des africains que nous sommes. Pourquoi ?

-1° : l’affaire CAHUZAC secoue toute la France en ce moment et tout ce pays entre en transe, on ouvre un bal public à la moralisation, on rappelle à tue-tête que c’est la probité qui fait le bon gouvernant, à bas les escrocs, les mafieux et leurs réseaux quand dans le même temps, des opérations de communication sont plantées ici et là pour soutenir moralement ( ?) le ministre fraudeur, l’escroc qui doit en principe se retrouver devant les juges pour donner une suite judiciaire à son délit. La vérité est là, implacable, quand les plus hautes autorités françaises freinent des quatre fers et font dans une compassion synonyme de diversion. Un dilatoire plus qu’intentionnel, dans la mesure où ces gouvernants français prient et souhaitent qu’ « un CAHUZAC et un seul, ça suffit ! ». Une façon de dire, qu’adviendrait-il alors du gouvernement français, si un ou plusieurs autres cas CAHUZAC venaient encore à frapper ce gouvernement ? Or, avec tout ce qu’il a été donné de voir comme péripéties dans ce feuilleton CAHUZAC, il est bien clair que ce n’est pas parce que l’on est un gouvernant qu’on est forcément auréolé de vertu : d’ailleurs, combien sont-ils encore, ces dirigeants politiques français, tapis dans l’ombre et le silence imposé des réseaux, qui sont aussi des CAHUZAC potentiels?


-2° : CAHUZAC par-ci, CAHUZAC par-là, l’homme a commis l’irréparable, l’impardonnable et il doit payer. La sanction première qui lui tombe sur la tête est d’abord le fait que du coup, il devient infréquentable. Monsieur CAHUZAC naguère ministre et député est relégué au rang d’indésirable ou de paria, comme Christian NUCCI, il y a trente ans ou BEREGOVOY, il y en a vingt et un et STRAUSS-KAHN, il n’y a pas longtemps. Dans l’univers politique français et aux yeux de la société française, ce serait un crime de s’afficher désormais en  public avec des gens – comme CAHUZAC -  qui se sont rendus coupables d’entorses à la loi ou aux mœurs de leur pays. Et c’est à niveau que nous voulons exprimer avec énergie et fermeté notre indignation d’africains : comment peut-on prétendre vouloir respecter les lois de son pays (la France), en condamnant au rang de parias des compatriotes coupables de délits moraux et financiers (pour si peu, est-on tenté de dire) et ne point éprouver la moindre gêne en recevant en grandes pompes au sein des institutions françaises des tyrans, des dictateurs et des rebelles africains dont certains ont égorgé leurs compatriotes et bu leur sang, comme cela s’est passé en Côte d’Ivoire, dix années durant ? Qui, de monsieur CAHUZAC, qui cache de l’argent dans un compte à l’étranger et du dirigeant politique français, chantre des droits de l’homme et qui s’accommode d’entrevues ou d’échanges complices et plus qu’intéressés  avec un auteur de crimes contre l’humanité, est un cas judiciaire sérieux et mérite exclusion et condamnation de la part de l’opinion publique et de la justice françaises ? Ou bien alors, au nom du racisme qui catégorise les humains que nous sommes, la classe politique et l’opinion françaises ne font que confirmer que puisqu’il faut bien que les « bien-pensants » qu’ils sont, eux, vivent, il faut nécessairement et cela n’est rien de grave, que nous africains, nous mourrions gratuitement ou bêtement pour que leur survie de « civilisés » soit assurée?

