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vendredi, 05 juillet 2013

LAURENT GBAGBO, LA NOUVELLE ETOILE DE LA RESISTANCE AFRICAINE FACE A L'INJUSTICE DES OCCIDENTAUX

 

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Enlevé de son pays dans l'indifférence de ses pairs africains - quand ils n'ont pas contribué à sa chute aux côtés de la France - Laurent Gbagbo est devenu, après deux ans de détention dans le goulag de l'Europe occidentale, l'étoile de la résistance africaine, l'étendard de ralliement des défenseurs des institutions africaines et de l'indépendance des choix économiques des nations. Au moment où Nelson Mandela, la dernière idole de la résistance à l'injustice et au racisme s'apprête à nous quitter, l'Afrique entière se réjouit de voir la relève bien assurée.

Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Korhogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité. Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains, mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier. Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journalistes d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien. Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur. Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d’état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait. Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain - l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien - a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo. En décembre 2012, enfin, un socialiste - François Loncle - révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français. Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté. Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité. Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo - œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices. Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose. Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique [...] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis elle a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI. Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer. Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger. Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français - en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Burgi - et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple. Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait poursoutenir le combat de l’homme que l'on admire aujourd'hui ?


Raphaël ADJOBI

 

1. J'accuse Ouattara, édit. Le Gri-gri (Théophile Kouamouo) ; Côte d'Ivoire, le coup d'état, édit. Duboiris (Charles Onana) ; On a gagné les élections mais on a perdu la guerre, édit. Le Gri-gri (Grégory Protche).


Source: Les pages politiques de Raphaël

jeudi, 06 décembre 2012

DECLARATION A L’OCCASION DE L’ANNIVERSAIRE DE LA DEPORTATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A LA HAYE

 

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Je n'ai pas eu le temps de vous la faire lire, cette importante déclaration du porte-parolat du Président Gbagbo, à l'occasion de l'an 1 de sa déportation. Mais il n'est pas tard d'en prendre connaissance. Bonne lecture à vous! Fernand Dindé.


Le 29 novembre dernier, cela fait un (1) an jour pour jour que le président Laurent Gbagbo a été déporté de Korhogo à la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye.

Depuis un an en effet, le président Laurent Gbagbo vit un martyr injuste à lui imposé par les nouvelles autorités ivoiriennes et la Communauté internationale après que celles-ci l’aient déposé du pouvoir le 11 avril 2011 à coup de canons et de bombes sur la résidence des Chefs d’Etat ivoiriens. En détention à La Haye depuis un an, le président Laurent Gbagbo y est maintenu parce que, on le sait maintenant, il est trop populaire dans son pays.

A l’occasion de l’anniversaire de cette inique et honteuse déportation qui a choqué la conscience de tous les hommes épris de paix et de justice à travers le monde et particulièrement en Côte d’Ivoire et en Afrique, le porte-parole du président Laurent Gbagbo, le ministre Koné Katinan adresse ici ses vifs remerciements à toutes celles et à tous ceux qui depuis un an ne cessent de se mobiliser pour la cause du président Laurent Gbagbo et de crier à la face du monde l’injustice qui lui est faite. Ses remerciements vont surtout à la diaspora ivoirienne et africaine qui de manière résolu et sans discontinuer aussi bien en Europe qu’en Amérique font entendre la vérité des urnes des élections de 2010 tout en exposant le drame et les graves atteintes des droits de l’homme que vit la Côte d’Ivoire depuis que Monsieur Alassane Ouattara est parvenu au pouvoir.

Grâce à ces actions de mobilisation, de plus en plus le président Laurent Gbagbo n’est plus vu ni comme un criminel ni comme un dictateur mais plutôt comme un homme dont le seul péché est son combat pour le respect des indépendances et de la souveraineté des Etats africains. Aujourd’hui des voix s’élèvent pour demander sa libération pour donner une chance à la réconciliation bloquée depuis longtemps en Côte d’Ivoire. Car il est désormais avéré que la paix sociale, la relance de l’économie, la saine activité politique et la vie même entre les citoyens ivoiriens ne peuvent être obtenues qu’avec le président Laurent Gbagbo au milieu des siens.

C’est le lieu de remercier vivement toutes les institutions internationales, notamment l’Union Africaine, la CEDEAO, les chefs d’Etat des pays amis, les leaders d’opinion, les groupes de pressions, les chancelleries accréditées dans notre pays, qui discrètement mais efficacement oeuvrent pour un retour à la normale en Côte d’Ivoire. Le porte-parole du président Laurent Gbagbo les félicite et les encourage à poursuivre dans la voie qu’ils se sont tracée pour obtenir le retour du président Laurent Gbagbo dans son pays. C’est la seule chose que tous les Ivoiriens attendent. Tout autre chose sera factice.

