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samedi, 25 février 2012

RECRUTEMENT D'ENSEIGNANTS POUR 4 MOIS: LA MAUVAISE COMEDIE DU REGIME OUATTARA


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Le ministère de l'éducation nationale vient de lancer un avis de recrutement d'enseignants contractuels pour combler le déficit observé dans le secondaire. Une opération qui aurait pu être saluée à sa juste valeur si elle n'était pas aussi grossière et mal ficelée comme bien d'autres projets conçus par la Ouattarandie.

 

La nouvelle a vite fait le tour de la cité : le gouvernement recrute 3000 enseignants contractuels pour une durée de quatre mois, en vue de combler les besoins exprimés dans le secondaire. Dans un pays où le chômage des jeunes diplômés bat tous les records de l'incapacité gouvernementale, la nouvelle a été accueillie avec beaucoup de ferveur dans le milieu des jeunes gens en quête d'emploi.

Depuis avant-hier, on peut donc les voir défiler à longueur de journée, dans les locaux du centre national des matériels scientifiques (Cnms), sis à Cocody St-Jean, pour déposer leurs dossiers, le dernier délai étant fixé au 03 mars prochain. Tous devront subir des épreuves d'un concours exceptionnel pour espérer décrocher le fameux contrat à durée déterminée (CDD). Avec cette décision,  le régime aurait-il voulu s'offrir une petite dose d'humanité après la vague de licenciements abusifs qui continue de balayer toutes les administrations publiques, qu'il ne s'y serait pris autrement.

En effet, fragilisé par les critiques sur son incapacité à garantir les emplois à défaut d'en créer comme il l'avait promis, le nouveau pouvoir est persuadé qu'il tient là, l'occasion de la faire boucler définitivement à tous ses détracteurs. Malheureusement, l'inspiration gouvernementale est de petite facture et la copie, conséquemment, médiocre. Et cela à trois niveaux au moins. Premièrement, dans la forme, la décision de recrutement de ces enseignants, visiblement pour boucler l'année scolaire, montre clairement que le gouvernement a été surpris par les besoins en enseignants dans le secondaire. Or quand on sait que gouverner, c'est prévoir, on serait tenté de croire que Ouattara et les ADOrateurs n'ont pas suffisamment préparé la gestion du pouvoir et que seul, dégager Gbagbo était leur préoccupation. Et pour le reste, on se débrouillerait comme on peut. En somme, ce serait au petit bonheur la chance, à l'image d'une barque en perdition en pleine mer.

Deuxièmement, et cela dans le fond, de quelle formation et de quelle pédagogie disposeront ces contractuels recrutés à la va vite, pour encadrer efficacement les élèves ? Toute une précipitation qui montre à l'envie que les gouvernants actuels  n'ont aucune solution pour l'école. On le savait déjà avec la mesure inédite de fermeture des universités publiques pour une durée de deux ans. Aujourd'hui nous en avons la preuve supplémentaire. Aussi, de l'avis de certains observateurs, cette opération conduite par la ministre Kandia Camara, ressemble fort bien à la parade idéale pour justifier des sorties massives  de fonds alloués par les partenaires au développement et qui ont servi à autre chose qu'au secteur de l'éducation.

Bref, dans un gouvernement d'hommes et de femmes d'affaires pour la plupart, il faudra désormais s'habituer à ce genre d'écran de fumée dressé pour masquer  la course à l'enrichissement rapide des nouveaux princes. S'il ne s'agissait pas de l'école et de la formation de l'élite de demain, on rirait de cette mauvaise comédie du gouvernement, pour ne pas en pleurer tout simplement. Car que vaut un contrat bancal de quatre mois offert à un jeune diplômé qui a usé toutes ses godasses à chercher du travail ? Rien, si ce n'est de conforter l'opinion sur l'incapacité du régime à gouverner la Côte d'ivoire et à satisfaire les espérances des populations ivoiriennes.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".


Source: ABIDJAN DIRECT.NET