-3° : monsieur  CAHUZAC a menti ou a trompé après avoir triché, il doit partir, voire s’effacer car il a manqué de vertu ? Mais de quelle vertu peuvent se prévaloir tous ceux qui, pour du pétrole, de l’or ou du diamant se servent du fallacieux prétexte des droits de l’homme pour massacrer et faire massacrer d’innocentes populations africaines ? Elle n’a pas tort, en fait, la personnalité française qui a dit qu’ «un pays n’a pas d’amis, il n’a que des intérêts». Avec ce que nous vivons aujourd’hui comme rebellions et actes terroristes, parfois en direct via les médias, autant reformuler la citation précédente par «un pays n’a pas d’amis, encore moins de vertu car il n’a que des intérêts, rien que des intérêts»! Depuis plus d’une dizaine d’années, ce sont des milliers de vies humaines qui sont exterminées en Côte d’Ivoire et cela n’a pas d’importance, aux yeux des français, par rapport à l’affaire CAHUZAC et alors tant mieux pour les intérêts de la France. Messieurs OUATTARA et SORO, figures locales du terrorisme français en Côte d’Ivoire depuis les pouvoirs CHIRAC et SARKOZY, peuvent s’afficher publiquement aux côtés des dirigeants français actuels, c’est toujours tant mieux, pour les intérêts de la France. La vertu? Elle est tout simplement mise en berne. Des français innocents peuvent mourir gratuitement d’assassinats ou à petit feu dans les geôles ivoiriennes, tant pis, si cela sert les intérêts français. Dans la même veine, la justice française « protège » en ce moment Michèle ALLIOT-MARIE, cette ministre de CHIRAC: en 2004, ils ont gratuitement fait massacrer (bombardements et fusillades) des ivoiriens aux mains nues, suite à un bombardement à ce jour non élucidé d’une base militaire à Bouaké, en zone rebelle. Une autre affaire sur laquelle le pouvoir et la justice de France font tout pour ne jamais faire aboutir les enquêtes. Comment peut-on alors valablement qualifier ce jeu double qui caractérise foncièrement les dirigeants français depuis toujours ? Ce jeu du dire et se dédire, de la vérité et du mensonge, de la résolution de bonne foi et de la compromission dans le même temps, n’est-ce pas là ruser avec ses propres principes et ses propres lois?

-4° : le rôle nocif et permanent des communicants et des médias français : l’ardeur et la solennité dont une certaine presse française a fait montre au cours de cette honteuse et dégradante affaire CAHUZAC sont simplement révélatrices d’un fait majeur : « CAHUZAC est fautif ou coupable d’un délit, certes, mais aidons-le à tenir bon ; nous devons lui être solidaires. Protégeons-le » a semblé dire cette presse de la compassion. On est alors tenté de se demander combien de délinquants, dans les prisons de France, reçoivent cette presse qui se veut spécialiste de psychologie quand en même en temps, cette presse s’évertue à arrondir les angles pour un ministre fraudeur qui n’est rien d’autre désormais qu’un justiciable ! Et ça, c’est en attendant que la rigueur de MEDIAPART débusque encore d’autres cadres malhonnêtes qui plastronnent au sommet de l’Etat français. Ce rôle nocif de la grande majorité de la presse française, il faut le répéter ici, a été et continue d’être à la base des malheurs des populations africaines visitées par des rébellions sanguinaires. Ainsi, sachant que leur propre rouleau compresseur (la déportation de GBAGBO à La Haye par la France) va bientôt se retourner contre eux, c’est malgré eux qu’ils s’évertuent à donner dans le dilatoire ou dans une diversion infantile. Par exemple, Maureen GRISOT, pour ne citer qu’elle, dans un récent numéro de « Libération » tire à boulets rouges sur le régime tyrannique et génocidaire de OUATTARA mais en même temps le défend en se permettant de perpétuer le mensonge communicationnel  suivant : « la crise postélectorale ivoirienne est survenue par la faute de Laurent GBAGBO qui a refusé de reconnaître sa défaite ». Oh, quelle infamie ! Mais qui donc s’est permis, chez nous ici en Côte d’Ivoire, de proclamer ces résultats en lieu et place du Conseil Constitutionnel ? La communauté internationale ? De quel droit ou pourquoi ? Cet exercice de vérité, Maureen GRISOT et bien de ses collègues français l’évitent, comme la Cour Pénale Internationale s’interdit de contribuer à la manifestation de la vérité sur le même sujet en procédant au recomptage pur et simple des voix. Et pendant ce temps, des vies humaines sont injustement fauchées, chaque mois, par dizaines dans notre pays, qu’importe, d’autant plus qu’il y vingt- trois ans, CHIRAC avait décrété que « la démocratie est un luxe pour les africains » ! Le rôle pernicieux, méchant et grandement destructeur des médias français a contribué en grande partie aux malheurs des africains en général et des ivoiriens en particulier : tous les schémas mensongers  qu’ils  ont servi à l’opinion pour faire tomber GBAGBO continuent de se reproduire sous la gouvernance du président reconnu par leur communauté internationale, c’est-à-dire OUATTARA, en termes de tyrannie, de violations massives des droits de l’homme et de crimes contre l’humanité. Ces journalistes français savent mais ils ne hurlent plus. Que dire alors des dernières élections locales en Côte d’Ivoire sinon qu’elles sont la confirmation de ce que ce n’est jamais le vainqueur d’une élection qui sème des troubles et s’adonne à des massacres ? S’il est vrai que les ambassadeurs de la France et des Etats-Unis sont absents cette fois-ci de la scène électorale ivoirienne en plus de GBAGBO et ses partisans, à qui profitent toutes les violences postélectorales actuelles, quand on sait que le procureur de la C.P.I. en veut à GBAGBO « d’avoir préparé un plan pour rester au pouvoir » ? Autant de détails importants n’intéressent plus les loups enragés de la presse française. Surtout qu’il est de plus en plus clair qu’ils sont encore nombreux, ces journalistes français qui croyant être nés avant la honte, continuent avec une monstrueuse indifférence de débiter des désinformations sur le calvaire du peuple ivoirien. Un jour, peut-être, ces journalistes français qui ont contribué à nous faire massacrer nous expliqueront la nature du mérite qu’il y a à être, comme eux, des caniveaux de la morale humaine.