 

Pour le porte-parolat du Président Laurent Gbagbo

 

Le Directeur de cabinet

Le Ministre Lazare KOFFI KOFFI

vendredi, 02 décembre 2011

OUATTARA-OCAMPO: L'INDECENCE D'UNE RENCONTRE, LE SCANDALE D'UNE ACCOINTANCE

 

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Selon le tabloïd français L'Express, « A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée (25-26 novembre 2011, Ndlr) le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine ». Comme par hasard, dirions-nous. Les deux hommes auraient notamment évoqué le transfèrement à La Haye du président Laurent Gbagbo. Une accointance de mauvais augure et une coïncidence de fort mauvais goût. Qu'est-ce qu'a un procureur instruisant un dossier à charge contre une des parties en contentieux - c'est le moins que l'on puisse, par euphémisme, dire - à s'afficher sans cesse avec la partie adverse ?

L'on se souvient encore que le vendredi 14 octobre 2011, à la demande du nouveau pouvoir ivoirien et sous l'instigation de l'exécutif français, Monsieur Luis Moreno-Ocampo a effectué une visite en Côte d'Ivoire, au cours de laquelle il a rencontré le chef de l'Etat Alassane Ouattara, le Premier ministre Soro Guillaume, le Garde des sceaux et ministre de la justice, Me Ahoussou Jeannot, le président de la Commission Dialogue , Vérité et Réconciliation, Charles Konan Banny et le président par intérim du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo, Miaka Oureto. L'«illustre hôte» n'a pas même daigné rencontrer, pour entendre ou simplement voir où se trouve illégalement retenu en captivité par Ouattara, l'ancien chef de l'Etat ivoirien.

Mieux, nous décriions le mois dernier le fait que ce soit lors d'une première visite d'Alassane Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI , que cette cour a lancé sa machine sur le dossier ivoirien, en prenant le soin de bien circonscrire la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Blanchissant du coup le camp Ouattara de tous les crimes commis depuis 2002. Bien avant le procès. Etat de fait qu'a dénoncé l'une des juges de la CPI , Madame la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo, éventant, en des mots à peine différents, un complot au sein de l'instance judiciaire internationale visant à tronquer les faits et à rendre un jugement partial.

Il faut relever avec indignation et souligner avec force que la visite de Michel Mercier à La Haye , au juge sud-coréen Sang-Hyun Song, président de la Cour pénale internationale a, elle aussi, été suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques à la même CPI, accompagné du même Michel Mercier, pour une saisine officielle sur le dossier ivoirien. Ce ballet avait vraiment quelque chose de sinistre, de nauséeux et de pas du tout transparent. Nous dénoncions alors une collusion qui laissait présager une justice à sens unique de l'instance internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches.

Quant s'ajoute à tout ce bataclan la fabrication de preuves par les pro-Ouattara, assistée par les services même de la CPI , le scandale ne peut plus être couvert. En effet, Le Nouveau Courrier rapportait dans son édition du jeudi 24 novembre 2011 qu'une délégation du greffe de la Cour pénale internationale, composée de personnels en charge de la sensibilisation et de l'encadrement des victimes présumées au sein de la juridiction serait bientôt à Abidjan où elle prendrait part, à l'Hôtel Tiama, à une journée d'information. Ce séminaire a été organisé le samedi 26 novembre, conjointement par la Section de l'information et de la documentation et la Section de la participation des victimes et des réparations, toutes deux appartenant au Greffe de la Cour pénale internationale. Il visait, selon Caroline Maurel, fonctionnaire adjointe chargée de la Sensibilisation - Section de l'information et de la documentation de la CPI , « à informer les acteurs de la société civile ivoirienne sur le rôle et le mandat de la Cour ainsi que sur les droits des victimes devant la Cour  ».

Mais bien avant la tenue de ce séminaire d'information, des sources au sein de cette même CPI et du système des Nations Unies ont dénoncé ce qui apparaissait à leur sens comme un montage grotesque en vue de recueillir des preuves tangibles contre le président Gbagbo - dont le régime Ouattara fait du transfèrement à la Haye une priorité voire une obsession morbide.

Selon ces sources, les dossiers réceptionnés par la CPI contre le président Laurent Gbagbo seraient frappés d'un atavisme déconcertant : manque notoire de consistance et de sérieux. Les ONG plaignantes ayant fait du faux en se servant des images des crimes commis par les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » à Duékoué, Guiglo et Bloléquin pour documenter leurs accusations. Y a-t-il cynisme plus outrageant et machiavélisme plus criant ! Ainsi, à la place des présumées victimes de Gbagbo dont les identités ont été préalablement clairement déclinées, ce sont les images des femmes de l'ethnie Guéré qui ont fui les exactions et les tueries des FRCI dans ces localités qui sont produites, ainsi que les photos des massacres qu'ils y ont perpétrés. Devant des fonctionnaires de la CPI médusés, sidérés par l'énormité de la fraude morale.   De tels plaignants ne devraient-ils pas, de fait, être disqualifiés ? Que non ! On cherche à rattraper le tir, on les aide à parfaire la fabrication de preuves inexistantes, qui soient plus crédibles et plus solides. Ce faisant, on descend soi-même au charbon, pour faire passer la pilule de la condamnation prochaine de l'ancien chef de l'Etat ivoirien. D'où le voyage d'Abidjan. Y a-t-il des termes pour qualifier cette imposture ?

Toute cette alchimie rocambolesque donne la preuve, selon nos informateurs, que « quelque chose ne tourne pas rond. Toutes ces actions maladroitement planifiées visent à montrer aux yeux du monde que Gbagbo est un criminel de guerre ». Il n'en est rien, en réalité. Toutes les preuves sont là. Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara, Luis Moreno-Ocampo - procureur iconoclaste - et tout le pouvoir RHDP le savent. Mais qu'importe, il faut urgemment mettre hors d'état de nuire un indépendantiste, un démocrate, un patriote africain et un homme politique rétif, transcendant au sein de son peuple, atypique, empêcheur de tourner en rond, dans une nébuleuse françafricaine à bout de force après un demi-siècle de nuisance diabolique, en quête d'une nouvelle vie et d'un nouveau souffle. Au détriment de tout le continent africain et de sa démocratie à peine existante.

Le bouquet de l'affaire, c'est la nomenclature des ONG qui ont, pour ainsi dire, porté plainte contre le président Laurent Gbagbo. Avancer qu'elles sont inconnues en Côte d'Ivoire sur le terrain de la défense des droits humains, c'est peu dire, tant leur anonymat est prononcé et leur représentativité nulle. En réalité, elles ont été fabriquées de toutes pièces par le camp Ouattara - autant que leurs preuves - pour incriminer l'ancien président ivoirien et sont presque toutes tenues par des ressortissants du Nord, région d'origine d'Alassane Ouattara, versant une fois de plus dans le clivage ethnique, le cloisonnement tribal et l'enfermement régionaliste. Appréciez de vous-mêmes : Collectif des victimes de la barbarie de Laurent Gbagbo de Mamadou Sanogo ; l'Alliance pour le changement (APC) du frère cadet et conseiller du Premier ministre Soro Guillaume ; Assistance bénévole sans frontière de Moussa Zalié ; AIECA d'Abobo ; Femmes actives de Côte d'Ivoire ; des ONG maliennes ou burkinabé comme Malian Ambassy de Nouhou Diallo, etc.

Plus grave, comme l'a relevé Le Nouveau Courrier dans sa parution du jeudi 24 novembre, alors qu'il y a en Côte d'Ivoire un ministre en charge des Droits de l'Homme et une Commission nationale des Droits de l'Homme, c'est la « Coalition ivoirienne pour la CPI  », organisation fantoche du nommé Ali Ouattara, qui est l'interface de la Cour pénale internationale en Côte d'Ivoire. Autant d'incongruités qui nous laissent sans voix.

Le fait donc pour nous de voir Alassane Ouattara recevoir, en catimini - c'est le lieu de le dire - le procureur de la CPI , de passage comme par enchantement en France, au moment où le chef de l'Etat ivoirien s'y trouve, pour évoquer dans une messe basse, l'hypothèse du transfèrement à La Haye - imminent selon L'Express.fr - du président Laurent Gbagbo, en résidence surveillée à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis le mois d'avril 2011, ainsi que le sort d'autres cadres, civils ou militaires de son régime, nous apparaît inacceptable. Ouattara en tête à tête avec Ocampo pour échanger sur le transfert d'un adversaire politique à qui il a fait la guerre depuis 2002, par rébellion interposée, nous semble d'une impudicité repoussante.

Les deux hommes auraient également planché sur le sort de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. Nous en doutons fortement. A moins qu'il s'agisse de manœuvres pour traduire le patron des Forces Nouvelles et des FRCI, Soro Kigbafori Guillaume, devant la CPI , pour servir de souffre-douleur à Alassane Ouattara, personnellement loin d'être innocent dans les tueries massives de la crise postélectorale. C'est un secret de Polichinelle. Cette « discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français » n'augure donc rien qui vaille et nous incline plus que jamais à penser que les plus grands ennemis de la réconciliation nationale se trouvent être notre actuel chef d'Etat, le procureur de la CPI , Luis Moreno-Ocampo, et le président français Nicolas sarkozy. Certainement pas Laurent Gbagbo dont le transfert à La Haye est présenté par le pouvoir RHDP comme salutaire pour notre pays car devant favoriser la réconciliation des Ivoiriens. Méprise monumentale ! A cet effet, ce mardi 29 novembre 2011, La Cour pénale internationale a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, en prélude à ce transfèrement, et l'a effectivement transféré à La Haye, le même jour.