Pourquoi et pendant combien de temps encore vont durer et sévir tant de mépris, de mensonges et de méchanceté gouvernés par l’esprit de convoitise de tous ces  dirigeants français et leurs médias manipulateurs qui se succèdent au pouvoir dans leur pays ? Le peuple français lui-même, désinformé, berné et méprisé par ses propres dirigeants, ne se réveillera peut-être que dans un autre monde et dans une vie ultérieure quand, malgré les massacres et les pillages à répétitions de ses gouvernants, le vent de la récession économique qui vient, aura balayé une « civilisation » aux intentions et aux pratiques abjectes. Des pratiques abjectes parce que hautement criminelles et exterminatrices de peuples de la terre qui ne demandent qu’à vivre leur liberté dans la vraie paix. Pour s’en convaincre, il suffit de nous rappeler ce qu’a dit Aimé CESAIRE : « une civilisation qui ruse avec ses propres principes est une civilisation moribonde ». C’est dans un pareil tableau d’immoralité manifeste, qu’il se trouve encore parmi les ivoiriens et les africains qui crient « liberté ! »,  des  naïfs qui espèrent recevoir des mains de monsieur HOLLANDE, le «saint  graal »  de leur libération, comme si cela s’octroyait!

 

Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (Carrefour et Nahibly),

Emmanuel Caleb.

lundi, 08 octobre 2012

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

mardi, 21 décembre 2010

CRISE IVOIRIENNE - AMATH DANSOKHO, ANCIEN MINISTRE SENEGALAIS : ''UNE MACHINERIE INFERNALE MONTEE PAR LA FRANCE''




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In Le Nouveau Courrier N°158 du 20 Décembre 2010 © l'Humanité


Amath Dansokho, ancien ministre sénégalais se prononce, dans un entretien au journal français l'Humanité, sur la crise ivoirienne.


D'où vient cette longue crise ivoirienne ?

Toute cette machinerie infernale a été montée, je le dis comme je le pense, par la France. Il faut remonter à l'ère Chirac pour comprendre cette crise. Lui et ses services ont encouragé la création de la rébellion. Laurent Gbagbo avait été élu en 2000 et reconnu par la communauté internationale. Jusqu'au coup d'État manqué de 2002, fomenté par des officiers travaillant pour Ouattara, qui n'en était pas à son premier coup. Tout cela, on l'oublie.

Quelles sont les conséquences sur le pays ?

Elles sont déjà très graves, avec un risque de partition. En arrière-plan, dans un contexte mondial particulier, il ne faut pas exclure le danger d'une intervention militaire extérieure. Même si les partisans de ce scénario y réfléchissent à deux fois.

Aujourd'hui, les Ivoiriens et eux seuls pourront sortir leur pays des difficultés. En faisant en sorte que le coefficient des influences extérieures, impérialistes, soit le moins fort possible. C'est à cette condition qu'ils pourront s'entendre.

Quelles sont les enjeux économiques ?

Ils sont considérables. Premier producteur mondial de cacao, le pays bénéficie aussi d'une production fruitière abondante et diversifiée et, surtout, de ressources énergétiques, depuis la découverte de pétrole. Il a donc toutes les ressources pour expérimenter un développement propre, une économie africaine moins dépendante. Mais de cela, les puissances occidentales ne veulent pas entendre parler.

Pourquoi les guerres et les crises se succèdent-elles dans cette parie de l'Afrique depuis la fin des années 1980 ?

Parce qu'elle regorge de ressources. Comme au Liberia, avec le fer, ou en Sierra Leone, qui est une anomalie diamantifère. C'est là qu'il faut rechercher les causes de guerres. Partout, les ex-puissances coloniales montent les populations les unes contre les autres, sèment le trouble pour pouvoir exploiter les ressources naturelles.

L'exploitation minière ne s'arrête jamais, fût-ce sous le régime de guerres atroces. C'est ce qui se passe au Congo. Ces zones de guerre et d'instabilité sont incluses dans le système global de l'économie capitaliste, quelles que soient les circonstances.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 21 septembre 2010

CRISE IVOIRIENNE DU 19 SEPTEMBRE 2002: UNE GUERRE SANS PERE

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Il y a 8 ans, le 19 septembre 2002: la guerre que personne ne voulait assumer

In le Nouveau courrier N°082 du 18 Septembre 2010 par Sylvie Kouamé

La crise ivoirienne qui a débuté depuis septembre 2002 a livré beaucoup de secrets. Mais beaucoup de zones d'ombres subsistent encore, huit ans après.


Qui a organisé ? Huit ans après le 19 septembre 2002, on en sait finalement très peu de détails sur la nature de l'organisation qui a pris l'initiative de porter le feu à Abidjan par une nuit indécise. Et pour cause : à la différence des attentats du 11 septembre 2001 - auxquels certains Ivoiriens comparent leur «grand choc» à eux -, le coup d'Etat avorté qui a accouché de la rébellion n'a pas été revendiqué d'emblée. Marionnettistes peu téméraires, ses initiateurs se sont réfugiés au départ derrière le paravent d'une «mutinerie» avant de laisser apparaître un visage, le seul qui assumera l'insurrection - sans doute aussi parce qu'il a toujours été évident pour tous qu'il ne pouvait être qu'un «porte-parole». Celui de Guillaume Soro. L'Histoire retiendra en tout cas que Soro a été le seul à avoir le cran de revendiquer - et de justifier - le choix des armes. Aujourd'hui, il en tire les dividendes, à l'opposé de Ibrahim Coulibaly dit «IB», cheville ouvrière qui s'est marginalisée par son silence et ses dénégations.

Depuis le 19 septembre 2002, une certaine omerta continue de régner sur «la vraie histoire» du Mouvement patriotique de Côte d'Ivoire (MPCI), qui s'est transformé, sous l'impulsion de Soro, en Forces nouvelles (FN). Qui a fait quoi exactement et à quel moment ? Motus.

Blaise Compaoré : du parrainage à la facilitation

Seule la crise homérique entre Soro et IB, permettra d'avoir des témoignages - et surtout des photos - qui fourniront la preuve absolue de ce dont tout le monde se doutait : la rébellion s'est préparée pendant de longs mois à Ouaga, sous la protection de Blaise Compaoré, dont Guillaume Soro assume aujourd'hui le parrainage avec panache. «C'est mon mentor, je n'ai pas honte de le dire. Il m'inspire, il m'a énormément donné, il est à mes côtés. Sans lui, je ne serais pas ce que je suis», disait-il ainsi fin 2008 (Frat- Mat du 1er octobre 2008).

Blaise Compaoré lui-même s'est gardé d'endosser de quelque manière que ce soit la crise ivoirienne. Il s'est imposé comme facilitateur et pacificateur, et peut savourer le plaisir ambivalent de régler une crise - qu'il a contribué à créer - tout en continuant à l'alimenter à travers la poursuite des livraisons d'armes aux Forces nouvelles (selon des rapports de l'ONU) et la contrebande du cacao des zones Centre Nord Ouest (CNO). Sous le regard complaisant - ou impuissant - de son homologue ivoirien Laurent Gbagbo qui, lors d'une interview diffusée par RFI et France 24 le 30 mai dernier, tenait ces propos surprenants : «Il y a certaines personnes qui me disent souvent : «Vous savez, tel pays exporte maintenant du cacao». Je réponds : «qu'est-ce que ça fait ?» Le jour où la guerre sera finie, où la crise sera finie, où nous aurons placé des douaniers, ce sera fini cette situation.»

Le cas Ouattara

Et Alassane Ouattara dans tout ça ? S'il n'a plus honte de glorifier en public «le combat» des Forces nouvelles, il campe toujours sur une ligne de défense claire : il n'a rien à avoir avec la naissance de la rébellion. «Je n'ai aucune responsabilité dans la crise. J'ai été accusé de beaucoup de choses. Ce sont des allégations, sinon sept ans après, on aurait eu des preuves. Mais jusque-là, aucune preuve. Je condamne la rébellion, les coups d'Etat, la violence. Et j'ai été le premier à le faire, dès les premiers jours du coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002. Je pense que quitter une institution aussi prestigieuse comme le FMI, ayant été Gouverneur de la Banque Centrale de l'Afrique de l'Ouest, on ne peut pas être instigateur de coup d'Etat. Ma vision de la politique, c'est de faire de l'alternance dans les urnes. La violence ne résout jamais les problèmes de manière définitive », a-t-il ainsi martelé lors d'une récente interview sur Africa 24. Contredisant encore et toujours la fameuse confidence de Koné Zakaria, prononcée lors d'un meeting filmé à Séguéla.

Selon Zakaria, le petit groupe d'hommes qui préparait la rébellion depuis le Burkina Faso était financé par Alassane Ouattara à hauteur de 25 millions de FCFA par mois. Il est en tout cas évident que la question de la participation d'ADO à la guerre sera une des questions-clés de la prochaine campagne en vue du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010.

La France officielle plaide non coupable

Egalement accusée d'avoir trempé dans la rébellion, la France officielle a toujours vivement démenti. Et les accusations voilées de Charles Pasqua, ancien ministre de l'Intérieur, affirmant que Villepin avait essayé, quand il était à l'Hôtel Matignon, de renverser deux chefs d'Etat africains - dont Laurent Gbagbo - ne sont intervenues qu'après le départ du pouvoir de Jacques Chirac. Un Jacques Chirac qui est aujourd'hui devant les tribunaux de son pays pour une affaire de malversations à la mairie de Paris. Quand son ministre des Affaires étrangères de l'époque, Dominique de Villepin, au contrôle des opérations françaises en Côte d'Ivoire est également face aux juges pour son rôle présumé dans la falsification de fausses preuves de forfaiture contre Nicolas Sarkozy. Ministre de la Défense au moment des faits, Michèle Alliot-Marie quant à elle a été entendue par le Tribunal aux armées comme témoin dans le cadre des enquêtes sur les événements de novembre 2004... et leurs zones d'ombres. Curieuses coïncidences!


Source: LE NOUVEAU COURRIER IVOIRE-BLOG.COM