De toutes les façons, la Justice qui transcende toutes les autres justices triomphera bien, un jour, dans ce pays. N'en doutons pas un seul instant. Peut-être plus tôt qu'on pourrait l'imaginer ou que ne pourraient le laisser présager les évènements actuels.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 380 du 1er décembre 2011.

jeudi, 01 décembre 2011

TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI: LE FILM D'UN DECHIREMENT

 

Alassane Ouattara l'a appelé de tous ses vœux, au point d'en faire un axe central de son programme de gouvernement. Hier, la CPI a formellement inculpé le président Gbagbo. Et l'a immédiatement transféré à La Haye. La journée d'hier, mardi 29 novembre 2011, a été particulièrement chargée et harassante hier pour le président Gbagbo à Korhogo. En fin de matinée, ce mardi, assisté de ses avocats, il reçoit la visite d'un magistrat de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Abidjan. Qui doit venir, lui a-t-on dit, pour vérifier ses conditions de détention. Le président Gbagbo croit que cette visite fait partie de la réponse à la requête qu'il a émise : pouvoir marcher dans la cour de sa «cachette» deux heures par semaine. Quand la délégation d'Abidjan arrive à son lieu de détention, elle ne prend même pas la peine de s'asseoir. Une lettre lui est tout simplement tendue.

Quand il interroge ses hôtes sur son contenu, il n'a droit qu'à des mines gênées. On lui explique que puisque le courrier lui est adressé, il doit en avoir la primeur. C'est donc avec surprise qu'il se rend compte qu'il s'agit d'un mandat d'arrêt émis par la Chambre préliminaire de la CPI.

«Que devons-nous faire maintenant ?», demande-t-il, en substance. Il lui est demandé de suivre ses hôtes au tribunal pour que le mandat d'arrêt lui soit officiellement signifié et qu'il réagisse. Ses avocats nationaux, surpris, demandent un report pour concertation. Un refus leur est opposé. De vifs échanges s'ensuivent. Face à la situation, le  président Gbagbo choisit de parler à ses avocats. Pour lui, la décision de son inculpation est une décision politique. Et au vu de la volonté du nouveau régime de le transférer devant La Haye le plus tôt possible, obtenir un répit ne servirait à rien.  Après avoir donc pris connaissance des documents, il les signe, sous l'œil vigilant de ses défenseurs. La procédure ivoirienne est ainsi mise en veilleuse, le régime ayant opté pour son transfèrement à La Haye, prétendu gage d'une vraie réconciliation. A partir de cet instant, les choses vont s'accélérer. Le président Laurent Gbagbo, qui a fait revenir Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié de France en 2001, devient le premier ivoirien contraint à l'exil. En dépit de la Loi fondamentale.

Laurent Gbagbo aux Ivoiriens : «Ne pleurez pas, soyez forts...»

Le président Gbagbo, qui a toujours œuvré pour le bien-être des Ivoiriens, est resté fort et digne face à cette autre épreuve qui, assurément, afflige les patriotes voiriens et les démocrates, épris de paix. C'est donc fort logiquement qu'il refuse que les Ivoiriens qui l'ont soutenu et le soutiennent encore sombrent dans la détresse. Voici son message au peuple ivoirien, par le biais de ses avocats, présents à ses côtés à Korhogo : «Ne pleurez pas, soyez forts et courageux, le temps est un autre nom de Dieu». Aux environs de 17h 40, le président Gbagbo qui n'a pas mangé de la journée, ayant été retenu au tribunal toute la journée, regagne - sous la surveillance des hommes de Fofié Kouakou -  la villa où il est maintenu en résidence surveillée depuis sa déportation à Korhogo, au lendemain de son arrestation.

Aux environs de 18 heures, la nouvelle de son transfèrement à La Haye, à bord d'un avion qui attendait à l'aéroport de Korhogo, fait le tour du monde. L'information sera confirmée quelques heures plus tard par des sources proches des avocats de Laurent Gbagbo. La nouvelle a profondément ému les Ivoiriens qui ont vite regagné leurs domiciles. Tous s'indignaient de l'attitude des nouveaux dirigeants et formulaient des prières à l'endroit de Laurent Gbagbo. Un digne fils de Côte d'Ivoire que Ouattara envoie croupir a mille lieues de la terre de ses ancêtres. L'histoire le retiendra.

 

Stéphane Bahi


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO